Journée mondiale des toilettes

En prélude à la commémoration de la Journée mondiale des toilettes, le ministère de l’Eau et de l’Assainissement, a organisé, le samedi 18 novembre 2017 à Ouagadougou, un cross populaire auquel a pris part l’épouse du chef de l’Etat, Sika Kaboré.

Alors que c’est le 19 novembre qui est consacré Journée mondiale des toilettes, le Burkina Faso a décidé cette année de commémorer en différé, l’évènement, le 24 novembre prochain sous le thème : « Construire des toilettes : une responsabilité citoyenne pour préserver la dignité de la fille et de la femme au Burkina ». En attendant cette date, le ministère de l’Eau et de l’Assainissement,  a organisé un cross populaire le 18 novembre 2017 à Ouagadougou pour rendre visible les actions en cours pour l’assainissement du pays. L’épouse du chef de l’Etat, Sita Kaboré qui a pris part à l’évènement a relevé que la  journée a été initiée afin d’interpeller tout un chacun sur les dangers de la défécation à l’air libre.  Elle a réaffirmé l’attachement de sa Fondation Kini à cette initiative noble qui est la célébration de la journée  et la lutte pour   l’accès des populations aux toilettes. « C’est un enjeu de santé publique  car la propagation de plusieurs maladies est liées aux matières fécales répandues dans la nature », a souligné la première Dame.  Selon le ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Niouga Ambroise Ouédraogo, le taux d’assainissement du pays est très faible, particulièrement en milieu rural où il est de 13%.

Cest fort de ce constat, qu’une halte a été marquée et un engagement a été pris avec les autorités de développement durable pour un taux d’accès universel à l’assainissement à l’horizon 2030,  a-t-il poursuivi. Il a reconnu en outre que pour qu’un certain nombre de personnes puissent avoir accès à des toilettes, il faudrait des sommes colossales. C’est pourquoi il a fait appel à tous les acteurs afin qu’ils puissent contribuer à ces investissements pour l’atteinte de 1.600.000 latrines. Il a déploré le fait que sur 6000 villages recensés, seulement 45 ont pu bénéficier de toilettes et mis fin  à  la défécation à l’air libre. C’est pourquoi Niouga Ambroise Ouédraogo et Sika Kaboré ont  invité chacun à mettre la main à la poche à travers la souscription d’aide pour contribuer à la construction de nouvelles toilettes publiques qui permettront de mettre fin à la défécation à l’air libre.

Téné Bénédicte OUEDRAOGO (Stagiaire)

Salon de l’agriculture et des ressources animales d’Abidjan

0
Dans le cadre du Salon international de l’agriculture et des ressources animales  d’Abidjan (SARA), s’est tenue, dans la soirée du vendredi 17 novembre 2017,  une conférence ministérielle sous le thème : « Relever le défi de la transformation structurelle des économies agricoles africaines: quelles politiques pour quel mécanisme de résilience ? Le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques du Burkina Faso, Jacob Ouédraogo,  a exprimé sa position sur la résilience et la transformation de l’agriculture.

Le Salon de l’agriculture et des ressources animales se tient à Abidjan du 17 au 26 novembre 2017. La conférence de haut niveau sur la transformation des économies agricoles dans un contexte de changement climatique, placée sous la présidence du patron de la Banque africaine de développement (BAD), Akiwuni Adesina, a eu lieu dans la soirée du vendredi 17 novembre.  A cette occasion, le ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques Jacob Ouédraogo a affirmé sa position sur la transformation et la résilience de l’agriculture. Le ministre Ouédraogo a dit   maintenir  son opinion déjà exprimée à la COP 23 à Marrakech, en novembre 2016 : «Aucun pays ne peut faire face seul, aux effets du changement climatique». Pour tout dire, la coopération interétatique s’impose aux gouvernements pour résister et s’adapter aux chocs climatiques. Partageant l’expérience du Burkina Faso dont l’activité agricole a été cette année marquée par l’apparition des chenilles légionnaires et une pluviométrie insuffisante, soumettant  certains ménages à des difficultés alimentaires, Jacob Ouédraogo a relevé l’importance des variétés de semences améliorées, grâce à l’accompagnement de la recherche scientifique dans les stratégies de résilience.

Le ministre de l’Agriculture a également mentionné parmi les techniques de résilience la fertilisation des sols par l’utilisation de la fumure organique obtenue grâce à l’effort des éleveurs. Il a également évoqué les moyens de maîtrise de l’eau à travers les aménagements de périmètres cultivables dont 30% des superficies sont destinées aux femmes. Abordant la question de la transformation de l’agriculture, Jacob Ouédraogo a indiqué que la mécanisation agricole est un levier essentiel, citant  en exemple, la remise par le Chef de l’Etat burkinabè, Roch Christian Kaboré, aux producteurs de 500 tracteurs, 100 motoculteurs et 750 motopompes,  le samedi 11 novembre dernier. Il a également soutenu que le Burkina Faso s’apprête à mettre sur pied une banque agricole et un fonds de développement agricole, puis à adopter un Code des investissements agricoles. Autant d’instruments de transformation de l’économie agricole burkinabè.
Et de conclure que « nous devons produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons » afin d’accroître  nos productions et de hausser le niveau de  transformation de nos produits locaux. Le ministre sénégalais de l’Agriculture, Abdoulaye SECK, a exprimé sa foi de voir la riziculture sénégalaise nourrir les Sénégalais et leurs frères d’Afrique. Mais à condition « d’accroître les rendements par le biais de variétés améliorées, d’étendre les superficies, d’adopter les technologies innovantes et d’optimiser les capacités de production de nos écosystèmes». Pour sa part, le patron  de la BAD,  Akiwuni Adesina,  a exhorté les leaders africains à œuvrer à ce que l’«Afrique nourrisse le monde». Pour lui, le potentiel agricole du continent est énorme. Reste à élaborer et mettre en œuvre des stratégies régionales de résilience, moderniser l’agriculture, utiliser sans rechigner les technologies, accompagner  l’agriculture féminine et encadrer  la jeunesse.

Roger SANKARA
DCPM/ MAAH

La Xe édition des UACO 2017 a fermé ses portes

0
Les Xèmes Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) débutées le 16 novembre 2017, ont pris fin le samedi 18 novembre 2017 à Ouagadougou, en présence du Haut représentant du président du Faso, Moumina Chériff Sy.
Les rideaux des Xèmes Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) sont tombés, le samedi 18 novembre 2017 à Ouagadougou. A l’issue de trois jours de réflexion au thème «Médias sociaux et formation des opinions en Afrique», il est ressorti du rapport de synthèse que le colloque a donné une belle tribune de débat sur les différents thèmes. Aussi, la rencontre des grandes écoles a abouti à la création du Réseau des écoles et instituts de formation en information, communication et cinéma de l’Afrique (REIFICA). En plus de la motion de remerciement des acteurs et participants des UACO, différentes recommandations ont été faites.
Le forum des écoles a recommandé d’inscrire dans les programmes de formation et d’enseignement, l’éducation aux médias et réseaux sociaux et d’accompagner la formation des formateurs dans le domaine du numérique. Il a également proposé l’intégration des nouveaux métiers de l’information, de la communication et du cinéma dans l’organisation des concours de la Fonction publique. La mise en place d’un mécanisme de suivi et d’évaluation pour contrôler l’application des résolutions a été aussi suggérée. Les opérateurs de télévision ont ‘’misé’’ sur l’accélération du processus de migration vers la Télévision numérique terrestre (TNT) dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA).
Ils ont, en outre, recommandé la dotation des entreprises de télévision publique de statut qui leur assure une plus grande autonomie et l’accompagnement des Etats. L’association des blogueurs du Burkina Faso, par la voix de sa présidente, Bassératou Kindo, a suggéré une meilleure implication des acteurs et utilisateurs des médias et réseaux sociaux dans l’organisation et l’animation des UACO. Selon le ministre de la Communication et des Relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, cette Xe édition, a permis de rassembler plusieurs personnalités dans un domaine aussi complexe que la communication.
«Ces rencontres ont permis de partager nos expériences respectives afin de parfaire la formation des futurs communicateurs que sont les étudiants et d’harmoniser les points de vue pour une gestion plus forte de l’espace télévisuel dans la sous-région», a-t-il affirmé.  Il a, par ailleurs noté que les UACO permettent de réfléchir à toutes les dérives et tous les dangers qui guettent l’ensemble des acteurs. Les prochaines UACO sont prévues du 14 au 16 novembre 2018 sur «Les industries culturelles créatives : quelle économie et quelle stratégie ?».
Mariam SOMDA/ OUATTARA
……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

Des participants s’expriment

Serge Théophile Balima, président du conseil scientifique des UACO. «Les réseaux sociaux ne peuvent pas menacer la crédibilité du journaliste quand on a affaire à de bons journalistes. Mais Si le journaliste est approximatif, il sera menacé par des sources parallèles qui seront alimentées par des réseaux sociaux. Si ces réseaux convoient la vérité par rapport au canal journalistique, évidemment, ces journalistes vont perdre de leur crédibilité et de leur respectabilité. C’est à eux donc de mériter la qualité, le respect. La responsabilité revient aux journalistes de s’adapter et de mieux faire leur travail».
Rabankhi Abou-Bâkr Zida, directeur général des éditions Sidwaya : «Les réseaux sociaux sont comme une sorte de prolongement de l’activité du journaliste mais ce n’est pas le fondamental en terme d’activité journalistique. Les journalistes doivent faire preuve de professionnalisme. Sur les réseaux, la plupart des informations ne sont pas vérifiées. Nous constatons de plus en plus que même les organes les mieux structurées s’adonnent à cette course de l’information, sans prendre le temps de mieux recouper les sources avant de les diffuser. Il ne faut pas que les journalistes s’adonnent à cette légèreté. Il y a la nécessité de se ressaisir et de travailler avec professionnalisme et faire un travail de journalisme comme recommandé dans les écoles de journalisme ».
Dr Aïcha Tamboura, directrice générale de l’ISTIC : «Le forum a réuni plusieurs écoles d’ici et d’ailleurs, qui ont échangé leurs expériences. Les écoles sont unanimes que l’entrée au numérique est une obligation. Si elles ne s’y prêtent pas, leurs étudiants vont rester en marge de ce nouveau monde professionnel. Il faut l’introduction des modules sur le numérique dans les curricula. A l’issue des travaux, il y a un satisfecit général qui se dégage. Nous avons mis en place le Réseau des écoles et instituts de formation en information, communication et cinéma de l’Afrique de l’Ouest (REIFIC/AO). A travers ce réseau, nous allons promouvoir l’esprit de collaboration entre les membres, promouvoir les formations dans les domaines de l’information, de la communication et du cinéma, encourager la mutualisation des compétences et les meilleures pratiques ».
Dr Cyriaque Paré, membre du conseil scientifique des UACO : «J’aurais souhaité que beaucoup de professionnels de médias confirmés ou en devenir, des citoyens surtout des blogueurs, participent à ce débat pour être sensibilisés aux enjeux des outils qu’ils utilisent. Ce sont des outils qui sont à la portée de tous mais vu la dangerosité qu’ils peuvent avoir quand on ne sait pas les utiliser, il est mieux que ceux qui défendent des causes sur l’internet s’approprient ces outils de manière formelle. Les réseaux sont des outils qui révolutionnent de façon considérable la manière de travailler. Ils ne changent pas le journalisme. L’ADN du journalisme, c’est la collecte, le traitement et la diffusion de l’information ».
M. S. O.      

Sécurité alimentaire : moderniser les exploitations familiales

0
Plusieurs acteurs de la société civile se sont penché, le mercredi 15 novemebre 2017, à Ouagadougou, sur la modernisation des exploitations familiales, dans le but d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. 
Des acteurs de la société civile, engagés notamment dans la thématique de la sécurité alimentaire,  ont élaborés une théorie de changement assortie de plan de plaidoyer pour mettre l’accent sur les exploitations familiales.
A l’appel de la Fédération de prestation de services agricoles (COPSAC), de l’Union nationale des producteurs de riz du Burkina (UNPRB), de la Fédération des professionnels agricoles du Burkina (FEPAB), ils ont opté de plaider pour la promotion et la modernisation des exploitations familiales agricoles pour une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable. C’était le mercredi 15 novembre 2017 au cours d’une rencontre à Ouagadougou.
L’objectif de cet atelier est de rendre disponible et de faciliter l’accès aux exploitants familiaux d’intrants agricoles, d’outils de production mécanisés ou motorisés, d’appui conseils par des agents mécaniques.  Pour le directeur de la Prospective et de la Planification opérationnelle de la COPSAC, Yves Gérard Bazié, il s’agit notamment de permettre aux différents acteurs du secteur de partager leurs expériences sur la budgétisation en faveur des exploitations familiales agricoles.
« Elles produisent environ 80% des produits agricoles au Burkina », a-t-il expliqué. A entendre M. Bazié, l’une des conditions nécessaires pour la modernisation des exploitations familiales agricoles demeure la bonne gouvernance. D’où la nécessité de mettre à contribution les autorités locales en charges de la budgétisation.
Quant au représentant de Smart Développement Works (SNV), Coulidiaty Didier, il a affirmé que seule une gouvernance vertueuse de la sécurité alimentaire et nutritionnelle permettra de soulager la souffrance des populations.
La rencontre de Ouagadougou se veut une aubaine pour les partenaires de la COPSAC de discuter des meilleures méthodes de gestion budgétaire et institutionnelle. Elle leurs permettra d’exprimer efficacement leurs points de vue, alternatifs dans un contexte dynamique et plus global.
Un programme de plaidoyer intitulé « Voix pour le changement », de 5 ans, a été conçu pour renforcer les capacités des OSC à influencer les politiques publiques.
Valentin KABORE  

Du matériel médical offert au CSPS de Bonyolo

0
L’Association Initiatives d’Aide au Développement (IDL) a fait don de matériel médical au Centre de Santé et Promotion  sociale (CSPS) de Bonyolodans la province du Sanguié, le dimanche 12 novembre 2017.
A peine créée le 15 octobre 2017 à Réo, chef-lieu la province du Sanguié, l’Association Initiatives d’Aide au Développement (IDL) fait déjà parler d’elle. En présence des autorités locales, elle a fait  un don de matériel médical d’une valeur estimée à 1 million 500 mille F CFA, le dimanche 12 novembre 2017, au Centre de Santé et Promotion  sociale (CSPS) de Bonyolo, localité située à sept Km de Réo, chef-lieu de la province du Sanguié, dans la région du Centre-ouest. Ce don a été obtenu par l’association auprès  d’un partenaire au profit du CSPS.
Le matériel est composé  de 19 articles (cinq lits d’hospitalisation, cinq matelas,  trois boîtes d’accouchement, de trois bassins de lit, deux tensiomètres, plateaux instrument petit et grand format…). Pour le secrétaire exécutif de l’IDL, Me Edasso Rodrigue Bayala, ce geste est la modeste contribution des fils et filles de la province du Sanguié soucieux du bien-être des populations.
« A travers ce don de matériel, nous voulons contribuer à l’amélioration des prestations sanitaires et des conditions de travail du personnel au niveau du CSPS. Nous traduisons notre gratitude à nos partenaires qui  nous ont accompagnés dans cette initiative. Grâce à leur appui constant, nous espérons réitérer le même geste dans d’autres CSPS de la province », a-t-il soutenu. Pour lui, cette remise de matériel s’inscrit en droite ligne des priorités qui ont motivé la création de l’association, à savoir rechercher et négocier auprès de  partenaires  publics  ou privés toute aide et signer tout accord de financement en faveur des populations de la province.
« De par le passé, nous initions de façon informelle des gestes de soutien en milieu scolaire et dans le monde paysan. Mais pour prendre en compte le plus grand nombre et bénéficier de soutien de partenaires, nous avons jugé utile de fédérer les énergies en  mettant en place l’IDL », a précisé Me Bayala. Sur la même lancée, un forage qui était en panne depuis des années dans le village  été réhabilité par l’IDL au bonheur de la population.
Le chef du village de Bonyolo, a remercié les heureux donateurs qui ont eu une pensée à leur endroit. « Toutes nos bénédictions vous accompagnent dans vos entreprises quotidiennes. Nous sommes très fiers de l’acte que vous venez de poser à notre endroit. C’est grand un soulagement que vous nous apportez. Au-delà de Bonyolo, ce sont des populations d’autres villages comme Sandié,Perkoan, Guido, Vrou, Sémapoun et Séboum qui viennent en consultation dans le CSPS », a-t-il précisé.En rappel, l’IDL vise a été créée pour, entre autres, susciter et soutenir des activités pour l’auto-emploi des jeunes , aider le monde paysan à s’organiser par secteur d’activité pour une plus grande productivité, encourager et soutenir les activités visant à l’autonomisation de la femme et surtout de la jeune fille et éduquer la jeunesse rurale et urbaine au civisme et à la citoyenneté.
Karim BADOLO

Extradition de Blaise Compaoré : Un bloc d’ex-députés sur le dossier

0

Un groupe d’anciens parlementaires burkinabè a animé, le jeudi 16 novembre 2017, une conférence de presse à Ouagadougou. A l’occasion, le groupe a annoncé la création d’une association dénommée Groupe de pression pour l’extradition et le jugement de Blaise Compaoré et autres (GPEJ-BCA).

Le paysage des organisations de la société civile au Burkina Faso s’est agrandi avec la naissance d’une nouvelle association. Une dizaine d’anciens députés burkinabè a annoncé, au cours d’une conférence de presse, hier jeudi 16 novembre 2017 dans la capitale du pays des Hommes intègres, la création du Groupe de pression pour l’extradition et le jugement de Blaise Compaoré et autres (GPEJ-BCA). A l’occasion, le groupe a décliné les raisons qui ont conduit les parlementaires à s’unir. Pour Janvier Mado Samboué qui assure provisoirement la présidence du GPEJ-BCA, les motivations profondes de la formation d’une telle structure se situent dans la lenteur de la justice dans le traitement des dossiers de l’insurrection populaire d’octobre 2014, du putsch manqué de septembre 2015 et des manœuvres judiciaires visant à soustraire l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré, du jugement.

Il en veut pour preuve le non-lieu annoncé publiquement par le Procureur de la Haute cour de justice ainsi que les «tripatouillages» ayant conduit à l’annulation des mandats d’arrêt contre l’ex-chef d’Etat. Le président du GPEJ-BCA a en plus relevé l’impatience du peuple de faire la lumière sur tous les dossiers de crimes de sang et économiques. «L’épurement des dossiers  emblématiques comme ceux de Thomas Sankara, Norbert Zongo, Dabo Boukary et Salifou Nébié est une condition sine qua non pour l’apaisement du climat social», a-t-il souligné. Le groupe de pression s’est par ailleurs insurgé contre ce qu’il qualifie de réveil brutal des partis et mouvements chassés du pouvoir par l’insurrection. «Ces structures réclament, sans dire comment, le retour triomphal de Blaise Compaoré et de tous ceux qui se sont librement expatriés pour se soustraire de la justice et du devoir de recevabilité à notre peuple», a-t- il martelé. Puis de rappeler à ces partis politiques et individus jouant aux victimes qu’ils ont fait publiquement leur mea-culpa au lendemain de l’insurrection.

Des autorités à interpeller

Le GPEJ-BCA dispose-t-il de textes de fonctionnement ? Quelles seront les actions concrètes sur  le terrain ? Sera-t-il prêt à demander l’extradition de l’ancien ministre Yacouba Issac Zida ou à se joindre aux structures comme le Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples (MBDHP) pour la lutte contre l’impunité ? A cette série de questions des journalistes, le Dr Emile Pargui Paré, l’un des fondateurs du Groupe de pression pour l’extradition et le jugement de Blaise Compaoré et autres, a indiqué que la structure n’est qu’à ses débuts. «Le groupe tire sa légitimité de son manifeste de création. Il est ouvert à toute personne désireuse d’y adhérer.

C’est ensemble que nous allons adopter les textes de fonctionnement qui vous seront communiqués par la suite», a-t-il expliqué. Le député Paré a relevé l’absence d’interpellation de l’ancien Premier ministre par la justice burkinabè. Toutefois il a déclaré qu’avant de demander à M. Zida de répondre devant la justice, il faut plutôt se tourner vers la Côte d’Ivoire. «Blaise Compaoré est juste à côté. Même à dos d’âne nous pouvons aller le chercher», a-t-il ironisé. En ce qui concerne les actions, Emile Pargui Paré a rassuré que le groupe de pression va se faire entendre avec l’arrivée prochaine du président français Emmanuel Macron. «La France a organisé la fuite de Blaise Compaoré et des membres de son clan. Nous allons aussi interpeller les présidents français et ivoirien ainsi que le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro. Des démarches seront aussi entreprises au niveau national en direction de la justice, de l’Assemblée nationale et de la présidence du Faso », a-t-il souligné. M. Paré a en outre noté la disponibilité du GPEJ-BCA à accompagner le MBDHP et autres structures dans la lutte contre l’impunité. «Nous allons, dans les jours à venir, les rencontrer pour leur expliquer les objectifs de notre groupe», a-t-il déclaré.

Abdoulaye BALBONE

Sécurisation foncière au Centre-Nord : Un forum pour disséminer les bonnes pratiques

0
L’Observatoire national du foncier au Burkina Faso (ONF-BF) a organisé, le mercredi 15 novembre 2017 à Kaya, un forum sur les approches en matière de sécurisation foncière des investissements du projet Neer-Tamba dans la région du Centre-Nord. 
Plusieurs personnes issues des services techniques en charge du monde rural, des collectivités territoriales, de la Chambre régionale d’agriculture (CRA) du Centre-Nord ont participé à un forum  multi acteurs sur les approches en matière de sécurisation foncière des investissements du projet Neer-Tamba dans la région du Centre-Nord.  Ce conclave tenu, le 15 novembre 2017, à Kaya est une initiative de l’Observatoire national du foncier au Burkina Faso (ONF-BF). Il visait, selon la structure à dégager des consensus de portée nationale et clairement partagés par l’ensemble des parties prenantes, sur les options et orientations méthodologiques et techniques devant guider les approches en matière de sécurisation foncière des investissements dans la zone d’intervention du projet Neer-Tamba. De l’avis du  spécialiste chargé d’études à l’ONF-BF, Moussa Ouédraogo, il a été question au cours du forum, de documenter tout ce qu’il y a eu comme bonnes pratiques foncières en lien avec les aménagements dans la zone d’intervention du projet de gestion participative des ressources naturelles et de développement rural, Neer-Tamba.
Il s’est agi également de discuter des enjeux liés à la sécurisation des aménagements agro-hydro-pastoraux et forestiers dans le contexte de la décentralisation. « Prioritairement, le projet Neer-Tamba a choisi cinq communes ( Kaya, Ziga, Boulsa, Bourzanga et Rouko) au niveau de la région du Centre-Nord pour bénéficier de l’accompagnement de l’Observatoire national du foncier au Burkina Faso en matière de documentation de bonnes pratiques en lien avec la sécurisation foncière », a-t-il expliqué. A l’en croire, l’objectif recherché à travers cette documentation est de parvenir à ce que tous les acteurs puissent utiliser de manière pacifique et sécurisée les profits qu’ils tirent des investissements au niveau rural en lien avec le foncier. « L’intérêt de la documentation est que cela permet de partager l’information et de faire la promotion de tout ce qu’il y a comme bonnes pratiques. Par exemple, les expériences les plus réussies au niveau du Centre-Nord pourront éclairer d’autres régions qui sont en phase d’entamer des processus en matière d’aménagements», a-t-il souligné. C’est pourquoi, il a souhaité qu’au sortir de ce forum, les participants puissent faire la promotion des bonnes pratiques qui soient acceptables par les dispositions de nos textes en matière foncière.

Deux communications au menu des échanges

Pour l’expert en foncier et communicateur au forum de Kaya, Souleymane Ouédraogo, le projet Neer-Tamba appuie des populations du Centre-Nord, du Nord et de l’Est à appréhender la notion de sécurisation foncière afin de leur permettre de sécuriser leurs investissements fonciers. « Le projet a eu à mener des expériences de sécurisation dans sa zone d’intervention. Le forum sert à apprécier ce qui a été fait pour  non seulement satisfaire les populations bénéficiaires de leur intervention, mais également les bailleurs de fonds pour qu’ils continuent et renouvellent leur acte d’appui et d’accompagnement », a-t-il soutenu. Quant au secrétaire général de la CRA du Centre-Nord,  Drissa Traoré, il a relevé que cinq communes pilotes ont été retenues au niveau local pour mener des expériences en matière de sécurisation foncière. « Cet accompagnement va nous permettre d’atteindre nos objectifs », s’est-il réjoui. Au cours du forum, deux communications ont été développées. Il s’agit de « L’introduction sur la réforme foncière » et  les « Concertations sur les approches en matière de sécurisation foncière des investissements dans la zone d’intervention du projet ». Les participants ont eu également des travaux de groupes.
Timothée SOME
timothesom@yahoo.fr

Promotion de la solidarité au Burkina Faso: A la recherche du meilleur attelage culture-citoyenneté

0
Les festivités du 57e anniversaire de l’indépendance du Burkina Faso se dérouleront le 11 décembre 2017 à Gaoua, chef-lieu de la région du Sud-Ouest sur le thème : « Diversité culturelle, citoyenneté responsable pour un Burkina Faso solidaire et harmonieux ». Quel intérêt revêt un tel thème pour le Burkina Faso dans son contexte actuel? Analyse !
Cette année, les projecteurs seront braqués sur la ville de Gaoua, capitale de la région du Sud-Ouest du Burkina Faso, à l’occasion de la célébration de la fête de l’Indépendance. Pour ce 57e anniversaire de l’accession à la souveraineté nationale du pays des Hommes intègres, les activités s’articuleront autour du thème : « Diversité culturelle, citoyenneté responsable pour un Burkina Faso solidaire et harmonieux ». Un thème évocateur, quand on mesure le rôle que la culture, dans ses multiples facettes et la citoyenneté peuvent jouer dans la coexistence pacifique des peuples. En termes culturels, dans la multitude d’expressions que l’on a au Burkina Faso, une des pratiques les plus ancrées dans les mœurs reste, sans doute, la parenté à plaisanterie. Un jeu social typiquement ouest-africain qui autorise et parfois même oblige des membres d’une même famille (tels que des cousins éloignés) ou de certaines ethnies, entre elles, à se moquer ou s’insulter, sans conséquence. Ces «affrontements» verbaux, loin d’être des actions de tension, sont en réalité des moyens de décrispation sociale. Ils existent par exemple entre le Moaga et le Samo, le Bissa et le Gourounsi, le Dagara et le Gouin, le Bobo et le Peulh, etc.
Grâce à la parenté à plaisanterie, toute crise née entre deux clans ou deux personnes alliés se résout, le plus souvent, à l’amiable. C’est ainsi que Alain Joseph Sissao, chercheur en sciences des sociétés, dans son ouvrage intitulé : « Alliances et parentés à plaisanterie au Burkina Faso. Mécanisme de fonctionnement et avenir », soutient que la stabilité sociale du Burkina Faso doit « moins à l’action politique qu’à la force d’institutions traditionnelles comme la parenté et l’alliance à plaisanterie », garantes de paix sociale et véritable « privilège historique ». Le Pr Albert Ouédraogo, cité dans un article publié dans le quotidien Sidwaya en février 2010, renchérit que la parenté à plaisanterie a permis au Burkina Faso d’échapper à une crise lors du soulèvement populaire de 1966. « Un Mossi allait perdre le pouvoir sur un espace majoritairement moaga. Et qui l’a remplacé ? C’est un San, Sangoulé Lamizana, un parent à plaisanterie. De façon inconsciente, la parenté a apaisé les esprits sans que les gens ne s’en rendent compte», explique-t-il.
Le Burkina Faso se distingue, en outre, par une cohabitation parfaite entre les trois religions les plus pratiquées, à savoir le christianisme, l’islam et l’animisme. Une étude de 1991 montre, en  effet, que les Burkinabè étaient à cette époque, à 25,9 % animistes, 52,4% musulmans et 20,7 % chrétiens. C’est également une preuve de l’acceptation de l’autre avec ses différences, ses qualités, ses défauts et ses convictions.

Quid du forgeron et du griot ?

En plus de ces relations intercommunautaires particulières, certaines personnes, par leur origine, sont des acteurs de résolution pacifique de crises. Il s’agit notamment du forgeron et du griot. Sur le plan social, le forgeron est un homme de paix, un intercesseur. Sa neutralité politique et son pouvoir mythique lui valent d’être objectif et de recommander l’entente. Il est reconnu pour son rôle de médiateur dans les conflits. Son intervention volontaire, où à la demande d’une tierce personne, en cas de guerre ou de querelles graves de familles, est considérée comme sacrée et en ce sens ne doit pas être refusée. Au-delà de leurs fonctions séparées, le forgeron et le griot ont des rôles parfois identiques. C’est pourquoi, dans certaines localités, l’un peut représenter l’autre en cas d’absence. La solidarité est, par ailleurs, enseignée dans d’autres circonstances telles que lors des rites initiatiques. En outre, à l’occasion des réjouissances populaires, des funérailles, des baptêmes ou  pendant les naissances, dans la capitale comme dans les contrées les plus reculées, les familles se rendent mutuellement visite, se soutiennent sans distinction de religion ni d’appartenance sociale. Chrétiens, musulmans, animistes, pauvres et riches se mettent ensemble, le temps de l’évènement. De même, au village, depuis la nuit des temps, pour le labour de leurs champs ou pour les récoltes, les paysans ont l’habitude de s’entraider. Cela se fait à l’initiative du clan ou sur demande du bénéficiaire lui-même. Autant d’exemples qui montrent à souhait que la culture occupe une place de choix dans le renforcement de la solidarité au sein des communautés.
Cependant ces richesses culturelles ne peuvent pleinement profiter au pays si les règles de vie en société sont mises à mal par certains fléaux comme l’incivisme qui, depuis 2014, a pignon sur rue au Burkina Faso. Cela n’est pas possible non plus si le vivre-ensemble et la tolérance ne sont pas au cœur des comportements des Burkinabè. En effet, depuis l’insurrection populaire de 2014, les actes d’incivisme sont monnaie courante. Des élèves qui agressent physiquement leurs enseignants, des usagers qui fauchent mortellement des agents de police ou qui ne respectent pas le code de la route, des populations qui détruisent des biens publics et privés en cas de manifestations, des citoyens qui contournent les services des impôts pour se faire de grandes marges bénéficiaires. Ce sont là les cas les plus fréquents. D’ailleurs, face à ce constat amer, le gouvernement a pris des mesures qui se veulent palliatives, mais qui n’ont pas encore montré leur efficacité. Dans les services publics, par exemple, la montée et la descente des couleurs nationales ont été instaurées, les conseils de discipline dynamisés, la lutte contre la corruption et l’impunité intensifiée. En milieu scolaire, il a été préconisé la traduction systématique devant les instances compétentes de tout apprenant qui porte atteinte aux symboles de la Nation, à l’intégrité physique d’un enseignant ou d’un responsable administratif scolaire. Par ailleurs, l’interdiction de toute manifestation publique présentant des risques de commission d’actes de violence ou de destruction de biens publics et privés, etc., vise à éviter les situations déplorables connues dans un passé récent au Burkina Faso. Pour les cas d’incivisme économique et fiscal, il y a le renforcement de la lutte contre la fraude fiscale, l’importation des marchandises contrefaites, le non-respect de la libre circulation.

De l’importance de la célébration tournante

En outre, de nouvelles initiatives continuent de voir le jour. Parmi elles, la semaine scolaire d’éducation à la citoyenneté dont la première édition s’est déroulée, du 24 au 28 octobre 2016 avec au programme, des conférences-débats, des panels, des débats télévisés et des formations au profit des enseignants. L’édition 2017 a eu lieu, du 23 au 29 octobre, sur le thème : « Les élèves comme principaux acteurs du civisme : comment y parvenir ? ».
L’on perçoit donc que le thème du 57e anniversaire de l’indépendance cadre avec l’actualité au pays des Hommes intègres. Cependant, au-delà de la célébration de l’anniversaire de l’indépendance, nombreux sont ceux-là qui continuent de se questionner sur l’intérêt de sa rotation dans les chefs-lieux de région. Qu’à cela ne tienne, l’on retient qu’en 2008, lorsque le gouvernement adoptait la célébration annuelle tournante, en commençant par Fada N’Gourma, dans la région de l’Est, son objectif était d’offrir l’occasion aux villes secondaires d’obtenir des infrastructures socioéconomiques, afin de les aider à booster leur développement. Ce qui a permis effectivement aux villes-hôtes de bénéficier de plusieurs infrastructures. En ce qui concerne les réalisations traditionnelles, l’on peut évoquer les cités des régions, les stades, les « auberges du 11-Décembre », les aérodromes, le bitumage de rues, les « pied-à-terre » du président du Faso, les salles polyvalentes. A cela s’ajoute la réfection de places publiques dites Places de l’unité et d’autres constructions faites par des particuliers. Il est donc clair que même s’il faut réorienter les constructions sur la base des leçons tirées de l’exploitation et de l’entretien des infrastructures réalisées dans les premières régions-hôtes, l’idée semble profiter aux populations accueillant la fête du 11-Décembre.
Déjà, huit régions sur les 13 ont été servies. Pour celles qui restent, après le Sud-Ouest cette année, ce sera le tour du Centre-Sud (Manga) en 2018, du Centre-Est (Tenkodogo) en 2019, des Cascades (Banfora) en 2020 et du Plateau central (Ziniaré) en 2021 pour boucler la boucle.
Daniel ZONGO
danielzongo62@yahoo.fr
————————————————————————-

Carte postale de la région du Sud-Ouest

La région du Sud-Ouest dont le chef-lieu est Gaoua fait partie des treize régions que compte le Burkina Faso. Elle est composée de quatre provinces (Bougouriba,  Ioba, Noumbiel, Poni) et s’étend sur une superficie de 16 533 Km² soit 6,1 % du territoire national. Elle comptait, en 2012, 729 362 habitants, soit une densité de 45 habitants au km2. Située dans la partie sud-ouest d’où son nom, elle est limitée à l’Est par la république du Ghana et la région du Centre-Ouest ; au Nord par les régions des Hauts-Bassins, du Mouhoun et du Centre-Ouest ; à l’Ouest par les régions des Cascades et des Hauts-Bassins ; au Sud par la république de la Côte d’Ivoire.
D. Z. 

Académie de Police : Une rentrée sous fond de reformes du secteur de la sécurité

0

La cérémonie de rentrée solennelle de l’Académie de Police a eu lieu sur le site de l’école, dans la commune rurale de Pabré, le vendredi 10 novembre 2017. Cet instant marque le début des activités académiques des élèves commissaires et officiers de police. Une communication sur la réforme de la sécurité a été donnée par le politologue, Dr Abdoul Karim Saidou.

Ouverte en 2015, l’Académie de Police a organisé pour la deuxième fois, la cérémonie de lancement officiel de ses activités pédagogiques. C’était sur son site dans la commune rurale de Pabré, le vendredi 10 novembre 2017. Ce sont près de 200 commissaires et officiers de police qui devront suivre avec rigueur la formation de deux ans.

Le directeur de l’Académie de Police, le Commissaire divisionnaire de police, Amadou Guigma a confié que la formation de cette 3e promotion des élèves commissaires et officiers de police, intègre sept modules. «Nous avons des élèves qui sont chargés du commandement et de la direction. Les commissaires sont des agents publics chargés de la direction des services de police. Les officiers sont chargés de l’encadrement sur le terrain. L’accent est mis sur les compétences de comportement, de discipline, de commandement, de management, de leadership. Mais aussi des connaissances très techniques telles que la police judiciaire et l’approche communautaire», a expliqué le commissaire Guigma. Il a profité de l’instant pour égrener quelques défis notamment l’accès à internet et l’acquisition d’un car de transport.

Des doléances qui ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd, a notifié le secrétaire général du ministère de la sécurité, Abdoulaye Ouédraogo. Dans un contexte marqué par l’insécurité, M. Ouédraogo a souhaité une formation qui inculque davantage aux policiers des savoirs et des aptitudes personnelles afin de faire face à la pression sociale.

Abdoulaye Ouédraogo a révélé l’ambition du ministère de la sécurité de faire des structures de formation de la police nationale, des Etablissements publics de l’Etat (EPE).

L’objectif, a-t-il soutenu, est d’améliorer la qualité de la formation et d’offrir une grande autonomie à ces écoles afin qu’elles arrivent à faire face à leurs obligations.«Aux élèves, je vous exhorte à faire de ces moments de formation, une période de quête véritable de connaissances et de développement personnel», a conseillé, le directeur général des écoles de police, le Contrôleur général de police, Alain Joachim Bonzi.

Nécessité de reformer le secteur sécuritaire

Pour lui, l’Académie de police est un maillon important pour constituer un personnel policier de qualité aux fins d’assurer à chaque citoyen la paix et la sécurité. «L’Académie de police est le moyen le plus efficace pour plus de professionnalisme dans le corps de la police», a-t-il ajouté.

Placé sous le thème: «Police nationale et réforme du secteur de la sécurité: enjeux et défis», la conférence inaugurale a été animée par le politologue Dr Abdoul Karim Saidou.

Sa communication a porté sur quatre points essentiels. Il s’est agi du contexte sécuritaire dans la bande sahélo saharienne, du concept de réforme du secteur de la sécurité, du rôle de la police nationale dans ce contexte de réforme et les défis que doivent relever l’institution afin de jouer pleinement sa partition. «Avant, l’Etat semait la terreur et les citoyens se cherchaient. Maintenant, ce sont les citoyens qui sèment la terreur et l’Etat se cherche. Et quand l’Etat sème la terreur, c’est à travers les forces de l’ordre et de sécurité», a affirmé le conférencier à propos de la spécificité du contexte sécuritaire dans lequel se trouve le Burkina Faso.

Dans la foulée, il a évoqué l’avènement du syndicalisme dans la police qui marque une nouvelle dynamique. A propos des mouvements d’auto-défense Kogl-Weogo, le politologue, se fondant sur les actes illégaux que posent ces groupes, a déclaré qu’il s’agit d’un défi sécuritaire pour la Police nationale. « La sécurité ne veut rien dire si elle est construite sur l’insécurité des autres. La réforme du secteur de la sécurité s’inscrit dans la réorganisation spécifique. Elle doit être prise en charge au haut sommet de l’Etat parce que c’est une question d’intérêt national», a dit Abdoul Karim Saidou.

Pour lui, cette réforme doit absolument tenir compte du respect des droits de l’homme. Il a par ailleurs proposé de passer à une politique de sécurité nationale, prenant en compte la défense et la sécurité. Car, a étayé l’analyste politique, une telle rupture paradigmatique implique des choix politiques et techniques importants à opérer. «Pour être actrice de ce processus, la Police nationale doit développer une capacité d’anticipation en renouant avec la réflexion stratégique», a suggéré Dr Abdoul Karim Saidou.

Gaspard BAYALA

gaspardbayala87@gmail.com

Fonds de développement de l’élevage

0
La direction générale du Fonds de développement de l’élevage (FODEL) a organisé un atelier du 9 au 10 novembre 2017 à Dori  pour faire le diagnostic des modalités de mise en œuvre du crédit du fonds. Il a été question d’informer et poser des préoccupations en vue de rendre plus fluide l’exécution du crédit.
Le Fonds de développement de l’élevage (FODEL) a initié du 9 au 10 novembre 2017 à Dori un atelier pour se pencher sur les modalités de mise en œuvre de son crédit. La rencontre a regroupé entre autres les points focaux du fonds, les représentants de la fédération des éleveurs et des interprofessions des filières animales. A entendre le directeur général du FODEL Paul Zongo, l’objectif principal de l’atelier a été de disposer d’orientations pertinentes permettant de rendre plus performante l’exécution du crédit FODEL. De manière spécifique, a-t-il poursuivi, il s’est agi d’informer les responsables des faitières sur la mise en œuvre du crédit à travers l’étude de dossiers et la sélection. De son avis, les participants ont déterminé les difficultés qui limitent l’accès des promoteurs aux financements. « L’atelier nous a permis de réfléchir sur les difficultés que connaissent les éleveurs à travers l’accessibilité du fonds et voir dans quelles mesures nous pouvons mieux mettre en œuvre les crédits à leur disposition », a confié le premier responsable du FODEL.

Les animaux constituent 60% de garantie

Il a en outre indiqué que toute personne pratiquant l’élevage peut bénéficier du fonds. A cet effet, elle doit remplir un canevas auprès des services techniques ou du point focal FODEL avant de soumettre  son projet pour examen au comité de prêts. M Zongo a souligné qu’il prévu une garantie qui prouve que le bénéficiaire veut investir les ressources dans son élevage. Et d’affirmer que dans un tel contexte, les animaux constituent pour le FODEL une garantie privilégiée. « C’est-à-dire que les animaux représentent 60%  de la valeur du prêt qui sera contracté. Cela n’exclure pas les autres formes de garanties comme le permis urbain d’habiter pour les gros prêts. Le majeure partie de nos bénéficiaires sont des petits éleveurs qui ont besoin de financement pour développer leur activité et sortir de la pauvreté », explique Paul Zongo. Pour sa part, le directeur régional des ressources animales et halieutiques du Sahel Dr Dominique Sawadogo a précisé que ses services font face à de multiples difficultés d’ordre sanitaire, alimentaire et en termes d’infrastructures pastorales. C’est en ce sens qu’il a salué la tenue de la rencontre qui permettra aux éleveurs de bénéficier du crédit FODEL et d’infrastructures telles que les forages et les boullis pour abreuver les animaux. Pour lui, la rencontre pourra orienter le FODEL dans la priorisation des actions à mener sur le terrain dans la région du Sahel.  Quant au chargé d’études au gouvernorat de Dori Charles Dioma, il a rappelé que le Sahel  constitue un réservoir d’approvisionnement des autres régions en animaux d’embouche et en souche d’animaux reproducteurs. Pour preuve, il a dit que la région dispose d’un cheptel riche et numériquement varié composé de 1 982 532 bovins, 1 421 995 ovins et 2 545 283 caprins. C’est pourquoi, il a loué l’initiative de cette rencontre organisée par le FODEL qui au regard de ses moyens limités, développe des actions pour rationaliser leur utilisation, en impliquant les professionnels de l’élevage. « Je vous invite à porter un regard franc et constructif sur le fonctionnement de cet instrument de financement afin qu’au sortir de cet atelier, son mode d’intervention soit connu de tous et l’utilisation de ses ressources quoique limitées soir encore mieux orientées en direction des acteurs directs des filières de productions animales », a-t-il lancé aux participants. Crée en juillet 1996, le FODEL vise la mobilisation, la coordination et la gestion des fonds destinés à la promotion des activités de développement socio-économique du secteur de l’élevage. Cet objectif est exécuté à travers cinq principaux domaines d’intervention. Il s’agit du financement de toute action visant l’amélioration de la situation zoo-sanitaire et de la santé publique, du soutien des initiatives des professionnels de l’élevage et l’octroi de crédit pour les activités d’élevage. A cela s’ajoutent le financement des missions de suivi et de contrôle des activités sur le terrain ainsi que la promotion de la formation professionnelle par le renforcement des centres de formation.
Souaibou NOMBRE