Cher mondial

Aujourd’hui 11 juin 2026 s’ouvre sur le continent nord-américain, la 23e édition de la coupe du monde de football. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le football-business n’aura autant bien porté son nom que lors de cette édition, avec Donald Trump et Gianni Infantino dans le rôle d’adeptes invétérés de Mercure, le premier portant en sus la casquette de « père fouettard » principalement pour les équipes et supporters du Sud global suspectés de délit de faciès et d’accointances plus ou moins avérées avec les « cercles terroristes ».

Un mondial des riches, voire de très riches où, record Guinness, quatre billets de la finale ont été mis en vente par la FIFA au prix invraisemblable de 2,3 millions de dollars. Et si d’aventure (ce qui ne devrait pas manquer) certains excentriques milliardaires du Golfe persique ou de la jet-set californienne venaient à se les approprier, la FIFA « palperait » sur chaque billet la bagatelle somme de 690 000 dollars.

A l’instar des billets des finales NBA qui sont mis à l’encan avec des prix-plancher oscillant entre 100 000 et 200 000 dollars, ou des tournois de golf floridiens où il faut casquer lourd pour avoir accès au green, ce mondial américain sera un défilé de stars et de cover girls qui viendront s’y montrer juste pour le fun.

Les classes populaires ne sont pas oubliées pour autant, même s’il faudra débourser plus de 1 000 dollars pour un match de poule alors que le prix d’entrée minimum de la finale est de 2 790 dollars. En ajoutant le prix des navettes entre les hôtels et les stades (90 dollars minimum), celui du visa (15 000 dollars) sans oublier le coût du séjour, on comprend que les « Mba Goama » et les Gorguis ne seront pas les bienvenus au pays de l’oncle Sam. Ce d’autant que Trump a durci les conditions d’entrée aux USA, allant jusqu’à exclure certains officiels, notamment l’arbitre somalien, Omar Artan, dont le passé a été jugé « sulfureux » par les services d’immigration US.

Quand on pense que Infantino a récemment accordé le prix FIFA de la paix au président américain, on en arrive à se dire que les deux hommes sont de mèche dans cet « assassinat » de ce jeu populaire qu’est le football. En fait de spectacle inclusif promis par Infantino, on assistera à un tournoi fermé au grand dam des hôteliers qui peinent à faire le plein. Côtés droits de retransmission « Don » Gianni Infantino a, là aussi, monté le curseur avec un peu plus d’un milliard de nos francs à débourser par les télévisions du Sud pour nous offrir le spectacle.

L’ultralibéralisme, fille aînée de la mondialisation marchande et financière, touche donc le football ainsi que le prédisaient les orthodoxes de la vieille école comme feu Issa Hayatou qui a longtemps plaidé dans le désert pour une modération des envies boulimiques des hommes d’affaires et des avocats qui ont fait main basse sur le sport roi.

Vivement que les dieux du football balisent le chemin de Samuel Eto’o fils dans sa quête du fauteuil présidentiel. Le football aux footballeurs et les « vaches » seront mieux gardées.

Boubakar SY 

Héritage et renouveau : L’élan de la jeunesse chinoise à l’ère nouvelle 

Alors que le Parti communiste chinois (PCC) célèbre ses 105 ans, la jeunesse chinoise incarne le dynamisme d’une époque nouvelle. L’esprit révolutionnaire et l’identité des origines, forgés au fil d’un siècle de luttes, constituent le souffle vital transmis de génération en génération. Loin de s’effacer, ce patrimoine historique revêt aujourd’hui, entre les mains des jeunes, une vitalité toute nouvelle.

Des percées technologiques au service de l’autonomie 

Sur le front scientifique, les jeunes chercheurs reprennent le flambeau pour transformer l’esprit révolutionnaire en innovations concrètes. Face aux verrous technologiques mondiaux, la Chine mise sur l’innovation indépendante pour s’en affranchir.

Un tournant stratégique a été franchi en mai 2026 avec la proposition de la loi Tau (τ) par le groupe Huawei. Rompant avec les limites de la loi de Moore, cette nouvelle orientation pour l’ère post-Moore marque le passage du simple suivi technologique à une véritable innovation théorique autonome. Dans la foulée de cette percée, la Chine a réalisé une nouvelle prouesse spatiale : le vaisseau spatial habité Shenzhou-23 a réussi, en seulement 3,5 heures, un amarrage au port radial du module central Tianhe. Cette manœuvre illustre la montée en puissance du secteur aérospatial, confirmant la détermination de la Chine à forger sa propre voie.

Une communication internationale humaniste 

Amarrage rapide du vaisseau spatial habité Shenzhou-23 au module central Tianhe de la station spatiale chinoise, le 25 mai 2026. (CMSA)

Dans le domaine de la communication, les jeunes Chinois transmettent au monde l’héritage centenaire du Parti communiste chinois avec professionnalisme et avec une vision internationale. Une équipe de l’Université Tongji, université de renommée nationale fondée à Shanghai, se consacre à la valorisation de la mémoire historique et de l’héritage du PCC. Elle a élaboré une base terminologique consacrée aux concepts de la mémoire historique et de la culture révolutionnaire du PCC et travaille activement à corriger les représentations biaisées sur des plateformes étrangères comme Wikipédia ou Quora, afin de restituer la véritable chronologie historique. Pour toucher un public plus large, des jeunes ont créé de nombreuses vidéos courtes relatant l’histoire de la culture révolutionnaire chinoise, et les ont ensuite diffusées sur YouTube et TikTok. Ces récits permettent au public étranger de mieux comprendre l’identité profonde et le sens des responsabilités du PCC.

Dans les campus et les villes de Chine, des milliers de jeunes accueillent chaleureusement leurs pairs étrangers. S’inscrivant dans l’initiative visant à inviter 50 000 jeunes américains en Chine, ces échanges spontanés permettent de partager le riche héritage historique du PCC et d’en offrir une compréhension directe, loin des clichés.

Une flamme qui ne s’éteint pas 

105 ans après sa fondation, le feu des origines continue de brûler. Grâce à la relève assurée par la jeunesse, le PCC conserve une vitalité intacte. Par leurs actions concrètes et leur engagement résolu, ces jeunes incarnent la détermination et l’esprit de progrès de la Chine. Ils n’héritent pas seulement du passé : ils le transforment en forces vives pour l’avenir.

Synthèse de Nadège YAMEOGO

Source : CGTN Français 

 

 

 

 

 

Initiative présidentielle pour la santé:Le Camarade Ministre Directeur de cabinet satisfait du taux de réalisation des chantiers des Centres Médicaux Communaux (CMC) dans la région du Kadiogo

Le Camarade Ministre Directeur de cabinet du Président du Faso, le Capitaine Martha Céleste Anderson Dekomwin MÉDAH, accompagné du Ministre de la Santé, Camarade Lucien Robert Jean-Claude KARGOUGOU et du Coordonnateur national de l’Initiative présidentielle pour la Santé (IPS), Camarade Drissa TRAORÉ, a visité le mardi 9 juin, les chantiers de construction des Centres médicaux communaux (CMC) dans la région du Kadiogo. Il s’agit de constater le niveau d’avancement des travaux.
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‎Sur les 4 sites visités (Bassinko, Pabré, Gampèla et Nagrin), le Camarade Ministre Directeur de cabinet du Président du Faso a exprimé sa satisfaction quant à l’avancement des travaux sur l’ensemble des chantiers, évalué entre 70% et 75%.
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« Nous avons visité nos Centres médicaux communaux et nous repartons très satisfaits de la tendance générale des travaux que nous avons observée », a indiqué le Camarade Ministre Directeur de cabinet à l’issue de la visite.
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‎« Le suivi était vraiment très rigoureux (…) et le rythme, très accéléré. », a expliqué le Camarade Coordonnateur national de l’Initiative présidentielle pour la Santé, Drissa TRAORÉ ; d’où ce niveau de réalisation avancé.
‎« Cette sortie c’est pour apprécier l’état d’avancement des travaux parce que nous avons déjà lancé l’acquisition des équipements qui vont bientôt arriver sur nos sites », précise le Coordonnateur de l’IPS.
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‎Le Camarade Ministre Directeur de cabinet a invité les bénéficiaires qui font déjà un travail d’accompagnement et de suivi des travaux, à engager chacun, les énergies nécessaires pour une meilleure exécution des projets.
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‎Le Camarade Ministre de la Santé, Lucien Robert Jean-Claude KARGOUGOU, a salué la vision du Camarade Président du Faso qui veut rapprocher les soins de santé de qualité des populations.
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‎Ces centres médicaux en construction s’inscrivent dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour la Santé, un ambitieux programme d’investissement dans ce secteur, pour la réalisation de 55 Centres médicaux communaux dans plusieurs régions du Burkina Faso.
Direction de la communication de la Présidence du Faso

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Autonomisation économique des femmes : l’OAPI mise sur l’innovation et la propriété intellectuelle

L’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) a lancé la deuxième phase du projet « Autonomisation économique des femmes par l’innovation et l’accès à la propriété intellectuelle » (AFPI) le mardi 9 juin 2026, à Ouagadougou. La cérémonie a été marquée par la signature d’un accord de partenariat entre l’OAPI et le Fonds des nations unies pour la population (UNFPA).

L’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) poursuit son engagement en faveur de l’autonomisation économique des femmes. En effet, elle a lancé le mardi 9 juin 2026 à Ouagadougou, la deuxième phase du projet « Autonomisation économique des femmes par l’innovation et l’accès à la propriété intellectuelle » (AFPI). Prévue du 9 au 12 juin 2026 à Ouagadougou, cette deuxième phase du projet AFPI réunit des femmes entrepreneures, ingénieures et chercheuses autour de sessions de formation, de partage d’expériences et de réseautage. L’ambition est de renforcer les synergies entre innovation, entrepreneuriat féminin et propriété intellectuelle, afin de transformer les initiatives locales en opportunités économiques durables.

Le directeur général de l’OAPI, Denis Bohoussou, a affirmé que cette seconde phase constitue une étape importante dans la mise en œuvre d’une initiative lancée en février 2024 au Cameroun. L’objectif du projet est de renforcer l’autonomisation économique des femmes à travers l’innovation, le transfert de technologies et l’utilisation efficace des outils de propriété intellectuelle. « Aujourd’hui à Ouagadougou, nous n’ouvrons pas seulement une nouvelle phase du projet. Nous écrivons une nouvelle page d’une aventure humaine qui place le talent, la créativité et le génie des femmes africaines au cœur de la transformation de nos sociétés », a-t-il déclaré.

Le projet repose sur plusieurs actions, notamment le renforcement des capacités à travers la formation et la sensibilisation, l’accompagnement au dépôt des titres de propriété industrielle, la cartographie des initiatives féminines à forte valeur ajoutée, ainsi que la création d’une plateforme d’échanges entre les femmes du secteur technologique et celles évoluant dans l’agro-business. Il s’agit également d’accompagner les projets innovants issus de la collaboration entre les jeunes ingénieures, chercheuses et entrepreneures.

Démocratiser l’accès à l’innovation à la propriété intellectuelle

Le directeur général de l’OAPI,
Denis Bohoussou : « le projet
repose sur plusieurs actions dont
le renforcement des capacités
à travers la formation et la
sensibilisation ».

Faisant le bilan de la première phase du projet, Denis Bohoussou a relevé des résultats jugés satisfaisants. Au total, 40 petites et moyennes entreprises dirigées par des femmes ont bénéficié d’audits en propriété intellectuelle et d’un accompagnement spécifique. En outre, 135 jeunes filles ingénieures et chercheuses ainsi que 175 femmes de l’agro-business ont été formées et sensibilisées à la valorisation de leurs activités grâce à la propriété intellectuelle.

Pour le représentant résident de l’UNFPA au Burkina Faso, Yves Sassenrath, l’autonomisation économique des femmes constitue un investissement essentiel pour accélérer le développement durable et renforcer la résilience des communautés. Il a soutenu que le projet AFPI ambitionne de réduire les obstacles qui limitent encore l’accès des femmes à l’innovation, au financement et à la protection de leurs créations intellectuelles.

Pour lui, cette initiative s’inscrit en droite ligne des priorités nationales de développement et de la vision des autorités burkinabè en matière de promotion de l’entrepreneuriat féminin. « L’innovation et la propriété intellectuelle ne doivent pas être des privilèges réservés à quelques-uns. Tous et toutes doivent pouvoir y avoir accès afin de contribuer au développement endogène de nos pays », a-t-il renchéri.

Représentant le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Yacouba Zabré Gouba, a salué une initiative qui valorise le savoir-faire féminin et favorise les synergies entre les femmes ingénieures, chercheuses et les actrices de l’agro-business. Il a rendu hommage à ces femmes dont les innovations et les activités entrepreneuriales participent à la transformation économique du Burkina Faso.

Le ministre Yacouba Zabré Gouba a souligné que le projet AFPI offre aux bénéficiaires l’opportunité de protéger leurs marques, de valoriser leurs innovations et d’accéder à de nouveaux marchés. En favorisant les échanges d’expériences et le développement de partenariats, il a appuyé que le projet entend transformer les initiatives locales en richesses durables et compétitives au profit des familles, des communautés et de l’économie nationale.

Mahamadi SEBOGO

Fatimata ZOUNGRANA

(Stagiaire)

Crédit photo : Fatimata ZOUNGRANA

Légendes

1. Le directeur général de l’OAPI, Denis Bohoussou : « le projet repose sur plusieurs actions dont le renforcement des capacités à travers la formation et la sensibilisation ».

2. Selon le représentant résident de l’UNFPA au Burkina Faso, Yves Sassenrath, ce projet s’inscrit dans la vision des autorités burkinabè en matière de promotion de l’entrepreneuriat féminin.

3. Le ministre chargé de l’Energie, Yacouba Zabré Gouba, a affirmé que le projet AFPI transformera les initiatives féminines en richesses durables et compétitives.

4. L’OAPI et ses partenaires entendent faire de la propriété intellectuelle un levier d’autonomisation économique des femmes.

VOIR PH Lancement projet AFPI…………….MAC ZANGO

RDC : le statu quo diplomatique

L’un des plus gros défis qui s’imposent actuellement à la communauté internationale est de ramener la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Malgré les efforts diplomatiques déployés à l’échelle planétaire, la formule magique pour faire taire les armes, qui y crépitent depuis des décennies, n’est pas encore sortie des laboratoires. Si les différentes négociations peinent à produire l’effet escompté, le médiateur de l’Union africaine (UA), le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, ne baisse pas pour autant les  bras. 

Alors que les combats, entre l’armée régulière et les rebelles de l’AFC/M23 soutenus par le Rwanda voisin, se poursuivent sur le terrain et que les négociations semblent au point mort, le chef de l’exécutif togolais veut toujours croire à une sortie de crise. Aussi, a-t-il présidé, les 7 et 8 juin dernier à Lomé, une réunion consacrée à l’évaluation des activités menées dans le cadre de la médiation africaine au premier semestre de 2026. 

En passant en revue la feuille de route de l’UA et les médiations du Qatar et des Etats-Unis, qui impliquent, entre autres, une cessation des hostilités, un dialogue politique inclusif et la prise en charge des personnes déplacées, les participants à la réunion ont noté avec regret les entraves au processus de paix en RDC. En l’absence d’un mécanisme contraignant pour les parties, aucune initiative de cessez-le-feu n’a tenu jusque-là. Il est difficile, voire impossible de briser la spirale de violence.

Les armes crépitent toujours dans l’Est de la RDC, où l’AFC/ M23 occupe plusieurs villes, avec une intention manifeste de garder ses positions. Ce mouvement politico-armé avait d’ailleurs l’ambition de marcher sur Kinshasa  pour déloger  le régime en place  et Dieu sait s’il a véritablement renoncé à ce projet. Pour l’heure, le  ciel  ne laisse rien présager de bon. On assiste à un statu quo diplomatique dans la recherche de la paix, ce qui tue l’espoir d’un retour à la quiétude chez les  populations de l’Est de la RDC.

Face à ce constat désolant, le médiateur de l’UA et toutes les autres personnalités mobilisées  pour la quête de la paix en RDC  ont  pris,  lors de la  réunion de Lomé, des mesures en vue de consolider les actions de médiation. Ils ont convenu de renforcer la coordination entre les acteurs engagés, de mieux structurer la contribution africaine aux processus complémentaires de Washington et de Doha.

Aussi, ont-ils invité  les Etats et organisations impliqués dans les efforts de médiation à intensifier leur coopération et décidé d’un ajustement des plans de travail des membres du Panel des facilitateurs pour le second semestre 2026. Les perspectives d’avenir ne semblent pas prometteuses, mais  tout  est mis en œuvre  pour donner la chance à la diplomatie. Privilégier la voie du dialogue demeure la meilleure option, même si les rebelles de l’AFC/M23 éprouvent toujours du mal à calmer leurs nerfs.

Ils semblent, en dépit des signes d’ouverture affichés, préférer le langage des armes aux pourparlers. Cette attitude est de nature à saper les actions diplomatiques et  à  décourager ceux  qui espèrent  la fin de l’instabilité. En dépit de cet environnement  empreint de pessimisme, le retour durable de la paix dans l’Est de la  RDC reste  possible,  pour peu que  l’intérêt supérieur du pays prime sur les considérations égoïstes.

Kader  Patrick KARANTAO

SONABEL : désormais des crédits cash power pour dépanner les clients

Il est tombé dans l’oreille de Kantigui que la Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) veut améliorer ses services au profit de sa clientèle. De sources bien introduites, la nationale de l’électricité va lancer, aujourd’hui 10 juin 2026, une solution innovante dénommée : « SOS cash power » dédiée aux abonnés équipés de compteurs prépayés. Cette solution, a-t-on expliqué à Kantigui, permet désormais aux clients, en cas de panne d’unités, de recharger automatiquement leurs compteurs prépayés à travers un emprunt de crédits d’électricité. « SOS cash power », a fait savoir  (…)

Retrouvez On murmure sur https://www.sidwaya.info/numerique/

Kantigui

kantigui2000@gmail.com

(+226) 25 31 22 89

BEPC 2026 à Bobo-Dioulasso: entre cris de joie, pleurs et espoirs de second tour

La ville de Bobo-Dioulasso a enregistré, le mardi 9 juin 2026, les premiers résultats de l’examen du Brevet d’étude du premier cycle (BEPC). Les résultats du premier tour de quelques jurys varient entre 33 et 43% de taux de réussite.

Les élèves candidats au Brevet d’étude du premier cycle (BEPC) ont pris d’assaut le mardi 9 juin 2026 les différents jurys pour s’enquérir des résultats de ce qu’ils ont « semé » lors de l’administration des épreuves de cet examen. Au lycée Ouezzin- Coulibaly (LOC) de Bobo-Dioulasso où sont logés les jurys 24 et 36, les candidats étaient dispersés sous les arbres, distraits de temps en temps par les klaxons des motos des jeunes venus les accompagner. Le soleil qui les accablait a fait place à de gros nuages qui ont déversé des gouttes de pluie, obligeant les candidats à s’abriter sous les bâtiments du lycée.

Tandis que les eaux de pluie continuaient de ruisseler, les candidats sortent de leur abri, les oreilles tendues vers les bureaux de leurs « libérateurs ». A 14 heures, le président du jury 24, Mamadou Ouattara, invite les candidats à s’approcher. Il procède à l’appel. Les noms des premiers admis tombent au même moment que des cris de joie. Ces cris de joie s’estompent lorsque Mamadou Ouattara entame l’appel des candidats admis au second tour, laissant progressivement place aux pleurs. Ce jury 24 du grand LOC a enregistré 302 candidats dont 9 absents. Il y a eu 102 admis soit un taux de 34,11%. 140 sont au second tour. C’est la même ambiance qui a régné au jury 36 logé au LOC.

Il a enregistré 300 candidats. 130 ont été admis, soit un taux de près de 43%, et 125 composent pour le second tour. Au lycée municipal, les résultats sont sensiblement les mêmes. Sur les 308 candidats enregistrés au jury 38, l’on note 99 admis (34,49%) et 125 au second tour.  Toujours dans cet établissement, le jury 37 a compté 308 candidats. 99 ont été admis (33,56%) et 144 sont admissibles. En attendant les résultats définitifs, le président du jury 37, Casimir Ilboudo, trouve les résultats en deçà de leurs attentes. « De façon générale, tout s’est bien passé.

Le président du jury 24, Mamadou Ouattara, espère un bon résultat après le second tour.

Mais, les résultats ne nous donnent pas une entière satisfaction. Nous nous attendions à au moins 45 ou 50% dès le premier tour. Nous espérons qu’au second tour les élèves vont se rattraper. Si on arrive à glaner 120 admis sur les 144 du second tour, nous aurons un bon pourcentage. Je suis optimiste », explique M. Ilboudo. Le président du jury 24, Mamadou Ouattara, partage la même opinion. « Nous sommes à 34,11%. Ce n’est pas aussi satisfaisant. On aurait voulu que ce soit mieux. Nous appelons les candidats admis au second tour à se mettre au sérieux et à réviser correctement tout ce qu’ils ont pu parcourir en classe avec les enseignants. S’il y a lieu d’effectuer des exercices avec d’autres camarades, faire recours aux enseignants afin d’être prêt au second tour, ce sera mieux », invite camarade Ouattara.

Mamadou Ouattara aurait souhaité au moins atteindre les 50% au moins, mais en attendant les résultats du second tour, il invite les candidats admissibles à se mettre vite au travail et à se concentrer  comme Yann Traoré qui est admis au premier tour. « J’ai eu mon BEPC et je suis très content. Dès le début de l’année, je ne me suis pas amusé. J’ai commencé par donner le meilleur de moi. Et voilà que ç’a marché. Je suis très content de moi-même », se réjouit le nouveau breveté. Son ami, Tidjené Saro aussi admis d’ajouter : « le résultat pour moi a été bon. On dit que l’année est longue, mais elle n’est pas longue. Dès le début de l’année, elle avance et il fallait se préparer dès le début. Je suis très content et je vais bien ‘’arroser’’ mon succès. On va inviter les gens et on va le faire ensemble dans la cohésion », lance le candidat dans une atmosphère de cris, de pleurs et de klaxons de motos.

Adaman DRABO

Amadou OUEDRAOGO

(Stagiaire)

Légende (Ph : Adaman DRABO) :

Le nouveau breveté Yann Traoré dit être très content pour son succès au BEPC. (Drabo 1)

Le président du jury 24, Mamadou Ouattara, espère un bon résultat après le second tour. (Drabo 2)

C’est sous une pluie que les candidats se sont présentés pour avoir les résultats du BEPC au Lycée Ouezzin-Coulibaly. (Drabo 3)

Jardins scolaires à Dori: un outil pédagogique au service du « consommons local »

Depuis quelques années, les écoles primaires et les établissements secondaires de Dori, chef-lieu de la région du Liptako, entretiennent des jardins scolaires où les élèves cultivent différents types de légumes et des plantes médicinales à des fins pédagogiques, éducatives et écologiques. Ces jardins servent ainsi de laboratoire pour enseigner la nature, le développement durable, la cohésion sociale et enrichir la cantine scolaire. Zoom sur ces outils pédagogiques aux multiples avantages !

Passionnée de l’agriculture et de l’environnement, Olga Dicko, directrice de l’école Wendou C de Dori, s’est donné les moyens de doter son école d’un jardin scolaire. C’était en 2024. Elle prend attache avec le projet Credo qui accède à sa requête. L’accompagnement a consisté à clôturer le site aménagé de grillage et à la remise de matériels tels que des brouettes, des arrosoirs et des semences de carottes, d’aubergines, de choux et de la laitue. Ainsi débute le jardin scolaire à l’école au secteur 7 de Dori. Trois ans après, l’école Wendou C bénéficie d’un deuxième jardin scolaire équipé de forage et d’un bassin de rétention d’eau grâce au soutien de l’association EDEL. Avec ces deux sites, l’école produit divers types de légumes, de la pomme de terre et des plantes médicinales à savoir le moringa, le baobab et le nimier.

Contrairement à l’école de Wendou C, celle de Petit Paris A a eu son jardin scolaire à la faveur de la construction de sa clôture en 2025 quand bien même le projet était inscrit dans le plan d’actions du conseil de l’école depuis trois ans. Selon son directeur, Boureima Diallo, le jardon scolaire a débuté par la mise en terre d’arbres fruitiers à savoir le papayer, le goyavier, citronnier, le jujubier amélioré, le figuier et le bananier. Par la suite, les légumes ont suivi.

Le chargé de l’agro-sylvo-pastoral du conseil d’école de Petit Paris A, Noufou Zoré, nous présente ici le jardin.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) soutient également la mise en place de jardins scolaires dans les écoles primaires de Dori.  Dans ce sens, les écoles primaires Sainte-Thérèse et Dori C ont bénéficié d’un accompagnement respectivement en 2018 et 2021 pour l’implantation de leurs jardins scolaires. Outre les jardins scolaires, un forage avec un système solaire, accompagné d’un dispositif de goutte à goutte pour faciliter l’arrosage des différents légumes a été installé. A en croire la directrice de l’école primaire Sainte-Thérèse de Dori, Brigitte Ouédraogo, dans le cadre de l’initiation aux métiers en 2025, son école a été ciblée. « Etant donné que nous avons déjà le jardin scolaire du PAM, nous avons décidé de poursuivre dans le jardinage, quitte à élargir l’espace. C’est pourquoi, nous avons demandé au conseil de l’école de nous aider avec la réalisation d’un bassin. Il a fait construire le bassin qui s’élève à 70 000 F CFA », nous apprend la directrice.

La contribution du conseil de l’école

Certains membres du conseil de l’école qui ont des compétences et des connaissances dans le maraichage accompagnent les encadreurs et les élèves dans l’entretien de leur jardin scolaire. C’est le cas du responsable de la production agro-sylvo-pastorale au sein du conseil de l’école Petit Paris A, Noufou Zoré. En effet, il s’est lui-même proposé à ce poste en vue d’apporter son expertise à l’école. Pour ce faire, son rôle consiste à tracer les planches, faire les pépinières, repiquer les plants en compagnie des élèves afin qu’ils puissent maitriser le processus du jardinage. Assurant le même rôle, son collègue de Dori C, Babou Bayala se dit fier d’accompagner les élèves et les enseignants pour l’entretien du jardin scolaire. « Il y a des plants qu’on écarte à 10, 40 ou 60 centimètres afin de faciliter leur évolution. Je leur apprends comment il faut aligner les plants. Je leur inculque toutes ces connaissances afin qu’ils puissent bien comprendre les différentes étapes du jardinage », explique-t-il.

En plus des écoles primaires, les établissements secondaires de Dori ont également des jardins scolaires. Dans le cadre de l’initiation des élèves aux métiers, le chargé de la production agro-sylvo-pastorale et de la promotion de la cantine endogène du conseil de

Le jardin scolaire de Dori C est constitué de divers légumes et de moringa.

l’école du lycée municipal Dr Salifou-Diallo de Dori, Adama Ouédraogo, a été retenu comme la personne ressource pour former et encadrer les apprenants en matière de jardinage. En plus d’entretenir le jardin scolaire, il dit partager ses connaissances acquises au fil des années avec les élèves qui ont l’amour du jardinage.

Une organisation pour l’entretien

Concernant l’arrosage des jardins scolaires au niveau des écoles primaires, une organisation est mise en place en impliquant toutes les classes. Ainsi, les élèves refugiés, les Elèves déplacés internes (EDI) et ceux issus de la population hôte de Dori apprennent à travailler en équipe pour renforcer le brassage et la cohésion sociale entre ces enfants issus de diverses communautés. Selon la directrice de Wendou C, Olga Dicko, les enseignants sont informés du passage de leur classe pour l’arrosage et cela se fait pendant les heures d’Activités pratiques de production (APP) soit de 7 h à 7 h 45 mn ou de 16 heures à 16 heures 45 minutes. Au lycée municipal de Dori, le proviseur Aboubacar Ag Sorafi a trouvé une ingénieuse idée de faire arroser le jardin scolaire par les élèves retardataires. « Ils arrosent jusqu’à ce qu’ils restent une dizaine de minutes pour aller chercher un billet d’entrée à la vie scolaire pour pouvoir accéder à la classe. Notons que ce système contribue à dissuader les élèves qui ont l’habitude d’être toujours en retard », révèle-t-il. Pour les autres établissements, l’arrosage se fait pendant la récréation et les heures ‘’creuses’’ par les élèves.

Un autre point essentiel dans l’entretien des jardins scolaires est l’utilisation de la fumure organique. A ce sujet, les parents sont sollicités afin de permettent aux élèves d’en apporter chaque fois qu’il y a le besoin. « Nous n’utilisons pas d’engrais chimiques, les élèves apportent de la fumure organique que nous transformons en compost pour accroitre le développement des plants », indique le directeur de l’école de Petit Paris A, Boureima Diallo. L’objectif visé par les écoles primaires et les établissements secondaires est de produire et de consommer des aliments biologiques.

Un laboratoire vivant

L’un des membres du conseil d’école de Sainte Thérèse appliquant la fumure organique aux plantes.

Selon le proviseur du lycée municipal Dr. Salifou -Diallo de Dori, Bakary Drabo, le jardin scolaire est un lieu d’apprentissage parce qu’il permet d’appliquer les connaissances théoriques apprises par les élèves en classe. Hormis cet aspect, il signifie qu’il est un outil pédagogique utilisé pour sensibiliser à la protection de l’environnement, à la biodiversité et à l’agriculture durable. Mieux, dit-il, le jardin scolaire est considéré comme étant un laboratoire vivant. De son avis, les élèves, qu’ils soient du primaire ou du secondaire, s’imprègnent des différentes étapes du processus de développement d’une plante à savoir la germination, la levée, la croissance végétative, la floraison, la pollinisation ou la fécondation, la fructification et la maturation.

Abondant dans le même, le directeur de l’école de Dori C, Alfred Bacyé, affirme que certains de ses collègues amènent les élèves dans le jardin scolaire pour étudier et faire une leçon sur certaines plantes. « Le cours porte sur les plantes comestibles telles que la laitue et le chou que les enfants voient à la maison mais ne savent pas comment elles évoluent et ignorent également leurs différentes parties. Lorsque l’enseignant arrache un pied de chou ou de laitue, il le donne aux élèves qui découvrent ses facettes », explique-t-il. Au-delà de l’aspect pédagogique, M. Bacyé a salué l’initiative de ses collègues qui permet d’inculquer aux élèves la vision des plus hautes autorités du Burkina Faso, celle de produire ce que nous consommons et de consommer ce que nous produisons.

C’est dans cette logique que le professeur d’histoire-géographie et d’éducation civique au lycée municipal de Dori, Assicanedirou Zefté Dao, a fait du jardin scolaire, une matière dans ses classes de 5e et 2nd C. Ainsi, il a scindé chacune de ses classes en quatre groupes équivalant à une planche au jardin scolaire. « Chaque groupe d’élèves décide de la spéculation qu’il va semer et s’en occupe de la semi jusqu’à la récolte qu’il partage. A la fin du trimestre, chaque groupe est noté sur 10 pour l’entretien du jardin et 10 autres points pour les compétences théoriques en classe. C’est une initiative personnelle dont l’objectif est de susciter l’engouement auprès des élèves pour le jardin scolaire. Du coup, ils prennent les cours en classe et s’occupent également du jardin. Toute chose qui contribue à former des apprenants qui seront polyvalents dans le future », soutient M Dao. C’est pourquoi, il envisage lors de la prochaine année scolaire harmoniser cette initiative avec ses collègues de la cellule histoire-géographie et éducation civique de son établissement. Cde Dao entend ainsi créer une saine émulation entre les classes concernant l’entretien du jardin.

« Mes leçons de Sciences sont devenues faciles »

L’un des membres du conseil d’école de Sainte Thérèse appliquant la fumure organique aux plantes.

Il est indéniable que le jardin scolaire est un outil interdisciplinaire qui relie la théorie à la pratique tout en éduquant les élèves à la citoyenneté. En tant les bénéficiaires privilégiés, les élèves sont motivés et enthousiastes à apprendre de nouvelles connaissances relatives au jardinage et partant à l’agriculture et l’environnement. A l’image de Stéphane Tamini de la classe de 4e au collège Suudu Andal, les élèves disent avoir été formés à semer et repiquer différents types de légumes. Dans la même lancée, Fadila Maiga en classe de CM2 à l’école primaire de Dori C indique qu’à force de fréquenter le jardin scolaire, elle a appris que l’arrosage des plants se fait soit le matin, soit dans l’après-midi. « Avec le jardin, mes leçons de Sciences sont devenues faciles puisque j’ai découvert le nom de certaines plantes que je ne connaissais pas », confie l’élève. Pour Cheick Abiddine Diallo en classe de CM2 A à l’école de Petit Paris A, sa passion pour le jardin lui a permis de mieux assimiler les cours de géométrie et de calcul. Pour faire les planches, raconte-t-il, il faut prendre les dimensions et bien calculer de sorte que les plantes soient bien alignées. Hormis les connaissances pédagogiques, Komlan Amétépé Sobgo de la classe de 1re A au lycée municipal de Dori a joint l’acte à la parole en possédant ses propres planches de laitue et de tomate. Formé sur le tas, ses récoltes sont consommées en famille et il n’hésite pas à partager ses savoirs avec les autres élèves.

Pour le parent d’élève Hamed Maiga, le jardin scolaire est un outil pédagogique concret qui permet à ses enfants d’apprendre autrement. A l’écouter, il favorise la réussite scolaire en rendant les leçons de Sciences plus vivantes, encourage l’éducation à l’environnement et améliore directement la qualité des repas à la cantine. « C’est un laboratoire grandeur nature qu’illustre de manière pratique des concepts théoriques comme le cycle de vie des plantes, la biodiversité ou l’importance de l’eau. En prenant soin des plantes, les enfants développent de la patience, le sens de la responsabilité et une conscience environnementale », avance-t-il.

Enrichir les cantines scolaires

Les retardataires du lycée municipal de Dori purgent leur punition en arrosant le jardin.

Le jardin scolaire est un espace qui combine éducation et sécurité alimentaire. A ce titre, il permet aux élèves d’apprendre autrement tout en approvisionnant les cantines scolaires en produits frais, locaux et riches en nutriments. De façon générale ses bénéfices pour la cantine scolaire sont multiples. Dans un premier temps, le jardin scolaire favorise la diversification et la qualité nutritionnelle des récoltes (légumes, fruits, condiments) qui viennent compléter la ration de base des élèves qui est composée de céréales avec des vitamines, protéines et des minéraux essentiels. A cela s’ajoute la disponibilité des aliments dans la mesure où les produits du jardin pallient les ruptures d’approvisionnement et réduisent considérablement les coûts d’achat des denrées fraîches. Enfin, notons la valorisation des mets du terroir favorisant la consommation locale, fraîche et saine, sans l’usage de produits chimiques. C’est pourquoi, la directrice de Wendou C, Olga Dicko, atteste que les produits de ses deux jardins scolaires sont utilisés pour enrichir l’alimentation des élèves. En plus de la dotation du PAM constituée de riz, de haricot et d’huile dans les écoles primaires, celles-ci varient l’alimentation des élèves avec les produits du jardin scolaire. « Après avoir servi le haricot avec le riz habituel, on ajoute la salade. Parfois, si on ne veut pas leur distribuer individuellement, pour leur inculquer le sens du partage, de solidarité et de cohésion sociale, on met dans des grands plateaux et ils mangent par petits groupes », témoigne Mme Dicko. Outre la salade servi en dessert, il y a des plats de résistance tels que le couscous de riz accompagné de feuilles de moringa et de chou.

A en croire la directrice de l’école primaire Sainte Thérèse de Dori, Brigitte Ouédraogo, la diversification de l’alimentation à la cantine scolaire a été faite par l’introduction du riz au gras depuis huit ans. « Nous utilisons les tomates, choux, aubergines et oignons produits dans nos jardins scolaires pour cuisiner du riz au gras pour nos élèves. Du coup, ils consomment les légumes qu’ils ont eux-mêmes semés et entretenus jusqu’à la récolte », renseigne-t-elle.

Le directeur provincial de l’enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique du Séno, Damien Tiendrebéogo : « le jardin scolaire contribue à approfondir certaines leçons ».

En sus du riz au gras au collège notre Dame Suudu Andal, la directrice Clarisse Yaméogo affirme que ses élèves ont droit à un menu composé de « babenda » accompagné de to. Et de nous rassurer que tous les légumes utilisés à la cantine scolaire sont issus des deux jardins de l’établissement. En cas de récolte abondante et un approvisionnement suffisant de la cantine scolaire, relate la directrice, une partie est vendue. Selon ses dires, un prix préférentiel est appliqué au personnel et aux élèves qui achètent pour leur famille. Lorsqu’il en reste toujours, les vendeuses de la ville sont sollicitées. Clarisse Yaméogo a fait savoir que la somme collectée sert à acheter du poisson, de la viande et bien d’autres choses pour le fonctionnement de la cantine scolaire parce que son établissement n’a pas d’appui extérieur.

A l’instar du collège Suudu Andal, les autres écoles primaires et établissements commercialisent le surplus de leur production en vue de renflouer leurs caisses afin de faire face à certaines dépenses, notamment l’achat de semences et la réparation des forages.

Le directeur provincial de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle du Séno, Amadou Boureima Dicko, a rappelé que la mise en œuvre du jardin scolaire est le cinquième des 11 axes majeures des réformes éducatives du ministère de l’Enseignement de base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales. Il a également souligné que son objectif est de promouvoir une alimentation scolaire endogène durable et autosuffisante. Quant au directeur provincial de l’enseignement secondaire et de la formation professionnelle et technique du Séno, Damien Tiendrebéogo, il a précisé que le jardin scolaire est encadré par l’arrêté interministériel N°2025-010/MEEA/MESFPT/MESRI portant création de clubs écologiques au sein des lycées et collèges, des institutions d’enseignement supérieur et de recherche et des centres de formation professionnelle. Pour les deux responsables de l’éducation, la mise en œuvre de cette réforme se fait sans difficulté majeure.

Souaibou NOMBRE

snombre29@yahoo.fr


Du jardin au champ scolaire

Avec une expérience de 8 ans dans le jardin scolaire, l’école primaire Sainte Thérèse de Dori a initié un champ scolaire lors des vacances écoulées. Sur instruction de sa hiérarchie, la directrice Brigitte Ouédraogo dit avoir fait labourer, à l’aide d’un tracteur, une superficie d’un hectare au sein de l’école. Du semis jusqu’à la récolte en passant par le désherbage du champ de sésame et du niébé, elle a sollicité des particuliers ou des parents d’élèves qui travaillent toute la journée et ce, moyennant une rémunération soit de 5 000 F CFA, soit de 10 000 F CFA de la caisse du jardin. « Pour cette première expérience, nous avons récolté un sac de 100 kilogrammes de sésame et autant pour le niébé. Avec la conservation des feuilles de niébé et de sésame, nous avons décidé d’entamer l’élevage en achetant trois chères et un bouc », a-t-elle décrit l’exploit.

S.N


El hadji Ousmane Badji, chef de bureau terrain du PAM/Dori

« Notre action s’inscrit pleinement dans la promotion de la cantine endogène »

Sidwaya (S) : Le Programme alimentaire mondial (PAM) accompagne les écoles primaires de Dori dans la mise en œuvre de leurs jardins scolaires. Quel est l’objectif de cet appui ?

Ousmane Badji (OB) : L’objectif principal est d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des élèves. Les jardins scolaires permettent de diversifier et enrichir les repas servis à la cantine. Ils contribuent aussi à renforcer l’éducation alimentaire et les compétences pratiques des élèves. Ces jardins contribuent à l’éducation pratique des enfants et à la résilience des communautés scolaires. Ces derniers renforcent le lien entre l’école, les parents et la communauté environnante.

S : En quoi consiste exactement votre accompagnement ?

O.B : L’accompagnement du PAM repose sur une approche intégrée et porte principalement sur l’appui technique à la mise en place et à la gestion des jardins scolaires, la fourniture d’intrants de base (semences, outils, parfois équipements d’irrigation simples). Selon les contextes, il y a le renforcement des capacités des enseignants, des gestionnaires de cantines, des cantinières et des conseils de l’école, l’intégration des produits issus des jardins dans l’alimentation scolaire, lorsque cela est possible et l’’appui à la formulation de menus et mets locaux régionaux. Cet appui se fait en étroite collaboration avec les services techniques déconcentrés et les communautés locales.

S : Comment se fait le suivi des jardins scolaires ?

O.B : Le suivi est assuré à travers des visites régulières des équipes techniques du PAM bureaux-pays et terrains et de ses partenaires, l’implication des enseignants et des conseils d’école, la coordination avec les services déconcentrés de l’éducation et de l’agriculture et, dans certains cas, le recours à des partenaires externes de suivi et d’évaluation. Ce dispositif permet d’identifier rapidement les difficultés et d’apporter des solutions adaptées.

S : Quel bilan global faites-vous de votre appui et quelles sont vos perspectives ?

OB : Le bilan de cet appui est globalement positif. Les jardins scolaires ont permis d’améliorer la disponibilité de produits frais pour les cantines, de renforcer les capacités locales et de sensibiliser les élèves aux enjeux de l’agriculture, de la nutrition et de la protection de l’environnement. L’appropriation progressive par les écoles est encourageante. Les perspectives visent à consolider ces acquis, notamment en améliorant la durabilité des jardins scolaires à travers un meilleur accès à l’eau, une organisation communautaire renforcée et une articulation accrue avec les cantines endogènes. Plus largement, ce soutien s’inscrit dans la finalité du programme d’alimentation scolaire, fondée sur une approche nexus articulant développement et urgence. A long terme, le programme vise à améliorer durablement la nutrition et la fréquentation scolaire des enfants, à renforcer les capacités nationales et locales et à soutenir les petits producteurs ainsi que les systèmes alimentaires locaux. En contexte de crise, il contribue également à la réduction immédiate de la faim, au maintien des enfants à l’école et à la protection indirecte des moyens d’existence des ménages vulnérables.

S : Les plus hautes autorités du Burkina Faso prônent une souveraineté alimentaire. Comment le PAM envisage-t-il accompagner cette initiative ?

OB : A travers la promotion de la production locale et le renforcement des capacités communautaires, le PAM accompagne les efforts du Burkina Faso pour construire des systèmes alimentaires plus autonomes, durables et résilients. Les cantines scolaires sont un levier stratégique. Les actions du PAM à cette initiative se résument au soutien à la production et la consommation de denrées locales, la promotion des systèmes alimentaires durables, le renforcement des capacités nationales et communautaires et à l’alignement de ses programmes sur les politiques nationales. L’objectif est de contribuer à une autonomie progressive, tout en répondant aux besoins immédiats des populations vulnérables.

N.S

Mali-Bénin: le Président Wadagni à Bamako pour relancer les corridors économiques et la solidarité régionale

Le Président de la République du Bénin, Romuald Wadagni, est arrivé hier mardi 9 juin 2026 à Bamako au Mali pour une visite officielle de haut niveau. Ce déplacement à la rencontre du Président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, s’inscrit dans le cadre d’une tournée d’amitié et de travail entamée auprès des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui partagent avec le Bénin une même monnaie et la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

C’est à 13h47 hier mardi 9 juin 2026 que le mini-avion présidentiel, immatriculé CN-TMM, a atterri sur le tarmac de l’aéroport international Président Modibo-Keïta-Sénou. Le chef de l’Etat béninois a été accueilli au bas de la passerelle par le général d’armée Assimi Goïta, en présence du Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, du président du Conseil national de transition (CNT), le général de corps d’armée Malick Diaw, de plusieurs membres du gouvernement, des diplomates accrédités et de la communauté béninoise résidante au Mali.

Après l’exécution des hymnes nationaux du Bénin et du Mali, les formalités protocolaires et les honneurs militaires, les deux chefs d’Etat se sont installés au pavillon présidentiel avant de rejoindre le Palais de Koulouba pour entamer leurs séances de travail.

L’objectif central de ce déplacement à Bamako est de s’entretenir avec les autorités maliennes sur des perspectives de coopération économique et commerciale, du renforcement de la solidarité sous régionale et des questions de sécurité transfrontalière. Pour le Bénin, l’enjeu est également d’offrir des garanties logistiques et des facilités d’approvisionnement afin de relancer l’attractivité du Port autonome de Cotonou, corridor naturel et vital pour l’accès aux marchandises du Mali et des pays de l’hinterland.

Cette étape bamakoise confirme la priorité accordée par le nouveau chef de l’Etat béninois au dialogue direct et à l’intégration au sein de l’espace ouest-africain. Elle fait suite aux visites déjà effectuées au Niger, au Burkina Faso, au Togo et en Côte d’Ivoire au début du mois de juin, et précède les prochaines étapes de sa tournée qui le conduiront au Sénégal et en Guinée-Bissau.

L’Essor/Mali