Forum national du leadership féminin : faire de la femme un levier du développement
La IIIe édition du Forum national du leadership féminin se tient, du 21 au 23 mars 2019 à Ouagadougou. La cérémonie officielle d’ouverture dudit forum a eu lieu dans la matinée du jeudi 21 mars 2019, sous la présidence de l’épouse du chef de l’Etat, Sika Kaboré.
Le Burkina Faso ne saurait se développer sans la contribution de ses femmes qui représentent plus de la moitié de sa population (52%). Mais pour contribuer efficacement au développement, celles-ci ont besoin non seulement d’être autonomes, mais aussi et surtout d’être capables de participer à la prise de décision, autrement dit d’être des leaders.
C’est conscientes de cette situation, que quatre associations de jeunesse à savoir, l’association des jeunes pour le développement durable au Burkina Faso, la plateforme nationale des jeunes pour les objectifs du développement durable, le réseau AfriYAN et le centre d’expertise et d’incubateur A.Kri se sont mises ensemble pour lancer un programme dénommé «campagne nationale de leadership féminin».
Cette campagne, aux dires de son commissaire général, Cheick Fayçal Traoré, a pour objectif principal de constituer un tandem intergénérationnel de femmes leaders, capables de porter les défis du développement africain, en général, et du Burkina Faso, en particulier sur les plans politique, économique, social pour la capture du dividende démographique et l’atteinte des objectifs de développement durable. Lancée officiellement le 7 mars dernier, elle comprend quatre activités principales dont le forum national du leadership féminin, officiellement lancé dans la matinée, du jeudi 21 mars 2019. Placée sous le thème : «L’innovation et l’entrepreneuriat vert, clés pour l’autonomisation de la jeune femme africaine», cette rencontre réunit plus de 300 participantes venues du Burkina Faso et de l’extérieur. Pendant trois jours, elles vont échanger autour de la question de la présence de la femme dans les sphères décisionnelles.
Et ce, à travers des panels et des communications, des tables rondes, des échanges B to B et des sessions spéciales. En outre, a poursuivi Cheick Fayçal Traoré, ce forum plus qu’un temps de réflexion, se veut un point de départ d’une solidarité féminine et intergénérationnelle puissante à travers son programme de mentorat.
En effet, au cours de ce forum, les participantes seront mises sous la coupe de «femmes altruistes, pleines d’humanisme et engagées», appelées mentors qui vont partager avec elles leurs succès stories.
Un cadre de réussite
Pour ce faire, a indiqué M. Traoré, les participantes ont été réparties dans 14 catégories, dont entre autres, les groupes banques et institutions financières, communication et culture, affaires et multinationales, pharmacie et ingénierie, droit et administration publique. Selon les informations qu’il a données, plus de 150 filles ont été mentorées depuis le début de l’activité en 2017. Au nombre d’elles figurent Inès Gladwys Yaogo qui, de jeune étudiante est devenue une entrepreneure de mode à succès dans l’Hexagone après son passage au forum en 2018.
Un exemple de réussite parmi beaucoup d’autres, qui réconfortent les organisateurs de ce forum avec à leur tête le commissaire général qui s’est réjoui, du fait que son initiative permette de révéler les «vraies personnalités de jeunes filles qui se croyaient tout simplement faites pour des destins ordinaires». Il a invité les «chanceuses» de cette édition, retenues parmi plus de 700 postulantes, à saisir cette opportunité qui leur est offerte pour «transformer leurs rêves, dépasser leurs peurs, affronter leurs réalités souvent affreuses pour briller au firmament». Les mêmes conseils leur ont également été donnés par respectivement la marraine de cette édition, Ramatou Palm, directrice marketing à Nestlé Burkina, qui s’est dite honorée d’avoir été choisie pour parrainer cette grande rencontre. «Cette rencontre est la vôtre. Profitez-en pleinement pour apprendre les unes des autres. Echanger vos expériences dans le respect et l’humilié», a-t-elle dit aux participantes. Elle a, par ailleurs, traduit sa reconnaissance à la patronne de cette édition la Première dame, Sika Kaboré et à l’ensemble des partenaires techniques et financiers dont la contribution a été importante à la réalisation de ce forum.
Nadège YAMEOGO
Dawara Sylvie SOU
(Stagiaire)
Education nationale Toné, doté d’une école à trois classes
Le secrétaire général du ministère en charge de l’éducation nationale, Pr Kalifa Traoré et le représentant de l’ambassadeur du Japon, Masamichi Ito, ont inauguré le mercredi 20 mars 2019 à Toné, dans la commune rurale de Fara, province des Balé, l’école primaire « B ».
La construction de l’école primaire « B » dans le village de Toné, province des Balé, fait aujourd’hui la fierté des parents et des élèves. Inauguré le 20 mars 2019 dans ladite localité, ce joyau fait suite au don accordé par le gouvernement japonais à l’Association pour le développement socio-économique et culturel, pour l’exécution du « Projet de construction des salles de classe».
D’un coût global de 29 millions 615 mille 802 F CFA, le bâtiment est composé de trois salles de classe, d’un bureau administratif, d’un magasin et de latrines à quatre postes. Pour le président de ladite association, Bivonilo Nabié, cette infrastructure va contribuer à rehausser le taux de scolarisation et du succès. Paraphrasant l’historien, le Pr Joseph Ki Zerbo qui soutient que : « L’éducation est le logiciel de toute nation », M. Nabié a affirmé que la formation intellectuelle de base dont bénéficieront désormais les élèves dans un cadre idéal, feront d’eux, des agents de développement du Burkina Faso dans les années à venir. Exprimant toute sa reconnaissance au Japon d’avoir entendu le ‘’cri du cœur’’ de l’association, le président a encore soumis quelques doléances au ‘’bienfaiteur’’ et il a dit espérer qu’elles seront exaucées.
Il s’agit de la clôture de l’école, de la construction d’une pompe hydraulique, de l’équipement de l’école de plaques solaires, de la dotation des élèves de lampes solaires et de la construction d’une cantine scolaire. Le secrétaire général du ministère en charge de l’éducation nationale, Pr Kalifa Traoré a indiqué que cette initiative locale du Japon est à encourager, car elle entre en droite ligne, selon lui, des objectifs de son département.
Plus de 1000 classes construites
Le représentant de l’ambassadeur, M. Ito a souligné que le pays du ‘’Soleil Levant’’ ne dispose pas de ressources naturelles, mais il a construit son développement sur la formation de son peuple, de pouvoir contribuer à l’augmentation de l’offre éducative aux «pays des Hommes intègres». «Au Japon, le développement d’un pays passe par le développement de ses ressources humaines. Jusqu’à ce jour, nous avons construit plus de 1410 salles au profit du Burkina Faso», s’est-il réjoui.
Conscient que l’école est l’affaire de toute une communauté, M. Ito a invité le maire de la commune de Fara et l’ensemble de la population de Toné, à bien entretenir ce bâtiment pour les générations futures. Embouchant la même trompette, le secrétaire général, Pr Kalifa Traoré s’est adressé aux habitants en ces termes : «Le beau bâtiment n’a pas été construit pour être admiré, mais plutôt pour que vous scolarisiez les enfants».
Il a, par ailleurs, exhorté les élèves à bien étudier, pour être utiles à la nation et rappeler aux parents d’élèves qu’ils ne doivent pas avoir des relations conflictuelles entre eux et ceux qui transmettent le savoir à leurs enfants. Quant aux enseignants, M. Traoré leur a fait savoir que leur métier est noble et il leur incombe de donner le meilleur d’eux-mêmes, pour former des futurs cadres du «pays des Hommes intègres».
Le directeur de l’école de Toné, Sié Kadjo Kambou, a dit toute sa joie à l’endroit du Japon, pour cet acte incommensurable, car à son avis, la toute première école construite depuis 1961 est complètement délabrée et ce joyau va, d’une part, désengorger les effectifs pléthoriques de plus de 200 élèves et, d’autre part, améliorer la qualité de l’enseignement. Le représentant de l’ambassadeur du Japon, Masamichi Ito a souhaité que cet acte de coopération contribue à l’accroissement du taux de scolarisation et à l’amélioration des conditions d’études des élèves, dans la région de la Boucle du Mouhoun.
Afsétou SAWADOGO
Route Koupéla-Tenkodogo-Bittou-Cinkansé : le président du Faso ouvre la voie aux passagers
Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a inauguré, le jeudi 21 mars 2019 dans la commune rurale de Dialgaye, à 20 kilomètres de Tenkodogo, la région du Centre-Est, la route communautaire 9 Koupéla-Tenkodogo-Bittou-Cinkansé-frontière du Togo. D’un coût de 100 milliards FCFA, cette voie est longue de 153,3 kilomètres.
C’est officiel, la route communautaire 9, Koupéla-Tenkodogo-Bittou-Cinkansé frontière du Togo est ouverte aux passagers. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, l’a inaugurée, le jeudi 21 mars 2019 à Dialgaye dans le Centre-Est. Cette route longue de 153,3 kilomètres a été entièrement réhabilitée pour un coût total de 100 milliards francs CFA. 82 milliards francs CFA ont été consacrés aux travaux routiers et les 18 autres à ceux connexes y compris l’appui à l’administration publique et à la gestion du projet. Il s’agit donc de l’aménagement de pistes rurales, la construction d’air de repos à Zorgho, de six ponts sur le corridor, d’un poste de péage moderne, de six forages au profit des populations, d’infrastructures complémentaires pour les associations féminines de la région, d’un laboratoire sérologique au profit du Centre nationale de transfusion sanguine au CHR de Tenkodogo, 2139 mètres linéaires de clôture et la dotation de 40 ordinateurs à l’administration douanière.
«C’est une infrastructure communautaire qui relie le Burkina Faso et le Togo. Le Burkina étant un pays sans littoral, plus nous avons de bonnes routes, plus on est certain de l’approvisionnement du pays en marchandises. Ce qui va rendre le commerce florissant. C’est une belle infrastructure qui nous a été livrée au regard de sa qualité», a souligné le chef de l’Etat. Selon le ministre des Infrastructures, Eric Bougouma, le financement de la réalisation de la voie a été rendu possible grâce à la Banque africaine de développement (BAD), le principal bailleur de fonds avec 79 milliards francs CFA.
La KFW, la Banque Ouest-africaine de développement (BOAD), la Banque d’investissement et du développement de la CEDEAO (BIDC), la Coopération allemande, l’UEMOA et le budget de l’Etat se sont chargés du reste. La réalisation a été assurée par l’entreprise SOROUBAT, avec l’accompagnement des groupements des bureaux d’études Cira/ Ted et AGCED/ Cetri. En effet, le chantier a permis la création de près de 3000 emplois dont 2500 emplois locaux. De l’avis du représentant des Partenaires techniques et financiers (PTF), Pascal Yembiline, cette route va transformer l’économie de la région du Centre-Est, et partant celle de tout le pays.
«Une infrastructure de qualité»
Vu la qualité de l’infrastructure et son importance pour la sous-région, Roch Marc Christian Kaboré a invité les populations à en prendre soin, surtout les transporteurs invités à éviter les surcharges. «C’est de cela que dépend la durée de vie de la route», a-t-il insisté. Et le représentant des syndicats des transporteurs, Honoré Yonli, de rassurer le président du Faso, qu’ils s’engagent non seulement à payer les taxes routières mais aussi à respecter le règlement 14 de l’UEMOA afin de préserver le réseau routier.
Pour le ministre des Infrastructures, beaucoup de difficultés ont émaillé le chantier, en témoigne même la résiliation d’un marché en 2017, mais son achèvement donne de l’espoir. Il permet d’affirmer, selon Eric Bougouma, que tous les travaux routiers au Burkina Faso qui connaissent des entraves, notamment la route Kongoussi-Djibo, Didyr-Toma-Tougan, R4-R3 (la route de l’hôpital Yalgado), seront achevés et inauguré bientôt. «A cet effet, j’interpelle les entreprises en charge des travaux routiers dans le pays à mener à bien les différents chantiers», a-t-il indiqué. A noter que la réhabilitation de cette voie intervient dans le cadre du programme d’action communautaire des infrastructures de transports routiers à travers le projet pour la réhabilitation de routes et la facilitation des transports sur le corridor CU9 Ouagadougou-Cinkansé.
«Ce sont donc 186 milliards FCFA dont 85 milliards pour le Togo et 100 milliards pour le Burkina Faso qui ont été déboursés pour la réhabilitation de 303 km de route en mauvais état dont 150 au Togo et 153, 3 km au Burkina Faso», a précisé le représentant des PTF. En plus de cette action concrète, M. Bougouma a rassuré l’ensemble des populations que des projets sont en cours et connaîtront un démarrage bientôt.
Il s’agit entre autres de la route Guiba-Garango et celle de Gounghin-Fada N’gourma-Kantchari frontière du Niger.
«Dans quelques jours, nous procèderons au dépouillement de l’appel d’offres et sélectionnerons l’entreprise», a-t-il soutenu. A l’occasion de cette inauguration, Eric Bougouma a annoncé que l’entreprise SOROUBAT a été retenue pour exécuter les travaux de réhabilitation et de renforcement de la route Kongoussi-Djibo et Sakoinsé-Koudougou.
Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com
Méthodes contraceptives: dans l’intimité des personnes handicapées
Très peu d’études existent sur les Personnes handicapées (PH), du point de vue de leur santé sexuelle. Pourtant, elles arrivent tout de même à planifier leurs naissances, en adoptant une méthode contraceptive permanente où à longue durée d’action.
Charifatou Ouédraogo, âgée de 27 ans, est une femme handicapée sourde-muette, de même que son mari, Souleymane Ouédraogo. Marié depuis une dizaine d’années, le couple vit bien sa sexualité. Mère de deux enfants (une fille de 7 ans et un garçonnet de 8 mois à notre passage), Charifatou, vendeuse de gâteaux de niveau CM2, se débrouille avec son petit commerce. Nous l’avons rencontrée après trois rendez-vous manqués grâce à l’intervention de sa belle-mère. « L’entretien ne sera pas facile, parce que c’est à travers des gestes que nous communiquons. Mais, elle peut écrire. Au cas où ça ne marche pas, je peux vous servir d’interprète», avertit notre facilitatrice.
Lundi 7 janvier 2019, il est 11h 35 mn.

Charifatou est à la cuisine. A notre arrivée, elle fait signe à son mari de nous tenir compagnie, le temps qu’elle finisse. 20 minutes après, elle nous rejoint. Réticente au début, la présence de son conjoint la rassure. A travers l’entretien par « sms » de plus de trois heures, la jeune dame confie qu’elle a connu son homme en 2006 et utilisait les pilules pour éviter de tomber enceinte, avant son mariage. « J’avais des difficultés avec les comprimés, car j’oubliais de les avaler. Dès que j’ai eu mon premier enfant, j’ai opté pour les implants. J’avais peur qu’ils ne me conviennent pas, mais par la grâce de Dieu, je n’ai ressenti aucun mal. Je compte continuer avec cette méthode, car je rêve d’avoir sept enfants», nous dit-elle dans son message écrit, avec un brin de sourire. Mais l’époux « barbu » s’oppose au nombre d’enfants désiré par sa femme. Lui, il en veut trois. Il estime qu’il ne faut pas mettre beaucoup d’enfants au monde, si on ne peut pas leur garantir un avenir meilleur.
Si Mme Ouédraogo tient à faire ses sept gosses, Justine Kabré, coiffeuse, handicapée motrice et mère d’une fille de 15 ans, désire un deuxième enfant. Mais hors foyer, elle jure ne plus s’aventurer, de peur de vivre la même mésaventure avec son premier coup de cœur. Justine raconte que si elle est tombée enceinte, ce n’est pas parce qu’elle ignorait l’existence des méthodes contraceptives ou qu’elle a été naïve. « J’ai un cycle régulier de 28 jours et j’ai opté pour la méthode naturelle qui me convient. C’est d’ailleurs par consentement avec mon compagnon, que j’ai conçu cet enfant, qui malheureusement a refusé la paternité», raconte-t-elle, avec amertume. En matière de planification familiale (PF), il n’y a pas de méthodes spécifiques pour les personnes handicapées (PH) comme le précise la sage-femme, Micheline Zoundi, de l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBEF). Et la responsable de la SMI/Maternité du Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) de la Trame d’accueil du secteur n°28, Claude Béatrice Sawadogo, de noter que les méthodes sont laissées au libre choix, et celles préférées par les PH, à l’entendre, sont surtout les injectables.
« Certaines femmes aussi ne jurent que par les méthodes à longue durée d‘action et les pilules. Cependant, les malades mentales, n’ont pas de choix, nous leur imposons des méthodes », dit-elle.
Sakirina Sawadogo, handicapée visuelle, qui attend son cinquième enfant, avance que c’est avec l’accord de son mari, également dans la même situation, qu’elle a commencé à utiliser les injectables après son deuxième accouchement. Une méthode qui, selon elle, est efficace et discrète, bien qu’au début, elle sentait quelques malaises. Mme Sawadogo dit jouir maintenant d’une parfaite santé et elle est prête à faire autant d’enfants qu’elle voudra.
Des préjugés

Dans certains CSPS de Ouagadougou, l’engouement autour des méthodes contraceptives est infime. L’inaccessibilité, les pesanteurs socioculturelles et les effets secondaires de ces produits sont les principales raisons qui justifient cette réticence. Idrissa Sawadogo et Sibidou Sawadogo forment un couple handicapé moteur, marié le 11 novembre 2018. Le mari ne trouve aucun inconvénient à ce que son épouse utilise les méthodes contraceptives, mais il prévient : « Je suis d’accord pour toutes les méthodes, sauf les injectables et les pilules, car certains hommes se plaignent que ces deux produits font grossir les femmes, les rendent stériles et peuvent aussi provoquer le cancer du col du l’utérus». Son épouse a donc opté pour les pilules. Elle explique qu’elle a vu ses premières menstrues à l’âge de 17 ans. Quatre mois après, elle a senti des douleurs au bas-ventre et elle n’a plus vu ses écoulements menstruels. Paniquée, dame Sibidou se rend dans un CSPS pour mieux comprendre. « Sans me demander de faire un test de grossesse, les sages-femmes ont confirmé que j’étais enceinte, alors que je n’avais jamais eu de rapports sexuels à cet âge. J’étais découragée et je ne suis plus retournée dans ce centre», se rappelle-t-elle.
Elle se confie alors à une de ses voisines qui lui donne de petits comprimés à avaler dont elle ignorait la provenance. Il s’agissait des pilules, qui, de l’avis de Mme Sawadogo, l’ont aidée à régulariser son cycle menstruel. Si bien qu’elle n’a plus eu un retard de règles, à l’entendre.
Certaines personnes pensent que les méthodes contraceptives servent de couverture à la femme pour tromper son conjoint. D’autres par contre, s’appuient sur les pesanteurs socioculturelles et les interdisent à leurs épouses. Pauline Kinda, handicapée motrice, est à son quatrième enfant, qui a trois mois. L’aîné n’a que quatre ans et demi.
Depuis son premier accouchement, elle a eu cette envie de planifier ses naissances, mais son époux, menuisier de profession est catégorique : « Pas de planning familial dans ma maison. L’enfant est un don de Dieu et c’est lui qui le nourrit ». Pour les agents de santé, tous ces préjugés autour de la PF ne sont pas fondés. La sage-femme du CSPS de Bissighin à l’arrondissement n°8 de Ouagadougou, Delphine Yoda, lève le doute. Elle souligne que les produits contraceptifs, tout comme les autres, peuvent avoir des effets secondaires sur l’organisme et il faut un certain temps pour que le corps s’habitue. « Ces effets sont passagers et aucune méthode contraceptive au Burkina Faso n’a jamais rendu une femme stérile, seule la vasectomie (stérilisation masculine) et la ligature des trompes peuvent empêcher un couple de concevoir», rassure-t-elle.
Sensibiliser pour une vie épanouie
La trésorière du comité national des femmes aveugles, de l’Association burkinabè pour la promotion des personnes aveugles et malvoyantes (ABPAM), Hortense Ima, et la présidente, Marie Claude Forogo, ont initié en 2018, des causeries-débats avec leurs anciens élèves, orientés dans des établissements secondaires.
Les rencontres ont lieu tous les jeudis soirs dans l’enceinte de l’association. L’hygiène corporelle, l’éducation sexuelle, l’excision, les Maladies sexuellement transmissibles (MST), sont entre autres sujets abordés. Car, pour Mme Ima, beaucoup de filles ne savent pas comment s’y prendre sur la propreté, surtout quand elles voient leurs premières menstrues.
Yacouba Ilboudo, 15 ans, Elise Ouédraogo 18 ans et Yvette Zongo 19 ans, respectivement en classe de 6e, 4e et 3e, sont tous des élèves handicapés malvoyants. Ils affirment avoir des notions sur les méthodes contraceptives, mais leur utilisation ne les préoccupe pas pour le moment. De l’avis de Yacouba Ilboudo, il n’est pas concevable qu’un élève du secondaire, ait des rapports sexuels ou s’intéresse aux contraceptifs hors mariage. Alexis Zongo, lui, élève handicapé aveugle en 3e, a déjà « goûté » au fruit défendu. Agé de 20 ans, il confie avoir eu des rapports sexuels protégés, avec sa petite amie. L’élève Yvette Zongo pense plutôt que les filles, qui ne peuvent pas s’abstenir jusqu’au mariage, doivent utiliser ces méthodes. « Mon rêve est d’avoir un bon boulot après mes études. Si à 19 ans je n’ai pas encore eu de rapports sexuels, c’est parce que je sais me maîtriser et je n’ai pas besoin d’une quelconque méthode.
Aucun homme ne me touchera avant le mariage », clame-t-elle. Mme Zoundi de l’ABBEF fait savoir qu’à l’association, des couples sont reçus pour des conseils. Des jeunes également, souligne-t-elle, viennent pour des examens, afin d’obtenir un certificat prénuptial. Au CSPS de la Trame d’accueil, la sage-femme Sawadogo indique que des sensibilisations sont faites au profit de toutes les femmes et que les PH sont reçues sans exception et sans discrimination, pour la simple raison qu’elles ont les mêmes droits, en matière de soins médicaux.
Accéder aux soins, un casse- tête
La présidente du comité, Mme Forogo, souligne que de nouveaux couples handicapés visuels plaident, pour que le comité initie des sensibilisations au planning familial. Une proposition qu’elle apprécie, mais elle évoque le manque de moyens financiers pour la prise en charge de l’agent de santé « animateur ».
L’accessibilité des services de santé signifie que les barrières qui empêchent les PH d’utiliser ces services ou de recevoir des soins de qualité ont été levées. Ce qui n’est pas toujours évident, car la majorité des femmes handicapées continuent d’être victimes de marginalisation. «Quoi qu’on dise, les agents de santé sont insensibles aux doléances des PH et ne leur prêtent pas souvent attention », déplore la présidente de l’ABPAM. La sourde-muette Charifatou Ouédraogo, se souvient qu’une fois, elle a attendu pendant des heures avant d’être consultée malgré son handicap. Face à une telle situation, la plupart des PH lorsqu’elles sont malades, préfèrent pratiquer l’automédication.
D’autres prennent même connaissance des méthodes contraceptives, auprès des parents ou amis. Le président de la Fédération burkinabè des associations pour la promotion des personnes handicapées (FEBAH), Issa Palenfo, rappelle que lors du forum national tenu en 2018, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a promis que tous les textes et lois au profit des PH seront appliqués. Il mentionne que le projet VIH Handicap a sensibilisé 500 agents sur cette question d’accès et que la FEBAH travaille également avec le ministère de la Santé, pour la collecte de données sur le taux de fréquentation des PH dans les CSPS.
« La fédération envisage ouvrir des services de santé dans les centres des PH, ne serait-ce que dans certaines régions du Burkina Faso et voir comment affecter des agents de santé spécialisés, afin d’amoindrir les difficultés », clarifie-t-il. En dehors de ces difficultés, s’ajoutent les installations sanitaires, telles les tables de consultation et d’accouchement, qui ne sont pas toujours adaptées. « Pour les méthodes à longue durée qui sont généralement les implants et les DIU, il faut que la table d’examen soit adéquate où à pédale et c’est ce qui n’est pas le cas dans nos CSPS. Il nous arrive parfois de prendre des dispositions particulières pour satisfaire les PH », déplore la sage-femme, Mme Sawadogo. Elle poursuit qu’il n’y a pas non plus de rampes d’accès au niveau de la salle de planification familiale.
Au regard de tous ces facteurs contraignants, le secrétaire permanent du Conseil national multisectoriel pour la protection et la promotion des droits des personnes handicapées (COMUD/handicap), Boukary Savadogo explique que le Burkina Faso ne peut tendre vers l’inclusion, si les acteurs de terrain n’ont pas un minimum de ressources matérielles et financières pour agir. « Il faut que nous travaillions à faire progresser les mentalités, faire comprendre que le handicap n’est pas une maladie et que les PH peuvent apporter leurs contributions au développement du Burkina Faso », a-t-il soutenu lors d’un atelier de formation.
Afsétou SAWADOGO
Lutte politico-syndicale Faso : Emile Paré va bientôt publier ses mémoires
Le docteur et homme politique, Emile Paré dit «Le chat noir du Nayala» a annoncé, le mardi 19 mars 2019 à Ouagadougou, lors d’une conférence de presse, la sortie prochaine de ses mémoires portant sur ses 60 ans de vie et de 40 ans de lutte politico-syndicale.
Après 60 ans de vie, dont 40 de lutte politique et syndicale, le Dr Emile Paré, homme politique et actuel secrétaire chargé à la formation politique et civique du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), a décidé de faire une halte et de revenir sur son parcours. «60 ans de vie de lutte politique et syndicale, la moisson est-elle maigre?», c’est le titre que porteront les mémoires de celui qu’on a surnommé «Le chat noir du Nayala». L’information a été donnée à la presse, le mardi 19 mars 2019 à Ouagadougou. A entendre Emile Paré, la rédaction de ces mémoires qui seront publiés en version papier, écrite et audio-visuelle, a été suscitée par le contexte post-insurrectionnel et la gestion du pouvoir par le régime en place.
«Je me plongerai dans une étude descriptive et analytique de mes 60 ans de vie et de mes 40 ans de lutte laissant le lecteur, l’auditeur et le téléspectateur de répondre à la question : la moisson est-elle maigre?», a fait savoir Emile Paré. Pour lui, l’effondrement des systèmes socialistes occidentaux a influencé la lutte des peuples et partis africains justifiant la théorie de Marx et Engels à savoir que le «développement non capitaliste des pays arriérés n’est possible qu’avec l’aide de la classe ouvrière victorieuse des pays plus évolués». L’auteur qui a annoncé avoir déjà produit dix tomes manuscrits, a expliqué par exemple que le tome 1, qui s’intitulera «Sur les traces d’un insurgé permanent», abordera plusieurs thématiques dont la révolution générationnelle et du genre, la révolution démocratique citoyenne, les causes de l’échec de la Révolution d’août 1983, de l’insurrection populaire ou la révolution inachevée, etc. Ayant constaté que les Burkinabè lisent peu, l’auteur a annoncé qu’en plus de l’écrit, une production audiovisuelle sera réalisée. En cela, le DG du Centre international de formation politique Kwamé-Nkrumah (CIFP-KN) du MPP dit bénéficier de l’accompagnement de trois journalistes et d’un professeur titulaire, agrégé en lettres, pour la rédaction d’un roman.
Accompagner le président du Faso
Sur la vie politique nationale, M. Paré, a exhorté le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré et le parti au pouvoir à former un gouvernement «clairement politique respectueux de son mandat». Autrefois communiste marxiste-léniniste, cet homme politique qui a embrassé la social-démocratie, idéologie du MPP, son parti, a précisé que la demande de rupture et de refondation de l’Etat exigée par la jeunesse et une forte partie de l’opinion nationale est toujours d’actualité «du fait que le Chef de l’Etat a opté pour une gouvernance transitionnelle qui place la société civile au-devant de la scène». Il en veut pour preuve la commission constitutionnelle dirigée par la société civile et la nomination à des postes stratégiques au gouvernement (commerce, défense, communication, etc.) des membres de cette société civile.
«Pendant ce temps, le parti semble perdre du terrain au sein du gouvernement comme le font remarquer les analystes politiques nationaux et internationaux», a indiqué Emile Paré, également DG de l’Ecole nationale de santé publique (ENSP). «J’apporterai toujours ma contribution militante au sein du MPP. Les positions qui sont développées aujourd’hui sont des positions personnelles d’un homme politique qui avance vers la fin de sa carrière. On ne retrouve pas certaines de mes positions au sein de ma famille politique, mais en tant qu’intellectuel politique, nous avons le devoir de ne pas falsifier ce qu’on ressent», a déclaré Dr Emile Paré. Et de préciser que la rédaction de ses mémoires ne signifie pas son retrait de la scène politique.
Le Dr Paré a toutefois appelé à l’union sacrée de la classe politique de sa génération autour du président Kaboré, afin de mener le pouvoir à bon port. Et pour cause, a-t-il noté, la situation nationale nécessite que les «vieux politiciens», travaillent à donner à la jeunesse la rupture tant attendue après les élections. «Nous allons répondre des résultats en 2020. Une chose est sûre, nous n’allons pas laisser Roch Marc Christian Kaboré se «blaisiser» (NDLR, néologisme venant de Blaise Compaoré). Je ne veux pas donner raison à Tahirou Barry. Je demande donc à la classe politique de notre génération d’accompagner le président du Faso dans le sens voulu par l’insurrection populaire et la jeunesse», a-t-il conclu.
Jean-Marie TOE
La réussite attire les «mouches»
Pendant que tu crapahutais entre les ronces et les cailloux, personne ne s’intéressait à toi. Tes pieds ankylosés s’enflaient et saignaient jusqu’à engourdissement. Tu as continué à marcher en oubliant ta douleur et l’indifférence des autres.
A la sueur de ton front et presque vidé de ton sang, tu parviens au but escompté ; tu marques tes objectifs atteints comme on marque son territoire ; tu souffles un coup comme tu n’as jamais émis de ouf ; et tu entends des ovations et des vivats à t’abasourdir. Tu vois une foule immense défiler et s’incliner à tes pieds ; que de félicitations et d’encouragements à mieux faire ; que de flatteries à faire péter un ballon ; que de flagorneries à vous fendre le cœur et l’égo. Subitement, tu deviens l’enfant prodige, un héros national doublé d’une fierté sans limite. On t’invitera dans les salons feutrés aux carreaux glissants que tu ne pouvais même pas fouler en rêve ; tu rencontreras les plus hautes personnalités du pays dont tu n’étais même pas digne d’avoir une réponse à tes multiples lettres de soutien. Après ton sacre, tu deviens plus convoité que la plus belle femme élue du siècle ; ils te feront la cour en plein jour et sous les feux de la rampe pour se faire une place au soleil de ton indépendance ; ils t’inviteront à des messes politiques pour se faire oindre de ta notoriété, de ton aura. D’impénitents griots inopportuns te chanteront fleurette sur fond de louanges et de mensonges, juste pour mieux vendre de viles pastilles politiques.
Tu seras même appelé au pied du mât de l’honneur pour recevoir des distinctions auxquelles tu n’osais même pas penser à tes heures d’extinction. La reconnaissance de la nation est parfois un jeu d’hypocrisie officiellement légitimé mais éthiquement sans objet.
Pour quelle nation nous battons-nous quand nos efforts ne sont pas soutenus et attendent d’être promus pour être connus ? A quoi sert-il de nous aduler juste quand vient le moment de congratuler ? Peut-on se contenter de récolter ce que l’on n’a pas semé ou contribué à faire émerger ? La jeune plante choyée de la pépinière est arrosée et entretenue, adossée à un tuteur pour éviter de grandir penchée, mais une fois sans tuteur, elle se tord sous les coups du vent. Elle produit des fruits parfois fades, parce que trop arrosés et choyés à l’engrais. Son arrière-goût est une senteur d’égout parce que pourrit à la base. La plante qui pousse entre les failles du rocher n’attend rien d’autre de la nature que les rares pluies perdues qui s’aventurent dans le désert. Cette plante se moque des rafales de vent ; elle se laisse balloter de gauche à droite sans s’arracher, parce que ses racines sont incrustées dans le roc. Ses fruits sont très succulents, mais il faut avoir le courage qu’elle a eu pour oser défier le précipice qui l’environne. Les oiseaux s’y délecteront gracieusement, mais même les singes funambules s’abstiendront de faire le saut périlleux, la queue entre les pattes.
La réussite est une œuvre individuelle qui se bâtit parfois avec plusieurs mains. Le succès est toujours au bout de l’effort, mais l’effort lui-même a besoin de carburant pour transformer l’ambition en réalisation. Malheureusement, sous nos tropiques, c’est au bout de l’effort que l’on se sent soutenu ; c’est à la victoire que notre histoire trouve toute sa gloire ; tous son sens. C’est au pied du trophée que le combat est mérité. Très souvent c’est au moment de poser les jalons que l’on reçoit les coups de moellons. C’est à l’étape de projet, que l’on vous traite de rêveur utopique. On préfère appuyer le neveu ou la nièce du mécène politique, que de tendre la perche à « Patarbtaalé le fils du pauvre ». On recrutera la « pourriture surgelée » pour la mettre au frais, au poste juteux avant de balancer l’ « orphelin du destin » aux confins du désert pour prêcher la bonne nouvelle. Et on attendra la victoire « surprise » du tocard ou de l’outsider pour venir jouer l’apôtre de la « méprise » à ses côtés. Celui qui réussit aujourd’hui dans la dignité était hier le grand battant solitaire dans l’obscurité.
Celui que vous encensez au point de le déifier aujourd’hui n’était qu’un célèbre inconnu du rayon des oubliettes. Mais si rien n’est fait pour encourager les talents dormants, nous continueront à applaudir les virtuoses des autres nations. Ou nous stagnerons dans la complaisance de caresser le flemmard dans le sens de sa paresse. Finalement, la réussite attire les «mouches», trop de «mouches» !
Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr
Chefferie coutumière de Tenkodogo : le Premier ministre sollicite l’accompagnement du Dima
Le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a rendu une visite de courtoisie au Dima de Tenkodogo, le mercredi 20 mars 2019. Il a sollicité son accompagnement pour la réussite de sa mission.
Présent à Tenkodogo, dans la région du Centre-Est, à l’occasion de l’inauguration de la route Koupèla-Tenkodogo-Bittou, le Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, a rendu une visite de courtoisie au Dima de Tenkodogo, le 20 mars 2019 au palais royal. Les échanges ont porté sur la consolidation de la cohésion sociale et la situation sécuritaire au Burkina Faso. « A la suite de ma nomi-nation comme chef du gouvernement, il était de bon ton que je prenne contact avec un certain nombre de notabilités pour me présenter à elles et demander leurs bénédictions, leur soutien et surtout leur accompagnement dans ma mission, d’où ma présence ce soir au palais royal de Tenkodogo», a expliqué le Premier ministre.
Selon lui, le gouvernement a besoin de ce soutien pour que le pays puisse faire face à la situation sécuritaire difficile et au délitement de la cohésion sociale.
«C’est pourquoi, je suis passé le saluer et souhaiter que nous puissions cheminer ensemble pendant ma mandature», a-indiqué Christophe Joseph Marie Dabiré.
Fleur BIRBA
fleurbirba@gmail.com
Gestion durable des ressources forestières : les acteurs schématisent leur intervention
La première session du comité de revue des projets et programmes budgétaire «pilotage et soutien» de l’année s’est tenue, le mercredi 20 mars 2019, à Ouagadougou en vue de la validation et de l’adoption des documents.
Le comité de revue des projets et programmes budgétaire «pilotage et soutien» a examiné et validé ses plans d’interventions annuelles, le mercredi 20 mars 2019, à Ouagadougou. Une journée de travaux a permis aux parties prenantes de s’accorder sur les mécanismes favorables à une meilleure protection du «cosmos». En effet, pour le secrétaire général du ministère de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Sibidou Sina, la revue est a priori un organe d’orientation et de pilotage des projets. Et la session, selon lui, s’inscrit dans le cadre de l’opérationnalisation du budget-programme et la mise en œuvre du décret portant réglementation générale des projets et programmes exécutés au Burkina Faso. D’où l’examen concerté des différents documents du projet Appui à la gestion durable des ressources forestières (AGREF).
A l’occasion, les acteurs ont, par projection power point, passé à la loupe les actions à mener avant de procéder à l’adoption du plan de travail et du budget 2019 de l’AGREF. Ils ont aussi convenu de la passation des charges. «Le Burkina Faso va inverser les tendances de dégradation de l’environnement et des ressources naturelles afin de booster l’économie nationale et garantir le bien-être socioéconomique des populations», a précisé M. Sina.
Le programme est financé par l’ambassade du Grand-Duché de Luxembourg à plus de 11 milliards francs CFA pour une durée de quatre ans. Pour le chargé d’affaires du Grand-Duché de Luxembourg, Max Lamesch, son pays est disponible pour accompagner le Burkina Faso en matière de gestion rationnelle et de protection des ressources forestières. Max Lamesch a également affirmé l’engagement de son pays en termes d’initiatives locales de sauvegarde de la nature.
Pour le coordonnateur de l’AGREF, Michel Ouaba, le programme est initié en vue d’améliorer l’efficience et l’efficacité des interventions du ministère de tutelle dans la protection de l’environnement, conformément au principe de gestion axée sur les résultats. L’AGREF, selon lui, va permettre de lutter contre la déforestation et la pauvreté en milieu rural.
Wanlé Gérard COULIBALY
Journée internationale de la Francophonie au Burkina : une soirée culturelle pour magnifier la langue de Molière
La commission nationale pour la Francophonie a organisé, le mercredi 20 mars 2019, une soirée culturelle à Ouagadougou. C’était à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, célébrée cette année sous le slogan : « En français, s’il vous plaît ».
Chaque année, à la date du 20 mars, est célébrée la Journée internationale de la Francophonie. A cette occasion, les pays francophones issus des cinq continents fêtent leur langue en partage à travers des concours de mots, des spectacles, des festivals de films, des rencontres littéraires, des rendez-vous gastronomiques, des expositions artistiques, etc. Le Burkina Faso n’a pas dérogé à la règle. Une soirée culturelle a, en effet, été organisée le mercredi 20 mars 2019 à Ouagadougou. L’initiative est du secrétariat permanent de la Commission nationale pour la Francophonie (CNF), en partenariat avec le Groupe des ambassadeurs francophones (GAF). La cérémonie a été marquée par des prestations artistiques, et des discours.
Pour le secrétaire permanent de la CNF, Mamoudou Coulibaly, cette activité, au-delà de l’aspect festif, vise à faire valoir les idées forces et des positions communes autour desquelles s’articule la francophonie. A son avis, celle-ci constitue un outil au service du développement et une force de l’avenir. «La coopération entre les nations ayant en commun la langue française doit donc être renforcée en vue de relever les défis de l’heure», a-t-il affirmé, avant de faire un bref historique de cette commémoration. Créée en 1988, cette journée est l’occasion pour les francophones du monde entier de fêter leur solidarité et leur désir de vivre ensemble, dans leurs différences et leur diversité, partageant ainsi les valeurs de la Francophonie. La date du 20 mars choisie pour cette célébration est l’anniversaire de la création de la première organisation francophone, l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), lors de la Conférence de Niamey en 1970.
Au cours de la soirée, une vidéo de la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, réalisée à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie, a été projetée. Elle a, dans sa adresse, plaidé pour un repositionnement du français sur la scène internationale, internet et dans le quotidien des populations. Pour Mme Mushikiwabo, cette langue doit être celle du droit, de l’éducation et de la créativité. « Travaillons à faire rayonner la langue française et en français s’il vous plaît! », a-t-elle souhaité, citant le slogan de la présente édition de la Fête de la francophonie. Quant à l’ambassadeur de France au Burkina Faso, Xavier Lapeyre de Cabanes, il a également appelé de tous ses vœux l’avènement d' »un monde mieux formé et plus imaginatif » avec le français comme moteur de cette transformation sociétale.
Aubin W. NANA


