Journées agro-alimentaires Plusieurs acteurs primés

La Fédération nationale des industries de l’agro-alimentaire et de transformation du Burkina (FIAB) a organisé la « Nuit des JAAL », jeudi 4 décembre 2025, à Ouagadougou. Le secrétaire général de la FIAB, Modeste Ouédraogo : « la tenue de cette édition est le fruit de la résilience des acteurs et du soutien constant de nos partenaires ». Le directeur général de la promotion de l’économie rurale, Ollo Arnaud Kam, a souhaité que les distinctions deviennent un levier de croissance et une ouverture vers de nouveaux marchés. Une nuit de distinction pour célébrer le mérite des acteurs de la transformation agro-alimentaire.

Du 28 novembre au 5 décembre 2025 s’est tenue à Ouagadougou, la XIIIe édition des journées agro-alimentaires de la Fédération nationale des industries de l’agro-alimen￾taire et de transformation du Burkina (FIAB). La cérémonie de clôture a eu lieu, jeudi 4
décembre 2025, à Ouagadougou. « Transformation agro-alimentaire et souveraineté alimentaire au Burkina Faso : enjeux, défis et perspectives », a été le thème retenu. Au
cours de la soirée plusieurs acteurs de la transformation agro-alimentaire ont reçu des prix de différents partenaires dans 5 catégories.

Le secrétaire général de la FIAB, Modeste Ouédraogo : « la tenue de cette
édition est le fruit de la résilience des acteurs et du soutien constant de
nos partenaires »

Dans la 1re catégorie prix d’excellence du ministre chargé de l’Agriculture, commandant Ismaël Sombié, a été décerné à « Nutrifor industrie SA ». Ce prix est constitué d’une dé￾cortiqueuse de riz. Dans la 2e catégorie, l’Agence pour la promotion des exportations du Burkina (Apex-Burkina) a décerné le prix de la meilleure entreprise agro-alimentaire exportatrice de 2024 à l’entreprise Traoré Tenin production (ETT-PRO). Le lauréat a reçu
un trophée et 200 000 F CFA.

Dans la 3e catégorie, deux acteurs ont été primés par des attestations. Pour la 4e
catégorie, 2 lauréats ont reçu des attestations. Et dans la 5e catégorie, 5 acteurs ont
reçu également des attestations. Le lauréat Amadou Paré, directeur général Nutrifor industrie SA, a indiqué que ce prix est un signe que sa structure est sur la bonne
voie en termes de transformation des matières premières nationales. Il a traduit sa gratitude au ministère en charge de l’agriculture pour la reconnaissance.

Le secrétaire général de la FIAB, Modeste Ouédraogo, représentant la présidente du comité d’organisation a indiqué que la XIIIe édition des JAAL a connu la participation de
plus de 200 exposants venus du Burkina Faso et de la sous-région. Il a expliqué que durant les 7 jours, l’édition a décliné un programme dense et structuré autour du partage, de la valorisation et du renforcement des compétences. Il a remercié l’ensemble des partenaires qui ont permis la tenue de l’édition avant de saluer la forte présence de la délégation malienne.

Le directeur général de la promotion de l’économie rurale, Ollo Arnaud Kam, a souhaité que les distinctions
deviennent un levier de croissance et une ouverture vers de nouveaux marchés

Aux autorités burkinabè, Modeste Ouédraogo a traduit la reconnaissance du comité
d’organisation, pour l’accompagnement aux Journées agro-alimentaires. Il a donné
rendez-vous en novembre 2027 pour la XIVe édition des JAAL. Le directeur général
de la promotion de l’économie rurale, Ollo Arnaud Kam, représentant le ministre
d’Etat, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, a affirmé que
la Nuit des JAAL témoigne de la détermination des acteurs du secteur à faire de la
souveraineté alimentaire le socle d’un Burkina Faso résilient, maitre de sa production et de sa consommation.

Il a donc encouragé l’ensemble des acteurs à innover et à exploiter toutes les opportunités
afin de dynamiser les unités de transformation en assurant la souveraineté alimentaire
du Burkina. Il a félicité l’ensemble des lauréats. « Que ces distinctions deviennent un levier de crois￾sance, un moteur d’excellence et une ouverture vers de nouveaux marchés », a-t-il souhaité.

Gbetcheni Constantin Bertrand KAMBIRE
(Collaborateur)

Tenkodogo : Des élèves reconnaissants au président du Faso, Ibrahim Traoré

Plusieurs élèves de Tenkodogo ont marché dans la ville, le mercredi 10 novembre 2025, pour soutenir les actions du président du Faso, Ibrahim Traoré, en faveur de l’éducation et d’un Burkina Faso de souveraineté. De la place de la nation, ils  se sont rendus au haut-commissariat de Tenkodogo pour tenir un meeting. « Nous avons décidé de mener cette activité dans les 17 régions pour faire entendre une vérité profonde : lorsqu’un peuple décide de se lever, aucune force ne peut le mettre à genoux », a indiqué la présidente de la ligue des élèves de Tenkodogo (LET), Asbelle Fadilatou Moyenga. Selon elle, les élèves affirment leur engagement pour une nation forte, souveraine et fière.

Dans la même veine, le porte-parole des immergés de 2025, Abdoul Hakim Sana, a soutenu que la jeunesse ne restera pas spectatrice, mais actrice engagée dans la refondation de la patrie. Pour lui, cette manifestation ne doit pas être un événement ponctuel mais le début d’une dynamique, celle de la jeunesse consciente, responsable et debout.

KAK.

 

Kaya / Éducation: Un meeting de soutien au Capitaine Ibrahim Traoré

À l’instar des autres régions du Burkina Faso, la ligue des élèves de la région des Koulsé se sont rassemblés ce mercredi 10 décembre au rond-point de la femme sise au secteur 3 de Kaya, chef-lieu de la province du Sanbondtenga, pour un meeting de reconnaissance au président du Faso et aux acteurs de l’éducation.

Placé sous le thème: << Hommage du monde scolaire au Président du Faso et aux acteurs de l’éducation : reconnaissance, unité et engagement pour un Burkina souverain >> ce meeting à pour objectif de soutenir la révolution Progressiste populaire du Burkina Faso.

Des centaines d’élèves sortis pour la cause, cette marche s’est déroulée dans une ambiance avec conviction et espoir d’un changement et d’une évolution positive du monde éducatif au Burkina Faso.

Illiassa OUÉDRAOGO, président de la ligue des élèves de Kaya, lance un message de soutien au Président du Burkina Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, chef de l’État << pour son engagement en faveur de la souveraineté de notre pays >> a-t-il laissé entendre. Pour ces élèves, ils admirent et saluent le courage et la volonté du Chef de l’État à faire du Burkina Faso un pays souverain et prospère.

Nematou Ouédraogo (collaboratrice)

Emil Abdoul Razak SEGDA

Conseil supérieur de la magistrature: 7 nouveaux membres prêtent serment devant le Conseil Constitutionnel

Le président du Conseil Constitutionnel, Barthémy Kéré, a présidé l’audience solennelle de prestation de serment de sept nouveaux membres du Conseil supérieur de la magistrature, mardi 9 décembre 2025, à Ouagadougou.

Sept nouveaux membres du Conseil supérieur de la ma-gistrature ont été installés dans leur fonction, au cours d’une audience solennelle présidée par le président du Conseil Constitutionnel, Barthémy Kéré, mardi 9 décembre 2025, à Ouagadougou. Ils ont tous chacun, à tour de rôle, prêté le serment, selon la formule consacrée suivante : « Je jure de bien et fidèlement remplir mes missions en toute intégrité, impartialité, indépendance dans la rigueur de la loi et de garder le secret des délibérations ».

Il s’agit de Fortuné Gaétan Zongo, Barnabé Compaoré, Jacqueline Kaboré /Zoungrana, Kiswendsida Fidèle Jean Rémi Compaoré et Amidou Banhoro. Il y a également Idrissa Wangré et Drissa Coulibaly. Selon le président du Conseil Constitutionnel, Barthémy Kéré, le serment qu’ils viennent de prononcer est un engagement solennel et irrévocable. Il a ajouté que le serment signifie qu’ils placent leurs compétences, intégrité et dévouement au service de la justice et de l’intérêt général, au-delà de toutes les considérations personnelles. « Il est la ma-nifestation concrète de votre fidélité aux principes de
l’Etat de droit et de la Constitution, qui sont le socle de notre démocratie », a-t-il renchéri.

Une charge aussi lourde et exaltante

Une vue des sages du Conseil Constitutionnel à la prestation de serment.

« C’est affirmer que vos décisions, vos choix et vos recommandations seront guidés par l’éthique, l’équité et l’impartialité. C’est reconnaître que votre rôle dépasse les frontières de vos fonctions individuelles pour servir la collectivité et renforcer la confiance des citoyens dans le système judiciaire », a-t-il expliqué. Ainsi, il a indiqué que les nouveaux membres du CSM sont désormais les garants de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Et cette indépendance est le pilier de la démocratie. Sans elle, il n’existe, a-t-il dit, ni justice véritable, ni protection des droits fondamentaux, ni équilibre entre les pouvoirs.

Pour ce faire, leur serment est donc le point de départ d’une responsabilité immense : celle de garantir que chaque citoyen puisse accéder à une justice impartiale et équitable. Barthémy Kéré a aussi rappelé que le Conseil supérieur de la magistrature (CM) est une institution essentielle au fonctionnement de la justice au Burkina Faso. De son avis, sa composition, qui associe magistrats et personnalités extérieures, constitue un atout stratégique. Car, elle permet d’intégrer des perspectives diverses, de concilier les intérêts des magistrats et ceux des citoyens, et de renforcer la légitimité et la transparence des décisions prises.

Pour lui, la révision constitutionnelle du 30 décembre 2023 a renforcé cette ouverture, permettant au CSM de mieux répondre aux attentes des citoyens et de dissiper les critiques relatives au corporatisme. Et, elle a également élargi le regard sur les questions judiciaires et renforcé la crédibilité des décisions de l’institution. Le nouveau membre du CSM, Barnabé Compaoré, a dit mesurer la charge qui l’attend. « Il s’agit d’une charge aussi lourde et exaltante, c’est-à-dire de gérer le corps des magistrats », a-t-il confié. En plus, M. Compaoré a fait savoir le CSM va accompagner le président du Faso, dans sa mission exaltante de président du CSM, garant de l’indépendance de la magistrature.

Evariste YODA

e-commerce informel: un business lucratif, mais peu rentable pour le fisc

Le e-commerce est un secteur en plein essor au Burkina, offrant des opportunités aux entreprises informelles de se développer et de toucher de nouveaux clients, grâce notamment aux réseaux sociaux et plateformes numériques dédiées. Y vendant des produits alimentaires, vestimentaires, artisanaux, médicaux et bien d’autres services, elles engrangent parfois d’importants revenus. Pour des raisons diverses, leurs transactions échappent jusque-là au fisc. Cette situation, en plus de nuire à la mobilisation optimale des recettes fiscales, crée un désavantage comparatif pour les entreprises physiques ou formelles. Reportage !

Lundi 6 octobre 2025, à Bobo-Dioulasso. Il est 9 heures. Comme à l’accoutumée, la capitale économique reprend son animation habituelle.
Magasins, boutiques, tables d’expositions des marchés et abords des rues sont ouverts et attendent leurs premiers clients de la journée. Ousmane Ouédraogo (45 ans), est commerçant de draps au grand marché.

« Je suis là, depuis 7 heures. Mais je n’ai pas encore vendu. J’espère que d’ici à ce soir j’aurai un peu de sous », lâche-t-il, l’air impatient. Pendant ce temps, Karidjatou Banhoro, habitante du secteur 32, elle, s’apprête à se rendre à la gare pour expédier une commande de 30 000 F CFA, faite sur sa page Facebook « Sayda Balakissa Junior ». En fin de stage d’initiation dans une structure de la place, l’occasion est tout trouvée pour cette étudiante en 3e année à l’université de l’Unité africaine de faire quelques courses d’affaires avant de regagner le campus. « Ce sac vert contient des boucles d’oreilles, des fouloirs, des robes et des jupes. Je vais l’envoyer tout de suite à une cliente à Daman dans la province du Nayala.

Créé en 2023, le compte de Rebecca Kiswendsida Ouédraogo enregistre déjà 10 000 abonnés.

Il y a longtemps qu’elle en achète chez moi pour revendre », confie-t-elle, s’empressant d’attacher le colis sur sa moto. Grâce à son téléphone portable et la connexion Internet, Mlle Banhoro arrive à concilier aisément études et commerce. « Je n’ai pas de magasin, mais juste une boutique en ligne où je publie divers articles de femmes », précise-t-elle. Elle achète ses articles auprès des fournisseurs sur place, au grand marché et au Mali où réside une partie de sa famille. « Le soir après les cours, je fais des directs sur TikTok et ma page Facebook, des partages sur WhatsApp afin de susciter des manifestations d’intérêt », explique celle qui a décidé d’imiter sa sœur ainée.

« Ma grande sœur vend en ligne des vêtements hommes-femmes haute de gamme en Argentine. Elle a contribué à me former dans le domaine afin que je devienne une opératrice économique », lâche-t-elle, toute confiante. En dehors de la ville de Sya, ses clients résident pour la plupart à Ouagadougou, Koudougou, Dédougou et au Mali. L’étudiante entrepreneure a choisi de céder ses marchandises à des prix défiant toute concurrence.

« Je gagne bien ma vie… »

« Comme je n’ai pas de charges locatives à payer, je vends mes produits à des prix abordables allant de 500 à 30 000 F CFA l’unité. Je peux avoir trois commandes par jour. Mais, pendant la période des fêtes, cela peut aller jusqu’à plus de 10 par jour », relate-t-elle, avec un brin de sourire. Elle dit s’être lancée dans la vente en ligne en 2023 pour s’auto prendre en charge et aider ses géniteurs. « Je gagne bien ma vie à travers le commerce électronique », soutient-t-elle, tout en relevant que le e-commerce informel en ligne n’est pas sans obstacles.

Mais en termes de clients, Mlle Banhoro dit être convaincue que plusieurs vendeurs en ligne rivalisent avec de grandes entreprises formelles. « Je n’ai pas encore payé d’impôts. Aussi, je n’ai pas cherché à connaitre la procédure en la matière », avoue-t-elle, estimant néanmoins que c’est normal que les e-vendeurs fassent des gestes pour soutenir la construction du pays.

Tout comme Karidjatou Banhoro, Rebecca Kiswendsida Ouédraogo est une
jeune entrepreneure dynamique en ligne. Etudiante en 3e année en gestion des projets à l’université Aube Nouvelle, elle est la promotrice de l’entreprise « Becky Royal’Mèch Shop », spécialisée dans la vente des perruques, garnitures et des habits pour enfants sur le réseau social TikTok.

Alexandra Marie Bitibali : « je pense que j’ai pris la bonne décision de faire des postes sur TikTok ».

Créé en 2023, son compte enregistre 10 000 abonnés. La quête de l’indépendance financière incite Mlle Ouédraogo à intégrer le monde des affaires alors qu’elle était en classe de seconde. « Mes parents n’avaient pas assez de moyens. Je voulais être en mesure de les appuyer par moments », confie-t-elle d’une voix timide. Celle qui, au départ, a pris l’initiative d’explorer le monde du numérique afin de disposer d’un nombre important de clients, voit son rêve se transformer en réalité.

Un carrefour d’affaires

« On expédie dans la plupart des grandes villes du Burkina ainsi que dans des pays voisins comme la Côte d’Ivoire et le Mali », confie-t-elle. Pour le règlement d’un achat en ligne, les moyens de paiement mobile et bancaire sont mis à contribution. « Je reçois l’argent et les frais d’expédition par les téléphones mobiles », précise-t-elle. L’expert en économie numérique, Dr Ibrahim Patrick Congo, reconnait que le développement du e-commerce au Burkina bénéficie réellement du renforcement des télécommunications et de l’essor des paiements électroniques.

Mais, à son avis, son plein essor dépendra du renforcement de la confiance numérique, de la cybersécurité et de la modernisation logistique.
En tout état de cause, stopper la vente en ligne ne traverse guère l’esprit de Mlle Ouédraogo. « On n’a plus d’autres choix puisqu’on est déjà embarqué ! Je peux
gagner entre 300 000 et 350 000 F CFA par mois comme bénéfice », avoue-t-elle, toute heureuse. Elle estime que le payement des taxes par les acteurs n’est pas en soi un problème, pourvu que les activités marchent bien.

« Sur TikTok, c’est une question de visites. Il y a des jours où l’on peut lancer un live et parler seul pendant des heures sans que personne ne réagisse. C’est une particularité à

Judith Zagré/ Nakoulma (droite) : « avec le téléphone, on peut faire de bonnes affaires à tout moment et en tout lieu ».

tenir compte », souligne-t-elle. Des entrepreneurs spécialisés dans l’alimentation ont également fini par adopter les outils du numérique. A domicile, Alexandra Marie Bitibali confectionne des gâteaux d’anniversaire, mini pizzas, crèmes, qu’elle vend sur commande. Trouvant ce marketing peu efficace, elle décide d’explorer d’autres voies.

« J’ai pris la bonne décision de faire des postes sur TikTok en 2023, car les choses bougent bien actuellement. Les clients n’avaient pas confiance aux vendeurs sur les réseaux sociaux à cause des arnaques. Aujourd’hui, c’est un carrefour d’affaires », reconnait-elle, l’air enthousiaste. Selon l’expert Congo, il y a d’énormes efforts aussi bien au niveau du gouvernement que des acteurs privés qui tendent à formaliser les pratiques commerciales numériques, à renforcer la confiance des utilisateurs et à stimuler l’innovation.

Des ventes explosées en un an d’exploitation

Généralement, les clients de notre pâtissière sont des hommes. Ils s’en procurent pour faire des surprises à leurs compagnes, le plus souvent. « Un jour, un client, résidant en Belgique, avait fait une commande sur ma page commerciale que j’ai livrée à sa concubine à Bobo. C’est formidable », s’émerveille-t-elle. Estimant que certains clients ne sont pas loyaux après réception du bien, elle exige 80% du prix du bien et le reste à la réception. « Le prix du gâteau est fonction du modèle voulu. Certains coûtent 10 000 F CFA, d’autres
7 000 F CFA », lâche l’étudiante entrepreneure. Mlle Bitibali dit être motivée par la volonté du président du Faso de faire de la jeunesse le véritable moteur de développement du pays.

« J’ai réussi à employer des gens et à installer une connexion wifi. J’ai un bénéfice mensuel 175 000 F CFA », se félicite-t-elle.
Ezéchias Bélémou, lui, met sur le marché en ligne des fast-foods et des cocktails. Un projet

En seulement 3 mois d’existence sur Shopify, Aziz Ouédraogo, a réussi à obtenir un revenu de 500 000 F CFA.

cher à sa défunte grande-sœur qu’il s’est engagé à concrétiser. « Ce projet lui tenait vraiment à cœur. Malheureusement, elle nous a quitté, il y a 2 ans. Je me suis formé pour prendre le relais. On écoulait nos aliments grâce au marketing de bouche à oreille. Mais ce n’était pas suffisant. Nos publications en ligne ont permis d’agrandir le réseau », relate le patron de cette entreprise familiale qui emploie une dizaine de personnes.

A peine un an d’exploitation des réseaux sociaux, le nombre des abonnés de M. Bélémou s’est accru et ses ventes ont explosé. « Ces derniers mois, on a obtenu un bénéfice avoisinant 135 000 F CFA », révèle fièrement le jeune entrepreneur. « J’ai démarré l’activité avec un petit budget de 50 000 F CFA. Grâce au numérique, je me positionne aujourd’hui sur un grand marché où je n’ai pas eu besoin d’investir beaucoup », s’empresse-t-il d’ajouter. Pour Dr Congo, l’absence d’imposition des vendeurs informels en ligne crée un désavantage pour les entreprises formelles.
« Cette asymétrie entraîne un déséquilibre et n’est pas favorable pour un marché sain et pour une protection même des consommateurs », argumente-t-il.

Un forfait numérique supportable

Si les réseaux sociaux sont les plus usités, au regard de leur accessibilité facile, Abdoul Aziz Ouédraogo a un penchant pour les plateformes spécialisées dont l’exploitation nécessite un abonnement. Associé à TYMS GROUP EXPERTISE, un cabinet d’expertise en gestion de projet, Marketing et Communication, sis au quartier Belleville de Bobo-Dioulasso, M. Ouédraogo détient, à titre personnel, une boutique en ligne, « Digitale Elite ». Il y vend des produits et services digitaux sur la plateforme Shopify. « J’y ai créé un compte et fait mon abonnement pour vendre des ebooks, des cours de développement personnel.

Si un client fait la commande, l’intermédiaire Shopify valide et reverse le paiement dans l’un de mes comptes, Orange money, Wave, Visa, dans un délai de 72 heures, après avoir retenu 5% du prix de vente », explique-t-il. Après la mise en place de son business virtuel, les résultats ne se sont pas fait attendre. « J’ai commencé, il y a environ 3 mois ; le mois dernier, j’ai réussi à obtenir un revenu de 500 000 F CFA », confie-t-il, sourire aux lèvres. Le passionné des TIC soutient que le commerce en ligne a plus d’avantages contrairement à celui qui a un bureau bien formalisé et qui doit faire face à diverses charges, à savoir les taxes et les loyers.

A « Diva 2026 », l’usage des réseaux sociaux compense la morosité du marché.

L’expert senior agréé en fiscalité, Amos Zong-Naba croit qu’en s’inspirant d’autres expériences en Afrique, on peut imaginer un forfait numérique supportable. Et la digitalisation des procédures de déclarations fiscales facilitera l’adhésion des acteurs. « Je milite pour une contribution forfaitaire faible, des procédures ultra-simplifiées (paiement mobile, enregistrement en ligne comme le fait la DGI à travers eCME) et des incitations qui donneraient en contrepartie des droits concrets, à savoir l’accès au microcrédit, marchés publics, couverture sociale, etc. », argumente-t-il.

Les réseaux sociaux et plateformes de vente offrent aussi la possibilité d’y exercer plusieurs activités tout en déployant moins d’efforts. C’est le cas de cette habitante du quartier Zone 1 de Ouagadougou, Aminata Zeba, âgée de 35 ans. Née avec une malformation cardiaque ayant nécessité une chirurgie, elle ne peut exécuter que des tâches légères. Mais, grâce à ses deux entreprises en ligne, « Eltec’Shop » et « Mina’s Délice », Dame Zeba a réussi à surmonter son handicap. « La première est consacrée à la vente des vêtements et chaussures, la seconde aux expositions des mets locaux. Comme je suis passionnée de la cuisine, des publications de mon savoir-faire m’ont permis d’obtenir plusieurs contrats de prestations de service », révèle-t-elle, l’air comblée.

Formaliser sans freiner l’innovation

Elle a débuté son activité avec un capital de 17 000 F CFA en 2024. Aujourd’hui, elle a pu épargner 300 000 F CFA dans son compte bancaire. « Je suis financièrement indépendante. Parfois, je soutiens mon père dans l’achat de mes produits de soins », soutient celle qui a abandonné ses études en classe de Terminale. Elle dit être en mesure d’avoir de
l’espace pour ériger une boutique, mais préfère continuer à vendre en ligne.
« C’est plus facile et rentable.

Yannick Guy Missainhoun : « ici, on vend à bas prix, sachant qu’on va réaliser assez de bénéfices ».

En dehors de la connexion Internet, on n’a pas besoin d’y injecter trop de ressources », estime-t-elle. C’est pourquoi, le premier vice-président du Conseil national de l’économie informelle du Burkina Faso (CNEI-BF), Boureima Tondé, conseille aux e-marchands de mettre du sien pour y tirer le maximum de profits. « Il contribue beaucoup à la visibilité et à la promotion même des activités des acteurs de l’économie informelle qui occupent plus de 89% de la population active des zones urbaines et rurales », affirme-t-il, tout en les exhortant à se formaliser pour bénéficier d’une crédibilité bancaire et avoir un accès facile aux investisseurs.

Outre les entreprises en ligne, des commerçants possédant des boutiques et magasins établis physiquement se servent des plateformes numériques pour accroitre leurs ventes.
Judith Zagré du haut de ses 55 ans, en fait partie. Elle détient une boutique au quartier Wemtenga de Ouagadougou, dénommée « Judith Shop » où elle commercialise des produits cosmétiques, chaussures, vêtements, plats, mèches, etc. Elle a plus de 30 ans d’expériences dans le domaine.

La morosité du marché l’oblige à franchir le pas en 2024. « Comme mes activités ne marchaient pas bien ces derniers temps, mes enfants m’ont encouragé à recourir aux réseaux sociaux », confie Mme Zagré. Elle a pu conquérir de nouveaux clients à travers TikTok et WhatsApp et ses statuts Facebook.

« Un jour, je me suis rendue au TGI Ouaga 1 pour chercher des documents. De là, une cliente a fait une commande de 40 000 F CFA sur mon portable, j’ai filé au magasin pour la lui expédier. Avec le téléphone, on peut faire de bonnes affaires à tout moment et en tout lieu », explique la quinquagénaire, émue du potentiel du digital. De l’avis de l’expert Zong-Naba, de nos jours, le numérique est une nécessité et presqu’un passage obligé pour les acteurs économiques locaux comme étrangers. Par conséquent, il y a lieu de favoriser l’entrée progressive des entreprises nationales dans la formalisation sans freiner l’innovation.

Des distorsions de concurrence

Yannick Guy Missainhoun, 35 ans, est commerçant au secteur 21 de Bobo-Dioulasso. Son

L’expert senior agréé en fiscalité, Amos Zong-Naba : « je milite pour une contribution forfaitaire faible et des procédures ultra-simplifiées ».

établissement commercial « MSH Technology » est spécialisé dans la vente de dispositifs électroniques, à savoir des ordinateurs portables, smart phones et accessoires. Il met à contribution son compte TikTok et sa page Facebook, il y a environ 5 ans. « Les réseaux sociaux, c’est vraiment ce qui est d’actualité », reconnait-il. Car, si tu t’assois pour attendre des clients, qui va venir ? », s’interroge-t-il. Il achète ses appareils auprès des fournisseurs en Asie et en Amérique via des plateformes spécialisées.

Il les stocke dans un magasin, en ville. « Dans cette boutique, on n’a exposé qu’un échantillon. Vous savez, les voleurs aiment attaquer les locaux bien fournis et il faut également trouver des astuces pour payer peu d’impôts. Actuellement, je paie un forfait d’environ 100 000 F CFA par an », se complait-il. Pourtant, il y a des périodes où il peut avoir environ 10 millions F CFA de chiffres d’affaires par mois. « Ici, on vend à bas prix, sachant qu’on réalisera assez de bénéfices. Je peux dire qu’au quartier ici, personne ne s’intéresse à nos produits.

Alors que, tous les jours, je livre des tablettes à des clients, partout dans le monde. Certains achètent plus de 10 PC pour revendre. C’est efficace », avoue-t-il, défilant l’écran de son téléphone avec son pouce. Pour M. Tondé, certains commerçants trouvent des solutions pour payer moins de taxes tout en enregistrant assez de bénéfices. « Ces personnes ne sont même pas prêtes pour aller dans le formel », souligne-t-il. Doit-on avoir peur de l’impôt ? Non, dans la mesure où le système d’imposition au Burkina est déclaratif, sensibilise-t-il.

Dans ce sens, Dr Congo reconnaît que l’univers numérique est un environnement qui permet de plus se cacher que dans l’univers physique. « On peut mener des activités sans être tracé, sans être formellement reconnu comme ayant la qualité pour mener ces activités », fait-t-il remarquer. Cette situation, selon M. Zong-Naba, en plus de priver le Trésor public d’importantes recettes fiscales, entraine des distorsions de concurrence entre les entreprises classiques et celles utilisant des modèles économiques fortement numérisés.

Des ébauches de solutions pour une imposition réussie

Le chef du département Produits numériques de La Poste Burkina, Moussa Savadogo, souhaite que des précisions soient opérées dans le but d’éviter les doubles taxations.

Au quartier Sanyiri de Ouagadougou, Sa-adatou Ouédraogo (32 ans) est la patronne de « Diva 2026 », une boutique qu’elle a créée en 2020 où elle commercialise des parures de femmes et des produits cosmétiques. L’entrepreneure de Sanyiri confie s’acquitter de ses taxes et impôts, même si les affaires ne marchent pas bien souvent. Pour la traçabilité et l’imposition des transactions en ligne, avec l’expérience des pays comme le Kenya et le Nigeria, l’expert senior agréé en fiscalité, Amos Zong-Naba, et président de l’Association fiscalité et développement, propose la mobilisation de plusieurs mécanismes.

Il s’agit d’abord des déclarations électroniques et facturation digitale, à travers une plateforme en ligne de déclaration simplifiée pour les opérateurs étrangers, comme l’UE a fait avec le système OSS/IOSS. « Le mécanisme pourra permettre aussi d’obliger les plateformes burkinabè et internationales opérant localement à générer des factures électroniques normalisées, qui permettent à l’administration de suivre en temps réel ou quasi réel le volume des transactions », assure-t-il. Il note, en outre, la responsabilisation des plateformes dans la collecte des TVA et la traçabilité bancaire et mobile money. A ceci, il ajoute le mécanisme de la coopération internationale et accords d’échange d’informations.

Le premier vice-président du CNEI-BF, Boureima Tondé : « les plateformes numériques contribuent à la visibilité des activités des acteurs de l’informel ».

« Le Burkina peut s’appuyer sur l’OCDE, l’ATAF et les conventions fiscales régionales pour exiger des plateformes étrangères un minimum de reporting », estime-t-il. M. Zong-Naba suggère également que l’administration fiscale développe des outils de data mining, avec l’accompagnement des structures techniques du ministère de l’Economie numérique pour surveiller les publicités Facebook/Instagram, les ventes sur WhatsApp Business, etc. et détecter les vendeurs actifs qui ne déclarent pas. « Par exemple, si une plateforme annonce 10 000 ventes en ligne, mais ne reverse de TVA que sur 1 000 ventes, cela crée un signal de risque », illustre-t-il.

Dr Ibrahim Patrick Congo, chargé de missions au ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, propose d’adopter une fiscalité numérique graduelle et incitative, de mettre en place un cadre légal et règlementaire clair et équitable. « Un cadre stable rassure les acteurs du e-commerce et permet à l’Etat de capter sa part de valeur ajoutée sans créer d’incertitudes juridiques », dit-il. « Il faut donner aux e-commerçants un retour direct sur leurs impôts comme l’accès à des services logistiques, à des financements, à la protection juridique, ou à des labels », avance-t-il. Car, lorsque l’impôt devient un levier de crédibilité, il n’est plus vu comme une contrainte.

Il suggère de recourir aux outils numériques qui vont aider à tracer les transactions en ligne. « L’administration fiscale pourrait collaborer avec les opérateurs de téléphonie et des banques pour collecter des données anonymisées et agrégées de flux commerciaux. Elle pourrait alors croiser les déclarations de TVA reçues des plateformes avec la réalité des flux financiers », soutient-il. Pour le premier vice-président du CNEI-BF, Boureima Tondé, un dialogue permanent entre Fisc, acteurs du numérique et consommateurs est nécessaire pour connaitre les difficultés et ajuster les besoins.

L’expert en économie numérique, Dr Ibrahim Patrick Congo : « le plein essor du e-commerce va dépendre du renforcement de la confiance numérique ».

« L’acteur de l’économie informelle et le commerçant de façon générale, doivent être considérés comme un acteur majeur dans le recouvrement des taxes et impôts. Quand on les sensibilise, ils seront nombreux et promptes à payer volontairement », souhaite-t-il. L’expert Zong-Naba confirme qu’« avec la nouvelle mesure fiscale de 2025, il revient aux places de marché virtuel de retenir, déclarer et reverser la TVA, même pour le compte des vendeurs tiers.

« Cela rend la traçabilité plus simple, car au lieu de contrôler
1 000 petits vendeurs, l’administration fiscale peut se concentrer sur quelques grandes plateformes, notamment TikTok, Facebook, Google », Amazon, Microsoft », préconise-t-il. Mais, le chef du département Produits numériques de La Poste Burkina Faso, Moussa
Savadogo, souhaite que des précisions soient opérées dans le but d’éviter les doubles taxations.

Adama SAWADOGO


 

Fasoranana, une solution de collectes de la TVA

Lancée en février 2019 dans la dynamique d’adaptation aux exigences de la clientèle, la plateforme Fasoranana permet aux offreurs de services et de biens de proposer leurs offres. Elle permet également à l’ensemble des demandeurs nationaux et internationaux de faire des achats en ligne et surtout de se faire livrer par le service courrier « Express Post’ Eclair ». Il est prélevé une commission de 5 % sur chaque paiement effectué sur cette plateforme. Ces commissions sont utilisées pour couvrir les frais de transferts effectués par mobile money et autres. A ce jour, 15 922 personnes se sont inscrites sur cette plateforme qui compte 155 vendeurs formels, tous de grands commerçants. 1 300 personnes y ont acheté au moins une fois et leurs noms figurent dans les bases de données. En 2024, les transactions s’élevaient à 26,290 millions F CFA contre à 12,336 millions F CFA en 2023. Ces montants représentent l’ensemble des achats effectués sur la plateforme pendant ces périodes. Dans l’optique de toucher le plus grand nombre d’e-marchands, les artisans et petits commerçants, elle a décidé d’ouvrir ses places de marché au secteur informel.

Source : La Poste Burkina Faso

Flash

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Le ministre ivoirien chargé de l’Intégration, Adama Dosso, a été reçu par le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, le samedi 6 décembre dernier. Ces deux personnalités ont discuté de l’état actuel des relations bilatérales entre les deux pays. Faut-il le rappeler, cette ouverture des deux parties témoigne de la maturité des autorités du Burkina et de la Cote d’Ivoire à préserver un climat de confiance entre les peuples ivoirien et burkinabè. Les peuples africains appellent de leurs vœux les dirigeants à toujours privilégier le dialogue, quelle que soit la situation pour consolider les rapports de bon voisinage. Si le colon a pu inculquer dans l’imaginaire collectif une différence entre les peuples, en érigeant des frontières, c’est aux autorités de travailler à briser cette perception et accélérer le processus d’intégration entamé par les devanciers pour une Afrique unie et solidaire.

Adama NIKIEMA
(Stagiaire)

Alerte à Cabo Delgado

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La situation sécuritaire est très critique au nord du Mozambique, pays d’Afrique de l’Est. A Cabo Delgado, épicentre de la violence entretenue par les groupes armés, un drame humanitaire se joue, au grand dam de l’humanité. En ce mois de décembre, le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU a signalé plus de 100 000 déplacés en deux semaines. Depuis le début de l’année 2025, le nombre de populations fuyant les
exactions ne fait que grossir, par centaine de milliers. Ecoles, abris de fortune et autres endroits, les déplacés trouvent refuge un peu partout dans l’urgence pour « sauver leur nez ». Les premières victimes sont malheureusement les enfants, qui comptent pour environ 67% des déplacés. Autant dire que l’heure est grave.

L’insécurité a atteint un niveau très alarmant à Cabo Delgado, que l’on perd son latin. Les mouvements de po-pulations entrainent des problèmes sanitaires (des cas de choléra ont été confirmés dans certains districts), la déscolarisation et des risques de maltraitance d’enfants. Le quotidien des déplacés est aussi sombre que leur sort. Ils manquent de tout : nourriture, eau potable, hygiène, etc. Aussi les activités agricoles sont-elles compromises à Cabo Delgado et dans les localités environnantes, à cause de l’insécurité, ce qui accentue la famine. L’aide humanitaire fournie peine à couvrir les besoins des personnes en détresse. Rien ne va dans le nord du Mozambique, où les violences ont éclaté, depuis 2017.

A l’origine de ce conflit, le groupe armé baptisé « Al Shabab », affilié à l’Etat islamique, qui s’est soulevé contre le gouvernement mozambicain, pour dénoncer une mauvaise gouvernance et une exclusion sociale des populations de cette partie du pays. Tueries, destruction de biens publics et privés, enlèvements d’enfants, ce groupe est la terreur incarnée, le cauchemar de nombre de mozambicains. Les actions nuisibles d’« Al Shabab », qui s’inscrivent désormais dans la routine, ont entrainé la mort de plusieurs milliers d’individus et le déplacement de plus d’un million d’autres. L’insurrection islamiste gagne du terrain au Mozambique, ce qui est très déplorable.

Maputo multiplie les initiatives pour mettre fin à cette situation, mais la tâche est complexe. En plus des actions militaires, les autorités mozambicaines fournissent de l’aide humanitaire et tentent de restaurer les services sociaux de base (santé, éducation…), mais elles ne parviennent pas pour l’instant à rétablir l’ordre. La menace islamiste est plus que jamais présente.

La multiplication des attaques cette année en fait foi. S’il est difficile de vaincre l’adversité, Maputo ne doit pas pour autant baisser les bras. Il doit poursuivre ses efforts et sacrifices jusqu’à la victoire finale, avec le soutien de la communauté internationale, qui doit sortir des discours et autres condamnations de principe pour aider à faire bouger véritablement les lignes. On ne saurait se contenter uniquement de l’aide de l’armée rwandaise, qui depuis 2021, intervient aux côtés des forces mozambicaines. A cœur vaillant, rien d’impossible, dit-on. Les forces obscures ne peuvent jamais triompher face aux Etats organisés. La lumière finit toujours par prendre le dessus sur les ténèbres…

Kader Patrick KARANTAO

Gouvernement-Parlement: une concertation pour améliorer la collaboration

Le ministère de la Justice et des Droits humains, chargé des Relations avec les Institutions, Garde des sceaux organise un séminaire-bilan des activités parlementaires du gouvernement, au titre des années 2024-2025, les 8 et 9 décembre 2025, à Ouagadougou.

Le gouvernement ambitionne de renforcer ses relations avec l’Assemblée législative de Transition (ALT). C’est ainsi qu’à travers le ministère de la Justice et des Droits humains, chargé des Relations avec les Institutions, Garde des sceaux, il a institué des cadres de concertation entre les deux parties. L’un d’entre eux est le « séminaire-bilan des activités parlementaires du gouvernement », né, entre autres, de la fusion du cadre permanent de concertation avec les groupes constitués et les commissions générales de l’organe législatif. Après un rendez-vous manqué en 2024, ledit séminaire se tient cette année, les 8 et 9 décembre 2025, à Ouagadougou.

Présidé par le ministre chargé de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, plusieurs points sont à l’ordre du jour de cette rencontre. Il s’agit, notamment de la présentation du règlement de l’ALT, du travail parlementaire et du contrôle de l’action gouvernementale, ainsi que des généralités sur le Droit international humanitaire. Ce séminaire servira, en outre, de cadre aux participants de faire le bilan du déroulement de la session permanente de l’ALT, du 1er janvier 2024 au 5 décembre 2025.

« Nous sommes la porte des transmissions entre l’ALT et le gouvernement. Et, dans toute collaboration, il est nécessaire qu’à un moment donné, de façon annuelle, nous puissions faire le bilan du chemin parcouru », a estimé le ministre Bayala. En termes de bilan, il s’est réjoui de l’intensité des activités au niveau de la Représentation nationale. « Nous sommes dans un moment de refondation de la gouvernance et cela ne peut passer que par le vote des lois. C’est pourquoi, le nombre de lois votées par an est de plus en plus élevé », a noté le ministre Bayala.

Le Garde des sceaux a salué l’excellence des relations entre le gouvernement et l’organe législatif. « L’ensemble des projets de loi que le gouvernement a déposé auprès de l’ALT ont été examinés et adoptés », a-t-il apprécié. Bien que le bilan soit positif, le ministre chargé de la Justice a reconnu que des difficultés existent. Cette rencontre sera donc l’occasion, à l’entendre, de se connaître davantage et échanger sur les difficultés afin d’y trouver des solutions.

Nadège YAMEOGO
Fatimata ZOUNGRANA
(Stagiaire)

Eau potable, hygiène et assainissement : une étude en validation pour un meilleur financement du secteur

L’ONG WaterAid, en partenariat avec le Centre d’information, de formation et d’Etudes sur le budget (CIFOEB), a organisé un atelier de restitution et de validation des résultats d’une étude menée sur l’évolution des financements du secteur de l’eau potable, de l’hygiène et de l’assainissement, mardi 9 décembre 2025, à Ouagadougou.

Pour un meilleur financement en faveur du secteur de l’eau potable, de l’hygiène et de l’assainissement (EAH), l’ONG WaterAid, en partenariat avec le Centre d’information, de formation et d’études sur le budget (CIFOEB), a mené une étude rétrospective et prospective en 2023. Un atelier de restitution et de validation de cette étude actualisée s’est tenu, mardi 9 décembre 2025, à Ouagadougou. Selon le représentant du directeur pays de WaterAid, Célestin Pouya, la validation du rapport va permettre d’accompagner les parlementaires pour le vote du budget et également d’avoir une situation de référence au niveau du ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Assainissement et de tous les partenaires.

Il a fait savoir que l’un des grands défis majeurs pour le gouvernement burkinabè est de mobiliser les ressources financières pour le développement. « Avec la situation que nous vivons, la diminution des contributions extérieures sur le plan financier doit être une grande opportunité pour le Burkina Faso pour se ressaisir, planifier, budgétiser et mobiliser le maximum de ressources financières qu’il faut pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène au niveau national », a confié M. Pouya. Il a indiqué que l’étude commanditée par WaterAid auprès du CIFOEB a porté sur la loi de finances et les autres contributions nationales.

Du rapport présenté par la chargée des études analyses et de la recherche action du CIFOEB, Aïda Dao, il ressort que malgré que les efforts de l’Etat et ses partenaires en matière d’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement, les résultats escomptés ne sont toujours pas au rendez-vous. « Nous constatons que la couverture nationale liée à l’accès à l’eau potable a atteint 78,4%, mais cela cache aussi des inégalités. Quand on regarde le milieu urbain et celui rural, il y a des divergences », a révélé Mme Dao. Elle a indiqué que dans le milieu urbain, le taux est de 91,7% et en milieu rural 71,5%.

En matière d’assainissement, 28,6% seulement des Burkinabè disposent des services améliorés avec un taux de 39,4% en zone urbaine et de 23,4% celle rurale. Ces résultats témoignent à son avis, qu’il y a des défis « énormes » à relever en vue d’atteindre l’Objectif de développement durable 6 (ODD6). Elle a fait savoir que l’EAH, a été financé par le budget de l’Etat à travers les lois de finances, les Comptes d’affectation spéciale du trésor (CAST) et le financement direct.

Des efforts consentis

La chargée des études analyses et de la recherche action du CIFOEB, Aïda Dao, a souhaité, entre autres, l’amélioration des contributions du secteur privé afin de disposer de meilleurs indicateurs

Pour elle, l’évolution de ces instruments sur la période de 2017 à 2024, fait ressortir un boom du financement direct extérieur en matière du WASH (Eau, assainissement et hygiène) en raison de la pandémie de la COVID-19. Elle a poursuivi qu’à partir de 2023, le financement extérieur dans le secteur a connu une baisse liée aussi au contexte actuel du Burkina Faso. « Mais nous avons constaté qu’entre 2023 et 2024, le financement direct du WASH a connu un boom entraînant par la même occasion une amélioration du financement global du secteur.

Cela a contribué à élever le montant global du financement du secteur qui est passé de 77,9 milliards F CFA en 2023 à 123,8 milliards F CFA en 2024 », a-t-elle relevé. Selon la chargée des études, analyses et de la recherche action du CIFOEB, en considérant les ressources financières orientées vers le WASH social, l’Etat a couvert les besoins en WASH en moyenne de 3 022 F CFA par habitant et par an sur la période de 2017 à 2024. Les dépenses annuelles par habitant sont passées de 3 192 F CFA en 2017 à 4 343 F CFA en 2024, soit une amélioration de 0,45%.

Elle a, par ailleurs, indiqué que plus de 52 % du financement du WASH volet social a été orienté vers le milieu rural contre 47,3% pour le milieu urbain, ce qui traduit une adéquation avec la réalité. « Quand on regarde aussi les indicateurs, on sent qu’il y a beaucoup plus de défis en milieu rural qu’urbain », a expliqué Mme Dao. Elle a aussi confié que le financement social en milieu rural connait une amélioration depuis 2021 contrairement à celui urbain.

Le secteur de l’assainissement et de l’hygiène a bénéficié d’un peu plus d’attention en milieu rural qu’en milieu urbain jusqu’en 2021, a soutenu Mme Dao. « Donc, on constate que de plus en plus, les priorités sont orientées vers le milieu rural dans une optique d’améliorer les indicateurs dans ce secteur », a-t-elle mentionné. L’étude a permis de formuler des recommandations à l’endroit des parties prenantes.

Il s’agit, entre autres, d’accroitre les allocations au profit du secteur afin de satisfaire les engagements budgétaires, de prendre des dispositions de sécurité pour la réalisation des infrastructures WASH dans les zones à fort défis sécuritaire, élargir l’assiette parafiscale de la contribution financière en matière d’eau pour une prise en charge endogène et adéquate des besoins en WASH. Elle a également souhaité d’améliorer la traçabilité des flux financiers destinés au secteur de l’eau, l’hygiène et l’assainissement par la production de données par tous les acteurs intervenant dans le secteur.

Aly SAWADOGO

3e Forum national des droits humains: la mise en œuvre des recommandations examiné

La Commission nationale des droits humains a organisé, une rencontre pour la revue à mi-parcours des recommandations du 3e forum national des droits humains, le mardi 9 décembre 2025, à Ouagadougou, sur le thème : « Contribution des défenseurs des droits humains à la Révolution progressiste populaire (RPP) ».

La Commission nationale des droits humains (CNDH) veut s’assurer de la bonne mise en œuvre des recommandations issues du 3e Forum national des droits humains qui a eu lieu en décembre 2024. A cet effet, elle a tenu une rencontre en vue d’examiner, à mi-parcours, les recommandations dudit Forum, mardi 9 décembre 2025 à Ouagadougou. La rencontre a regroupé l’ensemble des partenaires de la CNDH et a été présidée par la première responsable de l’institution, Gonta Henriette Dah.

Elle a fait savoir que le 3e Forum a permis d’aborder les défis majeurs auxquels, le Burkina Faso fait face et de dégager des recommandations fortes. En plus, les participants ont adopté une déclaration finale qui, a-t-elle soutenu, demeure une feuille de route dans la dynamique de promotion et de défense des droits fondamentaux.

Toutefois, a-t-elle rappelé, comme toute action de plaidoyer pour des politiques publiques, l’élaboration des recommandations n’est qu’une première étape. Leur mise en œuvre et suivi rigoureux constituent la véritable mesure de leur impact.

« C’est pourquoi, la CNDH a jugé indispensable d’organiser cette revue à mi-parcours », a expliqué Gonta Henriette Dah. Elle a ajouté que la rencontre s’inscrit dans la double logique du suivi-évaluation participatif et la capitalisation continue des acquis, ajoutant qu’il est un moment privilégié pour mesurer collectivement les progrès réalisés, identifier les obstacles persistants et orienter les actions futures.

Pour ce faire, la présidente de la CNDH a insisté sur la nécessité de renforcer les synergies entre les défenseurs des droits humains, les autorités, les partenaires techniques et financiers ainsi que la société civile pour améliorer la dynamique de protection et de promotion des droits humains au Burkina Faso. Du reste, dans un contexte de crise sécuritaire et de mutation sociale, la CNDH veut bien une place où continuer à alerter, sensibiliser et plaider en faveur de la promotion, la protection et la défense des droits humains.

La conseillère politique de l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne, Annie Höhne, a salué le travail constant et la résilience institutionnelle de la CNDH, dans ses actions de promotion des droits humains. Elle a mis en avant la capacité de l’institution à rassembler des acteurs divers autour d’un objectif commun et à créer, au fil des années, des espaces de dialogue indispensables, en faveur de la promotion des droits humains. Pour Annie Höhne, cette revue à mi-parcours est une illustration concrète du rôle pivot que joue la CNDH dans le suivi des recommandations.

« La contribution des défenseurs des droits humains demeure essentielle. Leur travail d’alerte, de sensibilisation et de médiation constitue un pilier indispensable pour accompagner durablement la transformation sociale du pays », a-t-elle indiqué. Souhaitant des échanges riches et constructifs afin de permettre une mise en œuvre renforcée des recommandations, Mme Höhne a réaffirmé l’engagement de l’ambassade de l’Allemagne à accompagner la CNDH dans la promotion des droits humains pour le renforcement des institutions nationales de droits humains.

Oumarou RABO
Fatimata ZOUNGRANA
(Stagiaire)