Reboisement : Encore des efforts

Cette année encore, on a planté des arbres ! Oui, des milliers d’arbres à l’occasion de la IVe édition de la Journée nationale de l’arbre, le 6 août 2022, sous le thème, «Arbre, facteur de solidarité et de résilience ». Tout en lançant le défi de faire mieux que les autres années, de planter 900 mille arbres en un jour et d’améliorer le taux de survie des plants, le gouvernement a placé les Personnes déplacées internes (PDI) au cœur de cette édition. Il entend, une fois de plus, souligner le cordon ombilical qui lie l’être humain à l’environnement.

Poussées hors de leurs habitats par les attaques et menaces terroristes, les PDI ne peuvent compter en premier que sur ce que leur offre Dame nature en termes de gîte, de subsistance, de soins et de source d’énergie… Une action anthropique évidemment dommageable, même si elle est indépendante de leur volonté. On comprend aisément le sens du thème retenu cette année. «Cette frange de la population vulnérable a un impact sur les ressources forestières dans les communes d’accueil pour ses besoins …», a expliqué la ministre en charge de l’environnement, Maminata Traoré.

S’il est une évidence dans l’esprit de tout Burkinabè que la protection de l’environnement est une priorité pour un pays sahélien et dont l’économie repose encore sur l’agriculture, il est à noter que la prise de conscience citoyenne et l’engagement conséquent restent faibles malgré de nombreuses politiques publiques et des campagnes de mobilisation en la matière. En effet, échaudé par la grande sécheresse des années 70, le Burkina Faso s’est mis à la tâche du reboisement collectif à travers plusieurs initiatives dont, entre autres, «Les trois luttes engagées pour un Burkina vert », «8000 villages, 8000 forêts», «Une école, un bosquet», « Le plan de protection des berges », etc.

A cela s’ajoutent les campagnes de reboisement lors des vacances. Ces efforts de renforcement du couvert végétal manquent bien souvent de rigueur et de suite. Au constat, c’est beaucoup d’actions et moins de résultats. La nature continue de se dégrader, entrainant une baisse notable de la biodiversité. La désertification du pays s’aggrave à vue d’œil. La pratique de l’agriculture expansive, de l’orpaillage, du « braconnage » des espèces ligneuses, la surexploitation du bois de chauffe, la chasse au feu de brousse… ont fini par essouffler les capacités de régénérescence naturelle de l’environnement.

Et le dérèglement général du climat du globe n’est pas plus rassurant pour notre espace vital. C’est la raison pour laquelle, depuis 2018, le gouvernement a instauré la Journée de l’arbre. Ce qui a très souvent manqué à cette initiative, c’est son appropriation par la base et l’engagement citoyen individuel. Si chaque arbre planté avait la chance de survivre, le Burkina regorgerait de nombreux bosquets, tant on en a ensemencés ces dernières années. Les Burkinabè, individuellement ou collectivement, devraient s’engager à planter au moins un arbre par an et veiller à leur survie.

Il en est de même des appelés du Service national de développement (SND), les promotions sortantes des écoles de formation professionnelles et des universités, les couples qui scellent leur union, une famille, un enfant, etc. C’est ainsi que le reboisement pourrait avoir un impact réel. Le pays aura fait un grand pas si chacun s’engageait par conviction et non par contrainte. Il faut se convaincre des graves dangers que charrie le dérèglement climatique, dû en grande partie à l’action prédatrice de l’homme sur la nature. Pour mettre à l’abri les générations futures, cette prise de conscience collective est plus qu’une nécessité. C’est même une dette envers la nature.

Par Assetou BADOH

badohassetou@yahoo.fr

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