Archives nationales du Burkina : 72 heures pour découvrir la mémoire collective d’une nation

La direction générale des Archives nationales du Burkina Faso a lancé, le mardi 9 juin 2026 à Ouagadougou, ses journées portes ouvertes, et ce, dans le cadre des activités de la célébration de la semaine internationale des archives.

A l’occasion de la semaine internationale des archives, les Archives nationales du Burkina Faso s’ouvrent au grand public. Le lancement de ses Journées portes ouvertes (JPO) a été fait par le ministre secrétaire général de la Présidence du Faso, Dr Zakaria Soré, mardi 9 juin 2026 à Ouagadougou.

Pendant 72 heures, les visiteurs auront l’opportunité de découvrir le patrimoine burkinabè à travers une exposition photo consacrée aux personnalités ayant marqué l’histoire du pays des Hommes intègres. Des visites guidées permettront au public de connaitre les missions des Archives nationales, les techniques de conservation documentaire et trésors archivistiques. En outre, une conférence publique sur l’importance des archives a été animée.

La directrice générale par intérim des Archives nationales du Burkina Faso, Marie Jeanne Diasso, a indiqué que la semaine internationale des archives célébrée cette année sur le thème « Archives pour la justice : droits, mémoire et avenir », constitue une occasion pour mettre en lumière leur rôle essentiel dans la préservation de la mémoire collective d’un pays et dans la sauvegarde du patrimoine documentaire.  Elle a souhaité que ces journées puissent permettre aux Burkinabè de mieux appréhender la richesse et la quintessence des archives dans leur vie quotidienne et dans la construction de l’identité culturelle collective.

Le secrétaire de la Présidence du Faso, Zakaria Soré, a appelé les historiens à investir les fonds documentaires pour révéler au monde la richesse de l’histoire du Burkina.

Le ministre secrétaire général de la Présidence du Faso, Dr Zakaria Soré, a salué la tenue des JPO des Archives nationales qui, pour la première fois, offre l’occasion au public de découvrir le parcours riche et inspirant du Burkina. Il a salué le processus de modernisation des archives entamé par la direction générale. Pour lui, les efforts engagés par le président du Faso pour la numérisation des fonds documentaires, pour la formation des archivistes et la réhabilitation des infrastructures s’inscrivent dans la dynamique révolutionnaire. « La construction d’une nation souveraine passe impérativement par la maitrise de son patrimoine documentaire », a-t-il laissé entendre. C’est pourquoi, il a appelé les chercheurs et historiens à investir les fonds documentaires pour révéler au monde la richesse de l’histoire du Burkina Faso. « Aux citoyens et surtout aux jeunes ! Venez lire et prendre conscience que votre identité, vos droits, votre dignité sont inscrits dans ces pages », a-t-il lancé. Le secrétaire général a enfin invité les institutions partenaires à accompagner le chantier de modernisation des archives car, a-t-il dit : « la mémoire de l’Afrique est aussi un bien de l’humanité ».

Adama SEDGO

𝐂𝐨𝐮𝐫𝐭𝐚𝐠𝐞 𝐝’𝐚𝐬𝐬𝐮𝐫𝐚𝐧𝐜𝐞 : 𝐋𝐞 𝐏𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐜̧𝐨𝐢𝐭 𝐥𝐚 𝐅𝐞́𝐝𝐞́𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐬𝐬𝐮𝐫𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐞𝐢𝐥𝐬

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a accordé, ce mardi 09 juin 2026, une audience à une délégation de la Fédération interafricaine des assureurs conseils (FIAC), conduite par son Président par intérim, Vakaramoko Samaké. La délégation est venue présenter au Chef du Gouvernement les enjeux de la 16e Assemblée générale annuelle de la Fédération prévue du 10 au 13 juin 2026 à Ouagadougou.
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‎Placée sous le thème : « Le rôle du courtage d’assurance dans l’élargissement de l’accès et l’amélioration du taux de pénétration », cet événement majeur veut faire du courtier l’acteur clé de ‎l’inclusion financière.
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Cette rencontre régionale réunira près de 200 courtiers d’assurance venus des 14 pays membres de la zone CIMA (Conférence interafricaine des marchés d’assurance), de la Guinée Conakry et du Ghana. Au sortir de l’audience, le Président par intérim de la FIAC a salué l’implication personnelle du Premier ministre en acceptant de patronner l’événement.
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‎ »Nous lui avons montré l’importance de notre métier. Aujourd’hui, les assureurs conseils participent au développement économique de nos pays et à la création d’emplois. Cette assemblée générale marque le début du changement qualitatif que nous voulons opérer. Le thème sur l’inclusion financière est un nouveau départ pour l’accompagnement de nos populations par les assureurs conseils », a-t-il expliqué.
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Le Chef du Gouvernement a pour sa part salué le choix de la capitale burkinabè pour abriter cette 16e édition. Il y voit « une marque de fraternité » envers notre pays. ‎ »Nous avons choisi une trajectoire qui nous vaut beaucoup de diabolisation et de stéréotypes négatifs. Nous restons sereins car le pays avance dans tous les domaines, comme en témoignent les indicateurs macroéconomiques », a déclaré le Premier ministre.
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‎Il a ensuite insisté sur la pertinence du thème, au cœur de l’agenda gouvernemental. ‎ »Votre rôle est important. Aujourd’hui, l’assurance est essentielle dans tous les secteurs. En milieu rural, on parle désormais d’assurance climatique. C’est la preuve que les risques s’élargissent et qu’il faut un minimum de couverture pour nos populations », a-t-il souligné.
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Réaffirmant la volonté du Gouvernement de faire du courtage d’assurance un outil de résilience, le Premier ministre a conclu : « Soyez rassurés de notre disponibilité à travailler à vos côtés et à prendre en compte les recommandations issues de vos travaux. Je vous invite à l’union et à rester en phase avec les évolutions de notre temps ».
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‎Avec cette audience, le Gouvernement confirme sa volonté de faire de ce secteur un acteur majeur de la refondation et de la résilience économique du Burkina Faso.
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‎𝐃𝐂𝐑𝐏/𝐏𝐫𝐢𝐦𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞

𝐌𝐨𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐬𝐮𝐫𝐟𝐚𝐜𝐞 : 𝐥𝐞 𝐂𝐚𝐦𝐚𝐫𝐚𝐝𝐞 𝐌𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐝’𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐈𝐬𝐦𝐚𝐞̈𝐥 𝐒𝐎𝐌𝐁𝐈𝐄́ 𝐯𝐢𝐬𝐢𝐭𝐞 𝐥𝐞 𝐛𝐚𝐫𝐫𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐞 𝐊𝐨𝐤𝐨𝐥𝐨𝐠𝐡𝐨 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐢𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐫𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞𝐭𝐞́ 𝐚𝐥𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐁𝐮𝐫𝐤𝐢𝐧𝐚 𝐅𝐚𝐬𝐨

Le Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques poursuit la mise en œuvre de son ambitieux programme de mobilisation et de valorisation des ressources en eau, conformément à la vision du Camarade Président du Faso, Son Excellence le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, qui fait de la souveraineté alimentaire une priorité nationale.
Dans cette dynamique, l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH) a conduit les travaux de reconstruction du barrage de Kokologho, situé dans le Boulkiemdé, région du Nando. Fidèle à son principe de suivi rapproché des chantiers stratégiques, le Ministre d’État, Ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le Camarade Commandant Ismaël SOMBIÉ, s’est rendu sur le site ce mardi 9 juin 2026 afin de constater de visu l’état des travaux réalisés.

Au cours de cette visite, le Camarade Ministre d’État a pu apprécier la qualité des travaux réalisés sur cet ouvrage qui était fortement dégradé depuis plus d’une quinzaine d’années. Sa reconstruction marque une étape importante dans le renforcement des capacités de stockage des eaux de surface et dans la sécurisation des activités agricoles de la zone.
Au-delà de la restauration de l’ouvrage, cette infrastructure ouvre de nouvelles perspectives pour le développement agricole local. Grâce à l’existence d’un périmètre aménageable d’environ vingt-cinq hectares, le barrage de Kokologho offre désormais l’opportunité de promouvoir une production agricole continue tout au long de l’année, de diversifier les spéculations, d’accroître les rendements et de renforcer durablement les revenus des producteurs.
Convaincu du potentiel de cet ouvrage pour transformer durablement les conditions de production des populations, le Ministre d’État Ismaël SOMBIÉ a instruit séance tenante ses services techniques d’engager les diligences nécessaires en vue de l’aménagement du périmètre hydroagricole, afin que les producteurs puissent tirer pleinement profit de cette infrastructure stratégique.
Cette disponibilité accrue de l’eau constitue un levier majeur pour l’intensification de l’agriculture irriguée et la réduction de la dépendance aux aléas climatiques, contribuant ainsi à l’atteinte de l’objectif de souveraineté alimentaire porté par les plus hautes autorités du pays.
𝗗𝗖𝗥𝗣/𝗠𝗔𝗘𝗥𝗔𝗛

Cérémonie d’adhésion au Kiogho : La construction d’un avenir basé sur des valeurs ancestrales

Le Mouvement Culture et Action a lancé, le samedi 6 juin 2026, une cérémonie d’adhésion au kiogho sur le site historique du bois sacré de Yaka situé à Dassasgho un quartier de Ouagadougou. Deuxième du genre, elle a été   placée sous le parrainage du Naaba Sanem de Ziniaré.

Le centre initiatique traditionnel dénommé « KIOGHO » du Mouvement Culture et Action pour l’année 2026 est ouvert. Une cinquantaine de personnes seront initiées sous l’encadrement des acteurs de la tradition ancestrale, les chefs coutumiers et les détenteurs des secrets multiséculaires. Ils vont se familiariser avec des thématiques telles que la spiritualité et conseils, la naissance et enfance, le mariage, la mort et les funérailles.  Par exemples, dans le domaine de la naissance d’un enfant, les initiés vont   apprendre comment se fait l’inhumation du placenta (Biig-naab-solgré), l’attribution d’un nom authentique, présentation du nouveau-né (Bu-wilgri) et les enseignements de l’enfant.

Naaba Sanem de Ziniaré «le Kiogho se veut un espace de transmission et de cohésion, rappelant que l’avenir du Burkina Faso peut s’appuyer sur la force de son patrimoine immatériel. »

Les différentes thématiques seront abordées à travers des exposés théoriques, des travaux pratiques, des sorties terrain avec les adeptes sur les pratiques thématiques en lien avec la tradition.  Les assistances pratiques se dérouleront sur toute l’étendue du territoire mossi où les adeptes pourront participer et apprendre.

« Ces rites mosse structurent la vie de l’individu de la naissance à la mort. Ils ne sont pas seulement des pratiques religieuses, mais des actes sociaux et culturels qui assurent la continuité de l’identité moaga et la cohésion communautaire », a soutenu le Naaba Sanem de Ziniaré.

Vèneg-b-yam H. Ka-Boré, Membre du mouvement Culture et Action estime que tout ceux qui entre dans le Kiogho doivent s’imprégner de tous ce qu’il faut comme valeur depuis la naissance d’un être humain depuis sa naissance jusqu’à sa mort.

Pour, Veneg-b-yam H Ka-Boré, un des organisateur, l’objectif du Kiogho, est d’offrir aux adeptes de la tradition moaga, un cadre de promotion des valeurs et des pratiques ancestrales.

En rappel, le Mouvement Culture et Action est une association qui évolue dans le domaine de la culture. Elle mène comme activités la sauvegarde et la valorisation du patrimoine et expressions culturels à travers les sept arts que sont : l’architecture ; la sculpture ; l’art visuel ; la musique ; la littérature ; l’art de la scène et le cinéma.

 

                                                                                    Sylvie SAWADOGO

Solidarité envers les veuves et orphelins des FDS: le RCPB fait don de vivres d’une valeur de 5 millions F CFA

Le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) a offert des vivres et du savon d’une valeur de 5 millions F CFA à la Direction centrale de l’action sociale et des services psychologiques des armées (DCAS-SPA). Ce don est destiné aux veuves et orphelins des Forces de défense et de sécurité (FDS) tombées sur le champ de bataille pour la reconquête de l’intégrité du territoire national.

Fidèle à sa mission sociale et à son slogan : « Solidaires pour un mieux-être », le Réseau des caisses populaires du Burkina (RCPB) a une fois de plus exprimé sa solidarité envers la nation. En effet, dans le cadre des activités de la semaine des caisses populaires du Burkina, tenue du 25 au 30 mai 2026, la Faitière des caisses populaires du Burkina (FCPB) a fait un don de vivres et de savon à la Direction centrale de l’action sociale et des services psychologiques des armées (DCAS-SPA), au profit des veuves et orphelins des Forces de défense et de sécurité (FDS) tombées dans la lutte pour la reconquête de l’intégrité du territoire national.  Le don est composé de 200 bidons d’huile de 5 litres, 235 sacs de riz local de 25 kg et 105 cartons de savon, d’une valeur de 5 millions F CFA. Sa remise officielle à la DCAS-SPA a été faite, le lundi 8 juin 2026, par le président du conseil d’administration sortant de la FCPB, Adama Kaboré, entouré du PCA entrant, Augustin Sawadogo, de la directrice générale de la FCPB, Azaratou Sondo/Nignan et de ses proches collaborateurs.

Pour le PCA Kaboré, ce geste s’inscrit en droite ligne avec les orientations des plus hautes autorités du pays en matière de solidarité nationale. « Comme vous le savez, les FDS se battent jusqu’au sacrifice suprême pour que nous puissions vaquer à nos occupations. Ce don vise à soulager un tant soit peu les bénéficiaires. Il s’agit donc d’un acte de solidarité qui est une réponse concrète à l’appel lancé par les premières autorités de notre pays », a-t-il souligné.

Un don à double effet

Pour la directrice générale de la FCPB, Azaratou Sondo/Nignan, ce don est l’expression de la reconnaissance des caisses populaires à l’endroit des FDS et des VDP dont l’engagement pour la sécurisation du pays permet aux populations, y compris les institutions financières, de mener leurs activités économiques. « Chaque année, à l’occasion de la semaine des caisses populaires, nous menons des activités en lien avec notre mission économique, mais aussi des actions relatives à notre mission sociale. Cette année, nous avons jugé bon de nous tenir aux côtés des FDS. Nous sommes de cœur avec elles et nous les félicitons pour le grand travail qu’elles abattent sur le terrain. Nous souhaitons que la paix revienne au pays », a-t-elle confié.

Au nom de la directrice centrale, le lieutenant Hubert Nana, coordinateur des services rattachés à la direction centrale de l’action sociale et des services psychologiques des armées, a traduit la reconnaissance de la DCAS-SPA à la FCPB pour cette marque de solidarité à l’égard des familles des militaires qui ont donné leur vie pour la défense de la patrie. Pour lui, cet important geste a un double effet. « Du point de vue matériel, il va permettre de renforcer nos capacités de prise en charge des familles des FDS tombées. Il a aussi un impact psychologique, car sur le plan moral cela fait du bien aux familles de savoir qu’elles ne sont pas seules dans leur souffrance, mais qu’il y a des compatriotes qui sont mobilisés pour les soutenir », a-t-il indiqué. Et d’ajouter que cet acte de solidarité constitue également un réconfort pour le moral des soldats qui combattent pour la sécurisation du pays et qui voient les populations mobilisées autour de leur combat.

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

Loi Faso Bu Kaoré: les instances traditionnelles installées dans le royaume de Boussouma

Le ministère de la Justice organise, du 8 au 11 juin 2026 à Boussouma, une session de formation des acteurs traditionnels et coutumiers du royaume de Boussouma sur l’opérationnalisation de la loi Faso Bu Kaoré.

Après les acteurs traditionnels et coutumiers du royaume de Ouagadougou, c’est au tour des garants de la tradition du royaume de Boussouma d’opérationnaliser leurs instances dirigeantes de la loi Faso Bu Kaoré. Les organes de justice traditionnelle des 12 cantons du Dima de Boussouma seront mis en place lors d’une session de formation organisée, du 8 au 11 juin 2026 à Boussouma, par le ministère de la justice. Durant trois jours, les échanges vont porter, entre autres, sur la justice traditionnelle, les mécanismes traditionnels de règlement des différends existants, les instances traditionnelles de règlement de différends et la médiation et la conciliation par des instances traditionnelles de règlement des différends. « Cette rencontre permettra également aux acteurs de présenter la loi Faso Bu Kaoré article par article et les registres, et surtout d’imprimer des procès-verbaux constatant les décisions des instances traditionnelles de règlement des différends suivie des échanges », a fait savoir le ministre de la Justice, Edasso Rodigue Bayala. Selon lui, la formation s’achèvera par le recueil des suggestions et recommandations pour une bonne mise en œuvre de ladite loi et l’installation officielle des instances des douze cantons du royaume de Boussouma. A entendre le ministre Bayala, la mise en place de ces instances résume tout l’intérêt que le gouvernement porte à la question de la culture, du retour aux sources pour nourrir la lutte pour la souveraineté vraie et soutenir le développement socio-économique et culturel.  Parmi ces valeurs culturelles de règlement des différends entre les communautés, il a listé, notamment l’arbre à palabres symbolisant le lieu de discussions pour dégager le consensus, pour sauver et sauvegarder l’essentiel, l’intérêt de la communauté et le vivre-ensemble, le Nab-yiri qui symbolise l’autorité du chef, sa capacité à concilier ses sujets de l’impartialité en mettant en avant le beoog-neere.  A l’entendre, plusieurs mesures ont été prises pour la valorisation des coutumes et traditions, à savoir l’institution du mois du patrimoine, la journée du 15-Mai et l’adoption de la loi portant statut de la chefferie traditionnelle et l’adoption de la présente loi portant Faso Bu Kaoré.

Une justice déjà opérationnelle

De l’avis du ministre de la Justice, la loi portant Faso Bu Kaoré, institut des instances traditionnelles de règlement des différends au sein des villages et secteurs, reconnait et valorise ainsi, le rôle important qu’incarne depuis toujours les garants des traditions et des valeurs ancestrales en matière de résolution des différends, de paix et de cohésion sociale. « En même temps qu’elle valorise nos chefs traditionnels et coutumiers, la loi Faso Bu Kaoré impose une grande responsabilité à nos notabilités coutumières et traditionnelles. Etre chef ce n’est déjà pas facile, juger c’est encore plus difficile, mais nous avons entièrement confiance car la loi n’apporte rien de nouveau à ce que vous faites déjà dans nos secteurs et villages, à savoir concilier vivre ensemble, concilier pour l’intérêt de la communauté », a indiqué Edasso Rodrigue Bayala. La plupart des traditionnalistes ont salué l’initiative qui vient officialiser une justice déjà opérationnelle dans le royaume de Boussouma. Pour le porte-parole du Dima de Boussouma, le Sonkoglnaaba, cette réforme de la justice s’appuie sur les valeurs positives endogènes de conciliation des communautés. « Cette justice traditionnelle, outil de conciliation et non de verdict, renforcera la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble entre les communautés », a-t-il indiqué. Abondant dans le même sens, le Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune de Boussouma, Madjoa Lompo, a invité les chefs coutumiers à s’approprier cette justice traditionnelle afin de favoriser la paix et la coexistence pacifique dans leurs localités respectives. Il a mis l’occasion à profit pour traduire toute sa gratitude à l’endroit du roi de Boussouma pour la pratique de cette justice traditionnelle avant l’entrée en vigueur de la loi Faso Bu Kaoré. Le PDS Lompo a également remercié le ministère de la Justice pour cette valorisation des cultures et traditions burkinabè.

Emil SEGDA

Segda9emil@gmail.com

Légende : Ph. : Emil SEGDA

1. Le ministre d la Justice, Edasso Rodrigue Bayala : « La loi Faso Bu Kaoré permettra de désengorger les juridictions classiques et de faciliter l’accès à la justice par les communautés ».

2. Pour le Sonkoglnaaba du Dima de Boussouma, la loi Faso Bu Kaoré vient officialiser leur pratique de conciliation dans le royaume de Boussouma.

3. Des instances traditionnelles de règlement des différends seront mises en place dans les 12 cantons du royaume de Boussouma.

4. Les autorités administratives des Koulsé ont invité les chefs traditionnels et coutumiers à s’approprier la loi Faso Bu Kaoré comme outil de paix et de cohésion sociale entre les communautés.

VOIR PH Faso Bu Kaore………….MAC ZANGO 

Cour royale de Tiébélé: des femmes kassena gravent des valeurs culturelles

A Tiébélé, dans la province du Nahouri, les femmes de l’Association Djoawolim pour le développement (ADD) expriment chaque année, à l’approche de la saison des pluies, un art pictural singulier : la décoration des cases de la cour royale. Ce travail collectif dirigé par la doyenne d’âge mobilise des femmes de différentes générations qui perpétuent un savoir-faire ancestral. Immersion au cœur de la cour royale de Tiébélé, un joyau architectural en terre témoignant de l’organisation sociale et des valeurs culturelles du peuple kassena, installé depuis le XVIe siècle au pied de la colline Tchébili.

Le soleil amorçait sa montée à l’horizon lorsque nous arrivons, ce samedi 30 mai 2026, à Tiébélé, village situé à 172 kilomètres au Sud de la capitale Ouagadougou et à une quinzaine de kilomètres au Nord de la frontière avec le Ghana. Une fois au pied de la colline Tchébili, dans la forêt de Toumônô, un guide touristique de la localité nous attend à côté d’un gros tas de terre non loin de là.

A la rencontre de Richard Badawe Akouabou, guide touristique et gestionnaire local du site de la cour royale de Tiébélé, notre curiosité s’apaise lorsqu’il nous explique que ce tas de terre et de déchets est une butte sacrée. C’est du haut de celle-ci que le joueur de tambour annonce les nouvelles aux habitants, et c’est là aussi que sont enterrés les placentas des nouveau-nés. On l’appelle en langue kassena le « Pourrou ».

La doyenne d’âge du groupe, Adjigatani Poadiague, explique que l’entretien des concessions du palais royal est une pratique ancestrale pour les femmes kassena.

A l’entrée de la cour royale se dresse un figuier majestueux attestant de la puissance de la chefferie. Autour de cet arbre séculaire, des pierres sacrées servent d’assises aux princes et aux habitants de la cour royale lors des réunions ou des sacrifices. Le site est un ensemble de 126 cases faites de terre, de bois et de paille, formant une enceinte défensive. Sur les murs du palais royal, des femmes kassena réalisent des fresques murales.

« Ici, la première richesse sont les peintures murales traditionnelles kassena réalisées par les femmes de la cour royale. Ce savoir-faire ancestral transmis de génération en génération a largement contribué à l’inscription de la cour royale de Tiébélé au patrimoine mondial de l’UNESCO », explique le guide Richard Badawe Akouabou.

Pinceau en main pour exprimer son art sur le mur d’une case ronde, Alice Kalira Nion, membre de l’Association Djoawolim (futur, ndlr) pour le développement (ADD) confie que décorer les murs du palais royal relève d’un travail de fourmi. « La peinture est fabriquée à partir de matériaux naturels trouvés aux environs du village. Le rouge provient de la latérite ou terre rouge et symbolise la puissance et la force. Le blanc, extrait du kaolin, représente la mort et le noir du graphite est la couleur de la terre », indique-t-elle avant de poursuivre : « Les murs sont d’abord recouverts de terre argileuse mélangée à de la bouse de vache, puis humidifiée avec une décoction de cosses de néré. Cette épaisseur va alors permettre de créer des formes en relief ou d’y graver des dessins à l’aide de cailloux et de pinceaux. Puis, une fois les peintures terminées, la décoction est de nouveau appliquée sur le mur afin de les protéger et de leur donner un aspect verni », ajoute-t-elle.

Alice Kalira Nion, membre de l’association ADD, confie que décorer les murs du palais royal relève d’un travail de fourmi.

La doyenne d’âge du groupe, Adjigatani Poadiague, explique que l’entretien des concessions du palais royal est une pratique ancestrale pour les femmes kassena. « Nos mamans ont fait ce travail pendant des années. Si, nous sommes également mobilisées ici sous ce soleil, ce n’est pas pour de l’argent ou pour faire plaisir. C’est un savoir-faire ancestral transmis de génération en génération. Et, nous sommes fières de notre culture et de nos traditions », affirme la doyenne.

Selon Kayè Tintama, Trésor humain vivant (THV), les femmes de l’époque possédaient des techniques ancestrales particulières de protection des concessions. Ses paroles en langue kassena-nankana nous sont traduites par son fils, Lazare Kandora Kougnirpe. « Avant, la terre était accessible, les agrégats également. Après plusieurs jours de travail minutieux pour préparer la peinture, nous procédons, dans une ambiance bon enfant, aux gravures des murs avec un art ancestral propre à notre culture kassena. Une fois les peintures faites, ce n’est qu’après 7 ans que nous nous retrouvons pour repeindre les murs pas comme aujourd’hui où mes sœurs sont obligées de faire la peinture chaque année avant les pluies », laisse entendre l’octogénaire.

Des motifs parlants !

Loin d’être un art abstrait, les motifs sont des injonctions au respect des aînés ou des invocations aux divinités ancestrales. Les peintures murales racontent une histoire et symbolisent des éléments de la vie quotidienne des habitants. Elles ont aussi un rôle éducatif et constituent de véritables supports de transmission des valeurs culturelles. « Chaque symbole représenté sur les murs possède une signification particulière. Ces motifs transmettent des valeurs, des enseignements et des repères culturels aux jeunes générations. Ils constituent une véritable école de vie pour notre communauté », souligne le guide Richard Badawe Akouabou.

Selon Kayè Tintama (86 ans), Trésor humain vivant, les femmes de l’époque possédaient des techniques ancestrales particulières de protection des concessions.

Chaque couleur et chaque symbole utilisé par les femmes, a son explication. « Le blanc symbolise la propreté des femmes kassena. Le noir représente la tombée de la nuit. Le rouge caractérise le sang versé par ce vaillant peuple guerrier qui utilisait les flèches pour contrer les attaques des autres peuples. Le cache-sexe visible sur les édifices est la preuve que les habitants de ce village ne se déplaçaient pas nus. Le serpent boa, lui, est la réincarnation de la grand-mère. La tortue, elle, symbolise le bonheur. Quand une nouvelle case est construite, elle doit être visitée par un lézard. Cette visite atteste que la cabane peut être habitée. L’image de l’épervier est un appel à protéger les poussins contre ce rapace », relate-t-il.

Ce travail de sauvegarde du site à travers les peintures murales est salué par les touristes européens qui continuent d’être attirés par les gravures du palais royal, malgré la situation sécuritaire difficile dans la région du Nazinon et ailleurs au Burkina. Certaines personnes présentes sur les lieux ont encouragé les notables, les guides et les femmes kassena à poursuivre l’entretien, la sauvegarde et la conservation du site inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Dra, Di-nia et Mangolo

Richard Badawe Akouabou, guide touristique et gestionnaire local du site de la cour royale de Tiébélé : « « Ici, la première richesse sont les peintures murales traditionnelles kassena réalisées par les femmes de la cour royale ».

Le guide Richard Badawe Akouabou conduit ses visiteurs à travers les greniers traditionnels et les habitats kassena qui ont, pour la plupart, une petite ouverture de moins de 80 centimètres de haut. Les habitats en pays kassena ont différentes formes dépendant de la situation sociale de leurs occupants, explique le guide. « Il y a ce que nous appelons en langue kassena les Dra. Ce sont des cases rondes réservées aux célibataires », dit-il.

Les « Di-nia » en langue locale sont des cases en forme de huit aussi appelées « maisons-mères ». Construites avec des mottes de terre, elles sont destinées aux personnes âgées, aux petits-enfants et aux jeunes filles célibataires, afin que ces dernières puissent profiter des conseils et de l’éducation des aînés en ce qui concerne la vie du foyer en particulier et la vie sociale en général.

Ces maisons en forme de huit constituaient aussi un système de protection pour contrecarrer les attaques ennemies, car autrefois, les guerres tribales faisaient rage. Il y avait aussi des animaux sauvages qui menaçaient les populations. Pour y accéder, il faut d’abord introduire la tête, les deux bras, puis le reste du corps. A l’entrée, le muret est très élevé, ce qui rend l’intrusion complète impossible. Quand l’ennemi tirait des flèches, le muret faisait barrage et la flèche retombait. De même, si un animal arrivait à y glisser la tête, le chef de famille, stratégiquement positionné à l’intérieur, pouvait asséner un coup fatal au fauve.

De plus, ces cases en forme de huit s’adaptent parfaitement au climat, qu’il fasse froid ou chaud. « A l’intérieur de la maison en forme de huit, se trouve ce qu’on appelle la meule, où les femmes écrasent le petit mil et préparent la pâte d’arachide. Il y a aussi un espace cuisine, une chambre et un salon », précise-t-il. On y trouve également des greniers internes pour conserver le petit mil, l’arachide et d’autres récoltes, ainsi que des pots de conservation pour la farine ou pour frire le poisson et tout le nécessaire pour la cuisine de la femme s’y trouve.

Enfin, renseigne le guide, il y a l’habitat rectangulaire ou « Mangolo ». Cette construction est plus récente que les deux précédentes et est dédiée aux jeunes couples.

Les toits de ces habitats kassena sont constitués de terrasses permettant d’entreposer les récoltes pour les faire sécher au soleil, d’étendre le linge, mais également d’y dormir pendant les périodes de forte chaleur.

Une meule sur laquelle les femmes écrasent le maïs, le mil, le gombo sec, etc., à l’intérieur de la maison en forme de huit.

Malgré le classement du site au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’accessibilité demeure l’un des principaux défis pour le développement du tourisme dans la localité. Les nids-de-poule qui parsèment le tronçon non bitumé de 25 km rendent le trajet difficile. Face à la doléance des notables de la cour royale adressée au gouvernement burkinabè, le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a réaffirmé, lors de sa visite dudit site, le 30 mai 2026, la volonté de promouvoir davantage les sites culturels du Burkina et d’encourager les Burkinabè à découvrir les richesses de leur patrimoine.

Le Burkina Faso compte quatre sites inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, valorisant sa richesse culturelle et naturelle. Il s’agit des ruines de Loropéni (2009), du complexe W-Arly-Pendjari (2017), des sites de métallurgie ancienne du fer (2019) et de la Cour royale de Tiébélé, inscrite depuis le 26 juillet 2024 lors de la session de New Delhi, en Inde.

Karim DIANDA


Portrait : Kayè Tintama, doyenne de la cour royale de Tiébélé

Son visage traduit l’originalité d’une des plus vieilles cultures du Burkina. Chaque ride, chaque pli de sa peau sombre raconte les années passées sous le soleil pour que les cases du palais royal résistent mieux au temps. Kayè Tintama, ou « maman Kayè » comme l’appelle affectueusement son entourage, est l’une des décoratrices les plus respectées de l’art pictural mural kassena.

Mariée au sein de la cour royale de Tiébélé, elle a appris ce travail de décoration dès l’âge de 15 ans auprès de sa mère et des autres femmes de son village natal. Aujourd’hui, son savoir-faire est enseigné aux jeunes générations. Grâce à ses connaissances ancestrales, Kayè Tintama et d’autres femmes de son école ont parcouru plusieurs pays du monde et effectué de multiples sorties à l’intérieur du Burkina afin d’exporter et faire rayonner la culture kassena-nankana.

Agée de 86 ans aujourd’hui, elle a été élevée au rang de Trésor humain vivant(THV), aux côtés de 16 autres personnes aux mains habiles dans leurs domaines respectifs. THV, Mme Kayè possède des connaissances et des savoir-faire d’exception permettant de préserver, d’interpréter ou de recréer des éléments spécifiques du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Désignés par le Burkina, les THV sont également reconnus par l’UNESCO.

K.D.

La nouvelle économie politique

Comme le rappelait fort à propos notre éditorialiste hier lundi, le Plan relance 2026-2030 vise à bâtir une économie forte et prospère au profit de tous et de chacun et basé sur nos ressources propres. Cela suppose donc une nouvelle économie politique, avec l’appropriation par l’Etat d’une part importante des moyens de production qui doit être comprise comme une appropriation par la Nation plutôt que par une classe particulière afin que l’effort d’investissement réalisé par les entreprises publiques soit la manifestation d’une politique nationale de développement dans l’indépendance.

Un capitalisme d’Etat dans ses structures et nationaliste dans sa logique, avec un système dirigiste où tout ou partie des moyens de production sont légalement la propriété de l’Etat ou contrôlés par des organismes publics. Une phase intermédiaire pour atteindre la société socialiste à laquelle nous aspirons tous. S’il faut, en effet, éveiller la majorité de la population à la nécessité d’une révolution socialiste (à travers des options principielles et une plateforme programmatique), il ne faut pas pour autant occulter la nécessité de prendre des mesures révolutionnaires urgentes et indispensables pour combattre la désorganisation économique.

Outre la nationalisation du sol déjà effective, le contrôle du système financier et bancaire est nécessaire pour la mise en œuvre de la plateforme programmatique de la Révolution. Ces mesures qui constituent les premiers pas vers le socialisme sont parfaitement réalisables du point de vue économique. On doit donc redonner à l’Etat toute sa centralité à l’étape actuelle de notre processus socio-économique. Cela, enfin comme le disait Engels, pour que « les antagonismes, les classes aux intérêts économiques opposés ne se consument pas, elles et la société en une lutte stérile ». D’où le besoin comme sus-indiqué d’un pouvoir qui, « placé en apparence au-dessus de la société, doit estomper le conflit, le maintenir dans les limites de l’ordre ».

Ici se trouve exprimée l’idée fondamentale des révolutionnaires sur le rôle historique et la signification de l’Etat. C’est donc sur cette démarche principielle et programmatique que le camarade-Président du Faso, Ibrahim Traoré a lancé le processus de refondation politique, économique et sociale du pays qui va entraîner un bond qualitatif dans tous les domaines et condamner ad vitam aeternam la contre-révolution à la déshérence. D’où le regain d’activité des contre-révolutionnaires et des révisionnistes qui veulent « exploser » la révolution à coups de rumeurs, de désinformation et de mésinformations pour ramener l’ordre ancien.

Face à cette campagne de propagande, la nécessité se pose de rattacher la politique à un organe d’avant-garde où ceux qui possèdent de fermes principes et un plan approprié sont les régulateurs suprêmes de la lutte de l’organe auquel ils dictent l’exécution de leur plan. La vigilance est d’autant plus nécessaire que beaucoup de Burkinabè sont peu expérimentés en matière de révolution. Ce n’est pas de « l’autocratisme » mais plutôt un travail de conscientisation pour mettre à bas les théories éculées sur le « large démocratisme » dont la Révolution progressiste populaire (RPP) ne peut s’accommoder.

Déjà, les résultats de l’expérience de la RPP sont sous nos yeux et prouvent à satiété qu’elle a bien compris son devoir à cette étape de notre marche sociopolitique et économique. Le peuple souverain continue donc sa marche résolue vers le progrès et l’espérance pour tous.

Boubakar SY

Nigéria : une pratique qui interroge

Plus de 400 personnes, précédemment enlevées dans l’Etat de Borno au Nigéria, ont été libérées, dimanche 7 juin 2026, par le groupe terroriste, Boko Haram. Cette information est un soulagement pour les proches des otages qui passaient des moments cauchemardesques à attendre leur hypothétique retour. Ces derniers mois, de nombreux citoyens détenus par les groupes armés ont recouvré la liberté en terre nigériane. Si ces libérations constituent de bonnes nouvelles, elles alimentent tout de même la polémique. Les dessous de ces libérations d’otages donnent libre cours à toutes sortes de spéculations et de supputations. Des rançons sont-elles versées aux ravisseurs qui ont fait des enlèvements, un fonds de commerce ? C’est la principale interrogation à propos des libérations des otages au Nigéria.

Les autorités ont toujours démenti sortir le moindre kopeck, pour obtenir la libération des otages, mais la réalité semble tout autre. Certains analystes tiennent mordicus, que le gouvernement et les familles des victimes s’adonnent à cette pratique qui soulève des débats éthiques et politiques. Des chiffres évocateurs prouvent d’ailleurs, que les observateurs n’ont pas tout faux. Selon un rapport d’un cabinet basé à Lagos, SBM Intelligence, plus d’un million et demi de dollars ont été versés en rançons entre juillet 2024 et juin 2025 à des groupes terroristes ou criminels. Cette habitude de payer des rançons au Nigéria, tout comme ailleurs, suscite des interrogations, si elle n’est pas condamnable. Donner de l’argent aux groupes armés en contrepartie de la libération d’un ou de plusieurs otages contribue à sauver des vies certes, mais cela renforce malheureusement les assises des « hors-la-loi ». De toute évidence, les importantes sommes d’argent fournies aux criminels leur permettent de disposer de moyens financiers supplémentaires pour accomplir leurs basses besognes. Quand on sait que les groupes armés ont fait des milliers de morts et des millions de personnes déplacées au Nigéria, on n’imagine pas leur apporter un soutien financier. Verser une rançon revient à financer directement le terrorisme et le crime organisé. Cet acte est de nature à encourager de nouveaux enlèvements et à conforter les groupes armés dans leurs funestes desseins. Donner des rançons va à l’encontre de la doctrine de nombreux pays qui refusent avec juste raison de négocier avec les entités terroristes. Poser un tel acte constitue une menace pour la sécurité nationale et mondiale. Les compromis avec les terroristes et les criminels sont à éviter à tous les coups.

Kader Patrick KARANTAO

  

« Une bonne alimentation reste le meilleur complément pour la santé », Coura Yasmine Sandrine Zerbo

De nos jours, les compléments alimentaires connaissent un succès de plåus en plus grandissant auprès du grand public. Ils sont souvent utilisés pour renforcer l’organisme, améliorer le bien-être ou prévenir certaines carences. Cependant, leur utilisation soulève de nombreuses questions. Que sont-ils réellement ? Sont-ils vraiment indispensables pour être en bonne santé ? Dans cet entretien, la diététicienne comportementaliste, Coura Yasmine Sandrine Zerbo, alias Yas’Mine Diet, nous donne des éléments de réponse.

Sidwaya (S) : Qu’est-ce qu’un complément alimentaire ?

Coura Yasmine Sandrine Zerbo (C.Y.S.Z) : Un complément alimentaire est un produit destiné à compléter l’alimentation habituelle lorsqu’elle ne permet pas de couvrir certains besoins nutritionnels spécifiques. Il ne remplace pas les aliments, mais apporte des nutriments ou d’autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique.

S : De quoi sont composés ces compléments alimentaires ?

C.Y.S.Z : Les compléments alimentaires sont commercialisés sous différentes formes : comprimés, gélules, poudres, ampoules, sachets ou solutions buvables. Ils peuvent contenir des vitamines A, B C, D ou E, des minéraux comme le fer, le calcium, le zinc ou le magnésium, des acides aminés ou des protéines. On peut aussi trouver dans certains compléments alimentaires, des plantes ou extraits de plantes, des acides gras essentiels, notamment les oméga-3, des probiotiques et prébiotiques et d’autres substances d’origine naturelle ou synthétique.

S : Quelles sont les personnes qui peuvent avoir besoin de compléments alimentaires ?

C.Y.S.Z : Les compléments alimentaires ne sont pas nécessaires pour tout le monde. Ils peuvent être indiqués dans certaines situations particulières, par exemple en cas de carence nutritionnelle confirmée par un professionnel de santé. Ils peuvent aussi être utilisés chez les végétariens exposés à certaines carences, les sportifs ayant des besoins nutritionnels accrus et les personnes souffrant de certaines maladies ou suivant des régimes alimentaires restrictifs. Les femmes enceintes ou allaitantes peuvent également faire recours à ces produits, selon les recommandations médicales ainsi que les nourrissons, les jeunes enfants ou personnes âgées pour certains nutriments spécifiques. Pour la majorité des personnes en bonne santé, une alimentation variée, équilibrée et adaptée aux besoins permet généralement de couvrir les apports nutritionnels quotidiens.

S : Quels sont les bienfaits de ces compléments alimentaires ?

C.Y.S.Z : Lorsqu’ils sont utilisés de manière appropriée, les compléments alimentaires peuvent corriger ou prévenir certaines carences nutritionnelles, soutenir le système immunitaire et contribuer à la santé des os et des muscles. Ils peuvent aussi favoriser le bon fonctionnement du système nerveux et participer au maintien d’un bon état nutritionnel. Toutefois, leur intérêt dépend des besoins réels de chaque individu.

S : Y-a-t-il des risques à recourir à ces produits ?

C.Y.S.Z :  Bien qu’ils puissent être utiles dans certaines situations, les compléments alimentaires ne sont pas dénués de risques. Ils peuvent provoquer des effets indésirables ou interagir avec certains médicaments. Les personnes qui prennent ces compléments alimentaires peuvent donner un faux sentiment de protection et négliger les bonnes habitudes alimentaires. Il est important de rappeler que le fait qu’un produit soit « naturel » ne signifie pas nécessairement qu’il est sans danger.

S : Quelles sont donc les précautions à prendre pour éviter des désagréments ?

C.Y.S.Z :  Pour éviter les désagréments, les personnes désireuses de prendre ces compléments alimentaires doivent respecter les doses recommandées, demander l’avis d’un professionnel de santé en cas de maladie chronique, de grossesse ou de prise de médicaments. Elles doivent choisir des produits provenant de fabricants ou de distributeurs fiables et ne jamais considérer les compléments alimentaires comme un substitut à une alimentation équilibrée. La majorité des vitamines, minéraux et autres nutriments contenus dans les compléments alimentaires se trouvent naturellement dans les aliments. Les fruits, les légumes, les légumineuses, les céréales, les tubercules, les produits animaux, les graines et les oléagineux constituent d’excellentes sources de nutriments essentiels. Dans notre contexte, de nombreux aliments locaux tels que le moringa, le niébé, le soja, l’arachide, le sésame, les feuilles vertes, la patate douce, la mangue ou encore les produits céréaliers traditionnels contribuent à couvrir une grande partie des besoins nutritionnels lorsqu’ils sont consommés dans le cadre d’une alimentation diversifiée. Les compléments alimentaires peuvent être utiles dans certaines situations spécifiques, mais ils ne remplacent jamais une alimentation équilibrée. L’assiette doit toujours rester la première source de nutriments et le premier outil de prévention pour une meilleure santé.

Interview réalisée par Abdoulaye BALBONE