Plan d’urgence pour la campagne sèche 2026-2027 : 750 forages à prix subventionné pour les producteurs agropastoraux

Le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques a annoncé jeudi 8 octobre 2026, à Ouagadougou, au cours d’une conférence de presse, la mise en œuvre de l’opération spéciale de réalisation de forages à prix subventionné, dans le cadre de la campagne sèche 2026-2027.

Le gouvernement burkinabè va subventionner la réa-lisation de forages au profit des producteurs agropastoraux afin de faciliter leur accès à l’eau et de soutenir la campagne sèche 2026-2027. C’est dans cette dynamique que le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieu-tiques a annoncé la mise en œuvre de cette opération spéciale, le jeudi 8 octobre 2026 à Ouagadougou. Le plan d’urgence de la campagne sèche 2026-2027, selon les conférenciers, comprend dix opérations spéciales de mobilisation de l’eau pour produire dès cette campagne et irriguer 50 000 hectares supplémentaires d’ici au 31 octobre 2027. Il prévoit la réalisation de 750 forages à prix subventionné pour soutenir les producteurs. D’un coût global de 254,79 milliards F CFA, ces opérations visent à rendre productif le patrimoine existant inexploité et à créer de nouvelles superficies irriguées.

Des structures comme l’Agence Faso Mêbo, l’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH), la Société nationale de l’aménagement des terres et de l’équipement rural (SONATER), le génie militaire, 8 000 « VDP agricoles », 17 ateliers de forage et 4 626 artisans nationaux devraient être mobilisés. L’appel à candida-tures s’étend du 12 au 18 octobre 2026, avec des dépôts en ligne et physiques pour les souscripteurs aux forages à prix subventionné. Le secrétaire technique de l’Offen-
sive agropastorale, hydraulique et halieutique, Amos Kienou, a rappelé que la première année de mise en œuvre de l’Offensive agropastorale, hydraulique et halieutique 2026-2028 a été marquée par des séquences sèches parfois difficiles au cours de la campagne agricole humide 2026-2027. « Certes, ces séquences ne remettent pas fondamentalement en cause la sécurité alimentaire du Burkina Faso, mais rappellent la nécessité de dépendre moins des aléas pluviométriques », a-t-il indiqué. C’est pourquoi, a-t-il justifié, un plan d’urgence de la campagne sèche 2026-2027 a été élaboré en réponse à cette situation. « C’est un plan ambitieux d’un niveau jamais égalé dans notre pays », a assuré Amos Kienou.

Une instruction ferme du chef de l’Etat

Le Directeur général (DG) de la Société Faso Agropôles (SOFA), Oula Damien Ouattara, a rappelé que le plan d’urgence découle d’une instruction du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, adressée au gouvernement et portée par
le ministère en charge de l’Agriculture. « La campagne en cours a été marquée relative-ment par une pluviométrie peu satisfaisante, jalonnée de poches de sécheresse. Beaucoup d’études montrent que ces types d’épisodes secs pourraient, dans les années à venir, devenir beaucoup plus fréquents », a relevé le DG de la SOFA. Face à ce risque qui se profile à l’horizon, a-t-il dit, le Burkina Faso peut s’appuyer sur sa capacité estimée à 30 000 hectares (ha) de périmètres irrigués techniquement exploita-bles actuellement.

« Nous avons de grandes potentialités en eaux de surface, notamment les barrages dont les curages sont en cours, en eaux souterraines, en terres et en superficies facilement aména-geables et irrigables. Il nous faut donc prendre en urgence des dispositions pour changer ce contraste », a laissé entendre Oula Damien Ouattara. Il faut, a-t-il affirmé, dans un premier volet, mettre à profit l’ensemble des eaux souterraines, entre autres, avec une cible de 750 forages pour cette campagne sèche. Dans un second volet, il a relevé qu’il est question de réduire durablement la dépendance à la pluie. « Cela porte essentiellement sur des terrassements urgents d’environ 62 500 ha, préparant le terrain pour un aménagement commando de 50 000 ha. Ce, pour nous faire gagner en échelle en termes de capacité de périmètres irrigués disponibles et d’équiper ces aménagements avec des ouvrages hydroméca-niques », a noté Oula Damien Ouattara. A son avis, il va s’agir de passer d’environ 30 000 ha de superficies irriguées effectivement exploitables à un seuil de
80 000 ha.

Boukary BONKOUNGOU

UACO 2026: les Afro-descendants comme acteurs clés du narratif international

La journée du jeudi 8 octobre 2026 des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) a été consacrée à une série de communications sur la stratégie de communication des Etats africains souverainistes face à la campagne de manipulation de l’opinion publique.

La première communication intitulée : « Les Afro-descendants comme levier de construction du narratif international du Burkina Faso : enjeux, stratégie et perspectives » a été animée par le directeur de la communication institutionnelle de l’Assemblée législative du peuple (ALP), Paul Ismaël Bicaba. S’appuyant sur une étude qualitative, documentaire et comparative portant sur la période 2015-2026, avec des références au Ghana, au Bénin, au Rwanda et au Burkina Faso, le communicateur a proposé un modèle articulé autour des Afro-descendants, de l’influence du narratif et de la crédibilité (AIN-C). Ainsi, le communicateur a développé sa présentation sur la diplomatie publique, le rayonnement culturel et la crédibilité des messages du Burkina Faso. A l’entendre, les Afro-descendants constituent un levier stratégique pour renforcer la présence du Burkina Faso dans les récits internationaux.

Cependant, il a déploré le fait que malgré ses richesses culturelles, historiques et symboliques, le pays des Hommes intègres reste confronté à une situation où les voix étrangères occupent une place importante dans la construction de son image à l’échelle internationale. Pour changer la donne, il a invité les plus hautes autorités à considérer les Afro-descendants comme des partenaires potentiels capables de contribuer à la production et à la diffusion de récits sur le Burkina Faso. « Leurs réseaux culturels, numériques, économiques, universitaires et citoyens peuvent favoriser le rayonnement du pays et renforcer sa diplomatie publique », a-t-il suggéré. En termes de potentialités, Paul Ismaël Bicaba a énuméré, entre autres, la mémoire de Thomas Sankara, les manifestations culturelles telles que la Semaine nationale de la culture (SNC) et le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO).

« Ces ressources constituent une base pour élaborer un narratif davantage porté par des acteurs multiples. Pour lui, la mobilisation des Afro-descendants ne devrait pas se limiter à des initiatives ponctuelles ou à un rôle de relais des messages officiels, mais à une démarche de co-production, en les associant à la conception des récits et à leur diffusion auprès de publics cibles. Parmi ses pistes de solutions, camarade Bicaba a proposé la mise en place d’un cadre stratégique de diplomatie publique, d’un dispositif interministériel de coordination et d’un conseil consultatif de partenaires, la définition d’un récit central cohérent, fondé sur l’intégrité, la création et la conscience panafricaine. Pour le communicateur, l’efficacité de cette approche dépendra de la crédibilité des porte-paroles, de la cohérence des messages et de l’évaluation de leurs effets sur les opinions nationales et internationales.

Emil SEGDA
Segda9emil@gmail.com

UACO 2026: l’AES face au défi de la souveraineté narrative

Réunis à Ouagadougou, mercredi 7 octobre 2026, pour la 15e édition des Universités africaines de la communication (UACO), des chercheurs burkinabè et nigériens ont planché sur la stratégie de communication des Etats africains souverainistes face aux campagnes de manipulation de l’opinion publique.

La communication est-elle devenue un pilier de la souveraineté dans l’espace de la Confédération des Etats du Sahel (AES) ? C’est autour de cette question que plusieurs communications se sont succédé, mercredi 7 octobre 2026, lors d’un panel organisé dans le cadre de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO). Les échanges étaient modérés par Fousseni Kindo, directeur de cabinet du président du Conseil supérieur de la communication (CSC).

Le premier à prendre la parole est le Nigérien, Dr Youssoufa Halidou Harouna. Il a traité de l’articulation entre communication de crise et communication gouvernementale. Selon lui, la refondation au sein de l’AES repose sur une réalité communicationnelle permanente. D’un côté, une communication de crise dictée par les enjeux sécuritaires et géopolitiques et de l’autre, une communication gouvernementale destinée à légitimer une nouvelle structure étatique. L’intervenant a rappelé que la communication de crise repose notamment sur la réaction rapide, la transparence, l’unification de la parole publique et la coordination interne et externe. Elle permet de maîtriser les faits, de limiter les dégâts et de rassurer le public comme les partenaires.

La communication gouvernementale, quant à elle, explique les politiques publiques, rend compte de l’action de l’Etat et accompagne les mesures d’intérêt général, avec l’ambition d’instaurer un climat de confiance. Les deux formes de communication, a-t-il résumé, obéissent toutefois à des temporalités différentes. La première exige l’immédiateté, la vérité du terrain et la gestion de la panique, tandis que la seconde s’inscrit dans la durée, avec un accent sur la résilience et la déconstruction d’un narratif qualifié d’impérialiste. Le conférencier a évoqué une harmonisation de la parole officielle, portée par les chefs d’Etat, les ministres, les médias confédéraux, les médias publics et les plateformes institutionnelles. Il a cependant relevé plusieurs défis, notamment la souveraineté technologique, la gestion des réseaux sociaux, l’intelligence artificielle, les cyberattaques et la désinformation. La construction d’une souveraineté informationnelle et d’un discours unifié figure ainsi parmi les perspectives.

Déconstruire les discours haineux à travers les sobriquets

Le doctorant burkinabè Sina Ouaro, de l’Université Joseph-Ki-Zerbo, a abordé la déconstruction des discours haineux à travers les sobriquets attribués aux autorités de l’AES. Son étude porte sur le terme péjoratif « IB Cacao », employé par des détracteurs du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, pour juger irréalisables ses chantiers. En réponse, le groupe musical burkinabè Campus Ambiance a produit une chanson portant le même titre. Selon le chercheur, l’analyse du texte révèle une polyphonie, avec deux voix qui s’opposent. Il s’agit de celle des détracteurs qui dénigrent, et celle du groupe qui défend le chef de l’Etat.

Le message est que ce qui était présenté comme impossible est réalisable au Burkina Faso. Troisième intervenant, le Nigérien Kokia Douna Ba-Koura s’est penché sur la riposte de l’Etat nigérien face aux campagnes de manipulation de l’opinion depuis juillet 2023. Il a décrit un discours souverainiste relayé de manière homogène par le chef de l’Etat, le général Abdourahamane Tiani, et les membres du gouvernement, qui appellent la population à la résilience. Il a formulé plusieurs recommandations, notamment la production d’une information de qualité, le contrôle du financement des médias, l’adoption d’une charte journalistique, la
formation des journalistes locaux au contre-discours et le financement de la recherche sur l’information.

Djakaridia SIRIBIE

UACO 2026: Information et langage au cœur de la guerre communicationnelle

Le deuxième panel de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) s’est tenu, mercredi 7 octobre 2026, à l’université Joseph-Ki-Zerbo. Modéré par Fousseni Kindo, il a porté sur les « défis de l’information et de la communication en période de guerre».

Au premier jour de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), mercredi 7 octobre 2026, plusieurs communications étaient à l’ordre du jour du panel 2. Deux d’entre elles ont porté sur « les attitudes et les compétences des acteurs de l’information en situation de guerre communicationnelle», ainsi que sur « le rôle du langage dans la lutte contre le terrorisme ». Dans sa communication intitulée : « les attitudes et compétences des acteurs de l’information et de la communication en situation de guerre communicationnelle », Sahal Zongo, étudiant en master en communication, a insisté sur la responsabilité des acteurs de l’information. Selon lui, ceux qui produisent et diffusent l’information peuvent influencer la manière dont les événements sont compris par le public.

Dans un contexte où les informations circulent rapidement, il a invité les professionnels des médias à rester prudents et à vérifier les informations avant de les diffuser. Pour lui, une information très partagée n’est pas forcément une information vraie. Sahal Zongo a également appelé les acteurs de l’information à résister aux différentes pressions auxquelles, ils peuvent être confrontés. Pour lui, l’intégrité, la loyauté et le sens de l’intérêt collectif doivent être leur boussole. Aussi, il a souligné que la souveraineté informationnelle ne repose pas seulement sur la maîtrise des technologies. Elle dépend également de la responsabilité de ceux qui produisent, contrôlent et diffusent l’information. Pour sa part, Dr Noindonmon Alain Hien, enseignant-chercheur à l’université Bernard Ledéa Ouédraogo, a consacré sa communication au thème : « Quel langage pour la communication dans la lutte contre le terrorisme ? ».

Son exposé porte sur le rôle du langage dans la lutte contre l’extrémisme violent au Burkina Faso et dans les autres pays de la Confédération des Etats du Sahel (AES). Selon le chercheur, le langage peut jouer un rôle dans les processus de radicalisation. Certains groupes peuvent utiliser des mots et des expressions pour présenter leurs actions d’une certaine manière, les justifier ou influencer les populations. Dans le cadre de sa présentation, Dr Hien a analysé des publications sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et X (ex-Twitter), ainsi que des contenus de médias nationaux et étrangers. Cette analyse a montré que le terrorisme n’est pas toujours présenté de la même manière. Les mots utilisés peuvent varier selon les acteurs et les espaces de communication. Pour Dr Hien, il est donc important d’analyser les discours utilisés autour du terrorisme. Cela permet de mieux comprendre les stratégies de communication des groupes terroristes et d’adapter les réponses.

Boudayinga J.-M. THIENON

Souveraineté informationnelle dans l’AES: les Editions Sidwaya, l’AMAP et l’ONEP unissent leurs plumes

Les Editions Sidwaya du Burkina Faso, l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) et l’Office national d’édition et de presse (ONEP) du Niger ont signé, le mercredi 7 octobre 2026 à Ouagadougou, une convention
de partenariat.

Les médias publics de presse écrite de la Confédération des Etats du Sahel (AES) unissent leurs forces pour mieux consolider la souveraineté informationnelle. En effet, à l’occasion du forum des acteurs des médias et de la communication de l’AES, tenu en marge des 15e Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), les Editions Sidwaya, l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) et l’Office national d’édition et de presse (ONEP) du Niger ont scellé un partenariat par la signature d’une convention, le mercredi
7 octobre 2026.

A travers ce partenariat, les trois médias pourront, entre autres, développer des formations conjointes, favoriser
les échanges d’expertise, promouvoir l’innovation numérique et encourager un usage responsable de l’intelligence artificielle dans le journalisme. « Cette convention constitue un cadre privilégié pour renforcer les échanges de contenus, les publications croisées, les productions communes et les dossiers consacrés aux enjeux politiques, économiques, sociaux, culturels, sécuritaires et diplomatiques de notre espace confédéral », a indiqué la directrice générale des Editions Sidwaya, Assétou Badoh. Pour elle, le secteur des médias connaît de profondes mutations, marquées par l’accélération du numérique, l’évolution des usages et la multiplication des phénomènes de désinformation.

Face à ces défis, a-t-elle estimé, il est nécessaire pour les médias publics d’unir leurs forces et de mutualiser leurs expériences. « Notre ambition est de mieux faire connaître nos peuples, nos territoires, nos cultures, nos patrimoines et nos initiatives de développement endogène », a-t-elle confié. Pour Assétou Badoh, la souveraineté informationnelle suppose que les trois pays soient capables de produire et de diffuser leurs propres récits à partir de leurs réalités, de leurs valeurs et des aspirations de leurs populations.
Le porte-parole des éditeurs des médias publics de l’AES, le directeur général de l’AMAP, Alassane Souleymane a indiqué que la signature de ce protocole d’accord n’est pas un fait isolé.

« Elle parachève une dynamique d’intégration médiatique globale, engagée étape par étape », a-t-il précisé. Il a rappelé que les quotidiens nationaux sont les acteurs médiatiques les plus anciens et les plus résilients de l’espace confédéral. « L’Essor au Mali éclaire le quotidien de ses lecteurs depuis 1949. Au Niger, Le Sahel, fondé en 1974, a succédé au Temps du Niger né en 1961. Sidwaya trace les sillons de la vérité depuis 1984, marchant dans les pas du mythique Carrefour africain créé en 1959 », a-t-il détaillé. Alassane Souleymane appelle les autorités nationales et confédérales à prendre soins des quotidiens nationaux. « Lors de chaque activité d’importance nationale, veillons à ce que la télévision, la radio, l’agence de presse et le quotidien national soient mobilisés ensemble », a-t-il plaidé.

Il a enfin émis le vœu qu’un investissement massif soit fait dans les médias publics, rappelant qu’ils appartiennent au peuple. Prononçant le mot de clôture des travaux du forum des acteurs des médias et de la communication de l’AES, le représentant du ministre chargé de la Communication, Sy Christian Innocent Ouattara a salué la qualité des panels et des échanges qui ont permis de partager les expériences, d’harmoniser les approches et de faire émerger une vision commune de la communication dans l’espace AES. Il a souhaité que les recommandations issues des travaux servent de plan d’actions pour renforcer la coopération entre les acteurs des médias et de la communication.

Leila Sylvia SAWADOGO

UACO 2026 : la souveraineté communicationnelle au cœur du premier panel

Le premier panel de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO)
a eu lieu, mercredi 7 octobre 2026, à l’Université Joseph-Ki-Zerbo.

Placée sur le thème : « Dans un contexte de guerre communicationnelle, quelles attitudes et aptitudes pour les acteurs de l’information et de la communication en Afrique ? », la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) a débuté avec les différentes communications inscrites au programme. Modéré par Zoumana Traoré, le premier panel
a abordé quatre axes.

Le directeur de l’information de l’Agence d’information du Burkina (AIB), Apollinaire Tilado Abga, a développé le thème : « Le Burkina Faso à la conquête de la maîtrise deses propres récits face à la désinformation des médias étrangers ». Pour lui, cette bataille a commencé avec la prise du pouvoir par le capitaine Ibrahim Traoré. Il a relevé que ce changement de paradigme a notamment conduit au départ des troupes militaires étran-gères stationnées au Bur-kina Faso et à l’adoption de mesures favorables à la souveraineté nationale.

Selon lui, cette nouvelle posture a suscité une réaction des puissances impérialistes. Le communicateur a souligné que le pouvoir, dans sa quête de souveraineté, a notamment réduit le train de vie de l’Etat. « Le pays s’est réapproprié ses ressources et des unités industrielles sont ouvertes un peu partout », a-t-il lancé. Il a expliqué que la stratégie de maîtrise des récits repose
sur le chef de l’Etat, le gouvernement et l’outil d’études stratégiques. « Ces trois piliers essentiels combinés avec les Bataillons d’intervention rapide de la communication (BIR-C) travaillent à déconstruire les clichés et mènent la campagne contre la désinformation », a-t-il affirmé.

Antidote contre les fake news

…avec les participants.

Le deuxième panéliste, Paul Ismaël Kiswendsida Nana, a abordé la tropica-lisation des contenus comme stratégie face à la guerre communicationnelle dans le contexte de la Révolution progressiste populaire (RPP). Ce doctorant en communication estime qu’une nouvelle ligne de défense s’est dessinée depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Traoré, avec pour objectif d’« extirper de nos médias l’impérialisme culturel et informationnel». Il a également relevé une présence accrue du régulateur à travers des décisions visant à assainir
le paysage médiatique.

Mohamed Doumi Zan-Karambiri s’est intéressé aux enjeux, défis et pers-pectives des BIR-C. Selon lui, ces unités permettent d’orienter les populations, de répondre à certains récits et de renforcer la visibilité des actions du gouvernement. « Ils sont un antidote contre les fakes News et contribuent à la mobilisation citoyenne autour des Forces de défense et de sécurité », a-t-il soutenu. Il a toutefois suggéré
un meilleur encadrement de ces acteurs.

Le quatrième axe : « Communication stratégique inter-générationnelle (CSIA) face aux campagnes de manipulation de l’opi-nion publique », a été présenté en ligne par Ismaël Touré. Face aux mutations de l’information, il a préconisé une communication endogène qui « valorise nos valeurs, notre identité à travers notre façon de nous dévoiler aux autres ».
Il a enfin insisté sur l’urgence de documenter les savoirs et de donner
à la jeunesse les moyens de produire plutôt que de consommer. « Nous devons documenter les savoirs des aînés et faire parler la mémoire dans le langage du numérique », a-t-il martelé.

Yacouba BELEM

Souveraineté informationnelle : les médias de l’AES accordent leurs violons

En marge de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), les acteurs des médias et de la communication de la Confédération des Etats du Sahel (AES) se sont réunis, mercredi 7 octobre 2026 à Ouagadougou.

Les mots et les images sont devenus des instruments stratégiques de guerre. C’est dans cette dynamique que les acteurs des médias et de la communication de la Confédération des Etats du Sahel (AES) ont tenu, mercredi 7 octobre 2026 à Ouagadougou, un forum sur le thème : « Médias et souveraineté de la Confédération des Etats du Sahel ». Selon le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, cette rencontre offre un cadre de réflexion sur les enjeux de la guerre communicationnelle et ses implications pour les professionnels de l’information et de la communication. Selon lui, la guerre ne se limite plus aux champs de bataille.

Elle se joue également dans les rédactions, sur les plateformes numériques et à travers les différents canaux de diffusion de masse. Cet usage de l’information et de la communication, a-t-il poursuivi, doit être contré par un discours alternatif afin de déconstruire les stéréotypes et autres messages subversifs diffusés à dessein pour ternir l’image des Etats et dissuader leurs partenaires et amis à travers le monde. Pour lui, les hommes et femmes des médias doivent être des acteurs conscients et responsables, afin de faire de l’information un outil essentiel dans la lutte pour la souveraineté de l’AES. Le ministre a invité les journalistes à renforcer leurs capacités face à la désinformation, à promouvoir une stratégie de communication concertée et à produire davantage de contenus valorisant les réalités et les initiatives sahéliennes.

Respect des normes et des valeurs sociales

Quant au président de la Commission nationale de l’AES, Bassolma Bazié, il a indiqué que l’information constitue l’une des armes les plus précieuses dans la bataille engagée par l’AES pour l’affirmation de son indépendance. Il a appelé les pays de l’espace confédéral à se donner les moyens de produire et de diffuser leurs propres contenus, ainsi que de construire un puissant éditorial indépendant pour porter le regard de l’AES sur l’Afrique et sur le monde.

L’enseignant-chercheur Dr Lassina Kaboré, dans une communication, a mis en évidence les réactions, à la fois positives et critiques, des internautes à la suite de la publication d’articles produits par la RTB et les médias publics du Mali et du Niger. Pour lui, les journalistes de l’espace confédéral doivent s’appuyer sur l’éthique et la déontologie de la profession. Il a également insisté sur l’importance des normes sociales et des valeurs endogènes dans la construction d’un nouveau narratif médiatique.

Les participants ont identifié plusieurs pistes pour renforcer cette coopération. Il s’agit notamment de la coproduction de séries et de documentaires, de l’immersion des professionnels dans les rédactions des pays membres, de la création d’une base de données commune de contenus et d’archives, ainsi que du développement de productions destinées aux plateformes numériques. L’intelligence artificielle et les nouvelles technologies ont également été présentées comme des outils susceptibles de renforcer les capacités de production et de diffusion des médias de l’espace confédéral. Les professionnels ont, par ailleurs, souhaité développer davantage de contenus consacrés à l’histoire, aux cultures, aux langues nationales, à la jeunesse et au patrimoine des trois pays.

Coopération des médias

Le forum a également été marqué par un partage d’expériences entre les professionnels des médias des pays de l’AES. Il a permis de mettre en lumière le contexte, les acquis, les enseignements et les perspectives de cette coopération. La directrice générale des Editions Sidwaya, Assétou Badoh, a présenté l’état et les perspectives de coopération entre les presses écrites de l’AES. Cette coopération repose, selon elle, sur les échanges d’informations, le partage d’expériences, l’accompagnement des équipes en déplacement et les immersions professionnelles. Les rédactions ont également commencé à produire des contenus communs et à partager certains articles, malgré l’absence d’une convention officielle.

Les perspectives, a-t-elle annoncé, portent également sur la modernisation des plateformes numériques, la valorisation des archives, la formation commune des professionnels, la mutualisation de certains équipements et consommables, ainsi que la mise en place de mécanismes communs de lutte contre la désinformation. Du côté de l’audiovisuel, le directeur général de la RTB, Galip Somé, a indiqué que la coopération entre les médias audiovisuels a permis de mettre en place un espace médiatique commun, fondé sur le partage quotidien de contenus, d’émissions et de programmes. A cela s’ajoute la création de la page AES. Cette coopération, a-t-il poursuivi, a également favorisé la mutualisation des compétences techniques et logistiques.

Wendaabo Cathérine KOURAOGO
Déborah Bénédicte
Yaméogo
(stagiaire)

 

 

UACO 2026 : l’Afrique se mobilise pour sa souveraineté informationnelle

La 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO) s’est ouverte, mercredi 7 octobre 2026. C’est le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo qui a donné le top départ.

Les professionnels des médias et de la communication veulent mener la bataille pour la souveraineté de l’Afrique sur le terrain de l’information. C’est pourquoi, durant trois jours, ils se réunissent dans la capitale burkinabè pour des réflexions, à l’occasion de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO). Placée sur le thème : « Dans un contexte de guerre communicationnelle, quelles attitudes et aptitudes pour les acteurs de l’information et de la communication en Afrique », cette édition qui se tient du 7 au 9 octobre 2026, sera marquée entre autres, par des panels, des échanges entre médias et des expositions.

Plusieurs délégations africaines d’Hommes de médias et d’experts de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger et du Cameroun ainsi que des acteurs d’autres pays africains participent à cette édition. L’ouverture a été présidée par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo. Quant à la conférence inaugurale, elle a été animée par le politologue et essayiste camerounais, Claude Wilfried Ekanga. Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a indiqué que, face aux réseaux sociaux et l’intelligence artificielle, la question fondamentale demeure la place de l’Afrique dans la production de sa propre information. Pour ces présentes UACO, a-t-il annoncé, le comité scientifique a structuré les travaux autour de deux axes thématiques majeurs qui feront l’objet de 35 communications.

L’innovation majeure, a-t-il laissé entendre, est le forum des acteurs des médias et de la communication de la Confédération des Etats du

Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo : « nous vivons une période où l’information est devenue une ressource stratégique de gouvernance».

Sahel (AES) et la tenue de la première édition des Zama d’or, un concours destiné à valoriser l’excellence et la créativité des professionnels locaux. Le ministre a souhaité que les acteurs des médias se mettent dans la danse pour mener cette guerre pour la souveraineté informationnelle de l’Afrique. « La guerre se mène certes sur le terrain face aux ennemis, mais aussi sur le terrain de la communication. C’est en cela que nous parlons de guerre communicationnelle », a-t-il affirmé. Il pense que les professionnels des médias ont également un rôle important à jouer. « Les gouvernants ont déjà joué leur partition.

Aujourd’hui, nous estimons qu’il est important que les hommes et femmes de médias prennent le relais et assument pleinement leurs responsabilités », a-t-il interpelé. Le ministre a notamment insisté sur l’appropriation de concepts tels que le journalisme de solution et le journalisme de développement. « Nous sommes certains qu’à l’image de nos vaillantes forces combattantes qui sont en train de gagner la guerre, nous allons également gagner la guerre communicationnelle », a-t-il conclu.

Vers une souveraineté globale

Le parrain de cette édition, Bassolma Bazié, président de la Commission nationale de l’AES a lancé un appel à « faire parler l’Afrique par l’Afrique ». Pour lui, les stylos et les crayons sont des balles, faisant des communicateurs, des acteurs à part entière sur le théâtre des opérations informationnelles. Citant Thomas Sankara, il a appelé au retour aux ressources intellectuelles de l’Afrique. « Si vous buvez à la mauvaise source, l’information et la communication deviennent des armes tactiques de destruction », a-t-il prévenu. Quant au Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, il a relevé que dans la bataille des récits, le journaliste africain doit prendre ses responsabilités lorsque sa patrie est agressée. « Pendant longtemps, notre histoire a été racontée par d’autres, analysée à travers des grilles de lecture conçues ailleurs. Cette époque doit prendre fin », a-t-il martelé. Pour lui, un peuple qui ne produit pas sa propre information reste vulnérable et dépendant. « La souveraineté nationale ne peut être entière si elle n’est pas aussi informationnelle et communicationnelle », a-t-il expliqué.La cérémonie d’ouverture s’est achevée par la visite des stands d’exposition, où les autorités ont pu apprécier le dynamisme et le savoir-faire des entreprises de presse panafricaines.

Julien ZOUNGRANA
Aïssatou DIARRA
(Stagiaire)

JEPPC 2026: Le Ministre Parole-parole du Gouvernement dialogue avec le peuple

Le Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme le Camarade Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO était face aux citoyens ce mardi 6 octobre 2026 au Pavillon Soleil Levant du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou ( SIAO) afin de présenter les différentes réalisations et innovations de son département sur la période du 30 septembre 2022 à nos jours dans le cadre des Journées d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC).
Dans son exposé liminaire, le Ministre Pingdwendé a d’abord présenté son département. Jadis scindé en plusieurs départements, le ministère a connu une fusion en 2022 et compte 2450 agents, 13 Directions régionales de la Culture, des Arts et du Tourisme (DRCCAT), 45 Directions Provinciales de la Culture, des Arts et du Tourisme ( DPCCAT), 10 Établissements Publics de l’État (EPE).
La mission du MCCAT est d’assurer l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de la politique du Gouvernement en matière de Communication, de Culture, des Arts et du Tourisme.
Au titre des bilans réalisés par le MCCAT de 2022 à nos jours, on note entre autres dans le domaine de la communication et des médias une stratégie de communication gouvernementale en temps de guerre où les actions engagées dans le cadre de cette stratégie ont permis de renforcer la cohérence et l’impact de la communication gouvernementale, d’accroître la production de contenus audiovisuels, de sensibilisation de la population et de renforcer l’information des populations sur la dynamique et les acquis engrangés par les forces combattantes dans la lutte contre le terrorisme.

Des explications du Ministre Pingdwendé, les actions et réformes engagées au sein du département dans le domaine de la Culture et des Arts sur la période ont contribué à renforcer la protection et la promotion du patrimoine culturel à travers l’institutionnalisation de la Liste nationale du patrimoine culturel, l’adoption de deux décrets de classement de 142 biens culturels immeubles et de 190 éléments du patrimoine culturel immatériel, l’institution du Mois du Patrimoine Burkinabè, …
En ce qui concerne le domaine du tourisme, les actions et réformes engagées depuis 2022 ont permis selon le chef du département en charge du Tourisme de renforcer le cadre réglementaire et l’application des textes tels l’adoption des décrets d’application de la Loi n 011-2021/AN du 16 avril 2021 portant loi d’orientation du tourisme au Burkina Faso qui prend en compte de nouveaux types d’établissements touristiques, l’organisation de 17 ateliers de vulgarisation des nouveaux textes du tourisme, l’octroi de plus de 1000 licences d’affaires, le lancement du Projet de construction des infrastructures du Mémorial Isidore Noël Thomas SANKARA (PCIM-INTS).
En perspectives, le MCCAT entend concrétiser le renouveau culturel avec comme corollaire l’endogénéisation de notre processus de développement, la mise en place d’un observateur national de faits culturels, la stratégie nationale de la Culture et du Tourisme, la mise en œuvre des grands projets en l’occurrence le projet Bigtogo pour la mise en valeur du site touristique et culturel dans la commune de Pabré et le renforcement des aménagements du site de Samandéni.
A l’issue de l’exposé suivi d’échanges avec l’assistance, le Camarade Ministre Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO a procédé à la dédicace du document du répertoire des noms de famille du Burkina Faso.
DCRP/MCCAT

Rentrée scolaire : miser dans les paris sportifs pour payer les scolarités

La semaine dernière, Kantigui est allé prendre un bol d’air dans un kiosque à café de la place. Entre deux gorgées de café, il a surpris une conversation pour le moins étonnante entre deux pères de famille. « Je pense que c’est mieux de miser sur une cote de 20. Si ça passe, tu pourras payer les frais de scolarité et garder le reste pour tes autres dépenses », conseillait l’un d’entre eux. Et, l’autre, visiblement (…)

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Kantigui

kantigui2000@gmail.com