4e étape du tour cycliste international du Faso

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La 4e étape du tour cycliste international du Faso courue entre Kombissiri-Pô-Tiébélé et longue de 136 km a été remportée par l’ivoirien Karamoko Bamba. L’érythréen, Solomon Zemenfes délaisse le maillot jaune au profit du français Grzegorz Kwiatkowski.
Souriant la veille après avoir remporté l’étape 3 du tour et fait main basse sur les principaux maillots, l’érythréen, Solomon Zemenfes, victime de la piste ne s’est pas présenté sur le podium pour recevoir la seule tunique qui restait entre ses mains, le maillot vert par point. Cette étape était redoutée du fait de la piste qui jonchait ses 25 derniers kilomètres et elle n’a effectivement pas fait de cadeaux. Le premier à subir les foudres de l’étape n’est autre que le burkinabè Seydou Bamogo. Incapable de se présenter sur les sprints intermédiaires, il a laissé ce privilège à l’algérien Nassim Saïdi qui en a profité pour s’imposer à Nioryida et à Nobéré. Le dernier point chaud est revenu à l’érythréen Dawit Haile. Première conséquence, le Burkina se voit maintenant dépouillé des principaux maillots car le rose des sprints intermédiaires seule tunique prisée qui restait entre ses mains est maintenant endossé par Nassim Saïdi.
Mais le grand vainqueur de la piste n’est autre que le français Grzegorz Kwiatkowski. Même si l’ivoirien Karamoko Bamba a remporté l’étape de 136 km après 3h25mn15s soit une moyenne de 39,756km/h, le français peut bien se frotter les mains car il est l’actuel détenteur du maillot jaune. Il a su prendre la roue de la bonne échappée pour creuser un écart conséquent avec la concurrence. Il est maintenant le troisième porteur de la précieuse tunique au sortir des quatre premières étapes après Mathias Sorgho (étape 1 et 2) et Solomon Zemenfes (étape 3). Il sera désormais le cycliste le plus surveillé de la caravane. La 5e étape Kokologho-Boromo qui se coure demain verra le peloton parcourir encore 136 km de distance. Mais le relief plat et sans difficulté sera profitable au détenteur du maillot jaune. A moins que dans le peloton une équipe ne se décide à tailler des croupières à la formation française.
 B. ILBOUDO   

Tour du Faso 2016, 3e étape: Zemenfes croque Sorgho

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Le cycliste burkinabè, Mathias Sorgho a été le plus grand perdant de cette 3e étape du tour cycliste international du Faso, soit la plus longue de l’épreuve avec 171,5km parcouru aujourd’hui entre Gourcy et Ziniaré.
Elle était une étape piégeuse par excellence et elle a bien répondu à son nom. Pendant que le détenteur du maillot jaune, Mathias Sorgho jouait de malchance sur la route, Solomon Zemenfes surfait lui, sur la vague de la réussite. Le peloton après le départ de cette 3e étape allait à une allure prudente, la chaussée étant truffée de nids de poule. Chacun préservait donc son énergie pour venir disputer le sprint final. Bien calé dans la roue de son challenger, il a fallu des pépins mécaniques au mauvais moment pour que Mathias Sorgho se mette à la prière et dans les calculs pour ne pas perdre son maillot.
Mais cela ne sauvera pas le cycliste burkinabè qui, après une crevaison, sera victime d’une chute dans les cinq derniers kilomètres. Il tentera par tous les voies et moyens pour sauver son maillot mais au finish il perdra 17 précieuses secondes. Car l’Erythréen Solomon Zemenfes, déjà vainqueur à Ouahigouya viendra pointer encore le bout de son nez en premier sur la ligne à Ziniaré après 4h24mn19s de course soit une vitesse horaire de 38,930km/h. Il dépouille par la même occasion Sorgho de son maillot jaune (LONAB). Le coureur de l’Erythrée endosse en plus le maillot vert (TOTAL) et le maillot du meilleur jeune du tour (Lafi). Le Burkina se satisfait aujourd’hui de la tunique rose (Castel Beer) des sprints intermédiaires qui reste encore la propriété de Seydou Bamogo. La 4e étape qui se dispute demain entre Kombissiri-Pô-Tiébélé longue de 136 km sera encore à craindre car dans sa dernière phase, les cyclistes auront à se coltiner une piste de 25 km. Certainement que cette étape fera encore des dégâts. Mais dans quelle équipe cette fois-ci ?
Question.
B. ILBOUDO  

Rapport de la Commission d’enquête parlementaire sur la gestion des titres miniers …

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La Commission d’enquête parlementaire (CEP) sur la gestion des titres miniers et la responsabilité sociale des entreprises minières a été mise en place par la Résolution n° 019-2016/AN du 12 avril 2016. Ses travaux se sont déroulés du 15 juin 2016 au 11 septembre 2016.

La Commission, après avoir pris connaissance des textes législatifs et réglementaires sur les mines a effectué une recherche documentaire et des sorties-terrain.

Au total, 148 auditions ont été réalisées et environ 1500 personnes entendues. Les sorties-terrain ont permis à la commission de visiter 12 mines industrielles (or, zinc et manganèse), 2 sites semi mécanisés d’exploitation d’or, 3 sites d’exploitation artisanale d’or et 2 sites d’exploitation de substances de carrières.

I.          SITUATION GENERALE DE L’EXPLOITATION MINIERE

I.1.      Le potentiel minier

Le tableau ci-dessous présente une synthèse des indices, gites et gisements mis en évidence.

Tableau n°1 : Synthèse des substances minérales

Substances Ressources (tonnes) Teneur (gramme/tonne)
Métaux précieux    
Fer, Titane, Vanadium (minerai) 66 millions 35% Fe2O3 avec 35000T de V205 à 0,7%
Métaux ferreux    
Manganèse (Tamboa,Kiéré) 100,7 millions  
Magnétite vanadifère (Oursi) –  
Métaux non ferreux    
Cuivre (minerai) (wayen, gorène, Gaoua) 70 millions 0,35% à 0,25% Cu
Nickel (minerai) 30 millions 1,2 à 1,5% Nickel et 0,05% Cobalt
Zinc non ferreux (Perkoa ; Boromo, Houndé, Bouroum) 0,44 millions  
Or (métal) 154,2 millions  
Bauxite (minerai) 12,7 millions  
Substances non métalliques    
Phosphate (Kodiari, Arly , AloubDjouana) 131,2 millions 20% P205
Graphite (matériau) 9 millions  
Calcaires 93,1 millions 45 à 55% CaCO3
Dolomites(minerai) 20,7 millions  
Sables (Bobo Dioulasso) plus de 370 mille  
Antimoine (métal) 0, 7 million  
Marbre (matériaux) 100 millions  

Source : Rapport de conciliation ITIE, 2013

L’analyse du tableau ci-dessus montre que le pays dispose d’un important potentiel minier disséminé à travers les treize (13) régions; ce qui constitue une opportunité de développement pour l’économie nationale et les communautés locales.

I.2.      La Situation des permis miniers

Les permis de recherche

  1. Nombre de permis de recherche valides : 314
  2. Nombre de permis de recherche expirés : 299
  3. Nombre de permis de recherche renoncés ou retirés : 49
  4. Nombre de permis de recherche en attente de renouvellement : 67

Les permis d’exploitation

  1. Permis d’exploitation de grandes et petites mines : 18
  2. Permis d’exploitation artisanale semi mécanisée : 47

Mines en phase de production

N° Mine Société mère et actionnaires Société au Burkina Responsable Province Communes substance Détenteur officiel Nombre de transactions
1 Taparko Nordgold Etat Burkinabe  alexey.shchedrin@nordgold.com Société des Mines de Taparko  (SOMITA SA) BOCCOUM Halidou Namentenga et Sanmatenga Yalgo (Taparko) or  
2 Youga Endeavour Mining

Etat Burkinabé

Burkina Mining Company (BMC SA) 08 BP 11 197 Ouagadougou 08 Tel 50 36 10 80 ZANGA Aboubacar Boulgou Zabré or  
3 Inata Avocet Mining

Etat Burkinabé

Société des Mines de Bélahouro

01 BP 3422Ouagadougou 01 Tel 50 36 08 65

IDE Sadou Soum Tongomayel

(Belahouro)

or  
4 Mana SEMAFO Etat Burkinabé SEMAFO SA  01 BP 390 Ouagadougou 01

Tel 50 36 95 92

Elie Justin OUEDRAOGO 70208042 Bale Mana FobiriWona or  
5 Essakane IAMGOLD Etat Burkinabé Essakane SA 01 BP 1639 Ouagadougou 01

Tél : 50 36 02 68/96

Barry Tidiane Oudalan Gorom ;

Falangountou

 or  
6 Bissa Zandkom Nordgold

Etat Burkinabe

Investor relations

Alexey Shchedrin, Director of Corporate Communications

and IR T +31 20 406 4480 F +31 20 406 4555

Bissa Gold OUEDRAOGO Christion DGA Bam Sabcé or  
7 Perkoa Glencore International  Blackthorn Resources Etat Burkinabé Nantou Mining 01 BP 1463 Ouagadougou 01  Tel 50 31 66 38 Fax 50 31 70 97 MEYER Holaf Sanguié Réo zinc  
8 GUIRO KOMET RESOURCES Komet resources YAOGHO Dieudonné Namentenga Yalgo or  
9 Yaramoko Roxgold ResourcesInc Roxgold SANU SA BP 4861 Ouagadougou 25 36 13 57 André BAYA Balé Bagassi or  
10 Karma Riverstone Riverstone Karma SA KI Cyriaque Yatenga Namissigma or  

La commission n’a pas pu accéder aux informations concernant les détenteurs officiels des titres miniers et le nombre de transactions  opérées sur chaque titre.

Projets miniers en phase de construction et à un stade avancé

  1. Niakorodougou dans la Léraba (Gryphonminerals) ;
  2. Konkéra dans le Noumbiel (Ampellamining SARL) ;
  3. Bomboré dans le Ganzourgou (OrezoneInc) ;
  4. Houndé dans le Tuy (Avion Gold Burkina Faso SARL) ;
  5. Kiaka dans le Boulgou et le Zoundwéogo (Volta Ressources) ;
  6. Tanlouka dans le Ganzourgou (West African ressources) ;
  7. BouereDohoun dans le Tuy (Endeavour).

NB : Projet à un stade avancé (selon le ministère en charge des mines) : projet qui a achevé la phase d’exploration, a réalisé l’étude de faisabilité  et introduit sa demande de permis d’exploitation.

Projets miniers en difficultés

  1. Tambao dans l’0udalan (PANAFRICAN) ;
  2. Poura dans les Balés (Newmont venture LTD).

I.3.      Les autorisations d’exploitation minière

Nombre d’autorisations d’exploitation artisanale : 41

Nombre d’autorisations permanentes des substances de carrières : 47

I.4.      La Responsabilité sociale des entreprises minières (RSE)

L’enquête a mis en évidence les préoccupations liées à la manière dont les sociétés minières accomplissent leur responsabilité sociale comparativement aux impacts des activités minières. Les questions suivantes ont été appréhendées :

–           l’existence de plan RSE ;

–           les modalités de mise en œuvre de la RSE ;

–           la gestion des fondations ;

–           les réalisations.

Dans le cadre de la RSE, les réalisations sont faites directement par les sociétés en soutien aux communautés. Cependant, des mines ont mis en place des fondations à travers lesquelles elles peuvent réaliser la RSE. C’est le cas des fondations « Nantou »de Nantou Mining à Perkoa, « Avocet » de la Société des mines de Bélahourou à Inata et « SEMAFO »de la Société SEMAFO à Mana.

Les réalisations annoncées par les sociétés minières et les fondations dans le cadre de la RSE sont jugées dérisoires par les populations qui en attendent davantage. En effet, les promesses n’ont pas été tenues au regard des nombreuses doléances.

Les sociétés minières sont conscientes qu’elles doivent faire davantage mais elles considèrent que toutes les actions qu’elles réalisent ne sont pas connues des communautés. C’est le cas du paiement de la taxe superficiaire à l’Etat dont 20% sont rétrocédés aux collectivités territoriales.

II.       ANALYSE DE LA SITUATION DE L’EXPLOITATION MINIERE AU BURKINA FASO

De 2008 à 2013, l’exploitation minière a contribué de manière croissante au budget de l’Etat. Par contre, en 2014 et 2015, on note  une régression assez significative de cette contribution.

Recettesen FCFA Années
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
  8 912 283 229 15 756 990 918 46 510 760 557 127 427 480 220 189 565 296 128 191 408 419 254 168 493 466 552 168 410 376 498

Source:Direction générale des mines, de la géologie et des carrières (DGMGC)

Malgré cette contribution du secteur des mines aux recettes nationales  ledit secteur  reste confronté aux problématiques suivantes :

II.1.   La spéculation sur les titres miniers

Constat/Problématique :

Depuis 2005, plus de 700 permis de recherche auraient été délivrés. Des auditions avec les professionnels du secteur et des anciens ministres, il ressort 3 informations importantes :

–           Première information : de nombreux non professionnels du secteur de l’or sont détenteurs de permis de recherche ;

–           Deuxième information : la plupart des titulaires des mines actuellement en exploitation sont acquéreurs et non attributaires des permis ;

–           Troisième information et la plus importante : les permis de recherche ciblant une zone dont le minerai est plus ou moins évident (cf. travaux du BUVOGMI/BUMIGEB) sont cédés à des professionnels à même d’assurer la recherche et l’exploitation à un droit fixe de 100 000 dollars US, assorti le plus souvent d’une clause d’attribution d’une part (généralement 5%) dans le capital de la future société d’exploitation.

Sur la base des informations reçues par la commission, les 700 permis de recherche et d’exploration délivrés depuis 2005 autorisent à conclure à la formation d’une bulle artificielle (marché) de 70 millions de dollars US avec une volonté délictueuse de se soustraire à toute imposition sur la plus-value. Cette bulle artificielle de 70 millions de dollars US correspond aux 700 permis de recherche au coût unitaire de 100 000 dollars US.

Recommandations :

–           Suspendre la délivrance des titres miniers du 1erjanvier au 31 décembre 2017 afin d’assainir le cadastre minier et d’éviter la déperdition des ressources minières de notre pays.

–           Réviser à la baisse les taxes en matière d’exploitation des carrières d’ici à fin mars 2017 pour faciliter le recouvrement étant entendu qu’elles sont plus élevées que celles relatives à l’exploitation minière.

II.2.   Les manques à gagner pour le budget de l’Etat, pour les collectivités territoriales et pour les communautés à la base

Constat/Problématique :

D’importants manques à gagner sont observés dans le domaine de l’exploitation minière. Ces manques à gagner chiffrables ou non  sont liés :

–           à la spéculation sur les permis (les exonérations demandées par des détenteurs non en activité, opérations de transfert de permis) ;

–           aux exonérations trop importantes ;

–           à la fraude de l’or ;

–           à l’indisponibilité et à la dégradation des terres pour l’agriculture ;

–           à l’indemnisation inéquitable des populations délocalisées ;

–           à la longue durée des contrats de travail des expatriés.

 

Manques à gagner Estimation du montant du coût en FCFA Observations
Fonds de préservation et de réhabilitation de l’environnement   14  840 758 312 Le Gouvernement doit fixer un délai de 30 jours aux sociétés minières non à jour pour le règlement des cotisations et la prise de textes d’application de ce fonds d’ici le 31 décembre 2016
Manques à gagner liées aux taxes non perçues dans l’exportation de l’or fraudé 101 250 000 000 Les taxes étant élevées au Burkina Faso, les exportateurs d’or préfèrent frauder et par conséquent ne payent pas de taxes (estimés à 450 000 FCFA/Kg)

Perte de 15 à 30 Tonnes/an de 2006 à 2015, soit une moyenne de 22,5 t x 450 millions

Manques à gagner liées aux exonérations 114 181 453 409 ou

177 597 232 326

Tableau de la Douane de 2011 à 2015

Tableau page 21 du rapport de l’expert-comptable (voir annexe)

Les pertes subies par l’Etat dans l’affaire de la mine de manganèse de Tambao    au moins 8 758 000 000 Condamnation de l’Etat à 15,100 millions de dollars us, et autres frais non évalués pour un taux de 580 le dollar
Les manques à gagner liées aux de dividendes de l’Etat de 2010 à 2015 21 654 799 811 FCFA Ce manque à gagner correspond au non-paiement/enregistrement de dividendes par 7 sociétés minières sur les 12. Le ministre chargé des finances est invité à exiger aux 7 autres mines de s’acquitter ou de faire la preuve du paiement des dividendes. Exiger également que toutes les mines fassent la situation de paiement des dividendes avant 2010.
La spéculation sur les permis et titres miniers 42 000 000 000 Marché potentiel

Plus-value à évaluer

Droit proportionnel 5 à 10% du capital

Estimation pour 700 permis x 100 000 dollars us

Perte pour l’ensemble de l’économie par rapport à la fraude de l’or issu de l’orpaillage ? 74 670 000 000 Estimer à 10% de 746 700 000 000 (montant correspondant au coût de vente de 30 tonnes d’or sur le marché international)
Manques à gagner sur 2 ans  liés à la persistance de l’emploi des expatriés malgré l’existence de compétences au niveau national ou local         204 798 792 024 Hypothèse : Si la moitié (50%) des  cadres expatriés (1 920) sont remplacés par des cadres nationaux

Le manque à gagner est compris entre 19.243.166.112 FCFA et 84.156.230.400 FCFA par an à répartir entre les familles des travailleurs, la CNSS, l’IUTS, les prestataires nationaux de biens et services.

On pourrait estimer la moyenne du manque à gagner à 51 699 698 256 FCFA par an, et ce depuis 2012. Le ministre chargé des mines doit élaborer un plan de formation  pour les jeunes et les cadres burkinabè et se doter d’un programme de transfert de compétences aux nationaux.

 

Pollution de l’environnement 11 000 000 000  

Ref : Etude « Coût de l’inaction de la gestion des produits chimiques

dans le secteur minier et agricole », MEDD/IPE/PNUD 2013

TOTAL au moins 551 163 803 556 FCFA  

Recommandations :

–           Réaliser une étude globale sur l’ampleur des montants des manques à gagner occasionnés par l’exploitation minière.

–           Encourager les services de l’Etat (douane, impôts, environnement, mines, collectivités) à accentuer les missions de contrôle et de suivi de l’activité minière.

II.3.   Les exonérations pour des produits dont la destination n’est pas toujours maîtrisée

Constat/Problématique :

La détention d’un permis donne droit à des exonérations. Certaines sociétés abusent de ce privilège par l’importation de matériel et essentiellement du carburant dont la destination n’est pas maitrisée par les services de douanes. Cette situation fait perdre des ressources financières au budget national.

Recommandations :

–           Réaliser un audit périodique des exonérations fiscales et douanières accordées à l’occasion des activités d’exploration minières à des fins de comparaison avec les impôts et taxes payés par les sociétés minières ;

–           Intégrer dans les systèmes de gestion des données sur le secteur minier, des options permettant de calculer le manque à gagner pour l’Etat. Cela permettra de disposer à tout moment des informations fiables et plus juste.

–           Utiliser des identifiants colorants pour le carburant exonéré aux frais du bénéficiaire.

II.4.   L’impact négatif des activités minières sur les conditions de vie des populations

Constat/Problématique :

L’activité minière génère des ressources au profit du budget de l’Etat. Cependant, la majorité des populations rencontrées estime qu’elle ne profite pas des retombées de l’or, au contraire leurs conditions de vie se dégradent.

Les secteurs les plus impactés par les activités minières sont l’agriculture, l’élevage, la santé, l’éducation, la promotion sociale et l’environnement. Les impacts se résument comme suit :

–           agriculture : dégradation des terres arables ;

–           élevage : réduction des espaces de pâturages et mortalité des animaux due à la pollution ;

–           santé : prévalence élevée du VIH/SIDA, troubles mentaux, maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires, allergies, infertilité ;

–           éducation : abandon scolaire ;

–           promotion sociale : utilisation de la drogue, prostitution, viol, cherté de la vie, pénurie d’eau ;

–           environnement : déforestation, pollution de l’eau et de l’air.

De l’avis général des populations, les retombées sont insignifiantes au regard des conséquences néfastes engendrées.

Recommandations :

–           penser et élaborer des projets intégrés de manière participative au profit des populations impactées ;

–           Créer des cadres de concertations spécifiques aux activités d’exploitation minière dans les communes impactées abritant les sites miniers ;

–           Intégrer les actions d’IEC sur la santé, l’éducation, l’environnement dans toutes les activités minières et la RSE afin de minimiser les impacts négatifs sur les populations.

II.5.   L’impossible préservation et réhabilitation de l’environnement

Constat/Problématique :

La préservation et la réhabilitation de l’environnement dans le domaine minier se fait à travers la mise en œuvre des plans de gestion environnementale et sociale (PGES) dont le suivi est assuré par le Bureau national des évaluations environnementales (BUNEE). Cependant, les problèmes suivants sont à signaler :

–           la non implication des services environnementaux déconcentrés dans le suivi et le contrôle de l’impact environnemental ;

–           l’absence de textes sur l’utilisation du fonds de préservation et de réhabilitation de l’environnement prévu dans le code minier 2015 ;

–           la qualité douteuse des parcs à résidus lors des visites-terrain ;

–           la persistance de l’utilisation des produits chimiques prohibés dans les sites de production artisanale d’or.

Les sociétés minières souhaitent qu’il leur soit permis d’utiliser une partie du fonds de préservation et de réhabilitation de l’environnement pour la mise en œuvre de leur PGES. Cependant, toutes les mines ne cotisent pas à ce fonds qui, du reste se trouve logé dans des banques commerciales. Sur la base des informations disponibles, ce fonds serait alimenté à ce jour à hauteur de 9 milliards de FCFA sur plus de 23 milliards de FCFA attendus. Il y aurait donc un manque à gagner d’environ 15 milliards de FCFA.

Recommandations :

  • 1- Prendre les arrêtés sur le Fonds de préservation et de réhabilitation pour permettre aux mines déjà en fin d’exploitation de l’utiliser ;
  • 2- Relire le décret portant institution du Fonds de restauration et de préservation pour une plus grande efficacité afin :
  • – d’introduire la dimension progressive de la réhabilitation ;
  • – de regrouper les fonds cotisés dans un compte ouvert à la BCEAO.

II.6.   Un Fonds minier de développement local (FMDL) non encore opérationnel

Constat/Problématique :

Ce fonds, institué par le Code minier de 2015 en son article 26, est destiné au financement des plans régionaux de développement et des plans communaux de développement. Ce fonds n’est toujours pas fonctionnel en raison du manque de textes d’application tels que prévus par l’article 30 du Code minier 2015.

Recommandation :

–           accélérer l’élaboration des textes pour la mise en œuvre de ce fonds dans un délai raisonnable

 

II.7.   L’absence de visibilité dans l’utilisation des taxes superficiaires

Constat/Problématique :

Selon les services de perception, le reversement des taxes superficiaires est effectif au niveau régional et communal. Ces sommes constituent un appoint pour les budgets locaux. En effet, pour les trois (3) dernières années, il a été reversé plus de 3 milliards de FCFA aux budgets des Régions et des Communes.

Cependant, un problème d’affectation de ses ressources se pose.

Au regard de l’importance de ces reversements, les autorités locales et les populations suggèrent que ces ressources soient utilisées pour des investissements dans les localités abritant les mines.

Recommandation :

–           Permettre le paiement direct des taxes superficiaires aux collectivités territoriales et veiller à leur affectation aux dépenses d’investissement.

II.8.   Un code du travail inadapté au secteur minier

Constat/Problématique :

Les dispositions du code de travail sur le type de contrats, les heures supplémentaires, les droits syndicaux, le transfert de compétences, l’externalisation du personnel et l’absence d’une convention collective ont créé un climat conflictuel dans le secteur des mines. Le Code du travail est inadapté à la situation du travail dans les mines.

Les sociétés minières ont recours à des bureaux de placement pour le recrutement de leur personnel.

Au terme des auditions menées avec deux cabinets de placement, les autres (6) n’ayant pas répondu à la convocation, la commission note que le domaine est insuffisamment organisé. Il y a une sorte de concurrence déloyale dans la mesure où certains n’ont ni agrément, ni les compétences requises pour gérer un cabinet de placement.

La commission note également une absence totale de bon fonctionnement et de respect de la loi par les agences de placement.

Des dispositions particulières dans le domaine s’avèrent nécessaires, de même qu’un contrôle rigoureux des agréments.

La commission rappelle aux différents acteurs que le respect du droit de travail incombe aussi bien à l’employeur qu’aux travailleurs eux-mêmes.

Recommandations :

–           Créer d’ici fin 2017 un service spécial d’inspection de travail pour le contrôle et le suivi de l’emploi national dans le secteur des mines ;

–           Encourager l’adoption d’une convention collective de travail dans le secteur de l’industrie minière. Cette convention devrait régler les questions de l’emploi local, de transfert de compétences, de recrutement du personnel des sociétés minières, des heures supplémentaires et la promotion de l’emploi. Encourager la mise en place d’accords d’établissement et un conseil de prud’hommes composé de représentants des travailleurs et des employeurs aux côtés du juge et dont les décisions seront sans appel et pris dans un délai bien imparti;

–           Vérifier la non disponibilité de la compétence au niveau national pour tout recrutement d’un expatrié. L’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE) et l’inspection du travail doivent, en l’absence de compétence au niveau national, motiver le visa assorti d’un délai de trois (3) ans pour le transfert à une compétence nationale. A défaut, l’employeur est astreint au paiement d’une amende dont le montant sera fixé par voie règlementaire.

–           Réguler et assainir les agences de placement.

II.9.   Un barème/référentiel d’indemnisation non adapté aux attentes des populations

Constat/Problématique :

Les activités des sociétés minières entraînent le déplacement des communautés impactées. La compensation se fait par une réinstallation des populations et/ou par une indemnisation.

Pour le cas de la réinstallation, la société procède à la construction de logements améliorés pour les populations sur des sites viabilisés. Cependant, des imperfections ont été constatées à Essakane où on note des maisons sans chainage et à Bissa Gold où le style architectural ne correspond pas aux habitudes culturelles des villages délocalisés. Aussi, des populations ont refusé d’occuper des maisons construites par les sociétés minières (Cas de Perkoa).

L’indemnisation des champs et autres espaces occupés est effective mais le barème utilisé à cet effet varie d’une société à une autre. Aucune société n’a pu communiquer clairement le barème utilisé. On note une disparité non expliquée dans l’indemnisation des populations :

–           Bissa Zandkom             : 615000 à 687 000 FCFA/ha

–           Inata                               : 102 000  à 130 000 FCFA/ha

–           Essakane                       : 103 000 FCFA/ha

–           Taparko                         : 137 000 FCFA/ha

–           Namissiguima               : 200 000FCFA/ha

–           Roxgold Sanu SA          : 375 000 FCFA/ha

De même, la durée de l’indemnisation fait l’objet de polémique ; elle ne couvre pas souvent la durée de vie de la mine. Selon les populations impactées, cette indemnisation convenue avec les sociétés minières devrait se faire annuellement et ce sur une période de trois ou cinq ans.

Recommandations :

–           Adopter un cadre général portant barème/référentiel de compensation et d’indemnisation des populations affectées par les projets miniers.

–           Créer des cadres de concertations spécifiques avec les populations des communes impactées pour traiter de l’ensemble des questions relatives à l’activité minière.

II.10.Une fiabilité douteuse des déclarations sur les quantités d’or produit

Constat/Problématique :

Dans le processus de production de l’or, les services de l’Etat n’accèdent pas aux opérations du coulage de l’or pour le contrôle. Toutefois, la douane et les impôts assistent à la pesée. Avant l’expédition, il est procédé à la vérification des documents à signer et toute la production est mise sous scellée. Après l’expédition à l’étranger (Suisse) pour le raffinage, les nouvelles déclarations sur la teneur effective en or sur la base desquelles des corrections sont opérées ne sont pas vérifiées ou vérifiables par les services fiscaux.

Recommandation :

–           Diligenter la présence des services techniques dans la salle de coulée pour mieux suivre les quantités et la qualité d’or lors des coulées.

II.11.           La fraude grandissante de l’or

Constat/Problématique :

La fraude de l’or est plus perceptible dans l’exploitation artisanale. Cette situation est encouragée par le coût relativement bas de rachat de l’or produit par les orpailleurs d’une part, et le rachat de l’or au-delà du cours mondial par certains comptoirs fictifs ou non, d’autre part. Elle est également entretenue par l’existence de taxes que les exploitants traditionnels jugent trop élevées.

Recommandations :

–           Créer un guichet unique pour faciliter les formalités administrative, fiscale et douanière d’exportation de l’or et pour racheter l’or collectés par les comptoirs privés d’achat, de vente et d’exportation d’or afin de limiter la fraude de l’or ;

–           Réaliser une étude de faisabilité d’une raffinerie nationale d’or ;

–           Elaborer un rapport national annuel sur la fraude dans le secteur des mines.

II.12.Irrégularité et ambiguïté des comptoirs d’achat, de vente et d’exportation de l’or

Constat/Problématique :

Des auditions et des renseignements fournis par le ministère en charge des mines, de nombreux cas de soupçons de fraude ont été relevés au niveau de ces comptoirs. Sur les 105 comptoirs déclarés, 36 seulement ont répondu à l’invitation de la commission d’enquête. La situation de 69 comptoirs reste à être élucidée. De même, selon les chiffres fournis par les services des impôts, uniquement 40 comptoirs seraient en règle vis-à-vis de la fiscalité.

De l’analyse des documents du Comptoir burkinabè des métaux précieux (CBMP), des informations données par le BUMIGEB et des études menées par différents acteurs, la fraude pourrait se situer entre 15 et 30 tonnes d’or/an. Ainsi de 2006 à 2015, plus de 300 milliards FCFA/an se seraient évaporés au détriment du Trésor public.

Des analyses, il ressort qu’un certain nombre de comptoirs doivent faire l’objet d’une attention particulière du ministère en charge des mines, des services de lutte contre la fraude et du service des impôts. Les responsables de ces comptoirs seraient détenteurs chacun de plus de 10 titres miniers (Cf. tableau ci-dessous). Ils font l’objet de redressements fiscaux à plusieurs milliards de FCFA et leur nom revient le plus souvent dans les auditions et les enquêtes de terrain.

Tableau : Situation des détenteurs ayant plusieurs titres

Kindo Adama Pafadnam Saïdou Sawadogo Sayouba
Personne morale Personne physique Personne morale Personne physique Personne morale Personne physique
SOMIKA : 55

CMP Sarl : 22

2 Burkina Or métal : 17 20 Sav’or Sarl : 10 2
Total : 79 titres Total : 37 titres Total : 12 titres

NB : A la lecture de ce tableau, il ressort que des personnes détiennent des titres tant en qualité de personnes physiques que morales.

Recommandations :

–           Suspendre et ouvrir une information judiciaire et administrative sur les comptoirs non à jour de leurs obligations fiscales au Burkina Faso ;

–           Normaliser le nombre de titres autorisés en fonction de la réglementation.

II.13.Un régime juridique opaque de lutte contre la fraude

Constat/Problématique :

La commission n’a pu établir le véritable régime juridique de la lutte contre la fraude de l’or. Le gouvernement et les services techniques devront officiellement communiquer sur la valeur exacte et les filières probables de l’or (quantité d’or, identités des personnes arrêtées pour fraude de l’or ou des personnes impliquées dans la fraude de l’or, des personnes soupçonnées pour fraude, ainsi que le traitement des cas) et le régime de récompense des acteurs de lutte contre la fraude de l’or.

Recommandation :

Rationaliser et mettre en cohérence les différents organes de lutte contre la fraude : douane, Brigade nationale de lutte anti-fraude de l’or (BNAF), justice, Forces de défense et de sécurité (FDS).

II.14.Une Commission nationale des mines inefficace

Constat/Problématique :

Les différentes auditions ont révélé que la Commission nationale des mines n’est pas en mesure de relever les défis du secteur des mines et n’use pas de toutes ses prérogatives.

Recommandation :

Réformer la Commission nationale des Mines afin qu’elle soit composée de personnalités ayant une expérience professionnelle et une probité avérée. La nouvelle Commission devrait non seulement regrouper l’Etat mais aussi des acteurs non gouvernementaux. Elle devrait être rattachée soit à la Présidence soit au Premier Ministère.

II.15.Une RSE en marge des plans communaux de développement

Constat/Problématique :

Malgré son caractère volontaire, toutes les sociétés minières font des actions entrant dans le cadre de la RSE. Ces actions consistent en la réalisation d’infrastructures socio-éducatives, sanitaires, sportives, etc. mais elles ne s’inscrivent pas dans les plans locaux de développement.

Les sociétés minières entreprennent des actions sporadiques contribuant ainsi à résoudre certains problèmes que rencontrent les communautés locales afin de maintenir un climat apaisé.

Les communautés souhaitent que les sociétés minières interviennent davantage dans le cadre de la RSE et que leurs actions prennent en compte les plans locaux de développement.

 

Recommandation :

–           Rendre obligatoire le respect des plans locaux de développement dans les cahiers de charges des mines vis-à-vis de la RSE.

–            Elaborer un plan type de développement local  et l’insérer dans la convention minière.

II.16. Le non-respect des engagements en matière de promotion des emplois locaux

Constat/Problématique :

Alors que les sociétés minières soutiennent qu’elles font la promotion des emplois locaux, les statistiques (2016) contredisent cette assertion (Bissa Zandkom : 48,7% ; SEMAFO : 32,1% ; ROX GOLD : 40%). Du reste, les  grandes disparités dans le traitement salarial entre les locaux et les expatriés battent en brèche la déclaration des sociétés minières.

Selon les populations, les emplois ne nécessitant pas de qualification devraient être confiés aux ressortissants des villages impactés.

Le recours aux sociétés de placement pour le recrutement du personnel est fréquent dans la quasi-totalité des sociétés minières. Cet état de fait malheureusement ne prend pas en compte toutes les dimensions sociales des localités impactées.

Aussi, une certaine catégorie du personnel se sent brimée au regard de la disparité dans le traitement salarial pour le même emploi.

Recommandation :

–           Clarifier les responsabilités des sociétés minières et des sociétés de placement afin de garantir la sécurité des emplois.

II.17.Le non-respect des engagements des sociétés minières en matière de fournitures de biens et services locaux

Constat/Problématique :

Selon l’ensemble des acteurs, les sociétés minières ne font pas la promotion de la fourniture de biens et services locaux. Le marché des approvisionnements est accordé à quelques sous-traitants agréés qui préfèrent se ravitailler à partir de Ouagadougou au détriment des producteurs et fournisseurs locaux. Aussi, beaucoup d’entreprises sous-traitantes sont d’origine étrangère, ce qui ne favorise pas l’émergence des PME/PMI dans la chaîne des biens et services miniers.

Recommandations :

–           Adopter dans les meilleurs délais la stratégie de développement et de promotion de la fourniture locale et nationale (achat de biens et services locaux nationaux) ;

–           Encourager le ministère du commerce ainsi que la Chambre de commerce à encadrer/développer les PME/PMI nationales à saisir les opportunités du secteur minier.

II.18.La prolifération de sites d’exploitation artisanale d’or et l’utilisation des produits chimiques toxiques

Constat/Problématique :

Les investigations ont permis à la commission d’enquête de se rendre compte de l’ampleur des activités d’exploitation artisanale de l’or dans les zones visitées. Les régions parcourues regorgent de nombreux sites d’or. Ces sites sont sources de revenus financiers pour les orpailleurs ; c’est aussi le lieu où l’utilisation des produits dangereux tels le cyanure et le mercure est la plus observée. Les orpailleurs s’adonnent à cette pratique dangereuse même à domicile au mépris des textes d’interdiction et des mesures de sécurité. Des cas de pollution ont été signalés dans certains endroits.

Recommandations :

–           Appliquer en urgence les dispositions règlementaires et celles du code de l’environnement interdisant l’utilisation des produits chimiques dans l’exploitation artisanale de l’or ;

–           Assurer un meilleur encadrement et mener une sensibilisation à  l’endroit des orpailleurs.

 

II.19.Les trois (3) dossiers emblématiques des ressources minérales du Burkina Faso

1.Tin Harassan : Une richesse minière non exploitée

Constat/Problématique : 

Le site de calcaire de Tin Harassan constitue un important potentiel minier non valorisé. Sa valorisation serait d’un grand apport pour l’économie nationale puisqu’il constitue la matière première pour de nombreuses cimenteries de notre pays. Le site a été morcelé en 5 en mai 2013 par un conseil des ministres et a fait l’objet d’attribution de recherche pour 2 sites a DIAMOND CEMENT en 2013, 1 titre à CIMFASO délivré le 31 décembre 2015 , et 2 titres à CIMASSO délivré le 1er juillet 2016.

La commission note que 3 cimenteries se sont vu attribuer des permis de recherche ; elle se pose la question de savoir si cela ne crée pas une situation de concurrence déloyale vis-à-vis des autres cimenteries de la place.

Recommandation :

–           Réexaminer ces attributions au regard des règles de la concurrence et cela conformément aux textes nationaux et internationaux.

2.Tambao : Un cas de mauvaise gouvernance dans la gestion des ressources minières

Constat/Problématique :

Suite aux auditions des anciens ministres et des personnes ressources, il ressort que la gestion du titre de Tambao a connu de nombreux épisodes. Nice Group International (NGI), qui s’est vu retirer l’exploitation au profit de PAN African, a traduit l’Etat du Burkina Faso devant les tribunaux internationaux. Le Burkina Faso a été condamné à lui payer environ 15 millions de dollars US suite à un accord transactionnel signé entre le Directeur Général de NGI et l’ancien Ministre Salif KABORE et dont les termes n’ont pas été respectés. La commission, au regard des documents en sa possession (Accord transactionnel et Sentence arbitrale), se pose la question sur la qualité et l’habilitation du signataire burkinabè. En de telles circonstances, l’autorisation ou l’approbation du ministre chargé des finances était indispensable ; alors que cela n’a pu être établi par la commission. . Cela dénote d’une mauvaise gouvernance dans le traitement du dossier de Tambao.

Par ailleurs, PAN African, actuel gestionnaire de Tambao, n’a toujours pas honoré les engagements contenus dans l’Accord-cadre de partenariat public privé (PPP), notamment ceux relatifs au chemin de fer Kaya-Dori-Tambao et la route Dori-Tambao.

Recommandations :

–           Retirer le permis d’exploitation à Pan African Tambao/Pan African Burkina sur la base d’un audit juridique qui constate les manquements aux obligations de cette compagnie ;

–           Vider les contentieux juridiques par des provisions pour règlements de litiges particulièrement celui avec NGI, et solliciter une assistance juridique appropriée afin de garantir la crédibilité de l’Etat ;

–           Envisager éventuellement un nouvel opérateur qui garantisse le caractère intégré de l’exploitation de la mine de Tambao (chemin de fer, bitumage des routes, exploitation du manganèse) ;

–           Engager la responsabilité de l’ancien ministre chargé des mines d’alors, Mr Salif KABORE dont la mauvaise gestion a conduit à la condamnation du Burkina Faso au paiement de dommages et intérêts d’au moins quinze millions (15 000 000) de dollars US, et à un risque évident d’un autre procès [1] .

–

–           Ouvrir une enquête judiciaire sur la responsabilité des anciens ministres des Mines et des Finances, en l’occurrence Mr Abdoul Kader Cissé pour les premiers contentieux sur TAMBAO, et Mr Lucien marie Noel BEMBEMBA sur la gestion et la destination du bonus versé par PAN.

3.Poura : une mine à rebondissement

Constat/Problématique :

Suite aux auditions et aux informations collectées, la mine d’or de Poura dispose d’une réserve de 15 tonnes d’or et demeure stratégique pour l’Etat burkinabè.

Entre  1996 et 1998, des fonds d’un montant de sept milliards (7 000 000 000) FCFA auraient été alloués par l’Union européenne dans le cadre d’un projet de relance de la mine de Poura dénommé projet  SYSMIN. Des soupçons de mauvaise gestion de ce fonds auraient été rapportés à la commission.

Recommandations :

–           Vider tous les contentieux relatifs à l’exploitation de la mine de Poura et accélérer sa réouverture ;

–           Diligenter une information administrative sur la clôture du projet SYSMIN mis en œuvre de 1998 à 2003.

II.20.La faiblesse de l’information sur les flux financiers dans les secteurs des mines

Constat/Problématique

La commission a constaté qu’une bonne partie des sociétés ont réalisé des résultats déficitaires consécutifs. Cette situation créée des manques à gagner pour l’Etat en matière d’impôt sur le résultat, en matière d’IRVM et en matière de dividendes. La commission a observé donc l’absence d’un système de contrôle des résultats réalisés par les sociétés minières

La commission a aussi établit le constat qu’une bonne partie des sociétés ont réalisé des résultats bénéficiaires mais  les Assemblées Générales Ordinaires ont décidé dans certains cas d’affecter tout le résultat en report à nouveau sans distribution de dividendes. Cette situation créée un  manque à gagner pour l’Etat en matière d’IRVM et en matière de  dividendes.

La commission a relevé que la plus part des structures publique n’a pas été en mesure de fournir des informations financières et non financières des sociétés minières sur les exercices antérieurs à 2010. Cette situation s’explique par la non informatisation du traitement des informations au cours des années.

Recommandations

–           Créer une Société de Patrimoine des Mines du Burkina Faso rattachée au Premier ministère et sous le contrôle annuel de l’Assemblée Nationale. Cette Société garantira un système un système de suivi des dividendes dus par les sociétés minières à l’Etat ainsi que les décisions d’investissement et le recouvrement.

–           Renforcer la qualité de la représentativité de l’Etat dans les organes de contrôle et de prise de décision des sociétés minières. Les représentants de l’état dans les sociétés minières devront rendre compte des résultats des Assemblées Générales  à leur tutelle par un rapport écrit  qu’ils doivent présenter et défendre au cours d’une session spécifique  annuelle présidée par SEM le Premier Ministre

–           informatiser tous les processus de traitement des informations financières et non financières des sociétés minières ainsi que le traitement informatique des données antérieures à 2010.

–           Mettre en place un dispositif de centralisation des flux financiers ainsi que les informations financières sur les sociétés minières, gérées par les services publics tels que la Direction Générale des Douanes, la Direction Générale des impôts, la Direction Générale du Trésor et de la comptabilité publique et le Ministère de l’Energie, des mines et des carrières.

III.Propositions de résolutions et de recommandations de la CEP

Au terme de son analyse et à la suite de ses recommandations (une quarantaine), la CEP suggère à la Représentation nationale les propositions de lois, de résolutions et de recommandations urgentes suivantes:

–           Proposition de loi d’ici à fin juin 2017 exigeant que les conventions minières soient désormais discutées puis ratifiées par l’Assemblée nationale;

–           Proposition de loi portant modification du code de travail. Cette loi devrait régler les questions de l’emploi, préciser les conditions d’externalisation de la gestion du personnel des transferts de compétence, du recrutement du personnel des sociétés minières, des heures supplémentaires, de la promotion de l’emploi et des conflits de travail ; par exemple, introduire dans la proposition de loi des dispositions relatives à un conseil de prud’hommes avec des délais fixes pour tout conflit de travail ;

–           Proposition de loi autorisant le prélèvement de 5% par an des recettes fiscales  minières à déposer dans un fonds pour les générations futures ;

–           Proposition/Projet  de loi portant commercialisation de l’or au Burkina Faso et portant mise en place d’une centrale d’achat et d’exportation de l’or ;

–           Proposition de Résolution portant mise en accusation d’un ancien ministre en charge des mines de 2005 au 30 octobre 2014, relativement au dossier Tambao;

–           Proposition de Résolution portant mise en place d’un comité parlementaire pour le suivi des résolutions et recommandations des commissions d’enquête parlementaire. Ce comité, Composé de 5 membres de la CEP à raison de 3 députés pour la majorité et de 2 députés pour l’opposition devrait déposer un rapport annuel sur les mises en œuvre de ces résolutions et recommandations ;

–           Recommandation au Parlement de conduire une mission d’information sur la règlementation des fondations minières, la mobilisation des fonds effectués à l’extérieur et au Burkina Faso pour le financement de leurs activités et la gestion desdits fonds.

–           Recommandation au gouvernement d’entamer une action diligente (au plus tard le 31 décembre 2016) de recouvrement d’une part au profit du Fonds de préservation et de réhabilitation de l’environnement à hauteur de 14 840 758 312 FCFA et le placement dudit Fonds auprès du trésor ou de la BCEAO, et d’autre part des dividendes dues à l’Etat ;

–           Recommandation au gouvernement portant retrait du permis d’exploitation de Tambao à PAT ;

–           Réexaminer les attributions nécessaires à l’exploitation des substances de carrière de Tin Harassan  au regard des règles de la concurrence et cela conformément aux textes nationaux et internationaux.

–           Recommandation au gouvernement de créer une Société de Patrimoine des Mines du Burkina Faso rattachée au Premier ministère et sous le contrôle annuel de l’Assemblée Nationale. Cette Société garantira un système un système de suivi des dividendes dus par les sociétés minières à l’Etat ainsi que les décisions d’investissement et le recouvrement.

La commission, tout en reconnaissant des retombées financières pour le budget de l’Etat et certains budgets locaux, note cependant 551 163 803 556 FCFA de manque à gagner pour l’économie et les populations, et cela sans compter le manque d’informations financières exhaustives de 2005 à 2010 et les manques à gagner non chiffrables. Ce tableau comparatif interroge la gouvernance du secteur des mines et sa cohérence avec les autres segments de l’économie. La forte part de manque à gagner liée à l’emploi des expatriés (plus de 200 milliards de FCFA en 5 ans) met à nue l’absence d’une réelle politique de formation et d’emploi de burkinabè dans le secteur et pourrait justifier le sentiment de malaise social dans le secteur des mines.

Les visites terrain des députés, la récurrente plainte des populations sur la dégradation de l’environnement, l’important portefeuille de permis de recherche et d’exploitation encore valides, l’ineffectivité du fonds de réhabilitation de l’environnement, les énormes coûts humains et écologiques de l’exploitation artisanales de l’or (orpaillage) mettent également à nue l’incohérence et la faiblesse de l’Etat.

 

    Président   Dr Ousseni TAMBOURA

Vice-Président     Bénéwendé Stanislas SANKARA      

Rapporteur Général

Karidia YANOGO/ZONGO

Rapporteur Général adjoint

Ngoummion Bernard SOME

Membres

Alexandre S. O.TAPSOBA

Alpha OUSMANE

W. Paul SAVADOGO

Ladji COULIBALY

            Michel BADIARA   Bachir Ismael OUEDRAOGO

Rapport de la Commission d’enquête parlementaire sur la gestion des titres miniers …

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La Commission d’enquête parlementaire (CEP) sur la gestion des titres miniers et la responsabilité sociale des entreprises minières a été mise en place par la Résolution n° 019-2016/AN du 12 avril 2016. Ses travaux se sont déroulés du 15 juin 2016 au 11 septembre 2016.

La Commission, après avoir pris connaissance des textes législatifs et réglementaires sur les mines a effectué une recherche documentaire et des sorties-terrain.

Au total, 148 auditions ont été réalisées et environ 1500 personnes entendues. Les sorties-terrain ont permis à la commission de visiter 12 mines industrielles (or, zinc et manganèse), 2 sites semi mécanisés d’exploitation d’or, 3 sites d’exploitation artisanale d’or et 2 sites d’exploitation de substances de carrières.

I.  SITUATION GENERALE DE  L’EXPLOITATION          MINIERE

I.1. Le potentiel minier

Le tableau ci-dessous présente une synthèse des indices, gites et gisements mis en évidence.

Tableau n°1 : Synthèse des substances minérales

Substances Ressources (tonnes) Teneur (gramme/tonne)
Métaux précieux    
Fer, Titane, Vanadium (minerai) 66 millions 35% Fe2O3 avec 35000T de V205 à 0,7%
Métaux ferreux    
Manganèse (Tamboa,Kiéré) 100,7 millions  
Magnétite vanadifère (Oursi) –  
Métaux non ferreux    
Cuivre (minerai) (wayen, gorène, Gaoua) 70 millions 0,35% à 0,25% Cu
Nickel (minerai) 30 millions 1,2 à 1,5% Nickel et 0,05% Cobalt
Zinc non ferreux (Perkoa ; Boromo, Houndé, Bouroum) 0,44 millions  
Or (métal) 154,2 millions  
Bauxite (minerai) 12,7 millions  
Substances non métalliques    
Phosphate (Kodiari, Arly , AloubDjouana) 131,2 millions 20% P205
Graphite (matériau) 9 millions  
Calcaires 93,1 millions 45 à 55% CaCO3
Dolomites(minerai) 20,7 millions  
Sables (Bobo Dioulasso) plus de 370 mille  
Antimoine (métal) 0, 7 million  
Marbre (matériaux) 100 millions  

Source : Rapport de conciliation ITIE, 2013

L’analyse du tableau ci-dessus montre que le pays dispose d’un important potentiel minier disséminé à travers les treize (13) régions; ce qui constitue une opportunité de développement pour l’économie nationale et les communautés locales.

I.2.      La Situation des permis miniers

Les permis de recherche

  1. Nombre de permis de recherche valides : 314
  2. Nombre de permis de recherche expirés : 299
  3. Nombre de permis de recherche renoncés ou retirés : 49
  4. Nombre de permis de recherche en attente de renouvellement : 67

Les permis d’exploitation

  1. Permis d’exploitation de grandes et petites mines : 18
  2. Permis d’exploitation artisanale semi mécanisée : 47

Mines en phase de production

N° Mine Société mère et actionnaires Société au Burkina Responsable Province Communes substance
1 Taparko Nordgold Etat Burkinabe  alexey.shchedrin@nordgold.com Société des Mines de Taparko  (SOMITA SA) BOCCOUM Halidou Namentenga et Sanmatenga Yalgo (Taparko) or
2 Youga Endeavour Mining

Etat Burkinabé

Burkina Mining Company (BMC SA) 08 BP 11 197 Ouagadougou 08 Tel 50 36 10 80 ZANGA Aboubacar Boulgou Zabré or
3 Inata Avocet Mining

Etat Burkinabé

Société des Mines de Bélahouro

01 BP 3422Ouagadougou 01 Tel 50 36 08 65

IDE Sadou Soum Tongomayel

(Belahouro)

or
4 Mana SEMAFO Etat Burkinabé SEMAFO SA  01 BP 390 Ouagadougou 01

Tel 50 36 95 92

Elie Justin OUEDRAOGO 70208042 Bale Mana FobiriWona or
5 Essakane IAMGOLD Etat Burkinabé Essakane SA 01 BP 1639 Ouagadougou 01

Tél : 50 36 02 68/96

Barry Tidiane Oudalan Gorom ;

Falangountou

 or
6 Bissa Zandkom Nordgold

Etat Burkinabe

Investor relations

Alexey Shchedrin, Director of Corporate Communications

and IR T +31 20 406 4480 F +31 20 406 4555

Bissa Gold OUEDRAOGO Christion DGA Bam Sabcé or
7 Perkoa Glencore International  Blackthorn Resources Etat Burkinabé Nantou Mining 01 BP 1463 Ouagadougou 01  Tel 50 31 66 38 Fax 50 31 70 97 MEYER Holaf Sanguié Réo zinc
8 GUIRO KOMET RESOURCES Komet resources YAOGHO Dieudonné Namentenga Yalgo or
9 Yaramoko Roxgold ResourcesInc Roxgold SANU SA BP 4861 Ouagadougou 25 36 13 57 André BAYA Balé Bagassi or
10 Karma Riverstone Riverstone Karma SA KI Cyriaque Yatenga Namissigma or

La commission n’a pas pu accéder aux informations concernant les détenteurs officiels des titres miniers et le nombre de transactions  opérées sur chaque titre.

Projets miniers en phase de construction et à un stade avancé

  1. Niakorodougou dans la Léraba (Gryphonminerals) ;
  2. Konkéra dans le Noumbiel (Ampellamining SARL) ;
  3. Bomboré dans le Ganzourgou (OrezoneInc) ;
  4. Houndé dans le Tuy (Avion Gold Burkina Faso SARL) ;
  5. Kiaka dans le Boulgou et le Zoundwéogo (Volta Ressources) ;
  6. Tanlouka dans le Ganzourgou (West African ressources) ;
  7. BouereDohoun dans le Tuy (Endeavour).

NB : Projet à un stade avancé (selon le ministère en charge des mines) : projet qui a achevé la phase d’exploration, a réalisé l’étude de faisabilité  et introduit sa demande de permis d’exploitation.

Projets miniers en difficultés

  1. Tambao dans l’0udalan (PANAFRICAN) ;
  2. Poura dans les Balés (Newmont venture LTD).

I.3.      Les autorisations d’exploitation minière

Nombre d’autorisations d’exploitation artisanale : 41

Nombre d’autorisations permanentes des substances de carrières : 47

I.4.      La Responsabilité sociale des entreprises minières (RSE)

L’enquête a mis en évidence les préoccupations liées à la manière dont les sociétés minières accomplissent leur responsabilité sociale comparativement aux impacts des activités minières. Les questions suivantes ont été appréhendées :

–           l’existence de plan RSE ;

–           les modalités de mise en œuvre de la RSE ;

–           la gestion des fondations ;

–           les réalisations.

Dans le cadre de la RSE, les réalisations sont faites directement par les sociétés en soutien aux communautés. Cependant, des mines ont mis en place des fondations à travers lesquelles elles peuvent réaliser la RSE. C’est le cas des fondations « Nantou »de Nantou Mining à Perkoa, « Avocet » de la Société des mines de Bélahourou à Inata et « SEMAFO »de la Société SEMAFO à Mana.

Les réalisations annoncées par les sociétés minières et les fondations dans le cadre de la RSE sont jugées dérisoires par les populations qui en attendent davantage. En effet, les promesses n’ont pas été tenues au regard des nombreuses doléances.

Les sociétés minières sont conscientes qu’elles doivent faire davantage mais elles considèrent que toutes les actions qu’elles réalisent ne sont pas connues des communautés. C’est le cas du paiement de la taxe superficiaire à l’Etat dont 20% sont rétrocédés aux collectivités territoriales.

II.       ANALYSE DE LA SITUATION DE L’EXPLOITATION MINIERE AU BURKINA FASO

De 2008 à 2013, l’exploitation minière a contribué de manière croissante au budget de l’Etat. Par contre, en 2014 et 2015, on note  une régression assez significative de cette contribution.

Recettes en FCFA Années
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
  8 912 283 229 15 756 990 918 46 510 760 557 127 427 480 220 189 565 296 128 191 408 419 254 168 493 466 552 168 410 376 498

Source:Direction générale des mines, de la géologie et des carrières (DGMGC)

Malgré cette contribution du secteur des mines aux recettes nationales  ledit secteur  reste confronté aux problématiques suivantes :

II.1.   La spéculation sur les titres miniers

Constat/Problématique :

Depuis 2005, plus de 700 permis de recherche auraient été délivrés. Des auditions avec les professionnels du secteur et des anciens ministres, il ressort 3 informations importantes :

–           Première information : de nombreux non professionnels du secteur de l’or sont détenteurs de permis de recherche ;

–           Deuxième information : la plupart des titulaires des mines actuellement en exploitation sont acquéreurs et non attributaires des permis ;

–           Troisième information et la plus importante : les permis de recherche ciblant une zone dont le minerai est plus ou moins évident (cf. travaux du BUVOGMI/BUMIGEB) sont cédés à des professionnels à même d’assurer la recherche et l’exploitation à un droit fixe de 100 000 dollars US, assorti le plus souvent d’une clause d’attribution d’une part (généralement 5%) dans le capital de la future société d’exploitation.

Sur la base des informations reçues par la commission, les 700 permis de recherche et d’exploration délivrés depuis 2005 autorisent à conclure à la formation d’une bulle artificielle (marché) de 70 millions de dollars US avec une volonté délictueuse de se soustraire à toute imposition sur la plus-value. Cette bulle artificielle de 70 millions de dollars US correspond aux 700 permis de recherche au coût unitaire de 100 000 dollars US.

Recommandations :

–           Suspendre la délivrance des titres miniers du 1erjanvier au 31 décembre 2017 afin d’assainir le cadastre minier et d’éviter la déperdition des ressources minières de notre pays.

–           Réviser à la baisse les taxes en matière d’exploitation des carrières d’ici à fin mars 2017 pour faciliter le recouvrement étant entendu qu’elles sont plus élevées que celles relatives à l’exploitation minière.

II.2.   Les manques à gagner pour le budget de l’Etat, pour les collectivités territoriales et pour les communautés à la base

Constat/Problématique :

D’importants manques à gagner sont observés dans le domaine de l’exploitation minière. Ces manques à gagner chiffrables ou non  sont liés :

–           à la spéculation sur les permis (les exonérations demandées par des détenteurs non en activité, opérations de transfert de permis) ;

–           aux exonérations trop importantes ;

–           à la fraude de l’or ;

–           à l’indisponibilité et à la dégradation des terres pour l’agriculture ;

–           à l’indemnisation inéquitable des populations délocalisées ;

–           à la longue durée des contrats de travail des expatriés.

Manques à gagner Estimation du montant du coût en FCFA Observations
Fonds de préservation et de réhabilitation de l’environnement   14  840 758 312 Le Gouvernement doit fixer un délai de 30 jours aux sociétés minières non à jour pour le règlement des cotisations et la prise de textes d’application de ce fonds d’ici le 31 décembre 2016
Manques à gagner liées aux taxes non perçues dans l’exportation de l’or fraudé 101 250 000 000 Les taxes étant élevées au Burkina Faso, les exportateurs d’or préfèrent frauder et par conséquent ne payent pas de taxes (estimés à 450 000 FCFA/Kg)

Perte de 15 à 30 Tonnes/an de 2006 à 2015, soit une moyenne de 22,5 t x 450 millions

Manques à gagner liées aux exonérations 114 181 453 409 ou

177 597 232 326

Tableau de la Douane de 2011 à 2015

Tableau page 21 du rapport de l’expert-comptable (voir annexe)

Les pertes subies par l’Etat dans l’affaire de la mine de manganèse de Tambao    au moins 8 758 000 000 Condamnation de l’Etat à 15,100 millions de dollars us, et autres frais non évalués pour un taux de 580 le dollar
Les manques à gagner liées aux de dividendes de l’Etat de 2010 à 2015 21 654 799 811 FCFA Ce manque à gagner correspond au non-paiement/enregistrement de dividendes par 7 sociétés minières sur les 12. Le ministre chargé des finances est invité à exiger aux 7 autres mines de s’acquitter ou de faire la preuve du paiement des dividendes. Exiger également que toutes les mines fassent la situation de paiement des dividendes avant 2010.
La spéculation sur les permis et titres miniers 42 000 000 000 Marché potentiel

Plus-value à évaluer

Droit proportionnel 5 à 10% du capital

Estimation pour 700 permis x 100 000 dollars us

Perte pour l’ensemble de l’économie par rapport à la fraude de l’or issu de l’orpaillage ? 74 670 000 000 Estimer à 10% de 746 700 000 000 (montant correspondant au coût de vente de 30 tonnes d’or sur le marché international)
Manques à gagner sur 2 ans  liés à la persistance de l’emploi des expatriés malgré l’existence de compétences au niveau national ou local         204 798 792 024 Hypothèse : Si la moitié (50%) des  cadres expatriés (1 920) sont remplacés par des cadres nationaux

Le manque à gagner est compris entre 19.243.166.112 FCFA et 84.156.230.400 FCFA par an à répartir entre les familles des travailleurs, la CNSS, l’IUTS, les prestataires nationaux de biens et services.

On pourrait estimer la moyenne du manque à gagner à 51 699 698 256 FCFA par an, et ce depuis 2012. Le ministre chargé des mines doit élaborer un plan de formation  pour les jeunes et les cadres burkinabè et se doter d’un programme de transfert de compétences aux nationaux.

 

Pollution de l’environnement 11 000 000 000  

Ref : Etude « Coût de l’inaction de la gestion des produits chimiques

dans le secteur minier et agricole », MEDD/IPE/PNUD 2013

TOTAL au moins 551 163 803 556 FCFA  

Recommandations :

–           Réaliser une étude globale sur l’ampleur des montants des manques à gagner occasionnés par l’exploitation minière.

–           Encourager les services de l’Etat (douane, impôts, environnement, mines, collectivités) à accentuer les missions de contrôle et de suivi de l’activité minière.

II.3.   Les exonérations pour des produits dont la destination n’est pas toujours maîtrisée

Constat/Problématique :

La détention d’un permis donne droit à des exonérations. Certaines sociétés abusent de ce privilège par l’importation de matériel et essentiellement du carburant dont la destination n’est pas maitrisée par les services de douanes. Cette situation fait perdre des ressources financières au budget national.

Recommandations :

–           Réaliser un audit périodique des exonérations fiscales et douanières accordées à l’occasion des activités d’exploration minières à des fins de comparaison avec les impôts et taxes payés par les sociétés minières ;

–           Intégrer dans les systèmes de gestion des données sur le secteur minier, des options permettant de calculer le manque à gagner pour l’Etat. Cela permettra de disposer à tout moment des informations fiables et plus juste.

–           Utiliser des identifiants colorants pour le carburant exonéré aux frais du bénéficiaire.

II.4.   L’impact négatif des activités minières sur les conditions de vie des populations

Constat/Problématique :

L’activité minière génère des ressources au profit du budget de l’Etat. Cependant, la majorité des populations rencontrées estime qu’elle ne profite pas des retombées de l’or, au contraire leurs conditions de vie se dégradent.

Les secteurs les plus impactés par les activités minières sont l’agriculture, l’élevage, la santé, l’éducation, la promotion sociale et l’environnement. Les impacts se résument comme suit :

–           agriculture : dégradation des terres arables ;

–           élevage : réduction des espaces de pâturages et mortalité des animaux due à la pollution ;

–           santé : prévalence élevée du VIH/SIDA, troubles mentaux, maladies cardio-vasculaires, maladies respiratoires, allergies, infertilité ;

–           éducation : abandon scolaire ;

–           promotion sociale : utilisation de la drogue, prostitution, viol, cherté de la vie, pénurie d’eau ;

–           environnement : déforestation, pollution de l’eau et de l’air.

De l’avis général des populations, les retombées sont insignifiantes au regard des conséquences néfastes engendrées.

Recommandations :

–           penser et élaborer des projets intégrés de manière participative au profit des populations impactées ;

–           Créer des cadres de concertations spécifiques aux activités d’exploitation minière dans les communes impactées abritant les sites miniers ;

–           Intégrer les actions d’IEC sur la santé, l’éducation, l’environnement dans toutes les activités minières et la RSE afin de minimiser les impacts négatifs sur les populations.

II.5.   L’impossible préservation et réhabilitation de l’environnement

Constat/Problématique :

La préservation et la réhabilitation de l’environnement dans le domaine minier se fait à travers la mise en œuvre des plans de gestion environnementale et sociale (PGES) dont le suivi est assuré par le Bureau national des évaluations environnementales (BUNEE). Cependant, les problèmes suivants sont à signaler :

–           la non implication des services environnementaux déconcentrés dans le suivi et le contrôle de l’impact environnemental ;

–           l’absence de textes sur l’utilisation du fonds de préservation et de réhabilitation de l’environnement prévu dans le code minier 2015 ;

–           la qualité douteuse des parcs à résidus lors des visites-terrain ;

–           la persistance de l’utilisation des produits chimiques prohibés dans les sites de production artisanale d’or.

Les sociétés minières souhaitent qu’il leur soit permis d’utiliser une partie du fonds de préservation et de réhabilitation de l’environnement pour la mise en œuvre de leur PGES. Cependant, toutes les mines ne cotisent pas à ce fonds qui, du reste se trouve logé dans des banques commerciales. Sur la base des informations disponibles, ce fonds serait alimenté à ce jour à hauteur de 9 milliards de FCFA sur plus de 23 milliards de FCFA attendus. Il y aurait donc un manque à gagner d’environ 15 milliards de FCFA.

Recommandations :

1-            Prendre les arrêtés sur le Fonds de préservation et de réhabilitation pour permettre aux mines déjà en fin d’exploitation de l’utiliser ;

2-            Relire le décret portant institution du Fonds de restauration et de préservation pour une plus grande efficacité afin :

–         d’introduire la dimension progressive de la réhabilitation ;

–         de regrouper les fonds cotisés dans un compte ouvert à la BCEAO.

II.6.   Un Fonds minier de développement local (FMDL) non encore opérationnel

Constat/Problématique :

Ce fonds, institué par le Code minier de 2015 en son article 26, est destiné au financement des plans régionaux de développement et des plans communaux de développement. Ce fonds n’est toujours pas fonctionnel en raison du manque de textes d’application tels que prévus par l’article 30 du Code minier 2015.

Recommandation :

–           accélérer l’élaboration des textes pour la mise en œuvre de ce fonds dans un délai raisonnable

II.7.   L’absence de visibilité dans l’utilisation des taxes superficiaires

Constat/Problématique :

Selon les services de perception, le reversement des taxes superficiaires est effectif au niveau régional et communal. Ces sommes constituent un appoint pour les budgets locaux. En effet, pour les trois (3) dernières années, il a été reversé plus de 3 milliards de FCFA aux budgets des Régions et des Communes.

Cependant, un problème d’affectation de ses ressources se pose.

Au regard de l’importance de ces reversements, les autorités locales et les populations suggèrent que ces ressources soient utilisées pour des investissements dans les localités abritant les mines.

Recommandation :

–           Permettre le paiement direct des taxes superficiaires aux collectivités territoriales et veiller à leur affectation aux dépenses d’investissement.

II.8.   Un code du travail inadapté au secteur minier

Constat/Problématique :

Les dispositions du code de travail sur le type de contrats, les heures supplémentaires, les droits syndicaux, le transfert de compétences, l’externalisation du personnel et l’absence d’une convention collective ont créé un climat conflictuel dans le secteur des mines. Le Code du travail est inadapté à la situation du travail dans les mines.

Les sociétés minières ont recours à des bureaux de placement pour le recrutement de leur personnel.

Au terme des auditions menées avec deux cabinets de placement, les autres (6) n’ayant pas répondu à la convocation, la commission note que le domaine est insuffisamment organisé. Il y a une sorte de concurrence déloyale dans la mesure où certains n’ont ni agrément, ni les compétences requises pour gérer un cabinet de placement.

La commission note également une absence totale de bon fonctionnement et de respect de la loi par les agences de placement.

Des dispositions particulières dans le domaine s’avèrent nécessaires, de même qu’un contrôle rigoureux des agréments.

La commission rappelle aux différents acteurs que le respect du droit de travail incombe aussi bien à l’employeur qu’aux travailleurs eux-mêmes.

Recommandations :

–           Créer d’ici fin 2017 un service spécial d’inspection de travail pour le contrôle et le suivi de l’emploi national dans le secteur des mines ;

–           Encourager l’adoption d’une convention collective de travail dans le secteur de l’industrie minière. Cette convention devrait régler les questions de l’emploi local, de transfert de compétences, de recrutement du personnel des sociétés minières, des heures supplémentaires et la promotion de l’emploi. Encourager la mise en place d’accords d’établissement et un conseil de prud’hommes composé de représentants des travailleurs et des employeurs aux côtés du juge et dont les décisions seront sans appel et pris dans un délai bien imparti;

–           Vérifier la non disponibilité de la compétence au niveau national pour tout recrutement d’un expatrié. L’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE) et l’inspection du travail doivent, en l’absence de compétence au niveau national, motiver le visa assorti d’un délai de trois (3) ans pour le transfert à une compétence nationale. A défaut, l’employeur est astreint au paiement d’une amende dont le montant sera fixé par voie règlementaire.

–           Réguler et assainir les agences de placement.

II.9.   Un barème/référentiel d’indemnisation non adapté aux attentes des populations

Constat/Problématique :

Les activités des sociétés minières entraînent le déplacement des communautés impactées. La compensation se fait par une réinstallation des populations et/ou par une indemnisation.

Pour le cas de la réinstallation, la société procède à la construction de logements améliorés pour les populations sur des sites viabilisés. Cependant, des imperfections ont été constatées à Essakane où on note des maisons sans chainage et à Bissa Gold où le style architectural ne correspond pas aux habitudes culturelles des villages délocalisés. Aussi, des populations ont refusé d’occuper des maisons construites par les sociétés minières (Cas de Perkoa).

L’indemnisation des champs et autres espaces occupés est effective mais le barème utilisé à cet effet varie d’une société à une autre. Aucune société n’a pu communiquer clairement le barème utilisé. On note une disparité non expliquée dans l’indemnisation des populations :

–           Bissa Zandkom             : 615000 à 687 000 FCFA/ha

–           Inata                               : 102 000  à 130 000 FCFA/ha

–           Essakane                       : 103 000 FCFA/ha

–           Taparko                         : 137 000 FCFA/ha

–           Namissiguima               : 200 000FCFA/ha

–           Roxgold Sanu SA          : 375 000 FCFA/ha

De même, la durée de l’indemnisation fait l’objet de polémique ; elle ne couvre pas souvent la durée de vie de la mine. Selon les populations impactées, cette indemnisation convenue avec les sociétés minières devrait se faire annuellement et ce sur une période de trois ou cinq ans.

Recommandations :

–           Adopter un cadre général portant barème/référentiel de compensation et d’indemnisation des populations affectées par les projets miniers.

–           Créer des cadres de concertations spécifiques avec les populations des communes impactées pour traiter de l’ensemble des questions relatives à l’activité minière.

II.10.           Une fiabilité douteuse des déclarations sur les quantités d’or produit

Constat/Problématique :

Dans le processus de production de l’or, les services de l’Etat n’accèdent pas aux opérations du coulage de l’or pour le contrôle. Toutefois, la douane et les impôts assistent à la pesée. Avant l’expédition, il est procédé à la vérification des documents à signer et toute la production est mise sous scellée. Après l’expédition à l’étranger (Suisse) pour le raffinage, les nouvelles déclarations sur la teneur effective en or sur la base desquelles des corrections sont opérées ne sont pas vérifiées ou vérifiables par les services fiscaux.

Recommandation :

–           Diligenter la présence des services techniques dans la salle de coulée pour mieux suivre les quantités et la qualité d’or lors des coulées.

II.11.           La fraude grandissante de l’or

Constat/Problématique :

La fraude de l’or est plus perceptible dans l’exploitation artisanale. Cette situation est encouragée par le coût relativement bas de rachat de l’or produit par les orpailleurs d’une part, et le rachat de l’or au-delà du cours mondial par certains comptoirs fictifs ou non, d’autre part. Elle est également entretenue par l’existence de taxes que les exploitants traditionnels jugent trop élevées.

Recommandations :

–           Créer un guichet unique pour faciliter les formalités administrative, fiscale et douanière d’exportation de l’or et pour racheter l’or collectés par les comptoirs privés d’achat, de vente et d’exportation d’or afin de limiter la fraude de l’or ;

–           Réaliser une étude de faisabilité d’une raffinerie nationale d’or ;

–           Elaborer un rapport national annuel sur la fraude dans le secteur des mines.

II.12.           Irrégularité et ambiguïté des comptoirs d’achat, de vente et d’exportation de l’or

Constat/Problématique :

Des auditions et des renseignements fournis par le ministère en charge des mines, de nombreux cas de soupçons de fraude ont été relevés au niveau de ces comptoirs. Sur les 105 comptoirs déclarés, 36 seulement ont répondu à l’invitation de la commission d’enquête. La situation de 69 comptoirs reste à être élucidée. De même, selon les chiffres fournis par les services des impôts, uniquement 40 comptoirs seraient en règle vis-à-vis de la fiscalité.

De l’analyse des documents du Comptoir burkinabè des métaux précieux (CBMP), des informations données par le BUMIGEB et des études menées par différents acteurs, la fraude pourrait se situer entre 15 et 30 tonnes d’or/an. Ainsi de 2006 à 2015, plus de 300 milliards FCFA/an se seraient évaporés au détriment du Trésor public.

Des analyses, il ressort qu’un certain nombre de comptoirs doivent faire l’objet d’une attention particulière du ministère en charge des mines, des services de lutte contre la fraude et du service des impôts. Les responsables de ces comptoirs seraient détenteurs chacun de plus de 10 titres miniers (Cf. tableau ci-dessous). Ils font l’objet de redressements fiscaux à plusieurs milliards de FCFA et leur nom revient le plus souvent dans les auditions et les enquêtes de terrain.

Tableau : Situation des détenteurs ayant plusieurs titres

Kindo Adama Pafadnam Saïdou Sawadogo Sayouba
Personne morale Personne physique Personne morale Personne physique Personne morale Personne physique
SOMIKA : 55

CMP Sarl : 22

2 Burkina Or métal : 17 20 Sav’or Sarl : 10 2
Total : 79 titres Total : 37 titres Total : 12 titres

NB : A la lecture de ce tableau, il ressort que des personnes détiennent des titres tant en qualité de personnes physiques que morales.

Recommandations :

–           Suspendre et ouvrir une information judiciaire et administrative sur les comptoirs non à jour de leurs obligations fiscales au Burkina Faso ;

–           Normaliser le nombre de titres autorisés en fonction de la réglementation.

II.13. Un régime juridique opaque de lutte contre la fraude

Constat/Problématique :

La commission n’a pu établir le véritable régime juridique de la lutte contre la fraude de l’or. Le gouvernement et les services techniques devront officiellement communiquer sur la valeur exacte et les filières probables de l’or (quantité d’or, identités des personnes arrêtées pour fraude de l’or ou des personnes impliquées dans la fraude de l’or, des personnes soupçonnées pour fraude, ainsi que le traitement des cas) et le régime de récompense des acteurs de lutte contre la fraude de l’or.

Recommandation :

Rationaliser et mettre en cohérence les différents organes de lutte contre la fraude : douane, Brigade nationale de lutte anti-fraude de l’or (BNAF), justice, Forces de défense et de sécurité (FDS).

II.14. Une Commission nationale des mines inefficace

Constat/Problématique :

Les différentes auditions ont révélé que la Commission nationale des mines n’est pas en mesure de relever les défis du secteur des mines et n’use pas de toutes ses prérogatives.

Recommandation :

Réformer la Commission nationale des Mines afin qu’elle soit composée de personnalités ayant une expérience professionnelle et une probité avérée. La nouvelle Commission devrait non seulement regrouper l’Etat mais aussi des acteurs non gouvernementaux. Elle devrait être rattachée soit à la Présidence soit au Premier Ministère.

II.15. Une RSE en marge des plans communaux de développement

Constat/Problématique :

Malgré son caractère volontaire, toutes les sociétés minières font des actions entrant dans le cadre de la RSE. Ces actions consistent en la réalisation d’infrastructures socio-éducatives, sanitaires, sportives, etc. mais elles ne s’inscrivent pas dans les plans locaux de développement.

Les sociétés minières entreprennent des actions sporadiques contribuant ainsi à résoudre certains problèmes que rencontrent les communautés locales afin de maintenir un climat apaisé.

Les communautés souhaitent que les sociétés minières interviennent davantage dans le cadre de la RSE et que leurs actions prennent en compte les plans locaux de développement.

Recommandation :

–           Rendre obligatoire le respect des plans locaux de développement dans les cahiers de charges des mines vis-à-vis de la RSE.

–            Elaborer un plan type de développement local  et l’insérer dans la convention minière.

II.16. Le non-respect des engagements en matière de promotion des emplois locaux

Constat/Problématique :

Alors que les sociétés minières soutiennent qu’elles font la promotion des emplois locaux, les statistiques (2016) contredisent cette assertion (Bissa Zandkom : 48,7% ; SEMAFO : 32,1% ; ROX GOLD : 40%). Du reste, les  grandes disparités dans le traitement salarial entre les locaux et les expatriés battent en brèche la déclaration des sociétés minières.

Selon les populations, les emplois ne nécessitant pas de qualification devraient être confiés aux ressortissants des villages impactés.

Le recours aux sociétés de placement pour le recrutement du personnel est fréquent dans la quasi-totalité des sociétés minières. Cet état de fait malheureusement ne prend pas en compte toutes les dimensions sociales des localités impactées.

Aussi, une certaine catégorie du personnel se sent brimée au regard de la disparité dans le traitement salarial pour le même emploi.

Recommandation :

–           Clarifier les responsabilités des sociétés minières et des sociétés de placement afin de garantir la sécurité des emplois.

II.17.Le non-respect des engagements des sociétés minières en matière de fournitures de biens et services locaux

Constat/Problématique :

Selon l’ensemble des acteurs, les sociétés minières ne font pas la promotion de la fourniture de biens et services locaux. Le marché des approvisionnements est accordé à quelques sous-traitants agréés qui préfèrent se ravitailler à partir de Ouagadougou au détriment des producteurs et fournisseurs locaux. Aussi, beaucoup d’entreprises sous-traitantes sont d’origine étrangère, ce qui ne favorise pas l’émergence des PME/PMI dans la chaîne des biens et services miniers.

Recommandations :

–           Adopter dans les meilleurs délais la stratégie de développement et de promotion de la fourniture locale et nationale (achat de biens et services locaux nationaux) ;

–           Encourager le ministère du commerce ainsi que la Chambre de commerce à encadrer/développer les PME/PMI nationales à saisir les opportunités du secteur minier.

II.18.La prolifération de sites d’exploitation artisanale d’or et l’utilisation des produits chimiques toxiques

Constat/Problématique :

Les investigations ont permis à la commission d’enquête de se rendre compte de l’ampleur des activités d’exploitation artisanale de l’or dans les zones visitées. Les régions parcourues regorgent de nombreux sites d’or. Ces sites sont sources de revenus financiers pour les orpailleurs ; c’est aussi le lieu où l’utilisation des produits dangereux tels le cyanure et le mercure est la plus observée. Les orpailleurs s’adonnent à cette pratique dangereuse même à domicile au mépris des textes d’interdiction et des mesures de sécurité. Des cas de pollution ont été signalés dans certains endroits.

Recommandations :

–           Appliquer en urgence les dispositions règlementaires et celles du code de l’environnement interdisant l’utilisation des produits chimiques dans l’exploitation artisanale de l’or ;

–           Assurer un meilleur encadrement et mener une sensibilisation à  l’endroit des orpailleurs.

II.19. Les trois (3) dossiers emblématiques des ressources minérales du Burkina Faso

1.Tin Harassan : Une richesse minière non exploitée

Constat/Problématique : 

Le site de calcaire de Tin Harassan constitue un important potentiel minier non valorisé. Sa valorisation serait d’un grand apport pour l’économie nationale puisqu’il constitue la matière première pour de nombreuses cimenteries de notre pays. Le site a été morcelé en 5 en mai 2013 par un conseil des ministres et a fait l’objet d’attribution de recherche pour 2 sites a DIAMOND CEMENT en 2013, 1 titre à CIMFASO délivré le 31 décembre 2015 , et 2 titres à CIMASSO délivré le 1er juillet 2016.

La commission note que 3 cimenteries se sont vu attribuer des permis de recherche ; elle se pose la question de savoir si cela ne crée pas une situation de concurrence déloyale vis-à-vis des autres cimenteries de la place.

Recommandation :

–           Réexaminer ces attributions au regard des règles de la concurrence et cela conformément aux textes nationaux et internationaux.

2.Tambao : Un cas de mauvaise gouvernance dans la gestion des ressources minières

Constat/Problématique :

Suite aux auditions des anciens ministres et des personnes ressources, il ressort que la gestion du titre de Tambao a connu de nombreux épisodes. Nice Group International (NGI), qui s’est vu retirer l’exploitation au profit de PAN African, a traduit l’Etat du Burkina Faso devant les tribunaux internationaux. Le Burkina Faso a été condamné à lui payer environ 15 millions de dollars US suite à un accord transactionnel signé entre le Directeur Général de NGI et l’ancien Ministre Salif KABORE et dont les termes n’ont pas été respectés. La commission, au regard des documents en sa possession (Accord transactionnel et Sentence arbitrale), se pose la question sur la qualité et l’habilitation du signataire burkinabè. En de telles circonstances, l’autorisation ou l’approbation du ministre chargé des finances était indispensable ; alors que cela n’a pu être établi par la commission. . Cela dénote d’une mauvaise gouvernance dans le traitement du dossier de Tambao.

Par ailleurs, PAN African, actuel gestionnaire de Tambao, n’a toujours pas honoré les engagements contenus dans l’Accord-cadre de partenariat public privé (PPP), notamment ceux relatifs au chemin de fer Kaya-Dori-Tambao et la route Dori-Tambao.

Recommandations :

–           Retirer le permis d’exploitation à Pan African Tambao/Pan African Burkina sur la base d’un audit juridique qui constate les manquements aux obligations de cette compagnie ;

–           Vider les contentieux juridiques par des provisions pour règlements de litiges particulièrement celui avec NGI, et solliciter une assistance juridique appropriée afin de garantir la crédibilité de l’Etat ;

–           Envisager éventuellement un nouvel opérateur qui garantisse le caractère intégré de l’exploitation de la mine de Tambao (chemin de fer, bitumage des routes, exploitation du manganèse) ;

–           Engager la responsabilité de l’ancien ministre chargé des mines d’alors, Mr Salif KABORE dont la mauvaise gestion a conduit à la condamnation du Burkina Faso au paiement de dommages et intérêts d’au moins quinze millions (15 000 000) de dollars US, et à un risque évident d’un autre procès [1] 

– Ouvrir une enquête judiciaire sur la responsabilité des anciens ministres des Mines et des Finances, en l’occurrence Mr Abdoul Kader Cissé pour les premiers contentieux sur TAMBAO, et Mr Lucien marie Noel BEMBEMBA sur la gestion et la destination du bonus versé par PAN.

3. Poura : une mine à rebondissement

Constat/Problématique :

Suite aux auditions et aux informations collectées, la mine d’or de Poura dispose d’une réserve de 15 tonnes d’or et demeure stratégique pour l’Etat burkinabè.

Entre  1996 et 1998, des fonds d’un montant de sept milliards (7 000 000 000) FCFA auraient été alloués par l’Union européenne dans le cadre d’un projet de relance de la mine de Poura dénommé projet  SYSMIN. Des soupçons de mauvaise gestion de ce fonds auraient été rapportés à la commission.

Recommandations :

–           Vider tous les contentieux relatifs à l’exploitation de la mine de Poura et accélérer sa réouverture ;

–           Diligenter une information administrative sur la clôture du projet SYSMIN mis en œuvre de 1998 à 2003.

II.20.La faiblesse de l’information sur les flux financiers dans les secteurs des mines

Constat/Problématique

La commission a constaté qu’une bonne partie des sociétés ont réalisé des résultats déficitaires consécutifs. Cette situation créée des manques à gagner pour l’Etat en matière d’impôt sur le résultat, en matière d’IRVM et en matière de dividendes. La commission a observé donc l’absence d’un système de contrôle des résultats réalisés par les sociétés minières

La commission a aussi établit le constat qu’une bonne partie des sociétés ont réalisé des résultats bénéficiaires mais  les Assemblées Générales Ordinaires ont décidé dans certains cas d’affecter tout le résultat en report à nouveau sans distribution de dividendes. Cette situation créée un  manque à gagner pour l’Etat en matière d’IRVM et en matière de  dividendes.

La commission a relevé que la plus part des structures publique n’a pas été en mesure de fournir des informations financières et non financières des sociétés minières sur les exercices antérieurs à 2010. Cette situation s’explique par la non informatisation du traitement des informations au cours des années.

Recommandations

–           Créer une Société de Patrimoine des Mines du Burkina Faso rattachée au Premier ministère et sous le contrôle annuel de l’Assemblée Nationale. Cette Société garantira un système un système de suivi des dividendes dus par les sociétés minières à l’Etat ainsi que les décisions d’investissement et le recouvrement.

–           Renforcer la qualité de la représentativité de l’Etat dans les organes de contrôle et de prise de décision des sociétés minières. Les représentants de l’état dans les sociétés minières devront rendre compte des résultats des Assemblées Générales  à leur tutelle par un rapport écrit  qu’ils doivent présenter et défendre au cours d’une session spécifique  annuelle présidée par SEM le Premier Ministre

–           informatiser tous les processus de traitement des informations financières et non financières des sociétés minières ainsi que le traitement informatique des données antérieures à 2010.

–           Mettre en place un dispositif de centralisation des flux financiers ainsi que les informations financières sur les sociétés minières, gérées par les services publics tels que la Direction Générale des Douanes, la Direction Générale des impôts, la Direction Générale du Trésor et de la comptabilité publique et le Ministère de l’Energie, des mines et des carrières.

III.Propositions de résolutions et de recommandations de la CEP

Au terme de son analyse et à la suite de ses recommandations (une quarantaine), la CEP suggère à la Représentation nationale les propositions de lois, de résolutions et de recommandations urgentes suivantes:

–           Proposition de loi d’ici à fin juin 2017 exigeant que les conventions minières soient désormais discutées puis ratifiées par l’Assemblée nationale;

–           Proposition de loi portant modification du code de travail. Cette loi devrait régler les questions de l’emploi, préciser les conditions d’externalisation de la gestion du personnel des transferts de compétence, du recrutement du personnel des sociétés minières, des heures supplémentaires, de la promotion de l’emploi et des conflits de travail ; par exemple, introduire dans la proposition de loi des dispositions relatives à un conseil de prud’hommes avec des délais fixes pour tout conflit de travail ;

–           Proposition de loi autorisant le prélèvement de 5% par an des recettes fiscales  minières à déposer dans un fonds pour les générations futures ;

–           Proposition/Projet  de loi portant commercialisation de l’or au Burkina Faso et portant mise en place d’une centrale d’achat et d’exportation de l’or ;

–           Proposition de Résolution portant mise en accusation d’un ancien ministre en charge des mines de 2005 au 30 octobre 2014, relativement au dossier Tambao;

–           Proposition de Résolution portant mise en place d’un comité parlementaire pour le suivi des résolutions et recommandations des commissions d’enquête parlementaire. Ce comité, Composé de 5 membres de la CEP à raison de 3 députés pour la majorité et de 2 députés pour l’opposition devrait déposer un rapport annuel sur les mises en œuvre de ces résolutions et recommandations ;

–           Recommandation au Parlement de conduire une mission d’information sur la règlementation des fondations minières, la mobilisation des fonds effectués à l’extérieur et au Burkina Faso pour le financement de leurs activités et la gestion desdits fonds.

–           Recommandation au gouvernement d’entamer une action diligente (au plus tard le 31 décembre 2016) de recouvrement d’une part au profit du Fonds de préservation et de réhabilitation de l’environnement à hauteur de 14 840 758 312 FCFA et le placement dudit Fonds auprès du trésor ou de la BCEAO, et d’autre part des dividendes dues à l’Etat ;

–           Recommandation au gouvernement portant retrait du permis d’exploitation de Tambao à PAT ;

–           Réexaminer les attributions nécessaires à l’exploitation des substances de carrière de Tin Harassan  au regard des règles de la concurrence et cela conformément aux textes nationaux et internationaux.

–           Recommandation au gouvernement de créer une Société de Patrimoine des Mines du Burkina Faso rattachée au Premier ministère et sous le contrôle annuel de l’Assemblée Nationale. Cette Société garantira un système un système de suivi des dividendes dus par les sociétés minières à l’Etat ainsi que les décisions d’investissement et le recouvrement.

La commission, tout en reconnaissant des retombées financières pour le budget de l’Etat et certains budgets locaux, note cependant 551 163 803 556 FCFA de manque à gagner pour l’économie et les populations, et cela sans compter le manque d’informations financières exhaustives de 2005 à 2010 et les manques à gagner non chiffrables. Ce tableau comparatif interroge la gouvernance du secteur des mines et sa cohérence avec les autres segments de l’économie. La forte part de manque à gagner liée à l’emploi des expatriés (plus de 200 milliards de FCFA en 5 ans) met à nue l’absence d’une réelle politique de formation et d’emploi de burkinabè dans le secteur et pourrait justifier le sentiment de malaise social dans le secteur des mines.

Les visites terrain des députés, la récurrente plainte des populations sur la dégradation de l’environnement, l’important portefeuille de permis de recherche et d’exploitation encore valides, l’ineffectivité du fonds de réhabilitation de l’environnement, les énormes coûts humains et écologiques de l’exploitation artisanales de l’or (orpaillage) mettent également à nue l’incohérence et la faiblesse de l’Etat.

    Président  Dr Ousseni TAMBOURA

Vice-Président     Bénéwendé Stanislas SANKARA

 Rapporteur Général

Karidia YANOGO/ZONGO

Rapporteur Général adjoin

Ngoummion Bernard SOME

Membres

Alexandre S. O.TAPSOBA

Alpha OUSMANE

W.Paul SAVADOGO

                   Ladji COULIBAL

Michel BADIARA   Bachir Ismael OUEDRAOGO

Communication sur la dengue a l’attention de la population

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Qu’est – ce que la dengue?

La dengue est une maladie transmise par un moustique du nom de Aedes aegypti qui a la particularité de piquer pendant la journée. Il est aussi appelé moustique « tigre” à cause de sa silhouette noire à rayures blanches. Présent depuis des années en Asie, en Amérique, dans l’Océan Indien et en Afrique, il s’est installé, depuis 2004, dans le sud-est de la France.

Au Burkina Faso, la première épidémie de Dengue se serait déroulée en 1925.Par la suite, un nombre de cas important aurait été identifié dans les années 1980.

En 2013, quelques cas ont également été enregistrés dans la commune de Komboinsé. Actuellement, des cas de Dengue sont enregistrés dans certaines formations sanitaires de notre pays, principalement de la ville de Ouagadougou.

C’est une pandémie émergente qui s’est propagée dans le monde au cours des 30 dernières années à cause de changements en matière d’écologie humaine.

Lors des épidémies de dengue, les taux d’infection parmi les individus n’ayant encore jamais été exposés au virus se situent souvent entre 40% et 50%, mais peuvent atteindre 80% à 90%.

Comment se transmet la dengue?

®Un moustique « tigre” sain pique une personne infectée par le virus.

®Quelques jours plus tard, le moustique infecté devient contaminant.

®Ce moustique transmet la dengue à une autre personne saine en la piquant.

®Pendant au moins 1 semaine après l’apparition des symptômes, la personne malade peut contaminer un moustique sain qui pourrait ensuite piquer d’autres personnes et leur transmettre la maladie.

Il faut 4 à 7 jours pour que les symptômes apparaissent chez la personne contaminée par le moustique.

Quels sont les manifestations de la dengue?

La dengue se manifeste par l’apparition brutale d’unefièvreet généralement accompagnée de :

– douleurs articulaires;

– courbatures;

– douleurs derrière les yeux;

– maux de tête…

Il faut alors consulter rapidement dans un centre de santé en cas de fièvre brutale et de douleurs articulaires.

Peut-on guérir de la Dengue?

Oui. Il n’existe pas de traitement spécifique de la dengue, mais une prise en charge médicale adaptée permet souvent de sauver la vie des malades atteints de la forme bénigne et de la forme avec des complications hémorragiques.

Comment se protéger et protéger son entourage de la dengue?

A ce jour, le seul moyen de prévenir ou de combattre la transmission du virus de la dengue consiste à lutter contre les moustiques vecteurs. Cette lutte anti vectorielle repose sur la gestion du milieu et sur des méthodes chimiques. Pour ce faire il faut:

1. il faut éliminer les eaux stagnantes, chez soi et autour de chez soi car cela limite la présence des moustiques.

En effet, ils ont besoin d’une eau stagnante pour pondre leurs oeufs (qui se transforment ensuite en larves) et chaque moustique femelle peut pondre jusqu’à 250 oeufs tous les 2 jours!

De plus, le plus souvent, un moustique ne vole pas à plus de 50 mètres du point d’eau où il est né. Il est donc nécessaire de:

§ retirer toutes les coupelles des pots de fleurs;

§ mettre à l’abri tous les objets susceptibles de se remplir d’eau de pluie ou d’arrosage;

§ et nettoyer, une fois par semaine, les endroits où l’eau peut stagner (gouttières, siphons…).

2. Il faut éviter de se faire piquer pour ne pas attraper la dengue.

C’est également le meilleur moyen, lorsqu’on l’a attrapé, de ne pas propager la maladie : on évite ainsi d’infecter un moustique qui irait ensuite piquer une autre personne. Il est donc conseiller de:

– porter des vêtements amples et couvrants.

– appliquer sur sa peau des produits anti-moustiques, surtout la journée.

– utiliser des diffuseurs d’insecticide à l’intérieur et des serpentins à l’extérieur.

– les malades, les bébés et les femmes enceintes doivent dormir sous une moustiquaire, même la journée.

Ce qu’il faut bien retenir

Trois conseils pratiques de prévention à mettre en œuvre par chacun de nous:

Ø J’élimine les endroits où l’eau peut stagner chez moi ou autour de chez moi

Ø J’évite de me faire piquer, que je sois malade ou non.

Ø Je consulte rapidement dans un centre de santé en cas de fièvre brutale et de douleurs articulaire.

Ainsi, ces pratiques individuelles mises ensemble nous permettrons de gagner la lutte contre la Dengue au Burkina Faso!

Ministère de la santé

Communication sur la dengue a l’attention de la population

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Qu’est – ce que la dengue?

La dengue est une maladie transmise par un moustique du nom de Aedes aegypti qui a la particularité de piquer pendant la journée. Il est aussi appelé moustique « tigre” à cause de sa silhouette noire à rayures blanches. Présent depuis des années en Asie, en Amérique, dans l’Océan Indien et en Afrique, il s’est installé, depuis 2004, dans le sud-est de la France.

Au Burkina Faso, la première épidémie de Dengue se serait déroulée en 1925.Par la suite, un nombre de cas important aurait été identifié dans les années 1980.

En 2013, quelques cas ont également été enregistrés dans la commune de Komboinsé. Actuellement, des cas de Dengue sont enregistrés dans certaines formations sanitaires de notre pays, principalement de la ville de Ouagadougou.

C’est une pandémie émergente qui s’est propagée dans le monde au cours des 30 dernières années à cause de changements en matière d’écologie humaine.

Lors des épidémies de dengue, les taux d’infection parmi les individus n’ayant encore jamais été exposés au virus se situent souvent entre 40% et 50%, mais peuvent atteindre 80% à 90%.

Comment se transmet la dengue?

®Un moustique « tigre” sain pique une personne infectée par le virus.

®Quelques jours plus tard, le moustique infecté devient contaminant.

®Ce moustique transmet la dengue à une autre personne saine en la piquant.

®Pendant au moins 1 semaine après l’apparition des symptômes, la personne malade peut contaminer un moustique sain qui pourrait ensuite piquer d’autres personnes et leur transmettre la maladie.

Il faut 4 à 7 jours pour que les symptômes apparaissent chez la personne contaminée par le moustique.

Quels sont les manifestations de la dengue?

La dengue se manifeste par l’apparition brutale d’unefièvreet généralement accompagnée de :

– douleurs articulaires;

– courbatures;

– douleurs derrière les yeux;

– maux de tête…

Il faut alors consulter rapidement dans un centre de santé en cas de fièvre brutale et de douleurs articulaires.

Peut-on guérir de la Dengue?

Oui. Il n’existe pas de traitement spécifique de la dengue, mais une prise en charge médicale adaptée permet souvent de sauver la vie des malades atteints de la forme bénigne et de la forme avec des complications hémorragiques.

Comment se protéger et protéger son entourage de la dengue?

A ce jour, le seul moyen de prévenir ou de combattre la transmission du virus de la dengue consiste à lutter contre les moustiques vecteurs. Cette lutte anti vectorielle repose sur la gestion du milieu et sur des méthodes chimiques. Pour ce faire il faut:

1. il faut éliminer les eaux stagnantes, chez soi et autour de chez soi car cela limite la présence des moustiques.

En effet, ils ont besoin d’une eau stagnante pour pondre leurs oeufs (qui se transforment ensuite en larves) et chaque moustique femelle peut pondre jusqu’à 250 oeufs tous les 2 jours!

De plus, le plus souvent, un moustique ne vole pas à plus de 50 mètres du point d’eau où il est né. Il est donc nécessaire de:

§ retirer toutes les coupelles des pots de fleurs;

§ mettre à l’abri tous les objets susceptibles de se remplir d’eau de pluie ou d’arrosage;

§ et nettoyer, une fois par semaine, les endroits où l’eau peut stagner (gouttières, siphons…).

2. Il faut éviter de se faire piquer pour ne pas attraper la dengue.

C’est également le meilleur moyen, lorsqu’on l’a attrapé, de ne pas propager la maladie : on évite ainsi d’infecter un moustique qui irait ensuite piquer une autre personne. Il est donc conseiller de:

– porter des vêtements amples et couvrants.

– appliquer sur sa peau des produits anti-moustiques, surtout la journée.

– utiliser des diffuseurs d’insecticide à l’intérieur et des serpentins à l’extérieur.

– les malades, les bébés et les femmes enceintes doivent dormir sous une moustiquaire, même la journée.

Ce qu’il faut bien retenir

Trois conseils pratiques de prévention à mettre en œuvre par chacun de nous:

Ø J’élimine les endroits où l’eau peut stagner chez moi ou autour de chez moi

Ø J’évite de me faire piquer, que je sois malade ou non.

Ø Je consulte rapidement dans un centre de santé en cas de fièvre brutale et de douleurs articulaire.

Ainsi, ces pratiques individuelles mises ensemble nous permettrons de gagner la lutte contre la Dengue au Burkina Faso!

 Ministère de la santé

Situation sécuritaire au Burkina: un coup d’Etat déjoué

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 Le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré et  la hiérarchie militaire ont animé, le vendredi  21 octobre 2016 à Ouagadougou, une conférence de presse pour faire le point de la situation sécuritaire du pays, marquée par diverses attaques.
L’attaque  du Pont Nazinon à  Pô  dans la région du Centre-Sud, celles d’Intangom et de Kerboulé dans le  Sahel  ont été  les principaux sujets,  sur lesquels,  le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré et la hiérarchie militaire ont communiqué à la conférence de presse du vendredi 21 octobre 2016. Les forces de défense et de sécurité étaient représentés au plus haut niveau par  le chef d’Etat-major général des armées, le général de brigade Pengrenoma Zagré, celui de la gendarmerie, le colonel Tuandaba Coulibaly  et  le  directeur  général de la Police nationale, Lazare Tarpaga. Le ministre Compaoré a introduit les échanges, en abordant, avec force  détails,  l’attaque du Pont Nazinon.  « Le samedi 8 octobre 2016, le poste de gendarmerie de Nazinon à Pô a intercepté, au cours d’un contrôle de routine, quatre individus, qui  avaient des comportements suspects, mais que les gendarmes ont pris pour des coupeurs de route, du fait des nombreux amulettes et gris-gris qu’ils transportaient dans leurs sacs », a-t-il d’emblée indiqué.
Cette interpellation  va virer au drame,  à entendre le ministre,  puisqu’au cours de leur transfèrement  à la brigade territoriale de Pô pour une vérification approfondie d’identités,  les  intéressés  vont tenter de retirer les armes des gendarmes, qui les y conduisaient. « Pendant la lutte, deux d’entre eux ont trouvé la mort et un gendarme a reçu une balle au ventre »,  a ajouté Simon Compaoré. Les deux  individus  restant  vont alors  prendre la  fuite,  avant  que l’un d’eux  ne soit  mis aux arrêts plus tard par les forces de sécurité.  Mais  ce qui s’apparentait à un incident  va  se révéler  être un complot  visant à s’emparer du pouvoir par les armes.  Les  enquêtes menées par la suite vont permettre de savoir, que  les quatre suspects sont un groupe de militaires de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), dont  trois déserteurs recherchés pour leur participation  à l’attaque de la poudrière de  Yimdi en janvier 2016. A en croire le ministre en charge de la Sécurité, ces hommes revenaient  d’un pays voisin, dont le nom n’a pas été fourni,  pour participer à une « action d’atteinte à la sureté de l’Etat », avec  pour chef des opérations, l’adjudant-chef Gaston Coulibalyde l’ex-RSP. Ce militaire en désertion  est  recherché  activement  par les forces de sécurité.

 10 militaires déférés

 La collaboration d’autres éléments de l’ex-RSP, qui ont refusé  d’adhérer à l’opération,  a permis  aux enquêteurs d’obtenir des informations précieuses sur l’affaire.  Selon  Simon  Compaoré, le coup d’Etat devait  être perpétré, le samedi 8 octobre à minuit,  par  30  hommes, essentiellement  des  sous-officiers et des militaires de rang de l’ex-RSP. Les comploteurs avaient, entre autres objectifs,  d’attaquer la présidence du Faso et la maison d’arrêt et de correction des armées (MACA)  pour libérer les détenus, parmi lesquels  leur maitre à penser,  le général de brigade Gilbert Diendéré, incarcéré dans le cadre du coup d’Etat raté du 16 septembre 2015.   Le passage du pont Nazinon ayant tourné au vinaigre, selon les explications du ministre de la Sécurité,  le chef des opérations  a opté pour un plan B : créer une mutinerie dans l’armée,  la nuit du dimanche 9 octobre à minuit.  La stratégie consistait ainsi à « s’emparer des armes des militaires dans les postes de garde et effectuer des  tirs tout azimut  dans toutes les garnisons  afin de créer le chaos ».
La vigilance  du commandement  militaire,  foi de Simon Compaoré,  a permis de faire échec  à ce second  plan.  D’après les témoignages  obtenus par les enquêteurs,  l’adjudant-chef  Coulibaly ne s’est  pas avoué vaincu pour autant, élaborant un plan C,  à savoir susciter une rébellion dans l’armée en opposants ses différentes entités par des actions de désinformation via les réseaux sociaux.  Ce  fut encore un échec.   A la   date du 21  octobre  2016,  a  rapporté le ministre de la Sécurité,  des résultats ont été  engrangés dans le cadre  des enquêtes et perquisitions menées pour tirer au clair cette affaire.   Il  a relevé la mise en garde à vue de 19 militaires, dont 10 déjà déférés et présentés au commissaire du gouvernement,  l’audition de  32 militaires et 10 civils,  la saisie de matériels militaires, dont  un fusil kalachnikov, 6 chargeurs garnis et  plusieurs cartouches.   « Les investigations se poursuivent   et d’autres interpellations et saisies ne sont pas à exclure dans les jours à venir », a prévenu Simon Compaoré.   A sa suite, le chef d’Etat-major général des armées   a  évoqué les attaques  d’Intangom et de Kerboulé dans le  Sahel,  respectivement  dans la nuit du 11 au 12 octobre  et  le 18 octobre 2016.

  Les cas  d’Intangom et de Kerboulé

 L’attaque d’Intangom a été perpétrée, à l’aube, par  un groupe  d’assaillants,  coutant la vie à quatre militaires et  2 civils, notamment  un conseiller municipal et  son  fils.   « Les tirs ont été précédés par l’apparition d’un troupeau de bétail »,  a  expliqué le général Zagré.  Il a  indiqué,  que cette agression  intervient à un moment où le génie militaire  s’active  à renforcer les infrastructures  et à installer des postes de combat  dans la localité.  Le chef d’Etat-major  général des armées  s’est appesanti sur le décès  des deux civils,  insistant qu’une enquête a été ouverte pour  « élucider » les conditions dans lesquels ils ont été tuées.  Pour l’attaque de Kerboulé,  il  a affirmé, qu’il s’agit d’un  affrontement  entre un groupe d’autodéfense (Koglwéogo) et des assaillants à propos d’une amende.  «  Le détachement  militaire  a été déployé sur les lieux pour ramener la quiétude »,  a dit le haut gradé. Au-delà des informations  apportées çà et là,  les animateurs de la conférence de presse ont  été appelés à réagir   à certains préoccupations.
  Les Burkinabè sont-ils réellement en sécurité  avec toutes ces attaques ?   « Il y a un capitaine dans le cockpit.  Le pays est gardé, mais cela ne veut pas dire, que nous ne pouvons pas faire l’objet d’attaques.  C’est la manière  dont nous allons nous organiser pour y faire face, qui compte.
C’est une longue bataille et personne ne peut dire à quel moment  ça prendra fin.   Même les pays, qui ont des moyens plus sophistiqués, n’en savent rien »,  a répondu Simon  Compaoré.   Il  a au passage réagi à sa supposée incapacité à diriger le département de la sécurité,  clamée  par  certaines organisations de la société civile (OSC).   « Je n’ai pas été  nommé par une OSC, mais par une autorité, qui a la capacité de le faire et de rendre compte au peuple. J’assumerai ma mission, jusqu’à ce qu’on considère que je suis indigne, et qu’on me renvoie chez moi »,  a-t-il répliqué,  invitant  même  les bonnes volontés à faire des propositions au chef de l’Etat, qui l’a porté à son poste.  Qu’est-ce qui est fait  pour surveiller les ex-RSP, de sorte à ce qu’ils ne soient  pas nuisibles  au pays ?
A cette question, le général Zagré a  fait observer, qu’un important  travail a été  abattu  pour réintégrer  les  éléments du défunt corps d’élite dans l’armée. « Une grande majorité de ces éléments ont une conduite irréprochable. Les événements du pont Nazinon nous ont permis de  savoir, que certains n’ont pas encore compris.   Ils se nourrissent d’illusions.   Nous espérons, que les intéressés reviendrons à la raison, car nous n’allons pas  tolérer  qu’ils mettent  la sécurité du pays en danger »,  a soutenu le chef d’Etat-major général des armées.  Le ministre de la Sécurité, lui,  mise  surtout  sur la collaboration des  populations, pour mettre fin aux agissements des ennemis du Burkina.  « Avec l’aide des populations, nous allons arrêter la chienlit, car elles aspirent à la liberté et à la quiétude (…) », a-t-il commenté.   Le récent braquage à Ouahigouya s’est invité aux échanges,  en ce sens que la presse  a voulu  savoir comment  le véhicule impliqué a pu se retrouver  au parc Bangr-Wéogo à  Ouagadougou ?  «  La difficulté a été le fait, que nous n’avons pas été  alerté à temps  par la victime. Ce qui a fait, que le véhicule ait pu arriver jusqu’à Ouagadougou. L’un des braqueurs a été arrêté à Ouahigouya et son audition est en cours.  Nous y reviendrons », a confié le chef d’Etat-major de la Gendarmerie nationale.
 Kader  Patrick KARANTAO 

Roch Marc Christian Kaboré en Italie : un séjour jugé satisfaisantRoch Marc Christian Kaboré en Italie : un séjour jugé satisfaisant

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 Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré est rentré le vendredi 21 octobre 2016, du Vatican. Un voyage au cours duquel, il s’est entretenu avec le Pape François. A sa descente d’avion, il a fait le point de son séjour qu’il a jugé bref mais très satisfaisant.  
En moins de 72 heures passées dans l’Etat du Vatican, le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré est de retour avec de bonnes nouvelles pour son pays. En plus d’avoir bénéficié de prières pour la cohésion dans son pays de la part du Pape François lui-même, il a obtenu des engagements de la part de l’Italie à accompagner le Burkina Faso surtout dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. « Ce fut une mission qui s’est déroulée avec beaucoup de succès. Parce que non seulement nous avons fait le point sur la situation de notre pays, les difficultés que nous rencontrons, les défis que nous avons à relever et la nécessité pour nous également de conforter les relations d’Etat à Etat », s’est réjoui Roch Marc Christian. De son avis, sa délégation composée de représentants des communautés chrétienne, musulmane et coutumière, a été l’occasion pour lui de démontrer à sa Sainteté le Pape François, la réalité du dialogue inter-religieux au ‘’pays des Hommes intègres’’. « Parce que nous avons montré que si le Burkina Faso se relève chaque fois des difficultés que nous rencontrons, c’est grâce à ces communautés qui dans leurs prières, dans leur engagement pour la paix n’ont jamais reculé et se sont toujours battues pour la paix », a-t-il relaté. A propos de la coopération, le chef de l’Etat a confié avoir rencontré le secrétaire d’Etat du Vatican qui joue en même temps le rôle de Premier ministre. Avec lui, il a été question de discuter de la nécessité de mettre en place un cadre de coopération entre le Vatican et le Burkina Faso ;  surtout que la Fondation Jean Paul II pour le Sahel a son siège au Burkina Faso et  l’OCADES aussi y travaille  dans la   santé et l’éducation.« Concernant la coopération, nous avons demandé que le Vatican puisse travailler à dynamiser les institutions de coopération que nous avons déjà au Burkina Faso.
Que ce soit la Fondation Jean Paul II pour le Sahel qui est dans le domaine de l’agriculture et la lutte contre la désertification, que ce soit l’OCADES et toutes les autres institutions qui travaillent dans le domaine de la santé et l’éducation. Nous avons demandé que le Vatican renforce son soutien financier à leur endroit afin de leur permettre de mieux lutter contre la pauvreté dans l’ensemble du Burkina Faso », a-t-il expliqué. Roch Kaboré a également rencontré l’association Saint’ Egidio qui travaille pour l’acquisition des actes de naissance au profit des enfants dans les différentes communes. A cet effet, il a dit avoir insisté auprès du Vatican pour que les moyens conséquents soient mis à la disposition de Saint’ Egidio pour poursuivre son travail combien important. Par ailleurs, le Président du Faso a profité de son séjour pour rencontrer le ministre des affaires étrangères et de la coopération d’Italie. Les échanges ont porté, toujours sur la coopération des deux pays, notamment sur la question de la lutte contre le terrorisme. Et selon lui, l’Italie a une grande expérience en la matière. C’est pourquoi, le Président a confié avoir pu obtenir un accord afin que des formations et une assistance soient initiées au profit de notre pays. Le secteur privé n’a pas été occulté lors de son séjour. « Nous avons jugé nécessaire qu’ensemble, nous organisons au Burkina Faso une activité qui permette au secteur privé italien, notamment les petites et moyennes entreprises de pouvoir venir à Ouagadougou. Ils pourront discuter avec leurs collègues et avec les étudiants de comment les projets peuvent être montés et soutenus dans notre pays afin de lutter contre le chômage des jeunes », a fait savoir Roch Marc Christian Kaboré.
Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

Le président du Faso échange avec le pape François

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Le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a été reçu par le pape François  dans sa bibliothèque privée, au Vatican, dans la matinée du jeudi 20 octobre 2016. A l’issue du tête-à-tête entre les deux hommes d’Etat, une délégation de dix personnes, dont des représentants de communautés religieuses du « pays des Hommes intègres », a pu s’entretenir avec le souverain pontife.
Le point d’orgue de la visite du président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré,  au  Vatican, a été, sans conteste, l’audience à lui accordée par le pape François. A son arrivée dans la cité du Vatican, le  jeudi 20 octobre 2016, le chef de l’Etat burkinabè a eu droit aux honneurs dignes des hôtes de marque du souverain pontife. Honneurs militaires de la Garde suisse,  puis escorte par les « gentils hommes » à travers les couloirs de la résidence Saint Damasse jusque dans la bibliothèque privée  du pape, le président de l’Etat du Vatican.  Après avoir été introduit par le Nonce apostolique, les deux chefs d’Etat ont eu un entretien à huis clos d’un quart d’heure environ. Il s’en est suivi l’audience avec une dizaine de  membres de la délégation,  dont des représentants des communautés catholique, musulmane et  de la chefferie traditionnelle, l’épouse du chef de l’Etat, Sika Kaboré, l’ambassadeur près le Saint Siège, le ministre en charge des affaires étrangères, entre autres. A la suite du  chef de l’Etat  du Vatican, deux étages plus bas, le président Kaboré  s’est entretenu avec le secrétaire d’Etat, l’équivalent du Premier ministre du Vatican, le cardinal  Pietro Parola.
A la fin des audiences avec les plus hautes autorités  de l’un des Etats les plus petits au monde, de par sa taille (seulement 44 ha), mais des plus influents (le Vatican entretient des relations diplomatiques  avec  114 sur 129  pays au monde), le ministre  burkinabè des Affaires étrangères, de la coopération et des Burkinabè de l’extérieur, Alpha Barry, a confié à la presse la substance des discussions. « Nous avons discuté de la coopération entre l’Etat du Vatican et  le  Burkina Faso  dans divers domaines.  Ces échanges ont permis  de fixer le cadre de cette  coopération  qui sera matérialisé par un accord prochainement», a-t-il laissé entendre.  Selon le ministre en charge des affaires étrangères, l’éducation et l’intensification des actions des ONG catholiques, notamment  celles de la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel,  figurent en bonne place parmi les domaines identifiés. « Le président du Faso  a souhaité  que le pape François et le Vatican puissent  lancer encore un appel pour plus de ressources  en faveur de la Fondation qui fait un excellent travail dans le Sahel », a poursuivi Alpha Barry. Le ministre Barry  a également   souligné que la visite, en compagnie des délégués de certaines communautés religieuses,   a permis de témoigner  de la vivacité du dialogue  interreligieux  au « pays des Hommes intègres». « Cette particularité de notre pays, l’Etat le plus laïc de la sous-région Ouest-africaine, surtout  dans cette période d’exacerbation du radicalisme religieux, est assez chère au pape », a-t-il fait savoir.

Le dialogue interreligieux, une réalité au Faso

En écho aux déclarations du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Burkinabè de l‘extérieur, les différents délégués  ont, tour à tour justifié leur participation à ce voyage sur les lieux saints  du catholicisme, comme le symbole d’une richesse  du Burkina Faso. « La tolérance, la compréhension et l’interpénétration entre les différentes communautés, qu’elles soient traditionnelles ou religieuses, sont le  soubassement de la paix sociale que nous devons tous préserver », a fait remarquer Naaba Koabga de Kognoudou.  Pour  le  Cheik Sidi Mohamed Koné,  sa présence est la preuve que les Burkinabè restent solidaires. « La communauté musulmane souhaite traduire sa disponibilité pour la construction  d’une Nation où règnent l’entente, la coexistence intelligente  et pacifique entre les différentes   composantes  de la population », a-t-il  souligné.    La représentante de la communauté catholique,  Bernadette Confé /Ouédraogo,    s’est enthousiasmée de cette visite et a formulé le vœu que l’initiative soit réitérée dans d’autres lieux saints  comme la Mecque.  «  Ce sera la preuve qu’il est impératif de  travailler main dans la main pour le développement quelle que soit sa confession religieuse », a-t-elle conclu.
Nadège YE
(envoyée spéciale au Vatican)

Visite du président au Vatican : Roch Marc Christian Kaboré arrivé à Rome

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Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, effectue une  visite officielle au Saint Siège du 19 au 21 octobre 2016. A son arrivée à l’aéroport de Rome dans l’après-midi du mercredi 19 octobre, il a été accueilli par le nonce apostolique, Francesco Canalini.
Pour sa première visite officielle au Vatican,  du 19 au 21 octobre 2016, le président Roch Marc Christian Kaboré  a fait le déplacement de Rome avec des représentants de différentes communautés religieuses.   Il s’agit de Cheik Sidi Mohamed Koné  au titre de la communauté musulmane, Bernadette Confé/Ouédraogo   pour les catholiques et   Naaba Koabga de Kognoudou au nom de la communauté  coutumière.   Il est aussi accompagné de son épouse et du ministre des Affaires étrangères, de la coopération et des Burkinabè de l’extérieur. La délégation burkinabè a été accueillie, à sa descente d’avion, par le nonce apostolique Francesco Canalini, l’ambassadeur du Burkina Faso près le Saint Siège, Robert Compaoré, le chargé d’affaires de l’ambassade du Burkina à Rome, Issa Soma, le Consul général à Milan François D’assises  Yaméogo et d’autres compatriotes. Au cours de son séjour, le président va rencontrer le pape François ce jeudi  20 octobre. Roch Marc Christian Kaboré aura également un entretien avec le  Cardinal secrétaire d’Etat de la Cité du Vatican.  Le chef de l’Etat burkinabè  va, par ailleurs,  s’intéresser à la culture  à travers la visite de la Basilique Saint Pierre  et des musées du Vatican dans la soirée.
A l’entame de son séjour de trois jours sur les lieux saints du catholicisme, le président  du Faso   a eu une rencontre avec  la fédération burkinabè ecclésiale à Rome (FEBUR).  Cette Fédération  regroupe  les prêtres diocésains, les religieux, les religieuses et tous les laïcs qui sont en mission ecclésiale à Rome. La rencontre a connu la présence du Cardinal Philippe Ouédraogo qui a souhaité la bienvenue à la délégation en tant que citoyen du Vatican. L’ambassadeur du Burkina  Faso près le saint Siège, pour situer le contexte de cette visite d’Etat au Vatican, a  souligné qu’elle a lieu à l’initiative du chef de l’Etat. «Au cours de l’audience avec sa Sainteté, les intérêts communs aux deux Etats seront au cœur de la discussion. Il s’agit aussi d’un voyage de reconnaissance  de la force spirituelle du pape François et de témoignage de la gratitude du peuple burkinabè pour l’action de l’église au pays des Hommes intègres» a-t-il ajouté. Le président du Faso, lui, après avoir salué l’exemplarité des  Burkinabè au saint Siège et en Italie, a évoqué la situation nationale. Sur le plan politique, il a parlé de la création du Haut conseil pour la Réconciliation et l’Unité nationale ( HCRUN)  afin d’«exorciser les  démons»  et envisager sereinement le futur.
«On ne peut pas enjamber  des cadavres pour faire la réconciliation, il faut avant tout la vérité et  c’est  pour cette raison que le HRCRUN  a été créé », a indiqué Roch Marc Christian Kaboré.  Sur la question de la justice,  le Président a assuré que tous les dossiers pendants seront traités. «Concernant  le coup d’Etat de septembre  2015, il est possible que le jugement débute avant le fin de l’année, selon les informations  que nous avons  des  juges en charge de ce dossier », a-t-il précisé. Evoquant la question sécuritaire du Burkina Faso, le chef de l’Etat a  informé les membres de  la FEBUR  des attaques terroristes  qui ont entraîné des pertes en vies humaines. «Nous sommes attaqués au nord, dans un triangle entre notre pays, le Mali et le Niger. De plus, les attaques ont lieu dans un contexte où  des soldats sont déployés dans des pays amis  pour assurer la paix et c’est pourquoi nous allons les ramener», a-t-il expliqué.  Roch Marc Christian Kaboré  a annoncé l’accroissement des efforts  pour assurer la sécurité intérieure.

Prier pour le Burkina Faso

 Les priorités du gouvernement en matière de développement ont également été exposées aux Burkinabè présents à la réunion. Selon le président  du Faso, le Plan national de développement économique et social  (PNDES) devrait permettre de répondre aux aspirations du peuple. La communauté a été informée de la tenue, les 7 et 8 décembre 2016, à Paris,  de la table ronde des bailleurs de fonds.  Sur le plan social, les grèves observées par les travailleurs de plusieurs secteurs   pour revendiquer de meilleures conditions de vies et de travail  ont été abordées.  Pour le président Kaboré, celles-ci ne sont pas de nature à favoriser le développement. « A ce titre, le Premier ministre a rencontré  tous les syndicats  le 18 octobre dernier, pour leur expliquer la situation. Car, la masse salariale occupe 55% des recettes fiscales alors que pour impulser le développement, les ressources propres doivent être affectées aux dépenses d’investissements afin d’améliorer la qualité de vie des Burkinabè dans tous les domaines (santé, éducation, etc.)», a-t-il déclaré. Avant de terminer,  le chef de l’Etat a invité les membres de la fédération burkinabè ecclésiale à Rome à prier pour leur pays d’origine. Un souhait  qui a reçu un écho immédiat. «Nous prions et prierons pour que Dieu vous  donne  de sa sagesse et de sa sérénité pour œuvrer à un pays de paix, de réconciliation, de justice  et de promotion humaine et surtout pour que la charité, l’unité et la paix soit le thermomètre pour évaluer la température de la situation de notre chère patrie », a laissé entendre  le président de le FEBUR, l’abbé Joël Yonaba.
Nadège YE
(Envoyée spéciale à Rome)