Le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) était en sit-in, le samedi 22 juin 2019, devant le palais de justice de Ouagadougou. Un mouvement initié par sa cellule féminine, « mouvement femmes débout », pour dénoncer la lenteur de la justice dans le traitement du dossier sur les massacres de Yirgou.

Le 1er janvier 2019, à Yirgou, un village de la commune rurale de Barsalgo, dans le Centre-Nord, la communauté peuhle avait été victime d’un massacre. Un drame qui s’est poursuivi, les 2 et 3 janvier, et s’est étendue à 20 autres villages des provinces du Sanmatenga et du Soum, occasionnant ainsi, plus de 210 décès et 10 000 déplacés, selon les chiffres communiqués par le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) au cours d’un sit-in, le samedi 22 juin 2019 à Ouagadougou. Pour la porte-parole du «mouvement femmes debout», la cellule féminine du Collectif, Afsa Diabi, les auteurs de ces exactions sont connus et jusque-là, il n’y a eu aucune arrestation. «Les rescapés, notamment les femmes des suppliciés ont pu identifier formellement les assassins de leurs maris, fils, frères, pères et grands-pères», a expliqué Mme Diabi. Aussi a-t-elle ajouté, le procureur près le Tribunal de grande instance (TGI) de Kaya a énuméré 130 suspects sérieux identifiés par l’enquête. Et de poursuivre que pour sa part, le Premier ministre, Christophe Dabiré, lors de son adresse à la Représentation nationale, le 16 mai dernier, avait fait cas de 160 auditionnés.
Malgré ces données, cinq mois et 21 jours après, la justice se fait toujours attendre, a-t-elle déploré, d’où ce sit-in des femmes du CISC pour exiger la justice et la vérité. «Nous interpellons le procureur général, supérieur hiérarchique du procureur de Kaya, sur leurs responsabilités collectives», a martelé Afsa Diabo.
Le même appel à la justice a été passé en français, mooré et fulfudé par les manifestantes qui ont pris d’assaut la devanture du palais de justice de Ouagadougou. La plupart des rescapés, veuves, filles, parents et proches des victimes, se sont assis à même le sol devant l’entrée principale du palais, avec chacun sur sa tête une calebasse renversée, sur laquelle était écrit, entre autres messages, «Stop aux stigmatisations», «Plus jamais ça au Burkina Faso», « Non aux violences», «Trop de veuves et d’orphelins» et «Justice pour Yirgou». Une manière d’exprimer leur deuil, tristesse et désolation. Pour cette manifestation, les femmes avaient à leurs côtés des hommes du CISC. Ensemble, ils ont, en outre, dénoncé la détresse humanitaire des déplacés sur les sites. «A ce jour, les tentes ont été démontées et la plupart des refugiés ont dû décamper. Seuls quelques femmes et enfants y sont toujours, soutenus par des familles d’accueil. De 11 kg de céréales par mois, l’on est passé à 7kg. Nous en appelons à la responsabilité du gouvernement pour respecter l’un des droits élémentaires, l’alimentation», a déploré Afsa Diabi. Ce sit-in a été également une occasion pour le CISC d’appeler les Burkinabè à la paix et à la cohésion sociale.

Mariam OUEDRAOGO

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