Trait de Plume – Zimbabwé : Emmerson Mnangagwa n’entend pas céder à la peur

Les militants et sympathisants du président zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, qui a pris le contrôle du pays à la chute de Robert Mugabé en novembre 2017 sont dans la tourmente depuis l’attentat qui a failli lui coûter la vie samedi dernier.

Alors qu’il prenait la parole pour s’adresser aux militants de son parti, la Zanu-PF lors d’une réunion à laquelle il participait à Bulawayo, au sud du pays, en vue de l’élection présidentielle du 30 juillet 2018, une violente déflagration s’est produite à côté de la tribune où se tenait le chef de l’Etat. Semant ainsi la panique dans la foule des militants qui ont pris leurs jambes à leur coup. Si le président Mnangagwa a été exfiltré avec succès par les éléments de sa sécurité, ce n’est pas le cas des deux vice-présidents, Constantino Chiwenga et Kembo Mohadi, qui ont été touchés par l’explosion dont le bilan se chiffre à des dizaines de blessés.

Principale cible de l’engin explosif, le président Mnangagwa a réagi dans le feu de l’action quelques instants plus tard sur la toile. « Cet après-midi, alors que nous nous étions rassemblés à Bulawayo, il y a eu une explosion. Continuons à être unis et à régler nos différends pacifiquement. La réponse la plus forte à la violence est la paix. La réponse la plus forte à la haine, c’est l’amour », a-t-il posté. Propulsé à la tête du Zimbabwé pour une période de Transition au lendemain de la chute de l’imprévisible Robert Mugabé, le 21 novembre 2017, après 37 ans de règne sans partage, Emmerson Mnangagwa est candidat à sa propre succession.

Mais depuis la survenue de  l’incident, nombre de militants du parti présidentiel zimbabwéen, craignent pour la vie de leur leader. Eux, qui sont de plus en plus fondés à croire que des adversaires, travaillent souterrainement pour empêcher le président de la transition de se faire élire et de poursuivre les différentes réformes déjà engagées pendant la phase de la transition. Si ce n’est pour le « liquider » purement et simplement vu sa détermination à combattre certaines pratiques qui ont fait leur lie sous le règne de son prédécesseur. En effet, le nouveau chef de l’Etat a fait de la relance économie nationale et de la lutte contre la corruption deux grandes priorités.

Et de toute évidence, sauf tremblement de terre, Emmerson Mnangagwa devrait pouvoir passer haut les mains lors du premier tour du scrutin, face une opposition politique zimbabwéenne devenue orpheline depuis le décès de son leader charismatique Morgan Tsvangirai en février passé. Le principal challenger, Nelson Chamisa, le candidat du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), parti de Morgan Tsvangirai étant déjà affaibli par des querelles de leadership au sein de sa famille politique. La peur des militants et sympathisants d’Emmerson Mnangagwa est d’autant plus justifiée que ce dernier a signifié que ce n’était pas la première fois qu’un complot du genre est mûri pour attenter à sa vie.

« Je suis un habitué de ces tentatives », indiquant qu’il a déjà échappé à plusieurs autres projets d’assassinat depuis  l’éviction du «vieux crocodile» du pouvoir. Lâché par l’armée et son parti, pour avoir limogé le vice-président Emmerson Mnangagwa qui faisait certainement ombrage à son épouse, Grâce Mugabe, l’ancien chef de l’Etat du Zimbabwé, avait été contraint à la démission par les Zimbabwéens. Quoi qu’il en soit, le nouveau régime zimbabwéen qui tient à organiser des élections libres et transparentes n’entend pas céder à la peur. D’ores et déjà, le pouvoir a convié la communauté internationale, dont les premières délégations sont arrivées sur le sol zimbabwéen à l’observation des élections.

Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

Tracer les sillons d’une aube nouvelle

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 Le Forum national des personnes handicapées a ouvert ses portes hier, mercredi 20 juin 2018, à Ouagadougou. En deux jours, personnes handicapés, acteurs et gouvernants vont  ensemble tracer  les lignes pour une meilleure condition des personnes en situation de handicap.

Le forum national des personnes handicapées,  tant annoncé  est enfin effectif.  Il a  débuté hier, mercredi  20 juin 2018  à Ouagadougou. Dans la matinée, aidées de leurs béquilles, des cannes, ou dans des chaises roulantes, accompagnées ou en solitaire, des personnes vivant  avec un handicap,  venues des 13 régions du pays ont tous convergé au  palais des  Sports de Ouaga 2000.  Ils ont été rejoints par des acteurs intervenant dans le domaine du handicap, le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba et des membres du gouvernement. Ils ont tous répondu à l’appel du Président  du Faso, Roch Marc Christian Kaboré  qui matérialise ainsi, l’un de ses  engagements.  Celui d’offrir un cadre d’expression  à cette couche sociale vulnérable. C’est ainsi, qu’ensemble, ils ont échangé sur  le thème : «Autonomisation sociale et économique des personnes handicapées : défis et perspectives. «L’un des objectifs du forum est de permettre aux personnes handicapées et aux acteurs  d’analyser et d’échanger sur les obstacles à la mise en œuvre effective des dispositions juridiques et des politiques existantes en leur faveur», a déclaré Paul Kaba  Thiéba. «Cela est d’autant plus réconfortant que nous avons très tôt compris la nécessité de la réflexion collective sur la recherche des solutions viables et durables pour une meilleure prise en compte des personnes vivant avec un handicap dans le développement du Burkina Faso», a souligné, le porte-parole des personnes handicapées, Souleymane Ouédraogo, attaché en études et  d’analyses  au ministère en charge des droits humains.

Dans son discours livré en braille,  il a relevé la pertinence du thème.  Une thématique qui aborde la double nature du défi que son pays doit relever. Il s’agit de résoudre le problème de pauvreté et de discrimination des personnes vivant avec un handicap et, parallèlement, tenir compte de la problématique du développement inclusif. «Ce forum nous donne l’occasion d’aborder dans tous les compartiments, les préoccupations communes à notre autonomisation économique et sociale et au développement inclusif en vue de dégager des orientations qui permettraient à nos autorités de prendre des mesures efficaces à la  protection des personnes vivant avec un handicap», s’est réjoui M. Ouédraogo. Revenant sur les statistiques nationales, il a cité  que 43, 5%  des personnes vivant avec un  handicap  sont en fonction (52, 4% d’hommes et 33, 6% de femmes) contre 40, 8%  d’inactives.  Quant aux chômeurs, ils représentent 0,6% et ceux qui sont en quête de leur premier emploi  sont 0, 8%.  Ceux qui travaillent à leur propre compte sont 48,1%. Ils sont suivis par des aides familiales 42,5%.

Le dialogue direct

Les salariés (Fonction publique) ne représentent que 3,6% et les employeurs représentent 0, 6%. Le porte-parole a estimé que cette situation préoccupante est la conséquence des effets conjugués de la faible application de textes et des pesanteurs socioculturelles. Ainsi, le gouvernement s’engage à prendre à bras-le-corps cette situation.   D’où l’axe 2 du  PNDES qui a consacré une part importante à la protection et à la promotion des personnes handicapées, selon le Premier ministre. Figure sur la liste,  l’augmentation de  la proportion des personnes handicapées actives de 2, 2%   en 2015, à 50% en 2020 et  de celle des étudiants handicapés bénéficiant d’un appui spécifique de 11% en 2015 à  50% en 2020.
Des objectifs auxquels le gouvernement est déterminé à atteindre. «C’est un enjeu économique car les personnes vivant avec un handicap apportent leur contribution à la richesse naturelle. C’est un enjeu de solidarité et de progrès pour notre modèle social. C’est un enjeu éthique et enfin c’est un engagement du président du Faso», a reconnu le chef du gouvernement.
C’est pourquoi, durant les deux jours, il a invité les participants à  tracer  les sillons d’une aube nouvelle pour les personnes handicapées et pour le  pays. Des sillons qui vont se dessiner davantage, ce jour, avec le dialogue direct avec le président du Faso.

Mariam OUEDRAOGO
mesmira14@gmail.com

La CODEL présente un rapport au Premier ministre

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Une délagation de la Convention des organisations de la société civile pour une observation domestique des élections (CODEL) conduite par Me Halidou Ouédraogo a été reçue  par le Premier ministre,  Paul Kaba Thiéba, dans la soirée du mardi 19 juin 2018 à Ouagadougou. Il  a été question de la réconciliation nationale.

La Convention des organisations de la société civile pour une observation domestique des élections (CODEL) a mené des travaux sur la réconciliation nationale. Une délégation de la structure,  avec sa tête son président, Me Halidou Ouédraogo, a remis les résultats desdits travaux au Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, dans l’après-midi du mardi 19 juin 2018 à Ouagadougou. Il a informé que les conclusions de ces travaux ont révélé que les autorités coutumières et religieuses, la société civile et les partenaires techniques et financiers ont partagé les mêmes sentiments selon lesquels on ne peut aller à la réconciliation sans parler de vérité, de justice et de pardon. Et d’ajouter que la CODEL, en tant qu’organisation de la société civile œuvrant  pour promouvoir le dialogue citoyen, a jugé nécessaire d’initier ce travail. A l’entendre, Me Halidou Ouédraogo, il est impératif que la vérité et la justice soient des préalables à une véritable réconciliation entre les Burkinabè. Il a reconnu qu’il n’y aura pas de  paix, de réconciliation véritable sans ces étapes. «L’important consiste à savoir qui a fait quoi ? Pourquoi ? Est-ce qu’on peut continuer à vivre ensemble ?», a-t-il argué à sa sortie d’audience. Il a invité les autorités politiques à s’investir davantage dans la réconciliation nationale. Me Halidou Ouédraogo a confié que le Premier ministre, Paul Kaba Thiéb, a  dit œuvrer pour la cohésion nationale.

Achille ZIGANI (Stagiaire)

Procès du putsch : rendez-vous le 29 juin prochain

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Le tribunal a rejeté, ce jeudi 14 juin 2018, la requête de récusation de certains magistrats, et a reporté, à nouveau, le début de l’interrogatoire des accusés au 29 juin prochain.  
L’audience de ce jeudi 14 juin a connu un grand retard, de près d’une heure, mais elle a aussi été des plus brèves. Dès l’entame le président Seydou Ouédraogo a livré le verdict du tribunal sur les différentes demandes de renvoi de la défense. Toutes ont été rejetées. En effet, les avocats de la défense avaient plaidé pour un report de plusieurs semaines pour permettre aux nouveaux avocats de prendre connaissance du dossier et favoriser la commission d’office de nouveaux conseils pour la défense des accusés (Me Mamadou Traoré et Relwendé Compaoré) sans avocats.  Alors « l’interrogatoire des accusés doit se poursuivre », a estimé le tribunal.
Me Solange Zeba, avocat de Moussa Nébié alias Rambo a informé le tribunal qu’elle a introduit une requête aux fins de récusation du président de la chambre de 1re instance,  Seydou Ouédraogo et le juge conseiller Emmanuel Konéné auprès de la Chambre criminelle de la Cour de cassation, le 11 juin dernier. A cause de « l’inertie » du Secrétariat général de cette haute instance, elle l’a notifiée par voix d’huissier au président Ouédraogo. Me Zeba a exigé du tribunal qu’il sursoie et tire toutes les conséquences de droit de cette requête.
Pour le parquet militaire, l’avocate n’a pas respecté la procédure en la matière. « C’est le secrétariat général de la chambre criminelle qui devait notifier la requête. Pour nous, c’est juste une information. La conséquence juridique est de continuer cette audience », a indiqué le procureur militaire.
La partie civile a dit également constater la volonté de la défense de « tout faire pour perturber » le cours du procès. « Ça devient déprimant (…) C’est une question sans intérêt qui frise la provocation, un non-sens juridique », a lâché Me Farama.
Pour la défense, la prudence exige que le tribunal attende la décision de la Chambre criminelle, parce que c’est sa « légitimité, régularité et compétence » qui sont remises en cause. « Vous ne pouvez pas nous juger, étant donné que nous ne vous reconnaissons pas », a argué Me Solange Zéba.
Apres une suspension de près d’une heure, le tribunal a rejeté la demande à sursis de Me Zéba, en attendant la notification du secrétariat général  de la Cour de Cassation. Il a aussi renvoyé l’audience au vendredi 29 juin prochain pour, a-t-il dit, « une bonne administration du procès ».
A.K. et D. S.

Remise à plat des salaires : 29 000 F CFA de plus pour 80% des fonctionnaires

La clôture des travaux de la conférence des forces vives sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat a eu lieu  le jeudi 14 juin 2018 à Ouagadougou, en présence du Premier ministre Paul Kaba Thiéba. 
Débutée le mardi 12 juin dernier, la conférence des forces vives sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat a refermé ses portes le jeudi 14 juin 2018 à Ouagadougou. Durant ces trois journées,  des représentants du monde syndical, de la société civile, des membres du gouvernement, de la chefferie coutumière et d’organisations religieuses ont passé à la loupe le document de base portant sur le diagnostic du mode de rétribution des fonctionnaires. Après les travaux menés en ateliers et en commissions, trois  recommandations ont été émises par les participants. Selon le rapporteur général, Martin Konkobo, il s’agit de la mise en place d’un comité de suivi des résolutions de la rencontre et associant les forces vives de la Nation, la mise en place d’un comité technique chargé d’affiner les propositions de la conférence et une concertation entre le gouvernement et les collectivités territoriales pour leur prise en compte dans les différentes réformes. Sur le contenu du rapport général, l’un des participants, Souleymane Zoromé, par ailleurs secrétaire général du Syndicat national des gestionnaires des ressources humaines (SYNAGRH), a indiqué que les travaux de la conférence ont porté sur un grand ensemble (EPE, collectivités territoriales, fonctionnaires régis par la loi 081, les paramilitaires, les magistrats).
« Il a été projeté trouver un nouvel échelonnement indiciaire de tous les emplois de l’Etat en tenant compte des statuts particuliers. Sur la base salariale de ces derniers, nous avons fait une moyenne pour réduire un tant soit peu les écarts », a-t-il annoncé. M.Zoromé a, toutefois, prévenu qu’aucun travailleur ne va systématiquement ou techniquement perdre quelque chose. « Mais il y aura 80% des fonctionnaires de l’Etat qui vont sentir une amélioration de leur salaire à hauteur de 29 000 F CFA pour compter du 1er janvier 2019 », a-t-il déclaré. Les « autres » fonctionnaires, a-t-il insisté, ne vont pas connaitre une baisse de leur traitement salarial. A ses dires,  un mécanisme intitulé « avancement blanc » sera mis en place. « Le travailleur titulaire d’un statut particulier ne verra pas son salaire réduit. Au contraire, ledit mécanisme d’avancement permettra à un certain moment aux autres travailleurs d’être logé au même niveau que le fonctionnaire bénéficiant d’un statut particulier », a-t-il expliqué. En outre, au plan de la grille indemnitaire, il a soutenu que le comité technique travaillera à ramener sensiblement au même niveau quatre indemnités (logement, technicité, astreinte et responsabilité). « Nous avons constaté des disparités énormes sur ce plan. Les écarts pour un même emploi se situent entre 2 000 F CFA et 180 000 FCFA », a-t-il révélé.

 « L’essentiel est sauvé »

Sur l’épineuse question du fonds commun, il a affirmé que les participants ont proposé son approvisionnement uniquement par les amendes, les pénalités, et les confiscations. Par ailleurs, il est prévu la fin des négociations salariales au cas par cas. En lieu et place, un mécanisme de révision des rémunérations permettra une hausse substantielle des salaires en fonction de la croissance économique. Pour le porte-parole des syndicats ayant pris part aux travaux, Guy Olivier Ouédraogo, l’un des plus grands acquis de la conférence réside dans la préservation de l’esprit d’équité au plan salarial. « Nous avons atteint notre objectif à travers la prise en compte de nos propositions dans le rapport final. 80% des travailleurs vont pouvoir voir leur traitement salarial évoluer vers celui des 20% qui avaient des statuts autonomes et autres et qui avaient des salaires nettement plus élevés », s’est-il réjoui. Quid de la nouvelle vision du fonds commun à l’issue de la rencontre? « Toute transformation quantitative nécessite de passer parfois par des moments difficiles. Nos camardes (du ministère en charge de l’économie et des finances) doivent essayer de dépasser cette situation.
Dans 2 ou 3 ans quand tout sera stabilisé, nous pourrons ramener le dossier sur la table de discussion. Mais, je dois dire que nous ne sommes pas satisfaits en ce qui concerne le point relatif au fonds commun », a-t-il avoué. De l’avis du président du Conseil national des organisations de la société civile, Jonas Hien, les responsables des syndicats présents se sont « bien défendus » au cours des travaux en commission et en atelier. Pour lui, le plus important est que les fonctionnaires ne perdent pas leur salaire de base.  »Il y aura certes des ajustements, mais l’essentiel est sauvé », a-t-il dit. Quant au Premier ministre Paul Kaba Thiéba qui a présidé la clôture des travaux, il assuré que les recommandations des forces vives de la Nation seront mises en œuvre. « Nous veillerons à ce que le comité de suivi et le comité technique travaillent en étroite collaboration en vue d’opérationnaliser ces résolutions. Nous sommes à un tournant décisif de notre histoire commune », a-t-il estimé. Pour lui, le peuple burkinabè a toujours su s’inspirer de ses valeurs culturelles et ancestrales pour relever les défis. Tout en témoignant la gratitude du gouvernement aux différentes parties prenantes, il les a exhortées à relayer les recommandations de la conférence des forces vives de la Nation sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat jusqu’aux confins du pays.
Aubin W. NANA

Trafic illicite d’espèces sauvages protégées : La traque par une accréditation des experts

L’Organisation mondiale des douanes (OMD), en collaboration avec la direction générale des douanes du Burkina Faso, organise, du 12 au 22 juin 2018, à Ouagadougou, un atelier de formation des formateurs et d’accréditation d’experts sur le trafic illicite d’espèces sauvages menacées d’extinction. Prennent part à cet atelier, dix-sept cadres venus des administrations douanières de six pays d’Afrique, à savoir le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo Brazzaville, le Gabon, Madagascar et le Togo.

Constituer un vivier d’experts en matière de lutte contre le trafic illicite d’espèces de la faune et de la flore sauvages au profit des administrations douanières d’Afrique centrale, de l’Ouest et de Madagascar. Tel est l’objectif de l’atelier de formation des formateurs et d’accréditation d’experts sur le trafic d’espèces sauvages protégés qui se tient à Ouagadougou, du 12 au 22 juin 2018, sous les auspices de l’Organisation mondiale des douanes (OMD), en partenariat avec la direction générale des douanes du Burkina Faso. Selon la directrice adjointe des douanes du Burkina Faso, Micheline Ilboudo, représentant le directeur général des douanes à la cérémonie d’ouverture, cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet INAMA de l’OMD  qui « vise à renforcer les capacités de lutte contre la fraude d’administrations douanières ciblées en Afrique subsaharienne et en Asie, en se concentrant sur le trafic illicite d’espèces sauvages, et notamment sur les espèces inscrites à la CITES».
Pour elle, les questions environnementales de manière globale et celles de la protection des espèces sauvages en particulier, sont plus que d’actualité. « Elles sont cruciales à notre époque et ont, de ce fait, occasionné plusieurs rencontres au sommet, tant il est vrai que l’on est de plus en plus conscient de l’action destructrice de l’homme et de la nécessité de l’encadrer », a-t-elle soutenu. Il importe donc que les douaniers qui travaillent aux frontières des pays comprennent ce phénomène de trafic illicite d’espèces protégées, a souligné Micheline Ilboudo, mais aussi qu’ils cernent au mieux les enjeux liés à la pratique.D’autant plus que ce trafic frauduleux peut servir à alimenter d’autres plus dangereux, à financer des activités  terroristes par exemple, à en croire la représentante de l’administration douanière burkinabè. « Il est important pour les douaniers de comprendre cela et de savoir que derrière un trafic d’espèces protégées peut se cacher une menace sécuritaire pour le pays en question », a souligné la directrice générale adjointe des douanes du Burkina Faso. Dans cette même logique, le chef du programme environnement de l’OMD, Roux Raath, a indiqué que la mission de la douane ne consiste pas seulement à saisir des marchandises à la frontière mais également et surtout à contribuer à la stabilité économique et sociale des Etats.

Former aussi les formateurs

Pour être accrédités experts en matière de protection d’espèces de la faune et de la flore sauvages menacées d’extinction, au terme de cette session de haut niveau, les dix-sept participants venus du Burkina Faso, du Cameroun, du Congo, du Gabon, de Madagascar et du Togo auront à se familiariser, durant les deux semaines de formation, avec plusieurs thématiques. Selon le coordonnateur du programme environnement de l’OMD, la formation portera, dans un premier temps, sur la convention pour la protection des espèces sauvages en voie d’extinction, sur les risques opérationnels dans le contrôle de ces espèces. « Nous allons aussi aider les participants à cette formation  à préparer une proposition pour les administrations douanières pour l’inclusion de la problématique dans le cadre du programme national de formation », a ajouté M. Roux. La deuxième et dernière partie de la session de Ouagadougou sera essentiellement consacrée à la formation des formateurs au niveau pédagogique.
Au regard de l’importance et de la complexité de la problématique du trafic des espèces fauniques et floristiques sauvages protégées, le directeur général de l’école nationale de la douane  du Burkina, Casimir Sawadogo, a souhaité qu’à l’issue de la formation, « tous les participants soient reçus et fassent partie de cet important groupe d’experts qui vont contribuer au renforcement des actions et initiatives de la région en matière de formation ». Animé par des experts de l’OMD, cet atelier constitue le troisième du genre organisé par cette instance. Notons qu’au Burkina Faso l’éléphant, le chimpanzé, le vautour, certains serpents constituent, entre autres, des espèces protégées.
Mahamadi SEBOGO

Inclusion financière dans l’espace UEMOA : Le Groupement monétique interbancaire au service du développement

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Le Groupement interbancaire monétique de l’Union économique et monétaire ouest africaine (GIM-UEMOA) a tenu sa première rencontre de sensibilisation de la presse burkinabè  à ses activités, le lundi 11 juin 2018, à Ouagadougou.
Les pays membres de l’UEMOA ne cessent de mettre en œuvre des stratégies pour améliorer les transactions financières au sein de l’Union. Après les Systèmes de transfert automatisé et de règlement (STAR-UEMOA) et interbancaire de compensation automatisée (SICA-UEMOA), l’Union a innové avec le Groupement interbancaire monétique appelé GIM-UEMOA. Pour dévoiler les activités de ‘’l’un des plus beaux projets d’intégration africaine’’ à la presse burkinabè, une rencontre de sensibilisation a eu lieu, à Ouagadougou, le lundi 11 juin 2018, dans la matinée. Selon le directeur général de GIM-UEMOA, Blaise Ahouantchede, cette trouvaille constituée en février 2003 s’inscrit dans l’initiative de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BECEAO) de réformer, en 1999, les systèmes et moyens de paiement dans l’UEMOA. Pour lui, après 15 ans, le GIM-UEMOA, doté d’un fonds de 9 milliards 732 millions 780 mille F CFA financé par la Banque centrale (52, 7% ) et 125 autres banques (près de 42%) se fait ainsi connaître. « De sa création en 2003 à la fin 2017, le GIM-UEMOA a vu son réseau passer de 48 à 126 banques, institutions financières et postales, établissements de monnaie électronique et institutions de microfinances assurant les transactions monétiques pour plus de 5 millions de porteurs de cartes répertoriés dans les huit Etats de l’UEMOA », a déclaré Blaise Ahouantchede. Quelles sont les vraies motivations de la création du GIM-UEMOA ? S’inscrit-il dans la perspective d’une monnaie unique dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)? Concernant la première interrogation, le directeur général de GIM-UEMOA a indiqué que le constat est parti du fait qu’il y a très peu de paiement par carte bancaire et un faible niveau de paiement des transactions. Il a précisé, dans ce sens, que le GIM-UEMOA met en service des cartes bancaires (plus de  3 millions de cartes GIM-UEMOA)) opérationnelles et utilisables dans toutes les banques de l’espace UEMOA avec un prélèvement maximum de 500 F CFA, Toutes taxes comprises (TTC).

GIM-UEMOA, une plateforme des plus sécurisées au monde

Il s’agit, a-t-il dit, d’assurer principalement l’interbancarité, l’interopérabilité et la compensation des opérations de plus d’une centaine de banques, d’institutions et d’établissements interconnectés sur la plateforme de solutions innovantes, plus sécurisée, dans plus de 5 000 points d’acceptation.  «Le GIM-UEMOA est un organisme central non bancaire, un écosystème de toutes les banques de l’UEMOA à travers 350 guichets interconnectés qui facilitent l’usage du paiement digital», a affirmé M. Ahouantchede. Au Burkina Faso, a-t-il renseigné, le GIM-UEMOA enregistre sur son interface 12 banques avec la connexion très prochaine de la banque Wend Kouni international et de la Banque agricole du Faso, compte tenu de leurs capacités à produire des services tout comme leurs homologues déjà acceptées. S’agissant de la perspective d’une monnaie unique dans l’espace CEDEAO, Blaise Ahouantchede a indiqué que le GIM-UEMOA est en avance sur la monnaie fiduciaire. Le président du comité monétique national du Burkina Faso (CMN-BF), Dieudonné Ouédraogo a expliqué que dans le financement du GIM-UEMOA, la BECEAO étant l’actionnaire majoritaire, quoi de plus normal qu’une banque ne traine pas les pas à se connecter au groupement monétique. La vice-présidente du CMN-BF, Josiane Prisca Nikiéma, elle, a informé du taux de bancarisation de 70 à 80 % projeté contre actuellement 15 à 17% au Burkina Faso et 20% dans l’UEMOA. Elle a également rappelé que le taux d’inclusion financière (utilisation des services bancaires) est de 50% au Burkina Faso. Quant au président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Burkina Faso (APBEF-BF), Oumar Ky, il a mentionné que la plateforme GIM-UEMOA est mutualisée au profit des consommateurs et des utilisateurs. Fort de ses acquis et de ses quinze ans d’expérience dans l’intégration monétique entre ses membres, le GIM-UEMOA entend faciliter l’accès des populations aux services financiers et bancaires. Il promet aussi de relever le défi de l’inclusion financière et d’une intégration africaine réussie. Cette séance d’échanges avec les médias burkinabè répond à la série de missions de vulgarisation déjà tenues à Cotonou (Bénin), Dakar (Sénégal), en Côte d’Ivoire  en 2017 et bientôt au Niger.
Boukary BONKOUNGOU

Contrôles fiscaux au Burkina Faso : L’arrivée d’inspecteurs des impôts sans frontières, en projet

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La ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Rosine Coulibaly a eu, le mercredi 13 juin 2018 à son cabinet, une séance de travail avec une délégation de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

«A la demande de Mme le ministre, l’OCDE va mettre à la disposition de la direction générale des impôts, des inspecteurs des impôts sans frontières qui peuvent venir des pays francophones du Nord ou d’autres régions pour faire des contrôles fiscaux et aider l’administration burkinabè à être plus efficace, lever des impôts et faire respecter la règlementation». C’est l’une des principales conclusions, qui selon le directeur de la fiscalité de l’OCDE, Pascal Saint-Amans, ressort de la séance de travail qu’une délégation de l’Organisation a eu avec Mme le ministre en charge de l’économie, Rosine Coulibaly, dans l’après-midi du mercredi 13 juin 2018 à Ouagadougou. Cette initiative, a dit M. Saint-Amans, s’explique par le fait que le Burkina Faso a rejoint les travaux de l’OCDE en matière fiscale, le forum mondial sur l’échange de renseignements et les travaux BEPS qui permettent de lutter contre l’évasion fiscale des multinationales. Cela est d’autant plus nécessaire, a-t-il poursuivi, que le Burkina Faso est exposé aux risques que les profits aillent dans des paradis fiscaux. «On a donc vu ensemble comment aider le Burkina à protéger sa matière taxable de manière à ce qu’il y ait plus de justice fiscale afin que ce ne soit pas les personnes les plus vulnérables qui soient soumises aux impôts et que les multinationales ne les paient pas», a-t-il précisé. Il s’agit ainsi, a conclu Pascal Saint-Amans, de faire avancer l’agenda de la mobilisation des ressources nationales pour financer le développement du Burkina Faso.
L’OCDE est une organisation internationale d’études économiques qui compte 35 pays membres, dont la plupart sont de pays développés ayant en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de marché.

Jean-Marie TOE &
Adama SOW  (Stagiaire)

Lancement de la campagne de distribution de vivres à Pobé-Mengao

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Le ministre en charge de l’agriculture, Jacob Ouédraogo a lancé, le 11 juin 2018 à Pobé-Mengao (25km de Djibo), la campagne nationale de distribution gratuite de vivres aux personnes en situation alimentaire difficile.

Selon le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques, Jacob Ouédraogo, la campagne agricole passée a été caractérisée par divers aléas avec pour conséquences un déficit céréalier de 477 448 tonnes dans 89 communes à risque d’insécurité alimentaire, plus de 2 670 000 personnes en situation alimentaire difficile, environ 954 000 personnes en situation de crise alimentaire et 90 000 personnes en situation d’urgence alimentaire.  Face à cette situation, le gouvernement, avec l’appui de ses partenaires (PAM, UNICEF, FAO…) a mis en place un plan de réponse et de soutien aux populations vulnérables dont le montant s’élève à 81, 4 milliards de francs CFA avec quatre plans majeurs. Il s’agit d’améliorer l’accessibilité des ménages vulnérables aux denrées alimentaires, de protéger les moyens d’existence des populations vulnérables, d’accompagner les populations pour relancer les activités agro-pastorales à venir et de renforcer la prévention et la prise en charge des enfants malnutris.
Les actions entreprises, à entendre le ministre, concernent la distribution gratuite de 3 245 tonnes de vivres à 90 138 personnes vulnérables, la vente de 77 852 tonnes de céréales à prix social (5 000F sac de 50kg) au profit de 59 506 ménages, la vente de 95 000 tonnes de céréales aux populations à un prix subventionné de 6 000F CFA le sac de 50kg dans les boutiques témoins. Il y a également, a-t-il poursuivi, la distribution urgente d’aliments pour bétail pour le relèvement d’animaux affaiblis au profit de 8 000 ménages, le soutien à 18 793 ménages vulnérables ayant des petits ruminants et de la volaille. « On note également les opérations de cash power pour lesquels 7,2 milliards F CFA seront transférés à 83 485 ménages. Quant aux cash inconditionnels, ce sont 130 085 ménages qui bénéficieraient chacun de 35 000 FCFA/mois pour l’acquisition des biens alimentaires », a-t-il ajouté.  Au nom du gouvernement,  Jacob Ouédraogo a remercié les partenaires que sont entre autres,  le PAM, l’USAID, l’Union européenne, la FAO et l’Unicef. Le représentant du PAM, David Bulman s’est réjoui de voir cette mobilisation des agences spécialisées des Nations-unies aux côtés du gouvernement burkinabè, pour apporter une aide aux populations démunies. La subvention de l’Unicef prendra en charge les cas de malnutrition aigüe sévère. Ce qui va sauver la vie de plusieurs enfants. Quant à la FAO, elle mènera des activités visant à préparer la prochaine campagne agricole et appuiera la fourniture d’aliments pour bétail pour traverser la période de soudure. L’assistance alimentaire du PAM atteindra 603 000 personnes dans les 15 provinces affectées dans les régions du Sahel, du Nord-Est, Plateau central, du Centre-Ouest, Centre-nord, Boucle du Mouhoun et du Sud-ouest.
Moumouni B. TAMBOURA
AIB-Djibo

Rémunération des agents publics : Adapter la masse salariale aux contraintes budgétaires

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La conférence des forces vives de la nation sur la rationalisation du système de rémunération des agents publics de l’Etat a débuté, hier 12 juin 2018, à Ouagadougou. Les travaux ont été lancés par le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba. 
Annoncée, le 31 décembre 2017 par le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, la réforme du système de rémunération des agents publics de l’Etat est dans sa phase active. Réunis dans l’enceinte de la salle de conférence de Ouaga 2000, du 12 au 14 juin 2018, acteurs du monde syndical, représentants du gouvernement, de la fonction publique, de la société civile, de la chefferie coutumière, d’organisations religieuses scrutent le document sur le diagnostic du système de rémunération, élaboré pour la circonstance. Durant ces trois jours de travaux, les participants devront définir des critères d’harmonisation des salaires indiciaires des agents, partant de leur niveau d’accès à l’emploi, fixer des balises en matière d’allocation indemnitaire, définir un instrument juridique approprié pour encadrer le nouveau mécanisme de rémunération. En plus de déterminer une démarche pour la restauration du statut général de la fonction publique, il est posé sur la table des discussions, la question des autres avantages des agents publics et leur mode opératoire, une problématique fondamentale qui doit être tranchée à la fin de ce forum, selon le gouvernement.
Le Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, a expliqué l’intérêt de la réforme par trois facteurs. Il s’agit de la quête de l’équité et de la justice, la soutenabilité des finances publiques et la solidarité. Pour lui, la masse salariale et son évolution doivent être maîtrisées au regard des recettes fiscales et la richesse nationale mesurée au Produit intérieur brut (PIB). Cela, pour générer des ressources en vue de financer le Plan national de développement économique et social (PNDES). C’est pourquoi, il a rappelé la volonté du gouvernement de ne plus gérer les revendications au cas par cas. « La conférence offre un cadre commun de négociations  pour une répartition équitable des efforts pour une modernisation de l’action publique à travers une réflexion de long terme sur la répartition des moyens, l’organisation du travail et les missions confiées aux agents publics. Parce que l’expérience de nombreux pays qui ont fait l’exercice enseigne que les principaux leviers de maitrise de la masse salariale sont les rémunérations, les effectifs et l’augmentation des ressources », a soutenu le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Protection sociale, Pr Séni Ouédraogo. Il a reconnu que la disparité du traitement des agents publics a été favorisée par le sectarisme argumentaire.

Trouver des solutions aux disparités

De ce fait, a-t-il poursuivi, la spécificité fonctionnelle et la capacité à entrainer les blocages de l’administration ont été mobilisées pour faire plier de nombreux gouvernements. « Les emplois qui ont une faible capacité de nuisance ont été condamnés à se contenter des strapontins salariaux et indemnitaires. Dans cette configuration sociale, les espaces publics et numériques sont devenus les arènes de lutte pour un partage asymétrique des richesses nationales », a développé Pr Ouédraogo.  Toutefois, il a fait savoir que l’urgence des solutions ne doit pas occulter la réalité du terrain. Car, a expliqué le ministre, les critères objectifs doivent être pris en compte pour la détermination des rémunérations.
Ces critères sont, selon lui, le diplôme, la qualification, la durée de la fonction et le niveau de pénibilité du service public. Du côté des cinq centrales syndicales et des 21 syndicats autonomes qui prennent part à cette conférence, le souhait est que la conférence pose des bases qui permettent une amélioration continue des conditions de vie des travailleurs à travers une anticipation pour éviter les crises qui compromettent le développement du pays. Leur porte-parole, Guy Olivier Ouédraogo, par ailleurs, secrétaire général de la confédération syndicale burkinabè a estimé que cette tribune devrait être saisie par tous les acteurs pour trouver des solutions aux disparités dans le traitement salarial. A propos de la non-participation de la CGT-B au forum, M. Ouédraogo pense que pour que les choses évoluent ou s’améliorent, il va falloir que chaque acteur change sa façon de mener les réflexions.
Gaspard BAYALA
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De multiples attentes

Jonas Hien, président du conseil national des organisations de la société civile

« Les syndicats qui ne sont pas venus à cette conférence ont tort »

Il était temps de tenir cette conférence. Au regard des situations récurrentes que nous vivons depuis un certain temps entre l’Etat et les syndicats. Je crois que cette tribune devrait être saisie pour réfléchir de façon profonde à l’avenir de notre administration publique, basée sur la performance, la justice, l’équité et la solidarité. Pour les syndicats qui ont refusé de venir sur la table des débats, la nature est ainsi faite. Tout le monde ne peut pas être du même avis. Mais je pense que les syndicats qui ne sont pas venus à cette conférence ont tort. Ils auraient pu venir et saisir l’occasion pour poser ce qui paraît être leurs préoccupations majeures. Puisqu’en tous les cas, il faut trouver des solutions aux problèmes de notre administration. Si nous ne le faisons pas maintenant, tôt ou tard, cela va nous rattraper. Donc autant commencer à mener la réflexion avec tous les acteurs.

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Dr Luc Marius Ibriga, Contrôleur général d’Etat

« La fonction publique n’est pas que l’affaire des fonctionnaires »

Pour moi, cette conférence est importante. Nous devons penser notre fonction publique en fonction de notre société. On a pendant longtemps eu une fonction publique qui a tourné en vase clos. Il faut donc que l’ensemble de la société donne son point de vue sur notre fonction publique et le type de fonction publique que nous voulons. A partir de là, nous pouvons construire quelque chose de durable. C’est pourquoi, le débat est élargi à toutes les couches de la société. La fonction publique n’est pas que l’affaire des fonctionnaires. Elle est là pour servir la société et si elle sert la société, il faut savoir si elle donne satisfaction à la société. La question de la rémunération vient corriger des dysfonctionnements au sein de cette fonction publique. Mais on ne peut refuser de réfléchir à cet état des faits. Que l’on réfléchisse à la rémunération ou à la gestion de l’argent public, les deux sont liés. Vous ne pouvez pas dire d’augmenter les traitements sans dire où l’on doit trouver l’argent. Si vous estimez que l’argent est gaspillé, il faut pouvoir vous expliquez afin de faire des propositions. Donc, je pense que dans le cadre d’une discussion, il n’y a pas d’a priori. L’on doit venir échanger, si l’on n’est pas d’accord, l’on exprime librement son point de vue afin de trouver des solutions à un problème. Même si la discussion n’a pas lieu maintenant, elle aura lieu à un moment ou à un autre sur la base de ce que le plus grand nombre aura discuté. C’est ça le principe de la démocratie. Si vous vous excluez d’un lieu de débats, cela peut poser problème puisque les acteurs présents et les absents devront s’accorder.

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Pasteur Henri Yé

« Il va falloir essayer d’harmoniser les choses »

Nous attendons des échanges francs afin de réduire au maximum l’écart de traitement salarial. Il faut que l’on arrive à faire en sorte qu’à diplôme égal salaire égal. Si vous prenez deux jeunes qui ont fréquenté ensemble, ont obtenu le même diplôme pendant la même durée de formation scolaire ou académique, et par la suite, on les affecte à des endroits différents. Si l’un parce qu’il fait entrer de l’argent ou fait sortir de l’argent devient subitement riche et toi qui est enseignement ou infirmier quelque part tu croupis dans la misère, je crois que ce n’est pas juste. Il va falloir essayer d’harmoniser les choses et réduire considérablement les écarts.

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Gilbert Goh, secrétaire général du syndicat des travailleurs de la poste:

« Chacun de nous doit savoir raison garder »

Nous estimons que ce cadre de dialogue est à apprécier dans la mesure où la fronde sociale plombe notre administration. Je ne crois pas qu’il y ait meilleure solution que de discuter autour d’une même table pour trouver des solutions à nos divergences. A propos de la division des syndicats sur l’organisation de cette conférence, il faut souligner que ce type de sujet ne peut pas faire l’unanimité. Mais de mon point de vue, chacun de nous doit savoir raison garder et penser à l’intérêt supérieur de la Nation. Quand on prend certains pays asiatiques aujourd’hui, ils se sont construits sur la base du sacrifice. Si nous, nous ne voulons pas faire des sacrifices, qui viendra les faire à notre place ? Il est de ce fait mieux de discuter, trouver le juste milieu pour que la société puisse fonctionner normalement.

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Lebda Naaba Baongho, représentant le Dima de Boussouma

« Nous voulons la paix pour le Burkina Faso »

Notre souhait est qu’à l’issue de cette conférence, des propositions intéressantes, acceptées de tous soient faites. Parce que nous voulons la paix pour le Burkina Faso, partant de cela, tout cadre de dialogue pouvant contribuer à apaiser les cœurs, renforcer notre vivre-ensemble, nous ne pouvons qu’accompagner et encourager. C’est pourquoi de notre côté, nous prêchons la concorde et l’entente entre les fils et les filles du Burkina Faso.

Propos recueillis par G.B