Edito : Un challenge à portée de sacrifices
Depuis la démission du Premier ministre Paul Kaba Thiéba et des membres de son gouvernement vendredi dernier, l’attente paraissait longue. Hier 21 janvier, à l’issue d’un long suspens et de supputations, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a choisi un nouveau chef de l’exécutif, en la personne de Christophe Joseph Marie Dabiré.
Ancien commissaire en charge du commerce, de la concurrence et de la coopération de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le nouveau locataire du palais de Koulouba a la lourde charge de conduire l’action gouvernementale dans la tempête sécuritaire et une fronde sociale permanente qui impactent négativement l’économie nationale.
Christophe Dabiré parviendra-t-il à redresser la barre et à maintenir le cap par ces temps agités ? Il faudra certainement attendre l’ossature du prochain gouvernement pour avoir un début de réponse à cette question préoccupante pour l’ensemble de ses compatriotes. D’ores et déjà, sa nomination rassure non seulement le camp présidentiel, en raison du background du promu, mais aussi au-delà. En ce sens qu’il pourrait apparaître comme un homme d’ouverture…
Pour sûr, le chef de l’Etat a misé sur un homme d’expérience comme pour répondre à certains de ses concitoyens. « L’expérience, il en a, à tout point de vue », reconnaît un homme politique qui a côtoyé le nouveau Premier ministre au sein de deux gouvernements successifs où il a occupé les départements de la Santé et de l’Enseignement supérieur (1992-1997 et 1997-2000) avant de siéger à l’Assemblée nationale, officiant comme président de la stratégique commission finances. « La vie politique intérieure.
Ça le connaît », renchérit un autre proche du nouveau chef du gouvernement, réputé très averti des questions internationales. Il aura consacré une bonne partie de ses deux mandats à l’UEMOA à la recherche, à la mobilisation et à la coordination des financements extérieurs de l’Union. Christophe Dabiré est aussi « un très bon négociateur » beaucoup remarqué à la Direction générale de la coopération (DGCOOP) qu’il a tenue à un moment où la coopération jouait un rôle important avant de passer la main à Tertius Zongo (ex-Premier ministre).
Si certains retiennent de lui l’année académique invalidée 1999-2000, il faut reconnaître qu’en ce moment, le Burkina Faso, comme bien d’autres pays africains amorçaient de manière tacite un système qu’ils ne maiîtrisaient pas assez, le système Licence-Master-Doctorat (LMD).
Du reste, le nouveau Premier ministre a le mérite d’avoir entamé la déconcentration de l’université de Ouagadougou qui a donné aujourd’hui les centres universitaires de Koudougou, Fada N’Gourma, Ouahigouya, etc.
Tous ces atouts, il en aura besoin pour la poursuite de la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES), un des chantiers majeurs que lui lègue son prédécesseur Paul Kaba Thiéba. Mais le véritable challenge reste la question sécuritaire qui a, en partie, eu raison de celui à qui il succède.
A ce titre, c’est à un chef de gouvernement d’urgence que le président du Faso a fait appel. Urgence de reconquérir l’intégrité territoriale, urgence de recoller les morceaux du vivre-ensemble, urgence de renouer le fil du dialogue social… En somme, urgence de remettre le pays à l’endroit. Le challenge est à portée de sacrifices pour peu que certaines pesanteurs du parti au pouvoir, qui ont fait planer à un moment donné Paul Kaba Thiéba, ne le rattrapent, entre- temps.
Mahamadi TIEGNA
Nouveau Premier ministre: Christophe Dabiré, un économiste politique
Economiste expérimenté, Christophe Joseph Marie Dabiré est depuis hier lundi 21 janvier 2019, le nouveau Premier ministre du Burkina Faso. Natif de Ouizin, (province du Ioba) dans la région du Sud-Ouest, il a été plusieurs fois ministre, député et récemment commissaire chargé du commerce à l’Union économique et monétaire ouest-africaine, dix années durant. Portrait.
Après plus de trois jours d’attente, la nouvelle est enfin tombée, hier lundi 21 janvier 2019 en début d’après-midi. L’économiste Christophe Joseph Marie Dabiré est le nouveau Premier ministre du Burkina Faso. « J’ai confié à M. Dabiré, la mission de conduire le gouvernement. Je lui adresse tous mes vœux de succès dans ses fonctions de Premier ministre », écrivait, quelques minutes plus tard, le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, sur sa page Twitter.
Commissaire au titre du Burkina Faso et chargé du marché régional, du commerce, de la concurrence et de la coopération à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de mars 2007 à mai 2017, l’homme a été quelques années plutôt ministre de la Santé (1992-1997) puis de l’Enseignement secondaire, supérieur et de la recherche scientifique (1997-2002). Son passage à la tête de ce département a connu des hauts, mais aussi des bas dont l’invalidation de l’année scolaire et universitaire 1999-2000 et la création du très controversé système « intra et extra muros ».
Élu député de 1997-2002, puis de 2002 à 2007sous la bannière du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) alors au pouvoir, Christophe Joseph Marie Dabiré a, par ailleurs, présidé la commission des Finances et du Budget de l’Assemblée nationale pendant la législature 2002-2007. Manager aguerri avec dix années passées à l’UEMOA, la poursuite de la mise en œuvre du PNDES sera, à n’en point douter, l’un des principaux défis du nouveau chef du gouvernement.
L’homme dont les Burkinabè soulignent déjà affectueusement le fait qu’il réunit à lui seul la sainte famille (Joseph, Marie et Christ) devra également s’atteler à « sauver » le Burkina Faso d’un front social en ébullition, d’une économie en berne et d’une insécurité grandissante. Né le 27 Août 1948 à Ouizin, village situé dans la commune de Dissin (province du Ioba) dans la région du Sud-Ouest, Christophe Joseph Marie Dabiré fréquente successivement, après ses études secondaires, l’Université du Benin (Togo), de Bordeaux (France), puis de Lille, toujours sur les bords de la Seine.
En 1977, il revient en Haute-Volta (actuel Burkina Faso), avec dans ses bagages une Maîtrise en sciences économiques (option économie du développement), un DESS en administration des entreprises (option Pratique de la Comptabilité et de l’Audit des Entreprises) et un DEA en planification du développement (option rationalisation des choix des politiques économiques).
Bardé de diplômes, il devient conseiller des affaires économiques, avant d’occuper tour à tour le poste de directeur des études et des projets (1984-1988), et de directeur général de la Coopération (1988-1992) au ministère de l’Economie et du Plan. Christophe Joseph Marie Dabiré est officier de l’Ordre national du Burkina Faso et officier de l’Ordre de la Santé et de l’Action sociale du Burkina Faso. Il est marié et père de trois enfants.
Aubin W. NANA
Procès du putsch : « Le général Diendéré a ordonné le coup d’Etat », adjudant-chef Nion
L’audience du 21 janvier 2019 du tribunal militaire a été consacrée au deuxième passage à la barre de l’adjudant-chef major Eloi Badiel et de l’adjudant Jean Florent Nion. « Ayant souffert des insanités de certains co-accusés » qui l’ont chargé, l’adjudant Nion a dénoncé le général Gilbert Diendéré comme étant « le commanditaire » du putsch manqué.
L’adjudant-major Eloi Badiel, poursuivi pour les faits d’attentat à la sûreté de l’Etat, de meurtres, de coups et blessures volontaires et d’incitation à commettre des actes contraires à la discipline militaire, a été interrogé une seconde fois le lundi 21 janvier 2018. Il a expliqué qu’à écouter certains accusés, c’est comme si c’est lui qui a tout organisé alors qu’il n’a fait que transmettre des ordres.
A titre d’exemple, il a cité l’instruction donnée par le capitaine Abdoulaye Dao, d’arrêter l’émetteur de la radio RFI. Le parquet s’en est pris à lui car après réception de l’ordre de Diendéré d’opérer un coup de force, il ne s’en est pas référé à ses supérieurs. « Il fallait faire un minimum de vérifications qui s’imposent à tout chef. C’est le raisonnement en milieu militaire », a rappelé le procureur militaire.
En réponse, le prévenu fera savoir que l’adjudant Nion avait déjà fait la vérification. Il a aussi laissé entendre qu’il se méfiait beaucoup des officiers à l’exception de son chef, le capitaine Dao. A la question de l’avocat de la partie civile, Me Ali Neya, de savoir si c’est pour lui-même ou pour le général Diendéré qu’il a fait le putsch, Eloi Badiel a été formel : « Pourquoi vais-je faire un putsch ? Je ne suis pas un politicien ».
Pour le conseil du major Badiel, Me Bertin Kiénou, on veut faire porter le chapeau aux sous-officiers, tel que son client alors que le général Diendéré, dans son adresse aux victimes, a dit avoir renversé le régime. A ses dires, dans la déclaration du putsch, il ressort que les motifs du coup d’Etat sont politiques, pourtant son client n’a aucune ambition dans ce sens.
« Je jure de dire rien que la vérité »
« Je m’inscris totalement en faux quand le général Gilbert Diendéré dit qu’il n’a ni commandité, ni planifié, ni organisé l’arrestation des autorités de la Transition. Il l’a ordonnée ». C’est par ces mots que l’adjudant Jean Florent Nion, lui aussi à son 2e passage à la barre du tribunal militaire, a « accusé » le général comme étant l’auteur du putsch. Accusé des faits d’attentat à la sûreté de l’Etat, de meurtres, coups et blessures volontaires et d’incitation à commettre des actes contraires à la discipline militaire, le prévenu est présenté comme celui qui a contacté le général Diendéré pour avoir confirmation de l’ordre de faire un coup d’Etat.
Il a dit avoir souffert, en tant que l’un des premiers à passer à la barre, des « insanités » que des coaccusés ont proférées dans leurs dépositions à son égard. « Je pensais qu’une fois devant le tribunal, le général Diendéré allait dire qu’il a ordonné le coup de force. Dommage ! Comme les choses ne se précisent pas, je vais les dire dans la pure clarté », a martelé le sous-officier. Il a confié au tribunal que ce n’est pas facile de comparaître le premier car les autres accusés se concertent contre celui-ci.
En l’occurrence, il a fait savoir que pendant une suspension de la première audience d’interrogatoire, le général Gilbert Diendéré lui a indiqué ce qu’il devait faire. « Fais ressortir ce qu’on reprochait à Zida (ex-Premier ministre). Ne dis pas qu’on a échangé des messages », a révélé l’adjudant Nion. Et d’ajouter qu’il a voulu parler de ces instructions à son conseil mais que l’officier a dit que ce n’est pas la peine, de faire de telles déclarations car son avocat sera obligé de s’aligner sur elles.
Interrogé par le parquet sur la somme de 1 941 000 de F CFA que certaines personnes telles que l’accusé lui-même, l’adjudant-chef major Eloi Badiel, Ouékouri Kossé, Adama Diallo, Ouédraogo Issaka ont reçu de Kadidia Ouattara de la Côte d’Ivoire, Jean Florent Nion a expliqué qu’il s’agit en réalité de deux millions de francs (sans les frais d’envoi) qu’un de ses amis homme d’affaires du nom de Dioty Fils a envoyé audit groupe de personnes qui s’étaient retrouvées dans un restaurant. « Cet argent n’a rien à voir avec les événements du 16 septembre 2015 et jours suivants », a-t-il fait savoir face à l’insistance de l’avocat Alexandre Sandwidi.
Pour l’avocat de l’accusé, Me Adrien Nion, dans ce procès, il s’agit de dire la vérité car au-delà de la décision à rendre, l’accusé doit avoir la considération de ses concitoyens. Il a reconnu sa responsabilité dans ce putsch et il appartient aux autres de reconnaitre la leur. « Dans les faits, mon client a exécuté un ordre venant du général. Il s’est même rendu à son domicile pour échanger sur cet ordre.
Après l’arrestation, le général a tenu des réunions, fait des déclarations. Mieux, celles-ci ont été retrouvées dans son ordinateur portable et il a même nommé le mouvement, le Conseil national de la démocratie (CND). Tout cela démontre qu’il en est l’auteur. Si tant est vrai qu’il n’en est pas, la moindre des choses est qu’il aurait pu demander aux auteurs avant de s’assumer », a souligné l’avocat.
Mais Me Sandwidi a vu en cela un montage, une stratégie de défense qui consiste à accuser les autres. « Est-ce la noyade collective ? », s’est interrogé l’avocat. « Me, quand on parle de votre client (Koussoubé Roger, NDLR), vous êtes excité. Pourquoi ? Je ne dis que la vérité. C’est au tribunal d’apprécier les faits », a rétorqué l’accusé.
Jean Philibert SOME
& Fleur BIRBA
Nomination du nouveau Premier ministre : Les attentes des politiques, syndicats et OSC
Par décret présidentiel, l’ancien ministre en charge de la santé et aussi des enseignements secondaire et supérieur, Christophe Joseph Marie Dabiré a été nommé Premier ministre, hier lundi 21 janvier 2019, en remplacement de Paul Kaba Thiéba. Hommes politiques, syndicats et acteurs de la société civile apprécient la nomination de celui qui a aussi été député et commissaire de l’UEMOA.
Achille Marie Joseph Tapsoba, 1er vice-président du CDP : « Qu’il sache donner l’impulsion d’une réconciliation nationale »
« Je présente mes félicitations et beaucoup plus mes encouragements au nouveau Premier ministre, parce que ce ne sera pas une mince affaire. J’ai eu l’occasion de le connaître. J’étais secrétaire chargé de l’organisation et de l’administration du CDP dans les années 1991-1992 quand il a été nommé ministre de la Santé. C’est en ce moment qu’il a pris la carte du parti.
C’est quand il était ministre des Enseignements secondaire et supérieur, que j’ai été nommé directeur général du Centre national des œuvres universitaires (CENOU). J’ai également travaillé avec lui à l’Assemblée nationale comme député. Jusqu’à ce qu’il aille à l’UEMOA, nous avons gardé de très bons rapports. C’est avec une grande surprise que j’ai appris sa nomination. Je me réjouis qu’il soit un cadre de notre sérail qui ait été porté à cette haute responsabilité. C’est un homme très sérieux, très travailleur et qui a le sens de la responsabilité. La tâche ne sera pas du tout facile parce que ce n’est pas seulement la compétence et l’esprit de responsabilité qui comptent. Il y a également le fait d’évoluer dans un système qui vous permette de mettre à profit cette compétence et cette responsabilité.
Hors , le système actuel est très difficile comme cadre d’évolution pour lui. Mais enfin, je suppose qu’il saura s’adapter. Quels que soient le gouvernement et la compétence de ses membres, si le système lui-même ne s’engage pas dans une voie originale pour résoudre nos problèmes, je crains fort que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets. C’est donc pourquoi la première attente des hommes politiques comme nous, c’est d’abord qu’il sache donner l’impulsion d’une réconciliation nationale. Il est inutile de dire que quand la pluie vous bat, vous n’avez pas le droit de vous battre.
Si notre Etat est devenu fragile, si nos frontières sont devenues poreuses, c’est moins parce que nous n’avons pas les compétences, que parce que nous ne nous entendons pas sur la manière de gérer nos compétences, nos forces, nos faiblesses et nos ressources. Je pense que c’est un problème de gouvernance qui est posé et qu’il y a un besoin nécessaire que tous les fils et filles du pays se tiennent la main et qu’ensemble, on repousse l’adversaire, l’ennemi n°1 qui est le terrorisme hors de nos frontières ».
Bienvenue Ambroise Bakyono, député MPP : « Un choix de sérénité et de confiance »
« Je pense qu’il faut restituer cette nomination dans le contexte actuel, marqué par une crise sécuritaire et une fronde sociale sans précédent. Il faut des hommes d’expérience qui vont aller au charbon pour faire avancer le pays en tenant compte de tous les Burkinabè. Il y a lieu de restaurer la confiance que le contexte sécuritaire a quelque peu effrité entre les Burkinabè. C’est au regard du parcours de Christophe Marie Joseph Dabiré, de son expérience de parlementaire et de ministre, et de son passage à l’UEMOA que le président du Faso a porté son choix sur lui. C’est un choix que nous sommes prêts à soutenir pour que le reste du mandat du chef de l’Etat soit couronné de succès. Le défi du nouveau gouvernement est de stabiliser le pays sur le plan de la sécurité, de la fronde sociale et de poursuivre l’œuvre de développement.
Le Premier ministre a un background assez solide qui va l’aider à relever également le défi économique. Concernant les domaines sociaux de base comme la santé et l’éducation, deux branches de la social-démocratie que nous défendons, M. Dabiré a les atouts nécessaires. Tout le monde le considère comme quelqu’un de pondéré et qui a de la poigne. Cela est nécessaire dans un contexte post insurrectionnel afin de poursuivre le dialogue avec les partenaires sociaux pour un Burkina prospère. Nous attendons que ce gouvernement se jette à l’eau et produise des résultats. Il n’est plus question de tâtonner parce que le peuple attend des résultats concrets.
Nous pensons que le nouveau Premier ministre a pris la mesure de ce challenge et que le président du Faso a fait le tour pour porter son choix sur lui. Avec tout le soutien du peuple burkinabè, nous pourrons sortir de l’œil du cyclone et nous remettre sur la trajectoire du progrès et de la croissance continue. Le choix de Christophe Marie Joseph Dabiré est un choix de sérénité et de confiance. C’est un homme que le peuple burkinabè connait de par le passé et cela est important. Les membres du gouvernement doivent répondre à ce double challenge de crise sécuritaire et de fronde sociale et être au service de l’intérêt du peuple burkinabè.
En tenant compte des aspects du genre et de la jeunesse qui attend de prouver, nous estimons que le nouveau gouvernement va permettre de marquer des points jusqu’en 2020 où nous serons soumis au jugement du peuple. De ce fait, nous appelons le peuple burkinabè à un sursaut national, à un sacrifice même si beaucoup n’aiment pas ce mot. Nous devons nous mettre au travail et veiller à ce que nous ayons des dirigeants vertueux qui vont assurer une bonne gouvernance et une répartition équitable de la richesse».
Moussa Zerbo, porte-parole de l’UPC : « vivement qu’il puisse être l’homme de la situation »
« Nous nous gardons de juger les hommes avant de les voir à l’œuvre. Nous considérons que le président du Faso a pris toute la mesure de la situation que connaît notre pays, en choisissant son homme. Tout ce que nous pouvons lui souhaiter est qu’il puisse être à la hauteur des attentes du peuple burkinabè. Nous l’attendons sur les chantiers de la sécurité, de l’emploi des jeunes, de la santé, etc. Qu’il puisse mettre le peuple burkinabè au travail et insuffler un nouveau dynamisme à l’économie burkinabè. Et qu’il travaille surtout à la cohésion sociale.
Nous savons que notre pays connaît ces temps-ci des crises sociales. Vivement qu’il puisse être l’homme de la situation qui puisse amener le peuple burkinabè à comprendre qu’on appartient à une même nation. Bon vent à lui ! Quant au gouvernement qu’il mettra en place, nous souhaitons que ce soit une équipe de combat, un gouvernement qui puisse amener la sérénité dans notre pays. Nous avons un seul pays, c’est le Burkina Faso. J’insiste pour dire que la réussite du Burkina aujourd’hui est une fierté pour nous tous, donc tout le malheur qu’on peut leur souhaiter, c’est de faire en sorte que le pays aille mieux ».
Zalissa Koumaré, SG du NTD : « Pour nous, c’est l’homme qu’il faut »
« Le Nouveau temps pour la démocratie (NTD), fidèle à ses convictions, accompagne le président Roch Marc Christian Kaboré dans la mise en œuvre réussie de son programme présidentiel. De ce fait, le nouveau Premier ministre, Christophe Dabiré est naturellement le bienvenu.
Dans un contexte assez difficile, on ne peut que saluer ce choix du moment où c’est un économiste de haut vol, un homme d’expérience qui a eu la chance de gérer d’une manière ou d’une autre notre pays. Il a eu la chance d’être un fonctionnaire attitré au niveau du ministère en charge des finances. Ensuite, il a eu l’occasion de jouer un rôle dans l’exécutif à travers le ministère de la Santé qui est un département clé de notre pays. Il a eu aussi la chance de gérer le ministère en charge de l’enseignement secondaire. Après l’exécutif, il a été parlementaire pendant deux mandats successifs et a présidé la commission finances et budget de l’Assemblée nationale.
Au niveau national, il connaît notre environnement et les défis qui l’attendent. Au niveau sous régional aussi, il a été commissaire de l’UEMOA, chargé du marché régional et du commerce. Il est donc bien avisé des opportunités que le Burkina Faso peut avoir dans la région. En outre, la majeure partie des personnes qui ont eu l’occasion de servir sous lui estiment que c’est un homme de tempérament qui sait prendre les choses à leur juste milieu, faire des analyses pertinentes et dégager le consensus.
Pour nous, c’est l’homme qu’il faut. Le pays traverse une situation difficile avec une crise de confiance entre gouvernants et gouvernés. Nous avons donc besoin d’un gouvernement politique avec une dose de technocrates. Le Premier ministre se doit d’aller partout où il faut pour chercher les compétences et les expériences, quels que soient les horizons. Notre souhait est que le futur gouvernement mette un accent sur la synergie d’actions avec une présence soutenue sur les chantiers du développement».
Bassolma Bazié, secrétaire général de la CGTB : « nous sommes habitués à ce jeu de chaises »
« En tant que personne physique, je ne vois pas en quoi mon avis pourrait revêtir un intérêt particulier. Par contre, en tant qu’élément faisant partie d’un système depuis des dizaines d’années, et donc ayant déjà agi au nom de ce système, et encore remis en jeu par le même système, c’est cela qui m’invite davantage à un renouvellement accru de vigilance. Et c’est pendant sa gestion du ministère en charge des enseignements supérieurs qu’il y a eu l’invalidation de l’année universitaire 1999-2000, avec une création « d’intra et extra muros ». Il fut un ancien Commissaire de l’UEMOA.
La même institution dont ses indicateurs sont intensivement récités et appliqués de façon expressément erronée par nos dirigeants pour détruire le pouvoir d’achat des travailleurs, voire créer une confrontation entre les travailleurs et les autres couches sociales. De ce qui précède, la démission et la nomination d’un Premier ministre, n’est pas un évènement, d’autant que nous sommes habitués à ce jeu de chaises et par conséquent, sachons aller au-delà de l’émotionnel.
Ce qui serait un évènement, c’est un Premier ministre qui pourrait faire fi des intérêts d’un système qui l’envoie en mission et servir ceux de son peuple. Ce qui ressemblerait à un rêve, et je ne souhaite pas me réserver un réveil douloureux, ne serait-ce qu’en osant somnoler. En tant que missionnaire d’un système, j’ignore évidemment les qualités et critères qui ont prévalu à son choix, encore moins de sa lettre de mission. Donc, ce serait prétentieux de ma part de m’engager dans de telles appréciations. Par contre, il y a des préoccupations qui sont sur la table du gouvernement qui l’attendent au nom de la continuité de l’Etat.
Donc, les propos du genre, « je viens d’arriver, il me faut du temps pour mieux comprendre etc. », n’auront pas voie d’existence. Sans être exhaustif, le gouvernement doit veiller à la réintégration des policiers, GSP et militaires injustement radiés ; la mise en œuvre des protocoles d’accord (CNSE, CSMEF, la santé etc.) ; la réduction du train de vie de l’Etat avec la suppression des institutions pléthoriques et budgétivores ; la suppression des postes fantaisistes ; le respect du décret de décembre 2008 sur les émoluments des ministres ; et ramener le budget de l’Assemblée nationale à celui d’avant l’insurrection.».
Chrysogone Zougmoré, 1er Vice-président de la CCVC : «revenir aux prix des hydrocarbures d’avant le 18 novembre 2018»
« Je ne peux pas me prononcer sur la personne de M. Dabiré en tant que tel. C’est quelqu’un que j’ai plus ou moins connu dans les années 1990 pour avoir été dans le sillage du mouvement démocratique et même sur le front des droits humains. Mais les choses évoluent et les hommes aussi.
Le gouvernement n’est pas un individu, c’est une équipe et c’est une vision, un engagement et une volonté à satisfaire les besoins du peuple burkinabè. Nous l’avons rappelé à l’équipe gouvernementale sortante que parfois c’est la volonté qui a manqué. Sur la question par exemple de la hausse des hydrocarbures, nous avons mis l’accent sur le fait qu’il ne fallait pas répondre au quart de tour aux injonctions de la Banque mondiale et du FMI et être sourd et muet face aux cris de détresse du peuple burkinabè.
Ce message, nous l’adressons à la nouvelle équipe et en premier lieu, au Premier ministre qui vient d’être nommé. La nomination d’un nouveau chef de gouvernement ou le renouvellement de l’équipe gouvernementale importe peu. L’essentiel, c’est la capacité de ces différentes équipes à pouvoir répondre aux préoccupations de nos populations et surtout à résoudre les problèmes essentiels du moment. Nous sommes confrontés actuellement à de nombreux défis comme celui de la vie chère. Nous attendons fortement de la nouvelle équipe qu’elle revienne aux prix des hydrocarbures d’avant la décision gouvernementale du 18 novembre 2018.
C’est la principale attente au niveau de la CCVC. Nous avons une plateforme minimale constituée de 7 points et comme on le dit, l’équipe gouvernementale c’est la continuité comme l’administration. C’est sur cette plateforme que nous apprécierons la volonté et la capacité du prochain gouvernement à résoudre les problèmes fondamentaux des populations. L’autre équation est la question sécuritaire. Nous avons l’habitude de le dire, la sécurité constitue un droit de l’homme plein. Nous attendons du prochain gouvernement qu’il fasse un effort pour que cette sécurité soit effective sur l’ensemble du territoire national ».
Jonas Hien, président du Conseil national des OSC : « le Premier ministre a besoin d’un peuple civique et travailleur »
« Christophe Dabiré n’est pas un inconnu de la scène politique burkinabè. Il a été plusieurs fois ministre, député et commissaire à l’UEMOA. Donc c’est quelqu’un qui a une certaine connaissance de l’appareil d’Etat. Il a une certaine expérience également pour avoir dirigé des départements ministériels. Nous pensons que c’est une personne ressource avisée qui a été nommée comme Premier ministre par le président du Faso. Nos attentes seront celles de tout le peuple burkinabè parce que nous savons aujourd’hui le contexte dans lequel nous évoluons.
Il aura beaucoup de défis à relever et devra rapprocher les Burkinabè par un dialogue social, relancer l’économie, poursuivre la mise en œuvre du PNDES et revoir la question sécuritaire. Les attentes de tout le peuple burkinabè aujourd’hui c’est d’arriver à remettre véritablement le pays sur les rails. Mais il faut qu’on fasse attention parce qu’il ne suffit pas d’avoir un Premier ministre compétent. Il a besoin également d’un peuple mur. Pourtant, nous savons que notre pays est gangrené par un incivisme inégalé. Quels que soient les compétences, l’engagement et la volonté du Premier ministre, si nous maintenons le comportement incivique que nous avons aujourd’hui, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il fasse des miracles.
Bien au contraire, il doit se sentir accompagné par un peuple qui veut des résultats avec le gouvernement en jouant sa partition. Si nous pensons que le gouvernement à lui seul peut résoudre nos problèmes, nous nous trompons. Donc, il est bon d’attirer l’attention des uns et des autres sur le fait que le Premier ministre a besoin d’un peuple civique et travailleur. Sinon d’ici quelques jours, nous allons nous mettre encore à nous plaindre qu’il ne travaille pas, alors que nous-mêmes, nous ne faisons rien pour que les choses puissent avancer ».
Serge Bambara alias Smockey, porte-parole du mouvement Le Balai citoyen : « restaurer l’autorité de l’Etat en donnant l’exemple »
« La nomination de ce Premier ministre est une décision qui prend à rebrousse-poil la plupart des Burkinabè parce qu’honnêtement, on ne s’y attendait pas. On pensait que c’était un homme neuf et vierge qui hériterait de la situation quelque peu chaotique avec des questions d’insécurité ambiante, de manifestations à tout- va, de problèmes d’incivisme, de questions sociales, etc.
On pensait qu’il allait être quelqu’un qui apporterait un regard nouveau, rassurerait quant à sa volonté de travailler dans le sens des intérêts des masses populaires et non pas forcément l’expérience, comme cela a été le calcul de ce gouvernement. Il se trouve que ce Premier ministre est comptable de dix ans de gestion avec le régime passé. Il trouve un bateau qui n’a pas été conduit à bon port. Il me semble que c’était une opportunité pour lancer un signal fort et montrer que l’actuel régime a envie de créer le changement.
Mais nous voyons que c’est le changement dans la continuité, qu’on essaie de faire du neuf avec du vieux. Nous attendons de le juger sur des actions concrètes parce qu’il va bénéficier d’un état de grâce comme le gouvernement du MPP lui-même en a bénéficié. Je crois que cela va être un répit de courte durée, tant les attentes sont nombreuses. Il est difficile de penser que ce Burkina Faso de 20 millions d’habitants et de 274 200 km² manque d’hommes et de femmes capables de relever le défi, d’où notre surprise. On attend de ce gouvernement des gages de sincérité dans son envie de conduire le navire à bon port, qu’il essaie, avec des décisions fermes de restaurer l’autorité de l’Etat en donnant l’exemple, comme Sankara. Ce Premier ministre ne semble pas trainer des casseroles, ce qui est une bonne chose. Attendons donc les premières décisions et les premiers actes avant de juger ».
Anselme Asseghna Somda, Chargé de Programme du CGD : « une occasion pour le chef de l’Etat de rectifier le tir »
« Ce choix n’est pas totalement surprenant comme en 2016 où il avait déjoué tous les pronostics en nommant Paul Kaba Thiéba. Contrairement à ce dernier, Christophe Joseph Marie Dabiré est une figure politique bien connue des Burkinabè. Il arrive dans un contexte particulier et il aura fort à faire pour sortir le pays de la situation dans laquelle il se trouve. Depuis 2014, les Burkinabé attendent une rupture dans la gouvernance du pays et cela s’entend dans les différents aspects.
Les hommes qui auront la charge de conduire les affaires doivent être des gens au-dessus de la mêlée, dont la compétence est avérée et à la hauteur des responsabilités qui leur seront confiées. Il faut revoir la gouvernance sous ses différents aspects, à savoir la gouvernance politique, administrative, socio-économique et sécuritaire, sans oublier la corruption contre laquelle il va falloir sévir. C’est ainsi que le régime pourra redonner espoir au peuple burkinabè. Ce serait donc l’occasion pour le chef de l’Etat de rectifier le tir en privilégiant cette fois-ci d’autres critères que les liens d’amitié et de proximité que lui reprochaient certaines opinions. Il faut qu’il se débarrasse de certains amis qui commençaient à paraitre plus ou moins gênants».
Propos recueillis par
Jean-Marie TOE
Karim BADOLO
Beyon Romain NEBIE
Abdoulaye BALBONE
Fabé Mamadou OUATTARA
Cinquantenaire du FESPACO : Wallonie-Bruxelles promet son soutien
En séjour à Bruxelles dans la cadre de la préparation de la célébration du cinquantenaire du Fespaco, le délégué général dudit festival, Ardiouma Soma a échangé avec les responsables de la fédération Wallonie-Bruxelles, le vendredi 18 janvier 2018. Ils ont promis à cette occasion d’apporter leur contribution à la réussite de l’évènement.
La fédération Wallonie-Bruxelles souhaite apporter sa contribution à la réussite du cinquantenaire du Fespaco. Elle a annoncé divers appuis financiers et matériels au délégué général du Fespaco, Ardiouma Soma, lors de leur tête-à-tête dans la capitale belge, le vendredi 18 janvier dernier.
Cet appui va concerner le soutien aux films que la fédération a financé et qui ont été sélectionnés pour la compétition officielle (longs métrages et documentaires), de la 26 édition du festival. Aussi, la fédération par la voix de son directeur de la coopération bilatérale directe, Fabrice Sprimont, a promis une enveloppe financière comprise entre 13 et 15 millions de F CFA. « Pour l’appui budgétaire, il devra être encore affiné. Ce sera autour de 13 et 15 millions de F CFA.
C’est notre soutien habituel dans notre coopération culturelle avec le Burkina », a expliqué le directeur de la coopération bilatérale directe. Outre cette aide financière, Fabrice Sprimont a annoncé la présence d’une délégation ministérielle pour les festivités du cinquantenaire. Il a conclu : « nous avons beaucoup parlé de notre participation, au colloque qui sera organisé pendant le festival… Comme à chaque édition, nous soutenons l’organisation de l’évènement ».
Abdel Aziz NABALOUM
De retour de Bruxelles
emirathe@yahoo.fr
Gestion des programmes agricoles : Une cartographie des risques pour plus de performances
Le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement organise une formation sur la cartographie des risques au profit d’une quarantaine d’agents du ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques, du 21 au 25 janvier 2019, à Ouagadougou.

L’entrée en vigueur du budget programme nécessite un renforcement des capacités des acteurs commis à sa mise en œuvre. Dans cette optique, une quarantaine d’agents chargés de l’animation des six programmes du ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques, bénéficient d’une formation sur la cartographie des risques, du 21 au 25 janvier 2019, à Ouagadougou.
Selon la conseillère technique au département en charge de l’Agriculture, Dr Aïssata Weremé/N’Diaye, cette session initiée par le ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, à travers l’inspection générale des finances, « vient à point nommé ». Car, elle constitue la pierre angulaire de la réussite de l’élaboration de la cartographie des risques de des différents programmes de son département, a-t-elle souligné.
« La cartographie des risques s’avère être un des outils importants de gestion et de contrôle interne qui permettra de recenser et d’évaluer les risques majeurs d’une organisation, de les synthétiser et de les hiérarchiser, pour assurer une démarche globale de maîtrise de ces risques », a précisé la conseillère technique. Cet instrument, a-t-elle expliqué, aide à établir des critères objectifs pour le choix des entités et des processus à contrôler. Une approche qui évitera à son département de tomber dans des erreurs susceptibles d’impacter négativement les performances attendues dudit ministère, a conclu Dr. Aïssata Weremé.

Les programmes « prévention et gestion des crises alimentaires et nutritionnelles», « aménagements hydro-agricoles et irrigation », « économie agricole », « développement durables des productions agricoles », « sécurisation foncière, formation professionnelle agricole et organisation du monde rural » et « pilotage et soutien » sont les bénéficiaires de la présente session.
Elle entre dans le cadre du budget programme qui consacre la responsabilisation des gestionnaires pour la conception, la mise en œuvre et le suivi du budget à travers un dispositif solide de gestion, de contrôle interne et d’audits. La formation est fiancée par la Banque mondiale, par l’entremise du projet de gouvernance économique et de participation citoyenne.
Mahamadi SEBOGO
msebogo@yahoo.fr
Fruits et légumes : De bonnes raisons d’en consommer
Les légumes et les fruits sont pourvoyeurs d’antioxydants, de vitamines, de fibres et de minéraux indispensables pour couvrir les besoins alimentaires et améliorer le transit intestinal. Malheureusement, les fruits et légumes ne sont pas consommés comme conseillé ; une situation qui entraine soit une malnutrition chez les enfants soit une mauvaise alimentation, occasionnant d’autres maladies.

Les fruits et les légumes, on en trouve un peu partout au Burkina Faso. En ville ou en campagne, les marchés en regorgent. Si certaines familles dites nanties connaissent l’importance de consommer les fruits et légumes et en achètent quotidiennement, ce n’est souvent pas le cas des familles « productrices » de ces fruits et légumes. Certains enfants souffrent de malnutrition dans des localités et pourtant les mêmes localités sont réputées être grandes productrices de fruits et légumes.
La preuve, d’après les résultats de l’enquête nationale de nutrition 2017, les régions les plus concernées par la malnutrition sont les Cascades, le Centre-Nord, l’Est, le Nord, le Sud-Ouest et le Sahel. L’une des raisons est que les productions sont destinées à la vente plutôt qu’à la consommation locale. Pourtant, les nutritionnistes sont unanimes que les légumes et les fruits sont chargés de nutriments indispensables au bon fonctionnement de l’organisme comme des vitamines et des minéraux. Ils apportent à l’organisme de l’énergie et aident à lutter contre de nombreuses maladies comme les maladies cardiovasculaires, le diabète ou l’excès de « mauvais » cholestérol.
De plus, ils contiennent des antioxydants qui protègent les cellules du corps des dommages causés par les radicaux libres (des substances produites au cours du fonctionnement normal de l’organisme). C’est pourquoi, il est conseillé de manger au moins 5 fruits et des légumes par jour parce que c’est la quantité nécessaire pour satisfaire les besoins de l’organisme en vitamines, minéraux et fibres.
Quelques précautions à prendre
La consommation des fruits et légumes apporte beaucoup à l’organisme ; encore faut-il que ceux-ci soient propres et bien conservés. Les spécialistes eux, recommandent d’éviter de conserver les fruits et les légumes dans le réfrigérateur. Le froid réduit leur teneur en vitamines. C’est le cas de Sylvie Crane, Dr en phytochimie qui, dans son livre intitulé « La Santé est dans le potager », souligne que lorsque les légumes sont surgelés ou déjà préparés, il est important de prêter attention à leur composition.
En effet, ces produits sont généralement plus riches en sel et ils contiennent plus de lipides et de sucre que des légumes ou des fruits frais. Il est aussi préférable d’éviter les légumes et les fruits en sauce, souvent trop riches en sel. Par ailleurs, il est conseillé de ne pas cuire les légumes trop longtemps. La vitamine C et la vitamine B faisant partie des micronutriments hydrosolubles, elles risquent d’être détruites. Il est conseillé de cuire plutôt les légumes à la vapeur car les éléments nutritifs, c’est-à-dire les minéraux et les vitamines, migrent dans l’eau.
En plus, il faut éplucher le moins souvent les fruits et légumes car leur peau contient une partie importante des éléments nutritifs. Aussi, il faut consommer une partie les fruits et légumes crue afin de préserver l’apport en vitamine C, qui est détruite par la cuisson. Les légumes doivent être consommés à maturité parce que trop jeunes, ils sont riches en eau et fades ; trop vieux ils sont durs, fibreux ou ramollis. Cependant, Dr Crane soutient que certains légumes sont peu digestibles.
Elle confie que des composés soufrés donnent aux oignons, poireaux, choux, choux fleurs…leur odeur et goût caractéristiques. Des nitrates peuvent être particulièrement présents dans certains légumes verts (laitue, épinards, bettes…), ainsi que les carottes et les betteraves rouges. Cela peut entraîner des risques d’intoxication chez les très jeunes enfants, ce qui explique la surveillance très rigoureuse qui s’applique aux aliments infantiles.
La contamination chimique la plus réelle vient des résidus de pesticides, particulièrement sur les salades, haricots et en général sur toutes les plantes directement exposées aux traitements phytosanitaires aériens et non cultivées en conduite biologique. Des altérations microbiennes peuvent également survenir avant ou après la récolte. C’est pour éliminer ces composés indésirables qui rendent les fibres de légumes plus facilement attaquables par les enzymes digestives que les différents traitements culinaires sont appliqués.
Gaspard BAYALA
gaspardbayala87@gmail.com
Célébration du cinquantenaire du FESPACO : « L’insécurité n’a pas entaché les relations avec nos partenaires », Ardiouma Soma
La campagne européenne de communication du cinquantenaire du FESPACO s’est achevée sur une note de satisfecit des organisateurs. Dans cet entretien, le délégué général de la biennale, Ardiouma Soma fait le bilan de cette tournée et évoque la contribution du cinéma africain au développement.
Sidwaya(S) : Quel bilan peut-on dresser au terme de votre campagne internationale de communication?
Ardiouma Soma : Le bilan est positif. Les deux conférences de presse de Paris et de Bruxelles nous ont donné l’occasion de rencontrer des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel d’Afrique, de sa diaspora, ainsi que des artistes musiciens et plasticiens. Nous sommes également entrés en contact avec des partenaires qui souhaitent associer leur image au FESPACO, pour la promotion d’une industrie véritable du cinéma et de l’audiovisuel en Afrique.
S : Un demi-siècle après la création du FESPACO, quelle image doit-on garder du cinéma produit sur le continent?
A.S : L’histoire du FESPACO et des cinémas africains et de sa diaspora sont pratiquement identiques. Le FESPACO a été créé en 1969. Les Africains se sont mis derrière la caméra au milieu des années 50. Le FESPACO et les cinémas d’Afrique et de sa diaspora, partagent le même combat. C’est pourquoi, nous disons « mémoire et avenir des cinémas panafricain », (thème de la présente édition, ndlr) est le point sur lequel, nous invitons au débat à l’occasion du prochain FESPACO, parce qu’il y a une mémoire dans les cinémas d’Afrique et de sa diaspora. Il faut donc regarder dans le rétroviseur, apprécier, et trouver des stratégies pour sauver ce patrimoine. Il est également temps de poser la question de l’économie du cinéma et de l’audiovisuel dans les réalités économiques locales. Les débats vont être aussi orientés dans ce sens lors du festival pour que nos cinémas qui, ont pendant longtemps été subventionnés, puissent arriver à une autonomisation.
S : Les Africains consomment de plus en plus les contenus d’ailleurs. Une véritable industrie cinématographique est-elle possible ?
A.S : Cela est possible. Aujourd’hui, les africains paient pour consommer les contenus audiovisuels d’autres cultures. De par le monde, les industriels ont compris qu’il y a de la clientèle en Afrique qui consomme des contenus audiovisuels. Ailleurs, ils sont en train de se préparer pour conquérir ce marché. Le FESPACO doit donc servir d’espace de discussions sur le continent. Sinon, nous devrons faire face à une autre forme de colonisation, cette fois, extrêmement dure.
S : La question sécuritaire est toujours préoccupante. Avez-vous pu rassurer vos partenaires d’effectuer le déplacement de Ouagadougou ?
A.S : La question sécuritaire est une affaire mondiale. Le monde a besoin aujourd’hui de plus d’humanisme. Aujourd’hui, les professionnels du cinéma ont une grande responsabilité. Ce sont les contenus que nous produisons qui peuvent contribuer à apaiser cette atmosphère. L’insécurité est certes une réalité, mais, cela n’a pas entaché nos relations avec nos partenaires. Tous ceux que nous avons rencontrés à l’occasion de cette tournée (Organisation internationale de la francophonie, Union européenne, Groupes des Etats ACP, le centre national du cinéma français, l’Unesco, etc.) ont confirmé leurs engagements aux côtés du FESPACO. Il y a une mobilisation autour du FESPACO parce que tout le monde a compris que cet espace peut montrer aussi à ceux d’en face que nous nous organisons pour la résistance et contre l’obscurantisme.
S : Le cinquantenaire du FESPACO sera célébré dans quelques semaines. Pensez-vous que le festival a contribué à l’évolution du 7e art sur le continent ?
A.S : Aujourd’hui, de nombreux jeunes africains s’intéressent à la filière du cinéma et de l’audiovisuel. Il y a beaucoup d’industries du cinéma et de l’audiovisuel, de réalisateurs, de techniciens, parce que le numérique est venu faciliter l’accès à ces métiers. Le plus intéressant, c’est que le FESPACO, depuis plusieurs éditions a ouvert une fenêtre aux écoles de cinéma et de l’audiovisuel. Il existe des centres de formation en cinéma et de l’audiovisuel dans la plupart des pays africains. Je pense qu’il y a une évolution notable et beaucoup d’espoir pour le développement de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel sur le continent.
S : Au Burkina, les cinéphiles estiment que les films ne sont plus de qualité. Quel est votre commentaire?
A.S : Au Burkina Faso, le cinéma évolue. Cela est perceptible. De par le passé, nous enregistrions environ 23 films par an. Aujourd’hui, ce sont près de 50 films qui sont produits. Le problème de la qualité est réel. Mais, il se résoudra au fur et à mesure avec le renforcement des capacités des professionnels à travers les différents centres et écoles de formations qui existent. Il y a donc, de l’espoir. Cette industrie du cinéma et de l’audiovisuel sera un important pilier pour le développement des pays africains.
Entretien réalisé à Bruxelles par Abdel Aziz NABALOUM
emirathe@yahoo.fr
Trait de plume-RDC : le jeu de dupes
Alors qu’Etienne Tshisekedi vient d’être confirmé président de la République par la Cour constitutionnelle et pendant que certains marchands de mort s’activent dans l’ombre pour déstabiliser le « cœur malade de l’Afrique », il n’est pas superflu de revenir sur les scrutins que vient de connaître la RD Congo pour comprendre les agitations et la fébrilité dont certains Etats et chancelleries ont fait montre, pour comprendre que le Congo n’est pas encore sorti de l’auberge au regard des énormes enjeux géostratégiques et économiques. Pour comprendre la position actuelle de Kigali et de certaines puissances occidentales, dans une moindre mesure celle de l’Eglise catholique (quoique), il faut remonter à mai 1997 et le début de la fin du régime Mobutu.
A l’époque donc et alors qu’il était déjà grabataire, le « léopard » de Kinshasa, lâché par ses ex-alliés occidentaux doit faire face à une rébellion armée conduite par Kabila père lequel était aidé par l’Angola, l’Ouganda et le Rwanda, tous désireux de mettre fin au règne de Mobutu et d’avoir un « regard » sur l’exploitation de ce coffre-fort qu’est le Congo, ex-Zaïre. Une mission que le « Mzee », surnom de Kabila père, mènera à bien avec la fuite de Mobutu dans des conditions dramatiques (sa propre garde rapprochée a tiré sur l’avion qui décollait) et la rentrée triomphale de ses « kadogos » dans la capitale.
Et, comme nous l’enseigne Machiavel, la gestion du pouvoir se révélera plus dure que sa conquête, avec les appétits « monstrueux » dont les uns et les autres feront montre dans la gestion du sous-sol congolais. Nationaliste dans l’âme, Kabila père ne pouvait regarder, sans réagir, ce pillage en règle de son pays sous prétexte qu’il fallait payer les alliés sur la « bête ».
Angolais et surtout Rwandais seront donc priés d’aller voir ailleurs au grand dam de leurs chefs d’Etat qui considéreront cela comme une trahison. Il n’en faudra pas plus pour que des rébellions « spontanées » naissent dans l’Ituri et le Kivu qui « étrangement » sont les provinces congolaises voisines du l’Ouganda et du Rwanda.
On se rappelle de Bosco Ntaganda et des autres sous-fifres qui seraient la terreur dans ces régions et acheminaient les pierres précieuses et autres ressources du Congo vers le Rwanda devenu par enchantement un « comptoir » de diamant et autres coltan. Cette « pression » atteindra son paroxysme avec l’assassinat de Kabila dans des conditions jusque-là mystérieuses. Des conditions que le « petit » Kabila lui connaît, ce qui a valu son retrait de la scène régionale et même continentale pendant de nombreuses années.
Dans le même temps, après avoir « detricoté » le réseau politico-militaire mis en place par les alliés encombrants de son père, il opérera un revirement d’alliance stratégique, pour ouvrir le pays à l’influence chinoise. Un crime de lèse-majesté pour des Occidentaux (les USA en tête) dont le Zaïre était la chasse gardée et qui depuis, s’échinent à faire rendre gorge à « l’impertinent ». C’est cette coalition revancharde qui agite l’épouvantail d’une élection truquée pour « gnagami » le pays et retrouver leurs intérêts perdus.
Et si l’Eglise a apporté son « écot » à cette tentative de remise en cause des résultats de l’élection présidentielle, c’est, et il ne faut pas l’oublier, parce que l’Eglise est l’une des « mamelles » du capitalisme, l’éducation telle que déclinée actuellement sous nos tropiques étant la seconde. Une « sainte alliance » judéo-chrétienne donc qui veut empêcher la percée des adeptes de Confucius au Congo. Une guerre d’intérêts loin de ceux du peuple congolais dans laquelle le rôle de cheval de Troie semble dévolu à Fayulu en attendant que le « mwana mboka » Jean Pierre Bemba et le Katangais Moïse Katumbi entrent en jeu.
En effet, il n’est pas superfétatoire d’indiquer que si la Cour pénale internationale (CPI) a libéré Bemba, c’est que les Occidentaux entendaient lui faire jouer un rôle fondamental dans le scrutin qui vient de se dérouler. Katumbi le Katangais était l’autre pièce de rechange de ce jeu de dupes où la démocratie et l’alternance sont brandies pour faire plaisir aux naïfs. Kabila qui lisait clair dans le jeu de ses anciens amis, a circonscrit la menace en mettant hors-jeu ces deux mastodontes et en se rapprochant de Tshisekedi, avec qui il entend gérer le pouvoir.
Un exercice qui ne sera pas de tout repos quand on sait que ce dernier avait déjà promis le fauteuil de Premier ministre à Vital Kamere en cas de victoire promisse qui semble compromise avec la victoire du camp Kabila aux législatives. Mais, en habile manœuvrier nourri à la source du marxisme-léninisme qu’il est, le « petit » Kabila pourrait contenter tout son monde (Kamere a déjà été son président de l’Assemblée) en procédant à une répartition géographique du « gâteau » national. L’un dans l’autre donc, cette élection ne règle pas les problèmes du Congo, car le maître du jeu, Kabila, attise toujours la haine des Occidentaux.
Il ne serait pas étonnant que lui aussi fasse bientôt appel à une garde prétorienne russe pour le protéger à l’instar du Centrafricain Faustin Archange Touadera qui s’éloigne progressivement de Paris. Une parenthèse pour dire que si le mouvement des « gilets jaunes » a pris autant d’ampleur en France, c’est que le « gombo » en provenance du pré carré est de moins en moins gluant au regard de cette concurrence entre puissances depuis la Chute du Mur de Berlin et l’avènement de la mondialisation.
Plus qu’une élection contestée, c’est donc la tragédie multiséculaire du peuple noir qui se poursuit dans le pays potentiellement le plus riche d’Afrique. Un poker menteur fait de bluff et de coups en dessous de la ceinture où malheureusement, les atouts sont des fils du continent qui prétendent agir au nom de la vertu. C’est Lumumba qui ne cesse de se retourner dans sa tombe.
Boubakar SY


