Et pourtant ça bouge !

Moments difficiles pour le pays. Efforts de guerre contre le terrorisme, conflits intercommunautaires, front social en permanente ébullition. Au point que les récentes victoires «précieuses» de l’armée burkinabè ont du mal à venir à bout d’un certain pessimisme ambiant, voire d’autodénigrement, qui tente de s’imposer. On en trouve même qui spéculent sur «l’irrémédiable déclin de notre société». Pas moins. C’est à qui sera le plus pessimiste. Toute chose étant égale par ailleurs, il n’est pas superflu de faire nôtre cette célèbre phrase du physicien italien Galilée à propos de la terre : «Et pourtant elle tourne ». Cet éminent homme de sciences avait été contraint d’affirmer que la terre était plate et immobile, alors que ses études lui avaient permis de savoir qu’elle était ronde et tournait autour du soleil. Dans la logique galiléenne, on peut bien soutenir, qu’en dépit des crises humanitaires, sociales et sécuritaires qui l’assaillent, le Burkina Faso tient debout et continue d’engranger des résultats significatifs dans nombre de domaines.

Il faut l’admettre, tout n’est pas rose, mais dépeindre un tableau totalement noir ne correspond aucunement au vécu et au ressenti de nos compatriotes. Dans cette optique, de profondes réformes structurelles ont été entreprises sur les plans politique, économique et social. De la révision de la Constitution, dont le processus est prévu pour s’ achever cette année, à la mise en œuvre de l’assurance-maladie universelle, le vote de la diaspora, en passant par la refonte des salaires du public et le rôle de plus en plus grand dévolu aux collectivités territoriales et au secteur privé, tout est mis en œuvre pour inverser durablement la courbe de la pauvreté et accorder des espaces de libertés plus larges aux populations. Ainsi, en termes de points positifs, dans le domaine de la coopération internationale, par exemple, le pays des Hommes intègres a repris de la plus belle des manières ses relations avec la République populaire de Chine, après 24 ans de rupture. Un «remariage» dont les débuts augurent des lendemains meilleurs. Déjà, sur la base d’un partenariat gagnant-gagnant, la Chine a montré son engagement à soutenir le Burkina dans des secteurs clés. Il s’agit, entre autres, du domaine de la santé, du transport et du commerce. D’une manière plus large, au-delà de la Chine, le Chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, s’est mis dans un élan d’ouverture vers de nouveaux horizons diplomatiques et de renforcement des liens existants. Sa visite d’amitié et de travail en Turquie, avec une forte délégation, du 9 au 11 avril dernier en est une des preuves récentes. Un voyage qui s’est, en effet, soldé par la signature de plusieurs accords et conventions dans des secteurs stratégiques. Par ailleurs, la présidence 2019 du G5 Sahel que le Burkina assure peut aussi être considérée comme le fruit de ce rayonnement diplomatique.

Car, se voir confier la responsabilité d’une structure sous régionale de cette envergure est tout de même signe d’une certaine confiance. En le faisant, les présidents malien, nigérien, tchadien et mauritanien ont montré leur foi en la capacité du pays à relever les défis sécuritaires communs. Sur le plan interne, la situation macroéconomique demeure relativement bonne avec une prévision de croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 6% en 2019, même si les mouvements sans nom au ministère en charge des Finances inspirent des craintes légitimes.

L’on assiste par ailleurs à la réalisation d’importants projets d’infrastructures routières, scolaires, sanitaires et de barrages. Les structures minières, pour leur part, continuent de tourner et se renforcent, si bien que certaines comme SEMAFO parlent de production record cette année. Le dialogue politique également se noue progressivement. En témoignent les récentes rencontres entre le président du Faso et l’ensemble de la classe politique dans l’optique d’échanges plus approfondis d’ici à la fin du mois d’avril.

Sur le plan judiciaire, des dossiers censés ouvrir la voie à la réconciliation nationale sont évacués, ou en train de l’être. C’est le cas notamment du procès du putsch manqué de septembre 2015 qui se poursuit et dont le verdict pourrait apaiser un tant soit peu les cœurs des victimes et de leurs familles. Le front social, dont l’impact sur l’économie nationale est considérable, est en passe d’être atténué avec la remise à plat prochaine des systèmes de rémunération des agents publics. Globalement, on peut dire que le Burkina Faso continue sa marche vers le développement. Il le fait difficilement certes, mais ne perdons pas de vue que le destin des grandes nations se forge dans l’adversité, et le Burkina ne rompra jamais.

Mahamadi TIEGNA

Burkina/Côte d’Ivoire: le ministre Hamed Bakayoko au palais de Kosyam

Le ministre d’Etat, ministre de la Défense de Côte d’Ivoire, Hamed Bakayoko, a transmis, le vendredi 12 avril 2019, un message au président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, de la part de son homologue ivoirien, Alassane Ouattara. Il a par ailleurs échangé avec le chef de l’Etat burkinabè sur la situation sécuritaire dans la sous-région.

Le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, a dépêché son ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, auprès de son homologue du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré afin de lui transmettre un message. C’est ce qu’a indiqué l’émissaire ivoirien à sa sortie d’audience avec le président du Faso, le vendredi 12 avril 2019 à Ouagadougou. Si rien n’a filtré du contenu du message, le ministre d’Etat ivoirien a, cependant, fait cas des échanges qu’il a eus avec le président Kaboré sur des sujets d’intérêt pour les deux pays. «Nous avons échangé sur les enjeux sécuritaires.

Toute la sous-région est concernée par l’hydre terroriste qui endeuille nos familles», a-t-il déploré. De l’avis du ministre, ce fut une occasion pour son pays d’exprimer sa compassion et sa solidarité à toutes les victimes et familles des victimes de ces attentats. Hamed Bakayoko a, en outre, renouvelé l’engagement des deux pays à travailler ensemble en conjuguant leurs efforts dans le but de réduire le phénomène. «Le Burkina Faso n’est pas seul dans ce combat.

Lors des attentats de Bassam, nous avons bénéficié du soutien de nos frères du Burkina Faso. Nos services sont en relation, de même que les ministres. Ensemble, nous aurons des initiatives qui permettront de mieux sécuriser la sous-région», a confié le ministre ivoirien.

Abdoulaye BALBONE

Opération Otapuanu : plusieurs présumés terroristes neutralisés, une centaine interpellée

Le Chef d’état-major général des armées (CEMGA), le général de brigade Moïse Miningou, a animé un point de presse, le vendredi 12 avril 2019, à Fada N’Gourma, pour présenter le bilan de l’Opération Otapuanu en cours dans les régions de l’Est et du Centre-Est. En substance, ce bilan fait état de plusieurs présumés terroristes neutralisés, de plus d’une centaine interpellée et de sept «vaillants» combattants, tombés sur le champ d’honneur pour la patrie.

Déclenchée le 7 mars 2019, l’opération Otapuanu ou encore «Pluie de feu ou Foudre» en gulmacema, est déjà un succès. C’est la quintessence de la déclaration du Chef d’état-major général des armées (CEMGA), le général de brigade Moïse Miningou, au cours d’un point de presse qu’il a animé, le vendredi 12 avril 2019, à Fada N’Gourma. En effet, d’après lui, de nombreux «terroristes» ont été neutralisés et plus d’une centaine a été interpellée. Dans les rangs des Forces de défense et de sécurité (FDS), le général Miningou, par ailleurs commandant du théâtre des opérations de Otapuanu, a déploré la perte de sept «vaillants» combattants, tombés pour la défense de la patrie et neuf blessés. Toutefois, le CEMGA s’est dit satisfait des résultats engrangés, après plus d’un mois de traque de l’ennemi. «D’une manière globale, les objectifs que nous nous sommes assignés ont été atteints. Parmi ceux-ci, figure la restauration de l’autorité de l’Etat», a-t-il affirmé.

Pour étayer cette affirmation, le commandant de Otapuanu a indiqué que l’opération a permis, d’une part, de redonner un «grand» espoir aux populations de l’Est et du Centre-Est et, d’autre part, de renforcer la confiance entre elles et l’Etat. Selon lui, cette lueur d’espoir est à mettre à l’actif d’hommes courageux, déterminés et dévoués, mais aussi de populations de plus en plus favorables à la collaboration avec les FDS. Avant de traduire sa reconnaissance aux troupes engagées dans l’opération, il a eu une pensée spéciale pour les familles endeuillées et les neuf blessés.

Le Bataillon Badenia 6 en renfort

A la suite de cet exposé, le conférencier a ouvert les échanges avec les journalistes. Quelle sera la suite de l’opération ? Que répondez-vous aux accusations d’exécutions sommaires ? Qu’en est-il de la collaboration entre l’armée burkinabè et les armées des pays frontaliers avec la zone de l’opération ? Confirmez-vous les rumeurs qui font état de l’arrestation du chef des terroristes dans la région de l’Est ? Combien de terroristes ont été neutralisés ? A ces interrogations, le général de brigade Moïse Miningou a apporté quelques éléments de réponse. Concernant la préoccupation sur la suite à donner à l’opération, il s’est voulu rassurant. «Le Bataillon Badenia 6 qui était au Mali a été relevé et déployé dans la zone de l’opération Otapuanu.

Avec tout ce personnel, nos ennemis n’auront plus la liberté d’action. Nous savons que le risque zéro n’existe pas, mais nous sommes très confiants», a-t-il rassuré. Quant à la question relative aux suspicions évoquant des exécutions sommaires, le CEMGA a répondu qu’il n’en est rien. Il a coupé court au débat: «nous n’avons jamais exécuté des tirs sur des hameaux de villages. Tous les tirs ciblaient des repères de terroristes dans les forêts classées». Au sujet de la collaboration avec les armées des pays voisins, le général Miningou a souligné que ses troupes ont mené des actions, le long des frontières, de concert avec les armées sœurs du Togo, du Bénin et du Niger. En retour, il leur a manifesté sa gratitude pour cette précieuse contribution.

Ramener définitivement la sécurité

En ce qui concerne les rumeurs sur l’arrestation d’un chef terroriste à l’Est, le CEMGA a fait savoir qu’à l’étape actuelle des enquêtes, il n’est pas en mesure de confirmer ou d’infirmer l’information. «En tous les cas, nous avons arrêté des gens que nous avons assimilés à des leaders terroristes. Mais, nous attendons les conclusions de l’enquête pour en savoir davantage», a-t-il expliqué.

A la question relative au nombre de «terroristes» neutralisés, le CEMGA a répondu qu’il ne voit pas l’importance de communiquer de tels chiffres. «Ceux d’en-face sont des Burkinabè, ce n’est pas avec joie que nous les neutralisons. Mais si nous sommes obligés de le faire, nous le ferons sans état d’âme», a-t-il martelé. Ce qui est important pour lui, c’est de savoir que la mission a porté fruit, notamment avec la réouverture de plus d’une centaine d’écoles fermées autrefois pour fait d’insécurité.

Avant de clore la conférence, le général Miningou a lancé un appel au Bataillon Badenia 6, venu en renfort, et à l’ensemble des troupes à continuer à garder haut le flambeau de l’engagement militaire, de sorte que l’opération Otapuanu ramène définitivement la paix et la sécurité dans les régions de l’Est et du Centre-Est du Burkina Faso. En outre, il a remercié, particulièrement, les populations et les autorités administratives, coutumières et religieuses desdites régions pour leur soutien aux troupes déployées. Il a souhaité que cette collaboration perdure pour la victoire finale face à l’ennemi.

Joanny Sow

Fonction publique : un contrôle de l’authenticité des diplômes en vue

L’hebdomadaire Conseil des ministres s’est tenu, le vendredi 12 avril 2019 à Kosyam, sous la direction du chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré. Plusieurs dossiers étaient sur la table du gouvernement, notamment l’opération de contrôle de l’authenticité des diplômes des agents de l’administration publique.

Le gouvernement burkinabè veut débarrasser l’administration publique des agents qui ont eu accès à la Fonction publique de façon frauduleuse. En effet, le Conseil des ministres, tenu le vendredi 12 avril 2019 à Kosyam, a décidé de lancer une opération de contrôle de l’authenticité des diplômes des fonctionnaires en activité. De la communication du ministre en charge de la fonction publique au conseil et dont le résumé a été fait par le ministre de la Communication et des Relations avec le parlement, Remis Fulgance Dandjinou, il ressort que cette opération est prévue pour démarrer en mai 2019. Toujours pour le compte du même département, le porte-parole du gouvernement a fait cas d’un compte rendu sur l’élection du Burkina Faso pour un mandat de deux ans à la présidence du Comité technique spécialisé sur le développement social, le travail et l’emploi de la Commission de l’Union africaine.

Au cours du Conseil des ministres, six décrets portant application de la loi relative au statut du personnel du cadre militaire des douanes ont été adoptés pour le compte du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement. Aussi, le gouvernement a-t-il pris un décret portant organisation des emplois des enseignants-chercheurs, des enseignants hospitaliers universitaires et des chercheurs et règlement de fonction d’enseignants à temps plein et d’ingénieurs de recherche. Un autre décret portant procédure de la passation et d’exécution des règlements des marchés publics et de services publics a été également approuvé.

Le texte de loi présente deux centres d’intérêts, selon le porte-voix du gouvernement. «La première modification va permettre la publication des avis d’appel à concurrence, des résultats des travaux des commissions dans un support d’information habilité à recevoir les annonces légales. Il y avait un journal des marchés publics qui recevait ces annonces certes, mais la norme de l’UEMOA prévoit une publication au niveau des organes de presse. Nous avons donc choisi les quotidiens de la place», a expliqué M. Dandjinou. Le second aspect, a-t-il poursuivi, est la mise en place et la composition de la commission ad hoc d’attribution des marchés en cas de difficultés à réunir les commissions d’attribution des marchés. Concernant le département en charge de l’agriculture, quatre décrets d’application de la loi portant contrôle de la gestion des pesticides au Burkina Faso ont été adoptés.

Ces instruments juridiques servent à amortir les risques liés à l’utilisation de ces produits chimiques. Le ministère des Affaires étrangères et la Coopération a, en outre, fait le bilan de la visite du chef de l’Etat Roch Marc Christian Kaboré en Turquie qui s’est soldée par la signature de trois accords entre les deux pays.

Abdoulaye BALBONE

Présidentielle de 2020 : Tahirou Barry, candidat

Le Mouvement pour le changement et la renaissance (MCR) a organisé, le dimanche 14 avril 2019 à Ouagadougou, une conférence de presse au cours de laquelle le député Tahirou Barry a répondu favorablement à l’appel à sa candidature pour la présidentielle de 2020.

Le député Tahirou Barry sera sur la liste des candidats dans la course pour la conquête du palais présidentiel de Kosyam en 2020. Trois mois après l’appel lancé par le Mouvement pour le changement et la renaissance (MCR), l’invitant à se porter candidat à la prochaine élection présidentielle, Tahirou Barry, vient d’accéder à la requête au cours d’une conférence, tenue le dimanche 14 avril 2019 à Ouagadougou. « A cette sollicitation de ces vaillants jeunes, je n’ai ni le droit de me dérober ni d’hésiter. C’est pourquoi, j’ai décidé librement et solennellement de relever ce défi qui m’a été proposé en acceptant de me porter candidat à l’élection présidentielle prochaine de ma patrie », a-t-il déclaré, lors de la rencontre avec les hommes des medias. Et d’ajouter : « si j’accepte d’être candidat en 2020, c’est au nom de ma génération, une jeunesse valeureuse qui souffre, mais qui espère et aspire à un bonheur dans un pays réconcilié avec lui-même et ses valeurs ». Mais à en croire le député, depuis le 27 janvier 2019, date à laquelle l’appel lui été adressé, il a entamé des consultations auprès de sa famille et de leaders d’opinion. Il dit avoir également mené des réflexions sur le sens d’un tel engagement.

« J’ai profondément médité sur la situation actuelle et le devenir de ma patrie. Au fond de ma solitude et dans la profondeur de la nuit, je me suis posé d’innombrables questions, j’ai toujours été face à des équations à traiter car l’élection présidentielle est une redoutable épreuve de vérité et de sacrifices », a-t-il soutenu. Concernant les priorités, le présidentiable prévoit s’attaquer à trois grands maux, à savoir le terrorisme et l’érosion « profonde » de la cohésion sociale, la paupérisation « accélérée » des vaillantes populations, particulièrement les femmes et enfin, le chômage « endémique » des jeunes dans les villes et les campagnes. Conscient des grands défis qui se dressent sur son chemin, Tahirou Barry a saisi l’occasion pour appeler les Burkinabè au rassemblement afin de porter haut sa candidature. « Je voudrais que ma candidature transcende les considérations partisanes pour être portée par une coalition encore plus forte et crédible de partis et mouvements associatifs soucieux du devenir radieux de notre pays », a-t-il souhaité, ajoutant qu’il mettra toute son énergie dans cette démarche jusqu’à la tenue du scrutin.

Dissident du Parti pour la renaissance nationale (PAREN), le député Barry a mis à profit cette rencontre avec la presse pour rendre un vibrant hommage au fondateur Laurent Kilachou Bado. « Je suis reconnaissant à celui qui m’a enseigné et guidé mes pas encore hésitants dans l’arène impitoyable de la politique depuis octobre 1999. A ce grand éducateur hors pair, je réitère toutes mes excuses publiques pour mes actions ou omissions qui lui ont causé du tort », a-t-il confié. Peut-on s’attendre à une alliance entre le MCR et le PAREN en 2020 ? Réagissant à cette interrogation, Tahirou Barry a préféré aller en prenant des gants. « En politique tout est possible », s’est-il contenté de dire. Sur la question de l’idéologie du parti, l’homme s’est voulu clair : « Nous ne comptons pas nous enfermer dans un carcan idéologique mais plutôt user de pragmatisme pour repositionner le Burkina Faso sur le chemin de développement ».

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

Campagne cotonnière 2019-2020 : le kg de l’or blanc passe 250 à 265F CFA

L’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) a tenu, respectivement les 12 et 13 avril 2019 à Ouagadougou, son assemblée générale, suivie d’une conférence de presse. La structure a, au cours de cette rencontre, fixé le prix du kilogramme du coton graine à 265F CFA contre 250F en 2018.

Le prix du kilogramme du coton graine va connaître une augmentation pour la campagne cotonnière 2019-2020. En effet, au cours de son Assemblée générale (AG) suivie d’une conférence de presse, organisée respectivement les 12 et 13 avril 2019 à Ouagadougou, l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB) a décidé d’une augmentation du prix du kilogramme du coton graine de 15 FCFA, ainsi qu’une baisse de 7% des prix de cession des engrais (NPK et urée) pour la campagne cotonnière 2019-2020. De ce fait, les sacs de 50 kg de l’urée et de l’engrais NPK passent de 15 000 à 14 000 FCFA, tandis que le prix d’achat du coton graine est désormais à 265 F CFA contre 250 FCFA la campagne écoulée. Les prix de la semence conventionnelle restent inchangés. Mieux, des produits de traitement (insecticides de spécialité) à large spectre d’actions ont été mis à la disposition des producteurs pour combattre les ravageurs du coton.

Faisant le bilan peu reluisant de la campagne cotonnière 2018-2019, le responsable à l’information de l’AICB, Ali Compaoré a indiqué que les mouvements de boycott et de contestation dans certaines localités, notamment dans la province du Kénédougou ainsi que la pression parasitaire ont sérieusement plombé les efforts de production, occasionnant une baisse productive de l’ordre de 29% par rapport à l’année 2017.

«Avec cette contreperformance, notre filière a plus que jamais besoin de rebondir et de recouvrer ses lettres de noblesse», a indiqué M. Compaoré. Selon le directeur général de la Société nationale des fibres textiles (SOFITEX), Wilfried Yaméogo, les mesures prises par l’AICB en faveur de la campagne cotonnière 2019-2020 entrent en droite ligne des recommandations faites par les «cotonculteurs» lors de l’atelier national sur la relance durable de la production cotonnière et qui se résumaient, entre autres, à la baisse des prix des intrants et l’augmentation du prix d’achat plancher du coton graine.

De l’apurement des impayés

Pour M. Yaméogo, des efforts sont faits par la filière, parce que les cours mondiaux de la fibre imposent des contraintes aux sociétés cotonnières.
Au niveau des prix réduits des engrais et insecticides, les acteurs ont précisé que cette baisse a été possible grâce à un appui financier de l’Etat de l’ordre de 13,627 milliards FCFA. Aussi a-t-il indiqué qu’afin de contribuer à l’apurement des impayés internes et externes de la campagne 2018-2019, l’AICB a décidé de verser à chaque producteur la somme de 10Fcfa/kg de coton graine au titre de ladite campagne, soit environ 4, 350 milliards FCFA.

«Ce soutien vise à améliorer le revenu des producteurs et à renforcer leur engagement pour la relance durable de la production», a dit le DG Yaméogo. Le président de l’AICB, Bambou Bihoun, par ailleurs président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPC-B) a salué les efforts du gouvernement, les sociétés cotonnières et des banques à accompagner les producteurs. Tout en rassurant de l’engagement des producteurs à relever le défi pour la campagne à venir, Bambou Bihoun a souhaité que les conclusions issues de l’atelier de relance durable de la filière servent toujours de repère dans la prise de décisions cotonnières.

Il a apprécié l’augmentation de 15 FCFA du prix d’achat et la baisse de 1000 FCFA sur le sac des produits fertilisants. « Notre seule manière de saluer l’engagement du gouvernement à nos côtés sera d’inonder les usines d’égrenage de coton. Pour peu que nous ayons une bonne pluviométrie », a déclaré M. Bihoun. En perspective, les acteurs envisagent de relever le défi de 800 000 tonnes de coton graine pour la campagne 2020 afin de permettre au pays de quitter la 4e place qu’il occupe actuellement pour reprendre la première en Afrique.

Wanlé Gérard COULIBALY

Ouagadougou : Fire of store of the bookstore DIACFA

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Energie solaire : Le ministre Bachir Ouédraogo visite une usine de fabrication de plaque solaire

La société Faso Energy S.A a ouvert ses portes au ministre de l’Energie Bachir Ismaël OUEDRAOGO ce jeudi 4 avril 2019. Situé dans la zone industrielle de Kossodo dans l’arrondissement n°4 de Ouagadougou, Faso Energy entend se positionner comme le premier fabricant de panneaux photovoltaique de haute qualité dans la sous-region.

En marge de la SEERA, le ministre Ouedraogo a visité l’usine d’assemblage pour la fabrication des plaques solaires à Ouagadougou. La société est installée sur une superficie de 2000 m2 et produira 20 mégawatts pour l’éléctricification. Le directeur technique de l’usine, l’ingénieur Jacky SAIDI a fait visiter les installations de la société et a présenté les conditions de productions des plaques, la technique de contrôle de qualité ainsi que la logistique utilisée pour un cadre de travail sain et meilleur pour les travailleurs. Aussi, la ligne de production, les magasins de matière première et de produits chimiques ne sont pas en marge de la visite.

L’usine Faso Energy compte mettre sur la place du marché des plaques solaire de 250 watts et de 315 watts à des coûts réduits sur le marché burkinabè. Selon le directeur de la société, ce sont des plaques aux normes internationales avec une garantie sur 25 ans suivant la traçabilité des numéros de série qui sera offert aux consommateurs burkinabè. « La technologie utilisée par Faso Energy est purement européenne », a-t- il déclaré. Quant à la provenance des cellules photovoltaïques, cela est assurée par la société partenaire espagnole MONDRAGON Assembly.

Faso Energy SA, en partenariat avec le groupe espagnol MONDRAGON ASSEMBLY et la société Belge SOLTECH compte inaugurer officiellement la société le 25 avril 2019 à Ouagadougou. Avec un investissement de près de deux milliards de francs CFA, Faso Energy souhaite travailler avec des sociétés burkinabè pour la distribution de ses produits.

Il faut se rappeler que le Burkina Faso n’a pas de gisement de pétrole et la SONABEL est le seul distributeur d’électricité. Ce qui a amené le gouvernement burkinabè à se lancer dans la valorisation de l’énergie solaire pour une autonomisation énergétique du pays. L’ambition du gouvernement est d’atteindre, d’ici 2020, une puissance disponible de 1 000 Mégawatt, un million d’abonnés au réseau de la SONABEL, un taux d’accès à l’énergie de 45%, un taux d’électrification rural de 19% et une part de 50% des énergies renouvelables dans le parc énergétique national.

Waliou A. ADEGUEROU

Lutte contre le terrorisme : Le Burkina signe un accord avec la Turquie

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a eu une séance de travail avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, le jeudi 11 avril 2019, au palais présidentiel Külliye de Turquie. Deux accords dans les domaines de l’industrie de la défense et des investissements, ainsi qu’un protocole de coopération entre la radiotélévision de Turquie et de la radiotélévision du Burkina ont été signés.

«Merhaba asker» ! C’est la première phrase en langue turque, «salut soldat», que le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a adressé aux militaires, après l’exécution des hymnes nationaux. Il a ensuite retrouvé son homologue Recep tayyip Erdogan, pour une séance de travail élargie aux deux délégations.

Le chef de l’Etat burkinabè était accompagné des ministres de la Défense, Moumina Cheriff Sy, des Affaires étrangères, Alpha Barry, de la Culture et du Tourisme, Abdoul Karim Sango, de l’Energie, Ismaël Bachir Ouédraogo, du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Ouédraogo.

Deux accords ont été signés dont celui sur l’industrie de la défense entre le ministre Cherif Sy et son homologue turc

Des délibérations, deux accords ont été signés sous le regard bienveillant des chefs d’Etat. Il s’agit de l’accord sur la promotion et la protection réciproques des investissements et celui portant sur la coopération dans les domaines et de l’industrie de la défense. Au niveau défense, le Burkina compte sur la formation et les équipements militaires de la Turquie pour faire face au terrorisme.

Séance de travail élargie aux deux délégations sur des sujets d’intérêts communs.

En plus, le Burkina a signé un protocole de coopération entre la Radiotélévision de Turquie (RTT) et la Radiotélévision du Burkina Faso (RTB), qui va concerner des échanges de contenus mais aussi des formations.

A l’issue de la cérémonie de signature, les deux présidents ont animé une conférence de presse. Pour le président Erdogan, cette visite est une première au sommet des deux Etats. Et «le meilleur investissement étant dans l’humain», la Turquie va continuer à apporter son aide au Burkina dans le domaine de l’agriculture, de l’éducation et de la santé. «Nous allons encourager notre secteur privé à investir davantage au Burkina», a-t-il déclaré. Selon lui, le volume des échanges commerciaux, bien qu’évoluant ces dernières années, est toujours en deçà du niveau escompté.

La Turquie et le Burkina, d’après Erdogan, font 102 millions d’habitants. Cela constitue un grand marché et une opportunité pour les investissements.
Le chef de l’Etat turc est convaincu qu’il y aura un rapprochement entre les deux peuples à travers le nombre d’étudiants burkinabè (200) qui fréquentent dans son pays.

Les deux dirigeants s’engagent à lutter contre le terrorisme où qu’il se trouve. En tant que président du G5 Sahel, Roch Marc Christian Kaboré a félicité son homologue turc pour la contribution de 5 millions de dollars de son pays à la force conjointe du G5 Sahel.

Aussi lui a-t-il rassuré « qu’aucun terroriste ne trouvera refuge dans aucun des deux pays ». Afin de relancer la coopération entre le Burkina et la Turquie, le président du Faso a annoncé la tenue de la commission mixte de coopération en juillet prochain.
Le président Erdogan a été invité à visiter le Burkina.

Boureima SANGA
bsanga2003@yahoo.fr
Ankara/Turquie

Financement des infrastructures routières : La BAD se dit leader au Burkina

La Banque africaine de développement a organisé un déjeûner de presse pour présenter sa mission, sa stratégie opérationnelle et son portefeuille, le jeudi 11 avril 2019, à Ouagadougou.

Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) veut faire connaître sa mission, sa stratégie et son portefeuille au Burkina Faso. A cet effet, il s’est entretenu avec les professionnels des médias au cours d’un déjeûner de presse, le jeudi 11 avril 2019, à son siège- pays à Ouagadougou.

Depuis sa création en 1963, la BAD s’est donnée pour mission de contribuer au développement économique et au progrès social des pays africains, a indiqué son responsable- pays, Pascal Yembiline. Elle a pour actions principales, la mobilisation de ressources financières et l’assistance technique aux Etats africains, a souligné le chargé de programmes de la banque au Burkina Faso, Ali Cissé.

Depuis 1970, le financement des projets dans les secteurs prioritaires au pays des hommes intègres par l’institution se chiffre à 1 105 milliards FCFA, a-t-il fait savoir. « Ces financements ont permis la construction et la réhabilitation de 5 637 km de routes, soit le tiers du réseau routier classé du Burkina Faso.

Ce qui fait du groupe, le premier bailleur de l’Etat burkinabè dans le domaine des infrastructures routières », a-t-il poursuivi. Les projets financés ont également permis, entre autres, l’aménagement de 35 mille hectares de terres cultivables, l’accès de 159 localités (soit environ 760 mille habitants) à l’électricité, de 600 mille personnes à l’eau potable et de doter 580 mille personnes en ouvrages d’assainissement familial, selon les chiffres fournis par la représentation de la BAD au Burkina Faso.

Pour ce qui est du portefeuille actif pour le Burkina, il est estimé, au 31 mars 2019, à environ 400 milliards FCFA pour le financement de 17 projets en cours, a souligné M. Cissé. Les secteurs du transport, de l’énergie et de l’agriculture/environnement consomment respectivement 51%, 18% et 15% de ces financements, a confié le chargé des programmes. Quant au secteur eau et assainissement, il absorbe 8% des fonds que la BAD injecte au pays des Hommes intègres, contre 6% pour le secteur de la gouvernance et 2%
pour celui du social, a-t-il poursuivi.

Taux de décaissement satisfaisant

Pour le chargé de programmes, Ali Cissé (gauche), le financement des projets au Burkina Faso par la BAD depuis 1970 se chiffre à 1 105 milliards FCFA.

La banque intervient également dans le financement des Petites et moyennes entreprises (PME) à hauteur 35,5 milliards FCFA, à travers des lignes de crédits au niveau de FIDELIS et de Coris Bank International.

Selon Pascal Yembiline, la stratégie opérationnelle du groupe de la Banque africaine de développement au Burkina Faso repose sur le Plan national de développement économique et social (PNDES). « En accord avec le gouvernement, nous avons choisi d’appuyer deux secteurs qui sont les piliers de notre stratégie ici, à savoir le développement agricole et celui énergétique », a-t-il précisé.

Il s’est dit satisfait du niveau de réalisation des projets financés. « Nous venons de faire une revue de notre portefeuille en cours. Et cette revue a conclu à une très bonne performance de nos opérations qui se mettent en œuvre globalement suivant le plan prévu. Plus de la moitié des ressources mobilisées est décaissée.

Et nous avons un programme de travail convenu qui va permettre de décaisser le solde restant », s’est réjoui M. Yembiline.

Le mécanisme de suivi et l’exécution des projets, le choix des secteurs d’intervention, la priorité accordée aux infrastructures routières, les sources de financement de la BAD, le faible financement du secteur social, le faible niveau de décaissement des fonds, constituent entre autres, les préoccupations soulevées par les journalistes. Sur ce dernier point, le responsable- pays de la banque a laissé entendre que la responsabilité est souvent collective et partagée entre l’Etat, le bailleur et les entreprises prestataires.

Quant à l’exécution des projets, elle est assurée par l’Etat, sous le contrôle de la BAD, a-t-il confié. S’agissant des ressources de la banque, elles proviennent des fonds qu’elle mobilise à l’international à des taux très faibles, à travers ces différents guichets, a-t-il expliqué.

Mahamadi SEBOGO
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