
Pisciculture en cage flottante à Bagré : plongée dans les eaux poissonneuses de la souveraineté alimentaire
Pour couvrir ses besoins en consommation de produits halieutiques, le Burkina dépend énormément de l’extérieur à hauteur de 80%. Les données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) montrent que le pays a importé 165 141 tonnes de produits halieutiques par an entre 2020 et 2024. Les dépenses liées à ces achats sont évaluées à 19,3 milliards F CFA. Face à cette dépendance de l’extérieur, le gouvernement s’est inscrit dans une dynamique de transformation structurelle du secteur halieutique national en lançant l’Offensive agropastorale et halieutique en août 2023. Dans la batterie de mesures prises, l’on enregistre la pisciculture en cage flottante installée sur plusieurs plans d’eau du pays. Immersion dans une nouvelle technique de production de poissons sur le barrage de Bagré.
Jeudi 7 mai 2026. Il est 7 heures 30 minutes au barrage de Bagré, dans la région du Nakambé, situé à 40 km au Sud-Ouest de Tenkodogo. Sur les berges de cette retenue d’eau de 1,7 milliard de mètres cubes), souffle un vent frais. Il entraine des vagues d’eau d’une forte intensité qui transgressent les bordures du barrage. En refrain, des chants d’oiseaux survolent le plan d’eau. Le tout distillant une mélodie peu ordinaire. Cette partie du Burkina où vivent près de 9 000 âmes est un véritable pôle économique du fait des multiples potentialités qu’offre la retenue d’eau depuis sa mise en service en 1992. Les habitants y pratiquent l’agriculture, l’élevage et bien d’autres activités connexes comme la pisciculture.

« j’ai choisi ce métier par amour ».
Sur l’étendue d’eau, s’étendent à perte de vue des cages flottantes. Ce dispositif constitue une nouvelle technique de production de poissons Tilapia en implémentation au Burkina. Ce jeudi 7 mai 2026, au bord de la rive, une vingtaine de personnes s’impatientent avec leurs pirogues chargées d’aliments pour poissons. « A cause du vent, nous ne voulons pas courir le risque de chavirer. Le moment n’est pas propice pour alimenter les poissons », lance Tegawendé Valérie Ouédraogo, une gérante des cages flottantes. Son train-train quotidien, tout comme les autres gérants embauchés par les promoteurs de la pisciculture moderne, consiste essentiellement à nourrir les poissons, à entretenir et assurer la propreté des cages. Ce métier, elle l’a choisi par amour.
Titulaire d’une licence en pisciculture obtenue au centre universitaire de Gaoua en 2023, elle est l’unique femme à embarquer tous les jours dans sa pirogue au milieu d’une cohorte d’hommes pour le suivi régulier des poissons en cage flottante. « Je ne suis pas du tout gênée d’être parmi les hommes. Cela fait bientôt 3 ans que nous travaillons ensemble dans une belle ambiance », assure-t-elle avec un brin de sourire. Pour elle, cet emploi lui permet de subvenir à ses besoins. « A chaque fin de mois, mon patron me paye à temps et cela m’aide énormément », déclare-t-elle.
Des filets de protection

Après deux heures d’attente, le vent baisse en intensité. C’est la « délivrance ». Les activités du jour peuvent alors commencer. Tegawendé Valérie Ouédraogo et ses collègues sont à la manœuvre avec un seul mot d’ordre : approvisionner les poissons dans un bref délai afin de vaquer à d’autres occupations.
En face, sur l’autre berge, des piroguiers se hâtent pour la récolte des poissons. A quelques jets de pierre du plan d’eau, un autre groupe d’environ une centaine de personnes patiente sous un arbre. Ils sont en majorité des mareyeurs venus de divers horizons comme Tenkodogo, Bittou, Garango, Zabré et les villages environnants. Certains ont investi les lieux depuis 4 heures du matin, espérant retourner le plus vite possible avec du poisson frais pour leur clientèle. Mais, tous vont devoir encore se patienter, le temps que les pêcheurs regagnent la rive.
Pendant ce temps, les regards sont tournés vers le chef d’unité technique du périmètre halieutique d’intérêt économique de Bagré, Boalidjoa Ouali. Sa mission est de superviser la chaine de production du poisson et d’organiser la vente sur la berge. La mine décontractée, ce dernier affiche une sérénité malgré le brouhaha des poissonniers. Il avait pris le soin de dresser dans son cahier, une liste suivant l’ordre d’arrivée des mareyeurs. « Ici, nous ne faisons pas de favoritisme. Chaque client est servi par ordre d’arrivée », clame-t-il.

« nous appuyons les promoteurs en conseils pratiques et faisons des pêches de contrôle pour réajuster l’alimentation des poissons ».
Une demi-heure plus tard, les premières prises sortent de l’eau. La vente peut alors commencer. Avec son équipe, Boalidjoa Ouali, appelle tour à tour les mareyeurs. « Nous avons pris du retard aujourd’hui, mais chacun pourra retourner avec du poisson frais », assure-t-il. Son rôle, poursuit-t-il, consiste à apporter un soutien aux promoteurs de la pisciculture en cage flottante. « Nous les appuyons en conseils pratiques. Nous faisons également des pêches de contrôle pour réajuster l’alimentation des poissons dans les cages flottantes. Nous organisons enfin la vente des poissons trois fois par semaine, notamment le samedi, le mardi et le jeudi », détaille-t-il.
Selon le chef d’unité technique du périmètre halieutique d’intérêt économique de Bagré, le plan d’eau de Bagré regorge plus de 500 cages flottantes. « Nous avons trois dimensions à savoir les cages de 75 mètres cubes (m3), 100 m3 et 200 m3 », précise-t-il. Concernant le suivi de la production, Boalidjoa Ouali rappelle qu’au début, des manquements étaient constatés. Toute chose qui impactait négativement le rendement. « Certains promoteurs empoissonnent leurs cages au moment où le vent souffle.
Cela entraine des déperditions. Ils peuvent dire qu’ils ont empoissonné 5 tonnes d’alevins, ce qui n’est pas vérifié à cause des pertes dues au vent », explique-t-il. Aussi, confie-t-il, les poissons n’ayant pas les mêmes tailles, il faut d’abord placer des filets de protection pour éviter la déperdition des alevins. « Certains, au lieu de recourir à des filets de protection adaptés, utilisent des moustiquaires. Cela provoque assez de déperdition », regrette-t-il. Il précise d’ailleurs qu’il est recommandé de réparer les cages à chaque six mois.
Une activité qui nourrit son homme

Si le suivi est assuré convenablement, la pisciculture en cage flottante est vraiment bénéfique, confie le chef d’unité technique du périmètre halieutique d’intérêt économique de Bagré. « Pour les petites cages de 75 m3, avec un empoissonnement de 10 000 alevins, si l’alimentation est bien suivie, le promoteur peut récolter au bout de 6 mois, 3 à 4 tonnes de poissons, soit six à huit millions F CFA », affirme Boalidjoa Ouali.
Et au président de l’association des promoteurs de la pêche en cage flottante de Bagré, Ousseyny Sorgho dit Malgué Naaba de Bagré, ancien pisciculteur dans les étangs, de renchérir : « Si tout se déroule normalement pour les cages de 200 m3, avec 20 000 alevins au départ, le producteur peut récolter 6 à 7 tonnes de poissons, soit douze à quatorze millions F CFA ». Avec une riche expérience dans la pêche, M. Sorgho rencontre moins de difficultés dans cette technique de production du poisson. Cette expérience, il dit l’avoir acquise au cours de ses séjours dans plusieurs pays. « J’ai fait l’Afrique centrale, notamment le Gabon, le Cameroun, les deux Congo, la Guinée équatoriale où j’ai eu la chance de travailler avec des pisciculteurs. J’ai appris auprès d’eux avec passion car, chez nous ici, nous n’avions pas cette tradition de pisciculture », explique-t-il.

De retour au bercail, Malgué Naaba dit s’être lancé dans la pêche dans les étangs avant l’arrivée du projet de pêche en cage flottantes. « Lorsque les responsables du projet m’ont approché, je me suis engagé sans hésiter », déclare-t-il. Il se souvient qu’au départ en 2024, ils étaient 44 promoteurs à bénéficier du soutien du fonds « Dumukafa » dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique engagée par le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques. « De nos jours, nous sommes plus de 130 promoteurs. Je partage mon expérience avec les promoteurs novices dans le secteur », assure-t-il. Il reconnait avoir reçu en son temps huit cages du projet. Aujourd’hui, il en possède une vingtaine.
Pour lui, le nombre croissant de son investissement est la preuve palpable que l’activité nourrit son homme. Il pense également que la plupart des promoteurs arrivent à tirer leur épingle du jeu. Grâce à la production de poissons, camarade Sorgho nourrit d’autres ambitions. « Je suis en train de bâtir un hôtel à Bagré. Avec l’évolution, la ville a besoin d’infrastructures hôtelières modernes », précise-t-il fièrement.
Le gros handicap

Pour rendre le secteur plus attractif, Ousseyny Sorgho susurre que son association est en concertation avec le ministère en charge des ressources halieutiques pour une possible réduction des coûts d’aliments. Il juge le coût des aliments pour poissons trop élevé. « La tonne d’aliment est vendue sur le marché à 850 000 F CFA, alors qu’au début du projet Dumukafa, l’Etat nous la cédait à 300 000 F CFA », déplore-t-il. C’est vraiment notre gros handicap en ce moment, retorque Michel Kiema (nom d’emprunt) qui a requis l’anonymat. Il déclare s’être lancé dans l’activité sans une réelle maitrise du secteur avec deux cages flottantes de 75 m3.
« J’ai enregistré une perte car, les ressources générées après la première récolte n’ont pas couvert les dépenses », avoue-t-il. Toutefois, promet-il, ce faux bond n’entache en rien sa détermination à poursuivre son activité. « J’ai appris de mes erreurs et je suis convaincu que je m’en sortirai. Mais, je souhaite que les autorités nous viennent en aide en baissant les prix des aliments », plaide-t-il tout en invitant également les institutions financières à soutenir également le secteur à travers des micro-crédits. J’insiste sur l’accompagnement des banques, poursuit-il, car lorsque « j’ai une idée des chiffres d’affaires de certains de mes collègues, je suis persuadé que nous pouvons nouer des partenariats gagnant-gagnant ».
Et au président de l’association des promoteurs de la pêche en cage flottante de relever que la production de poissons en cage flottante à Bagré est évaluée à plus de 40 000 tonnes en deux ans d’activités. « Les résultats sont probants malgré les difficultés », se réjouit-il. D’où son appel aux personnes qui hésitent encore à les rejoindre pour une production optimale du poisson. « Nous n’avons pas épuisé le dixième des potentialités de la pisciculture en cage flottante à Bagré », rassure-t-il. Son appel semble avoir eu un écho favorable.
Mouniratou Koundabou, 28 ans, mariée et sans enfant évolue dans la commercialisation du poisson depuis 2 ans. A force de côtoyer les promoteurs de la pisciculture en cage flottante,

elle finit par être piquée par le virus du métier. Par manque de moyens conséquents, elle bénéficie, néanmoins, du soutien de son père qui lui offre deux cages flottantes pour démarrer son projet. Pour un début, elle décide d’empoissonner une cage avec 23 000 alevins, le 2 avril 2026.
En un mois d’ensemencement, elle dit avoir alimenté les poissons avec 5 sacs d’aliments à raison de 17 500 F CFA l’unité. Elle compte à termes, selon les recommandations de l’équipe d’encadrement, utiliser 3 tonnes d’aliments pour alimenter ses poisons. Pour y arriver, elle s’attache les services d’un gérant, qu’elle paye à 50 000 F CFA par mois. Dame Koundabou espère ainsi récolter au bout de six mois, le fruit de son investissement. « Je suis confiante, car je suis à la lettre les conseils des techniciens », confie-t-elle.
Du poisson toujours disponible
Alima Seihon est aussi une nouvelle promotrice. Elle s’est lancée dans le secteur, il y a peine cinq mois. A force d’accompagner son conjoint, un promoteur de la pêche en cage flottante de première heure, elle finit par s’attacher au métier. « Au regard de l’engouement de l’activité, je suis persuadée que je ferai de bonnes affaires », explique-t-elle d’un air rassurant. Pour démarrer son projet, elle dit avoir utilisé son épargne. Pour minimiser les charges, elle s’est associée à cinq autres promoteurs pour s’attacher les services d’un gérant. Elle doit donc débourser 25 000 FCFA par mois, à cet effet.
Ce regain d’intérêt pour la production de poissons à cage flottante est salué par les mareyeurs, notamment Abdou Hyppolyte Minoungou âgé de 47 ans et résidant à Tenkodogo. Depuis les années 2 000, il parcourt les localités de Bagré, Lenga ou Niangho à

10 000 F CFA à 15 000 F CFA par jour ».
la recherche de poissons. « Il arrive des moments que je rentre bredouille après toutes ces distances parcourues », se souvient-il. C’est pourquoi, il salue la mise en place de la nouvelle technique de production de poissons. « A Bagré, nous trouvons du poisson frais trois jours dans la semaine.
Ce qui n’était pas le cas avec les pêcheurs traditionnels », se réjoui-t-il. A chaque déplacement, le quadragénaire paye entre 80 kg et 100 Kg de poissons à raison de 2 000 F CFA le Kg. Si les poissons sont gros (s’ils atteignent au moins 400 g/ poisson), il peut s’approvisionner jusqu’à 160 Kg de poissons par jour, avoue-t-il. De retour à Tenkodogo, il revend sa marchandise aux détaillants. « Lorsque que je déduis les frais de transport et de conservation, je peux réaliser un bénéfice de 10 000 F CFA à 15 000 F CFA par jour », avoue-t-il avec un brin de fierté. Grâce à cette activité, camarade Minoungou parvient à subvenir aux besoins de ses deux épouses et ses 10 enfants. Cependant, il plaide pour la baisse du prix des aliments pour poisson.
« Dans les années 2 000, le poisson était vendu à 200 F CFA le Kg. Aujourd’hui, il s’élève à 2 000 F CFA. La baisse du prix des aliments aura une répercussion sur le prix de poisson », se convainc-t-il. Cet avis est partagé par Aminata Traoré, mère de six enfants, mareyeuse venue de Bittou. Elle est dans la vente du poisson depuis 40 ans. Après un moment d’hésitation, elle finit par se prononcer. « Les poissons ne sont pas bien alimentés. Cela fait que souvent, nous n’avons pas de gros poissons pour honorer la commande de certains clients. Nous demandons aux autorités de soutenir le secteur », lâche-t-elle.
Des investissements structurants

Le cri du cœur des acteurs de la pisciculture est entendu par le gouvernement. Dans le cadre de la loi de finances rectificative de 2025, l’Exécutif burkinabè a introduit une exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les aliments pour poissons. Cette exonération a permis, selon le Directeur général (DG) des ressources halieutiques, Moustapha Alassane Tassembedo, de réduire le prix des aliments pour poissons. Cependant, il estime que des efforts doivent être faits afin que le produit soit disponible en quantité et à un prix plus attractif.
« Avec l’Offensive agropastorale et halieutique, le besoin en aliments pour poissons est passé à 2 millions à 350 millions de tonnes », affirme-t-il. C’est pourquoi, poursuit-il, le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutique a mobilisé plus de 1,5 milliard de francs CFA pour l’acquisition de deux usines modernes de production d’aliments pour poissons, dont l’une est implantée à Bobo-Dioulasso et l’autre à Bagré. « Une troisième unité est également en cours d’acquisition à Bobo-Dioulasso », annonce-t-il. Chaque unité a une capacité de production comprise entre 1,5 tonne et 2 tonnes par heure. « L’objectif est de produire suffisamment d’aliments à coût réduit pour répondre aux besoins des acteurs », justifie-t-il.
Et au DG de la Société Faso Agropôles (SOFA), Oula Damien Ouattara, de renchérir que le centre d’élevage piscicole de Bagré, une structure étatique, met à la disposition des producteurs, des alevins. « La proximité de ce centre aux acteurs facilite l’ensemencement et réduit le stress post- ensemencement et la mortalité des poissons », se réjouit-il. Il souligne, par ailleurs, que les alevins qui proviennent du centre sont subventionnés. « Avant, les producteurs les achetaient à 100 F CFA, voire 150 FCFA l’unité. Aujourd’hui, ils sont accessibles à 50 F CFA l’unité », déclare-t-il.

Pour susciter la création d’entreprises aquacoles à Bagré, informe le DG de la SOFA, le fonds Dumukafa a injecté plus de 4 milliards F CFA dans le secteur. Ce soutien aux promoteurs de la pisciculture en cage flottante, assure-t-il, s’est fait à travers des prêts à des taux dérisoires et avec des différés. « Le gouvernement a aussi subventionné les équipements et le prix des aliments », précise-t-il. A l’image de Bagré, confie-t-il, le ministère en charge des ressources halieutiques accompagne entre autres, les acteurs du barrage de Samandéni dans la région du Guiriko et du barrage de Yakouta dans la région du Liptako.
L’espoir est permis
L’objectif est d’inverser la tendance en réduisant la dépendance aux importations de poissons. « Pour cela, il nous faut produire plus de 100 000 tonnes de poissons par an », soutient-il. Au regard des efforts consentis par le gouvernement et de l’engouement des acteurs pour la pisciculture en cage flottante, l’espoir est permis, foi du DG de la SOFA. Selon lui, l’élevage du poisson est aussi simple que celui de la volaille. « Il faut arriver à contenir un espace donné, à réunir les conditions nécessaires pour le poisson notamment son alimentation, à contrôler son évolution et puis à l’enlever à la fin du cycle », explique-t-il.
Il suffit de respecter les itinéraires tracés, poursuit-t-il, par les spécialistes pour que la moisson soit bonne. Pour rendre la technique plus rentable, le DG de la SOFA confie que des dispositions sont en train d’être prises pour lever les différentes contraintes auxquelles font face les producteurs. Il s’agit notamment de lever la contrainte d’alimentation de

qualité et celle du marché afin que l’activité devienne, dans un délai raisonnable, très rentable pour la chaine de production. Aussi relève-t-il, la direction générale en charge de la santé vétérinaire est à pied-d’œuvre pour réduire le taux de mortalité des poissons. D’où son invite à la population, surtout à la jeunesse en quête d’emploi, à s’intéresser à l’activité.
« Tous les quatre à six mois, avec une cage flottante, le promoteur peut faire des bénéfices nets d’environ 1 à 2 millions F CFA. En une année, il peut se retrouver avec au moins 4 millions FCFA », démontre-t-il. Un message bien cerné par Abdoul Cheik Samadou. La vingtaine d’année révolue, il a quitté sa famille à Ouagadougou pour se former à Bagré, en pisciculture, auprès de Souleymane Yougbaré, un promoteur privé d’alevins. « Cela fait cinq mois que je suis à Bagré. Chaque jour, j’alimente les poissons et je vérifie s’il n’y a pas de fuite d’eau dans les étangs et une mortalité des poissons », explique-t-il. Une fois sa formation terminée, le jeune Samadou compte s’installer à son propre compte. Mais pour l’heure, il doit encore prendre le temps nécessaire pour mieux apprendre car, reconnait-il, le métier de pisciculture nécessite de la patience.
Abdoulaye BALBONE
La production d’alevins : une niche rentable
Souleymane Yougbaré est un promoteur privé qui produit et commercialise les alevins. Son entreprise a vu le jour en 2013 et officiellement reconnu en 2014. L’entrepreneur dit avoir senti que le besoin en alevins allait se présenter. Sans hésiter, il s’est alors lancé dans cette activité. Au début, ses clients étaient des promoteurs en pisciculture en étang. Avec l’Offensive agropastorale et halieutique, à travers la pisciculture en cage flottante, la demande est devenue forte. Il a dû augmenter les infrastructures pour satisfaire la demande. De son avis, son entreprise produit plus de 100 000 alevins par mois. Avec le prix de l’unité d’alevins fixé à 50 F CFA tel que souhaité par le ministère en charge des ressources halieutiques, camarade Yougbaré a un chiffre d’affaires mensuel de plus de 5 millions F CFA. Lorsqu’il déduit les charges, il assure faire un bénéfice d’un à deux millions F CFA. L’entrepreneur dit gagner sa vie grâce aux fruits de la pisciculture. D’où son appel à la jeunesse burkinabè à avoir des projets innovants comme la pisciculture.
A. B
Flash
L’institution d’une immersion patriotique obligatoire pour les étudiants en Licence et en Master marque un tournant majeur dans la formation universitaire. Cette initiative vise à renforcer le civisme et l’engagement patriotique chez les futurs cadres du pays. Durant leur immersion, les étudiants seront amenés à participer à des activités de service communautaire, de sensibilisation aux valeurs républicaines et de défense des intérêts nationaux. Loin d’être une simple obligation, ce programme constitue un levier stratégique pour forger des consciences patriotiques solides et éveiller le sens de responsabilité face aux défis actuels. Les universités s’engagent ainsi à former des citoyens conscients, disciplinés et résolument dévoués au développement harmonieux et souverain de la Nation.
Emmanuella YAMEOGO (Stagiaire)
Guinée : le général Amara Camara assume les fonctions présidentielles
Par un décret présidentiel, lu, le 4 août 2026, à la télévision nationale de la Guinée et publié au journal officiel, il a été porté à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale qu’en l’absence du Président de la République, le général d’armée Mamadi Doumbouya, en congé annuel, hors du pays (Grèce), les charges présidentielles sont pleinement assumées par le général de division Amara Camara, par ailleurs, ministre secrétaire général de la Présidence.
La Présidence de la République de Guinée a mis fin à la rumeur qui enflait concernant une vacance du pouvoir, suite au départ en congé du Président Mamadi Doumbouya. A travers un décret présidentiel rendu public, le 5 août 2026, il a annoncé que les rênes du pays sont désormais aux mains du général de division Amara Camara. Il est désormais chargé de la coordination des affaires présidentielles courantes pendant l’absence du Président Mamadi Doumbouya, dont le congé annuel a débuté depuis, le 3 août 2026, jusqu’à nouvel ordre. Son rôle officiel est de coordonner les décisions de la Présidence avec le gouvernement, l’administration publique et les institutions républicaines.
Le gal Amara Camara a la charge d’ordonner, de signer les actes et de décider dans l’intérêt supérieur de la Nation. Une mesure qui garantit la continuité de l’Etat pendant l’absence du chef de l’Etat. Il bénéficie à ce titre de plusieurs compétences, dont la préparation des Conseils des ministres, le suivi des activités gouvernementales et parlementaires. Amara Camara assiste également le président de la république dans les différents choix politiques, prépare les correspondances présidentielles. Il reçoit également délégation de signature du président de la république. Ce qui veut dire qu’il peut signer avec son nom et son autorité sur des documents officiels à la place du président de la République.
Donc le Palais Mohammed V va fonctionner normalement puisque les décisions continueront d’être prises sous la houlette du général Amara Camara qui a pleins pouvoirs au sommet de l’Etat guinéen. Dans un contexte marqué par des remous, l’armée et les autorités ont vite fait de réaffirmer leur loyauté au président de la république et aux institutions de la Guinée, avant d’appeler les populations au calme et à ignorer la désinformation liée à ce déplacement du Président Doumbouya qui a décollé, le 3 août, pour la Grèce.
Wanlé Gérard COULIBALY
Garango : un nouveau commissariat de police inauguré
Le samedi 1er août 2026, la commune de Garango, dans la province du Boulgou, région du Nakambé, a abrité la cérémonie d’inauguration d’un nouveau commissariat de police dans le secteur 3 de la ville.
Placée sous le patronage du gouverneur de la région du Nakambé, représenté à l’occasion par le camarade secrétaire général de la région, Tasséré Nacoulma, et sous la présidence du camarade Directeur général de la Police nationale (DGPN), l’inspecteur général de police, Thierry Dofizouho Tuina, la cérémonie a connu la présence de plusieurs autorités administratives, militaires et paramilitaires, coutumières et religieuses, ainsi qu’une forte mobilisation de la population.
Dans son allocution, le directeur général de la Police nationale a indiqué que ce nouveau commissariat de police de secteur permettra non seulement de rapprocher davantage les services de police des populations, mais aussi et surtout de renforcer le dispositif sécuritaire de la commune de Garango. Il a également invité l’ensemble des citoyens à accompagner les Forces de défense et de sécurité (FDS) par une collaboration étroite afin de relever les défis sécuritaires. S’adressant aux policiers pensionnaires de ce lieu, le patron de la Police nationale dira ceci : « Ce commissariat de police est un temple républicain de la sécurité où les citoyens doivent trouver sérénité et paix.
Soyez des policiers intègres, dignes et exemplaires, des révolutionnaires progres-sistes vertueux, car, c’est en incarnant ces valeurs cardinales que les populations vous feront confiance et se confieront à vous dans un élan de la coproduction et de la co-construction de la sécurité ». Le camarade secrétaire général de la région a, quant à lui, fait savoir que l’ouverture de ce service de police au secteur 3 de la ville de Garango a été possible grâce à la volonté manifeste du camarade ministre de la Sécurité, aux orientations du camarade directeur général de la Police nationale, à l’accompagnement soutenu du camarade président de la délégation spéciale de la commune de Garango, des parrains et à l’engagement exemplaire des filles et fils de la Commune.
Il a, par ailleurs ajouté que cela découle d’une série d’innovations émanant de la vision Innovation stratégique et opérationnelle pour une sécurité au quotidien (ISOSQ) du camarade directeur général de la Police nationale et ce, conformément au maillage sécuritaire en vigueur. Pour terminer, il a exprimé sa reconnaissance aux plus hautes autorités et traduit ses remerciements à tous ceux qui ont œuvré dans la discrétion pour que ce service de police voie le jour.
L’inauguration s’est achevée par une séance de reboisement dans l’enceinte du commissariat, marquant l’engagement des autorités à promouvoir la protection de l’environnement. Signalons que cette sortie du DGPN a aussi été un moment de communion avec les communautés par ailleurs, très reconnaissantes de l’honneur qui leur a été fait à travers cette offre de sécurité qui vient à point nommé. Il est à noter qu’en marge de la cérémonie d’inauguration, le DGPN a effectué une visite sur le chantier de construction du mur de la clôture du commissariat de police de district de Garango et a exprimé sa reconnaissance à toutes les personnes de bonne volonté ayant apporté leur contribution à sa réalisation. La Police nationale, une force publique au service des citoyens !
Police nationale
Police nationale : les responsables nouvellement nommés renforcent leurs capacités
Le directeur général de la police nationale, l’inspecteur général de Police Thierry Dofizouho Tuina, a présidé la session de formation des directeurs et responsables de la police nationale nouvellement nommés à des postes, le mercredi 5 août 2026, à Ouagadougou.
La Direction générale de la police nationale (DGPN) veut mieux outiller ses cadres promus à des postes de responsabilités. Elle a officiellement lancé une session de formation, le mercredi 5 aouut 2026 à Ouagadougou, au profit des directeurs et autres responsables nouvellement nommés. Pour le directeur général la police nationale, l’inspecteur général de police Thierry Dofizouho Tuina, diriger une équipe ne se limite pas seulement à exercer une autorité. Il s’agit plutôt, selon lui, d’inspirer, de fédérer, de décider avec discernement et de conduire les équipes vers l’atteinte des objectifs stratégiques de l’institution.
« Les responsabilités qui vous incombent exigent des compétences techniques, des qualités humaines et un sens élevé du devoir », a-t-il confié. Thierry Dofizouho Tuina a ajouté qu’il est important que les responsables de la police nationale soient mis au diapason des réalités actuelles pour mieux servir. « Le pays qui traverse une période marquée par le terrorisme et autres défis sécuritaires, a besoin de responsables aguerris, des serviteurs du peuple qui ont le sens du patriotisme et de la discipline, afin de mieux protéger et sécuriser les populations et les biens », a-t-il indiqué. Ainsi, le DG de la police nationale a fait savoir que la formation vise à permettre aux participants de mieux comprendre les nouvelles évolutions, étant donné que la criminalité évolue constamment et les méthodes d’intervention doivent être adaptées. Le patron de la police nationale a également souligné que les participants seront formés sur plusieurs aspects, notamment la gestion financière, laconduite de certaines opérations, afin d’apporter des réponses adaptées aux défis sécuritaires dans leurs zones de compétence. Il a précisé que le programme Prévoit plusieurs communications autour du leadership, de la gouvernance sécuritaire et de la gestion stratégique conformément la vision de la Révolution progressiste populaire (RPP). Au total, ils sont une trentaine de responsables de la police nationale à prendre part à cette formation. Au sortir de l’atelier, ils verront leurs capacités renforcées en matière de commandement, de gestion et de coordination des actions sécuritaires. Toute chose qui permettra à ces nouveaux responsables de la police nationale de contribuer efficacement à l’amélioration de la sécurité des populations.
Wanlé Gérard COULIBALY
Aïssatou DIARRA (Stagiaire)
Promotion de l’entrepreneuriat : Une centaine de jeunes formés à la création d’emplois
L’association Buud Nooma Boulgou Bagaré organise une formation en entrepreneuriat et création d’emplois au profit des jeunes, du 5 au et 8 août 2026, à Ouagadougou.
L’association Buud Nooma Boulgou Bagaré mise sur l’entrepreneuriat pour renforcer l’employabilité des jeunes. A cet effet, elle organise, du 5 au 8 août 2026 à Ouagadougou, une session de formation gratuite en entrepreneuriat et emploi à leur profit. Une centaine de jeunes entrepreneurs, professionnels, étudiants et commerçants prennent part à la session de renforcement de capacités. Selon le président de l’association, Jean Baptiste Gagré, l’initiative vise à donner aux bénéficiaires les connaissances nécessaires pour concevoir et développer des projets entrepreneuriaux.
Pour lui, il s’agit également d’accompagner des personnes qui peinent à trouver des opportunités économiques à gagner sereinement leur vie. « Voir les gens qui sont là, qui se débrouillent et qui n’arrivent pas à s’en sortir, me chagrine », a-t-il expliqué. Jean Baptiste Gagré a rappelé aux jeunes que la réussite entrepreneuriale nécessite du temps, de la préparation et de la persévérance c’est pourquoi il les a encouragés à se former davantage, bien murir leurs projets et éviter la recherche d’un enrichissement rapide. Pour assurer la formation, l’association a fait appel à Sié Noufou Ilboudo, du bureau d’études Impact Plus, auteur d’un système innovant de création d’emplois.
Le facilitateur a fait savoir que, l’entreprise occupe une place essentielle dans la création de richesses et d’opportunités économiques. « La problématique de l’emploi est un problème réel. Il faut trouver des approches et des solutions pour permettre au maximum de personnes de trouver leur emploi et aussi de créer des entreprises », a-t-il indiqué. Sié Noufou Ilboudo a indiqué que les participants vont être initiés à plusieurs modules au cours de ces quatre jours de formation. Il s’agit notamment du changement de perception de l’emploi et de l’entrepreneuriat, du système innovant destiné à favoriser la création d’emplois et d’entreprises, ainsi que les différentes étapes de sa mise en œuvre.
Nadège YE
Lydia Esther BILLA (Stagiaire)
Examens nationaux des personnels de santé : 2 156 candidats en lice
Le ministère de la Santé franchit une nouvelle étape dans le renforcement de ses ressources humaines. Ce mercredi 5 août 2026, le secrétaire général du ministère de la Santé, Joël Arthur Kiendrébéogo, a procédé, à l’Ecole nationale de santé publique (ENSP), au lancement officiel des épreuves écrites de la première session des examens nationaux de fin d’études des infirmiers, sages-femmes et personnels paramédicaux des établissements publics et privés de formation en santé.
Au total, 2 156 candidats, répartis dans dix filières de formation, composent durant trois jours pour décrocher leur diplôme de fin d’études. Les effectifs les plus importants concernent les agents de santé communautaire (660 candidats), les technologistes biomédicaux (504), les techniciens d’hygiène hospitalière (333) et les sages-femmes et maïeuticiens d’Etat (311), des profils indispensables au renforcement de l’offre de soins et à l’amélioration de la santé des populations. Après l’ouverture de l’enveloppe contenant les sujets de la première épreuve, le secrétaire général a rappelé que ces examens marquent l’aboutissement de plusieurs années de formation et ouvrent la voie à une carrière consacrée au service des populations.
« Vous êtes les futurs acteurs de notre système de santé. Les établissements sanitaires attendent vos compétences pour renforcer durablement l’offre de soins sur l’ensemble du territoire national », a-t-il déclaré. Il a invité les candidats à aborder les épreuves avec sérénité, rigueur et confiance, soulignant que les connaissances acquises au cours de leur formation constituent le socle de leur futur engagement professionnel. Il a également rappelé que le renforcement des ressources humaines demeure un pilier de la politique sanitaire du gouvernement, aux côtés des investissements consentis dans les infrastructures, les équipements et les soins spécialisés.
A l’endroit des membres des jurys, des superviseurs et des surveillants, Joël Arthur Kiendrébéogo a insisté sur les exigences de rigueur, de vigilance et de transparence, rappelant que le mérite doit demeurer le seul critère de réussite, afin de garantir la crédibilité des diplômes nationaux et la qualité des soins qui seront demain offerts aux populations. Dans les salles d’examen, la confiance est perceptible. Ouédraogo Abdel, candidat en technologie biomédicale, affirme aborder cette étape avec détermination. « Nous avons bénéficié d’une formation de qualité durant ces trois années.
Nous sommes prêts à mettre nos compétences au service des populations », a-t-il confié. Institués, il y a une dizaine d’années, les examens nationaux des personnels paramédicaux garantissent une évaluation harmonisée des compétences et contribuent au renforcement de la qualité de la formation. Au-delà de l’obtention d’un diplôme, cette session prépare l’entrée dans la vie professionnelle d’une nouvelle génération de personnels de santé appelée à consolider les équipes de soins, à améliorer l’accès des populations à des services de qualité et à accompagner les ambitions du Burkina Faso en matière de renforcement du système national de santé.
DCRP /MS
Inondations à Nagrin : plus de 500 parcelles dans le lit d’un cours d’eau
Suite à des plaintes de riverains relatives aux inondations à Nagrin, le secrétaire général du ministère de la Construction de la Patrie, le commandant Ollo Palenfo, a visité le site des travaux de construction de la voie reliant le quartier Bonheur-ville à la Route nationale n°6 (RN6).
Il est environ 9h 30mn ce mercredi 5 août 2026. Une équipe du ministère de la Construction de la Patrie est sur le site des travaux de construction de la voie reliant le quartier Bonheur-ville à la Route nationale n°6 (RN6). Cette sortie terrain du Secrétaire général (SG) du ministère de la Construction de la Patrie, le commandant Ollo Palenfo, fait suite à des plaintes de riverains du quartier Nagrin après la pluie diluvienne tombée dans la nuit du 2 au 3 août 2026. Ces derniers pointent du doigt les travaux d’aménagement d’ouvrages de franchissement comme la source de l’inondation de la zone. Le commandant Ollo Palenfo est accompagné de la Présidente de la délégation spéciale (PDS) de l’arrondissement 7 de Ouagadougou, Marie-Blanche Yougbaré, des techniciens du département ainsi que des populations résidentes pour toucher du doigt les réalités et établir la vérité. « Je ne veux pas trop parler au début. Nous allons découvrir ensemble la zone en question », lance-t-il devant les riverains. Au terme de 2h 30mn à patauger dans l’eau et ce sur un itinéraire d’environ 500 m de l’ouvrage d’affranchissement, les visiteurs constatent les faits. Il faut enlever ses chaussures, à certains endroits, pour se frayer le passage. Malgré l’inaccessibilité de la zone visiblement réelle, des maisons sont érigées çà et là. « Nous avons parcouru ensemble la zone. En 2020, la commune de Ouagadougou a réalisé un schéma-directeur d’aménagement urbain et un schéma-directeur pour le drainage des eaux pluviales. Ce qui a permis d’identifier au niveau des différents outils de planification urbaine, que la zone est inondable », a clarifié le SG du ministère en charge de la construction.
Un lotissement qui ne respecte pas les normes
Les visiteurs découvrent des balises qui délimitent la zone inondable et des infrastructures réalisées dans le lit du canal de drainage. « Quand on regarde les images antérieures satellitaires, on constate que dans les années 2 000, le lit du cours d’eau était à 50 m par rapport à la déviation actuelle. Aujourd’hui, ce décalage fait suite à un aménagement urbain, c’est-à-dire un lotissement, qui n’a pas respecté les normes. Après avoir superposé les différents plans, on retient plus de 500 parcelles qui sont sur le lit du cours d’eau, donc installées dans des zones inondables. Les aménagements des bénéficiaires devant certaines concessions témoignent qu’ils étaient bien conscients de ce problème », déplore le SG Palenfo. Le projet routier qui relie le quartier Bonheur-ville à la RN6 fait l’objet d’une requête des populations qui avaient des difficultés de mobilité entre les quartiers Nagrin et Bonheur-ville, selon les techniciens. Dans le passé, ajoutent-ils, quand il pleuvait, les riverains réalisaient un grand détour pour rejoindre également la ville. Les travaux de drainage des eaux pluviales dans ce cadre du projet sont pris en compte. Les caniveaux tout le long de la route servent à protéger l’ouvrage et collecter les eaux pluviales pour les évacuer vers un exutoire naturel. Un bassin est aménagé non seulement pour freiner la vitesse de l’eau mais aussi la canaliser. « Nous avons réalisé le grand collecteur à proximité sur environ 700 m pour rejeter les eaux au niveau de l’exutoire naturel. « Nous avons apporté une solution, nous ne sommes pas venus créer des problèmes aux populations », martèle le commandant Palenfo.
« Le problème ne date pas de maintenant »
Il assure cependant que le problème peut être résolu avec d’autres projets d’aménagement qui vont s’intégrer. Il annonce, par ailleurs, que des solutions, « plus holistiques », seront trouvées en fonction des comptes rendus qui seront faits à l’autorité qui prendra des décisions et des orientations. La PDS de l’arrondissement 7, s’exprimant sur l’historique des lotissements des secteurs 30 et 31 confie qu’ils ont été effectués entre 1999 et 2004. Elle soutient qu’ils sont faits malheureusement, sans tenir compte de la zone inondable. « Le problème ne date pas de maintenant. Depuis que nous sommes à la tête de l’arrondissement, nous avons toujours reçu des plaintes de populations relatives à cette zone », affirme-t-elle. Pour la PDS ce projet mis en œuvre par le gouvernement vient soulager énormément les populations, parce qu’ à cause du marigot, pour passer du secteur 31 au secteur 30 et vice-versa, c’était un parcours du combattant. Elle lance un appel aux populations à faire preuve de compréhension et de confiance aux plus « hautes » autorités. Le porte-parole des riverains, Paul Simporé, à l’issue de la visite, traduit sa gratitude au ministère de la Construction de la Patrie pour cette réaction rapide. « Nous avons fait une visite de terrain. Il ressort que le problème que nous vivons est dû à un aménagement urbain qui n’a pas respecté les normes. Parce que la zone est inondable. Après avoir écouté, nous sommes d’accord », fait-t-il savoir. Toutefois, il demande à l’autorité de s’impliquer davantage pour résoudre le problème.
Aly SAWADOGO
Inoussa SONDE
(Stagiaire)
Le respect des aspirations du peuple
La coopération entre le Burkina Faso et le Système des Nations unies entre dans une nouvelle phase. La fin de mission du Représentant résident par intérim, Maurice Azonnankpo, reçu en audience par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le mardi 4 août 2026, a été l’occasion de saluer les acquis, mais aussi de rappeler les exigences qui doivent désormais guider ce partenariat. Loin d’être un rituel diplomatique, cette rencontre traduit une volonté de donner un nouveau souffle à une coopération appelée à s’adapter aux réalités et aux priorités du Burkina Faso.
Le message du gouvernement burkinabè est sans ambiguïté : Ouagadougou reste ouvert au dialogue et à la coopération internationale, mais entend que celle-ci s’inscrive dans le respect de ses choix souverains. Cette posture, il faut la clarifier, ne signifie nullement un rejet du Système des Nations unies. Elle traduit plutôt la volonté d’établir une relation fondée sur le respect mutuel, la transparence et la prise en compte des priorités nationales. Dans un pays confronté à d’importants défis sécuritaires, humanitaires, économiques et sociaux, les besoins sont considérables. Les interventions des agences onusiennes dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la protection sociale, de l’assistance humanitaire ou encore du développement peuvent contribuer à renforcer les capacités nationales et à améliorer la résilience des populations.
Mais pour être pleinement efficaces, ces interventions doivent répondre aux besoins réellement identifiés sur le terrain et s’inscrire dans les orientations définies par les décideurs du pays des Hommes intègres. C’est tout le sens du rappel du Premier ministre selon lequel, la dynamique de la Révolution progressiste populaire (RPP) « n’est contre personne ». Cette affirmation mérite d’être comprise comme une main tendue plutôt que comme une fermeture.
Le Burkina Faso ne demande pas moins de coopération. Il souhaite une coopération plus équilibrée, plus respectueuse de ses choix et davantage orientée vers les résultats. La déclaration du chef du gouvernement burkinabè sur le refus de voir l’ONU devenir un « cheval de Troie à l’impérialisme contre notre peuple » fixe, à cet égard, une ligne rouge. L’organisation internationale doit demeurer fidèle à sa vocation première. Celle d’être un espace de dialogue entre les peuples et un instrument au service de la paix, du développement et de la solidarité internationale.
Elle ne saurait être perçue comme un relais d’intérêts extérieurs contraires aux aspirations des populations. De son côté, Maurice Azonnankpo a mis en avant la qualité du dialogue entretenu avec les autorités burkinabè. Transparence, écoute, dialogue permanent et convivialité. Ces acquis constituent une base appréciable pour la poursuite du partenariat. La finalisation du nouveau cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable offre également une opportunité de traduire cette dynamique en actions concrètes. L’arrivée de Njoya Tikum comme nouveau coordonnateur résident du Système des Nations unies et coordonnateur humanitaire intervient donc dans un contexte particulier.
Après la présentation de ses lettres de créance, le 31 juillet dernier, il lui appartiendra de poursuivre le dialogue engagé, de renforcer la confiance et surtout de contribuer à une coopération davantage en phase avec les priorités nationales. Le véritable indicateur de réussite de ce partenariat ne sera toutefois pas le nombre de réunions tenues ni celui des déclarations de bonnes intentions. Il se mesurera aux résultats obtenus sur le terrain en terme de populations mieux protégées, de communautés plus résilientes, de services sociaux renforcés et de perspectives nouvelles pour la jeunesse. Entre Ouagadougou et le Système des Nations unies, le défi est donc de passer d’une coopération de principe à une coopération de résultats. Une coopération qui ne soit dirigée contre personne, mais qui profite d’abord aux populations. Car, au-delà des considérations diplomatiques, c’est bien à cette aune que les Burkinabè jugeront la solidité et la pertinence de ce partenariat renouvelé.
Kamélé FAYAMA


