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Dans plusieurs quartiers de la ville, des espaces communément appelés « QG » attirent chaque jour de nombreux jeunes. Derrière leur apparente fonction de lieux de rencontres, certains sont devenus des points de consommation de drogues, de cigarettes, de chicha et d’alcool. Sous des hangars, dans des cours inachevées ou à l’ombre d’arbres, ces jeunes passent de longues heures à fumer et à échanger, loin de toute surveillance. Au-delà des préoccupations sanitaires et sociales, ce phénomène alimente un débat plus large sur l’encadrement de la jeunesse et la montée des addictions. Face à cette situation, des habitants lancent un appel pressant aux autorités afin de renforcer la surveillance de ces soi-disant « QG ». Ils les exhortent aussi à renforcer les actions de prévention et de sensibilisation contre la consommation de drogues en milieu jeune. Par ailleurs, il revient aussi aux parents de mieux encadrer leurs enfants.

Lydia Esther BILLA (Stagiaire)

Mémorial Thomas-Sankara: les ministres chargés du Commerce de l’AES ravivent leurs convictions révolutionnaires

Les ministres du Commerce et de l’Industrie des pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES) ont visité dans la matinée du mardi 16 juin 2026, à Ouagadougou, le Mémorial Thomas-Sankara.

Présents à Ouagadougou, dans le cadre des travaux d’accélération du processus d’intégration économique au sein de l’espace de la Confédération des Etats du Sahel (AES), les ministres chargés du Commerce et l’Industrie du Mali et du Niger ont mis à profit leur séjour pour visiter, ce mardi 16 juin, le Mémorial Thomas -Sankara. Accompagnés sur ce lieu emblématique par leur homologue du Burkina Faso, Serge Gnaniodem Poda, ils ont pu découvrir la statue du père de la Révolution d’août 83, son bureau, ses objets de travail, sa jeep de commandement militaire, ainsi que le Mausolée où il se repose avec ses 12 compagnons d’infortune du 15 octobre 1987.

A chaque étape, le guide touristique du jour a apporté des explications et éclairages sur l’histoire du capitaine Thomas Sankara, sa formation militaire, ses responsabilités politiques, ses combats idéologiques et le projet d’infrastructures destiné à perpétuer sa mémoire et ses idéaux. Au sortir de la visite, le ministre du Commerce et de l’Industrie du Niger, Abdoulaye Seydou, a déclaré que c’est pour eux, un sentiment de plaisir de voir la mémoire de Thomas Sankara réhabilitée.

« Aujourd’hui, c’est une fierté de voir son héritage assumé par les autorités burkinabè, dans toute son essence. Visiter ce site ne fait que renforcer davantage notre conviction dans la démarche révolutionnaire et souverainiste empruntée par nos trois leaders de l’AES », s’est-il réjoui. Le ministre chargé du Commerce du Mali, Moussa Alassane Diallo, a soutenu que Thomas Sankara avait fait le choix de se sacrifier pour éclairer la conscience de toute l’Afrique afin que le peuple africain puisse prendre son destin en main.

Vers l’intégration de l’idéal Sankara dans les systèmes éducatifs

A son avis, dans le sillage des réformes du système éducatif dans les trois pays, la vie de Sankara, sa politique, son idéologie, doivent être prises en compte et enseignée dans les écoles primaires, secondaires et les universités. A l’en croire, les acteurs n’auront qu’à faire appliquer ce que Sankara a eu à concevoir comme politique. « Au niveau de l’AES, nous sommes déjà dans cette dynamique. En moins de cinq ans, les résultats engrangés au Burkina, au Mali et au Niger, en termes de développement socio-économique, sont satisfaisants. Aussi, nos armées sont devenues puissantes.

En dépit des multiples défis, elles engrangent des résultats immenses », a-t-il étayé. Selon le ministre nigérien chargé du Commerce, cette campagne « Ma brique pour Sankara » doit bénéficier de la mobilisation de tous. « Ce projet du mémorial Thomas-Sankara est à un niveau d’exécution de 10%. C’est pour nous l’occasion de lancer un appel aux peuples de l’AES en premier lieu et au peuple africain qui aspire à une Afrique digne, libre, souveraine, d’apporter leurs contributions pour que ce projet puisse se réaliser », a-t-il lancé. Pour le ministre Abdoulaye Seydou, l’Etat burkinabè a déjà pris l’engagement de financer 60% du budget et le reste du financement doit être assuré par le peuple.

« Lors du lancement du projet en 2017, l’ancien Président ghanéen, Jerry John Rawlings, nous disait qu’il pouvait être construit par des gens riches, mais nous ne voulons pas de cette approche, car Sankara est un homme du peuple. Nous voudrions que le peuple africain finance lui-même ce Il a, par ailleurs, félicité leur homologue, Serge Gnaniodem Poda, pour cette opportunité qui leur a été donnée de venir raviver leurs convictions militantes, panafricaines et révolutionnaires.

Adama SAWADOGO

Gloria BEOGO (Stagiaire)

SOTRACO : 9 machinistes et 3 étudiants aux arrêts

Neuf machinistes de la Société de transport en commun (SOTRACO) et trois étudiants ont été déférés à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso (MACB). C’est ce qui a été rapporté à Kantigui, mardi 16 juin 2026. Sur les chefs d’accusations de ces prévenus, il a été expliqué à Kantigui qu’ils sont poursuivis pour fraudes répétées au préjudice de la société. Les trois étudiants, eux, ont été arrêtés pour falsification de cartes (…)

Retrouvez On murmure sur https://www.sidwaya.info/numerique/

Kantigui

kantigui2000@gmail.com (+226) 25 31 22 89

Un sommet, de nombreux défis

Le 52e sommet du groupe des 7 ou G7 se tient, du 15 au 17 juin 2026, à Evian en terre française. Ce rendez-vous annuel réunit les dirigeants des sept pays les plus industrialisés du monde (la France, les Etats-Unis, le Canada, le Japon, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne) autour des défis du moment. Les discussions ont été élargies à des pays partenaires, comme le Brésil, l’Inde, le Kenya, la Corée du Sud, l’Egypte, le Qatar et les Emirats arabes unis. En dehors des enjeux autour de la relance de la croissance économique équilibrée et durable, du déploiement efficace de l’intelligence et de la promotion de la solidarité internationale, deux conflits majeurs vont alimenter les réflexions et donner certainement lieu à des résolutions.

Il s’agit notamment de la guerre entre la Russie et l’Ukraine et de celle entre la coalition américano-israélienne et l’Iran. Enclenché depuis février 2022, le conflit russo-ukrainien n’offre pas de perspectives prometteuses pour l’instant. Malgré les efforts diplomatiques déployés par les Etats-Unis, sous l’autorité de Donal Trump, présent au sommet d’Evian et l’Europe, le conflit s’enlise. L’Ukraine et la Russie continuent de se bombarder, accroissant davantage le nombre de dégâts matériels et de pertes en vie humaine. Si le président américain affiche sa volonté de mettre fin à cette guerre, les conversations qu’il tient avec ses homologues, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, n’apportent pas encore de signes encourageants pour une sortie de crise.

L’Ukraine, dont le président est également présent à Evian, refuse de céder ses territoires. De son côté, la Russie reste sur ses positions et se réarme à son rythme pour la poursuite des combats. Emanant de Kiev, la proposition d’une rencontre directe entre les dirigeants ukrainien et russe en zone neutre a du mal à être concrétisée. Le Président Trump, qui a pris les devants, devra donc œuvrer, aux côtés du G7 et de l’Europe, à trouver une solution durable à la guerre russo-ukrainienne, vu les conséquences économiques à l’échelle planétaire. Ce conflit a été quelque peu éclipsé par celui au Moyen Orient, qui vient de trouver un début de solution.

Sous la médiation du Pakistan, les Américains et les Iraniens se sont engagés à faire taire les armes et à donner la chance à la paix. Aussi sont-ils parvenus à un protocole d’entente, dont la signature est prévue ce 19 juin, à Genève en Suisse. Après quoi, s’ouvrira une période de négo-ciations de 60 jours pour parvenir à un accord définitif. Si Donald Trump s’est vite réjoui de cette avancée après plusieurs fausses alertes, il faut reconnaitre que ce modus vivendi est fragile. La question cruciale du programme nucléaire iranien et l’intransigeance d’Israël, allié historique des Américains, qui tient à maintenir ses troupes dans le Sud Liban, pourraient mettre à mal le processus de paix au Moyen Orient. De toute évidence, le G7 est confronté à de gros défis, qui lui donnent absolument du fil à retordre. Face à ces réalités, l’organisation doit davantage mobiliser ses forces et intelligences, pour se montrer à la hauteur des attentes.

Kader Patrick KARANTAO

« Diaspora Bonds », un levier de souveraineté financière

Le Burkina Faso peut se réjouir de sa diaspora et de la résilience de son économie. Le dénouement de l’emprunt obligataire par appel public à l’épargne dénommé : « Diaspora Bonds », lancé le 6 mai dernier, en est la preuve. Il ressort à la fin de l’opération qui est intervenue, le 6 juin 2026, un montant mobilisé de 151,5 milliards F CFA. Au départ, le gain attendu était de 125 milliards FCFA soit un taux de souscription de 121,2%. Ce résultat, si besoin en est, sonne comme un coup de maître financier que le Burkina Faso, à travers le département en charge des finances a réussi.

C’est une véritable leçon de souveraineté à ceux qui condamnaient l’Afrique au statut d’éternelle assistée. En effet, pendant des décennies, l’on pensait que la réalisation des grandes infrastructures passait obligatoirement par des financements des institutions financières internationales ou les prêts conditionnés des puissances étrangères. A travers cette levée de fonds baptisée « Emprunt Patriote », le gouvernement burkinabè a relevé le pari en comptant sur ses propres forces. Et la diaspora a répondu présent avec un franc succès historique, qui témoigne de la qualité de la signature de l’Etat sur le marché financier. Faut-il le rappeler, l’opération s’inscrit dans la dynamique enclenchée par les plus hautes autorités pour la souveraineté économique et financière, à travers la mise place d’instruments financiers innovants. L’ambition, elle est claire.

Il s’agit de compter sur la mobilisation des ressources domestiques pour assurer le financement du développement. De la Côte d’Ivoire voisine, aux capitales européennes, les Burkinabè de l’extérieur se sont mobilisés pour financer, à 10 000 F CFA le titre, l’avenir de la mère Patrie, contredisant ceux qui pensaient que l’insécurité, due à l’hydre terroriste, paralyserait l’audace des épargnants. Ce succès est le symbole d’une confiance retrouvée et du renforcement du lien entre le Burkina et sa diaspora. Chaque franc CFA récolté via Diaspora Bonds est un acte d’indépendance qui renforce la souveraineté financière du pays des Hommes intègres. Les souscriptions vont servir à financer la centrale hydroélectrique de Bagré Aval pour briser les chaînes de la dépendance énergétique et une zone franche agro-industrielle pour plus de valeur ajoutée des matières premières. Par ce résultat probant, le Burkina Faso vient de prouver que lorsque le leadership est clair et les projets transparents, le génie populaire peut financer le développement.

Autant dire que Diaspora Bonds est un signal historique envoyé au reste du continent. La finance endogène n’est plus une utopie, mais bien est une réalité au Burkina Faso. Au-delà des frontières du Burkina Faso, ce coup d’éclat financier résonne comme une réussite pour toute l’Afrique de l’Ouest. En s’affranchissant des circuits de financement traditionnels, le Burkina Faso trace la feuille de route d’une émancipation sous régionale globale. Par ailleurs, il convient de saluer l’ensemble de la diaspora africaine et les afrodescendants, pour leur forte contribution à la réussite de cette opération et leur confiance renouvelée en l’économie très résiliente du pays. Si le Burkina Faso peut financer ses infrastructures lourdes par l’engagement de sa diaspora, les Africains savent désormais qu’ils disposent de la même arme souveraine financière sur laquelle peut reposer le développement du continent.

Soumaïla BONKOUNGOU

Commune de Tanghin-Dassouri: d’une simple noix, un avocatier est l’attraction de Lougsi

L’avocatier est une plante originaire des régions tropicales humides comme le Ghana, le Togo, le Bénin ou la Côte d’Ivoire. Au Burkina Faso, il s’adapte aussi dans les zones à pluviométrie favorable comme les régions de Tannouyan, du Bankuy ou du Djôrô. Mais, sur les terres arides du centre du Burkina, certains producteurs démontrent que l’avocatier peut bel et bien y pousser. L’expérience de Patrice Kafando est une réussite à Lougsi, un village de Tanghin-Dassouri.

A Lougsi, village de la commune rurale de Tanghin-Dassouri situé à environ sept kilomètres de la ville de Ouagadougou, un arbre géant attire de nombreux visiteurs. Un avocatier se dresse au milieu de plusieurs arbres fruitiers, dans le jardin potager de 300 mètres carrés appartenant à Patrice Kafando. Selon ce passionné de culture maraîchère, l’histoire de l’avocatier a commencé en 2021, lorsque son épouse a acheté au marché des avocats pour les enfants. Une fois le fruit consommé, la noix fut banalement posée près du canari servant à stocker l’eau de boisson à domicile.

L’humidité des lieux facilita la germination de la noix. Le chef de famille décida alors de la replanter dans son jardin potager pendant la saison pluvieuse. « L’arbre grandissait chaque année de plus en plus, avec des branches de chaque côté. J’ai même dû parfois élaguer certaines branches pour protéger mes cultures. J’ai alors réalisé que ce coup d’essai pouvait être un coup de maître. Ainsi, trois ans plus tard et à notre grand étonnement, l’avocatier a commencé à produire ses premiers fruits », indique tout joyeux, Patrice Kafando, tenant deux fruits dans ses mains. Pour ce maraîcher, cette réussite est une preuve évidente de résilience. Aujourd’hui, son avocatier attire l’attention des visiteurs et nourrit l’espoir de voir davantage de producteurs s’intéresser à cette culture.

« Dans notre jardin à Lougsi, <chacun a demandé des noix pour les replanter. Mais l’avocatier n’a réussi chez personne d’autre, suscitant l’étonnement de tous. Des acheteurs de légumes passent leur temps à contempler l’arbre, et certains visiteurs viennent de la ville juste pour découvrir cet arbre peu répandu au Burkina », ajoute-t-il. Les voisins de Patrice Kafando, qui partagent le site de deux hectares et demi, sont surpris de voir que non seulement l’avocatier initial produit des fruits, mais aussi que l’arbre n’a réussi nulle part ailleurs sur ce même périmètre.

C’est pourquoi, Michel Zongo, un autre maraîcher, préfère parler de chance : «la conclusion que nous tirons, c’est que c’est une question de chance. Sinon, quand l’avocatier de mon voisin a produit des fruits, nous avons tous pris des noix pour les replanter. Pour certains, elles ont germé avant d’être terrassées par les vents forts. Pour d’autres comme moi, elles ont pourri dans les trous», confesse M. Zongo. Selon lui, l’avocatier de Kafando est la preuve qu’on peut bien transformer un lopin de terre aride en un jardin d’Eden. Pour eux, c’est une fierté, car, des visiteurs viennent contempler l’arbre et en profitent pour acheter leurs légumes. Joseph Zerbo est un infirmier qui s’est lancé dans la cuniculture (l’élevage des lapins) à Lougsi.

Depuis 2024, l’avocatier de Patrice Kafando a surpris plus en produisant des fruits à Lougsi.

Pour cet habitué du jardin de la localité, le succès de Patrice Kafando est une belle leçon qui ouvre la voie à une nouvelle ère agricole : celle du combat contre les préjugés climatiques et, surtout, de la diversification des cultures maraîchères. « Il y a moins d’une année, ma santé était fragile et je suis venu chercher de la salade dans ce jardin à Lougsi. J’ai été surpris de voir des avocats qui pendaient aux branches de cet arbre. Ebahi, je me suis renseigné et les maraîchers m’ont orienté vers le vieux Kafando. Vraiment, j’étais d’abord très content de découvrir l’arbre pour la première fois, et de savoir ensuite qu’au Burkina Faso, l’avocatier peut bel et bien pousser dans notre zone moins arrosée.

Pour nous, c’est la preuve que beaucoup de Burkinabè sont résilients, engagés à dompter la terre, en réponse à l’appel du camarade Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, pour parvenir à garantir la sécurité alimentaire », soutient Joseph Zerbo.

L’avocat et les légumes sont rentables

L’avocatier du jardin de Lougsi, ce coup d’essai devenu un coup de maître, permet à Patrice Kafando d’augmenter ses gains. Au-delà de la vente quotidienne des légumes, le bienheureux maraîcher témoigne que depuis qu’il s’est lancé dans la vente des avocats, il est économiquement stable.

« J’ai commencé pratiquement en 2024. Mais depuis lors, j’ai senti une nette différence par rapport aux légumes. Je donne aux commerçantes six avocats à 1000 F CFA et cela me rapporte par jour 15 000 F CFA, parfois plus durant la période de récolte. C’est ce qui me permet de combler le manque à gagner pour les dépenses de ma famille, de payer les études de mes quatre enfants dont l’un a fait le BAC, et l’autre le BEPC », renseigne M. Kafando.

Un forage : le cri du cœur des maraîchers

Cette nouvelle trouvaille est une plus-value pour les jardiniers de Lougsi, qui font toutefois déjà de bonnes affaires dans la vente des légumes.

Sur un périmètre de deux hectares et demi, près de 90 maraîchers s’adonnent à la culture de tomates, de choux, de salade, d’oignons, de concombres et de fraises. Ils comptent d’ailleurs augmenter la production de ces dernières, car, c’est un produit à forte demande, selon le président de la coopérative Wend-Songda, Sibiri Ouédraogo. « Vraiment, dire que nous ne faisons pas de bénéfices avec la vente des légumes serait mentir. L’activité est rentable, car, c’est notre travail depuis des années. Nous arrivons à subvenir aux besoins de nos familles respectives et nous couvrons les dépenses de la coopérative grâce à cette activité », témoigne le président de la coopérative.

Et Sibiri Ouédraogo de poursuivre : « En ce qui concerne les fraises, nous comptons multiplier par deux ou trois notre production dès cette saison. En effet, nous avons appris qu’à Boulmiougou, les producteurs de fraises vont libérer leur périmètre. Donc, nous comptons prendre le relais et augmenter la production pour satisfaire la demande des Ouagalais qui sont devenus de grands consommateurs de fraises». Certes, la culture maraîchère est le gagne-pain quotidien des exploitants du jardin de Lougsi. Mais leur vœu le plus cher est de bénéficier d’un accompagnement pour la réalisation d’un forage, selon le président de la coopérative, Sibiri Ouédraogo.

« Notre jardin à Lougsi a d’abord été financé par des Blancs. Mais aujourd’hui, grâce au sacrifice de chaque maraîcher, nous avons cotisé pour réaliser un forage. Malheureusement, le forage n’a pas trouvé d’eau et c’est une perte pour nous. C’est pourquoi, nous profitons de votre micro pour solliciter un forage auprès de toutes les personnes qui entendraient notre appel. C’est notre cri du cœur », conclu M. Ouédraogo. Selon le président de la coopérative, les producteurs ont mené les démarches nécessaires pour obtenir l’autorisation des leaders coutumiers de Tanghin-Dassouri afin d’exploiter le périmètre de deux hectares et demi à Lougsi.

Une vue partielle de l’étendue du jardin à légumes de Lougsi.

Les travaux ont débuté, il y a pratiquement 11 ans, avec la plantation çà et là de manguiers sur le périmètre. Après l’obtention du récépissé marquant l’existence légale de la coopérative Wend-Songda en 2017, ils se sont lancés dans la culture maraîchère avec l’accompagnement financier de partenaires canadiens. Ces derniers ont proposé de financer la clôture du périmètre en grillage, la construction de quelques bassins d’eau et l’installation de plaques solaires pour alimenter les bassins. Aujourd’hui, les maraîchers affirment avoir amélioré leurs connaissances grâce aux formations pratiques reçues des agents du ministère en charge de l’agriculture.

Par l’engagement de chacun, les maraîchers, par la voix de leur premier responsable, disent avoir soldé totalement les 12 millions francs CFA dus aux partenaires financiers. Au demeurant, ils sollicitent un appui financier pour réaliser un grand forage, à même d’augmenter la production de divers légumes « pour satisfaire tous les Burkinabè et, pourquoi pas, pouvoir exporter dans les années à venir », ont-ils confié.

Karim DIANDA

36e journée de l’enfant africain: le droit à l’eau au centre des réflexions

A l’occasion de la commémoration de la 36e journée de l’enfant africain, le ministère de la Famille et de la Solidarité a animé un panel sur le thème : « Accès équitable à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement : un droit fondamental pour chaque enfant », mardi 16 juin 2026 à Ouagadougou.

La journée de l’enfant africain est célébrée chaque 16 juin. Pour commémorer la 36e édition, le ministère de la Famille et de la Solidarité a animé un panel sur le thème : « Accès équitable à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement : un droit fondamental pour chaque enfant », mardi 16 juin 2026 à Ouagadougou. Le représentant la ministre de la Famille et de la Solidarité, Issiaka Tapsoba, a expliqué que le thème retenu cette année revêt une résonance particulière pour le Burkina Faso, confronté à d’importants défis en matière d’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement.

« Cette situation est davantage aggravée par le contexte sécuritaire qui a engendré des déplacements massifs de populations, exerçant une pression considérable sur les ressources en eau dans les zones d’accueil, tandis que les infrastructures hydrauliques des zones de départ ont subi des dégradations », a-t-il expliqué. Issiaka Tapsoba a souligné que cette commémoration offre une tribune aux différents acteurs de la protection de l’enfant pour dresser le bilan des actions entreprises, en tirer les enseignements nécessaires et définir des perspectives, afin de mieux répondre aux besoins des enfants.

Il a indiqué que les travaux du panel se sont articulés autour de trois communications. La première a porté sur le thème principal de la journée, tandis que les deux autres ont abordé respectivement « la gestion de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement en milieu scolaire : rôle des enfants » et « les impacts sociaux liés à la gestion de l’eau au Burkina Faso ».

Intensifier la sensibilisation

Développant le thème principal, la panéliste, Colette Tiendrebeogo a mis en évidence le lien étroit entre l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement et l’exercice effectif des droits fondamentaux des enfants.

« Pour assurer le droit de l’enfant à la santé, à l’éducation et à la vie, il faut nécessairement que l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène soit effectif », a-t-elle soutenu. Colette Tiendrebeogo a relevé que l’accès à ces services demeure un défi au Burkina Faso. En effet, le taux national d’accès à l’eau potable est estimé à environ 78,5 %, tandis que celui de l’assainissement avoisine 38 %. En milieu scolaire, a-t-elle poursuivi, le taux d’accès aux ouvrages et dispositifs de lavage des mains est d’environ 25 %. Face à cette situation, la panéliste a invité l’ensemble des acteurs à redoubler d’effort afin d’atteindre l’objectif de l’accès universel à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement à l’horizon 2030.

Pour y parvenir, elle a préconisé le renforcement des infrastructures d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement, l’intensification des actions de sensibilisation ainsi qu’une plus grande mobilisation communautaire. Elle a également insisté sur le rôle des enfants qu’elle considère comme des vecteurs de changement et des modèles au sein de la société. Au nom des enfants du Burkina Faso, Prisca Nikiema a exprimé sa reconnaissance à l’endroit de tous ceux qui œuvrent sans relâche pour leur bien-être et leur avenir. « Votre présence aujourd’hui à ce panel est la preuve de votre engagement à re-chercher des idées novatrices afin de garantir à nous, les enfants, un futur radieux et plein d’espérance », a-t-elle déclaré.

Abdoulaye BALBONE

Fatimata ZOUNGRANA (Stagiaire)

Enlèvement d’un nouveau-né au CHUR de Fada N’Gourma : pour justifier son acte, l’auteure présumée évoque son incapacité à concevoir

Le Commissariat central de Police de Fada N’Gourma a animé, mardi 16 juin 2026, une conférence de presse afin d’apporter des éclaircissements sur l’affaire de l’enlèvement d’un nourrisson survenu au Centre hospitalier universitaire régional (CHUR) de Fada N’Gourma, dans la nuit du 30 au 31 mai 2026.

Dans la nuit du 30 au 31 mai 2026, un nourrisson de sexe masculin avait été enlevé au Centre hospitalier universitaire régional (CHUR) de Fada N’Gourma alors que sa mère, admise dans l’établissement de santé un mois après un accouchement par césarienne, y recevait des soins. Alertés, les services de Police judiciaire du Commissariat central de Police de Fada N’Gourma et ceux de la Brigade régionale de protection de l’enfance du Goulmou ont immédiatement ouvert une enquête afin d’élucider les circonstances de cette disparition. Près de deux semaines plus tard, soit le 12 juin dernier, les investigations ont permis de retrouver le nourrisson à la suite de l’interpellation d’une femme âgée d’environ 20 ans, ménagère et domiciliée au secteur 1 de Fada N’Gourma, fortement soupçonnée d’être à l’origine de l’enlèvement. Pour donner plus d’éléments d’information sur cette affaire qui a suscité une vive émotion au sein de la population, le Commissariat central de la ville de Fada N’Gourma a animé, hier mardi 16 juin 2026, une conférence de presse. Selon le commissaire central de Police de Fada N’Gourma, Bienvenue Y Kamboulé, qui a lu la déclaration liminaire, au cours de son audition, l’auteure présumée de l’enlèvement a reconnu les faits. Elle aurait agi dans l’intention de garder l’enfant, justifiant son acte par son incapacité à concevoir.  Le commissaire principal de Police Kamboulé a toutefois précisé que ces déclarations feront l’objet de vérifications approfondies afin d’établir avec exactitude les circonstances de l’enlèvement et d’identifier d’éventuelles responsabilités supplémentaires.

« Le dispositif sécuritaire est insuffisant au sein de l’hôpital »

Répondant aux questions des journalistes sur la crédibilité des déclarations de la mise en cause, qui affirme avoir agi en raison de son incapacité à concevoir, le conférencier a précisé que les premiers éléments de l’enquête révèlent qu’elle nourrissait depuis quelque temps le projet d’obtenir un enfant par tous les moyens. D’ailleurs, a-t-il confié, cette situation aurait déjà provoqué l’échec de sa précédente union conjugale. Redoutant un nouvel échec dans son foyer actuel, elle aurait entrepris d’obtenir un enfant de cette façon.

Le commissaire central de Police de Fada N’Gourma, Bienvenue Y Kamboulé, a félicité les enquêteurs pour leur professionnalisme et leur sens du devoir.

Interrogé également sur le dispositif sécuritaire du CHUR, le commissaire principal Kamboulé a reconnu l’existence de plusieurs insuffisances ayant pu favoriser la commission de l’infraction. « Nous avons constaté des défaillances au niveau de l’éclairage de l’hôpital, un effectif insuffisant de vigiles ainsi que des caméras de surveillance défectueuses », a-t-il déclaré. Pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise, il a invité les responsables des structures sanitaires et les usagers à faire preuve de davantage de vigilance, notamment dans les services sensibles tels que les maternités et les unités de pédiatrie.

« Elle a agi seule »

Pour sa part, le chef de la Police judiciaire du Commissariat central de Fada N’Gourma, le lieutenant de Police Aristide Balima, a apporté des précisions sur le mode opératoire de la suspecte. Selon lui, cette dernière a ciblé la maternité du CHUR et a profité de moments d’inattention des accompagnateurs pour commettre son forfait. Aussi, le lieutenant de Police Balima a fait savoir que dame C.A., la présumée auteure de l’enlèvement, n’a bénéficié d’aucune complicité. « Elle a agi seule », a-t-il dit. Par ailleurs, il a indiqué que la suspecte recherchait spécifiquement un nourrisson de sexe masculin. Lors de son audition, elle aurait reconnu avoir, dans un premier temps, emporté un bébé de sexe féminin avant de le ramener après avoir constaté qu’il ne correspondait pas à son objectif. Selon le commissaire principal Kamboulé, dame C.A. a effectué plusieurs tentatives similaires auparavant dans d’autres formations sanitaires de la ville, sans succès. Au terme des investigations, la mise en cause sera déférée devant le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Fada N’Gourma pour répondre des faits qui lui sont reprochés. A entendre le commissaire principal Kamboulé, l’infraction d’enlèvement d’un nourrisson est passible d’une peine d’emprisonnement allant d’un à dix ans et d’une amende comprise entre un et cinq millions de francs CFA. Pour lui, si cette affaire a connu une issue heureuse c’est grâce au travail d’investigation rigoureux, conduit avec méthode, discrétion, patience et professionnalisme par les enquêteurs. « Je voudrais leur rendre un hommage appuyé pour leur engagement exemplaire, leur disponibilité permanente et leur remarquable sens du devoir. Chose qui a permis de retrouver l’enfant sain et sauf », a-t-il exprimé. Il a également traduit sa reconnaissance à l’ensemble des personnes qui, par leurs renseignements et leur collaboration, ont contribué à l’aboutissement de l’enquête. « J’invite les populations à poursuivre et à renforcer leur collaboration avec les Forces de défense et de sécurité (FDS) en dénonçant tout fait suspect ou toute situation susceptible de compromettre la sécurité des personnes et des biens », a-t-il insisté.

Joanny SOW

Kanlou SANDAMBA (Stagiaire)

Portails des Régions du Burkina Faso : Un pas décisif vers une administration numérique de proximité

Le Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, le Camarade Emile ZERBO, a présidé, le mardi 16 juin 2026, à Ouahigouya, dans la région de Yaadga, la cérémonie officielle de lancement des Portails des Régions du Burkina Faso. Il avait à ses côtés le Ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, la Camarade Dr Aminata ZERBO/SABANE ainsi que l’ensemble des Gouverneurs de région.
Accessible à l’adresse www.portail-regions.gov.bf, cette plateforme, fruit d’une fructueuse collaboration entre le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques et celui de l’Administration territoriale et de la Mobilité, vise à moderniser l’administration publique, à rapprocher davantage les services de l’Etat des citoyens et à améliorer l’accès à l’information publique. Elle intègre également un système d’archivage électronique des documents, garantissant leur conservation sécurisée ainsi qu’une accessibilité permanente.
Le Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, le Camarade Emile ZERBO, a indiqué que la mise en place de ces plateformes numériques traduit la volonté du Président du Faso, Chef de l’Etat, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORE, de renforcer l’efficacité de l’action publique tout en valorisant les potentialités des territoires.
Selon le Ministre d’Etat, le Camarade Emile ZERBO, les Portails des Régions constituent un outil stratégique qui permettra aux populations d’accéder plus facilement à l’information publique et de suivre les actions menées dans leurs localités. Il a également souligné que cette initiative contribue à la réalisation des douze (12) chantiers majeurs de la transformation digitale du Burkina Faso à l’horizon 2030. « Les Portails des Régions s’inscrivent pleinement dans cette démarche en facilitant l’accès à l’information publique et en renforçant la présence de l’administration au plus près des populations », a-t-il précisé.
Par ailleurs, le Ministre d’Etat, le Camarade Emile ZERBO, a rappelé que la région demeure un maillon essentiel de l’organisation administrative du Burkina Faso. A travers ces portails, les gouvernorats, les collectivités territoriales et les services déconcentrés de l’Etat disposeront désormais d’un canal institutionnel de communication leur permettant de renforcer leur visibilité et de diffuser une information fiable, actualisée et accessible à tous. Aux Burkinabè vivant à l’intérieur du pays comme pour ceux établis à l’étranger, a-t-il relevé, ces vitrines vont supprimer toute distance avec leur région d’origine en leur permettant de suivre en temps réel leur dynamique.
Pour sa part, le Ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, la Camarade Dr Aminata ZERBO/SABANE, a exprimé le souhait que cette plateforme devienne une référence incontournable en matière d’information sur les régions du Burkina Faso. « Elle devra permettre aux populations nationales comme à celles de l’étranger de suivre l’actualité des régions, de découvrir leurs potentialités ainsi que leurs richesses culturelles, économiques et touristiques », a-t-elle soutenu.
Les Portails des Régions concernent les dix-sept (17) régions du Burkina Faso et traduisent l’ambition du Gouvernement de renforcer la transparence administrative, d’améliorer l’accès à l’information publique et de promouvoir les potentialités économiques, culturelles et touristiques de l’ensemble des territoires.
DCRP/MATM

Lutte contre l’insécurité : La Police Nationale démantèle un réseau de transvaseurs frauduleux de gaz butane à Ouagadougou

Dans le cadre de sa mission régalienne de protection des personnes et des biens, le Commissariat de Police de l’Arrondissement (CPA) n°06 de la ville de Ouagadougou a mené une opération d’investigations qui a permis d’identifier et d’interpeler des individus impliqués dans des faits de trafic illicite et de transvasement frauduleux de gaz butane subventionné dans la capitale.
Il ressort des investigations menées que le chef du réseau avait loué une maison qu’il avait aménagée pour les besoins de ses activités. Le site comprenait notamment un kiosque métallique soudé et des étagères servant au stockage de bouteilles de gaz. Les autres membres du groupe étaient chargés de s’approvisionner en bouteilles remplies auprès de stations-service et de points de vente agréés avant de les acheminer sur le site clandestin.
À l’aide de flexibles modifiés, les suspects procédaient ensuite au reconditionnement du gaz selon différentes méthodes. Ainsi, le contenu d’une bouteille de 12 Kg était réparti dans deux (02) ou trois (03) bouteilles de 06 Kg, tandis que le contenu de cinq (05) bouteilles de 06 Kg était transvasé dans trois (03) bouteilles de 12 Kg. Il est à noter que le réseau pouvait reconditionner au moins huit (08) bouteilles par jour.
Les bouteilles ainsi remplies étaient revendues sur le marché à 2.500 FCFA pour une bouteille de 06 Kg et 6.000 FCFA pour celle de 12 Kg. Toutes les marques de bouteilles de gaz étaient concernées par cette pratique frauduleuse. Lors de l’interpellation de ces malfrats, les enquêteurs ont saisi plusieurs objets dont un tricycle, des motos, des bouteilles de gaz et accessoires.
La Police Nationale remercie une fois de plus l’ensemble des populations pour leur collaboration constante avec les Forces de Défense et de Sécurité dans la lutte contre l’insécurité sous toutes ses formes. Par ailleurs, face à ces pratiques clandestines de transvasement de gaz butane, elle les invite notamment à :
– s’approvisionner auprès des points de vente agréés afin de garantir la sécurité et la qualité des bouteilles utilisées,
– ne jamais procéder elles-mêmes au transvasement du gaz car cela nécessite des équipements spécifiques et des mesures de sécurité strictes,
– vérifier l’état des bouteilles et accessoires avant tout utilisation,
– conserver les bouteilles de gaz dans des endroits aérés loin des flammes, des sources de chaleur et hors portée des enfants,
– toujours signaler tout cas suspect aux numéros verts que sont le 17, le 16 et le 1010.
La Police Nationale, une force publique au service des citoyens !