CDP : «Le parti ne disloquera pas», Achille Tapsoba

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) est revenu sur les décisions prises à son congrès extraordinaire du dimanche dernier au cours d’une conférence de presse, le mardi 24 septembre 2019, à Ouagadougou.

Le dernier congrès extraordinaire du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), tenu le 22 septembre 2019, marqué par la suspension et l’exclusion de certains militants a dominé l’actualité nationale ces derniers jours. Au lendemain de ce congrès, le parti a fait le bilan de cette activité au cours d’une conférence de presse dont le sujet essentiel a été les motifs, les modalités et les conséquences des sanctions prises à l’encontre de militants qualifiés de frondeurs. Le premier vice-président du CDP, Achille Tapsoba, a été le porte-parole de son parti lors de cette sortie médiatique, le mardi 24 septembre 2019 à Ouagadougou. «Une chose est d’exprimer des divergences et critiques sur la gouvernance et le fonctionnement du parti (mêmes si elles étaient mal fondées), autre chose est d’ériger l’indiscipline en comportement courant et d’inventer des actions de blocage, de déstabilisation voire de liquidation du parti», a-t-il notamment exprimé dans la déclaration liminaire. C’est au regard de la «gravité des actes d’indiscipline» que le congrès extraordinaire a prononcé des sanctions.

Il s’est donc agi, a-t-il poursuivi, d’amputer «le membre gangrené». Achille Tapsoba s’est réjoui de la tenue du congrès qui permet au CDP de disposer de textes inviolables et d’avancer sereinement vers la reconquête du pouvoir. Les échanges avec les hommes de médias ont porté essentiellement sur les causes profondes de la fronde, les risques possibles d’implosion, vu le poids politique des exclus et la réalité des griefs à l’encontre de la gestion du président du parti. A écouter Achille Tapsoba, plutôt qu’une chasse aux sorcières, ce sont les «sorcières» qui ont elles-mêmes déclaré leur sorcellerie. En effet, a-t-il expliqué, les militants sanctionnés ont fait la preuve de leurs «ambitions extra-CDP» en mettant le parti dos au mur malgré qu’il se soit montré patient, tolérant et refusant de réagir à l’extrême. Le premier vice-président du CDP a situé l’origine de cette crise au 7e congrès ordinaire du parti en mai 2018, à la suite de la désignation de l’actuel président du parti (Eddie Komboïgo) par voie élective, après que plusieurs démarches entreprises pour certaines avec les orientations même du président d’honneur du parti, Blaise Compaoré, se soient soldé par des échecs. «La minorité issue de ces élections a commencé à mener des actions groupusculaires à commencer par la création d’un groupe au sein du parti dénommé G33», a-t-il confié. Certes, ces départs représentent un affaiblissement, mais le conférencier a assuré que le parti ne se disloquera pas. «Nous avons une histoire chargée au départ. Qu’est-ce qu’ils représentent par rapport à Salif, Roch et Simon, présentés comme des baobabs et qui ont quitté le CDP avec armes et bagages ?», a indiqué Achille Tapsoba. A propos de la mal gouvernance et des malversations reprochées à Eddie Komboïgo, le vice-président a estimé que ce sont des arguments de bas niveau. «Le président Eddie a les moyens et ce qu’il a mis dans le parti, vraiment, à moins de chercher des poux sur un crâne rasé, dépasse nettement ce qu’on l’accuse d’avoir volé», a soutenu Achille Tapsoba. En tout état de cause, a-t-il conclu, le CDP a traversé des moments difficiles, mais l’enjeu principal demeure la reconquête du pouvoir en 2020.

Fabé Mamadou OUATTARA

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