Protection des droits de l’homme dans l’espace UEMOA

Le Réseau des Commissions nationales des droits de l’homme des pays de l’UEMOA a été reçu en audience, le mardi 29 janvier 2019 à Ouagadougou, par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry.

Les Commissions nationales des droits de l’homme de l’UEMOA travaillent en synergie pour une meilleure promotion des droits humains dans les huit pays de l’espace communautaire. Pour ce faire, elles se sont regroupées en réseau. A l’issue d’une assemblée générale de la faîtière qui s’est déroulée à Ouagadougou, les présidents des institutions chargées des droits de l’homme des pays de l’UEMOA ont été reçus en audience, le mardi 29 janvier 2019, par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry.

La présidente du réseau des Commissions nationales des droits de l’homme, Namissata Sangaré, a justifié cette rencontre avec le chef de la diplomatie burkinabè par le fait qu’il porte un pan important des questions de droits de l’homme. « A cet effet, nous lui avons présenté le réseau, ses buts et les questions sur lesquelles nous travaillons en ce moment », a-t-elle expliqué. Cette audience a aussi été l’occasion pour aborder les questions sécuritaires notamment les évènements malheureux survenus à Yirgou dans le Centre-Nord. « Nous avons suivi de près la situation.

C’est la raison pour laquelle nous sommes ici à Ouagadougou pour tenir cette assemblée générale. Nous avons échangé le lundi sur ces questions sécuritaires qui concernent nos différents pays », a précisé Mme Sangaré. Elle a, en outre, soutenu qu’en sa qualité d’organe de conseil, le réseau a produit un document qui sera partagé aux huit gouvernements des pays de l’UEMOA.

Abdoulaye BALBONE

Gulmanceba et Yadcé offrent plus de 7 millions F CFA

L’Association Bulkina Maacuagu- Bulkina roogmik (ABMBR) a remis, un lot de matériels médicotechniques d’une valeur de 7 697 500 F CFA à la maternité de Kongoussi, le samedi 26 janvier 2019. Ce geste de la famille de parents à plaisanterie, gulmanceba-Yadcé, vise à soutenir la formation sanitaire, ravagée par un incendie, il y a un an.

La joie a été la chose la mieux partagée à la cérémonie de remise de don à la maternité de Kongoussi. L’appui en matériel médicotechnique est composé de deux boîtes d’accouchement et deux autres de petite chirurgie, d’une boîte de pansement et d’un stéthoscope obstétrical, de trois lits et trois matelas, d’une armoire à clapet,…Aux yeux du médecin-chef du district sanitaire, Dr Hamado Ouédraogo, le don répond à un besoin réel de ses patientes. Il a alors remercié les donateurs et souhaité longue vie à l’association. L’un après l’autre, le maire, le Zitenga Naba, le Secrétaire général (SG) venu représenter le haut-commissaire de la province du Bam, ont embouché la même trompette.

Tout en rappelant que la parenté à plaisanterie est un gage de cohésion sociale, l’édile, Daouda Zoromé a qualifié de ‘’meilleure’’, l’alliance entre les Gourmantché et les Yadcé. Pour le SG, Armand Dambré, le geste de l’Association Bulkina Maacuagu- Bulkina roogmik (ABMBR) est la énième marque de compassion depuis l’incendie de la maternité le 20 août 2018. Toutefois, il a confié qu’aucun autre don n’égale ce dernier de par la valeur, plus de sept millions F CFA et le symbole que représentent les bienfaiteurs. Partis ensemble depuis Ouagadougou, les deux groupes alliés se sont taquinés tout le long du chemin et même au cours de la cérémonie. « Je salue tous ceux qui sont venus de la brousse, (Ndlr les Gourmantché) », a lancé, le Zitenga Naba, lors de son allocution. En retour, l’un des intervenant gulmance s’est proclamé chef suprême du ‘’Yalmtenga’’, entendez, le Yatenga.

Tout est parti de la création d’une page facebook

D’autres piques comme ‘’la demande du bonnet de Naaba Kiiba en sacrifice’’, ‘’2 000 demandes de naturalisation des Yadcé’’…ont ponctué la cérémonie. Le président de l’ABMBR, Mamoudou Combary, a affirmé que Gulmance et Yadcé forment une même famille qui promeut le ‘’rakiré’’ et la solidarité entre deux groupes et deux régions. Meurtrie par l’incendie qui a ravagé la maternité de Kongoussi, le 20 août 2018, elle a lancé une levée de fonds pour soutenir les populations. « Au terme de l’opération, une somme de 6 059 250 F CFA a été mobilisée et du matériel estimé à 1 638 500 F CFA », a révélé le président Mamoudou Combary. Il a précisé que le beau geste du 26 janvier 2019 consiste à effacer définitivement dans la mémoire, les traces sombres du 20 août 2018. L’ABMBR dont on vante les mérites aujourd’hui est, selon son président, née de la création d’une page facebook, le 13 juillet 2013.

Elle a évolué pour se transformer en association en 2015, avec plus de 44 000 membres à l’intérieur comme à l’extérieur du Burkina qui animent le groupe. Pour Mamoudou Combary, une initiative comme la leur, peut être un exemple pour le Burkina Faso qui a besoin actuellement d’un vivre- ensemble dans l’harmonie. « C’est une valeur culturelle et ancestrale qui nous permet au-delà de la distraction, de construire une société de paix, d’amour, de tolérance et de fonder une cohésion sociale, gage de stabilité », a-t-il souligné. L’occasion a été belle pour lancer une autre levée de fonds pour 2020 afin de voler au secours des populations de la région de l’Est.

Tielmè Innocent
KAMBIRE

Le maïs et le niébé vulgarisés dans quatre régions

L’Association burkinabè d’action communautaire (ABAC) a lancé officiellement, un projet de renforcement des services de vulgarisation pour améliorer la productivité des chaînes de valeur du maïs et du niébé et les revenus des parties prenantes dans les régions du Centre-Ouest, de la Boucle du Mouhoun, des Hauts-Bassins et des Cascades, le mardi 29 janvier 2019, à Koudougou.

La mise en œuvre du projet de renforcement des services de vulgarisation pour améliorer la productivité des chaînes de valeur du maïs et du niébé et les revenus des parties prenantes dans les régions du Centre-Ouest, de la Boucle du Mouhoun, des Hauts-Bassins et des Cascades est prévue pour une durée de trois ans. Le projet est exécuté par l’Association burkinabè d’action communautaire (ABAC), en collaboration avec la Direction générale des productions végétales (DGPV), les sociétés semencières KAWORO et MOBIPOMPE SARL.

Il se fixe pour objectif global de soutenir le gouvernement à pleinement intégrer une approche de vulgarisation s’appuyant sur les animateurs communautaires, afin de permettre aux agriculteurs d’accroître leur productivité, tout en s’assurant que ceux-ci sont connectés aux marchés des intrants et des produits. Le lancement du projet est intervenu le mardi 29 janvier 2019 à Koudougou. Il s’est agi au cours de cet atelier technique de lancement du projet, d’examiner et d’intégrer l’approche de vulgarisation basée sur les conseillers communautaires dans les stratégies et politiques du Burkina Faso en matière de vulgarisations aux niveaux national et régional.

En d’autres termes, cela va permettre, entre autres, de consolider le dispositif actuel et assurer un conseil de proximité aux producteurs, d’accroître la disponibilité des variétés de semences de haute qualité, de développer des modules de formation au profit des agents de vulgarisation et la formation des Conseillers communautaires (CC), de renforcer le réseau des CC dans les régions du Centre-Ouest, de la Boucle du Mouhoun, des Hauts-Bassins et des Cascades.

Coût du projet, 1,5 milliard FCFA

Pour le président de l’ABAC, Guillaume Badoua, le projet va coûter 1,5 milliard F CFA et prévoit l’identification des maîtres- formateurs qui seront outillés et chargés par la suite de sélectionner et de former les CC. Selon lui, la spécificité du projet est qu’il privilégie l’implication du genre, notamment les femmes et les jeunes. Pour le secrétaire général de la région du Centre-Ouest, Daouda Traoré, cette mise en œuvre du projet va contribuer à renforcer les capacités de résilience des populations bénéficiaires à travers un meilleur accès aux services de vulgarisation agricole. Toute chose qui, selon lui, est indispensable à l’amélioration de leurs conditions de vie dans un contexte de changement climatique aux effets pervers et récurrents.

Le représentant du ministère en charge de l’agriculture, Moussa Ouattara, a expliqué que le choix des deux filières concernées (maïs et niébé) est lié à leur productivité et à leur valeur commerciale. Il a indiqué qu’au regard des résultats qui seront obtenus, il est possible que le projet soit étendu à d’autres régions ou qu’il soit reconduit. Quant au représentant de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), Jules Somé, il a expliqué que sa structure veut insuffler une dynamique de révolution agricole propre à l’Afrique, en aidant le ministère de l’Agriculture à disséminer les nouvelles variétés de maïs et de niébé et aussi les techniques de résilience afin que les producteurs puissent être productifs et bien s’adapter au changement climatique. A terme, le projet vise atteindre 300 000 producteurs dans toutes les quatre régions.

François KABORE

Action humanitaire au Burkina : «bon niveau d’interaction» entre Croix-Rouge et autorités

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu le mardi 29 janvier 2019 à Ouagadougou, une délégation régionale du Comité international de la Croix-Rouge basée à Abidjan en Côte d’Ivoire.

Il y a un «bon niveau d’interaction» entre les équipes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les autorités burkinabè pour apporter de l’aide humanitaire aux populations qui en ont besoin. C’est le message qu’une équipe de la délégation régionale du CICR basée à Abidjan en Côte d’ Ivoire a exprimé au Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, au cours d’une audience, le mardi 29 janvier 2019. Aux dires du chef de la délégation, Christian Cardon de Lichtbuer, la visite a été l’occasion de présenter au chef de l’Etat, l’importance des actions du Comité au Burkina Faso et en particulier de rappeler la volonté du CICR d’être aux côtés des populations affectées dans les différentes zones les plus sensibles du pays.

«La rencontre avec le président a confirmé le bon niveau d’interaction que le CICR a pu avoir au cours des années passées et surtout durant ces derniers mois avec les autorités burkinabè et tous les acteurs sur le terrain, que ce soit à Ouagadougou, au Nord et à l’Est du pays.», s’est réjoui le responsable régional. Et de souligner que cela est fondamental pour permettre au CICR de mieux coordonner les actions humanitaires.

Jean Philibert SOME

Transferts monétaires aux personnes vulnérables : les acteurs veulent harmoniser les approches

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) organise, les 29 et 30 janvier 2019 à Ouagadougou, un atelier de validation de l’étude sur l’harmonisation des approches en matière de transferts monétaires au Burkina Faso. L’approbation de l’étude devrait permettre aux acteurs intervenant dans l’assistance humanitaire d’avoir des approches harmonisées sur les transferts monétaires.

Les acteurs du domaine de la protection sociale en termes de transferts monétaires au Burkina Faso dont les ONG, les bailleurs de fonds et l’Etat, devraient, désormais, avoir des standards minimums d’approches. Au cours d’un atelier, qui se tient les 29 et 30 janvier 2019 à Ouagadougou et organisé par le Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le document provisoire sur l’harmonisation des approches en matière de transferts monétaires est soumis à validation à une quarantaine de participants. Selon le président du groupe technique de travail sur les transferts monétaires, Jonas Soubeiga, l’assistance aux personnes vulnérables peut consister en un don de nourriture directement ou à travers des coupons à échanger mais aussi du cash afin de répondre à un certain nombre de besoins.

«Ce sont des actions qui accompagnent la lutte contre la pauvreté. Les transferts monétaires sont efficients et permettent de respecter la dignité des bénéficiaires, d’accéder à des produits dont la distribution peut être difficile. Nous pensons que c’est une modalité qui est efficace, surtout dans le contexte de développement mais aussi de plus en plus dans les urgences», a expliqué Jonas Soubeiga.

Une recommandation des acteurs

A l’écouter, l’avantage de cette assistance est qu’elle développe l’économie locale et permet aux petits commerçants et agriculteurs ainsi qu’aux ménages, d’avoir un pouvoir d’achat, quand les marchés sont fonctionnels.
Le représentant de la FAO au Burkina Faso, Lotfi Allal, a rappelé que son organisation, au regard de la récurrence des crises alimentaires et nutritionnelles et au nombre de plus en plus croissant de réfugiés, a renforcé ses actions dans l’assistance humanitaire en lien avec les transferts monétaires.

«Elle a ainsi développé non seulement des référentiels et des directives en la matière et mis en œuvre plusieurs projets et programmes de développement sur le terrain. Conformément à son mandat et à son objectif stratégique 5, la FAO a toujours été présente dans le dialogue national sur les questions de protection sociale et de transferts monétaires», a soutenu le représentant de la FAO au pays des Hommes intègres. C’est pourquoi, il a laissé entendre que les résultats de l’étude donneront au gouvernement burkinabè, des axes de réflexion pour orienter les futures discussions sur l’harmonisation des approches en matière de transferts monétaires.

«C’est le lieu pour moi de féliciter le comité technique de suivi, sous la coordination du Secrétariat permanent du Conseil national de la protection sociale (SP/CNPS), pour sa contribution à la qualité de l’étude», a lancé, Lotfi Allal.

En rappel, c’est lors d’un atelier national sur l’harmonisation des approches en matière de transferts monétaires en lien avec la protection sociale et la résilience que la FAO en collaboration avec le SP/CNPS et les structures membres du groupe de travail ont recommandé une étude afin d’analyser les alternatives d’harmonisation des programmes de transferts (modalités d’intervention, montant et fréquence des transferts, critères de ciblage, etc.).

Joseph HARO
josephharo4@gmail.com

Procès du putsch : le CDP lave son linge sale en public

L’audition du témoin, Alidou Savadogo, s’est poursuivie, le mardi 29 janvier 2019 au tribunal militaire de Ouagadougou. A sa suite, c’est Noël Sourwèma, un autre témoin, qui a été appelé à la barre. Celui-ci a soutenu que c’est l’accusé Salifou Savadogo, qui l’a instruit de convoquer les militants du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) au rond-point des Martyrs, le 17 septembre 2015.

Dans le témoignage de Alidou Savadogo, il est ressorti qu’il a remis un million F CFA au journaliste Adama Ouédraogo dit Damiss, de la part du général Djibrill Bassolé. Quand le parquet militaire a voulu comprendre les raisons d’un tel don, le conseil de Damiss, Me Stéphane Ouédraogo, a indiqué que la remise de cet argent n’a aucun rapport avec le coup d’Etat. Mais le ministère public a répliqué que quand Damiss s’est présenté à la barre, il était question de sa présence au camp Naaba Koom II au moment des faits et de la rédaction de la déclaration du Conseil national de la démocratie (CND). «Il n’a jamais été question d’un million F CFA reçu du général Bassolé», a-t-il relevé. Quant à Me Guy-Hervé Kam de la partie civile, il a voulu savoir si le témoin Savadogo a échangé avec Nicodème Bassolé le jour de son audition à la gendarmerie, mais celui-ci a dit n’en avoir plus souvenance. Et l’avocat de lui rafraîchir la mémoire en révélant que dans les écoutes téléphoniques, Nicodème Bassolé a instruit le témoin de ne pas signaler qu’il a remis de l’argent à Ismaël Diendéré.

«Je n’ai pas l’intention de mentir. Je ne peux pas me rappeler tous les échanges que j’ai eus avec x ou y», a réagi Alidou Savadogo. Mais Me Kam le trouve amnésique, refusant de répondre exactement aux questions relatives au dossier. Pour lui, les versions du général Bassolé, de Damiss et de M. Savadogo, ne sont pas concordantes. «Il y a quelque chose qu’on veut cacher», s’est convaincu l’avocat. A l’opposé, Me Ouédraogo a souligné que le témoin, que la partie civile cherche à intimider, est constant dans ses propos car ce qu’il a relaté à la barre est conforme à ce qu’il a dit dans son Procès-verbal (PV) d’audition à la gendarmerie. Pour preuve, selon lui, le témoin Savadogo qui était accusé dans le dossier du putsch, a été incarcéré pendant sept mois avant de bénéficier par la suite d’un non-lieu.

A la suite de M. Savadogo, le tribunal militaire a convoqué Noël Sourwèma à la barre. Né en 1957 et fonctionnaire retraité du ministère en charge de la communication, il a aussi comparu en qualité de témoin. Après sa prestation de serment, il a relaté ce qu’il a vécu le 16 septembre 2015 et jours suivants. A l’entendre, le 16 septembre, lui et ses camarades politiques étaient en réunion au siège de leur parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) quand ils ont appris l’arrestation des autorités de la Transition et l’instauration d’un couvre-feu. Très vite, chacun a rejoint son domicile, selon ses propos. «Arrivé à la maison, Salifou Savadogo m’a instruit de convoquer les camarades des différentes structures pour une rencontre le lendemain au rond-point des Martyrs», a précisé le Secrétaire général (SG) de la section provinciale du CDP au Kadiogo, au moment des faits. Il a souligné être arrivé au rond-point, le 17 septembre, en compagnie de Charles Niodogo mais personne n’y était.

C’est quand il était en train de rebrousser chemin qu’il a reçu un coup de fil de l’ancien député, Salifou Savadogo qui lui disait de revenir. De retour au rond-point, selon ses propos, M. Savadogo lui aurait demandé de rester sur place avec une quarantaine de camarades. Mais à écouter M. Sourwèma, une altercation entre certains de leurs éléments et d’autres jeunes manifestants l’ont poussé à rentrer chez lui. Le 18 septembre, le témoin a mentionné que des manifestations l’ont contraint à quitter son domicile pour se réfugier chez son fils. Arrêté par la suite et écroué à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), M. Sourwèma a indiqué qu’il a été blanchi du dossier du putsch mais cité comme témoin.

Contradictions entre camarades politiques

Il a surtout relevé que quand il était à la MACO, il a reçu une délégation de députés de son parti dont Salifou Savadogo qui lui a glissé une enveloppe de 500 mille FCFA. Cet argent devrait être réparti entre dix détenus du CDP, y compris ceux qui n’avaient aucun lien avec le coup d’Etat. «A mon retour chez moi, il est venu me voir et il m’a remis encore 200 mille FCFA», a ajouté le témoin. Il a aussi informé que M. Savadogo a cherché à savoir le contenu de ses dépositions à la gendarmerie et au Tribunal de grande instance (TGI) afin de s’y conformer et ne pas faire crouler leur parti.

Répondant au parquet, le témoin a insisté sur le fait que la mobilisation des camarades au rond-point n’a jamais été sa propre initiative mais celle de Salifou Savadogo. Il a même signalé que l’argent aurait circulé au lieu du rassemblement, car des camarades lui ont dit qu’ils ont reçu 500 mille FCFA de M. Savadogo pour sécuriser les domiciles des responsables du parti. Concernant la remise des sommes d’argent au témoin par M. Savadogo, les parquetiers ont parlé «d’achat de son silence». «Ça peut être interprété comme un achat de conscience mais j’estime que c’est une contribution de sa part pour tout ce que j’ai subi», a relativisé Noël Sourwèma.

Pour répondre aux propos du témoin, l’accusé Salifou Savadogo a été rappelé à la barre. Celui-ci a rejeté en bloc les déclarations de M. Sourwèma à son encontre. Il a maintenu que la convocation des camarades au rond-point est sur initiative de la section du CDP au Kadiogo dont Noël Sourwèma était le SG. «Si c’était mon initiative, on allait se rencontrer au siège du parti ou ailleurs et non au rond-point. C’est Salifou qui a échangé avec les camarades et c’est lui qui leur a distribué de l’argent», a rétorqué le témoin. Mais M. Savadogo a dit avoir parcouru les PV du témoin Sourwèma dans lesquels il n’a pas évoqué la réunion du 16 septembre pendant laquelle il a aussi reçu de l’argent. «Il en a parlé que lors des confrontations», a-t-il mentionné, avant d’y voir des contrevérités dans les dépositions du témoin qui cache une fuite de responsabilité. Pour les 500 mille FCFA, il a dit les avoir remis par modestie aux camarades en difficultés, car il était le seul député du CDP au Kadiogo. «Je ne voulais pas soudoyer quelqu’un», a rectifié M. Savadogo, avant de noter une volonté manifeste de M. Sourwèma de plonger un camarade politique.
L’audience reprend ce mercredi 30 janvier à 9h.

Mady KABRE

Pouytenga : les stations-services en péril

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Pouytenga : les stations-services en péril
Kantigui, qui a l’oreille partout, a appris que les gestionnaires des stations-services de Pouytenga, dans la région du Centre-Est, vivent une crise sans précédent. En effet, selon la source de Kantigui, les intéressés sont confrontés à une mévente sans précédent de carburant. La cause de leur malheur, l’essence de la fraude qui entrerait en grande quantité dans la ville. Transporté dans de gros fûts et des camions- remorques dix-tonnes, le carburant trafiqué, a-t-on expliqué à Kantigui, traverserait au moins cinq postes de douane depuis Nadiagou. Ce qui amène les victimes à penser à une complicité qui ne dit pas son nom. Le carburant fraudé se vendrait à 450 ou 500 F CFA le litre, tandis que dans les stations-services le litre se négocierait à 650 F CFA pour la même quantité. Avec cette situation de concurrence déloyale apparente, Kantigui note avec désarroi que les propriétaires de stations à essence sont à bout de souffle et songeraient à fermer boutique les prochains jours si rien n’est fait.

Le chroniqeur du vendredi de Sidwaya dédicace son 1er roman
Kantigui rappelle aux fidèles lecteurs de Sidwaya que le célèbre chroniqueur du vendredi, Clément Zongo, organise la dédicace de son tout premier roman « Moah, le fils de la folle », le samedi 2 février 2019 à 9 heures précises dans la salle du CENASA à Ouagadougou. La cérémonie sera parrainée par le directeur de cabinet du Ministre en charge de l’action sociale et de la solidarité nationale, Pierre Anselme Nikiéma. De ce que Kantigui sait, l’œuvre sera présentée au public par le Pr Yves Dakuyo, professeur de sémiotique à l’Université Joseph-Ki-Zerbo Ouaga 1. « Moah, le fils de la folle » a remporté le Premier prix du Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL) de la Semaine nationale de la culture (SNC) 2018. Kantigui invite les fidèles lecteurs de Sidwaya à se procurer cet ouvrage au prix de 5000 francs CFA dans les librairies habituelles de la capitale. L’auteur, l’un des lauréats du concours de nouvelles organisé par la FILO en 2015, prévoit également dans la foulée, mettre à la disposition des lecteurs un recueil au coût unitaire de 3000 francs CFA.

Le départ du bataillon Badenya 7 retardé
Dans ses pérégrinations, Kantigui a été informé du report à une date ultérieure du déploiement du Bataillon Badenya 7 dans la région de Tombouctou au Mali. En effet, ce groupe de plusieurs centaines d’éléments a fini depuis peu sa formation de prédéploiement et devrait être d’abord être projeté sur le front interne pour les besoins de la défense et de l’intégrité territoriale du pays, avant de décoller et prêter ses services à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA). Kantigui s’interroge si ce retard n’est pas lié à la situation sécuritaire interne, qui est des plus préoccupantes.

Nouveau conclave du G5 Sahel
Toujours informé des nouvelles de la cité, Kantigui a appris que Ouagadougou va abriter, le 5 février 2019, la 5e conférence des chefs d’Etat du G5 Sahel, à savoir ceux de la Mauritanie, du Mali, du Tchad, du Burkina Faso et du Niger. Cette rencontre de haut niveau consécutive à celles de N’Djamena en novembre 2015, de Bamako en février 2017 et Niamey en février 2018, devra être précédée d’une réunion préparatoire des ministres de l’espace concerné. La conférence, d’après les informations en possession de Kantigui, devra permettre aux dirigeants de mieux fédérer les efforts pour faire du G5 Sahel, un espace économiquement intégré, socialement prospère, culturellement riche, où la sécurité et la paix règnent durablement. Il sera surtout question de l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel très attendue. Kantigui note que de grandes orientations et options stratégiques devraient sortir de cette conférence et que le Burkina prendra la présidence en exercice du G5 Sahel, organisation qui s’est fixé pour ultime objectif de répondre aux préoccupations sécuritaires des pays- membres. Kantigui espère donc de ce conclave qu’il serve la lutte contre le terrorisme, phénomène qui prend des proportions inquiétantes au Sahel.

Kantigui
kantigui2000@gmail.com
(00226) 25 31 22 89

PNGT2 : les bénéficiaires demandent la poursuite du programme

Le colloque sur les résultats du deuxième Programme national de gestion des terroirs (PNGT2) a refermé ses portes hier, mardi 29 janvier 2019 à Ouagadougou avec à la clé, plusieurs recommandations pour la consolidation des acquis engrangés.

Les acteurs des collectivités locales et régionales ont promis de consolider les acquis du PNGT2.

Après deux jours de réflexion, les acteurs de mise en œuvre et les bénéficiaires du deuxième Programme national de gestion des terroirs (PNGT2) sont parvenus à la conclusion que l’approche holistique et endogène en matière de développement local utilisée par le programme a été salutaire pour les communes et régions du Burkina Faso. Présents à Ouagadougou les 28 et 29 janvier 2019 pour le colloque sur les résultats du PNGT2 dont la clôture est intervenue le 31 décembre 2018, les participants ont tous été unanimes sur les impacts positifs des infrastructures socioéconomiques réalisés à travers le pays, mais surtout du renforcement des capacités des collectivités locales pour prendre en main leur développement.

Au regard de ces acquis, les 300 participants du colloque ont recommandé au gouvernement, la mise en place d’un autre programme de consolidation des capacités des collectivités territoriales en tenant compte des chantiers inachevés, en valorisant le stock de compétences et de connaissances produit par le PNGT2. Ce, dans le cadre des nouveaux référentiels de la décentralisation.

Dans la même lancée, les participants ont relevé la nécessité d’accélérer l’accompagnement des communes pour la sécurisation foncière, la mise au point des outils d’aide à l’analyse de la rentabilité financière des microprojets économiques qui sont censés générer des ressources propres pour les collectivités territoriales.

La Banque mondiale toujours disposée à soutenir la décentralisation

Ils ont aussi suggéré à l’Etat, la formalisation de la fonction de suivi-évaluation et celle de sauvegarde environnementale et sociale au niveau des communes pour la sauvegarde de la paix. Il en est de même pour la prise en compte de la frange la plus pauvre de la population « qui semble avoir été faiblement impactée par les actions du programme ». Tous ces souhaits seront pris en compte, foi du gouverneur de la région du Centre, Sibiri De Issa Ouédraogo, représentant le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles.

«Le gouvernement prend l’engagement d’approcher la Banque mondiale et d’autres partenaires pour négocier un accompagnement dans la perspective de répondre aux sollicitations légitimes des collectivités territoriales », a-t-il assuré. Pour lui, les résultats du colloque confirment la pertinence du PNGT2 et son importance dans l’accompagnement des communautés locales sur le chemin du développement rural décentralisé. C’est pourquoi, il s’est dit optimiste quant à la mise en place diligente d’un instrument « au moins aussi pertinent et performant » capable de répondre aux attentes des bénéficiaires pour suppléer le PNGT2.

Mais en attendant, il a invité les bénéficiaires à valoriser les acquis engrangés pour continuer de transformer qualitativement les mentalités, les perceptions et surtout la confiance en soi des acteurs pour la prise en main de leur développement. Formulant le même conseil, le chef de projet à la Banque mondiale, Elysée Ouédraogo a assuré que son institution reste engagée à accompagner le Burkina Faso pour la consolidation de la décentralisation.

Eliane SOME
elianesome4@gmail.com