Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, représentant le Premier ministre, a présidé la cérémonie d’ouverture du forum des acteurs du tourisme de la Confédération des Etats du Sahel (AES), mercredi 23 septembre 2026, à Ouagadougou.
La 16e édition du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) se tient, du 22 au 27 septembre 2026, dans la capitale du Burkina Faso. En marge des activités, les acteurs du tourisme des pays membres de la Confédération de l’AES
se retrouvent en forum pour discuter de l’avenir de leur secteur. L’ouverture de ce forum a été présidée par le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, représentant le Premier ministre, ce mercredi 23 septembre 2026, à Ouagadougou.
Placé sur le thème, « Investissement intégré et souveraineté économique : bâtir une destination touristique sahélienne compétitive », cette rencontre a réuni les délégations officielles, les professionnels et les opérateurs économiques du Burkina Faso, du Mali et du
Niger. L’objectif principal de ce rassemblement est de poser les bases d’une coopération structurelle pour transformer le patrimoine culturel et faunique en un levier de croissance économique. Selon le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, le choix du thème est une
invite à renouveler le regard sur l’investissement touristique.
Nous devons conjuguer nos efforts pour moderniser le secteur, renforcer les capacités des acteurs et développer des stratégies de conquête de visiteurs locaux et étrangers »,
a-t-il souligné. Il a indiqué que ce forum vise à faire du tourisme
un domaine de coopération, d’investissement et de création de richesses entre les pays membres. Il a invité les acteurs à mettre en réseau les patrimoines pour constituer une offre élargie au sein de l’espace confédéral. Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a également émis la nécessité d’un partenariat public-privé pour moderniser le secteur, développer les infrastructures, former les acteurs et impliquer les universités ainsi que les collectivités territoriales dans la valorisation des territoires.
Le président de la Commission nationale de l’AES, Bassolma Bazié a exhorté les participants à formuler des propositions concrètes pour la compétitivité du secteur.
Il souhaite que le forum mette l’accent sur la valorisation des sites touristiques. « Œuvrons ensemble pour une professionnalisation accrue du secteur du tourisme et de l’hôtellerie », a-t-il appelé. Il rappelé que le développement d’une véritable destination touristique
ne repose pas uniquement sur l’existence de sites mais plutôt sur, entre autres, des infrastructures, des services de qualité, des acteurs bien formés, des mécanismes de financement adaptés et une promotion efficace.
Le président de la Commission nationale de l’AES, Bassolma Bazié, par ailleurs, parrain du forum a salué cette initiative d’intégration régionale. Il a indiqué que la Confédération offre l’opportunité de construire des projets communs au-delà des frontières nationales. Selon
lui, la démarche repose sur le renforcement des capacités des entreprises locales et la promotion de l’investissement régional afin que la valeur générée bénéficie aux populations de l’espace. Il a exhorté les participants à formuler des propositions concrètes et à sceller des partenariats durables.
La Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF) a effectué une opération de contrôle des motocyclettes, le mercredi 23 septembre 2026, à Ouagadougou. Cette sortie inopinée de la BMCRF s’inscrit dans le cadre des opérations de contrôle intensif pour lutter contre la hausse des prix des motos.
Ouagadougou, 23 septembre 2026. Il est 10h30mn, lorsque l’équipe de la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF) arrive aux environs du grand marché. Les boutiques spécialisées dans la vente de motocyclettes viennent à peine d’ouvrir. Devant certaines d’entre elles, les motos sont soigneusement alignées. Premier arrêt de l’équipe, une boutique où plusieurs irrégularités ont rapidement été relevées. Aucun insigne commercial n’est visible et les prix ne sont pas affichés.
Plus préoccupant encore, selon le coordonnateur général de la BMCRF, Sanibè Faho, une motocyclette de marque Sirius 115 finn avait été vendue avec une avance de 990 000 F CFA. Au terme du versement, le client devrait débourser plus d’1 million F CFA pour avoir sa moto. Face aux contrôleurs, le propriétaire des lieux, Issouf Ouédraogo, affirme ne pas disposer de motos à son propre compte. Il affirme exercer dans le dépôt-vente. Les engins présents dans sa boutique, dit-il,lui sont confiés par d’autres commerçants avec
lesquels il a conclu un accord. Il les propose à la clientèle et, en cas de non-vente, les restitue à leurs propriétaires.
Pour le coordonnateur général de la BMCRF, Sanibè Faho, cette pratique constitue justement l’une des pratiques que la brigade cherche à combattre. « Cela veut dire que ce sont des intermédiaires qui agissent dans le secteur et qui font que nous assistons à des formes de spéculation, d’où la montée fulgurante des prix des motos », précise-t-il. Issouf Ouédraogo a reçu une convocation à la BMCRF. Il devra présenter les factures d’achat des motocyclettes, ainsi que tout autre document relatif à leur commercialisation.
Sur place, les agents procèdent également à la saisie de deux motocyclettes. L’équipe fait halte ensuite à la société Burkinabè de motos. Le constat en ce lieu est tout autre. Les prix sont bel et bien affichés et conformes aux prix mentionnés sur les factures. L’équipe ne perd pas de temps dans cette boutique qu’elle qualifie de « boutique exemplaire ». Elle reprend sa ronde en direction de Samandin
Un secteur davantage encadré
Pour le coordonnateur général de la BMCRF, Sanibè Faho, la fin de la répression n’est pas pour demain.
La boutique Adama’s Moto, fermée le 31 décembre 2025 pour irrégularité, a rouvert le 2 janvier 2026, mais visiblement elle n’est toujours pas en règle. Même si certains prix sont affichés sur le tableau, ils sont différents de ceux écrits sur les reçus de paiement. Selon Sanibè Faho, le constat général fait ressortir les mêmes infractions dans les différentes boutiques. En plus du défaut d’affichage des prix, les motos sont vendues plus cher que les prix conseillés. « Ces contrôles ne constituent pas une opération ponctuelle. La BMCRF va poursuivre la répression pour amener les commerçants à comprendre que la régularisation du secteur est une nécessité et qu’ils doivent se conformer à la règlementation », a-t-il poursuivi.
Pour le Coordonnateur de la BMCRF, le secteur des motocyclettes connait
une évolution de son cadre réglementaire avec notamment la mise en place de nouveaux textes et d’agrément concernant les différentes activités. La Fabrication et le montage, l’importation, la distribution en gros ou en détail, chaque maillon de la chaine est désormais appelé à respecter les règles établies. « Nous invitons les acteurs qui ne sont pas encore en phase avec cette réglementation à prendre les dispositions pour se conformer afin d’éviter les désagréments », lance-t-il. Au moment où nous quittions les lieux, l’équipe de la BMCRF mettait le cap sur une autre zone.
En plénière le mercredi 23 septembre 2026 à l’Assemblée législative du peuple (ALP), les députés ont examiné et adopté à l’unanimité la loi de finance rectificative, exercice 2026.
Au 30 juin 2026, les recettes mobilisées au budget de l’Etat s’élèvent à 1 972,85 milliards F CFA, soit un taux de recouvrement annuel de 55,47 %. A la même période en 2025, elles étaient de 47,70%. Comment donc prendre en charge ces recettes supplémentaires recouvrées ou en cours de recouvrement d’ici à la fin de l’année ? Pour ce faire, le gouvernement a proposé un projet de loi de finance rectificative à l’Assemblé législative du peuple (ALP). Ce 23 septembre 2026, elle a été adoptée par les 71 députés .
Ces recettes additionnelles permettront de financer des dépenses spécifiques, de soutenir la souveraineté alimentaire, la compétitivité de filières nationales et le pouvoir d’achat.
« Pour notre loi de finance rectificative, nous avons fait un recouvrement de 301 376 296 000 F CFA de recettes supplémentaires dont 133 487 086 000 F CFA au titre des recettes fiscales et 167 889 210 000 F CFA pour celles non fiscales.
Un recouvrement qui vient s’ajouter à ce qui avait été prévu initialement et il fallait voir comment les affecter à des dépenses, notamment des dépenses d’investissement structurel. Le vote de cette loi de finance rectificative nous donne quitus de le faire », a souligné le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo. Selon lui, il ressort une amélioration de l’épargne budgétaire de plus de 900 milliards FCFA, soit une hausse de plus de 35 % par rapport à ce qui était prévu initialement.
« C’est une marge qui nous est donnée pour réaliser des investissements structurants. C’est dans ce sens que les investissements importants ont été ouverts, notamment des investissements en termes d’infrastructures (immobilière et routière), l’acquisition de véhicules au profit du parc de l’Etat et la mise en œuvre du
projet « SMART Burkina », lequel projet permet, à travers les caméras, de surveiller la ville.
Satisfait du recouvrement des recettes
« Nous pouvons être satisfaits de ce qui est réalisé, mais nous avons toujours le devoir de faire plus », a souligné le ministre de l’Economie et des Finances, Aboubakar Nacanabo..
C’est dire que cette nouvelle loi va nous permettre de renforcer les investissements prévus dans le cadre du plan Relance. Nous pouvons être satisfaits de ce qui est réalisé », a-t-il relevé.
La loi de finance rectificative comprend également de nouvelles dispositions fiscales visant à alléger certaines contraintes structurelles pesant sur des secteurs économiques stratégiques, à corriger des situations d’insécurité juridique et à soutenir les objectifs nationaux de souveraineté alimentaire et de promotion de la production locale. Il s’agit entre autres, de l’exonération des primes versées aux sociétés d’assurance établies dans les Etats membres de la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA), de la TVA sur les opérations de plaque d’immatriculation, sur les matières premières entrant dans la fabrication des aliments pour animaux et sur les ventes de produits laitiers .
Le ministre chargé des finances à féliciter les régies des recettes pour les bonnes performances réalisées et les contribuables pour leur civisme fiscale. Il a, par ailleurs invité tous les ordonnateurs de budget à exécuter efficacement les dépenses, à faire en sorte que chaque franc investi puisse contribuer à transformer qualitativement la vie des Burkinabè.
La 9e réunion du Conseil régional de sécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest (CORESAN) se tient du 23 au 24 septembre 2026 à Ouagadougou.
Passer de la sécurité alimentaire à la souveraineté alimentaire est l’un des
principaux enjeux de la 9e réunion du Conseil régional de sécurité alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest (CORESAN) qui se tient du 23
au 24 septembre 2026 à Ouagadougou. Elle se tient autour du thème « Vers une souveraineté alimentaire régionale durable : consolider la gouvernance des systèmes alimentaires et leur interconnexion avec le dispositif régional de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, sous l’impulsion du CILSS ».
Organisée par le Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS), cette rencontre ouverte, mercredi 23 septembre 2026, a réuni des représentants de structures étatiques en charge de l’agriculture des pays membres, des organisations régionales et internationales, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des organisations de producteurs, de la société civile agricole et du secteur privé. Durant deux jours, les participants vont échanger sur les exploitations agricoles familiales, l’anticipation et la prévention des risques, le Nexus Humanitaire-développement-paix (HDP).
Le partage de l’expérience du Burkina Faso, notamment dans la mise en œuvre de l’offensive agropastorale, hydraulique et halieutique constitue l’un des temps forts de la rencontre.
Représentant le ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le secrétaire général adjoint, Yassia Kindo, a mis l’accent sur la nécessité pour les participants d’échanger sur les réponses à apporter aux défis auxquels les pays sont confrontés et de renforcer les mécanismes permettant d’anticiper ces difficultés.
« L’avenir alimentaire de nos peuples repose d’abord sur nos
propres ressources, nos institutions et notre volonté politique », a-t-il fait savoir. Pour lui, cette 9e réunion offre l’opportunité au Burkina Faso de présenter les acquis de l’offensive et les mécanismes qui ont permis d’atteindre les niveaux de résultats satisfaisants.
Mettre en commun les acquis
Selon Yassia Kindo, les travaux doivent aller au-delà du simple partage d’expériences. « Les différents pays sont appelés à mettre en commun leurs acquis afin de dégager des recommandations solides et concrètes, susceptibles de contribuer à la réalisation de la souveraineté alimentaire dans la région », a-t-il lancé. Le secrétaire général adjoint a rappelé que la souveraineté alimentaire est loin d’être un slogan politique, mais plutôt une capacité concrète des pays à produire l’essentiel de ce qu’ils consomment, à transformer localement leurs productions, à réguler leurs marchés, à protéger leurs producteurs et à
définir eux-mêmes leurs politiques.
Le directeur général de l’Institut du Sahel (INSAH), basé à Bamako, Hubert N’djafa Ouaga, représentant le secrétaire exécutif du CILSS, a relevé que plusieurs facteurs limitent les efforts engagés dans la région. Il a cité entre autres, les défis climatiques, sécuritaires et socio-économiques. « Il y a matière à travailler pour que nous passions effectivement de la sécurité alimentaire à la souveraineté alimentaire », a-t-il insisté.
Pour lui, les discussions lors de cette réunion doivent permettre d’identifier des modèles adaptés pour mieux sécuriser les systèmes alimentaires. L’expérience du Burkina Faso dans le cadre de son offensive en faveur de la souveraineté alimentaire constitue, selon le directeur général de INSAH, un exemple à partager avec les autres participants. Hubert N’djafa Ouaga a affirmé que le CILSS continuera de jouer sa partition
en accompagnant les Etats membres dans la recherche de solutions durables aux défis de la sécurité alimentaire et nutritionnelle.
La Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) a lancé, lundi 21 septembre 2026, à Gaoua, le programme d’accompagnement intégré des entreprises industrielles. Prévu sur la période 2026-2028, le dispositif, d’un coût de 34,1 milliards francs CFA, vise à accompagner 100 entreprises à travers le pays.
La Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) entend renforcer l’accompagnement des entreprises industrielles. C’est dans cette optique qu’elle a lancé, le lundi 21 septembre 2026, à Gaoua, le programme d’accompagnement intégré des entreprises industrielles. D’un coût de 34 106 010 000 F CFA, le programme s’étend sur la période 2026-2028 et couvre les 17 régions du Burkina Faso. Représentant le ministre chargé de l’Industrie à la cérémonie de lancement, le directeur de cabinet, Zakaria Gyengani a expliqué que le programme vise à favoriser l’émergence d’entreprises industrielles « fortes, performantes et compétitives ».
Selon lui, le programme doit contribuer à une meilleure transformation des ressources locales, à la création d’emplois et à la génération de richesses. « Cette initiative s’inscrit pleinement dans la nouvelle dynamique impulsée à la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso », a-t-il déclaré. Zakaria Gyengani a précisé que le
programme ambitionne d’accompagner 100 entreprises industrielles à
l’horizon 2028. Il concerne notamment l’agro-industrie, la production pharmaceutique ainsi que la production d’intrants et de consommables industriels.
Selon le directeur de cabinet, son financement repose sur une stratégie de coût partagé entre la CCI-BF et ses partenaires, d’une part, et les entreprises bénéficiaires, d’autre part. Les entreprises retenues, a-t-il poursuivi dans ses explications, vont bénéficier de diagnostics techniques et organisationnels, d’un appui à la structuration financière et du renforcement des compétences du personnel. L’accompagnement va porter également sur l’amélioration des systèmes d’approvisionnement, l’élaboration de stratégies commerciales et marketing ainsi que la recherche de financements.
A en croire M. Gyengani, la sélection des bénéficiaires va se faire à travers des appels à candidatures ouverts aux entreprises existantes et aux promoteurs de nouveaux projets industriels. Par ailleurs, il a précisé que les dossiers vont être évalués sur la base de plusieurs critères, notamment la nature de l’activité industrielle, la viabilité économique et financière, le potentiel de création d’emplois et la capacité à transformer les matières premières locales. L’impact sur le développement régional et les garanties de bonne gouvernance vont être également pris en compte.
Des résultats attendus
Le représentant du ministre chargé de l’Industrie, Zakaria Gyengani, a appelé les différents acteurs à contribuer à la réussite du programme.
Au-delà du nombre d’entreprises accompagnées et des ressources mobilisées, le représentant du ministre a insisté sur les résultats attendus. Parmi les résultats attendus, il a cité, entres autres, la création de nouvelles unités industrielles productives et compétitives dans les régions, la création d’emplois, particulièrement pour les jeunes et les femmes, ainsi que l’accès aux marchés national, sous-régional et international. C’est pourquoi, il a exhorté la CCI-BF, les institutions financières, les partenaires techniques, les structures compétentes de l’Etat et les organisations professionnelles à travailler ensemble pour assurer la réussite du programme.
Aux entreprises et aux promoteurs bénéficiaires, Zakaria Gyengani a rappelé que l’accompagnement doit s’accompagner d’une exigence de responsabilité, de bonne gouvernance et de performance. S’adressant aux porteurs de projets de la région du Djôrô, il les a invités à saisir cette opportunité pour développer des entreprises compétitives, tout en citant l’anacarde, les tubercules et d’autres productions locales comme des ressources à davantage valoriser. Pour le président de la délégation spéciale consulaire régionale de la CCI-BF du Guiriko et représentant du secteur privé, Bachirou Tera, le programme d’accompagnement intégré des entreprises industrielles répond à une attente des opérateurs économiques.
Selon lui, les difficultés d’accès au financement limitaient la capacité des entreprises à passer de l’échelle artisanale à une industrialisation moderne.
Pour Bachirou Tera, l’accompagnement annoncé devrait permettre aux entreprises de mieux valoriser les produits locaux et de renforcer leurs capacités de production. Il a donné l’assurance que la CCI-BF reste disposée à accompagner les opérateurs économiques et les a invités à se rapprocher de ses structures locales pour s’informer sur les services disponibles.
Egalement, Bachirou Tera a salué les autorités et le ministère de tutelle pour cette initiative qu’il considère comme une opportunité de renforcer l’économie nationale et d’accélérer la transformation des productions locales.
Les travaux de la 81e Assemblée générale des Nations Unies se sont poursuivis ce 23 septembre avec plusieurs réunions de haut niveau, dont celle relative à la commémoration du 40e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies de 1986 sur le droit au développement. Le ministre des Affaires étrangères qui a livré la déclaration du Burkina Faso à cette occasion, a salué la tenue de cet évènement tout en déplorant la persistance de profondes inégalités entre les nations et au sein des sociétés.
Devant l’assistance, il a présenté la vision du Burkina Faso sur le développement, qui doit reposer sur la liberté de définir sa propre voie pour un développement endogène, souverain et durable, à travers une production et une transformation locales des ressources, ainsi qu’un renforcement des capacités nationales.
Il a présenté les résultats encourageants obtenus par le Burkina Faso grâce à cette vision et malgré les défis sécuritaires. << En trois ans, la production céréalière est passée de 5,1 à 7,15 millions de tonnes, tandis que la croissance économique a atteint 5,3 % en 2025. Ces résultats traduisent notre choix de l’action, de la résilience et de la dignité>>, a t-il déclaré.
Le Chef de la diplomatie burkinabè a par ailleurs indiqué que les pays de la Confédération des États du Sahel assument pleinement leur responsabilité de protéger leurs peuples et leurs territoires. << Nous refusons que le droit au développement, à la vie et à la dignité de nos populations soit relégué au second plan, ou que les droits humains soient instrumentalisés à des fins de pression politique. Nous appelons à la vérité des faits, à l’impartialité, au contradictoire et à l’égalité de traitement dans l’examen des situations relatives aux droits humains>>, a martelé le Camarade ministre Karamoko Jean Marie TRAORE.
Pour lui, lorsque les mécanismes de justice internationale sont dévoyés et utilisés comme des instruments de pression politique, leur crédibilité s’en trouve profondément affectée, et c’est dans ce contexte que les États membres de la Confédération des États du Sahel ont engagé leur retrait du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Pour terminer, il a souligné l’exigence d’une réforme de l’architecture financière internationale, d’une fiscalité plus équitable et le renforcement des capacités productives nationales, pour la réalisation du droit au développement.
Cette réalisation exige également que le terrorisme, les ingérences ainsi que les atteintes à la souveraineté et à l’intégrité territoriale soient reconnus comme des entraves au développement. << En donnant au droit au développement toute sa portée, nous contribuerons à bâtir un monde plus juste, plus stable et plus prospère>>, a conclu le ministre des Affaires étrangères.
La délégation burkinabè ayant pris part aux Championnats d’Afrique d’Air Badminton en Ouganda est rentrée au pays dans l’après-midi du mercredi 23 septembre 2026. Avec une médaille d’or et dix médailles de bronze, les Badistes burkinabè ont réalisé une performance jugée largement satisfaisante par les responsables de la discipline.
Le Burkina Faso a marqué les esprits en Ouganda. De retour au pays après leur participation aux Championnats d’Afrique d’Air Badminton, les athlètes burkinabè ont présenté un bilan au-delà des attentes de la Fédération. En tout, la délégation revient avec onze médailles, dont une en or et dix en bronze. « Le bilan de notre participation a été largement positif. Nous sommes allés au-delà de ce que nous attendions », s’est réjoui le président de la Fédération burkinabè de badminton, Boukaré Ouédraogo. Le Burkina Faso s’est notamment illustré en double dames avec une médaille d’or, tandis que les autres épreuves ont permis aux représentants nationaux de décrocher plusieurs médailles de bronze, dont une dans l’épreuve par équipes.
Cette performance est d’autant plus appréciée que les conditions de préparation n’étaient pas optimales. L’Air Badminton se pratique notamment sur des surfaces sablonneuses, alors que les athlètes burkinabè se sont préparés essentiellement sur des terrains bétonnés. Une contrainte que la Fédération souhaite désormais voir levée à travers la construction d’infrastructures adaptées. « Nous lançons un appel à nos autorités en charge des sports pour que très rapidement, on puisse construire des infrastructures conformes à l’Air Badminton », a plaidé le président fédéral.
Pour sa deuxième participation à cette compétition, le Burkina Faso a également pu mesurer ses progrès face aux nations expérimentées du continent. Selon Boukaré Ouédraogo, les Burkinabè ont notamment réussi à prendre le dessus sur des équipes comme l’île Maurice, l’Algérie et la Tunisie.
Chef de mission, Pingdwendé Frédéric Yaméogo, représentant du ministère en charge des Sports, s’est également félicité de cette moisson. Il a reconnu que les athlètes avaient disposé de peu de temps pour se préparer, certains ayant disputé leur première rencontre le jour même de leur arrivée en Ouganda.
Malgré ces difficultés, les jeunes Badistes ont montré de réelles dispositions. Pour la joueuses Latifata Bélem, cette compétition a notamment permis d’acquérir de nouvelles techniques et de gagner en expérience.
Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a patronné, ce mardi 22 septembre 2026, au Parc d’exposition du SIAO, à Ouagadougou, la cérémonie d’ouverture de la 16e édition du Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO). Placée sous le thème « Financement des projets structurants : un levier pour le développement du tourisme »,Cette édition accueille le Mali et le Niger en qualité de pays invités spéciaux et met à l’honneur la région du Guiriko.
Transformer le potentiel touristique en activités économiques viables, en emplois et en opportunités pour les populations : c’est l’ambition exprimée par le Chef du Gouvernement à l’ouverture du SITHO 2026.
Dans son discours, il a souligné la nécessité de mobiliser des financements adaptés aux besoins du secteur, notamment pour les infrastructures, l’aménagement des sites, l’hébergement, la mobilité, la formation et les solutions numériques. « La mobilisation de financements adaptés constitue, à cet égard, un enjeu déterminant, un défi qu’il nous faut coûte que coûte relever si nous voulons être compétitifs et attractifs », a-t-il insisté.
Le Chef du Gouvernement a ainsi appelé au renforcement des mécanismes permettant de rapprocher les projets touristiques des sources de financement disponibles, à une plus grande implication du secteur privé et à la création d’un environnement favorable à l’émergence de projets structurants et durables.
Il a également insisté sur la portée culturelle, identitaire et sociale du tourisme. « Le tourisme ne se limite pas à la découverte de paysages ou de monuments atypiques. Il est également un puissant vecteur d’identité et de connaissance mutuelle, de valorisation de notre patrimoine, de nos traditions, de nos musées et de notre artisanat à l’échelle internationale », a-t-il souligné.
Pour le Camarade Premier ministre, le SITHO constitue aussi un espace de dialogue entre pouvoirs publics, collectivités territoriales, professionnels, investisseurs et communautés. Il a invité les participants à mettre à profit les rencontres pour nouer des partenariats et faire émerger des propositions concrètes de financement.
La coopération touristique au sein de la Confédération des États du Sahel (AES) occupe une place importante dans cette édition. Le Chef du Gouvernement a salué la programmation du Forum des acteurs du tourisme de l’AES, destiné à examiner les possibilités de partage d’expériences et de développement de projets communs. La proximité géographique, la diversité culturelle et les liens historiques entre les peuples du Burkina Faso, du Mali et du Niger constituent, selon lui, des atouts pour construire des offres touristiques complémentaires.
Au nom des délégations des pays invités spéciaux, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme de la République du Mali, Mamou DAFFÉ, a souligné la volonté de bâtir une destination touristique sahélienne intégrée et compétitive. Il a mis en avant la mutualisation des expertises et des ressources, le cofinancement de projets structurants ainsi que la promotion commune des sites historiques, de l’artisanat et de la gastronomie.
Le Premier ministre a, par ailleurs, rappelé que le développement du tourisme repose sur des conditions de sécurité permettant l’accueil et les déplacements des visiteurs. Il a rendu hommage aux forces combattantes pour leur engagement et leur esprit de sacrifice. Saluant la résilience des professionnels du secteur, il les a encouragés à poursuivre leurs efforts d’innovation, de professionnalisation et d’amélioration de la qualité des services.
Ponctuée par une prestation du Ballet national du Burkina Faso, la cérémonie a mis à l’honneur les expressions artistiques nationales. Le Chef du Gouvernement a déclaré officiellement ouverte cette 16e édition au nom du Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso.
À l’issue de la cérémonie, le Premier ministre, accompagné des invités, a visité les stands des acteurs de l’hôtellerie et du tourisme. Il y a découvert les destinations, les produits et les services présentés par les exposants, ainsi que les initiatives portées par les professionnels du secteur.
Jusqu’au 27 septembre, expositions professionnelles, rencontres d’affaires, excursions, concours, journées consacrées aux pays invités spéciaux, soirées culturelles et espaces gastronomiques rythmeront le salon, avec pour ambition de promouvoir les destinations touristiques du Burkina Faso et de l’espace AES.
Le Président du Faso, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, a échangé, lundi 21 septembre 2026 à Ouagadougou avec les lauréates du concours de détection de talents scientifiques féminins « Hakili Mousso ». Lisez l’intégralité de son message.
« Camarades élèves, bonjour ! Camarades enseignants, comité d’organisation, bonjour également ! Je tenais tout d’abord à vous féliciter, parce que juste après l’immersion, sans repos vous avez continué dans ce concours et voilà bientôt la rentrée. Ce n’est pas chose aisée. Mais vous avez su surpasser cette fatigue. Pour nous c’est très symbolique, mais cela démontre aussi votre esprit d’abnégation, et de résilience. Et c’est ce qu’on demande au Burkina Faso. Ne jamais se lasser, se fatiguer et toujours continuer, peu importe la situation. Je souhaite que vous preniez ces quelques jours qui vous restent pour bien vous reposer. Ainsi vous serez en mesure d’aborder l’année académique avec beaucoup d’énergie.
A vous donc, camarades enseignants, qui avez accepté d’accompagner ces jeunes filles, je vous tire mon chapeau. Félicitations, parce que vous avez dégagé du temps pendant vos vacances pour les encadrer et les emmener ici. C’est une première expérience. Le message que je tiens à ce que vous passiez à ces jeunes filles et surtout à la génération à venir, c’est de pouvoir cultiver en un chacun, l’amour des matières scientifiques. Parce que pendant longtemps, surtout pour la jeune fille, elles sont restées comme un mythe. Un mythe, comme si les mathématiques, les physiques, la chimie, n’étaient pas faites pour les filles. Cette perception fait que beaucoup, au regard des statistiques, basculent vers les filières littéraires. Pourtant, nous avons besoin de femmes dans certains domaines, car nous avons d’autres objectifs stratégiques si nous envisageons de nous développer. Qui dit développement, parle de technologie. Par exemple, si je prends le domaine de la ministre-conseillère, la métrologie. Qui mieux que les femmes pour voir les détails de certaines conceptions. Les femmes sont plus prudentes aux matières de détails de conception de certaines pièces, plus que nous les hommes. Il y a beaucoup d’autres domaines dans lesquels les femmes sont mieux posées que nous les hommes, dans le domaine de la technologie par exemple, parce qu’elles sont patientes, elles s’intéressent aux détails et cela nous permet d’être plus précis.
« Vous devez être des femmes qui sont en mesure de produire »
Nous devons encourager celles qui excellent dans les matières scientifiques pour qu’elles s’intéressent aux métiers scientifiques. Certes, le concours pourra l’année prochaine s’ouvrir aux hommes, avec leurs filières également. Mais pour l’instant, c’est un message que nous tenons à envoyer. Et vous, enseignant, je compte sur vous pour changer la mentalité globale de la jeunesse. Pour nous orienter vers les filières techniques et scientifiques parce que nous ne pouvons pas nous développer sans ces filières. En mathématiques, lorsqu’il y a une équation ou un problème, il y a plusieurs manières de le résoudre. Et c’est à vous de faire en sorte que les enfants comprennent qu’il y a plusieurs manières. Il ne faut pas se contenter d’une seule méthode, qui peut paraître difficile et qui les décourage. L’objectif étant d’atteindre les résultats escomptés. Par le passé, rien que le nom de certains enseignants dans certains lycées, dans les filières scientifiques rebute les élèves, parce qu’ils sont traumatisés. Je pense que cette époque doit être révolue. C’est la même chose que nous avons vécue dans les universités, quand on arrivait et
qu’on parlait des enseignants en thermodynamique, en atomistique, etc. Cette crainte a fait fuir beaucoup de gens de la filière scientifique. Effectivement, lorsqu’à l’issue des devoirs on aligne plus de 1000 zéros, ça fait peur aux enfants. Donc, trouvez les méthodes, je vous en supplie. Je sais que les conditions de vie et de travail de nos enseignants ne sont pas faciles. Nous sommes bien conscients et nous espérons finir avec cette guerre pour vraiment prendre soin de vous, parce que nous ne saurons nous développer sans l’éducation, c’est impossible.
Félicitations une fois de plus. Que ce soit les enseignants de la maternelle jusqu’à l’université en passant par vous, bien sûr, qui préparez les hommes de demain, félicitations, bon courage. J’espère qu’à la prochaine session, nous aurons encore plus d’enseignants et que nous pourrons faire monter la barre plus haut. La valeur du prix n’a pas d’importance pour moi. Le plus important c’est de comprendre notre philosophie, notre idéologie et savoir où vous partez.
Notre action ne s’inscrit pas dans la politique importée du genre
Une chose que je tenais à préciser aussi, ce que nous avons fait ne s’inscrit pas forcément dans cette politique du genre, qui a été importée ici par les impérialistes. Non, ce n’est pas notre vision. Cette politique du genre a été importée en Afrique il y a quelques décennies et les gens ont très mal compris. Pour moi, cette politique du genre est une politique ségrégationniste, parce que nous sommes tous égaux au Burkina.
Et quand on parle du genre, pour moi c’est déjà de la ségrégation. En quoi est-ce qu’on est différent les uns des autres ? Mais ces gens qui ont amené cette politique sont venus nous dire d’adopter la politique du genre. Or, dans leur pays, par exemple, les médecins homme et femmes n’ont pas le même salaire alors qu’ils ont suivi la même formation et travaillent dans le même hôpital. Mais ces mêmes individus, dans leur pays, quand ils venaient avec cette politique, une femme et un homme qui font le même boulot, la femme avait un salaire inférieur à celui de l’homme.
Et peut-être même que ça continue dans certains pays. Mais ce sont ces gens-là qui viennent nous parler de la politique du genre, pendant que dans nos pays, une femme et un homme qui ont le même boulot ont le même salaire. Vous ne trouvez pas cela un peu bizarre ? C’est une politique qui est venue pour diviser en fait notre société, pour opposer les hommes aux femmes et nous égarer dans toutes les considérations très mal comprises. Cela crée du vrai désordre dans la société. Et ils ont intérêt à ce que nous soyons dans le désordre. Donc nous, nous ne nous inscrivons pas dans cette politique.
Nous nous inscrivons dans une politique d’élite et d’encouragement des femmes vers certains métiers qui nous intéressent. Vous devez être l’élite, vous devez être des gens qui sont en mesure de produire. C’est le plus important. Et il faut savoir qu’il n’y a pas de filière désignée pour les hommes ou pour les femmes. Non, tout le monde peut faire tout. Il est très important de comprendre cela pour commencer.
Vous voyez, nous sommes dans un monde un peu fou et le Burkina Faso a tracé sa route pour se développer. Et pour se développer, nous devons prendre en compte certains phénomènes que nous observons dans ce monde. Les conflits actuels et la géopolitique doivent nous apprendre beaucoup de leçons. Nous devons apprendre des leçons et faire en sorte que notre pays, dans cette quête de développement, puisse vivre dans une relative autarcie. Cela ne veut pas dire que nous nous fermons totalement au monde.
Mais nous exploitons, nous observons la géopolitique et nous devons faire en sorte que si demain le monde se ferme à nous, que nous puissions continuer à vivre. Détrompez-vous ! Il y a des choses qu’on ne veut jamais apprendre au noir. Parce que je l’ai dit, je le répète mille fois, personne ne respecte le Noir. Il y a des choses qu’il faille développer nous-mêmes, pour imposer le respect, pour amener les autres à coopérer avec nous et nous voir d’un autre œil. Nous pouvons payer beaucoup de choses à travers le monde.
Mais lorsque vous demandez un transfert de technologie, on se bute. Parce qu’on ne veut pas transférer certaines technologies au Noir. Il y a même des gens qui, lorsque vous demandez à ce qu’on vous montre certaines choses, on vous demande, ce que vous voulez en faire? La question est, qu’est-ce qu’un nègre va faire avec ça ? Et d’ailleurs, ce n’est pas dans l’habitude du Noir de demander la technologie, la connaissance.
Le Noir est un consommateur. Pendant que nous, notre idéologie, aujourd’hui, est aux antipodes de cette considération, nous ne voulons pas être vus de cette manière. Et pour ne pas être vus de cette manière, il faut que nous impactions le monde, que nous prouvions que nous pouvons faire quelque chose. Cela va conduire les gens à changer de vision, de paradigme, et maintenant commencer à coopérer avec nous de façon saine. C’est très important. Et pour le faire, il faille que nous changions de paradigme, créer, produire et transporter ce que nous avons.
Nous ne pouvons pas le faire, si ce n’est pas à travers ce que nous faisons actuellement, mettre l’accent sur la ressource humaine. Car, détrompez-vous, quiconque pense que le développement, ce sont les grands immeubles, les infrastructures routières etc. a tout faux. Le développement commence d’abord par la qualité de la ressource humaine que vous avez. Beaucoup de pays se sont basés uniquement sur les idées, les investissements directs étrangers, c’est-à-dire faire venir des investisseurs, créer des entreprises. Et là, comme je l’ai dit, si la mondialisation venait à s’arrêter, et que chacun doit retirer ses capitaux, vous vous rendez compte que vous n’êtes pas du tout développés en fait.
Puisque vous ne produisez rien, vous n’êtes que des employés d’un système capitaliste. Nous, nous ne sommes pas dans cette idéologie et nous voulons être nous-mêmes. Et pour parvenir, il nous faut de la ressource humaine de qualité. C’est ce que je disais aux enseignants : c’est vous qui pouvez créer cela. Le processus va de la maternelle, jusqu’à l’université. Et encore félicitations et merci pour le combat que vous menez, pour nous donner de la vraie ressource humaine capable de changer les choses. Restez concentrés, focus sur la vision des changements positifs de notre société.
Formez des ingénieurs en mécanique, mécatronique, électronique…
Et vous lauréates, vous devez impacter vos jeunes frères et sœurs qui sont aujourd’hui brevetés et dans les classes inférieures. Vous devez les impacter positivement pour les amener à ne pas avoir peur des filières scientifiques, à s’intéresser aux sciences et à la technique et être demain ceux qui vont contribuer à construire notre patrie. Autrement, si nous restons passifs et que nous n’avons pas cette bonne ressource humaine, il faut dire adieu au développement et il faut donc dire pour toujours oui à l’esclavage. Parce que nous sommes comme des esclaves.
Nos matières premières ne nous appartiennent pas. On vient prendre, on transforme et on nous revend. Nous devons mettre fin à cela. Nous passons le temps à passer le message à la jeunesse africaine. De plus en plus, nous continuons de prêcher, mais notre mission ne peut pas se faire souvent sans une thérapie de choc. Souvent on nous trouve virulent, on nous trouve violent dans nos propos, mais nous serons de plus en plus virulent et violent. Parce que je l’ai dit, il y a certains qui sont congénitalement aliénés, génétiquement esclaves.
On ne pourra rien faire pour eux. Il y a d’autres aussi qui n’ont aucune dignité. Ils ont perdu toute notion de dignité humaine, surtout les valeurs africaines que nos ancêtres nous ont léguées. Tout ce qu’ils savent c’est prendre des miettes et ils sont sur les réseaux sociaux pour débiter des inepties. Ils ne savent pas de quoi ils parlent. Ce sont des gens qui, normalement, peut-être même dans les kiosques de liqueurs frelatées au quartier, n’ont pas le droit à la parole, mais sur les réseaux sociaux, ils dénigrent tout. Il faut éviter cela et il ne faut pas faire attention à de tels propos.
Beaucoup d’Africains ne croient pas en eux et vous l’aurez remarqué sur les réseaux sociaux. Quand un Africain crée ou invente quelque chose, a priori, ceux-là qui disent que c’est faux, ce sont des Noirs. Cela fait tellement honte qu’un nègre le dise. C’est comme je l’ai dit, il se place dans l’une ou l’autre des catégories. Soit génétiquement il est esclave, on ne peut rien faire pour lui, ou bien il n’a aucune dignité, il n’a aucune valeur africaine pour changer de paradigme. C’est ce que nous combattons et nous allons continuer le combat, jusqu’à ce que ces individus, avec le minimum de cervelle qui reste dans leur tête, puissent au moins découvrir quelques neurones et commencer à réfléchir un peu. Ils sont nombreux sur les réseaux sociaux malheureusement.
Comme ils n’ont rien dans la tête, ils ne font que parler. Ils écrivent et racontent n’importe quoi. Ne vous laissez jamais emporter par leurs discours. Vous êtes capables de tout faire. Ça commence par-là ; la confiance en soi.
Tout ce que les gens sont en train de faire dans ce monde, vous êtes aussi capables de le faire. C’est cette conviction que je veux que la jeunesse incorpore dans le logiciel qui est dans le cerveau.
Et une fois qu’on s’est dit cela, on se bat pour atteindre son objectif. Est-ce que vous me comprenez un peu ? Ne vous fixez pas de limites vous êtes en mesure de tout faire. Parce que demain, nous attendons de vous des ingénieurs en mécanique, mécatronique, électronique, des ingénieurs en physique, en astrologie. Vous êtes capables de tout faire. Et vous devez vous donner des objectifs et les atteindre, quoi qu’il en coûte. Il ne faut jamais avoir peur d’échouer une ou deux fois. Il faut persévérer lorsqu’on a un objectif. Quand nous, nous regardons la guerre, mais comment allons-nous faire ? Allons-nous passer tout le temps à payer, à consommer?
Alors que quand même, on a un minimum de cerveau. Et on a prié Dieu et nos ancêtres méritants qui dorment sous cette terre, de nous donner l’intelligence et le courage d’y arriver. Et de faire en sorte que les intelligences se croisent pour créer quelque chose. Et ça, c’est en train d’arriver. Je vois que dernièrement, la RTB a sorti le film sur nos véhicules blindés que nous produisons. Vous avez dû remarquer la réaction de certains Noirs. Ce qui fait mal, ce ne sont pas les Blancs qui réagissent ainsi. Ce sont les nègres. Non, c’est faux. Non, le Noir n’est pas capable de faire ça. Non, c’est quoi ceci ? Vous voyez jusqu’à quel niveau nous sommes ? Et si on n’est pas virulent avec ces gens, ils peuvent comprendre et se réveiller. Et s’ils ne se réveillent pas, ils resteront ce que moi j’appelle les déchets de la société.
Les lauréates de la première édition de Hakili Mousso ont écouté le chef de l’Etat avec beaucoup d‘intérêt.
Ils ne servent à rien, ils ne peuvent pas impacter, ils ne peuvent rien changer. Leur rôle, c’est d’être là, à débiter des inepties, les railleries et décourager la jeunesse. Nous les combattrons toujours. Quand quelqu’un qui a un peu d’intelligence voit une telle information, il va chercher à comprendre au moins. Internet est là pour ça. Tout le monde peut entrer sur Google, faire quelques recherches. D’abord, quelle est cette société dans ce monde-là qui peut fabriquer un véhicule entièrement seul ?
Vous en connaissez ? S’il a un peu d’intelligence, il sait qu’au moins, le pneu même est fabriqué ailleurs. Il n’y a pas cette société Mercedes ou BMW qui fabrique ces véhicules, qui fabrique aussi les pneus. Vous verrez peut-être que les pneus des voitures Mercedes sont de marque Michelin. Qui fait des véhicules et fabrique des fils électriques ou des vitres en même temps ?
Secundo, certains ont dit que les Burkinabè ne peuvent pas le faire parce qu’ils n’ont pas fabriquer le moteur. Allez-y au moins chercher sur Internet. Utilisez le peu de cerveau qui vous reste pour chercher à comprendre. Il ne faut pas chercher à décourager, à dénigrer ceux qui osent.
« La société burkinabè qui fabrique nos blindés s’appelle Faso Armored »
Je vais vous donner des exemples, peut-être que ce sont des informations pour certains aussi. Je vous donne une idée de quelques blindés qui se fabriquent un peu, qui sont connus, qui sont étudiés dans la sous-région. Au Burkina, par exemple, quand nous étions au Darfour, les premiers blindés du Burkina, c’était des Caspir. C’est une fabrication sud-africaine, mais le moteur est Mercedes. Aujourd’hui, vous venez dans notre région, vous trouvez ce qu’on appelle les Bastion ACMAT, une fabrication française.
Les blindés qui sont un peu partout dans tous les pays francophones ici, sont payés à près de 500 millions F CFA, l’unité, mais les moteurs sont Perkins ou Cummins. C’est britannique. Mais on les payait. Vous prenez les VAB, ce qu’on appelle les VAB français ou turcs. Les moteurs sont MAN, de fabrication allemande. Vous prenez le Bushmaster australien dont on a déjà parlé, ce sont des produits australiens mais le moteur est Caterpillar. Je peux citer tant de blindés, rares sont ces pays qui peuvent fabriquer leur moteur électrique eux-mêmes.
Mais c’est un travail scientifique qu’on fait. Quelle est votre situation de guerre ? C’est ce que nous vivons. Qu’est-ce qu’on veut pour nos hommes en fonction de notre terrain et de notre situation ? C’est un travail scientifique qu’il faut faire pour créer quelque chose qui s’adapte à votre contexte. C’est ce que nous avons essayé de faire depuis 2023. Nous réfléchissons. Nous avons échoué au début sur des modèles. Mais aujourd’hui, nous avons un modèle qui est presque parfait, qui fait notre fierté. Et je vous donne une anecdote.
L’année passée, nous voulions payer trois hélicoptères parce qu’on en a besoin pour les évacuations sanitaires. Et ça traînait. Donc, quand nous les avons relancés, ils nous ont dit : « Mais vous êtes riches. Il faut évacuer par les ambulances. Vous voulez évacuer par les hélicoptères ? » Nous avons dit : « Ah oui, vous ne comprenez pas notre contexte de guerre. Vous, vous avez des routes. Vous pouvez évacuer par ambulance. Nous n’avons pas de route ici. De nos positions vers l’arrière, nous n’avons pas de route.
Nous sommes obligés de faire par hélicoptères. » C’est plus onéreux mais nous sommes obligés de faire. Si on veut évacuer nos blessés par la route, ils vont tous mourir. Ils
ne comprennent pas notre guerre. Deuxièmement, vous prenez les blindés qu’on paye de l’extérieur, de l’OTAN. L’OTAN a fixé, par exemple, des normes : STANAG 1, 2, 3, ainsi de suite parce qu’ils ont un concept de guerre qui fait que, telle arme doit être engagée à telle distance, ainsi de suite.
Donc, vous trouvez ces blindés qui résistent aux tirs de 7,62, par exemple. Mais ici, dans notre guerre, vous tombez dans une embuscade où la mitrailleuse 12,7 est à moins de 30 mètres de vous. Ça perfore. Ce n’est pas adapté. Vous payez des blindés qui sont faits pour des pays qui ont des goudrons un peu partout. Ici, on n’a pas de route. Qu’est ce que vous faites ? Donc, nous avons réfléchi pour créer quelque chose qui s’adapte à nos conditions, qui est résistant et peut supporter ces tirs de 12,7, même à moins de 15 mètres, qui peut s’adapter à notre terrain, aller partout et qui est efficace, facile d’entretien. Voilà un travail scientifique qui a été fait. Une société a été créée. Ce secret, on ne le montre à personne.
Ceux qui ont demandé aussi à voir la société, ils ne le verront jamais. Elle est purement burkinabè, réfléchie par une entreprise burkinabè, construite par une entreprise burkinabè. Et la société qui fabrique ces blindés-là s’appelle Faso Armored. C’est une société qui a été créée, mais on ne l’inaugure pas et on ne va pas l’inaugurer. Et ce n’est pas la seule société d’ailleurs. On a beaucoup de sociétés, quatre ou cinq, qui ont été construites dans le domaine de la guerre uniquement, qui fabriquent certaines choses, qu’on ne dira pas pour l’instant.
Et c’est pour ça qu’on a besoin de vous. Nous nous rendons compte que nous avons besoin de vous, surtout vous les femmes scientifiques, parce que dans une de ces sociétés, par exemple, il y a des choses qu’on fabrique. Les femmes sont plus attentionnées que nous les hommes, dans l’assemblage de certains composants électroniques.
Vous comprenez ? Donc, on a besoin de la participation de chacun dans cette guerre. Et cette société a été construite. Nous y fabriquons nos blindés depuis novembre 2025. La société a produit près de 300 blindés, de type normal. On ne le dit à personne. Nous savons ce que nous faisons. Plus de la moitié de cette production est déjà prépositionnée sur le terrain pour de grandes opérations à venir et nous continuons notre production. Celui qui veut croire, qu’il croit, celui qui ne veut pas croire, c’est son problème, nous on avance. Et ces sociétés ont besoin de vous parce que là-bas, c’est de la mécanique, c’est de la chimie, c’est de la physique. Vous comprenez ? Je veux vous parler en tant qu’ingénieurs, je ne suis pas ingénieur de formation, mais j’ai un peu basculé.
Ces gens qui parlent, ils ne peuvent jamais vous donner la composition d’un acier qui va être résistant à ces balles dont je parle. Ils ne savent rien du chrome, du nickel, du vanadium, du fer, ou autre qu’il faut mélanger pour avoir un acier. Ils ne savent rien de ce qu’est la trempe. Ce sont des gens qui ne connaissent rien de ce qui est engrenage pour modifier une boîte de transfert ou pour augmenter ou diminuer le couple d’un moteur. Ils n’ont que ces inepties à débiter tous les jours. Mais ils ne connaissent rien. Soyez fiers de vous et ne soyez pas comme ces gens-là. Apprenez parce que vous serez utiles à la société. Mais eux, ils seront, comme je l’ai dit, les déchets de la société.
C’est aussi simple que cela. Donc, continuez d’apprendre parce que vous voyez là où la science nous mène à créer quelque chose de palpable qui va impacter la vie des soldats et qui va protéger votre patrie. Et par-delà tout, ce blindé demain peut s’exporter et être partout en Afrique. Et d’ailleurs, ce n’est pas le seul modèle. D’autres modèles ont été développés, testés et sont en cours de production. Vous les verrez bientôt. Donc, on avance. Et si le Burkina décide d’avancer, c’est à cause de la qualité de la ressource humaine. Et cette ressource humaine se prépare maintenant.
Donc, il faut que vous compreniez l’importance de tout ce que nous faisons. Quand nous disons aux jeunes d’aller vers les filières scientifiques, c’est que c’est ainsi uniquement que nous pourrons nous développer. Tout ce que j’ai cité, vous sortirez, vous écouterez encore et vous verrez que vous avez besoin de comprendre les mathématiques, la physique et surtout la chimie, qu’elle soit minérale ou organique. Quelqu’un qui n’impacte pas la vie par son intelligence est comme un ennemi de Dieu. C’est comme si tu dis que Dieu n’a pas eu raison de te donner cette intelligence. Donc, exploitez votre intelligence à bon escient.
Vos devanciers, tel que vous l’avez dit, vous ont conseillé sur votre hygiène de vie en tant que femmes scientifiques. Prenez ces conseils en compte.
C’est très important. Vous êtes très jeunes et vous devez savoir contrôler votre hygiène de vie. Et si vous devez être sur les réseaux sociaux, il faut impacter positivement les autres jeunes. Vous devez être des modèles de votre génération actuelle. Vous devez être des modèles pour les générations qui sont en train de monter. C’est à ce seul prix que nous allons nous développer et être considérés un peu dans la sphère mondiale. Sinon, dans cette géopolitique actuelle, si un pays n’est pas fort, je vous le dis, je vous le répète, les faibles vont disparaître. Travaillez à être fort. Et travailler à être fort, se fait dans une relative autarcie. Il faut que nous arrivions à le faire entre nous, à créer.
Et celui qui pense qu’il ne peut pas, qu’il sache que je vous le dis encore, je le répète, ces usines dont je parle, personne sur cette planète ne peut dire qu’il nous a donné un document, une idée ou qu’il a participé à quoique ce soit. C’est purement burkinabè. Personne n’a participé scientifiquement à quoi que ce soit au développement de tout ce que nous faisons. Personne. C’est pour dire que nous pouvons, parce que ce n’est pas une usine qui est quelque part dans le monde qui est venue ici mettre sa filiale pour faire un montage. Non. Tout a été conçu ici. Pour adapter le poids, la résistance, les suspensions et l’entretien, pour que tout soit facile pour nos combattants sur le terrain. Donc, c’est une réflexion scientifique qui a été menée uniquement ici, à partir de zéro.
Donc c’est possible. Et c’est ce que je veux que vous puissiez, surtout vous, enseignants, faire comprendre aux enfants à chaque fois. C’est possible. Nous pouvons partir de zéro si les gens ne veulent pas nous aider à arriver à un certain niveau. Il faut donc repartir dans la réflexion scientifique, prendre en compte nos valeurs endogènes, nos connaissances d’antan et créer. Je peux compter sur vous les lauréates pour impacter votre génération et sur vous les enseignants, pour changer la mentalité depuis l’école et emmener
les jeunes à avoir confiance en eux. Et nous, nous ferons tout ce que nous pouvons pour mettre à votre disposition le minimum pour pouvoir faire des expériences avec eux et qu’ils découvrent certaines choses.
Pourquoi ils apprennent les mathématiques ? Pourquoi ils apprennent les sciences physiques ? Pourquoi ils doivent apprendre la chimie ? Quelle est la finalité ? Parce que souvent, c’est ce qui manque aussi dans notre instruction. On vous fait apprendre des matières et vous ne savez pas en quoi ça sera utile dans la vie de demain. J’ai pris un exemple palpable tout de suite pour vous dire quelle est la finalité de certaines choses que nous faisons. Vous devez pouvoir prendre des exemples à chaque fois que vous mettez une équation chimique au tableau. Vous devez pouvoir dire aux enfants pourquoi elle peut nous servir dans la vie de demain.
Cela donne de l’engouement et nous permet d’avancer. Bonne chance à tous et encore félicitations. Je ne sais pas maintenant où est-ce que les enseignants pourront passer leur dernier mois de vacances. Pendant que les vacances sont presque finies, vous leur donnez un mois de vacances. Mais je pense que c’est rattrapable. En tout cas, félicitations. J’ai beaucoup apprécié et j’espère que les sessions prochaines, que ce soit féminin ou masculin, nous aurons encore plus d’engouement que cette année. Déjà, vous allez motiver les jeunes à s’orienter vers la seconde C. Nous allons construire autant d’universités et bien les équiper pour permettre, après ce cycle de baccalauréat, de commencer à former la vraie ressource humaine qui va développer notre patrie.
Bon vent à chacun. Bonne suite de vacances pour les petites vacances qui vous restent. Je vous souhaite une
très bonne semaine et nous nous retrouverons très bientôt. Peut-être que certains enseignants seront là et vous, on vous attend dans nos différentes sociétés. Surtout, créez des entreprises vous-mêmes dans quelques années pour être des entrepreneurs, ingénieurs. Il faut entreprendre pour former, fabriquer, concevoir et faire quelque chose d’utile pour notre société.
Vive notre chère Patrie, la Patrie ou la Mort, nous vaincrons ! ».