Le président du Faso invite la population à se rendre massivement aux urnes

0
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a accompli son devoir de vote à l’école Patte d’oie de Ouagadougou, le dimanche 22 mai 2016, pour le compte des élections municipales.
Les Burkinabè étaient dans les urnes ce dimanche 22 mai 2016 pour élire les conseillers municipaux. C’est à l’école Patte d’oie de Ouagadougou que le président de Faso, Roch Marc Christian Kaboré, est allé accomplir son devoir. Il a profité pour inviter les Burkinabè à sortir massivement pour que le taux de participation aux élections soit important.
Pour lui, les conseils municipaux sont un maillon essentiel car ils servent de relais entre le gouvernement et les citoyens. « Nous avons eu des élections législatives et présidentielle. Un des maillons qui manquait à la chaîne, c’est bien les élections municipales parce qu’elles constituent la démocratie à la base », a-t-il dit.  Il a exprimé sa satisfaction de voir mettre en place les mairies et conseils régionaux qui pourront apporter leur contribution au développement du Burkina Faso. S’agissant des incidences survenues lors des campagnes dans certaines localités, le président estime que le rubicon a été franchi. « Nous devons faire la politique.
 Nous  pouvons avoir des déviations verbales mais il faut qu’on arrête de prendre en agression la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ou d’engager des bagarres qui blessent », a-t-il martelé. Il a appelé les partis  politiques à faire des introspections pour éviter  de pareils comportements à l’avenir. Et de poursuivre en indiquant que si un parti se sent victime d’agression de la part d’un autre, il est loisible pour lui de déposer une plainte afin que les responsabilités soient situées et que des sanctions soient prises dans ce sens.
Quant à l’annulation des élections dans certaines localités, Roch Marc Christian Kaboré semble saluer cette mesure de la CENI. « Si un démembrement de la CENI est saccagé dans une localité, du matériel brûlé, si l’insécurité est telle  que l’organisation des élections est un danger pour tout le monde, il est sage d’annuler les élections », a-t-il confié. Et d’ajouter qu’il appartient donc aux partisans de chaque formation politique de réfléchir aux conséquences de leurs actes qui empêchent les populations d’avoir un organe qui assurera  le développement.
Adama SEDGO

Investiture :Tsai Ing-wen prévoit un « eldorado » pour son peuple

La nouvelle présidente de la République de Chine (Taïwan), Tsai Ing-wen et son vice-président, Chen Chien-jen ont preté serment devant leur peuple, le vendredi 20 mai 2016 au palais présidentiel de Taïpei. Ainsi, ils sont investis pour un mandat de 4 ans, renouvelable une seule fois.
Il est 9h00mn au  palais présidentiel de Taïpei (1h du matin à Ouagadougou) ce vendredi 20 mai 2016, lorsque l’hymne national taïwanais retentit.  C’est le début de la cérémonie d’investiture du 14e président de la République de Chine (Taïwan) et de son vice-président. Il s’agit respectivement de Tsai Ing-wen et Chen Chien-jen qui ont  preté serment devant le peuple taïwanais dès l’entame de la cérémonie. Tsai Ing-wen est alors la première femme a accédé à la tête du pays. Ainsi,   le Parti démocratique progressiste (PDP), formation politique d’opposition, vient de renverser officiellement le Parti Kuomintang (KMT) du président sortant, Ma Jing-Jeou, qui a une riche histoire à Taïwan et qui gouverne de façon majoritaire depuis 2008.
Pendant que les  autorités des pays amis et partenaires félicitaient la nouvelle présidente et son vice-président, l’assistance suivaient avec admiration différentes prestations. Des défilés militaires édifiants, l’histoire de Taïwan mise en scène par des talentueux acteurs, des danses chorégraphiques au rythme de chants et sonorités mélodieuses ont rehaussé l’éclat de l’événement. Des démonstrations gymnastiques culturelles ont scandé par moment la cérémonie. Les potentialités économiques et productives ont  également été présentées à l’assemblée à travers des mises en scènes. Après quoi, la désormais présidente de Taïwan monte à la tribune pour son discours tant attendu des populations de cet île asiatique. Tsai Ing-wen a tout d’abord salué tous ceux qui ont placé leur confiance en elle.
 Pour elle, cette 3e alternance du pays qu’elle vient d’accomplir est pleine c’est-à-dire avec une majorité absolue au parlement.« Encore une fois, le peuple de Taiwan ont montré au monde par nos actions que nous, en tant que peuple libre et démocratique, se sont engagés à la défense de notre liberté et de la démocratie comme mode de vie. Chacune et chacun d’entre nous ont participé à ce processus », a-t-elle souligné. En ce qui concerne les résultats des élections du  16 janvier 2016,  elle a affirmé que c’est l’aspiration du peuple au changement et d’avoir des réponses à ses problèmes. « Nous n’allons pas trahir cette confiance du peuple. Nous invitons la population à se mettre au travail pour un véritable développement du pays. Nous, nous sommes là pour coordonner les actions du peuple », a laissé la présidente Tsai du haut de la tribune. Un tonnerre d’applaudissement ponctue de discours.

 Relever le défi des exportations

 Les défis du pays, a-t-elle poursuivi, sont énormes. Il s’agit, entre autres, de la relance économique, l’employabilité de la jeunesse, la promotion des logements sociaux. Le transport, l’éducation, la santé, l’assainissement de l’environnement et du système judiciaire sont aussi des domaines prioritaires du nouveau gouvernement. « Notre nouveau modèle de développement économique sera entièrement intégrée avec les autorités nationales d’aménagement du territoire, le développement régional et la durabilité environnementale. La stratégie de planification industrielle et l’utilisation des terres nationales ne devraient pas être fragmenté ou myope », a-t-elle préconisé.
Tsai Ing-weng entend également promouvoir un système social de développement. Le développement  des exportations est un grand challenge de la nouvelle dirigeante de Taïwan. « Nous devons travailler à atteindre une expansion économique internationale pour que Taïwan puisse aider ses pays amis et partenaires qui sont dans le besoin », a-t-elle lancé. Elle a demandé l’unité du peuple taïwanais pour relever ses différents défis. En tous les cas, elle en fait son cheval de bataille le bien-être des populations : « Les 23 millions taïwanais verront un changement dans leur vie dans les prochains jours ».

Maintenir les relations avec la Chine continentale

 Concernant les relations avec la Chine continentale, elle s’est engagée à travailler selon la volonté de son peuple. Pour ce faire, elle garde le statut quo en s’inscrivant dans la continuité des relations entre les deux Etats. « Nous avons été  élu présidente conformément à la Constitution de la République de Chine (Taïwan), il est donc de notre responsabilité de sauvegarder la souveraineté et le territoire de la République de Chine ; en ce qui concerne les problèmes qui se posent dans la mer de Chine orientale et la mer de Chine du Sud, nous proposons de mettre de côté les différends de manière à permettre le développement commun », a-t-elle rassuré son peuple. La nouvelle présidente prévoit également consolider ses relations diplomatiques avec le Japon, les Etats-Unis, l’Union européenne.  A cet effet, elle envisage signer des accords avec ses différents pays pour que la République de Chine Taïwan gagne une grande visibilité sur le plan international.
 Kowoma Marc DOH (Envoyé spécial à Taïpei)

Editorial : Autopsie d’un convalescent

Autopsie d’un convalescent
Deux mois après avoir obtenu le quitus de la représentation nationale pour exécuter la politique générale de son gouvernement, le Premier ministre Paul Kaba Thiéba était encore devant les élus du peuple. Cette fois-ci, il y était pour présenter une photographie actuelle de la Nation, comme l’exige l’article 109 de notre loi fondamentale. Cet exercice, bien que n’étant pas sanctionné de vote, n’a pas été moins périlleux que le précédent.
En effet, Paul Kaba Thiéba était appelé à répondre d’un résultat dont son gouvernement n’est pas directement ou exclusivement comptable. L’Etat est une continuité, dit-on. Toutefois, son équipe et lui ont « juste » un peu plus de trois mois de gouvernance.  Pas assez pour pouvoir « vraiment » les juger à l’œuvre. C’est pourquoi, la situation que M. Thiéba a servie est une mixture, faite, entre autres, de l’héritage de la Transition, des actes et projets de l’actuel régime. C’est un pays convalescent, portant encore les stigmates des soubresauts sociopolitiques, mais déterminé à se remettre sur les rails du développement durable, qui a été donné à voir à l’hémicycle. Il y a eu comme une volonté de s’émanciper du récital démagogique auquel nous avons coutume. Rappelons-nous de cette pratique consistant à user d’artifices de tous genres pour polir, coûte que coûte, une réalité socioéconomique chaotique. Et au résultat, très peu de Burkinabè se reconnaissaient dans le pays peint aux honorables.
Le manège de vouloir cacher le soleil avec la main est-il complètement enterré? Wait and see. Pour l’heure, le discours sur la situation de la Nation prononcée le vendredi 6 mai 2016, est paru, à bien des égards, comme un reflet assez fidèle de notre société. « Les quatre premiers mois de l’année 2016 ont été marqués par la recrudescence des actes d’incivisme, de troubles à l’ordre public, créant les risques d’un affaiblissement de l’autorité de l’Etat… », a reconnu le Premier ministre. A cela, il a ajouté la fraude fiscale, l’indélicatesse de certains agents publics prêts à s’offrir des salaires et autres avantages indus, etc. La lutte contre ces fléaux incombe, au premier chef, au gouvernement. C’est lui qui dispose de tous les moyens légaux et légitimes pour contraindre les inconvenants à rentrer dans les rangs. La sensibilisation, à elle seule, semble montrer des limites. Il faut bien une fin à cette recréation qui n’est pas de nature à rassurer les honnêtes citoyens, encore moins les investisseurs potentiels. Or, le pays a, incontestablement, besoin d’ordre pour  relancer une économie fragilisée par les incertitudes d’un passé récent.
Cela est un passage obligé, dans la mesure où le gouvernement Thiéba compte énormément sur les ressources fiscales et douanières pour améliorer le quotidien des Burkinabè. Dans le domaine de la production agricole, la gageure est de réussir à briser le cycle infernal de l’amateurisme  qui a longtemps émaillé la gestion de ce secteur qui emploie près de 80% de la population. Nous osons croire, avec le Premier ministre, que les producteurs recevront cette année, les intrants à temps, afin de semer au bon moment. L’acheminement des intrants à bonne date est un préalable, si nous voulons atteindre l’objectif de 4 700 000 tonnes de céréales au cours de cette campagne, soit une hausse de 12% par rapport à la campagne 2015-2016. Les casse-têtes de l’actualité n’ont pas été occultés par le Premier ministre. Ainsi, il a présenté des réponses conjoncturelles mais aussi structurelles aux problèmes d’eau et d’électricité que vivent les populations, notamment celles de Ouagadougou.
Le temps et le sérieux dans la mise en œuvre de ces mesures jugeront de leur pertinence à étancher la soif du plus grand nombre. Au moins, ce face à face de Paul Kaba Thiéba avec les députés a permis d’évoquer la kyrielle de difficultés des Burkinabè des villes comme ceux des campagnes. Toutes les attentes n’ont certainement pas été comblées. Nonobstant, ce discours s’est révélé être le portrait-robot d’un pays aux multiples défis qui a besoin de toutes ses filles et tous ses fils pour émerger. Pourvu que chacun, à quelque niveau qu’il soit, accepte de faire le sacrifice au nom de la nation. La campagne pour les élections municipales qui vient de s’ouvrir, est l’occasion pour l’ensemble des Burkinabè, les politiques et militants surtout, de faire la preuve de son attachement à la patrie. Le souci de préservation de la stabilité et de l’unité nationales doit prévaloir sur les oppositions idéologiques .
Par Rabankhi Abou-Bâkr ZIDA
rabankhi@yahoo.fr

Sommet de l’OCI : le président du Faso accueilli à Istanbul

0
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré  a été accueilli  dans l’après-midi du mercredi 13 avril 2016  à l’aéroport  « Istanbul Ataturk » par le ministre turc de l’économie, Mustafa Elitas.
Arrivés  aux environs de 16 heures,  (heure locale et 13 heures, heure GMT), après 5 heures 30 mn de vol, le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré et son épouse  ont  été accueillis  à leur descente d’avion par le ministre de l’économie de la Turquie Mustafa Elitas.
Le président Kaboré prend part ce jeudi 14  avril au 13e sommet de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) sous le thème  « l’unité et la solidarité pour la justice et la paix”. Une rencontre présidée par le président  turc Recep Tayyip Erdogan.  Et elle sera dominée par les questions de terrorisme vue le contexte de trouble affectant plusieurs de ses  Etats membres.
L’Organisation de la conférence islamique, créée le 25 septembre 1969, est devenue l’Organisation de la coopération islamique depuis 2011. Le siège de cette institution intergouvernementale se situe à Djeddah, en Arabie Saoudite. Elle compte 57 Etats membres et est représentée aux Nations unies par une délégation permanente.
L’OCI s’est engagée à « promouvoir la coopération dans les domaines économique, social, culturel et scientifique” et à veiller à « la sauvegarde des lieux saints de l’islam”.
Boureima SANGA
bsanga2003@yahoo.fr
Envoyé spécial à Istanbul/Turquie

Economie : bientôt une nouvelle mine d’or de Houndé

0
Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, s’est successivement entretenu dans la matinée du lundi 11 avril 2016, avec le président  de la société Endeavour mining, Sébastien de Montessus et une délégation de ministres tchèques des Affaires étrangères et de la Défense.
La société minière Endeavour mining, présente en Afrique de l’Ouest dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Mali et le Ghana,  est prête à investir également au Burkina Faso. Le président de ladite société, Sébastien Montessus, accompagné de ses proches collaborateurs et du  ministre burkinabè en charge des mines, Pr Alfa Oumar Dissa, a été la première personnalité à être reçue par le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, le lundi 11 avril 2016, au palais de Kosyam. Au cours de leur entretien, il a annoncé à son hôte, le démarrage imminent (fin avril) des travaux de construction de la mine d’or de Houndé, chef-lieu de la province du Tuy, dans la région des Hauts-bassins. Aux dires de Sébastien de Montessus, les travaux dureront 18 mois et le premier lingot d’or est attendu avant la fin de l’année 2017. « C’est une mine qui va représenter 200 milliards de F CFA d’investissements, la création de 500 à 600 emplois directs et de 4000 à 5000 autres indirects », a-t-il déclaré.
Le président de Endeavour mining a, par ailleurs, affirmé le rachat en cours par sa structure, de la mine de Karma, dans la région du Nord, détenue par  la société minière Truegold. Cette mine, a-t-il dit, a déjà investi 70 milliards de F CFA et débute ses travaux d’exploitation en fin avril.
Elle produira, selon lui, trois à quatre tonnes d’or par an. « Au total, la mine de Houndé et celle de Karma équivalent à près de 300 milliards de F CFA que le groupe Endeavour mining investit sur trois ans. D’ici à 2018, le groupe va devenir le premier producteur aurifère au Burkina Faso », a précisé M. De Montessus. De son avis, les opérations des deux mines vont générer à terme la création de 7 000 à 10 000 emplois, 20 à 30 milliards de taxes et de royalties pour l’Etat burkinabè. Il a rassuré qu’il y a un « dialogue constructif » entre toutes les sociétés minières et l’Etat à propos du code minier. « Ce type d’investissements ne peut se faire qu’à partir du moment où il y a une forte entente entre l’Etat et la société minière. (…) Nous avons montré au chef de l’Etat que nous étions intéressés par ce développement et que nous ferons en sorte que l’ensemble des parties y trouvent leur compte », a soutenu Sébastien de Montessus. Il a affirmé qu’en dépit « des difficultés collectives », la société Endeavour mining est engagée à investir massivement au « pays des Hommes intègres ».
A sa suite, le président du Faso a reçu le ministre tchèque des Affaires étrangères, Dr Lukas Kaucky et  celui de la Défense, Jakub Hodinar. Les deux hôtes du  chef de l’Etat ont laissé entendre au sortir de l’audience, qu’ils sont venus parler de la coopération bilatérale. Les domaines de la défense et de l’éducation ont été abordés en vue d’asseoir une collaboration entre le Burkina Faso et la République Tchèque. En tant que pays membre de l’Union européenne, la République Tchèque, ont ajouté les deux ministres, encourage le renforcement des acquis démocratiques.
Karim BADOLO

Chronique : Je veux accoucher, mais j’ai peur de la table !

Je veux accoucher, mais j’ai peur de la table !
Si j’avais su que cette table était si redoutable et que personne ne serait comptable de l’état de « l’épave » coupable, j’aurais même renoncé à ce projet d’enfant. Si j’avais su que ton destin était scellé à une table instable et incapable, bancale et fatale, je l’aurais contournée pour te délivrer de tout mal. Si j’étais là, je leur dirais que la table était déjà dans une mauvaise passe et que tu pouvais passer de vie à trépas. Si j’étais là, je retiendrais l’épouvantable table coupable par-ci et par-là ; je ne serais jamais las de rester jusqu’à ce que le bébé soit là. Si j’étais là, je collerais les fissures, j’adapterais l’armature à ta stature, je t’éviterais la mésaventure de la cassure, avant même que les augures ne trahissent le dessein malsain de la bavure ou de l’accident.
Si j’étais là, je remettrais tout à plat, j’apporterais à la sauvette une natte, peu importe s’il n’y a pas de drap ou de coussin ; tant pis s’il n’y a ni appui ni attache, je te tiendrais jusqu’au bout du travail, vaille que vaille. Hier, nos mères accouchaient sur des tas d’ordures sans la moindre égratignure ! Pourquoi aujourd’hui, meurent-elles en couches, parfois avant même qu’on ne les touche ? De nos jours, on ne peut même plus regarder le ventre de sa femme végéter avec plaisir. Quand on pense qu’une femme enceinte est une bombe sous nos tropiques, un kamikaze en puissance, on ne peut que pleurer. Mais jusqu’à quand allons-nous enterrer ces dames qui meurent avec une vie dans les entrailles ?
Pendant combien de temps va-t-on clamer et acclamer la santé de la mère et de l’enfant, quand elles montent sur une table pour continuer au ciel ? La prochaine victime, c’est qui ? C’est toi, c’est moi ! Il n’y a rien de pire que de sourire à sa femme à l’entrée de la maternité pour aller l’attendre à la sortie de la morgue. Oui, nous sommes amers, nous sommes même sévères et rien ne sert de nous dire que cela peut arriver. Cela ne doit pas arriver !
Tant pis si cette chronique doit me coûter la tige de  la pige, l’essentiel  est qu’on pige. De toute façon, il y a longtemps que je veux démissionner et rentrer chez moi. On ne peut pas se taire sur le drame. On ne doit pas fermer les yeux sur la tragédie.
Je ne savais pas que la formule « plus rien ne sera comme avant » était une simple figure de style. Je ne savais pas qu’on pouvait vanter une politique sanitaire sur une tombe. Je ne savais pas qu’on pouvait dire que tout va bien en s’appuyant sur une table d’étable bancale et fatale. Je ne savais pas qu’une âme pouvait s’éteindre avec fracas et sans tracas, juste pour avoir commis le péché mortel de donner la vie. Je ne savais pas que l’accouchement était un danger pour la femme et qu’à cause d’une table, on pouvait passer à table avec l’ange Gabriel. Il faut taper du poing sur la table et sauver la prochaine parturiente. Il faut situer les responsabilités, sans complaisance et tirer les leçons sur les débris de cette table.
Et même si on ne pourra jamais recoller les morceaux, on aura au moins le mérite de sauver la femme de « Patarbtaalé » ou de Tartempion, ces gens qui ne peuvent pas aller accoucher sur des tables en or. En attendant que les tables de nos hôpitaux sans chapiteaux soient vues et revues, gageons que plus jamais aucune femme ne « fera tonneau » en clando, sans même avoir eu le temps de pousser à fond : attention ça vient vite, je veux accoucher ! J’ai peur de la table, donnez-moi une natte !
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Île de Touroukoro dans le Sourou

0
Petite île d’environ un hectare abritant quelques 400 âmes, Touroukoro est située dans la commune rurale de Di dans le Sourou. Malgré l’accès difficile du village, le manque d’infrastructures de santé, d’eau potable et d’éducation, de terres cultivables… les habitants tiennent mordicus à leur milieu naturel et rechignent à le quitter pour un nouveau site. Découverte de Touroukoro !
En cette matinée de fin février, il est 8 heures.Le temps est beau  lorsque l’équipe de Sidwaya démarre de Di. Joie et impatience animent l’équipe de découvrir Touroukoro, une île méconnue des Burkinabè, contrairement à Toma-île dans la même commune de Di. Le trajet Di-Nyassa-Débé, longue d’une vingtaine de Km, ne dure que trente minutes. Arrivés à Débé, nous ne sommes plus qu’à trois kilomètres de l’eau qui sépare l’île de la terre ferme. Mais hélas, il faut quitter le  confort  du véhicule qui ne peut plus aller de l’avant, car un pont qui permettait de traverser une mare  a cédé depuis 2013.

« Un chemin de croix » pour accéder à l’île

Un plongeon est inévitable. Le courage manque. C’est la phase d’observation de l’eau. C’est ainsi que deux hommes, un cinquantenaire et un jeune en partance aussi pour Touroukoro arrivent au bord de l’eau juché chacun sur son vélo. L’eau n’est pas profonde, nous disent-ils en guise d’encouragement avec le sourire aux lèvres. Pantalons retroussés, vélo perché sur les épaules et chaussures en mains, ils commencent la traversée de l’eau. Nous suivons leur exemple avec précaution, manquant parfois de tomber dans l’eau à causes des trous dans la mare. Au fur et à mesure que nous avançons, le niveau de l’or bleu monte jusqu’aux hanches de ceux qui ont la taille moyenne.
Après ce « bain » forcé, c’est le début d’une marche pénible sur des chemins escamotés par les sabots des bœufs et truffés de trous et de restes asséchés de plants de céréales. Pendant la saison pluvieuse, le fleuve arrive jusqu’au pont, les pirogues aussi, relate Brahima Koné, notre jeune compagnon d’infortune. « En saison sèche, l’eau tarit, les bœufs y font des va-et-vient à la recherche de leur pitance. Résultats, le sol est très accidenté et oblige un déplacement lent et prudent au risque de se blesser », explique-t-il. Trempés et  le corps en sueur, nous voyons le bout du tunnel après 45 minutes de « chemin de croix ». Nous sommes au bord de l’eau. Des pirogues avec à bord des hommes, des femmes, quelques-unes avec des bébés au dos déferlent.
Certains se rendent à Débé pour travailler dans des champs tandis que d’autres vont y faire des courses. C’est dans cette ambiance qu’un homme très grand de taille avec une silhouette fine est visible à l’horizon, manoeuvrant avec dextérité sa longue pirogue. C’est le président du Conseil villageois du développement (CVD), Oumar Sery. Après une vingtaine de minutes, il est enfin à notre niveau et nous prenons place  dans son moyen de transport indispensable pour accéder à Touroukoro. Le CVD, avec son long bois lui servant de pagaie, conduit « son bolide » sur un chemin bien tracé entre les touffes d’herbes courtes et longues qui parsèment l’eau. Le paysage est beau mais la peur nous empêche de visualiser pleinement les merveilles de dame nature. Crispation et peur.
Tout mouvement pouvant faire chavirer la pirogue est évité. Les assurances du conducteur ne rassurent guère. Nous sommes enfin sur l’île. Il est 10h18 et avec un  ouf de soulagement, nous foulons la terre de Touroukoro. De nombreux hommes, femmes et enfants nous accueillent, ravis de recevoir des étrangers qui se font rares dans cette partie du Burkina Faso, à en croire le CVD à cause de l’accès difficile au village.

Des inondations à répétitions…

S’en suivent alors les formalités de politesse chez le chef de village Hamidou Séry. Sexagénaire portant bien le poids de son âge, ce dernier allongé dans sa chaise se montre peu bavard et laisse le soin à des notables réunis pour la circonstance nous parler du village. L’ancien conseiller, Moussa Séry révèle que le village est habité par quatre grandes familles que sont les Séry, les Gorou, les Drabo et les Konaté. Les quelque 400 âmes qui y vivent sont toutes de l’ethnie dafing et de religion musulmane. Place maintenant à la découverte des lieux. Notre guide Ouahabou Séry est âgé de 17 ans. Après avoir « quitté » l’école en classe de CM2, il s’est reconverti en agent communautaire de santé grâce à sa petite connaissance du français.
En huit minutes, le tour de l’île est bouclé. Touroukoro est une toute petite île, de forme circulaire d’environ un hectare selon le Président de la délégation spéciale de Di, Hamidou Traoré et de trois hectares selon les habitants. Les maisons, construites en banco mais couvertes de tôle, sont côte à côte. Chaque millimètre carré est exploité. L’absence de mur empêche de définir les limites des concessions qui s’entremêlent. Dans tous les habitats, les femmes s’activent qui, pour préparer le repas qui, pour fumer le poisson. A côté d’elles, des groupuscules de jeunes prennent le thé, les enfants s’amusent et leurs cris s’entremêlent à ceux de nombreux moutons, ânes et poules qui vivent en promiscuité avec  leurs propriétaires. Des ordures forment de petites collines par endroit aux abords de l’eau.
Des sacs de 100 kilogrammes remplis de sables sont superposés tout aux alentours du village. Le guide nous informe que le sable et les ordures servent à barrer le passage à l’eau. Par ailleurs, les ravages de l’or bleu sont visibles sur certaines maisons situées juste au bord du fleuve, d’autres ont été abandonnées. « Pendant la saison pluvieuse, nous sommes constamment inondés. Nos effets et provisions sont détruits. Nous passons des heures à évacuer l’eau des maisons, y dormir après est très dur à cause du froid », révèle avec cependant  un air passible la première femme du CVD, Azita Gorou. Quarantenaire, mère de cinq enfants, celle-ci s’affaire à préparer le déjeuner.

Aucun accès à l’eau potable et à l’assainissement

Aucune infrastructure d’eau potable, d’éducation ou de santé  n’est visible. Pas de WC non plus. Juste quelques toilettes d’infortune pour se doucher ont été construites et les eaux sales ruissellent directement dans le fleuve. « Nous déféquons dans l’eau, y jetons des ordures, faisons la lessive et la vaisselle. Cela ne pose aucun problème de pollution. Car l’eau ruisselle. Aussi nous allons au milieu du fleuve pour prélever notre eau de boisson car elle y est propre », soutient dame Gorou avec assurance. L’eau de boisson ne cause-t-elle pas de maladies ? Le jeune Séry avance que souvent des habitants souffrent de maux de ventre et de dysenterie. « Mais avec quelques comprimés, le problème est rapidement résolu. C’est surtout le paludisme qui nous fatigue beaucoup», explique-t-il.
Où sont enterrés vos morts? A cette question, Ouahabou Séry nous informe que les morts sont ensevelis dans les concessions et les espaces disponibles. « Nous avons marché même sur des tombes », affirme-t-il. C’est donc avec consternation que nous poursuivons la découverte de l’île.  Après le tour du village, Abibata Drabo, une jeune dame pétillante, mariée, son unique enfant au dos nous raconte le quotidien des femmes de l’île pendant qu’elle fume du poisson. « Le matin, après la prière, les femmes font le ménage et préparent le petit déjeuner. Elles vont ensuite pécher. Au retour, elles fument le poisson, préparent le déjeuner, ensuite le dîner. Pour payer les condiments ou vendre notre poisson nous allons au marché de Débé, de Dî ou à Tougan. Nous ne faisons pas de travaux champêtres, c’est l’affaire des hommes. De plus, c’est eux qui vont chercher le bois pour nous », confie-t-elle toute joyeuse. Quid des questions de santé et d’accouchement des femmes ? Elle nous répond que les habitants se rendent dans le village de Débé pour les soins de santé.

L’échec scolaire est inévitable…

« C’est là-bas aussi que les femmes accouchent. Si le travail  d’une femme commence tard dans la nuit et qu’on ne peut pas l’amener à Débé, alors, elle accouche ici. Il y a des vieilles femmes qui l’aident. Dieu merci, il n’y a jusque- là pas eu de problèmes », indique-t-elle avec fierté.  L’un des problèmes majeurs de son village, dit-elle, est la scolarisation des enfants. Selon ses dires, presque tous les enfants qui ont été scolarisés ont abandonné l’école. « Nous confions nos enfants à nos parents qui sont à Débé. A défaut  de les maltraiter, ceux-ci les laissent à eux-mêmes. Ainsi nos enfants échouent à l’école, certains deviennent des bandits. Nous sommes obligés de les ramener à Touroukoro. Ce qui fait que très peu d’enfants, moins de 5% sont scolarisés, », regrette-t-elle.
Le CVD, et les notables du village ajoutent le manque de terres cultivables depuis l’aménagement du périmètre irrigué de Dî en 2014. « Avant, nous cultivions le riz pendant la saison sèche quand l’eau diminue, à quelques encablures du village. Maintenant le niveau du fleuve ne baisse plus car les vannes sont fermées. Au moment où on les ouvre, il ne reste plus assez de temps avant les premières pluies et l’eau détruit nos cultures. Or, nous n’avons pas de champs ni dans le périmètre aménagé ni ailleurs. Nous ne faisons plus que la pêche alors que le poisson se fait de plus en plus rare dans le Sourou.», se lamente le conseiller. Il ajoute que les inondations à répétitions leurs rendent la vie difficile. « La faim commence à s’installer dans le village et pendant la saison pluvieuse, il faut être constamment sur ses gardes pour surveiller les enfants au risque que l’eau les emporte.
Cela use les nerfs », se plaint-il. Justement, au regard de toutes ces difficultés qu’ils vivent, les premiers responsables de la commune ont érigé un nouveau village à deux  kilomètres de Débé pour les habitants de Touroukoro. Sur les lieux, un forage a été réalisé mais à peine une dizaine de maisons a été construite. Les habitants de Touroukoro ne semblent pas prêts à déménager. Mais pourquoi donc ?

Le refus catégorique de quitter l’île

Le CVD rétorque que Touroukoro est la terre de leurs ancêtres. «  Imaginer de vivre ailleurs est difficile pour nous. Mais pour l’avenir de nos enfants, nous demandons qu’une école soit bâtie là-bas et que l’Etat nous donne les moyens pour construire des maisons. En ce moment, une partie du village notamment les enfants et quelques adultes déménageront dans le nouveau village et d’autres resterons ici. Car, nous ne pouvons pas abandonner notre île, même au péril de notre vie», dit-il, formel. Si les habitants ne veulent pas  quitter Touroukoro, le PDS Traoré ne l’entend pas de cette oreille même si l’usage de la force n’est pas encore de mise. « Il n’y a pas d’espaces pour y construire des infrastructures sociaux et des forages.
Même si c’était possible, comment transporterait-on les machines de forages sur l’île ? », s’interroge-t-il, avant d’ajouter qu’une école sera bientôt construite sur le nouveau site. Il poursuit en disant que comme c’est une île, les agents de santé refusent d’y aller. Les policiers également rejettent l’idée de s’y rendre pour délivrer des Cartes nationale d’identité burkinabè (CNIB). « C’est nous qui nous y rendons de temps en temps pour établir des actes de naissance pour les enfants. Leur situation est vraiment compliquée et la solution réside dans leur déplacement.
Certes, ils ne veulent pas mais avec les désagréments de plus en plus nombreux que l’eau leur cause, nous avons espoir qu’ils finiront par prendre la sage décision de libérer les lieux », souhaite-t-il. Il certifie que la délégation spéciale est prête à soutenir les habitants de Touroukoro dans la limite de ses moyens pour le déménagement. Il soutient qu’il est prévu dans le plan quinquennal de la délégation spéciale de la commune rurale de Di d’ériger une ligne touristique Di-Toma-île-Débé Touroukoro. Après quelques heures sur l’île, nous revoilà dans la pirogue pour Di. Il est 17H 32.
Eliane SOME
(some.ella@yahoo.fr)
…………………………………………………………………………………………………………………….

Les femmes, otages  de l’île

Sur l’île de Touroukoro, l’activité des femmes se résument aux travaux ménagers et à la pêche. « Elles ne cultivent pas, ne partent pas en brousse chercher du bois et sont nanties grâce aux revenus qu’elles tirent de la pêche. C’est pourquoi, les commerçants d’articles de femmes se bousculent à Touroukoro et font de bonnes affaires », relate le président de la délégation spéciale de Di, Hamidou Traoré. Il soutient que quand elles se marient à des hommes d’autres villages, elles ne supportent pas longtemps les travaux champêtres et la pauvreté. « Elles quittent donc leur foyer et rejoignent leur île natale », déclare-t-il. Des propos que Mariam Gorou, revenue dans  son village après un mariage furtif à Débé, corrobore. « La vie était compliquée là-bas. Car leur mode de vie est très différent du mien. C’est pourquoi, je suis revenue chez moi », explique-t-elle le regard fuyant.
E.S.

Yako: Explosion d’un camion transportant 1210 bouteilles de gaz

0
Un camion de 16 tonnes transportant 1210 bouteilles de gaz butane, s’est embrasé mardi à l’entrée de la ville de Yako, a appris l’AIB.
 Selon le conducteur, Karim Sagnon, l’accident a eu lieu à quelques lieux du poste de péage de Yako (en venant de Ouagadougou).M. Sagnon a expliqué avoir d’abord entendu un bruit qu’il a assimilé à une crevaison de roue. C’est quand l’apprenti est allé pour vérifier qu’ils se sont rendus compte qu’il s’agissait de l’explosion d’une bouteille de gaz.Le chauffeur a indiqué qu’il a immédiatement appelé les pompiers (stationnés à Ouahigouya, 81km plus loin) mais le véhicule s’est entièrement embrasé dans une cascade d’explosions.Les déflagrations ont touché les installations électriques le long de la route et ont eu pour conséquences d’interrompre la fourniture en énergie dans la ville de Yako, a constaté l’AIB.
D’après M. Sagnon, le camion transportait 710 bouteilles de 6kg et 500 bouteilles de 12 kg pour les clients Sodigaz de Yako, de Ouahigouya et de Titao.
Source : Agence d’Information du Burkina 

Education nationale : IQRA offre une seconde chance aux enfants de la rue

0
L’Association IQRA, sous la présidence du ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, Jean Martin Coulibaly, a officiellement lancé les projets «seconde chance» et celui d’appui pédagogiques aux foyers coraniques (PAPEFCO). C’était le mardi 29 mars 2016 à Dédougou en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, Tulinabo S. Mushingi, et du premier secrétaire de l’ambassade de la république d’Allemagne. 
Donner une seconde chance aux enfants qui n’ont pas eu le privilège d’aller à l’école, c’est tout le rêve de l’association IQRA (lis en langue arabe) à travers les projets « seconde chance » et le projet d’appui pédagogique aux foyers coraniques (PAPEFCO). Le lancement de ces deux projets qui interviennent dans les régions du Centre-Nord (Kaya) et de la Boucle du Mouhoun (Dédougou) pour ce qui est du projet « seconde chance », et dans le Sahel (Dori) pour le PAPEFCO est intervenu le mardi 29 mars 2016 à Dédougou. Selon Awa Guira/ Bissiri, coordonnatrice de l’associative initiatrice de ces deux projets, ils sont plus de cent quarante mille (140 000) enfants en âge d’aller à l’école au Burkina Faso à être exclus du système éducatif formel.
Ces enfants, s’ils ne sont dans la rue, au pire des cas, ils se retrouvent au meilleur des cas dans les foyers coraniques. Et au pays des « hommes intègres », on comptait en 2013 plus de sept cent foyers coraniques, à en croire la coordonnatrice de l’association IQRA. Soucieuse de l’épanouissement et du développement de ces laissés pour compte, l’association IQRA entend par ces deux projets, en plus de l’alphabétisation, appuyer les foyers coraniques en manuels de l’élève et de guide de maîtres, assurer la formation pédagogique et administrative, et l’insertion socio-économique des jeunes de Dédougou et de Kaya, et des voyages d’études. Ainsi ambitionne-t-elle« contribuer à l’éducation des enfants hors du système formel du Burkina par la lecture, une lecture fonctionnelle qui libère et qui pousse vers le développement », dixit Awa Guira/ Bissiri.
Une contribution qui vient donner une réponse à la préoccupation de l’Etat qui est « celle de ne laisser aucun enfant sans instruction, sans éducation de qualité », a indiqué le ministre en charge de l’éducation nationale, Jean Martin Coulibaly. Saluant l’initiative de l’association IQRA, Jean Martin Coulibaly, a indiqué la détermination de son département à œuvrer pour une réforme de l’école coranique « qui n’a pas su évoluer au rythme des mutations sociétales et répondre aux exigences du développement dans le sens le plus moderne du terme ».
 Dans cette œuvre humanitaire, l’association IQRA a bénéficié du soutien financier des Etats Unis d’Amérique pour la première phase d’une durée de deux ans du projet « seconde chance », et de l’ONG internationale Allemande EIRENE pour le PAPEFCO qui intervient dans la zone de Dori. Un soutien que le représentant du pays de l’Oncle Sam, Tulinabo S. Mushingi, justifie en ces termes : «Les Etats-Unis d’Amérique ont accepté accompagner l’association IQRA afin de donner une seconde chance aux enfants qui n’ont pas bénéficié du système formel de l’éducation. Ces enfants, s’ils sont bien éduqués, ils pourront participer eux aussi au développement du Burkina Faso, et partant du monde entier ».
Après la cérémonie de lancement des projets, les officiels se sont rendus dans un atelier mécanique où l’association a placé certains enfants vulnérables afin de leur offrir une autre vie, et dans un foyer coranique de la ville de Dédougou pour constater de visu les conditions de vie de ces enfants.
Kamélé FAYAMA
faygracias@yahoo.fr

Cent jours à Kosyam : Roch Marc Christian Kaboré fait le bilan

0
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a fait le bilan de sa politique pendant cent jours, au cours d’une conférence de presse, tenue le dimanche 3 avril 2016 à Bobo-Dioulasso. Le président compte travailler à respecter ses engagements et mériter la confiance des populations.
Le mercredi 6 avril 2016. Cela va faire cent jours que Roch Marc Christian Kaboré est président du Burkina Faso, à l’issue d’une élection présidentielle organisée le 29 novembre 2015. Avant de s’envoler pour la  France du 5 au 7 avril, le président a donc  fait  le bilan  de ses cent jours de gouvernance dimanche 3 avril 2016, devant un parterre de journalistes à Bobo-Dioulasso. Actualité nationale, sous-régionale et internationale sont les axes autour desquels les journalistes ont posé des questions. Sur le plan national, les hommes de médias sont revenus sur la sécurité, surtout après une attaque terroriste et dans un contexte où les populations veulent se protéger elles-mêmes à travers les structures d’autodéfense « Kolgwéogo ».
Le président Kaboré a, ce faisant, indiqué qu’un dispositif sécuritaire est mis en place depuis l’attaque terroriste. Parmi ce dispositif, il y a la création de l’Agence nationale de renseignement et le déploiement des forces de défense et de sécurité sur le terrain. Roch Marc Christian Kaboré a saisi cette occasion pour appeler les citoyens à un changement de comportement et à travailler de concert avec les forces de défense et de sécurité. Dans la même veine, le président a fait comprendre que les structures d’autodéfense peuvent y contribuer. Cependant, elles ne peuvent ni juger, ni prélever des taxes. « Nous sommes dans une république. Nous n’allons pas laisser ces dérives qui vont à l’encontre des droits de l’homme », a insisté le président Roch Marc Christian Kaboré.
 Les journalistes, toujours pour les questions nationales, se sont intéressés à la gestion de la Transition, notamment l’audit, l’état du trésor public,  le cas du général de division Yacouba Isaac Zida, l’authentification des écoutes téléphoniques entre le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro et le général Djibrill Bassolé, et le mandat d’arrêt contre M. Soro, lancé par la justice militaire. Pour les questions relevant de la justice, le président a précisé qu’il y a séparation de pouvoir. Par conséquent, il revient à la justice militaire de travailler sur cette question. Néanmoins, il a rappelé la volonté de passer par voie diplomatique pour lever les brouilles entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Le président Kaboré a même confié aux journalistes, qu’il n’a pas été consulté par la justice militaire dans le cadre du mandat d’arrêt contre M. Soro.
Sur l’affaire Zida, le président Kaboré a indiqué qu’il n’appartient pas à son gouvernement de remettre en cause son grade de général de division. Cependant, c’est avec surprise qu’il a vu la nomination de Zida comme ambassadeur  aux Etats-Unis d’Amérique dans le journal officiel. Chose qui n’a pas été faite ni pendant la Transition, ni par lui non plus. « Un ambassadeur se nomme en Conseil de ministre », a déclaré le président Kaboré, qui a par ailleurs fait savoir que le général Zida, actuellement hors du Burkina Faso, n’a d’autre choix que de rentrer au pays.  « Le général Zida a demandé une permission qui a expiré le 19 mars dernier. Il n’a pas de choix que de rentrer. Nous n’avons pas besoin de lui faire une injonction », a-t-il clarifié.
Les surprises, il y en a eu un peu beaucoup pendant ces cent jours. Parce qu’après la nomination de Zida au poste d’ambassadeur, le lancement du mandat d’arrêt contre M. Soro, le président dit avoir été surpris d’apprendre l’arrivée du groupement d’intervention de la gendarmerie nationale de France (GIGN) au Burkina Faso. « Nous avons appris l’information sur France inter. Nous ne sommes pas concernés. Nous n’avons pas été saisi et nous avons dit notre mécontentement à l’ambassadeur de France », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré, qui somme toute, a promis de respecter ses engagements s’il veut un second mandat.
Rabalyan Paul OUEDRAOGO