Les «vérités» en demi-teinte de Luigi Di Maio

Décidément le fossé d’incompréhensions entre la France et l’Italie se creuse davantage. Et ce, depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition du Mouvement 5 étoiles et du parti d’extrême droite, la Ligue, en Italie. Après avoir officiellement exprimé son soutien au mouvement des Gilets jaunes, le vice-Premier ministre italien et chef politique du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, vient encore de «cracher ses vérités» sur son voisin.

Et cette fois-ci, c’est l’Afrique qu’il convoque dans sa polémique. Sans langue de bois, il a accusé dimanche dernier l’Hexagone «d’appauvrir l’Afrique », exacerbant du même coup les vagues migratoires vers l’Europe. Morceau choisi de son réquisitoire : «En imprimant de la monnaie pour 14 Etats africains, la France est un pays qui empêche le développement de ces Etats et contribue au départ de migrants qui meurent en Méditerranée ou arrivent sur nos côtes».

Enfonçant le clou, Luigi Di Maio a martelé que si la France figure parmi les premières puissances économiques du monde, c’est grâce à ce qu’il appelle «les colonies africaines». Même si la ministre française chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a qualifié ses propos d’«inacceptables et sans objet», l’ambassadrice d’Italie en France a été convoquée, le lundi 21 janvier 2019 par le ministère des Affaires étrangères à la suite de cet incident verbal.

La sortie du vice-président du Conseil italien a eu le mérite de poser une fois de plus l’épineuse question du franc CFA, soulevée par bon nombre d’Africains, ces dernières années et qui souhaitent son abolition pure et simple. En interprétant le propos de Luigi Di Maio, le maintien de cette monnaie est le symbole que la France continue d’exploiter sans scrupules les pays africains qui ont acquis leur indépendance depuis les années 1960.

En perpétuant ce pacte colonial, elle tire certainement des dividendes pour alimenter son économie. Pourquoi parler d’Etats indépendants alors que ces derniers sont toujours maintenus selon la formule consacrée dans «une servitude monétaire». Conséquence, les pays africains qui utilisent le franc CFA sont incapables de contrôler leur monnaie et donc d’asseoir une véritable politique de développement au profit des populations.

La frange jeune de ces populations, écrasée par une misère étouffante et sans aucune perspective de lendemains enchanteurs, emprunte les chemins périlleux de la migration. Si des jeunes Africains périssent dans la Méditerranée parce qu’ils tentent d’atteindre la forteresse occidentale, cela se justifie, selon le vice-président du Conseil italien, par le fait que la France contrôle en partie l’économie de ses colonies africaines à travers le franc CFA.

Sa lecture fait penser à ce que disait l’éminent économiste Samir Amin à propos du maintien de cette monnaie. «Le franc CFA abolit toute possibilité d’une politique nationale de gestion du crédit bancaire. Elle impose également un taux de change prétendu fixe, mais nous savons qu’il a été révisé en baisse une fois et qu’il pourrait l’être à nouveau ; un taux de change qui est surévalué et qui, par conséquent, handicape les exportations des pays africains (…).

C’est, par conséquent, un instrument qui renforce ce que l’on appelle le néocolonialisme dans le langage général», a-t-il relevé.
On peut concéder une part de vérité aux propos de Luigi Di Maio. Toutefois il y a lieu d’interroger la responsabilité des Etats africains qui continuent d’accepter que leur monnaie soit frappée par la France alors qu’ils sont indépendants il y a plus d’un demi-siècle.

Ce serait réducteur aussi de penser que l’appauvrissement de l’Afrique s’expliquerait par le seul maintien du franc CFA. Que font les dirigeants du continent pour valoriser leurs ressources humaines et les potentialités de leurs sous-sols ? Pourquoi le développement au service du grand nombre tarde à voir le jour sous nos tropiques ? Plus de 50 ans après les indépendances, les dirigeants africains ont eu la possibilité de bâtir des Etats forts et prospères.

Mais qu’ont-ils fait, si ce n’est de se complaindre dans des manœuvres de toutes sortes pour se maintenir au pouvoir et piller les ressources de leurs pays avec la complicité des grandes puissances ? L’on ne vaut que par l’image que l’on projette à l’endroit des autres. Si des jeunes Africains meurent par milliers dans la Méditerranée et dans l’indifférence générale, ce n’est pas forcément la faute de la France.

A force de voir l’Afrique comme victime des autres, on en vient à applaudir les hérésies des gens comme Luigi Di Maio qui ont fait de la xénophobie un fonds de commerce électoral dans leur pays. Il appartient aux dirigeants africains de montrer qu’ils sont des patriotes dévoués pour leurs peuples qui croupissent littéralement dans le dénuement. Il suffit d’avoir de la volonté et d’être
de bonne foi.

Karim BADOLO

Développement des collectivités territoriales: Un fonds pour répondre aux défis de l’heure

Le directeur général du Fonds permanent de développement des collectivités territoriales (FPDCT), Bruno Dipama a animé une conférence de presse, le mardi 22 janvier 2019 à Ouagadougou. Le but de cette rencontre a été de présenter la structure, ses défis et ses perspectives.

Le Fonds permanent pour le développement des collectivités territoriales (FPDCT) doit se réinventer pour mieux répondre à ses missions qui consistent en la mobilisation des fonds pour le financement des collectivités territoriales et le renforcement de leurs capacités. C’est la vision portée par le directeur général du FPDCT, Bruno Dipama.

Il l’a fait comprendre au cours d’une conférence de presse, le mardi 22 janvier 2019 au siège du fonds à Ouagadougou. Un rendez-vous au cours duquel, il a expliqué les missions, les réalisations et surtout les défis de sa structure. A propos des missions, outre la mobilisation des fonds, le FPDCT consent des garanties à des emprunts contractés par les collectivités territoriales et assure l’accès équitable de l’ensemble des collectivités aux ressources financières.

Concernant les activités déjà réalisées, Bruno Dipama a confié que le fonds est intervenu entre 2008 et 2010 dans les régions du Centre, Centre-Ouest, Centre- Nord, Hauts-Bassins, Cascades et Nord, dans le cadre du projet pôles régionaux de développement en finançant des programmes d’investissements prioritaires. Par ailleurs, de 2009 à 2011, le FPDCT a géré les fonds d’investissement communaux des collectivités composés d’interventions de la coopération financière allemande et du PNUD.

Plus de 73 milliards F CFA investis

Les autorités religieuses et coutumières, les leaders de la société civile et les partenaires au développement sont tous engagés auprès du fonds.

« En 2012, nous sommes intervenus dans le cadre de la première phase du guichet spécifique financé par la coopération allemande et qui a concerné 87 communes du Centre-Est, l’Est et du Sud-Ouest », a ajouté M. Dipama. Il a souligné que de 2008 à 2018, le FPDCT a investi plus de 73 milliards F CFA pour le développement des collectivités territoriales.

Toutefois, il a précisé que les activités du fonds n’ont couvert l’ensemble des 364 collectivités qu’à partir de 2011. Le directeur général a cependant fait savoir qu’en dépit des efforts faits, seuls deux guichets sont opérationnels sur les cinq que compte le FPDCT.

Il s’agit des guichets Subventions et spécifiques. Le fonctionnement des trois autres, à savoir les guichets Transferts des ressources financières liées aux compétences transférées, prêts ou garantis aux emprunts et dotations aux appuis techniques, constitue un défi pour la nouvelle équipe dirigée par Bruno Dipama qui a été installée, le 29 décembre 2018.

C’est pourquoi il a soutenu que l’implémentation du mécanisme unifié de financement des collectivités ne se fera qu’en restructurant le FPDCT de sorte qu’il soit le seul canal de transit de tous les appuis financiers et techniques des collectivités. L’objectif, a dit M. Dipama, est d’assurer leur bon fonctionnement. Pour atteindre tous ces objectifs, Bruno Dipama a sollicité l’accompagnement des autorités coutumières et religieuses, la société civile et l’ensemble des partenaires au développement.

Gaspard BAYALA

Prix de l’entrepreneur touristique: La 1re édition prévue le 8 février 2019

Le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT) a animé, le mardi 22 janvier 2019 à Ouagadougou, une conférence de presse pour informer l’opinion de la tenue prochaine du prix de l’entrepreneur touristique.

Le ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT) a lancé une initiative en vue de promouvoir le secteur touristique. En effet, le Secrétaire général (SG) du département, Lassina Simporé a annoncé, le mardi 22 janvier 2019 à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse, l’organisation prochaine d’une soirée gala pour récompenser les meilleures initiatives en matière d’hébergement, de restauration et de voyage au Burkina Faso.

L’activité est prévue pour se tenir le 8 février 2019 à Ouagadougou. Intitulé « prix de l’entrepreneur touristique », la soirée sera l’occasion de primer trois acteurs dans chacune des trois catégories identifiées, soit un total de neuf entrepreneurs touristiques, a-t-il indiqué. Des trophées et des lots en nature seront décernés à l’issue de la cérémonie, a-t-il précisé.

L’objectif, a insisté le SG, est de renforcer la visibilité des entreprises touristiques du pays, de promouvoir l’entreprenariat dans ce secteur et surtout d’améliorer la qualité des prestations. Lassina Simporé a, en outre, confié que l’activité permettra de consolider la synergie d’actions entre les acteurs privés et l’administration nationale du tourisme.

Par ailleurs, l’initiative favorisera l’émulation des acteurs des différentes filières du secteur de sorte à améliorer la qualité des services, de l’avis du conférencier. Pour les initiateurs, cette manifestation culturelle contribuera à réduire la concurrence déloyale au sein du secteur touristique et à encourager les entreprises privées à investir pour valoriser ce secteur porteur. Répondant à la préoccupation d’un journaliste, la responsable du programme touristique, Rosalie Balima a révélé que le budget de l’activité s’élève à 9,15 millions F CFA.

Marthe Zongo
(Stagiaire)

Dédougou : une circulaire suscite la colère

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Les élèves des lycées et collèges de la cité de Bankuy étaient dans la rue le mardi 22 janvier 2019 pour dire non à la facturation des visites médicales des élèves des classes d’examen dans la Boucle du Mouhoun, a appris Kantigui.

En effet, dans une note, en date du 11 janvier 2019, adressée aux médecins chefs des districts sanitaires de la région, et tombée entre les mains de Kantigui, le directeur régional de la santé de la Boucle du Mouhoun soutient que les visites, auparavant gratuites, seront désormais payantes à raison de 500 F CFA pour la consultation infirmière et de 1000 F pour la médicale.

Une mesure qui s’applique dans tous les districts sanitaires de la région, « dans le souci d’assurer une bonne gestion de cette visite importante », a pu lire Kantigui.

Les motivations de cette note, à en croire le tout-nouveau directeur régional de la Santé installé, il y a, à peine un mois, serait de pallier les difficultés que rencontrent les formations sanitaires de la région. Lesquelles difficultés se résument essentiellement à la vétusté du matériel médicotechnique et à la démotivation des acteurs.

Tenkodogo : panique au lycée Riâlé

C’est tout essoufflé qu’un passant a décrit à Kantigui, une panique généralisée hier matin au Lycée Riâlé de Tenkodogo. A l’origine, a expliqué la source de Kantigui, un message manuscrit et affiché sur le grand portail à l’entrée principale du lycée Riâlé de Tenkodogo.

Le témoin a raconté que c’est aux environs de 6 heures du matin, que les premiers élèves arrivés auraient aperçu la note signée d’un certain Abdel Mouhine qui se fait passer pour un chef djihadiste, menaçant l’établissement de malheur s’il n’enseigne pas l’arabe. Il n’en fallait pas plus pour semer une panique générale dans l’établissement au point que les élèves ont déserté le lycée et regagné leurs concessions.

Alertés, des éléments de la gendarmerie se sont rendus au lycée pour faire le constat. Au moment où Kantigui traçait ces lignes, les gendarmes auraient emporté avec eux le message pour la poursuite de l’enquête afin d’ en identifier l’auteur. Tout en déplorant cette situation, Kantigui invite les populations à dénoncer tout comportement suspect ou tous ceux qui font l’apologie du terrorisme.

La prostitution, jusque dans les foyers

Kantigui est tombé des nues quand il a appris de source digne de confiance que la prostitution prend de plus en plus des proportions inimaginables sous nos cieux. En effet, lui a raconté sa source, la prostitution qui, jusque-là, pratiquée par des filles, a contaminé les femmes au foyer, avec à la manette, un réseau qui en a fait un vrai business. Ce réseau de proxénètes, a-t-on confié à Kantigui, a créé des zones dans la capitale burkinabè, gérées par des « chefs » qui se servent des filles pour attirer leurs « camarades ».

L’interlocuteur de Kantigui raconte que c’est ce qui expliquerait des cas de grossesses « accidentelles » attribuées aux maris sans que ces derniers ne sachent. Pire, a-t-il signifié à Kantigui, le même réseau travaille avec des marabouts et des gérants de débits de boisson pour envouter les maris récalcitrants.

Les quelques cas qui se sont retrouvés devant les juges et dont le confident de Kantigui dit avoir eu connaissance, se seraient soldés par des non-lieux ou des relaxes, « parce que la justice ne tranche pas des questions de sorcellerie ». Kantigui ne peut qu’appeler au bon sens de chacun pour préserver le peu qui reste de nos valeurs morales.

Une corde à l’arc du célèbre chroniqueur de Sidwaya

Kantigui a appris que son confrère, Clément Zongo, le célèbre chroniqueur de tous les vendredis dans les colonnes de Sidwaya a concocté quelque chose pour les lecteurs. En effet, de source bien introduite, l’homme prépare la dédicace de son tout- premier roman qui aura lieu, le samedi 2 février 2019 à 9 heures au CENASA.

L’œuvre intitulée « Moah le fils de la folle » a remporté le premier prix du Grand prix national des arts et des lettres (GPNAL) de la Semaine nationale de la culture (SNC) 2018. Selon les sources de Kantigui, l’œuvre a été éditée à CEPRODIF avec le concours du Secrétariat permanant de la SNC et du Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA).

Kantigui qui a eu le privilège de parcourir quelques lignes du roman a été touché par l’histoire captivante et combien édifiante de Moah, un enfant de cinq ans et de sa mère malade mentale. « Moah le fils de la folle » est une métaphore qui s’appuie sur la fiction pour dénoncer les tares d’une humanité en perdition.

C’est un véritable pamphlet jeté à la figure de l’indifférent au cœur blindé qui résiste à la compassion. Ce roman est même une invite à la renaissance spirituelle de l’être humain. En tous les cas, pour qui a déjà lu les chroniques de Clément Zongo dans les colonnes du journal Sidwaya, peut s’apercevoir que ce roman est une sorte de prolongement du combat du jeune écrivain engagé pour la cause des faibles et des pauvres.

Kantigui invite les fidèles lecteurs de Sidwaya et amoureux de la lecture, le 2 février au CENASA, où le livre sera disponible au prix de 5 000 F CFA. Kantigui espère que cette œuvre ne sera pas la dernière de l’auteur qui, lui a-t-on confié, aurait dans sa besace plusieurs autres manuscrits.

Kantigui
kantigui2000@gmail.com
(00226) 25 31 22 89

Gestion durable des ressources forestières: Le Luxembourg apporte un troisième projet

Le ministère en charge de l’environnement a procédé, le vendredi 18 janvier 2019, à Bobo-Dioulasso, au lancement d’un nouveau projet. Ce projet, dénommé « Appui à la gestion durable des ressources forestières » (AGREF), est financé par la coopération luxembourgeoise, et est prévu pour se dérouler de 2018 à 2021.

Après les projets «BKF/007 » et «BKF/012 », la coopération luxembourgeoise poursuit son appui en faveur de l’environnement. Un troisième projet dénommé « Appui à la gestion durable des ressources forestières (AGREF) » vient d’être officiellement lancé, le vendredi 18 janvier 2019, à Bobo-Dioulasso. La cérémonie de lancement a été présidée par le ministre de l’Environnement, de l’Economie verte, et du Changement climatique, Batio Bassière.

Selon le ministre, AGREF est une initiative de préservation, de conservation, et de valorisation des ressources naturelles. Une initiative qui, a-t-il dit, vise à améliorer la gestion des ressources forestières. Ledit projet est prévu se dérouler de 2018 à 2021 et est majoritairement financé par la coopération luxembourgeoise à hauteur de 17 millions d’euros.

Il est structuré en quatre grandes composantes dont la première intitulée « Gestion durable des ressources fauniques », la deuxième «Gouvernance environnementale et développement durable », la troisième, « Economie verte et changement climatique », et la quatrième, «Pilotage et le soutien ».

De nombreuses attentes

A entendre Bassière Batio, nombreuses sont les attentes à la fin de ce projet. AGREF devrait alors permettre l’élaboration de 14 plans de gestion des chantiers d’aménagement forestier, la construction et l’équipement de 15 postes forestiers et 30 postes de contrôle, et la création et la protection de 115 espaces de conservation au profit des collectivités territoriales. Sans oublier la collection et la transformation de produits forestiers non ligneux et la mise en œuvre du plan de formation du personnel du ministère.

Le ministre Batio a rappelé que de par le passé, la coopération luxembourgeoise a permis le financement du Programme d’appui au secteur forestier (PASF) sur la période de 2013 à 2017. Un programme dont la mise en œuvre a permis d’engranger des résultats intéressants. Il a cité entre autres, l’élaboration et la mise en œuvre de 15 plans d’aménagement et de gestion des chantiers d’aménagement forestier et l’établissement de l’état des lieux de 1053 espaces de conservation d’une superficie de 108 116 hectares.

Le chargé d’affaires de l’ambassade du Luxembourg au Burkina Faso, Max Lamesch, s’est réjoui de la poursuite de la coopération entre les deux pays.

A cela s’ajoutent la certification et la labélisation de produits forestiers non ligneux, la conception et la mise en œuvre du mécanisme pilote du Fonds d’investissement pour l’environnement (FIE), dénommé Pré-FIE. Au cours de la cérémonie de lancement, 150 motos et 10 véhicules neufs ont été remis aux services techniques de trois directions régionales, l’Est, le Centre-Ouest, et les Hauts-Bassins.

C’était donc une occasion pour le chef du département de l’Environnement, de remercier le Grand-Duché de Luxembourg pour le financement consenti pour la réalisation de ce programme, tout en promettant une gestion rigoureuse et vertueuse de ces ressources. Le coordonnateur de AGREF, Michel Ouaba, a aussi reconnu que l’appui financier du partenaire vient à point nommé, vu les ressources souvent limitées du ministère.

«Nous avons toutes les compétences techniques nécessaires pour mettre en œuvre un tel programme, mais les ressources financières font défaut », a-t-il fait savoir. Le chargé d’affaires luxembourgeois, Max Lamesch, s’est réjoui de la poursuite de la coopération entre les deux pays, qui dure déjà 20 ans. Il rappelé que dans le cadre de cette coopération, près de 20 milliards ont été investis dans la gestion durable des ressources naturelles.

Alpha Sékou BARRY

Procès du putsch: « Je sais que je serai acquitté », Roger Koussoubé

Pour son deuxième passage devant le tribunal militaire, le mardi 22 janvier 2019, le sergent-chef Roger Koussoubé a réaffirmé n’avoir jamais participé à l’arrestation des autorités de la Transition ni été dans le cortège du général Gilbert Diendéré.

Poursuivi pour attentat à la sûreté de l’Etat, meurtres, coups et blessures volontaires et incitation à la commission d’actes contraires à la discipline militaire, le sergent-chef Roger Koussoubé dit le Touareg, tout comme lors de son premier passage à la barre, est resté campé sur sa position en niant les faits à lui reprochés. A l’entendre, c’est l’adjudant Jean Florent Nion qui lui a demandé, le 16 septembre 2015, de le rejoindre au camp Naaba Koom II et ensemble, ils ont embarqué pour le domicile du général Diendéré.

L’accusé a indiqué que c’est seulement en cours de chemin, lorsqu’il a voulu comprendre la situation que l’adjudant Nion lui a dit que c’est une nième crise du Régiment de sécurité présidentielle (RSP). « Si j’avais su que c’était un coup d’Etat, j’allais rentrer chez moi et ne plus ressortir », a-t-il avancé.

Prenant le contrepied de certains prévenus qui ont indiqué l’avoir vu le 16 septembre sous le hall du palais présidentiel, le sergent-chef Koussoubé a signifié qu’il n’a jamais participé à aucune réunion visant à enlever le chef de l’Etat et ses ministres. « Je n’ai jamais été le messager du général Diendéré non plus », a-t-il fait savoir avant de préciser que si tel était le cas, l’adjudant Nion et l’adjudant-chef major Eloi Badiel devraient l’arrêter sur-le-champ. Le parquet militaire a reproché au prévenu d’avoir aussi fait partie de la sécurité rapprochée du général Diendéré aux premières heures du putsch mais celui-ci s’est inscrit en faux contre cette accusation.

Il a dit s’être soustrait très tôt du groupe et s’est fait remplacer par le caporal Sami Dah pour des raisons de santé. « Le Touareg » a précisé que s’il a accepté embarquer avec l’adjudant Nion, c’est parce qu’il voulait comprendre ce qui se passait. Par rapport aux clans du général Djibrill Bassolé au sein du RSP que le prévenu avait évoqué lors de son premier passage, celui-ci a souhaité ne plus revenir là-dessus. La raison, selon lui, est que le mis-en-cause a rétorqué qu’il n’en avait pas.

« Ces clans ont existé oui ou non ? », a insisté le parquet militaire. « Je suis trop petit pour revenir sur les propos d’un général », a coupé court l’accusé Koussoubé. Il s’est dit convaincu qu’il sera acquitté car, accusé au départ dans quatre dossiers (Yimdi, Nazinon, désertion et putsch), il a été blanchi dans les trois premiers dès son retour de la Côte d’Ivoire. En outre, l’accusé a mentionné que le major Badiel a même avancé des propos à sa décharge.

« On dit qu’on juge sur les faits et le major Badiel a dit que je n’ai rien fait », a mentionné Roger Koussoubé. Et le parquet de relever que dans le Procès-verbal (PV) d’interrogatoire de Sami Dah, celui-ci a estimé que ce que Koussoubé a fait de mauvais, c’est quand il est allé à la radio Savane FM. Le parquet parle même de descente musclée avec l’existence d’un élément vidéo où Koussoubé est en train de déménager du matériel. Mais le prévenu maintient y être allé par curiosité et n’avoir commis aucune bavure.

« Ce coup d’Etat a été fait yada yada »

Pour le conseil de l’accusé, Me Alexandre Sandwidi, le parquet n’a apporté jusqu’à aujourd’hui, aucun élément de preuve que son client a été acteur du coup d’Etat. Par rapport à la vidéo que l’avocat qualifie de sécrète, il a souligné n’avoir jamais eu connaissance de cet élément. « Je ne sais pas à quel moment de la procédure cette prétendue vidéo a été versée au dossier et pourquoi le parquet militaire ne nous l’a pas montrée », a-t-il clamé.

A l’entendre, son client a été accusé à tort et présenté, sous l’appellation Touareg, comme un élément dangereux, alors qu’il n’en est rien.
Dans l’après-midi, son avocat s’est évertué à jeter du discrédit sur les arguments du parquet militaire. Selon Me Michel Traoré, le procureur est «dans l’incapacité et dans l’impossibilité de prouver » que son client est l’auteur du putsch de septembre 2015. Pour lui, « le Touareg » n’a été porteur d’aucun message et de qui que ce soit. D’ailleurs, le général Diendéré lui-même aurait affirmé n’avoir pas mandaté le sergent-chef Roger Koussoubé.

Qu’à cela ne tienne, il a expliqué que l’accusé n’a ni organisé, ni participé à l’arrestation des autorités. Aussi, il n’a donné aucun ordre à cet effet. Pour lui, son client ne fait donc pas partie du coup d’Etat. Me Traoré a dit ne pas comprendre pourquoi le procureur militaire veut faire porter au prévenu un costume qui n’est pas de sa taille. « Je ne vois aucun élément à charge contre mon client…

Quand on passe aux choses sérieuses, on ne voit pas M. Koussoubé à la tâche », a laissé entendre Me Michel Traoré. Pour lui, l’accusation du parquet est plus fondée sur les déclarations tenues à l’étranger, preuve d’une «défaillance de preuves». «Dans la recherche de l’impossible, on nous parle d’argent », a ajouté Me Traoré, en référence aux huit millions francs CFA que l’accusé a reçus de l’ex-Premier ministre (PM) Yacouba Isaac Zida. A en croire la défense, il ne s’agit pas de la même affaire et les faits ne se sont pas produits au même moment.

Recevoir de l’argent de M. Zida n’est pas non plus une infraction. Pour Me Prosper Farama, c’est la preuve que le sergent-chef est un agent double, parce qu’il travaillait pour différents clans au sein de l’ex-RSP. Et Roger Koussoubé de préciser que dès qu’il a reçu l’argent de l’ex-PM, il a rendu compte au commandement. « Ce n’est pas un double jeu, ma position était claire », a rétorqué le Touareg.

L’accusé dit s’être également rendu « avec un véhicule de service (…) par simple curiosité » à Savane FM au moment des faits, lorsqu’il a appris que la « radio qui émettait illégalement » a été localisée. Et l’avocat de la partie civile de s’interroger s’il est de coutume dans l’armée de suivre des soldats en mission juste « par curiosité ». « Tout le monde a été curieux au moins une fois dans sa vie », lui a rétorqué le sergent-chef Koussoubé.

Certes, a dit Me Farama qui dit avoir du mal à comprendre que des soldats comme Sami Dah et Mohamed Zerbo aient participé aux événements plus que l’accusé qui les a joints au téléphone à cet effet. L’accusé craque : « Me, je suis fatigué, je ne vais plus répondre à vos questions ». Pour Me Prosper Farama, cela va de soi, puisque la version du Touareg est illogique. Contrairement à Me Michel Traoré, il ne voit aucun élément à la décharge de l’accusé. « Ce coup d’Etat a été fait yada yada », a affirmé l’avocat, « noyant » de nombreux soldats de l’ex-RSP.

Le tribunal a aussi rejeté une demande d’autorisation d’absence de l’ancien bâtonnier, Me Mamadou Traoré, de ce mercredi au vendredi, pour des raisons professionnelles. L’audience reprend ce matin à 9 heures.

Mady KABRE
Djakaridia SIRIBIE

District sanitaire de Baskuy : MdM-France traque le cancer du col de l’utérus

L’association humanitaire Médecins du monde France (MdM-F) a organisé un atelier d’échange entre les acteurs sanitaires et communautaires, les 22 et 23 janvier 2019 à Ouagadougou, sur le Cancer du col utérin (CCU).

Médecins du monde France envisage soutenir l’Etat burkinabè pour la prévention et la prise en charge du cancer du col de l’utérus dans le district sanitaire de Baskuy à Ouagadougou pour une période de quatre ans. C’est pourquoi, les acteurs sanitaires et communautaires sont réunis, les 22 et 23 janvier 2019 à Ouagadougou pour échanger sur le projet de la réduction de la morbidité et de la mortalité dues au Cancer du col utérin (CCU) dans ledit district.

Selon la responsable de desk pour le Burkina au siège de MdM-F, Anne Cheyron, le CCU  est le premier cancer évitable de la femme d’où le choix de cette thématique pour le projet. Justifiant le choix de Baskuy, elle a indiqué qu’après la mission exploratoire, il s’est avéré que le district de Baskuy était le plus à même de recevoir ce projet par rapport à la disponibilité des professionnels de santé, à la taille de la population accueillie et à la capacité d’intervention de Médecins du monde.

Le coordinateur général MdM-F Burkina, Dr Etse D. Pierre Sallah : « Nous allons intégrer les dernières conclusions de l’atelier dans notre programme ».

Le coordinateur général de MdM-F au Burkina Faso, Dr Etsé Ditri Pierre Sallah a, quant à lui, signifié que ces deux jours d’atelier sont aussi mis à profit pour réfléchir aux aspects opérationnels en vue d’harmoniser les démarches et respecter la politique nationale en cours.

A l’entendre, le projet porte un certain nombre d’innovations dont le dépistage du
cancer du col de l’utérus, la prise en charge des lésions précancéreuses du col de l’utérus à la thermo-coagulation et des lésions cancéreuses à la Résection en l’anse diathermique (RAD), la chirurgie, la chimio prophylaxie, l’auto-dépistage proposé aux femmes.

Une préoccupation du ministère de la Santé

« Il y a également des soins palliatifs et un accompagnement psychologique des femmes ayant des lésions cancéreuses étendues en milieu sanitaire et communautaire avec la collaboration des organisations nationales et locales partenaires du projet », a souligné Dr Sallah. Par ailleurs, a-t-il poursuivi, des études anthropologiques sont initiées pour connaître les barrières d’accès au programme de dépistage du cancer du col de l’utérus.

Dr Babou Bazié, représentant la directrice de la Prévention et du Contrôle des maladies non transmissibles (PCMT) a fait savoir que cette lutte fait partie des préoccupations du ministère de la Santé avant de révéler qu’un plaidoyer est en cours d’élaboration. « Il est focalisé sur les enjeux de la prévention primaire, la prise en charge précoce du CCU, la stratégie de dépistage, etc.», a dit M. Bazié.

Les acteurs sanitaires et communautaires réfléchissent aux facteurs qui influencent l’accès à la prévention et aux soins du cancer du col de l’utérus à Ouagadougou

Le processus d’implantation du projet a débuté depuis septembre 2018 avec une première phase qui porte sur la construction des alliances et le dialogue avec les structures sanitaires de Baskuy.

Les populations cibles sont les femmes de 25 à 55 ans. 15 248 femmes (soit 30 % des 25 – 55 ans) des 9 aires de santé et 1 967 Travailleuses de sexe (TS), soit 10% sur un total de 9 335 TS estimées dans la ville de Ouagadougou pourront être dépistées à la fin de l’opération.

Mariam SOMDA

Nouveau Premier ministre: L’opposition promet le juger aux résultats

Lors du rendez-vous hebdomadaire du Chef de file de l’opposition politique avec la presse, le président de la Nouvelle alliance du Faso (NAFA), Pr Mamoudou Dicko et celui du Front patriotique pour le renouveau (FPR), Dr Aristide Ouédraogo se sont prononcés, le mardi 22 janvier 2019 à Ouagadougou, sur la nomination de Christophe Joseph Marie Dabiré au poste de premier ministre. Ils ont aussi donné leur lecture de la situation nationale sur les plans sécuritaire et social.

L’origine politique du nouveau Premier ministre burkinabè, Christophe Joseph Marie Dabiré est l’un des aspects auquel s’est intéressée l’opposition politique. A l’occasion de son traditionnel «face à la presse», repris le mardi 22 janvier 2019, le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) a considéré qu’«il manque de cadres et de compétences au sein du MPP et de ses partis satellitaires» pour que le président Roch Marc Christian Kaboré aille piocher au sein de l’ancien parti au pouvoir.

Se refusant de juger la personne du nouveau PM, le CFOP a dit prendre note des changements à la tête du gouvernement et de l’armée, se réservant le droit de juger les nouvelles personnes sur la base de leurs résultats. Mais selon les conférenciers, Pr Mamoudou Dicko de la Nouvelle alliance du Faso (NAFA) et Dr Aristide Ouédraogo du Front patriotique pour le renouveau (FPR), «la situation chaotique» que vit le Burkina résulte d’une «incapacité» du pouvoir en place à y faire face.

Leur conviction est que les dirigeants actuels doivent changer leur mode de gouvernance et mettre l’accent sur l’exemplarité, la justice et la discipline. Sur d’autres points de l’actualité nationale, les représentants du CFOP ont dénoncé le fait qu’il n’y ait, jusque-là, pas d’arrestation, encore moins d’actes, à la suite des événements de Yirgou, pendant que les populations réclament justice à travers des manifestations.

Les conférenciers ont réagi également sur la situation sécuritaire qui, selon eux, a entrainé la fermeture de près de 1 000 écoles. «Ceux à qui le peuple a remis tous les moyens d’action ne doivent pas assister à la catastrophe sans rien faire», a interpellé Dr Aristide Ouédraogo. L’opposition s’est aussi dit consternée par les événements qui ont eu lieu à Nafona dans la Comoé et à Orodara dans le Kénédougou.

Elle a condamné les tueries et la violence qui ont eu cours en ces lieux et qui sont, aux dires des conférenciers, «la triste manifestation du malaise social qui secoue le pays». Les journalistes ont interrogé l’opposition politique sur les solutions concrètes qu’elle propose face aux maux qu’elle même a décrits. La réponse a été que l’Etat doit se montrer exemplaire. L’opposition politique a invité les autorités à dépolitiser l’administration publique et les cadres à davantage de civisme en mettant en avant l’intérêt de la nation.

Fabé Mamadou OUATTARA

Une conférence publique sur le budget de l’État, exercice 2019 le 23 janvier(communiqué)

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Conformément au principe de transparence et de bonne gestion des finances publiques prôné par le Gouvernement et au nom du devoir de redevabilité, le ministère de l’économie, des finances et du développement organise une conférence publique sur le budget de l’État, exercice 2019, le mercredi 23 janvier 2019, à partir de 15H00, à la salle de conférences du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC).

Cette conférence vise à rendre accessible le budget de l’État et à faciliter son appropriation par les citoyens.

Au menu de cette conférence publique : la situation économique nationale, les caractéristiques du budget de l’État, l’évolution du pouvoir d’achat, la situation du recouvrement des recettes intérieures et les nouvelles mesures fiscales, la dette publique, la mobilisation des ressources extérieures, etc.

Citoyens et citoyennes cette tribune est la vôtre ! Venez massivement au CBC pour comprendre le budget de l’État, exercice 2019 !

Le budget de l’État : outil de la mise en œuvre de la politique économique et social du gouvernement !

Pour télécharger et prendre connaissance du budget de l’État, exercice 2019, consultez-le : www.finances.gov.bf

 

DCPM /MINEFID