Froid et climatisation : « Le réglage correct de la température d’un climatiseur se situe entre 24°C et 26°C », Madi Sakandé, expert international

Promoteur de la New Cold System en Italie et au Burkina Faso et président de l’Union des Associations africaines des acteurs de la réfrigération et de la climatisation (U-3ARC), Madi Sakandé est un acteur engagé dans la transformation du secteur du froid en Afrique. Consultant auprès d’agences des Nations unies dans la mise en œuvre de projets liés au Protocole de Montréal et à l’Amendement de Kigali, il siège également au sein du Refrigeration, Air Conditioning and Heat Pump Technical Options Committee (RTOC). Dans cette interview, il analyse les enjeux du froid et de la climatisation au Burkina Faso, les effets du changement climatique sur les besoins en refroidissement et les défis liés à la formation des techniciens, à l’efficacité énergétique et à l’utilisation de technologies plus respectueuses de l’environnement.

Sidwaya (S) : Que recouvre exactement le secteur du froid et de la climatisation pour vous ?

Madi Sakandé (M.S) : Pour beaucoup, le froid c’est juste le climatiseur qui rafraîchit le salon. C’est toute une chaîne : la production, le transport, le stockage, la conservation, la distribution. C’est le vaccin qui reste efficace dans un centre de santé rural. C’est la tomate qui ne pourrit pas entre le champ et le marché. C’est le poisson qui reste frais sur nos côtes. C’est aussi le data center qui refroidit ses serveurs. Quand je parle du froid, je parle d’un pilier de notre souveraineté alimentaire, sanitaire et numérique. Et c’est bien plus large encore : cela touche même à la diplomatie. Comment ? Si, grâce au développement du froid, votre pays parvient à garantir sa sécurité alimentaire, votre peuple ne connaîtra plus la faim. Vous produirez assez, vous vendrez l’excédent, et vous n’aurez plus à tendre la main pour des tonnes de céréales. Un peuple qui n’a plus faim, c’est un peuple qui se fait respecter dans le concert des nations.

S : Qu’entend-on par « froid durable » ou « froid propre » ?

M.S : Le froid durable, c’est un froid qui ne détruit pas la planète pour nous rafraîchir. C’est un froid qui produit par des appareils
utilisant des fluides réfrigérants éco-compatibles et pas dangereux pour les êtres humains, et qui
consomment moins d’énergie. Concrètement, cela veut dire des équipements efficaces qui
consomment moins d’électricité, et des fluides réfrigérants à faible impact climatique, plutôt que d’anciens gaz très polluants. C’est aussi un froid entretenu par des techniciens formés, pas des bricoleurs et partisans du refrain
« le gaz est fini ». Le froid propre, c’est d’abord une question de
formation et de conscience professionnelle. Ce n’est pas un luxe. C’est une nécessité.

S : Quels sont les comportements que vous observez sur le terrain et qui vous préoccupent le plus
en matière d’utilisation des équipements de froid ?

M.S : Ce qui me préoccupe le plus, c’est le manque de formation et l’absence d’Equipements de
protection individuelle (EPI). J’ai vu des techniciens manipuler des fluides sans gants, sans lunettes, sans masque. J’ai vu des bouteilles mal raccordées. J’ai vu des circuits non purgés. Résultat : des brûlures graves, parfois des accidents mortels. On en parle tous les jours sur nos supports de communication et des exemples d’incidents, vous en avez à la pelle. Je n’en veux pas personnellement aux techniciens. C’est la faute d’un système qui ne les a pas formés, qui ne les a pas certifiés, qui ne les a pas protégés. Un technicien non formé, c’est un danger pour lui-même, pour son client, et pour son pays. Côté utilisation, c’est le comble. 99% des utilisateurs des équipements de froid et climatisation ne savent pas le
minimum pour une bonne utilisation et n’ont aucune notion de l’utilisation rationnelle de
l’énergie électrique.

S : Quel est le lien entre l’utilisation croissante des équipements de froid et le changement climatique ?

M.S : Plus, il fait chaud, plus on achète des climatiseurs. Plus on achète des climatiseurs, plus on consomme d’électricité produite souvent avec des énergies fossiles, et plus certains fluides mal maîtrisés s’échappent dans
l’atmosphère. C’est un cercle qui s’auto-alimente : le réchauffement climatique pousse à la climatisation, et la climatisation mal gérée aggrave le réchauffement. C’est ce cercle qu’il faut casser, pas subir.

S : Les climatiseurs et réfrigérateurs contribuent-ils eux-mêmes au réchauffement climatique ?

M.S : Oui, directement et indirectement. Directement, par les fuites de fluides frigorigènes qui sont des gaz à effet de serre. Indirectement, par la consommation d’électricité, surtout quand cette électricité est produite à partir d’énergies fossiles. Mais attention : ce n’est pas l’équipement qui est coupable. C’est la façon dont il est conçu, installé, et utilisé sans entretien périodique. Un climatiseur à inverseur, bien installé, entretenu, alimenté par une énergie propre, et utilisé de façon adéquate peut être un allié du climat. Un climatiseur mal entretenu, avec un fluide qui fuit, alimenté par un groupe électrogène, est un ennemi.

S : Quels sont les principaux gaz réfrigérants utilisés au Burkina Faso et quels sont leurs impacts sur l’environnement et le climat ?

Le froid, c’est toute une chaîne à savoir : la production, le transport, le stockage,
la conservation, la distribution.

M.S : Au Burkina, comme dans beaucoup de pays africains, on trouve encore du R22, un fluide qui détruit la couche d’ozone et qui est interdit par le Protocole de Montréal.
On trouve aussi du R410A, R404A, R407C et du R32, qui ne détruisent pas la couche d’ozone, mais qui contribuent fortement au réchauffement climatique. Et de plus en plus, on voit arriver des fluides naturels comme le R290 (propane) et le R600a (isobutane), qui sont excellents pour la planète, mais qui demandent une formation sérieuse, parce qu’ils sont inflammables. Le problème, c’est que ces fluides circulent sans contrôle, sans traçabilité, sans certification des techniciens. C’est là que le bât blesse.

S : Quelle différence faut-il faire entre les gaz qui détruisent la couche d’ozone et ceux qui contribuent au réchauffement climatique ?

M.S : Ce sont deux problèmes différents, souvent confondus. La couche d’ozone, c’est le bouclier qui nous protège des rayons ultraviolets du soleil : des gaz comme le R22 l’attaquent directement, on mesure ça avec le potentiel de destruction de l’ozone. Le réchauffement climatique, c’est autre chose : c’est la chaleur qui s’accumule dans l’atmosphère, mesurée par le potentiel de réchauffement climatique. Un fluide peut être bon pour l’ozone et quand même mauvais pour le climat.

S : Quelle quantité d’énergie, les équipements de froid et de climatisation peuvent-ils représenter dans la consommation d’un ménage ou d’une entreprise ?

M.S : Je peux dire avec certitude que dans nos climats, la climatisation et la réfrigération représentent souvent le premier poste de consommation électrique d’un ménage ou d’une entreprise, largement devant l’éclairage ou les autres appareils. Dans un ménage, le frigo et le climatiseur peuvent représenter facilement 60 à 80 % de la facture d’électricité. Dans les structures publiques comme les bureaux, la climatisation peut monter à 90 % de la consommation. C’est énorme. Et c’est souvent du gaspillage : des équipements mal dimensionnés, mal entretenus, mal isolés, qui tournent à vide. Un équipement mal entretenu ou mal dimensionné se voit directement sur la facture.

S : Au Burkina Faso, quels sont les équipements les plus énergivores ?

M.S : Sans hésiter, ce sont les climatiseurs, surtout pendant les mois les plus chauds. Un climatiseur mal entretenu, avec des filtres encrassés ou une charge de gaz mal réglée, peut consommer bien plus que le nécessaire pour le même résultat.
Les chambres froides commerciales pèsent lourds aussi, mais c’est la climatisation domestique et de bureau qui tire le plus sur le réseau électrique national. Parlons justement de climatisation de bureau, avec mon entreprise New cold System, nous avons, en guise de contribution patriotique gratuite, réalisé en 2023 un audit des équipements de froid au ministère de l’Economie et les résultats sont effarants. C’est pourquoi je mène depuis quelque temps des séances de sensibilisation et d’informations dans les ministères et dans les médias.

S : Existe-t-il des pratiques simples permettant aux ménages de réduire simultanément leur facture d’électricité et leur empreinte environnementale ?

M.S : Oui, il y en a plusieurs. D’abord, entretenir régulièrement ses équipements : nettoyer les
filtres, vérifier les joints, dégivrer les congélateurs. Ensuite, régler la température correctement : entre 24°C et 26°C pour un climatiseur, 4 degrés pour un frigo, -18 pour un congélateur. Ne pas ouvrir la porte du frigo pour rien. Ne pas installer le frigo à côté du four ou en plein soleil. Fermer les rideaux pendant les heures chaudes. Eteindre les appareils quand on ne les utilise pas. Et surtout, faire appel à un technicien certifié pour l’installation et l’entretien. Un technicien non formé peut faire plus de dégâts qu’autre chose.

S : Quel rôle l’Etat doit-il jouer dans la transition vers des équipements de froid plus efficaces et moins polluants ?

M.S : L’Etat doit jouer un rôle central. D’abord, il doit revoir la fiscalité. On ne peut pas taxer jusqu’à 111 % (48% pour le cas du Burkina Faso) l’importation d’équipements neufs et performants, et laisser entrer librement des équipements d’occasion qui polluent. Ensuite, il doit investir dans la formation et la certification des techniciens. Il doit créer un cadre réglementaire clair, avec des normes communes, une traçabilité des fluides, une interdiction progressive des fluides à fort potentialité de réchauffement global. Il doit aussi soutenir
les entreprises locales qui veulent produire ou assembler des équipements adaptés à nos climats. Enfin, il doit reconnaître le froid comme une infrastructure essentielle, au même titre que l’eau ou l’électricité.

Tant que l’Etat ne verra pas le froid comme un enjeu stratégique, nous resterons dans la file d’attente du développement. D’ailleurs, à U-3ARC, nous militons pour que chaque pays africain se dote de ce que j’appelle une agence nationale du froid, rattachée directement à la Présidence ou à la Primature. Pas à un ministère parmi d’autres. Pourquoi ? Parce que le froid est transversal : il touche à la santé, à l’agriculture, à l’énergie, au commerce, à l’environnement, au numérique, la formation professionnelle, à l’emploi, à la jeunesse…. On ne peut pas l’enfermer dans un seul ministère, comme on le voit très souvent avec celui de l’Environnement.
Une agence nationale du froid, c’est une instance qui coordonne, qui planifie, qui arbitre. C’est elle qui permettra de débloquer les difficultés que nos pays rencontrent aujourd’hui.

Paténéma Oumar OUEDRAOGO

Société nationale des substances précieuses : un guichet d’achat d’or inauguré à Tenkodogo

La société nationale des substances précieuses a inauguré, le 29 octobre 2026, à Tenkodogo, un guichet d’achat d’or.

La Société nationale des substances précieuses (SONASP) continue son maillage à travers le pays. Après Bobo-Dioulasso, Banfora et Gaoua, il a ouvert son 4e guichet d’achat d’or, le 29 octobre 2026, à Tenkodogo, dans la région du Nakambé. Ce déploiement s’inscrit dans une dynamique de rapprochement des services d’achat d’or avec les acteurs locaux et pose également la question de l’organisation de la commercialisation de cette ressource, notamment en ce qui concerne l’accessibilité des services et les procédures applicables au secteur, a expliqué le directeur général de la SONASP, Sougrinoma Basile Zongo. Selon lui, l’or est l’une des ressources les plus précieuses du Burkina Faso. Cependant, il a indiqué qu’une part importante de sa production échappe au circuit officiel au détriment des acteurs, des collectivités et de l’économie nationale. « L’implantation de ce guichet à Tenkodogo offrira aux artisans miniers, collecteurs et autres acteurs de la région, un cadre officiel, sécurisé et conforme à la réglementation pour vendre leur or », a-t-il poursuivi. Le directeur général de la SONASP a saisi l’occasion pour rassurer les acteurs miniers que sa société ne vient pas se substituer à eux mais entend plutôt travailler en équipe avec eux.

Une meilleure accessibilité des services

Le directeur de la commercialisation et de la clientèle, Bonaventure Somda, a, pour sa part, mis en avant la volonté de la SONASP de rendre ses prestations plus accessibles aux acteurs de la filière aurifère. Il a expliqué que le déploiement progressif de ses guichets, amorcé en 2024, répond à la nécessité de rapprocher les lieux de vente, des zones de production et de réduire les déplacements des producteurs et des collecteurs. « En plus de l’acquisition de l’or, cette structure servira de cadre à l’établissement des cartes professionnelles des artisans miniers. Deux dispositifs qui devraient faciliter les transactions, encourager les acteurs à intégrer le circuit réglementaire et contribuer à une meilleure structuration du secteur », a précisé M. Somda.

En marge de cette cérémonie d’ouverture, des attestations de reconnaissance ont été décernées aux meilleurs vendeurs d’or de différentes localités. « Je suis très heureux de recevoir cette distinction car, elle témoigne du travail remarquable que nous faisons et qui est bénéfique pour le pays. Nous travaillerons avec la SONASP pour faire avancer le pays », s’est réjoui Salifou Belem, un des meilleurs acheteurs d’or de l’année 2025. Aussi, une visite guidée des locaux du nouveau guichet a-t-elle été effectuée, suivie d’une explication du processus d’achat de l’or. Cette cérémonie est également le moment pour les participants de découvrir les installations modernes du guichet.

Un outil au service de l’économie locale

Le Président de la délégation spéciale (PDS) de Tenkodogo, Sami Béranger Pooda, a exprimé sa satisfaction quant à l’implantation de cette infrastructure dans sa commune, rappelant que de nombreux hommes et femmes de la région du Nakambé
vivent directement ou indirectement des activités aurifères.

Ainsi, la disponibilité d’un point d’achat officiel, accessible et sécurisé, à son avis, constitue une attente importante pour les acteurs de la filière. Il a indiqué que pour la commune, ce guichet représente une opportunité de contribuer à une meilleure organisation du secteur, de renforcer la traçabilité de l’or et de dynamiser l’économie locale.
Le premier responsable communal a également réaffirmé la volonté des autorités locales d’accompagner la SONASP afin de garantir un environnement favorable au bon fonctionnement du guichet. Sami Bérenger Pooda a enfin invité les artisans miniers, les collecteurs et l’ensemble des intervenants de la filière à s’approprier cette infrastructure et à contribuer à sa protection.

Anselme KAMBIRE

SIAO 2026: moderniser le secteur de l’artisanat

Les travaux du séminaire placé sur le thème : « Artisanat africain et industrialisation : quelles synergies pour une meilleure organisation et valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel ? » ont pris fin, le dimanche 1er novembre 2026, à Ouagadougou.

En marge de la 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), un séminaire s’est tenu dans le but
d’introduire et de contextualiser le thème central de cette édition. Il s’agissait de passer en revue les mécanismes et les stratégies permettant de renforcer les liens entre l’économie, l’artisanat et l’industrie, en vue d’une meilleure valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel. Les travaux ont pris fin dans l’après-midi du dimanche 1er novembre 2026 à Ouagadougou, sous la
direction du conseiller technique du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Seydou Ilboudo. Selon lui, son
département vient de réussir à mettre en place un cadre de réflexion de très haut niveau. « L’artisanat africain constitue un important levier de développement économique, social et culturel. La richesse et la diversité des contributions ont été d’une importance indéniable, en ce qu’elles ont permis de mieux comprendre les enjeux, les défis et les perspectives liés au développement de ce secteur », a-t-il souligné. Il a également confié que les échanges ont mis en évidence la nécessité de mieux structurer le secteur de l’artisanat et de renforcer les synergies entre celui-ci et l’industrie.

Cela permettra de favoriser la transformation locale, d’améliorer la qualité des œuvres, de faciliter l’accès au financement et aux technologies, ainsi que de conquérir de nouveaux marchés.
Au regard de ces enjeux, le défi consiste, selon lui, à moderniser le secteur de l’artisanat tout en préservant son authenticité, afin d’en faire un secteur structuré, innovant, compétitif et créateur de valeurs. Il a ainsi salué l’ensemble des communicateurs, des modérateurs et des participants pour l’intérêt manifesté à l’égard des thèmes débattus et la qualité de leurs réflexions durant les travaux. A son avis, ce séminaire a permis de mieux cerner les enjeux de la synergie entre l’artisanat et l’industrie. Il ouvre ainsi des perspectives concrètes pour une meilleure intégration de l’artisanat dans les chaînes de production et, plus largement, pour un développement socioéconomique durable. Pour sa part, le directeur général du SIAO, Eric Bassolé, a remercié l’ensemble des panélistes. « L’événement a été un succès. Il y a eu des échanges francs et de grandes conclusions à mettre en œuvre. C’est à l’honneur de tous les panélistes, des artisans ainsi que des invités », a-t-il expliqué.

Evariste YODA

SIAO 2026: le Burkina magnifie la créativité de ses artisans

La 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) se tient du 30 octobre au 8 novembre 2026 dans la capitale burkinabè. Et le Burkina Faso figure en bonne place avec les produits issus du savoir-faire de ses artisans.

L’édition 2026 du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) bat son plein depuis 30 octobre dans la capitale burkinabè. A ce rendez-vous de l’art africain, le Burkina Faso expose les fruits du génie endogène. A son stand officiel situé au pavillon ‘’le Soleil -Levant’’ l’on y trouve toutes sortes de produits issus du savoir-faire de ses artisans. Du pagne emblématique ‘’Faso Dan Fani’’, aux accessoires de modes en passant par les produits agroalimentaires issus de la transformation des produits locaux et des objets d’art, le lieu rappelle la riche culture du pays. « Le Stand pays est un stand qui fait la promotion des produits burkinabè et de nos artisans.

Et cette année, nous avons toujours les produits de nos vaillants artisans tels le bronze, Faso Dan Fani labellisé, du beurre de karité, du miel et aussi d’autres articles de nos artisans », a affirmé l’animatrice du stand, Lompo Alice. Selon elle, l’objectif visé dans ce salon, qui est un lieu de rencontre, est de pouvoir nouer des contacts. « C’est vraiment un lieu de
rencontre, de relations d’affaires, où nous cherchons à lier des contacts avec nos anciens partenaires, chercher des partenariats pour nos exportateurs et aussi des investisseurs », a-t-elle indiqué.

Kadi RABO

Burkina : L’armée élimine le chef terroriste Saïdou Diallo, alias Djabiri Mangan le Borgne

Le chef terroriste Saïdou Diallo, alias Djabiri Mangan le Borgne (47 ans) a enfin payé pour ses nombreux crimes. Il a été neutralisé avec plusieurs de ses acolytes dans la matinée du jeudi 29 octobre 2026, dans la forêt de Konga, commune de Gomboro, province du Sourou. L’opération a été menée par une unité des Forces spéciales antiterroristes de campagne (FORSATEC), a appris l’AIB lundi auprès de sources sécuritaires.

Les Forces combattantes ont lancé une offensive contre les terroristes affiliés au Groupe dit de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), retranchés dans la forêt de Konga dans le Sourou.

Au cours d’une opération savamment exécutée, le 29 octobre 2026, plusieurs terroristes ont été neutralisés et des bases démantelées.

Parmi les terroristes abattus figure Saïdou Diallo, alias Djabiri Mangan dit le Borgne, un important chef terroriste dans la région du Sourou. Âgé d’environ quarante-sept ans, le meurtrier était originaire de Toaga, dans la commune de Tougan. Il était l’adjoint du chef de la base terroriste de Konga/Gomboro.

Selon nos sources, il jouait aussi un rôle clé dans la logistique des groupes terroristes. Il était chargé de l’écoulement du bétail volé aux populations et de l’approvisionnement des terroristes en tenues et accessoires militaires.

Le sinistre individu a participé à plusieurs attaques contre les Forces de défense et de sécurité (FDS), les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) et les populations civiles.

Il a sévi dans les communes de Kiembara, Lankoué, Tougan et Gomboro, dans la province du Sourou, ainsi que dans celles de Thiou et de Tangaye, dans la province du Yatenga.

Une importante logistique a également été récupérée, notamment des armes, des moyens roulants, des vivres et des produits pharmaceutiques.

La neutralisation de cet adjoint de base, également pourvoyeur logistique, constitue un coup dur pour les réseaux terroristes opérant dans le Sourou et le Yatenga. Elle prive ces assassins d’un maillon essentiel de leur approvisionnement et consolide les actions de reconquête des Forces combattantes.

Sa neutralisation s’ajoute aussi à une série de coups portés ces derniers mois aux chefs terroristes.

Le 25 juillet 2026, les Forces combattantes avaient neutralisé quinze terroristes dans la forêt de Kinséré, commune de Barani, province de Koosin.

Parmi eux figurait leur chef, Sangaré Barry Manga, trente-deux ans, actif dans les groupes terroristes depuis 2018.

Le 16 janvier 2026, une embuscade entre Koogo et Menè, dans la province du Koulpélogo, avait coûté la vie à cinquante-sept terroristes.

Parmi eux se trouvait Karim Torodo, alias Abdoul Bachirou, émir du GSIM pour le Nakambé, dont la tête avait été mise à prix pour 175 millions de francs CFA en juin 2023.

Source : Agence d’information du Burkina

SIAO 2026 : Le ministre Serge Gnaniodem Poda visite le village du pays invité d’honneur

L’ambassadeur du Ghana, Kenneth Akibate, a accueilli le ministre chargé de l’Artisanat, Serge Poda, au village du pays invité d’honneur.

La 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou accueille le Ghana comme pays invité d’honneur. A cet effet, un village leur a été exclusivement attribué. Le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, y a fait un tour le lundi 2 novembre 2026. Il a été accueilli par l’ambassadeur du Ghana auprès du Burkina Faso, Kenneth Akibate, qui lui a présenté les différents produits exposés par son pays. Il a avoué avoir apprécié la visite du ministre car c’st une occasion pour échanger et montrer tout ce que le Ghana a au SIAO. « Comme nous sommes le même peuple, nous ne pouvons pas être ailleurs quand un tel événement se déroule au Burkina », a-t-il ajouté. Le responsable d’équipe, représentant la Ghana Export Promotion Authority, Seidu Saaka Bakari, a expliqué que le Ghana est présent avec plus de 100 exposants et exportateurs venus présenter des produits ghanéens.

Le village est la vitrine de l’artisanat du Ghana au SIAO.

« Il y a une grande variété de produits, allant de l’agroalimentaire à l’artisanat en passant par les tissus et bien d’autres articles. Nous avons beaucoup de produits exposés », a-t-il souligné. Il a en outre promis, qu’à son retour, de recommander à son pays de toujours bien préparer sa participation à ce salon. Selon lui, la plupart des exposants ghanéens sont très heureux d’être présents. Certains ne s’étaient pas inscrits au départ, mais ils ont entendu parler de l’événement plus tard et sont venus demander des stands, foi de Seidu Saaka Bakari. « Malheureusement, tous les stands sont déjà occupés. Nous essayons toutefois de trouver une solution pour accueillir certains d’entre eux à différents moments afin qu’ils puissent présenter leurs produits », a-t-il révélé. La Journée consacrée au pays invité d’honneur, le Ghana, a lieu ce mardi 3 novembre dans l’enceinte du SIAO.

      Wendyam Pascaline KALMOGO

Crédit Photo : Edith BAKALA

 

Ateliers thématiques : L’autre B to B entre acheteurs et maitres artisans

Le directeur général du Selon International de l’Artisanat   de Ouagadougou (SIAO), Éric Bassolé, a procédé au lancement des ateliers thématiques de la 18e édition de la fête de l’artisanat africain le lundi 2 novembre 2026 à Ouagadougou.

A la suite d’une série de communications et d’échanges initiés depuis le ministère des Affaires étrangères, où s’est tenu un panel de très haut niveau sur le thème central du Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO), place aux ateliers thématiques. La cérémonie du lancement desdits ateliers s’est déroulée, le lundi 2 novembre 2026, au sein du Village Artisanal de Ouagadougou sous la direction du directeur général du SIAO, Eric Bassolé.

Pour lui, il est question de quitter le cadre des bureaux, celui un peu classique, intellectuel, pour aller directement rencontrer les artisans. D’où ces ateliers thématiques qui sont directement liés aux métiers. « Nous voulons   rencontrer les artisans dans leurs ateliers, connaître les difficultés, les défis et les perspectives. L’objectif est d’avoir une rencontre, des échanges francs entre artisans, acheteurs professionnels et tout ce qu’il y a comme marché autour », a-t-il expliqué.

Le directeur général du SIAO, Eric Bassolé : « il nous faut impérativement passer à une production répondant aux besoins réels du marché »

Il a ajouté que durant deux jours des acheteurs et visiteurs professionnels auront la possibilité de rencontrer directement les maitres artisans, de découvrir leurs techniques, d’apprécier la qualité de leurs réalisations. Et aussi, a-t-il renchéri, faire de ces ateliers thématiques des opportunités de commande et de partenariat durable. Il a également rappelé que la présente édition invite à réfléchir à la synergie entre artisanat et   industrie. Et cette synergie doit se traduire dans les réalités quotidiennes de nos artisans : produire avec régularité, améliorer la qualité, respecter les délais, répondre à des commandes importantes, adapter les produits aux marchés.  Pour l’occasion, le   directeur général du SIAO a fait savoir aux maitres artisans que ces ateliers sont d’abord les leurs. Car ils sont l’opportunité   de montrer ce qu’ils savent faire.

Evariste YODA

 

37e Tour du Faso/4e étape : Le Néerlandais Jonathan Kerkhofs s’impose à Bobo-Dioulasso

Le critérium disputé ce lundi 2 novembre 2026 à Bobo-Dioulasso comptant pour la 4e étape du 37e Tour du Faso, a vu la victoire du Néerlandais Jonathan Kerkhofs. Le maillot jaune de leader échoit au Sud-africain Gustav Basson.

Vingt-deux ans après sa dernière victoire à Bobo-Dioulasso, la Hollande est de retour pour une 4e victoire au Tour du Faso. Cette fois-ci c’est Jonathan Kerkhofs qui en 2h38’13’’, avec une vitesse moyenne de 44,130 Km/h signe le succès néerlandais. Il devance le Marocain Youssef Bdadou (2e) et Hamza Amari de l’Algérie (3e). Avec les deux abandons de la veille dont le maillot jaune Tom Wijfje suite à sa chute, c’est le Sud-africain Basson Gustav qui a enfilé la tunique dorée de premier au classement général pour le départ de la 4e étape aux cotés de 71 autres cyclistes.

La distance à parcourir était de 116,10 km en circuit fermé soit 10 tours sur le Boulevard de la révolution.  Emile Van Niekerk de l’Afrique du Sud a rapidement pris le premier point chaud au 2e tour après 23,22 km, suivi de Youssef Bdadou du Maroc et de Roland Ntané du Cameroun. Leur groupe de 13 coureurs réussit à creuser un écart de 2’20’’ sur le reste du peloton dont le maillot jaune mesuré au 3e tour. Après les 45 km sur la ligne, 11 coureurs sont désormais en tête avec 1’42’’ d’avance.

Le second point chaud jugé à la moitié de la course a été enlevé par le Marocain Youssef Bdadou devant Wogué Ivan Njonkoué du Cameroun et le Malien Yaya Diallo. Ils maintiennent un écart de 1’37’’ à une vitesse 44,256km/h. et c’est dans cette configuration que le Marocain s’octroie également la bonification du dernier sprint intermédiaire à l’avant dernier tour. Il est talonné de près par le Burkinabè Saturnin Yaméogo et le Camerounais Wogué Ivan Njonkoué.  L’écart des dix hommes de tête à ce moment est de 1’33’’ et l’allure à plus de 44 km/h. Les trois meilleurs au classement général sont dans le peloton où la réplique tarde à s’organiser.

Paul Daumont finit par tenter de sonner la révolte mais trop tard, il ne parvient pas à s’inviter dans le sprint final. Au classement, le Marocain Youssef Bdadou s’adjuge naturellement le maillot des points chauds. Ilboudo Soumaïla enfile le maillot du meilleur jeune de la compétition, le maillot vert aux points change d’épaules au profit de l’Algérien Yacine Hamza de l’Algérie.

Demain les coureurs s’élanceront de Bobo-Dioulasso pour Pâ longue de 131,32km.

Voro KORAHIRE

Burkina Faso/Montée des couleurs nationales : Pr Adjima THIOMBIANO réagit suite à la sortie de nouveaux bacheliers de la diaspora sur les réseaux sociaux

Ce lundi 02 novembre 2026 à l’immeuble de l’éducation, les travailleurs du Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et du Ministère de l’Enseignement de Base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales étaient mobilisés pour la traditionnelle montée des couleurs nationales. La cérémonie était présidée par les deux ministres, les camarades Pr Adjima THIOMBIANO et Jacques Sosthène DINGARA.

Au cours de cette cérémonie, le ministre chargé de l’enseignement supérieur qui a livré le message du mois, a réagi suite à des propos malveillants tenus par des nouveaux bacheliers de la diaspora sur le Burkina Faso sur les réseaux sociaux la semaine dernière.

« Si le Burkina ne leur convient pas, qu’ils repartent d’où ils viennent…nous sommes très fiers d’être des burkinabè et nous nous battons toujours pour que le Burkina soit meilleur », a réagi le camarade Pr Adjima THIOMBIANO.

Le ministre chargé de l’enseignement supérieur s’est voulu clair : « Que ce soit dans le cadre du Pacte NEKRE, que ce soit dans la nouvelle dynamique impulsée par les plus hautes autorités de ce pays, Il n’y aura aucune chance à qui que ce soit, d’où qu’ils viennent de venir perturber notre système éducatif. Chacun de vous devra s’ériger en rempart face à des comportements qui meublent souvent la révolte. Chacun devrait ressentir cette fierté de revenir apprendre chez lui et de créer des conditions idéales pour que chacun puisse véritablement être fier », a poursuivi le Pr Adjima THIOMBIANO avant de les mettre en garde contre toute tentative de saper les efforts consentis par les plus hautes autorités pour donner à l’université burkinabè sa lettre de noblesse. « Il n’y aura pas de place pour ces enfants égarés dans nos campus. Nous n’allons pas tolérer que tout ce que nous avons construit en 4 années, que cela soit battu en brèche par ces enfants », a insisté le ministre avant d’ajouter que « Si un enfant quitte ailleurs pour venir étudier chez lui, c’est noble. Nous l’accueillons tant que les intentions sont bonnes. Mais un enfant qui vient pour dénigrer ce pays, il trouvera tous les burkinabè sur son chemin », a-t-il laissé entendre.

Toujours sur le plan de l’éducation, le Pr Adjima THIOMBIANO est revenu sur le lancement le 17 octobre 2026 à Kaya , du Pacte NEKRÉ pour la Refondation de l’école burkinabè. Il a invité l’ensemble des acteurs à plus d’engagement afin de faire de ce Pacte qui consacre définitivement la cohérence du système éducatif depuis le préscolaire jusqu’à l’université, « pour qu’il y ait cette renaissance réelle de l’école burkinabè ».

Mais avant, le ministre a tenu à souhaiter un joyeux anniversaire aux Forces Armées Nationales qui ont célébré hier 1er novembre 2026, leur 66è anniversaire.

Il leur a exprimé sa gratitude et toute sa fierté « pour le combat que ces hommes et ces femmes mènent, abattent au quotidien pour que le Burkina puisse rester encore debout », a indiqué le camarade Pr Adjima THIOMBIANO.

DCRP-MESRI

Montée des couleurs à l’hôtel administratif du Kadiogo : « le Burkina Faso est un pays fréquenté et fréquentable », Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO

Le Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Porte-parole du Gouvernement, Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO a pris part ce lundi 02 novembre 2026 à la traditionnelle montée mensuelle des couleurs aux côtés de ses collègues ministres chargées de la Transition digitale (Dr Aminata ZERBO/SABANÉ), de la Famille (Lieutenant-Colonel Passowendé Pélagie KABRÉ/KABORÉ) et du personnel des départements ministériels logés à l’hôtel administratif du Kadiogo.
A l’issue du cérémonial de montée des couleurs, le Ministre Porte-parole a adressé un message aux serviteurs du peuple. Il a d’abord rendu un vibrant hommage aux Forces de défense et de sécurité qui ont célébré le 1er novembre leur 66e anniversaire. Bien que des défis sécuritaires demeurent, de belles avancées ont été faites sur le terrain de la reconquête du territoire et de la lutte contre le terrorisme, ce qui a permis le retour progressif de nombreux déplacés chez eux et la reprise des activités dans les localités reconquises.
​ En second lieu, le chef du Département chargé du tourisme a martelé que le Burkina Faso force l’admiration sur la scène internationale et reste un pays fréquenté et fréquentable. Pour preuve, la tenue concomitante de trois grands événementiels à cette période vient battre en brèche le narratif tendant à « peindre en rouge » le Pays des hommes intègres.
Il s’agit de la tenue de la 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) qui se déroule du 30 octobre au 8 novembre avec une quinzaine de pays participants ; le 37e Tour international du Faso qui se tient à la même période et qui connait la participation de 80 cyclistes venant d’une dizaine de pays d’Afrique, d’Europe et marqué par le retour de l’Union cycliste internationale (UCI) ; et enfin l’organisation de la 15e édition du Symposium international de sculpture sur granite de Laongo qui réunit 45 sculpteurs de 13 pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique du 02 au 23 novembre.
L’ensemble de ces événements qui accueillent des participants venus des quatre coins du monde, prouvent que le pays garde toute sa place sur la scène internationale.
​Pour terminer, le Porte-parole du Gouvernement a invité l’ensemble du personnel à aborder la fin de l’année avec rigueur, solidarité et amour du prochain. <<C’est en restant unis et soudés que les Burkinabè continueront de bâtir une paix durable et un pays fort>>, foi du Ministre Pingdwendé.
DCRP/MCCAT