Mutilations génitales féminines: Une pratique néfaste qui résiste à la répression

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Définies comme étant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins réalisée pour des raisons non médicales, les Mutilations génitales féminines (MGF) constituent une violation des droits, de la santé et de l’intégrité des femmes et des filles. Des inégalités
et de la pure discrimination qui gâchent la vie de millions de femmes. Au Burkina Faso, la pratique a la peau dure, malgré la foultitude de programmes.

Révoltant ! C’est ce que l’on peut dire de l’excision. Une pratique qui résiste au temps, en dépit de toutes les campagnes et programmes visant à l’éliminer. En dépit de tous ces microprogrammes réalisés par des médias de proximité et de masse surtout, pour sensibiliser les populations, le phénomène persiste. Pourquoi, ces mêmes populations qui vivent parfois dans une extrême pauvreté peuvent-elles continuer à exciser leurs enfants au mépris de la loi (025/2018), au mépris des preuves médicales de la dangerosité de l’excision et ses nombreuses conséquences ?

La loi a d’ailleurs été durcie dans le nouveau Code pénal, fixant les peines d’emprisonnement d’un an à 10 ans et des amendes allant de 500 000 F CFA à 3 000 000 F CFA. Il faut insister que les MGF constituent un risque pour la santé reproductive dont les conséquences à court et à long terme sur la vie des femmes et des filles sont dévastatrices. Ces conséquences revêtent la forme de douleur, de choc, d’infections et de complications durant l’accouchement (tant pour la mère que pour l’enfant), de problèmes gynécologiques à long terme (par exemple, la fistule), de conséquences psychologiques et de décès au pire des cas.

Le comble est que dans de nombreuses cultures, les mutilations génitales sont considérées comme une condition préalable au mariage et aussi perçues comme un moyen efficace de contrôler la sexualité des femmes et des filles.
Que d’injustices ! Que de justificatifs fallacieux avancés pour continuer allègrement à exciser ces pauvres filles qui ne demandent qu’à vivre et jouir pleinement de leur féminité.

C’est vrai qu’un processus de changement de comportement prend naturellement du temps à s’opérer mais, l’excision semble ancrée dans les habitudes ‘’culturelles’’.
Selon le rapport-pays de Social institutions and gender index (SIGI), malgré son interdiction, l’excision reste largement répandue au Burkina Faso. Et même à ce niveau, il y a des dissemblances entre les régions. Il ressort de l’enquête, que deux tiers des femmes ont été victimes de MGF au Burkina Faso soit 63%.

Dans ce lot, plus de ¾ sont dans les régions du Centre-Est (75%), du Nord (76%), du Plateau central (77%) et du Sahel (83%). La pratique semble moins commune dans les régions du Centre-Ouest soit 25% et 36% au Centre. Le rapport souligne également que l’excision est plus fréquente dans les milieux ruraux (68%) que dans les milieux urbains (48%), et parmi les femmes qui ne sont jamais allées à l’école (70%) que celles qui ont fréquenté l’université (28%).

L’appel du président

C’est donc dire que pour lutter contre cette pratique, l’on doit aussi mettre l’accent sur l’éducation des filles. Parce que si les filles connaissent leurs droits, elles peuvent mieux se défendre et dénoncer cette pratique atroce. L’urgence de la situation a d’ailleurs une fois de plus interpellé les chefs d’Etats réunis à Addis-Abeba en Ethiopie à l’occasion du 32e sommet de l’Union africaine(UA). Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a plaidé pour plus d’investissements dans la lutte.

« Au moins 200 millions de femmes et de jeunes filles ont déjà été victimes de mutilations génitales. Si rien n’est fait, pour accélérer son éradication, ce sont, d’ici à 2030, plus de 50 millions de femmes et de jeunes filles de plus qui viendront rallonger la liste, déjà trop longue, des victimes », s’est inquiété le président du Faso.

Pour lui, même si le monde et l’Afrique ont commencé à agir pour assurer l’élimination des MGF, il faut en accélérer la cadence. « En ma qualité de champion de l’UA pour l’élimination de cette pratique, je m’engage à travailler en synergie avec mes collègues, en vue de l’abandon total de cette pratique néfaste sur notre continent», a-t-il déclaré. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) a pour sa part évoqué un certain nombre de défis pour vaincre l’excision.

Ces défis sont la faible implication des agents de santé et l’implication embryonnaire du secteur de l’éducation, la marginalisation des personnes qui dénoncent les exciseuses si elles sont identifiées, les interventions de personnes influentes dans les procédures d’enquête sur l’excision (généralement, des leaders politiques dans le but de répondre aux sollicitations de leurs électeurs).

Outre ces aspects, l’UNICEF pense que la question des pratiques transfrontalières, c’est-à-dire le fait que le Burkina Faso soit entouré de plusieurs pays où la pratique de l’excision existe et la pression de la loi est faible (Côte d’Ivoire, Togo, Bénin, et Niger) voir inexistante (Mali). Cela incite certains parents à franchir les frontières pour faire exciser leurs filles.

Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com

Incendie à Saint-Léon : un magasin et une maison d’habitation partis en flammes

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Dans la soirée du 9 février 2019, un incendie s’est enclenché au quartier Saint-Léon de Ouagadougou, non loin de la cathédrale. Le bilan fait état d’un magasin de stockage de marchandises diverses et d’une maison d’habitation consumés, avec d’importants dégâts matériels.

Un magasin de stockage de marchandises diverses et une maison d’habitation jouxtant l’entrepôt, partis en feu. Tel est le bilan que l’on peut faire de l’incendie qui s’est produit le 9 février 2019 dans le quartier Saint-Léon de Ouagadougou, non loin de la cathédrale, aux environs de 18 heures. Dans le magasin, étaient entreposés des objets divers tels de la laine, des albums photos, de la patte dentifrice, des parfums, des cailloux-lave-pieds, des jouets pour enfants, des ballons, des sparadraps, des déodorants, des mèches, etc. d’une valeur d’environ 13 millions F CFA, selon le propriétaire, Yahaya Lasisi. L’occupant de la maison d’habitation, absent au moment du drame, dit y avoir tout perdu.

« J’étais en poste à Kombissiri, quand on m’a appelé vers 19h30 pour dire que ma maison a pris feu. Lorsque je suis arrivé, du salon à la chambre, il ne reste plus rien. J’ai tout perdu : mes tenues personnelles et de service, mes papiers administratifs, les effets de la famille, la moto…», raconte le sinistré, l’assistant de police, Jean Hilaire Compaoré. Alerté aux environs de 18 heures 9 min, c’est trois minutes plus tard que les premiers engins sont arrivés sur les lieux du sinistre, rapporte le capitaine Hervé Kinda de la Brigade de sapeurs-pompiers. Environ 5 heures, c’est le temps qu’il a fallu aux soldats du feu pour venir à bout des « flammes violentes », avec l’aide de quatre engins, a-t-il fait savoir.

Origine inconnue

Et d’ajouter que le potentiel calorifique dans l’entrepôt était important, ce qui fait que le feu s’est vite embrasé. « Comme l’incendie était au milieu des maisons d’habitation, il fallait mobiliser beaucoup de moyens pour empêcher le feu de se propager, avant de poursuivre l’extinction », a expliqué le capitaine Kinda. Il a fallu que la SONABEL vienne isoler la zone avant que nous ne commencions les opérations, a-t-il précisé. En entendant les résultats des investigations de la police scientifique qui était sur les lieux, l’origine du feu reste inconnue. Selon certains témoins trouvés sur place, les flammes seraient parties du magasin. Mais le propriétaire de l’entrepôt se demande d’où est vraiment parti l’incendie. « Je ne comprends rien car dans le magasin, il n’y a pas d’électricité ni plaque solaire », a confié M. Lasisi.

Pour le capitaine Kinda, la solution réside dans la prévention. Il invite les populations à toujours prendre des mesures préventives pour se mettre à l’abri des sinistres du genre. « Si les gens ont des extincteurs, avec un stockage aéré, les dégâts peuvent être limités en cas d’incendie. Les moyens de préventions ne coûtent absolument rien par rapport aux pertes qu’ils subissent », a-t-il souligné.

Mahamadi SEBOGO
msebogo@yahoo.fr

Changement de tactique

Dans sa dernière étude sur le terrorisme, l’institut Free Afrik a relevé que le Burkina Faso a enregistré 60 attaques en 2016, 110 en 2017 et plus de 130 attaques en 2018. Les pertes particulièrement lourdes en vies humaines, rien que pour les huit premiers mois de 2018, s’élevaient à 69 victimes. Cette comptabilité macabre qui a cours depuis janvier 2016 et les nombreux morts civils et militaires burkinabè enregistrés, dans la guerre atroce et sans visage que nous imposent les  terroristes avaient fini par saper le moral de la troupe et pire, créer la psychose au sein de la population qui avait de moins en moins confiance en nos Forces de défense et de sécurité (FDS).

Au point que certains en étaient arrivés à demander la démission  d’un régime pourtant légalement élu il y a trois ans. Beaucoup ont-ils déjà oublié que l’insurrection ainsi que les péripéties qui l’ont caractérisée avaient contribué à « décapiter  » le système de renseignements burkinabè et à opérer une césure entre frères d’armes ? Toute chose qui hypothèque le combat contre le terrorisme.  Les récents changements opérés au niveau des ministères en charge de la défense et de la Sécurité, au sein du commandement des forces armées nationales, vont certainement changer la donne. Ce, avec une nouvelle stratégie militaire mise en place par le nouveau patron des forces armées nationales.  Pour ceux qui l’auraient oublié, Chériff Sy est un progressiste qui s’est « nourri » tout le long de sa vie militante, des thèses militaires maoïstes et du général Giap principalement. L’ancien président du parlement de Transition, figure marquante de la résistance victorieuse au coup d’Etat du 16 septembre 2015, sait mieux que quiconque qu’actuellement, le pouvoir se trouve au bout du fusil, et que la meilleure défense, c’est l’attaque.

C’est vrai que la stratégie nouvelle peut entraîner des dégâts collatéraux, mais elle a l’avantage d’équilibrer la terreur. Et surtout d’envoyer un signal fort aux terroristes qui pourraient réfléchir par deux fois avant d’entreprendre l’aller simple vers les cibles en territoire burkinabè, mais aussi aux populations qui ne savaient pas à quelle armée se vouer. Dorénavant, ce sera œil pour œil, dent pour dent et les « collabos » de tous bords devront se le tenir pour dit.  La lutte sera âpre et longue mais la victoire est certaine avec cette ferme résolution. Dans son message à la Nation, le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, n’avait-il pas indiqué : «Cela nous impose un engagement collectif sans faille et des sacrifices à consentir à tous les niveaux pour notre devenir commun» ?

Un devenir commun, faut-il le rappeler, récemment mis à rude épreuve à la suite de regrettables affrontements à caractère communautaire attisés par des attaques devenues quasi-quotidiennes. Un réarmement moral des Burkinabè s’impose. En effet, toute cohésion collective exige des représentations, des références, un « imaginaire commun » et des valeurs de pacifisme, de tolérance et de patriotisme qui sont des constructions de tous les jours. Et comme les balises de la réconciliation sont posées progressivement, nul doute que le Faso sortira de ce guêpier pour poursuivre sa marche radieuse vers le progrès.

Par Mahamadi TIEGNA
mahamaditiegna@yahoo.fr

Union africaine : Abdel Fatah al-Sissi succède à Paul Kagame

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine ont ouvert hier, dimanche 10 février 2019, dans la capitale éthiopienne, les travaux de leur 32e sommet. L’ouverture en séance plénière a été précédée de travaux à huis clos, et de l’inauguration du mémorial Haïlé Sélassié.

La cérémonie d’ouverture a consisté en l’intervention de plusieurs orateurs: Moussa Faki Mahamat de la commission de l’Union africaine, Bill Gates de la fondation Bill and Melinda Gates, Gianni Infantino de la FIFA, Tedros Adhanom Ghebreyesus de l’OMS, Ahmad Aboul Gheit de la Ligue arabe, Antonio Guterres des Nations unies, Mahmoud Abass de la Palestine, et le président en exercice sortant de l’UA, Paul Kagame, ont tour à tour donné en partage leurs visions des enjeux qui se posent au continent. A l’issue de son allocution, Paul Kagame a passé le témoin à son homologue égyptien, Abdel Fatah al-Sissi, pour un mandat d’un an.

Le Président du Faso Roch Marc Christian Kaboré participe à ce sommet. Demain, il présidera une importante rencontre sur les mutilations génitales féminines, dont il est le champion de la lutte de l’UA.

Direction de la Communication de la présidence du Faso

Ecole nationale des Eaux et forêts de Dindéresso La promotion «Combativité» prête à servir

L’Ecole nationale des Eaux et forêts (ENEF) de Dindéresso, localité située à une dizaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, a abrité, le vendredi 8 février 2019, la cérémonie de sortie de sa 21e promotion des élèves-inspecteurs des Eaux et forêts et de sa 2e promotion des élèves-inspecteurs de l’environnement. La cuvée baptisée «Combativité», est composée de 53 agents à savoir 40 inspecteurs des Eaux et forêts et 13 inspecteurs de l’environnement

Après trois années de formation à l’Ecole nationale des eaux et forêts (ENEF) de Dindéresso, la 21e promotion des élèves- inspecteurs des eaux et forêts et de la 2e promotion des élèves-inspecteurs de l’environnement est prête servir. Baptisée « Combativité », cette cuvée est composée de 53 agents à savoir 40 inspecteurs des Eaux et forêts et 13 inspecteurs de l’environnement issue de trois nationalités : burkinabè, nigérienne et togolaise. Présidée par le ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Nestor Batio Bassière, la cérémonie de sortie s’est déroulée, le vendredi 8 février 2019 au sein de l’ENEF.

Selon le chef du département, cette promotion marque la fin du cycle de formation de trois (3) ans, conformément aux nouvelles dispositions de la Fonction publique burkinabè. A l’en croire, les inspecteurs des Eaux et forêts et élèves de l’environnement burkinabè viendront renforcer la capacité opérationnelle du ministère en charge de l’environnement, face à l’insécurité grandissante au Burkina Faso. Et de poursuivre qu’ils appuieront le ministre en charge de l’environnement à mettre en œuvre des stratégies afin de pouvoir lutter efficacement contre les fléaux minant l’ensemble des forêts, l’ensemble des ressources forestières fauniques du pays.

Un taux de sucès de 100%

A travers le nom de baptême « Combativité », a-t-il indiqué, c’est un travail de terrain qui attend et non un travail de bureau. Pour le directeur général de l’ENEF, Lamien Pagaté, le taux de succès de 100% dénote de l’excellence du travail abattu par l’ensemble des membres de l’encadrement et des apprenants à travers leur application et leur engagement. C’est pourquoi, il a exhorté les nouveaux inspecteurs à plus d’abnégation au travail et la recherche de l’excellence à travers les formations continues et spécialisantes. Toute chose, de son avis, qui leur rendra plus performant sur le terrain.

Les nouveaux inspecteurs ont promis de « mouiller le maillot » sur le terrain. Par la voix du délégué de la promotion, Jean Bosco Zongo, ils disent mesurer l’ampleur et les défis qui les attendent dans un contexte marqué, entre autres, par une insécurité grandissante, l’envahissement des forêts classées, l’insalubrité des villes et le braconnage.
La cérémonie de cette sortie de promotion a été précédée par la passation des charges entre le directeur général sortant, Pamoussa Ouédraogo et le directeur général entrant de l’Ecole nationale des Eaux et forêts, Lamien Pingaté.

Boudayinga J-M THIENON

Procès du putsch : le clash entreTarpaga et Diendéré

L’ancien directeur général de la Police nationale, Lazare Tarpaga, a comparu, vendredi 8 février 2019, es qualité de témoin, dans le cadre du procès du coup d’Etat de septembre 2015.

Le rôle de la Police nationale dans le putsch de septembre 2015 se précise peu à peu. Vendredi 8 février 2019, c’est son directeur général au moment des faits, Lazare Tarpaga, qui a donné, à la barre, des détails sur les mouvements de ses éléments. Il a dit avoir d’abord reçu, le 16 septembre vers 14h30, un sms du directeur de cabinet du président du Faso, Michel Kafando, à l’époque, l’informant de la prise d’otage des autorités par les soldats de l’ex-RSP. Aux environs de 17 heures, le général Gilbert Diendéré l’a appelé au moins cinq fois au téléphone, en l’espace d’une vingtaine de minutes. Le général a premièrement informé le DG d’antan, de la situation à la Présidence du Faso. Ensuite, il lui a demandé son soutien et celui de son corps. En outre, Diendéré l’a instruit de faire des opérations de maintien d’ordre au carrefour BF1 et à la place de la Nation.

«A chaque fois, j’ai répondu : bien reçu mon général », a précisé Lazare Tarpaga. Le parquet miliaire a parlé d’un « témoignage capital », preuve que le général avait bel et bien préparé le coup d’Etat. Aussi, le témoin a indiqué qu’il avait demandé à la CRS de se rendre plutôt vers le Palais des sports (au lieu de BF) et d’effectuer une « mission de surveillance » à la place de la Nation. L’ancien DG a confié avoir tenté de joindre sans succès le Chef d’état-major général des armées au moment des faits, le général Pingrenoma Zagré. Ce serait finalement le lendemain, 17 septembre, qu’il a réussi à s’entretenir avec le général Zagré. « Je lui ai dit qu’il est possible que Diendéré soit derrière ce mouvement d’humeur… Le général Pingrenoma Zagré m’a dit que si c’était un coup d’Etat, que lui il n’était pas d’accord », explique le témoin.

Après cette entrevue peu avant 7 heures, il a reçu un autre coup de fil du général Diendéré, qui demandait que la police multiplie les patrouilles. L’ancien DG a souligné avoir posé des « conditions » à cet effet. Elles touchent au manque de matériels de maintien de l’ordre, de carburant et de frais de motivation pour les hommes. Pour lui, il s’agissait d’une « manœuvre dilatoire », pour ne pas assurer le maintien de l’ordre. Toutefois, le général remplira les conditions. « Quatre véhicules» de la police ont été approvisionnés en carburant dans les soutes du Conseil de l’entente. Lazare Tarpaga a aussi reçu du matériel de maintien de l’ordre et la somme d’un million F CFA des mains du capitaine Abdoulaye Dao. Lorsqu’il a eu la confirmation qu’il s’agissait bien d’un coup d’Etat, ses instructions ont changé.

«J’ai dit aux hommes : ceux qui sont contre le coup d’Etat, laissez-les tranquilles. C’est contre les pillards, casseurs et voleurs qu’il faut agir. Faites attention aux civils et aux cibles… Je ne veux aucune interaction avec les manifestants », a laissé entendre le contrôleur général de police. Lazare Tarpaga a indiqué avoir organisé « des patrouilles de surveillance », en refusant le maintien de l’ordre. Il est catégorique, ses éléments n’ont pas maintenu l’ordre, le matériel reçu n’a pas été utilisé non plus. Il a relaté d’ailleurs qu’un policier en poste à Gaoua a été sanctionné pour avoir empêché des anti-putschistes de manifester. Le témoin a affirmé avoir reçu un appel du Colonel-major Boureima Kiéré, dans la nuit du 18 septembre, demandant d’envoyer une équipe dans les alentours de Savane FM pour fouiller une zone dans laquelle était localisée la radio de la résistance. Il a soutenu qu’il a décliné la proposition du colonel-major.

« Mon général, votre mémoire vous joue des tours »

Ensuite, il aurait informé le président du CNT, Chérif Sy, de ce que la radio avait été localisée afin qu’il prenne ses dispositions. Mais il a admis avoir fait partie de ceux qui ont accueilli les Chefs d’Etat à l’aéroport, aux côtés du général Gilbert Diendéré. Appelés à la barre, Abdoulaye Dao, Boureima Kiéré et Gilbert Diendéré ont tous nié en bloc. Le capitaine a dit n’avoir jamais interagi avec l’ancien directeur général lors du putsch. Le général Diendéré lui, a été virulent dans ses propos à l’endroit du témoin. « Je connais Lazare Tarpaga depuis 1982. Je suis vraiment désolé de le dire, mais c’est le prototype du faux témoin. Je ne l’ai jamais appelé le 16 septembre à 17h, j’étais avec les chefs militaires (…). Je l’ai appelé le 17 septembre, parce que des personnes menaçaient d’incendier mon domicile à Yako », a rétorqué le général Diendéré. A l’en croire, il a rencontré l’ancien DG de la police en compagnie de responsables d’autres corps paramilitaires, le 18 septembre. « C’est ce jour que j’ai dit que je comptais sur la police pour gérer les cas des casses… J’étais qui pour lui demander d’envoyer des patrouilles ? », s’est interrogé le général. Il a précisé que c’est une dizaine de véhicules de la police, qui se sont approvisionnés au Conseil de l’entente.

Lazare Tarpaga lui, a rétorqué dans des termes aussi durs : « Je peux me tromper sur l’heure mais pas la date. Je maintiens bel et bien que les appels se sont passés le 16 septembre… Je suis désolé mon général, votre mémoire vous joue des tours. En 1982, je faisais la première. Je suis rentré dans la Police en 1990 ». La défense s’est intéressée à l’argent que le témoin dit avoir reçu du capitaine Dao. « Pourquoi dans votre procès-verbal, vous n’avez pas parlé du million F CFA ? », a demandé Me Mireille Barry. A la réponse du témoin, hilarité dans la salle : « Vous avez parfaitement raison Me. Ma mémoire m’a joué des tours ».

Le procureur militaire a voulu savoir pourquoi Lazare Tarpaga n’a pas refusé dès le début de donner satisfaction aux demandes du général Diendéré. Le témoin a répondu que la situation commandait la prudence, les autorités étant prises en otage. « Je ne pouvais pas dire non frontalement au Gal Diendéré. Ça aurait été suicidaire de s’opposer frontalement à lui », s’est-il défendu. Le procès reprendra le lundi 11 février 2019 avec la poursuite de l’ex-DG de la Police nationale.

Djakaridia SIRIBIE

Attaque de la gendarmerie de Kongoussi : le soutien du gouvernement aux victimes

Le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, Siméon Sawadogo et le ministre de la Sécurité, Ousséni Compaoré, ont effectué, le vendredi 8 février 2019, une visite à la gendarmerie de Kongoussi qui a été victime d’une attaque, deux jours avant.

Un bâtiment criblé de balles, des impacts sur les arbres et barriques servant de barrière de protection, une gendarmerie calcinée, des engins incendiés. C’est le désolant constat, qu’ont fait le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion sociale, Siméon Sawadogo et son collègue de la Sécurité, Ousseni Compaoré, lors de la visite qu’ils ont effectuée, le vendredi 8 février 2019 à la gendarmerie de Kongoussi, 48 heures après l’attaque dont elle a été victime. Dans la visite guidée, le Commandant de brigade (CB) de la gendarmerie de Kongoussi, Noé Tagnabou, a expliqué que les assaillants sont venus à pied de l’arrière du bâtiment, en provenance du lac Bam. Répartis en deux groupes, a-t-il poursuivi, une partie tirait et l’autre saccageait le bâtiment.

« Deux d’entre eux portaient des tenues de l’armée burkinabè. Nous avons un plan de riposte de la caserne et en organisant la riposte, la police de Kongoussi nous a prêté main forte », a soutenu le CB. A entendre Noé Tagnabou, un détenu, suspecté d’avoir participé à l’attaque de la gendarmerie de Bourzanga, était dans les geôles. Les assaillants, venus « très probablement » pour le libérer, ont cassé la porte et l’ont fait sortir. « Comme nous l’avons menotté bras contre pied, ils ne pouvaient pas l’amener parce qu’ils sont venus à pied. Ils l’ont donc laissé sur place et nous avons pu le récupérer après l’attaque », a précisé M. Tagnabou. De ses explications, il ressort qu’une moto de la brigade a été emportée, quatre incendiées ainsi que plusieurs autres engins saisis. Le bâtiment a été mis à feu et tous les documents ont subi la furie des flammes.

« Des sans-culottes »

Ayant conduit la délégation gouvernementale, le ministre d’Etat Siméon Sawadogo a félicité les « hommes » pour le courage et la détermination dans la lutte de longue haleine engagée contre les forces du mal. « Le président du Faso et le Premier ministre nous envoient vous dire que vous n’êtes pas seuls, que vous avez tout leur soutien et que la victoire sera burkinabè contre ces forces du mal », a-t-il lancé aux gendarmes. Pour sa part, le ministre de la Sécurité, le colonel à la retraite Ousséni Compaoré, les a rassurés que dans les mois à venir, la gendarmerie sera remise en l’état. « Ce sont des « sans-culottes ». Ils sont loin de notre hauteur. Même si c’est sous les arbres, la gendarmerie fonctionnera jusqu’à sa rénovation. Ils se trompent s’ils pensent que l’Etat va abandonner sa population. Si vous êtes en harmonie avec la population, nous vaincrons », a-t-il fait savoir.

Et d’ajouter que dans sa stratégie de lutte contre l’insécurité, le gouvernement a décidé de l’élaboration d’un plan de bataille pour chaque brigade, commissariat et camp, en plus de la construction de la clôture de ceux qui n’en disposent pas encore. Pour permettre à la gendarmerie de fonctionner, la délégation a remis un ordinateur, une imprimante, des rames de papiers, des registres et bien d’autres matériels de bureau. A la police de Kongoussi, le message gouvernemental a été le même. La délégation a surtout félicité les policiers pour avoir « promptement » épaulé la gendarmerie dans sa riposte.

« C’est cette solidarité et cette symbiose que le gouvernement salue et encourage. Nous avons demandé à la population de vous aider à les protéger », a indiqué Ousséni Compaoré, promettant de revenir s’entretenir avec la police et la gendarmerie. Les messagers du gouvernement se sont par la suite rendus dans la famille de la femme enceinte et son accompagnant qui ont été victimes de l’attaque de la gendarmerie. A la famille éplorée, l’exécutif a non seulement exprimé sa compassion, mais aussi et surtout sa détermination à venir à bout de l’hydre terroriste. Il a donc demandé aux populations de collaborer avec les Forces de défense et de sécurité.

Jean-Marie TOE

Conseil des gouverneurs du district multiple 403 Le 1er congrès des Lions prévu en avril

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu en audience, le vendredi 8 février 2019, une délégation du Conseil des gouverneurs du district multiple 403, conduite par son président, Jean Adiran, à Kosyam.

Le Burkina Faso va abriter un nouveau district du Lions club cette année, tout comme le Bénin. L’information a été portée à la connaissance des hommes de médias, par le président du Conseil des gouverneurs du district multiple 403, Jean Adiran. Reçu en audience par le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré,le vendredi 8 février 2019 à Kosyam, Jean Adiran a indiqué que le pays des Hommes intègres a été le fer de lance de cette association qui regroupe 21 pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ce qui concerne les critères de désignation, le président du Conseil des gouverneurs du district multiple 403, a rappelé qu’il faut avoir au moins, 1250 adhérents et 35 clubs pour devenir un district. « L’avantage est que vous avez un gouverneur qui ne se déplace plus d’un pays à un autre pour évaluer les clubs qui sont sous sa juridiction…

Lorsque nous sommes nombreux, nous avons un système de rotation qui fait que si un Burkinabè est gouverneur une année, il devrait attendre quatre ou cinq ans pour qu’un gouverneur soit du même pays », a-t-il précisé. Le porte-parole a remercié le président du Faso pour avoir accepté de parrainer le 1er congrès des Lions du Burkina Faso, qui aura lieu en avril 2019. En rappel, l’audience a eu lieu à la veille des assises du Conseil des gouverneurs.

Session au cours de laquelle, il a été question de faire le bilan de l’action du district multiple 403 au premier semestre comme les manifestations de collecte de fonds faits dans les pays-membres et les actions réalisées au profit des communautés qui sont dans le besoin.

– Paténéma Oumar
OUEDRAOGO