Aïcha Kaboré, danseuse et femme au foyer

Passionnée de danse contemporaine, Aïcha Kaboré est une chorégraphe talentueuse, mère dévouée et fervent défenseur de la cause de la femme.

La chorégraphe, Aïcha Kaboré, est une danseuse professionnelle accomplie. Issue d’une fratrie de sept enfants, elle découvre sa passion dès sa tendre enfance. Ses performances lors des soirées culturelles au collège émerveillent plus d’un. Ce talent conduira la jeune femme sur le tournage de nombreux plateaux de t0ournage de clips vidéo. Après cette première expérience, elle s’oriente vers la danse contemporaine afin de « s’exprimer par son corps ».

Elle est aujourd’hui entre deux avions, en dépit de ses obligations familiales. « J’arrive à concilier ma vie de danseuse et celle de femme au foyer grâce à mon époux, qui est humoriste. Il est mon premier soutien. Nous nous comprenons donc parfaitement », confie l’ex-danseuse de l’artiste musicienne, Amity Meria. Cette aventure sur « les plus belles scènes du monde » débute véritablement en 2000 après des stages de perfectionnement régulier au Sénégal.

Quelques années plus tard, elle fait la rencontre de l’une des figures emblématiques de la danse contemporaine et de la chorégraphie au Burkina Faso, l’immense Irène Tassembédo. En plus de sa casquette de pédagogue à l’école de danse internationale qui porte son nom, celle-ci est également la directrice artistique du festival international de danse de Ouagadougou (FIDO). La collaboration entre les deux femmes est fructueuse.

Du haut de son 1m67, Aïcha Kaboré est époustouflante sur scène. Sa grâce féline se dégage à travers des mouvements horizontaux et verticaux. Sa nouvelle création chorégraphique « Les larmes de la veuve », comme l’indique son nom, se veut un condensé des brimades et des souffrances que vit l’autre moitié du ciel en Afrique et ailleurs. « Je retrace le vécu de ces nombreuses femmes murées dans un silence mélancolique face à des pratiques ancestrales, souvent avilissantes. Leur avis ou leur choix ne compte pas « , explique-t-elle, la voix essoufflée, après son spectacle. A ses débuts, elle doit faire face à l’opposition de ses parents. La pression est d’autant plus vive qu’elle refuse de poursuivre ses études, abandonnées en classe de 3e.

Mais, sa passion pour la danse finit par prendre le dessus sur ces différentes épreuves. Mieux, elle en sortira grandi avec à la clé deux qualités essentielles: le courage et la persévérance. « J’ai dansé huit mois durant, pendant ma dernière grossesse. De telles vertus ne peuvent que vous tirer vers le haut », soutient la chorégraphe, mère de deux enfants.

Achille ZIGANI
(Collaborateur)

Coopération Burkina-Libéria : L’Ambassadeur Mahamadou Zongo présente ses lettres de créance au président Weah

Après la Sierra-Leone, le 6 octobre 2017, Mahamadou Zongo a présenté, le 24 janvier 2019 à Georges Manneh Weah, président de la République du Libéria, les lettres par lesquelles le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, l’accrédite en qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Burkina Faso auprès du Libéria.

A l’issue de cette cérémonie de présentation de lettres de créance qui s’est déroulée dans la capitale, Monrovia, le président libérien lui a accordé un entretien au cours duquel l’Ambassadeur Zongo a transmis le message d’amitié et de fraternité du président du Faso et du peuple burkinabè. Mahamadou Zongo a traduit également la volonté du Président Kaboré, d’établir avec la République du Libéria des liens solides d’une coopération exemplaire sud-sud à travers un cadre juridique à convenir entre les deux Gouvernements.

L’Ambassadeur Zongo a réitéré les félicitations du président Kaboré pour la brillante élection du Président Weah à la magistrature suprême du Libéria. En retour, le président Georges Weah s’est dit ravi de recevoir un Ambassadeur du Burkina Faso, et l’a chargé de transmettre au Président du Faso toute son estime et ses remerciements pour les chaleureuses félicitations.

Il a, pour sa part, réaffirmer son engagement à travailler au renforcement de la coopération bilatérale entre le Libéria et le Burkina Faso ainsi qu’à la consolidation des organisations régionales et sous-régionale communes aux deux pays. Le président Georges Weah a chargé l’Ambassadeur Zongo de transmettre au président Kaboré tout son appui et celui de son gouvernement à la lutte sans relâche que le Burkina Faso mène contre le terrorisme, nouveau défi auquel doivent faire face les Etats de la sous-région ouest africaine.

Au cours son séjour à Monrovia, l’ambassadeur Mahamadou Zongo a pu échanger avec quelques représentants de la communauté burkinabè vivant au Libéria, une communauté estimée à peu près à un millier de personnes, et évoluant pour la plupart dans le secteur informel, l’agriculture et les mines (orpaillage artisanal). Les documents administratifs et la scolarisation des enfants constituent les principales doléances des Burkinabè résidants au Libéria.

Durant son séjour, l’ambassadeur Zongo a été reçu en audience par le ministre de la Coopération économique et de l’Intégration régionale. Les échanges ont porté sur les possibilités de renforcement des relations bilatérales. L’ambassadeur a eu également une rencontre d’échanges avec le directeur Afrique et Asie. Au regard des dispositions et de la volonté politique affichée par le président Georges Weah, l’ambassadeur Zongo suggère des missions d’opérateurs économiques burkinabè résidants au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire.

Ambassade du Burkina en Côte d’Ivoire

Coton conventionnel : Le véritable souci, c’est la rentabilité », selon François Traoré, ex- président de l’UNPC-B

Le coton burkinabè traverse une période de crise. Des producteurs ont animé une conférence de presse, le 26 janvier 2019 à Bobo-Dioulasso, pour plaider le retour du coton bio-transgénique « bt » dans les champs. Dans cet entretien réalisé le lendemain de la conférence, l’ex-président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPC-B), François Traoré revient sur leur plaidoyer et la crise qui secoue le secteur.

Sidwaya (S.) : Vous faites partie d’une coalition de producteurs, avec des scientifiques qui réclament le retour de la culture du coton « bt ». Quelles sont vos motivations ?

François Traoré (F.T.) : Le coton « bt » nous avait épargné au moins quatre traitements sur les six prévus. On dit six lorsqu’il n’y a pas de pressions, mais le coton « bt » nous épargne des quatre traitements et ce temps libre on l’utilise autrement. L’autre élément important est que le cotonnier « bt » contient une matière que les chenilles n’aiment pas. Aussi, le monde évolue avec la technologie, et il faut faire avec cette réalité.

Nos parents se déplaçaient avec des ânes et à un moment donné il y a eu le vélo, la moto et le véhicule et ainsi de suite. On n’a pas le choix dans la modernisation des choses, et nous ne voudrions pas être en retard.. La culture du coton « bt », nous facilitait la tâche. Donc tu agrandis les surfaces quand il y a moins de traitements. C’est dans ce sens que nous sommes engagés

S. : Les deux dernières années la filière coton surtout dans la zone SOFITEX connait des crises de boycotts dans la localité de N’dorola, des dénonciations. Qu’est ce qui explique cette crise ?

F. T. : Mais la philosophie que nous avons eue à l’époque pour relancer de la filière coton, cette philosophie n’est plus là. Vous savez, c’est plusieurs millions de producteurs alors il y a une manière de les satisfaire. Si on les avait habitués à un partenariat entre eux et des sociétés cotonnières où il avait du dialogue alors si vous arrivez à faire de telle sorte que ce soit de la monotonie et que les paysans ne sont pas satisfaits du partenariat. On cultive le coton pour chercher de l’argent.

C’est avec gaité de cœur que le paysan le fait. Sinon le travail est pénible. Malgré cette pénibilité s’il y a une bonne collaboration une bonne entente et que le paysan sait qu’il va gagner, il va le faire. Les deux dernières années et cette campagne en cours, le paysan prend des intrants, des pesticides et puis l’engrais pour produire le coton. Après la vente, s’il n’arrive même pas à payer ses crédits à plus forte raison acheter une moto pour un membre de sa famille ou payer les études de ses enfants, il va de soi qu’il arrête. Je connais un monsieur qui faisait près de 40 tonnes. Mais l’an passé la vente de son coton n’a pas suffit pour payer son crédit. Il était obligé de chercher encore un million pour éponger sa dette.

C’est une famille ou les bras valides valent une vingtaine. Je ne suis pas certain que cette année, il va exploiter de grandes superficies. Un Groupement des producteurs de coton (GPC) exploitait plus de 100 hectares, mais il n’a exploité que huit hectares cette année. A leur place, vous ferez la même chose, vous prenez du crédit, vous peinez dans le champ et vous travaillez avec beaucoup de gens dans le champ, vous voulez de l’argent et le coton n’arrive pas à payer le crédit. Le véritable souci c’est la rentabilité. Cette année par exemple, les populations qui font frontière avec N’dorola, c’est celles de Banfora. Ils y a des gens qui m’appellent entant qu’ancien président de l’UNPC-B, pour dire que les populations du Kénédougou qui n’ont pas le coton valent mieux.

Car, l’an passé nous avons produit mais nous sommes restés redevable en devers la société cotonnière. Cette année on a encore fait et on reste redevable ça veut dire que nous sommes en train de cumuler des dettes que nos enfants vont un jour payer. Voilà autant de raisons. Si les paysans n’obtiennent pas ce qu’ils veulent mais ils ne sont pas con. Même si le chef de famille est un con, ceux qui sont derrière lui qui veulent travailler et avoir quelque chose ne vont pas accepter. Quand nous sommes passés du 11e au 1re producteur de coton, ce n’est pas un fouet qui a permis d’atteindre ce résultat. C’est leur satisfaction qui peut les faire continuer à faire du coton. Il n’y a de marchandage à faire. Il faut satisfaire les producteurs. Son engagement à ce moment ne se négocie pas.

S. : Une agence a décidé unilatéralement de suspendre la culture du coton « bt » en 2016, ceux qui plaident, aujourd’hui, pour son retour sont-ils en concertation avec cette agence et les sociétés cotonnières ?

F. T. : Vous avez dit plaider, nous c’est notre manière de parler de dire que vous avez eu vos raisons d’arrêter le coton « bt ». Mais, nous avons notre raison de le réclamer. Nous sommes des citoyens devons-nous taire ? Nous voulons quelque chose pour travailler. On ne dit pas à l’Etat de nous donner de l’argent comme cadeau. Nous avons trouvé un outil de travail qui existe dans le monde et on veut l’utiliser. Le coton ce n’est pas nous qui devons l’acheter. Nous voulons la technologie, c’est de faire de telle sorte que la technologie nous satisfasse et que sa satisfasse la société et que tout le monde gagne. Et nous ne le faisons pas contre quelqu’un.

S. : Est ce que vous connaissez un peu les raisons pour lesquelles l’agence a évoqué pour suspendre le coton «bt » ?

F. T. : Ecoutez les sociétés à l’époque on dit que la fibre était courte et nous n’étions pas témoin de ça. Mais en écoutant les scientifiques, c’est quelque chose qu’on pouvait corriger parce que la science évolue. Vous savez même dans le coton conventionnel la société à des sérieux problèmes de semences. C’est l’innovation qui nous permettra de travailler librement d’avoir des avantages qui font profiter à la nation entière ainsi qu’aux différents acteurs de la société.

La meilleure façon de manipuler assez de gens, c’est la satisfaction des besoins de maximum de personnes. D’ici deux ans maximum si les gens ne sont satisfaits le coton connaitra un déclin. A cet titre, j’ai honte qu’aujourd’hui le Burkina Faso perd sa 1re place. En perdant cette place, ce n’est pas le paysan qui a refusé de travailler. Non ! C’est pour cela que nous pensons que c’est le moment que nous attirons l’attention des décideurs pour qu’ils aient une solution qui permette aux agriculteurs d’aller dans les champs et de produire le coton.

Nous sommes mêmes en train de créer des usines de création de transformation, le Faso danfani est devenu la mode au Burkina Faso. Chose qui est normal. Pendant que nous sommes entrain d’installer des usines de transformation est-ce le moment de perdre notre place de premier producteur de coton ? Or pourtant la solution existe. Nous les producteurs ne somment pas content de perdre le premier rang et nous voulons que les autorités le sachent. Nous pensons qu’avec le coton « bt », nous pouvons occuper à nouveau notre rang. C’est depuis 1979 que j’ai commencé à cultiver le coton. Le rendement dans mes champs cette année a été très mauvais. Je n’ai jamais eu un mauvais rendement, en près de 40 ans de culture de coton.

S. : Après la conférence de presse sur le retour du coton « bt » si toutefois votre appel n’a pas été entendu avez-vous d’autres possibilités de dénoncer la culture du coton ?

F. T. : Je serai étonné que quelqu’un me dise qu’il y a une usine qui a tourné 24 heures/24 cette année. Ça tourne 5h, 6h et coton fini. La main d’œuvre qui est là-bas chôme est ce que c’est ce que nous voulons. Je pense que comme vous et moi, nous n’avons pas le choix. Si nous sommes des vrais intègres nous ne devons pas être contents d’avoir perdu notre première place. Les commerçants sont en train de se plaindre parce qu’il n’y’a d’achats. Si on ne gagne pas de l’argent eux également vont le sentir. Donc c’est l’économie du pays qui souffre. Quelque chose qui permet à la population qu’on qualifie d’analphabète de travailler pour se nourrir devrait préoccuper tout le monde. Notre préoccupation est de travailler, cultiver notre coton et avoir de l’argent. C’est également la préoccupation du gouvernement.

S. : Vous avez de l’expérience dans la production, plus précisément le coton, croyez-vous en l’avenir du coton au Burkina Faso ?

F. T. : Je crois en l’avenir du coton. La crise concernait au début les producteurs. Mais aujourd’hui elle touche les commerçants, les transporteurs. Je pense qu’on peut trouver la solution et on doit trouver la solution. Je crois en l’avenir du coton parce que ce n’est qu’une crise que le Burkinabè peut surmonter. A cet effet, je compte sur le Burkinabè, sur sa capacité de surmonter cette crise parce que les paysans sur le terrain même en étant plus président chaque fois qu’il y a un souci les paysans m’appellent. J termine en disant qu’on nous comprenne en nous aidant à trouver une solution pour le coton afin qu’il reprenne la première place.

Entretien réalisé par
Frédéric OUEDRAOGO

L’Autre regard : Drôle de patriotisme !

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Dans un communiqué, l’état-major général des armées a annoncé que dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 février 2019, une attaque terroriste à Kain dans le Nord a fait 14 victimes civiles. La réaction des Forces de défense et de sécurité (FDS) ne s’est pas faite attendre et la riposte dans les départements de Kain, Banh et Bomboro (régions du Nord et de la Boucle du Mouhoun), à travers une opération terrestre et aérienne, a permis de « neutraliser » 146 terroristes, selon l’armée burkinabè.

Le jour d’après, une autre attaque, cette fois-ci, d’un détachement militaire du Groupement de forces de sécurisation du Nord (GFSN) à Oursi s’est soldé par la perte de 5 gendarmes et la neutralisation de 21 terroristes. Il n’en fallait pas plus pour que les réseaux sociaux s’enflamment.

D’une part, les Burkinabè et bien au-delà des frontières, saluant ces hauts faits de guerre de notre armée, et de l’autre, certains qui, en plus de ne pas cacher leur « méfiance » pour les chiffres, vont jusqu’à estimer que la communication de l’armée « ment ». Même l’opposition politique, qui est généralement critique des actions gouvernementales (c’est dans son bon rôle), s’est dite satisfaite des opérations menées par les forces armées contre les terroristes, tout en encourageant nos FDS dans leur combat contre l’insécurité. Sans renier à chaque citoyen, le droit de croire ou pas en ces chiffres, on se pose légitimement la question de savoir ce que veulent finalement certains compatriotes.

Jusque-là, des voix s’élevaient pour dénoncer non seulement l’« impuissance » des FDS, mais aussi et surtout leur « incapacité » à « tenir tête » aux terroristes et autres hommes armés qui endeuillent à longueur de journée le pays, depuis trois ans. Maintenant que les efforts déployés sur le terrain commencent à produire des résultats probants, des Burkinabè, gagnés par un certain pessimisme, préfèrent polémiquer autour des chiffres que d’encourager les FDS à aller de l’avant. Soi-disant qu’ils refusent de croire sans avoir vu, comme pour paraphraser Saint Thomas.

Mais dans les faits, de quelles preuves ont-ils besoin pour croire ? Souhaitent-ils que l’armée publie les images de chaque terroriste tué pour être rassurés ? Ont-ils plus confiance aux chiffres qui circulent sous les manteaux que ceux officiels ? Leur position est d’autant plus insoutenable, qu’ils n’ont aucune preuve pour contredire les chiffres officiels. En quoi, dire que les chiffres sont faux, sans prouver le contraire, aide cet élan national de soutien à l’armée ? Veut-on rendre service à la nation ou à ses ennemis ? Ceux, qui admettent que les chiffres donnés par la hiérarchie militaire sont exagérés, ont visiblement du mal à apporter la preuve du contraire.

Encore que les spécialistes de la sécurité disent qu’en temps de guerre, le combat se mène également sur le terrain de l’information. Cela peut doper le moral des troupes et agir positivement sur les esprits. Ainsi, la guerre psychologique, l’une des formes les plus anciennes de la guerre de l’information, recouvre des actions qui visent à contribuer au succès des opérations militaires conduites pour dominer l’adversaire, à préserver les armées de tout atteinte au moral des troupes et au soutien de la nation ainsi qu’à obtenir l’adhésion de l’opinion nationale et internationale.

En la matière, l’information est donc une arme aussi puissante que les kalachnikovs et autres grenades et il n’y pas de mal à s’en servir. A défaut de soutenir moralement les troupes sur le terrain, le patriotisme veut qu’au moins, on épargne cette lutte commune de toute action visant à saper le moral de nos FDS au front. De grâce, chers compatriotes, « quittons dans ça  » !

Jean-Marie TOE

Flash

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Le lundi 4 février 2019, un individu a assené des coups de machette à des fidèles musulmans dans la grande mosquée de la ville de Gaoua, dans la région du Sud-Ouest. Deux jours après, c’est dans un village de la commune de Saaba, à la périphérie de Ouagadougou, qu’un autre malfaiteur a été appréhendé par la population dans une mosquée en possession d’engins explosifs. Ces faits viennent rappeler, si besoin en était, l’importance pour les autorités religieuses à prendre des dispositions pour sécuriser les lieux de culte. Dans un contexte marqué par les attaques terroristes, la vigilance doit être de mise, afin d’assurer un environnement de prière serein aux fidèles, lors des messes de dimanche ou les prières de vendredi.

Joseph HARO

Initiative Job Booster : Un dialogue tripartite pour mutualiser les actions

Les membres du cadre tripartite dialogue social Etat, société civile et secteur privé intervenant dans la mise en œuvre de l’initiative Job Booster se sont réunis, le vendredi 1er février 2019, à Ouagadougou. Objectif,   instaurer une synergie d’actions entre les acteurs dans le cadre de la mise en œuvre du projet.

Job Booster est une initiative lancée en 2018 au Burkina Faso et pilotée par le consortium porté par le l’Organisation non gouvernementale néerlandaise, Woord en Daad, en partenariat avec le Secrétariat permanent des organisations non gouvernementales (SPONG), l’ONG CREDO et AEAD.

D’un montant estimé à 6 milliards de FCFA et financé par l’agence norvégienne pour la coopération au développement (NORAD) et Woord en Daad, l’Initiative Job Booster vise à 2021, à favoriser l’accès à l’emploi ou l’auto-emploi au profit d’au moins 15 000 jeunes qualifiés de 15 à 24 ans dans les trois régions du Burkina Faso, les Hauts-Bassins, la Boucle du Mohoun et le Nord. Après une année de mise en œuvre, le SPONG a effectué une visite dans les trois localités concernées. Sur le terrain, il y a   beaucoup d’initiatives menées par des acteurs différents.

Ces derniers   ont tous souhaité une synergie d’actions dans le cadre de la mise  du projet. C’est pourquoi, le SPONG a réuni les membres du cadre tripartie dialogue (Etat, secteur privé et société civile), le vendredi 1er février 2019 à Ouagadougou. « Pour intervenir sur la question de l’emploi de la jeunesse et de la formation professionnelle, l’Etat, la société civile et le secteur privé sont   les trois piliers. Et dans le cadre de Job Booster, c’est un grand enjeu de construire ce dialogue entre ces acteurs en vue d’instaurer un environnement favorable à l’emploi des jeunes », a soutenu la chargée de communication et plaidoyer du SPONG, Roukiattou Ouédraogo.

Il s’est agi pour eux d’identifier et lever les obstacles qui minent le secteur de l’emploi, la formation technique et professionnelle. Pour le coordonnateur à la formation du projet CREDO, Nongdo François Kaboré, en termes d’employabilité des jeunes, les difficultés se situent au niveau   de l’insertion et des financements. «  Les jeunes ont pris conscience de l’opportunité d’entreprendre mais la garantie pour le financement des plans d’affaires se pose toujours avec acuité », a-t-il déploré. Toute chose qui implique une mutualisation des efforts des acteurs terrains, pour atteindre les objectifs de Job Booster.

Aussi, les participants  ont rappelé les engagements des parties prenantes de la charte et l’état de sa mise en œuvre, présenter les constats faits par le SPONG lors de sa mission d’indentification et d’échanges avec les acteurs du secteur de l’enseignement, la formation technique et professionnelle et de l’emploi des jeunes au Burkina Faso et proposer des recommandations. A son tour, le coordonnateur de l’initiative Job Booster, Barthelemy Kaboret  a confié que les 41 centres de formation professionnels concernés par le projet bénéficient d’un appui de job Booster.

Dans ces centres la formation et la réinsertion sont effectives. M. Kaboret a poursuivi qu’en 2018, 1000 jeunes ont été formés dont la moitié a été insérée dans le privé. Pour cette année 2019, le coordonateur de Job Booster a jouté que 7000 seront encore formés suivie de leur insertion. « Tout jeune qui sera formé dans le cadre de job Booster a l’assurance au départ qu’il sera   placé dans une entreprise privée ou s’installer à son propre compte pour créer des emplois et de la richesse », a-t-il confié.

Mariam OUEDRAOGO
mesmira14@gmail.com

Procès du putsch: La « vraie » version du colonel Yonaba

L’adjudant Harouna Mandé, le 3e vice -président du CDP, Moïse Nignan Traoré et le médecin-colonel-major, Seydou Yonaba, ont été entendus, le vendredi 1er février 2019 en tant que témoins  dans le dossier du putsch manqué de 2015.

 Le vendredi 1er février 2019, à la barre du tribunal militaire, trois témoins à savoir, l’adjudant Harouna Mandé, le 3e vice-  président du CDP, Moïse Nignan Traoré et le médecin-colonel-major, Seydou Yonaba ont juré de dire rien que la vérité. Dans les faits, l’adjudant a expliqué qu’il  a été appelé  le 17 septembre 2015 au  téléphone par le sergent-chef Ardjouma Kambou d’aller sécuriser  le domicile de feu Salifou Diallo, car il aurait appris que des manifestants veulent le brûler. « Arrivé sur les lieux, j’ai vu le major Eloi Badiel et Ouékouri Kossé. Alors j’ai rebroussé chemin. Vers la place des Martyrs, j’ai  croisé des manifestants  qui se dirigeaient au domicile. Alors, j’ai essayé de leur faire entendre raison. C’est alors que leur responsable m’a fait comprendre qu’ils agissaient sous la coupe de l’adjudant-chef Moussa Nebié dit Rambo. Mais juste après, Kambou m’a encore rappelé tout en me disant de quitter les lieux, car il aurait entendu mon nom  dans une communication de Rambo. J’ai donc pris la clé des champs et  rentré chez moi à toute vitesse », a souligné le témoin. Même si, les accusés  Eloi Badiel, Ouékouri Kossé et Ardjouma Kambou ont trouvé que la déposition du témoin corrobore leurs  propos, Moussa Nebié, lui,  a nié le fait d’avoir prononcé le nom du témoin  dans une de ses conversations. « Je suis étonné que ce soit Kambou, l’un de mes plus proches collaborateurs qui dit m’avoir entendu donner des ordres à des manifestants. D’ailleurs, je n’ai appelé personne en dehors de dame Guelwaré. Nous étions, tous, dans l’escorte du général Diendéré ».

 

La réunion, différente d’une concertation

 Mais M. Kambou persiste et signe l’avoir entendu prononcer le nom de Mandé. « C’est pourquoi, j’ai vite fait de l’informer afin qu’il prenne ses jambes à son cou avant qu’il ne lui arrive un malheur », a-t- il insisté. Et le parquet militaire de faire observer que M. Mandé n’a pas accusé  « Rambo »  d’avoir ordonné quoi que ce soit. « D’ailleurs, l’accusé  a reconnu avoir reçu les jeunes du CDP venus pour  rencontrer le général Gilbert, mieux,  il leur a donné du carburant le 21 septembre, afin qu’ils aillent vérifier l’arrivée des troupes à Ouagadougou. Alors, tout porte à croire qu’ils communiquaient entre eux », a martelé le parquet militaire. Mais l’avocat de  Rambo, Me Roger Yamba, a rappelé que le domicile en question a été brûlé le 18 septembre 2015, alors, son client ne peut donc pas être l’auteur de ce crime. A sa suite, c’est le 3e vice- président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) qui a donné son témoignage. Celui –ci a confirmé qu’il n’y a eu qu’une seule réunion  comme l’a suggéré le 2e vice-président, Achille Tapsoba et elle a pris fin aux environs de 13 heures. « Au cours de la réunion, le président Eddie Komboïgo s’est absenté. Je suppose qu’il est allé chercher de l’argent pour la conception des dossiers des candidatures pour les élections législatives.  Pour les dix millions dont parle l’accusé Salifou Sawadogo, on pourrait  peut-être parler  de concertation, car après la réunion, certaines personnes sont restées au siège et vu la situation qui a prévalu  ce jour 16 septembre 2015,  elles se sont concertées dare-dare », a fait savoir Moïse N. Traoré. Cependant, il a confirmé avoir remis  20 millions de francs CFA à l’accusé, laquelle somme a été reçue des mains de René Emile Kaboré. « Compte tenu de la situation, l’argent aurait été utilisé pour sécuriser les domiciles des militants  au regard de ce qu’ils ont vécu pendant l’insurrection des 30 et 31 octobre 2014. En outre, le parti n’a jamais instruit les militants à se mobiliser », a laissé entendre M. Traoré. Pour l’accusé, son témoignage vient en appui à sa version des faits. « Tout en s’adressant au président du tribunal, je crois en votre tribunal pour espérer recouvrer la liberté comme les autres », a souhaité le prévenu.

« J’ai pu consulter le président  quatre fois de suite »

 A la reprise dans l’après-midi, c’est le médecin-colonel-major Seydou Yonaba qui a livré sa version des faits. Contrairement à ses prédécesseurs qui sont restés fidèles à leurs  dépositions, lui, par contre, a rédigé un nouveau « memo » et il a précisé que c’est la vraie version des faits.  Selon lui, au moment des faits, alors qu’il était à Koudougou pour un atelier, il a reçu un coup de fil du général Diendéré sa position et lui demandant de rentrer. Et c’est quand il est arrivé  à Ouagadougou qu’il a  su qu’il y avait un coup de force. Il a pu rencontrer Diendéré vers 23 heures et  c’est en ce moment qu’il aurait aperçu le bâtonnier Mamadou Traoré, le journaliste Adama Ouédraogo dit « Damiss » et  le colonel Abdoul Karim Traoré. « J’ai pu consulter le président  quatre fois de suite et demandé à ce qu’on le conduise dans une clinique ou qu’on l’hospitalise chez lui à domicile, car les conditions de séquestration ne lui permettaient pas d’aller mieux. Face à l’insistance du général, car on était face à des soldats  sous l’effet des produits dopés, j’ai  réussi à le faire  évacuer à son domicile », a soutenu le témoin. Dans son rôle de médecin, c’est lui également  qui aurait remis le rapport faisant l’état des blessés et des morts dans les différents hôpitaux. Pourtant, celui-ci avait indiqué dans sa première déclaration, qu’il aurait reçu un coup de fil du général, le sommant de rejoindre la présidence, car il y a eu un putsch et que le président Michel Kafando ne serait pas au mieux de sa forme. Aussi, il a aperçu le bâtonnier Mamadou Traoré, le journaliste Adama Ouédraogo dit « Damiss » et le colonel Abdoul Karim Traoré à 23 heures et à 7 heures du matin du 17 septembre 2015. Même si les accusés cités trouvent que cette nouvelle version des faits corrobore avec la leur, Me Hervé Kam de la partie civile, lui, a vu en cela un retournement de situation étant donné  que son statut a changé. D’inculpé, aujourd’hui, il est  un témoin. « C’est pourquoi sa déclaration a changé, sinon, même s’il avait fait la précédente sous un ton menaçant du juge d’instruction, cela s’est fait en présence de son avocat. Elle a été lue  avant d’être signée. Aujourd’hui, le colonel soutient que ce n’était pas un putsch mais une énième crise du RSP », a –t-il précisé. Et s’en est suivie une prise de bec entre le témoin et l’avocat. L’audience reprend ce lundi matin à 9 heures  toujours avec le colonel Yonaba.

Fleur BIRBA

fleurbirba@gmail.com

Région du Nord : 146 terroristes abattus

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Dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 février 2019, une attaque terroriste à KAIN (province du Yatenga, Région du Nord) a fait quatorze (14) victimes civiles au sein de la population.

En réaction à cette attaque, les Forces de défense et de sécurité (FDS) nationales ont immédiatement engagé des opérations dans les départements de KAIN (province du Yatenga, Région du Nord), de BANH (province du Lorum, Région du Nord) et de BOMBORO (province de la Kossi, Région de la Boucle du Mouhoun).

Cette riposte des Forces de défense et de sécurité s’est traduite par une opération terrestre et aérienne qui a permis de neutraliser cent quarante-six (146) terroristes dans les trois (03) départements.

Le bilan pour les Forces de défense et de sécurité fait état de blessés légers et aucune perte en vie humaine n’est à déplorer. Les opérations de sécurisation desdits départements se poursuivent.

Le Chef d’Etat Major Général des Armées tient à rassurer les populations sur la détermination des Forces de défense et de sécurité à sécuriser le territoire national et à assurer la protection des personnes et des biens.

Il invite les populations à collaborer avec les FDS afin d’assurer un retour définitif de la sécurité sur l’ensemble du territoire national.

Colonel-Major Lamoussa FOFANA

Directeur de la Communications
et des Relations Publiques

Des Armées

Officier de l’Ordre de l’Etalon

Mouvement du peuple pour le progrès: Le temple de la social-démocratie rouvre ses portes

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a organisé, le samedi 2 février 2019 à Ouagadougou, l’inauguration de son Centre international de formation politique Kwamé-Nkrumah. La cérémonie, qui a marqué le 4e anniversaire du centre, symbolise la rentrée académique 2018-2019 de ce temple du savoir de l’idéologie du parti au pouvoir.

 Créé le 31 janvier 2015, un après la création du parti lui-même, le Centre international de formation politique Kwamé-Nkrumah du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) a 4 ans. Pour marquer d’une pierre blanche l’événement, le parti a fait d’une pierre deux coups. En effet, en plus de l’anniversaire, l’école qui rouvre (après quelques années de difficultés matérielles et financières) à la faveur de la rentrée académique 2018-2019, a inauguré son siège au quartier Wayalguin de Ouagadougou, le samedi 2 février 2019. Disposant de huit bureaux et de trois salles de conférence dont l’une porte le nom du Dr Salifou Diallo, le centre a déjà formé, selon ses premiers responsables, près de 1500 militants à 15 modules et compte désormais faire ses formations en langues nationales aussi. Pour le directeur général du Centre, Emile Paré, par ailleurs secrétaire à la formation politique du MPP, la création de cette école vise à former les militants du parti, à élever leur niveau politique, à former tout citoyen de la gauche burkinabè ou étranger qui souhaiterait être formé et à organiser des conférences-débats sur des questions d’actualité et des thématiques contemporaines. Et de poursuivre qu’en vue de réaliser ces missions, le Centre dispose d’un conseil d’administration, une direction générale et son adjoint et un conseil scientifique et des départements techniques (sciences politiques, chargé des questions juridiques et institutionnelles, chargé de l’économie politique, chargé des questions sociales et chargé des relations internationales). « Aussitôt après son installation et son organisation, notre Centre a été confronté à la nécessité urgente de former les militants pour affronter les élections présidentielle, législatives et municipales qui se profilaient à l’horizon fin 2015 et début 2016. Le calendrier électoral n’a pas permis au Centre d’achever son organisation et son programme de formation en plus de difficultés d’ordre matériel et financier», a-t-il témoigné. A entendre le Dr Emile Paré, 2018 fut un moment de réflexion pour trouver la solution et la réponse aux maux du Centre et ce, grâce à la détermination de la présidence du parti en partenariat avec le Parti communiste chinois (PCC) et la Fondation Friedrich Ebert.

 

Pas de parti sans militants bien formés

 

Quant au président du conseil scientifique du Centre, le Pr Basile Guissou, il a rappelé qu’il n’y a pas de parti sans militants bien formés. Avec la réouverture de l’école, le Pr Guissou a donc promis de tout mettre « rapidement » en œuvre pour permettre au Centre de réussir les missions qui lui ont été confiées. Parrain de la cérémonie, le secrétaire chargé des secteurs structurés du MPP, le député Ludovic Bakyono, a précisé que son entité a cette obligation de travailler aux côtés de la direction du Centre à assurer la formation politique des militants du parti à Ouagadougou et dans les autres régions et provinces du pays. Il a invité ses camarades à persévérer dans cet élan de renforcement des capacités de la base du MPP. « La formation est par essence le meilleur moyen qui peut contribuer efficacement à l’éveil de la conscience politique de nos militants et partant, de tout le peuple burkinabè. En effet, la fondation de la bâtisse de notre parti sera d’autant plus solide aussi longtemps que nous ferons de la formation, un axe prioritaire des actions que nous mettrons en œuvre dans l’animation de la vie de notre parti », s’est-il justifié. Pour le Président du conseil d’administration (PCA), Simon Compaoré, par ailleurs président par intérim du MPP, la création du centre, sur instruction du président du parti de l’époque, Roch March Christian Kaboré, répond à la ligne politique du parti. « Pour soutenir et fortifier ses choix organisationnels et politiques, pour l’atteinte de ses objectifs et de son but final, le parti a fait de la formation politique et civique, un axe fort de son programme », a-t-il soutenu. Pour Simon Compaoré, le centre est né, a marché et a titubé, donnant parfois l’impression qu’il est mort. « Mais aujourd’hui, je puis vous affirmer qu’il entame son envol, sa vitesse de croisière pour longtemps, pour de bon … pour faire de la formation politique, la pierre angulaire de la construction du MPP », a-t-il fait savoir. Pour Simon Compaoré, il est question du MPP, un parti formé de militants politiquement conscients, armés d’une conscience avérée de la ligne social-démocrate, bâtis d’une parfaite appropriation du programme politique et des textes d’organisation du parti et d’une capacité « extraordinaire » des situations et des événements nationaux et internationaux.

Jean-Marie TOE

Sortie littéraire: Moah le fils de la folle rend hommage aux enfants déshérités

Journaliste chroniqueur à Sidwaya, Alexis Pengwendé Yaméogo alias Clément Zongo, a dédicacé son premier roman intitulé Moah le fils de la folle, le samedi 2 février 2019 à Ouagadougou.

De passage un jour au marché de Katr-Yaar juin 2016, Alexis Pengwendé Yaméogo alias Clément Zongo, surprend une scène : des femmes cajolant et finissant par forcer un enfant d’environ cinq ans, pleurant à chaudes larmes pour qu’il accepte de rester avec sa mère, une malade mentale. Des informations qu’il colmate sur place, il ressort qu’habituellement le gamin est « attaché » à sa génitrice.  Touché par la scène, Alexis Pengwendé Yaméogo se demande ce qui a bien pu se passer dans le mental de l’enfant ce jour-là pour qu’il fuit sa mère. De l’émotion, du bouleversement et de l’interrogation de Clément jaillira le roman Moah le fils de la folle qui a reçu le premier prix du Grand prix national de littérature (GPNAL) à la 19e édition de la Semaine nationale de la culture et que l’auteur a dédicacé, le samedi 2 février 2019, à Ouagadougou. Dans l’œuvre, M. Yaméogo part de ce qu’il a vu pour imaginer un destin à Moah qui sera recueilli et éduqué par un catéchiste et deviendra à la fin de l’intrigue président de la République du Gomboland.  Par cette œuvre, celui qui a pris comme nom de plume Clément Zongo (prénom de son père et nom de jeune fille de sa mère) veut rendre hommage à tous les enfants déshérités, à toutes les femmes malades mentales vivant dans la rue et que des gens, peut-être pas fous, enceintent. Dans la présentation du roman, le Pr Yves Dakouo, professeur de sémiotique à l’université Ouaga I Pr Joseph-Ki-Zerbo, a indiqué que l’ouvrage confirme le talent littéraire d’Alexis Pengwendé Yaméogo, jusque-là homme de Lettres. « On ne peut pas ne pas s’émouvoir à la lecture du roman à moins de ne pas appartenir à l’espèce humaine », a estimé le Pr Dakouo. Pour lui, l’une des réussites du désormais romancier est d’avoir su saisir la fibre émotive de l’être humain grâce à l’art consommé de la description. « Le réalisme physique des espaces et la vérité psychologique des personnages sont tels que la description atteint son niveau le plus élevé qui est l’hypotypose, situation dans laquelle le lecteur a l’impression non pas de lire mais de regarder un film », a opiné le présentateur. Selon lui, Moah le fils de la folle invite à réfléchir à la société, aux modes d’existence qu’on voudrait lui donner. Et d’ajouter que c’est un pamphlet contre la mauvaise gouvernance sociale, économique, politique. « C’est une métaphore des différentes formes d’exclusion sociale et de marginalisation », a soutenu le professeur de sémiotique. Pour sa part, Soumaïla Sako, représentant du parrain, directeur de cabinet du ministre en charge de l’action sociale, a indiqué que l’histoire du roman n’est pas une simple caricature de la réalité mais plutôt le quotidien même de la société vu sans complaisance et sans retenue. « Le roman vient à point nommé car il interroge notre conscience et notre sens de l’éthique. C’est une invite à la solidarité, un appel à l’humanisme », a soutenu M. Sako, tout en félicitant l’auteur et l’encourageant à user de sa plume pour semer l’empathie dans le cœur des hommes.  « Moah le fils de la folle » est vendu au prix unitaire de 5 000 F CFA dans les librairies de la place.

Jean Philibert SOME