Etalons: Vite se remobiliser pour la 3e place

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Les Etalons sont tombés les armes à la main en demi-finale face à l’Egypte mais la compétition n’est pas pour autant finie pour eux. Ils doivent vite se remobiliser pour aller décrocher la troisième place, synonyme de médaille 
de bronze.
Au lendemain de leur défaite face aux Pharaons, les Etalons ont plié bagages. Ils ont mis le cap sur Port-Gentil. Sur ce site, ils tenteront d’arracher la troisième place dans cette petite finale pour bonifier leur bon parcours. C’est un groupe toujours concerné et prêt pour ce pari qui a pris l’avion hier pour aller en découdre à nouveau avec le perdant de l’autre moitié du tableau des demi-finales. Séduisant par son jeu et son enthousiasme, la formation burkinabè a su mettre dans sa poche, le public gabonais. L’Egypte qui, jadis, était redouté a dû rentrer dans ses petits souliers, car incapable de rivaliser dans la possession du ballon avec les ouailles de Paulo Duarte. Ce négationnisme dans le jeu a contraint les Etalons à déjouer dans les phases offensives et voir leurs attaques venir s’échouer sur la muraille des Pharaons.
Le but de Mohamed Salah (72e) viendra chatouiller leur égo. Et comme contre les Lions Indomptables en phase de poule, ils viendront à nouveau prouver qu’ils ont du mental, un sursaut d’orgueil et une capacité à revenir au score. Cela sera symbolisé par la réalisation d’Aristide Bancé (73e) qui mettait aussi fin à l’invincibilité du portier égyptien, Essam Al Hadary. Les Etalons tomberont à l’issue de l’épreuve des tirs au but mais sans jamais rendre les armes. Il faut louer le courage des minots (Hervé Kouakou Koffi, 20 ans et Bertrand Isidore Traoré, 21 ans) qui ont accepté prendre leur responsabilité  de tirer les penalties même s’ils ont tremblé devant le monument du football égyptien, Al Hadary. Ils ne verront certes pas la finale, mais ils demeurent invaincus après 5 rencontres dans ce tournoi. Ils ont encore le match de classement pour mieux améliorer leur rang.
Au moment où nous bouclions l’article, Camerounais et Ghanéens étaient toujours en train de se disputer le billet pour la finale du 5 février. Les Etalons attendront donc le perdant de cette opposition pour savoir s’ils pourront monter sur le podium de la compétition et redonner de la joie au public sportif burkinabè qui n’a jamais cessé de croire en eux malgré leur revers devant les Pharaons. Et les joueurs en sont conscients.
Béranger ILBOUDO
De Libreville (Gabon)     

Fenêtre des pros : Ok pour Préjuce, Bancé se prépare

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C’est officiel, Prejuce Nakoulma est le nouveau sociétaire du FC Nantes. Il a paraphé un bail de 2 ans et demi en faveur de cette formation qui évolue dans le Ligue 1 française. Il pourrait être suivi en France par son compatriote Aritide Bancé, lui aussi objet de convoitises dans l’hexagone.
Comme annoncé, l’attaquant burkinabè Préjuce Nakoulma, 29 ans, sans club depuis son départ de Kayserispor (D1 turque) avant la trêve hivernale, s’est engagé pour deux saisons et demie en faveur du FC Nantes.  Aristide Bancé pourrait quitter l’ASEC et la Côte d’Ivoire pour la France. Un pays où il n’a jamais joué malgré les seize clubs du monde qui l’ont vu passer. Selon une source proche des Etalons, plusieurs clubs français se sont manifestés pour recruter le colosse burkinabè. Des contacts sont même avancés et les choses pourront se décanter dans les tous prochains jours. Des informations qui semblent être confirmées par le joueur lui-même. relayé par le journal. «J’aurais pu jouer à Nancy mais le club, Lokeren, a préféré me vendre en Ukraine (2006) qui offrait plus d’argent. Mais Sébastien Ranc, agent proche de notre sélection, a quelques contacts pour moi en France. On va voir ce qui peut se faire…», a-t-il confié au journal français spécialisé  « l’Equipe ». Toujours dans le domaine des transferts, Saidou Zongo, latéral gauche s’est engagé en faveur de Sarre-Union, une formation de CFA française basée à Strasbourg.
Yves OUEDRAOGO

Gabriel Tuscher, expert de hockey: « la discipline a un bel avenir au Faso »

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Emissaire de la Confédération africaine de hockey pour toucher du doigt les réalités de la discipline au Burkina Faso, le Belge Gabriel Tuscher a fini sa mission le dimanche 29 janvier 2017 après deux semaines de séjour. Dans cet entretien qu’il nous a accordé, il revient sur son travail, le constat effectué sur le terrain et les projets pour l’essor de cette nouvelle discipline dans le paysage sportif burkinabè.
Voilà deux semaines que vous êtes en tournée dans les clubs de hockey au Burkina.  Quel bilan  pouvez-vous  tirer ?
Je constate qu’il y a eu beaucoup de progrès depuis la formation que j’ai administrée au mois de juillet 2016. Les entraîneurs travaillent bien et les enfants apprennent également. Il y a toutefois quelques choses qu’on peut corriger. Vous savez que les entraîneurs ne sont pas des hockeyeurs de carrière. Il y a de petites erreurs qu’ils enseignent aux enfants sans se rendre compte. Mais globalement le bilan est très positif.
Combien de clubs avez-vous pu visiter au total ?
Je suis passé dans 13 clubs. Nous avons vu 3 clubs à Koudougou, 6 à Ouagadougou, une équipe à Houndé et 3 à Bobo-Dioulasso. Les entraineurs de Dori sont venus travailler avec des enfants ici à Ouaga, à cause de la situation dans le nord du pays. C’était vraiment intéressant de voir tous ces clubs. J’ai également eu une séance de travail avec les entraineurs de Manga, Ouahigouya et Boussé.
A quoi consistait exactement votre travail ?
Mon travail était basé essentiellement sur les entraîneurs. Je n’avais pas le temps d’aller sur le terrain avec les enfants. Je laissais le travail aux entraîneurs pour les juger. Je suis venu avec un ami, Benoît Wyss-Chodat un international Suisse. Il m’a accompagné durant toute la tournée dans les clubs. Sa présence au quotidien sur le terrain était très appréciée. Il a pu dans chaque club, initier une vingtaine d’enfants curieux qui venaient assister à nos travaux.
Quelles sont les difficultés majeures que vous avez constatées sur le terrain ?
La plus grosse difficulté est que les entraineurs n’ont jamais joué au hockey. Ils doivent comprendre le jeu, chaque geste pour pouvoir enseigner correctement. Il y a beaucoup de choses qui sont enseignées en ce moment avec des erreurs. Ce sera très difficile dans le long terme de corriger cela. Nous devons donc agir vite. Il faut que les entraineurs soient beaucoup plus précis dans l’identification des erreurs et leurs corrections.
Quelle solution préconisez-vous en réponse aux difficultés dont vous parliez tantôt ?
Mon constat est très simple. Je dirai à la confédération africaine que les choses avancent bien. Ce qui urge est qu’on doit reprogrammer dans les jours à venir, une formation toujours de niveau 1 comme nous l’avions fait au mois de juillet afin de consolider les acquis des formateurs. De même cette formation va s’élargir à de nouvelles personnes afin de permettre aux entraineurs d’être épaulés dans leurs clubs respectifs par 2 ou 3 encadreurs. Les entraineurs ont tous des gens qui sont prêts à les aider mais ces derniers n’ont pas de formation. Si on ne n’y prend pas garde, ces gens vont enseigner le hockey avec encore plus d’erreurs. Ils doivent donc être formés au plus vite pour permettre au hockey burkinabè de grandir. Dans un an on pourra organiser une formation supérieure pour les entraineurs déjà formés.Une des difficultés que vous avez constatées sur le terrain est sans doute le problème d’infrastructure, notamment les terrains de jeu.
Quelle appréciation faites-vous de cette réalité ?
Idéalement c’est sur des terrains synthétiques de hockey qu’on devrait jouer. Mais on est obligé de s’adapter ici au Burkina. On fait du hockey sur terre plutôt que du hockey sur gazon. Dans certains quartiers et villes c’est sur plateau. Pour ce faire, les techniques doivent être adaptées ainsi que le matériel. Dans des pays voisins j’ai trouvé des balles plus grosses qui sont faites pour les terrains sablonneux ou terre battue. Le problème est qu’il y a un coût pour acquérir ce matériel adapté à nos terrains ici.
Vous avez apporté des équipements à la Fédération burkinabè de hockey. Comment avez-vous acquis tout ce matériel ?
C’est grâce aux réseaux sociaux et à des amis en Belgique, au Pays Bas et en Suisse que j’ai pu faire la collecte. J’ai fait appel aux dons depuis le mois de juin. Cela m’a permis de recevoir près de deux tonnes d’équipements. Ces dons ont été faits par des privés et des clubs. Certains clubs qui décident de changer d’équipement de gardien de but me donnent leurs anciens. D’autres qui changent de sponsors me donnent leurs anciens maillots parce qu’ils ne peuvent plus les utiliser etc. tout le matériel que j’ai acheminé ici m’a été offert. Je n’ai rien dépensé.
De quoi est composé le matériel que vous avez apporté ?
Nous avons acquis 40 équipements de gardiens de but. Un équipement de gardien de but est composé de sabots pour la protection des pieds, de protèges tibias, d’une culotte renforcée, d’un plastron pour protéger le torse, de gants, d’un casque. Nous avons reçu aussi 500 à 600 crosses, 300 balles, des maillots, des chaussures de hockey et des chaussettes.
A combien évaluez-vous la valeur  du don ?
Il m’est assez difficile de faire cette évaluation, mais je pourrais dire 8 ou 9 millions. Avez- vous des projets pour le hockey burkinabè ?Je sais que la confédération veut continuer à former des entraineurs au Burkina Faso. J’espère qu’un jour elle me permettra de venir ici pour un séjour de 2 à 3 ans afin que je travaille quotidiennement avec les clubs. Cela permettra au hockey burkinabè de se développer.  La discipline a un très bel avenir au Burkina. Elle se structure assez rapidement dans le pays. Il faudra cependant que les clubs se structurent d’avantage. Qu’ils aient des bureaux et le soutien de parents des pratiquants.
Interview réalisé par B. Léopold YE

Chez la famille de Prejuce Nakoulma

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Ambiance bon enfant chez les parents de Prejuce Nakoulma à la faveur du match Etalons – Pharaons. Toute la famille était mobilisée pour vivre cette rencontre et soutenir le fils et l’équipe. Même si la victoire n’a pas été au rendez-vous, l’on se réjouit du comportement d’ensemble de l’équipe. Récit.
Il est 19h 10 mn dans la famille de Prejuce Nakoulma à Saaba. A la devanture de la cour, la dizaine de véhicules stationnée laisse présager un évènement. Les amis de papa Prejuce (Francis), des voisins et des parents sont venus vivre les péripéties du match des quarts de finale entre les Etalons du Burkina Faso et les Pharaons d’Egypte. Dans la cour de cette gigantesque concession, un poste téléviseur posé sur la grande terrasse semble être réservé pour les habitués des lieux. Au salon, un autre groupe composé d’invités y ont pris place. Le match bat son plein. La moindre action d’éclat des Etalons est scandée par le groupe de dehors. La présence de la gente féminine est remarquable. Maman Préjuce (Glawdys), madame Préjuce, la sœur de Prejuce, tantes de Prejuce etc. à travers des gestes et paroles soutiennent leur protégé à son moindre contact avec la boule en cuir.
Certaines avec des chapelets, l’on s’adonne à la prière. « Il y a une commission chapelet » nous renseigne maman Préjuce (Glawdys). « La dernière fois, lorsque j’ai appris que nous croisons l’Egypte en demi-finale, j’ai écrit le nom de l’Egypte que j’ai déposé devant la statuette de la vierge Marie » informe-t-elle. Entre temps, l’ouverture du score par les Egyptiens rend le salon et la terrasse  glacial. Malgré ce but, maman Prejuce est restée imperturbable : « ça va aller. Nous allons égaliser ». Le but égalisateur est effectivement venu quelques minutes plus tard pour réchauffer les lieux. Et madame Préjuce dans tout cela. Lorsque son joueur de mari touche la boule, elle s’exclame : « allé petit ! Allé petit ! Petit va y ! ». A la fin du temps règlementaire, la commission chapelet s’active. Elle s’est retrouvée devant la grotte de la vierge Marie construite à l’entrée de la cour pour la prière. Cette commission a fait ce qu’elle peut.
Seulement que la chance  avait déjà choisi son camp. Les deux progénitures de Prejuce (Ryan et Junior) qui attendaient de voir le ou les buts de leur papa se sont entre temps endormi. Une défaite certes, mais qui ne décourage pas la maman de Prejuce Nakoulma qui « rends grâce à Dieu ». « C’est lui qui choisit. Il donne qui il veut. Prenons la vie du bon côté. Rien ne sait ce qu’il allait se passer si on gagnait » a-t-elle indiqué. Elle a informé qu’à chaque fois que son fils marque, son téléphone ne cesse de crépiter : « les félicitations fusent de partout ». Contrairement à madame Nakoulma, monsieur, lui, est déçu « comme tous les Burkinabè ». Il reconnait tout de même que c’est la dure loi du sport « On perd ou on gagne ».
Francis Nakoulma relativise en reconnaissant que les Burkinabè ne doivent pas rougir par rapport à la prestation d’ensemble du Burkina Faso. « Dès le départ, on ne vendait pas cher notre peau. Notre équipe a développé un volume de jeu que nous n’avions jamais vu. Cela doit nous ragaillardir » a-t-il laissé entendre. Avant que nous quittions les lieux, le monde fou qui se trouvait sur la terrasse a  disparu en un temps record après le penalty raté de Bertrand Traoré. Et dire que Madame Prejuce s’est effondré en larmes. Football quand tu nous tiens.
Yves OUEDRAOGO

Conférence de presse d’avant match

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La traditionnelle conférence de presse d’avant-match a vu passer Paulo Duarte et Bakary Koné d’un côté et Hector Raul Cuper et Hicham Al hadary de l’autre. Burkinabè comme Egyptiens ont manifesté leur ferme volonté à remporter le match et se qualifier pour la finale.
C’est le sélectionneur burkinabè et son défenseur et vice-capitaine des Etalons qui ont été les premiers à passer à la casserole des journalistes. Duarte comme à son habitude, a su mêler ton humoristique et sérieux pour entretenir les médias. Le technicien portugais n’a jamais cherché à tirer la couverture à lui, préférant mettre au-devant, le collectif de son équipe. « C’est une demi-finale et c’est spécial pour moi. Mais le plus important c’est de penser au collectif. Le principal est de savoir qu’il y a une place pour disputer la finale et c’est cela notre grande mission”, a sobrement répondu Duarte, quand on lui a posé la question s’il se sentait fier d’arriver à ce stade de la compétition. Son joueur Bakary Koné dit le « Général Bako” n’a pas non plus chercher à voiler l’ambition des Etalons, même si le groupe veut toujours avancer masqué : « Pour nous, cette demi-finale n’est pas un match de plus.
On savait qu’une fois à la CAN, il fallait bien disputer ces genres de rencontre. Mes coéquipiers et moi sommes pressés à en découdre pour arriver vite en finale, ce qui est notre objectif”, a glissé le défenseur central burkinabè. Pour Paulo Duarte, son équipe sera face à une grande formation d’Egypte, le pays le plus titré dans cette compétition avec 7 succès. Même si la génération dite dorée est partie, il reste encore trois vestiges dont le portier Al Hadary. Mais l’ADN du football égyptien est toujours là a fait remarquer la tête pensante de l’équipe burkinabè. Hector Raul Cuper, le sélectionneur des Pharaons n’a pas non plus tari d’éloges à l’égard des Etalons sans pour autant renoncer à une place en finale. « C’est un danger pour un entraîneur de sous-estimer son adversaire. Nous connaissons bien l’équipe du Burkina Faso même si elle n’a pas un palmarès aussi éloquent que celui de l’Egypte. Mais nous, nous avons vu ce qu’elle a pu développer au long du premier tour en éliminant même des équipes qui étaient plus huppées qu’elle et en produisant un football séduisant’’.
C’est une bonne équipe et c’est son droit aussi d’avoir les mêmes ambitions que nous qui est d’arriver en finale. Mais ce ne sera qu’au résultat final que nous pourrions savoir quelle est l’équipe qui aura nourri le plus d’ambition”, a glissé subtilement le sélectionneur égyptien.  Pour le vétéran Hicham Al Hadary, le groupe est très jeune mais il est déterminé à gagner le match et les joueurs n’ont pas besoin de moi pour que je leur rappelle cela. Nous avons tous cette détermination et cette loyauté envers notre pays et je n’ai pas besoin de le leur souffler dans les oreilles. Dans cette rencontre, il y aura un match dans le match entre la vedette égyptienne, Mohamed Salah et l’étoile montante burkinabè, Bertrand Traoré et Duarte a visiblement souhaiter que sa star naissante soit meilleure que Salah pour éclipser la vedette égyptienne. Pour Duarte également, le fait de rester à Libreville et y prendre des repères est un léger avantage même si une équipe comme le Sénégal est aussi resté jouer toutes ses rencontres à Franceville avant de prendre la porte dès les quarts de finale.
Mais pour le technicien portugais, l’avantage majeur est la présence de la forte colonie burkinabè à Libreville pour pousser son équipe à la victoire. Rappelons que la rencontre sera officiée par un trio sénégalais avec comme arbitre central, Malang Diedhiou et qui aura pour assistants, Djibril Camara et Malick Samba.
Béranger ILBOUDO
De Libreville (Gabon)

Le banc de touche : Un calvaire

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Ils font partie de l’effectif mais depuis le début de la compétition, ils ne comptent pas une seconde de temps de jeu dans cette CAN 2017. S’ils restent néanmoins les premiers supporters de leurs camarades,  sur le rectangle vert, ils rêvent aussi de se faire voir sous les projecteurs du tournoi.
Autant ils sont heureux parce que la mécanique burkinabè est bien huilée et que la machine tourne à merveille, autant ils rongent leur frein sur le banc. En tant que compétiteurs, ils ont tous envie de participer à la fête sur le pré mais sur les 23 joueurs retenus, seulement 11 ont le droit de goûter à ce privilège et trois autres pourraient aussi gratter un peu de temps de jeu. C’est donc un calvaire que d’être toujours cantonné sur le banc à se jouer les observateurs. « Il faut garder l’esprit d’équipe même si la situation est difficile à vivre. Nous avons aussi envie de participer au jeu mais il faut respecter les choix de l’entraîneur” a laissé entendre Adama Guira. L’amertume du Lensois est d’autant plus légitime qu’il se voit dépasser dans la hiérarchie par les nouvelles venues telles Ibrahim Blati Touré et Bakary Saré qui ont déjà eu du temps de jeu.
Alors qu’il était l’un des artisans de la qualification des Etalons à cette CAN en sortant un grand jeu aux Comores et en apportant toute sa volonté lors de la dernière rencontre qualificative devant le Botswana. « Ce sont les aléas du football et je me soumets. Je me mets toujours au service de l’équipe et du collectif tout en me tenant prêt en attendant aussi mon heure” a-t-il glissé avec dignité. C’est le même refrain qui revient chez Cyrille Barros Bayala qui s’est vu à la grande surprise,  décrocher une place de titulaire contre la Tunisie après avoir pu grappiller du temps de jeu devant la Guinée Bissau. « C’est une étape dans la vie d’un footballeur. On ne peut pas toujours tout jouer. Quand tu es sur le banc, tu regardes le match avec un autre œil et tu te dis que si tu as ta chance, tu feras la différence pour assurer ta place pour la prochaine rencontre. Sur le banc,  tu ne vois pas le match comme les supporters.
Tu l’observes avec ambition pour voir les failles de l’équipe adverse pour en profiter quand tu auras l’occasion de monter sur la pelouse” a confié le sociétaire du FC Sheriff Tiraspol qui avance qu’être titulaire confère des privilèges que les autres n’ont pas et cela donne envie de toujours se battre à l’entraînement pour ne plus céder sa place à autrui. Chez les gardiens de but, cette rivalité d’être titulaire n’est pas très accentuée. « Hervé Koffi,  c’est un petit que je connais pour l’avoir même encadré. Aujourd’hui il fait bien son job et nous l’accompagnons en l’encourageant et lui donnant des conseils pour qu’il s’améliore. Chez nous les gardiens de but, il n’est pas vu comme un concurrent comme chez les joueurs de champ” a souligné le dernier rempart du Rail club du Kadiogo, Aboubacar Sawadogo. La tendance générale qui se dégage est que beaucoup vivent leur place sur le banc comme un calvaire. Cela est donc normal et cette rivalité tire les Etalons vers le haut et le sélectionneur national en profite pour absorber la quintessence des joueurs.
Béranger ILBOUDO
De Libreville (Gabon)

Les yeux de Libreville

Que faisaient les Tunisiens au stade entre 23h00 et minuit ?

Les bonnes relations tissées entre les Burkinabè et les membres de l’hôtel Boulevard les ont permis d’être au parfum d’informations classées top secret. En effet, de retour de Franceville, les Etalons ont été orientés vers l’hôtel Méridien, laissant ainsi leur ancien site aux Tunisiens. La veille de la rencontre des quarts de finale entre ces deux formations, une mission tunisienne composée de joueurs et des membres du staff technique est sortie de l’hôtel Boulevard vers 23h00 en direction du stade de l’Amitié. Vite informée, la partie burkinabè tire sur la sonnette d’alarme. Les membres de la CAF et ceux de la sécurité sont mis en alerte. Les alentours du site devant abriter le premier quart de finale de la CAN 2017 est vite bouclé. Arrivé, la mission tunisienne se retrouvera nez à nez avec la sécurité avec pour ordre de ne laisser entrer personne au stade. Il semblerait que les Tunisiens auraient prétexté avoir loué une salle de massage dans l’enceinte du stade et seraient venus vers minuit avec quelques joueurs pour des séances. Face au refus catégorique de la sécurité d’obtempérer  à leur requête, ils tenteront de joindre leur complice qui avait déjà éteint son portable face à la gravité de la situation et c’est ainsi qu’ils se sont résolus à rebrousser chemin. Venaient-ils pour un quelconque sacrifice ? Nous n’en saurons pas plus. Nous sommes en Afrique et chacun est libre de tirer son opinion.
· Bagarre entre journalistes sénégalais et camerounais
La fin du match a été quelque peu houleuse dans la tribune de presse du stade de Franceville. Un journaliste sénégalais qui a eu du mal à digérer l’élimination des Lions de la Téranga alors que son équipe était donnée favorite face aux Lions Indomptables n’a pu contenir sa frustration. Pendant que son voisin immédiat, un Camerounais laissait éclater sa joie, il l’a assené d’un coup de poing, oubliant que dans  une tribune de presse, les journalistes sont censés prendre la hauteur pour mieux analyser les évènements au lieu de se comporter en supporter. Très vite, il sera exfiltré par ses compatriotes,  évitant ainsi une bagarre généralisée. Mais jusqu’à l’heure, les Camerounais ruminent encore cet affront et sont toujours à la recherche de ce journaliste qu’ils ont identifié, pour régler son compte. CAN, quand le chauvinisme prend toujours le dessus sur l’objectivité en tribune de presse !
· Les Etalons toujours concernés
A l’issue de la victoire face aux Aigles de Carthage, les Etalons auraient pu bénéficier de quartier libre. Mais dans le bus les menant à  leur hôtel, le capitaine Charles Kaboré leur a tenu un discours plein de symboles et de sens. Il a exhorté ses coéquipiers à renoncer ensemble au quartier libre pour ne pas disperser leur force car ils sont là pour un objectif bien précis, rendre le peuple burkinabè heureux. Sans ciller, les Etalons ont tous rejoint leur chambre après le dîner comme pour adhérer au discours de leur capitaine.
· Les blessés toujours présents dans les cœurs
Les Etalons n’oublient pas leurs coéquipiers qui ont quitté prématurément la compétition. Après chaque victoire, ils n’hésitent pas à leur rendre hommage et à leur souhaiter prompt rétablissement. C’est comme si l’ombre des blessés qui sont partis se faire soigner leur dopait pour les amener à faire un truc de ouf pour eux et pour toute la nation.
· Plus pressé qu’Alain ?
Alain Traoré voulait forcément apporter sa contribution à la victoire des Etalons en quart de finale face à la Tunisie. Alors qu’il est appelé par son coach pour venir remplacer son frère cadet, Alain trépignait d’impatience. Surtout que le 4e officiel, au lieu de procéder au remplacement,  est allé d’abord indiquer le temps additionnel avant de venir remplir les formalités de remplacement. Pire, il ne s’occupait même pas du joueur burkinabè qui avait comme des fourmis dans les jambes. On a vu qu’Alain est allé le saisir par la main pour attirer son attention car le temps passait. C’est donc avec soulagement que le grand-frère de Bertrand Traoré a foulé la pelouse pour les quelques secondes restantes.
· Les Etalons séduisent le public gabonais
Le public gabonais a visiblement pris fait et cause pour les Etalons.  Pendant le quart de finale livré face à la Tunisie, l’équipe nationale Burkinabè a pu bénéficier largement du soutien du 12e homme. Après l’élimination des Panthères qui étaient également dans le même groupe que les Burkinabè, les Gabonais ont vite épousé les valeurs qu’incarnent les Etalons,  à savoir,  l’humilité et le jeu séduisant. Ils se sont donc rangés derrière les Etalons pour les pousser a bout. Duarte et ses poulains espèrent jouir du même soutien sans faille face à l’Egypte,  ce mercredi à partir de 19h00 TU,  toujours au stade de l’Amitié de Libreville,  passé désormais pour être leur écurie.
· Kaboré adoubé par la presse
Le capitaine des Etalons,  Charles Kaboré est adoubé par la presse gabonaise. Ses prestations sont décortiquées à la loupe par les techniciens et ses statistiques mises régulièrement en lumière. Dans cette CAN 2017, Charles Kaboré a encore pris du volume et son influence dans le jeu des Etalons est très perceptible. Son impact dans le secteur médian contribue à la fluidité du jeu de l’équipe de Paulo Duarte. Son expérience aussi permet de tirer la qualité du jeu de son groupe vers le haut. Ce qui fait de lui un client prisé par la presse locale dans cette CAN 2017 où il apparait régulièrement dans les premières pages des journaux.
Rassemblés par
Béranger ILBOUDO
De Libreville (Gabon)

Ministère de l’Eau et de l’assainissement : environ 109 milliards de F CFA pour les actions de 2017

Le Ministère de l’Eau et de l’assainissement (MEA) tient, les 26 et 27 janvier 2017 à Kombissiri, dans la région du Centre-Sud, son 1er Conseil d’administration  du secteur ministériel (CASEM) de l’année 2017. Il va mener des réflexions sur les acquis, les contraintes et les perspectives, pour une meilleure contribution à la mise en œuvre des actions du Plan national de développement économique et social (PNDES).

Les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement veulent garantir une meilleure qualité de vie aux populations burkinabè. Ils se sont donné rendez-vous, les 26 et 27 janvier 2017, dans la cité des ‘’patates’’, à Kombissiri, la province du Bazèga,  pour  échanger autour du thème : « Contribution du secteur de l’eau et de l’assainissement dans la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES) 2016-2020 ». Un thème d’actualité, qui occupe une place importante dans la vie des populations, dont les grands axes tels l’Approvisionnement en eau potable (AEP), l’Assainissement des eaux usées et excréta (AEUE), la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) et la mobilisation de ces ressources, ont été pris en compte dans le PNDES.

Ce  1er Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM)  est une occasion pour le maire de la commune de Kombissiri, Olivier Conombo, de traduire ses remerciements aux acteurs du ministère, pour leur engagement à travers la réalisation d’ouvrages d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement. Il a tout de même indiqué que sa commune reste toujours dans le besoin en matière de cet or ‘’bleu’’ et d’assainissement. Le ministre de l’Eau et de l’assainissement, Niouga Ambroise  Ouédraogo a, pour sa part, précisé que ce secteur  contribue à la mise en œuvre du PNDES, qui se focalise sur l’axe 2,  à savoir: « développer le capital humain » et sur l’axe 3 : « dynamiser les secteurs porteurs pour l’économie et les emplois ».

Il a avancé qu’au Burkina Faso, le taux d’accès à l’eau potable est de 65% et environ 35% au niveau de l’assainissement. La mobilisation des eaux de surface se situe entre 5 et 6 milliards de m3 d’eau. « Ce qui ne fait même pas le 1/10ème des eaux reçues dans notre pays », a-t-il déploré. Il a néanmoins soutenu que le programme, Gestion intégrée de ressources en eau (GIRE) permet la mise en place d’instruments, pour une gestion durable de toutes les eaux mobilisées et de toutes les ressources en eau, qu’elles soient souterraines ou d’eau de surface.

En 2016, il n’y a pas eu de zones ‘’rouges’’

Le ministre Niouga Ambroise Ouédraogo s’est réjoui des performances atteintes dans la mise en œuvre du programme d’activités 2016. Selon lui, il n’y a pas eu de zones ‘’rouges’’, car à son avis, toutes les composantes de son département sont au-dessus de  50% d’exécution. Les acquis engrangés se résument, entre autres, en milieu rural par la réalisation de 1 357 forages sur 1 153 programmés, de 76 systèmes d’Adductions d’eau potable simplifiées (AEPS), la réalisation de 34 526 latrines familiales et de 150 latrines publiques. En milieu urbain, il y a eu l’extension du réseau d’eau potable de 123,77 km et l’augmentation de la capacité de production de 3 984 m3/J, ainsi que la réalisation de 18 826 branchements privés et de 65 bornes-fontaines.

« Pour la Gestion intégrée en eau (GIRE), des efforts importants ont été déployés en matière de protection des ressources en eau et de renforcement du cadre politique, juridique et financier de gestion des ressources en eau », s’est-il enthousiasmé. Au regard de ces résultats encourageants, des disparités ont été constatées et le 1er responsable de l’eau et de l’assainissement a dit être confiant que son département sera davantage outillé, pour faire face au défi de la corvée zéro d’eau  et de la fin de la défécation à l’air libre. En 2017, le budget du ministère est d’environ 109 milliards de F CFA, avec plus de 90% du budget d’investissement. D’énormes projets sont envisagés. Il s’agit, d’une part, de la finalisation des trois barrages, Samendeni, Guitti et Moussodougou, la réalisation de 1 600 forages, la réhabilitation de 859 forages et de trois Centres de production d’eau (CPE), l’arrivée de l’eau de Ziga II à Ouagadougou, avec pour résultat attendu, une forte réduction de la pénurie d’eau.

D’autre part, au niveau national, il est prévu 198 latrines dans les centres de santé, 12 233 puisards domestiques. « Ces prévisions sont provisoires et ne seront définitives qu’après la tenue de la session du comité national de pilotage prévue en janvier prochain », a précisé le ministre Ouédraogo.

Afsétou SAWADOGO

Quand le sergent Stanislas Ollo Poda charge le Gal Zida

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A la suite de la prononciation des réquisitions  par le ministère public, le lundi 16 janvier 2017, au tribunal militaire de Ouagadougou, contre les militaires de l’ex-RSP accusés dans le projet d’attaque de la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA), les plaidoiries de la défense se sont poursuivies le mardi 17 janvier 2017.
Appelé à la barre par le président du tribunal militaire de Ouagadougou, le mardi 17 janvier 2017, aux côtés de son avocat Me Bali Baziémo, le sergent Stanislas Ollo Poda, contre qui le commissaire du gouvernement Alioune Zouré a requis dix ans de prison ferme, a chargé le Gal Yacouba Isaac Zida dans sa défense. Il a déclaré se trouver devant le tribunal parce qu’il a « beaucoup de choses à dire concernant Zida ». « C’est nous qui avons arrêté les éléments de Zida qui étaient chargés d’assassiner les deux généraux et Salifou Diallo. Ils avaient en leur possession 17 millions de F CFA, 25 kg de drogue et le plan d’attaque », a-t-il soutenu.
Il a martelé que le commandement est au courant des « choses », qu’il sait sur le Premier ministre de la Transition. «En son temps, on a demandé qu’on divulgue les choses dans la presse afin que la population sache comment Zida veut manipuler le pays », a ajouté le sergent Poda. Ne se reprochant rien, il a demandé au tribunal de l’acquitter. Son avocat, Me Bali Baziémo, qui a également pour client le soldat de 2e classe,  Thierry Ghislain Kaboré, a indiqué que la réquisition de dix ans de prison ferme ne se justifie pas dans la mesure où  les accusés n’ont pas adhéré au projet  d’attaque de la MACA. De ce fait, il a demandé leur acquittement pur et simple. Sur la même lancée, Me Armand Poda, a aussi plaidé en faveur de l’acquittement de son client Fulgence K. Bassolé qui doit écoper de dix ans d’emprisonnement ferme.
L’avocat du Sergent-chef Ali Sanou, Me Christophe Birba, s’est appesanti sur la tentative de requalification du chef d’accusation ‘’association de malfaiteurs’’ en ‘’complot militaire’’. Selon lui, il n’est pas question de parler de complot parce que le Burkina Faso n’était pas en situation de guerre ou de rébellion au moment des faits. « Il est bon d’observer l’environnement de l’article 190 du code de justice militaire pour comprendre qu’il n’est pas applicable au présent dossier. (…)L’infraction de trahison et  celle de complot militaire s’équivalent. Vous verrez qu’il n’y a pas de complot militaire  qu’en temps de guerre. Le complot, c’est toujours dans les relations avec l’ennemi… », a argué Me Birba.
Me Timothée Zongo, avocat du soldat Patrice Coulibaly, s’est dit « consolé »  de la réquisition d’acquittement prononcé à l’endroit de son client. « Le parquet a dit qu’il constate qu’il n’y a rien dans le dossier, qu’il n’a pu voir à l’audience quelque chose qui puisse lui faire penser que M. Patrice Coulibaly était au courant de cette affaire-là. Je trouve que c’est courageux », a-t-il remarqué.
Dans l’ensemble, les plaidoiries ont épousé une ligne de défense similaire, d’autant plus qu’elles se focalisent sur l’acquittement des prévenus.
Karim BADOLO

Projet d’attaque de la MACA : 20 ans de prison requis contre Ladji et le caporal Madi

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Le procès des éléments de l’ex-RSP au Tribunal militaire de Ouagadougou amorce sa phase finale. Dans ses réquisitions, le lundi 16 janvier 2017, le ministère public a demandé  20 ans de prison ferme pour le principal accusé, le caporal Madi Ouédraogo, le sergent Mahamadi Zallé et Alassane Cheick Ouédraogo dit Ladji pour complot militaire.

Le caporal Madi Ouédraogo, le sergent Mahamadi Zallé et Alassane Cheick Ouédraogo sont considérés comme les principaux instigateurs du projet d’attaque de la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) et doivent écoper de la lourde peine, selon le ministère public. Dans ses réquisitions, le lundi 16 janvier 2017, le commissaire du gouvernement a demandé la peine de 20 ans de prison ferme pour complot militaire contre  ces trois inculpés, qui constituent le cerveau du coup, selon l’accusation. Pour motiver ses réquisitions, le ministère public est revenu sur la genèse de cette affaire  où sont inculpés 27 éléments de l’ex-RSP et deux civils. Selon le ministère public, cette affaire date de décembre 2015, lorsque la gendarmerie a été informée que des éléments de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP), dont le corps a été dissous à la suite du coup d’Etat du 16 septembre 2015, tenaient des réunions au domicile du caporal Madi Ouédraogo dans le quartier Balkuy à Ouagadougou en vue de restaurer le RSP.

A entendre l’accusation, ces éléments, sous la conduite du trio Caporal Madi Ouédraogo, sergent Mahamadi Zallé et Alassane Cheick Ouédraogo dit Ladji,  avaient pour objectif d’attaquer d’abord la soute de Yimdi et le camp Naba-Koom pour s’approvisionner en armes, et prendre ensuite d’assaut la MACA pour libérer les détenus et exfiltrer les généraux Diendéré et Bassolet et enfin s’en prendre à des brigades de gendarmerie et des domiciles de certains chefs militaires. A entendre le ministère public, dans cette opération qui devait avoir lieu dans la nuit du 31 décembre 2015, les accusés entendaient réserver des traitements particuliers aux capitaines Ousséni Zougouri et Abdoulaye Dao ainsi qu’au commandant Aziz Korogo qui n’auraient rien fait, selon eux, pour empêcher la dissolution du corps. Dans cette opération, selon le ministère public, il était prévu d’amener le général Gilbert Diendéré au camp Naba-Koom pour lui demander des comptes sur les primes onusiennes qui  auraient servi à construire ledit camp, le site de Laongo et un autre camp à Pô. « Ils projetaient en cas d’échec de l’opération, de piller la BCEAO, de créer une rébellion  et de prendre le Nord du Burkina Faso, région minière », a soutenu l’accusation. Après avoir examiné les pièces de l’enquête préliminaire et écouté les déclarations des inculpés à la barre pour leur défense, le ministère public a, dans ses réquisitions, demandé l’établissement des infractions de détention illégale d’armes et de munitions et la requalification des infractions « d’associations de malfaiteurs » en « complot militaire ».

Le ministère public demande une requalification

Pour les charges de détention illégale d’armes, le commissaire du gouvernement requiert l’acquittement pour le caporal Alexis Mamboné au bénéfice du doute, la condamnation du sergent Sansan Da et du caporal Jean Charles Gansonré à une peine de 24 mois assortie de sursis. L’accusation demande la condamnation de 5 ans de prison ferme contre le soldat de 2e classe  Ousmane Sawadogo, Gilbert Sibiri Guira, le soldat de 1re classe, Bakary Sanou,  le soldat Abdoul Aziz Yiougo, Alassane Cheick Ouédraogo dit Ladji, le sergent Mahamadi Zallé,  le soldat de 1re classe Atina Haro, le caporal Madi Ouédraogo pour détention  et complicité de détention illégale d’armes et de munitions.

Pour les faits « d’association de malfaiteurs »  que le ministère public demande une requalification en « complot militaire », le commissaire du gouvernement requiert l’acquittement pour le soldat de 2e classe Patrice Coulibaly et le caporal Jean Charles Gansonré  au bénéfice du doute. Il demande en outre une peine d’emprisonnement ferme de 10 ans pour complot militaire contre les soldats de 2e classe Ousmane Sawadogo et Sékou Tamboura, les soldats de 1re classe Bakary Sanou, Atina Haro, Moussa Ouédraogo, Bassibié Armand Bado, Pascal Kientéga, les caporaux Soumaïla Djéssongo et Alexis Mamboné, les soldats Ousmane Sana,  Abdoul Aziz Yiougo et le sergent Sansan Da.
Cette même peine de 10 ans ferme a été demandée pour  le soldat Dramane Coulibaly,  les soldats de 2e classe Gislain Thierry Kaboré et Loba Kondé, les soldats de 1re classe Fulgence Bassolé et Boureima Zouré, les caporaux  Ibrahim Sanou, Babandi Ouoba, Marius Yerbanga et Yemdaogo Bontogo, le sergent Ollo Stanislas Poda,  le sergent-chef Aly Sanou. Le ministère public a requis la plus lourde peine de 20 ans de prison ferme dans cette charge de complot militaire contre le caporal Madi Ouédraogo, le sergent Mahamadi Zallé et Alassane Cheick Ouédraogo dit Ladji. La plupart des avocats ont, dans leurs plaidoiries, demandé, soit la libération de leurs clients pour infraction non fondée, soit la clémence du tribunal dans le verdict.

Lassané  Osée OUEDRAOGO

Gambie : Jammeh face à la CEDEAO

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Alors que la date d’investiture (le 19 janvier) du président élu, Adama Barrow, approche, l’atmosphère est  électrique en  Gambie. Le perdant, le candidat  à sa propre succession,  Yahya Jammeh,  qui a refusé catégoriquement le verdict  des urnes après avoir concédé sa défaite,  semble montrer  son vrai visage. Il use de tous les moyens pour  écarter de son chemin tous ceux  qui l’exhortent à  respecter  le libre choix  du  peuple gambien, en  cédant  son  fauteuil  au vainqueur du scrutin. Fermeture de radios,  arrestations d’opposants,  limogeages  de collaborateurs  peu favorables  à  sa volonté  de se maintenir au pouvoir envers et contre les principes démocratiques, Jammeh n’y va pas avec le dos de la cuillère  pour asseoir son autorité de dictateur.
A  telle enseigne que nombre de ses  compatriotes, qui  n’ont  pas l’estime de l’homme  fort de Banjul,  ont fui  le pays  pour sauver  leurs  têtes. Sont de ces  indésirables, le président de la Commission électorale,  Alieu Momar Njai, qui a vite fait de prendre  ses jambes à son cou, en  trouvant  refuge au  Sénégal voisin. Comme quoi au royaume de Jammeh, on n’a jamais  les reins assez  solides  pour subir  les humeurs du  roi. C’est dans ce contexte que les émissaires de la Communauté économique des Etats de l‘Afrique de l’Ouest (CEDEAO)  reviennent à la charge, ce mercredi 11 janvier, pour inciter  Jammeh  à quitter le pouvoir sans autre forme de procès.
Les  présidents du Nigeria, Muhammadu Buhari, du  Liberia, Ellen Johnson Sirleaf et l’ex-chef de l’Etat ghanéen, John Dramani Mahama,  tenteront  à nouveau  de convaincre  leur interlocuteur à  débarrasser  le plancher. Mais  le succès de cette mission  est  loin d’être garanti.  Il  suffit  de se  référer  au premier passage  de ces dirigeants, le 13 décembre à  Banjul,  pour se  rendre à l’évidence que la tâche n’est  pas aisée.  En effet,  les médiateurs  ouest-africains  avaient  échoué à  amener  Jammeh  à  de meilleurs sentiments.  Son refus de  quitter le pouvoir doit sans doute résonner encore dans leurs oreilles, s’ils ne tempèrent  pas quelque peu  leurs ardeurs à retourner au charbon.
Pire encore,  le chef de l’Etat gambien s’est  montré  plus offensif  face  à ses  pairs  de la CEDEAO, qui n’excluent pas une intervention militaire pour le déloger de « son »  palais  présidentiel.  « Je suis prêt à mourir (…) mais personne ne peut m’enlever cette victoire. En Europe, les Européens pensent toujours à des solutions pacifiques et en Afrique à des solutions violentes. Ils viennent toujours jeter de l’huile sur le feu. C’est ainsi qu’ils déstabilisent nos pays. (…) Le Commonwealth m’en veut parce que j’ai refusé de rester une colonie britannique. A moins que le tribunal décide que j’ai perdu, je ne quitterai pas le pouvoir, je vais voir ce que la CEDEAO peut faire »,  a  martelé récemment  Jammeh  dans un discours,  faisant  allusion à son recours en annulation du scrutin déposé auprès du  Conseil constitutionnel.
Mais  l’avis de cette institution n’influencera en rien la  position  de la CEDEAO et de la communauté internationale, qui ne sont pas prêtes à cautionner le hold-up électoral de Jammeh. D’ailleurs, les cinq juges étrangers de la cour sollicités par le perdant de la présidentielle, notamment des Nigérians et des Sierra-Léonais, n’ont pas pu se réunir le mardi 10 janvier pour examiner la  plainte. Aucun  d’eux n’a répondu à l’appel, selon nos confrères de la BBC.  Un coup  dur  pour  Jammey qui  s’enfonce manifestement dans les ténèbres.  Mais la  posture  de rebelle du président gambien,  qui s’est  isolé dans sa tour,  tel un roi à sombré  dans la folie du pouvoir, n’étonne guère.
Le président  gambien  ne veut pas faire face  à son passé  trouble,  jalonné de graves  violations  des  droits de l’homme, comme il en donne  l’illustration à la faveur de cette crise. Il préfère mourir que de privilégier  l’alternance,  signe patent  de vitalité démocratique. Mais  encore   faut-il que Jammeh, le tyran, sache ce que c’est que la démocratie. Dans ces conditions, on a de bonnes raisons de croire, même si l’on est démocrate,  que  l’option politique dans la résolution de la crise gambienne  ne  produira aucun  effet.   Des  dirigeants de l’étoffe de Jammeh  ne connaissent  que la puissance du feu et ne se perdent  pas en conjoncture avec  des discours   civilisés.  La CEDEAO  fait  face alors à  une équation des plus complexes  à résoudre.

Kader Patrick KARANTAO
karantaokader@gmail.com