Grèves des syndicats de la fonction publique

La Coalisation des structures syndicales et associatives des commerçants du Burkina Faso (COSSAC-BF) a organisé une marche, le lundi 11 juin 2018 à Ouagadougou, jusqu’au Premier ministère où elle a remis un message au chef du gouvernement. Ces commerçants se disent exaspérés pas les grèves à répétitions dans l’administration burkinabè. 
«Non au champagne pour une minorité ! Ce sont nous, les commerçants qui récoltons les pots cassés ! Vos grèves assassinent notre économie ! Libérez notre économie ! Vos  grèves paralysent l’économie ! C’est nous, le bas peuple qui souffrons ! » Ce sont, entre autres, ces slogans qu’a scandés la Coalisation des structures syndicales et associatives des commerçants du Burkina Faso (COSSAC-BF), lors de la marche qu’elle a organisée dans la matinée du lundi 11 juin 2018, à Ouagadougou. Partis de la maison du peuple avec pour destination le Premier ministère, les manifestants ont exprimé leur ras-le-bol des grèves répétitives des agents de la fonction publique et principalement ceux du Ministère de l’Economie, des Finances et du développement (MINEFID). Le président de la COSSAC-BF, Ibrahim Ouédraogo, a expliqué que l’objectif de la protestation est de transmettre un message au chef du gouvernement pour lui signifier de prendre des mesures contre «cette situation économique qui n’augure pas de lendemains meilleurs pour les acteurs économiques et les masses laborieuses». C’est dans le souci de l’avenir de la patrie, du dialogue et de la  consolidation de la paix sociale au Burkina Faso, a déclaré M. Ouédraogo, que la COSSAC-BF invite les autorités à prendre des mesures pour le fonctionnement du ministère en charge de l’économie qui est le plus touché par les grèves. Car, aux dires de M. Ouédraogo, ces mouvements ne sont pas sans conséquence directe sur les activités économiques du pays.
Il a également souligné que ces revendications, même si elles sont parfois légitimes, plombent les activités des commerçants. «Leurs salaires sont assurés à la fin du mois mais nous, nous ne touchons pas un salaire comme eux», a martelé le président de la COSSAC-BF. Dans son message adressé au Premier ministre, la coalition a souhaité que l’état instaure son autorité en appliquant les textes sur les grèves et sit-in. Elle a alors recommandé au gouvernement de recourir au  dialogue avec les acteurs concernés pour une sortie de crise en vue de relancer l’économie burkinabè. Pour une équité entre les fonctionnaires, la coalition a d’or et déjà marqué son approbation aux conclusions des états généraux sur les rémunérations des agents de la fonction public. Ibrahim Ouédraogo et ses camarades ont encouragé l’Etat burkinabè à poursuivre les réformes macroéconomiques des entreprises pour créer les conditions d’une croissance durable. A la question des journalistes de savoir si la coalition  n’avait pas de parti pris, Ibrahim Ouédraogo a affirmé que leur message est adressé aux deux parties, gouvernement comme syndicats. La coalition a appelé tout le monde au dialogue et les syndicats ont été particulièrement invités à cultiver l’esprit patriotique et l’intérêt supérieur de la nation. Au Premier ministère, c’est le secrétaire général Bamory Ouattara qui a reçu le message de la COSSAC-BF. Il a félicité la coalition pour son initiative qui vise à la stabilité sociale et économique du pays.
Achille ZIGANI (Stagiaire)

Chambre de commerce: la montée des couleurs, en entrée

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Un cérémonial de montée des couleurs a eu lieu, le lundi 11 juin 2018, au siège de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) à Ouagadougou. Il marque en même temps le lancement des activités du 70e anniversaire de la première institution publique du Burkina Faso qu’est la chambre de commerce. 
La Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), première institution publique du pays, célèbre à partir de ce 11 juin 2018 ses 70 ans d’existence. Le top de départ des festivités  a été donné par une montée des couleurs, dans la matinée, au sein de l’institution à Ouagadougou. Pour le président de la CCI-BF, Mahamadi Savadogo, ce cérémonial marque une volonté de susciter autour de la chambre de commerce, un élan et un esprit de cohésion, d’unité et de solidarité. «Telles sont les valeurs que nos prédécesseurs nous ont léguées et qui font du Burkina Faso un pays respecté », a-t-il relevé. De ce fait, il s’est engagé à faire en sorte que ces valeurs cardinales soient préservées. Pour lui,  ce long parcours de la CCI-BF a été jalonné de succès et de difficultés. Au nombre des acquis, il s’est réjoui des efforts consentis en matière du développement du capital humain à travers des offres de formation diplômante et professionnelle.
Sur ce, il a noté que des milliers de personnes ont été formées en secrétariat, en comptabilité et déclarant en douane. Dans la même dynamique, environ 9600 personnes ont été formées en conduite (permis E), 284 moniteurs d’auto-écoles et 60 mécaniciens de véhicules automobiles sont sortis du Centre de formation en transport et activités auxiliaires. Concernant la formation continue, pas moins de 150 000 personnes, le président de la chambre de commerce, ont participé à des sessions de formation sur diverses thématiques. En sus, il a souligné que plusieurs infrastructures économiques dans divers domaines sont réalisées. Mahamadi Savadogo s’est alors réjoui de la construction de la gare routière et internationale de Ouagadougou appelée OUAGARINTER et celle de Bobo-Dioulasso. «Ces infrastructures existent tant à l’intérieur du pays que dans les ports des pays voisins», a-t-il signifié. Ce qui a permis, a-t-il dévoilé, de traiter 5,7 millions de marchandises par an sur ces plateformes. Les services n’ont pas été occultés.

Une entreprise citoyenne

De l’avis du président Savadogo, la Chambre de commerce et d’industrie dispose d’une gamme variée de produits et services qu’elle met à la disposition des entreprises. Les plus importants sont, entre autres, l’appui-conseil aux opérateurs économiques, la promotion commerciale, l’information, la prospective et l’intelligence économique. En clair, a dit M. Savadogo, la CCI-BF a fortement contribué à une meilleure structuration du dispositif institutionnel d’appui au secteur privé. La preuve, a-t-il relevé, plusieurs structures d’accompagnement des entreprises ont été mises en place grâce au soutien technique et financier de la chambre. Parmi celles-ci figurent entre autres, le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), les Centres de formalités des entreprises (CEFORE), la Maison de l’entreprise du Burkina Faso (MEBF), le Centre d’arbitrage, de médiation et de conciliation de Ouagadougou (CAMCO) et les Centres de gestion agréées (CGA).
A cela s’ajoutent les tribunaux de commerce, le Bureau de restauration et de mise à niveau (BRMN), l’Institut supérieur de génie électrique (ISGE), la Chambre des métiers de l’artisanat du Burkina Faso (CMA-BF), la Société de gestion de la plateforme Sylvie (SOGESY). En outre, pour Mahamadi Savadogo, la chambre de commerce a toujours exercé sa responsabilité sociale chaque fois que le pays et ses habitants  sont éprouvés. Par exemple, le soutien des opérateurs économiques aux sinistrés des inondations du 1er septembre 2009, l’organisation de l’opération « SONG-TAABA » qui a permis de mobiliser une importante contribution financière au profit du ministère de l’Action sociale et de la solidarité nationale suite à la mauvaise pluviométrie de 2012, ont été autres actions menées. Aussi, la chambre de commerce a manifesté sa générosité à l’endroit du Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo à travers un don en 2017 de matériel et de consommables médicaux sans compter son soutien financier au profit des Forces de défense et de sécurité (FDS) dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Sa responsabilité sociale et citoyenne se chiffre à plus de 2,4 milliards de FCFA. « Après un parcours brillant, sans verser dans le narcissisme et l’autosatisfaction, le bureau consulaire, les élus et l’ensemble du personnel de la CCI-BF sont conscients des nombreux et importants défis auxquels nous devons faire face », a-t-il reconnu.

Des festivités sobres

Ce qui les a motivés, a-t-il poursuivi, à célébrer cet anniversaire dans la sobriété. A l’entendre, en lieu et place des manifestations à caractère festif, ce jubilé de platine est mis à profit pour réaliser des projets qui, à moyen terme, devront impacter positivement le secteur privé burkinabè et partant, l’économie nationale. A propos de la célébration proprement dite du 70e anniversaire, une série d’activités sont inscrites au programme. Il y aura la publication d’un ouvrage historique qui retrace le parcours de la CCI-BF, de 1948 à nos jours, la publication de 4 bibliographies en hommage à des personnalités qui ont marqué leur passage à la Chambre de commerce comme André Aubaret, Dr André Kambou, El hadj Oumarou Kanazoé et El hadj Djanguinaba Barro. Il est également prévu la construction d’une technopole qui abritera les différents centres de formation, la construction des sièges de quatre délégations consulaires régionales, l’organisation d’un forum sur l’innovation en faveur des femmes chefs d’entreprises le 12 juillet prochain, le lancement de la Société d’accompagnement et de financement des entreprises (SAFINE.SA)…. A l’écouter, une collecte de fonds auprès des entreprises, associations et bonnes volontés est prévue au profit du gouvernement à travers le ministère de la Santé pour l’acquisition d’équipements médicotechniques au bénéfice du centre national des grands brûlés. Le ministre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat, Harouna Kaboré a souhaité bon vent et joyeux anniversaire à la chambre de commerce. Selon lui, cette institution est parvenue à l’âge de la sagesse et n’a cessé de jouer le rôle qui est le sien au sein de la société.
Ouamtinga Michel ILBOUDO
Omichel20@gmail.com

Ecole nationale des douanes : 50 élèves-inspecteurs des douanes défendent leur mémoire

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Le secrétaire général du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, Dr Séglaro Abel Somé, a lancé les soutenances de mémoire de 50 élèves-inspecteurs de la 23ème promotion de l’Ecole nationale des douanes, le lundi 4 juin 2018, à Ouagadougou.

La direction générale de l’Ecole nationale des douanes (END) organise du 4 au 6 juin 2018, les soutenances de mémoire de ses élèves- inspecteurs de la 23e promotion. En effet, le secrétaire général du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, Dr Séglaro Abel Somé, a présidé la soutenance inaugurale du mémoire de l’impétrant gabonais, Abogué Meyo Dorian Dan Curtis. L’élève-inspecteur des douanes a défendu le thème suivant : « Mobilisation optimale des recettes douanières par la maîtrise de la gestion des risques au Gabon » devant un jury composé, entre autres, de son directeur de mémoire, Sidiki Konaté et du rapporteur, Micheline Ilboudo/Diallo. Le mémoire sanctionné par une note de 16/20, élève désormais Abogué Meyo, au rang de diplômé d’études supérieures des douanes. Pour lui, le choix de cette thématique s’explique par le fait que la gestion des risques est l’un des éléments-clés de la facilitation des échanges commerciaux.
De son avis, la convention de Kyoto (Japon) révisée sur la certification et l’harmonisation des administrations douanières permet de mieux gérer les risques. « Aujourd’hui, les douanes africaines sont tenues de maintenir un niveau optimal des recettes », a-t-il déclaré. Abogué Meyo a reconnu que la gestion des risques est un élément indispensable pour la performance des services douaniers. Il a dit ainsi fondé son étude sur la pratique de cette gouvernance douanière au Gabon et l’amélioration du rendement des contrôles douaniers. Dans son analyse, il est ressorti que l’administration de la République gabonaise dispose d’une politique prioritaire axée sur la gestion des risques, même si l’on enregistre une faiblesse dans sa mise en œuvre. En sus, a expliqué l’élève- inspecteur des douanes, entre 2013 et 2015, plus de 90% des déclarations ont été orientées en circuits de contrôle intrusifs, 1,13% d’entre elles sont en comptes écrits et plus de 2 milliards de F CFA recouvrés durant la période. Toutefois, il a pointé du doigt la faiblesse des vérifications immédiates nonobstant l’existence de projets pluriannuels formulés conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale des douanes (OMD).

Nécessité d’une « Analyse miroir » des données commerciales

L’impétrant a aussi exprimé sa fierté d’avoir apprécié les réformes douanières gabonaises nécessitant une mobilisation des ressources humaines et techniques. Il a, par ailleurs, suggéré l’ « Analyse miroir » des données sur les transactions commerciales pour lutter principalement contre la fraude. Concernant la finalisation de son document, Abogué Meyo a dit prendre notes des remarques et suggestions faites par le jury. Le président du jury, Séglaro Abel Somé, a jugé pertinentes les différentes thématiques abordées (contribution de l’administration des douanes au développement durable, contribution de la douane à la lutte contre le terrorisme, etc.). Il a, de ce fait, félicité les enseignants de l’END, un Etablissement public de l’Etat (EPE) pour la qualité de la formation assurée qui se ressent sur les thèmes retenus. Quant au directeur de l’END, Casimir Sawadogo, il a indiqué que l’apprentissage des inspecteurs divisionnaires des douanes s’achève par un exercice assez éprouvant mais très formateur. Il a précisé que pour la présente session des soutenances à l’END, 50 stagiaires dont vingt-quatre Burkinabè, dix-huit Gabonais, cinq Congolais, deux Togolais et un Nigérien évoquent divers points relatifs aux difficultés vécues par les douanes. Pour la directrice adjointe de la douane, Micheline Ilboudo/Diallo, à travers ces thèmes « innovants », cette 23ème promotion va renforcer les administrations douanières des pays représentés.
Boukary BONKOUNGOU
Adama SOW (Stagiaire)

Grande consommation : Le super 91 et le gasoil vendus à perte

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Selon le Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures (CIDPH), l’organe public de fixation des coûts des produits pétroliers au Burkina Faso, les prix pratiqués actuellement à la pompe  du Super 91 et du gasoil révèlent un manque à gagner. Décryptage
Le constat est amer. D’après une note d’information du Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures, entre février et mars 2018, les cours du baril de Brent et du dollar US, deux facteurs qui influencent les prix des produits pétroliers, ont connu une hausse significative. Le baril de Brent s’est établi en moyenne autour de 40, 72 dollars contre 585, 47 FCFA pour le cours du dollar US. Cette situation a eu pour corollaire une hausse des prix réels des produits pétroliers en avril, même si à la pompe ceux-ci sont inchangés. « L’essence Super 91 et le gasoil sont vendus à perte dans notre pays », constate le CIDPH. Entre les prix pratiqués (602 FCFA) à la pompe et les prix réels (661, 38 FCFA), il se dégage un manque à gagner d’environ 60 francs par litre pour le Super 91. Pour le gasoil, la perte est estimée à 55,45 FCFA par litre.
Ces pertes sont toutefois compensées par l’Etat sous forme de subventions pour maintenir les prix du carburant inchangés à la pompe. Le CIDPH estime le cumul de ces efforts publics entre janvier et avril 2018 à plus de 17 milliards de FCFA. C’est  plus de la moitié de la subvention accordée par l’Etat durant l’année 2017 pour la vente des produits pétroliers arrêtée à 34, 707 milliards de FCFA.

Quid du CIDPH ?

En janvier dernier déjà, la hausse des cours du baril de Brent et  la  relative stabilité du dollar US avaient occasionné des  pertes de l’ordre de 58 FCFA par litre de super 91 vendu  et jusqu’à  63 F pour le gasoil à la même période.
Au cours des sept derniers mois, la tendance affichée par ces deux indicateurs n’est pas reluisante. Constat du CIDPH: le baril de Brent a cru de 36, 9 %  contre seulement une baisse du cours du dollar US de 12, 8 % en juin.
Au Burkina, les prix des produits pétroliers sont arrêtés en fonction des cours du baril de Brent et du dollar US. Le Comité interministériel de détermination des prix des hydrocarbures, est l’organe public chargé de fixer les prix à la pompe. Présidé par le secrétaire général du Premier ministère, le comité est composé de quatre membres titulaires et de quatre suppléants. La SONABHY, la société publique chargée d’approvisionner le pays en produits pétroliers participe aux travaux du Comité en qualité d’observateur.
Kouza KIENOU (Collaborateur)

Patronat burkinabè : Des entrepreneurs de Koudougou pour Apollinaire Compaoré

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L’Association des jeunes commerçants de Koudougou (AJEKO) a animé un point de presse, le samedi 2 juin 2018 à Koudougou, pour appuyer la candidature de l’homme d’affaires, Apollinaire Compaoré, à la présidence du patronat burkinabè. 
Le patronat burkinabè va désigner dans quelques mois son nouveau président. L’Association des jeunes commerçants de Koudougou (AJEKO) a, pour se faire, organisé une conférence de presse, le samedi 2juin 2018 à Koudougou pour appeler à la candidature de l’homme d’affaires, Apollinaire Compaoré. Pour le président de l’AJEKO, Alexis Zongo, il est du devoir de leur association de militer pour l’élection d’Apollinaire Compaoré. « Notre vœu le plus cher est de voir cette instance être dirigée par un homme qui incarne l’histoire de la construction du secteur privé au Burkina Faso,  les valeurs qui font son succès notable et nourrit pour son avenir une grande ambition de développement », a-t-il expliqué. Et pour l’AJEKO, le président-Fondateur du Groupe PLANOR AFRIQUE, Apollinaire Compaoré, est cet homme. Les raisons qui guident leur choix, a soutenu M. Zongo, sont entre autres, le fait que l’homme d’affaires a exercé divers métiers dans le secteur informel vers les années 1960 à 1970. Depuis la création de sa première entreprise formelle, Volta Moto, le président de l’AJEKO a révélé qu’Apollinaire Compaoré a créé au moins une entreprise dans tous les secteurs de l’économie: le commerce, les transports, les hydrocarbures, les assurances, le crédit d’équipements, l’hôtellerie, la téléphonie et aujourd’hui, la banque. M. Zongo n’a pas occulté ses nombreux investissements à l’étranger qui font de « PLANOR AFRIQUE, l’un des principaux groupes privés au Burkina Faso et l’un des rares à avoir véritablement acquis la dimension de multinationale ». « Après plus de 40 ans à œuvrer au développement du secteur privé au Burkina Faso, Apollinaire Compaoré est toujours là, tout en travaillant pour le développement de la jeune génération. C’est pourquoi, l’AJEKO plaide non seulement pour sa candidature, mais surtout pour son élection à la tête du patronat burkinabè », a conclu Alexis Zongo.
François KABORE
ABDOULAYE MILLOGO  (stagiaire)

12es Journées européennes du développement : Kaboré discute développement et coopération à Bruxelles

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a rencontré, mercredi 6 juin 2018, à Bruxelles, quatre hauts responsables européens avec lesquels il a parlé coopération et développement, droits de la femme, et surtout lutte contre la radicalisation et le terrorisme au Burkina Faso et au Sahel.
Le deuxième et dernier jour des Journées européennes du développement (JED) n’a pas été de tout repos pour le chef de l’Etat burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré. De nombreuses personnalités européennes se sont succédé pour des bilatéraux portant notamment sur les questions essentielles de la coopération et du développement, de la promotion des droits des femmes au Burkina Faso et surtout, actualité oblige, de la lutte contre le terrorisme dans notre pays et dans la région du Sahel.
La première personnalité à avoir rencontré le chef de l’Etat burkinabè est la députée européenne, Maria Arena. De nationalité belge, l’eurodéputée, membre du Groupe parlementaire de l’Alliance Progressiste des Socialistes démocrates a expliqué avoir évoqué avec le chef de l’Etat, l’avenir du Groupe ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique). En effet, l’Accord de Cotonou qui définit les relations de coopération entre l’Union européenne et les 79 pays d’Afrique subsaharienne, des Caraïbes et du Pacifique arrive à expiration en 2020 et les deux parties s’apprêtent à engager en septembre prochain, des négociations pour définir un nouveau type de partenariat.
«Au niveau de notre Groupe parlementaire au sein du parlement européen, nous travaillons beaucoup sur la relation Union européenne-Afrique. Nous avons par exemple travaillé sur le post-Cotonou (l’avenir des Accord ACP, ndlr) pour examiner les piliers de notre coopération c’est-à-dire la bonne gouvernance, le développement et l’économie dans les pays africains. Le Burkina Faso travaille aussi sur ces trois données et là-dessus, nous avons eu des échanges très intéressantes avec le Président du Faso», s’est félicitée l’eurodéputée belge.
Rappelant les valeurs de socialisme, donc de justice, de promotion des libertés, des droits de l’homme et de la femme, de l’autonomie financière, de protection de la liberté d’expression, Mme Arena a indiqué que ses échanges avec le président Roch Marc Christian Kaboré ont aussi porté sur la nouvelle Constitution en attente d’adoption dans notre pays.
Elle y voit dans cette future Constitution un élargissement des droits des citoyens et un approfondissement de la démocratie.
Sur la question de la promotion des droits de la femme et de la jeune fille qui a été le thème central des 12es JED, Mme Arena a donné son appréciation de la situation de la femme au Burkina Faso même si cette question n’a pas été expressément discutée avec le chef de l’Etat.
«On n’a pas abordé la question de la femme… Mais je sais que dans le programme de développement du Président du Faso, il y a la question de la priorité des femmes dans l’éducation parce qu’il est difficile de promouvoir le droit des femmes et l’émancipation des femmes sur un plan économique si on ne travaille pas sur la question de l’éducation des femmes et je sais qu’au Burkina Faso, il y a un programme consacré à l’éducation des jeunes filles», a-t-elle indiqué.
Concernant la coopération et le développement, l’eurodéputée belge a dit avoir évoqué avec le chef de l’Etat, la création de la Zone de libre échange et de commerce (ZLEC) mise en place par l’Union africaine lors de son dernier sommet à Kigali au Rwanda et la manière d’attirer davantage d’investissements au Burkina Faso.
«On a aussi parlé de la sécurité, de l’économie, des partenaires économiques du Burkina Faso surtout avec la création de la Zone économique de libre échange, et sur les questions d’investissement au Burkina Faso notamment comment attirer davantage l’investissement au Burkina Faso», a indiqué la députée belge dont le mandat sera remis en jeu lors des élections européennes de 2019.
Une autre députée européenne, la polonaise Anna Fotyga, présidente de la Commission sécurité et défense au Parlement européen, a rencontré le chef de l’Etat.
«Nous avons eu des discussions très intéressantes avec le président Kaboré. Nous avons évoqué la situation sécuritaire au Burkina Faso mais aussi dans le Sahel. En tant que Présidente de la Commission sécurité et défense du Parlement européen, nous apprécions beaucoup les actions que le Burkina Faso mène pour la stabilisation de la région du Sahel. Nous apprécions les initiatives de renforcement des capacités militaires, les actions de développement en faveur des populations dans la région du Sahel», s’est félicité Mme Fotyga.
«Rien qu’hier (mardi 5 juin 2018, ndlr), on a eu des discutions sur comment assister le Burkina Faso dans ses initiatives pour la stabilisation de la région parce que nous voyons comment le Burkina Faso contribue à sa manière à la protection des frontières. Nous avons également les initiatives en faveur des jeunes, des actions pour la création d’emplois pour les jeunes, des initiatives pour améliorer les conditions de vie des populations du Sahel. Le Burkina Faso joue un rôle dans cette situation du Sahel et le Parlement européen est prêt à l’appuyer dans ces différentes initiatives», a indiqué Mme Fotyga.
Mme Fotyga qui siège au Parlement de Strasbourg comme membre du Groupe politique Conservateurs et Réformateurs européens (ECR) envisage effectuer une visite au Burkina Faso avec d’autres députés européens afin de mieux apprécier les efforts déployés par le peuple burkinabè et son gouvernement dans la lutte antiterroriste.
Ministre d’Etat et ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles (la partie francophone du royaume de Belgique, ndlr), André Flahaut a eu un long entretien avec le président du Faso sur la coopération entre le Burkina Faso entre la partie francophone de la Belgique, le développement mais aussi sur des questions internationales liées notamment au repli identitaire européen avec la montée des extrêmes droites en Europe et la situation en République démocratique du Congo (RD Congo).
«Nous avons parlé de beaucoup de choses», a lancé l’ancien ministre belge de la Défense.
«Nous avons parlé des relations entre la Fédération Wallonie-Bruxelles, les francophones de Belgique avec le Burkina Faso pour mettre en évidence des pistes d’accentuation de coopération mais surtout de partenariat. On a parlé des questions de l’eau, de l’université, de la recherche, de l’agriculture, bref, de toute une série de matières qui sont gérées par les entités fédérées ici en Belgique et qui pourraient (…) faire l’objet d’une accentuation» dans la coopération avec le Burkina Faso, a-t-il déclaré.
«Il y a matière à entretenir et à augmenter la qualité des relations entre nos pays», a plaidé le ministre wallon du Budget.
«On a aussi évoqué la politique internationale notamment la situation un peu particulière de l’Europe aujourd’hui qui est une Europe qui se referme sur elle-même, qui développe des politiques de rejet, ce qui est très inquiétant pour tout le monde alors que l’avenir de l’Europe dépend – en mon sens et c’est un avis partagé – du renforcement de ces liens naturels avec l’Afrique», a-t-il plaidé.
«On a aussi un peu parlé de la Francophonie, de la situation au Congo (RD Congo) parce que c’est important d’avoir au niveau européen et belge, une perception, un témoignage et une analyse directe d’un responsable politique au plus haut niveau du continent africain», a rappelé le député belge.
Ján Figeľ, «Envoyé spécial de l’Union européenne pour la promotion de la liberté de religion ou de conviction à l’extérieur de l’Union européenne» a été la quatrième et dernière personnalité a rencontré Roch Marc Christian Kaboré, ce mercredi 6 juin à Bruxelles.
«Le Burkina Faso et l’Union européenne sont des partenaires et des amis», a de go affirmé le haut fonctionnaire européen après sa rencontre avec le chef de l’Etat.
«La coopération évolue de façon positive mais nous avons également des préoccupations communes (avec le Burkina Faso) liées à la montée de la radicalisation et du terrorisme. Ce sont des tendances très négatives non seulement au Burkina Faso mais aussi dans l’ensemble de la sous-région. C’est une invitation donc à travailler davantage au Burkina Faso avec le Gouvernement et le président» pour y remédier, a poursuivi le slovaque.
«Ma visite chez le président du Faso s’inscrit dans le même esprit que les entretiens que Mme Federica Mogherini, la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, le commissaire européen à la Coopération internationale et au développement Neven Mimica et autres responsables de l’UE ont eu avec le président du Faso. Elle vise à concrétiser les actions de développement et la promotion de la bonne gouvernance au Burkina Faso», a-t-il poursuivi.
L’ancien commissaire européen chargé des entreprises et de la société de l’information dans les années 2000 lorsque Romano Prodi était président de la Commission européenne a annoncé la mise en place de projets en faveur des jeunes au Burkina Faso et dans le domaine cinématographique.
«Nous avons aussi l’intention de mettre en place en collaboration avec le gouvernement du Burkina Faso de nouveaux projets orientés spécialement sur l’éducation, les jeunes et un projet pour le FESPACO. Nous souhaitons à ce niveau davantage de productions cinématographiques et documentaires sur la promotion de la coexistence pacifique, la diversité, l’engagement et la responsabilité des jeunes», a-t-il indiqué.
Ján Figeľ a enfin annoncé sa visite prochaine au Burkina Faso pour approfondir ses discussions avec les autorités et concrétiser ces projets.
Romaric Ollo HIEN
Ambassade du Burkina Faso à Bruxelles
Représentation auprès de l’Union européenne

Grève des syndicats: Des commerçants dénoncent une prise d’otage de l’économie

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L’Association des commerçants pour le progrès (ACP) a animé le mercredi 6 juin 2018 à Ouagadougou, une conférence de presse pour inviter le gouvernement et les syndicats au dialogue  afin de trouver une solution aux grèves qui asphyxient l’économie nationale.
Le Burkina Faso est secoué ces dernières années par des sit-in et des grèves à répétition des agents de l’Etat. Ces mouvements d’humeur, selon l’Association des commerçants pour le progrès (ACP) freinent  la bonne marche  du développement économique et social des populations. Elle a fait ce constat, le mercredi 6 juin 2018, lors d’une conférence de presse à Ouagadougou. L’ACP a alors invité le gouvernement et les syndicats à poursuivre le dialogue afin de trouver une solution pour sauver l’économie nationale. Pour le secrétaire chargé des relations culturelles, Armand Jean-Noël Ouédraogo, l’économie nationale du Burkina Faso est pris en otage. Il a fait savoir que les grèves des agents du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement ainsi que d’autres ministères qui perdurent, ne facilitent pas leur métier de commerçants. Il est d’accord que toute lutte est juste mais, elle doit tenir compte des intérêts des uns et des autres.
A l’entendre, malgré la volonté du gouvernement de privilégier le dialogue pour une sortie de crise, certains syndicats font la sourde oreille « Et c’est nous les innocentes populations et usagers de ces services qui sommes les principales victimes. Nous pensons que dans un contexte économique difficile, c’est le sens du patriotisme qui doit prévaloir et non les intérêts égoïstes », a-t-il ajouté. Quel est l’impact des grèves à répétition sur les activités des commerçants? En réponse à cette question, les animateurs de la conférence de presse ont fait comprendre que si ces mouvements d’humeur continuent, les camions qui  livrent les marchandises vont finir par stationner et ils n’auront plus de produits à acheter et à revendre. « Il ne sert à rien de s’asseoir avec son argent, si les camions se garent et n’ont rien à livrer aux commerçants pour poursuivre leurs activités », ont-ils expliqué. Quelles solutions proposez-vous? Les conférenciers appellent les agents de l’Etat en général et ceux du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement en particulier, à arrêter les mouvements de grève. Aussi, ils les ont invités à poursuivre les négociations avec le gouvernement pour une sortie de crise honorable et bénéfique pour tout le monde.
Elélé KANTORO

Bassinko : 71 milliards de F CFA pour un hôpital de pointe

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Le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Rosine Coulibaly et le consortium de Banques Commerzbank, ont signé le 4 juin 2018 à Ouagadougou, un accord de prêt pour le financement du projet de construction du Centre hospitalier universitaire de Bassinko.
La famille Royale des Emirats Arabes Unis accompagne les Burkinabè dans l’amélioration de leurs conditions de vie en leur offrant un accès à des soins de santé de qualité. Pour ce faire, elle a assuré le financement du projet de construction du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bassinko (avec son partenaire Commerzbank) estimé à 108 millions d’euros, soit 70 milliards 853 millions de F CFA. La signature de l’accord de financement est intervenue le lundi 4 juin 2018 à Ouagadougou. Pour la ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Rosine Coulibaly, des financements à cette hauteur a nécessité un travail des équipes techniques afin de s’assurer d’un meilleur montage. Cet hôpital, a précisé Rosine Coulibaly, est financé à 35%, c’est-à-dire près de 25 milliards de F CFA par son Altesse Royale Sheikh Tahnoon des Emirats Arabes Unis. L’autre partie, a-t-elle souligné, est financée par un prêt d’un consortium de Banques.
Ces ressources, à l’entendre, sont destinées à supporter les coûts liés à la construction de l’hôpital ainsi que son équipement (machines, appareillages, installations, assemblage, véhicules, mobiliers et instrument à usage strictement médical). Elle a rappelé que ce projet  s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique sanitaire (2016-2020) décliné dans l’axe 2 du PNDES « à travers notamment la promotion de la santé des populations et l’accélération de la transition démographique”. Le représentant de la famille royale, Herseyin Ozcan, au nom de son Altesse Sheikh Tahnoon, s’est dit honoré de contribuer au financement de la construction du CHU-Bassinko. Il a adressé ses remerciements pour la confiance placée en eux tout en promettant la livraison de l’hôpital d’ici à fin décembre 2019. Car, dit-il, les travaux de préparation du site a déjà commencé. Pour le représentant de Commerzbank, Thierry de Neve, le Consortium est fier d’avoir bouclé le dossier de ce projet qui  leur tient à cœur. « C’est un projet dans lequel, nous avons eu la confiance requise de notre partenaire Emirati et nous en sommes fiers de pouvoir le boucler”, a-t-il déclaré.
Elélé KANTORO

Journées européennes : Roch Kaboré veut relire la loi sur le quota genre

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Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a annoncé, mardi 5 juin 2018, à l’ouverture des 12ès Journées européennes du développement (JED) à Bruxelles, des concertations avec la classe politique burkinabè pour une révision de la loi sur le «quota genre» avant 2020.

S’exprimant devant un parterre de personnalités venues prendre part aux 12ès Journées européennes du développement (JED) qui se déroulent cette année sous le thème : «Les femmes et les filles au premier plan du développement : protéger, autonomiser, investir», le chef de l’Etat a décrit minutieusement une situation mi-figue mi-raisin de la femme et de la fille burkinabè.

D’abord sur le plan de la protection juridique des femmes, le Président Roch Marc Christian Kaboré a indiqué que le Burkina Faso qui compte 52% de femmes a ratifié l’ensemble des instruments juridiques internationaux afin de promouvoir les droits des femmes et des filles sur tous les plans.

Il a rappelé que le pays a mis en place une politique nationale volontariste, consacrée au genre dont l’objectif est d’instaurer une société débarrassée de toutes formes d’inégalités et d’iniquités, et qui assure à l’ensemble de ses citoyens et citoyennes les sécurités essentielles pour leur épanouissement social, culturel, politique et économique.

«L’élaboration de cette politique nationale du genre qui associe la société civile, les notabilités coutumières et les autorités religieuses vise à bâtir un partenariat fort avec l’ensemble des composantes de la Nation pour donner à la femme toute la place qu’elle mérite dans la société», a dit le président Kaboré.

Concernant les mesures prises dans le cadre de la Politique nationale genre, le président du Faso a salué des progrès importants réalisés dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’accès à la terre et de la participation des femmes à la vie politique.

«Aujourd’hui, presqu’autant de filles que de garçons sont scolarisés dans le primaire avec un taux brut de scolarisation de 86,4% pour les jeunes filles», s’est-il félicité.  A ce niveau, le Président du Faso a noté les insuffisances de la scolarisation des filles au niveau du secondaire et du supérieur, car, a-t-il relevé «l’éducation reste un vecteur incontournable de la transformation de la vie des jeunes filles dans tous les secteurs de la vie d’une Nation».

Mieux, elle constitue une arme efficace de lutte contre les mariages précoces et toutes les autres pratiques qui relèvent d’une autre époque.

«Au plan de la santé, nous avons pris en 2016 la décision d’accorder la gratuité des soins aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans, ainsi que celle du dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus afin de réduire le taux de mortalité maternelle», a indiqué le président Kaboré.

Concernant l’accès des femmes au foncier, le Président du Faso a affirmé que la politique nationale de sécurisation foncière qui accorde 30% de terres aménagées par l’Etat aux femmes est bien mise en œuvre. En 2016 par exemple, 38% de terres nouvellement aménagées par l’Etat sont allées aux femmes.

Quant à l’autonomisation économique des femmes et des jeunes filles, le président a cité la mise en place de mécanismes appropriés de financement de leurs activités rémunératrices et d’appui à la formation professionnelle qui ont permis la création de nombreux emplois en leur faveur.

Toutefois, a regretté le chef de l’Etat, toutes les politiques adoptées par le gouvernement n’ont pas toujours eu les effets escomptés. Par exemple, la loi sur le «quota genre» adoptée  en 2009 qui visait à accorder 30% des postes de représentativité de femmes sur les listes électorales n’a pas été véritablement appliquée. A ce niveau, le Président du Faso, garant de l’unité nationale souhaite l’ouverture de discussions avec la classe politique au regard de la modeste représentation des femmes dans les sphères de décision malgré l’existence de cette loi.

«…Des discussions seront engagées, avec les partis politiques, avant les prochaines échéances électorales en vue de réviser cette loi pour renforcer la participation des femmes aux instances de gouvernance», a annoncé le chef de l’Etat.

Autres difficultés qui entravent l’épanouissement des femmes au Burkina Faso,  les nouveaux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté, notamment les attaques terroristes.

Ces attaques qui touchent quasiment tous les pays du Sahel dont le Burkina Faso sont des «facteurs» de dégradation de la condition des femmes sahéliennes qui paient un lourd tribut.

«C’est pourquoi il est important de développer des actions qui allient à la fois les problématiques de développement et de sécurité», a plaidé le président Kaboré.

50 millions d’euros pour le PUS

Afin justement d’aider le Burkina Faso à faire face à la situation au Sahel, l’Union européenne a accordé une aide budgétaire de 50 millions d’euros à notre pays. La Convention de financement a été signée la veille de l’ouverture des JED par le chef de la diplomatie burkinabè, Alpha Barry et le commissaire européen à la Coopération internationale et au Développement Neven Mimica, en présence du chef de l’Etat. Cet appui entre dans le cadre du financement du Programme d’Urgence pour le Sahel (PUS).

Par ce financement, l’Union européenne veut saluer l’action du gouvernement burkinabè, seul Etat parmi les pays du Sahel touchés par le terrorisme, a avoir une politique d’urgence de développement régional. En effet, on admet au Burkina Faso que la lutte contre le terrorisme n’est pas que militaire. Il faut aussi rendre accessibles les services sociaux de base aux populations locales notamment l’eau, les routes, les centres de santé et d’éducation, mettre en place des activités rémunératrices afin d’essayer de réduire le taux de sous-emploi pour protéger la population jeune surtout, contre les tentations de s’engager dans des réseaux terroristes et de criminalité transfrontalière. Le PUS du Burkina Faso d’un montant de 694 millions d’euros couvre la période 2017-2020 et reçoit donc le soutien de partenaires comme l’Union européenne.

En marge de sa participation aux Journées européennes du développement, le président Kaboré a également eu des entretiens avec de nombreuses personnalités notamment avec la Première ministre néerlandaise, Erna Solberg. Les deux personnalités ont évoqué les questions de lutte contre le paludisme et de santé de façon globale, et les possibilités de coopération entre les deux pays.

Les échanges avec le Premier ministre belge, Charles Michel, ont aussi porté sur la lutte antiterroriste. Touchée par les attaques terroristes, la Belgique partage avec le Burkina Faso  les mêmes douleurs mais surtout, la même détermination de vaincre l’hydre. Il s’est agi donc pour les deux pays de partager leurs expériences surtout que la Belgique a une expérience en matière de renseignements sur le retour des combattants terroristes.

La Haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la Politique sécuritaire, Federica Mogherini, a également eu un riche entretien avec le chef de l’Etat pour évoquer encore et justement la lutte contre le terrorisme dans le Sahel et l’opération rapide de la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S) à laquelle l’UE apporte un soutien de 100 millions d’euros. Il a été question du soutien au Programme d’investissement prioritaire (PIP) du G5Sahel destiné au développement de cette région.

Romaric Ollo HIEN

Ambassade du Burkina Faso à Bruxelles

Mission auprès de l’Union européenne

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Sur les JED

Forum d’échanges organisé annuellement par la Commission européenne à Bruxelles, les Journées Européennes du Développement (JED) ont débuté en 2006 avec l’organisation de la première édition. Ces journées durent deux jours et regroupent entre 5000 et 7000 représentants de gouvernements, des organisations internationales, de la société civile, de donateurs, du secteur privé et des experts du développement pour partager idées et expériences, pour inspirer de nouveaux partenariats et discuter des réponses communes. Outre les chefs d’Etat et de gouvernements, des rois ou des reines, des artistes et des responsables d’institutions financières participent chaque année aux JED.

L’objectif premier de ces Journées est de contribuer à une meilleure connaissance des politiques de coopération et de développement des partenaires au développement mais également de promouvoir le partage des meilleures pratiques et leur dissémination dans le monde. Pendant les JED, se tiennent de nombreuses rencontres : Il y a notamment des débats sur les défis actuels du développement dans le monde ; des séances de brainstorming réunissant des praticiens du monde entier sur les problèmes de développement les plus urgents ; une exposition dite «JED Global Village» avec des stands présentant des projets et des reportages réussis du monde entier. Cette année deux Burkinabè présentent des stands. Victor Boro qui évolue dans l’agroalimentaire et Irénée Zerbo qui fait de la communication sociale.

Les JED constituent l’une des plus grandes plateformes de réseautage car elles permettent aux participants de partager des histoires sur le terrain.

Les JED se tiennent sous des thématiques en relation avec les défis du développement dans le monde. Les trois précédentes se sont déroulées sous les thèmes suivants : «Investir dans le développement» en  2017; «Objectifs du Développement Durable en action : notre monde, notre dignité, notre futur» (2016) et «Notre monde, notre dignité, notre avenir» en 2015.

Les JED 2018 qui se déroulent les 5 et 6 juin 2018 se tiennent sous le thème : «Les femmes et les filles au premier plan du développement durable : protéger, autonomiser, investir». Ce thème offre l’occasion aux participants d’échanger sur les conditions d’une pleine participation des femmes à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable et de l’exigence de la lutte contre toutes les formes de discriminations fondées sur le genre, de la protection des droits et de l’intégrité physique des femmes. Plusieurs débats seront organisés autour de trois sous-thèmes à savoir : «Protéger l’intégrité physique et psychologique des filles et des femmes», «Promouvoir les droits économiques et sociaux et l’autonomisation des filles et des femmes» et «Soutenir la voix et la participation des filles et des femmes».

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré qui est invité spécial de l’Union Européenne à ces douzièmes Journées Européennes du Développement (JED) conduira une délégation comprenant le haut représentant Chériff Sy, les ministres des Affaires étrangères et de la Coopération Alpha Barry, de la Santé, Nicolas Méda et de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango. Pr Nicolas Méda animera un panel demain mercredi sur la politique du Burkina Faso en matière de santé de la reproduction et le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme s’exprimera lors d’un panel consacré à la question genre dans la promotion culturelle.

Outre le président du Faso, les présidents du Niger Mahamoudou Issoufou, du Libéria, Georges Weah, le président en exercice de l’Union africaine, Paul Kagamé, président du Rwanda et la présidente maltaise, Marie-Louise Coleiro Preca, sont à ces 12es JED. Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le Président du Parlement européen, Antonio Tajani, la Haute Représentante ET Vice-présidente de l’UE chargée des Affaires étrangères et de la politique sécuritaire, Federica Mogherini étaient présentes tout comme les reines des Royaumes de Belgique et d’Espagne.

R.O.H.

Protection du fleuve Mouhoun: des puits à grand diamètre

Le projet d’adaptation basée sur les écosystèmes (EBA-FEM) a organisé le jeudi 24 mai 2018, une visite des réalisations faites dans la Boucle du Mouhoun.
Le projet d’adaptation basée sur les écosystèmes (EBA-FEM) a fait des réalisations au profit des populations dans la région de la Boucle du Mouhoun. Les responsables du projet, les autorités de la région et les partenaires, ont effectué une visite de terrain, le jeudi 24 mai 2018 dans les zones d’intervention. Magnimasso, village situé à une cinquantaine de kilomètres au Sud de Dédougou, a été la première étape de cette visite. « Ici c’est le périmètre maraîcher du groupement « Panissè » de Magnimasso », a expliqué aux hôtes, la responsable du suivi-évaluation du projet EBA/FEM, Minata Sirima. Un hectare a été aménagé avec deux puits à grand diamètre munis de réservoir et de quatre micros bassins, au profit de la centaine de femmes que compte ce groupement, a indiqué Mme Sirima. L’objectif de cet aménagement est de réduire la pression sur le fleuve Mouhoun. A en croire Mme Sirima, la priorité est donnée aux femmes qui occupaient les berges du cours d’eau. Ce seul périmètre peut-il permettre de réduire la pression sur le fleuve ? S’est interrogé le gouverneur de la Boucle du Mouhoun. « Si l’expérience s’avère concluante avec nos partenaires techniques et financiers, nous projetons réaliser de nombreux périmètres du genre dans les villages riverains du fleuve», a fait comprendre Mme Sirima.
Eugène Balima, membre de l’équipe du projet EBA/FEM a ajouté qu’au-delà des périmètres maraichers, des investissements sont faits dans l’aménagement des bas-fonds. « Cette année, nous avons d’ailleurs prévu d’aménager 50 hectares de bas-fonds », a-t-il dit. Les visiteurs sont allés après, dans la commune rurale de Gassan dans la province du Nayala. Là, ils ont pu constater de visu, la dégradation de la berge du fleuve à Léry. Malgré les différentes séances de sensibilisation, les populations ont érigé des champs de part et d’autre, le long du fleuve, a fait remarquer Minata Sirima. Au regard du danger que courent les berges du fleuve Mouhoun, le projet EBA/FEM a sollicité l’accompagnement de l’administration à travers les gouverneurs du Centre-Ouest et de la Boucle du Mouhoun, pour sauver ce cours d’eau qui riuque de disparaitre, si l’on ni prend garde. Un cri de cœur que les gouverneurs ont entendu, en s’engageant à apporter du leur pour sauver ce qui peut l’être concernant ce fleuve. La délégation a par ailleurs visité le site d’exploitation du nommé Noé Tibi, dans la zone humide du confluant du fleuve. Sur une superficie de 12 hectares, ce quinquagénaire s’est investi, avec le soutien du projet, dans la restauration du couvert végétal du fleuve fortement dégradé.  La principale difficulté de M. Tibi est la divagation ou transhumance des animaux. Il a donc sollicité l’accompagnement du projet pour la clôture de sa propriété, afin de mener à bien son activité.
Kamélé FAYAMA