Bénin : vers un Parlement monocolore

0

Le Bénin est en pleine campagne électorale pour les législatives du 28 avril 2019. Pour la première fois depuis 30 ans, l’opposition ne participera pas au scrutin. Seulement deux partis de la mouvance présidentielle (le Bloc républicain et l’Union progressiste) ont pu obtenir le feu vert de la Commission électorale nationale autonome (CENA) pour la conquête des voix des électeurs. L’institution en charge des élections, après avoir étudié les dossiers de sept formations politiques, en a recalé cinq, toutes de l’opposition, pour non-conformité à la loi électorale. Une véritable douche froide pour les opposants. Cette déconvenue, l’opposition la voyait venir. A maintes reprises, ses figures emblématiques avaient décrié le nouveau Code électoral et la nouvelle Charte politique proposés par des députés du parti au pourvoir. Les partis politiques sont assujettis à l’obtention d’un certificat, censé garantir leur conformité à la nouvelle charte. Ce document, délivré par le ministère de l’Intérieur, a été une mer à boire pour la majorité de la classe politique. Sentant donc le roussi, deux anciens chefs d’Etat du pays, Boni Yayi et Nicéphore Soglo, ainsi que d’autres opposants ont réclamé haut et fort le toilettage de la loi électorale. Une requête qui a essuyé une fin de non recevoir. Même les appels incessants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) n’ont pas eu un écho favorable. Le camp d’en-face oppose le sacré principe des délais, tirés du Protocole additionnel de la CEDEAO sur la bonne gouvernance, qui stipule qu’une loi électorale ne peut être retouchée à six mois du scrutin, à moins d’un consensus. Comment en est-on arrivé à une telle situation ? Si l’opposition dénonce la «poussée dictatoriale» du président Patrice Talon, il n’en demeure pas moins qu’elle a aussi fait preuve d’immaturité politique. Le jeu politique nécessite une analyse rapide de la situation à l’effet de déployer sa stratégie pour faire face à l’adversaire. Cette vision a manqué si bien que certains militants de l’opposition ont du mal à avaler la pilule. Ils pointent du doigt le manque de préparation de leurs leaders, les accusant d’être à l’origine de leur propre exclusion du processus électoral. Cette impasse politique que subit actuellement le Bénin, l’une des démocraties les plus stables du continent, n’engendrait-elle pas de conséquences fâcheuses ? Une chose est sûre : l’Assemblée nationale béninoise à l’issue des législatives du 28 avril prochain aura une coloration unique avec sans doute une pensée unique digne des temps anciens où le parti unique dictait sa loi. Si tel est le cas, ce sera un coup dur pour la démocratie du pays de Mattieu Kérékou. Le pouvoir en place aurait dû revoir sa copie en repoussant les élections, afin d’obtenir un consensus sur la participation au scrutin, car aller en solitaire à une élection en démocratie ne l’honore pas. En tout état cause, ce passage en force n’augure pas de lendemains meilleurs pour la démocratie béninoise.

Abdoulaye BALBONE

A qui est finalement destinée la viande de La Mecque ?

0

A qui est finalement destinée la viande de La Mecque ?
Kantigui a appris avec consternation le mode de répartition de la viande venue de La Mecque cette année. Cette clef de répartition semble être tout sauf «pro-pauvre». Selon la source de Kantigui, le système de partage aurait été modifié cette année par le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire, département technique en charge de la question. A telle enseigne que les principaux destinataires sont sortis, par endroit, bredouilles. De par le passé, la distribution de la viande était gérée sur toute l’étendue du territoire par les hauts-commissaires des provinces, sous la supervision des gouverneurs de région. Ce système de partage prenait en compte, a appris Kantigui, toutes les catégories et couches sociales de la population dans les différentes localités. Mais voilà que cette année, il a été décidé de se passer des services des gouverneurs et haut-commissaires pour confier la gestion de cette question aux démembrements de ce departement. Là où Kantigui a versé des larmes, c’est quand il apprend que dans certaines provinces, décision a été prise de donner un carton de viande pour deux agents avant de procéder au partage du reste aux pauvres, principaux destinataires. Kantigui garde en mémoire l’exemple de cette province qui n’a reçu que 10 cartons de viande. Les «distributeurs» se sont attribué 8 cartons laissant rien que deux cartons de viande pour la distribution. Kantigui espère que ces situations ne relèvent que de cas isolés, mais interpelle néanmoins les premiers responsables de la Solidarité nationale à ouvrir l’œil et le bon pour éviter que certains agents indélicats ne dévoient cette œuvre humanitaire hautement salutaire au profit des couches les plus défavorisées du pays.

Les déboires des travailleurs d’une cimenterie
«Autres retenues : 5000, 10 000 ou 15 000 F CFA». C’est ce que constateraient les quelque 350 ouvriers de CIM Métal SA sur leurs bulletins de salaire, lorsqu’ils s’absentent du service, quelle que soit la cause, même avec une autorisation d’absence en bonne et due forme. L’information est tombée dans l’oreille de Kantigui à qui une source a fait comprendre que les retenues seraient faites sur les indemnités de responsabilité, un avantage accordé de la main droite et ainsi reprise de la gauche. De ce qui est parvenu à Kantigui, ces indemnités sont d’ailleurs suspendues en cas d’accident de travail. Par ailleurs, la source de Kantigui lui a fait comprendre qu’après une série de Contrats à durée déterminée (CDD), dont un premier lot de six mois et un deuxième d’un an, expirés le 31 janvier 2019, les ouvriers n’auraient pas vu le renouvellement desdites conventions. Mais, ils auraient continué à servir et à percevoir leurs salaires comme d’habitude en fin février et mars 2019. Les travailleurs, a noté Kantigui, pensaient être ainsi passés aux Contrats à durée indéterminée (CDI) comme le prévoit la loi en de pareilles circonstances. Mais grande fut leur surprise, quand le 9 avril dernier, le personnel d’un département de l’usine a reçu du service en charge des Ressources humaines (RH) de nouveaux CDD de trois mois pour certains, six mois et un an pour d’autres. Quelques travailleurs du département en question n’auraient pas signé les contrats, préférant se référer à l’inspection du travail qui leur aurait confirmé qu’ils sont normalement sous CDI et que si l’employeur refusait de l’entendre de cette oreille, il devrait leur payer 18 mois de salaire et des indemnités de congé. Kantigui suit de très près cette affaire et espère un dénouement heureux.

Le SG de la mairie de Gourcy persona non grata
Il est revenu à Kantigui que les agents de la mairie de Gourcy ont eu une violente altercation avec le Secrétaire général (SG) qui se serait réfugié au commissariat de police de la ville. Tout serait parti d’une lettre envoyée au haut-commissaire par le SG pour se plaindre d’un agent qui, selon lui, aurait mené une activité sans l’impliquer. Invité à s’expliquer par écrit, l’agent en question n’aurait pas été tendre envers son supérieur hiérarchique immédiat dans sa réponse adressée à la tutelle. Touché de plein fouet par le contenu de la lettre, le SG aurait convoqué une rencontre de tout le personnel pour évoquer le sujet. Selon les sources de Kantigui, c’est à cette réunion que les autres agents, jugeant le comportement du SG excessif, l’ont ouvertement désavoué. En poussant ses investigations, Kantigui a appris que les agents n’étaient pas contents de lui pour, d’une part, «la partialité» qu’il affiche dans la crise qui secoue le conseil municipal et, d’autre part, son «mépris à l’égard de certains travailleurs de la maison». Ce problème était donc la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Aux dernières nouvelles, le SG aurait déposé une plainte contre un des agents pour menaces et agression verbale et le dossier serait sur le bureau du procureur du Faso près le Tribunal de grande instance (TGI) de Ouahigouya. Face à la situation, note Kantigui, les agents ont solidairement déclenché depuis hier mardi 16 avril 2019, un mot d’ordre de grève illimité pour exiger le départ du SG. Des concertations seraient en cours avec la tutelle administrative.

Gomponsom : des enseignants exigent la démission du censeur
Kantigui a eu vent que les enseignants du lycée départemental de Gomponsom, dans la province du Passoré, sont remontés contre le censeur. Le vendredi 12 avril dernier, ils ont observé un arrêt de travail de 24h pour exiger sa démission. Les protestataires, a expliqué la source de Kantigui, disent avoir marre du comportement peu courtois de celui-ci qui n’hésite pas à lancer des «tu es malade ? Tu es zinzin ?», sur un ton inamical à certains d’entre eux. Cette manifestation, a-t-on soufflé à Kantigui, intervient après une vaine sollicitation du proviseur afin qu’il ramène le censeur à la raison. En outre, l’informateur de Kantigui lui a confié avoir suivi une vive altercation entre le censeur et une enseignante de l’établissement qui était en sanglots ce jour-là. Au regard de la tournure que prend cette affaire, Kantigui appelle les autorités en charge de l’éducation post- primaire et secondaire à se pencher sur la question afin d’y trouver une solution.

Boudry : à quand les vivres de la cantines scolaires ?
Depuis 2018, l’Etat burkinabè a décidé du transfert des ressources financières aux communes pour l’achat des vivres des cantines scolaires, cela en vue de pallier les retards de livraison et les problèmes récurrents de quantité et de qualité. Mais de ce qui est revenu à Kantigui, l’année écoulée, les écoles de la commune de Boudry, dans la province du Ganzourgou (Zorgho) ont reçu ces vivres, non seulement avec un retard, et pire «le haricot était presque inconsommable». La source de Kantigui déplore le fait que l’autorité communale, saisie par les directeurs d’écoles, ait banalisé le problème. Pis, a-t-on rapporté à Kantigui, pour cette année 2019 et alors qu’on tire vers la fin de l’année scolaire, les écoles n’ont pas encore «senti l’odeur de ces vivres tant attendus». Pourtant, les vivres collectés par les parents pour la cantine endogène seraient finis dans presque toutes les écoles. La source de Kantigui a précisé que les démarches des Associations des parents d’élèves (APE) et mères éducatrices (AME) auprès de la commune pour comprendre la situation ont révélé qu’une partie des vivres stockés périmée était en passe d’être remplacée. Kantigui se demande comment cela a pu arriver et à quel moment les trois Circonscriptions d’éducation de base (CEB) de la commune auront leurs vivres. A ce qu’il se dit, les parents d’élèves menacent d’entamer des manifestations pacifiques à partir du mercredi 24 avril 2019 si rien n’est fait. Kantigui se joint à eux pour interpeller les autorités compétentes sur la question.

Elle confie son bébé à une dame et disparait
Kantigui a été informé que le dimanche 7 avril 2019, un enfant aurait été abandonné dans des circonstances rocambolesques dans le village de Zempassogo (10 km à l’Ouest de Zorgho, chef-lieu de la province du Ganzourgou, sur la RN4). Selon l’informateur de Kantigui, c’est une fillette de deux mois environ qui a été laissée entre les mains d’une dame qui a emprunté le même véhicule que la maman du bébé. D’après les explications, la mère du bébé aurait quitté Tenkodogo le jour indiqué. Lors d’une escale à Koupéla, une dame nommé B.N serait montée à bord du même véhicule avec pour destination Nédogo, village de la commune de Boudry. B.N. et la maman du bébé ont alors échangé durant le trajet et celle-ci aurait appris que la maman du nouveau-né se rendait dans le village de Moaga non loin de Nédogo. C’est à Zempassogo qu’elles sont descendues du véhicule pour attendre un car en partance pour Nédogo. Dans cette attente, la maman du bébé a confié son rejeton à B.N. pour aller se restaurer. Elle ne reviendra plus et après plus de 3 heures d’attente et sur conseils de ses proches, B.N. a informé la police de Boudry de la situation. Le réseau d’acteurs en charge de la protection de l’enfance de la commune et même de la province a été activé mais, aucune trace de la génitrice. Aux dernières nouvelles, le bébé aurait bénéficié d’une prise en charge sanitaire et nutritionnelle et serait dans de bonnes mains. Toutefois, les services en charge de l’action sociale lance un appel à toute personne qui pourrait aider à retrouver la mère de ce bébé à se manifester.

Manga : Saamb Naaba, le centenaire atypique s’en est allé
C’est avec consternation que Kantigui a appris que la faucheuse a terrassé un baobab de la culture traditionnelle moaga à Manga. Le Saamb Naaba, Koudaogo Compaoré à l’état civil, a tiré sa révérence le 14 avril 2019. L’homme, de son vivant était une icône de la tradition, particulièrement le «Guiguiéré», une danse guerrière du canton de Manga réservée aux seuls initiés. Chef coutumier, tradipraticien, médiateur et danseur, le Saamb Naaba était une mine de connaissances, un trésor humain vivant pour la ville de Manga et tout le Burkina Faso. Le «vieux», a appris Kantigui, était aussi un personnage atypique avec ses 35 femmes, ses 100 enfants et ses 300 petits-enfants. Conduite à sa dernière demeure le 15 avril dernier, Saamb Naaba était âgé d’environ 100 ans, selon ses proches. Kantigui présente ses condoléances à toute sa famille et prie que la terre libre du Burkina lui soit légère.

Passage à une nouvelle ère au Japon
Même loin des pays asiatiques, Kantigui ne manque pas de s’enquérir des nouvelles venant de cette partie du monde. Et c’est là qu’il a eu vent qu’à compter du mardi 1er mai prochain, le Japon passera à une nouvelle ère. Des explications de la source de Kantigui, on peut retenir que le Pays du soleil levant possède son propre système calendaire qui est établi en fonction du règne de chaque Empereur. Ainsi, avec l’abdication du dernier Empereur et l’accession au trône du Prince héritier, la nouvelle ère s’appellera «Rei Wa». Elle est tirée du «Manyoshu», le plus ancien recueil de poésies japonaises, écrit il y a plus de 1 200 ans. Le terme «Rei Wa», a-t-il détaillé à Kantigui, est composé de deux idéogrammes signifiant respectivement «beau» ou «agréable» et «harmonie» ou «paix», traduisant ainsi le début d’une période débordant d’espoir parce que «la culture naît et se développe lorsque l’harmonie règne dans le cœur des gens». Kantigui souhaite donc un règne fructueux au Prince héritier et une agréable vie au peuple japonais.

Médiation institutionnelle : un forum les 23 et 24 avril à Dédougou
Il est parvenu à Kantigui que le Médiateur du Faso organise, les 23 et 24 avril 2019 à Dédougou, dans la salle polyvalente, un forum national sur le renforcement de la médiation institutionnelle par la capitalisation des valeurs traditionnelles et religieuses. La rencontre aura pour thème : «Dialogue, concertation et conciliation, gages de paix, de cohésion sociale et de développement durable dans un contexte de crises et de conflits inter et intra-communautaires ». Ce cadre d’échanges et de concertation, selon l’informateur de Kantigui, va réunir plus de 500 participants des 13 régions du Burkina. Il s’agit des autorités coutumières, religieuses, administratives, de la population et des collaborateurs du Médiateur du Faso. L’objectif est de faire l’état des lieux des conflits communautaires interpellant l’Etat, de présenter les approches et pratiques de gestion communautaire des conflits, d’identifier les organisations communautaires intervenant dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale et de proposer des stratégies susceptibles de renforcer la paix et la cohésion sociale au niveau régional et national.

Kantigui
kantigui2000@gmail.com
(00226) 25 31 22 89

Première session ordinaire du CES

Le Conseil économique et social (CES) a ouvert, le mardi 16 avril 2019 à Ouagadougou, les travaux de sa première session ordinaire de l’année. Durant un mois, les conseillers vont réfléchir au thème : «Protection et promotion des personnes âgées au Burkina Faso : quelles stratégies pour une vieillesse plus sécurisée et contributive ?».

Du 16 avril au 13 mai 2019, les conseillers du Conseil économique et social (CES) vont se pencher sur : «Protection et promotion des personnes âgées au Burkina Faso : quelles stratégies pour une vieillesse plus sécurisée et contributive ?». Selon le président du CES, Moïse Napon, le choix de ce thème pour la première session ordinaire de son institution se justifie par la croissance de la démographie des personnes âgées qui pose de nombreux défis et plaide pour leur prise en compte dans les politiques publiques. «Au Burkina Faso, selon les données de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), la population de 60 ans et plus est passée de 582 060 individus en 1996 à 712 573 en 2006 et atteindra presqu’un million en 2020», a mentionné le président du CES. A l’écouter, cette tranche de la population est de nos jours confrontée à de nombreuses difficultés dont la pauvreté, les maladies, la violence, l’alimentation inadéquate et l’accès à des logements décents. Cette situation, a-t-il soutenu, s’explique, entre autres, par la globalisation de l’économie, la récurrence des crises diverses, l’urbanisation grandissante et la perte des valeurs culturelles telles que la solidarité. «Pourtant, les personnes âgées ont joué un rôle important dans l’histoire et le développement socio-économique du Burkina. Elles pourraient continuer d’apporter davantage leurs contributions car elles sont détentrices de savoirs, de valeurs culturelles et regorgent d’un capital inestimable de sagesse», a laissé entendre Moïse Napon. La vice-présidente de la commission chargée du thème, Elisabeth Ouédraogo, a indiqué qu’à travers la présente thématique, le CES laisse deviner qu’il s’est senti interpellé par une problématique d’actualité et d’une pertinence avérée, dont les réponses exigent la mise à contribution du capital d’expériences et de compétences de son institution. Pour elle, les préoccupations des personnes âgées semblent de moins en moins prises en compte dans les discours politiques. Chose qui l’a amené à se poser la question si ces personnes ne sont pas les oubliées de la société. «Le CES a pris la responsabilité de consacrer sa première session ordinaire de l’année à cette question. En effet, nous aimerions que plus tard ce qui sera retenu à cette session nous soit profitable», a dit Elisabeth Ouédraogo. Elle a fait savoir qu’au cours des travaux, les conseillers bénéficieront de communications de la part de personnes ressources et de personnalités sous forme de conférence et de panels. Une sortie terrain, a-t-elle ajouté, est prévue pour rencontrer les représentants des associations des personnes âgées, du conseil national des personnes âgées afin de toucher du doigt les réalités que vivent ces personnes. Et Moïse Napon d’ajouter qu’au cours de la session, il s’agira de faire l’état des lieux sur les conditions de vie des seniors, d’analyser les mécanismes de leur protection et de promotion, d’identifier des domaines prioritaires d’intervention et de formuler des recommandations. Par ailleurs, il a profité de l’ouverture de la session pour appeler les partenaires sociaux à ne se laisser guider que par l’intérêt général de la patrie. «Nous encourageons toute la classe politique à cultiver et entretenir un dialogue fécond et permanant afin qu’ensemble nous puissions trouver des solutions idoines aux problèmes que vit actuellement le pays», a-t-il déclaré.

 

Joseph HARO

Les futurs retraités préparent leur départ

Le ministère de la Communication et des relations avec le Parlement organise une formation au profit de ses futurs retraités, du 16 au 18 avril 2019 à Ouagadougou.

Une retraite bien réussie est une retraite bien préparée. C’est conscient de cette donne que le ministère de la Communication et des relations avec le Parlement a décidé de préparer le départ de ses futurs retraités, à travers une session de formation qu’il organise à leur profit, du 16 au 18 avril 2019, à Ouagadougou. Première du genre, cette formation entre dans le cadre du programme de formation du ministère. Elle vise, selon le ministre en charge de la communication, Rémis Fulgance Dandjinou, à préparer psychologiquement les candidats à la retraite à comprendre que la retraite n’est pas la mort, mais bien au contraire une autre étape de la vie qui démarre. En outre, cette session va permettre de revenir sur les aspects administratifs relatifs aux actes de carrière qui peuvent impacter la sortie définitive de la fonction publique. «Il sera question de revisiter l’ensemble de vos actes administratifs et de les régulariser si nécessaire», a-t-il dit aux participants. Par ailleurs, cette rencontre sera l’occasion pour les futurs retraités de s’informer sur leurs droits de fin de carrière. A cet effet, a indiqué le ministre, une équipe de la direction des ressources humaines sera aux côtés des participants tout au long de la formation pour revisiter leurs situations administratives. Une autre question qui mérite, selon le ministre Dandjinou, d’être prise en compte par les futurs retraités est celle de savoir quoi faire après la retraite. Pour ce faire, a-t-il fait savoir, un coach viendra au cours de la formation pour échanger avec les participants sur les critères qui permettent d’identifier la meilleure idée de redéploiement. A ses dires, des thématiques comme le développement personnel, la confiance en soi, la motivation, seront abordées. Toute chose qui permettra, foi de Rémis Fulgance Dandjinou, de booster le sens de l’entreprenariat chez les candidats à la retraite. Au regard de l’importance d’une telle formation pour les participants, le ministre de la Communication a traduit sa reconnaissance aux partenaires qui ont accompagné cette activité. Il s’agit de la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO), du Fonds national d’appui au travailleurs déflatés et aux retraités (FONADER) et du cabinet «Objectif emploi».

Nadège YAMEOGO

Refonte des sites web de l’administration

Le ministère de la Communication et des Relations avec le parlement organise, les 15 et 16 avril 2019 à Ouagadougou, une formation sur le fonctionnement des plateformes web et la mise à jour des contenus des sites web de l’administration publique.

Le renforcement de la communication électronique dans l’administration reste un défi à relever pour le gouvernement du Burkina Faso. Pour ce faire, il entend impliquer tous les acteurs au processus à travers une formation qu’il organise, les 15 et 16 avril 2019, sur la refonte des sites web à l’endroit des directeurs de la communication des départements ministériels et des institutions. Selon la secrétaire générale du ministère de la Communication et des Relations avec le parlement, Hortense Zida, cette formation est salutaire, car au regard des évolutions continuelles dans le domaine des Technologies de l’information et de la communication (TIC), les sites web de l’administration publique n’offraient plus de sécurité, de flexibilité et d’accessibilité. «Ce qui met à mal la communication et limite les engagements vis-à-vis des citoyens en matière de disponibilité de l’information administrative», a-t-elle fait savoir. Pour pallier ces maux, a ajouté Mme Zida, le gouvernement a créé au sein de l’Agence nationale de promotion des technologies de l’information et de la communication (ANPTIC), le «projet e.Burkina» qui a une composante «Refonte des sites web de l’administration publique». De son avis, il a pour objectif de doter l’administration et les institutions burkinabè de sites web ergonomiques, attrayants, sécurisés et faciles à mettre à jour. Aussi, elle a indiqué que les bénéficiaires directs du projet sont les ministères et institutions publiques qui fournissent de l’information et des services électroniques publics aux citoyens, aux entreprises, ainsi que les entrepreneurs de l’économie numérique. Pour Hortense Zida, il convient de maintenir et d’améliorer la communication afin qu’elle soit un outil au service du gouvernement. Pour cela, a-t-elle souligné, pour plus d’efficacité, la communication au sein de l’administration doit être à la fois interne et externe. « Si la communication interne est la capacité des acteurs à communiquer entre eux pour organiser le travail, maintenir une ambiance conviviale pour le travail collectif en vue d’atteindre des résultats probants, celle externe se développe entre les acteurs alliés stratégiques dont les acteurs gouvernementaux, les partenaires techniques et financiers », a-t-elle expliqué.

Mariam SOMDA

L’association féminine des handicapés Teegawendé, lauréate

La remise des prix «Baramousso» a eu lieu, le samedi 13 avril 2019 à Ouagadougou. A l’occasion, cinq associations féminines ont été primées.

Depuis 2015, la société de téléphonie ONATEL SA s’est faite le porte-parole de toutes les femmes battantes. C’est dans ce sens qu’elle a initié, le trophée «Baramosso», dans l’objectif d’accompagner les actions des associations féminines qui œuvrent au quotidien pour le renforcement de leurs capacités financières et matérielles. Ce trophée de promotion de l’excellence au sein des associations féminines a connu ses lauréates au cours d’une soirée gala, le samedi 13 avril 2019 à Ouagadougou. L’association féminine des handicapés physiques Teegawendé de Koudougou a remporté le premier prix composé du trophée «Baramousso» avec une attestation et une somme de 5 500 000 F CFA. Ses mérites ont été reconnus pour son projet de développement de transformation de l’arachide, du «soumbala » et du beurre de karité.
Tout en remerciant l’ONATEL, la présidente de l’Association Teegawende de Koudougou (AFT), Victorine Guissou, dit être prête à motiver ses 45 membres « à oublier leur handicap ». Le deuxième prix a été décerné à l’association des veuves et orphelins de Bitou.
Elle a reçu 3 500 000 F CFA et une attestation.
Cette structure est suivie par l’Association Espoir vert de Ouagadougou (AEV) qui a reçu une attestation et
2 500 000 FCFA. Les quatrième et cinquième prix ont été remportés respectivement par l’association Zantar de Batié (2 000 000 FCFA et une attestation), et l’Association pour le développement en milieu rural de Ouagadougou (ADMR) avec 1 500 000 FCFA et une attestation. A l’occasion, des trophées d’honneur et de reconnaissance ont été décernés à la marraine de l’édition 2019, la ministre en charge de la femme, Laurence Ilboudo et à la ministre du Développement de l’Econo-mie numérique, Hadja Ouattara. Pour Léopold Abo, président du jury de cette 5e édition, les lauréates ont été présélectionnées parmi 38 associations et seules les huit meilleures ont été retenues sur la base de leurs activités au cours de ces deux dernières années.

Des conditions de vie améliorées

Elles ont, a-t-il expliqué, été évaluées lors d’une visite de terrain, en tenant compte de la qualité de leurs résultats et de leur gouvernance. « Au terme des débats et après la délibération du jury, cinq associations ont été désignées comme lauréates du concours », a-t-il affirmé.
Cette année, le trophée «Baramousso» a soufflé ses cinq bougies.
L’initiative a permis d’amé-liorer directement les conditions de vie d’au moins 7 840 ménages pour un montant de plus 60 millions francs CFA. De l’avis du directeur de l’ONATEL SA, Sidi Mohamed Naïmi, son entreprise a initié ce concours national «pour soutenir toutes ces braves femmes qui, tous les jours, se lèvent avant le soleil pour ne se coucher que tard». La représentante du ministre en charge de la femme, Fati Ouédraogo, a rappelé que ce trophée vise à encourager les femmes battantes. Elle a apprécié les efforts de contribution de l’ONATEL SA au PNDES par l’entreprise de ses actions citoyennes en vue de réduire des inégalités sociales. Elle a exhorté les «Baramousso» à demeurer des leaders. Car, c’est leur combativité et leur leadership que l’ONATEL veut accompagner. «En cinq années, l’ONATEL a offert l’opportunité à 224 associations de démontrer leur savoir-faire et leur rôle dans le développement», a affirmé Sidi Mohamed Naïmi. Par ailleurs, les prix «Baramousso» prévoient à partir de 2020 de prendre en charge le financement et le suivi d’un projet des associations primées.

Achille ZIGANI (Collaborateur)

Abdoul Ouédraogo prône la paix

En réaction à la conférence de presse organisée par IB Bank, le président directeur général de la société immobilière Abdoul Services International, Abdoul Ouédraogo, dit s’inscrire dans un élan d’apaisement. Il s’est confié à Sidwaya, le mardi 16 avril 2019.

Face à la crise qui l’oppose à IB Bank, le Président-directeur général (PDG) de la société immobilière Abdoul Services, Abdoul Ouédraogo, ne veut pas remuer le couteau dans la plaie. Il a indiqué qu’il s’agit d’une incompréhension entre son entreprise et la banque. Il a reconnu que quelques irrégularités ont entaché le contrat qui le liait à la banque, notamment en ce qui concerne la date de l’échéance qui, selon lui, n’a pas été respectée et l’injonction à lui faite d’envoyer la liste de ses biens pour liquidation au cas où il ne serait pas en mesure de solder son crédit au bout de deux ans. Toutes ces procédures de son point de vue ont été engagées de façon hâtive, à environ huit mois de la fin de l’échéance. L’un dans l’autre, le client d’IB Bank pense que l’image de son entreprise a été écorchée et que sa réputation a pris un coup au regard de la rumeur qui entourait l’affaire. Mais qu’à cela ne tienne, il a opté de ne pas répondre à la déclaration de la banque, préférant plutôt l’apaisement. «J’ai toujours travaillé en bon terme avec BHBF. Je n’ai aucune intention d’ouvrir des comptes ailleurs et donner dos à ma banque. Jusqu’à présent nous sommes disposé à garder nos comptes dans IB Bank, mais il faut qu’elle reconnaisse son tort vis-à-vis de ma personne», a dit M Ouédraogo. Et d’ajouter que son entreprise emploie plus de 2 500 personnes. Et dans un contexte sécuritaire déjà tendu, la solidarité des entreprises lui semble une alternative salutaire pour la paix et la prospérité des affaires économiques. Mieux, il a précisé que du fait du partenariat entre sa société et IB Bank, Abdoul services international a porté une vaste campagne de publicité sur l’institution financière. Une «pub» qui, de son avis, pourrait être évaluée à plus d’un milliard francs CFA. «Nous devons enterrer la hache de guerre. Des doyens nous ont approché pour demander que cette crise soit un vieux souvenir et nous allons respecter cette sagesse», a indiqué Abdoul Ouédraogo. Et d’ajouter que sa générosité ne saurait saper les fondements de son entreprise. «La générosité est un facteur de cohésion sociale et de solidarité. Elle est pour moi un héritage et je ne pense pas qu’offrir un forage, des ambulances, des cimetières des hôpitaux (…) à la population est mauvais en soi, étant donné que cela ne m’empêche pas de réaliser à plus de 40 milliards francs CFA mes cités que je devrais construire sur six sites», a-t-il martelé, avant de rassurer qu’entre le Président du conseil d’administration (PCA) de IB Bank, Mahamadi Bonkoungou, et lui tout va bien.

Wanlé Gérard COULIBALY

«Ce n’est pas un acharnement contre un client», Somahila Sawadogo

La direction générale de International Busines Bank (IB Bank) a fait une mise au point, le lundi 15 avril 2019 à Ouagadougou, concernant la sortie médiatique du directeur général de la société immobilière, Abdoul Services international, Abdoul Ouédraogo, sur une supposée saisine de ses biens.

A la suite de la déclaration faisant état d’un harcèlement et d’une saisine de biens par International Busines Bank (IB Bank) du directeur général de la société immobilière Abdoul Services international, Abdoul Ouédraogo, les responsables de la structure ont réagi lors d’une conférence de presse, le lundi 15 avril 2019 à Ouagadougou. Pour les banquiers, c’est regrettable qu’un problème résolu soit porté sur la place publique. En effet, le Directeur général adjoint (DGA) de IB Bank, Somahila Sawadogo, a indiqué que lors du rachat des actions de la Banque de l’habitat (BHBF) devenue IB Bank, les nouveaux propriétaires de l’institution financière ont fait l’état des lieux des créances et demandé aux principaux débiteurs de prendre des dispositions pour honorer leurs engagements dans les délais contractuels. C’est ainsi que les administrateurs ont constaté l’énormité du montant dû par la société Abdoul Services. Et pendant que la banque s’activait à entrer dans ses fonds, explique les conférenciers, elle s’est rendue compte que son créancier a ouvert des comptes parallèles dans d’autres banques. Alors qu’il avait plaidé auprès de la banque pour obtenir un rééchelonnement de son crédit et ce, avant même que la BHBF ne devienne IB Bank. «Nous avons eu à le rappeler qu’on ne farotte pas avec l’argent prêté par des banques», a prévenu Somahila Sawadogo. Qu’à cela ne tienne, le DGA et ses collaborateurs disent avoir attendu jusqu’à la date butoir (juillet 2018) pour exiger le remboursement. «La banque n’a jamais été guidée par le désir de déposséder Abdoul Services de son patrimoine. Mais notre banque a un visage humain, social et soucieux de la santé financière de ses clients», a-t-il dit. A la question de savoir quel est l’état actuel des relations entre Abdoul Services et la banque, le DGA affirme qu’il n’y a aucun problème, et que les comptes de M. Ouédraogo sont encore actifs. Avez-vous saisi les biens de la société Abdoul Services ? A cette question des journalistes, les responsables d’IB Bank ont répondu par la négative. «Aucun bien n’a été saisi. C’est le client lui-même qui nous a apporté les biens nécessaires à l’apurement de son crédit. Aucun compte n’a été gelé. Certes, le retard dans le remboursement crée souvent le déclassement du compte, mais pas de gel», a précisé M. Sawadogo. Selon lui, à ce jour tout est entré dans l’ordre, la totalité du crédit, soit plus de 5 milliards de francs CFA a été remboursée créant ainsi des conditions idéales pour une relation de banque à client. Le DGA a précisé que le différend opposant la société immobilière à IB Bank n’est ni un problème de personne, ni un règlement de comptes encore moins un acharnement contre un client.

Wanlé Gérard COULIBALY

Authentification des diplômes des fonctionnaires

L’hebdomadaire point de presse du Chef de file de l’opposition politique au Burkina Faso (CFOP-BF) a été animé, le mardi 16 avril 2019 à Ouagadougou, par le président de l’Union pour la renaissance démocratique-Mouvement sankariste (URD/MS), Alphonse-Marie Ouédraogo et celui du Parti national des démocrates sociaux (PNDS), Yumanli Lompo.

L’opposition politique burkinabè dénonce «une volonté manifeste des autorités d’enterrer le dossier Yirgou et laisser libres et impunis les criminels coupables du massacre». C’est ce qu’a affirmé le président de l’Union pour la renaissance démocratique-Mouvement sankariste (URD/MS), Alphonse-Marie Ouédraogo, lors de l’hebdomadaire point de presse du Chef de file de l’opposition politique (CFOP), qu’il a co-animé le mardi 16 avril 2019 à Ouagadougou, avec le président du Parti national des démocrates sociaux (PNDS), Yumanli Lompo. Pour M. Ouédraogo, la responsabilité du chef de l’Etat, en tant que garant de la sécurité des Burkinabè, du respect des lois et de la bonne gouvernance de l’administration de la Justice, est engagée. L’opposition, à l’en croire, débutera désormais ses points de presse par «un souvenir du massacre de Yirgou et un appel à la justice». Quant au dialogue politique annoncé mardi dernier, le président de l’URD/MS a précisé qu’il se tiendra à la fin de ce mois. D’ores et déjà, il a affirmé, sans plus de détail, que la liste des points que l’opposition souhaite aborder a été transmise au président du Faso.
Il a également commenté la sortie du président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), Simon Compaoré lors d’une conférence de presse du parti au pouvoir. Répondant à l’accusation de ce dernier sur une récupération politique des crises sociales par l’opposition avec l’intention de se faire une «virginité politique», M. Ouédraogo a qualifié cette déclaration de «tendancieuse». Concernant la situation au ministère de l’Economie, des finances et du Développement (MINEFID), Alphonse-Marie Ouédraogo a renvoyé les tenants du pouvoir à leurs responsabilités, les invitant à trouver des solutions plutôt que de «condamner». Quant aux propos de M. Compaoré qui aurait dit aux ONG que «si le Burkina est devenu invivable, il faut partir», il s’en est démarqué et a affiché la volonté du CFOP-BF de rencontrer ces Organisations pour les encourager, les écouter et mieux comprendre leurs préoccupations.
Sur l’opération d’authentification des diplômes des fonctionnaires prévue pour mai 2019, le CFOP-BF, selon Alphonse-Marie Ouédraogo juge l’initiative bonne. Toutefois, il dit craindre que cela ne soit transformé en un instrument de répression de certains fonctionnaires. Le dernier point a porté sur une lettre que l’ancien président Blaise Compaoré aurait envoyé au chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré. Convaincu que les deux personnalités continuent de communiquer, M. Ouédraogo a souhaité que cette correspondance qui aborde la sensible question sécuritaire, soit rendue publique dans son intégralité.

Tielmè Innocent KAMBIRE