100 jours de Damiba : une diplomatie discrète mais efficace

Le Burkina Faso jouit d’une bonne réputation en termes de diplomatie.

Dans une ambiance diplomatique tendue entre les pays qui ont vu l’entrée des forces de défense et de sécurité dans la gestion de l’Etat avec l’organisation sous régionale, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le pouvoir sait qu’il faut trouver les manettes pour ne pas paraitre un pays soumis. Mais non plus un pays réfractaire aux recommandations de la CEDEAO. Sur ce plan, au regard de l’ultimatum du 25 avril « revu » de commun accord, les Burkinabè peuvent se satisfaire d’une manche de gagné par le gouvernement.

Qui plus est, Ouagadougou un peu « agacé » par une intrusion en aval alors qu’en amont, les problèmes de gouvernance étaient sus de tous, sort « timidement » certes, mais avec véhémence de sa relative attitude de passivité. En la matière les nouvelles autorités savent qu’elles sont comparées à deux autres transitions, malienne avec un colonel Assimi Goïta en pole position, considéré comme le fils du pays qui défie l’autorité occidentale et Mamadou Doumbouya un peu « laisse guidon » en Guinée.

Le ministre porte-parole du gouvernement, Lionel Bilgo, le réaffirmait récemment, répondant presqu’en direct à la CEDEAO. Alors dans cette occurrence, il faut marcher comme sur des œufs. Ne pas déplaire à la CEDEAO, mais aussi ne pas se payer un regard distant de la population. Jusqu’à maintenant, la diplomatie semble tenir le bon bout. Le discours courtois induit une compréhension des partenaires.

La diplomatie burkinabè est aussi engagée sur le front des relations bilatérales, mais multilatérales également avec panache. Le pays est en proie à une crise multidimensionnelle, sanitaire, sécuritaire et humanitaire. La préoccupation n’est donc pas dans un délai, mais à la fin des menaces. La ministre en charge des affaires étrangères, Olivia Rouamba, a bien demandé que les officiels, toutes tendances confondues, viennent faire le terrain pour vivre avec les Burkinabè pour comprendre le mélodrame d’un peuple résilient qui vit dans la douleur, mais dans l’honneur, une situation ubuesque.

Au moment où l’hydre terroriste dans sa mutation est de plus en plus cernée par le pouvoir. Ce que les Burkinabè veulent, c’est bien une compréhension de la stratégie que les nouvelles autorités mettent en place et qui peut s’écourter dès que la question sécuritaire sera sous contrôle. Une question qui impacte le développement du Burkina Faso et qui demande aux amis du pays des Hommes intègres de ne pas faire le mauvais diagnostic d’une situation prenante.

La Rédaction

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