Lutte contre le tabagisme: « la loi sera appliquée… »

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Aujourd’hui 31 mai, le monde entier commémore, la journée mondiale de lutte contre le tabac. Une occasion pour plusieurs organisations d’interpeller les populations sur les dangers de la cigarette. Dans cet entretien, le ministre de la Santé, Pr Nicolas Méda décline les actions de son département pour faire avancer la lutte. 
Sidwaya(S) : Que représente la date du 31 mai dans le calendrier des activités relatives à la santé ?
Nicolas Méda (N.M.) : Le monde entier commémore, le 31 mai grâce à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la journée mondiale de lutte contre le tabac, ce, depuis 1987. Cette activité est inscrite dans le programme gouvernemental et nous allons la commémorer pour mettre la lumière sur les risques économiques, socio-sanitaires et environnementaux liés au tabagisme. L’objectif est de plaider en faveur de politiques efficaces pour réduire la consommation du tabac.
S. : L’édition 2018 de la journée mondiale sans tabac est placée sous le thème : ‘’Tabac et cardiopathies’’. Qu’est-ce qui justifie le choix de cette thématique ?
N. M. : Ce qui est connu dans le tabagisme que nous combattons, ce sont les cancers. Mais ce qui est très peu connu que nous combattons dans le tabagisme, ce sont les cardiopathies. Ce sera l’occasion de sensibiliser les populations à cette conséquence assez méconnue du tabagisme. Il faut savoir que quand vous fumez, il y a du goudron qui se dépose dans les bronches qui provoquent les cancers. C’est le même effet sur le cœur et les vaisseaux sanguins. En fumant, ce goudron tapisse les vaisseaux sanguins. C’est un peu comme de la graisse qui tapisse ces vaisseaux et il n’y a plus de place. Cela crée des bouchons par endroits et entraine des crises cardiaques dans 50% des cas et des infarctus du myocarde dans 30% des cas. Ce sont des complications du tabagisme que les gens ne connaissent pas. Quand vous êtes face à un cas de mort subite, vérifiez s’il s’agit  d’un fumeur. Si c’est le cas, c’est certainement son cœur qui a été mordu par le goudron du tabac. C’est pourquoi, il est important de rappeler que le tabac est la première cause de mortalité évitable dans le monde. L’épidémie du tabagisme tue plus de 7 millions de personnes chaque année dans le monde et environ une personne meurt toutes les six secondes dans le monde à cause du tabagisme. Il faut aussi savoir que la fumée du tabac contient plus de 4000 substances chimiques parmi lesquelles plus de 60 sont cancérigènes.
S. : Quelles sont les activités majeures qui vont matérialiser la célébration de la journée sans tabac?
N. M. : Il y a eu plusieurs activités dont des sorties de contrôles d’interdiction de fumer dans les lieux publics, les bars, les maquis, les restaurants…Cette année, nous allons aussi lancer un numéro vert : 80 00-12 39. Ce numéro permettra aux populations de dénoncer les lieux publics où la loi n’est pas respectée et d’appeler pour avoir des conseils.
S. : En dépit des actions de sensibilisation, l’on enregistre environ 4 800 décès par an. Pourquoi cet état de fait ?
N. M. : Ce n’est pas normal que l’on est autant de décès. Je pense que cela est en partie lié à l’insuffisance des campagnes de sensibilisation. Nous parlons du tabac certes, mais pas assez. Nous ne démontrons pas les méthodes pour ne pas entrer dans le tabagisme. Cela veut dire que nous devrons cibler les jeunes avant qu’ils ne commencent à avoir des comportements ou habitudes de fumeurs. Nous devrons aussi travailler à convaincre les fumeurs d’arrêter la cigarette. Si la sensibilisation était bien planifiée. On devrait avoir des affiches présentant les conséquences liées au tabac dans toutes les écoles, des enseignements sur l’importance d’éviter la cigarette. Les réseaux sociaux peuvent être utilisés comme des canaux de sensibilisation. Si on avait les moyens, toutes ces actions allaient être menées.
S. : Le non-respect de la loi anti-tabac dans plusieurs espaces publics est-il le signe d’une faiblesse du gouvernement notamment de votre département ?
N. M. : Je suis partisan du respect de toutes les lois prises dans le cadre de l’incivisme et la loi anti-tabac fait partie. Nous allons intensifier la sensibilisation et peut-être réprimer.
S. : Cette journée est commémorée alors que votre département a assigné en justice la MABUCIG parce que cette firme refuse d’apposer les avertissements graphiques sur les paquets de cigarettes. N’est-ce pas un cas de défiance de l’autorité de l’Etat comme le pense la société civile ?
N. M. : Nous sommes dans un contentieux, c’est vrai parce qu’une loi a été votée pour contraindre la firme à apposer des messages de prévention sur les paquets de cigarette avec 60% d’espace consacrée à la prévention. MABUCIG estime qu’elle n’est pas prête en l’état de la fraude de respecter seule cette disposition. Elle exige que l’Etat impose aussi aux autres importateurs le respect de cette loi. Donc l’affaire est en justice. La loi sera appliquée sans complaisance dès que nous finirons de clarifier certaines dispositions et harmoniser certains points de vue.
S. : Quelles sont les actions majeures à venir pour marquer votre réelle implication dans la lutte contre le tabac ?
N. M. : Pour la lutte contre le tabac, notre feuille de route est la Convention cadre de l’OMS pour la lutte contre le tabac. Les principales mesures seront égrainées et mises en œuvre conformément aux engagements du Programme du Président du Faso. La lutte contre le tabac sera utilisée en tant qu’accélérateur des objectifs de développement durable par le renforcement de la Convention cadre de l’OMS. Cela ne souffrira d’aucun débat. Mais, j’ai décidé cette année d’accélérer la cadence de la sensibilisation contre le tabagisme. J’ai donné des instructions pour que des moyens programmatiques, humains, techniques et autres moyens soient mis à la disposition de la lutte contre le tabac. Cela suppose que la coordination intersectorielle et pluridisciplinaire sera renforcée, les mesures contenues dans la loi seront discutées avec les autres secteurs pour leur application intégrale. Le gouvernement aura une politique de taxation efficace pour contrôler le tabac en s’appuyant sur les dispositions internationale et sous régionales de la CEDEAO et l’UEMOA, il y aura des sorties régulières de contrôle pour le respect de la loi par les propriétaires et les usagers des lieux publics, les contenus des tabacs feront l’objet de tests au Laboratoire national de santé publique, l’aide au sevrage et le traitement de la dépendance se poursuivront et seront renforcés au niveau du centre de sevrage du tabac de Ouagadougou.
Interview réalisée par 
Gaspard BAYALA 
Achille ZIGANI (Stagiaire)

Protection des données personnelles : un défi à l’heure du numérique

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Africa communication week a organisé,  le samedi 25 mai 2018 à Ouagadougou, une conférence sur les défis de la protection des données à caractère personnel et de la souveraineté numérique des pays africains à l’heure du numérique.
La violation des données à caractère personnel est de plus en plus fréquente à l’heure du numérique. La dernière qui a fait l’actualité est celle du scandale ‘’Cambridge analytica’’ sur les données personnelles des utilisateurs Facebook récupérées par le système d’Intelligence Artificielle. Dans le but de créer un cadre de réflexion sur les enjeux et les besoins en matière de souveraineté numérique et de contrôle du « Nation Branding » en Afrique et, aussi, éclairer le public sur les dangers de l’utilisation de l’Internet, Africa communication week a organisé, le samedi 25 mai 2018 au sein de l’université Aube Nouvelle à Ouagadougou, une conférence sur le thème : « Le rôle critique des technologies de la quatrième révolution industrielle dans la communication en Afrique ». Durant deux heures, les conférenciers,  composés de Chantal Naré, responsable de la communication digitale de l’ONG Save the children et Clément Bassolé, expert en communication digitale, ont entretenu le public sur les défis de la protection des données à caractère personnel sur Internet et de la souveraineté numérique des pays africains. Pour Mme Naré, la législation en la matière est insuffisante et ne permet pas une meilleure protection des citoyens.
Elle propose comme alternative aux participants, une utilisation responsable et prudente d’Internet et des réseaux sociaux afin de pouvoir communiquer tout en protégeant leurs données personnelles. Selon elle, même si Internet constitue un espace virtuel, il est important pour chaque citoyen de se construire une e-réputation. M. Bassolé a,  quant à lui, échangé avec les participants sur les bonnes pratiques en matière de communication digitale.
Ce panel a connu la participation du ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou. Il a souligné les dangers liés à l’exposition des données à caractère personnel avec l’avènement du numérique. Pour lui, aucun pays ne peut se targuer d’avoir un contrôle sur Internet. « Le contrôle de l’Internet par les géants comme Google,  Apple, Amazone… est une domination qui échappe même aux grandes nations comme les Etats-Unis ou l’Angleterre », a expliqué le ministre Dandjinou. Il a reconnu que la protection des données personnelles est un défi que les structures qui en ont la charge doivent relevées.
Ali SAOUADOGO

Le président du CES/Bénin, Gbian Tabé chez Kaba Tiéba

Le Premier ministre Paul Kaba Tiéba a reçu en audience,  le vendredi 25 mai 2018,  à Ouagadougou le président du Conseil économique et social  du Bénin Gbian Tabé . Ils ont échangé sur la cohésion sociale au pays des Hommes intègres.

Le président du Conseil économique et social du Bénin, Gbian Tabé en mission de travail avec les premiers responsables du CES du Burkina Faso à l’occasion de la tenue de la première session ordinaire de l’année 2018 était en audience,  le vendredi 25 mai 2018 à Ouagadougou avec le Premier ministre Paul Kaba Tiébé.  Au sortir de l’audience, il a fait savoir à la presse que les échanges ont  porté surtout sur le thème retenu pour la présente session ordinaire qui se tient du 8 mai au 4 juin prochain à Ouagadougou. « Cohésion sociale : Quelles stratégies pour un développement durable”. Pour lui, étant en visite de travail car invité à participer à cette session ordinaire, il était de son devoir, de venir discuter avec le premier responsable du gouvernement du Burkina Faso afin de voir dans quelle mesure ce pays pourra renforcer la cohésion sociale pour une stabilité durable. A l’entendre « la cohésion sociale est un facteur très important pour nos nations, nos pays et nos  institutions. Nous avons besoin de réfléchir par rapport à ce sujet afin d’apporter notre expertise”, a-t-il dit. Le président du CES Bénin M. Gbian a dit saisir l’occasion remercier les autorités burkinabé pour leur solidarité fraternelle à l’endroit du Bénin, un pays frère. Il a  exprimé sa profonde tristesse à l’endroit du Burkina Faso pour  les hommes et les femmes  qui sont tombés sous les balles assassines des terroristes. Il a rassuré que tout ira mieux car Dieu tout puissant éloigneront ces  dangereux fléaux des différents pays de l’Afrique. Tout confiant avec la délégation qui l’a accompagné, il a fait savoir que le peuple burkinabé surmontera toutes ces épreuves et retrouvera sa stabilité.

Elélé KANTORO

Conseil des ministres du G5 Sahel

En marge de la session ordinaire du Comité de défense et de sécurité (CDS) du G5 Sahel, les ministres des pays-membres du G5 Sahel ont tenu un conseil des ministres, le dimanche 13 mai 2018 à Ouagadougou. Au terme des travaux, le conseil a pris des décisions en vue de rendre opérationnelle la force conjointe. 

Le conseil des ministres du G5 Sahel a accouché de grandes décisions, à l’issue du huis-clos des ministres en charge de la Défense des pays-membres de l’organisation, le dimanche 13 mai 2018 à Ouagadougou.  Dans le communiqué conjoint lu par l’expert en défense et sécurité, le général Znagui, les ministres ont, entre autres, adopté la contribution des Etats-membres, le fonctionnement de la force conjointe et le budget de défense du collège du G5 Sahel, pour l’année académique 2018-2019. A ce titre, ils se sont engagés à s’acquitter desdites contributions dans les délais requis, afin d’éviter le retard de planification. Les ministres ont pris acte du rapport relatif à la mise en place des troupes du fuseau Centre déjà certifié et basé au Niger.

Dans le même ordre d’idées, ils ont instruit les commandants de la force conjointe d’entreprendre la certification des fuseaux Est, basé en Mauritanie, et Ouest basé au Tchad. Les responsables en charge de la défense de l’espace G5 Sahel ont également adopté le projet du règlement portant création, autorisation, organisation et fonctionnement du centre sahélien d’analyse de menace et d’alerte précoces. A cet effet, ils ont instruit le secrétariat permanent G5 Sahel de soumettre ledit projet à la signature de la présidence du conseil des ministres. Tout en saluant les efforts constants du secrétaire général des Nations unies en faveur de l’opérationnalisation de la force conjointe G5 Sahel, ils ont exhorté les membres du conseil de sécurité  des Nations unies à donner à la force conjointe, un mandat « robuste » qui lui confère la légitimité dont elle a besoin, et le financement nécessaire à la réalisation de sa mission.
A l’ouverture des travaux, le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Jean Claude Bouda, a témoigné sa gratitude à son homologue du Niger et président en exercice du conseil des ministres du G5 Sahel, Kalla Moutari, qui a décidé de la tenue du conseil au Burkina Faso. Ce dernier a laissé entendre que la rencontre de Ouagadougou va fixer un nouveau cap pour le renforcement du dispositif de défense et de sécurité de l’organisation et assurer, par ailleurs, son positionnement stratégique aux échelons national, régional et international.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO
pathnema@gmail.com
Achille ZIGANI (Stagiaire)


Kalla Moutari, président du conseil des ministres :
 » La force G5 Sahel est prête à aller sur le front « 

Sidwaya (S.) : L’opérationnalisation de la force conjointe était prévue pour le 31 mars dernier, jusque-là elle n’a pas encore vu le jour. A quand  la concrétisation?
Kalla Moutari (K.M.) : Vous avez raison, il était convenu que nous prenions le délai de mars pour rendre opérationnelle notre force. Mais, vu les difficultés que nous avons rencontrées dans la génération des forces, ainsi que dans le financement, nous avons accusé un retard, somme toute léger, dans la mesure où ces forces sont aujourd’hui  générées. Elles sont sur le terrain. Le fuseau Centre qui est une des composantes de la force du G5 Sahel est déjà certifié par les experts. Il est apte à être envoyé au combat. Les deux autres composantes de la force sont disponibles et nous avons invité les experts qualifiés à aller faire le constat sur le terrain, du niveau de ces forces en vue de les certifier. Cela nous permettra de les déployer pour les opérations futures. La force G5 Sahel est prête à aller sur le front pour combattre le terrorisme.

S. : Quel est le niveau du financement de la force aujourd’hui ?
K.M. : Les pays ayant promis de nous aider sont en train de remplir les formalités. Les procédures sont souvent longues pour le déblocage et la libération des fonds. Nous les pays membres, nous avons pris l’engagement de soutenir cette force, de la financer, le temps que l’aide des autres pays ne vienne. Nous sommes présentement sur cette lancée. Je puis vous rassurer que la force est soutenue par des pays africains tels que le Rwanda qui a contribué pour un million de dollars. L’UEMOA a annoncé également sa contribution et cela nous donne satisfaction.

S. : A quel moment peut-on s’attendre au premier déploiement des premières troupes?
K.M. : Nous allons laisser cette décision qui est purement militaire aux chefs de la force conjointe.

P.O.O.
A.Z.

Conseil des ministres du G5 Sahel

En marge de la session ordinaire du Comité de défense et de sécurité (CDS) du G5 Sahel, les ministres des pays-membres du G5 Sahel ont tenu un conseil des ministres, le dimanche 13 mai 2018 à Ouagadougou. Au terme des travaux, le conseil a pris des décisions en vue de rendre opérationnelle la force conjointe. 

Le conseil des ministres du G5 Sahel a accouché de grandes décisions, à l’issue du huis-clos des ministres en charge de la Défense des pays-membres de l’organisation, le dimanche 13 mai 2018 à Ouagadougou.  Dans le communiqué conjoint lu par l’expert en défense et sécurité, le général Znagui, les ministres ont, entre autres, adopté la contribution des Etats-membres, le fonctionnement de la force conjointe et le budget de défense du collège du G5 Sahel, pour l’année académique 2018-2019. A ce titre, ils se sont engagés à s’acquitter desdites contributions dans les délais requis, afin d’éviter le retard de planification.

Les ministres ont pris acte du rapport relatif à la mise en place des troupes du fuseau Centre déjà certifié et basé au Niger. Dans le même ordre d’idées, ils ont instruit les commandants de la force conjointe d’entreprendre la certification des fuseaux Est, basé en Mauritanie, et Ouest basé au Tchad. Les responsables en charge de la défense de l’espace G5 Sahel ont également adopté le projet du règlement portant création, autorisation, organisation et fonctionnement du centre sahélien d’analyse de menace et d’alerte précoces. A cet effet, ils ont instruit le secrétariat permanent G5 Sahel de soumettre ledit projet à la signature de la présidence du conseil des ministres.
Tout en saluant les efforts constants du secrétaire général des Nations unies en faveur de l’opérationnalisation de la force conjointe G5 Sahel, ils ont exhorté les membres du conseil de sécurité  des Nations unies à donner à la force conjointe, un mandat « robuste » qui lui confère la légitimité dont elle a besoin, et le financement nécessaire à la réalisation de sa mission. A l’ouverture des travaux, le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Jean Claude Bouda, a témoigné sa gratitude à son homologue du Niger et président en exercice du conseil des ministres du G5 Sahel, Kalla Moutari, qui a décidé de la tenue du conseil au Burkina Faso. Ce dernier a laissé entendre que la rencontre de Ouagadougou va fixer un nouveau cap pour le renforcement du dispositif de défense et de sécurité de l’organisation et assurer, par ailleurs, son positionnement stratégique aux échelons national, régional et international.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO
pathnema@gmail.com
Achille ZIGANI (Stagiaire)


Kalla Moutari, président du conseil des ministres :
 » La force G5 Sahel est prête à aller sur le front « 

Sidwaya (S.) : L’opérationnalisation de la force conjointe était prévue pour le 31 mars dernier, jusque-là elle n’a pas encore vu le jour. A quand  la concrétisation?

 Kalla Moutari (K.M.) : Vous avez raison, il était convenu que nous prenions le délai de mars pour rendre opérationnelle notre force. Mais, vu les difficultés que nous avons rencontrées dans la génération des forces, ainsi que dans le financement, nous avons accusé un retard, somme toute léger, dans la mesure où ces forces sont aujourd’hui  générées. Elles sont sur le terrain. Le fuseau Centre qui est une des composantes de la force du G5 Sahel est déjà certifié par les experts. Il est apte à être envoyé au combat. Les deux autres composantes de la force sont disponibles et nous avons invité les experts qualifiés à aller faire le constat sur le terrain, du niveau de ces forces en vue de les certifier. Cela nous permettra de les déployer pour les opérations futures. La force G5 Sahel est prête à aller sur le front pour combattre le terrorisme.

S. : Quel est le niveau du financement de la force aujourd’hui ?
K.M. : Les pays ayant promis de nous aider sont en train de remplir les formalités. Les procédures sont souvent longues pour le déblocage et la libération des fonds. Nous les pays membres, nous avons pris l’engagement de soutenir cette force, de la financer, le temps que l’aide des autres pays ne vienne. Nous sommes présentement sur cette lancée. Je puis vous rassurer que la force est soutenue par des pays africains tels que le Rwanda qui a contribué pour un million de dollars. L’UEMOA a annoncé également sa contribution et cela nous donne satisfaction.

S. : A quel moment peut-on s’attendre au premier déploiement des premières troupes?
K.M. : Nous allons laisser cette décision qui est purement militaire aux chefs de la force conjointe.

P.O.O.
A.Z.

Procès du putsch manqué : l’audience reprend le 25 mai

Le procès du coup d’Etat manqué a repris ce mercredi 9 mai 2018, à Ouagadougou, avec la présentation de nouveaux avocats commis à la défense de certains accusés. A leur demande, l’audience a été reportée au vendredi 25 mai prochain. 
Six avocats commis par le bâtonnier à la défense de certains accusés sont entrés dans la danse, ce mercredi 9 mai 2018, dans le cadre du procès du putsch manqué de septembre 2015. Au cours de l’audience du 6 avril dernier, consacrée à l’interrogatoire des accusés, plus d’une dizaine d’avocats avaient abandonné leurs clients. Ces dossiers ont été confiés à de nouveaux avocats, qui se sont présentés au tribunal. A peine l’audience du jour ouverte, les avocats commis d’office ont demandé au juge du temps pour prendre connaissance des pièces de la procédure, « au regard du volume du dossier », a plaidé l’un d’eux. Il a dit avoir « besoin d’un renvoi de 20 à 30 jours pour permettre de défendre utilement » ses clients.
Un autre a demandé « un petit temps supplémentaire », de trois à quatre semaines. Le parquet militaire ne s’y est pas opposé, car jugeant les requêtes fondées. Toutefois, Alioune Zanré a trouvé le délai trop long, et a proposé deux semaines. La partie civile n’a pas souhaité se prononcer sur cette demande. Le tribunal a statué et accordé 16 jours aux nouveaux avocats commis d’office.
Le président du tribunal a informé les parties qu’il a enregistré deux nouvelles demandes de déport, celles de Me Somé et de Me Kéré, déposées le 8 mai 2018 « pour convenance personnelle ». Ces déports concernent des avocats de  8 accusés dont le général Gilbert Diendéré et  son épouse, Fatoumata Diendéré. De quoi irrité la partie civile qui y voit une « stratégie bien organisée » pour ne pas aller au procès.
« Faux », a rétorqué la défense. « Un avocat peut se déporter d’un dossier en cours de procédure et se reconstituer défense encore », a-t-elle expliqué. Le tribunal a, de nouveau, demandé au bâtonnier de commettre d’office d’autres avocats pour la défense de ces accusés.
Enfin, trois accusés ont déposé des demandes de liberté provisoire. Deux ont été rejetées et l’une renvoyée. Adama Ouédraogo dit Damiss a demandé, quant à lui, une autorisation de sortie du territoire. Le tribunal s’est déclaré « incompétent » pour connaitre de cette requête.
D. S.

Promotion des affaires : le Burkina Faso à l’honneur à Bruxelles en 2019

Présent dans la capitale belge (Bruxelles) dans le cadre de la campagne internationale sur le SIAO, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, a échangé avec des personnalités et des institutions sur les affaires au Burkina Faso.

«J’ai rencontré le ministre Harouna Kaboré  parce que mon cabinet offre des programmes gratuits à l’attention des pays en développement, notamment africains, afin  de les représenter dans les négociations internationales au sein des Nations unies, dans le cadre des réformes des mécanismes d’arbitrage et d’investissement». Ce sont des rencontres qui se tiennent deux fois par an, et ce cabinet apporte son expertise juridique aux pays ciblés.  Aux dires de son premier responsable, Me Quentin Declev, avocat au barreau de Bruxelles, ces réformes auront des conséquences à très long terme, d’où l’intérêt de ce programme.

«Le Burkina Faso fait partie des pays susceptibles d’accueillir de plus en plus d’investissements dans les prochaines décennies », a indiqué Me Decleve. Et pour lui, si ce  pays n’a pas dans l’immédiat des intérêts,  il faut quand même  penser à l’avenir. «On essaie de favoriser un dialogue et de susciter l’intérêt des pays africains pour ces discussions afin qu’ils aient leur mot à dire,  pour qu’il ne leur soit pas imposé un mécanisme décidé par les puissances internationales», a-t-il informé. Il a dit avoir eu une réaction   favorable de son interlocuteur, qui compte tout de même examiner au préalable le dossier,  avant d’entamer les échanges les semaines à venir.

Avec ces réformes, c’est un cadre juridique nouveau qui verra le jour et la motivation du cabinet, qui assiste déjà des pays comme le Bénin. C’est d’en être au cœur, afin  de disposer d’un réseau, et d’avoir une meilleure compréhension du fonctionnement du système.
« A notre niveau, nous analysons les différentes propositions et ferons en sorte que le cabinet puisse avoir des relations avec l’agent judiciaire du trésor et des cabines locaux », a signifié le ministre en charge du commerce, Harouna Kaboré.
En tant que ministre en charge du commerce, M. Kaboré a indiqué que son département reçoit toutes propositions qui peuvent intéresser le  pays et les  oriente vers les structures  correspondantes. « C’est à partir des discussions avec ces structures qu’on verra les contenus intéressants pour les parties qui vont s’engager».

Le Burkina Faso, invité d’honneur d’un forum

Le Burkina Faso est l’invité d’honneur du forum Africa Belgium Business Week, qui se tiendra les 2 et 3 avril 2019, à Bruxelles en Belgique. Pour en parler, le président de Africa Rise, l’organisme qui organise cette rencontre, Christian LIongo,  a eu un entretien avec le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, le 3 mai 2018. Ce forum annuel a pour objectif de créer des liens économiques entre des entrepreneurs belges et européens d’une part, et des entrepreneurs africains, d’autre part.  Cette édition qui ouvre une fenêtre sur le pays des Hommes intègres, regroupera non seulement des hauts fonctionnaires, mais également une pléiade d’opérateurs économiques qui viendront échanger sur leurs projets d’affaires, avec des entrepreneurs européens.

Au Burkina Faso, la bonne gouvernance est de mise, et ce pays a fait ses preuves en matière de respect des droits de l’homme. Ce qui fait de lui un bon élève en Afrique. C’est ce qui, aux dires du promoteur du forum,  a motivé son choix. Il a affirmé avoir reçu il y a quelques semaines, l’accord du Burkina Faso pour être le pays invité d’honneur. « Ce matin, nous avons eu des échanges très fructueux par rapport à la vision qu’a le Burkina Faso,  des transformations positives du pays », a-t-il commenté.
Le ministre Harouna Kaboré  a déclaré que son pays compte saisir cette belle opportunité qui lui est offerte. Et d’apporter cette précision : «Aucune contribution financière n’est exigée du pays. Notre tâche consiste à organiser nos chefs d’entreprises, les hauts fonctionnaires, la diaspora, les structures d’exportation, de financement qui viendront renforcer leurs capacités et rencontrer des partenaires ».

Plaidoyer pour les PME/PMI

Le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Harouna Kaboré, a été reçu par la directrice Afrique de l’Ouest et du Centre de la direction générale de la coopération internationale et développement de l’Union européenne, Carla Montesi, le vendredi 4 mai 2018 au siège de l’institution à Bruxelles. M. Kaboré est allé faire un plaidoyer pour le financement des PME/PMI, par des appuis directs afin de développer leur capital de production. L’Union européenne appuie le Burkina Faso avec plus de 520 milliards de F CFA dans les domaines de la gouvernance, de l’agriculture, de l’assainissement…Il s’agit désormais, aux dires du ministre Kaboré, de  faire en sorte que le secteur de la transformation comme celui du coton ait un égard particulier. Ce secteur compte plusieurs intervenants dans la chaîne de transformation, mais la plupart travaillent avec des moyens rudimentaires.

« Nous avons des projets de renforcement de capacités productives, et il s’agit de voir avec l’Union européenne, les programmes dans ces domaines,  les fonds qui existent et comment  on peut nous accompagner », a confié M. Kaboré. Il est possible que le Burkina Faso prenne part à une réunion le 8 juin  2018,  sur la question et  pourrait alors approfondir les sujets évoqués ce jour.
Il y a un appui au gouvernement qui vise à entretenir les PME, donc logiquement  les artisans; et aux dires de Mme Montesi, le soutien doit être porté aux secteurs producteurs. Car, selon elle,  le Burkina est riche en matières premières  et si on aide à la  transformation, on   peut créer de l’emploi.

Assetou BADOH à Bruxelles

Conseil des droits de l’Homme de l’ONU : le Burkina Faso présente son rapport ce lundi 7 mai à Genève

Le ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, Garde des Sceaux, Bessolé René BAGORO conduit la délégation burkinabè à la 30e session du groupe de travail sur l’Examen périodique universel (EPU). C’est ce lundi 7 mai 2018 au Palais des Nations à Genève que le Burkina Faso dressera pour la troisième fois depuis l’institution de l’EPU, la situation des droits humains sur le plan national.

«Nous partons confiants à l’Examen périodique universel. Bien évidemment, aucun pays ne peut se targuer d’avoir une situation des droits humains reluisante à 100% mais il y a des efforts réels qui sont faits. Nous allons mettre en exergue ces efforts », a déclaré le ministre de la Justice, des Droits humains et de la Promotion civique, Bessolé René BAGORO à l’issue d’une réunion préparatoire de la délégation, le vendredi 4 mai 2018 à l’ambassade du Burkina Faso à Genève.
Par la suite, le ministre et sa délégation se sont rendus à la représentation de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) à Genève pour une séance de travail sur l’EPU.

L’ambassadeur, représentant permanent de l’OIF auprès des Nations unies à Genève et à Vienne, Henri Eli MONCEAU, a tout d’abord souligné le rôle du Burkina Faso dans la francophonie et la coopération en matière de droits de l’Homme. « Le Burkina Faso  est un membre éminent de la francophonie très actif, qui apporte beaucoup à notre organisation. A ce jour, l’OIF compte 84 Etats (y compris les Etats observateurs) et joue un rôle important dans le système des Nations unies en général et au sein du Conseil des droits de l’Homme en particulier », a indiqué le représentant permanent de l’OIF auprès des Nations unies à Genève et à Vienne. Au sein des 193 pays membres des Nations unies, a-t-il ajouté, les Etats francophones représentent plus de la moitié.

« La coopération entre eux est extrêmement utile en ce sens qu’elle permet de renforcer  la solidarité internationale en particulier par rapport à la question des droits de l’Homme », a souligné Henri Eli MONCEAU.
Le ministre en charge des Droits humains, Bessolé René BAGORO, a remercié et salué l’OIF pour son soutien. Il a présenté succinctement la situation des droits de l’Homme au Burkina Faso et l’état des lieux de la mise en œuvre des recommandations acceptées par le Burkina Faso lors de son dernier passage à l’EPU en 2013. En rappel, le Burkina Faso est passé au premier et au deuxième cycle de l’EPU respectivement le 9 décembre 2008 et le 22 avril 2013.

Bachirou NANA
(DCPM/MJDHPC) depuis Genève

 

Protection des droits humains : «L’expertise du Burkina est sollicitée sur le plan régional»

Pour la troisième fois, le Burkina Faso exposera le 7 mai 2018 à Genève, en Suisse, la situation des droits humains au niveau national au groupe de travail de l’Examen périodique universel (EPU). Avant ce rendez-vous, le directeur général des droits humains, Jean De Dieu Bambara, s’est ouvert à Sidwaya sur la question. Au cours de cet entretien M. Bambara montre l’intérêt pour le Burkina Faso à passer devant le Conseil des droits de l’homme, donne un aperçu sur la mise en œuvre des recommandations formulées à l’Etat burkinabè. Il expose aussi les bonnes pratiques et les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre desdites recommandations.
Sidwaya (S.) : L’Etat burkinabè présentera devant le groupe de travail de l’Examen périodique universel (EPU), le 7 mai prochain, à Genève un rapport sur la situation des droits de l’homme au Burkina Faso. Dites-nous quelle est l’importance d’un tel passage pour le pays ?
Jean de Dieu Bambara (J.D.B.) : Je vous remercie de l’opportunité que vous nous offrez pour échanger sur le 3e passage du Burkina Faso à l’Examen périodique universelle (EPU).  Notre pays est membre de la communauté internationale et de l’Organisation des Nations unies. A ce titre, il a pris des engagements, par exemple la ratification d’instruments internationaux relatifs aux droits humains. On peut citer le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, le Pacte international relatif aux droits socio-économiques et culturels et bien d’autres instruments qui protègent les droits humains. Ayant ratifié ces instruments sur le plan international, le pays a des engagements à respecter.
Comme vous l’avez dit, l’Examen périodique universel est une revue pour faire le suivi des engagements pris sur le plan international par les Etats. C’est un mécanisme qui a été institué depuis 2006 et le Burkina Faso, qui y a adhéré, est passé pour la première fois en 2008. Son 1er rapport a été adopté après son passage et le 22 avril 2013, le pays a encore présenté un rapport pour le deuxième cycle. Présentement nous préparons le troisième cycle de l’EPU et le rapport national sera présenté le 7 mai prochain.  La revue va concerner l’ensemble des catégories de droits civils et politiques, les droits économiques, socioculturels, ainsi que les droits dits de solidarité.
C’est important pour le Burkina Faso qui a déjà élaboré son rapport et transmis au Conseil des droits de l’Homme. L’examen se fera sous la base de trois documents, le rapport national que je viens de citer, le rapport alternatif élaboré par les Organisations de la société civile et une compilation des informations sur les droits de l’homme faite par le Haut-commissariat des droits de l’homme. L’examen va consister à voir les progrès réalisés en matière des droits humains, les difficultés rencontrées dans la réalisation de ces droits, les défis à relever et l’assistance  que la communauté internationale peut apporter pour que les droits humains soient promus au Burkina Faso.
S. : Lors de son 2e passage devant le groupe de travail de l’EPU en avril 2013, sur les 165 recommandations formulées à l’endroit du Burkina Faso, il en a accepté 138. Comment évolue la mise en œuvre de ces recommandations ?
J.D.B. : Le Burkina Faso a effectivement accepté 138 recommandations sur 165 à la suite de son deuxième passage à l’EPU. Pour la mise en œuvre des recommandations acceptées, un plan d’action a été élaboré par le gouvernement. C’est un plan transversal qui prend en compte tous les départements ministériels et qui couvre la période 2014-2017. Il faut noter que ce plan est en cours de mise en œuvre pour certaines actions. En termes de bilan, sur les 138 recommandations acceptées par notre pays, seules trois n’ont pu être réalisées entièrement. Il s’agit des recommandations qui portent sur les amendements de Kampala relatifs au statut de la Cour pénale internationale,  la ratification de la convention n°189 de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur les travailleurs et travailleuses domestiques et une troisième recommandation qui porte sur le code de protection de l’enfant. Nous avons un taux de mise en œuvre de 92%. C’est donc dire qu’il y a eu beaucoup d’efforts consentis par le gouvernement pour la mise en œuvre du plan d’action et des actions sont toujours en cours pour permettre à notre pays d’améliorer la situation des droits humains.
S. : Vous avancez un taux de mise en œuvre de 92% des recommandations acceptées mais des organisations de la société civile déplorent l’absence d’indicateurs  de  performance dans votre rapport à mi-parcours. Toute chose, selon elles, qui ne permet pas  de mesurer les effets réels des mesures prises. Comment peut-on constater l’effectivité de ces mesures sur le terrain ?
J.D.B. : Après notre 2e passage en 2013, nous avons élaboré en 2015 un rapport à mi-parcours qui a été transmis en fin 2015 au Conseil des droits de l’homme. C’était un engagement volontaire et non une recommandation adressée à l’Etat du Burkina Faso. Effectivement, ce rapport ne fait pas mention d’un indicateur de performance car comme vous le savez le pays a connu, en son temps, des difficultés. Il y a eu l’insurrection populaire et la tentative de coup d’Etat qui ont retardé certaines actions de mise en œuvre des recommandations. Mais rassurez-vous, un indicateur a été porté dans le rapport qui fera l’objet d’examen le 7 mai prochain et nous aurons l’occasion d’actualiser certaines informations car le document a été déposé depuis un certain temps.  Il y a eu des évolutions par la suite et ces informations seront données sur place.
S. : Nous savons que l’Etat burkinabè n’a pas accepté une vingtaine de recommandations sur les 165 formulées par le groupe de travail de l’EPU en 2013. Qu’est-ce qui a justifié une telle position ?
J.D.B. : Ce sont des pairs qui nous ont fait des recommandations. Nous les avons notées et elles sont au nombre de 27. Je rappelle que ce sont des recommandations qui ont trait, entre autres, à l’abolition de la peine de mort et de la polygamie. Ce sont des questions extrêmement sensibles sur le plan national. Des actions ont été menées pour que ces recommandations connaissent une réalisation. Si nous prenons le cas de l’abolition de la peine de mort, même des organisations de la société civile ont mené des activités. L’Etat a fait des plaidoyers pour que cette abolition soit effective dans nos textes. Ce sont des recommandations qui ont été notées et cela veut dire que l’Etat n’a pas pris un engagement pour les mettre en œuvre pour le cycle prochain.
S. : Les ONG de défense des droits humains burkinabè ont présenté leur rapport alternatif ce mois-ci à Genève. Quelle suite comptez-vous donner à leurs recommandations ?
J.D.B. : L’Etat burkinabè est très regardant sur les préoccupations soulevées par les organisations de la société civile. Certains Etats pourraient endosser ces préoccupations et il se peut que des recommandations soient formulées à l’endroit de l’Etat et je pense que le Burkina Faso sera regardant et apportera des éléments de réponses. Si ces recommandations sont acceptées, des actions seront entreprises pour leur mise en œuvre.
S. : Vous avez tantôt relevé que trois des recommandations acceptées par l’Etat burkinabè n’ont pas été entièrement mises en œuvre. L’une d’entre elles concerne la ratification de la convention n°189 de l’Organisation internationale du travail (OIT).  Qu’est-ce qui bloque à ce niveau ?
J.D.B. : Il y a aujourd’hui une nouvelle dynamique au niveau national en matière de ratification. Avant de ratifier un instrument international,  l’Etat engage un dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés pour peser le pour et le contre afin de dégager un consensus. Le gouvernement a organisé une rencontre avec les acteurs concernés  et la réflexion est en cours au niveau du ministère en charge de la fonction publique, porteur du dossier, pour arriver à la ratification.
S. : Il n’y a donc pas de consensus pour le moment ?
J.D.B. : Nous ne disons pas qu’il n’y a pas eu consensus mais nous disons que toute ratification a des préalables. Vous remarquerez que des décrets ont été pris pour lister les travaux dangereux et interdits aux travailleurs et travailleuses domestiques. C’est dire que même si le pays n’a pas encore ratifié cette convention, des efforts sont consentis au niveau de la législation nationale qui apporte des réponses sur les préoccupations soulevées. Nous ne l’avons pas encore ratifiée certes, mais cela ne veut pas dire qu’il existe un vide juridique en la matière. Le processus de ratification est en cours. C’est le même cas pour les accords de Kampala. Des documents ont été élaborés et dans les mois à venir, les lignes pourraient bouger.
S. : Une autre recommandation faite par le groupe de travail est de mener des enquêtes sur les allégations de tortures. Qu’est-ce qui est fait dans ce sens ?
J.D.B. : Nous avons parcouru les rapports alternatifs où il ressort que les enquêtes ne sont pas menées sur des cas de tortures. Mais si vous lisez bien le rapport de l’Etat disponible sur le site du Haut-commissariat des Nations unies, des éléments de réponses ont été apportées pour montrer que des enquêtes sont menées  dans le but d’élucider un certain nombre d’allégations portées à la question de la torture. Je citerai un cas dans la région du Centre-Ouest où deux officiers de police judiciaire sont actuellement poursuivis et l’affaire est pendante devant le Tribunal de grande instance de Yako. Cela traduit la volonté de l’Etat de lutter contre les traitements cruels, inhumains et dégradants.
S. : L’Etat burkinabè est aussi invité à prendre des mesures en vue d’assurer l’indépendance de la justice. On sait que la justice traine encore le pas sur des dossiers comme celui de Norbert Zongo, de Thomas Sankara ou de l’insurrection.  Pourquoi cette lenteur ?
J.D.B. : Je ne parlerai pas de lenteur. Vous savez que ce sont des dossiers qui sont en cours d’instruction au niveau de la justice. Parlant de l’indépendance de la justice, des réformes ont été opérées  à la suite des états généraux de la justice tenus en 2015. Des OSC ont critiqué le fait qu’il y avait une lenteur.  Ces dossiers ont connu une réouverture. Les juges travaillent sur ces cas et nous avons bon espoir qu’ils vont connaître un aboutissement peut-être cette année ou les années à venir.  Comme vous le savez, la justice a son temps et il ne faut pas se précipiter. Ce sont des actes qui doivent  être posés en toute responsabilité par les magistrats.
S. : En ce qui concerne la promotion de l’emploi des jeunes, d’aucuns estiment que les travaux à Haute intensité de main d’’œuvre (HIMO) sont loin d’être une solution appropriée car il s’agit d’emplois précaires. Que leur répondez-vous ?
J.D.B. : Dans la politique d’emploi, il n’y a pas que les HIMO. Ce sont des travaux qui sont nécessaires dans un Etat. Les travaux à Haute intensité de main d’œuvre sont un pan de la politique. Il y a beaucoup de fonds qui ont été créés comme le fonds d’appui aux initiatives des jeunes et pour les femmes également. Ces fonds visent à permettre à ces jeunes d’avoir des sources de revenus. En matière d’emplois, c’est certes insuffisant ce qui est posé aujourd’hui, mais les actions du gouvernement tendent à les renforcer. Il faut voir cette question dans sa globalité en regardant au niveau de la Fonction publique où les recrutements sont faits de façon régulière.
S. : Il y a aussi l’épineuse question du logement. Le 5 avril dernier des organisations de la société civile sont montées au créneau pour réclamer des solutions face à la crise du logement. Que prévoit l’Etat pour soulager ces populations ?
J.D.B. : Le ministère en charge de l’habitat et de l’urbanisme dispose d’une politique en matière de logement. Vous avez suivi le ministre et son équipe sur cette question. Je ne suis pas un technicien pour vous donner assez de précisions. Je sais que le logement est un droit fondamental et l’Etat est très regardant sur la question. Il y a l’opération 40 000 logements qui est en cours et je pense que vous y avez certainement souscrit. Cette opération va apporter des réponses aux besoins exprimés par les demandeurs.
S. : Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées dans la mise en œuvre des recommandations ?
J.D.B. : La mise en œuvre de ces recommandations est tributaire du contexte national. Vous savez qu’il y a eu l’insurrection populaire et la tentative de coup d’Etat. Ce sont des situations qui ont retardé certaines actions prévues dans le plan d’action. Sur l’ensemble des recommandations acceptées, lorsqu’on veut faire le point, l’Etat a mis en œuvre 92%. C’est un effort considérable car l’Etat est aussi confronté aux contraintes économiques. Il y a cette volonté de faire bouger les choses. Vous avez parlé tantôt de logement, le gouvernement veut permettre que chacun ait un logement et cela va se faire de façon progressive. C’est dire que chaque année il y aura une dotation dans le budget pour la réalisation de ce droit. Et c’est pareil pour la santé et l’éducation. De façon générale, les droits économiques et sociaux se réalisent progressivement. Ce qu’il y a lieu de regarder, ce sont les ambitions car à ce niveau, la volonté est clairement affichée au Burkina Faso d’améliorer la situation des droits humains.
Dans le domaine des droits politiques, le Burkina est cité en exemple. Il y a, par exemple, la liberté de la presse où notre pays est classé 1er selon Reporter sans frontières en Afrique francophone depuis 2015. On ne le dit pas très souvent mais cette performance est à saluer. Nous avons une presse plurielle aujourd’hui. Nous avons des émissions interactives qui donnent la parole aux citoyens qui s’expriment librement. Cela montre que la démocratie est effective au Burkina Faso et il faut travailler à consolider ces acquis.
S. : Vous parlez de consolidation des acquis en matière de liberté de presse. On sait qu’il y a des journalistes qui ont été violentés. Je citerai en exemple le cas d’un journaliste agressé le 11 décembre 2016 à Kaya.  Il n’y a eu aucune poursuite ni enquête pour situer les responsabilités ?
J.D.B. : Je dirai que ce sont des cas isolés. Sur les évènements du 11 décembre, le gouvernement a communiqué. Il n’est pas nécessaire que je revienne là-dessus. Je voudrais relever qu’il n’y a pas une intention ou une volonté affichée de réprimer la presse comme on peut le constater dans certains pays. Les autorités ont une attention particulière pour la presse. Il arrive par moment qu’il y ait des couacs et cela est inhérent à la vie en société. Ce qui est souhaitable en pareille situation, ce sont des plaintes afin que les juridictions puissent s’en saisir et en connaître.
S. : Quelles sont les bonnes pratiques en matière de droits humains que le Burkina a à son actif et compte partager avec ses pairs ?
J.D.B. : Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de l’EPU, après son deuxième passage en 2013 les structures techniques de l’Etat ont procédé à la restitution des recommandations acceptées au profit des acteurs publics et privés et au profit des parlementaires. Comme vous le savez, le Parlement contrôle l’action du gouvernement et par conséquent joue un rôle important dans le suivi de la mise en œuvre des recommandations des organes de traité et de l’Examen périodique universel. Des documents pour le suivi des recommandations ont été élaborés. L’autre aspect que nous pouvons relever est l’implication des OSC dans le processus aussi bien d’élaboration du rapport national que celle du rapport alternatif.
Nous avons été invité par les OSC à l’élaboration de leur rapport alternatif.
Cela traduit les bonnes relations entre le gouvernement et les organisations de la société civile. Ce n’est pas toujours le cas ailleurs. Il faut aussi noter que le pays a rattrapé son retard en matière de rapport dû aux organes de traité. Depuis quelques années nous sommes à jour vis-à-vis de nos engagements et l’expertise du pays est sollicitée sur plan régional par plusieurs pays africains. On peut citer en exemple le Niger qui a fait un voyage d’étude au Burkina en 2017 pour s’imprégner de notre expérience.
Interview réalisée 
par Abdoulaye BALBONE 

Réouverture des écoles du Sahel et du Nord : Elèves, préparez vos cartables

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Le Conseil des ministres tenu, hier mercredi 25 avril 2018 au palais de Kosyam, a délibéré sur plusieurs dossiers et adopté des mesures pour la reprise des activités pédagogiques dans les écoles au Sahel et au Nord.
Les élèves des écoles ayant fermé leurs portes pour cause de menaces terroristes dans les régions du Sahel et du Nord pourront prendre part aux examens scolaires à venir. C’est du moins ce que le ministre de la Communication et des relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, a fait savoir dans son bilan à l’issue du Conseil des ministres d’hier 25 avril. «Au ministère de l’Education nationale, le Conseil a adopté un rapport sur la situation des écoles dans les régions du Sahel et du Nord. Elle pourront reprendre les activités pédagogiques», a-t-il dit.
Et le ministre en charge de la question, Pr Stanislas Ouaro, d’apporter des précisions.
«A travers l’adoption de ce rapport, le gouvernement autorise la prise d’un certain nombre de mesures et d’actions pour favoriser une bonne participation des élèves des classes d’examen issus des écoles ayant fermé leurs portes dans ces régions. Un des volets porte sur la mobilisation des ressources additionnelles pour permettre aux forces de défense et de sécurité de renforcer leur dispositif sécuritaire dans cette partie du pays mais aussi dans les régions de la Boucle du Mouhoun et de l’Est», a-t-il expliqué.  Interrogé sur lesdites mesures, M. Ouaro a laissé entendre que compte tenu de la spécificité de la question et de la délicatesse de la situation qui prévaut sur le terrain, elles ne sauraient être dévoilées à la presse. Selon le ministre de tutelle, le rapport adopté fait suite à une réunion de Cabinet tenue, le jeudi dernier, sous la présidence du Premier ministre Paul Kaba Thiéba sur la  fermeture des écoles dans les deux régions du fait de la menace terroriste.

Concertations sur le TGI de Djibo

S’agissant de la fermeture du Tribunal de grande instance (TGI) de Djibo dont certains médias ont fait cas, le porte-parole du gouvernement a confié que son collègue de la Justice, René Bagoro, a été dépêché pour rencontrer les acteurs concernés. «La rencontre a pour objectif de lever le quiproquo et d’envisager le retour du personnel», a dit Rémis Dandjinou. Le Conseil des ministres a également statué sur des dossiers concernant d’autres ministères.
Au titre du département des affaires étrangères, quatre projets de loi ont été adoptés par le Conseil et seront bientôt transmis à l’Assemblée nationale. Il s’agit, selon le porte-parole de l’exécutif, des amendements du statut de Rome adopté à Kampala en Ouganda, le 14 juin 2010, de l’adhésion à l’Accord de coopération judiciaire entre le Mali, le Niger et le Tchad, signé à Niamey, au Niger le 9 mai 2017, de la Charte africaine des valeurs et des principes de la décentralisation et de la gouvernance locale et du développement local adopté à Malabo, le 27 juin 2014, et enfin du Statut de l’Organisation pour le développement de la femme pour les pays membres de la coopération islamique signé en mai 2010 et qui comprend 10 chartes.
Au département de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’innovation, le Conseil a examiné deux dossiers, l’un sur la politique sectorielle de la recherche et de l’Innovation 2018-2027 et l’autre, un décret portant conditions de participation du public à la prise de décision en matière de biotechnologie au Burkina Faso. «Un véritable exemple de démocratie scientifique qui veut que les populations soient associées à toute initiative technologique par l’information mais aussi par les choix des solutions à développer», a fait remarquer le ministre Dandjinou.
Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr