Cercle d’excellence du post-primaire et du secondaire : des prix décernés aux plus méritants.

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Le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, le Pr Stanislas OUARO a présidé le samedi 27 octobre 2018 à Ouagadougou,  la cérémonie officielle du « cercle d’excellence », 1ère édition,  récompensant les meilleurs  établissements d’enseignement post-primaire et du secondaire de notre pays. Il avait à ses côtés d’éminentes personnalités.
Placé sous le thème : «  Magnifier l’excellence en milieu scolaire, pour améliorer les performances  des établissements d’enseignement post primaire et secondaire », le « cercle d’excellence » au profit des lycées et collèges a atteint ses objectifs.

Première  du genre, cette activité s’inscrit en droite ligne dans le plan sectoriel de l’éducation et de la formation en phase avec l’axe 2 du PNDES visant le développent capital humain. Pour le compte des lycées et collèges,  le MENA avec l’appui financier du Programme d’Amélioration de l’Accès  et de la Qualité de l’Education (PAAQE) a entrepris l’organisation du « Cercle d’Excellence du post-primaire et du secondaire». Pour le ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation, le Pr Stanislas OUARO, « cette vitrine n’est pas de blâmer des établissements, ni d’amener des établissements à se satisfaire de leur position actuelle d’excellents, mais d’inciter les uns et les autres à intégrer le cercle d’excellence pour ceux qui ne le sont pas à cette  édition, et d’y rester pour ceux qui y sont ».

Ils sont 20 établissements d’enseignement post-primaire et du secondaire du public et du privé sur le territoire national à se hisser parmi les meilleurs. Leur choix a été établi sur la base de la reconnaissance officielle de l’établissement, le taux de succès aux examens, la localisation géographique, l’effectif des classes et la valeur ajoutée de l’établissement. Chacun des lauréats est reparti avec un trophée, une attestation de mérites et une récompense en numéraire et / ou un suivi accompagnement dans la réalisation de Plans d’amélioration scolaires et de Plan de visibilité pour le secteur privée.

Promesse accomplie au cours de cette cérémonie du ministre Ouaro car, dans le cadre de la session spéciale du CEP et du Baccalauréat dans le Sahel, deux lauréats dont le meilleur enseignant et le meilleur élève au baccalauréat série A4, ont été félicité. Ils ont reçu chacun un ordinateur portable et une somme de 200 000 Frs.
Le Lycée de l’Alliance Chrétienne( LAC), doublement lauréat (2 e post-primaire privé sur le plan national et 3e  au niveau du secondaire) est parmi les heureux. Son représentant Hippolyte Somé n’a pas caché sa joie: » nous dédions ce prix à Dieu d’abord et ensuite au directeur pour son management et son leadership, à tous les scolaires et à tous le personnel d’encadrement pour leur abnégation au travail. Et de poursuivre, «  C’est un challenge, nous travaillerons davantage afin de maintenir le cap. »

Convaincu que sans excellence, il n’y a pas de développement, le Pr Stanislas OUARO a invité la communauté éducative à s’impliquer davantage dans les activités scolaires pour accroitre les performances des établissements et partant des élèves.

Pour un coup d’essai ce fut un coup de maitre, les rideaux se sont refermés avec les perspectives que les mêmes ou d’autres établissements s’illustreront de fort belle manière aux prochaines éditions.

Abdel Aziz NABALOUM

Accidents prémédités ou crimes perpétrés ?

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A qui appartiennent ces camions assassins qui endeuillent nos familles ? Est-ce que ces bolides criminels passent tous par les instances de contrôle technique ? Et ces chauffards qui tuent et prennent la fuite pour échapper à la vindicte populaire ! Ont-ils leur permis de conduire ? Sont-ils assez mûrs pour être responsables au volant ? Quel sort leur réserve-t-on en cas de meurtre ?
Oui, c’est un meurtre, parce que généralement, ces tombeaux ouverts roulent en connaissance de cause. Ils savent bien qu’ils n’ont pas de bons freins ou de bons phares, mais ils circulent. Ils savent bien qu’ils n’ont pas de permis, mais ils circulent. Ils circulent avec la bénédiction et la complicité de ceux-là même qui sont en charge de l’ordre et de la sécurité. Il y en a même qui vous écraseront pour circuler sans se retourner. Non, il faut arrêter le deal et le massacre et condamner avec fermeté ces voyous à la hauteur de leur forfait. Il faut sanctionner ces irresponsables aux allures de drogués, sans la moindre pitié. Il n’y a pas de différence entre un terroriste et un chauffard qui tue et fuit. Ne dites pas que c’est trop fort. Quand on vous arrache brutalement et atrocement la seule mère que vous avez, juste parce qu’on est pressé. Quand on écrabouille votre femme et votre bébé, par incurie, par pure négligence, il n’y a aucune circonstance atténuante. Il n’y a pas d’excuse quand la faute était déjà connue avant même d’être commise. Il ne doit pas avoir de clémence pour celui qui tue par imprudence. Comme ça fait mal de voir que ces camions continuent d’écraser des vies sans payer le prix fort. Comme c’est décevant de voir que ces camions circulent en ville sans frein, en toute vitesse, au vu et au su de ceux qui devaient bien faire leur travail.
Au-delà de ces crimes accidentellement planifiés, il y a la responsabilité de l’autorité. Que faites-vous pour épargner vos citoyens du pire ? Pourquoi ces camions ne sont-ils pas en règle, mais circulent ? Pourquoi diantre, roulent-ils aux heures de pointe, en plein embouteillage ? Il y a de longs camions poids lourds qui font la course au grand dam des usagers. Quand l’irréparable intervient, on défend la foule de se rendre justice. On crie à l’incivisme. Non, le civisme ne doit pas provenir de la victime. Le civisme n’est pas l’apanage des autres. Le bourreau doit payer ! Malheureusement, chez nous, les bourreaux ne passent pas derrière les barreaux. Ils séjournent quelques temps à l’ombre, puis réapparaissent pour mieux narguer le monde. Tant pis pour les victimes. Ils sont blessés ou morts pour rien. Finalement, il n’y a rien à espérer de qui que ce soit. Il n’y a rien à changer, si dans les têtes il n’y a pas de volonté de changement. Rien ne sert à compiler des textes, s’il n’y a pas d’hommes dignes pour les appliquer.
Rien ne sert de les équiper de limiteurs de vitesse, si leur inconscience n’a pas de limite. Même à 40 km/heure, un chauffard est un chauffard. Fouillez dans la mêlée, combien ont un permis de conduire ? Combien foulent au pied les b.a.-ba du Code de la route ? Combien cognent et arrachent impunément nos feux tricolores au lieu de s’arrêter à ces feux ? Combien continuent de téléphoner au volant, insouciants ? Pire, combien continuent d’écrire et d’envoyer des sms au volant ? J’ai vu un motocycliste enfiler son pullover en roulant comme dans un cirque.
J’ai vu une coquette automobiliste se mirer en grimaçant au volant, en pleine circulation. J’ai même vu des automobilistes rouler côte à côte, célébrer leurs retrouvailles et s’échanger les contacts, en pleine circulation. Nous sommes très loin d’être développés. Parce que le vrai développement germe d’abord dans la tête. Malheureusement, il y en a peu, ceux qui ont une tête.

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Tour du Faso 2018/ 9e étape;Sorgho passe de 12 à 13 secondes d’écart

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L’allemand Hermann Keller a remporté, le vendredi 2 novembre 2018,   la 8e étape du 31e tour international du Faso, Courue entre Bobo-Dioulasso et Boromo. Le sociétaire de la Team Embrace the World a parcouru les 176 km en 4h23mn03s, avec une vitesse moyenne de 40,144 km/h. Quant au maillot jaune, il reste toujours la propriété du Burkinabè Mathias Sorgho.
Il ne reste plus que deux étapes pour connaitre le grand vainqueur du 31e tour international du Faso. Mais avant, la 8e étape courue entre Bobo-Dioulasso et Boromo, longue de 176km, a été enlevée par l’allemand de la Team Embrace the World en 4h23mn03s avec une vitesse moyenne de 40,144 km/h. Cette étape comportait trois sprints intermédiaires : Koumbia, Houndé et Pâ. Le 1er à Koumbia (67,2km) a été enlevé par le capitaine des Etalons, Abdoul Aziz Nikiema. Il a devancé respectivement le camerounais Abossolo Kamzong et le Burkinabè Salifou Yerbanga de l’équipe régionale du Centre. Au second point chaud à Houndé (100,7km), l’ivoirien Amadou Lengani a franchi le 1er la ligne. Il est suivi de Salifou Yerbanga et de Abdoul Aziz Nikiema. Quant au dernier sprint intermédiaire à Pâ (131,3km), il a été arraché par le camerounais Abossolo Kamzong devant Salifou Yerbanga et l’ivoirien Amadou Lengani. A Boromo, les coureurs y arrivent groupés. Et c’est au sprint que l’allemand, Hermann Keller de la Team Embrace the World, va faire la différence en s’imposant t devant le Burkinabè Seydou Bamogo et le belge Timmy De Boes. Malgré cette victoire belge, le maillot jaune demeure la propriété du Burkinabè Mathias Sorgho. Quant au maillot vert, il ne change pas de propriétaire et est détenu Hermann Keller. Seydou Bamogo garde également le maillot des points chauds. Celui de la combativité revient au camerounais, Abossolo Kamzong. La 9e et avant dernière étape partira le samedi 3 novembre 2018 de Loumbila à Kaya, soit une distance de 90,9 km avec deux points chauds : Ziniaré et Korsimoro.
Ollo Aimé Césaire HIEN

TNT : le débat sur la taxe des éditeurs se prolonge

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Le comité de pilotage de la Télévision numérique de terre (TNT) a fait le bilan de la mise en œuvre de cette technologie au Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, le mardi 16 octobre 2018.
Les membres du comité de pilotage de la Télévision numérique de terre (TNT) étaient chez le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba.  Dans la matinée du mardi 16 octobre 2018, ils sont allés faire le bilan de la mise en œuvre de la TNT au chef du gouvernement, après près de dix mois de son lancement officiel. De ce bilan, il est ressorti que sur les 35 sites prévus, 29 sont opérationnels pendant que deux autres attendent des connexions avec l’électricité. Quant aux quatre autres restants, ils ont des difficultés dans l’achèvement. Des difficultés qui, aux dires du ministre de la Communication et des relations avec le Parlement, Rémis Fulgance Dandjinou, sont liées à la situation sécuritaire du pays et aux retards dans la mise à disposition des parcelles.
Le clou de la rencontre a été la discussion sur la redevance à payer par les éditeurs privés. Sur ce point, le ministre Dandjinou a avoué que la question est « très délicate », au regard du caractère « sensible » des médias qui, à la différence des autres entreprises privilégiant la recherche du profit, ont un rôle informatif, éducatif et distrayant. « Si aujourd’hui, une télévision ne peut pas émettre, parce que la redevance est trop importante, cela va poser problème parce que c’est un média qui fermerait et ce sera une tâche sur l’espace audiovisuel burkinabè », a-t-il soutenu. C’est pourquoi, le débat a été renvoyé à fin octobre pour mûrir la réflexion sur le sujet.
Mais qu’à cela ne tienne, Rémis Fulgance Dandjinou a assuré que les éditeurs privés vont payer une contrepartie dans les jours à venir. Car, cela y va de la survie de la Société burkinabè de télédiffusion (SBT). « Il est illusoire de croire que les éditeurs privés ne vont pas payer. Ils doivent payer pour que la SBT ne soit pas une entreprise qui fonctionne à perte. Il y a certes, la part que l’Etat doit verser, mais il y a aussi celle que les éditeurs privés doivent apporter pour ne pas que l’entreprise roule à perte », a-t-il déclaré.
Nadège YAMEOGO

CNPB : Apollinaire Compaoré propose une nouvelle dynamique

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Dans le cadre de la campagne pour l’élection du président du Conseil national du patronat burkinabé (CNPB), l’unique candidat, Apollinaire Compaoré a animé, le vendredi 12 octobre 2018 à Ouagadougou, une conférence de presse.
Homme d’affaires « émérite », patron de plusieurs entreprises au Burkina Faso comme à l’étranger, Apollinaire Compaoré bât la campagne pour  la présidence du Conseil national du patronat burkinabé (CNPB). A cet effet, il a animé une conférence de presse, le vendredi 12 octobre 2018 à Ouagadougou pour solliciter le suffrage des patrons d’entreprises burkinabè pour la présidence du CNPB, créé il y a 44 ans (1974). Pour son directeur de campagne, Alexis Zongo, son candidat a pour ambition de contribuer à l’édification d’un secteur privé dynamique, porteur de développement économique et social inclusif de tous les travailleurs et employeurs burkinabé.
Cela, a-t-il poursuivi, en préservant et en promouvant leurs intérêts matériels et moraux dans leurs relations avec les pouvoirs publics, les partenaires au développement et les organisations syndicales. Ainsi, a expliqué son directeur de campagne, s’il est élu à la tête du patronat, Apollinaire Compaoré compte contribuer à l’instauration au Burkina Faso et dans la sous-région, d’un environnement propice à l’extension du secteur privé, en vue de promouvoir le développement économique et social. Il envisage également établir avec les pouvoirs publics et les partenaires au développement, des relations de partenariat, afin de promouvoir un consensus à l’appui des réformes et de modifier de manière qualitative les attitudes envers l’initiative privée.
Par ailleurs, M. Compaoré souhaite améliorer la gestion interne des entreprises par l’organisation de sessions de formation et enfin, la réalisation et la diffusion d’études nécessaires à la promotion de leurs activités. M. Zongo a poursuivi qu’un plan global sera bâti sur une période de 4 à 5 ans autour de quatre axes principaux. Le 1er axe, a-t-il confié, entend réviser les textes statutaires et réorganiser la gestion institutionnelle et fonctionnelle du CNPB, le 2e axe, développer une stratégie de communication, de représentation et de plaidoyer pour la défense des intérêts de ses membres et le développement du secteur privé.
Quant à l’axe 3, il ambitionne de développer une approche de prestations de services adaptée à ses membres, alors que l’axe 4 prévoit la mise en œuvre d’une gestion optimale pour une autonomie financière et une viabilisation du CNPB. En réponse aux questions des journalistes sur ses capacités à diriger le CNPB et pourquoi battre campagne alors qu’il est le seul candidat, Apollinaire Compaoré s’est voulu rassurant. « J’ai toute l’énergie physique, je suis bien entouré par des collaborateurs, je dispose d’une expérience  pour mener à bien la présidence du CNPB. Je suis le seul candidat par consensus, je bats une campagne pour ne pas rentrer de façon clandestine et j’apporte une nouvelle dynamique », a soutenu M. Compaoré.
Adama SOW (Stagiaire) 

 

BCEAO : Le nouveau vice-gouverneur, Toé reconnaissant au président Kaboré

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Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a reçu en audience, le vendredi 12 octobre 2018, le nouveau vice-gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Norbert Toé. L’ancien cadre du Fonds monétaire international (FMI) est venu remercier le Chef de l’Etat pour le soutien à sa nomination.

Nommé vice-gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le 21 septembre 2018, Norbert Toé a rendu visite au Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le vendredi 12 octobre 2018. L’ancien haut cadre du Fonds monétaire international (FMI) à sa sortie d’audience, a dit être venu  remercier le Président Kaboré pour son soutien à la nomination à  son  nouveau poste. «Sur proposition du gouvernement burkinabè, le conseil des ministres de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA), m’a désigné Vice-gouverneur de la BCEAO», a-t-il précisé.

Pour Norbert Toé, il est de bon ton qu’il se rende auprès du Chef de l’Etat pour témoigner sa reconnaissance et bénéficier de ses conseils avisés, afin de mener à bien les missions à lui assignées par la communauté monétaire d’Afrique de l’Ouest. par ailleurs, le Vice-gouverneur de la BCEAO a donné rendez-vous, dans quelques semaines, pour sa prise officielle de service.  Norbert Toé remplace ainsi à cette charge, l’ancien ministre en charge des finances, Jean-Baptiste Compaoré.  Avant sa nomination au poste de gouverneur adjoint de la BCEAO, il avait en charge le dossier de la République Centrafricaine  qui bénéficie d’un accord  avec le  Fonds monétaire international au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC).

Boukary BONKOUNGOU

Univers associatif burkinabè : Des entreprises fédèrent leurs énergies

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Les entrepreneurs du Burkina Faso se sont retrouvés en assemblée générale, le samedi 13 octobre 2018 à Ouagadougou, pour mettre en place une association dénommée «Confédération générale des entreprises du Burkina Faso (CGEB)».

Des entrepreneurs du Burkina Faso veulent fédérer leurs énergies. En effet, ils se sont réunis en assemblée générale, le samedi 13 octobre 2018 à Ouagadougou, pour mettre en place la Confédération générale des entreprises du Burkina Faso (CGEB). Ils ont mis en place  un bureau provisoire de 16 membres avec  Ouédraogo Hamidou comme président et  Martin Sawadogo comme vice-président. Selon le  vice-président général  de la CGEB, Martin Sawadogo, les premières tâches de la confédération sont de mobiliser les ressources internes pour accompagner les entrepreneurs dans le processus de formalisation, d’organisation et de planification de leurs activités, être le représentant de ses membres auprès des pouvoirs publics, s’imprégner des expériences heureuses des autres pays pour un secteur privé dynamique, jouer le rôle de conseils auprès de ses membres sur le plan financier, juridique, administratif et fiscal.

En plus de cela, aux dires de M. Sawadogo, la  confédération  générale des entreprises du Burkina Faso   va constituer  une école dans laquelle, les entrepreneurs vont recevoir des formations pour renforcer leurs capacités, afin d’être  les meilleurs  dans leurs domaines respectifs. Parlant de domaines, il a souligné que la CGEB va regrouper les acteurs travaillant dans le secteur informel, petits et grands commerçants, petites et moyennes entreprises, grandes entreprises, sociétés industrielles et de services.  M. Sawadogo a dit compter sur tous les participants pour une confédération transversale et verticale afin de regrouper et embrasser tous les secteurs économiques.

A l’en croire, le pays des Hommes intègre, malgré son contexte sécuritaire difficile, est une terre d’espérance et d’opportunités ouverte aux investisseurs. Il a ainsi mentionné que la CGEB se veut nationale. Elle entend donc, a-t-il dit, couvrir les 13 régions et les 45 provinces du Burkina Faso. A entendre M. Sawadogo, si le Burkina Faso est au cœur de l’Afrique, c’est que les Burkinabè ont un rôle central à jouer donc les entrepreneurs sont les acteurs privilégiés. Il a, pour cela, invité les acteurs économiques nationaux et de la diaspora à prendre part à la vie et au rayonnement de la CGEB.

Lassina BADOLO (Collaborateur)

Autonomisation des femmes : Des bénéficiaires épanouis et reconnaissants

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Alors que le projet d’amélioration de la commercialisation des produits transformés par les groupements de femmes au BF, avec une approche de développement humain durable » dans la Sissili et le Ziro approche de son épilogue, l’impact des activités sur les bénéficiaires est indéniable. Lors d’une mission effectuée du 22 au 26 septembre 2018 par une équipe de la Croix-Rouge burkinabè, dans plusieurs villages à la rencontre des femmes bénéficiaires, des témoignages enthousiastes ont été collectés auprès d’elles.
Dans sa cour située dans un quartier de la commune de Sapouy, Mme NAMA/IDO Angeline, présidente de l’Union Nébéléya est une femme plus épanouie. Grâce au renforcement des capacités dont elle a bénéficié avec les autres femmes membres de son groupement, elle se sent davantage plus autonome pour gérer ses activités de transformation du beurre de karité. «Au début, quand nous allions à Léo à des rencontres avec la Fédération Nununa, les femmes de notre union concassaient les amandes de karité à la main. Nous avons par la suite reçu un seul moulin pour neuf groupements, ce n’était pas si simple de s’en sortir au début.
Mais notre plaidoyer auprès de la Croix-Rouge a porté, puisque nos capacités ont été renforcées», se souvient-elle. Ce témoignage s’ajoute à ceux de plusieurs autres bénéficiaires qui reconnaissent l’impulsion de leurs activités grâce à l’accompagnement de la Croix-Rouge burkinabè et son partenaire la Croix-Rouge espagnole. Aujourd’hui, la commercialisation des produits à base de beurre de karité est plus aisée pour ces femmes, toute chose qui leur apporte des revenus substantiels pour soutenir les dépenses de la famille. Grâce aux formations reçues, le renforcement du site web, et l’amélioration des outils de communication – marketing, les femmes de différents groupements membres de la Fédération Nununa arrivent à bonifier leurs activités.
« Nous savons comment protéger les arbres à karité, à quel moment récolter les fruits. Nous sensibilisons par la suite autour de nous pour que la communauté comprenne l’importance de cet arbre », reconnait également Kadidja, NAMA membre du Groupement Sapouy Kana. Entre décembre 2016 et juin 2018, le projet a misé sur des sessions de formation axées principalement sur la vie coopérative, le marketing et la commercialisation, le développement et la gestion de l’environnement, la gestion des bases de données. A cela s’ajoute plusieurs dotations en matériels de travail et des séances de théâtre forum. De façon plus générale, les 5 431 femmes de la Fédération Nununa dont est membre l’Union Nébéléya, admettent avoir engrangé des acquis qui leur permettent de mieux organiser la commercialisation de leurs produits à base de beurre de karité et de sésame.
Le projet d’amélioration de la commercialisation des produits fabriqués par les groupements de femmes au BF, avec une approche de développement humain durable » a joué sa partition avec le secret espoir que les bénéficiaires sauront pérenniser les nombreux acquis engrangés. Lancé en septembre 2016, ce projet financé par la Croix-Rouge espagnole, avait pour finalité de contribuer à améliorer la commercialisation des produits de la Fédération Nununa. Pour ce faire, il a mise sur diverses approches au nombre desquelles le renforcement des capacités techniques  du personnel de la fédération Nununa et du groupe de volontaires de la CRBF; l’amélioration des outils de communication, marketing, vente des produits de la Fédération Nununa ainsi que les compétences en marketing et commercialisation des volontaires de la CRBF; la sensibilisation des populations de la province de Sissili et Ziro sur l’importante de la production écologique et durable ainsi que de la protection de l’environnement.
N.O

Guy Gweth, expert en intelligence économique

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Depuis quelques années, le concept d’intelligence économique fait l’actualité dans le milieu des entreprises en Afrique. Pour mieux cerner les contours de cette stratégie, Sidwaya a rencontré un spécialiste de la question, mais aussi en géostratégique et développement de l’Afrique, Guy Gweth. Dans cet entretien, il apprécie la pratique de l’intelligence économique dans les pays africains.

Sidwaya (S.) : Qu’est-ce que l’intelligence économique?

Guy Gweth (G.G.): L’Intelligence économique (IE), c’est à la fois un état d’esprit, un dispositif et un ensemble de techniques et de méthodologies qui commencent par le questionnement d’un décideur. Pourquoi nous sommes dans une situation particulière qui est celle de la concurrence ? Après, on a la collecte, le traitement, l’analyse, la production du renseignement, la transformation du renseignement en outil d’aide à la décision ; et enfin la transmission sécurisée de l’information au décideur qui a posé la question initiale.

S. : Comment vous appréciez le niveau de connaissances et de pratique de l’IE en Afrique de façon générale et au Burkina Faso en particulier ?

G. G. : Je ne distingue pas de façon aussi marquée votre question sur la différence entre le Burkina Faso et le reste du continent. L’intelligence économique en Afrique est encore à ses balbutiements mais elle y fait ses premiers pas parce qu’on a posé des marqueurs forts. Un Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE) a été créé depuis trois ans et est composé en ce moment de 28 pays. Il y a un référentiel africain de veille et d’intelligence économique africaine, ce qui marque la différence avec l’IE pratiquée en Asie, en Europe, aux Etats-Unis d’Amérique. On a créé  aussi un Master en intelligence économique et marché africain avec l’école supérieure de gestion de Paris, sans oublier les formations courtes comme celle qui aura lieu à Ouagadougou du 9 au 12 octobre 2018 et qui va réunir une trentaine de participants venant de 4 pays d’Afrique de l’Ouest. On a donc déjà posé les bases, les balises. Maintenant, il reste à conquérir l’establishment, les décideurs politiques et économiques, de les sensibiliser pour qu’ils comprennent les enjeux et le caractère devenu indispensable de l’intelligence économique pour nos pays.

S. : On voit que le CAVIE travaille dans la promotion de l’IE. Concrètement, quelle est la part des Etats africains dans la diffusion de l’intelligence économique?

G. G. : Il est de la responsabilité de nos Etats de fixer les lignes de forces de ce que doit être l’intelligence économique en Afrique. Mais vous connaissez également les réalités de nos appareils étatiques qui sont caractérisés par les lenteurs et les lourdeurs administratives alors que le temps des opérateurs économiques est court. Il n’est pas question que les entreprises, la société civile attendent l’Etat sur ce terrain-là. De toute façon, l’Etat finira par comprendre et suivra le pas.

S. : Certains estiment que l’intelligence économique est une affaire de multinationales, de grandes entreprises occidentales et non celle des PME africaines. Etes-vous de cet avis?

G. G. : Je trouve que c’est une aberration de le considérer ainsi, même si on ne peut pas nier le fait que les multinationales de par l’étendue de leurs responsabilités, des marchés auxquels ils sont exposés, de par leurs moyens, ont évidemment beaucoup plus de possibilités de mettre en place des dispositifs d’intelligence économique qui sont quand même lourds à un certain niveau. Toute chose étant égale par ailleurs, les entreprises même très petites, même avec une seule personne, qui sont en situation de compétition ont intérêt à savoir ce que fait la concurrence, à surveiller ce que font les autorités en charge de la règlementation et qui va faire disparaître ou rendre difficile mon activité. Cette surveillance permanente doit être faite par l’entreprise, quelle que soit sa taille. Mais la réalité est que c’est un travail professionnel absorbant ; or, l’entreprise a vocation à rester concentrée sur son cœur de métier. Il appartient donc aux experts souvent indépendants, qui peuvent travailler aussi pour les autorités étatiques, de renforcer les capacités ou réaliser ce travail au profit des entreprises.

S. : 60 ans après les indépendances, l’Afrique peine à trouver sa voie de développement. Qu’est-ce qui plombe véritablement le décollage du continent ?

G. G. : C’est une question vaste, mais je peux répondre en trois points. Le premier, est que l’Afrique est riche en matières premières, en gisements et cela fait l’objet de convoitise depuis des années. Ce qui a donné lieu à la colonisation avec tout le cycle qui a suivi. Les puissances se sont rendu compte qu’elles avaient un continent extrêmement riche qu’il fallait dompter, domestiquer afin d’extraire les matières premières qui s’y trouvent. 60 ans après les indépendances, ces entités continuent de garder la main sur la «poule aux œufs d’or». Le deuxième élément qui relève de l’influence, du «soft power» est que nos élites africaines ont prioritairement fait leurs études dans ces pays occidentaux. Nos élites ont donc été formées et même formatées par ces grandes puissances. Et elles ont vocation à consommer les produits, le mode de penser, de réflexion, d’agir de leurs lieux de formation. Qu’elles le veuillent ou pas, elles se retrouvent toujours à reproduire les mécanismes et même les réflexes qu’on attend d’eux car pour être reconnu, se faire accepter, il faut pouvoir rendre compte de l’ensemble des attitudes et de comportements qui font le bon élève devant le maître. Finalement, cela fait que les intellectuels africains qui ont été formés dans ces écoles occidentales sont les maillons faibles de l’influence, les plus influençables. Troisièmement, les reliques ou les traces de la période coloniale ont fait que nos populations continuent de penser qu’elles sont inférieures et que c’est ce qui vient de l’Occident qui est meilleur. L’agencement de ces différents facteurs, explique en partie pourquoi l’Afrique n’est pas sortie de ce marasme. Mais aujourd’hui, on a une prise de conscience quasi générale sur l’ensemble du continent, avec de nouvelles élites bien formées, totalement décomplexées et qui ont hâte de faire bouger les lignes. Au regard de cela, d’un point de vue personnel, je suis optimiste.

S. : Concrètement, sur quels leviers les Etats africains doivent actionner pour émerger ?

G. G. : Le premier levier est celui de la diversification de nos économies. On ne dira jamais assez sur nos économies jusque-là basées uniquement sur les matières premières même si le secteur des services commence à se développer considérablement. Il faut aussi diversifier nos partenaires internationaux. On a jusqu’ici garder des partenaires traditionnels, maintenant il y a de nouveaux entrants tels que les Indiens, les Chinois, les Turcs, etc. Cet élargissement enrichit et expose moins aux aléas d’un interlocuteur dont l’humeur peut changer comme on le voit maintenant avec par exemple les Etats-Unis. D’autre part, l’élément information est décisif. Par exemple, le Burkina Faso a renoué avec la République populaire de Chine. Qu’est-ce qui peut empêcher que le Burkina reproduise les erreurs qu’ont commises les autres Etats africains qui ont négocié avec les Chinois? Qu’est-ce qu’il peut faire pour tirer parti des points forts qu’avaient marqués d’autres négociateurs africains avec les Chinois ? Cela s’apprend et cette information est disponible et peut permettre à nos Etats de pouvoir gagner ou alors économiser de nombreuses années, même des échecs auxquels ils peuvent être exposés. Le troisième aspect et non des moindre, est l’éducation car tout se passe dans le mental. Il nous faut des manuels d’éducation qui racontent une autre histoire, l’histoire des Africains par les Africains eux-mêmes ; une histoire décomplexée, qui rend compte la réalité dans laquelle est le continent africain, un continent sain, pillé, exploité, sous-reconnu, sous-pesé de façon négative par les autres parties prenantes et dont la perception est très mauvaise. D’où la nécessité de mettre en place des dispositifs comme le Rebranding Africa Forum.

S. : Autrement dit, le développement de l’Afrique sera endogène ou il ne le sera pas, comme l’a soutenu le Pr. Joseph Ki- Zerbo…

G. G. : Je ne suis pas pour le tout endogène. J’ai du recul par rapport à cette citation que j’apprécie. Par ailleurs, elle a beaucoup de sens quand on se souvient que les échanges commerciaux entre pays africains n’excèdent pas la barre de 17%. Il est donc clair que si on y ajoute 80%, le visage même du commerce africain va changer. Mais j’estime aussi que nous vivons dans un monde globalisé, qu’on a besoin de nos voisins, de nos partenaires, qu’on a besoin de vivre en bonne intelligence et de la coopération internationale.

Et l’Afrique doit être déjà solide et devenir aussi une force de proposition, comme le disait Senghor, «une Afrique qui part au rendez-vous du donner et du recevoir».

Interview réalisée par par Mahamadi SEBOGO

msebogo@yahoo.fr

Manifestation à la mine d’or de Bagassi

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Les jeunes de Bagassi, dans la province des Balé, ont barricadé la voie, le mercredi 10 octobre 2018, à 4 heures du matin, pour  empêcher les véhicules de la société minière canadienne Roxgold  d’accéder au site. Le mouvement d’humeur a dégénéré en heurts entre manifestants et forces de l’ordre, occasionnant des dégâts matériels.  Le calme est revenu après, et un comité de crise a été mis en place pour désamorcer les probables rebondissements. 

La commune rurale de Bagassi, située à environ  40 kilomètres au Nord-Ouest de Boromo a été, le matin du mercredi 10 octobre 2018, le théâtre d’affrontements entre manifestants et policiers. Selon des témoins, il s’est agi d’un mouvement d’humeur des jeunes qui a dégénéré. Le mouvement, a-t-on appris, avait pour objectif de transmettre une liste de doléances aux responsables de la société minière Roxgold qui exploite l’or de la localité. Cette marche dite pacifique, toujours selon les témoignages, a consisté à bloquer la voie et empêcher les véhicules de la mine d’accéder au site. Une situation, qui a viré à l’affrontement, car des hommes en treillis, qui seraient venus en renfort de Boromo, ont pris d’assaut les lieux, faisant usage de gaz lacrymogènes et de matraques.

C’était le sauve-qui-peut et les jeunes dans leur passage ont déversé leur colère sur des biens des responsables miniers et de la population.  A notre arrivée sur les lieux, dans l’après-midi du mercredi 10 octobre, l’on notait une accalmie totale. Toutefois, des dégâts matériels étaient visibles. Aussi avons-nous appris la mise en place d’un comité pour désamorcer la crise. Selon le préfet du département de Bagassi, Aboubacar Sanogo, la situation qui prévaut dans la localité est liée à un manque de communication entre les jeunes et la société minière. Pour lui, c’est un mouvement d’humeur  dû à  un malentendu. «Quand les gens sortent pour manifester, les dégâts ne manquent pas au niveau de la population», a- t-il laissé entendre.

Le préfet de Bagassi a invité les populations à toujours s’informer auprès de l’administration et à utiliser les voies légales pour leurs revendications.  De son avis, un consensus a été trouvé avec les acteurs concernés,  avec la mise en place d’un comité de crise. Il a soutenu que la société minière Roxgold doit communiquer suffisamment sur ses actions qu’elle mène au profit de la population pour éviter de tels dérapages à l’avenir. «La manifestation n’a pas occasionné de perte en vie humaine ni de blessé», a ajouté Aboubacar Sanogo.

Engagement à juguler la crise

Le Directeur général (DG) de la société minière  Roxgold, Eric Gratton, joint au téléphone, affirme avoir une bonne communication avec les autorités locales et les populations riveraines  de la mine depuis le début des activités de l’entreprise. A l’entendre, la société a une feuille de route, qui définit les différentes actions à réaliser et va communiquer davantage avec le gouvernement sur celle-ci. «45%  des employés sont originaires de la commune de Bagassi», a indiqué  le DG de la société Roxgold. D’après lui, des pourparlers ont été engagés entre les autorités locales et la société minière pour prendre en compte leurs préoccupations. Il a souligné que le dialogue va permettre de ramener la sérénité et la paix  sur le site.

Eric Gratton  a, par ailleurs, expliqué que les jeunes ont remis une liste de doléances depuis un certain temps  et la mine était en train de réfléchir à comment améliorer leurs conditions de vie et de travail.  «Nous allons travailler dans la même dynamique pour le bien-être des jeunes», a-t-il   précisé.  Pour sa part, le porte-parole des manifestants, Lawa Yé, a expliqué que c’est depuis le 30 septembre 2018, que les jeunes voulaient remettre leurs préoccupations aux responsables de la mine.  A l’en croire, les doléances de la jeunesse locale s’articulent sur, entre autres, le licenciement abusif, le recrutement, les locaux, le problème de l’exploitation artisanale, et la fissuration des maisons. «Avant l’installation de la mine, on ne connaissait pas ça et après son installation nous constatons que nos maisons sont en train d’être fissurées», a- t-il ajouté.

A l’écouter, la mine doit être à l’origine de cette situation, parce qu’elle est située non loin du village. M. Yé note que leurs préoccupations, partagées par le bureau du Comité villageois de développement (CVD) et des relais communautaires,  ne sont pas communiquées aux responsables de la mine et c’est ce qui explique la marche des jeunes contre la société. Il  soutient que l’objectif de leur mouvement est de faire partir le directeur des relations communautaires de la société, afin qu’il ne sème pas la zizanie entre les fils du village. Le porte-parole des manifestants estime que le responsable des relations communautaires ne joue pas correctement son rôle, d’où la non-réaction à leurs doléances. «Nous avons des problèmes et nous sommes là pour transmettre un message au DG de la mine», a  souligné Lawa Yé.  Le porte-parole des manifestants  affirme qu’au moins quatre personnes ont été grièvement blessées pendant la course poursuite.  Il a invité le gouvernement à suivre de près l’application du Code minier, afin de permettre aux populations riveraines de bénéficier des retombées minières du pays.

«La jeunesse de Bagassi abandonnée par la mine»

Pour le chef du village de Bagassi, Amédée Z. Yé, la marche contre la société minière s’explique par un mécontentement général de la jeunesse. A l’en croire, les jeunes se sentent délaissés dans le traitement de l’activité minière de la zone. Le chef coutumier révèle que les revendications des manifestants sont basées sur le recrutement, la formation  et les projets  de la mine. «La localité ne profite pas de l’activité de la société minière  Roxgold», a-t-il confié.  Selon ses dires, des employés ont été recrutés ailleurs et les  jeunes estiment qu’ils ont été délaissés dans leur zone.  Amédée Yé a signalé que lors de la manifestation d’humeur, il n’y a pas eu de dégât sur la mine, mais que  par contre, la population a enregistré des blessés et des dégâts matériels.

«Nous sommes en échange avec les jeunes mais pour l’apaisement total de la crise, il faut que la mine revoie beaucoup de choses pour le village», a exhorté le chef.  Dieudonné Bassolé est un riverain de la zone d’exploitation minière. Il soutient que les jeunes ont marché pour le bien-être de leur localité. «Nous sommes  de ce village et pourquoi  employer d’autres jeunes sans nous ?», s’est-il interrogé. De son avis, les  manifestants ont pacifiquement marché  pour exprimer leurs préoccupations et ce sont les forces de l’ordre qui les ont provoqués.  Quant à la commerçante Flora Kaba, exerçant non loin du site minier, elle pense que la société doit  favoriser le recrutement des locaux  au lieu des allogènes. Mme Kaba a fait observer qu’avec la pauvreté  des jeunes, ses recettes sont passées de 100 000 francs CFA à 15 000 francs CFA par jour. Elle a signifié, que les manifestants voulaient exprimer leur mécontentement à  la mine et la police les a dispersés en les bastonnant. «Ils  n’ont rien fait de mal et les forces de l’ordre les maltraitent comme ça, c’est dommage», a-t-elle  conclu.  Contactés, les responsables en charge de la sécurité sur place n’ont pas voulu se prononcer sur le sujet, évoquant une question de hiérarchie.

Nida OUEDRAOGO