Royaume du Gulmu : Un trône, deux rois

Sa Majesté Untaanba a été intronisé 32e roi du Gulmu.

Le candidat Mindiediba Thiombiano, désigné 32e roi du Gulmu, a effectué sa sortie officielle, le vendredi 15 mai 2020. Son nom de règne « Untaanba » prône l’union sacrée au sein de la grande famille royale.

L’horloge indique 8 heures et quart, ce vendredi 15 mai 2020, quand le premier candidat désigné 32e roi du Gulmu, Mindiediba Thiombiano, à l’état civil, effectue sa sortie officielle après sept jours de retraite rituelle au cours de laquelle il a été intronisé, conformément aux us et coutumes des Gourmantché. «L’heureux élu des ancêtres », baptisé Sa Majesté Untaanba qui signifie rassembleur en langue gourmantchema, est de la lignée de Yenkouali.

Il prend place aux premières loges dans l’antichambre de son palais, entouré d’un parterre de notables parmi lesquels le chef de la cour royale, le Diebado.

C’est un jour de fête dans ce palais tout noir de monde. Les tam-tams raisonnent. Les artistes traditionnels tiennent la foule en haleine. Le peuple est en liesse. Difficile de se frayez un chemin. Le cérémonial se poursuit. Tout semble se dérouler la fleur au fusil. Le roi sort de l’antichambre sous des youyous de femmes, des acclamations et des coups de fusils intermittents pour accomplir plusieurs rituels.

D’abord, il partage avec les notables, du jus à base de mil, communément appelé « zoom koom ». Comme le dit la tradition, c’est le symbole de l’hospitalité dans le Gulmu. A travers cette boisson, l’empereur voudrait, également témoigner sa reconnaissance aux mânes et leur demander assistance tout au long de son règne. Ainsi, l’abondance, la prospérité, l’union et la paix sont les vœux les plus chers du Numbado (roi en gourmantchema) à l’endroit des ancêtres.

Un appel à l’union

Plusieurs rituels ont ponctué la sortie officielle de l’empereur.

Après cette étape, place aux sacrifices. Un coq, un bélier et un taureau, tous de couleur blanche, sont immolés pour rendre hommage aux ancêtres. Chez les Gourmantché, le blanc symbolise la pureté et la loyauté. Par la suite, l’empereur regagne l’antichambre. Il en ressort, tout vêtu de rouge et arborant un bonnet, ainsi que les attributs inhérents à sa nouvelle fonction de dépositaire des us et coutumes gourmantcheman. Selon la tradition, la couleur rouge est l’expression de la puissance du royaume et de son guide spirituel.

Le Numbado Untaanba est conduit dans une autre pièce. Le soleil est au zénith. Il est temps pour des familles royales de prêter allégeance au nouveau souverain. En file indienne, elles sacrifient à cette tradition, signe de soumission, de fidélité et d’obéissance. C’est une scène inédite, solennelle et cruciale à laquelle assiste la foule. Il s’agit de l’une des étapes les plus importantes des rites qui officialisent la sortie de l’autorité coutumière.

Ce qui marque également la fin des funérailles du roi. En fait, selon la tradition gourmantché, les obsèques de l’empereur sont faites pendant son intronisation. Ainsi, après sa disparition, seuls des notables procèdent à sa sépulture dans la discrétion totale. A la fin du cérémonial, le Numbado Untaanba s’est adressé à son peuple par l’entremise de son porte-parole, Simani Thiombiano.

La quintessence de son message est un appel à l’union de toutes les familles princières, comme le prône son nom de règne. « Il a dit qu’il est le roi de tout le monde. Donc, il ne fera pas de ségrégation. Il reconnaît qu’à travers des points de vue, les gens sont opposés aujourd’hui. Mais, au regard des liens de parenté qui demeurent très forts, il rassure qu’ils vont finir par s’entendre. Car, ils ne sont pas des ennemis, mais des frères», a-t-il résumé.

Joanny SOW

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