11e édition des journées de l’entreprenariat : 693 plans d’affaires en compétition

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La Maison de l’entreprise du Burkina (MEB) a lancé, le jeudi 9 juin 2016 à Ouagadougou, la onzième édition des Journées de l’entreprenariat burkinabè (JEB). Des business-fora, des conférences publiques, des rencontre B to B…rythmeront ces journées de l’entreprenariat.
Le gouvernement burkinabè souhaite accorder une place de choix aux entreprises dans le Programme national de développement économique et social (PNDES). C’est dans cette optique que la Maison de l’entreprise du Burkina (MEB) a ouvert le jeudi 9 juin 2016 à Ouagadougou, la onzième édition des Journées de l’entreprenariat burkinabè (JEB). Axées sur le thème, «Filières émergentes et entreprenariat des femmes et des jeunes», ces journées s’étendent sur deux jours. Selon la présidente du conseil d’administration de la MEB, Henriette Kaboré, une compétition des plans d’affaires a été lancée sur toute l’étendue du territoire.
En effet, 693 projets ont été retenus pour un besoin de financement de 9,7 milliards de F CFA. «Ces journées se veulent comme un cadre de rapprochement productif entre les experts des filières, les porteurs de projets et les détenteurs de capitaux», a-t-elle affirmé. De l’avis de la présidente de la MEB, cette onzième édition des JEB s’articule autour de trois activités que sont : business-fora avec deux conférences ouvertes au public et un atelier de validation sur la mortalité des entreprises, le Salon entreprendre au Faso (SEFA) à travers une exposition et des rencontres B to B et la nuit du mérite.  Mme Kaboré a ajouté que les JEB 2016 ont connu des innovations telles que la vitrine des lauréats des précédentes éditions, le guichet pour les formalités de création d’entreprise en 24 heures et un espace dénommé «Test entrepreneur».

Un environnement favorable à l’investissement

Selon l’ambassadeur du Japon au Burkina Faso, Masato Futaishi, la promotion de l’entreprenariat des femmes et des jeunes est à considérer dans les politiques de développement. Cela nécessite un engagement de l’Etat dans  la résolution du chômage des jeunes. L’un des objectifs des JEB, a poursuivi Masato Futaishi, est de promouvoir la création d’entreprises afin de contribuer au développement soutenu de l’économie du Burkina Faso. «C’est grâce à la valorisation du capital humain que le Japon a atteint ce niveau de développement économique», a-t-il indiqué.
Quant au ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Stéphane W. Sanou, le thème de la présente édition est au cœur des préoccupations et des réflexions actuelles du Burkina Faso. La politique du gouvernement burkinabè, a-t-il appuyé, est de créer un environnement sain et favorable à l’investissement et au développement de l’initiative privée des jeunes et des femmes. Dans ce cadre, a expliqué M. Sanou, le gouvernement a adopté le décret permettant de créer une Société à responsabilité limitée (SARL) avec un capital minimum de 5 000 F CFA et a lancé le Système intégré des guichets uniques. Il a rappelé que les Journées de l’entreprenariat burkinabè viennent compléter les initiatives du gouvernement en matière de création d’emploi pour les jeunes et les femmes.
 Armelle COMPAORE
    (Collaboratrice)

Margaret Mensah Williams demande les bénédictions du Moogho Naaba

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La présidente de la Haute chambre du parlement de la Namibie, Margaret Natalie Mensah Williams, a rendu visite à Sa Majesté le Moogho Naaba Baongho, le mercredi 8 juin 2016. La députée a aussi visité le marché de Koubri où elle a échangé avec l’association des poissonnières de la localité.
En visite au Burkina Faso depuis le 4 juin, la présidente de   la Haute chambre du parlement de la Namibie, Margaret Natalie Mensah Williams, a rendu une visite de courtoisie, le mercredi 8 juin 2016 au Moogho Naaba Baongho, chef suprême des moosé et 37e empereur dans la lignée du royaume de Ouagadougou. Accompagnée des premiers responsables de l’Assemblée nationale du Burkina Faso notamment le président Salifou Diallo, Margaret Natalie Mensah Willams a salué l’hospitalité du Moogho Naaba. Pour elle, les gardiens de la tradition, des us et coutumes constituent le socle inébranlable de la cohésion pacifique, du développement social et du bien-être communautaire.
Elle a de ce fait affirmé l’admiration de son pays au Moogho Naaba dont elle dit avoir suivi, depuis son pays, les actions en faveur de la paix et de la stabilité. « Je ne pouvais pas finir mon séjour au Burkina Faso sans passer demander la bénédiction de Sa Majesté. Au nom du gouvernement et du parlement  namibien, j’encourage le Moogho Naaba dans son rôle de faiseur de paix « , a déclaré l’hôte de Salifou Diallo.
 Mieux, la présidente du parlement namibien envisage, avec l’appui des gouvernements des deux pays, de trouver une plateforme de formation au profit des chefs coutumiers de la Namibie et du Burkina Faso en vue de mutualiser les connaissances. Car, selon elle, ces gardiens des pouvoirs ancestraux sont « le ciment de la coexistence pacifique et du mieux-être des populations ».  Le Moogho Naaba pour sa part a félicité le président Salifou Diallo, sa délégation et son homologue de la Namibie avant de souhaiter un mandat bien meublé à Margaret Williams. En effet, le chef des Moosé s’est dit fier de constater que le parlement namibien est dirigé par une dame.

Une formation pour les poissonnières de Koubri

A Koubri, dans la périphérie-sud de la capitale, la visiteuse a parcouru les étals de poisson du marché avant d’échanger avec les femmes de l’association Riinogo des femmes transformatrices de poisson. Là, les deux présidents (Salifou Diallo et Margaret Williams) ont congratulé l’ensemble des femmes. « L’honorable » Mensah Williams s’est dit particulièrement émue de voire que les femmes, grâce à la transformation du poisson et autres animaux aquatiques, arrivent à scolariser leurs enfants, à contribuer au bien-être familial et au développement du pays.
 Face aux doléances émises par la présidente de l’association, Fatoumata Guira, et qui se résument, entre autres, à l’appui financier, matériel (congélateur), au curage du barrage (…), la présidente du parlement namibien a pris la résolution de mobiliser les hommes d’affaires de son pays vers le Burkina Faso. Ces derniers auront pour mission de former les femmes et les gestionnaires de poissonneries. Aussi, la « défenseuse » des femmes burkinabè a indiqué qu’elles  doivent désormais être associées au choix des marchés devant accueillir leurs produits ainsi qu’à la fixation des prix des marchandises au niveau africain et mondial. Ces plaidoyers devront permettre aux femmes entrepreneurs de tirer leur marron du feu.
Wanlé Gérard COULIBALY
Ali LOMPO (Stagiaire)

Eradication du VIH/SIDA: Le président du Faso à l’avant-garde de l’ultime combat

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a pris part, le 8 juin 2016, au siège des Nations unies à New York, à l’ouverture d’une rencontre de haut niveau sur le VIH/SIDA. La rencontre a accouché d’une déclaration politique visant à accélérer l’éradication de la maladie.
Le VIH/SIDA peut être vaincu, dans la mesure où bien d’autres maladies, jadis réputées meurtrières, l’ont été. C’est l’optimisme que le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, est allé distiller à New York, dans le cadre de la réunion de haut niveau tenue par les Nations unies, du 8 au 9 juin 2016. La rencontre a  réuni des chefs d’Etat et de gouvernement, des jeunes, des représentants de la société civile, des personnes vivant avec le VIH, autour de du SG de l’ONU Ban Ki-moon et du Directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé. A la clé, une résolution a été adoptée, par acclamation nourrie, dans le but  d’accélérer  la riposte contre le VIH/SIDA, en vue de mettre fin à l’épidémie d’ici à 2030.
Pour le chef de l’Etat burkinabè, il faut «prendre très au sérieux» la question de la prévention si l’on veut en finir avec ce mal. C’est pourquoi, il a recommandé d’intensifier la sensibilisation à l’intention des jeunes, mais aussi des adultes, dans l’optique de briser le cycle de la transmission du virus. Pour autant, Roch Marc Christian Kaboré n’a pas occulté la nécessité de poursuivre et d’améliorer l’offre de soins à ceux vivant déjà avec la maladie. Et à ce propos, il a soutenu que personne ne doit être laissé sur le carreau au nom de la stigmatisation, arguant que l’accès à la santé est avant tout un droit humain.
Il a relevé le besoin de prendre «impérativement» en compte les personnes dites clé aussi bien dans la prévention que dans le traitement. Parce que, ces personnes contribuent pour beaucoup dans la transmission de la maladie, a motivé le président Kaboré. En effet, selon les acteurs du domaine, au Burkina Faso, près de 110 000 personnes vivent avec le VIH, avec une forte prévalence chez les groupes spécifiques, comme les travailleuses du sexe (16,1%), les homosexuels (3,6%) et les détenus (2,98%). Du haut de la tribune des Nations unies, le président du Faso a également partagé l’expérience de son pays ainsi que les succès engrangés dans la lutte contre le VIH/SIDA.
S’appuyant sur le rapport 2015 de l’ONUSIDA, il a indiqué que la prévalence du virus est passée de 1,2% en 2011 à 0,9% en fin 2014. Une baisse obtenue grâce aux activités de prévention, surtout à l’endroit des groupes spécifiques vulnérables et à haut risque d’infection au VIH. Il s’est particulièrement réjoui de la quasi-maîtrise de la transmission de la mère à l’enfant, avec une couverture de 98,22% des formations sanitaires. Du point de vue du traitement, le président du Faso a fait savoir que plus d’une centaine d’établissements de santé assurent, à ce jour, les soins.
La gratuité des ARV, décidée depuis 2010 par le gouvernement, a permis d’augmenter substantiellement le nombre de malades sous traitement. Ces résultats «pertinents et évidents», a-t-il expliqué, sont le fruit d’une synergie d’action du gouvernement (la ligne budgétaire étatique dédiée à cette lutte est passée de 8 millions de dollars en 2012, à 17 millions de dollars en 2014), des OSC, des chercheurs, des PTF, etc.

Bataille de gagnée, pas la guerre

Toutefois, a signifié Roch Marc Christian Kaboré, les avancées au niveau national, africain et international dans la lutte contre le VIH/SIDA ne doivent pas faire perdre de vue que la bataille n’est encore gagnée. Pour lui, il y a lieu de maintenir la garde au risque d’assister à un rebond de la maladie.
C’est conscient de ce danger que le Burkina Faso a élaboré un quatrième Cadre stratégique de lutte contre le SIDA et les IST, conçu pour la période 2016-2020. L’ambition du pays, a décliné son premier responsable, est de travailler à réduire les nouvelles infections, notamment chez les femmes, les jeunes et les groupes identifiés comme le foyer de l’épidémie.
Il s’agit, aussi, d’éliminer la transmission de la mère à l’enfant. Enfin, il sera question du développement d’alternatives pérennes de financement, par des stratégies innovantes de mobilisation de ressources internes. En dépit de ses efforts domestiques, le chef de l’Etat a soutenu que la lutte contre le SIDA doit être globale et bénéficier de la solidarité mondiale. Il a dénoncé le fait que seulement 1% des investissements sanitaires dans le monde échoit à l’Afrique et que ce continent, abritant plus des 2/3 des victimes du VIH, ne produise que 2% des ARV.
D’où son cri du cœur à aider davantage le berceau de l’humanité à préserver ses hommes et femmes. «C’est une question de responsabilité partagée et de justice sociale», a conclu le président du Faso, dont la vision « pertinente » et «l’engagement sans faille» pour vaincre le VIH ont été salués par le directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé.
Alassane KARAMA
envoyé spécial à New York

« Les changements opérés au niveau de la justice posent de réels problèmes »

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, séjourne du 6 au 9 juin 2016, à New York, aux Etats-Unis, dans le cadre d’une réunion de haut niveau sur le SIDA, organisée par les Nations unies. Pour ce premier séjour «officiel»  au pays de l’Oncle Sam, depuis son accession à la magistrature suprême, il a initié une rencontre avec ses concitoyens qui y vivent.
Les premières heures du chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré à New-York, ont été consacrées à ses compatriotes. Dès son arrivée, dans l’après-midi du lundi 6 juin 2016, il a échangé, à son pied-à-terre, avec la diaspora burkinabè. La «priorisation» de cette rencontre, a indiqué le  chargé d’affaires de l’ambassade à Washington, Seydou Sinka, est la preuve de la volonté du président du Faso de faire de l’implication de la diaspora, au processus de développement, une réalité. D’autres intervenants y ont trouvé l’expression d’un engagement à maintenir  un lien ombilical entre les Burkinabè restés au pays et ceux de l’extérieur.
En tous les cas, le face à face a été une opportunité pour passer au peigne fin l’actualité sociopolitique, économique et sécuritaire du pays.Dans un franc-parler, teinté parfois d’humour, le chef de l’Etat s’est prêté aux questions de ces Burkinabè de l’extérieur. D’entrée, il a justifié la pertinence de passer à une 5e République au Burkina Faso, pour rectifier les failles de la 4e République. «La 5e République va nous permettre de limiter définitivement le nombre de mandats présidentiels à deux, de consacrer un parlement monocaméral, de juger de la nécessité de garder certaines institutions et surtout de rééquilibrer le pouvoir entre l’exécutif et le parlement, afin que le chef de l’Etat ne soit pas omniscient», a défendu le président Roch Marc Christian Kaboré.
Dans la même lancée, il a déploré les incompréhensions suscitées par la désignation du représentant de cette diaspora à la commission constitutionnelle. Pour lui, il faut savoir taire les rivalités et travailler plutôt à fédérer les énergies, surtout lorsqu’on est loin de la mère-patrie. Le tollé né des vagues successives de libération de prisonniers dans le cadre de la gestion du régime Compaoré et du putsch manqué de septembre 2015 ont également résonné à New York.Le chef de l’Etat a confié être étranger à ces décisions de justice. «Comme on parle de séparation des pouvoirs, nous constatons, comme le citoyen lambda, ces libérations.
Nous-mêmes nous sursautons parfois (…) Car, ces libérations interviennent  sans que la justice ne communique pour donner des explications cohérentes sur les raisons de ces décisions», a-t-il expliqué. Le cas Eddie Komboïgo a particulièrement retenu son attention. «Concernant Eddie, on nous a fait savoir qu’il est tombé deux ou trois fois à la MACA où il était incarcéré, parce qu’il aurait la tension. Nous tous avons la tension(…) Demain si d’autres disent qu’ils ont mal au ventre ou ailleurs, à la longue, tout le monde sera dehors», a ironisé le Président du Faso, sous un pouf généralisé de rires. Mais, plus sérieusement, il a estimé que «les changements opérés au niveau de la justice posent aujourd’hui de réels problèmes ».
Néanmoins, le premier des Burkinabè s’est dit optimiste de ce que ces dossiers puissent être jugés avant la fin de l’année. Par ailleurs, les défis sécuritaires liés aux groupes d’auto-défense appelés «kogl-weogo» et aux attaques djihadistes ont été évoqués. A la première inquiétude, sa vision n’a pas varié : mieux encadrer ces initiatives de sécurité de proximité.
A propos de la menace terroriste qui a endeuillé des familles burkinabè, il a assuré que son équipe a pris «toutes les dispositions humainement possibles» pour sécuriser le pays et ses citoyens. Dans ce sens, il a informé ses compatriotes, des avancées accomplies dans les enquêtes sur les attentats de mi-janvier dernier, en l’occurrence, avec des arrestations de présumés complices.
Au plan économique, l’exercice s’est résumé en une explication du gap de 300 milliards de FCFA sur le budget en cours. Il a avancé principalement le fait de devoir honorer financièrement des engagements non budgétisés de la Transition. « Si nous ne faisons pas ça, c’est avec des gourdins qu’on allait nous chasser», a-t-il insinué, créant une ambiance hilarante.

Tête à tête avec Ban Ki-Moon

L’atmosphère bon enfant de ce rendez-vous n’a pas empêché les Burkinabè de cette partie du monde, estimés par le chargé d’affaires à Washington entre 10 000 et 20 000 personnes,  à dérouler une liste de préoccupations. Celles-ci ont trait à la durée «relativement courte» des visas accordés aux étudiants burkinabè aux USA (ndrl : 1 année qu’ils doivent chercher à renouveler), le temps jugé long de l’obtention par ces Burkinabè, du passeport national, le besoin d’une maison du Faso à New-York, l’intégration professionnelle de ceux qui voudront rentrer au pays, etc.
Au sujet des visas, le ministre en charge des affaires étrangère, Alpha Barry, a indiqué avoir déjà entrepris des démarches auprès des autorités américaines en vue d’y trouver une solution. Des concitoyens qui se sont inquiétés de ce que leurs enfants ayant aussi la nationalité américaine doivent payer le visa d’entrée au Burkina, ont été soulagés. En fait, séance tenante, le président a promis revoir cette disposition. Le ministre Barry, qui a dit avoir pris bonne note des instructions présidentielles, a, en sus, rassuré que les délais de délivrance de passeport aux Burkinabè vivant hors des frontières ont été revus, de commun accord avec son collègue en charge de la sécurité intérieure.
Par rapport à la maison du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, tout en confessant la légitimité de la doléance, a suggéré d’inscrire la réponse dans la durée, en fonction de la disponibilité des ressources financières.Au total, c’est avec un sentiment de s’être mutuellement compris que le chef de l’Etat et la diaspora des Etats-Unis se sont quittés, après environ quatre heures d’échanges.
Le séjour du président du Faso à New York s’est poursuivi le lendemain, hier 7 juin, par un tête-à-tête avec successivement le SG de l’ONU, Ban Ki-Moon, et le directeur exécutif de l’ONUSIDA, Michel Sidibé.
Il est aussi allé encourager le personnel de la représentation permanente du Burkina Faso auprès des Nations unies. Le président Kaboré a également présidé un panel sur les voies et moyens pour briser le cycle de transmission du VIH/SIDA.
Koumia Alassane KARAMA
(envoyé spécial à New York)

PF : « Le Gal Zida nous demande de le mettre en position d’évacuation … »

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Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a pris part à la 49e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO et au sommet extraordinaire de l’UEMOA tenus respectivement les 4 et 5 juin 2016, à Dakar. De retour au Burkina Faso, il a accordé un entretien à la presse. Dans cet entretien, il fait le bilan de sa participation et évoque aussi le cas de l’ancien Premier ministre, Yacouba Isaac Zida, actuellement en séjour illégal au Canada.

Sidwaya (S.) : Vous avez pris part à deux rencontres de haut niveau à Dakar. Quelles sont les grandes décisions qui ont été prises en ce qui concerne la CEDEAO et l’UEMOA?

Président du Faso (P.F.) : D’abord je dis que nous sommes allé à Dakar pour la 49e session ordinaire de la CEDEAO et pour une conférence extraordinaire des chefs d’Etat de l’UEMOA. Il s’agissait au cours de ses deux réunions, de discuter des questions politiques dans les différents Etats. C’était l’occasion pour nous, non seulement de féliciter le président Patrice Talon qui venait d’être élu président de la République du Bénin et également le président Issoufou qui a été reélu chez lui au Niger.

Le constat général dans notre sous-région, c’est que la démocratie est en bonne marche. Nous avons salué ces succès démocratiques et les élections qui se sont déroulées dans la paix et dans la quiétude. Le second aspect au niveau de la CEDEAO, nous avons eu la prestation de serment du nouveau président en exercice de la Commission qui est, monsieur Alain De Souza, qui assume maintenant pleinement cette mission. Nous avons fait un tour d’horizon de la situation au sein de la CEDEAO, caractérisée par des difficultés dues à des répercutions du ralentissement économique au plan mondial. Car les cours du pétrole et des matières premières ont chuté. Et cela a impacté de façon importante sur le taux de croissance de la CEDEAO, entraînant une augmentation de la pauvreté dans cette zone. Contrairement à l’UEMOA où sur le plan de la situation générale, le taux de croissance est de 7% pour l’année 2015. Nous pensons également que l’inflation est à 1%. Cela veut dire que globalement, l’UEMOA se porte nettement mieux que la CEDEAO.
Au niveau de l’UEMOA, nous avons également examiné la mise en œuvre du Tarif extérieur commun (TEC). Nous avons constaté que sur les quinze Etats, il y a neuf qui ont commencé à le mettre en œuvre et qu’il était important que tout le monde se mette à jour. Les prélèvements communautaires également sont un problème. Comme vous le savez, c’est ça qui permet à l’organisation de fonctionner. Malheureusement, il y a des Etats qui, depuis plusieurs années, n’ont pas reversé ces tarifs. Nous avons demandé véritablement à ce que nous fassions des efforts si nous voulons faire vivre l’institution. Nous avons salué le fait que le Nigéria ait versé 50 millions de dollars pour une contribution, même si la dette globale équivaut à peu près à 300 millions de dollars vis-à-vis de la CEDEAO.
Une des préoccupations que nous avons eue également, c’est celle relative à la sécurité. La lutte contre le terrorisme est aussi une question que nous avons examinée aussi bien au niveau de la CEDEAO que de l’UEMOA. A l’UEMOA nous avons eue un plan d’action qui a été mis en œuvre et décliné en tout état de cause. Pour ce plan d’action, nous avons pris l’engagement que nous devons travailler à ce que, comme nous l’avons toujours dit, que ce soit au niveau des renseignements, de l’entrée dans les pays, qu’il y ait une mutualisation de nos moyens. Que ce soit sur les documents de sécurisation, pièces d’identité, passeports, qu’un travail soit fait. Que ce soit sur le plan frontalier que ces actions soient menées.
Je dois dire que globalement, ces deux réunions se sont déroulées dans un très bon climat et cela a été l’occasion pour nous, au niveau de l’UEMOA, de réaffirmer deux positions essentielles. Nous avons demandé qu’il y ait une rationalisation des structures de l’UEMOA. Cette étude a été faite et déposée. Elle devait être examinée par les chefs d’Etat. Et nous avons regretté que ce soit le jour de la conférence qu’on nous distribue ces documents. Par conséquent, nous avons demandé à ce que ces documents soient renvoyés à nos ministres respectifs pour qu’ils les examinent de manière à ce que nous puissions, à une prochaine conférence, en discuter.
Ce faisant, toutes les nominations qui devaient être faites au niveau de l’UEMOA ont été suspendues jusqu’à ce que cette organisation soit faite. Le second point important, c’est le Prélèvement communautaire de solidatité (PCS). Le rapport prévoyait que ce prélèvement soit réduit pour le ramener en 2019 à 0,5%. Là également, le Burkina Faso s’est exprimé. Nous avons dit que si nous mettons un prélèvement de solidarité, c’est parce qu’évidemment, il y a des Etats qui peuvent contribuer beaucoup plus pour aider ceux qui n’ont pas de moyens à pouvoir également se développer. Mais si nous réduisons de façon drastique ce prélèvement, ça veut dire que d’autres Etats serviront de marchés pour d’autres. Et ce n’est pas normal.
En ce moment, il n’y a plus de solidarité. Nous avons demandé à ce que le PCS soit maintenu à 1% jusqu’à ce que nous ayons le résultat de la restructuration. En ce moment, nous pouvons voir les moyens dont dispose l’UEMOA pour pouvoir assurer ses missions. Notre voyage à Dakar a également été l’occasion pour nous de rencontrer la communauté burkinabè dans ses composantes, aussi bien estudiantine que des travailleurs qui y vivent. Nous avons constaté leur écoute sur la situation nationale et tout leur engagement à apporter leur contribution au développement de notre pays.

S. : La nouvelle présidente en exercice de la CEDEAO demande des troupes pour pouvoir lutter contre le terrorisme au moment où le Burkina veut ramener certains de ces hommes à  la maison. Est-que vous allez consentir à cette demande?

P.F. : D’abord, le Burkina Faso a deux choses. La première, c’est que nous avons demandé au niveau de la MUNISMA au Mali,  de pouvoir rapatrier un certain nombre de nos militaires à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso. Comme vous le savez, nous avons engagé cette discussion avec le représentant de l’ONU à Dakar, mais également avec le président Ibrahim Boubacar Keïta. Nous sommes d’accord que ces dispositions vont être prises pour que nous puissions sécuriser notre frontière du Nord. Egalement, il a été dit qu’il fallait relever le mandat de la MUNISMA pour qu’elle ne soit pas simplement une force de maintien de la paix, mais que ce soit aussi celle qui puisse riposter  en cas d’attaque pour permettre une lutte conséquente contre le terrorisme.

A ce niveau, ce travail va être fait vis-à-vis de l’ONU pour pouvoir faire en sorte que ce niveau puisse être relevé. En ce qui nous concerne, des idées ont effectivement été émises. Elles consistaient à dire qu’il faut faire une force dédiée où chaque pays apporterait des troupes pour participer à la lutte contre le terrorisme. Je peux dire qu’aucune décision particulière n’a été prise sur la question. C’est une question qui va rester à l’étude. Donc, je ne pourrai pas vous dire que le Burkina Faso enverra des troupes dans ce sens.

S. : A la rencontre avec la communauté burkinabè au Sénégal, il a été question de l’ancien Premier ministre, Isaac Zida. Qu’en est-il exactement?

P.F. : Disons que nous avons répondu aux questions qui nous ont été posées. Je crois que vous n’êtes pas étranger dans ce pays. Mieux que quiconque, vous savez ce qu’il y a. J’ai toujours dit que nous avons donné une autorisation d’absence au Premier ministre Zida qui est expirée depuis le 19 février 2016. Et j’ai toujours rappelé devant la presse qu’il était forcément indispensable  et obligatoire qu’il rentre. Quand on assume des responsabilités à un certain niveau, on a un devoir de rendre compte, d’explication. Si vous êtes accusé de quelque chose et que vous n’êtes pas là, vous assumez forcément le dossard que vous devez assumer. Et j’ai expliqué clairement en ce concerne le Premier ministre Zida.

Avant même son départ, les questions qui concernent la gestion des finances aussi bien au niveau de la Présidence qu’au niveau de la Primature, à titre personnel dans mon bureau, nous en avons discuté et  je lui ai dit qu’il était important qu’il reste et qu’il prépare ses réponses avant de partir. Il a insisté qu’il n’avait pas vu sa famille pendant longtemps et qu’il voulait deux semaines pour y aller et qu’il serait de retour. Le constat, nous sommes aujourd’hui en juin et le Premier ministre Zida n’est pas encore au Burkina Faso.

S. : Est-ce qu’il y aura un ultimatum?

P.F. : Nous n’avons pas d’ultimatum à donner à Zida. Je pense qu’il y a des règles élémentaires qui sont là. Si elles ne sont pas respectées, nous sommes obligés de considérer comme tout militaire, que c’est une désertion en période de paix. Et nous assumerons nos  responsabilités en la matière, parce que, par delà, il y a quand même un manquement à l’autorité. Lorsque nous lui avons écrit tout  récemment, j’ai demandé à notre ambassade au Canada de lui porter à mains propres la lettre. Je disais que s’il ne régularise pas sa situation, évidemment, il serait considéré comme un déserteur. C’est à ce moment que nous avons reçu une lettre du Premier ministre Zida, nous demandant de le mettre en position d’évacuation sanitaire. Nous lui avons dit que l’évacuation sanitaire répond à des règles. Nous n’avons pas de dossier médical. De quelle maladie s’agit-il, nous ne savons pas. Nous lui souhaitons certainement un prompt rétablissement, mais je veux dire que nous considérons simplement que ce n’est pas la bonne procédure pour faire encore traîner des situations inutilement. En tout état de cause, il lui est loisible de rentrer, il répondra au peuple. Si ça nécessite que la justice s’en mêle, elles s’en mêlera. Au-delà de cela, il y a rien du tout pour l’instant.

S. : Est-ce que vous allez demander au gouvernement canadien de vous rapatrier le général en désertion en tant que tel?

P.F. : C’est une question de justice. On n’en est pas encore là. Quand on en arrivera, vous saurez ce qu’on fera. Tout est transparent. Donc, il n’y a pas de problème.

S. : Le président de l’Assemblée nationale était récemment à Abidjan. Etait-il de son rôle, quand il a accompagné certains membres de l’exécutif pour demander à ce que la Côte d’Ivoire aide le Burkina à relever son économie?

P.F. : Non! Nous ne comptons pas non plus forcément sur la Côte d’Ivoire pour relancer l’économie du Burkina Faso. Nous sommes dans une zone intégrée. Nous sommes ensemble, je dirai, dans l’UEMOA; nous sommes ensemble dans la CEDEAO. Il est évident que nous devons travailler ensemble afin que nos économies se supportent mutuellement. Je pense qu’il est de mon droit effectivement, parce que le Premier ministre également avait un certain nombre de chantiers, de demander au président de l’Assemblée de conduire une délégation. Parce que, c’est quand même, quoiqu’on dise, la deuxième personnalité aussi de l’Etat. Quand j’étais président de l’Assemblée, j’ai eu, au titre de la présidence, à exécuter des missions au nom du président du Faso. Je vois parfois des gens qui me disent: y a-t-il deux Premiers ministres au Burkina Faso? Il n’y a qu’un seul. Il n’y en a pas deux. L’Etat est organisé de manière à ce que quand le Premier ministre est absent, moi, je ne peux pas voyager. Quand je suis absent, lui aussi, il ne peut pas voyager. Donc, forcément, il faut qu’à un moment donné, nous sachions que la séparation de pouvoirs, ce n’est pas des murailles de cime. Et que de ce point de vue là, il est tout à fait loisible que je puisse demander au président de l’Assemblée de conduire une délégation. Et je voudrais dire que depuis un certain temps, nous avons un accord de coopération avec la Côte d’Ivoire et que probablement d’ici le mois de juin ou juillet, nous devons réunir la commission de nos deux pays pour discuter des projets communs que nous pouvons réaliser ensemble. Donc, je voudrais à ce niveau rassurer les uns et les autres qu’il n’y a pas deux Premiers ministres au Burkina Faso. Le président de l’Assemblée a sa mission. Le Premier ministre aussi a la sienne. Mais je veux dire que nous ne sommes pas dans une muraille fermée. Et je pense que nous devons dans la courtoisie républicaine, faire fonctionner l’Etat dans tous ses compartiments.

Propos recueillis par:
Bakary SON (De retour de Dakar)

CEDEAO :Marcel Alain De Souza investi président de la Commission

La 49e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) s’est tenue à Dakar, la capitale sénégalaise, le samedi 4 juin 2016. L’ouverture des travaux a été marquée par la prestation de serment de Marcel Alain De Souza, nouveau président de la Commission de la CEDEAO.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que la Cour de justice de de la CEDEAO ont accepté le serment du Béninois, Marcel Alain de Souza, au poste de président de la Commission de l’institution sous- régionale. L’entrée en fonction solennelle du successeur de Kadré Désiré Ouédraogo, est intervenue le samedi 4 juin 2016, à Dakar au Sénégal, à l’ouverture de la 49e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté. Dès l’entame du sommet, l’acte nommant le nouveau président de la Commission a été prononcé.

Il s’en est suivi de la prestation de serment, sous l’œil des chefs d’Etat et de gouvernement, notamment, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, l’Ivoirien, Alassane Ouattara, le Malien, Ibrahim Boubacar Keïta, le Béninois, Patrice Talon, le Guinéen, Alpha Kondé et le président hôte, Macky Sall. «Moi, Marcel Alain De Souza. Je jure de servir loyalement et légalement la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest …», a déclaré Marcel Alain De Souza. Le président de la Conférence, Macky Sall, a félicité le nouveau patron pour les hautes fonctions qui lui ont été confiées. «La Conférence prend acte de votre serment et vous renvoie à l’exercice de vos fonctions…».
Officiellement investi, Marcel Alain De Souza a, dans son allocution, traduit sa profonde gratitude aux chefs d’Etat et de gouvernement pour l’avoir accepté à la tête de l’institution. Il s’est dit honoré et a promis de travailler à faire de la CEDEAO des Etats, «une CEDEAO des peuples». Il a poursuivi vouloir œuvrer pour une communauté forte, prospère dont la croissance et le développement économique et social n’abandonnent personne sur le quai; et cela dans un environnement de paix. Par ailleurs, il a rendu hommage à son prédécesseur, Kadré Désiré Ouédraogo, pour les avancées notables enregistrées dans l’organisation, au cours de son mandat.
C’est le 22 mars 2016, qu’il a été nommé pour conduire la destinée de cette commission pour la période du 1er mars 2016 au 28 février 2018. Economiste de formation et banquier de profession, l’homme a une longue et riche expérience à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Il y a assuré de hautes fonctions.

Bakary SON (Envoyé spécial à Dakar)

Attaque d’Intangom : Les trois policiers reposent au cimetière de Gounghin

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La cérémonie d’inhumation des policiers, tués dans le département de Tin-Akoff, a eu lieu le jeudi 02 juin 2016, au cimetière municipal de Gounghin.  C’était en présence des membres du gouvernement et de la haute hiérarchie militaire.
C’est dans une atmosphère d’émotions et de tristesse que s’est déroulée la cérémonie d’inhumation des trois policiers tués dans la nuit du 31 mai au 01 juin 2016, au poste de police d’Intangom dans la région du Sahel. Il s’agit des assistants adjoints de police Michel Kani Coulibaly, Philibert W. Silga et Tilbou Tyolé. La levée des corps a eu lieu à l’hôpital national Blaise-Compaoré sous les regards tristes des membres du gouvernement, de la haute hiérarchie militaire, des frères d’armes et des parents des familles des disparus. Après la levée des corps, cap sur le cimetière municipal de Gounghin où les trois policiers ont été inhumés après des moments d’hommages et de reconnaissances de la nation à ces fils tombés pour  la patrie.
Selon le ministre en charge de la sécurité intérieure Simon Compaoré, il y a quelques mois des gendarmes sont tombés dans les mêmes circonstances. Les actions de ces bandits, à entendre le ministre, visent à déstabiliser le pays, mettre un frein aux efforts de développement et saper le moral des forces de défense et de sécurité. «La mort de ces jeunes, partis à la fleur de l’âge ne doit pas entamer le moral des troupes », a-t-il affirmé dans un ton plein d’émotions. Il  a aussi ajouté que tout est mis en œuvre pour garantir l’intégrité des frontières et la sécurité des populations. Pour le directeur régional de la police du Sahel, Daniel Zoungrana, les assistants de police adjoint Michel Kani Coulibaly, Philibert W. Silga avaient environ trois ans de service tandis que Tilbou Tyolé  comptabilisait environ deux ans de service.
Ils laissent derrière eux des parents dans la consternation et le désarroi. Pour matérialiser la reconnaissance de la nation à ces trois policiers tombés pour la patrie, ils ont été élevés, à titre posthume,   à la dignité de la médaille d’honneur de la police nationale. Par la même occasion, les policiers Rasmané Doussoungou, percuté par un usagé de la route à Ouagadougou et Hatiana Ouoba, tombé à Bouroum-Bouroum sous les balles assassines d’un délinquant, ont été élevés aussi, à titre posthume, à la dignité de la médaille d’honneur de la police nationale. En rappel, l’attaque du poste de police d’Intangom dans le département de Tin-Akoff a été perpetrée  par des personnes non encore identifiées.
Armelle COMPAORE  (Collaboratrice)

Scarification en pays peulh : Dans le secret du « pésocka »

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Anciennes marques faciales et signes culturels distinctifs, le « pésocka » ou la scarification est aussi un effet de mode en pays peulh dans le Sahel burkinabè. Ingénieusement appliquées  sur le visage, une diversité de modèles nait des visages des « amateurs » de la scarification. 
Le Yagha, le Djiagour et le Liptako, ou «libataako » qui veut dire celui que l’on ne peut pas terrasser en fulfuldé, sont trois cantons Peulh dans le sahel burkinabè. Ces derniers forment une communauté importante parmi les  Mossi, Fulsé, Touharegs, Malabé, Sonraï, Gourmantché et Bella, autres ethnies présents dans cette partie du « pays des Hommes intègres ». Autochtones de la région, les Peulh ont subi tour à tour la domination des Dogon, des Fulsé et des Gourmantché avant de prendre leur indépendance en 1810. Ethnie dominante du Sahel, les Peulh sont reconnus par la langue fulfuldé, mais surtout par le trait physique et autres coiffures féminines le «djoubourou », le « bidjadji » ou le « arden n’guesse ».
Au-delà de cette identification physique et de reconnaissance sociale,  les Peulhs s’identifient et se reconnaissent aussi par un signe distinctif perceptible uniquement sur les visages. Il se matérialise par des incisions faites à l’aide du « pémborki », ou couteau en fulfuldé. Cette cicatrisation répondait à des normes familiales, ethniques et culturelles. « La scarification est un signe d’identification et d’appartenance à une famille, à un clan. Elle trouve ses origines dans le temps et était utilisée pour lutter contre les  razzias d’esclaves et les vols d’enfants », explique Hanafi Amirou Dicko, le président des éleveurs traditionnels du Sahel, animateur du monde rural et historien du Liptako. Il poursuit en ajoutant qu’à une époque lointaine, en pays peulh, la grand-mère ou la tante avait l’honneur de procéder à la scarification du bébé.
A son tour, le bébé recevait soit un mouton, une chèvre ou une couverture en guise de cadeau. Et pour la cicatrisation de ces plaies en pays peulh, « on utilise un mélange de la suie du dos de la marmite et du beurre de vache que l’on applique sur les plaies », confie M. Dicko. « Au bout d’une semaine, la cicatrisation est effective », dit-il. Sur les visages de la plupart des femmes et de certains hommes, un constat se dégage : une multitude de mode et de style de scarification. Chez les hommes, au-delà du turban, un seul trait sur la joue et souvent, deux traits verticaux en parallèles sur la tempe sont visibles. Chez les femmes par contre, ces incisions assez nombreuses et de dispositions différentes, ont une allure de maquillage.
Trois petits traits aux coins de la bouche, trois traits parallèles de petite taille à la verticale sur le front, le menton et sur les deux joues sont perceptibles sur le visage de certaines femmes et d’autres jeunes filles. «A mon adolescence, je me suis faite cette cicatrisation en une journée au coût de 1 000 F CFA pour me faire belle et être comme les autres», avoue Aminata Bokoum, ménagère de 40 ans, résidant à M’ Bam’ga, dont les cicatrices sur le visage sont un mélange de «gangnalé », de « mouiporté» et de « wodel ».

 De nombreuses vertus

Comme Aminata, nombreuse sont celles qui vont se scarifier suivant leur goût. « Je me suis faite ce mélange de wodel et de mouiporté, lorsque j’avais 15 ans, grâce à une amie. J’ai d’abord fait les dessins sur mon visage avec un crayon avant de la rejoindre pour l’incision »,  témoigne, Aïssatou Diallo, ménagère au village de Lerbou. Dicko révèle, ainsi, que l’on distingue trois catégories de cicatrisations chez les Peulh. Le « lassigue-tèlguè », matérialisé par une cicatrisation sur la tempe en un ou deux traits verticaux en parallèle pratiquée par les deux genres, hommes et femmes. Ensuite, il y a le «mouiporté ». Une incision finement appliquée en trois traits sur les coins de la bouche. Ce modèle a des ressemblances avec le «wodel», qui relève de l’esthétique chez les Peulh de Béguentigui.
De même aspect que le « mouiporté », le « wodel » se matérialise par trois traits fins, sur le front, le menton et souvent sur les joues. Enfin, le « gangnalé », une cicatrisation faite en un seul trait sur l’une des joues. C’est le plus populaire des cicatrices que l’on retrouve un peu partout dans la région du Sahel, selon Hanafi Dicko. Cependant, aussi populaire soit-il, le « gangnalé » se distingue d’un canton à un autre. Celui des Peulh du Djiagour est marqué par une incision de petite taille finement appliquée entre le nez et la paupière inférieure. Cette marque de cicatrisation ethnique se constate aussi chez les gourmantché. Au Liptako, « le gangnalé » est de taille moyenne avec un aspect fin.
Il est perceptible chez les Peulh de «derrière la colline », M’Bam’Ga, un village situé à une quinzaine de kilomètres au Sud de Dori. « Le gangnalé est appliqué sur la joue droite des membres de la famille royale à M’Bam’Ga », affirme Amadou Abdoulaye  Dicko le «rouga», chef éleveurs. Enfin, pour le Peulh du Yagha le « gangnalé », a l’allure d’une blessure. Il est d’une taille imposante. On le constate chez les Rimaïbé vivant à Béguentigui, « le village de l’abondance » en gourmatchéma, localité située à 7 kilomètres au Nord-Ouest de la ville de Dori. « Le bébé rimaïbé subit la cicatrisation dès le septième jour », indique Ama Amadou Dicko, un des 44 chefs de famille que comptent, le village de Béguentigui.
La scarification peulh a aussi une signification thérapeutique semblable à d’autres ethnies du Burkina Faso et des contrées africaines. Elles ont une valeur de protection pour l’individu qui les porte. Aussi, ces scarifications sont appliquées sur certaines parties précises du corps humain. Autour du nombril, sur les poignets, et sur les seins on voit à de petites incisions. En effet, ce même genre de cicatrisation est aussi remarqué chez les Mossi au Burkina Faso et chez le peuple Haoussa que l’on retrouve au Benin, au Niger et au Nigeria. C’est le cas aussi de la cicatrisation du signe (+) de l’addition sur l’une des joues. Cette incision du signe de l’addition est constatée chez les Peulh Sonraï, chez les Mossi. Elle est aussi portée par des Peulh du Niger et de la sous-région. En outre, dans le Sahel, il y a une cicatrisation à signification sociale. Elle est matérialisée par une incision proéminente sur la tempe. Celle-ci est révélatrice de l’individu. « Une cicatrisation sur la tempe informe que l’intéressé porte le nom de mossi qui signifie un enfant revenant », souligne, l’historien du Liptako.

La tradition peut-elle se perpétuer ?

De nos jours, les visages sont de moins en moins cicatrisés dans le Liptako et dans le Sahel. Selon, l’animateur du monde rural, ce constat est une suite logique selon laquelle, les causes qui ont prévalu à sa création n’existent plus. Il y a aussi l’apport indéniable de la religion et de l’avancée du modernisme sont, entre autres, des facteurs qui influent sur cette pratique, ajoute-t-il. « Je suis un jeune de 30 ans, je ne porte pas de cicatrices et cela ne me dérange pas. Je me reconnais peulh et je ne pense pas qu’il me soit nécessaire de me faire une cicatrice, pendant que mes parents me l’ont pas fait », affirme Amidou Dicko.
Aussi, la jeune génération et des personnes âgées à l’image de Dicko Amadou Abdoulaye, sexagénaire de M’Bam’Ga, dénoncent, de nos jours, la pratique de la scarification raciale. « Je préfère que l’on arrête cette pratique, car ce sont des  blessures que l’on fait sur les visages et mieux encore notre monde actuelle n’a plu besoin de ça pour s’identifier parce que nous avons des cartes d’identités », confie, Amadou Abdoulaye. Mme Dicko du même village tout en soulignant le fait que son application ne requiert le plus souvent le consentement de la personne scarifiée, admet que pour se faire belle maintenant, la fille ou la femme peulh on n’a plus besoins de se faire mal en se blessant sur le visage. Car, «les tatouages qui sont de simple application de surface pourraient jouer le jeu et leur avantage est qu’on peut, à souhait, changer de modèles comme la coiffure ».
Reconnaissant ces faits, l’historien du Liptako, souligne la mise en écart «injuste » dans la foulée de certaines pratiques culturelles peulh. Il s’agit entre autre, selon lui, de l’initiation des jeunes garçons suivant le rituel de la circoncision. Ainsi, « par promotion, appelée waldé en fulfuldé, les enfants peulh sont à l’épreuve de l’initiation. Amenés hors des parents de la ville, ce groupe d’enfants reçoit durant 2 à 3 mois une formation pour toute la vie, suivant le rituel de la circoncision, des règles de vie communautaire et de la culture peulh », défend Hanafi. C’était une valeur qui faisait la force de toute une communauté, le levier du pacte social traditionnel africain, conclut-il.
Toutefois, même si la pratique de tatouage semble être une orientation qui prend à contre-pied la scarification raciale de nos jours, le « pésocka », jouit d’une survie sujette à un effet de mode et d’esthétisme chez la plupart des Peulh. En effet, la scarification raciale peulh est aussi un grain de beauté dont l’application  et le style répondent d’une volonté personnelle à l’image du port des perles et des pièces d’argent, atouts de beauté et de charme sur les coiffures traditionnelles peulh toujours d’actualité.
Rémi ZOERINGRE

Route Tougan Dédougou :la fin du cauchemar dans 24 mois

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Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a procédé au lancement officiel des travaux de construction et de bitumage de la route Dédougou-Tougan, le mardi 31 mai 2016, à Tougan. Vingt-quatre mois ont été donnés à l’entreprise SOROUBAT/ATP pour achever la construction de cette route longue de plus 91 kilomètres. 
Longtemps attendus, les travaux de construction et de bitumage de l’axe Dédougou-Tougan ont été officiellement lancés, ce mardi 31 mai 2016 par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. Vingt-quatre mois mois, c’est le délai accordé à l’entreprise SOROUBAT chargée des travaux, pour mettre fin aux calvaires des usagers de cette route longue de 91 kilomètres. Les travaux de construction de cette route consistent essentiellement en la réalisation des travaux préparatoires aux travaux de terrassement, l’exécution du terrassement pour les corps de chaussées, la mise en œuvre du revêtement en enduit superficiel bicouche ou tri couche pour les chaussées et en enduit superficiel monocouche pour les accotements.
Le projet prévoit la construction d’un pont à poutre long de 75 mètres sur le fleuve Mouhoun, la réalisation de l’assainissement hydraulique longitudinal et transversal, la réalisation de la signalisation horizontale et verticale et la mise en œuvre de mesures environnementales et sociales. La chaussée sera large de 7 mètres en rase campagne avec des accotements de 1,5 mètre. En traversée d’agglomération, elle sera large de 12 mètres avec des accotements de 2 mètres chacun.  C’est en présence d’une foule nombreuse que le premier coup de pelle a été donné.
De l’avis de  Sannoubomé Justin Somé, gouverneur de la région de la boucle du Mouhoun, cette grande mobilisation  des acteurs de la région est l’expression de la joie légitime des populations exprimée sans réserve dès l’annonce de la nouvelle de l’attribution du marché pour l’exécution des travaux de bitumage. Il a en outre saisi l’occasion pour inviter l’ensemble des populations et les usagers de cet axe à être indulgents et d’accorder un bon accueil à l’entreprise tout en respectant les consignes de signalisation durant la phase d’exécution des travaux. D’un coût global de plus de 29 milliards de nos francs, ce projet, à terme, permettra de relancer la croissance économique par l’évacuation des produits agricoles et halieutiques de cette partie de la région.
Déjà, pendant la phase d’éxécution du projet, de nombreux emplois rénumérateurs seront offerts à la jeunesse et aux femmes. S’exprimant au nom des bénéficiaires, Moussa Sanogo, a traduit sa fierté de voir cette route se réaliser au bonheur des populations qui ont tant attendu et avaient fini par être pessimistes. « Les populations vivaient de pessimisme. Elles voulaient voir et croire. Avec ce premier pas, l’incroyable d’hier est devenue une réalité aujourd’hui. L’espoir des populations renaît, dans la mesure où le lancement des travaux ouvre une nouvelle ère dans cette zone, restée enclavée depuis l’indépendance du pays », a-t-il renchéri.
Financé par la Banque islamique de développement (BID), le projet de bitumage de la route Tougan-Dédougou est l’un des trois projets routiers en cours d’exécution au Burkina Faso financé par cette institution bancaire, selon Ibrahim P. Alassane Ouédraogo, représentant de la BID. Ainsi a-t-il invité la direction générale des infrastructures routières, l’agence d’exécution du projet, a usé de toute son expérience et ses capacités pour une mise en œuvre diligente de ce projet qui vise à soulager les usagers de cette route et permettre, du même coup, le désenclavement de cette zone à très fort potentiel agropastoral.

Des promesses dans un proche avenir

Dans son intervention, le ministre des Infrastructures, Eric Bougouma, a justifié le choix de SOROUBAT suite à un appel d’offre international ouvert.
Il a saisi l’occasion pour rassurer les populations de la province du Nayala qu’elles seront surprises par le lancement des travaux de la route Dydir-Toma-Tougan, car les entreprises seront choisies très bientôt. Toujours dans sa politique de désenclavement, le gouvernement, à travers le ministère des Infrastructures, œuvre pour poursuivre le projet de bitumage de la route nationale n°10 jusqu’à Ouahigouya. « Pour la route Tougan-Ouahigouya, le projet est dans de bonnes mains  et une bonne nouvelle sera annoncée bientôt » a rassuré le ministre Eric Bougouma.
Il a traduit la reconnaissance du gouvernement et du peuple burkinabé à la BID pour sa disponibilité et son accompagnement  et lui demander de continuer,  car il reste de nombreuses routes à bitumer.
Tout en appréciant le projet, le chef du gouvernement, Paul Kaba Thiéba, a souligné qu’au cours de cette année 2016, il est prévu un ensemble de bitumage de routes dont celles de Dydir-Toma-Tougan et bien d’autres routes dans d’autres régions du pays. C’est pourquoi, il a qualifié le lancement de la route Dédougou-Tougan de symbolique en ce sens qu’il marque le démarrage de grands chantiers d’infrastructures routières de son gouvernement.
« C’est vraiment un acte symbolique auquel je viens de procéder ce matin en compagnie du ministre des Infrastructures.
Symbolique en ce sens qu’il marque véritablement le démarrage des travaux de bitumage d’infrastructures routières qui sont  prévues dans le plan d’action prioritaire du gouvernement au titre de l’année 2016 », a dit le Premier ministre, Paul KabaThiéba.
Stanislas BADO  AIB/Mouhoun

Les opportunités de financement de l’économie locale

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Le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) a organisé, le samedi 29 mai 2016, à Ouagadougou, une soirée de promotion de ses produits et services, marquant ainsi le lancement de la 11e semaine des caisses populaires. 
Du 28 mai au 04 juin 2016, a lieu la 11e édition de la semaine des caisses populaires. Et, c’est culturellement que le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) a donné, le samedi 29 mai 2016 à Ouagadougou, le top de départ des festivités entrant dans le cadre de cette semaine. A l’occasion, la maison du Peuple a refusé du monde. Des artistes à l’image de Habibou Sawadogo, Salif Widiga et Floby ont tenu en haleine les bénéficiaires, les agents et les responsables de la caisse, ainsi que des membres de l’exécutif.  Loin d’être un moment de réjouissance exclusive, la semaine des caisses populaires se veut une aubaine de partage d’une « vision de l’inclusion financière avec toutes les populations des différentes zones d’implantation du RCPB », foi du Président du conseil d’administration (PCA), Jean Pierre Tapsoba.
Ainsi, les participants se pencheront sur les «opportunités et perspectives de financement de l’économie burkinabé», de l’offre des produits et services du RCPB.  Pour le PCA des caisses populaires du Burkina, son institution s’affiche aujourd’hui comme un acteur non négligeable de financement de l’économie locale. Le RCPB, a-t-il poursuivi, est constituée de coopératives d’épargne et de crédit dans toutes les provinces avec 188 guichets et plus d’un million d’adhérents. La ministre en charge de l’économie, Rosine Coulibaly, a loué les valeurs de solidarité, de partage et de vivre-ensemble promues à travers les caisses populaires. A l’en croire, l’économie nationale a besoin des «partenariats populaires» pour une finance plus inclusive. «De petites sommes peuvent permettre à un pays comme le nôtre de faire de grands pas», a laissé entendre Mme le ministre.
Le parrain de cette 11e semaine, Tahirou Barry, par ailleurs ministre en charge de la culture, a soutenu que les caisses populaires ont leur raison d’exister au Burkina Faso. Car, elles contribuent au financement des activités génératrices de revenus des populations, tant en milieu urbain que rural. Au cours de la soirée culturelle, les meilleurs souscripteurs et usagers ont été primés. Au menu de la semaine des caisses populaires, édition 2016, une course cycliste professionnelle, des activités caritatives…
Djakaridia SIRIBIE