Gendarmerie nationale: l’engagement de 77 pandores honoré

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Le chef dEtat-major de la gendarmerie nationale, colonel Kouagri Natama, a présidé la cérémonie officielle de décoration de 77 gendarmes dans le cadre de la commémoration du 65e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso, vendredi 16 janvier 2026, à Ouagadougou.

La gendarmerie nationale du Burkina Faso est reconnaissante du mérite de ses agents dans le cadre des missions de sécurisation du territoire contre l’hydre terroriste. Ainsi, elle a organisé une cérémonie de décoration dans le cadre de la commémoration du 65e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso, vendredi 16 janvier 2026, à Ouagadougou. Elle a été présidée par le chef d’Etat-major de la gendarmerie nationale, colonel Kouagri Natama, en présence des autorités militaires, paramilitaires et de nombreux invités.

Au total, 77 pandores issus de l’Etat-major de la gendarmerie nationale, de la 3e légion de gendarmerie et de la légion spéciale de gendarmerie ont été décorés. Le chef d’Etat-major de la gendarmerie nationale, colonel Kouagri Natama, a indiqué qu’il est judicieux de reconnaitre le mérite de ceux qui se sont sacrifiés dans la reconquête du territoire. « C’est un engagement fort de leur part sur le théâtre de des opérations jusqu’à aller perdre leur faculté humaine », a-t-il ajouté.

Toujours donner l’exemple

Le chef d’Etat-major de la gendarmerie nationale, colonel Kouagri Natama a invité les décorés à travailler davantage pour mériter d’autres reconnaissances.

Ainsi, il a adressé ses félicitations à tous les récipiendaires, tout en les invitant à travailler et à renforcer les acquis. Colonel Kouagri Natama a saisi l’occasion pour présenter au personnel de la gendarmerie nationale et aux Burkinabè, ses vœux de santé, de prospérité, de paix et de cohésion autour de la vision politique tracée par les autorités du Burkina Faso. Le médaillé de la croix du combattant, maréchal des-logis chef Koumbagnou Somé, rescapé d’un ratissage en 2022 en Nandiagou, à l’Est du Burkina Faso et ayant perdu la vue et l’ouïe d’un côté auditif, a remercié Dieu pour la vie. Il a aussi traduit sa reconnaissance à la hiérarchie pour la distinction.

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE
Collaborateur


Le chef d’escadron, Albert Sandwidi, officier dans l’Ordre de l’Etalon : « cette reconnaissance est une invite à poursuivre dans notre engagement ».
« Je rends grâce à Dieu pour m’avoir permis de voir ce jour et traduis ma reconnaissance à la hiérarchie pour la confiance ainsi qu’à ma famille pour le soutien. Cette reconnaissance est une invite à poursuivre dans notre engagement au service de la nation. En effet, je reçois cette décoration avec une grande humilité en ayant une pensée à mes collègues et collaborateurs avec qui j’ai servi ».

Lieutenant Ange Zougmoré, médaillé de la Croix du combattant : «je félicite tous mes hommes qui m’ont toujours accompagné tout au long de nos différentes missions » 

« Je viens de recevoir la médaille de la Croix du combattant. C’est un sentiment de fierté et d’honneur qui m’anime au regard du travail accompli et de la reconnaissance faite par la nation à mon endroit. Je remercie toutes les autorités qui nous ont fait confiance. Je félicite tous mes hommes qui m’ont toujours accompagné tout au long de nos différentes missions. A tous ceux qui sont partis trop tôt, je les dédie cette médaille ».

Adjudant-chef Justin Béré, médaillé militaire : «Je dédie cette distinction à mes frères d’armes et toute ma famille qui me soutiennent au quotidien» 

« Je rends grâce à Dieu pour cette distinction obtenue après plus de 20 ans de service. Je remercie la hiérarchie pour la confiance renouvelée. Je dédie cette distinction à mes frères d’armes et toute ma famille qui me soutiennent au quotidien» .

Adjudant Rachidatou Sanfo, médaillée milliaire : « cette médaille représente l’intégration réussie des femmes »

« C’est un symbole fort pour moi. Cette médaille représente une reconnaissance d’un travail accompli avec dévouement et professionnalisme. Elle valorise également l’intégration réussie des femmes et souligne l’apport du personnel féminin au sein des Forces armées nationales en général et dans la gendarmerie nationale en particulier. C’est un symbole fort pour moi, et je souhaite que cette médaille inspire mes jeunes sœurs à nous rejoindre dans l’armée ».

Propos recueillis par C. K.

 

Pour une justice de proximité

L’Assemblée législative de transition (ALT) a adopté, le jeudi 15 janvier 2026, la loi portant Faso Bu Kaoré, conformément à la vision de refondation de l’Etat portée par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Par cet acte majeur, la Représentation nationale consacre un choix politique assumé : réhabiliter et encadrer les mécanismes endogènes de règlement des conflits qui ont, de tout temps, structuré la vie des communautés au Burkina Faso. Il s’agit d’un maillon important de la souveraineté juridique et sociale, au service de la cohésion nationale et de la paix durable.

La loi Faso Bu Kaoré reconnaît et prône les mécanismes traditionnels de réparation des différends entre individus, familles et groupes sociaux, à travers des tribunaux coutumiers ancrés dans les réalités socioculturelles des Burkinabè. Issue d’un processus inclusif et approfondi, elle s’adapte à la diversité des groupes linguistiques et ethniques du pays, tout en s’inscrivant dans un cadre juridique respectueux des droits humains et attentif à la protection des femmes, des filles et des personnes vulnérables.

Cette loi traduit la conviction que les crises se résolvent durablement lorsqu’elles sont traitées par des mécanismes compris, acceptés et légitimés par les communautés. Les us et coutumes, loin d’être des reliques du passé, constituent des ressorts vivants de médiation, de réparation et gage d’une paix sociale durable. En reconnaissant officiellement ces pratiques, Faso Bu Kaoré redonne à la société burkinabè des outils endogènes éprouvés pour prévenir l’escalade des conflits, restaurer le lien social et consolider la paix au quotidien.

La justice traditionnelle et la justice moderne ne sont ni concurrentes ni rivales, mais complémentaires. La loi établit des passerelles de reconnaissance réciproque entre les deux systèmes, tout en fixant des limites claires. Les instances coutumières ne sont pas habilitées à prononcer des sanctions pénales ni des amendes pécuniaires. Elles exercent des missions de médiation et de règlement civil, dans le respect de la loi, avec des voies de recours prévues au sein du système coutumier lui-même.

Cette complémentarité présente l’avantage de désengorger les Tribunaux de grande instance (TGI). Comme l’a rappelé le ministre de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala, la justice traditionnelle absorbe déjà près de 95 % du contentieux dans les faits, sans reconnaissance formelle jusqu’ici. En encadrant ces pratiques et en leur donnant une base légale, l’Etat rationalise le traitement des litiges et améliore l’accès à la justice de proximité.

En choisissant de s’appuyer sur ses valeurs propres pour construire la justice de demain, le Burkina Faso affirme une voie souveraine, enracinée et résolument tournée vers la paix et la cohésion sociale. Toutefois, la mise en œuvre réussie de Faso Bu Kaoré appelle une responsabilité collective. Les acteurs étatiques, les autorités administratives et coutumières doivent veiller à la transparence de la mise en place des organes de règlement des litiges et des décisions. Il y va de la crédibilité, de la respectabilité des tribunaux coutumiers et de l’acceptation sociale de leurs verdicts.

Enfin, une vaste sensibilisation des populations et des acteurs concernés s’impose pour faire connaître l’esprit, les objectifs et les limites de la loi, expliquer le rôle des organes qui seront installés et en faire leur promotion.

Par Assetou BADOH

 

Centre culturel des armées: le ministre des Arts et les créateurs de contenus découvrent les chefs-d’œuvre

Le ministre de la Communication, de la Culture des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo accompagné de ses proches collaborateurs et des créateurs de contenus, a visité, dans l’après-midi du samedi 17 janvier 2026, le centre culturel des armées. Ils ont été reçus par le colonel Evariste Somé, directeur central de la culture et des arts des armées et son équipe.

Quatre sites majeurs ont été visités par les hôtes du jour. Il s’agit du hall de commandement où sont placés les portraits de tous les anciens chefs d’Etat, des ministres chargés de la Défense et des chefs d’Etat-major général des armées. Sur ce site est contée l’histoire de notre pays à travers les différents chefs du commandement militaire.
Dans le deuxième site, sont exposées différentes images qui relatent l’histoire des forces armées nationales allant des outils traditionnels de défense aux armes modernes en passant par les différentes phases d’évolution des forces armées: communautés villageoises de défense, premières forces militaires recrutées par les colons, tirailleurs sénégalais, forces armées indigènes, forces armées des Etats de l’indépendance à nos jours.

Sur le troisième site, sont exposés les armes de guerre allant des armes traditionnelles aux armes industrielles modernes qui racontent le processus d’évolution de l’armement depuis les premiers royaumes à l’Etat burkinabè. Sont aussi exposées les différentes tenues militaires arborées par nos forces armées nationales.

Dans le dernier hall sont exposés des tableaux d’art peints par des artistes-plasticiens militaires et des blessés en opération reconvertis, à travers du matériel récupéré sur le

Dans le dernier hall sont exposés des tableaux d’art peints par des artistes-plasticiens militaires et des blessés en opération reconvertis…

champ de bataille notamment les douilles et autres matériaux. Ces tableaux relatent un pan de l’histoire et de la bravoure des forces armées nationales. Au sortir de la visite, le ministre s’est dit très édifié par toute cette découverte au musée des forces armées nationales. Il a félicité les premiers responsables pour la qualité des œuvres et la charge historique des expositions et a promis une collaboration plus étroite entre son département et le centre culturel des armées.

Le colonel Evariste Somé, à quant à lui saisi l’occasion pour remercier le MCCAT et son équipe, ainsi que les créateurs de contenus pour la visibilité qu’ils donnent aux centre. Il a, par ailleurs, lancé un appel à tous les Burkinabè à venir massivement au centre culturel des armées (situé non loin du Lycée Marien N’Gouabi, sur la RN2) pour découvrir l’histoire inédite du Burkina Faso à travers le musée des forces armées nationales qui dispose d’une bibliothèque et où diverses activités s’y tiennent à savoir des projections cinématographiques, les concerts musicaux, … afin aussi de mieux tisser le lien armée-nation tant prôné par les plus hautes autorités.

Le ministre Pingdwendé a profité du cadre pour échanger avec les créateurs de contenus sur leur collaboration avec le ministère. Il les a remerciés pour tout l’accompagnement à la visibilité des actions gouvernementales en 2025 et a déroulé les activités majeures de 2026 tout en demandant un engagement plus accru pour faire rayonner l’image du Burkina Faso.

DCRP/MCCAT

 

Inhumation du chef de Réo: le fervent défenseur des coutumes repose désormais sur la terre de ses ancêtres

Décédé le 11 janvier dernier, le chef de Réo, Aimé Ossambié Bassolé, a été inhumé le samedi 17 janvier 2026 sur la terre de ses ancêtres. Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, dépêché par le gouvernement ainsi que des personnalités de divers horizons étaient présents pour la circonstance.

Le chef de Réo repose désormais sur la terre de ses ancêtres dans cette localité, chef-lieu de la province du Sanguié. Décédé le dimanche 11 janvier, son inhumation a eu lieu le samedi 17 janvier 2026. A l’occasion, la ville de Réo a été le lieu de convergence des parents, amis, connaissances et autres proches du chef coutumier qui sont venus pour l’accompagner à sa dernière demeure.

Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, était également présent pour présenter les condoléances du gouvernement à la famille et proches du défunt. Pour Laurent Bassolé, membre de la famille royale, le départ du chef laisse un grand vide, et au-delà de la ville de Réo, c’est toute la province du Sanguié qui est plongée dans la tristesse. « C’est un monument, un baobab des traditions et de la culture lyélé qui s’en est allé et c’est vraiment une grande perte qui va nous marquer à jamais puisqu’il fût un guide pour toute la communauté », a-t-il témoigné.

Ozona Jean-Marie Bationo est membre de l’Association des chefs gourounsi, une initiative du défunt qui regroupe les composantes des communautés gourounsi de Pô, de Léo, de Tcheriba, de Ouri, de Boura et bien d’autres localités. « Le chef de Réo que nous pleurons a joué un grand rôle dans la mise en place de ce regroupement de chefs traditionnels.

Dans ces moments difficiles que traverse notre pays où le retour aux sources est prôné par nos autorités actuelles, nous avons estimé qu’il était de notre devoir de nous rassembler pour connaître l’identité du gourounsi dans une union fraternelle afin d’envisager l’avenir avec sérénité », fait-il savoir. Il a poursuivi que ce rassemblement a eu lieu en novembre 2025 à Réo au domicile familial du défunt chef et sous son leadership. « Nous attendions beaucoup de lui mais Dieu en a décidé autrement et nous implorons les mânes de nos ancêtres de l’accueillir et de veiller sur sa famille », a jouté M. Bationo.

« Il était notre confident »

Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a présenté les condoléances du gouvernement à la famille du défunt.

Pour Rosa Sandrine Bassolé, fille ainée du défunt, la mort de son père l’a dévastée parce qu’il entretenait des relations fusionnelles avec ses enfants. « Il nous a éduqués dans l’amour, l’intégrité et la dignité. Il se comportait comme notre ami et non comme un père au point que nous lui disions tout, pour avoir ses conseils avisés, quelle que soit la situation. Il était notre confident », a-t-elle soutenu.

Elle a affirmé que la douleur est grande mais elles et ses frères sont fiers de ce que leur papa a été pour sa famille, sa communauté et le Sanguié. « Il ne faisait pas de distinction entre ses enfants biologiques et les autres enfants parce qu’il a toujours œuvré pour la cohésion et le renforcement des liens au sein des communautés. Quand quelqu’un venait lui soumettre un problème, il en fait vraiment une préoccupation et même s’il faut faire recours à d’autres personnes pour trouver une solution il le fera. Désormais nous n’avons plus de guide », a-t-elle lâché, les larmes aux yeux.

Les témoignages recueillis montrent que le chef de Réo est un chef traditionnel qui a marqué toute la province du Sanguié par ses initiatives. Il a surtout été un fervent défenseur des valeurs culturelles et un ambassadeur pour le retour des Burkinabè à leurs sources pour le développement endogène prôné par le Président du Faso le capitaine

Ibrahim Traoré.
Beyon Romain NEBIE

beynebie@gmail.com

Littérature : « La fille aux cheveux châtains », un roman de plaidoirie pour briser les préjugés sur l’albinisme

Clément Zongo, journaliste, chroniqueur et écrivain burkinabè, revient sur le devant de la scène littéraire avec son deuxième roman, « La fille aux cheveux châtains ». Lauréat du 2ᵉ prix du Grand Prix National des Arts et des Lettres (SNC 2023), cet ouvrage aborde avec sensibilité et profondeur la condition des personnes atteintes d’albinisme. Dans cet entretien, l’écrivain nous dévoile les coulisses de sa création, son engagement personnel et les messages universels portés par son récit.

Sidwaya (S) : D’où vous est venue l’idée d’écrire ce roman, « La fille aux cheveux châtains » ?

Clément Zongo (CZ) : L’idée est née d’un constat à la fois personnel et sociétal. Depuis l’enfance, j’ai côtoyé des amis aux cheveux châtains et j’ai toujours été interpellé par leur différence. En creusant, j’ai découvert l’histoire tragique de ces personnes à travers les âges et les cultures, marginalisées, diabolisées, voire persécutées. Ces préjugés reposent sur des représentations sociales absurdes. Je me suis demandé, leur sang est-il différent ? Leur âme est-elle albinos ? La réponse est si évidente qu’il était impératif de prendre ma plume pour contribuer à ce combat. Ce roman est ma part de lutte, un appel à regarder au-delà de la peau.

S : L’œuvre a reçu le 2ᵉ prix du Grand Prix National des Arts et des Lettres 2023. Comment avez-vous accueilli cette distinction ?

CZ : Avec une grande joie, bien sûr, mais teintée d’une pointe d’insatisfaction. J’aurais aimé le premier prix, car ce livre est un combat mené avec le cœur, tout comme mon premier roman, « Moah le fils de la folle ». C’est une œuvre de vécu, qui reflète les expériences de notre société, souvent indifférente, voire cruelle. Je remercie le jury pour cette reconnaissance, qui a validé le message porté par le livre. C’est un encouragement à poursuivre sur cette voie, avec l’espoir d’une résonance internationale.

S : Pourquoi avoir choisi ce titre, « La fille aux cheveux châtains », plutôt qu’un terme plus direct ?

CZ : Le mot « albinos » est aujourd’hui tellement commun qu’il frise souvent le péjoratif. Je ne voulais pas verser dans cette facilité lexicale qui peut blesser. J’ai préféré un subterfuge littéraire, une métonymie délicate, « les cheveux châtains ». C’est une façon de contourner l’étiquette pour aller directement à l’humain. L’image de la couverture est assez parlante ; elle invite à une réflexion plutôt qu’à un jugement hâtif. Je préfère d’ailleurs parler de « personnes atteintes d’albinisme », que d’« albinos » tout court.

S : Dans cet ouvrage, vous défendez la cause des personnes atteintes d’albinisme. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous intéresser à cette thématique ?

CZ : C’est avant tout une question d’humanité. Ces personnes subissent une double peine : les affres d’une condition médicale avec une sensibilité extrême au soleil, par exemple et le rejet social. On les associe à des croyances mystiques, au diable, simplement à cause de leur pigmentation. C’est une aberration. J’ai écrit pour rappeler que ce sont des êtres humains, avec le même sang, les mêmes aspirations. Ils méritent notre solidarité, pas notre marginalisation. Le roman est un cri pour que la société change son regard.

S : Le livre est préfacé par Salif Keita, icône de la musique mandingue. Pourquoi ce choix ?

CZ : Salif Keita n’est pas seulement une légende de la musique. C’est un symbole fort de ce combat. Lui-même a été victime du rejet et des préjugés en raison de son albinisme. Son parcours, son succès international, démontrent que l’on peut triompher des préjugés. Avoir sa préface, c’est plus qu’un honneur ; c’est un acte très symbolique. Cela envoie un message fort à tous les lecteurs et surtout aux personnes concernées : « c’est possible !». Je rêve même de sa présence à la future dédicace, pour irradier l’assistance de son énergie et de son espoir.

S : Au début du roman, vous mettez en scène Phil et Cathy, et vous parlez de beauté et de beau temps. Quel message portent ces deux personnages ?

CZ : Phil et Cathy incarnent un amour qui transcende les couleurs. Lui est noir, elle est blanche, atteinte d’albinisme. Leur rencontre fortuite et l’amour immédiat de Phil pour Cathy servent de parabole. Je voulais montrer qu’il est possible de tomber amoureux de l’être, pas de son apparence. Leur relation est attaquée à la fois par le monde visible, une société qui rejette Cathy et par le monde invisible, représentant les préjugés ancestraux. A travers leurs doutes, notamment les questions existentielles de Cathy (« M’aimes-tu pour moi ou parce que je suis albinos ? »), et les réassurances constantes de Phil, je brise un mythe, on peut aimer et être aimé pleinement, au-delà de toute différence.

S : De manière générale, quelles sont les grandes thématiques abordées dans cet ouvrage ?

CZ : Quatre thématiques principales structurent le roman. L’amour universel à travers l’histoire de Phil et Cathy, qui est un plaidoyer pour un amour qui dépasse les barrières physiques et sociales. La dénonciation du rejet : Je pointe du doigt les tares d’une société qui marginalise ceux qui sont différents, les privant de solidarité. La critique des traditions et des religions : J’évoque nos traditions africaines et les religions dites révélées, non pour les opposer, mais pour rappeler que leur essence devrait être de rassembler, non de diviser. Dieu n’a pas de religion. Le karma : L’idée que nos actions, bonnes ou mauvaises, nous reviennent. Il s’agit d’une invitation à la responsabilité et à la justice immanente.

S : Quel est le message phare que vous souhaitez véhiculer à travers ce roman ?

CZ : Le message central est un appel à l’empathie et à l’action. Je reprends la belle métaphore d’Amadou Hampâté Bâ : « La beauté du tapis est liée à la diversité de ses couleurs ». Une société monochrome est pauvre et se salit vite. Notre richesse est dans notre diversité. Je demande à chacun de changer son angle de regard, de s’approcher des personnes atteintes d’albinisme, de les comprendre. Aux autorités, je lance un appel : ces personnes ont besoin de soutien concret pour l’accès aux soins, produits de protection et l’inclusion dans la fonction publique, éventuellement par une discrimination positive. Nous devons aussi éduquer nos enfants à vivre avec cette différence pour construire des générations plus fraternelles.

S : Quel appel lancez-vous aux lecteurs qui découvriront bientôt ce livre en librairie ?

CZ : Je les invite à lire ce roman non comme une simple distraction, mais comme une expérience d’introspection. Lisez chaque page en vous mettant à la place de Cathy, de Phil. Imprégnez-vous de leur histoire. Si vous en sortez inchangé, avec le même regard méfiant ou distant, c’est que la lecture n’a pas été complète. Mon souhait est que cette graine de récit suscite d’abord de la sympathie, puis de l’empathie cette capacité à se mettre à la place de l’autre. Que chaque lecteur devienne, à sa mesure, un ambassadeur de cette cause. Le livre sera disponible à la Librairie Jeunesse d’Afrique, à Mercury, ou directement auprès de moi. Je suis ouvert à tous les retours, ils me feront grandir.

S : Vos lecteurs peuvent-ils s’attendre à une troisième œuvre ?

CZ : Absolument. Un troisième roman est déjà écrit. Il est actuellement en compétition pour la SNC 2026, c’est pourquoi je ne peux en dévoiler le titre ni le sujet. J’espère qu’il touchera le cœur comme les précédents. Parallèlement, je travaille à l’édition de mes chroniques journalistiques sous forme de recueils. Le premier tome, qui retracera mon parcours de chroniqueur à travers 40 textes sélectionnés, paraîtra très prochainement. Le chemin de l’écriture, sous toutes ses formes, se poursuit.

Gustave KONATE
(Collaborateur)

 

Guinée: Mamadi Doumbouya investi Président de la République

Le général Mamadi Doumbouya a été officiellement investi Président de la République de Guinée, samedi 17 janvier 2026, en présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement africains.

Le Président de la Transition guinéenne, le général Mamadi Doumbouya, victorieux dès le premier tour de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, avec 86,72 % des suffrages, a été investi dimanche 17 janvier 2026. La cérémonie de prestation de serment a eu lieu dans l’enceinte du stade général Lansana-Conté de Conakry en présence d’une foule mobilisée et de nombreux chef d’Etat.

Présidant l’audience solennelle, le président de la Cour suprême, Mamadou Sylla, a rappelé les prérogatives constitutionnelles du chef de l’Etat, notamment en matière de politique extérieure, de négociation et de ratification des traités internationaux, ainsi que d’accréditation des ambassadeurs appelés à porter la voix de la Guinée sur le plan international. Il a exhorté le nouveau président investi à gouverner dans « la vérité, la justice et l’exigence morale ». Le président de la Cour suprême a invité également Mamadi Doumbouya à rester attentif à la souffrance des populations les plus modestes et à refuser « l’écume enivrante des rapports officiels », au profit d’une immersion constante dans les réalités du pays.

« Gouverner, c’est relier la terre de nos ancêtres aux aspirations les plus élevées de liberté et de dignité », a déclaré le président de la Cour suprême.
A la suite de son investiture, le chef de l’Etat, Mamadi Doumbouya a appelé à l’unité nationale, à une gouvernance participative et à la pleine implication des femmes et de la jeunesse dans le développement de la Guinée. Il a réaffirmé sa volonté d’investir dans l’éducation, la formation et la création d’emplois.

Il s’est engagé à gouverner avec intégrité, justice et responsabilité et à bâtir des institutions crédibles et une nouvelle culture politique fondée sur la compétence et l’exemplarité.

Mamadi Doumbouya avait pris le pouvoir le 5 septembre 2021 à la suite d’un coup d’Etat ayant conduit à l’arrestation du Président Alpha Condé. Son investiture marque le retour à un ordre constitutionnel en Guinée, après quatre ans de Transition.

Synthèse de Soumaïla BONKOUNGOU

 

Situation nationale: la Ligue des élèves réaffirme son soutien au président du Faso

Des centaines d’élèves de Ouagadougou, à l’initiative de la Ligue des élèves, se sont rassemblés le samedi 17 janvier 2026 à Ouagadougou, pour un meeting de soutien aux actions du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, notamment sa politique éducative de qualité en faveur des jeunes.

Le gouvernement du Burkina Faso a annoncé une tentative de déstabilisation déjouée le samedi 3 janvier 2026. La Ligue des élèves de Ouagadougou a organisé un meeting afin de saluer la vigilance, le professionnalisme et le patriotisme des forces de défense et de sécurité pour avoir déjoué les complots, anticiper les menaces et protéger la souveraineté du Burkina Faso. L’initiative, qui a aussi mobilisé des immergés et des étudiants, a eu lieu dans la soirée du samedi 17 janvier 2017, à Ouagadougou.

Selon le président de la Ligue des élèves de Ouagadougou, Abdoul Mouhaïminou Ouédraogo, face aux défis historiques que traverse le Burkina Faso, l’organisation renouvelle son soutien au président du Faso, pour le combat courageux qu’il mène en faveur d’un Burkina libre et souverain. Il a salué l’engagement des leaders de la CNAVC, pour leur soutien aux autorités. « Leur engagement renforce la mobilisation populaire et la cohésion autour de l’essentiel : la survie et la dignité du Burkina Faso », a-t-il expliqué.

A tous les élèves du Burkina Faso, la Ligue a lancé un appel ferme à la discipline, le travail, la conscience patriotique et le refus de la manipulation. Pour le président des immergés, Abdoul Rachid Guétikila, la résistance se fait aussi dans les salles de classe, dans les amphithéâtres, dans le respect des règles et dans l’engagement intellectuel au service de la Nation. Un vibrant hommage a également été rendu aux martyrs et aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) qui continuent de se sacrifier pour la sécurité de la Nation. Par ailleurs, les élèves ont également félicité le nouveau ministre de l’Enseignement secondaire et exprimé leur disponibilité à l’accompagner pour la réforme du système éducatif afin de répondre aux réalités du pays.

Valentin KABORE
(Collaborateur)

 

 

 

 

Burkina : le procès pour corruption impliquant des magistrats et d’autres prévenus renvoyé au 2 février, leurs demandes de liberté rejetées

Le procès mettant en cause des magistrats, des douaniers et des avocats, poursuivis pour des faits de corruption d’agent public, de divulgation d’identité de témoin et de blanchiment de capitaux, ouvert vendredi, 16 janvier  2026, au TGI de Koupéla, a été renvoyé pour jugement au 2 février 2026 devant la même juridiction. Les requêtes de mise en liberté provisoire ont été rejetées.

Acceptation de cadeaux indus, corruption d’agent public, divulgation d’identité de témoin, détention d’arme à feu, blanchiment de capitaux et trafic d’influence figurent, entre autres, parmi les chefs d’accusation retenus contre les prévenus, dont des magistrats.

Tous ont comparu le vendredi 16 janvier 2026 devant le Tribunal de grande instance de Koupéla, a constaté l’AIB.

Après une première suspension de 20 minutes sollicitée par la défense pour concertation, l’audience a repris avec une demande de renvoi du dossier sous huitaine. Le parquet n’y a pas trouvé d’inconvénient.

À l’appui de cette requête, les parties ont invoqué la nécessité pour les conseils de mieux s’approprier le dossier, conformément à l’article 321 du Code de procédure pénale, qui dispose que « si le dossier n’est pas en état de recevoir jugement, il est renvoyé à une date ultérieure ».

« Comment défendre des prévenus dont on ne maîtrise pas le dossier ? », s’est interrogée Me Antoinette Ouédraogo, avant d’ajouter que juger ces acteurs dans ces conditions, « c’est les envoyer dans un couloir sans limite ».

 

Si les parties se sont accordées sur le principe du renvoi, la date et la forme de celui-ci ont donné lieu à de longs débats entre le parquet, le siège et la défense, entraînant une nouvelle suspension de l’audience de 20 minutes.

À l’issue de cette pause, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire pour jugement au 2 février 2026.

Les principes de l’article 321 ayant été actés, une longue plaidoirie s’ensuivit sur les demandes de mise en liberté provisoire des mis en cause et de dégel des comptes de plusieurs d’entre eux.

Selon les avocats de la défense, la détention doit rester une exception. Ils ont soutenu que leurs clients sont disposés à comparaître librement afin de défendre leur honneur et que leur mise en liberté n’affecterait ni la suite de la procédure ni la manifestation de la vérité.

Ils ont également affirmé qu’elle n’entraînerait aucune subornation de témoins.

Les conseils ont en outre souligné que plusieurs décisions judiciaires, dépendant de la situation de certains mis en cause, sont en attente et que l’acceptation de leurs requêtes soulagerait de nombreux justiciables.

Pour le Procureur, bien que les garanties de représentation des prévenus et l’absence de risque de pression sur les témoins soient reconnues, la mise en liberté ne saurait être accordée, car elle pourrait engendrer des troubles à l’ordre public.

Il a également estimé qu’une telle mesure susciterait un sentiment d’injustice au sein de l’opinion publique.

Bobo-Dioulasso: le CHU de Pala annonce l’ouverture de 10 spécialités médicales .

Le Centre hospitalier universitaire de Pala (CHU-P), à Bobo-Dioulasso, annonce l’ouverture officielle de plusieurs consultations de spécialités médicales et chirurgicales à compter du vendredi 23 janvier 2026. L’information a été rendue publique par le Directeur général de l’établissement, Ounanalini Thiombiano, dans un communiqué daté du 16 janvier 2026.

Ces nouvelles prestations concernent, entre autres, la médecine générale, la dermatologie, la pneumologie, la rhumatologie, la psychologie ainsi que des spécialités chirurgicales telles que la chirurgie générale et viscérale, l’orthopédie-traumatologie, la neurochirurgie, l’urologie et l’ORL. Cette initiative vise à renforcer l’offre de soins, en complément des services de gynécologie et de pédiatrie déjà disponibles.

Les prises de rendez-vous débutent le 22 janvier 2026, sur place ou par téléphone aux numéros : 50 95 16 16 et 50 95 17 17.. Les consultations se tiendront du lundi au vendredi, de 7h30 à 17h30. Les services d’urgence ne sont toutefois pas encore opérationnels.

Sidwaya.info

Finance: Dakar accueille la 1ère édition du Forum sur la Titrisation

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Magazine économique et financier de référence au Sénégal, Le Marché œuvre depuis plusieurs années à susciter le débat et à éveiller l’intérêt autour des grandes mutations et des enjeux économiques majeurs. C’est dans cette dynamique que le magazine met en œuvre le concept Dakar Business Connect (DBC), une initiative visant à explorer des thématiques clés de l’économie et de la finance, en donnant la parole à des professionnels et à des références reconnues dans leurs domaines respectifs.

Pour cette première édition, prévue le samedi 17 janvier 2026 à l’Axil Hôtel de Dakar, le thème retenu est : « La titrisation et le financement du développement : opportunités, enjeux et perspectives ». Deux panels sont au programme. Le premier portera sur « La titrisation : un levier stratégique pour le financement des infrastructures et des politiques publiques ».

Le second s’intéressera à « La titrisation et le secteur privé, en tant qu’outil pour accélérer la croissance des entreprises et dynamiser les marchés financiers ». En complément de ces panels, une Keynote permettra d’explorer en profondeur les enjeux et les atouts de la titrisation. Des Masterclass et des ateliers pratiques offriront également l’opportunité de revenir sur les récentes opérations de titrisation couronnées de succès dans l’espace UEMOA.

« L’objectif de cette première édition est de clarifier le concept de la titrisation et son utilité dans le financement du développement. Il s’agira également de mettre en lumière les opportunités qu’elle offre aux États, aux entreprises, aux banques et aux investisseurs institutionnels, tout en identifiant les contraintes, les risques et les prérequis nécessaires à un recours efficace et soutenable à cet outil financier », a déclaré Dr Abdou Diaw, directeur de publication et fondateur du magazine Le Marché. Selon lui, ce rendez-vous, qui se veut pérenne, ambitionne de stimuler le débat économique et financier tout en établissant un cadre d’échanges structuré entre les différents acteurs de l’écosystème.

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