Djibo: le bâtiment administratif d’une école détruit

 Le bâtiment administratif de l’école primaire de Djao Djao, secteur 6 de Djibo, a été détruit dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2019. Des individus non identifiés auraient fait exploser le bâtiment à l’aide d’engins explosifs improvisés. Le toit de la bâtisse s’est envolé, les portes et les fenêtres ont aussi été endommagées. Des déflagrations ont été retrouvées à des centaines de mètres du lieu de l’incident. La détonation a retenti à plus de 5 km, peu avant 20h, début du couvre-feu dans la ville.

Les forces de défense et de sécurité se sont déployées sur les lieux, selon un officier. Un hélicoptère de l’armée a aussi été aperçu dans le ciel de Djibo, toute la nuit. Dans le voisinage de l’école qui n’a pas encore été réceptionnée, des témoins ont dit avoir aperçu des mouvements de jeunes vers 17h, autour de l’école.

« Pour moi, c’était des gens du quartier, il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. C’est quand j’ai entendu la détonation que j’ai compris »,confie une dame sous anonymat.

Plusieurs voisins ont préféré le silence sans rien dire. « Je dormais déjà, je n’ai rien entendu », a insinué un jeune.

 D.S.

 

Forces armées nationales : Le Gal de brigade Moïse Miningou entre en action

La cérémonie de passation de commandement entre le Chef d’Etat-major général des armées (CEMGA) sortant, le général de brigade, Oumarou Sadou, et l’entrant le Gal de brigade, Moïse Miningou, est intervenue dans la matinée du jeudi 31 janvier 2019 à Ouagadougou, sous la présidence du ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Shériff Sy.

« Nous aurons la victoire, parce que nous n’avons pas un autre pays », a déclaré le chef d’Etat-major entrant.

Nommé par décret présidentiel le 10 janvier dernier comme Chef d’Etat-major général des armées (CMGEA), le général de brigade, Moïse Miningou, est entré o

fficiellement en fonction. La passation de commandement entre lui et son prédécesseur, le Gal de brigade, Oumarou Sadou a eu lieu, le jeudi 31 janvier 2019 à la Place de la nation de Ouagadougou. Sous la présidence du ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Shériff Sy et en présence d’autorités gouvernementales, de diplomates, de parents et amis, et de la grande famille de l’armée burkinabè, le Gal Moïse Miningou a dit être conscient du contexte sécuritaire marqué par «une recrudescence absolue des agressions terroristes meurtrières ».

« Tout membre des FDS se sent interpelé pour entreprendre toute action salvatrice, susceptible d’inverser la tendance et d’instaurer un climat de paix et de sérénité. Nous faisons appel à toutes les compétences passées et présentes de toutes les forces militaires, de gendarmerie, de police et à toutes les intelligences civiles pour fédérer nos capacités et nos actions en vue de circoncire le phénomène du terrorisme et ses effets », a-t-il déclaré. De ce fait, il a exhorté tous les FDS à œuvrer en premier chef à l’instauration et au maintien d’un climat de confiance propice à l’action, l’unité, la détermination et la discipline qui sont les véritables gages de succès dans ce combat de type nouveau.

Au regard du caractère transfrontalier du terrorisme, le Gal de brigade, Moïse Miningou, a soutenu que le combat doit se mener de manière méthodique et coordonnée avec les autres forces de la sous-région. Remerciant le chef de l’Etat pour la confiance placée en lui, M. Miningou a loué les initiatives de son prédécesseur. « Au général de brigade, Oumarou Sadou, qui me passe le témoin et dont l’expérience nous sera fort utile, j’adresse toutes mes félicitations et mes remerciements pour le travail accompli sous son commandement », a-t-il souligné.

« Défense de l’intégrité du territoire national »

Les premiers mots du CMGEA sortant, le Gal de brigade Oumarou Sadou, sont allés aux frères d’armes tombés au combat et aux victimes civiles des violences terroristes pour lesquels il a demandé d’observe une minute de silence en leur mémoire. Au président du Faso, il a réitéré sa gratitude et celle des personnels des Forces armées nationales (FAN) pour les efforts consentis à leur endroit. « Ces efforts ont été traduits par diverses mesures concrètes ayant principalement porté sur l’amélioration des conditions de vie du militaire par la révision du régime de solde, l’instauration de prime d’opération, l’indemnisation des familles des militaires décédés en opération et surtout l’adoption de la loi de programmation militaire pour l’équipement progressif des FAN … », a-t-il souligné.

Le Gal de brigade, Oumarou Sadou, a salué « la fidélité, la disponibilité, la franchise et l’engagement » dont ont fait preuve ses proches collaborateurs durant son passage à la tête du CMGEA. « Je félicite l’ensemble des personnels des FAN, spécialement tous ces valeureux hommes et femmes qui ont été ou qui sont encore sur divers terrains d’opération et qui se donnent sans calcul, sans répit et sans esprit de recul, dans l’unique but d’accomplir leur mission de défense de l’intégrité du territoire national. Aucune prime ne saura compenser cet engagement », a relevé M. Sadou.

A l’entendre le combat contre les forces du mal sera une lutte de longue haleine où chaque acteur devra jouer sa partition. Et de prévenir que toute division ou stigmatisation dans les rangs ne fera que le jeu des ennemis. «La victoire ne sera pas l’action unique d’une composante isolée, mais la conjugaison des efforts de toutes les parties prenantes de la lutte », a-t-il indiqué. A son successeur, le Gal Sadou a traduit ses félicitations et rassuré de « son entière disponibilité » à l’accompagner chaque fois que de besoin. La passation de commandement a aussi été marquée par un défilé militaire.

Officier d’artillerie

L’homme qui coiffe désormais la grande muette est un officier d’artillerie né le 27 février 1960 à Ouagadougou. Après des études secondaires au Prytanée militaire de Kadiogo (PMK), il poursuit des cours d’officier à l’Académie royale militaire de Meknès au Maroc.

Le CMGEA sortant, le Gal de brigade, Oumarou Sadou : « J’invite l’ensemble des personnels des FAN à faire bloc (…) autour du CMGEA entrant pour l’accomplissement des missions qui lui seront confiées ».

Il suit le cours de perfectionnement des officiers subalternes à Draguignan en France, obtient le diplôme d’Etat-major à l’Ecole nationale d’Etat-major de Koulikoro au Mali et fait l’école de guerre au collège royal de l’enseignement militaire de Kenitra au Maroc. Dans son parcours professionnel, Moïse Miningou a été successivement commandant de compagnie de la batterie sol air au Centre d’instruction des armes lourdes, de la 1re compagnie du 2e bataillon d’intervention rapide du Centre national d’entrainement commando (CNEC) et cumulativement commandant adjoint dudit bataillon.

Le nouveau CMGEA a aussi servi comme Chef de corps du Groupement d’instruction des forces armées (GIFA), chef de la division information de l’Etat-major général des armées, chef de la division opération de l’Etat-major de l’Armée de terre, commandant du Groupement de commandement d’appui et de soutien (GCAS) et commandant du commandement des Ecoles et centres de formations (CECF).

Chef d’Etat-major adjoint de l’armée de terre, le Gal de brigade, Moïse Miningou, était précédemment le Commandant du Groupement central des armées (GCA). Officier de l’ordre de l’Etalon, il a obtenu également, entres autres, la médaille d’honneur militaire, la médaille d’honneur des Sapeurs-pompiers avec étoile d’or et celle des Nations-Unies pour la RDC. Il est marié et père de trois enfants.

Karim BADOLO

Situation sécuritaire: La fédération des associations islamiques préoccupée

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu en audience, le jeudi 31 janvier 2019 à Ouagadougou, une délégation de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB). Conduite par Cheick Aboubacar Doukouré, elle a échangé avec le chef de l’Etat sur la sécurité du pays et la vie en communauté.

La situation sécuritaire au Burkina marquée par des attaques terroristes itératives préoccupe la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB). A l’issue d’une audience que le chef de l’Etat a accordée à ses responsables, le 31 janvier 2019, ceux-ci ont renouvelé leur volonté à accompagner le gouvernement dans la lutte contre le terrorisme.

Les responsables de la FAIB ont marqué leur disponibilité à accompagner le président, Roch Marc Christian Kaboré (milieu).

« Avec le président, nous avons échangé des informations pour nous mettre au même niveau et nous avons dégagé la nécessité de nous donner la main pour qu’ensemble, nous puissions trouver une solution », a indiqué le secrétaire exécutif national de la FAIB et porte-parole de la délégation, Cheick Sidi Mohamed Koné.

Pour lui, il est impérieux que toutes les communautés se donnent la main pour assurer un avenir radieux au pays. M. Koné a informé que les échanges ont aussi porté sur le vivre-ensemble des Burkinabè qui a été ces derniers temps ébranlé dans certaines contrées. « Il y a la nécessité de multiplier nos actions de sensibilisation pour préserver ce vivre-ensemble qui est un modèle dans la sous-région », a-t-il déclaré.

La FAIB a réitéré sa disponibilité à accompagner les spécialistes de la sécurité en termes d’information et de sensibilisation. « En tant que religieux, il y a aussi des prières que nous ne cessons d’adresser au Tout-puissant pour qu’il puisse nous guider et nous protéger pour un Burkina Faso prospère », a relevé le porte-parole. La FAIB en a également profité pour présenter ses meilleurs vœux au chef de l’Etat.

Mady KABRE

Situation sécuritaire du Burkina : Le gouvernement rassure les sociétés minières

Le ministère des Mines et des Carrières a échangé le jeudi 31 janvier 2019 à Ouagadougou, avec les responsables des sociétés minières, installées au Burkina Faso. Il s’est agi pour la partie gouvernementale de rassurer les miniers sur les mesures prises pour la sécurisation des sites mais aussi de donner des consignes pour leur plus grande efficacité.

Au regard de la multiplication des attaques terroristes au Burkina Faso, notamment des sites miniers, le gouvernement burkinabè veut rassurer ses partenaires quant au mesures prises pour la sécurisation de l’activité minière. A cet effet, le ministre des Mines et des Carrières, Oumarou Idani et son collègue de la Sécurité, Ousséni Compaoré ont échangé avec les responsables des sociétés minières, le jeudi 31 janvier 2019 à Ouagadougou.

« Nous avons pris l’initiative de cette rencontre pour donner un certain nombre d’informations à nos partenaires miniers, échanger avec eux sur les problèmes qui se posent en matière de sécurisation de l’activité minière et leur donner des consignes pour que nous puissions être plus efficaces sur le terrain à court terme. Avec le partage d’expériences, nous pourrons concevoir un système efficace de sécurisation de l’activité», a justifié Oumarou Idani.

Selon lui, le Burkina Faso est en train de devenir un pays minier majeur avec ses 12 mines industrielles qui génèrent plus de 10 000 emplois directs. Les sociétés minières, au regard des chiffres, a-t-il ajouté, constituent les principales unités économiques dans notre pays avec 71% des recettes d’exportation du Burkina Faso, avec 1 540 milliards de recettes d’exportation, 266 milliards de contribution au budget de l’Etat en 2018.

Les sociétés minières constituent les principales unités économiques du Burkina Faso avec 71% des recettes d’exportation.

Pour lui, l’importance que le gouvernement accorde à ce secteur se manifeste déjà à travers plusieurs initiatives notamment les escortes et la sécurisation des sites, développées en concertation avec les services de sécurité des sociétés. « Le gouvernement a une approche holistique, mais il sait aussi qu’il y a des spécificités liées à l’activité minière », a laissé entendre le ministre Idani.

Dans la même lancée, son collègue de la sécurité a fait savoir que les mesures et stratégies prises sont fonction de la situation. Pour ce faire, Ousséni Compaoré a souligné qu’en concertation avec les responsables des sociétés minières, son département va analyser les spécificités de leur besoin afin de les intégrer dans le dispositif sécuritaire pour plus d’efficacité. « Vous devez en plus, en tant que acteurs du secteur minier, observer un certain nombre de règles et de discipline mais aussi voir dans quelle mesure systématiser les escortes », a conseillé Oumarou Idani.

Joseph HARO

Chronique : La danse de la souffrance

Un enfant pleure seul dans la rue abandonné, sans accompagnant
Un bambin sans pain sanglote en vain, loin du regard des passants
Sur ses joues tendres les larmes avaient creusé des sillons indélébiles
Les larmes de l’innocence et de la souffrance d’une enfance difficile

Il pleurait en chantant, se contentant de tromper à peine sa peine
Il pleurait en s’amusant avec sa vaine sébile sans veine ni aubaine
Il n’a plus d’enfance, aucune chance, sans pitance, il danse en silence
Il sourit le regard alourdi, abasourdi par l’indifférence pour son indigence

Où dort-il la nuit tombée, loin de la pluie et du froid sans être une proie ?
Que mange-t-il quand la faim le démange et l’étreint à dessein avec effroi ?
Nous l’avons raccroché au nez et abandonné sur nos pistes de randonnées
Nous l’avons délaissé et même menacé sans penser à son passé, à sa destinée
De parents vivants, ils vivent comme des survivants dans un sable mouvant
Victimes de l’indigence et de l’inconséquence, ils rient souvent le nez au vent
Parfois aux éclats, ils s’esclaffent, ils se flattent en dansant comme des fauves
En gardant la foi au prochain passant généreux qui jettera la pièce qui sauve

L’enfance ne doit pas être une souffrance !

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Gilbert Zongo, point focal du G5 Sahel au Burkina Faso : « 2019 sera véritablement l’année de l’action »

Les travaux préparatoires de la 5e session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat du G5 Sahel ont débuté, hier jeudi 31 janvier 2019 à Ouagadougou. Le point focal de cette force conjointe au Burkina Faso, Gilbert Zongo, a abordé avec Sidwaya les contours de ce sommet qui devrait confirmer le Burkina Faso à la présidence en exercice de cette organisation.  

Sidwaya (S) : Que faut-il attendre de la conférence des chefs d’Etats du G5 Sahel à Ouagadougou ?

Gilbert Zongo (G.Z.) : Le G5 Sahel a été créé en février 2014, pour traiter les questions de sécurité et de développement dans l’espace des pays membres à travers quatre axes d’intervention à savoir la sécurité-défense, les infrastructures, la gouvernance, la résilience et développement humain. Pour la rencontre de Ouagadougou, prévu le 5 février 2019, il s’agit d’un sommet ordinaire. Ce sont des sommets, qui se tiennent annuellement où des questions plus ou moins ordinaires sont débattues.

Nous allons interroger ce qui s’est passé au cours de l’année antérieure, voir les actions qui ont été apportées en termes de réponses aux défis de l’espace, voir si elles ont été correctement mises en œuvre, si elles ont été à la mesure des défis qui se présentent, s’il y a des ajustements à faire, etc. En même temps, nous allons voir en perspective, l’année 2019 et envisager ce qu’il faut mener comme actions.

S : C’est à l’issue de ces sommets que l’on désigne le pays qui doit assurer la présidence qui est tournante ?

G.Z. : C’est exact. C’est à la suite des sommets ordinaires que nous procédons au passage de témoin, parce que la gestion de ces présidences tournantes est annuelle. Ce sommet verra le passage de témoin entre le président nigérien, Mahamadou Issoufou et son homologue burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

S : La force en attente du G5 Sahel n’est pas trop visible alors qu’au même moment, les terroristes prennent du galon. Qu’est-ce qui explique cette situation ?

G.Z. : Nous voyons la chose différemment. One peut pas dire rien n’est fait sur le terrain. Depuis bientôt deux ans, beaucoup d’actions ont été menées par cette force conjointe et il faut saluer la détermination des cinq pays et principalement des chefs d’Etats. Nous avons eu six opérations majeures qui ont été conduites dont trois principalement au niveau du fuseau centre. Novembre 2017, janvier 2018, mai 2018, jusqu’à ce qu’il y ait malheureusement l’attaque du poste de commandement de Sévaré le 29 juin 2018. Après cela, le poste a été transféré à Bamako et il y a eu une reprise des opérations du 15 au 30 janvier 2019 au fuseau Centre, du 26 au 31 janvier 2019 au fuseau Ouest, et une autre opération est en préparation au niveau du fuseau Est.

C’est vrai qu’au niveau des populations, l’indicateur ce sont les attentats et les morts que nous déplorons d’ailleurs, mais la lutte contre le terrorisme est un combat de longue haleine qui va prendre du temps avec des exigences qui sont multiples. Nous saluons au passage, la confiance que les populations ont pour nos forces de défense et de sécurité. Nous les invitons à poursuivre la collaboration afin que nous puissions venir à bout du fléau.

S : Les opérations que vous avez évoquées se sont-elles déroulées quelques fois au Burkina ?

G.Z. : Bien sûr ! Nous participons à cette force comme les autres pays avec un bataillon mais certains sont à deux bataillons. Présentement, les opérations de la force G5 Sahel concernent la sécurisation des frontières. Notre bataillon ‘’Liptako’’, basé à Dori, participe à ces opérations. Chaque fois qu’il y a des opérations au niveau du fuseau Centre, il y participe et intervient en même temps sur le territoire burkinabè.

S : Mais les quatre axes sont-ils tous opérationnels ?

G.Z. : A cause de la situation au niveau de la région, les actions sur le plan sécurité-défense ont pris le dessus. Sinon, le G5 Sahel est une organisation de développement, mais il faut d’abord sécuriser les espaces pour pouvoir apporter le développement. C’est pourquoi, d’ailleurs, les chefs d’Etats ont eu l’idée de traiter concomitamment les questions de sécurité et de développement. Et sur le plan du développement, il y a des actions qui ont été menées.

Nous venons, en décembre 2018, de tenir une conférence de coordination des partenaires et bailleurs de fonds du G5 Sahel qui a eu pour résultat majeur, de recueillir des annonces de financement pour le Programme d’investissements prioritaires (PIP) à hauteur de plusieurs milliards d’Euros. Donc 2019, pour nous, sera véritablement l’année de l’action, c’est-à-dire, la mise en œuvre des projets et programmes de développement à côté des actions militaires qui sont menées.

S : A ce jour, quel bilan peut-on dresser de toutes les annonces faites et comment est-ce que les fonds sont gérés ?

G.Z. : La conférence date d’il y a très peu longtemps. Mais au titre des questions qui seront débattues au cours des assises de Ouagadougou, il y a un document intitulé « Cadre de suivi des annonces du 6 décembre 2018 ». Ce document a pour but de voir comment on va travailler à ce que les annonces se concrétisent, comment les Etats vont mettre en œuvre les projets et programmes, comment on va arrimer les différentes actions parce que sur le terrain où il y a beaucoup de difficultés sur le plan sécuritaire. Il faut envisager des formules pour mettre en œuvre les projets de développement. Cette question sera discutée pendant les assises. Les experts, qui se rencontrent du 31 janvier au 1er février, feront des propositions que les ministres vont examiner par la suite le 3 février.

S : Quand un pays assure la présidence du G5 Sahel comme le Burkina s’apprête à le faire, est-ce lui qui prend en charge les activités au cours de son mandat ?

G.Z. : Le G5 Sahel est structuré de sorte que nous avons un budget de fonctionnement au niveau du secrétariat permanent essentiellement alimenté par les cotisations des Etats. Donc nous avons une formule qui prend en charge les différentes rencontres et ce n’est pas forcement lié à la présidence en exercice. Naturellement, quand vous assurez la présidence en exercice, beaucoup d’activités se passent dans votre pays mais nous ne supportons pas tous seuls les coûts. Nous sortons parfois de l’argent pour cela, mais c’est principalement pour les réunions statutaires où l’Etat doit accueillir les étrangers qui arrivent sur son sol.

S : Mais le changement de la présidence en exercice implique-t-elle le changement au niveau des autres postes ?

G.Z. : Effectivement, quand on prend la présidence, il y a un certain nombre d’instances qui passent sous la direction du pays désigné : ce sont les instances statutaires. Cela veut dire qu’au tour du Burkina Faso, le président Roch Marc Christian Kaboré va assurer la présidence de la conférence des chefs d’Etats, et le ministre de tutelle du G5 Sahel qui est le ministre de l’Economie et des Finances, va diriger le Conseil des ministres. Le chef d’Etat-major des Armées du Burkina assumera la présidence du comité de défense et de sécurité, et au niveau des réunions des experts, le point focal du G5 Sahel assurera la direction des travaux.

S : Peut arriver qu’un pays assure la présidence avec des hommes d’un autre pays à la tête de ces instances ?

G.Z. : Ce n’est pas possible, parce que ces instances sont statutaires. Par contre, au niveau des organes comme le Secrétariat permanent, il n’y a pas de changement. Actuellement, le secrétaire permanent est du Niger, l’expert défense-sécurité est de la Mauritanie, l’expert infrastructures est du Burkina, l’expert résilience est du Tchad et l’expert gouvernance du Mali. Là, il n’y aura pas de changement malgré le passage de la présidence en exercice à un autre pays. Les experts ont des mandats qui sont traités par la convention avec des durées et des renouvèlements qui sont traités indépendamment de la présidence en exercice.

S : Le Burkina doit-il craindre des représailles avec la prise de la présidence en exercice du G5 Sahel ?

G.Z. : Personnellement, je ne ferai pas de lien entre les deux. Le terrorisme est une menace réelle au Burkina Faso, mais avec ou sans le G5 Sahel le phénomène allait connaitre un certain développement. On ne peut donc pas présager des attaques avec l’exercice de la présidence du G5 Sahel par le Burkina. Ce qu’il faut plutôt noter, c’est que l’organisation s’est affichée comme une force contre le terrorisme et c’est ce qui est important. J’informe les Burkinabè que les autorités des différents organes du G5 Sahel prennent au sérieux ce qui est en train de se passer et nous ne ménagerons aucun effort pour explorer toutes les pistes qui nous permettront de venir à bout du phénomène.

Entretien réalisé pa
Tielmè Innocent KAMBIRE

Médias privés : L’allègement des charges fiscales en débat

Le Conseil supérieur de la communication(CSC), en collaboration avec la direction générale des impôts, a organisé un atelier national sur la fiscalité applicable aux médias et la mise en œuvre de la facture normalisée, le jeudi 31 janvier 2019, à Ouagadougou. Le Conseil supérieur de la communication (CSC) veut contribuer à la viabilité économique des médias privés au Burkina Faso.

En effet, il a, en collaboration avec la direction générale des impôts, tenu un atelier national sur la fiscalité applicable aux médias et la mise en œuvre de la facture normalisée, le jeudi 31 janvier 2019 à Ouagadougou. Selon le président du CSC, Mathias Tankoano, l’objectif principal de cette rencontre est de parvenir à une approche consensuelle des mesures à suggérer aux autorités pour l’adoption d’une fiscalité adaptée à la situation des entreprises de presse. Car, à l’entendre, les médias subissent des charges qui entravent en partie leur viabilité économique.

« Ces charges sont liées au régime général de la fiscalité de l’entreprise commercial et aux redevances payées à l’ARCEP et aux BBDA. Et, de nos jours peu d’entreprises de presse privée parviennent à supporter ces taxes fiscales et parafiscales», a soutenu le président. Dans la même veine, le ministre en charge de la Communication, Rémis Fulgance Dandjinou, a soutenu que les médias privés au Burkina Faso opèrent dans un environnement économique très délicat et il s’avère nécessaire de réfléchir sur la fiscalité et les possibilités que l’Etat peut leur offrir, eux qui sont des éléments importants dans le fonctionnement de la démocratie. Pour le directeur général des impôts, Adama Badolo, la question d’allègement des charges fiscales des médias est une préoccupation commune.

«Conscient du rôle important que jouent les médias dans la formation, l’éducation de l’opinion publique, et l’encrage de la démocratie au Burkina Faso, la DGI ne peut rester insensible à cette requête du CSC», s’est-il exprimé. D’ailleurs, il a affirmé que le débat sur la nécessité d’alléger les charges fiscales et les redevances des medias ne date pas d’aujourd’hui. Et de rappeler qu’en 2013, un mémorandum des associations des professionnelles des médias qui esquissait des pistes d’allègement avait été adressé aux plus hautes autorités.

«En la matière, il y a ce qui peut être fait au plan national et ce dont notre pays est incapable au regard des règles supranationales notamment celles contenues dans les traités de la CEDEAO et de l’UEMOA», a notifié M. Badolo. Sur ce, il a rassuré que toute les dimensions de la fiscalité des medias et leur doléances seront appréhendées en profondeur au cours de cette rencontre.

Kadi RABO

Camp d’accueil des réfugiés de Yirgou : Dans la peau des sinistrés

Depuis mi-janvier 2016, le Burkina Faso a essuyé plusieurs attaques terroristes faisant état de centaines de pertes en vies humaines et de milliers de personnes déplacées internes. Pour faire face à ce déplacement massif de ces familles éplorées, le gouvernement burkinabè a envisagé la création des sites de cantonnement. Sidwaya est allé à la rencontre des pensionnaires du camp d’accueil de Barsalogho, province du Sanmatenga, qui espèrent retrouver leurs conditions de vie d’antan. Reportage !

Samedi 12 janvier 2019, camp d’accueil de Barsalogho (CAB), province du Sanmatenga. En ce début de journée, ce camp, qui accueille des déplacés de Yirgou suite à des tueries à caractère communautaire, grouille déjà de monde. Des groupes de personnes assises devant leurs tentes prennent un « bain » de soleil, tandis que d’autres sont occupées à faire leur toilette. Elles sont à leur troisième jour dans le CAB. Méfiantes, apeurées, les familles que nous rencontrons répondent à peine à nos salutations.

« Le choc psychologique est visible. Elles ont été profondément touchées. La plupart des enfants s’enfuient lorsque vous les approchez. Quant aux adultes, ils refusent tout simplement de parler. Tous ces éléments constituent des signes de l’impact psychologique occasionné par cette tuerie », soutient le chef de service de la cellule de psychologie du CAB, Abdoul Wahab Ouédraogo, dépêché par le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire (MFSNFAH).

Occupant la tente n°15, depuis le 8 janvier dernier, cette cellule a pour mission d’évaluer l’impact psychologique des personnes déplacées, afin d’apporter les premiers secours nécessaires. « Le manque de confiance de la part des familles éplorées constitue l’une des difficultés auxquelles nous sommes confrontés.

C’est pourquoi, une meilleure prise en charge psychologique des familles éplorées est nécessaire afin d’éviter un stress post-traumatique persistant», préconise Abdoul Wahab Ouédraogo. Par l’intermédiaire de certains leaders des déplacés, nous avons pu nous entretenir avec quelques pensionnaires du CAB. La paix, la cohésion sociale et la justice sont les maîtres-mots de nos interlocuteurs.

Agée de 56 ans et mère de 10 enfants, Foureita Diallo est originaire du village de Madou, situé à une quarantaine de km du chef-lieu de la commune. Elle a perdu 10 de ses proches, lors des événements tragiques. « Chaque défunt a laissé derrière lui deux veuves et plusieurs d’orphelins. Tout ce qu’ils avaient comme richesses (bétails, vivres et maisons) sont aussi partis en fumée », raconte-elle, les yeux embués de larmes.

Depuis son arrivée, le 2 janvier à la mairie de Barsalogho, elle dit bénéficier d’une meilleure prise en charge. « On nous offre trois repas par jour. Les autorités locales nous rassurent également d’une réinstallation dans nos concessions. Mais, il faut que la paix revienne d’abord dans la zone », estime Mme Diallo.

Fusillés sur la place du marché

Foureita Diallo et son époux souhaitent retrouver leurs bétails et vivres intacts ou le cas échéant bénéficier d’une indemnisation. Commerçant de profession, Dramane Diallo est aussi ressortissant du campement peulh de Madou. Ce quinquagénaire est père de 7 enfants. Il est resté impuissant devant la tuerie de ses cinq frères lors des représailles, occasionnant ainsi six veuves et une quinzaine d’orphelins.

« Nous avons été chassés par le groupe d’auto-défense Kogl-wéogo, le jeudi 3 janvier dernier. Ils ont brûlé nos maisons et granges. J’ai tout perdu dans ce conflit », balbutie-t-il. A partir de ce jeudi noir, M. Diallo et ses camarades se sont cachés 72 heures durant avant de trouver refuge à la mairie de Barsalogho. « Nous avons passé trois jours dans la forêt sans manger ni boire. Tous mes fonds de commerce se sont volatilisés. Je veux une indemnisation de mes biens consumés », clame Dramane Diallo.

Après avoir raconté sa mésaventure, il nous présente les deux veuves de l’un de ses défunts frères, Hamadou Diallo, du village de Sagho, situé à cinquante km de Barsalogho. Fatimata Diallo, mère de 5 enfants et sa coépouse, Alimata Diallo, mère de 4 gamins ont vu leur mari lynché par des populations en furie. « Il était allé abreuver ses troupeaux. Et, lorsqu’il a aperçu les flammes de nos concessions, il a rebroussé chemin pour nous porter secours.

C’est là qu’il a été abattu sous nos yeux», raconte Fatimata Diallo, l’amertume dans l’âme. Les deux « malheureuses » s’interrogent désormais sur le sort réservé à leurs progénitures. « Nous sommes bien entretenus ici, mais nos cœurs saignent toujours. Nous préférons retourner chez nous et nous s’occuper de nos enfants », confie-t-elle. Autochtone de Sagho, Ouésseini Diallo est, lui aussi, une victime de cette funeste agression.

Père de trois enfants, ce trentenaire se souvient toujours de la mort de son pater. « Ils ont été regroupés au marché de Sagho et fusillés dès le 1er jour des affrontements», retrace-t-il, la gorge nouée. Il a désormais à sa charge 14 individus. « Je n’ai rien pour les soutenir. Je demande de l’aide, afin d’exercer un petit emploi », lance-t-il.

Les populations du village de Biguélé, à vingt km de Barsalogho, n’ont pas aussi été épargnées par les hostilités. Fouraitou Diallo est âgée de 45 ans et mère de quatre enfants. « J’ai perdu mon mari et un petit frère, tués dans des courses-poursuites. Tous nos vêtements ont été également incendiés, sauf ceux que nous portions ce jour-là. Plus de 200 têtes de nos troupeaux sont toujours en divagation».

Le représentant des personnes déplacées du CAB, Boureima Diallo : « Nous avons des doléances à l’endroit de nos autorités administratives. Il s’agit de la sécurisation de nos familles restées sur place ou qui errent toujours dans la nature, de la sécurisation du bétail resté dans les villages et qui meurent actuellement de soif, de la dotation des pièces d’identité. Car, toutes nos pièces sont parties en fumée ». Il ajoute : « Nous souhaitons également la reconstruction des maisons détruites et la reconstitution des stocks de céréales, une meilleure prise en charge des blessés et l’éducation des enfants déplacés sur les différents sites d’accueil, la facilitation des retours des déplacés, et l’accès à l’eau potable ».

Plus de 50 000 personnes déplacées

Un service de santé a été également installé au CAB afin d’apporter des soins appropriés aux déplacés souffrants. « Nous enregistrons par jour au moins une quarantaine de patients. Au troisième jour, nous sommes à une centaine de malades consultés. Et, de nombreuses personnes attendent toujours », confie l’infirmier au Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Barsalogho, Pascal Dakisaga.

A ses dires, les maladies récurrentes chez les déplacés sont, entre autres, la déshydratation, le paludisme et les anomalies pulmonaires. Quant aux blessés, ils sont directement transférés au CMA de Barsalogho pour des soins approfondis. Cependant, ils sont confrontés à d’énormes difficultés.

« Etant donné qu’il s’agit d’une situation d’urgence, la prise en charge doit être prompte et efficace. Malheureusement, nous avons un manque de matériel chirurgical. Nous manquons de certaines molécules comme l’hydroxyde et le métronidazole et du personnel médical», souligne Pascal Dakisaga. Une déplacée ayant requis l’anonymat vient de bénéficier des soins après plus d’heure d’attente. « J’ai des maux de tête. Je n’ai pas fermé l’œil de toute la nuit. J’ai fait une forte fièvre.

Mais par la grâce de Dieu, j’ai eu des produits gratuitement », se réjoui-t-elle. Sur le site, on dénombre 965 personnes déplacées dont 547 enfants, 243 femmes et 175 hommes. Ces familles sont installées dans 70 tentes, en raison de 15 personnes par tente, selon le président du Conseil départemental de secours d’urgence et de réhabilitation (CODESUR) de Barsalogho, Hubert Hien, par ailleurs préfet dudit département. Plusieurs activités ont été menées par le ministère en charge de la Femme.

Il s’agit de l’installation de 2 forages, 20 toilettes fixes, 20 toilettes mobiles, 4 bacs à eau et de la mise à disposition de 2 citernes d’eau. Toutefois, des nombreux besoins restent à combler. « Nous avons des problèmes d’ordre matériel, logistique, sanitaire et médical. L’hygiène, l’assainissement et la structuration du camp d’accueil sont aussi des défis à relever », soutient M. Hien. Le bilan de l’assistance humanitaire aux personnes déplacées, suite aux tueries de Yirgou, du MFSNFAH, à la date du 15 janvier 2019, fait état de 12 345 personnes déplacées internes.

Les attaques et menaces terroristes qu’a connues le Burkina Faso, depuis mi-janvier 2016, ont entrainé des déplacements massifs de populations, notamment dans les régions du Sahel, du Centre-Nord et du Nord. Et, à la date du 15 janvier 2019, les démembrements du Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR), avec l’appui des partenaires, ont recensé 53 151 personnes déplacées dans ces trois régions.

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com

CAN Juniors Niger 2019 : Les Etalons partent confiants

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Après Congo 2007, le Burkina Faso renoue avec la CAN junior. Du 2 au 17 février prochain, les Etalons participeront à la CAN Junior Niger 2019. Le coach Séraphin Dargani et ses poulains partent confiant, avec pour objectif d’atteindre au moins la demi-finale. Logés dans la poule B à Maradi en compagnie du Ghana, du Mali et du Sénégal, les Etalons juniors affrontent le 3 février les Black Satellites du Ghana.

Les Etalons juniors représenteront le Burkina Faso du 2 au 17 février prochain à la CAN juniors, Niger 2019. Après l’édition de 2007 au Congo, le Burkina Faso n’avait plus figuré parmi les huit meilleures nations de cette catégorie. Le coach Séraphin Dargani et ses poulains ont rallié Maradi hier avec un objectif on ne peut plus clair : disputer au moins la demi-finale qui donne droit à un ticket qualificatif à la prochaine coupe du monde des juniors en mai prochain en Pologne.

Logés dans la poule B, les Etalons U20 entrent dans la compétition le 3 février 2019 à 17h 30 T.U au stade de Maradi face à leurs homologues du Ghana. Pour ne pas faire de la figuration à la compétition, les représentants burkinabè ont eu droit à une série de stages. La dernière en date est celle effectuée au Togo où ils ont livré deux matches amicaux respectivement face à une équipe de 2e division togolaise et face à leurs homologues togolais.

De ses deux matches, le technicien burkinabè, Séraphin Dargani tire une réelle satisfaction. « Au regard de ses matches, les garçons sont prêts physiquement. Ils ont répondu à tous les tests » a-t-il laissé entendre. Des différents renforts souhaités, deux n’ont pas répondu à l’appel. Il s’agit de Edmond Tapsoba et Franck Lassina Traoré. Abdoul Fessal Tapsoba, actuellement en campagne africaine avec l’ASEC d’Abidjan va retrouver la sélection après le premier match, selon Séraphin Dargani.

En dehors de ceux-là, les autres à savoir le capitaine Yael Tiendrébéogo de Nancy Loraine (France), Ibrahim Bancé et Salifou Diarrassouba tous de l’ASEC d’Abidjan, Seydou Virgil Maquis de KFCO.B.W (Belgique) Passega Hugo de FCO (France) et Cheick Djibril Ouattara de Berkane (Maroc) ont tous répondu à l’appel. Pour Séraphin Dargani, ils vont certes pour apprendre mais pas en victime résignée. « Nous respectons nos adversaires parce qu’ils ont de la valeur. Mais nous ne les crayons pas. Nous allons en burkinabè digne et intègre pour le résultat » a-t-il avoué. Avant d’ajouter: «  Si nous avons le soutien de l’UNSE comme elle le fait avec les seniors le peuple burkinabè ne sera pas déçu ».

Les U20 burkinabè, avant de décollé pour Maradi, ont reçu la visite du ministre des sports et des loisirs, Daouda Azoupiou et du président de la fédération burkinabé de football, le Colonel Sita Sangaré. Le chef du département sport et loisirs était porteur d’un message d’encouragements et de félicitations du président du Faso. Rock Marc Christian Kabore les a exhortés à représenter la nation sans complexe.

Ollo Aimé Césaire HIEN