Offensive agropastorale 2023-2025: environ 6 millions de tonnes de céréales produites en 2024

Le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le commandant Ismaël Sombié, a officiellement lancé la semaine de l’Offensive agropastorale 2023-2025, le lundi 15 décembre 2025, à Ouagadougou.

La première phase de l’Offensive agropastorale et halieutique (OAPH) 2023-2025 tire vers sa fin. Ce programme national adopté en Conseil des ministres en août 2023 vise la souveraineté alimentaire au Burkina Faso, à travers l’augmentation de la production de riz, maïs, blé, pomme de terre, mangue, poisson, volaille et la viande tout en réduisant la dépendance aux importations. A cet effet, le ministère de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques tient la semaine de l’offensive agropastorale et halieutique 2023-2025, du 15 au 20 décembre 2025.

Le top départ des activités a été donné par le premier responsable du département, le commandant Ismaël Sombié, lundi 15 2025, à Ouagadougou. Selon lui, tous les huit produits ciblés dans la première phase de l’OAPH connaissent des résultats très satisfaisants.

« Pour l’année 2024, nous avons franchi la barre de 6 millions de tonnes (t) de céréales produites sur notre territoire. Nous avons également des résultats
satisfaisants quant aux initiatives liées aux pro-ductions spécifiques en matière de santé animale, productions animales… », a dit M. Sombié. En ce qui concerne l’année 2025, le ministre assure que les résultats seront meilleurs, selon les premiers recoupements.

Des agents distingués

Il a, d’ailleurs, reconnu que ces résultats ont étés possibles grâce à l’engagement
et l’abnégation des acteurs agricoles qui ont sillonné périmètres, bas-fonds, zones pastorales, parcs de vaccination pour traduire en réalités sur le terrain, l’ambition de l’OAPH 2023-2025. D’où l’initiative du ministère en charge de l’agriculture de leur dédier cette semaine pour magnifier leur engagement, selon M. Sombié.

35 agents qui se sont illustrés dans les activités de plaines et bas-fonds
rizicoles, vaccination des animaux, la production animale et celle halieutique ont été distingués. Ils ont reçu des attestations de reconnaissance et des dons d’une valeur de 117 629 500 de francs CFA composés d’aliments à bétail et poissons, de matériels de
santé animale, de motoculteurs, broyeurs, cages flottantes, réfrigérateurs et de glacières. Le représentant des lauréats, Djibril Tiénin, a traduit leur gratitude aux autorités pour cette marque de reconnaissance.

« Elle symbolise le travail acharné, l’engagement et le dévouement des agents qui œuvrent chaque jour sur le terrain pour le succès de l’OAPH. Elle nous engage à faire preuve de plus de rigueur, d’innovation et de sens du devoir dans l’accomplissement de nos missions au service du monde rural », a-t-il poursuivi. Pour sa part, le secrétaire technique de l’OAPH, Amos Kiénou, a estimé qu’au soir de la mise en œuvre de cette première phase de l’offensive, il y a des raisons légitimes d’être fiers.

« Elle nous a permis d’engranger des résultats forts appréciables du point de vue de la mise en œuvre des réformes stratégiques comme celle des investissements structurants au profit du monde rural », a-t-il soutenu. M. Kiénou a, en effet, expliqué que pour créer les conditions nécessaires à un essor du secteur, l’AOPH a porté avec succès plus d’une trentaine de réformes. Il a cité, entre autres, l’aménagement de près de
11 000 hectares (ha) de périmètres irrigués, 40 000 ha de bas-fond dont près de
25 000 ha aménagés par les populations avec l’appui des agents techniques du ministère en charge de l’agriculture, la réalisation de 400 forages à gros débit.

Le secrétaire technique a souligné que la mise en place du fonds Dumu Ka Fa a permis le financement de l’OAPH, l’instauration des quotas d’enlèvement à l’importation des produits agricoles a aussi permis d’améliorer l’écoulement des produits agropastoraux et la restructuration de la SONAGESS qui lui permet l’enlèvement des produits bord champs pour lui permettre de constituer le stock national de souveraineté alimentaire.

En plus de ces distinctions aux acteurs agricoles, la semaine de l’OAPH 2023-2025 prévoit d’autres activités comme le lancement du sport pour tous, un cross populaire, des compétitions de football, de pétanque et de scrabble, une foire des produits agropastoraux, une cérémonie de décoration et celle d’au revoir aux retraités du département en charge de l’agriculture.

Kadi RABO

Contrôle du poids des marchandises: l’ABNORM intensifie le contrôle des balances

L’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité a lancé, le vendredi 12 décembre 2025, à Ouagadougou, une campagne de contrôle et de promotion de l’usage des balances conformes et certifiées.

A l’approche des fêtes, marquées souvent par une hausse incontrôlée des prix des marchandises, l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM) a décidé de renforcer la vigilance sur les instruments de mesure utilisés dans les marchés et commerces. C’est dans ce contexte qu’elle a entamé, le vendredi 12 décembre 2025, à Ouagadougou, une campagne de contrôle et de sensibilisation sur l’usage des balances certifiées, en vue de protéger les consommateurs et d’assainir les pratiques commerciales.

La première phase de cette opération s’est déroulée dans les artères du grand marché de Ouagadougou. Conduites par le directeur de la métrologie, Issa Sawadogo, les équipes de l’ABNORM ont visité, entre autres, une grande poissonnerie et une alimentation. Les contrôles ont porté sur la conformité des balances utilisées, leur certification ainsi que leur état de fonctionnement, tout en privilégiant le dialogue et la sensibilisation auprès des commerçants.

Selon Issa Sawadogo, cette campagne s’inscrit dans la continuité des actions déjà engagées par l’ABNORM. « Cela fait plusieurs mois que la campagne a été lancée et nous voulons nous assurer que le message que nous avons passé est bien respecté. Nous voulons nous assurer que la réglementation est respectée », a-t-il expliqué.
Les premières observations ont révélé des situations contrastées. Dans l’alimentation visitée, les balances étaient conformes et dûment certifiées par l’ABNORM.

En revanche, dans la poissonnerie, sur les trois balances contrôlées, deux portaient des étiquettes de conformité, tandis qu’une ne répondait pas aux exigences réglementaires. Une situation qui, selon les agents, appelle des mesures correctives immédiates. Malgré le caractère contraignant de l’opération, les commerçants rencontrés ont globalement salué l’initiative. Ils estiment que ces contrôles contribuent à instaurer un climat de confiance entre vendeurs et clients, tout en protégeant les consommateurs contre les pratiques frauduleuses ou involontaires liées à des instruments de mesure défectueux.

Le directeur de la métrologie a rappelé que l’usage d’une balance non certifiée constitue une infraction passible de sanctions. « Les amendes prévues varient de 50 000 à 500 000 F CFA », a-t-il précisé. La campagne se poursuivra jusqu’à la veille des fêtes de fin d’année
et concernera plusieurs quartiers de la capitale. Les contrôles viseront notamment les poissonneries, les alimentations, lesvendeurs de fruits et légumes, les charcuteries et les
boutiques. A travers cette opération, l’ABNORM entend maintenir la pression, promouvoir la métrologie légale et garantir des échanges commerciaux justes et transpa-rents au profit de tous.

Gustave KONATE
(Collaborateur)

Conseils de la magistrature du réseau francophone : le Burkina suspend la participation du CSM

Le Président du Faso, chef de l’Etat, Son Excellence le capitaine Ibrahim Traoré, garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, a présidé, le lundi 15 décembre 2025, la première rencontre statutaire de l’année 2025 des membres du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

En sa qualité de garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, le président du Faso a, dans son discours d’ouverture, félicité et salué le courage des membres du CSM pour le travail abattu dans « ce contexte turbulent de réformes qui peut paraître très difficile », de crise sécuritaire et de mutation géopolitique mondiale. « Se réadapter à tous ces facteurs demande beaucoup d’abnégation, de courage et vous faites montre de ce courage et de compréhension », reconnait le président du Faso. Pour le président du CSM, Adama Ouédraogo, la tenue de cette rencontre illustre l’importance que le président du Faso accorde à la justice, « considérée à juste titre comme l’un des piliers essentiels de la République et une condition sine qua non d’une paix durable ».

A cette rencontre, les membres du CSM ont examiné deux rapports. Le premier porte sur l’évaluation des performances des juridictions de premier degré, en vue de mettre en lumière leur rôle central dans l’architecture judiciaire et renforcer l’efficacité des services rendus aux justiciables. Le second rapport porte sur le thème de la rencontre : « La justice traditionnelle dans l’édification d’un système de justice pour le peuple : quel apport du droit coutumier ?» Faisant suite au retrait du Burkina Faso de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le CSM a suspendu sa participation aux instances du réseau francophone des Conseils de la magistrature, selon M. Ouédraogo.

« Dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire, le Conseil poursuivra avec constance les réformes consacrées, s’attachera, avec un engagement accru, à l’exécution de ses activités statutaires ainsi qu’à toutes les initiatives concourant à la réalisation des missions qui lui sont assignées », précise le président du CSM, Adama Ouédraogo qui a également remis le rapport annuel d’activités à Son Excellence le président du Faso, garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

Institut de l’enseignement militaire supérieur Tiefo-Amoro : le chef de l’Etat visite une école, symbole de souveraineté

Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a visité le lundi 15 décembre 2025, l’Institut de l’enseignement militaire supérieur Tiefo-Amoro (IEMS-TA). La première visite, dans cette école d’Etat-major, a été une occasion pour le chef suprême des Forces armées nationales de décliner sa vision pour l’Armée dans le contexte marqué par les velléités impérialistes et la guerre contre l’hydre terroriste.

En véritable chef de guerre, face aux 28 officiers stagiaires de la première promotion de cette école d’élite militaire, le chef de l’Etat a souligné « l’impératif stratégique » de l’institut qui répond à la volonté de souveraineté et d’endogénéisation de la formation des cadres de l’Armée burkinabè.

Selon lui, la situation de guerre que traverse le Burkina Faso devrait permettre à l’institut d’axer son offre de formation sur l’expérience du conflit contre les groupes armés.
« Nous devons nous servir de la guerre pour développer notre outil de défense », indique le capitaine Ibrahim Traoré.

Face à l’hydre terroriste, le chef suprême des Forces armées nationales invite les officiers stagiaires au patriotisme, à avoir confiance en eux et à développer des stratégies pour éliminer la menace. Pour ce faire, le président du Faso insiste sur la discrétion dans la préparation des opérations de reconquête du territoire. « La discrétion est un facteur de
succès », souligne le chef de l’Etat.

Tout en félicitant les stagiaires et l’encadrement pour le sacrifice et le don de soi, le président du Faso exhorte le commandement à faire de l’institut, une référence en Afrique. Pour le commandant de l’institut, le colonel-major Céleste Joseph Moussa Coulibaly, la visite du chef de l’Etat est une source de motivation et d’inspiration.

Direction de la communication de la Présidence du Faso

La fatigue : les causes sont multiples

La fatigue est une sensation d’épuisement physique ou mental, normale après un effort ou un manque de sommeil. Elle peut être passagère ou durable (dans ce cas, on parle d’asthénie) et se manifeste par un manque d’énergie. Les causes varient et le traitement dépend de la cause, incluant repos, activité physique adaptée, bonne hygiène de sommeil et alimentation équilibrée.

En médecine, on distingue la fatigue normale, dont on connait la cause et qui disparaît avec le repos, de la fatigue pathologique ou l’asthénie qui est une maladie à part entière. Dans le cas d’une fatigue chronique anormale, on se sent fatigué au réveil et on éprouve de la peine à sortir du lit, même en ayant bien dormi. De plus, une activité habituellement facile à accomplir se transforme soudain en corvée. Ceci est parfois le signe d’une maladie sous-jacente dont il ne faut pas retarder le diagnostic.

Les causes de l’asthénie sont multiples. Elle peut découler d’une maladie épuisante comme une forte grippe ou un cancer. Une maladie silencieuse comme l’anémie ou un problème de thyroïde, l’intoxication par le plomb ou le monoxyde de carbone, le manque de sommeil dû à des insomnies ou un syndrome d’apnée du sommeil et un état dépressif peuvent être à
l’origine de la fatigue. Certains médicaments comme les somnifères, les médicaments de l’hypertension artérielle, les diurétiques, les antihistaminiques, peuvent aussi engendrer la fatigue.

De même, le stress et le surmenage au travail ou des activités de loisirs trop intenses, une alimentation déséquilibrée ou insuffisante, ou une mauvaise hydratation de l’organisme peuvent être également à l’origine d’une asthénie. Chez la femme enceinte, la fatigue est un problème assez fréquent, au tout début de la grossesse du fait des changements hormonaux et au cours du troisième trimestre lorsque l’utérus devient lourd. En cas de fatigue, il est recommandé de rechercher les causes de l’état de fatigue en prenant le temps de vous poser des questions sur votre mode de vie, votre travail, votre vie familiale et sociale, vos loisirs, vos abus ou vos manquements.

Le patient peut aussi essayer de changer certaines de ses habitudes de vie en dormant suffisamment et en pratiquant une activité physique régulière. Il est aussi bon de pratiquer les loisirs sans excès afin de trouver un bon équilibre entre activité professionnelle et détente. La pratique de la sieste, idéalement entre 12 et 15 heures, pendant 5 à 20 minutes est aussi recommandée. Pour éviter la fatigue, il est conseillé d’adopter une alimentation équilibrée riche en fruits, en légumes et en céréales et au moins un litre et demi d’eau par jour. En outre, il est conseillé au patient de limiter sa consommation d’alcool et d’arrêter de fumer.

Abdoulaye BALBONE

Sidwaya Vocal: Composer le 334 pour accéder à l’information en langues nationales

Sidwaya, le « journal de tous les Burkinabè », a lancé officiellement, un nouveau produit digital dénommé “Sidwaya Vocal” au profit des citoyens des villes et des campagnes, le lundi 15 décembre 2025, à Ouagadougou.

Sidwaya Vocal, c’est la transmission ou la diffusion des informations vocales en langues nationales Mooré, Dioula, Fulfulde, Gulmancema et en Français. Ce nouveau produit vient renforcer le package digital des produits informationnels du journal de tous les Burkinabè. Le lancement officiel “Sidwaya Vocal” a eu lieu, le lundi 15 décembre 2025 à Ouagadougou. Pour bénéficier de Sidwaya Vocal, il faut composer le 334, suivre les indications et ensuite choisir la langue. La souscription est assujettie à une déduction des crédits de communication de 70 F CFA pour chacun des opérateurs de téléphonie Orange Burkina et Moov Africa.

Selon le ministre chargé de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, “Sidwaya Vocal’’ va également contribuer à lutter contre la désinformation et les fakenews.

Pour la directrice générale des Editions Sidwaya, Assétou Badoh, “Sidwaya Vocal’’ vient combler un vide. Il contribue d’une part, selon elle, à la mise en œuvre de la politique du gouvernement en matière de promotion des langues nationales et de la culture et d’autre part, à offrir aux citoyens des villes et des campagnes une information juste, vraie et en instantanée. Ce faisant, ’Sidwaya Vocal’’ s’inscrit dans le cadre de l’accomplissement de la mission première du premier groupe de presse au Burkina.

Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a indiqué que le lancement de ‘’Sidwaya Vocal’’ est d’une grande portée éducative, culturelle, sociale et surtout communicationnelle pour le pays. Il a affirmé que ce nouveau produit s’inscrit en droite ligne de la vision du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, qui fait de la promotion des fondamentaux culturels à savoir les langues nationales, une priorité.

La voix de la vérité

« Le Burkina Faso dispose d’un patrimoine linguistique riche et diversifié. Nos langues nationales constituent l’âme de nos communautés et la mémoire vivante de nos peuples. Elles transmettent nos savoirs, nos valeurs et notre vision du monde », a indiqué le ministre Ouédraogo qui estime que promouvoir ces langues nationales, c’est préserver un héritage au profit des générations présentes et à venir.

Pour la DG des Editions Sidwaya Assétou Badoh, “Sidwaya Vocal’’ vient combler un vide et vise à promouvoir les langues nationales.

Le directeur commercial et marketing, Alex Moussa Congo, a rappelé que les Editions Sidwaya est un établissement public de l’Etat. A ce titre, il accomplit une mission de
service public pour mieux remplir ses missions.

« Nous sommes obligés de revoir notre modèle économique. Nonobstant le journal papier, Sidwaya s’est résolument inscrit dans la dynamique du numérique », a-t-il dit. Et d’ajouter que “Sidwaya Vocal’’ est une plateforme mise en place pour apporter l’information à une frange de la population, notamment les Burkinabè qui ne savent ni lire ni écrire.
« C’est aussi un dispositif pour lutter contre les fakenews ou la désinformation », a-t-il conclu.

Emmanuel BICABA

Production de bio-intrants au Burkina Faso: la nécessité d’une homologation nationale

Au Burkina Faso, l’agro-écologie ou l’agriculture écologique, un ensemble de méthodes de production agricole respectueuses de l’environnement est en marche. Aujourd’hui, l’Etat burkinabè soutient cette forme d’agriculture pratiquée par les aïeux pour préserver la santé des populations et protéger la biodiversité et l’environnement, dans son ensemble. Pour la promotion d’une agro-écologie durable, la mise en place d’un référentiel national de conformité et de normes s’avérait nécessaire et urgente, en attendant une homologation nationale. Reportage !

Mercredi 12 novembre 2025. Il est 11 heures sur le site de production de bioferti-
lisants (fumure organique et engrais organiques solides et liquides) de l’entreprise Nature Thèque appartenant à Yaya Yéo, à Tang-Zugu, à Loumbila dans la région de Oubri. La période de saison sèche profite bien au producteur et à son technicien Oudou Déné qui ramassent la biomasse (résidus de plantes issus de la récolte et des feuilles mortes) en plus de la bouse de vache et d’autres éléments, pour produire du compost ou fumure organique et des engrais organiques. Leur production est destinée aux agriculteurs agro-écologiques qui utilisent ces biofertilisants pour produire des fruits et légumes dans leurs champs.

C’est le cas de la ferme agro-écologique Béog-neeré de Roumtenga dans l’arrondissement 4 de Ouaga- dougou, dans la région du Kadiogo qui utilise le compost et les biofertilisants (bokachi, koglzanga, etc.) de l’entreprise Nature Thèque. Un tour dans ladite ferme révèle la diversité agro-écologique sur un espace de quatre hectares (ha) répartis en productions animales, végétales et semencières, conduites par le président-fondateur de la ferme, Souleymane Belemgnégré, accompagné par des jeunes dont certains sont des techniciens supérieurs d’agriculture.

Le producteur de bio-intrants, Yaya Yéo, dit attendre impatiemment
le référentiel.

Mais, le casse-tête du producteur Yéo est comment produire pour arracher la confiance de ses clients et être crédible vis-à-vis de l’Etat qui suit attentivement la production des bio-intrants (biofertilisants, bio protecteurs, bio répulsifs, semences paysannes) d’une manière générale au Burkina, dans le but de préserver les terres et la santé des populations.
Comme Yaya Yéo, plusieurs producteurs de biofertilisants attendent impatiemment la mise en œuvre du référentiel de production des biofertilisants, notamment la fumure organique, les engrais organiques (solides et liquides) sur le plan national, qui est en phase d’être vulgarisé.

Mais, en attendant, ils tentent de suivre les enseignements des chercheurs et des scientifiques à leurs propres frais pour estampiller, sur des sacs, des dosages et des quantités des éléments constitutifs afin de se conformer, à leur manière, aux exigences de préservation des sols.

Nous sommes dans l’entreprise Bioprotect sise au quartier Tampouy de Ouagadougou. Située à l’étage d’un immeuble au bord de l’échangeur du Nord, elle a été créée en 2011 pour faire face au problème de dégradation des terres en proposant des alternatives organiques afin d’augmenter et de sécuriser les récoltes tout en préservant la santé des consommateurs. Son directeur et fondateur, Wendwaoga Claude Arsène Sawadogo explique que pour les biofertilisants, de façon conventionnelle et en générale, on parle beaucoup plus d’agrément et de normes ou spécifications techniques.

« La référence, ce sont les attestations de conformité, les cahiers des charges… Au niveau national, c’est toujours le ministère en charge de l’agriculture qui certifie les biofertilisants à travers un cahier des charges. Avant, les fertilisants organiques n’étaient pas pris en compte, car la loi ne concernait que les engrais chimiques », précise-t-il. L’agroéconomiste soutient également que son entreprise travaille avec des chercheurs et des scientifiques qui donnent les dosages des éléments constitutifs des biofertilisants à utiliser afin de se rendre crédible aux yeux des consommateurs.

Une loi salvatrice

Le producteur de fertilisants organiques, Inoussa Diallo, a bâti sa société de production à Gampèla,
à l’Est de Ouagadougou.

L’Etat a adopté une loi sur les fertilisants organiques, à savoir la loi n°010-2025/ALT du 04 Juillet 2025 portant gestion et contrôle des engrais au Burkina. Les acteurs sont en concertation avec le département en charge de l’agriculture pour élaborer les décrets d’application et mettre en œuvre le référentiel en vue de permettre aux producteurs de biofertilisants de s’y conformer. « Le processus est déjà enclenché avec les acteurs qui sont dans la dynamique de production des biofertilisants.

Dans ce processus, ils sont accompagnés par le Conseil national de l’agriculture biologique (CNABio) qui assure le lead et la Société coopérative des fournisseurs et fabricants d’intrants et de matériels agro-écologiques (SCOOP-FFIMA). C’est une faîtière qui regroupe la majorité des entreprises de production de bio-intrants appuyée aussi par l’ONG OXFAM », détaille le directeur et fondateur de l’entreprise Bioprotect. Les producteurs de biofertilisants saluent les discussions engagées avec l’autorité étatique pour les soulager.
Wendwaoga Claude Arsène Sawadogo explique que le référentiel attendu va permettre aux différents acteurs de travailler dans la transparence.

Il appelle au respect de la règlementation une fois établie pour que les producteurs de bio-intrants puissent accroître leurs productions et faire fonctionner leurs unités de production. M. Sawadogo plaide pour la préservation des terres en exhortant les agriculteurs agro écologiques à utiliser les bio-intrants surtout les biofertilisants pour fournir des produits sains aux consommateurs.

Un autre producteur de fertilisants organiques, Inoussa Diallo, est à Gampèla, à la sortie Est de Ouagadougou. Son entreprise Agrisol BF, créée en 2020, dont il est le Directeur général (DG) et co-fondateur produit le substrat enrichi utilisé en milieu urbain pour l’agriculture hors-sol et l’amendement des terres en milieu rural. Selon le directeur technique et co-fondateur de la société, Adama Yama.

L’entreprise, évoluant dans la production et la commercialisation d’intrants organiques agricoles, dans les aménagements hors-sols et la fourniture de matériels agricoles, produit aussi de l’engrais organique, c’est-à-dire, sans produit chimique. En attendant l’application du référentiel, Inoussa Diallo et Adama Yama sont déjà engagés dans la dynamique. Sur leur site à Gampèla, éloigné des habitations, ils produisent le substrat enrichi et l’engrais organique par des machines de mélange et de broyage ainsi que des appareils de mesure des éléments constitutifs tels que le phosphate, l’azote, etc. estampillés sur des sacs.

Dans la ferme agro-écologique Béog-neeré de Roumtenga, les productions sont faites à base de bio-intrants.

A Koudougou, dans la région du Nando, au secteur 10, l’entreprise AGROPAK Burkina, créée en 2016, est une référence dans le domaine de l’agro-écologie et de l’élevage. Son promoteur, l’entrepreneur agro-écologique et formateur, Lévi Komboigo, indique que l’entreprise a officiellement démarré ses activités en 2021 et produit des biofertilisants et des engrais organiques mis à la disposition des agriculteurs. Pour lui, le fait d’élaborer un référentiel national de biofertilisants est un honneur porté par le gouvernement sur les producteurs. « Ce référentiel est le bienvenu car qui veut aller loin ménage sa monture, selon un adage. Si l’on veut occuper l’espace agro-écologique national et international, il faut des normes de qualité », insiste Lévi Komboigo.

L’ingénieur agronome, correspondant national de l’agro-écologie au ministère en charge de l’agriculture, Adama Savadogo, affirme que le référentiel national vient à point nommé car, il va permettre l’accroissement de la production des bio-intrants, une meilleure qualité des bio-intrants, une amélioration des revenus des fabricants de bio-intrants et une durabilité des systèmes de production.

« C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai participé à l’élaboration du nouveau référentiel de production des bio-intrants jusqu’à sa validation. Il faut noter que ce nouveau bébé vient répondre à la garantie de la qualité des bio-intrants du fait de l’absence d’un cadre normatif formel et harmonisé qui constitue un frein important dans la promotion des bio-intrants.

Vivement vers l’homologation des biofertilisants

Ce document va permettre de rassurer les utilisateurs de la bonne qualité de ces produits et favoriser leur promotion au plan national et sous régional », note la doctorante à l’université Joseph Ki- Zerbo, filière LABEV-Agro-écologie et Production végétale, Sibram Sylvie Bonkoungou.

L’ingénieur agronome, correspondant national de l’agro-écologie au ministère en charge de l’agriculture, soutient que pour une meilleure promotion des bio-intrants au Burkina, il faut,

Le producteur de bio-intrants, Wendwaoga Claude Arsène Sawadogo : « le référentiel attendu va permettre aux acteurs de travailler dans la transparence.

entre autres, mettre en place, au-delà du référentiel, une homologation nationale des pesticides écologiques et biologiques adaptés au contexte du Bur-
kina Faso, octroyer des infrastructures de production de bio-intrants dans les différents pôles de croissance.

Il faut aussi, dans la même dynamique, soutenir les entreprises locales dans l’homologation et la certification des intrants notamment les bio-pesticides, créer une fiscalité verte au profit des producteurs et distributeurs de bio-intrants locaux, exonérer l’importation des machines et matériels de fabrication d’intrants écologiques et biologiques, créer un fonds pour le développement des entreprises de production de bio-intrants locaux.
« L’homologation des produits phytosanitaires est une urgence et le plaidoyer est que le ministère en charge de l’agriculture examine rapidement les requêtes pour que nous puissions homologuer nous-mêmes nos propres produits phytosanitaires parce que le coût de l’homologation au niveau du Comité ouest-africain d’homologation des pesticides (COAHP) est très élevé.

A moins de 40 millions, on ne peut pas homologuer un pesticide », témoigne, Wendwaoga Claude Arsène Sawadogo. Il ajoute qu’il y a beaucoup d’informations qui sont demandées concernant l’homologation des bio-pesticides. Car il justifie par le fait que les bio-pesticides sont plus ou moins récents et la recherche n’a pas suffisamment de recul en la matière. A titre d’exemple, pour une seule analyse, on peut être amené à dépenser 12 millions F CFA.

« Si, le ministère en charge de l’agriculture peut soutenir afin qu’au niveau national on ait une homologation des bio-pesticides, cela va permettre aux acteurs de se conformer à certaines normes nationales », souhaite le directeur et fondateur de l’entreprise Bioprotect.
Engagés dans la promotion de l’agro écologie, les acteurs se réunissent au sein du CNABio, une association à caractère faîtière, créé en mars 2011, regroupant 111 membres composés d’ONGs, d’associations locales, d’entreprises, de personnes ressources, etc. Sa mission principale est la promotion de l’agriculture biologique et l’agro écologie au Burkina.

S’agissant des contraintes éprouvées par les producteurs dans le processus d’homologation des biointrants, la coordonnatrice du CNABio, Mafati Léa Héma, fait comprendre que pour

La coordonnatrice du CNABio, Mafati Léa Héma, propose d’adopter une procédure d’homologation des bio-protecteurs et des biofertilisants propres au Burkina.

certaines catégories de bio-intrants, notamment les biofertilisants et les semences paysannes, il n’existe tout simplement aucune procédure d’homologation, ce qui bloque la reconnaissance officielle et la mise sur le marché réglementée de ces produits. « Les processus d’homologation restent coûteux et longs, ce qui constitue un frein majeur pour les petits et moyens producteurs, souvent disposant de ressources financières
limitées.

Les laboratoires désignés ne sont pas assez équipés (surtout en certains réactifs) pour l’analyse de bio-intrants », déplore Mafati Léa Héma. Et la solution, pour elle, c’est de renforcer les capacités techniques et opérationnelles des acteurs des bio-intrants, adopter et mettre en application une procédure d’homologation des bio-protecteurs et des biofertilisants propres au Burkina et renforcer les capacités opérationnelles des laboratoires d’analyses (publics et privés) pour caractériser les bio-protecteurs et les bioferti-
lisants. Toutefois, il n’existe pas encore de cadre d’homologation spécifiquement dédié aux bio-intrants. Pour les pesticides, une procédure d’homologation sous régionale est assurée par le Comité sahélien des pesticides (CSP), signifie-t-elle.

Malheureusement, cette procédure n’est pas adaptée aux bio-pesticides pour plusieurs raisons dont le coût élevé, la durée assez longue, etc. De ce fait, les acteurs du sous-secteur rencontrent des difficultés pour s’engager dans ce processus », regrette Mafati Léa Héma. Concernant les biofertilisants et les semences paysannes, elle relève qu’aucune réglementation d’homologation n’a encore été adoptée ni au niveau national ni sur le plan international. La coordonnatrice du CNABio note que la structure a élaboré et validé un document de caractérisation des biointrants qui sert de guide d’orientation pour les acteurs du sous-secteur et les aide à mettre sur le marché des produits de qualité, adaptés aux réalités des sols locaux.

Les biofertilisants organiques liquides participent à amender les sols.

Il a été largement utilisé par le ministère en charge de l’agriculture dans l’élaboration du référentiel national des biofertilisants. La coordonnatrice du CNABio appelle les acteurs à s’approprier le document de caractérisation spécifique des biofertilisants élaboré afin de mettre sur le marché des produits de qualité qui répondent aux exigences de l’Etat mais qui seront bénéfiques aux producteurs. Elle plaide aussi pour la collaboration étroite avec les institutions de recherche, pour affiner la caractérisation et la standardisation des produits ainsi que la création d’une organisation professionnelle forte des
acteurs de bio-intrants en vue d’une meilleure coordination et représentativité du sous-secteur.

La doctorante à l’université Joseph-Ki-Zerbo, filière LABEV-Agro-écologie et production végétale, affirme qu’il est nécessaire de procédé à l’homologation ou la certification des bio-intrants en vue de garantir la qualité de ces bio-intrants pour répondre aux besoins du marché au niveau national qu’international. « Les producteurs burkinabè des bio-intrants éprouvent des difficultés pour l’homologation ou la certification, cela est dû principalement aux coûts élevés. Le coût de la certification est à hauteur de millions, qui n’est vraiment pas facile pour les producteurs de bio-intrants », renchérit-elle.

Stop aux engrais chimiques

Les concertations entre les différents acteurs du domaine des bio-intrants se poursuivent pour cerner le contenu du référentiel annoncé. Le président de la SCOOP-FFIMA,
Seydou Savadogo, par ailleurs, vice-président du CNABio, indique avec conviction que tous les acteurs doivent s’approprier la caractérisation, la normalisation et la cartographie des bio-intrants pour mettre sur la place du marché, des produits indiscutables. « Les producteurs de bio-intrants ont besoin d’être outillés pour l’intérêt supérieur de la nation et pour une souveraineté alimentaire saine et durable respectueuse de l’environnement », relève M. Savadogo.

Les engrais chimiques ou engrais de synthèse contribuent à appauvrir les sols avec à la clé la baisse des rendements agricoles d’année en année, déplore le vice-président du CNABio. Il en veut pour preuve, le recul du Burkina Faso dans la production cotonnière à cause de l’utilisation des engrais chimiques. Les engrais de synthèses, appuie le pédologue Ibrahim Sory et expert en agro-écologie, accélèrent l’acidification des sols. « Aujourd’hui, des pays qui sont à la tête du peloton des producteurs de coton dans la sous-région
devant le Burkina Faso (4e en Afrique de l’Ouest), combinent l’organique et le chimique.

L’ingénieur agronome, correspondant national de l’agro-écologie au ministère en charge de l’agriculture, Adama Savadogo : « le référentiel national va permettre d’avoir une meilleure qualité des bio-intrants ».

Nous ne faisons pas la guerre au chimique mais le chimique doit venir trouver une terre déjà amendée », clame Seydou Savadogo. Le producteur de biofertilisants et formateur en agro-écologie dans la commune rurale de Kyon dans la région de Nando, Azael Bayala, rencontré dans sa ferme, souhaite que les choses soient revues, à cet effet. Egalement président de l’Association pour la promotion de la sécurité alimentaire (APSA), tout en saluant l’élaboration du référentiel, estime que la subvention des engrais chimiques au profit des agriculteurs est un gros souci pour la promotion de l’agro-écologie.

Tout compte fait, il qualifie le référentiel, de guide de la production de bio-intrants et d’outil, pour convaincre les agriculteurs à avoir confiance aux biofertilisants, entre autres.
L’entrepreneur agro-écologique et formateur de AGROPAK Burkina renchérit que l’utilisation exclusive des engrais chimiques appauvrit les sols, d’où l’usage recommandé des biofertilisants afin de remédier à la situation. « L’engrais de synthèse n’est pas seulement la solution si l’on veut une agriculture durable et saine », lance M. Komboigo.

La doctorante Bonkoungou prévient que l’utilisation des pesticides à tout moment, détruit la biodiversité (les micro-organismes, les végétaux, etc.) et développe des résistances pour certaines espèces.

Aujourd’hui, le Burkina reconnait l’agro-écologie comme une approche clé pour transformer les systèmes alimentaires en promouvant une agriculture durable, résiliente et inclusive. Avec l’adoption de la stratégie nationale de développement de l’agro-écologie, l’augmentation des financements dédiés à la transition agro-écologique, dans toutes ses dimensions, reste une préoccupation pour une mise à l’échelle réussie des pratiques.

Boukary BONKOUNGOU


 

Des clés pour encourager la production locale de bio-intrants

  • Elaborer et mettre en œuvre un cadre juridique et règlementaire dédié aux bio-intrants ;
  • renforcer les capacités techniques et matérielles
    des laboratoires d’analyses (publics et privés) pour caractériser les bio-protecteurs et les biofertilisants ;
  • mettre en place un dispositif opérationnel de contrôle des bio-intrants ;
  • mettre en place une homologation nationale des BI (biofertilisants ou fertilisants naturels, bio-pesticides ou biostimulants ou encore pesticides naturels ainsi que les semences paysannes) adaptée au contexte du pays ;
  • mettre en place un système de normalisation nationale qui encadre la production des bio-intrants destinés au marché ;
  • mener des campagnes de plaidoyer et de communication en faveur des bio-intrants dans l’optique de créer un marché porteur capable de tirer la production et encourager les producteurs ;
  • créer un guichet au niveau des fonds existants de soutien aux producteurs de bio-intrants à la maison de l’entreprise ;
  • instituer et respecter, dans les achats institutionnels, un quota pour les BI tout en allégeant les conditions d’accès à ces marchés par les différentes catégories d’acteurs notamment les OPA, les coopératives, les entreprises, etc.
  • réaliser des infrastructures de production de bio-intrants dans les chefs-lieux de régions et de provinces en veillant à une meilleure qualité et à des prix concurrentiels (même s’il faut subventionner au départ) desdits bio-intrants.

B.B.
Source : Point focal
du ministère en charge
de l’agriculture


 

De l’homologation des bio-intrants

  1. pré-homologation : réunion avant demande, permis expérimental
  2. homologation : soumission du dossier par
    le demandeur, actions administratives initiales, vérification de l’exhaustivité, évaluation du dossier, décision d’homologation, publication
  3. post-homologation : archive, notification à la convention de Rotterdam, suivi et évaluation, prolongation et changement, procédure d’appel et procès
  4. examen des homologations existantes. Examens périodiques et non programmés, renouvellement ou annulation
    Ces étapes peuvent différer d’un pays à l’autre.
    Cela dépend, entre autres, de l’administration juridique et administrative de l’homologation des pesticides dans le pays, et des ressourceshumaines et financières disponibles. Il faut examiner la possibilité d’une homologation nationale qui soit moins couteuse, plus rapide et qui répond aux attentes des consommateurs. On peut également envisager une homologation de l’espace AES tout en assouplissant certaines étapes. En effet, si le processus reste comme décrit plus haut, il est certain que les fabricants de bio-intrants vont toujours faire face aux difficultés.

B.B.
Source : Point focal
national du ministère
en charge
de l’agriculture

Centrafrique : Touadera sur un boulevard

En Centrafrique, la campagne pour la présidentielle du 28 décembre 2025 a démarré, le week-end écoulé. Mettant aux prises sept candidats dont le Président sortant, Faustin-Archange Touadera et deux anciens Premiers ministres, Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra, ce scrutin, couplé à des régionales, législatives et municipales, se tient dans un contexte de tensions politiques et d’insécurité alimentée par des groupes rebelles.

S’il est candidat à sa propre succession, Touadera, 68 ans, brigue un 3e mandat, grâce à une révision constitutionnelle intervenue en 2023 et vivement décriée par l’opposition qui le soupçonne de vouloir se maintenir au pouvoir à vie. Une partie de l’opposition boycotte d’ailleurs ces élections et il faut craindre des remous.

Pour l’heure, la campagne se déroule globalement dans le calme et le souhait est qu’elle le demeure jusqu’à la fin. Les prétendants à la magistrature suprême se sont lancés à la conquête des électeurs à qui ils vont présenter leurs projets de société en vue d’obtenir leur confiance dans les urnes. Si la présidentielle, tout comme les autres élections associées, est importante pour la Centrafrique qui consolide tant bien que mal sa marche dans la démocratie, le jeu semble plié d’avance.

Il n’y a véritablement pas d’enjeu à ce scrutin présidentiel qui devrait consacrer la victoire de Touadera, à moins d’un tsunami électoral. Même le chef de file de l’opposition, Anicet-Georges Dologuélé, très critique envers sa gouvernance, ne semble pas à mesure de le faire trembler. Avec une décennie au pouvoir, Touadera, enseignant de Mathématiques et ancien recteur de l’université de Bangui, tient l’appareil d’Etat, un atout non négligeable face à une opposition divisée sur la stratégie électorale.

Elu en 2016 et réélu en 2020, le président sortant compte sur un bilan appréciable pour rempiler. Des avancées sont à mettre à son actif, en termes de réalisation dans divers domaines, et surtout en matière de lutte contre l’insécurité, avec une sécurisation de plus de 72 % du territoire par les Forces armées centrafricaines (FACA) et les forces internationales, depuis janvier 2024. S’il a engrangé des acquis et peut s’en enorgueillir, le vrai défi en Centrafrique reste la stabilisation sécuritaire et Touadera lui-même en convient.

Malgré les sacrifices consentis par le champion du Mouvement des cœurs unis (MCU), avec le soutien de certains pays amis et de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique), le pays est toujours fragile sur le plan sécuritaire. L’insécurité demeure préoccupante au Nord et à l’Est du pays et sur les axes routiers, avec l’action des groupes armés, responsables de toutes sortes d’exactions et de tueries.

Plusieurs accords ont été signés avec des groupes armés, mais les menaces sécuritaires sont loin d’être écartées. Autant dire que si le Président Touadera est réélu, ce qui semble se dessiner, il devra redoubler d’effort pour ramener totalement la quiétude dans son pays. Il est temps que la Centrafrique qui a connu plusieurs guerres civiles
et vit actuellement une situation sécuritaire précaire, retrouve la stabilité tant espérée.

Kader Patrick KARANTAO

Audience du Présidence du Faso : L’Ambassadeur du Brésil, Ellen BARROS en fin de mission, reçue par le Chef de l’État

Le Président du Faso, Chef de l’État, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a accordé une audience ce lundi, à l’Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Brésil en fin de mission, Son Excellence Madame Ellen BARROS. Après cinq ans dans notre pays, la diplomate brésilienne est venue faire le point de la coopération au Chef de l’État.

À l’issue de son entretien avec le Président du Faso, Son Excellence Madame Ellen BARROS dit avoir exprimé sa gratitude à Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ pour tout le soutien dont elle a bénéficié dans l’accomplissement de sa mission.

« Après cinq ans ici au Burkina Faso, j’ai vu que les relations se sont vraiment élargies, approfondies surtout après l’arrivée de Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ au pouvoir », déclare-t-elle. Les domaines de coopération entre Ouagadougou et Brasilia portent sur le développement rural, la coopération technique, l’agro-pastoral et halieutique, la recherche scientifique et l’innovation.

Madame Ellen BARROS affirme que le Burkina Faso est un partenaire très important pour le Brésil, car le rapprochement avec le continent africain est une des priorités du Président Luiz Inácio Lula da SILVA, qui entend approfondir davantage les relations.

La diplomate brésilienne dit quitter le pays des Hommes intègres avec le sentiment d’un devoir bien accompli.

 

Direction de la communication de la Présidence du Faso

 

Journée mondiale des sols : L’évènement commémoré en différé à Fada N’Gourma

L’Association pour la recherche et la formation en agroécologie (ARFA), en collaboration avec l’Université Yembila Abdoulaye Toguyeni (UYAT) et d’autres partenaires, a commémoré, le mardi 9 décembre 2025, à Fada N’Gourma, en différé, la Journée mondiale des sols.

A l’initiative de l’Union internationale des sciences du sol (IUSS), la communauté mondiale commémore, chaque 5 décembre, la Journée mondiale des sols. Cette année, l’événement a été célébré, le mardi 9 décembre 2025, à Fada N’Gourma, en différé, sous le thème : « Des sols sains pour des villes saines ». Une journée commémorative organisée par l’Association pour la recherche et la formation en agroécologie (ARFA) et ses partenaires dans le cadre de quatre projets majeurs.

Le coordonnateur général de l’ONG ARFA, Salia Hebié, a insisté sur les objectifs de la célébration, axés sur la réflexion et la sensibilisation aux enjeux liés à la restauration et à la valorisation des sols.

Il s’agit du Programme d’appui à la transition agroécologique par les Organisations de la société civile (OSC) en Afrique de l’Ouest (APAESC-AO), mis en œuvre par ARFA, CNABio et OXFAM via les fonds du BMZ, du Projet d’Appui à l’autonomisation et à la résilience des ménages par l’approche agroécologique (Projet ARA), mis en œuvre par ARFA via les fonds de Pain pour le Monde (PPLM) et du Projet Portefeuille thématique climat Sahel, mis en œuvre par Enabel.

La représentante du président de l’UYAT, Dr Denise Ilboudo, a indiqué que cette journée s’articule autour de trois axes majeurs : la recherche, l’enseignement et l’action.

Il y a également le Projet d’Appui à l’amélioration du cadre de vie par l’approche agroécologique, dénommé en langue gulmantchema « Ti-hamupo », mis en œuvre par ARFA avec le soutien de Action Solidarité Tiers Monde (ASTM). Au menu de cette journée dédiée aux sols, des panels portant sur : « L’état des lieux de la pollution des sols au Burkina Faso : causes, manifestations et conséquences » et la « Contribution de l’agroécologie à la restauration et à la préservation de la santé des sols ». Aussi, chercheurs, autorités administratives, étudiants ont eu droit à des démonstrations sur la production du Bokashi et des micro-organismes efficaces (EM), sans oublier la visite guidée des œuvres et réalisations de l’ONG ARFA et de ses partenaires.

La restauration des sols, une responsabilité individuelle et collective

Le coordonnateur général de l’ONG ARFA, Salia Hebié, a insisté sur les objectifs de la célébration, axés sur la réflexion et la sensibilisation aux enjeux liés à la restauration et à la valorisation des sols.
Le représentant du gouverneur, Djibrilou Hassane, a salué la pertinence de l’initiative de l’ONG ARFA et ses partenaires.

Représentant le gouverneur, Djibrilou Hassane a salué la pertinence de l’initiative, rappelant que les sols ne se limitent pas à leur fonction agricole. « Les sols constituent le socle de la vie, un capital naturel indispensable à la sécurité alimentaire, à la résilience climatique et au bien-être des populations », a-t-il souligné. Dans un contexte marqué par de fortes pressions anthropiques et les effets du changement climatique, il a déploré la dégradation accélérée des terres et la baisse de la fertilité des sols dans la région. Pour lui, le thème de l’édition 2025 interpelle sur la nécessité de protéger et de restaurer les sols afin de bâtir des villes plus résilientes, plus saines et capables de faire face aux défis environnementaux et socio-économiques. A cet effet, l’agroécologie apparaît, selon lui, comme une alternative crédible et durable. Du point de vue académique, la représentante du président de l’Université Yembila Abdoulaye Toguyeni, Dr Denise Ilboudo, a indiqué que cette journée s’articule autour de trois axes majeurs : la recherche, l’enseignement et l’action. Elle a mis en exergue le rôle des universités dans la production de connaissances scientifiques, la formation des futurs décideurs et la mise en pratique de solutions durables, notamment à travers l’agroécologie et l’agriculture biologique.

« Il y a espoir »

Le coordonnateur général de l’ONG ARFA, Salia Hebié, a, pour sa part, insisté sur les objectifs de la célébration, axés sur la réflexion et la sensibilisation, notamment des étudiants, aux enjeux liés à la restauration et à la valorisation des sols. Malgré l’état avancé de la dégradation des terres, il se veut résolument optimiste. « Il y a espoir que nous puissions rattraper les choses », a-t-il affirmé, citant les nombreuses alternatives agroécologiques disponibles. Il a notamment mis en avant la démonstration de fabrication du Bokashi, une technique utilisant des matériaux locaux, comme une solution efficace et accessible pour améliorer la fertilité des sols et réduire la dépendance aux fertilisants chimiques.

Joanny SOW