Crise de l’éducation : des élèves, en médiateurs entre protagonistes

Les délégués des élèves des différents établissements d’enseignement secondaire, public et privé, ont organisé, le mercredi 23 janvier 2019, une rencontre d’échanges sur le bras de fer qui oppose le syndicat de l’éducation au gouvernement. A ce conclave, parents d’élèves, syndicats, autorités administratives, coutumières et religieuses, étaient représentés.

Les élèves des établissements d’enseignement secondaire, public et privé, de Fada N’Gourma sont en quête de solutions à la crise qui prévaut dans le secteur éducatif burkinabè. Après une grève de 72 heures qui s’est achevée, ce mercredi 23 janvier 2019, ils ont réuni autour de la même table les syndicats, les parents d’élèves et les autorités administratives, coutumières et religieuses.

Le secrétaire général de la coordination des élèves de la région de l’Est : « Dans cette crise, nous sommes les grands perdants ».

A quel stade les négociations sont-elles pour la reprise des évaluations et du traitement des dossiers pour les examens de fin d’année ? A quand la réouverture des écoles fermées du fait de l’insécurité ? Quel sort est-il réservé aux élèves ? Ce sont autant de questionnements émis, d’entrée, par le porte-parole des délégués des élèves de Fada N’Gourma, Josias Thiombiano. A sa suite, les parties prenantes ont, tour à tour, donné leur lecture de la crise que traverse l’éducation. Le représentant du haut-commissaire du Gourma, Gontran Kagambeiga, s’est dit préoccupé par la tournure que prend la crise. Pour lui, le seul moyen responsable et efficace pour une issue heureuse, c’est le dialogue. A ce propos, le représentant du maire de la commune de Fada N’Gourma, Inoussa Pélédé, a félicité les élèves qui ont eu l’idée de rassembler les différents responsables et les syndicats pour trouver des solutions à la crise. Il a rassuré les élèves que des négociations sont en cours en vue d’une normalisation de l’année scolaire.

Reprise effectif des cours ce jeudi

Malheureusement, s’est insurgé le coordonnateur régional des syndicats de l’éducation de l’Est, Issa Kientega, ces négociations patinent et ne présagent rien de bon. Néanmoins, M. Kientega s’est voulu optimiste. « L’année scolaire n’aura pas une couleur blanche. Elle peut être sauvée à condition que le gouvernement respecte ses engagements », a-t-il affirmé. En attendant une résolution définitive, certains responsables d’établissement d’enseignement privé ont souhaité la reprise des évaluations et du traitement des dossiers pour les examens de fin d’année. Offre déclinée par les représentants des syndicats qui brandissent l’argument d’appartenir à une structure d’envergure nationale, habilitée à prendre les décisions.

En d’autres termes, il n’est pas question pour la coordination régionale de se soustraire des mots d’ordre lancés par la hiérarchie syndicale. Pour le coordonnateur régional des associations des parents d’élèves de l’Est, Laurent Thiombiano, vu les circonstances, chaque partie doit mettre de l’eau dans son vin. « Nous invitons le gouvernement à respecter sa parole donnée et les syndicats à mettre en avant les intérêts de nos enfants que nous leur avons confiés », a-t-il lancé. Dans tous les cas, pour sauver l’année scolaire, il faut vite reprendre les évaluations, a soutenu le vice-président de la communauté musulmane de Fada N’Gourma, Aboubacar Combari. « Nous demandons aux élèves de reprendre les cours, le temps qu’ensemble nous trouvions la solution », a-t-il dit. D’ores et déjà, le porte-parole des délégués des élèves de Fada N’Gourma, Josias Thiombiano, a annoncé la reprise effective des cours, ce jeudi 24 janvier 2019.

Un goût d’inachevé

Emerveillé par l’idée de réunir les acteurs pour la cause de l’éducation, Adolph Tankoano, membre de la coordination régionale des syndicats de l’éducation, a salué la maturité d’esprit des « enfants » qui ont, ainsi, démontré qu’ils sont conscients des enjeux de la crise. Par ailleurs, il les a exhortés à demeurer irréprochables et à toujours cultiver le civisme dans leurs milieux respectifs.

Au terme des échanges, le coordonnateur régional des syndicats de l’éducation de l’Est, Issa Kientega, a dit resté sur sa soif. « Nous considérons que la rencontre a été boycottée par les autorités administratives qui se sont faites représentées », a-t-il déploré. La session a même failli tourner court à la suite d’une « pique » venue du camp des représentants des autorités administratives. « Selon eux, il n’est pas question que les autorités, elles-mêmes, s’asseyent sur la même table avec les élèves pour parler de la crise. Cela prouve qu’ils n’ont pas la volonté de résoudre le problème », a expliqué M. Kientega.

Joanny SOW

Elargissement des opportunités d’affaires : les portes du Maroc et de la France s’ouvrent aux Burkinabè

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), Mahamadi Sawadogo et son homologue de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM), Philippe-Edern Klein, ont signé une convention de partage d’expérience et d’expertise, le mardi 22 janvier 2019 à Ouagadougou.

Les hommes d’affaires burkinabè et marocains peuvent, désormais partager leur expérience et expertise. En effet, la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) et la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM) ont signé, le mardi 22 janvier 2019, une convention de partenariat. Pour le premier vice-président de la CCI-BF, Mamady Sanoh, la conclusion de cet accord va ouvrir de nouvelles perspectives aux hommes d’affaires de part et d’autre et contribuer au renforcement de la coopération économique des deux pays. Il va porter sur la formation, a-t-il ajouté, l’appui-conseil, l’insertion professionnelle, la gestion des infrastructures et la promotion des relations économiques, entre autres. Dans une brève présentation de son institution à ses hôtes, Mamady Sanoh a dit que la CCI-BF est l’une des plus anciennes institutions du Burkina Faso, porte-parole du monde des affaires auprès des pouvoirs publics.

L’échange des documents entre les deux présidents a officialisé le partenariat avec la possibilité de création d’une école française des affaires au Burkina.

« Elle offre une gamme étendue de services spécialisés concrets qui concourent à la promotion des milieux d’affaires dans un environnement propice à l’initiative privée », a-t-il précisé. Après lui, le président de la CFCIM, Philippe-Edern Klein et le directeur du pôle enseignement et formation sur le campus de formation, Mounir Ferram ont aussi présenté leur institution. «La CFCIM, a révélé M. Ferram, est une association privée à but non lucratif du droit marocain avec des missions portées au quotidien par 100 collaborateurs au service de plus de 4 000 entreprises adhérentes». Dans un environnement de plus en plus mondialisé et soumis à des pressions très fortes, il a fait savoir que la CFCIM permet aux entreprises de répondre aux exigences, en termes de performance et d’innovation.

Un cadre de partage d’expériences et d’expertises

Selon le président de la CCI-BF, Mahamadi Sawadogo, les premiers contacts avec les responsables de la CFCIM datent de 2017, à la faveur d’une mission au Maroc avec le président du Faso. A son avis, ils ont été séduits par la qualité du travail de leurs pairs après les visites et les échanges. «Nous avons envoyé une équipe en 2018, a-t-il poursuivi, pour nous rapprocher davantage et entreprendre les négociations ». Si la CCI-BF a soufflé ses 70 bougies l’année dernière, la CFCIM a aujourd’hui 105 ans.

C’est pourquoi aux yeux de Mahamadi Sawadogo, lui et ses collaborateurs ont beaucoup à apprendre de leurs partenaires de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc. Cela d’autant plus que cette institution dispose d’un centre de formation pour plus de 30 000 entreprises en moyenne par an. Par ailleurs, M. Sawadogo est convaincu que ce partenariat, est une occasion de facilitation de l’obtention des visas d’affaires en direction de la France. Toute chose qui va aider les opérateurs économiques burkinabè dans leurs déplacements et leur permettre de mieux faire leurs affaires.

Le président de la CFCIM, Philippe Edern Klein, a analysé cet accord sous l’angle d’un rapprochement entre le Burkina Faso et le Maroc. Mieux, il sera un soutien pour les deux chambres de commerce qui ont pour vocation d’aider les entreprises et leurs adhérents à performer. Bien que sa structure soit plus ancienne, il dit vouloir accompagner la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso certes, mais aussi profiter de son expertise. Et la convention va, à l’en croire, accompagner les entreprises burkinabè et favoriser les adhérents, leur permettre, par la formation, de faire du commerce avec le Maroc.

C’est également, une façon d’entretenir des relations bilatérales et travailler à ce que les deux pays se développent mutuellement. « Nous allons pouvoir faire beaucoup de choses au service des adhérents et de nos entreprises et réduire le chômage », a assuré Philippe-Edern Klein.

Tielmè Innocent
KAMBIRE

Procès du putsch : «Koussoubé n’a pas dit le 10e de ce qu’il sait», Me Sandwidi

A son 2e jour de son audition complémentaire, le mercredi 23 janvier 2019 au tribunal militaire, le sergent-chef Roger Koussoubé a révélé que l’adjudant Jean Florent Nion a un goût immodéré. Quant au caporal Sami Da, il a contredit ses déclarations lors de sa 1re audition, tenue le 3 juillet 2019.

A la reprise de l’audience le mercredi 23 janvier 2019, le sergent-chef Roger Koussoubé avait pris la résolution de ne pas répondre aux questions de Me Adrien Nion, l’avocat de l’adjudant Jean Florent Nion. Mais les salves de l’avocat ont fini par avoir raison de sa réserve. «Ton client ne t’a pas dit la vérité (…) Si vous ne connaissez pas l’adjudant Nion, moi je le connais. Il peut tuer quelqu’un à cause de l’argent.

C’est leur affaire d’argent qui nous a amenés ici », a rétorqué l’accusé. Le sergent-chef Roger Koussoubé révèlera plusieurs affaires démontrant la duplicité de son coaccusé Jean Florent Nion et subsidiairement l’adjudant-chef major Eloi Badiel. Le chef Koussoubé a sorti ses «vérités» sur ses deux coaccusés à la suite des propos de Me Nion, l’accusant de «félonie». En effet, l’avocat a fait remarquer au tribunal que l’argument de l’accusé Koussoubé, tendant à faire croire qu’il s’est rendu à la radio Savane FM le 18 septembre par simple curiosité, n’est que de la poudre aux yeux. Il a, en outre indiqué que Koussoubé occupait une villa présidentielle, qu’il a demandé de l’argent au général Gilbert Diendéré pour mettre sa famille à l’abri. Il a reçu 8 millions francs CFA pendant la Transition et en Côte d’Ivoire, il distribuait de l’argent aux ex-RSP qui s’y trouvaient. «L’attitude de Koussoubé, en droit est qualifiée de félonie, de trahison … Badiel et Nion ont choisi d’assumer. Lui, il a choisi de fuir. Monsieur Koussoubé, il est temps de vous ressaisir», a tonné l’avocat.

Mais Me Alexandre Sandwidi, l’un des conseils de Koussoubé ne verra dans ces développements que de la conjecture. Il insistera à dire qu’aucun fait ne lie son client au général Diendéré, ni à aucun acte matériel du coup d’Etat. «Le général n’a pas pu envoyer Koussoubé d’aller instruire Badiel de faire un coup d’Etat parce que cela ne s’est pas accompagné du modus operandi », a-t-il assuré. Selon Me Sandwidi, l’accusé n’a pas dit le dixièmee de tout ce qu’il aurait pu dire dans cette procédure, parce que «dans le box des accusés, chacun fait dans la retenue et le curseur monte en fonction de la température». Par ailleurs, face à Me Latif Dabo, membre du conseil du général Diendéré, le sergent-chef dit «Le Touareg», a précisé que de 1997, année où il a intégré l’ex régiment de sécurité présidentielle, jusqu’à sa dissolution, il n’a jamais communiqué avec le général. «C’est au cours de ce procès que nous autres pouvons nous approcher de lui. Je n’ai jamais eu la chance de travailler avec lui», a-t-il soutenu.

Contradictions entre le caporal et son chef

L’instruction complémentaire du caporal Sami Da a porté essentiellement sur sa présence lors de l’arrestation des autorités à la porte de la salle du Conseil des ministres le 16 septembre 2015, celle dans la salle de réunion avec les officiers supérieurs et la somme d’argent reçue de la part de l’ex-Premier ministre, Isaac Zida, après avoir déjoué un coup d’Etat le 8 juillet 2018, selon lui. Alors que dans son audition du 8 juillet 2018, l’accusé avait souligné avoir vu le major Badiel Eloi au moment des faits pendant qu’il était arrêté à la porte. Hier, celui-ci a fait volte-face. « Au moment des faits, je suis resté sous le hall de la Présidence du Faso », a-t-il insisté. Pourtant, l’adjudant Jean Florent Nion, dans son interrogatoire, a confirmé l’avoir vu en ces lieux ?, a fait observer le parquet militaire.

En ce qui concerne sa présence dans la salle de réunion avec les officiers supérieurs, l’accusé a soutenu n’avoir pas mis pied dans cette salle. «Je suis resté au secrétariat du poste de commandement et je n’ai jamais intimidé un officier avec une arme», a-t-il ajouté. Et son avocat Me Antoinette Boussim de renchérir que son client n’est qu’un caporal. Alors comment pourrait-il intimidé plusieurs officiers supérieurs sachant bien qu’ils sont eux aussi armés. Par contre, le prévenu a reconnu avoir reçu la somme de 6 millions FCFA du capitaine Flavien Kaboré de la part de l’ex-Premier ministre Isaac Zida. Une version qui vient en contradiction avec celui de son supérieur hiérarchique, le sergent-chef, Roger Koussoubé. Celui-ci a affirmé avoir reçu la somme de 8 millions de Zida et c’est l’accusé qui l’a remis en main propre. Est-ce donc de la même somme dont on parle ou existe-t-il deux circonstances ?, s’est demandé Me Adrien Nion de la défense. «Je ne vais pas contredire mon supérieur. Pour ma part, j’ai reçu 6 millions FCFA, laquelle somme que j’ai présentée à mon chef », a répliqué l’accusé. Pour Me Nion, c’est une discordance qui montre que certains accusés ont «des troubles de mémoire» et ne diraient pas ce qui s’est réellement passé. Mais, c’est au tribunal d’en juger. Et Me Seraphin Somé, avocat de la partie civile, de qualifier l’accusé de « cube magie ».

«Il mange à tous les râteliers », a-t-il indiqué. Cependant pour Me Boussim, cette instruction complémentaire n’est qu’une nouvelle audition des accusés au lieu de chercher à éclairer des zones d’ombres. « On ne peut pas mobiliser autant de ressources et de personnes pour que le parquet cherche à faire tomber le général Diendéré. Mon client est resté assez constant dans ses déclarations et c’est sur cette base qu’il doit être jugé. Il a exécuté un ordre de son chef », a-t-il laissé entendre.
Alors, est-ce que rester à la disposition du général, être sous le hall de la Présidence ou avoir reçu de l’argent est un crime ?, s’est demandée l’avocate. « Il n’y a véritablement pas de contradiction qui puisse servir la cause de quelqu’un. Chacun doit s’en tenir à ce qu’il fait », a souligné Me Alexandre Sandwidi. A la fin de son audition, le caporal a, par ailleurs, regretté n’avoir pas pu déjouer ce coup d’Etat manqué.

« Si j’avais pu le déjouer, on n’allait pas dissoudre le RSP et il n’y aurait pas de morts encore moins des blessés. Quand viendra le moment des délibérations, vous en tiendrez compte monsieur le président », a-t-il conclu. Le procès reprend le vendredi 25 janvier 2019 avec l’audition de l’accusé Mohamed Laoko Zerbo.

Fabé Mamadou OUATTARA
& Fleur BIRBA

 

Nomination d’un nouveau Premier ministre : ce qu’en pensent des Burkinabè de Côte d’Ivoire

Les Burkinabè vivant en Côte d’Ivoire suivent avec intérêt, l’évolution de la situation politique au pays. Certains d’entre eux, rencontrés les 22 et 23 janvier 2019 à Abidjan, réagissent à la nomination du nouveau Premier ministre, Christophe Dabiré, dans les lignes qui suivent.

Massemadou Zabré, président de la jeunesse de la section Côte d’Ivoire du MPP : « mon souhait est qu’il puisse relever le défi sécuritaire »
« Je suis très heureux de savoir que le président Roch Marc Christian Kaboré a fait confiance à un économiste qui a été deux fois ministre. C’est dire qu’il connaît bien le pays et ses problèmes. Et l’administration étant une continuité, il va poursuivre l’œuvre de son prédécesseur. Mon souhait est que le nouveau Premier ministre puisse relever le défi sécuritaire au Burkina. Les attaques terroristes perpétrées çà et là nous inquiètent beaucoup. Je compte également sur lui, pour faire bouger les lignes sur le plan économique et social. Qu’il puisse relever le niveau de l’économie nationale, surtout qu’on enttend des plaintes relatives à la morosité de l’activité économique ».

Augustin Ouédraogo, président de la Coalition des mouvements et associations burkinabè en Côte d’Ivoire (COMABCI) : «Nous attendons de le voir à l’œuvre»
« Le choix de Christophe Dabiré comme Premier ministre est pertinent. Quand on parcourt son CV, on s’aperçoit que c’est un homme d’expérience. Et comme disent les empiristes, toute connaissance dérive de l’expérience. Avec celle déjà acquise au gouvernement et au sein de l’UEMOA, il peut répondre aux attentes des populations, surtout sur les plans économique et social. Mais sur le volet sécurité, le plus préoccupant, il y a un peu de doute. Ce n’est pas un spécialiste des questions sécuritaires, mais nous osons espérer qu’il va améliorer les conditions de vie des populations. De nos jours, nous ne sommes plus dans un combat économique au Burkina, mais militaire. Tout de même, nous attendons de voir le nouveau Premier ministre à l’œuvre pour véritablement le juger ».

Ali Rouamba, chef central des Burkinabè de la commune de Koumassi : «qu’il consolide les acquis»
« Il y a toujours eu des changements dans l’administration pour plus d’efficacité. Le Premier ministre sortant, Paul Kaba Thiéba, a engrangé des acquis pour le pays et nous le remercions pour cela. Celui qui vient d’être désigné pour le remplacer est un homme d’expérience et de sagesse, vu son âge. Je ne le connais pas personnellement, mais je lui fais confiance pour conduire l’action gouvernementale avec succès. Mon souhait est qu’il consolide les acquis et en ajoute d’autres, pour le bonheur des Burkinabè ».
Pascal Yelkouni, responsable CDP à Koumassi : «il devra faire des efforts en matière de réconciliation »
« Le nouveau Premier ministre a de l’expérience dans l’administration, si bien qu’il pourrait être d’une grande utilité pour le pays. Mais à condition qu’il arrive à mettre sur pied un gouvernement qui va relever les défis du moment. Son prédécesseur a fait ce qu’il pouvait, à lui de poursuivre l’œuvre entamée. Tous les Burkinabè doivent se rassembler autour de lui pour l’avancée du pays. Toutefois, il devra faire des efforts en matière de réconciliation, car ce n’est malheureusement pas une réalité jusque-là. Il serait plus indiqué qu’on choisisse la voie de la réconciliation, au-delà des divergences. Le pays en a besoin, vu l’insécurité qui prévaut actuellement ».

Abdoulaye Daboné, représentant de Naaba Woobgo, président de l’Union des chefs et notables burkinabè en Côte d’Ivoire : « qu’il se mette au travail comme si rien n’était fait »
« La nomination d’un nouveau Premier ministre nous réjouit, car c’est la volonté de Dieu. Nous lui souhaitons une bonne mission et qu’il puisse défendre la cause du pays, dans l’union, l’entente et la paix. Je souhaite que Christophe Dabiré se mette au travail, comme si rien n’était fait. Nous les Burkinabè de Côte d’Ivoire sommes très inquiets de la dégradation de la situation sécuritaire, mais nous espérons que la donne va changer positivement en 2019, avec la volonté divine ».

Salif Kouda, président du Haut conseil des Burkinabè de Côte d’Ivoire(HCBCI) : «Nous espérons qu’il va apporter une solution appropriée au problème d’insécurité»
« Le choix du nouveau Premier ministre est une bonne chose. Je pense que l’heureux élu va travailler à renforcer les acquis et à aller au-delà. C’est un homme expérimenté qui saura servir le pays. Notre souhait est qu’il travaille pour l’avancée du Burkina qui traverse des moments difficiles. La situation sécuritaire est préoccupante avec la montée en puissance du terrorisme, qui est tout de même un phénomène mondial. Nous espérons que Christophe Dabiré va apporter une solution appropriée au problème de l’insécurité».

Propos recueillis par
Kader Patrick KARANTAO
Depuis la Côte d’Ivoire

Le président de l’Assemblée nationale à la RTB : Bala Sakandé promet du matériel et 50 millions F CFA

Le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, a effectué une visite dans les locaux de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), le mardi 22 janvier 2019 à Ouagadougou. Il a encouragé les agents et a pris des engagements dans le sens d’améliorer leurs conditions de travail.

Le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, accompagné d’une forte délégation de parlementaires de la majorité comme de l’opposition, a visité les locaux de la télévision et ceux de la radio nationale burkinabè, dans la matinée du mardi 22 janvier 2019. Des différents services de l’image à ceux du son en passant par les locaux de la radio rurale, le législateur a pu, durant trois heures, toucher du doigt les réalités et les conditions de travail des agents de l’entreprise.

«Je vous félicite sincèrement pour le travail titanesque que vous abattez au quotidien en dépit de l’insuffisance et la vétusté du matériel et l’état de vos locaux», s’est-il adressé aux agents de la RTB. De l’extérieur, a appuyé M. Sakandé, par rapport à ce qui est servi comme produits, l’on croirait que les agents travaillent dans des conditions de «petits bourgeois» alors que la réalité est tout autre. «En tant que député et conscient du rôle important que jouent les médias dans la formation de l’opinion publique et l’enracinement de la démocratie, nous allons œuvrer à mettre la RTB au diapason de l’évolution technologique.

Car, il ne faut pas que ces braves travailleurs soient gagnés par le découragement à cause des difficiles conditions», a-t-il dit. Sur ce, le PAN, a pris l’engagement et a promis de peser de son pouvoir en tant que législateur pour que dans les années à venir, un budget «conséquent» soit alloué à la RTB afin d’améliorer les conditions de travail de ces femmes et hommes de media, partant la faire rayonner davantage dans le paysage médiatique national et international. En attendant la concrétisation de cet engagement, le député a fait la promesse d’offrir cinq cameras et une enveloppe financière de 50 millions francs CFA, des ordinateurs et des tablettes à la télévision nationale, d’ici à la fin de l’année 2019.

Pour ce qui concerne le nouveau siège de la RTB en chantier, M. Sakandé a également affirmé que les députés s’impliqueront pour que le bâtiment voit le jour dans un bref délai. Par ailleurs, le président de l’Assemblée a appelé les journalistes à rester professionnels parce qu’ils sont un maillon important dans la consolidation de la cohésion sociale et la paix. Quant aux directeur général de la RTB, Pascal Thiombiano, il s’est dit très ravi d’avoir accueilli le PAN dans ses locaux. «Cette visite a permis au président de l’Assemblée nationale de s’imprégner de notre quotidien et c’est avec beaucoup de satisfaction que nous l’avons entendu dire qu’il va porter avec nous les grands projets de la RTB, notamment celui du siège, à l’hémicycle», s’est-il réjoui.

Kadi RABO

Marche contre l’incivisme

Par décret présidentiel, Christophe Joseph Marie Dabiré a été nommé, le lundi 21 janvier 2019 comme Premier ministre burkinabè en remplacement de Paul Kaba Thiéba qui a passé trois ans dans la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES). Ce changement «tant souhaité» intervient dans un contexte sécuritaire des moins enviables, une grogne sociale aigüe et surtout un incivisme au-delà de l’entendement. Avec la nomination de Christophe Dabiré, la quasi-totalité des Burkinabè attendent des mesures énergiques pour restaurer l’autorité de l’Etat. Tel le messie, le nouveau Premier ministre est attendu sur tous les fronts, tant les aspirations du Burkina post-insurrectionnel sont grandes. Sauf que la plupart de ses concitoyens ont tendance à oublier qu’ils sont en partie la cause de tous les maux qui les assaillent. En effet, au lieu de se demander ce que l’on peut faire pour le pays, nombre de Burkinabè crient à la misère parce que le gouvernement ne fait rien pour eux. Dans l’inaction, certains œuvrent, peut-être sans le savoir, à saper les efforts consentis par l’exécutif.

Et cela, par les canaux de la cupidité, de l’incivisme, de l’inconscience professionnelle … Combien sommes-nous à respecter des feux tricolores, obligeant l’Etat à déployer des policiers et des Volontaires adjoints de sécurité (VADS) alors qu’ils auraient pu servir ailleurs dans un contexte de lutte antiterroriste ? Combien sommes-nous à refuser de payer les impôts et autres taxes, alors que nous en avons les moyens ? Lesquels impôts et taxes auraient pu servir à renflouer les caisses de l’Etat et des collectivités en vue de réaliser des infrastructures de tous genres à notre profit. Combien sommes-nous, les fonctionnaires à venir sciemment en retard au bureau ou à repartir beaucoup plus tôt, diminuant ainsi notre rendement alors que nous sommes payés pour un travail que nous sommes sensés avoir fait ? Ne sommes-nous pas nombreux à user de notre position dans l’administration ou dans le parti au pouvoir pour jouir indûment des biens publics ? Plusieurs fois, nous avons utilisé la connexion internet que l’Etat a mise à notre disposition pour travailler, afin de dévoiler sans le savoir, les positions de nos Forces de défense et de sécurité (FDS) sur le terrain de la lutte contre le terrorisme.

C’est dire que tant qu’on pense que le changement doit venir de l’autre, le Burkina Faso ne sortira pas de l’auberge. Tant qu’on regardera le «bas peuple» par-dessous ses lunettes, tant que l’exemple ne viendra pas d’en-haut, tant que les corrompus ne seront pas sanctionnés, tant que le civisme sera un vain mot qu’on dénonce et non un comportement, tant qu’on sera « sankariste » dans le « verbe » et non dans les actes, le pays des Hommes dits intègres fera un pas en avant et deux autres en arrière. Les gouvernements et même les régimes peuvent se succéder à volonté, mais cela ne suffira pas à changer la donne tant que le changement ne viendra pas de chaque Burkinabè, et ce, parce qu’aucun pays ne peut se construire dans l’incivisme.

Jean-Marie TOE

Lutte contre le chômage et le sous-emploi: Un projet pour dynamiser des entreprises

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Le ministère de la Jeunesse, de la Formation et de l’Insertion professionnelles, en collaboration avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a officiellement lancé, le mardi 22 janvier 2019 à Ouagadougou, le Projet femmes-jeunes entreprenants et citoyenneté (ProFeJeC).

La problématique de l’insertion professionnelle des jeunes et leur contribution à la vie économique du Burkina Faso se présente comme la plus importante, selon le directeur pays du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Corneille Agossou.

C’est pour relever ce défi que le Projet femmes-jeunes entreprenants et citoyenneté (ProFeJeC) a été mis en place, afin de faire de ces deux franges de la population burkinabè, des entrepreneurs qui réussissent et qui ont un sens assumé de civisme et de citoyenneté. Le lancement dudit projet a eu lieu le 22 janvier 2019 à Ouagadougou.

Pour M. Agossou, la jeunesse est considérée par le PNUD comme une ‘’force positive d’un changement transformationnel». Et dans un monde qui est rythmé par la dynamique de l’innovation et des TIC, à l’entendre, les incubateurs partenaires à ce projet auront la responsabilité de les inclure dans leur offre d’encadrement, en vue de disposer de jeunes entrepreneurs plus compétitifs et en phase avec leur époque.

Le représentant du ministre en charge de la jeunesse, Issouf Traoré, a indiqué qu’une jeunesse disposant d’un emploi, capable de s’assumer économiquement, constituerait une force positive, susceptible de porter les changements décisifs pour le Burkina Faso. «Ce projet va permettre à 100 jeunes et femmes de s’engager dans l’innovation et l’entrepreneuriat, tout en entrainant dans leur sillage, d’autres personnes n’ayant pas eu l’opportunité de bénéficier de cet accompagnement», a-t-il dit.

Les porteurs de projet d’entreprises ont été exhortés à innover davantage, afin de rendre leurs entreprises viables.

Il a ajouté que les objectifs poursuivis par le projet sont de transformer, d’une part, les initiatives de 100 jeunes et femmes utilisateurs des incubateurs des villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso en entreprises opérationnelles et viables ; d’autre part, de promouvoir auprès de ces nouveaux entrepreneurs, les valeurs de la citoyenneté, de civisme et de paix. M. Traoré a fait savoir que le projet a été inspiré de la mise en œuvre de l’initiative YouthConnekt, déjà expérimentée avec succès au Rwanda et a dit espérer qu’il le sera également au pays des Hommes intègres.

Le ProFeJeC, projet pilote d’une durée de deux ans, de l’avis du chargé d’affaires du Grand-Duché de Luxembourg, Max Lamesch, a été financé à hauteur de 1 million 500 mille euros par l’ambassade de son pays et de 381 mille 132 USD par le PNUD.

Afsétou SAWADOGO

Criminalité transnationale: S’attaquer au fléau par le droit international

L’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM), en collaboration avec la fondation René-Cassin, organise, du 21 au 26 janvier 2019 à Ouagadougou, la première session de formation en Droit international. En six jours, les intervenants dans le domaine du droit vont échanger sur « la criminalité transnationale organisée et droit international des droits de l’homme ».

Selon la convention des Nations unies, le crime transnational est «une infraction commise dans plus d’un Etat. En effet, c’est lorsqu’une infraction commise dans un Etat, à une partie substantielle de sa préparation, de sa planification, de sa conduite ou de son contrôle a lieu dans un autre Etat. Aussi elle peut être commise dans un Etat mais implique un groupe criminel organisé qui se livre à des activités criminelles dans plusieurs Etats.

Enfin on peut comprendre par le phénomène, une infraction commise dans un Etat mais qui a des effets dans un autre Etat». Et pour en parler, des magistrats, avocats, forces de l’ordre et universitaires, venus de l’Afrique et d’Europe sont, en conclave, à Ouagadougou, du 21 au 26 janvier 2019, pour partager les connaissances. Une formation initiée par l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM) en collaboration avec la fondation René-Cassin.

Au cours de la session qui porte sur le Droit international les acteurs vont se pencher sur «la criminalité transnationale organisée et droit international des droits de l’homme». Pour la responsable des programmes de la fondation René-Cassin, Muriel Sognibre Sangbana, la criminalité transnationale organisée est un fléau amplifié par la mondialisation et englobe pratiquement toutes les activités criminelles graves.

Ainsi, il s’agit du trafic de drogue, des migrants, d’armes à feu, des produits contrefaits, d’espèces sauvages, de biens culturels, du terrorisme, le blanchiment d’argent etc. Selon elle, la criminalité organisée menace la paix et la sécurité, sape le développement économique, social, culturel et politique, conduit à des violations des droits de l’homme entre autres.  «Chaque année, des millions d’individus sont victimes de criminalité organisée», a-t-elle déploré.

L’éclatement du terrorisme, un vecteur

Mme Sangbana a indiqué que le Sahel africain est en proie à des troubles sécuritaires depuis la guerre libyenne et favorise le fléau. Aussi, le terrorisme au Nord du Mali s’est propagé au reste de l’Afrique de l’Ouest. «La multiplication d’actes terroristes au Mali, en Cote d’Ivoire, au Burkina Faso, au Nigeria, Cameroun et au Tchad sont à la base des trafics criminels», a soutenu la responsable de la fondation René- Cassin.

«La criminalité transnationale organisée est d’actualité et il est très important que nous puissions concevoir et réfléchir pour trouver des solutions», selon le DG de l’ENAM, Awalou Ouédraogo. Mieux, il est convaincu que la session de Ouagadougou va poser les bases d’une vraie lutte du point de vue de la culture du droit international.

«Si elle s’impose par les impératifs sécuritaires et la protection des droits de l’homme, la lutte contre la criminalité transnationale organisée ne peut s’affranchir sans des standards internationaux des droits de l’homme et du droit humanitaire», a confié Muriel Sognibre Sangbana. Et à travers un programme de cours thématiques qui seront dispensés par des universitaires burkinabè, africains et européens, les acteurs entendent relever le défi. Pendant une semaine sur une vingtaine de thèmes, il va s’agir de trouver les instruments et mécanismes internationaux en matière de lutte contre la prolifération et le trafic d’outils interdits par la loi.

Mariam OUEDRAOGO
mesmira14@gmail.com

Journée communautaire de loisir: Pour la cohésion sociale et la paix au Burkina Faso

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La direction générale des loisirs a organisé, le dimanche dernier à l’Institut des sciences du sport et du développement humain (ISSDH), une journée communautaire pour la cohésion sociale au Burkina Faso. Au menu des activités, de la pétanque, le jeu de dame, le jeu d’échec, le scrabble et la belotte.

Le Burkina Faso est secoué ces dernières années par des crises à répétition de diverses natures plongeant ainsi la population dans une inquiétude. Cette situation d’angoisse, de stress, de peur et de souffrance ne permet pas à la plupart des citoyens de mener sereinement leurs activités sociales, économiques, politiques encore moins celles de loisir.

Pour ce faire, la direction générale des loisirs a organisé, le dimanche dernier à l’Institut des sciences du sport et du développement humain (ISSDH) la journée communautaire de loisir. L’objectif est de contribuer au maintien de la paix, de la stabilité et de la cohésion sociale au Burkina Faso. Cinq activités étaient inscrites à l’ordre du jour. Il s’agit de la pétanque, du jeu de dame, du jeu d’échec, du scrabble et de la belotte.

En pétanque, ils étaient 228 joueurs soit 114 doublettes. La belote a enregistré 18 joueurs. 20 joueurs ont pris part au jeu d’échec et  27 au jeu de scrabble. Au total, ils étaient 293 participants. Les trois premiers de chaque discipline ont reçu une enveloppe, une attestation et de nombreux gadgets.

Selon le DG des loisirs, Vohoun Tamini, la journée communautaire de loisir a été organisée à l’intention des populations de Ouagadougou et ses environnants.

Quant aux 4e et 5e, ils ont reçu chacun des attestations de participation. Le ludo et le waré ont été introduits comme discipline d’exhibition. Pour le directeur général des loisirs, Vohoun Tamini, les loisirs constituent une mesure complémentaire de formation et de développement culturel de l’homme et fait partie des moyens pouvant contribuer à briser les cycles de l’angoisse, du stress, de la solitude, de la violence, de la discrimination, voire de la pauvreté.

«Cette activité trouve sa justification dans la volonté de notre département de participer au renforcement de la cohésion sociale gage de stabilité et de paix dans notre pays à travers la pratique d’activités de loisirs entre les différentes communautés ethniques et religieuses», a-t-il laissé entendre.

Ollo Aimé Césaire HIEN