Opérationnalisation de la loi Faso-Bu-Kaoré : des acteurs traditionnels et coutumiers outillés à Ouahigouya.

Le ministre de la justice Edasso Rodrigue Balaya a procédé le lundi 15 juin 2026 à Ouahigouya, au lancement officiellement   de la session de formation des acteurs traditionnels et coutumiers sur l’opérationnalisation de la loi « Faso-Bu-Kaooré » au Burkina Faso.

Renforcer les capacités des acteurs traditionnels et coutumiers de la région de Yaadga sur les textes et la vision des autorités du pays pour la mise en œuvre de la loi « Faso -Bu-Kaooré » ou la justice traditionnelle, conformément à la vision des autorités sous l’ère de   la Révolution Progressiste Populaire (RPP) ; c’est l’objectif principale de la présente session de formation tenue les 15 16 et 17 juin 2026 dans la cité de Naaba Kango. La formation s’inscrit dans le programme de la réforme de la justice traditionnelle afin de permettre à ces garants des traditions de jouer pleinement leurs rôles dans le règlement des différends, la consolidation de la cohésion sociale au Burkina Faso.

Pendant soixante-douze (72) heures, les participants venus des différentes localités de la région vont s’approprier des dispositions de la Loi N°003-2026 /ALT PORTANT « Faso Bu-Kaooré » ainsi que les outils de pratiques nécessaires à son application. Les modules portent notamment sur les mécanismes traditionnels de règlement des différends, les procédures de médiations et conciliation.

Le ministre de la justice Edasso Rodrigue Bayala, « La loi portant « Faso Bu-Kaooré » institue des instances traditionnelles de règlement des différends au sein des villages et secteurs des villes »

Dans son discours d’ouverture, le ministre de la justice Edasso Rodrigue Bayala a indiqué que cette session de formation marque une étape décisive dans la mise en œuvre de loi « Faso -Bu-Kaooré » adoptée pour reconnaitre et encadrer juridiquement les mécanismes endogènes de règlement des conflits. Selon lui, les autorités coutumières et traditionnelles ont toujours joué un rôle essentiel dans la préservation de la paix sociale et du vivre ensemble au sein des communautés.

« C’est donc par un retour aux sources que nous allons amorcer notre développement véritable et nous émanciper des illusions impérialistes.  La loi portant « Faso Bu-Kaooré » institue des instances traditionnelles de règlement des différends au sein des villages et secteurs des villes. Elle reconnaît et valorise ainsi le rôle important, qu’incarnent depuis toujours, les garants de nos traditions et valeurs ancestrales en matière de résolution des différends, de paix et de cohésion sociale. En même temps qu’elle valorise nos chefs traditionnels et coutumiers, la loi Faso Bu-Kaooré impose une grande responsabilité à nos notabilités coutumières et traditionnelles » a-t-il déclaré. « L’adoption de cette loi est une avancée considérable en matière d’accès à la justice. En effet, en plus de désengorger les juridictions classiques, le recours aux modes traditionnels de règlement des différends offre aux populations l’opportunité d’une justice plus proche, plus accessible, plus rapide, moins couteuse et plus proche de leurs réalités socio culturelles » a-t-il soutenu.

Pendant soixante douze (72) heures les participants vont s’approprier des textes et les conditions sur la mise en œuvre de la loi « Faso Bu-Kaooré »

Une justice plus proche des populations

Prenant la parole au nom du roi Naaba Kiiba du Yatenga, le premier ministre du roi, le Toogo Naaba Koanga a salué l’initiative du gouvernement. Selon lui, cette vision des autorités traduit une reconnaissance du rôle historique joué par les chefs traditionnels et coutumiers dans la prévention et la gestion des différends au sein des communautés. C’est aussi une invite à ces acteurs de redynamiser ses méthodes de résolution des conflits dans nos sociétés. Il a par ailleurs affirmé que cette formation permettra aux participants de mieux comprendre les exigences de la nouvelle loi et d’exercer leurs responsabilités avec plus d’efficacité. « Nos ancêtres nous ont légués des mécanismes endogènes de dialogue, de réconciliation et de résolution des conflits qui ont permis à nos communautés de traverser les épreuves. Aujourd’hui l’Etat sous la conduite du Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’Etat à travers la « loi Faso Bu-Kaooré » veut nous accompagner à moderniser ces pratiques pour le retour de la paix. C’est une opportunité que nous devons saisir avec responsabilité. Nous pouvons vous assurer de notre engagement pour accompagner l’initiative. » a-t-il laissé entendre.

A travers cette formation, le gouvernement entend accélérer l’installation et le fonctionnement effectif des instances traditionnelles prévues par la loi Faso Bu-Kaooré dans les villages et secteurs. L’ambition est de rapprocher davantage la justice des populations tout en valorisant les valeurs culturelles et les pratiques ancestrales qui favorisent le dialogue, la réconciliation et la cohésion sociale.

Tout en saluant la forte mobilisation qui témoigne de l’intérêt accorder à cette vision des autorités, le ministre Bayala a invité l’ensemble des acteurs a des échanges francs et surtout de formuler  des recommandations afin que l’objectif visé à travers cette loi puissent atteindre les résultats escomptés. Dans la matinée de ce 15 juin, le ministre Edasso Rodrigue Bayala accompagné de ses collaborateurs se sont rendus chez le roi Naaba Kiiba pour présenter ses civilités et solliciter les bénédictions et accompagnement du Dima du Yatenga.

Bassirou BADINI

Mois artistique et culturel 2026: le gouvernement lance la phase pilote dans le Kadiogo et le Guiriko

Le ministère de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales a lancé la phase pilote du Mois artistique et culturel (MAC) dans les régions du Kadiogo et du Guiriko, le lundi 15 juin 2026, à Bobo-Dioulasso. Cette initiative, qui s’étend sur un mois, vise à intégrer les arts et les savoirs endogènes dans le parcours éducatif des élèves du primaire.

Renforcer la formation des élèves du primaire par l’apprentissage de l’art, de la culture, du civisme, du patriotisme et des langues nationales. Tel est l’objectif du Mois artistique et culturel (MAC), dont la phase pilote a été lancée, le lundi 15 juin 2026 à Bobo-Dioulasso, en présence de plusieurs membres du gouvernement. A travers cette activité, le ministère de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales, entend offrir aux enfants un cadre d’apprentissage complémentaire aux enseignements dispensés en classe, afin de renforcer leur connaissance de leur histoire, de leur environnement et des valeurs socioculturelles du pays.

Présidée par le ministre en charge de l’Enseignement de base, Jacques Sosthène Dingara, la cérémonie de lancement a été ponctuée par plusieurs prestations réalisées par des élèves. Des contes, des danses traditionnelles, des sketches, des ballets ainsi que des animations culturelles se sont succédé devant le public afin de mettre en évidence les expressions artistiques développées dans les établissements scolaires. Selon le ministre Jacques Sosthène Dingara, cette phase pilote répond à une orientation des plus hautes autorités visant à compléter la formation académique des élèves par une formation culturelle. Pour lui, le MAC doit permettre aux enfants de mieux connaître leur milieu, leur identité et leur culture.

Former des citoyens modèles

Selon le ministre en charge de l’enseignement de base, Jacques Sosthène Dingara, l’objectif est de former, au cours des prochaines années, des citoyens attachés à leur pays.

« La culture constitue un facteur d’enracinement et contribue à la construction d’un développement fondé sur les réalités nationales », a-t-il souligné. A l’en croire, l’objectif est de former, au cours des prochaines années, des citoyens attachés à leur pays, à leur histoire et à leurs valeurs. Il a salué les prestations des élèves présentées au cours de la cérémonie, qu’il considère comme une illustration des capacités de la jeunesse burkinabè. Pour cette phase pilote, a indiqué le ministre, cinq établissements ont été retenus dans la région du Kadiogo et trois dans celle du Guiriko.

Plusieurs activités y seront organisées durant un mois. « Les élèves seront initiés à différentes disciplines artistiques telles que la peinture, le conte, la danse et d’autres formes d’expression culturelle », a-t-il fait savoir. Le programme prévoit également des modules consacrés au civisme et au patriotisme. Jacques Sosthène Dingara a expliqué que ces contenus ont été élaborés en collaboration avec le ministère en charge de l’enseignement secondaire et adaptés à l’âge des enfants. Les participants seront aussi sensibilisés aux langues nationales et aux spécificités culturelles de leurs localités. Le ministre a précisé que le MAC repose sur un principe de flexibilité permettant à chaque région de proposer des activités en fonction de ses réalités socioculturelles.

Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a pour sa part inscrit cette initiative dans la dynamique du « réarmement culturel » évoquée dans le manifeste de la Révolution progressiste populaire. Selon lui, cette orientation passe par une réappropriation de l’histoire, des valeurs traditionnelles et de la culture nationale dès l’enseignement de base. Pour le ministre en charge de la Culture, il revient aux pouvoirs publics de mettre en place un cadre permettant aux enfants d’exprimer et de développer leurs talents artistiques. « Il nous appartient aujourd’hui d’occuper utilement nos enfants pendant cette période de vacances. Nous devons plutôt les encadrer, les amener à apprendre autre chose que ce qu’on leur a enseigné dans les salles de classe », a-t-il déclaré.

Noufou NEBIE

Perthiou DIARRA (Stagiaire)

Diplomatie: le ministre mauritanien de la Défense porteur d’un message du Président Ghazouani au chef de l’Etat

Le Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, chef de l’Etat, a accordé, le lundi 15 juin 2026, une audience à Hanana Ould Sidi, ministre de la Défense et des Affaires des retraités et fils des martyrs de la République islamique de Mauritanie. Ce dernier était porteur d’un message du Président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh EL Ghazouani, à son homologue malien. La rencontre s’est tenue en présence du ministre délégué à la Défense et aux Anciens combattants, le général Oumar Diarra.

A sa sortie d’audience, le ministre mauritanien s’est prêté aux questions des journalistes. Il a exprimé sa reconnaissance au chef de l’Etat pour l’avoir reçu, indiquant avoir « transmis un message écrit » du Président Ghazouani au général d’armée Assimi Goïta. « J’ai par la même occasion transmis à Son Excellence les salutations fraternelles de son frère, le Président de la République islamique de Mauritanie, tout en rappelant la profondeur des relations d’amitié, de fraternité et de solidarité qui fondent la communauté de destin de nos deux peuples frères», a-t-il déclaré. M. Hanana Ould Sidi a également précisé qu’à l’issue de l’audience, « Son Excellence le Président Assimi Goïta m’a chargé de transmettre ses salutations fraternelles et ses vœux de succès » au Président de la République islamique de Mauritanie. Il a conclu en exprimant sa « profonde gratitude aux autorités maliennes pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité généreuse » qui lui ont été réservés.

Présidence de la Republique du Mali

Epilepsie : pourtant elle n’est qu’une maladie neurologique

Au Burkina Faso comme partout en Afrique, l’épilepsie, cette maladie connue de longue date, reste encore entourée de croyances erronées et les épileptiques souvent victimes d’exclusion sociale. Pourtant, selon les spécialistes de la santé, elle n’est qu’une maladie neurologique chronique qui peut être diagnostiquée et traitée.

L’épilepsie est cette vieille maladie qui reste encore entourée de peur et de préjugés au Burkina et dans beaucoup de pays africains. Considérée tantôt comme une malédiction, les personnes épileptiques souffrent souvent d’une exclusion sociale. Au Burkina Faso, des voix s’élèvent de plus en plus pour défendre les droits des personnes atteintes d’épilepsie. La ligue burkinabè de lutte contre l’épilepsie, en organisant du 3 au 5 juin 2026 ses premières journées scientifiques, s’est engagée à promouvoir la dignité et les droits humains des personnes vivant avec l’épilepsie. Et pour y parvenir, elle compte intensifier la sensibilisation des communautés, renforcer les capacités des professionnels de santé sur le diagnostic et la prise en charge des patients.

Sur le plan mondial, la journée mondiale de l’épilepsie célébrée le 9 février vise à sensibiliser le public à cette maladie encore mal connue. Elle a en outre pour objectif de promouvoir l’information fiable et de rappeler l’importance du soutien aux personnes concernées. Une meilleure compréhension de l’épilepsie permet également de favoriser l’inclusion sociale, d’améliorer l’accès aux soins et d’encourager la recherche vers de nouvelles prises en charge. Informer et dédramatiser restent essentiel pour réduire les préjugés et améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec cette maladie. Être bien informé au sujet de l’épilepsie permet aussi d’appliquer les bons gestes de premiers secours à une personne en crise.

L’épilepsie est une maladie neurologique chronique qui se caractérise par des décharges électriques anormales dans le cerveau. Ces anomalies provoquent des crises soudaines et imprévisibles. Les crises d’épilepsie se manifestent généralement par une perte de conscience, des mouvements involontaires et des crises toniques identifiées par des convulsions. Les crises d’épilepsie sont répétées et apparaissent de façon inopinée.

3e maladie neurologique chronique

L’épilepsie est la 3ᵉ maladie neurologique chronique la plus fréquente après la migraine et les démences. Elle peut être d’origine génétique, due à une séquelle de traumatisme crânien, à une infection cérébrale ou à une anomalie structurelle du cerveau.  Au-delà des crises, la recherche scientifique s’intéresse aujourd’hui aux troubles associés, notamment au Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), plus fréquemment observé chez les personnes épileptiques, en particulier chez l’enfant. Mieux comprendre ces liens permet d’améliorer le diagnostic, la prise en charge et la qualité de vie des patients.

Le risque de développer un TDAH est plus élevé chez les enfants atteints d’épilepsie. Ce risque s’explique notamment par les crises d’épilepsie, qui peuvent perturber les réseaux cérébraux et affecter le développement du cerveau. L’âge d’apparition de la maladie joue également un rôle, car plus l’épilepsie se déclare tôt, plus le développement cérébral peut être impacté et favoriser l’apparition de symptômes du TDAH. Par ailleurs, certains médicaments utilisés pour traiter l’épilepsie peuvent provoquer des effets similaires à ceux du TDAH, comme des troubles de l’attention.

La recherche progresse

La recherche sur l’épilepsie progresse rapidement, surtout pour les formes résistantes aux médicaments. Une avancée majeure concerne la thérapie génique, avec des essais cliniques sur des patients atteints d’épilepsie du lobe temporal résistants aux traitements. Les premières données montrent une réduction importante du nombre de crises sans effets secondaires graves, ouvrant de nouvelles perspectives.

D’autres recherches explorent l’implantation de cellules neuronales inhibitrices pour restaurer l’équilibre cérébral et réduire les crises. Parallèlement, l’intelligence artificielle appliquée à l’EEG (électroencéphalogramme) améliore la prédiction des crises, tandis que des biomarqueurs et des essais cliniques visent à mieux personnaliser les traitements. Ces travaux ouvrent la voie à des stratégies thérapeutiques plus ciblées et efficaces pour les personnes épileptiques.

Adama SEDGO

Source : Santésurlenet.com

Collecte des archives et artefacts du capitaine Isidore Noël Thomas Sankara: la fondatrice de la troupe Yoropo remet des documents

Dans la dynamique de collecte des archives et artéfacts du camarade Président capitaine Thomas Sankara, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a reçu des documents sur la vie du Président Noël Isidore Thomas Sankara et sur la Révolution d’août 1983, le dimanche 14 juin à Dédougou.

Profitant du séjour du ministre chargé de la Culture dans la cité de Bankui, la camarade Open Elisabeth Kondé, fondatrice de la troupe Yoropo a manifesté le désir de rencontrer le chef du département de la Culture afin de lui remettre un lot de documents à sa possession. En réponse à cette requête, le ministre Pingdwendé s’est rendu au domicile de l’octogénaire pour récupérer ces précieuses archives qui contribueront à étoffer la future bibliothèque du Mémorial Thomas-Sankara.

En plus des documents d’archives, la camarade Kondé a échangé avec le ministre de la Culture sur son projet de mise en place du musée de la femme Bwaba. Le ministre Pingdwendé a vivement remercié la donatrice pour son geste hautement patriotique. Il a saisi l’occasion pour lancer l’appel à toutes les personnes physiques ou morales détentrices d’archives et d’artéfacts du Président Thomas Sankara à prendre attache avec le ministère en charge de la culture.

Ce déplacement du ministre de la Communication, au domicile de Open Elisabeth, témoigne de son engagement à multiplier les approches pour collecter au maximum tout ce qui peut contribuer à restaurer la mémoire des héros qui ont marqué l’histoire du Burkina, ici le Président Thomas Sankara. Le ministre Pingdwendé a par ailleurs donné l’assurance que ces ouvrages serons logés dans la future bibliothèque du Projet de Mémorial Thomas-Sankara. « Nous ferons en sorte que votre mémoire soit liée au rayon de ses ouvrages », engagement pris par le camarade ministre à l’endroit de la camarade Kondé.

DCRP-MCCAT

Iran/Etats-Unis : le bout du tunnel ?

Depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran en fin février 2026, le Président américain, Donald Trump, a annoncé à plusieurs reprises, un accord de paix, sans pour autant qu’il ne se concrétise. Cette fois-ci semble être la bonne, après les tergiversations et les montées de tension qui ont émaillé le cessez-le-feu du 8 avril. Dans la nuit de dimanche 14 au lundi 15 juin 2026, le Pakistan, médiateur dans cette crise impliquant la coalition américano-israélienne et l’Iran a fait part d’un protocole d’entente pour un « arrêt immédiat » et « permanent » des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban.

Washington et Téhéran ont confirmé de part et d’autre cet accord, qui sera officiellement signé, le 19 juin prochain, à Genève en Suisse, avec en prime la réouverture totale du Detroit d’Ormuz où 20 % de la demande mondiale de pétrole et de gaz transite. Malgré le climat de méfiance et de défiance entre Américains et Iraniens, Islamabad a joué de son entregent pour faire bouger les lignes. Vu les dégâts matériels et humains en Iran, en Israël, dans les pays du Golfe alliés aux Etats-Unis et les répercussions négatives de cette guerre sur l’économie mondiale, une telle avancée est à applaudir, le souhait étant que les hostilités ne reprennent plus jamais.

Censé faire taire les armes et favoriser une reprise du trafic maritime, le mémorandum d’entente obtenu par le Pakistan, n’a cependant pas requis l’assentiment d’Israël, allié historique des Etats-Unis. Mis devant le fait accompli, l’Etat hébreux, qui est décidé à en finir avec le groupe politico-armé pro-iranien, le Hezbollah, entend maintenir ses troupes dans le Sud Liban. Cette attitude pourrait mettre à mal le modus vivendi, Téhéran étant hostile aux opérations de Tsahal en territoire libanais. Excepté cette objection, le protocole d’entente va ouvrir la voie à des pourparlers de fonds entre Washington et Téhéran, sur une période de deux mois.

Le programme nucléaire iranien, prétexte à l’attaque américano-israélienne, devrait dominer les échanges, tant la question est loin de faire l’objet d’un consensus. Pour rien au monde, le pays de l’Oncle Sam ne veut voir le régime des Mollahs posséder la bombe atomique, qu’il considère comme un danger pour Israël. En dépit des pressions des occidentaux, Téhéran ne veut manifestement pas abandonner son projet de se doter de l’arme atomique. Les experts évoquent d’ailleurs un taux d’enrichissement de 60% de l’uranium par l’Iran, ce qui est proche des objectifs nucléaires (90%). C’est une obsession pour le pouvoir iranien, qui sait à quel point la bombe atomique est un moyen irréfutable de dissuasion face à l’adversité.

On le devine aisément, les négociations, qui vont suivre le protocole d’entente, ne seront pas faciles. Elles devraient buter à nouveau sur la question du nucléaire qui fâche et fait courir le Président Trump. A la vérité, la diplomatie a du mal à prendre le dessus dans les relations américano-iraniennes, tendues depuis près de quatre décennies. Les démocrates au pouvoir paraissent plus souples face à Téhéran, que les républicains à la posture de va-en-guerre. Le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, sous l’ordre de Donald Trump, en donne l’illustration. Il y a indéniablement une crise de confiance entre Américains et Iraniens, depuis belle lurette, si bien qu’on se perd en conjoncture. Cet environnement incite à priori au pessimisme dans le processus de paix en cours. Pour autant, Islamabad doit poursuive ses efforts de médiation, de sorte que le protocole d’entente débouche sur un accord définitif entre les Etats-Unis et l’Iran. C’est le vœu le plus cher de tous ceux qui militent pour un monde de paix.

Kader Patrick KARANTAO

Léonard Dossou, coordonnateur de la plateforme des médias de l’UEMOA : « La presse économique, pour jouer pleinement son rôle, a besoin d’une mise au pas »

La Plateforme des médias de l’UEMOA (PDM UEMOA), regroupant plus de 300 médias toutes catégories confondues, organise le premier forum international de la presse économique de l’Afrique de l’Ouest (FIPE-UEMOA), du 24 au 26 juin 2026, à Dakar, au Sénégal. Dans cette interview accordée à Sidwaya en ligne, le coordonnateur de la PDM-UEMOA, Léonard Dossou, décline les objectifs de forum, ses principales articulations, le rôle de la presse économique dans le développement socioéconomique de la région, ainsi que les attentes à l’issue de cet évènement majeur. Il aborde également le concours d’excellence en journalisme économique de l’UEMOA dont la cérémonie de remise des prix aux lauréats interviendra au cours du forum.

Sidwaya (S) : La plateforme des médias de l’UEMOA organise du 24 au 26 juin 2026, à Dakar, au Sénégal, le premier forum international de la presse économique de l’Afrique de l’Ouest (FIPE-UEMOA). Qu’est-ce qui vous a motivé à porter une telle initiative ?

Léonard Dossou (L.D) : Nous tenons à vous remercier pour cette opportunité que vous nous offrez pour parler du FIPE UEMOA dénommé encore West Africa Eco Forum. Vous n’êtes pas sans savoir que notre zone économique, l’UEMOA, est l’une des plus dynamiques et mieux organisées de l’Afrique. Elle a montré sa capacité à résister aux chocs exogènes d’où qu’ils viennent et à relancer sa croissance. Néanmoins, plusieurs défis structurants et sécuritaires s’observent et exigent que l’on y pense. Aussi, la plateforme des médias de l’UEMOA a recommandé dans l’une de ses conclusions, à l’issue du colloque international organisé à Abidjan du 25 au 27 juin 2025, l’organisation d’un   forum économique. C’est vous dire que l’organisation de ce forum est non seulement une nécessité mais un véritable besoin pour renforcer la compétitivité économique régionale dans l’UEMOA, stimuler les investisseurs publics et privés mais également pour renforcer la capacité analytique et la qualité de la presse économique dans notre espace communautaire.

Les objectifs de cette rencontre économique d’envergure sous régionale sont clairs : favoriser la coopération régionale et la mise en valeur des opportunités économiques dans l’espace UEMOA, stimuler la coopération entre investisseurs locaux et internationaux dans les secteurs stratégiques comme l’agriculture, l’énergie, les infrastructures, les technologies etc., mobiliser les investissements publics et privés et promouvoir l’innovation technologique…

S : Quel est l’intérêt de ce forum, aussi bien pour les journalistes que pour le développement socioéconomique de la zone UEMOA ?

L.D : Ce forum a un intérêt capital pour la presse économique dans la mesure où cette corporation a beaucoup de défis de développement, d’organisation et d’innovation face à tous les changements que nous observons en ce moment. La presse économique pour jouer pleinement son rôle a besoin d’une mise au pas sur plusieurs plans. Et le forum qui nous offre cette opportunité d’échanges, de réseautage et de renforcement de capacité est une opportunité pour nos médias. Toutes les activités contenues dans le programme du forum tournent autour des médias. Il est reconnu aujourd’hui et attesté qu’aucun développement n’est possible sans la contribution remarquable des médias. C’est l’information économique qui attire, renseigne et rassure les investisseurs, les acteurs économiques et les décideurs politiques économiques et sociaux. Le développement socioéconomique se construit avec l’appui des médias qui facilitent la mise en confiance de tous. C’est pourquoi ce forum se veut un espace de mise en coopération économique pour tous les acteurs économiques de l’UEMOA. Il vise à stimuler les investissements publics et privés et favoriser l’intégration de tous.

S : Quelles seront les principales articulations de ce forum ?

L.D : Le thème principal de ce forum est : « Innover pour l’avenir économique de l’Afrique de l’Ouest.  Le comité scientifique du forum a fait un travail remarquable en déduisant du thème central plusieurs thématiques, panels et communications. Aussi nous aurons les grandes articulations suivantes. Une conférence inaugurale avec un économiste international de renom ; un Keynote Speaker avec le Président de la BOAD, des panels sur le rôle de la presse économique dans le développement de notre espace, l’harmonisation fiscale et lutte contre la corruption, l’attractivité des investissements avec les zones économiques spéciales, innovation technologique et transition énergétique, commerce Intra UEMOA et ZLECAF, etc.

S : Quels sont les acteurs attendus au FIPE-UEMOA 2026 ?

L.D : Les acteurs du FIPE-UEMOA, le West Africa Eco Forum, sont de plusieurs types. Nous aurons les décideurs politiques, économiques, les investisseurs publics et privés, les élus Consulaires et les opérateurs économiques, les institutions financières nationales et internationales et enfin les médias économiques, financiers, nationaux et internationaux. A tout ce monde vont s’ajouter nos invités spéciaux et autres qui feront de cette première édition du FIPE-UEMOA une réussite.

S : L’un des temps forts de cette rencontre sera la cérémonie de remise du Prix d’excellence en journalisme économique de l’UEMOA. Pouvez-vous en dire plus sur cette autre initiative de la Plateforme des Médias de l’UEMOA ?

L.D : La presse économique joue un rôle de facilitateur du développement dans notre espace communautaire. C’est pour valoriser les productions journalistiques de qualité, encourager l’investigation économique et faire la promotion de la presse économique que ce prix a été institué. Les objectifs de ce Prix sont clairs : promouvoir l’éthique, la rigueur méthodologique et la lutte contre la désinformation, encourager les enquêtes, les reportages et analyses qui abordent les enjeux économiques régionaux, valoriser et récompenser l’excellence en termes du journalisme économique et financier, stimuler la formation continue des acteurs des médias… Nous aurons trois catégories de prix, dans la presse économique, la radio et la télévision et dans le numérique. Il y a des thèmes précis qui sont proposés aux candidats pour leur permettre d’aborder les sujets d’actualités en lien avec les réalités de notre communauté.

S : Quelles sont vos attentes à l’issue de ce forum ?

L.D : Nos attentes sont énormes et légitimes à l’issue des trois jours intenses du forum. Les résultats attendus trois jours de réseautage et d’échanges, sont, entre autres après : la conclusion des partenariats économiques publics et privés, une meilleure information à l’endroit des investisseurs sur les secteurs stratégiques et prioritaires de notre espace, l’amélioration de l’intégration économique régionale au service du développement, une meilleure appropriation de la vision Prospective 2040 et de l’initiative impact 2030 par les différents partenaires et investisseurs.

S : Quels mécanismes avez-vous mis en place pour garantir le suivi, la mise en œuvre des conclusions, recommandations de ce Forum ?

L.D : Comme nous le faisons dans toutes nos rencontres, un comité de rapportage est mis en place dès le premier jour du forum pour tracer toutes les activités, les communications, l’animation des panels, les comptes rendus et les différentes recommandations. Rien ne sera négligé afin de tout consigner pour un suivi rigoureux et une mise en œuvre de toutes les conclusions du forum selon l’agenda et le timing exigés.

S : La Commission de l’UEMOA est le partenaire historique de la plateforme. Quel est son rôle dans l’organisation de la rencontre ?

L.D : Vous me donnez une fois encore l’occasion de remercier notre parrain pour ce forum, je veux nommer le Président de la Commission de l’UEMOA, le camarade Abdoulaye Diop, qui ne ménage aucun effort pour nous soutenir et accompagner la presse économique de notre espace communautaire. La Commission de l’UEMOA est au centre de l’organisation de ce forum. Vous l’auriez certainement constaté sur les différents visuels et supports de communication, le forum est placé sous le haut parrainage du Président de la Commission. Ce Président de la Commission, désigné « grand ami des médias », grand consommateur de l’information économique, est une chance pour la Plateforme des médias qui bénéficie d’une écoute attentive et intelligente de sa part.

S : Avez-vous bénéficié de l’accompagnement des autres organisations/ institutions de la sous-région ?

L.D : Oui, naturellement ! Nous avons bénéficié de l’appui d’autres partenaires non moins importants qui nous accompagnent pour l’organisation réussie de ce forum. Nous avons la Banque ouest africaine de développement (BOAD), la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qui nous soutiennent fortement dans cette initiative. Nous voudrions profiter de votre tribune pour remercier le Président de la BOAD notre compatriote, l’infatigable artisan du développement des nations, camarade Serge Ekué et le gouverneur de la BCEAO, camarade Jean-Claude Kassi Brou, pour leur soutien constant à la presse économique de notre espace communautaire.

S : Avez-vous un appel à l’endroit de ces organisations/institutions de l’espace UEMOA ?

L.D : Nous voudrions remercier très sincèrement tous les médias de notre espace communautaire pour leur mobilisation et leur soutien indéfectible à ce forum qui, je le crois bien, sera un succès à Dakar. Nous voudrions inviter toutes les institutions financières, les investisseurs publics comme privés, les chambres de commerce et celle d’agriculture, les décideurs et nos opérateurs économiques de notre espace à se joindre à nous pour innover réellement pour l’avenir économique de notre sous-région.

S : A deux semaines de l’évènement, où en êtes-vous avec les préparatifs de ce grand rendez-vous de la Presse économique et financière de la sous-région ?

L.D : Nous sommes entièrement prêts pour ce rendez-vous économique qui mobilise toute l’Afrique de l’Ouest. Tous les décideurs, les investisseurs privés et publics, les institutions nationales et internationales sont attendus à Dakar du 24 au 26 juin 2026, pour qu’ensemble nous puissions activer et accompagner le nouveau vent, la nouvelle saison qui s’ouvre avec la consolidation et le renforcement des relations entre les Etats de l’UEMOA. La tournée du nouveau Président du Bénin, le Président Romuald Wadagni dans les différents pays de l’UEMOA ouvre une nouvelle ère d’espoir et de développement de notre communauté qui ne se porte pas mal en ce moment malgré les défis, avec près de 6,5% de croissance au premier trimestre 2026.

Interview réalisée par

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

La contre-révolution

Augmentation exponentielle des prix des produits de consommation courante, pénuries artificielles créées, calomnies, mensonges et rumeurs contre la Révolution progressiste populaire. La contre-révolution est passée à la vitesse supérieure au Burkina Faso, décidée à mener « l’assaut final » contre notre jeune Révolution. Une situation qui exige non seulement de combattre cette désorganisation économique en gestation, de faire pièce à cette propagande toxique mais surtout de garder toute la sérénité pour examiner l’enchaînement historique de ces événements et leur signification politique, c’est-à-dire la signification de classe des péripéties actuelles.

Il faut avoir à l’esprit que ce « front armé » s’est constitué dès le lendemain du triomphe de la révolution. Il intervient quelques mois après que le capitaine Ibrahim Traoré ait clarifié l’orientation politique et économique du pays, pour après, livrer aux masses populaires sa plateforme programmatique à travers le Manifeste du mouvement de septembre 2022. Quand, dès le 1er avril 2025, le président du Faso réaffirmait l’orientation idéologique du mouvement populaire du 30 septembre 2022, les commentaires peu flatteurs sur une « pseudo révolution » ont commencé à envahir les réseaux sociaux, alors que la presse impérialiste émettait des « réserves » quant à la réussite d’un processus révolutionnaire au Sahel, en raison de l’imbrication des économies locales et surtout de l’option « universelle » de la démocratie libérale.

Or, la réalité du terrain a prouvé que les masses africaines sont de plus en plus mécontentes de la politique bourgeoise suivie par les régimes issus de cette démocratie parlementaire. C’est dire que le mouvement du 30 septembre avait des causes économiques et politiques profondes, exacerbées par la guerre impérialiste qui nous est imposée. La cause générale de cette révolution est bel et bien connue et, il est absurde de croire qu’elle a été artificiellement créée. Mécontentement général et irrépressible des masses, surexcitation contre la bourgeoisie et son gouvernement, quiconque oublie ce fond des choses et le passe sous silence, renie les principes fondamentaux du socialisme concernant la lutte des classes.

Lutte des classes et classes en lutte donc. Voilà le schéma auquel nous faisons face, chacun utilisant les armes en sa possession pour défaire l’autre camp. Un tournant capital qui passe par davantage d’organisation des masses populaires et par leur éducation idéologique ainsi que par la réorientation de l’économie nationale pour faire triompher les idéaux de la RPP. Du pain, de l’eau, des idées et de la vigilance : voilà le mot d’ordre actuel. Il nous faut oser lutter et savoir vaincre cette nébuleuse politique, économique et terroriste. La lutte continue donc !

Boubakar SY

Audience du Président du Faso : Les ministres chargés du Commerce de l’AES affinent leur stratégie autour des orientations du Capitaine Ibrahim TRAORÉ

Le Président du Faso, Président de la Confédération des États du Sahel, le Camarade Capitaine Ibrahim TRAORÉ, a reçu en audience ce lundi 15 juin 2026 en fin de matinée, les ministres chargés de l’Industrie et du Commerce des pays de la Confédération, conduits par le Camarade Ministre Serge Gnaniodem PODA. Réunis à Ouagadougou pour leur quatrième session de travail, les ministres sont venus faire le point de l’opérationnalisation du Traité instituant l’AES et de la mise en cohérence des visions stratégiques définies par les Chefs d’État.
Au Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, la délégation a présenté le bilan des actions menées depuis l’entrée en vigueur du Traité instituant l’AES, ainsi que l’état d’avancement des orientations stratégiques définies par les trois Chefs d’État, selon le Ministre chargé du Commerce du Mali, Moussa Alassane DIALLO.
Pour le porte-parole de la délégation, leur mission centrale est de bâtir un socle industriel solide, améliorer le climat des affaires et renforcer la compétitivité du secteur privé. « Produire, transformer, consommer pour répondre aux besoins fondamentaux de nos populations », insiste le ministre malien.
Les échanges ont également porté sur la lutte contre la fraude, la facilitation des échanges, l’attractivité des investissements, la transformation des productions agricoles.
Le Camarade Président du Faso, Président de la Confédération AES, a salué les avancées tout en donnant des orientations.

Selon le ministre malien, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ a appelé à des réponses structurelles, rapides et pragmatiques pour renforcer les petites et moyennes industries, stimuler l’investissement interne et garantir l’autosuffisance alimentaire.
En quittant le Palais présidentiel, les ministres ont réaffirmé leur engagement à faire du développement de l’industrie une exigence.
Direction de la communication de la Présidence du Faso

Chambre criminelle du TGI de Fada N’Gourma : Une troisième session spéciale pour apurer 54 dossiers

La chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma tient, du 15 au 28 juin 2026, sa 3e session spéciale de l’année, consacrée à l’examen de 54 dossiers portant notamment sur des faits de meurtre, d’assassinat, de vol aggravé, de viol aggravé et de détournement de deniers publics.

Le Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma veut apurer intégralement le passif des dossiers criminels avant les vacances judiciaires. En effet, après deux sessions spéciales organisées, respectivement, en mars et en avril 2026, la juridiction a ouvert, lundi 15 juin 2026, une troisième session criminelle spéciale. Prévue pour se tenir jusqu’au 28 juin prochain, cette session est consacrée à l’examen de 54 dossiers impliquant 143 accusés, dont 13 toujours en détention. Au total, 18 audiences sont programmées au siège du TGI et à la Cour d’appel de Fada N’Gourma. Les affaires inscrites au rôle concernent notamment des faits de meurtre, d’assassinat, de vol aggravé, de viol aggravé et de détournement de deniers publics.

Cette session est consacrée à l’examen de 54 dossiers impliquant 143 accusés, dont 13 toujours en détention.

Selon le procureur du Faso près le TGI de Fada N’Gourma, Salam Ouédraogo, ces infractions sont passibles des peines les plus sévères prévues par le Code pénal burkinabè, allant de dix à trente ans d’emprisonnement selon les circonstances, avec comme peine maximale la réclusion criminelle à perpétuité. Par ailleurs, le procureur Ouédraogo a indiqué que cette session spéciale vise à apurer le stock de dossiers criminels en attente de jugement. Il a fait savoir que certaines affaires remontent à plusieurs décennies, notamment aux années 1995, 2001 et 2002. « Il s’agit d’un stock qui comporte de vieilles affaires portant sur des faits de droit commun. L’objectif est d’apurer les dossiers criminels conservés dans nos casiers afin de pouvoir traiter avec davantage d’efficacité et de célérité les nouvelles affaires qui seront enregistrées », a-t-il expliqué.

Des audiences ouvertes au public

Selon le procureur du Faso près le TGI de Fada N’Gourma, Salam Ouédraogo (milieu), l’objectif est d’apurer le passif des dossiers criminels.

Ce stock de dossiers, a précisé le président du TGI de Fada N’Gourma, Mahamed Dielo, sa juridiction l’a hérité de la Cour d’appel de Fada N’Gourma. « Ce stock n’est pas né du chef du TGI de Fada. Il est le résultat des reformes législatives marquées notamment par la création de chambres criminelles au sein des TGI. Du fait de ces réformes, la Cour d’appel de Fada a fait redescendre les dossiers au TGI. C’est ainsi que nous avons hérité de ce passif », a-t-il expliqué avant de saluer de vives voix l’engagement des acteurs judiciaires mobilisés. En fait, au-delà du jugement des dossiers, a-t-il rappelé, il y a tout un travail de rédaction des décisions. « Et les juges sont fortement sollicités. Leur engagement témoigne d’un véritable esprit de sacrifice et de professionnalisme », a-t-il reconnu.

Le président du TGI de Fada N’Gourma, Mahamed Dielo (micro), a précisé que sa juridiction a hérité du stock de dossiers de la Cour d’appel de Fada N’Gourma.

En outre, le procureur Ouédraogo a indiqué que les procès revêtent une dimension pédagogique importante. A ce titre, il a invité les populations, particulièrement les élèves et les étudiants, à assister massivement aux audiences. « Le procès est pédagogique. Chaque fois que l’on assiste à une audience, on en ressort avec des enseignements utiles pour mieux vivre en société. Des citoyens posent parfois des actes sans en mesurer les conséquences. En suivant les débats, ils prennent conscience de la gravité de certaines infractions et des sanctions encourues », a-t-il souligné.

Pour le président du TGI de Fada N’Gourma, Mahamed Dielo, il ne faut pas attendre d’être intéressé par un dossier avant de suivre un procès. « On a l’habitude de dire que nul n’est censé ignorer la loi. Mais dans la réalité, on sait que tout le monde n’est pas érudit des affaires juridiques. Au détour d’une audience, on découvre que telle infraction est réprimée selon telle procédure et l’on prend désormais garde à ses actes. C’est comme ça que la justice participe à la sensibilisation et à la divulgation des textes juridiques », a-t-il conclu.

Joanny SOW

Kanlou SANDAMBA (Stagiaire)