Au Tribunal de grande instance (TGI) Ouaga I, le procès « Amidou Tiégnan -acte II », ouvert ce 15 décembre 2025, a été renvoyé au 23 janvier 2026 pour raison de recours d’inconstitutionnalité, déposé auprès du Conseil constitutionnel.
Ouvert ce lundi 15 décembre 2025, le procès « Amidou Tiégnan- acte II » a été renvoyé au 23 janvier 2026 pour cause de recours d’inconstitutionnalité soulevé. Ledit recours a été déposé auprès du Conseil constitutionnel qui dispose d’un mois pour se prononcer. A cette audience de programmation au Tribunal de grande instance Ouaga I, huit mis en cause ont été appelés à la barre. Il s’est agi de Camille Yaké Yé, Laure Zongo/Hien, Pasgo Payirwendé Bila, Billy Tuwis Mandel Josito Zongo, Dimanche Kouka Yaméogo, Lydie Bonkoungou , Issiaka Sangaré et de Sompagnimdi Ismaèl Ouédraogo. Ils sont poursuivis pour des faits de détournements de deniers publics, de complicité de détournement, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. A l’entame des débats, le Conseil du prévenu Laure Zongo/Hien, ministre en charge de l’action humanitaire au moment des faits, a soulevé un préalable qui est l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction qui saisit le tribunal d’appel. Parallèlement une procédure a été introduite auprès du Conseil constitutionnel pour relever l’inconstitutionnalité d’une disposition du code de procédure pénale. « Ce code de procédure pénale a rétréci l’étendue de l’appel de l’ordonnance de la personne mise en cause. Elle ne peut faire appel que lorsqu’elle est soumise à un contrôle judiciaire. Ce qui limite beaucoup le droit d’appel de la partie poursuivie pourtant la Constitution affirme que nous sommes tous égaux en droit.
« Quand le juge d’instruction rend une ordonnance dans une procédure pénale, le procureur, la partie civile peuvent relever l’appel de cette ordonnance par contre le code de procédure pénale limite l’appel de cette ordonnance au mis en cause. Il ya vice d’inconstitutionnalité », a expliqué Me Seydou Roger Yamba.
Il ne doit pas avoir une partie qui a plus de latitude de faire appel qu’une autre. Cela viole le principe de l’égalité » a expliqué Me Seydou Roger Yamba, avocat du prévenu Billy Tuwis Mandel Josito Zongo. Et de poursuivre que la présente juridiction n’est pas compétente pour trancher cette question. C’est pourquoi, elle est renvoyée à la juridiction compétente qu’est le Conseil constitutionnel. « Il y a lieu de patienter pour que toutes ces juridictions fassent leur saisine et que le dossier nous revienne sereinement afin qu’on puisse aller au fond », a-t-il ajouté.
Face à cette exception soulevée, le procureur a indiqué que le Conseil va vite en besogne. Il doit attendre que le dossier de son client soit retenu avant de soulever cette exception. « Mieux, quand le juge d’instruction a renvoyé le dossier, le conseil devait déposer le recours », a-t-il souligné. Et le Conseil de retorquer que quand le juge d’instruction renvoi un dossier, il est automatiquement dessaisi de celui-ci. « On ne peut donc pas le saisir pour faire appel de l’ordonnance », a-t-il indiqué.
Par contre l’agent judiciaire a estimé qu’on peut poursuivre les débats avec les sept autres mis en cause. Face à ce débat de « pig pong », l’audience été suspendue et après plus d’une heure de pause, le dossier a été renvoyé au 23 janvier 2026. « Je tire mon chapeau au tribunal pour cette décision. Le tribunal a bien fait de renvoyer le dossier pour donner le temps au procureur de remballer le dossier devant la juridiction qu’il faut. Quand on va revenir en janvier, il va se trouver que toutes les procédures pendantes sont épuisées. On pourra discuter du fond », a-t-il renchéri.
Au Burkina Faso, les accidents du travail connaissent une recrudescence inquiétante. En 2024, la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ont recensé respectivement, 1101 et 1171 cas. Ces incidents, aux causes variées, entraînent des conséquences dramatiques pour les victimes, allant parfois jusqu’à l’invalidité à vie. Si la sécurité sociale offre une prise en charge aux accidentés, la non-immatriculation de certains travailleurs reste un véritable défi. Reportage.
Le 23 août 2014, Innocents Williame Atindégla, opérateur dans une usine de fabrication de carreaux, située en périphérie de Ouagadougou, rejoignait son poste. Il s’apprêtait à accomplir ses 8 heures habituelles de travail, consistant à transformer la barbotine en poudre destinée à la confection des carreaux. Rien ne laissait présager que cette journée de durs labeurs allait être marquée par un événement qui bouleverserait sa vie à jamais. Le silo de poudre étant plein, Williame décide de monter à environ 15 mètres de hauteur pour racler la matière et faire de la place. Conscient du danger, il demande et obtient l’autorisation de son superviseur.
Il s’assure également d’éteindre la machine de production avant de commencer son intervention dans le silo. Surprise… Alors qu’il a introduit sa main, un de ses collègues, ignorant certainement sa présence, remet la machine en marche. En trois tours, les dents de la machine lui arrachent le bras droit. Sa hiérarchie, alertée, le conduit au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo où il bénéficie d’une prise en charge. Les premières dépenses sont assurées par son service. Le relais est ensuite pris par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) où il est immatriculé.
Grâce à la prise en charge de la sécurité sociale, Williame bénéficie de meilleurs soins, lui permettant de reprendre le service un an après son accident. Le manque de son bras rend impossible la fabrication de poudre, ce qui a emmené son entreprise à le réaffecter à un poste adapté à son handicap, comme la loi le prévoit. Malheureusement, quelques mois après sa reprise, l’usine ferme définitivement. Aujourd’hui, Innocents, avec son handicap, peine à retrouver un emploi et ne subsiste que grâce à la rente viagère que lui verse la CNSS.
Borgne par manque d’assistance
Zamanoma Kaboré : « malgré les gants que j’avais portés, mes quatre doigts ont été arrachés ».
Tout comme Williame, Zamanoma Kaboré vit de la rente viagère versée par la CNSS depuis 1989, suite à un grave accident survenu le 28 mai 1989, dans une usine de tôles.
Il explique avoir tenté d’introduire une tôle mal fabriquée pour l’arranger. « Ce jour-là, j’ai fait mon encartage et je me suis rendu compte qu’il y avait une tôle qui était mal fabriquée. Les trous n’étaient pas bien faits. J’ai donc décidé de la remettre dans la machine pour l’arranger », se souvient-il. Malheureusement, sa main a glissé à cause de la graisse, et la « broyeuse », malgré ses gants, lui a arraché quatre doigts. M. Kaboré a réussi à retirer sa main, sauvant de justesse son pouce.
Conduit à l’hôpital, son employeur a pris en charge les frais d’urgence. Zamanoma étant régulièrement déclaré, la CNSS a ensuite couvert le reste des soins. Grâce à cette bonne prise en charge, il a pu se remettre très rapidement de son accident.
G.K., lui, n’a pas eu cette chance. Par manque « d’assistance » de son employeur, il ne voit aujourd’hui que d’un seul œil. Cet ancien manutentionnaire d’une brasserie à Bobo-Dioulasso reçoit de la soude dans l’œil gauche par inadvertance, le vendredi 19 février 2021, vers 18 h. « L’œil brûlait comme du feu », se remémore-t-il. Sa hiérarchie étant partie, G.K. se rend seul à l’infirmerie de l’entreprise. Il y reçoit un simple collyre, l’agent de santé le rassurant que cela suffirait à faire passer son mal.
Une fois à la maison, G.K passe une nuit blanche. Ce calvaire dure tout le week-end. Sentant sa vision s’affaiblir progressivement, il décide de se rendre dès la première heure du lundi sur son lieu de travail afin d’informer ses supérieurs. Malheureusement, il se voit opposer un refus de la part de son employeur en prétextant un délai de prescription sans référence à un texte légal ou règlementaire. « Vous auriez dû nous informer dans les 48 heures suivant l’accident », relate la victime de ses chefs. Il fait remarquer que l’accident a eu lieu un vendredi à la descente et qu’il n’avait d’autre possibilité que d’informer la hiérarchie, le lundi.
Il essuie, toutefois, un refus catégorique de prise en charge.
Pourtant, l’article 61 de la loi n° 028-2008/AN du 13 mai portant Code du travail au Burkina Faso est clair : « L’employeur déclare à l’établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le régime institué par la présente loi et à l’inspection du travail du ressort, dans un délai de quarante-huit heures ouvrables, tout accident du travail ou toute maladie professionnelle dont sont victimes les salariés occupés dans l’entreprise ». L’accident ayant eu lieu un vendredi et le prochain jour ouvrable étant lundi, il n’y avait donc pas de prescription selon la loi.
Vincent de Paul Singa, Inspecteur du travail : « la déclaration des employés à la caisse est une obligation légale pour les employeurs ».
Mais qu’à cela ne tienne, en cas de carence ou d’impossibilité de l’employeur, la loi indique que la déclaration peut être faite par la victime ou par ses représentants ou encore par ses ayants droit, jusqu’à l’expiration d’un délai de 2 ans suivant la date de l’accident ou la première constatation médicale de la maladie professionnelle.
Non informé de cette possibilité, G.K, après maintes tentatives de faire entendre sa cause auprès de son employeur, finit par se résigner. Faute de moyens, il se rabat sur les médicaments de la rue. Son salaire couvre à peine les besoins de la famille. Ces produits de mauvaise qualité contribuent à « tuer » complètement son œil. Aujourd’hui, G.K a perdu l’usage de son œil gauche. En plus de n’avoir pas pris en charge ses soins, son entreprise ne lui a versé aucune indemnisation.
Non déclaré, son accident n’a pas bénéficié d’une prise en charge par la CNSS, bien qu’il fût immatriculé au moment des faits. Devenu handicapé visuel et ne disposant d’aucun diplôme, les tentatives de G.K pour trouver un autre emploi restent vaines. Il se résigne à faire fi de sa mésaventure et à retourner dans son ancienne entreprise. Il est finalement réembauché après moult négociations. Très remonté par ce traitement, son responsable syndical le convainc de porter l’affaire devant l’inspection du travail de Bobo-Dioulasso. Après plusieurs tentatives de conciliation, le dossier est finalement porté devant le Tribunal du travail où il suit son cours.
La non-immatriculation, le talon d’Achille
Face à la recrudescence de cas similaires dans ladite entreprise, la Confédération générale du travail du Burkina (CGTB), qui a pour objectif la défense des droits des travailleurs, a pris le dossier à bras-le-corps. « Les employés des entreprises de sous-traitance sont confrontés à toutes sortes de difficultés notamment en cas d’accident du travail. C’est pourquoi au niveau des syndicats, nous sommes contre les sous-traitances et les contrats à durée déterminée de façon générale », dénonce Bakary Millogo, secrétaire général de la section Houet de la CGTB.
Bakary Millogo, SG de la section Houet de la CGTB : « nous sommes contre les sous-traitances et les contrats à durée déterminée ».
Si certaines difficultés résultent de la mauvaise foi des employeurs, M. Millogo déplore également une méconnaissance des textes et procédures qui gouvernent la réparation des Accidents du travail et Maladies professionnelles (AT-MP), aussi bien par les employés que les employeurs. D’où la nécessité pour la CNSS de travailler davantage à faire connaître ses textes. Heureusement, ce paramètre n’est pas méconnu des premiers responsables de la structure. C’est pourquoi, indique la cheffe de service des AT-MP à la CARFO, Pauline Bamogo, des actions de communication telles que des séminaires régionaux d’information et de sensibilisation sont fréquemment organisées.
Des communications dans les entreprises sont également faites de façon périodique afin de mieux faire connaître les procédures en matière de prise en charge des AT-MP. Mais, en plus de la méconnaissance des textes, l’autre « cancer » est la non-immatriculation des travailleurs. Bien qu’obligatoire, selon la loi, nombre d’employés ne jouissent pourtant pas de ce droit, ce qui rend impossible leur prise en charge en cas d’AT-MP.A.B a vécu cette situation. Topographe dans une entreprise de la place, sa main est « broyée » par un Caterpillar, le 20 juillet 2018, alors qu’il était en pleine activité.
Silence radio !
Conduit à l’hôpital, les premiers soins sont pris en charge par l’employeur. Puis, silence radio ! A.B et sa famille doivent se débrouiller pour le reste des soins. Pourtant, une intervention chirurgicale est recommandée par les médecins. « Abandonné » par son employeur et non déclaré à la CNSS, A.B peine à réunir la somme nécessaire à son opération. Son père rassemble ses vieilles économies qui restent insuffisantes. S’en suit une opération de collecte de fonds auprès des proches afin de soulager le malade. En raison du temps mis pour réunir la somme, une nécrose s’installe. L’argent destiné à
« sauver » le bras doit maintenant servir à son amputation.
Rétabli après quelques mois de convalescence, Ali décide d’« enterrer » cet épisode sombre et de reprendre son travail. Conscient qu’il ne peut plus travailler dans la même section en raison de son handicap, il espère être affecté dans un autre emploi adapté à sa nouvelle aptitude physique. Malgré le certificat médical dont il dispose, il est purement et simplement renvoyé sans aucun paiement de ses droits. A cause de son handicap, il lui est difficile de retrouver un nouvel emploi. Sa famille, qui ne comptait que sur lui, sombre dans la précarité. Il perd espoir. Un jour, lors d’une émission radiophonique, il entend parler de l’Association des victimes d’accidents du Burkina Faso (AVABF), mise en place par Zamanoma Kaboré suite à son propre accident du travail afin de venir en aide à ceux qui rencontrent des difficultés pour leur prise en charge.
« C’est vrai que je n’ai pas eu de problèmes, mais, je me suis rendu compte dans mes démarches qu’il y a des travailleurs qui ont de véritables problèmes après leur accident », déplore ce dernier. L’association a donc pour objectif de porter assistance aux accidentés du
Le directeur central des prestations de la CARFO, Djamal Ibrahim Rachid Kouanda : « plusieurs réformes ont été entreprises afin d’améliorer la prise en charge des AT-MP ».
travail en difficulté. A.B décide alors d’entrer en contact avec l’AVABF dans l’espoir d’obtenir réparation. Grâce aux démarches de l’association et à l’appui du Fonds d’assistance judiciaire (FAJ), un avocat est assigné au cas d’Ali pour une procédure judiciaire. Bien que la procédure soit encore en cours, A.B est convaincu d’obtenir réparation du préjudice causé par son employeur. En plus de ne pas avoir été déclaré à la caisse, son accident a été présenté à l’hôpital comme étant survenu en circulation.
Une obligation légale
Des cas comme celui de A.B, l’AVABF en a traité plusieurs. Selon son premier responsable, la non-immatriculation des employés constitue un véritable problème dans le secteur privé. Le SG de la section Houet de la CGTB ajoute :
« Les employeurs usent de toutes sortes de stratégies pour ne pas déclarer leurs employés ».
Pourtant, prévient l’inspecteur du travail, Vincent De Paul Singa, la déclaration des employés à la caisse est une obligation légale pour les employeurs. L’article 416 de la loi n° 028-2008/AN du 13 mai portant Code du travail dispose que tout travailleur embauché, y compris le journalier, doit être déclaré à la CNSS dans un délai de 8 jours. La loi prévoit également des sanctions en cas de non-respect de cette disposition. Les employeurs fautifs s’exposent notamment au paiement d’une amende allant de 5 000 à 50 000 F CFA et en cas de récidive d’une amende de 50 000 à 100 000 F CFA. Malgré ces dispositions, beaucoup d’employés restent non déclarés, même si des avancées notables ont été enregistrées. Selon les données officielles, en 2023, les employés affiliés à la CNSS étaient estimés à 230 375 contre 617 024 en 2024.
Bien que les chiffres semblent évoluer, de nombreux travailleurs du privé restent encore non immatriculés. C’est pourquoi, des initiatives sont développées par la structure afin de faire bouger les lignes. Des visites inopinées sont, par exemple, organisées régulièrement dans les entreprises pour s’assurer du respect de la législation en matière de sécurité sociale. Aux côtés de la CNSS, des structures de la société civile comme l’AVABF sensibilisent activement les travailleurs à l’importance vitale de l’affiliation. Le président de l’AVABF s’étonne que certains patrons refusent de déclarer leurs employés alors que cela est dans leur propre intérêt. Zamanoma Kaboré rappelle que l’immatriculation à la CNSS soulage le travailleur et son employeur en cas d’accident. Si l’employé est déclaré et que les cotisations sont à jour, l’employeur n’a pas à débourser son argent pour les soins (après les premiers) ni pour le salaire de l’employé durant sa période de convalescence.
L’Etat, un bon élève
La cheffe de service des AT-MP à la CNSS, Pauline Bamogo : « nous organisons des actions de communication sur les AT-MP telles que des séminaires régionaux d’information et de sensibilisation ».
Si, dans le privé, la déclaration à la caisse constitue souvent une véritable difficulté, du côté de l’administration publique, l’Etat est un bon élève. Tout agent recruté est automatiquement immatriculé à la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO). Ce qui rend la prise en charge des AT-MP moins complexe. Kouka (nom d’emprunt), un agent public de l’Etat, fut percuté par un taxi-moto en 2023 en rentrant chez lui après une nuit de garde. Conduit au CHU Yalgado Ouédraogo, les médecins suggèrent une intervention chirurgicale urgente. Il se rappelle : « Le pied ne tenait que grâce à un morceau d’os ». Malgré l’opération, une nécrose s’installa rapidement, conduisant à l’amputation de la jambe. Devenu infirme et dévasté, l’agent n’envisageait plus poursuivre l’activité de terrain.
Mais grâce à la CARFO, il bénéficie d’une prothèse de plus de 4 millions F CFA, qui lui permet de se déplacer sans difficulté et de vaquer à ses occupations. « Jusqu’aujourd’hui, je leur suis reconnaissant. Mon accident a eu lieu alors que j’avais seulement deux ans de service et je ne m’imaginais pas rester à la maison ou dans un bureau. Je suis un homme de terrain. J’aime le terrain. C’est toute ma vie », confie-t-il. En plus de sa prothèse, Kouka a bénéficié d’un remboursement de la totalité de la somme injectée personnellement dans la prise en charge de son accident. « Les premiers soins de l’hôpital ont été pris en charge par mon service, mais par la suite, ma famille a pris le relais.
La totalité de l’argent dépensé par mes proches a été remboursée », affirme-t-il. Tout comme Kouka, Tambi (nom d’emprunt), un autre agent public, n’a pas eu de difficultés à entrer en possession de sa « réparation » après son accident. Touché gravement aux yeux lors d’une mission, Tambi, malgré une prise en charge diligente, ne parvient pas à recouvrer la vue. Handicapé visuel aujourd’hui, il garde toutefois un bon souvenir de la CARFO. « J’ai été indemnisé comme il se doit et, jusqu’aujourd’hui, je continue de percevoir une rente », confie-t-il.
Des réformes pour une meilleure prise en charge
Si, la prise en charge de la CARFO est généralement appréciée par les victimes rencontrées, des réformes ont toutefois été entreprises en vue de l’améliorer. Dans un premier temps, souligne le directeur central des prestations de la CARFO, Djamal Ibrahim Rachid Kouanda, un bureau de totale réparation des risques professionnels a été mis en place. « C’est l’une des grandes réformes entreprises afin d’accélérer véritablement la prise en charge, de diligenter le traitement des dossiers de risques professionnels et de soulager les victimes », assure-t-il. Il mentionne également l’informatisation intégrale du processus de traitement des dossiers. Ce qui permettra de réduire les délais.
Un accent particulier a également été mis sur la formation et le renforcement de l’équipe chargée de réceptionner et traiter les dossiers. Outre l’amélioration de la prise en charge des victimes, la CARFO et la CNSS sont activement engagées dans la prévention des risques professionnels. Ces structures mènent notamment des visites régulières des lieux de travail, y compris dans les administrations publiques. Le directeur central des prestations détaille : « nous identifions les facteurs de risques. Cela peut être le niveau d’éclairement et l’encombrement des bureaux, l’état des fauteuils, etc. ». A l’issue de ces constats, des recommandations sont formulées pour corriger les risques détectés. Néanmoins, dans l’administration publique, l’application de ces mesures est souvent ralentie par la lourdeur des procédures de décaissement et de budgétisation.
Nadège YAMEOGO
Qu’est-ce qu’un accident du travail ?
Que ce soit dans le privé ou le public, l’accident du travail présente à peu près les mêmes caractéristiques. Est considéré comme accident du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail, à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs. Est également considéré comme accident du travail, l’accident survenu à un travailleur pendant le trajet aller et retour, dans la mesure où le parcours n’a pas été interrompu ou détourné pour un motif dicté par l’intérêt personnel et étranger aux nécessités essentielles de la vie courante, ou indépendant de l’emploi. L’accident de trajet peut survenir entre la résidence principale du travailleur, une résidence secondaire présentant un caractère de stabilité (ou tout autre lieu où le travailleur se rend de façon habituelle pour des motifs d’ordre familial) et le lieu de travail. Il peut également survenir entre le lieu de travail et le restaurant, la cantine ou, d’une manière générale, le lieu où il prend habituellement ses repas ou perçoit sa rémunération, ainsi que pendant les voyages et missions dûment autorisés par l’employeur. C’est pourquoi, il est recommandé de toujours se munir d’un ordre de mission en cas de déplacement dans le cadre du service.
N.Y.
Sources : La loi n° 028-2008/AN du 13 mai portant Code du travail au Burkina et la loi
n° 003-2021/AN
du 1er avril 2021 portant Régime de sécurité sociale applicable aux agents publics de l’Etat.
Le ministère de la Justice, des Droits humains, chargé des Relations avec les Institutions a organisé une visite sur les sites de traitement des données sur le e-certificat et le e-casier judiciaire, en vue de cerner l’impact de la digitalisation auprès des justiciables, vendredi 12 décembre 2025, à Ouagadougou.
Les acteurs de mise en œuvre des plateformes, e-casier judiciaire et e-certificat veulent s’assurer de leur impact sur les justiciables. C’est pourquoi, en prélude au lancement de trois autres nouvelles plateformes (justice-pénale, e-permis de communiquer, e-acte RCCM), le ministère de la Justice, des Droits humains, chargé des Relations avec les Institutions a initié une sortie terrain. Cette visite guidée, organisée, vendredi 12 décembre 2025, à Ouagadougou, au profit des Hommes de médias a permis de constater le fonctionnement opérationnel de ces plateformes numériques, ainsi que leur impact sur les usagers et sur le système administratif.
Les journalistes ont pu également s’imprégner des différentes étapes de collecte, de vérification et de traitement des dossiers. Il ressort des données fournies aux visiteurs
qu’à la date du 11 décembre 2025, la plateforme du Casier judiciaire central (e-Casier) a reçu un total de 418 241 demandes, générant ainsi 312 680 750 FCFA au profit du budget de l’Etat. Sur l’ensemble des requêtes, 393 574 e-casiers ont été délivrés. S’agissant du certificat de nationalité, les chiffres à la même période indiquent 48 931 demandes enregistrées dont 37 336 e-certificats traités, engrangeant la somme de 24 465 500 FCFA pour l’Etat. Selon le directeur par intérim des systèmes d’informations du ministère en charge de la justice, Moussa Zango, ces chiffres traduisent une adhésion des usagers à la mise en œuvre de ces plateformes, e-casier judiciaire et e-certificat lancées respectivement en 2023 et 2024.
« En 2025, ce sont environ 400 000 casiers judi-ciaires et près de 37 000
certificats de nationalité qui ont été délivrés via les plateformes numériques », a-t-il soutenu. Il a précisé que ces documents peuvent s’obtenir à travers ces plateformes
dans les onze Tribunaux de grandes instances (TGI), Ouaga I, Ouaga II, Bobo, Koudougou, Tenkodogo, Dédougou, Ouahigouya, Gaoua, Banfora, Kaya et Orodara.
Privilégier le mode de délivrance
M. Zango a rassuré de la sécurisation des documents tout en invitant les citoyens à privilégier ce mode de délivrance. Le vice-président du Tribunal de grande instance de Ouaga I, Yssouf Sanou, a soutenu que la majorité des démarches se font désormais en ligne. « Les demandeurs vont sur l’adresse e-certificat ou e-casier et suivent les instructions », a-t-il souligné. M. Sanou a signifié qu’une fois le document validé à la suite d’une vérification de conformité entre les renseignements fournis il est signé et renvoyé dans la boîte email ou sur le numéro WhatsApp du requérant. Le président du TGI Ouaga I a signalé que certains dossiers font l’objet de rejet lorsque les actes d’état civil ou autres documents fournis ne sont pas conformes.
Selon les chiffres présentés à la presse, 10 144 demandes de certificat de nationalité et 23596 concernant le casier judiciaire ont été rejetées au 11 décembre 2025. Pour lui, les raisons sont liées essentiellement à la mauvaise qualité de documents (illisible, mal scanné, falsifié etc.), ou au mauvais renseignement du lieu de naissance ou de la profession du demandeur. Le responsable du service central du casier judi-ciaire, Wendpouiré Landry Wilfried Compaoré a ajouté que certains rejets s’expliquent par une mauvaise maîtrise de la plateforme, notamment au niveau de l’insertion des documents.
Toutefois, il a souligné que de manière générale, l’engouement des populations est manifeste, surtout lors des périodes de concours. « Il y a des moments où nous recevons 11 000 demandes par jour. Nous travaillons à respecter le délai de 48 heures que l’autorité nous a imparti, sauf en cas de difficultés de connexion pouvant ralentir le processus », a-t-il affirmé.
Le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI) a organisé, le samedi 13 décembre 2025 à Koudougou, la cérémonie de port de toges confectionnées avec la cotonnade 100% burkinabè des enseignants-chercheurs et chercheurs de la cohorte 2023-2025.
Ils sont au total, 809 nouveaux promus (2023-2025) du Conseil africain et malgache pour
l’enseignement supérieur (CAMES), à arborer fièrement, le samedi 13 décembre 2025, dans la cité du Cavalier rouge, leur toge faite avec le coton ‘’pur’’ du pays des ‘’Hommes intègres’’. Ils viennent des différentes universités, de l’Ecole normale supérieure et des institutions de recherche du Burkina Faso. La cérémonie était placée sur le thème : « De la toge à la nation : excellence, savoirs endogènes et patriotisme comme leviers de souveraineté pour le Burkina Faso », Parmi eux, il y avait 413 maîtres assistants, 168 maîtres de conférences y compris ceux agrégés, 61 maîtres de recherche, 93 professeurs titulaires, 7 directeurs de recherche et 67 chargés de recherche.
La combinaison des deux couleurs verte et bleue de la toge qui fait ressortir toutes les valeurs qui caractérisent le monde de la connaissance est, selon le directeur en charge
des affaires juridiques du ministère en charge de la recherche et de l’innovation, Dr Judicaël Djiguemdé, une toge protégée et personne d’autre en dehors du mi-nistère, n’a le droit de la faire reproduire. « Ce sont uniquement les enseignants-chercheurs et les chercheurs titulaires, inscrits sur la liste d’aptitude du CAMES, qui sont autorisés à porter la toge.
Elle ne peut être portée pour aller à un mariage, ni lors des soutenances, si la personne n’a pas encore le grade dans le CAMES, au risque de courir des sanctions pénales », a-t-il prévenu. Pour la présidente de l’Université Norbert-Zongo (UNZ), Pr Eugénie Maïga, le nombre important des nouveaux promus constitue la preuve de l’excellence académique burki-nabè et le témoignage concret de la qualité de l’engagement des chercheurs et enseignants-chercheurs dans la recherche scientifique.
« Vous êtes désormais les ambassadeurs de l’excellence académique et scientifique africaine. Vous devez perpétuer cet héritage, en contribuant à l’avancement des connaissances et à la recherche de solutions concrètes aux problèmes des Burkinabè », a-t-elle dit à l’endroit des lauréats. L’enseignant à la retraite Pr Vincent Ouattara, en donnant le sens de la thématique, a expliqué que le patriotisme est un acte de solidarité, à travers le rassemblement périodique autour du drapeau national et la toge est au service de la Nation.
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Le représentant des promus, Pr François Sawadogo, a pour sa part, indiqué que ces distinctions sont l’aboutissement d’un long parcours fait de travail, de persévérance, de rigueur scientifique et d’engagement au service du savoir. « Etre promus au CAMES n’est pas seulement une reconnaissance individuelle, mais collective, qui honore les communautés scientifiques que nous représentons les équipes de recherche auxquelles nous appartenons et les institutions qui nous ont formés et accompa-gnés. C’est aussi un acte, un appel exigeant à poursuivre l’effort, à maintenir l’excellence et à transmettre avec responsabilité », a justifié M. Sawadogo.
Et d’ajouter que leur mission dépasse la production de connaissances. Elle consiste à son avis, à former des femmes et des hommes capables de penser, d’innover et de transformer leurs sociétés dans un contexte africain marqué par de profondes mutations économiques, sociales, sécuritaires et environnementales. En revêtant ces tenues officielles, les promus ont affirmé leur attachement à l’éthique académique, à la qualité scientifique et à l’intégrité intellectuelle.
« Nous nous engageons à garantir la qualité de l’enseignement supérieur, à promouvoir une recherche utile et pertinente, à accompagner les jeunes chercheurs et à contribuer activement au rayonnement scientifique du Burkina », a-t-il rassuré. Les promus ont été invités à s’engager pour la mise en œuvre des grandes réformes engagées par leur ministère de tutelle, qui sont des nouveaux régimes des études, des filières prioritaires et de la carte universitaire, dont l’objectif est d’assurer un enseignement supérieur et une recherche de qualité au Burkina Faso. Pour le ministre en charge de la recherche et de l’innovation, Adjima Thiombiano, vis-à-vis de la société, la toge doit être ce bouclier qui la protège contre toutes les adversités et lui procure un développement endogène et souverain.
Le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Mathias Traoré, a lancé officiellement la déconcentration de la prise des actes de gestion de carrière des agents de la fonction publique, mercredi 10 décembre 2025, à Bobo-Dioulasso.
Le département de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale est résolument tourné vers la célérité dans la prise des actes de gestion des carrières des agents publics, la transparence et la proximité entre administration et usagers. Cela fait suite à la prise d’un arrêté, le 24 octobre dernier. Cette réforme consacre la déconcentration des actes tels que les arrêtés d’avancement d’échelon, de titularisation et de bonification d’échelon, ainsi que les actes rectificatifs dont la signature relève désormais des directeurs régionaux de la fonction.
Mercredi 10 décembre 2025, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Mathias Traoré, a procédé au lancement du processus de déconcentration de ces actes de gestion des carrières des agents à Bobo-Dioulasso. Selon le ministre, cette volonté, s’inscrit en droite ligne des orientations de la Révolution progressiste populaire (RPP). « Le capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, chef de l’Etat, nous a clairement indiqué le chemin : il faut définitivement rompre avec les méthodes du passé. Lourdeurs administratives, déplacements inutiles, opacité des procédures, favoritisme, tous ces maux qui gangrenaient la gestion des carrières des agents doivent être éradiqués à tout jamais », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que la vision du président du Faso est de faire des services publics des pôles d’excellence, au bénéfice des braves populations qui consentent d’énormes sacrifices pour faire du Burkina Faso un pays résilient et prospère. Mathias Traoré a rappelé que le succès de cette initiative repose sur la collaboration de tous les acteurs concernés à savoir : services centraux, déconcentrés et l’ensemble des agents de la Fonction publique. « Votre implication, votre rigueur et votre sens élevé de responsabilité seront déterminants pour garantir l’efficacité et la crédibilité de cette nouvelle organisation », a-t-il insisté. La déconcentration de la gestion, de la prise des actes de carrière, selon le Directeur général (DG) de la Fonction publique, Alfred Tégawendé Simporé, est une volonté politique qui remonte à 2006.
« Et c’est sous la houlette du capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, chef de l’Etat, que cette volonté de déconcentrer la prise de ces actes de gestion de carrière voit le jour aujourd’hui », s’est félicité le DG Simporé. Pour le vice-président de la délégation spéciale de la commune de Bobo-Dioulasso, Moussa Sanou, le choix porté sur sa cité pour le lancement officiel de la déconcentration de la prise des actes de gestion de carrières des agents de la fonction publique est un honneur. Il a indiqué que le capital humain constitue le premier moyen pour la mise en place d’une administration efficace.
« Nous saluons à sa juste valeur, ces mesures que vous avez prises à l’endroit des agents publics », a souligné Moussa Sanou. Par ailleurs, il a rappelé que la mise en œuvre de ces mesures demande un accroissement des ressources au profit des structures déconcentrées. Malheureusement, a-t-il regretté, les budgets alloués au profit de ces structures restent faibles. « Il serait souhaitable qu’elles soient mieux dotées en ressources », a-t-il plaidé. Séance tenante, des agents à l’image du professeur certifié d’école, Pauline Salambiri, ont reçu leurs actes de gestion de carrière. Elle s’est réjouie d’avoir reçu son acte d’avancement très rapidement sur place. « Cela va permettre à d’autres fonctionnaires d’avoir leur acte sur le champ et avoir l’argent sans se déplacer », s’est-elle confiée.
A chaque célébration de la fête nationale du 11-Décembre, le Burkina Faso exprime sa reconnaissance à ses filles et à ses fils, issus de tous les secteurs d’activités, pour leur contribution au développement, à la paix, à la sécurité et à la souveraineté nationale. Cette tradition, solidement ancrée dans l’histoire de la Nation, traduit la volonté collective de magnifier l’engagement, l’abnégation, le sens du devoir et du service bien rendu à la patrie. Cette année encore, dans le cadre de la commémo-ration du 11-Décembre, le ton a été donné, le 3 décembre 2025, par le chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré. En plaçant les décorations sous le sceau de l’exemplarité, du mérite et de l’engagement patriotique, le capitaine Traoré a rappelé que la distinction honorifique n’est ni une faveur
ni un privilège, mais la reconnaissance d’un parcours, d’un sacrifice, d’un service rendu à la Nation dans un contexte exigeant, marqué par les défis sécuritaires, économiques et sociaux.
Le choix des récipiendaires s’opère parmi des millions de Burkinabè tout aussi méritants. Dans les champs, les ateliers, les salles de classe, les centres de santé, sur les chantiers, au front ou dans l’administration, d’innombrables femmes et hommes servent quotidien-nement le pays avec la même ferveur, souvent dans l’ombre. La décoration, en ce sens, consacre une responsabilité accrue et rappelle que l’honneur reçu engage, qu’il oblige davantage. Dès lors, la médaille devient un défi. Un défi personnel pour celui ou celle qui la reçoit, mais aussi un défi collectif pour la Nation. Elle interpelle les consciences et pose des questions fondamentales : qu’avons-nous fait pour mériter parmi tant de Burkinabè ? Que ferons-nous de notre médaille ? Est-elle un aboutissement ou un point de départ ? Une consécration ou un appel à aller plus loin dans le don de soi et le sacrifice pour la Nation ?
Au fond, une décoration nationale devrait être vécue comme une dette morale envers le peuple. Celle que l’on rembourse chaque jour par un comportement exemplaire.
C’est dire que la satisfaction légitime des récipiendaires d’hier et d’aujourd’hui exige d’eux, d’être des repères, des phares qui éclairent le chemin des jeunes générations. Leur parcours doit inspirer, leur comportement doit édifier, leur engagement doit se renforcer. Dans une société en quête de modèles positifs, la médaille doit se traduire en actes, en probité, en loyauté et en engagement constant au service de l’intérêt général.
Mais, au-delà des décorés, c’est l’ensemble des Burkinabè qui est interpellé. La reconnaissance nationale ne se limite pas aux distinctions officielles. Chaque citoyen, décoré ou non, porte en lui, une part de responsabilité dans la construction du Burkina Faso nouveau. L’heure est à l’unité, à la solidarité et au travail collectif. Face aux épreuves, le salut ne viendra ni de l’attentisme ni de la division, mais de l’engagement commun et du refus de la résignation. Parce que personne ne le fera à notre place, le développement du Burkina Faso repose avant tout sur la capacité de ses filles et fils à croire en leur potentiel et à agir ensemble. C’est en cela que les décorations du 11-Décembre sont un appel renouvelé à servir la patrie avec honneur, fierté, courage et détermination.
Le Comité international mémorial Thomas-Sankara (CIMTS) a installé un comité régional dans la région des Tannounyan, dans l’après-midi du samedi 6 décembre 2025, à Banfora.
Le Comité international mémorial Thomas-Sankara (CIMTS) est désormais représenté dans la région des Tannounyan. Un comité régional a, en effet, été installé, dans l’après-midi du samedi 6 décembre 2025 à Banfora, lors d’une cérémonie présidée par le gouverneur de la région, Patrice Yéyé. Le gouverneur a salué à juste titre la mise en place de la coordination régionale qui, a-t-il dit, va contribuer à renforcer la mobilisation des révolutionnaires pour la victoire de la Révolution populaire progressiste (RPP).
« Pour ce faire, nous devons désormais, dans nos actes de tous les jours, montrer que nous sommes tous des Sankara et que nous sommes prêts à défendre son idéal », a-t-il lancé comme appel. Cette adhésion aux idéaux du père de la Révolution, pour le gouverneur Yéyé, doit être perçue à travers une participation active aux activités de la coordination. Et d’inviter les populations de la région à se mobiliser en tout temps et en tout lieu aux activités de la coordination régionale. Brahima Soulama est le nouveau coordonnateur du CIMTS pour le compte de la région des Tannounyan.
Gestionnaire de projet de formation, le nouveau responsable du CIMTS/Tannounyan a promis être rassembleur et s’engager avec toutes les couches sociales de la région pour réussir la mission qui a été confiée à la coordination régionale. Le représentant du Comité international mémorial Thomas-Sankara, le Col à la retraite Daouda Traoré, a brièvement rappelé les missions du CIMTS/Tannounyan. Les missions du comité régional, a-t-il dit, est de faire connaître le comité international et ses missions, et travailler à ce que les populations adhèrent à l’idéal et à l’esprit du feu Président Thomas Sankara.
Et cela aux yeux de Daouda Traoré, passe par travailler à ce que des actes soient posés au profit des masses populaires de cette région. Et d’insister que le CIMTS est une organisation de grand rassemblement des masses populaires autour des idéaux du RDP et du RPP. D’où l’appel à créer des clubs Thomas Sankara dans les établissements scolaires et les universités. Daouda Traoré a, par ailleurs, souligné que le Comité international est une des structures qui rassemble le plus les Burkinabè au-delà de toute coloration sectaire. Le bureau régional est composé de 5 membres dont le coordonnateur, un secrétaire général, un trésorier général, un responsable à l’organisation et un responsable chargé de la communication.
La Russie, aujourd’hui Fédération de Russie située en Europe orientale est sur le toit de la culture et des traditions mondiales. Plus vaste Etat de la planète avec une superficie de plus de 17 millions de km2 et une population estimée à 146 millions d’habitants en 2021, la Russie se distingue par l’immensité de sa culture et de ses traditions dans le monde. Des Arts et littérature, ballet et musique classique avec des noms comme Tchaïkovski (Le Lac des cygnes) et des étoiles comme Noureev ou Barychnikov, la littérature avec Pouchkine, c’est l’expression de cette diversité culturelle et traditionnelle.
La culture et les traditions russes sont des valeurs fondamentales de la Russie qui défient le temps. Elles s’imposent aujourd’hui dans le monde par des pratiques anciennes, des productions artistiques et littéraires, etc. qui voyagent dans le temps et dans l’espace. La Russie revêt donc un caractère bidimensionnel à travers ces deux pans de son histoire et de sa géographie.
Un patrimoine immatériel
En effet, la culture russe est partie intégrante du patrimoine immatériel du pays qui allie les traditions des différents groupes ethniques, sous-cultures et visions du monde de la Russie. Elle est riche et complexe et s’est taillé une place de choix dans le concert culturel des nations grâce à ses contributions particulières dans la littérature par les œuvres de Tolstoï et Dostoïevski qui sont deux géants du roman russe du XIXe siècle, dans la musique et le ballet avec respectivement Tchaïkovski et Bolchoï. L’humanité continue de se souvenir de ces grands auteurs de la culture russe parce qu’ils ont profondément marqué la littérature mondiale. La richesse culturelle de la Russie se manifeste par d’innombrables festivals vibrants et de traditions ancrées, comme la Maslenitsa, marquant l’adieu à l’hiver, aux rituels introspectifs des célébrations orthodoxes. Ce sont également des danses folkloriques, des chants et l’artisanat séculaire en perpétuel mouvement évolutif qui marque la continuité du patrimoine russe
Un dynamisme avéré
Le dynamisme de la culture russe explique, de nos jours, notamment en Afrique, des initiatives culturelles déployées qui se fondent sur un patrimoine riche et des dynamiques artistiques. En atteste cette signature de convention pour renforcer la coopération culturelle entre le Burkina Faso et la Fédération de Russie, qui a eu lieu, mercredi 9 juillet 2025, à Ouagadougou. L’on ne saurait passer sous silence l’exposition photographique « Fenêtre sur la Russie », organisée en janvier 2024, à Ouagadougou et qui a suscité un grand intérêt du public.
En réalité « Fenêtre sur la Russie » est une exposition photographique qui s’est tenue à la Médiathèque municipale de Ouagadougou organisée par le Centre de diplomatie publique de la Russie, présentant 40 photos pour renforcer les liens culturels et marquer le début de la « Maison russe » au Burkina Faso, une initiative culturelle et éducative. « Et sans oublier « African Initiative », une association russo-burkinabè, toujours dans la dynamique de rapprocher davantage les peuples russe et burkinabè, qui a célébré une soirée culturelle russe à Ouagadougou, samedi 31 août 2024. « Ma patrie, mon combat », c’était le thème retenu pour cette soirée culturelle russe.
La culture et les traditions russes prennent place au Burkina Faso via une coopération renforcée, par des soirées culturelles (danse, chant, théâtre avec des classiques comme Tchekhov), la promotion de valeurs partagées (amitié, patriotisme) et des projets concrets comme l’ouverture d’une Maison russe. Ce patrimoine culturelle et artistique d’une immense richesse a nourri et continue de nourrir l’humanité tout entière. Car, c’est une culture artistique universelle qui n’a pas de frontière et qui transcende les visions politiques des Etats du monde.
L’influence de la culture russe est mondiale et puissante, à tel point que c’est un leurre de penser aujourd’hui que l’on peut boycotter cette culture. C’est d’ailleurs un débat qui n’accouchera jamais de conclusions appropriées tant la culture est une richesse universelle. D’ailleurs, la culture étant un élément de la civilisation et le fait qu’il n’y a de civilisation supérieure ni de civilisation inférieure, il serait impensable de boycotter la culture russe.
Des traditions dès l’enfance
Parlant des traditions russes proprement dites, elles sont enseignées dès l’enfance, à l’école, lors de fêtes familiales ou dans les clubs culturels. La transmission et la perpétuation des danses et chants se font par les aînés lors des rassemblements, tandis que les jeunes sont souvent impliqués dans les préparatifs des fêtes, perpétuant ainsi le savoir-faire culinaire ou artisanal. Les traditions russes s’exportent via les diasporas, les institutions culturelles (Bolchoï, Mariinsky) et les événements, permettant une immersion dans l’« âme russe » pour les visiteurs et les communautés à l’étranger.
La Russie a aussi une tradition de commémorer ses héros qui ont contribué au développement du pays et qui ont sacrifié leur vie pour l’indépendance nationale. C’est, d’ailleurs, l’exemple palpable de la célébration de la victoire russe du 9 mai 1945 sur le nazisme. Il est à noter que la conservation active de ces festivals est un canal par lequel passent les Russes eux-mêmes pour renouer non seulement avec leur identité historique mais en faire bénéficier aux étrangers qui ont chaque fois le sentiment d’être unis dans les liens culturels russes.
Il ressort que les festivals locaux, comme les foires de Maslenitsa ou les célébrations du Nouvel An, mettent en scène ces traditions à travers des spectacles, des ateliers et des concours ouverts aux visiteurs étrangers. La cohésion sociale est donc renforcée en Russie à partir de ces traditions qui nourrissent le sentiment d’appartenance et qui s’avèrent une source de bonheur et d’identité qui défie le temps, ancrées dans la mémoire collective pour l’éternité.
La culture et les traditions russes brillent par leur présence et leur vivacité en Europe, principalement par l’intermédiaire d’une influence historique considérable dans les domaines des arts (littérature, musique classique, ballet) et grâce aux importantes communautés qui maintiennent leurs coutumes.
Boukary BONKOUNGOU
Des dates culturelles importantes
25 décembre : Noël romain
1er janvier : Jour de l’An
7 janvier : Noël orthodoxe
13 janvier : Nouvel An orthodoxe
23 janvier : Jour de la défense de la Mère-Patrie
8 mars : Journée internationale de la femme
1er mai : Fête du travail
9 mai : Fête de la Victoire sur le nazisme
12 juin : Jour de la Russie
1er septembre : Fête de l´enseignement
7 novembre : anniversaire de la Révolution d’Octobre
12 décembre : Fête de la Constitution
Le ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique a tenu sa deuxième session du conseil d’administration du secteur ministériel, vendredi 12 décembre 2025 à Ouagadougou, autour du thème : « Pour un enseignement et une formation technique et professionnelle (EFTP) dynamiques, alignés sur les orientations de développement national et régional : défis et perspectives ».
L’heure était au bilan au ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique lors du deuxième conseil d’administration du secteur ministériel vendredi, 12 décembre 2025. Les administrateurs ont également adopté le programme d’activités 2026 du département. Le ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, Aboubacar Savadogo, a confié que le secteur de la formation professionnelle a pris de l’envol.
Il a indiqué que son département a pu inaugurer de nouveaux centres de formation professionnelle, équiper des centres de formation et des lycées techniques et réhabiliter des infrastructures dans plusieurs régions. Le ministre Savadogo a aussi relevé que plusieurs formations ont été réalisées. Il a fait savoir, en outre, que son ministère a identifié avec d’autres secteurs ministériels, plus de 1500 métiers inconnus du grand public. Pour lui, ces métiers donnent des possibilités au monde du travail de pouvoir mieux s’orienter. « Nous avons aussi lancé l’initiation aux métiers des élèves qui sont dans l’enseignement général.
C’était un vœu du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, qui a été annoncé en 2023 devant l’Assemblée législative de Transition par le Premier ministre de l’époque », a-t-il relevé. Le ministre chargé de l’Enseignement secondaire a dévoilé les activités planifiées par le département en 2026. « Nous allons entamer la construction d’au moins 6 lycées professionnels à savoir, 3 à Ouagadougou, 2 à Bobo-Dioulasso et 1 à Tenkodogo », a-t-il ajouté. En sus, Aboubacar Savadogo est revenu sur le projet de reconversion des collèges d’enseignement technique et de formation professionnelle en lycées professionnels dans certaines régions, comme à Banfora, à Gaoua.
A ce propos, il s’est dit confiant quant à l’exécution effective des orientations et des missions confiées au département. Il s’agit de faire en sorte qu’une majorité d’élèves puissent s’orienter dans l’enseignement technique.
Le gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye Bassinga, a salué la tenue de cette session du conseil d’administration du secteur ministériel. Pour lui, le CASEM est une instance qui permet de capitaliser le travail réalisé au sein du département. « Je formule le vœu que les travaux aboutissent à des résolutions pertinentes et réalistes, capables de renforcer l’impact des interventions du ministère et de répondre efficacement aux attentes de nos populations », a confié le gouverneur.
La deuxième session du cadre de concertation entre le Service d’information du gouvernement et les directeurs de communication et des relations presses des ministères s’est tenue, vendredi 12 décembre 2025 à Ouagadougou.
Le cadre de concertation entre le Service d’information du gouvernement (SIG) et les Directeurs de communication et des relations presses (DCRP) est une rencontre qui permet aux acteurs de conjuguer leurs efforts pour une meilleure communication gouvernementale. La deuxième rencontre de ce cadre s’est tenue, le vendredi 12 décembre 2025, à 0uagadougou. A l’occasion, le ministre de la Communication, de la Culture des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a salué les efforts de communication publique menés en 2025, au sein des départements ministériels.
« Chaque département ministériel doit pouvoir mener ses propres actions sectorielles tout en travaillant en synergie pour garantir une communication gouvernementale efficace et harmonisée. Cette démarche permet d’éviter les messages contradictoires et d’assurer une meilleure visibilité des actions publiques », a-t-il déclaré.
Le porte-parole du gouvernement a reconnu que des progrès ont été réalisés depuis la précédente rencontre tenue en mai 2025, même si des défis restent à relever. « Nous sommes satisfaits à certains endroits, mais, il y a des insuffisances que nous devons objectivement relever. Ces rencontres sont l’occasion d’un échange franc permettant de tirer les leçons nécessaires afin d’aller de l’avant », a-t-il admis.
C’est pourquoi, le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a invité les communicants publics à mutualiser les intelligences, les moyens et les expériences pour constituer une force redoutable en matière de communication aux côtés du Service d’information du gouvernement (SIG) afin de mettre les populations à l’abri de la désinformation. Pour lui, l’enjeu est double sur la lutte contre la désinformation et le renforcement de la confiance entre les institutions et les populations.
Abordant la vision du chef de l’Etat, il a souligné que les réformes engagées visent véritablement à changer le train et les conditions de vie des concitoyens en vue de leur adhésion consciente à la Révolution progressiste populaire (RPP). « Les ministres ont reçu des lettres de mission claires et précises. Il revient aux DCRP de donner de la lumière et de montrer ce qui se fait concrètement sur le terrain », a-t-il indiqué.
En termes de perspectives, le ministre chargé de la communication a souligné que l’année 2026 sera marquée par l’aboutissement de nombreux chantiers en cours ainsi que le lancement de nouveaux projets. A cet effet, il a appelé à une communication omniprésente, efficace et capable de rassurer les concitoyens pour accompagner ces transformations majeures en phase avec les idéaux de la RPP.