La Chine et la Grèce, héritières des civilisations orientales et occidentales, ont conjointement organisé la deuxième Conférence mondiale sur les civilisations classiques les 9 et 10 juin, à Athènes, la capitale grecque. « Dialogue entre le passé et le présent : les enseignements de la sagesse classique » est le thème autour duquel 200 participants venus d’Asie, d’Afrique, d’Europe et des Amériques ont discuté. Comme le dit le proverbe africain, « c’est au bout de l’ancienne corde que se tisse la nouvelle. » Le passé éclaire le présent et l’avenir de l’humanité. La sagesse antique est une dimension essentielle à l’inspiration contemporaine. L’impératif d’interroger la pertinence des études classiques est une nécessité impérieuse pour éclairer un monde en proie à une crise morale et politique.
Face aux incertitudes multiformes qui étreignent le monde, il apparaît capital de replacer la sagesse antique des civilisations au cœur des débats pour mieux appréhender les défis contemporains de l’humanité. Loin d’être des reliques du passé, les études classiques sont des trésors lumineux qui peuvent réorienter la marche du monde dans un élan de dialogue civilisationnel inclusif. La preuve, des penseurs de l’Antiquité continuent d’être des sources inépuisables d’inspiration pour la gouvernance moderne. Les civilisations anciennes, d’où qu’elles viennent, recèlent des mines de savoirs qui devraient innerver la pensée contemporaine. Les défis de développement auxquels sont confrontées les sociétés modernes peuvent trouver des réponses adéquates dans la sagesse classique et multimillénaire.
Comment y parvenir ? En commençant par la valorisation des recherches sur les études classiques. Les études classiques, en plus d’aider à mieux comprendre les civilisations anciennes et le passé de manière globale, devraient mettre à jour les ressources prodigieuses dont elles regorgent pour nourrir les perspectives de développement des sociétés modernes. Dans un monde où la technologie a investi tous les secteurs de l’activité humaine, il importe, par exemple, de savoir comment la sagesse antique peut renforcer l’idée de la communauté de destin de l’humanité et l’usage approprié des avantages offerts par l’avancée scientifique et technologique. Autrement dit, les valeurs humanistes des civilisations antiques devraient être exhumées pour irriguer le monde contemporain menacé par le repli sur soi et l’isolationnisme. Il est inconcevable qu’à l’heure du village planétaire des postures de cloisonnement du monde puissent être promues.
Innovation et créativité
Remettre les études classiques au cœur des débats ne signifie pas glorifier aveuglément le passé et les traditions ancestrales. Il s’agit de convoquer l’innovation et la créativité dans la pensée classique pour opérer un dialogue fécond avec les exigences de la modernité. Les savoirs ancestraux offrent des clés aux générations actuelles pour bâtir le présent et l’avenir. Le passé peut façonner qualitativement le monde moderne à travers une lucidité réflexive qui prend appui sur l’innovation et la créativité.
Pour un véritable apport des études classiques à la théorie moderne, un dialogue ouvert et inclusif est nécessaire entre toutes les civilisations. Au nom de certaines considérations hégémoniques, des civilisations aux richesses inépuisables ont été méprisées et ignorées. Il importe dans ce contexte contemporain où le savoir s’est largement démocratisé d’accorder la place qui revient à chaque civilisation dans le concert des nations. Tous les peuples disposent de savoirs qui peuvent être utiles à l’humanité. Des peuples autochtones, de par le monde, ont produit des savoirs écologiques avant que la question du changement climatique ne devienne une préoccupation mondiale. Ces savoirs ignorés méritent d’être valorisés de nos jours pour mieux affronter le défi du changement climatique. Au-delà de promouvoir le dialogue entre les civilisations, la Conférence mondiale sur les civilisations classiques vise aussi à donner de la visibilité aux savoirs locaux qui ont été longtemps marginalisés.
Dans un monde où les solidarités s’effritent au profit d’un individualisme stérile, le concept d’Ubuntu, cette philosophie humaniste africaine, qui loue l’interdépendance des êtres humains, l’importance de la compassion et du respect mutuel, peut être revisité pour réactiver le sens de la communauté de destin entre les humains. Ubuntu, dont la portée se résume à « je suis parce que nous sommes », traduit les liens indéfectibles qui tissent l’humanité. Investir dans un tel savoir ancestral, c’est susciter de l’espoir dans un monde fragmenté, c’est prendre le pari pour un avenir où la solidarité humaine est remise au centre des priorités.
« Reverdir le désert moral et politique »
L’on se rappelle que lors de la première édition de la Conférence mondiale sur les civilisations classiques en Chine en 2024, le président chinois Xi Jinping avait rappelé la nécessité de promouvoir la transmission et le développement des civilisations, de renforcer les échanges culturels internationaux, de favoriser le dialogue entre les civilisations mondiales, et de rechercher la sagesse et l’inspiration dans les différentes civilisations. La présente édition s’est également fixée pour objectif de dynamiser les passerelles de dialogue entre l’antiquité et la modernité.
Accorder de l’intérêt aux études classiques, c’est simplement contribuer à faire avancer la connaissance, la science et la technologie pour le rayonnement de l’humanité. Loin d’être des « sciences du passé », comme une certaine opinion voudrait le faire croire, les études classiques aident à élucider l’origine de concepts que nous utilisons souvent sans les connaître. L’héritage du monde recèle des systèmes de pensée, des institutions sociales, de la création artistique ou de la sagesse pratique, vieux de plusieurs générations, que l’on comprend à la lumière des études classiques. Il faut donc encourager la prise en compte de toutes les formes de civilisations et bâtir des ponts d’ouverture et de convergence entre elles. C’est à l’aune de ce dialogue constructif et fraternel que l’humanité saura panser ses maux pour mieux avancer. Comme le dit un philosophe burkinabè, Jacques Nanema, « les humains grandissent vraiment quand ils se reconnaissent l’un l’autre comme des êtres de dignité dont la vocation fondamentale est de s’efforcer de reverdir avec ingéniosité et sollicitude réciproques le désert moral et politique qui menace leur commune participation à l’histoire universelle. »
Longtemps considérée comme l’un des défis majeurs du développement au Burkina Faso, la question de la mobilité urbaine et interurbaine a souvent constitué une préoccupation majeure pour les populations. Entre l’insuffisance des moyens de transport collectif, l’urbanisation croissante et l’éloignement de certains quartiers des centres d’activités, se déplacer dans des conditions satisfaisantes demeurait difficile pour de nombreux citoyens. Aujourd’hui, cette situation connaît une évolution encourageante grâce aux efforts engagés dans le secteur du transport en commun.
Sous l’impulsion de la Révolution progressiste populaire (RPP) et de la vision portée par le capitaine Ibrahim Traoré, l’amélioration de la mobilité figure désormais parmi les priorités du développement national. Cette orientation traduit la volonté des autorités de faire du transport en commun un outil au service du progrès économique et social. En effet, il n’est pas superfétatoire de dire que la mobilité facilite l’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi et aux services publics, tout en favorisant les échanges entre les différentes localités du pays. C’est dans cette dynamique que plusieurs centaines de bus ont été acquis afin de renforcer l’offre de transport en commun. Cet investissement répond à une attente de longue date des populations qui aspirent à disposer d’un système de transport moderne, accessible et efficace.
Ce qui relevait autrefois du rêve devient progressivement une réalité aujourd’hui pour de nombreux Burkinabè. La Société de transport en commun de Ouagadougou (SOTRACO) joue un rôle central dans cette transformation. Depuis plusieurs années, elle poursuit un ambitieux programme d’extension de ses services à travers le territoire national. Initialement présente dans quelques grandes villes, l’entreprise élargit progressivement son réseau afin de rapprocher davantage le service public des populations. Son objectif est d’offrir un transport régulier, ponctuel, sécurisé et durable, capable de répondre aux besoins croissants des usagers. Cette dynamique est renforcée par l’acquisition récente de 530 bus dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité (IPEQ) et du Projet de mobilité urbaine du Grand Ouaga (PMUGO). Au-delà du renforcement du transport en commun, cette mesure vise à améliorer les conditions de déplacement des élèves et des étudiants, considérés comme une priorité pour les autorités. En facilitant leur accès aux établissements scolaires et universitaires, l’Etat contribue à créer de meilleures conditions d’apprentissage. Les retombées attendues de ces investissements sont nombreuses : réduction des temps de trajet, amélioration de la sécurité des déplacements, diminution de la congestion urbaine et meilleure accessibilité aux services essentiels.
La récente validation de 22 nouvelles lignes de bus dans le Grand Ouaga, dont neuf lignes intercommunales destinées aux communes périphériques, témoigne de cette volonté d’adapter continuellement l’offre de transport aux besoins des populations. Toutefois, si ces avancées constituent des acquis importants, leur pérennisation demeure un défi majeur. L’efficacité d’un système de transport ne dépend pas uniquement de l’acquisition des équipements, mais aussi de leur entretien et de leur bonne gestion. Une maintenance rigoureuse des bus est donc indispensable pour garantir la continuité et la qualité du service.
Par ailleurs, les citoyens ont également leur part de responsabilité. Le respect des équipements publics, l’observation des règles d’utilisation et l’adoption de comportements civiques sont essentiels pour préserver ces investissements réalisés au profit de tous. En définitive, les progrès enregistrés dans le domaine du transport public traduisent une volonté affirmée de répondre aux attentes des populations et de soutenir le développement du pays des Hommes intègres. Ces acquis constituent une avancée significative pour le Burkina Faso. Cependant, leur véritable réussite dépendra de la capacité des différents acteurs à les préserver et à les renforcer dans le temps afin qu’ils continuent de bénéficier durablement à l’ensemble de la Nation.
La ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo a effectué une visite de terrain des différents services de la Société burkinabè de télédiffusion (SBT) le 10 juin 2026 à Ouagadougou.
La ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Aminata Zerbo veut s’imprégner des réalités de la Société burkinabè de télédiffusion (SBT) nouvellement rattachée au département qu’elle dirige. A cet effet, elle a effectué le mercredi 10 juin 2026 une visite terrain des installations de la SBT à Ouagadougou.
La visite a concerné la station de diffusion de Kamboinsin, le centre de distribution numérique de Gounghin et la direction générale de l’institution. A l’issue de la tournée la ministre chargée de la Transition digitale a félicité le directeur général de la SBT, David Ganou et ses collaborateurs. « Je suis venue constater les réalités de la SBT et au regard des performances, je traduis mes félicitations au directeur général et à l’ensemble de son équipe pour les performances enregistrées au quotidien », a-t-elle déclaré.
Selon Aminata Zerbo l’immersion à la société burkinabè de télédiffusion lui a permis de se rendre compte que les installations techniques sont hautement stratégiques pour la diffusion audiovisuelle sur l’ensemble du territoire burkinabè. « J’ai noté que la SBT avec ses différentes installations couvre près de 98 % du territoire. Un taux que je juge excellent, même si l’objectif est d’atteindre les 100 % », a-t-elle poursuivi.Aminata Zerbo a salué l’intégrationpar laSBT des directives de la Révolution populaire progressiste (RPP) énoncées par le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, en fabriquant des équipements sur place et en implémentant des plateformes « maison » qui leur permettent d’être plus efficaces.
Offrir des services de qualité
La ministre chargée des Télécommunications a également salué la dynamique de mutualisation entre l’Agence nationale de la promotion des technologies de l’information et de la communication (ANPTIC), la Direction générale des communications électroniques (DGCE) et la SBT pour des échanges d’expériences et de mise en commun des intelligences et des capacités pour offrir des services de qualité. Elle a souhaité la mise en œuvre diligente de la feuille de route qui est assignée à la SBT. De son avis, la société burkinabè de télédiffusion doit diversifier ses offres de services, notamment explorer la possibilité d’offrir la connectivité. Le directeur général de la SBT, David Ganou a décliné la mission de la SBT qui consiste à couvrir l’ensemble du territoire par un réseau d’émetteurs et d’assurer la diffusion des programmes télévisuels. Il a confié qu’à ce jour la SBT assure la diffusion de 17 chaines de télévision sur l’ensemble du territoire. A en croire M. Ganou, la visite de la ministre de tutelle motive l’ensemble des acteurs à faire de la SBT un opérateur de diffusion numérique de référence et un pôle de technologie numérique du département en phase avec les ambitions de la RPP.
Une délégation de la communauté internationale des Soufis conduite par son guide spirituel, Cheick Soufi Moaze Ouédraogo, a rendu, le mardi 9 juin 2026,une visite de courtoisie au Mogho Naaba Baongo pour lui présenter ses vœux de Tabaski et lui réaffirmer leur soutien pour ses actionsen faveur de la paix et de la cohésion sociale.
La communauté internationale des Soufis est reconnaissante des actions du Mogho Naaba Baongo pour une société de paix et de cohésion sociale. A l’occasion de leur visite au palais royal du Mogho Naaba pour lui présenter leurs vœux à l’occasion de la fête de Tabaski, ils lui ont dit merci de vive voix pour son engagement en faveur de la paix et de la cohésion sociale au Burkina. Très ému, le guide spirituel de la communauté internationale des Soufis, Cheick Soufi Moaze Ouédraogo, a fait savoir que cette rencontre a pour objectif de témoigner la reconnaissance de sa communauté au Moogho Naaba pour son grand rôledans la promotion du vivre-ensemble et du dialogue entre les différentes communautés.
« Le Moogho Naaba est un grand artisan de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble. Nous avons voulu l’encourager à poursuivre ses efforts en faveur de l’unité nationale », a precisé le guide spirituel de la communauté internationale des Soufis. A travers cette visite de courtoisie et de communion, la communauté internationale des Soufis a réaffirmé aussi son engagement à œuvrer aux côtés des autorités religieuses, coutumières et étatiques pour la consolidation de la paix et de la cohésion sociale au Burkina Faso.
Selon le guide spirituel, depuis plusieurs années, sa communauté mène des initiatives de sensibilisation au Burkina Faso et dans plusieurs pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique autour des valeurs de paix et de fraternité. Ravi de la visite, le Moogho Naaba Baongo a salué l’initiative des Soufis et les encouragés à intensifier les actions de sensibilisation en faveur de la cohésion sociale et de l’acceptation des différences. Au cours de la visite, Cheik Soufi Moaze Ouédraogo et sa délégation ont offert au Mogho Naaba, un pigeon, un chapelet et un chameau. D’après le guide spirituel des Soufis, le pigeon représente la paix, une valeur particulièrement recherchée dans un contexte où le Burkina Faso continue de faire face à d’importants défis sécuritaires. Le chameau, a-t-il expliqué, symbolise la patience, la résilience et l’endurance. Quant au chapelet, a-t-il affirmé représente le rapprochement avec Dieu.
Une contribution citoyenne à la recherche de la paix
Le Mogho Naaba a salué l’initiative de la communauté internationale des Soufis, qu’il considère comme un exemple de contribution citoyenne à la recherche de la paix et de la stabilité. L’occasion faisant le laron, Cheick Soufi Moaze Ouédraogo a lancé un appel à l’ensemble des Burkinabè à suivre les messages de réconciliation et d’unité portés par les autorités et les leaders coutumiers et religieux. « Rien ne peut apporter durablement la paix dans notre pays sans le pardon, le respect mutuel et l’acceptation de l’autre », a-t-il rappelé.
Conscient de cela, le guide spirituel a invité les citoyens à dépasser les barrières ethniques, religieuses et communautaires afin de bâtir une société fondée sur la fraternité, la tolérance et la solidarité. Selon lui, les prières et les pratiques religieuses doivent nécessairement s’accompagner d’efforts quotidiens visant à renforcer les liens entre les populations. « Nous devons bannir la haine, apprendre à nous accepter et à nous respecter mutuellement », a-t-il insisté. Aussi, il a lancé un appel à l’ensemble des Burkinabè à accompagner les efforts des autorités et des leaders coutumiers dans la lutte contre l’insécurité. Pour Cheick Soufi Moaze Ouédraogo, le pardon, la cohésion sociale et le vivre-ensemble constituent les fondements indispensables d’une paix durable et d’un développement harmonieux du Burkina Faso.
Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, Le mercredi 10 juin 2026, une délégation du conseil d’administration de la radio de l’Alliance des Etats du Sahel, (AES), dénommée :« Daandé Liptako », ce qui signifie « La voix du Liptako ». Introduite par le ministre en charge de la communication,Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, la délégation a été reçue quelques jours après l’installation officielle du conseil d’administration, intervenue le lundi 8 juin 2026, à Ouagadougou.
Composé de neuf membres issus des ministères en charge de la communication, des affaires étrangères et des finances du Burkina Faso, du Mali et du Niger, le conseil d’administration a un mandat de trois ans, renouvelable une fois. La Présidente du conseil d’administration (PCA), Moussokoura Konaté, a rendu compte au chef du gouvernement des travaux de la première session. « Nous avons adopté huit projets de délibération. Il s’agit de textes stratégiques qui concernent l’organisation et le fonctionnement de la Direction générale, le budget de démarrage, la feuille de route éditoriale, le statut du personnel. Désormais, la direction générale dispose d’une boussole, d’un cadre légal, réglementaire et stratégique pour lancer officiellement les activités », a-t-elle indiqué.
Le Premier ministre a salué le travail abattu et encouragé le conseil à traduire en actes concrets la vision des chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali et du Niger. « Nos plus hautes autorités ont compris que le combat engagé ne peut être gagné sans des outils pour contrer la guerre informationnelle. Vous avez un rôle stratégique de gouvernance et d’orientation. Vous jetez les bases de la radio confédérale. Vous êtes les pionniers d’une aventure historique », a-t-il déclaré. Pourlui, l’enjeu est clair : l’AES doit imposer son propre narratif, fondé sur la paix, la fraternité, la cohésion, la souveraineté et la reconquête de la fierté des peuples du Sahel.
« Le narratif de la neutralité absolue s’écroule comme un château de cartes. Chaque média défend une cause. Dans un contexte où l’on veut diviser les peuples du Sahel, la radio ne sera pas jugée sur sa neutralité, mais sur sa capacité à porter la cause des peuples de l’AES », a-t-il affirmé. Réaffirmant l’engagement des plus hautes autorités à accompagner le média, le chef du gouvernement a conclu : « Nous ferons en sorte que la radio s’impose par la qualité de son contenu. Nous avons la conviction qu’on va y arriver. Affranchissez-vous des vérités d’école. Laissez-vous guider par les réalités géostratégiques de notre espace confédéral ». Avec cette audience, l’AES confirme sa volonté de se doter d’outils de communication souverains, capables de produire et de diffuser son propre récit.
La filière mangue se porte à merveille au Burkina Faso, particulièrement dans la région du Guiriko. Selon les chiffres du ministère en charge de l’agriculture, la forte production représente à elle seule environ 58 % des vergers nationaux. Sur une estimation de 360 000 tonnes de mangue par an au niveau national, plus de la moitié de la production provient de cette partie ouest du pays. Au-delà de la mangue conventionnelle, de nombreux producteurs s’investissent dans le bio, sans utilisation de pesticides, ni engrais chimiques. Ce qui fait du Burkina, le premier pays exportateur de ce fruit séché bio au plan mondial. Pour qu’il puisse maintenir le cap, le ministère de tutelle est dans la dynamique de renouvellement des vergers et intensifie la lutte contre les maladies des fruits. Sidwaya dans les vergers et les unités de transformation.
Mercredi 6 mai 2026 à Kourinion. Commune rurale située à une quinzaine de kilomètres de Orodara, dans la province du Kénédougou, région du Guiriko. Nous sommes sur le site agropastoral de 42 hectares (ha) du producteur Drissa Traoré. Un vent frais souffle comme s’il venait de pleuvoir, alors que« le ciel a ouvert ses vannes » il y a de cela plus d’une semaine. Agrumes et manguiers se côtoient. Certaines mangues déjà mûres offrent une douceur naturelle à la dégustation. D’autres toujours vertes sont aussi visibles.
Le choix pour cet arboriculteur de produire sans engrais ni pesticides chimiques depuis une trentaine d’années, lui ouvre des débouchés commerciaux avec des clients exportateurs et des unités de transformation. Amélie (ou gouverneur), Brooks (ou mangue retard), Lippens, Kent et Keitt, sont des variétés de mangues produites dans cette commune car s’adaptant aux conditions climatiques. « Avec ces variétés, nous arrivons à faire une bonne
Un tri rigoureux de la mangue est indispensable à l’entreprise Faso Mangoro, pour garantir la qualité et la conservation du produit fini.
production et la qualité de la mangue témoigne que les conditions sont vraiment réunies », confie l’arboriculteur, tout sourire. Selon l’Agence pour la promotion des exportations (APEX), plus d’une quarantaine de variétés de mangues sont produites au Burkina Faso et représentent 98 % de la superficie des manguiers au niveau national.
Par campagne, une soixantaine de tonnes de mangues sont « extraites » du verger de M. Traoré et vendues à hauteur d’un à 3 millions F CFA.A l’image de ce producteur, Ouo Traoré, 48 ans et mère de cinq enfants, dispose d’un verger de 4 ha certifié bio avec de Lippens et Kent, depuis 11 ans. L’année dernière, elle a attaché un million F CFA ‘’au bout de son pagne’’ grâce à la vente. A environ 500 mètres de là, se trouve le verger de Moussa Traoré. Jardinier, pisciculteur et producteur de tangelos, d’anacardes et d’oranges, il cultive également des mangues sur 25 hectares certifiés depuis 2000.
A l’entrée de son site, est fixée une plaque de consignes d’hygiène. Non loin, on aperçoit des toilettes, une bouilloire et de l’eau de Javel. Pas de défécation sur le site. Pendant la récolte, le port de gants et de bottes est exigé. Une récolte de Kent a été faite et 81 caisses ont été vendues pour le moment, à hauteur de 162 000 F CFA. Les producteurs qui ont l’habitude de faire une bonne moisson s’inquiètent car cette année, « dame nature » n’a pas été au rendez-vous.
Pour le promoteur du Ranch du Koba Issaka Bougoum, l’exportation de la mangue fraiche coûte très chère et seuls les bourgeois peuvent se procurer ce fruit saisonnier.
La floraison de la mangue commence généralement en décembre. Malheureusement en 2026, ce processus, de l’avis de M. Traoré, a été constaté dès novembre et au moment où la mangue devait fleurir, l’harmattan et la chaleur ont fait leur ‘’entrée dans les vergers’’. Face à cette situation, toute la chaîne (producteurs, transformateurs et exportateurs) ne tirera pas son épingle du jeu. Les producteurs auraient souhaité que la majeure partie des vergers soit irriguée pour faire face aux effets des changements climatiques, mais les moyens financiers font défaut.
Ils se réconfortent tout de même et s’inscrivent dans la dynamique de la loi du marché, qui stipule que si le produit est rare, il est cher. « Si la demande sera plus forte que l’offre, nous allons faire de bonnes affaires cette année mais pas une mévente », souhaite Drissa Traoré. Dame Ouo Traoré, qui n’a pas encore récolté, ne compte encaisser que 600 000 F CFA. Moussa Traoré, qui a perçu 2 millions F CFA la campagne passée, prévoit en encaisser davantage, si les clients acceptent d’acheter à un prix plus élevé.
Si Drissa et Moussa sont optimistes, Arzouma Vlé Traoré, lui, n’affiche pas un air heureux. Il n’obtiendra pas la moitié du montant qu’il a eu lors de la campagne précédente. Moussa Traoré, un autre producteur sexagénaire, torse nu, le regard hagard, assis sous un arbre ombrageux à côté de son verger de 6 ha bio, marmonne timidement que cette campagne est la plus « catastrophique », qu’il ait jamais connue.
Le bio, une longue procédure
Au Ranch du Koba, les mangues fraiches passent par plusieurs étapes avant d’être conservées…
Ils confirment tous que 1996 et 1997, sont des années où la mangue en bord-champ était vendue à 25 F CFA et deux pouvaient être cédées à 5 F CFA. Malgré ce bas prix, ils ne s’en tiraient qu’à seulement 15 % de leurs marchandises. « Présentement, avec les unités de transformation, nous arrivons à nous en sortir en tant que producteurs », se réjouit Drissa Traoré. Il confie que les producteurs ont plaidé auprès du ministre de tutelle, en faveur du recours aux moyens conventionnels de vente, qui est le kilogramme.
C’est ainsi que lors du lancement de la campagne fruitière 2026 en février dernier, il a annoncé le prix plancher de la mangue à 95 F CFA. Mais le hic est qu’il n’est toujours pas appliqué. Présentement, la mangue se vend à 70 ou 80 F CFA. Pour preuve, pour la première récolte, Drissa Traoré a vendu le kg à 70 F CFA. Le prix plancher ne rencontre d’ailleurs pas l’assentiment du président de l’Interprofession mangue, Yaya Koné. Il explique qu’une rencontre avait eu lieu avec le Conseil burkinabè des filières agropastorales et halieutiques (CBF), pour fixer un prix sur la mangue d’exportation.
La deuxième rencontre qui était attendue n’a jamais eu lieu, jusqu’à ce que les 95 F CFA ‘’tombent’’ comme un couperet. Pour lui, la mangue export est le premier choix et la récolte est faite de façon minutieuse. Le prix idéal qui était fixé antérieurement est 95 F CFA. « Mais la transformer et la vendre également à ce prix, cela est impossible. Dans les unités de transformation, les intermédiaires proposent le kilo de la mangue fraiche à plus de 100 F CFA. C’est cet amalgame que font les producteurs et les transformateurs actuellement et il faut que l’Etat nous éclaire davantage sur ce prix », s’offusque M. Koné.
… dans cette chambre froide à 9°C et convoyées vers l’Europe.
Le producteur Moussa Traoré estime qu’il doit y avoir une différence nette entre les prix du conventionnel et bio, parce que la production bio est une longue procédure avec des règles strictes à respecter. Le directeur régional en charge de l’agriculture du Guiriko, Eric Pascal Adanabou, souligne que plus de 13 000 hectares sont exploités dans la région pour la mangue bio. L’assistant technique de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs de mangues du Burkina, Ibrahim Doumbia, ajoute qu’environ 25 à 30 % des vergers de ladite région sont certifiés bio par Ecocert/Burkina et d’autres structures.
Le site de Drissa Traoré sera certifié bio en juillet prochain par Global Protect. En attendant, il rassure qu’autour de son verger, aucune culture vivrière, ni engrais chimique n’est pratiqué. Tous les deux ou trois ans, des labours d’entretien sont faits dans son verger mais jamais d’herbicides. « Il est vrai que mon verger n’est pas encore déclaré bio, mais je respecte toutes les normes de culture bio », se félicite-t-il.
Le directeur général d’Ecocert/Burkina et pour la zone ouest-africaine, Mamadou Sanogo, certifie que les coûts des certifications diffèrent au niveau des vergers, de la transformation et de l’exportation. Il affirme qu’il existe des normes réglementaires qui sont beaucoup demandées par les clients. Il s’agit de l’UE 848 qui est européenne et le NOP qui est la norme américaine. Il reconnaît que depuis deux ans, la certification est confrontée à d’énormes contraintes en raison du changement réglementaire de 2025, qui impacte majoritairement sur les coûts.
« Nous sommes passés d’un système où la commission européenne donnait la latitude aux organismes de certification tels qu’Ecocert, de mettre en place un cahier des charges adapté au contexte des pays tiers à un concept généralisé imposé par ladite commission qui nous amène à faire 5 % d’audits et 2 % de prélèvements », explique M. Sanogo. Il signale qu’auparavant, seul un échantillon était audité pour vérifier la conformité d’une coopérative qui regroupait 4 000 producteurs par rapport à la réglementation.
Ces mangues bio de l’unité Global Faso, déjà séchées, »convoleront » vers Los-Angeles.
« Si cet échantillon était conforme, la certification était donnée pour l’ensemble des producteurs. Mais de nos jours, avec la nouvelle réglementation, nous sommes tenus de visiter 5 % du nombre de producteurs », clarifie-t-il. A l’entendre, l’ancien système dénommé EOS est passé à une nouvelle réglementation qui est le NERUE 848.« Nous sommes un organisme qui est aussi audité et accrédité par la commission européenne.
Si nous ne suivons pas la nouvelle norme, nous sommes sanctionnés comme nous sanctionnons nos clients », fait-il savoir. Issaka Bougoum est le promoteur-gérant de la SN Ranch du Koba au secteur 20 de Bobo-Dioulasso. Il dispose d’un verger certifié en son temps par Ecocert. Présentement, il collabore avec Bio Inspecta, un autre organisme certificateur basé en Belgique qui délivre tous les certificats. « Nous n’avons pas divorcé d’avec Ecocert. C’est parce qu’il ne dispose pas de tous les référentiels que nos clients demandent que nous nous sommes dirigés vers ce nouveau certificateur », justifie-t-il.
Le vrai goût de la mangue arrive en Europe
Surnommé le « roi de la mangue », Issaka Bougoum est spécialisé dans le conditionnement, transformation et exportation des fruits et légumes, notamment la mangue fraîche et séchée, par bateau et avion. Amélie, Kent, Keitt, Valencia et Springfield, sont conservées au froid jusqu’à destination au Maghreb, Moyen-Orient et dans toute l’Europe y compris l’Angleterre. « Par voie aérienne, c’est le vrai goût de la mangue qui arrive en Europe. Lorsque nous expédions le soir, le lendemain, le client reçoit son colis. Alors que par bateau, il faut au minimum trois semaines », s’enthousiasme-t-il.
Le promoteur de l’unité Faso Global, Adrien Kiendrébeogo : « Si nous voulons vivre longtemps, il faut que nous bannissons les produits chimiques et nous tourner vers le bio ».
En 2025, plus de 5 000 tonnes de mangues fraîches ont « rejoint » ces pays destinataires. Avant qu’elles ne soient embarquées, elles sont défeuillées, lavées, brossées, ventilées, triées, emballées et étiquetées pour être conservées dans des chambres froides à 9 degrés Celsius. Elles sont ensuite chargées dans des conteneurs à la même température pour embarquement. En plus de la certification d’Ecocert au niveau des vergers, il y a la certification phytosanitaire du ministère en charge de l’agriculture, qui atteste que la mangue est exempte de parasites pour l’export.
Mais il peut arriver qu’un produit soit rejeté pour mauvaise pratique d’hygiène, qu’un traitement ait été appliqué pendant le stockage ou qu’une larve de mouche ait été détectée sur une mangue. En ce moment, le produit perd son statut bio. Il devient conventionnel pour le client en Europe. « Si ce dernier est dans le conventionnel, il s’engage à le prendre. S’il ne l’est pas, l’exportateur active ses réseaux pour trouver d’autres acheteurs. Au cas contraire, le produit est détruit », explique M. Sanogo.
Il précise que c’est au producteur ou au porteur du projet de mettre en œuvre, tous les moyens nécessaires pour garantir la conformité de son produit avec la réglementation visée. M. Bougoum affirme que s’il arrive que le produit soit intercepté, l’exportateur n’a plus que « les yeux pour pleurer », car il peut perdre des millions F CFA. Abou Ouattara de Faso Mangoro excellait principalement dans l’exportation de la mangue fraîche au Maroc, Espagne et France. Les légumes qui étaient aussi son ‘’sport favori’’, ont été interceptés et lui ont causé d’énormes pertes. Ce qui l’a obligé à jeter l’éponge sur l’exportation du frais. Il se contente maintenant de celle séchée bio.
Des goûts distincts mais de qualité
Le président de UNPM-B, Eugène Millogo : « Avec le bio, nous vendons plus cher et nous mangeons sain ».
Annuellement, Faso Mangoro exporte au moins 60 tonnes d’Amélie et de Kent séchées vers l’Allemagne et les Pays-Bas. Selon M. Ouattara, la variété Brooks est la plus sollicitée par les clients pour son goût un peu aigre. « La Kent et la Lippens, qu’elles soient fraîches ou séchées, sont naturellement sucrées et de qualité. Nos mangues sont séchées sans aucune coloration ni aucun sucre », précise-t-il. Issaka Bougoum dispose d’une unité de transformation. L’année passée, ce sont environ 4 000 tonnes de mangues séchées bio et concentrées, qui ont été exportées en Europe, Etats-Unis et Amérique du Nord. Il déplore que pour cette campagne, les objectifs ne soient pas atteints pour la faible production de la mangue. Il a construit une nouvelle unité à plusieurs compartiments, équipée de 5 nouvelles technologies (tunnels) qu’il a acquises à 27 millions F CFA chacune, en remplacement du gaz butane.
Elle sera bientôt fonctionnelle avec près de 300 employés. Une autre unité en construction verra la transformation de la mangue en jus. Adrien Kiendrébéogo de l’unité Faso Global à Orodara, possède une centaine de vergers de 600 hectares certifiés par Ecocert. En 2017, il s’est lancé dans l’exportation de la mangue séchée bio et a réussi à conquérir le marché local et européen, notamment l’Allemagne, les Pays-Bas, la Slovaquie et les Etats-Unis. M. Kiendrébéogo n’a pas de sous-traitance avec d’autres structures. Généralement, le client donne une avance et lorsque le produit arrive à destination à bon port, il récupère le reste. Après le séchage, la mangue est triée et le client a deux choix pour la vérification. « Nous pouvons lui envoyer un échantillon pour des analyses.
Mieux, il dépêche une personne pour le prélèvement et le test de la biologie du produit fini. Il a deux semaines pour confirmer, avant que nous ne fassions le chargement », fait-il savoir. Il note que la demande est forte mais vu les « caprices » des manguiers cette année et l’interdiction du gouvernement d’utiliser le gaz, le client est averti à temps, pour qu’il se tourne vers d’autres pays. « Mais ces mangues d’ailleurs sont incomparables à celles du Burkina. Les Européens eux-mêmes le confirment », acclame M. Kiendrébéogo. Aussitôt transformée, la mangue est exportée.
Le chef de service commerce, Zei Seydou : « Nous ne disposons pas de données exhaustives pour l’exportation de la mangue bio, mais avec l’institution des ASE, les exportateurs seront dorénavant obligés de passer par la direction régionale ».
La laisser longtemps en stock, selon lui, altère sa qualité. « Si on veut la conserver et pour qu’elle garde sa couleur intacte pendant un ou deux ans, elle doit être mise au frais avec une température de 0 °C à 8 °C », prévient-il. Annuellement, ce sont 50 à 100 tonnes de mangues séchées bio, qui « quittent » le pays des « Hommes intègres », avec un chiffre d’affaires d’environ 200 millions F CFA. Les acteurs de la filière mangue bio estiment que leur produit est compétitif sur le marché international, mais ils déplorent leur manque d’organisation. « Dans de nombreux pays, la mangue bio est recherchée, mais beaucoup d’acteurs ne sont pas encore arrivés à s’inscrire dans la dynamique du marché équitable », déplore l’arboriculteur Drissa Traoré.
Le président de l’Union des sociétés coopératives/Conseil d’administration des producteurs de mangues biologiques et équitables de la région du Guiriko, Eugène Millogo, par ailleurs président de l’Union nationale des producteurs de mangues du Burkina (UNPM-B), est dans la production, transformation et exportation de la mangue séchée biologique et équitable.
Avec un verger de 239 hectares certifiés par Ecocert depuis 2009 pour 53 producteurs regroupés en coopératives, le fruit séché est acheminé vers la France et l’Allemagne. L’entreprise a en sa possession quatre labels, à savoir le bio, deux certificats équitables et le HACCP. « Chaque année, nous payons près de 3 millions F CFA pour la certification bio et 10 millions F CFA annuellement pour tous ces certificats », évalue-t-il. Par campagne, c’est une production moyenne de 1 835 tonnes de mangues fraîches et 50 tonnes en séchées. En 2025, un chiffre d’affaires de près de 257 millions
F CFA a été enregistré, avec 47 tonnes de mangues séchées exportées et 6,5 tonnes de purée de mangue vers la France. En 2024, ce chiffre était à 212 millions F CFA contre 156 millions F CFA en 2023. « En 2026, si nous arrivons à exporter 55 tonnes, le chiffre peut grimper à 300 millions F CFA », présage-t-il. Grâce à cette prime de commerce équitable, la coopérative a construit une école de trois salles de classe et des latrines à Toussiana, localité située à une cinquantaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso. Des forages sont également construits dans certains villages. « Chaque année ou tous les deux ans, nous sommes invités par nos clients en Europe pour faire la promotion du commerce équitable », se réjouit M. Millogo.
Près de 5 000 tonnes de mangues séchées exportées
Le producteur Moussa Traoré souhaite que les producteurs se reconvertissent dans le bio, sinon dans 20 où 30 ans, il n’y aura plus de terres fertiles pour la génération future.
Le directeur régional en charge de l’agriculture, indique que l’Etat et des partenaires accompagnent la filière bio. Il souligne qu’après la production et la transformation, la direction facilite la mise en contact des producteurs avec les acheteurs. Des dossiers sont également élaborés pour faciliter les exportations vers l’Union européenne. Le chef de service commerce à la direction régionale en charge du commerce de Guiriko, Zei Seydou, précise que la direction accompagne les exportateurs à travers la délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE) et le certificat d’origine des pays clients.
Le ministère soutient aussi la participation des acteurs aux manifestations commerciales et à des ateliers de sensibilisation, liés aux procédures d’exportation. Il confie qu’annuellement, le Burkina exporte environ 6 000 tonnes de mangues fraîches bio et conventionnelles cumulées et 3 000 tonnes de mangues séchées. « Ce qui génère des recettes autour de 18 à 20 milliards F CFA », dit-il. Il indique que la direction ne dispose pas de statistiques exhaustives sur la mangue bio, parce que les acteurs exportaient sans passer par ladite direction et les dossiers étaient signés directement par la douane. « C’est cette année seulement que la mangue a été soumise à une autorisation spéciale », justifie M. Zei. Selon les chiffres de l’Apex, la transformation de la mangue ne représente que 20% de la production nationale.
Eugène Millogo de l’UNPM-B confie que près de 80 % des produits exportés sont bio. « Le Burkina est le premier dans le monde en exportation de mangues séchées bio. Il en a exporté en 2025, près de 5 000 tonnes », confie M. Millogo. Les exportateurs tâtent davantage le marché international parce qu’ils ne sont pas convaincus qu’au niveau de la sous-région, les clients achèteront le kilogramme de la mangue séchée bio à 6 000 F CFA. Adrien Kiendrébéogo de Faso Global détaille qu’un kilo de mangues séchées, nécessite 20 kilos de mangues fraîches et 0,40 kg de gaz. Eugène Millogo affirme qu’au Burkina Faso, il y a au moins 160 unités de transformation qui sont membres des Professionnels de la transformation de la mangue du Burkina Faso (PTRAMAB) et qu’il serait difficile d’abandonner le gaz du jour au lendemain dans les unités de transformation, comme le demandent les autorités.
Le renouvellement des vergers
En 2025, ce sont 6,5 tonnes de purées qui ont été exportées en France par l’UNPM-B.
Bien qu’il ait des contraintes dans le bio, le producteur Drissa Traoré estime que les pratiques protègent mieux l’arbre et le sol. Il ne voudrait pas que cette pratique culturale soit vue comme une opportunité de gain, mais plutôt une lutte pour la restauration de l’environnement. « L’utilisation abusive des pesticides chimiques augmente le dessèchement du sol et la souffrance de l’arbre. Aujourd’hui, il n’y a plus de terres et il faut que les producteurs s’inscrivent dans la dynamique du bio, pour profiter de tous ses avantages », avertit-t-il. Si le sexagénaire Moussa Traoré a opté pour le bio, c’est parce qu’il juge les engrais chimiques coûteux et nocifs pour l’arbre.
« En Europe, la consommation bio est élevée et il faut que les acteurs se conforment à la réglementation pour pouvoir exporter », conseille le promoteur du Ranch de Koba. Les producteurs bénéficient de formations sur les pratiques culturales du bio, dispensées par le ministère en charge de l’agriculture et certaines organisations et coopératives. Ce qui leur permet d’entretenir en permanence leurs vergers, afin de lutter contre les ravageurs. « Nous sommes impuissants face aux aléas climatiques, mais pour les ennemis de la mangue, nous sensibilisons les producteurs dans la lutte, pour qu’ils renforcent leur dispositif de piégeage.
C’est notre cheval de bataille cette année », annonce l’assistant technique, Ibrahim Doumbia. Pour que les producteurs puissent suivre toutes les normes avec la nouvelle réglementation, le directeur général d’Ecocert/Burkina souhaite, d’une part, que les porteurs de projets forment les producteurs à la base et d’autre part, que l’Etat, à travers le CBF, connaisse les enjeux actuels de la certification et mette en place des formations adaptées. Drissa Traoré, qui est membre de l’UNPM-B, indique que l’accessibilité des intrants biologiques demande des moyens et qu’en plus, la subvention prend du temps. « Actuellement, nous sommes à la période des récoltes, mais jusque-là, nous n’avons pas encore les produits de lutte.
Dans le verger de Drissa Traoré, une première récolte de la variété…
La mouche est là sur toute l’année et est plus virulente en période hivernale. Dans les jours à venir, si rien n’est fait, elle va se multiplier », alerte-t-il. Les producteurs font parfois des récoltes précoces pour éviter la propagation de cet insecte nuisible. Mieux, certains utilisent des attractifs alimentaires qui attirent la mouche en l’éliminant. Le producteur Moussa Traoré utilise une autre technique. « Quand l’arbre est touffu, nous taillons les branches qui sont au milieu et le rayon solaire évite les mouches. Cette technique donne une production de qualité de la mangue », confirme-t-il. A côtéde cet insecte, il y a le dessèchement des manguiers et les fourmis rouges. Eugène Millogo de l’UNPM-B souligne que la présence de cette mouche fait perdre 50 à 60 % de la production.
« Cette année, l’interprofession de la filière mangue a déboursé près de 40 millions de F CFA dans l’achat des intrants bio au profit de ses membres. Ce montant est insignifiant pour plus de 15 000 producteurs conventionnels et biologiques sur le territoire burkinabè », détaille-t-il. Selon les statistiques de l’Apex, en Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso est le quatrième pays exportateur de mangues après la Côte d’Ivoire, le Mali et le Sénégal avec 15 % de parts de marché. Les producteurs s’inquiètent du vieillissement des vergers, qui peut faire perdre au pays cette place. Le directeur régional, Eric Pascal Adanabou, souligne que des études menées ont montré que 80 à 90 % des vergers sont vieillissants.
Mais il soutient que l’épine sera enlevée du pied car la filière mangue fait partie de l’Offensive agropastorale et halieutique. « Presque 10 % des vergers sont déjà renouvelés. Dans le cadre de l’Offensive agropastorale, nous avons donné gratuitement des plants à certains producteurs et mis à la disposition d’autres acteurs, des plants subventionnés pour
… Lippens a été déjà faite et vendue à 70 F CFA le kilo
une production de qualité », dévoile-t-il. Drissa Traoré espère qu’avec le renouvellement des vergers, le Burkina Faso qui est déjà leader mondial, pourra également dans deux ou cinq ans, occuper la première place en Afrique de l’Ouest. Le promoteur du Ranch du Koba, souhaite que certaines décisions prises à l’endroit de la filière soient revisitées avec tous les acteurs, afin que la mangue bio séchée continue de porter haut le pays des « Hommes intègres » dans le monde.
« Le Burkina est compétitif à l’international, mais s’il perd le label bio, il ne pourra pas tenir », prévient-il. Selon lui, le Burkina Faso devrait s’inspirer des nouvelles pratiques techniques de pays qui ne disposent ni du climat, ni des sols adaptés à la mangue, mais qui parviennent à développer des vergers industriels à haute densité. De nombreuses unités de transformation étant sur des parcelles d’habitation les sécheurs plaident pour que l’Etat les mette à l’abri.
La mairie centrale de Bobo-Dioulasso a accueilli, le lundi 8 juin 2026, la sortie de résidence de la comédie musicale intitulée « Sya An Ka Soo, Hèrè Soo ». Ce spectacle marque une étape dans les préparatifs de la commémoration du centenaire administratif de la commune.
Le projet de création artistique « Sya An Ka Soo, Hèrè Soo » est presque terminé. Il a été présenté au public, en avant-première, le lundi 8 juin 2026 à Bobo-Dioulasso, en présence des autorités administratives, coutumières et religieuses de la commune. Initiée par l’association Sini Djigui en collaboration avec l’association Siraba, cette œuvre s’inscrit dans le cadre du centenaire de la commune de Bobo-Dioulasso (1926-2026).
Selon les responsables du projet, Fidèle Dabiré, la conception du spectacle a nécessité sept mois de recherches historiques et de collectes de données auprès d’anthropologues, de griots et de personnes ressources. L’objectif affiché par les promoteurs était de confronter les différents récits afin de représenter l’ensemble des sensibilités et des communautés de la cité de Sya sans trahir les faits historiques. Cette phase a été suivie d’une résidence de création d’un mois. « La représentation de ce lundi a mobilisé une trentaine d’artistes, comprenant des chanteurs, des danseurs, des chorégraphes et des musiciens », a-t-il indiqué.
Pour lui, ce rendu constitue un « avant-goût » ou une « miniature » du projet définitif. Le Président de la délégation spéciale (PDS) communale de Bobo-Dioulasso, Laurent Koutoukou Kontogom, a décrit le spectacle comme une œuvre « assez dense » et « éclectique ». Il a souligné la diversité des modes d’expression utilisés. « On parle du chant populaire pour commencer, de la danse contemporaine, des chœurs populaires, en associant la rythmique de l’orchestre », a-t-il indiqué. Pour le PDS, cet événement est l’occasion de célébrer l’histoire de la cité de Sya, dont l’existence dépasse le cadre du siècle administratif pour remonter à plus d’un millénaire.
Un projet toujours en quête de financement
Sur le plan financier et structurel, le projet bénéficie du soutien du Programme d’appui au développement des initiatives culturelles (PADIC), financé par la coopération suisse et du Fonds burkinabè pour le développement économique et social (FBDS). Selon le représentant du FBDS, Issa Barry, ce dossier a été retenu parmi plus de 500 candidatures en raison de son potentiel de transmission de l’histoire culturelle de la ville de Bobo-Dioulasso aux plus jeunes. Les partenaires ont indiqué avoir suivi l’évolution de la mise en œuvre de façon inopinée avant de valider la qualité du rendu final.
Malgré ce soutien, les organisateurs ont indiqué que le spectacle présenté n’est qu’un « avant-goût » du format final. Un appel a été lancé aux partenaires privés et aux mécènes pour boucler le financement de la version définitive. Le spectacle complet dont la représentation est prévue pour décembre 2026 devrait réunir plus de 100 artistes sur scène, incluant des conteurs et des acrobates, avec l’appui d’une scénographie technologique. Le PDS a réitéré l’engagement de la commune à accompagner la finalisation de l’œuvre. « Nous ferons au mieux pour que ce spectacle soit là en décembre », a-t-il indiqué. Il a invité les opérateurs économiques et les entreprises à associer leur image à ce projet qui appartient désormais, selon ses termes, au patrimoine de la commune de Bobo-Dioulasso.
A.S a comparu le mardi 19 mai 2026 devant les juges de la chambre correctionnelle du TGI de Banfora pour menace sous condition. Des faits qui lui sont reprochés, S.H l’accuse de l’avoir menacé courant 2025 de lui faire passer de vie en trépas, mystiquement. Tous les faits se reposent sur une histoire de parcelle. Le prévenu est résident du quartier Bounouna de Banfora où se trouve sa grande concession familiale. Au moment du lotissement de la zone à l’occasion de la célébration du 11-Décembre 2020 à Banfora, le prévenu avait fortement espoir d’être attributaire de cette parcelle litigieuse sur laquelle est enterré son grand frère. Seulement, après les résultats d’attribution il sera surpris de ne pas être attributaire de ladite (…)
La société COMZA Burkina, en collaboration avec la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL), a officiellement lancé une nouvelle solution dénommée ‘’SOS Cash Power’’ dédiée aux abonnés équipés de compteur prépayé, mercredi 10 juin 2026, à Ouagadougou.
La société COMZA Burkina a développé un nouveau produit pour soulager le quotidien des abonnés équipés de compteur prépayé d’électricité cash power. Le lancement officiel de cette innovation dénommée ‘’SOS Cash Power’’, est intervenue, mercredi 10 juin 2026, à Ouagadougou. ‘’SOS Cash Power’’ est un service de crédit d’électricité d’urgence qui permet à un client de recharger son compteur immédiatement, même si celui-ci ne dispose pas de liquidité ou d’argent électronique à l’instant T, selon le directeur de COMZA Burkina, Dr Aristide Aly Boyarm. « Il lui suffit juste de composer *3480# et suivre les instructions pour emprunter du crédit allant de 250 francs CFA à 5 000 francs CFA qu’il remboursera lors de sa prochaine recharge moyennant les frais du service incluant la TVA qui est de 15% du montant emprunté », a-t-il expliqué. Le directeur de COMZA Burkina a en effet soutenu que l’innovation a été inspirée d’un constat simple, partagé un peu partout en Afrique avec l’essor des compteurs prépayés. « Plusieursclients se retrouvent privés d’électricité au mauvais moment, faute d’avoir pu recharger à temps leurs compteurs. En cherchant une réponse à ce problème, l’idée d’un crédit d’énergie a peu à peu pris forme au sein de nos équipes, jusqu’à devenir une solution technologique concrète », a-t-il étayé.Pour lui, le principe de SOS Cash Power répond à une situation que des milliers de ménages et commerçants connaissent. A savoir, une coupure de crédit qui survient tard le soir, le week end, un jour férié ou loin d’un point de paiement.
Une solution simple
« SOS Cash Power est une solution simple, rapide, accessible et surtout utile pour le citoyen qui n’est plus jamais laissé dans le noir, faute de liquidité immédiate et également utile pour la SONABEL dont le service gagne en continuité », s’est réjoui le directeur de COMZA Burkina. Pour sa part, le représentant du Directeur général (DG) de la SONABEL, Noël Soumnéré, a salué l’innovation qui vient renforcer la modernisation des services de la nationale d’électricité au profit de ses clients. Aussi, il a félicité COMZA Burkina pour son professionnalisme et sa capacité à proposer des solutions adaptées aux réalités africaines. « Dans un contexte où l’électricité est devenue un besoin essentiel pour la vie quotidienne, les activités économiques, l’éducation, la santé et la sécurité, éviter les interruptions des services dues à un manque momentané de liquidités constitue une avancée importante », a apprécié le représentent du directeur général de la SONABEL. Pour lui S.O.S Cash Power apporte ainsi plus de flexibilité, de continuité des services et de sérénité aux clients. « A la SONABEL, notre ambition est d’améliorer durablement l’expérience clients et moderniser les services qui leur sont proposés. Ce partenariat avec COMZA Burkina s’inscrit pleinement dans cette dynamique de transformation numérique et d’innovation au service des usagers », a-t-il déclaré. Noel Soumnéré a rassuré les consommateurs et COMZA Burkina que ce service se fera dans le respect des principes de transparence, de fiabilité et de qualité des services.
Dans quelques heures, le monde du football aura les yeux rivés sur l’Amérique du Nord. Pour la première fois de son histoire, la Coupe du monde se déroule dans trois pays hôtes, passe à 48 équipes et mobilise 16 villes. Une édition hors normes qui promet autant de défis organisationnels que d’émotions sportives.
Le compte à rebours de la Coupe du monde 2026 touche à sa fin aujourd’hui à 19 heures TU. Après plusieurs années de préparation, la compétition mondiale ouvre officiellement ses portes ce soir avec le match d’ouverture, entre le Mexique et l’Afrique du Sud. L’événement le plus suivi de la planète football s’annonce déjà comme une édition historique. Organisée conjointement par les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, cette compétition marque un tournant dans l’histoire du football mondial avec une ampleur jamais atteinte. Des métropoles américaines aux villes canadiennes, en passant par les enceintes mexicaines chargées d’histoire, à commencer par le mythique stade Azteca de Mexico qui devient le premier de l’histoire à accueillir trois matchs d’ouverture, 16 villes accueilleront les 104 rencontres de ce rendez-vous planétaire. Cette répartition géographique illustre la volonté de la Fédération internationale de football, de donner une dimension encore plus universelle à sa compétition phare.
Au-delà de son organisation géographiquement inédite, cette Coupe du monde se distingue par son tout nouveau format. Le passage de 32 à 48 sélections change radicalement la donne. L’élargissement du nombre de participants ouvre davantage de portes aux nations émergentes et renforce l’ambition d’un football plus inclusif. Réparties dans 12 groupes de 4 équipes, les sélections devront batailler un tour supplémentaire (les seizièmes de finale) pour espérer toucher le Graal. Pour de nombreuses équipes, l’occasion est unique de se mesurer au gratin mondial et de gagner en visibilité sur la scène internationale.
Sur le plan sportif, les regards seront naturellement tournés vers les grandes nations de football. L’Argentine, championne en titre, tentera de conserver sa couronne face à l’armada européenne (France, Angleterre, Espagne) et au retour en force du géant sud-américain, le Brésil. Comme à chaque édition, la compétition devrait révéler de nouvelles stars et offrir son lot de surprises, faisant naitre de nouveaux héros aux quatre coins de la planète.
L’Afrique ambitieuse
L’Afrique, de son côté, nourrit de grandes ambitions et bénéficie directement de cette réforme. Le continent passe ainsi de 5 à 10 représentants. Les performances historiques du Maroc (demi-finaliste en 2022) et la régularité du Sénégal lors des précédentes éditions ont démontré que l’écart avec les cadors mondiaux s’est considérablement réduit. Les supporters du continent espèrent voir les ambassadeurs africains franchir un nouveau cap et, pourquoi pas, hisser le continent noir sur le toit du monde pour la première fois.
Au Burkina Faso, même en l’absence des Etalons qui ont raté le coche des qualifications, la fièvre du ballon rond reste intacte. Les passionnés se préparent à vivre plusieurs semaines intenses, malgré le décalage horaire avec le continent américain. Comme souvent, les supporters burkinabè partageront leur cœur entre le soutien indéfectible aux frères africains engagés et leur admiration pour les stars du football mondial.
Cette Coupe du monde constitue également un défi logistique et écologique majeur. Voyager de Vancouver à Miami, ou de Mexico à New York, implique de traverser plusieurs fuseaux horaires. La coordination sécuritaire et douanière entre trois pays souverains, ainsi que l’accueil de millions de visiteurs, exigeront une organisation d’une rigueur millimétrée. Mais ces contraintes témoignent aussi de l’évolution d’un événement devenu trop vaste pour être porté par un seul pays.
Plus qu’une simple compétition sportive, la Coupe du monde demeure un rendez-vous culturel et humain. Elle rassemble des peuples, transcende les frontières et offre un langage commun à des millions de personnes. Pendant un peu plus d’un mois, les différences s’effaceront au profit de la même passion du football.