Campagne « Dèmè Sira » : Autorités et personnes vulnérables partagent un repas communautaire

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Dans le cadre de la campagne nationale « Dèmè Sira », le gouverneur, Patrice Yéyé, a visité des structures d’encadrement et de prise en charge des personnes vulnérables, le jeudi 15 janvier 2026 à Banfora. A l’occasion, la direction régionale de l’action humanitaire des Tannounyan a organisé un repas communautaire au profit des bénéficiaires.

La direction régionale de l’action humanitaire et de la solidarité nationale des Tannounyan continue de dérouler son programme dans le cadre de la campagne nationale « Dèmè Sira ». Dans ce sens, elle a organisé une série d’activités, le jeudi 15 janvier 2026 à Banfora. Il s’agit d’une visite de structures d’encadrement et de prise en charge des
personnes vulnérables, conduite par le gouverneur des Tannounyan, Patrice Yéyé, et d’un repas communautaire organisé au profit des personnes vulnérables.

Dans la cour de la maison de la Femme de Banfora, des centaines de personnes vulnérables se sont retrouvées autour du repas communautaire. Un repas qui a été partagé avec le gouverneur et plusieurs autorités locales. Pour Patrice Yéyé, c’est toute une symbolique qui caractérise ce repas. A travers cette communion autour d’un repas, a-t-il dit, c’est un appel lancé à toutes les filles et tous les fils de la région à inscrire la solidarité dans leur quotidien.

La solidarité, a souligné le gouverneur, a toujours été un levier de cohésion depuis nos ancêtres, même si malheureusement aujourd’hui, a-t-il reconnu, force est de constater que cette valeur est en train de décliner dans les communautés au profit de l’individualisme. A l’en croire, c’est en vue de réinscrire la solidarité d’antan à l’ordre du jour dans la société burkinabè que le président du Faso a pris l’initiative de lancer « Dèmè Sira ». Une occasion pour le gouverneur d’appeler tout le monde à la solidarité et au partage.
« Que tous ceux qui en ont songent à ceux qui n’en ont pas et qui sont dans des difficultés. C’est à ce prix que nous allons bâtir un Burkina Faso solidaire », a-t-il lancé.

Plusieurs activités menées

La Directrice régionale (DR) en charge de l’action humanitaire des Tannounyan, Wend-Kuuni Bernadette Yaméogo, a laissé entendre que depuis le lancement de la campagne au niveau régional, le 19 novembre à Banfora, plusieurs activités ont été menées sous l’égide de la direction. Elle a cité, entre autres, la collecte de dons qui se poursuit jusqu’au 30 janvier, la collecte de sang actuellement en cours, des causeries réalisées dans des communes de la Léraba et de la Comoé, ainsi qu’un concours visant à valoriser les mécanismes endogènes de solidarité. En termes de bilan, a affirmé Mme Yaméogo, la mobilisation et l’engouement sont au rendez-vous dans cette campagne, et elle a dit nourrir un fort espoir qu’au soir du bilan, sa région ne sera pas au dernier rang. La DR a réitéré l’appel à une participation massive à cette campagne de solidarité qui tend vers sa fin.

« Ça ne demande pas forcément une forte somme. Quelle qu’en soit la somme, pourvu qu’on sente votre volonté de participer à ce partage », a confié Wend-Kuuni Bernadette Yaméogo.Plus tôt dans la matinée, la visite conduite par le gouverneur a concerné trois structures. La délégation s’est d’abord rendue au berceau des enfants de Bounouna, un centre d’accueil pour orphelins, puis à l’Association Samaria, avant de terminer sa visite au Centre d’encadrement et de prise en charge des personnes handicapées de Banfora.

Alpha Sékou BARRY
alphasekoubarry@gmail.com

Finale CAN 2025/Sénégal – Maroc: choc entre Lions pour une 2e étoile

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La finale de la 35e Coupe d’Afrique des nations mettra aux prises, dimanche 18 janvier 2026 (19h GMT), les Lions de la Teranga du Sénégal et les Lions de l’Atlas du Maroc. Les deux Lions ont eu respectivement raison des Pharaons d’Egypte et les Super Eagles du Nigéria au cours des deux demi-finales intenses disputées mercredi dernier.

Il n’est pas prétentieux d’affirmer que le niveau de la 35e Coupe d’Afrique des nations (CAN) est très relevé. Car, depuis son entame le 21 décembre dernier, toutes les équipes participantes ont laissé voir de productions d’ensemble, dignes d’une compétition continentale. Et les matchs des demi-finales n’ont pas été en reste. La première, entre le Sénégal et l’Egypte, très cadenassée a mis du temps à se décider. L’enjeu a pris le pas sur le jeu en le rendant moins spectaculaire.

A ce jeu, ce sont les Lions du Sénégal qui ont eu plus d’ascendance, en témoigne leurs bonnes initiatives tout au long de la rencontre. Ils ont maitrisé l’ensemble de la partie mais, ils ont peiné à se créer des occasions nettes de buts. Les Pharaons, eux, se sont recroquevillés en défense, abandonnant quasiment toute ambition offensive. Cela jusqu’à la 74e mn où la frappe d’une précision chirurgicale de Sadio Mané a scellé le sort de la rencontre. L’autre demi-finale qui s’est jouée au Stade Prince Moulay-Abdellah de Rabat n’a certes pas enregistré le moindre but, mais, a été plus intéressante et âprement disputée que celui de Tanger entre Sénégalais et Egyptiens.

Au cours de cette partie qui est allée jusqu’à l’épreuve de nerfs (tirs au but), ce sont les Lions de l’Atlas qui ont été les plus entreprenants face à une formation parfois dangereuse contre les Super Eagles du Nigeria. Le fait notable de cette opposition, intense et serrée est que les stars attendues (surtout côté nigérian) ont plus brillé par leurs braises que leurs étincelles. Ce sont par exemples les cas de Victor Osimhen et Ademola Lookman. Toute chose qui a failli dessiner très vite l’issue du match n’eut été la présence de l’intraitable et omniprésent axial Calvin Bassey qui a été le bourreau des attaquants marocains. Il a fallu la séance des tirs au but et les arrêts de Yassine Bounou sur les frappes de Samuel Chukwueze et Bruno Onyemaechi pour que le Maroc valide son ticket.

Une finale de rêve

Ce choc au sommet pour une 2e étoile continentale aura lieu dimanche 18 janvier, à 19h GMT, 20h heure locale, à Rabat. Ce sera l’opposition entre deux formations au style approximativement similaire. Côté sénégalais, cette finale ravive l’espoir d’un nouveau sacre continental, quatre ans après son triomphe historique de 2021 au Cameroun face à l’Egypte. Certes, deux éléments dont son capitaine Kalidou Koulibaly et Habib Diarra (tous suspendus) manqueront à l’appel, mais, le coach Pape Thiaw pourra compter sur la profondeur de son banc où des jeunes peuvent faire la différence à tout moment. Surtout que son feu follet Sadio Mané a annoncé vouloir offrir un 2e sacre à son pays avant de ranger sa carrière internationale.

Le Maroc, lui, disputera sa deuxième finale après celle perdue en 2004 contre la Tunisie (2-1). En 1976, le Maroc avait remporté sa seule CAN en terminant premier d’une poule finale à quatre. Avec dans ses rangs, le joueur africain de l’année 2025, Achraf Hakimi et l’actuel meilleur buteur de la compétition, Brahim Diaz (5 buts), de même que la meilleure défense du tournoi avec un seul but encaissé, les Lions de l’Atlas pourront aussi faire prévaloir leur discipline tactique. Des atouts non négligeables pour une rencontre finale qui s’annonce serrée et palpitante au Complexe sportif Prince Moulay-Abdellah de Rabat.

Yves OUEDRAOGO

On ne lapide que l’arbre à fruits !

Le Burkina Faso vient de déjouer un nième coup d’Etat contre le capitaine Ibrahim Traoré. L’annonce de la nouvelle a plongé plus d’un Burkinabè dans la stupeur. Pendant que les uns s’interrogeaient sur l’opportunité d’une telle tentative de déstabilisation, d’autres mettaient en doute la véracité même des faits. Il a fallu juste quelques jours pour voir la vérité crever nos écrans de télé et faire le tour de la toile. Et même que ce sont les acteurs commis à la tâche sordide qui crachaient les morceaux crus du coup foiré.

Comme dans une fiction à la Nollywood, les protagonistes ont vidé leur sac en public avec une concordance de témoignages qui frise le crime parfait. Mais le parfait n’existe pas dans le mal. Ils ont confessé leurs méfaits sans manquer de demander pardon pour l’erreur ou la faute commise. Oui, ils ont demandé pardon et certains ont même clairement salué la dynamique en cours.

Si seulement la clémence de la Nation pouvait s’accommoder avec celui qui devait tirer à bout portant sur le président ou cet autre qui devait neutraliser pour ne pas dire couper la tête du commandant de la base des drones de Saponé. Où sont-ils ces Burkinabè qui réfutaient la véracité des faits ? Pourquoi s’empressaient-ils de nier cette véracité ? Pourquoi malgré les efforts consentis, il y en a dont le regard manque d’acuité pour juger la Transition avec équité ?

Cette nième tentative de déstabilisation vient simplement rappeler aux Burkinabè que la profondeur de la haine des uns est parfois à l’aune de l’étendu de l’espoir des autres. Il y a des Burkinabè qui ne pardonneront jamais, au point de vouloir brûler tout le pays pour assouvir le ressentiment d’un cœur dont la taille ne dépasse pas un poing. Il y en a qui sont prêts à tuer pour semer le chaos et exulter dans l’inconfort de leur retranchement. En écoutant les aveux des acteurs du putsch avorté, les mêmes noms de mentors reviennent, les mêmes lieux de préparations s’affichent et l’argent du forfait s’évalue en centaine de millions de francs CFA, voire plus.

Jusqu’à quand allons-nous nous défier au prix du sang et de l’incurie ? A quand la fin de la cabale contre la cabane natale sans le moindre égard pour le tissu indélébile de la fratrie ? Quelle patrie voulons-nous bâtir si depuis la natte de l’autre, nous nous aventurons à sonner l’autodafé de la nôtre sans penser à la suite, sans panser nos propres blessures.
Dans cette tragédie qui frise la comédie, on serait tenté de rire du pire quand on sait que ce sont des Burkinabè qui sont commis à la tâche de détruire leur propre patrie. C’est d’autant plus renversant de voir que la revanche de l’échec s’entête à mettre à prix sa tête quitte à perdre la face dans l’hérésie de sa propre inconséquence.

Pour quel Burkina nous battons-nous tant, quand malgré les efforts sacrificiels, des citoyens burkinabè remettent tout en cause, à plat, sans bémol et balaient du revers de la main ce que certains ont bâti à mains nues, avec le cœur, dans la sueur brûlante, parfois au prix du sang ? Le Burkina Faso a besoin de rêveurs pragmatiques qui pensent qu’il y a des possibilités dans l’impossible et marchent au rythme de l’ambition fougueuse de transformer ce pays et le sortir de la soumission.

Le Burkina Faso a besoin de dirigeants qui vont au charbon sans retrousser les manches. Il a besoin d’un peuple qui sait que même à mains nues, il peut agir sur son destin et changer son quotidien. Il a besoin de compter sur ses propres forces au lieu de tendre la main pour compter sur la générosité des autres ou mettre à pris la tête de ses enfants et petits-enfants dans le nœud gordien de la corde à crédit.

Mais entre nous, combien de grandes choses avions-nous réussi à réaliser sans crédit ? Combien de fonds les Burkinabè ont-ils mobilisé de leurs poches au-delà des objectifs escomptés pour s’équiper, s’armer, faire la guerre tout en se construisant, sans tendre la maudite main de la honte qui assujettit ? Oui, la douleur de l’investissement est perceptible, mais le prix du sacrifice dépasse le coût de la déchéance que
certains érudits anachroniques avaient prévue.

Il suffit de voir les émois suscités partout et tout autour de nous pour se rendre compte que l’impérialisme ne félicite jamais les meilleurs des bons exemples mais plutôt les meilleurs des pires exemples. Et pour un Burkinabè digne de ce nom qui vit au Burkina Faso et aime le Burkina Faso, cette vérité n’est qu’une lapalissade. On ne lapide que l’arbre qui porte des fruits !

 

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Coopération Burkina Faso-Vatican: le Premier ministre reçoit le nonce apostolique

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mercredi 15 janvier 2026, Monseigneur Éric Soviguidi, représentant du Saint-Siège au Burkina Faso. Cette visite s’inscrit dans le cadre des prises de contact entreprises par le nonce apostolique au début de sa mission.

Au cours des échanges, Monseigneur Éric Soviguidi a exprimé sa gratitude au gouvernement pour l’accueil chaleureux et les facilités mises à sa disposition. Il a indiqué avoir déjà entrepris des visites de terrain, au cours desquelles il dit avoir constaté
« une belle synergie entre les communautés » ainsi qu’une entente exemplaire entre les confessions religieuses. Il a souhaité poursuivre ces déplacements à travers le pays tout en priant pour le retour de la paix et de la stabilité.

L’entretien a également porté sur la situation sécuritaire et humanitaire dans la région du Sahel. A ce sujet, Monseigneur Soviguidi a rappelé que « le Saint-Siège entend poursuivre son plaidoyer au plan international afin que la crise au Sahel soit comprise dans toute sa complexité et appréciée à sa juste valeur par la communauté internationale ».
Le représentant du Saint-Siège a également salué les efforts du Burkina Faso en matière de souveraineté, de cohésion sociale et de reconquête du territoire. « Chaque pays a le droit de faire ses choix, qu’il s’agisse de son développement ou de ses relations internationales, et le Saint-Siège accompagnera le peuple burkinabè dans le respect de ses orientations souveraines », a-t-il affirmé.

Abordant la coopération bilatérale, Monseigneur Soviguidi a réaffirmé l’engagement du Vatican à consolider ses relations avec le Burkina Faso, soulignant que « le Saint-Siège attache une importance particulière aux bonnes relations de collaboration et de coopération qui ont toujours existé avec le Faso ». Il a réitéré la disponibilité de la nonciature à soutenir les actions de l’Eglise catholique, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’assistance aux populations vulnérables, en particulier les personnes déplacées internes.

Le Premier ministre a, pour sa part, exprimé sa satisfaction quant à la qualité de la coopération entre le Burkina Faso et le Saint-Siège, tout en réaffirmant la disponibilité du gouvernement à œuvrer à son renforcement. Il a salué l’engagement constant du Vatican pour la paix, la concorde sociale et l’appui aux efforts nationaux.
Arrivé au Burkina Faso le 1er décembre 2025, Monseigneur Éric Soviguidi a présenté ses lettres de créance au Président du Faso le 5 décembre 2025, marquant ainsi le début officiel de sa mission. Depuis lors, il poursuit une série de visites de courtoisie auprès des autorités nationales.

DCRP/Primature

10 personnalités influentes de l’année 2025: le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, meilleure personnalité dans la gouvernance politique

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L’Association intelligence burkinabè pour le développement a organisé une cérémonie de distinction des 10 personnalités influentes de l’année 2025, jeudi 15 janvier 2026, à Ouagadougou.

Au cours de l’année 2025, des personnalités physiques et morales, des structures publiques et privées se sont faites distinguer dans leurs domaines d’activités. Afin de saluer leur mérite, l’Association intelligence burkinabè pour le dévelop-pement a organisé une cérémonie de distinction des personnalités influentes de l’année 2025, jeudi 15 janvier 2026, à Ouagadougou. En effet, ce sont 14 personnalités influentes de l’année 2025 à être distinguées dans 10 catégories.

Entre autres dans la catégorie culture, c’est Abdoulaye Sourgou, dans la catégorie œuvre sociale, l’Association des orpailleurs pour le développement du Ganzourgou, Lamine Ouédraogo alias Mc Lamine Coach et Adja Salmata Soré Koutouboul Dounia dans la catégorie santé. Le PDG du Groupe Champy International a été récompensé dans la catégorie économie. Faso 7a reçu une distinction dans la catégorie média-communication. Dans la gouvernance politique, c’est le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, qui a été désigné.

Dans la catégorie sécurité urbaine, c’est le président de la délégation spéciale
de Ouagadougou, Maurice Konaté qui a vu ses efforts salués. Les structures Soleil ressources international et Société nationale des substances précieuses (SONASP) dans la catégorie mine et environnement ont été primées. Les mérites de la
SONABHY ont été reconnus dans la catégorie gouvernance administrative et dans la catégorie sport, Le Real du Faso, a été primé. Enfin, dans la catégorie industrie, la société Faso tomate est montée sur la haute marche du podium.

En plus de ces personna-lités influentes, s’ajoutent deux personnalités influentes d’honneur. Il s’agit du PDG de la structure Adja internationale immo SARL et Patrice Zinsidou Sambaré. Chacun des lauréats a reçu une écharpe, une attestation et un trophée. Le président de l’Association intelligence burkinabè pour le dévelop-pement, Herman Ouédraogo, a dit que cette cérémonie de distinction s’inscrit dans la volonté de contribuer à la valorisation des actions des grands hommes qui font le bonheur du Burkina dans leur domaine d’activités.

A l’entendre, pour être primé, il faut « être connu dans son secteur d’activité, être une personne physique ou morale respectée dans son secteur d’activité, justifier d’une grande expérience, avoir mené des actions ou œuvres sociales à la hauteur de son statut et être de bonne moralité ». Tout en félicitant les différents lauréats, il a affirmé que ces derniers incarnent un modèle pour la jeunesse burkinabè. Ainsi, la jeunesse devrait s’abreuver de leurs expé-riences pour le rayonnement du Burkina, a-t-il souhaité. Le parrain de la cérémonie, le Razaang Naaba de Boudry a félicité l’Initiative de intelligence burkinabè pour le développement pour l’initiative.

« En reconnaissant le mérite de ces personnalités physiques et morales dans les dix catégories, nous démontrons que le Bur-kina est riche d’un potentiel humain qu’il faut mettre en exergue pour les générations montantes », a-t-il souligné. Le lauréat, PDG du Groupe Soleil International, Abdoulaye Sourgou, a traduit sa reconnaissance à Intelligence burkinabè pour le développement pour le choix porté sur sa structure. « Cette distinction est une invite à faire encore mieux, car le Burkina a besoin de ses filles et
fils pour construire la Nation », at-il dit. Intelligence burkinabè pour le développement est une association crée en 2017. L’une de ses missions est de promouvoir chaque année 10 personnalités influentes dans leur domaine d’activités dans la construction de la Nation.

 

Gbetcheni
Constantin Bertrand KAMBIRE
(Collaborateur)

 

Résolution des conflits communautaires: l’exploit des mécanismes endogènes dans le Kénédougou

Le Burkina Faso enregistre de nombreux conflits communautaires, tant en milieu urbain que rural. Ainsi, le rapport actualisé sur l’état des lieux des conflits communautaires (ndlr, ministère de la Justice) révèle que le nombre de litiges est passé de 2 931 cas de 2012-2014 à 4 866 cas de 2018-2020 au Burkina Faso. A titre d’exemple, la province du Kénédougou (Orodara), région du Guiriko, enregistre de nombreuses crises foncières. En effet, dans cette partie du pays à fortes potentialités arboricoles et agricoles, la pression sur le foncier rural nourrit des conflits de plus en plus récurrents. Face à ces litiges et aux côtés de la justice moderne, autorités administratives, chefs coutumiers et communautés locales misent sur les mécanismes endogènes pour restaurer la paix. Du bureau du préfet, à l’arbre à palabres de Lidara (village de la commune de Orodara), immersion dans une justice qui œuvre à réconcilier des frères.

A Kangounadéni, dans la province de la Comoé, région des Tannouyan, un conflit foncier vieux de 20 ans a dégénéré en un affrontement, le 9 février 2022 entre les belligérants. Bilan : 4 morts, des blessés, des cases calcinées. Comme le cas de Kankounadéni, les conflits communautaires liés au foncier au Burkina Faso, et particulièrement dans la province du Kénédougou sont récurrents. En ce mois de décembre 2025, le préfet du

La sortie de crise, à en croire le socio-anthropologue, Moubassira Kagoné, passe par une reconnaissance effective des droits coutumiers, l’implication des chefs de terre et une conciliation intelligente entre normes modernes et pratiques endogènes.

département de Orodara, Emmanuel Konaté, par ailleurs Président de la délégation spéciale (PDS), dit faire ce constat au quotidien. Dans son bureau où s’empilent des dossiers de litiges, il observe la mutation d’une société sous pression.

L’origine du mal est connue, dit-il. « L’explosion démographique, le développement galopant de l’arboriculture et l’appétit des sociétés de promotion immobilière ont transformé la terre nourricière en une marchandise spéculative. A Orodara, encore appelé verger du Burkina, chaque hectare est une mine d’or verte. Le foncier a pris une valeur telle qu’il fait l’objet de toutes les convoitises », avance Emmanuel Konaté.

Dualisme droit moderne-droit coutumier

L’implication du chef de village de Lidara, Bakary Traoré a été d’un grand apport pour taire les divergences entre Daouda Traoré et Tahibou Sawadogo.

Les conflits fonciers au Bur-kina Faso, selon le socio-anthropologue, Moubassira Kagoné, trouvent leurs racines dans un mal ancien. Il s’agit, à ses dires, du flou instauré dès l’indépendance autour de la propriété de la terre. En déclarant les terres
« vacantes » comme propriété de l’Etat, estime-t-il, les textes ont ignoré l’existence des droits coutumiers, pourtant bien établis dans les communautés. « Ce dualisme entre droit moderne et droit coutumier a ouvert la voie à des stratégies d’appropriation et à de profondes frustrations », indique-t-il.

Selon lui, la rupture majeure intervient lorsque la gestion de la terre échappe au chef de terre pour être morcelée entre chefs de lignage. Cette évolution a favorisé l’apparition de la vente des terres, pratique autrefois proscrite et importée notamment par des migrants de retour de l’étranger. La marchandisation du foncier, regrette M. Kagoné, a exacerbé les tensions avec à la clé, des conflits entre lignages, des contestations des ventes, des remises en cause des droits d’usage, jusqu’à l’exclusion des femmes de ressources autrefois partagées.

Les statistiques nationales des conflits liés au foncier sont inquiétantes. De 2 931 cas entre 2012 et 2014, le nombre de conflits communautaires, si l’on se fie au Rapport actua-lisé sur l’état des lieux des conflits communautaires du ministère de la Justice, a bondi à 4 866 sur la période 2018-2020. La région du Guiriko (ex-Hauts-Bassins) est en première ligne, concentrant à elle seule plus de 14% de ces litiges.

Pourtant, la justice conventionnelle éprouve des difficultés. Basée sur un système binaire
« gagnant-perdant », foi des acteurs, elle ignore souvent la cosmogonie locale où la terre n’est pas seulement un bien meuble, mais un lien sacré entre les ancêtres, les vivants et les générations futures.

« L’exécution des décisions de justice dans le cas des conflits fonciers pose d’énormes problèmes. On a comme l’impression que ces décisions de justice viennent envenimer la situation au lieu de résoudre le problème. Le souci, la terre est gérée suivant les coutumes. Et la justice moderne a du mal à appréhender ces réalités parce que devant le tribunal, ce sont les preuves qui tiennent lieu.

Daouda Traoré laisse entendre que la mésentente née entre lui et Tahibou Sawadogo relève désormais du passé.

Or, en matière foncière, les preuves sont souvent difficiles à apporter », explique le magistrat au Tribunal de grande instance (TGI) de Orodara, Boni Kani. C’est pour pallier ce « déphasage » entre la loi et la réalité sociale que le gouvernement burkinabè a entrepris de redonner ses lettres de noblesse aux mécanismes endogènes à travers l’adoption de la loi dénommé « Faso Bukaore » le 14 janvier 2026 (lire encadré).

Médiation et conciliation

A Orodara, cela s’est traduit par la mise en place de l’Observatoire départemental de prévention et de gestion des conflits communautaires (ODPREGECC). « Cet organe n’est pas une juridiction parallèle, mais un pont. Il réunit des administrateurs civils, des forces de sécurité et, surtout, les forces vives de la tradition (ndlr, chefs de terre, chefs de village, leaders religieux et présidents de Conseils villageois de développement-CVD) », explique le PDS Konaté.

La méthode de l’ODPREGECC, poursuit-il, est basée sur la médiation et la conciliation.
« Le mode alternatif de règlement des conflits est le mieux adapté à notre contexte. Il ne cherche pas à déterminer qui a tort, mais à amener les parties à renouer le dialogue pour maintenir les liens fraternels », fait savoir le préfet de Orodara. C’est d’ailleurs cet observatoire qui a permis d’éviter le pire entre Daouda Traoré, propriétaire terrien à Lidara, à une dizaine de kilomètres de Orodara, et Tahibou Sawadogo.

Après de longues tractations entre les chefs terriens de Lidara et l’équipe de l’ODPREGECC, Tahibou Sawadogo, au risque de perdre son exploitation vieille de 30 ans, a accepté la limitation tracée par son protagoniste Daouda Traoré.

En effet, depuis une trentaine d’années, Sieur Sawadogo a bénéficié gracieusement d’un lopin de terre de la part des défunts parents de Daouda Traoré. Un lopin qu’il exploite depuis lors pour nourrir sa famille jusqu’à ce qu’un malentendu naisse sur la délimitation de son champ entre lui et l’héritier de ses bienfaiteurs. « Lorsque mes parents cédaient la portion de terre à Tahibou Sawadogo, ils lui avaient montré une limite. Mais, il se trouve qu’à un moment donné, il a dépassé cette limite pour se retrouver dans mon exploitation. Au regard de son avancée, j’ai délimité les deux parcelles par une ligne d’anacardiers que j’ai plantés. Et c’est cette ligne qui a été à l’origine des incompréhensions », détaille Daouda Traoré. Des explications attestées par Tahibou Sawadogo.

« Nous étions en bons termes avec les vieux de Lidara depuis belle lurette. Aujourd’hui, ils ne sont pas de ce monde. De cette entente nous avons sollicité et obtenu un lopin de terre pour se nourrir. Depuis plus de 30 ans nous exploitons sans souci ces terres qu’on nous a donné gracieusement jus-qu’au jour où, à mon grand étonnement, un des fils de notre bienfaiteur, Daouda Traoré, vienne identifier des plants indiquant qu’ils lui appartiennent », explique à son tour M. Sawadogo. Fort heureusement, ce conflit qui était sur le point de virer au pire face au refus catégorique des protagonistes de revenir à la raison, a été résolu à l’amiable grâce à la médiation des coutumiers et l’implication du préfet du département de Orodara.

« Lorsque nous avons été saisis du problème, nous avons décidé, après constat des jeunes plants, que M. Sawadogo respecte la limite de sÒon exploitation tracée par Daouda Traoré sans déborder. Mais le problème persistait. Une seconde fois, nous les avons réunis pour faire entendre raison à Tahibou Sawadogo sans succès. Au regard de la gravité de la situation, et vu que les terres n’ont pas été vendues, nous avons décidé, pour éviter un affrontement, de retirer simplement toute l’exploitation qui avait été donnée à Tahibou Sawadogo. Sommé de libérer les terres si toutefois il n’accède pas à la
première décision, Tahibou Sawadogo saisit le préfet de Orodara. Et c’est après de longues tractations qu’il a accepté nos exigences pour mettre fin à ce conflit qui risquait de prendre d’autres tournures », conte le chef de village de Lidara, Bakary Traoré.

Reconnaitre le droit coutumier

Les conflits communautaires, surtout ceux liés au foncier sont lésion au Burkina Faso.

Pour davantage comprendre l’efficacité du système endogène de la résolution des conflits communautaires, il faut s’intéresser au cas de la famille Sanogo. Un litige, selon Emmanuel Konaté, portait sur un champ de six hectares, vendu par un membre de la famille à un acquéreur au grand dam de l’un des héritiers légitimes. L’affaire était déjà entre les mains de la gendarmerie. Le climat était électrique. Ici encore, et pour éviter le danger qui planait sur les relations familiales, l’équipe de médiation de l’ODPREGECC, accompagnée des notabilités coutumières, est descendue dans l’arène, pas pour brandir le Code civil, mais pour invoquer l’histoire de la famille, le respect des aînés et l’importance de la cohésion sociale.

« Après des heures de palabres, le miracle s’est produit. L’acquéreur, pourtant dans son droit légal d’acheteur, a accepté de céder deux hectares à l’héritier lésé.
Une solution impensable devant un tribunal classique. Tout s’est bien passé, le champ a été partagé de manière sécurisée, et l’harmonie est revenue », se félicite le PDS de Orodara, Emmanuel Konaté.

Boni Kani, magistrat au tribunal de grande instance de Orodara :
« L’exécution des décisions de justice dans le cas des conflits fonciers pose d’énormes problèmes ».

Si grâce à la médiation ou des méthodes endogènes, la« bombe » de ces deux crises a été désamorcée, il faut savoir que tout n’est pas rose au pays de la conciliation.
Le système endogène repose sur un pilier fragile : le consentement. Contrairement à une décision de justice qui peut être exécutée par la force publique, l’accord amiable ne vaut que par la parole donnée. « Aucun mode de règlement ne peut être efficace si les solutions ne sont pas mises en œuvre.

C’est là que le rôle des chefs de terre est crucial. Leur autorité morale agit comme un sceau sacré sur les accords passés sous l’arbre
à palabres », rappelle le socio-anthropologue Moubassira Kagoné. Pour M. Kagoné, la sortie de crise passe par une reconnaissance effective des droits coutumiers, l’implication des chefs de terre et une conciliation intelligente entre normes mo-dernes et pratiques endogènes, afin de désamorcer ces conflits devenus de véritables « bombes à retardement ».

Kamélé FAYAMA


 

Me Edasso Rodrigue Bayala, ministre de la Justice
« La justice traditionnelle absorbe près de 95 % du contentieux »

D’abord adoptée en Conseil des ministres le 4 septembre 2025, le projet de loi « Faso Bukaore » est « passé » à l’Assemblée législative de transition (ALT), ce mercredi 14 janvier 2025. La désormais loi portant « Faso Bukaore » marque ainsi une étape majeure dans la reconnaissance des mécanismes traditionnels de règlement des conflits au Burkina Faso. Cette loi consacre la reconnaissance de la Nation et la valorisation des mécanismes endogènes de réparation des différends entre les individus, les groupes d’individus et les familles au sein des communautés traditionnelles au Burkina Faso, devant des tribunaux coutumiers.

Elle est l’aboutissement d’un long processus inclusif et approfondi et s’adapte aux réalités socio-culturelles de chaque groupe linguistique et ethnique du Burkina Faso. « Faso Bukaore » encadre également la désignation des membres des tribunaux coutumiers, l’exercice de leurs missions reconnues par la communauté, la consignation des délibérations et prévoit des voies de recours contre les jugements rendus par un tribunal coutumier devant une autre instance coutumière.

Toutefois, les décisions des tribunaux coutumiers ne sont pas contestables devant les Tribunaux de grande instance (TGI) classiques. Ces tribunaux coutumiers, à implanter bientôt dans les villes et villages, seront plus proches des réalités socio-culturelles des populations et contribueront aux désengorgements des juridictions modernes, au renforcement de la cohésion sociale et de la paix. Loin de se poser en alternative à la justice moderne, la justice traditionnelle se veut complémentaire à celle-ci. Elle s’inscrit désormais dans un cadre juridique clairement défini, respec-tueux des droits humains et particulièrement attentif à la protection des femmes, des filles et des personnes vulnérables.

A l’ALT, le ministre de la Justice, Me Edasso Rodrigue Bayala, a souligné avec force que la justice traditionnelle a autant sa place que la justice classique, dans la mesure où elle absorbe près de 95 % du contentieux, sans que les décisions qui y sont rendues ne soient reconnues par la justice moderne. « Cette loi vise donc à établir une passerelle permettant une recon-naissance réciproque des décisions issues des deux systèmes », a-t-il dit. Il a par ailleurs précisé que les instances traditionnelles et coutu-mières ne seront en aucun cas habilitées à prononcer des sanctions pénales et des amendes pécuniaires à l’encontre des citoyens qui se présentent devant cette instance judiciaire endogène.
Avec l’adoption de ce projet de loi, le Burkina Faso vient de franchir une étape supérieure dans sa refondation d’une Nation de justice souveraine, enracinée dans les profondeurs de ses valeurs traditionnelles de paix, de tolérance et de cohésion sociale.

K.F
Source : Ministère de la Justice

Immersion patriotique des classes intermédiaires: 22 292 élèves du Nazinon à l’école du civisme

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L’encadrement civique et patriotique des élèves des classes intermédiaires du Nazinon a été officiellement lancé dans l’après-midi du mercredi 14 janvier 2026, à Manga. Au total, 22 292 élèves de la région du Nazinon prennent part à cette immersion patriotique.

Plus de 22 000 élèves issus des classes intermédiaires des trois provinces du Nazinon dont 12 865 filles et 9 427 garçons répartis dans plusieurs établissements de la région prennent part à un encadrement civique et patriotique. Le top départ de l’événement a été officiellement donné dans l’après-midi du mercredi 14 janvier 2026, à Manga par la gouverneure du Nazinon, Yvette Nacoulma. Six semaines durant, les apprenants vont se fami-liariser, selon la directrice régionale en charge de l’enseignement
secondaire du Nazinon, Djeneba Belemviré, avec les notions de patriotisme, de civisme, de propreté, de défense et de l’amour de la patrie.

Elle a rappelé qu’après le succès de l’immersion patriotique des admis au baccalauréat, il était nécessaire que les élèves des classes intermédiaires puissent, à leur tour, bénéficier d’un encadrement civique et patriotique qui va permettre de changer les mentalités et de leur inculquer les valeurs de citoyenneté, de vivre-ensemble et de cohésion sociale. Au regard de l’importance de l’événement, Mme Belemviré a invité les élèves à saisir l’occasion pour approfondir leurs connaissances. Pour sa part, la gouverneure du Nazinon, Yvette Nacoulma, a indiqué que l’encadrement civique et patriotique vise à forger chez les apprenants, l’endurance et le sens du devoir.

Il permet, selon elle, de leur inculquer les notions de lutte contre la drogue, les valeurs d’ordre, de discipline, d’assainissement et d’écocitoyenneté. Pour la gouverneure Nacoulma, l’immersion patriotique a également pour objectif de développer chez les élèves, l’esprit de travail en équipes et de solidarité. Pour le succès de cette opération, la première responsable du Nazinon a invité les immergés à un engagement franc. « Vous êtes les véritables artisans de la Révolution progressiste populaire et l’espoir de la Nation burkinabè qui évolue actuellement dans un contexte d’adversité tant interne qu’externe », s’est-elle adressée aux élèves.

Yasmine Coulibaly, une immergée et élève en classe de 5e au lycée provincial Naaba Baongo de Manga, a dit avoir un sentiment de joie de pouvoir participer à l’immersion patriotique car, selon elle, les frères et sœurs ayant pris part à l’édition précédente disent être heureux d’avoir acquis plusieurs connaissances. « Je voudrais vraiment participer à cette immersion », s’est-elle réjouie. A cette immersion, l’élève Yasmine a dit attendre de la rigueur de la part de ses encadreurs pour mieux apprendre et être un bon serviteur de demain.

Noufou SAWADOGO

Juridiction de l’ambassade du Burkina à Nairobi et de Triveneto en Italie: les Burkinabè donnent plus de 7 millions F CFA pour l’effort de paix

Le ministre des Affaires étrangères, avec à ses côtés l’ensemble de ses proches collaborateurs, a présidé dans l’après-midi du mercredi 14 janvier 2026, une cérémonie de remise de quittances de deux délégations de la diaspora burkinabè, vivant dans la juridiction de l’ambassade de Nairobi et dans la région de Triveneto en Italie.

La délégation de la diaspora burkinabè vivant dans la juridiction de Nairobi (regroupant le Kenya, les Comores, les Seychelles, le Burundi, le Rwanda, l’Uganda et la Tanzanie) a remis aux premiers responsables du ministère des Affaires étrangères, la quittance de la somme de 4 066 828 F CFA au profit du Fonds de soutien patriotique. Dominique Kaboré, ambassadeur du Burkina Faso à Nairobi et chef de la délégation, a confié que cette contribution traduit la fierté de la diaspora burkinabè résidant dans la juridiction de Nairobi, au regard des différents chantiers engagés par les autorités sous le leadership du président du Faso.

La délégation de la diaspora burkinabè de la région de Triveneto en Italie quant à elle, a remis la quittance de la somme de 3 706 000 FCFA, soit l’équivalent de 34 tonnes de ciment au profit de l’Initiative présidentielle Faso Mêbo. Ce geste, est une réponse à l’appel du chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, et l’engagement
des Burkinabè vivant à Triveneto à participer à la construction de la mère-patrie, selon leur représentant Abdoulaye Ilboudo. Reconnaissant à l’endroit des Burkinabè vivant à l’étranger pour la solidarité sans cesse manifestée à l’endroit de la Patrie, le ministre des Affaires étrangères a renouvelé au nom du président du Faso et de l’ensemble du gouvernement, sa gratitude et sa fierté à la diaspora burkinabè.

Karamoko Jean Marie Traoré a par ailleurs chargé les deux délégations, d’informer ceux qui les ont mandatés, que notre pays se construit de jour en jour, malgré l’adversité.
« Je pense que vous en êtes témoins. Les routes, les ponts, les écoles avancent au fil de votre mobilisation, de vos contributions. Rassurez-les aussi que la situation sécuritaire s’améliore et tout cela a été possible grâce à la mobilisation et à l’élan de tous. Nous devons maintenir cette dynamique en accompagnant notre président afin que le Burkina soit un modèle de réussite », a indiqué le ministre Traoré aux deux délégations.

DCRP/MAE

Ministère de la Construction de la Patrie: Mikaïlou Sidibé affiche sa détermination à relever de nouveaux défis

Le ministre de la Construction de la Patrie, Mikaïlou Sidibé, a été officiellement installé dans ses nouvelles fonctions par le ministre, secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres, Ousmane Ouattara, jeudi 15 janvier 2026, à Ouagadougou.

Nommé suite au remanie-ment du gouvernement, le 12 janvier 2026, Mikaïlou Sidibé dirige désormais le ministère de la Construction de la Patrie, né de la fusion des ministères chargés des Infrastructures et de l’Habitat. Son installation officielle par le ministre, secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres, Ousmane Ouattara a eu lieu, jeudi 15 janvier 2026, à Ouagadougou, en présence de membres de l’exécutif. « Je voudrais reconnaître avec humilité le sens élevé de responsabilité qui m’incombe en ce moment historique de se retrouver au niveau de ce ministère », a déclaré le ministre de la Construction de la Patrie.

Il a confié que suivant les orientations des premières autorités, les chantiers sont immenses. Il s’agit selon lui, entre autres, de développer et moderniser le réseau des transports, les infrastructures routières et ferroviaires, de promouvoir une urbanisation maîtrisée, cohérente des villes. M. Sidibé s’est engagé également à mener des actions dans la promotion d’un habitat décent, l’accélération de la politique de construction de logements décents au profit des populations, tout en procédant à l’aménagement des villes.

Pour réussir cette mission, le ministre Sidibé a notifié qu’avec les différents acteurs de la chaîne de construction, son département mettra en place une organisation de travail permettant d’engranger des résultats à la hauteur des attentes de la population. Ainsi, il a invité ses collaborateurs à la fermeté et la célérité, tout en gardant un environnement de droiture et d’intégrité. « On dit souvent qu’on ne réinvente pas la roue, mais cette fois-ci à défaut même de la casser il faut réussir à la réinventer », s’est exprimé le premier responsable du département.

A son avis, les actions urgent dans le domaine des infrastructures routières, de la construction de l’habitat. Le ministre, secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres, Ousmane Ouattara, lui a traduit les félicitations du gouvernement et a assuré de leur engagement à l’accompagner dans l’accomplissement de sa mission. Selon lui, les plus hautes autorités ont porté le choix sur le ministre Mikaïlou Sidibé au regard, non seulement, de ses qualités intrinsèques mais aussi de ses compétences techniques. « Ce nouveau ministère symbolise, à lui seul, la vision de la Révolution progressiste populaire (RPP). Les challenges sont énormes. Il s’agit de l’habitat, des affaires foncières, de l’urbanisme, de la construction et des infrastructures », a-t-il reconnu.

Aly SAWADOGO

Emile Zerbo, ministre chargé de l’Administration territoriale: « La loi sur le statut de la chefferie coutumière et traditionnelle est un motif de fierté pour le Burkina Faso »

L’Assemblée législative de Transition a adopté, à l’unanimité, le projet de loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle au Burkina Faso. Dans une interview accordée à Sidwaya, jeudi 15 janvier 2026, à Ouagadougou, le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo, revient sur la quintessence de cette nouvelle loi.

Sidwaya (S) : Le statut de la chefferie coutumière et traditionnelle a fait l’objet de nombreux débats dans le passé. Quelles sont les raisons qui ont prévalu à l’élaboration et à l’adoption de cette loi ?

Emile Zerbo (E.Z) : Il faut déjà dire que la chefferie coutumière et traditionnelle est une organisation sociopolitique de notre pays. Et, c’est l’une des plus anciennes. Elle a contribué à beaucoup d’événements dans ce pays ; que ce soit bien avant notre indépendance ou après l’indépendance. Elle a participé à beaucoup de luttes pour l’autonomie de notre pays. Mais, depuis lors, elle n’avait jamais été intégrée dans l’ordonnancement de notre pays. Ce qui est quelque chose de très fort. Alors, à l’Assemblée nationale, le texte de loi sur le statut de la chefferie traditionnelle a été adopté. C’est un motif de fierté pour nous. Et, il faut reconnaître que cela a pu avoir lieu grâce à la détermination de Son Excellence le capitaine Ibrahim Traoré et de Son Excellence monsieur le Premier ministre qui nous ont appuyés dans bien des cas pour que ce dossier puisse être adopté.

S : De façon concrète, quel rôle l’Etat consacre justement à la chefferie coutumière avec l’adoption de cette loi ?

E.Z. : Il faut dire que la chefferie coutumière traditionnelle a déjà un rôle dans notre société de par son essence. Alors, nous n’apportons pas grand-chose à son rôle, qui est de participer à la cohésion sociale. Elle a un rôle judiciaire, par exemple, qui lui est reconnu.
Aujourd’hui, tout ce que nous demandons, c’est un appui de la chefferie traditionnelle, un accompagnement. La chefferie traditionnelle devient comme un partenaire du gouvernement dans la mise en œuvre des politiques du gouvernement. Que ce soit au niveau sécuritaire, social et de l’environnement. Mais, en réalité, c’est une photographie de ce qu’elle faisait déjà comme activité, comme fonction sur le terrain.

S : L’adoption de cette loi implique un ancrage institutionnel de la chefferie coutumière et traditionnelle. Quelles sont désormais les prérogatives de la
chefferie coutumière au Burkina Faso ?

E.Z. : On va parler des droits de la chefferie coutumière et traditionnelle. Les animateurs sont des citoyens comme les autres. Donc, ils ont des droits qui sont liés déjà au fait qu’ils soient citoyens burkinabè. Mais, à côté de cela, il faut dire qu’aujourd’hui, nous avons un certain nombre de droits qui leur sont accordés à travers ce texte. Par exemple, les palais seront protégés. Les lieux où ils font les rites seront également protégés. Le chef coutumier est protégé contre toutes sortes de menaces venant d’ailleurs. C’est vrai que c’était déjà prévu en tant que citoyen, mais c’est beaucoup plus renforcé à travers ce texte. De plus, les chefs coutumiers et traditionnels auront un document spécifique pour leur identification et d’autres marques d’identification. Il faut dire aussi qu’ils ont un
privilège de juridiction. On ne le souhaite pas, mais si jamais il arrivait que le chef coutumier ait un problème judiciaire, il ne sera pas jugé devant ses sujets, par exemple. Le nouveau statut lui donne le privilège de juridiction. Il
y a bien d’autres choses qu’on peut citer, comme les macarons, qui permettront aux chefs coutumiers d’être identifiés lorsqu’ils se déplacent, lorsqu’ils sont hors de leur palais. Par ailleurs, leur rang protocolaire sera revu.

S : Concrètement, que dit la loi au sujet des modes de dévolution de la chefferie traditionnelle ?

E.Z. : Il faut dire qu’il y a des entités coutumières et traditionnelles qui existent dans notre pays, qui sont identifiées. Et, les modes de dévolution de la chefferie traditionnelle ne sont pas les mêmes, qu’on soit sur le plateau mossi ou qu’on soit à l’Ouest du Burkina Faso. Alors, il sera question pour les entités de codifier les règles de dévolution. Et, au niveau de l’administration, cela va être consacré à travers un texte réglementaire.

S : Le processus d’élaboration du texte de loi a-t-il été inclusif ?

E.Z. : Il faut dire que c’est un texte inédit. Je ne l’ai peut-être pas rappelé assez. Parce que c’est la première fois qu’un texte de ce genre est adopté au Burkina Faso. Il y a eu, bien sûr, des tentatives qui n’ont pas abouti. Et, cela date. Mais, depuis que nous avons pris le dossier en main, les chefs coutumiers ont participé à toutes les rencontres. Je veux bien signaler, par exemple, que quand je prenais service, il y avait un blocage.
Il n’y avait aucun texte. Le blocage était dû au fait que la chefferie a estimé que le nombre qui leur était donné pour participer aux activités n’était pas représentatif. Alors, nous avons donné à la chefferie traditionnelle un certain nombre de places du département pour aller très vite et aboutir à
un texte. Nous avons travaillé ensemble. A aucun moment, le texte n’a été fait en catimini. Il faut que les gens le sachent. Je l’ai répété hier devant les représentants des chefs qui étaient à l’Assemblée législative. Si cela n’était pas vrai, ils l’auraient certainement fait savoir après.

S : Un dernier mot ?

E.Z : Je voudrais remercier les chefs de ce pays parce qu’ils ont donné de leur temps, parce qu’ils ont donné de leur savoir pour la rédaction de ce texte. Je compte sur eux pour que la mise en application soit aussi facile qu’a été l’élaboration du texte.

Interview réalisée par Soumaïla BONKOUNGOU