Flintlock 2018 : exercice de libération d’otages

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Dans la poursuite des opérations de Flintlock 2018, un exercice a été organisé, le mercredi 18 avril 2018 à Ouagadougou, au profit des soldats de l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN). La manœuvre a consisté à lancer un assaut sur un hôtel/restaurant, cible d’une attaque terroriste.

L’opération multinationale Flintlock 2018, débutée le 9 avril dernier, multiplie les exercices d’entrainement sur le terrain. Dans la matinée du mercredi 18 avril 2018, les éléments des forces spéciales de la gendarmerie nationale du Burkina Faso lourdement armés sont arrivés sur les lieux de l’hôtel/restaurant, le  Grand Calao, situé au quartier Nagrin de Ouagadougou, route de Saponé. Ils avaient rendez-vous avec les instructeurs de Flintlock 2018 pour un exercice militaire consistant à une intervention simulée dans l’hôtel/restaurant en vue de libérer des otages et neutraliser les terroristes.

Tout a commencé par une explosion qui s’est produite aux environs de 9 h 30 minutes dans l’enceinte du « Grand Calao », donnant ainsi l’alerte qu’une attaque est en cours dans l’établissement. Quelques minutes après, les éléments des forces de l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN) arrivent sur les lieux. Les soldats s’organisent très rapidement et prennent le contrôle des lieux. Des équipes investissent ensuite les locaux, les uns fouillant les coins et recoins pendant que les autres veillent au grain pour débusquer l’éventuel assaillant qui tentera de surgir. Les différentes équipes constituées pour l’assaut comprennent chacune un instructeur devant apprécier la conduite des éléments à l’issue de l’exercice.

Au bout d’une trentaine de minutes, la manœuvre s’achève et le bilan fait état de quatre terroristes abattus et deux blessés dans les rangs des forces spéciales. Au debriefing, les instructeurs de cet exercice constitués de forces américaines et de soldats du groupe d’intervention rapide de l’armée espagnole ont jugé le niveau de la manœuvre satisfaisant dans l’ensemble. Selon le lieutenant Rodrigo Gaona de l’Espagne, chef instructeur ayant coordonné les opérations lors de l’exercice militaire, l’activité a été une expérience enrichissante. «Ce  fut un plaisir pour nous de participer à cet exercice d’échanges et de partage d’expériences en termes de tactiques et de techniques avec les forces spéciales de la gendarmerie du Burkina Faso et des soldats de l’armée américaine», a-t-il précisé.

Cette manœuvre, a ajouté l’instructeur espagnol, est d’autant plus importante qu’elle a mis les éléments dans une situation réelle face à laquelle ils devaient réagir. « Ainsi, elle permet de renforcer les capacités opérationnelles des Unités d’intervention en vue de faire face au terrorisme », a souligné le lieutenant Gaona. Le commandant de l’USIGN, le Commandant Evrard Somda, pour sa part, s’est réjoui du succès de l’opération. De son avis, la simulation d’intervention à laquelle ses hommes ont pris part ce matin (NDLR : mercredi 18 avril 2018) avait pour objectif de les former à une attaque terroriste sur une cible qui peut être un hôtel ou un restaurant.

« Nous sommes très satisfaits parce que la manœuvre a permis d’apprendre d’autres techniques venant d’ailleurs et cela va nous permettre sans doute de nous améliorer », a confié le patron des forces spéciales de la gendarmerie nationale.  L’exercice militaire Flintlock a débuté en 2005 avec l’ambition non seulement d’assurer la formation pratique des soldats, mais aussi de renforcer le partenariat entre les forces d’intervention spéciale des pays africains et occidentaux et leur habileté à travailler ensemble sur les théâtres d’opérations.

Beyon Romain NEBIE

nbeyonromain@yahoo.fr

Bouclier du Golfe : Le Président du Faso assiste au défilé de clôture 16/04/2018

Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré a assisté, aux côtés de sa Majesté le Roi Salmane ben Abdel Aziz Al Saoud d’Arabie Saoudite, en compagnie de plusieurs de ses pairs, à la parade militaire marquant la clôture de l’exercice «Bouclier du Golfe» ce lundi 16 avril 2018 à Jubail, localité située à une centaine de kilomètres de Dammam.
C’est à une majestueuse parade des forces terrestres, aériennes et navales, que l’illustre assistance composée de plusieurs chefs d’Etat a eu droit, sous le regard satisfait du prince héritier et ministre de la défense, Mohamed Ben Salman.
Le «Bouclier du Golfe» est un exercice multinational qui a regroupé plus d’une vingtaine de pays et qui met en scène l’ensemble des forces armées.  L’exercice proprement dit a débuté le 27 mars 2018, et s’est décliné en un exercice en salle ou CPX, et en un exercice sur le terrain, qui a regroupé l’ensemble des forces qui étaient présentes, du 1er au 05 avril.
Pour l’attaché de défense du Burkina Faso à Riyad, le Colonel-major Abdou Diallo, la lutte contre le terrorisme et pour assurer la paix mondiale est commune.  Et l’objectif de cet exercice «est de permettre une cohésion des différentes armées qui ont besoin de travailler ensemble. Il s’agit de permettre aux Etats-majors interarmes de voir comment ces forces peuvent être mises en œuvre de façon conjointe pour assurer les objectifs visés».
L’Arabie Saoudite est le pays initiateur de cet exercice et a fourni le plus gros effectif pour ces manœuvres. Le Royaume est sur un registre de leadership dans la région du golfe, et ambitionne compter dans la géostratégique mondiale.
Avec un appui de quelque 100 millions d’euros pour la force conjointe du G5 sahel, l’Arabie Saoudite souligne sa volonté de contribuer à la lutte contre le terrorisme au Sahel.
A cette manœuvre, ont d’ailleurs pris part les forces armées du Tchad, du Niger, de la Mauritanie et du Burkina Faso, soit par le truchement d’observateurs, soit par la participation à la coordination d’Etat-major. C’est ainsi que trois officiers supérieurs observateurs du Burkina Faso ont participé à cet exercice commun.
Roch Marc Christian Kaboré est venu traduire, par sa présence, toute l’estime, l’amitié et la reconnaissance du Burkina Faso pour les appuis multiformes dont bénéficie son peuple, par le truchement, entre autres, du fonds saoudien pour le développement.
Etaient également présents, les présidents du Tchad, Idriss Déby Itno, du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, et de la Mauritanie, Mohamed Abdel Aziz. En marge de la cérémonie, Roch Marc Christian Kaboré et ses homologues du G5 Sahel, accompagnés par le général Didier Dacko, commandant de la force conjointe, ont eu des discussions informelles avec le ministre saoudien des Affaires étrangères. Ils ont examiné les modalités d’utilisation des fonds mis à disposition par le royaume d’Arabie saoudite.
«Avec l’Arabie Saoudite, c’est une nouvelle dynamique qui est en marche pour la diplomatie burkinabè conduite par le Président Roch Marc Christian Kaboré», a souligné le ministre des Affaires étrangères Alpha Barry, qui rappelle la visite d’Etat du Président du Faso à Riyad du 2 au 5 mai 2016, la toute première pour un chef d’Etat burkinabè.
Direction de la Communication de la Présidence du Faso

Des syndicalistes sensibilisés à l’action humanitaire

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Une vingtaine de leaders syndicaux a été formée, le jeudi 12 avril 2018, à Ouagadougou, par la Croix-Rouge burkinabè, aux principes et valeurs de l’action humanitaire. L’objectif de la structure  organisatrice est d’amener les participants à faciliter l’intervention de ses équipes sur le terrain.

Dans l’accomplissement de sa mission d’assistance et de secours humanitaires, la Croix-Rouge burkinabè (CRB) rencontre des difficultés dues à l’incompréhension et à la méconnaissance des principes de son intervention par une partie de la population dont les syndicalistes. Afin de voir son action facilitée par les acteurs lors des mouvements sociaux, elle a organisé, le jeudi 12 avril 2018, à Ouagadougou, un atelier d’informations et de sensibilisation d’une vingtaine de leaders syndicaux aux valeurs et principes humanitaires. « La Croix-Rouge a besoin de beaucoup de partenaires pour agir sur le terrain en toute tranquillité », a dit le président de la CR-B, Denis Bakyono, à l’ouverture de l’atelier. Et de poursuivre : « Nous nous présentons aujourd’hui aux partenaires syndicaux, membres de la Confédération générale du travail du Burkina (CGTB) pour leur dire qui nous sommes. Ce que nous faisons et quels sont nos domaines d’intervention ». Il a précisé qu’il s’agira, au cours de la formation, de donner l’historique du mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, du respect de l’emblème de l’organisation humanitaire, de ses missions et les règles essentielles du droit humanitaire. En outre, les participants apprendront « les gestes de premier secours ». L’un d’eux, Ahmed Ouédraogo, a salué l’importance de cette formation, qui lui a permis d’avoir des connaissances « plus précises » sur l’organisation humanitaire, notamment son action en dehors des périodes de guerre. Les leaders syndicaux seront invités, à l’issue de l’atelier, à restituer le contenu de la formation à leurs camarades afin que l’ensemble des travailleurs facilitent la tâche aux équipes humanitaires.

Jean Philibert SOME

Lutte contre l’extrémisme violent : artage d’expériences entre Forces africaines et internationales

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Les forces armées burkinabè, en partenariat avec des forces d’opération spéciales des pays d’Afrique, d’Europe et des Etats-Unis d’Amérique,  organisent du 9 au 25 avril 2018, un exercice militaire dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le lancement de l’exercice multinational dénommé Flintlock  est intervenu le mercredi 11 avril 2018 à Ouagadougou.

La sécurité en Afrique du Nord et de l’Ouest reste un défi transfrontalier à relever. Pour y parvenir, cela nécessite un engagement des acteurs régionaux. Les forces armées burkinabè et leurs frères d’armes de la sous-région semblent avoir pris la mesure de cette situation. En effet, ces unités organisent  du 9 au 25 avril 2018 à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, en collaboration avec leurs partenaires d’Europe et des Etats- Unis d’Amérique, un exercice multinational dénommé Flintlock. Pour le chef de division opération adjoint des forces armées burkinabè, le Colonel Rémi Kaboré, cette opération a été possible grâce au commandement militaire des Etats-Unis pour l’Afrique. « Plus de 1500 membres des forces de plus de 20 pays se retrouveront deux semaines durant, pour accroître leur interopérabilité et partager leur expérience en contre-terrorisme », a-t-il indiqué.

Le colonel a précisé que cet exercice vise à encourager la coopération régionale et à permettre aux pays participants de stabiliser la région transsaharienne en réduisant les capacités de nuisance des groupes extrémistes violents.  Pour ce faire, les participants à l’exercice mèneront des exercices tactiques de petites unités,  incluant des parcours de tir et des mouvements à pieds ou motorisés. Des opérations aéroportées, des exercices de reconnaissance et des manœuvres de combats rapprochés seront aussi au menu de cette formation. Le colonel Kaboré a, à ce propos, invité les participants à s’y investir car ce cadre est une opportunité pour les forces armées des différents pays d’acquérir de nouveaux savoirs-faire dans la lutte contre l’extrémisme violent.

Il a, en outre, saisi l’occasion pour réitérer les remerciements de l’état-major général des armées du Burkina aux USA pour leur accompagnement.  Aux forces amies d’Autriche, d’Espagne, des USA, des Pays-Bas, de la Pologne,  de la Mauritanie et du Mali,  le Chef de division opération adjoint des forces armées burkinabè leur a souhaité un bon séjour au pays des Hommes intègres. De son avis, des exercices similaires se tiendront au Niger et au Sénégal,  avec les armées des pays africains tels que le Cameroun, le Nigeria, l’Algérie, le Tchad,  la Tunisie et bien d’autres pays d’Europe.  L’opération Flintlock a été initiée et organisée depuis 2005 par le Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique.

Abdoulaye BALBONE

Formation professionnelle : Plus 120 apprenants reçoivent des chèques d’installation

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Les Centres de formation professionnelle non formelle (CFPNF) de Koutoura (Comoé) et de Hoogo Sambowel (Séno) ont mis sur le marché de l’emploi, le jeudi 29 mars 2018, à Dori, plus d’une centaine de spécialistes dans le domaine agro-sylvo-pastoral et de la médecine traditionnelle.

Les apprenants des 6e et 4epromotion des Centres de formation professionnelle non formelle (CFPNF) de Hoogo Sambowel dans la province du Séno et de Koutoura, dans la Comoé sont aptes àgrossir les rangs des actifs de leur communauté respective. Après deux ans de formation en agriculture, élevage, pêche et en médecine traditionnelle et plantes médicinales, au nombre de 126, ils ont reçu leur parchemin de fin cycle, le jeudi 29 mars 2018, à Hoogo Sambowel, localité située à la périphérie nord de Dori.

A l’occasion, le gouvernement burkinabè a remis à chacun d’eux un chèque, dont le montant représente environ 50% du budget de leur projet d’installation. Ce qui vaut à plus de 111 600 000 de FCFA.

Roukiatou Zina a été formée à Hoogo Sambowel. Elle a bénéficié d’un soutien financier de 898000 F CFA et compte démarrer son projet d’embouche bovine avec cinq têtes à Arbinda, dès son retour. Boucary Tamboura a intégré le CFPNF en 2016, pour se faire former en agroforesterie, l’embouche bovine et l’embouche ovine. «Je vais m’installer dans mon village à Tongomayel et mettre en pratique tout ce que j’ai appris, notamment en embouche ovine. Je veux être un entrepreneur modèle», a-t-il expliqué.

C’est un pari réussi pour Mamoudou Diallo, coordonnateur du programme Education et formation pour un développement endogène(EFORD), initiateur des centres de formation. Lancé en 2003, le projet avait pour ambition de soustraire des jeunes non scolarisés des affres du trafic d’enfants, en les mobilisant et en les orientant vers des structures de formation professionnelle non formelle aux métiers, dans les langues locales.

«Former et installer» des élèves à leur propre compte, un symbole qui démontre qu’il est possible, avec des ressources modestes et un engagement politique assumé, de sortir des jeunes de la pauvreté et de leur offrir des perspectives rassurantes, foi du ministre de l’Education nationale et de l’alphabétisation, Pr Stanislas Ouaro. Il a salué la contribution des CFPNF à la réduction du taux du chômage au Burkina, à travers des «politiques innovantes et hardies». Car, l’approche des CFPNF est basée sur les valeurs socioculturelles, elle fait des langues nationales le médium de formation dans filières porteuses, tout en exploitant les potentialités locales et endogènes. L’expérience des CFPNF de Koutoura et de Hoogo Sambowel prouve, à souhait, que le gouvernement est sur la bonne voie, a rassuré le ministre Ouaro, surtout qu’il entend renforcer et créer des dispositifs de formation technique et professionnelle.

«Un modèle de réussite»

«Nous devons valoriser et reproduire ce genre de centre dans d’autres régions. C’est un modèle de réussite qu’il faut pérenniser», s’est engagé le ministre en charge de l’Education nationale.

De quoi rassurer les partenaires techniques et financiers. Le programme EFORD prend fin le 31 mars prochain, alors que l’un de ses objectif, à savoir accroitre l’autonomisation, la fonctionnalité et l’autofinancement des centres, suscite encore des inquiétudes. Aujourd’hui, les PTF souhaitent la pérennité des centres de formation professionnelle non formelle, afin que d’autres jeunes bénéficient des connaissances, à même de leur permettre d’être employables et d’apporter leur contribution à l’économie locale et nationale, a indiqué la chargée de programmes à la coopération autrichienne pour le développement, Hafoussiatou Sougué.

Elle a dit être convaincue que le mode d’apprentissage développé par EFORD est un outil de création et de promotion d’emplois fiables et durables et mécanisme de maintien des jeunes dans leur milieu d’origine. «Le bilan est satisfaisant, de nombreux emplois ont été créés. Mais, il est nécessaire de dynamiser ces centres, afin de préserver les acquis», a-t-elle plaidé.

Djakaridia SIRIBIE

Procès du putsch:les exceptions vidées, place à l’examen des témoins

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La quatrième audience du procès du putsch avorté de septembre 2015 a eu lieu, le lundi 26 mars 2018, 
à Ouagadougou. Le président du tribunal, Seydou Ouédraogo, a rejeté les nombreuses observations préliminaires et les exceptions de procédure soulevées par les avocats des accusés.  Des mémoires en nullité et des requêtes en récusation de la défense n’ont également pas eu d’écho favorable.   
Le procès du putsch manqué se poursuit lentement mais sûrement. La Chambre de première instance du tribunal militaire s’est réunie en audience, pour la quatrième fois, le lundi 26 mars 2018 à Ouagadougou. Dès l’entame, à 8h30, le président du tribunal, Seydou Ouédraogo, a tout de suite rendu une décision relative aux observations préliminaires et exceptions soulevées par la défense lors des sessions précédentes. Il n’a donné droit à aucune d’entre elle, rejetant certaines requêtes et se déclarant incompétent pour statuer sur d’autres. Seydou Ouédraogo a estimé, par exemple, que sa juridiction ne peut connaître des irrégularités attenant à la composition de la Chambre de première instance, ni de celles ayant entaché l’opération de tirage au sort des juges assesseurs militaires, telles que soulevées par les avocats de la défense.
Quant aux magistrats civils nommés au parquet militaire pour assister le procureur militaire, le président du tribunal a indiqué que leur mandat est à durée indéterminée, et que par conséquent, ils ont bel et bien qualité pour siéger aux côtés du procureur Alioun Zanré à ce procès.
A propos de la requête mettant en doute l’indépendance et l’impartialité du tribunal, le président de la juridiction l’a rejetée, la jugeant «mal fondée». Au sujet de la requête relative à son auto-récusation, le président Seydou Ouédraogo, prenant motif sur les articles 27 du code de justice militaire
et 649 du code de procédure pénale, s’est encore déclaré incompétent pour statuer. Ces dispositions commandent notamment à l’accusé désireux de récuser un magistrat du siège, d’adresser une requête au président de la Cour d’appel.
A la suite de cette première décision, le président du tribunal a ouvert les débats sur deux nouvelles requêtes introduites par la défense. C’est d’abord l’avocat de la défense, Me Mathieu Somé, qui a défendu un mémoire demandant l’annulation de l’arrêt de renvoi de la Chambre de contrôle pour violation des droits de la défense. Au moyen de sa demande, il soutient notamment que son client, Gilbert Diendéré, n’a pas pu bénéficier de l’assistance de trois de ses avocats étrangers, du fait que leurs constitutions à ses côtés ont été refusées par le juge d’instruction.
«C’est après les décisions de la Cour de cassation et de la Cour de justice de la CEDEAO, qui a amené la Chambre de contrôle à admettre leur constitution,  que les avocats ont été rappelés, alors que l’instruction était terminée. C’est une cause de nullité substantielle, car les droits de la défense ont été violés», a-t-il soutenu.

De la perquisition chez Diendéré

Me Somé a également argué sur l’irrégularité de la perquisition au domicile de Gilbert Diendéré parce qu’elle aurait été réalisée, selon lui, à l’insu de l’accusé. Mais surtout, l’avocat a encore soutenu que les expertises réalisées à propos de son client n’ont pas été faites dans le respect de la loi, puisque les objets soumis à expertise devraient être au préalable présentés à l’accusé pour reconnaissance. «Après l’expertise de son téléphone principal, la puce a disparu. Des sommes d’argent également ont disparu lors de son arrestation», a renchéri l’avocat de Gilbert Diendéré. Autant de raisons qui lui ont fait demander au président du tribunal d’annuler ledit arrêt. «Appliquez la loi s’il vous plaît», a-t-il clamé.
Sur cette première requête, le parquet militaire a soutenu que ces moyens avaient déjà été soulevés et débattus devant la Chambre de contrôle et que la défense s’est déjà pourvue en cassation à la suite de l’arrêt de mise en accusation. «Votre juridiction n’est pas celle devant laquelle il faut invoquer ces moyens», a déclaré le procureur militaire au président du tribunal. Au demeurant, il a soutenu que la défense tend à remettre en cause le professionnalisme des officiers de police judiciaire, ce sur quoi il se porte en faux. Abondant dans le même sens, la partie civile, par la voie de Me Prosper Farama a estimé que cette requête constituait une redite et que le président du tribunal n’est nullement tenu d’y faire droit. Le deuxième mémoire est l’œuvre du collectif d’avocats Ouattara,Sory et Salembéré, soulevant la nullité de la procédure dans le cadre de ce dossier.
En effet, selon Me Prosper Salembéré, il n’y a aucune pièce indiquant l’ordre de poursuite donné au parquet par le ministre de la Défense, comme en dispose la loi, encore moins d’acte de délégation de pouvoir du même ministre au chef d’état-major de l’armée, comme le prévoit la réglementation. Ce qui les a fondés donc à demander le prononcé de la nullité des poursuites entamées sur la présente affaire. Par ailleurs, Me Salembéré a demandé que le juge prononce la nullité de la citation à comparaître de ses clients Lassina Ouédraogo et Paul Sawadogo pour défaut de charge sur l’acte de citation. Le parquet a ressorti les mêmes observations que pour la requête précédente : « L’arrêt de renvoi a purgé toutes les nullités censées être dans la procédure», a soutenu Alioun Zanré.
Il a tout de même reconnu « une erreur matérielle », à propos de la citation des deux prévenus sus-cités, contenue dans l’arrêt de renvoi. Après une suspension de plus de quatre heures pour délibérer, le tribunal s’est encore déclaré incompétent de connaître ces nouvelles requêtes, tout en souhaitant que la nullité de la citation à comparaître de Lassina Ouédraogo et Paul Sawadogo soit prononcée, car violant les droits de la défense. N’ayant pas encore reçu notification de la Cour de cassation sur sa saisine d’une requête en lien avec le procès en cours (comme a soutenu la défense), Seydou Ouédraogo  a conclu qu’il n’y a pas lieu de surseoir à statuer. Il a donc renvoyé la poursuite du procès à 9h ce mardi 27 mars 2018, pour examiner la liste des témoins.
Fabé Mamadou 
OUATTARA
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Dans les coulisses du procès
Entrée en scène de Me Yérim Thiam
Des avocats européens et africains sont constitués auprès de certains accusés, dont les deux généraux, Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, aux côtés de leurs confrères burkinabè. C’est le cas du Sénégalais, Yérim Thiam, qui s’est officiellement présenté à l’audience du lundi 26 mars.  L’ancien bâtonnier a annoncé les couleurs de ses plaidoiries, en  formulant immédiatement une requête en faveur des accusés. En l’espèce, il a demandé à ce que certains écrans installés dans la salle d’audience, qui empêchent les prévenus d’avoir une vue sur les membres du tribunal, soient dégagés. Le président du tribunal  a promis examiner  le problème, sans plus. Très peu connu du public burkinabè, le très expérimenté Yérim Thiam est l’avocat de l’Etat sénégalais dans l’affaire Khalifa Sall, du nom du maire de Dakar, épinglé dans une affaire de détournement de deniers publics.
Accusés malgré eux
Le sort de trois prévenus retient particulièrement l’attention à ce procès. C’est celui du soldat de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), le caporal Léonce Sow, du responsable associatif, Paul Sawadogo et du journaliste de la radio privée Optima, Lassina Ouédraogo. Inculpés dans un premier temps, ils ont ensuite bénéficié d’un « non-lieu total », puisque la Chambre de mise en accusation du tribunal militaire les a blanchis, faute d’éléments à charge contre eux.  Malheureusement, leurs noms ont été maintenus dans la liste des accusés, obligeant le procureur militaire, Alioun Zanré, à les citer à comparaître, comme le veut la procédure. Le cas de Léonce Sow avait déjà été évoqué à l’audience inaugurale, tandis que celui des sieurs Paul Sawadogo et Lassina Ouédraogo l’a été à l’audience du lundi 26 mars,  à travers un mémoire en nullité déposé par leur avocat, Me Paulin Salembéré. « Ça fait des mois que ces personnes ne dorment pas. Il faut que cette erreur soit purgée », a-t-il signifié au président du tribunal, Seydou Ouédraogo.  Après examen du mémoire, celui-ci s’est déclaré incompétent  pour connaître de cette question, même s’il a souhaité que la nullité des citations à  comparaître des intéressés soient  prononcée, car constituant une violation des droits de la défense. C’est à la Cour de cassation, juridiction compétente, que ce problème devra être tranché définitivement, à en croire Me Salembéré.
Désintérêt du public ?
Au fil des audiences, l’intérêt du public pour le procès semble diminuer. Les suspensions, dues à la bataille procédurale menée par les avocats de la défense, expliquent-elles  cette perte d’engouement ? On pourrait parier un sous là-dessus. En tous les cas,  les places réservées au public, et même aux parties civiles,  ne sont plus pleinement occupées, comme on l’a  constaté à l’audience du lundi 26 mars 2018.   Alors que le procès ne fait que commencer.
Rassemblés par Kader Patrick KARANTAO et Fabé Mamadou OUATTARA
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Appréciations de citoyens
Des citoyens, témoins du déroulement du procès du coup d’Etat manqué de septembre 2015, ont livré leurs appréciations à visage découvert ou sous anonymat, à Sidwaya, à l’audience du lundi 26 mars 2018.
Isidore Ouangraoua, commerçant : «…je pense que les lignes ont bougé »
«Depuis le début du procès, le 27 février 2018, jusqu’à maintenant, je pense que les lignes ont bougé.  La défense était trop radicale, mais on ne sent plus cela. Il n’y a plus non plus trop de débats sur la forme, vu que les avocats aiment parler. Vu les avancées, et si les requêtes diminuent,  j’espère qu’on pourra entrer dans le vrai jugement.  L’essentiel pour moi est que la justice soit rendue, dans cette affaire qui a marqué les Burkinabè.»
Un citoyen sous anonymat : «Ça prendra le temps qu’il faut, mais on attendra»
«Les procédures prennent du temps, mais la justice travaille en fonction de ses règles.    Nous citoyens, nous ne ferons que prendre acte de ce que  la justice aura  tranché.  C’est normal que je sois impatient, car je suis  curieux de savoir ce qui s’est passé lors du coup d’Etat manqué. Ça prendra le temps qu’il faut, mais on attendra.»
Fatim Bambara, agent de santé « Il y a trop de suspensions et de reports»
«Je suis le procès depuis le début, mais je ne constate pas vraiment une évolution.  Il y a trop de suspensions et de report, ce qui n’est pas intéressant pour nous autres, impatients de connaître la vérité dans ce dossier. Je ne sens pas non plus trop de sérieux dans la conduite de la procédure. J’espère que les choses iront mieux, et que la justice sera rendue dans sa rigueur.»
Philémon Sawadogo, veilleur de
nuit : «Nous voulons toute la lumière sur cette affaire.»
«Mon souhait est que le jugement se fasse dans les règles de l’art, et qu’on n’aille pas de report en report, car cela est frustrant. Depuis l’entame du jugement, je quitte mon domicile à pied, depuis le quartier Tanghin, pour venir assister aux audiences dans la salle des Banquets de Ouaga 2000. Je n’ai aucun intérêt particulier à le faire, sauf la soif de connaître la vérité sur le coup d’Etat raté. Nous voulons toute la lumière sur cette affaire.»
Un étudiant en droit sous anonymat : «A ce rythme, on ne saurait présager de la suite»
«Depuis l’ouverture du procès jusqu’à présent, je me rends compte que les lois qui régissent la justice sont un peu diverses, pour ne pas dire qu’elles se contredisent.  Une loi peut contredire une autre, et on ne sait pas sur laquelle se baser  pour entrer dans le fond du problème. Du coup, il y a trop de suspensions pour l’analyse des observations et des exceptions. A ce rythme, on ne saurait présager de la suite. Je sais que c’est un dossier complexe, par comparaison à des procès portant sur des vols où les avocats sont parfois pressés d’aller au fond. Dans ce procès, ça semble le contraire.»
Propos recueillis par Kader Patrick KARANTAO et Fabé Mamadou OUATTARA

Interview : Mamoudou Diallo coordonnateur du programme EFORD

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Le programme Education et formation pour un développement endogène (EFORD) est une aubaine pour de nombreux jeunes déscolarisés d’intégrer les Centres d’éducation de base non formelle(CEBNF) pour bénéficier en outre, d’une éducation, d’une formation professionnelle. Dans cet entretien, le coordonnateur, Mamoudou Diallo, nous explique les tenants et les aboutissants dudit programme, sa contribution à l’autonomisation et à l’insertion professionnelle des jeunes…

Sidwaya(S.): Présentez-nous le programme EFORD ?
Mamoudou Diallo (M.D.) : Le programme EFORD est une alternative éducative dans le secteur de l’éducation non formelle, qui doit permettre la professionnalisation de l’éducation non formelle en vue d’assurer un développement économique, social, culturel, environnemental, endogène, basé sur les potentialités des régions. Le programme est entièrement bâti sur une étude qui a révélé les potentiels des régions. Aussi, bien des potentiels économiques que des potentiels humains émergents dans ces régions. Il est question de savoir comment mettre tout cela en réseau pour bâtir un développement véritablement endogène.

C’est la réflexion qui a été menée pour envisager le programme Education et formation pour un développement endogène (EFORD). Ce programme a eu trois phases. La phase  1 était celle de la construction des infrastructures. La cible était d’abord, les enfants vulnérables, c’est-à-dire les enfants déscolarisés ou non scolarisés, dans des contextes de trafic d’enfants ou de travail des enfants. Il fallait lutter contre cela. Voilà comment est né le programme. D’abord, il fallait mettre ces jeunes dans les Centres d’éducation de base non formelle(CEBNF) pour non seulement leur donner une éducation au cours de laquelle, ils devaient avoir un choix éclairé du potentiel de leurs régions, du type de formation professionnelle qu’ils allaient suivre en vue de se former et participer au développement de leurs régions.

S. : Pensez-vous que les jeunes ont fait le bon choix en optant pour ces centres qui utilisent les langues locales dans l’apprentissage…
M. D. : Oui. Après ce choix éclairé au niveau des CEBNF,  les enfants devraient aller maintenant vers la formation professionnelle non formelle que sont les Centres de formation professionnelle non formelle (CFPNF). Ces centres étaient le deuxième pallier, à savoir le deuxième niveau. A l’issue de la formation au niveau des CFPNF, les jeunes devraient être capables de créer et de gérer leurs propres entreprises viables, économiquement rentables et écologiquement positives. Voilà l’idée. Ils entraient ainsi dans le monde du travail, dans l’entreprenariat agro-sylvo-pastoral. La formation continue devait ainsi être le troisième pallier pour ces jeunes. La formation continue devait aussi intéresser les producteurs, les organisations paysannes, etc. Le programme EFORD est financé par trois partenaires (la coopération autrichienne, la coopération danoise et la coopération suisse) et bien sûr, l’Etat burkinabè. Le coût total des trois phases est de plus de 5 milliards de F CFA. Nous sommes presqu’à la clôture de la troisième phase qui s’étend de juin 2013 à mars 2018 pour un coût total pour cette seule phase, de 2 176 578 600 F CFA. Nos autres partenaires sont les collectivités, les communautés.

S. : Le projet arrivera bientôt à son terme. Les objectifs initiaux ont-ils été atteints ?
M. D. : Nous sommes largement dans nos objectifs. Nous avions deux objectifs fondamentaux. Le premier était d’accroître l’appropriation par les acteurs de la formation dans les CFPNF. Le second objectif était d’accroître l’autonomie, la fonctionnalité et l’autosuffisance financière des centres. Le programme est essentiellement axé sur les centres.
Du point de vue de l’objectif 1, en termes de résultats, nous devions produire des référentiels de formation pour que les jeunes puissent véritablement se former. Nous devions aussi permettre une bonne visibilité de ces centres afin qu’il y ait beaucoup plus d’apprenants. Du point de vue du résultat 1, nous avons tous les référentiels de métiers dans lesquels les apprenants doivent être formés aussi bien en langue nationale qu’en français. Cet objectif est atteint. Du point de vue de la visibilité, nous avons déployé un lobbying des centres tel que, même si nous ne pouvons pas dire que nous refusons du monde, nos objectifs sont atteints en termes de recrutement. L’autre objectif qui a été atteint est l’accompagnement des sortants dans leur installation. Depuis que les centres existent depuis 2009 jusqu’à ce jour, il n’y a pas un seul sortant des centres qui a fini sa formation et qui n’a pas été accompagné…

S. : De quels genres d’accompagnements bénéficient-ils ?
M. D. : Les apprenants montent leurs projets d’installation eux-mêmes, depuis le centre, en concertation avec leurs parents. Ils disent d’où ils viennent, ce qu’ils envisagent faire. Ils montent ainsi leurs projets et nous les accompagnons financièrement. Nous avons un apport que nous leur donnons uniquement dans leur compte bancaire et nous les suivons. Du point de vue de l’objectif 2, les centres sont hyper équipés. Aujourd’hui, les centres sont équipés d’un plateau technique tel qu’ils peuvent très bien s’auto-suffire. Les acteurs locaux (les parents des apprenants, les collectivités locales…) participent à tout ce que nous faisons. Sincèrement, en termes de résultat du point de vue de l’autonomisation, si c’est bien géré et qu’on rentre dans la logique de notre vision de départ, ce que nous avons installé aujourd’hui doit permettre, à moyen terme, l’auto-prise en charge des centres.

S. : Quels sont les critères de recrutement des apprenants ?
M. D. : Le recrutement des apprenants est simple. Nous avons des CEBNF. C’est le niveau de base qui devrait permettre un choix éclairé des apprenants qui sont dans ces centres sur leur future formation professionnelle en lien avec les potentialités de leurs régions. C’était le point d’ancrage du recrutement. Il y a les centres permanents d’alphabétisation et de formation, qui sont un autre point. Il y a aussi les déscolarisés précoces pour qui nous faisons de la sensibilisation et de l’information sur toutes les formes et les canaux possibles. Aujourd’hui,  c’est assez ouvert d’ailleurs.

S. : A la clôture du projet CEBNF, des encadreurs ont exprimé leur mécontentement quant à des primes impayées. Qu’en est-il exactement ?
M. D. : Il faut faire la différence parce que les mécontentements qui ont été entendus, concernaient les formateurs des métiers des CEBNF. Ils étaient des contractuels du projet Ecole satellite-Centre d’éducation de base non formelle (ES-CEBNF) et payer sur la base du budget de l’Etat. Ce n’est pas toujours qu’on ait des ressources au niveau de l’Etat. Donc, il y a eu des problèmes de budgétisation des indemnités de fin de contrat de ces jeunes à la fin du projet. Alors que selon la règlementation, il y a une indemnité de fin de contrat. La budgétisation n’a pas connu une inscription en 2016. Voilà l’origine des plaintes. Mais, tout a été réglé aujourd’hui au niveau des CEBNF et personne ne peut dire le contraire.
Mais au niveau du programme EFORD, c’est tout à fait le contraire. Les contractuels étaient pris en charge sur les fonds des partenaires et ces fonds existent. Il n’y aura pas un seul contractuel à la fin de ce mois, à la clôture du programme qui n’aura pas ses indemnités de fin de contrat, ses primes d’ancienneté et son dernier salaire. Ils auront tout, puisque l’argent est là.

S. : A ce jour, combien de jeunes ont pu être insérés dans le monde de l’emploi ?
M. D. : Depuis l’installation des centres en 2009, il n’y a pas un seul apprenant qui a fini sa formation et qui n’a pas reçu un appui financier pour s’installer sur la base du projet qu’il a monté lui-même et qu’il connaît très bien. Aujourd’hui, nous avons 430 apprenants des deux centres de formation de Koutoura et Hoogo Sambowel qui ont été installés dans les domaines de l’embouche, de l’élevage, de l’agriculture, de la médecine traditionnelle et des plantes médicinales. Le 29 mars 2018, nous allons installer les dernières promotions qui ont fini leur formation dans les deux centres et qui sont au nombre de 126. Du coup, nous aurons 556 personnes installées.
Nous avons la liste de tous ceux qui ont été installés, leurs contacts, nous connaissons leurs difficultés et nous savons où ils sont. Nous sommes à un taux de succès de plus de 70%. Si nous faisons une petite extrapolation, c’est plus de 1 190 personnes, puisque certains se sont mariés et parfois avec un ou plusieurs enfants. Ils arrivent à se prendre en charge et à employer d’autres personnes. En termes d’insertion professionnelle, nous avons beaucoup réussi. Je suis convaincu qu’en termes d’insertion des jeunes,notre contribution au PNDES est l’une des plus fortes. Il faut même aller au-delà et voir combien de contractuels et de jeunes ont eu du travail et qui ont participé à la vie de certaines familles. Au cours de ces trois  dernières années, le programme a recruté plus de 20 contractuels. Ce sont des emplois collatéraux, mais qui sont assez importants.

S. : Le taux d’insertion professionnelle des jeunes de ce programme est satisfaisant. Peut-on dire qu’il a permis de lutter contre le recrutement des jeunes dans les filières terroristes ?
M. D. : C’est très juste ! En réalité, le terrorisme est un problème de sous-emploi, de manque d’emploi et de désœuvrement. Il y a aussi un peu de stéréotype que l’on a de certaines personnes, de certaines communautés. Plus une personne arrive à s’occuper d’elle-même et de son avenir, moins, elle va vers le mal. Mais, les jeunes sont par essence des énergies intellectuelles et physiques pleines. Si on n’occupe pas ces énergies pour leur propre bien, ils vont se tourner vers le mal. L’une des manières de lutter contre le terrorisme, c’est de lutter pour l’insertion professionnelle des jeunes et pour qu’ils trouvent leur place dans la société. Si l’on arrive à cela, chacun va bien choisir sa vie.

S. : A quelques jours de la fin du programme, quel message avez-vous à l’endroit des acteurs qui ont contribué à sa mise en œuvre ?
M. D. : L’objectif d’un projet, c’est de s’internaliser, de prendre pied dans le dispositif éducatif normal. Il ne doit pas vivre éternellement sous la forme d’un projet. Notre perspective est que cela soit ancré et que ce soit le dispositif le plus normal de formation qui est validé. Il faut qu’il soit pérennisé. Il faudra que les gens continuent dans cette vision et dans cette valeur. Former quelqu’un qui doit rester lui-même dans sa dimension intrinsèque spirituelle et culturelle tout en développant les compétences pour sa région.

C’est pourquoi, nous formons en langue nationale. Le domaine de la formation agro-sylvo-pastorale n’est pas un domaine prisé. La demande n’est pas forcément le secteur de développement économique et social. Il faut accompagner les gens vers des secteurs qui, apparemment, ne sont pas intéressants, mais qui sont de toute évidence, des secteurs économiquement porteurs et viables. Il faut accompagner les jeunes dans cela. Nous l’avons prouvé. De nombreux jeunes qui sont partis dans ce secteur ne le regrettent pas du tout.  Il faut tenir cette dynamique. Troisièmement, nous souhaitons que les structures de financement  puissent accompagner ces jeunes qui sont au départ, des jeunes déscolarisés, défavorisés. A ce titre, il ne faut pas leur demander en plus de cela des cautions, des garanties. Il faut avoir confiance. Si l’Etat accompagne un tout petit peu ces jeunes, vous verrez beaucoup sourire et faire plaisir à leurs familles.
C’est simple. On n’a pas besoin de beaucoup de millions. Nous avons accompagné des gens à 600 000 F CFA et aujourd’hui, ce sont les meilleurs dans leurs localités. Il faudra que l’on change de paradigme. En matière d’insertion professionnelle, il faut plus voir la problématique de l’insertion avant de commencer la formation. Si cette problématique est réglée et très claire pour chacun, les gens s’inscriront parce qu’ils sont sûrs de réussir. Aux partenaires, je leur demande d’accompagner autant qu’ils peuvent toutes les structures qui vont prendre en charge ce flambeau que nous allons remettre à d’autres. Mais, nous allons demander d’aller vers la formation duale. Dans le secteur agro-sylvo-pastoral, la formation duale est très faible. Dans les entreprises, il n’y a pas de problème.
Cela existe. Mais dans le secteur agro-sylvo-pastoral, le milieu très professionnel dans ce domaine reçoit peu de personnes puisque chacun préfère recruter ses parents, ses amis dans son parc, son champ ou sa ferme. Mais en réalité, il faut des professionnels. Il faut accompagner le milieu avec une formation duale de va-et-vient entre la théorie et la pratique.
Si nous arrivons à réussir ce coup, nous aurions réussi des merveilles sans beaucoup trop dépenser. J’aurais un pincement au cœur, si les résultats patents du programme à travers les centres dont les jeunes sont fiers et heureux succombent par manque d’appui, manque d’accompagnement ou de délaissement. Nous avons tous une responsabilité d’accompagner les jeunes et je suis satisfait de ce que nous avons fait.

Interview réalisée par : Abdel Aziz NABALOUM

Assurance maladie au Burkina Faso : Les statuts particuliers de la caisse adoptés

Le Conseil des ministres s’est tenu, le mercredi 21 mars 2018, au palais présidentiel de Kosyam. Il a délibéré sur plusieurs dossiers, mais la question sécuritaire a encore ressurgi dans les débats.  
La situation nationale marquée sur le plan sécuritaire par les attentats terroristes et les actes de grand banditisme a ressurgi au Conseil des ministres du mercredi 21 mars 2018. Selon le ministre de la Communication et des relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, la question a été abordée à travers des communications orales. «Le ministre de la Défense nationale et des anciens combattants, Jean Claude Bouda, a fait au Conseil une communication sur les opérations en cours sur l’ensemble du territoire national», a-t-il fait savoir. Il ressort également de son récit qu’une autre communication a fait part au Conseil d’une enveloppe financière de 300 millions de F CFA offerte par l’UEMOA et destinée aux parents des victimes des attaques terroristes du 2 mars 2018.
Interrogé sur les «anomalies» décelées par les avocats de la défense dans la conduite du procès du putsch manqué, le ministre Dandjinou s’est montré prudent, évoquant la séparation des pouvoirs. «Le ministre de la Justice nous fait le point des procédures judiciaires en cours, mais au nom du principe de la séparation des pouvoirs, nous nous en tenons aux décisions du Conseil constitutionnel», a-t-il déclaré. Au titre des dossiers examinés, le Conseil a adopté au titre du ministère de la Santé, un décret portant création du Centre régional de Ziniaré dans la catégorie des établissements publics de santé. Cette infrastructure qui est sur le point de s’achever aura une capacité d’accueil de 350 lits et l’adoption du décret lui offre une existence légale.
Ce centre, à en croire, le porte-parole du gouvernement, vient porter le nombre des infrastructures de cette catégorie à 12 à l’exception de Manga, chef-lieu de la région du Centre-Sud qui n’en dispose pas encore. Au département de l’administration territoriale et de la décentralisation, un projet de loi portant modification de la loi 055-2004 relative au code général des collectivités territoriales du Burkina Faso a été examiné pour transmission à l’Assemblée nationale.
«L’adoption du texte par la représentation nationale consacrera sa révision notamment en ses articles 173 et 252 en vue de corriger des insuffisances constatées dans l’ancienne loi notamment les dispositions sur la mise sous délégation spéciale des collectivités dont le fonctionnement connaît des blocages», a indiqué M. Dandjinou. Concernant le ministère  de la Fonction publique et de la protection sociale, les statuts particuliers de la caisse nationale d’assurance maladie ont été approuvés par le gouvernement. Cette disposition va permettre à la caisse d’assurance maladie, dont la création a été actée le 1er mars 2018, d’entrer dans sa phase d’opérationnalisation, foi de Rémis Dandjinou.
Beyon Romain NEBIE
nbeyonromain@yahoo.fr

Attaque du poste forestier de Nassougou : Un agent tué, des armes emportées

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Au petit matin du jeudi 15 mars 2018, le poste forestier de Nassougou, situé à 120 kilomètres environ de Fada N’Gourma, a été la cible d’une attaque armée. Le bilan fait état d’un agent tué, de cinq armes emportées et d’un véhicule incendié.
La région de l’Est serait devenue depuis peu, l’une des cibles privilégiées de la nébuleuse terroriste. En effet, ce jeudi 15 mars 2018, au petit matin, le poste forestier de Nassougou, à 120 kilomètres de Fada N’Gourma, a été victime d’une attaque armée, perpétrée par huit individus non encore identifiés. Le bilan fait état d’un agent tué, d’un véhicule endommagé et de cinq armes de fonction emportées par les assaillants. Nos sources indiquent, par ailleurs, qu’au vu du mode opératoire, tout porte à croire que les assaillants ont agi au nom du terrorisme. Si cela venait à être confirmé, tout comme l’attaque du 14 février 2018 du poste de patrouille de Natiaboani, situé à une cinquantaine de kilomètres de Fada N’Gourma, les populations, jusque-là habituées aux exactions des bandits de grand chemin, devraient désormais inclure cette nouvelle donne dans leur quotidien.
Joanny SOW

Energie : Roch Kaboré réaffirme son choix de 30% de solaire

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Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a fait, le 13 mars 2018, à Ouagadougou, le bilan de sa participation au sommet de l’Alliance solaire international(ASI) tenu du 10 au 12 mars 2018 à New Dehli, en Inde.

Le secteur solaire peut être un véritable vecteur de transformation économique et social pour le Burkina Faso mais aussi de lutte contre le changement climatique s’il y a une mutualisation des moyens financiers et des intelligences. Telle est la conviction du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré qui, de retour de l’Inde, a fait, hier 13 mars 2018, à l’aéroport international de Ouagadougou, le bilan de la participation de son pays au sommet de l’Alliance solaire international (ASI) tenu du 10 au 12 mars 2018 à New Dehli en Inde. Pour le chef de l’Etat, il était important que le Burkina Faso qui a un bon gisement solaire et figurant parmi les premiers pays membres-fondateurs de l’ASI puisse prendre part à la rencontre de la capitale indienne afin de réaffirmer son choix de porter à 30% l’énergie solaire sur l’énergie utilisée au pays des Hommes intègres. « L’alliance se veut être un cadre de coopération entre ceux qui ont les gisements solaires d’une part et ceux qui ont la technologie d’autre part », a rappelé le président Kaboré, soutenant qu’il est nécessaire de rechercher les financements pour appuyer cette transformation énergétique. Le chef de l’Etat a également indiqué qu’au cours de son séjour à New Dehli, il a eu une rencontre avec le Premier ministre indien, Narendra  Modi. Il a précisé que l’objectif a été de faire le bilan de la coopération « exemplaire » entre les deux pays.

L’interconnexion pour mi-avril

Le locataire du palais de Kosyam a fait savoir qu’au cours de cette entrevue, lui et son hôte ont exploré des pistes nouvelles de consolidation de la coopération notamment dans le domaine de l’énergie solaire, de la santé et de la production de produits pharmaceutiques. Au cours de son séjour indien, le président du Faso a rencontré son homologue ghanéen, Nana Akufo Addo, avec qui les échanges ont porté sur trois points. Il s’est agi d’abord de discuter avec le président ghanéen de la question de l’interconnexion électrique entre les deux pays qui accuse, selon le président Kaboré, un retard de plusieurs mois du côté ghanéen. « Nous avons eu de longues discussions là-dessus et le Ghana s’est engagé à tout mettre en œuvre pour qu’à la mi-avril, la mise en place de cette interconnexion de 50 mégawatts puisse être opérationnelle », a annoncé le chef de l’Etat. Le deuxième point d’intérêt de ce tête-à-tête a porté sur le chemin de fer censé relier le Ghana au Burkina Faso. Sur ce sujet, il a dit avoir échangé à New Dehli avec des opérateurs de chemin de fer, déjà en discussion avec le Ghana.

Selon le président du Faso, il a  souhaité une mise en commun de ces discussions, de manière à tirer un meilleur profit dans le choix éventuel du prestataire pour la mise en place de ce partenariat. Le troisième point d’orgue de cette rencontre présidentielle a  concerné le projet de pipeline pour le transport des hydrocarbures depuis le port de Tema jusqu’au Burkina Faso. « C’est un projet sur lequel les équipes doivent se concerter de manière à consolider notre vision», a-t-il ajouté. Roch Marc Christian Kaboré, en marge du sommet sur l’ASI, a également eu des rencontres avec des industriels et des hommes d’affaires indiens dont certains travaillent déjà au Burkina Faso comme ceux qui ont livré les bus  pour le transport des étudiants.  « Nous avons encore un reliquat sur la ligne de crédit sur laquelle il est possible de pouvoir augmenter la capacité de bus de notre pays et nous avons demandé qu’il en soit ainsi. », a confié le chef de l’Etat.  Par ailleurs, le président du Faso a affirmé s’être entretenu avec Eximbank  pour que celle-ci puisse accompagner le Burkina Faso avec des industriels et des opérateurs indiens dans la réalisation d’un certain nombre de projets.

Anselme KAMBIRE