Filets sociaux au Burkina : les députés autorisent l’extension du projet

L’Assemblée nationale a adopté le jeudi 23 avril 2020, à l’unanimité, trois projets de loi dont l’un, portant autorisation de ratification des accords de dons et de crédits conclue entre l’Etat burkinabè et l’Association internationale pour le développement (IDA) pour le financement additionnel du projet filets sociaux dont la phase pilote arrive à terme.

Après « les succès » enregistrés dans la mise en œuvre du projet filets sociaux dans sa phase pilote au Burkina Faso, le gouvernement vient d’obtenir un quitus pour son prolongement et son extension. En effet, un projet de loi portant autorisation de ratification d’accord de dons et de crédits a été adopté à l’unanimité par les députés, le jeudi 23 avril 2020. D’un montant global de 110 millions de dollars US (55 milliards F CFA) dont 93 millions de dollars US sous forme de don, l’enveloppe permettra d’accroître l’accès des ménages pauvres et vulnérables aux filets sociaux au Burkina Faso.

Selon la ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire, Hélène Marie Laurence Ilboudo, le projet filets sociaux en cours actuellement dans quatre régions du pays (Centre-Est, Centre-Ouest, l’Est et le Nord) va s’étendre à quatre autres régions, à savoir le Sahel, la Boucle du Mouhoun, le Centre-Nord et le Centre (notamment les zones périurbaine de Ouagadougou).  Les bénéficiaires, a-t-elle indiqué, sont composés des ménages pauvres avec des enfants de moins de 15 ans, des femmes enceintes, des ménages affectés ou vulnérables aux chocs et à l’insécurité alimentaire ainsi que les réfugiés maliens et les communautés hôtes dans la région du Sahel. Le projet comprend quatre composantes dont le transfert monétaire et le programme de sensibilisation des ménages pauvres et vulnérables et un volet dédié aux Travaux à haute intensité de main-d’œuvre (THIMO). La première composante permet de transférer périodiquement de l’argent (30 000 F CFA par mois et par ménage pauvre/vulnérable) pendant la période de soudure allant de juillet à septembre. Quant au THIMO, il s’agit d’une nouvelle composante ciblant les réfugiés et les communautés d’accueil dans la région du Sahel.

« Les bénéficiaires pourraient jouir d’emplois générateurs de revenus, tout en réhabilitant et entretenant les infrastructures en zones rurales et urbaines et en créant une activité économique susceptible de créer des opportunités d’emplois et de revenus supplémentaires », a précisé la ministre en charge de la Solidarité. Avant l’adoption du projet de loi, les députés ont soulevé des préoccupations en lien avec le projet. A la question de savoir si un bilan à mi-parcours du projet peut être fait, la représentante de l’exécutif a fait savoir que le montant total des transferts aux ménages pauvres ou vulnérables entre 2015 et 2019 s’élève à plus de 18 milliards F CFA.

En plus de la vulnérabilité, le gouvernement ne peut-il pas prendre en compte d’autres critères en vue d’élargir le nombre de bénéficiaires ? « Le gouvernement a négocié avec les partenaires techniques et financiers, la prise en compte des femmes vivant avec un handicap des villages ciblés. L’autre nouveauté concerne l’intervention dans les zones périurbaines », a répondu Mme Ilboudo. Le second projet est relatif à une autorisation de ratification d’une convention de crédit entre le Burkina Faso et l’Agence française de développement (AFD) pour un prêt de soutien budgétaire pour la période 2019-2020. Estimé à 30 millions d’euros, soit un peu plus de 19 milliards F CFA, il est destiné, selon la ministre déléguée, chargée du Budget, Edith Clémence Yaka, à appuyer les efforts du gouvernement dans les zones touchées par l’insécurité notamment le Nord, le Sahel, l’Est, la Boucle du Mouhoun et le Centre-Nord, à travers le Programme d’urgence pour le Sahel (PUS).

Les députés ont également autorisé le gouvernement à ratifier le traité du 12 juillet 2019 portant modification des dispositions du Traité de l’Union économique et monétaire ouest africaine du 20 janvier 2007. A terme, ce traité permettra de changer la dénomination Conseil régional de l’épargne et des marchés financiers utilisée à l’UEMOA.

Beyon Romain NEBIE
beynebie@gmail.com

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