SIAO 2026: des experts échangent sur l’industrialisation du secteur artisanal

Le Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat a organisé, un colloque, le samedi 31 octobre et 1er novembre 2026, à Ouagadougou sur des thèmes en lien avec la thématique principale de la 18e édition du Salon internationale de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO).

En marge des activités du SIAO 2026, le Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat a tenu un colloque sur le thème : « Artisanat africain et industrialisation : quelle synergie pour une meilleure et valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel », le 31 octobre et 1er novembre 2026, à Ouaga-dougou. Pour l’occasion les participants ont bénéficié de communications sur des sous-thèmes divers. Parmi lesquels, l’on peut citer, entre autres :
« Promotion de l’artisanat dans le contexte de révolution : cas de la Révolution progressiste populaire du Burkina Faso », « Industrialiser sans dénaturer : comment concilier production à grande échelle, identité culturelle et sauvegarde du patrimoine africain ? ». La cérémonie du lancement du colloque a été présidée par le chargé de missions au ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Boubié Séraphin Badolo. Il a indiqué que le thème qui les réunit est d’une importance capitale en ce sens qu’il traduit une préoccupation majeure de la présente époque. Car, pour lui, il s’agit de savoir comment transformer davantage nos richesses locales en richesses économiques, sociales et culturelles pour nos populations ? Il a poursuivi que le secteur de l’artisanat constitue une composante essentielle des économies africaines.

« Il contribue à la création d’emplois, à la génération de revenus et surtout à la préservation de nos savoir-faire, de nos traditions, et aussi à la fierté de notre identité culturelle », a-t-il laissé entendre. Cependant, malgré son potentiel, ce secteur demeure confronté à des difficultés énormes. C’est pourquoi, de son avis, le moment est venu d’échanger, d’approfondir la réflexion afin que l’industrie soit un levier de renforcement de l’artisanat. Au regard de la pertinence et de la qualité des communicateurs qui ont été sollicités, Séraphin Badolo est persuadé que les travaux seront à la hauteur des attentes en termes de propositions qui contribueront à enrichir les politiques publiques
et à renforcer la stratégie de développement de l’artisanat des pays africains. Selon le directeur général du SIAO, Eric Bassolé, il
est prévu un atelier inaugural et quatre autres portant sur les sous-thématiques. D’après lui, il s’agit des innovations pratiques apportées. Par ailleurs, il a indiqué qu’il sera question des métiers de l’artisanat et leurs difficultés.

Evariste YODA

Journées de la résilience au féminin à Ziniaré : 50 femmes outillées pour entreprendre

L’association Laanon a organisé, les 30 et 31 octobre 2026, à Ziniaré, la première édition des Journées de la résilience au féminin (JRF). A l’occasion, une cinquantaine de femmes ont bénéficié de formation en teinture et en confection de Kôkô Dunda, avec des kits d’installation à la clé.

Après Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Koudougou, les femmes de Ziniaré ont été invitées à réfléchir à leur épanouissement personnel et à leur indépendance économique. Du 30 au 31 octobre 2026, elles ont pris part à des échanges d’expériences et à des communications autour de la résilience, de l’entrepreneuriat et du leadership féminin. L’initiative était de l’association Laanon, promotrice des premières Journées de la résilience au féminin (JRF). Elles se sont tenues sur le thème : « Investir en soi : bâtir sa résilience face aux défis de la vie ». Pour la présidente de l’association Laanon, Aïcha Dabré, l’autonomisation des femmes ne se résume pas à leur transmettre des compétences professionnelles. Elle passe également par le renforcement de leur confiance en elles et leur capacité à surmonter les épreuves. « Pour permettre à une femme d’avancer, il ne suffit pas de lui donner des compétences et des opportunités. Il faut aussi l’aider à croire en elle, à surmonter les épreuves et à retrouver sa capacité d’agir », a-t-elle souligné.

Selon elle, ces journées ont permis de donner à l’autre moitié du ciel, des outils pour mieux faire face aux difficultés de  la vie et saisir les opportunités économiques. Mme Dabré s’est dit convaincue que « chaque femme qui investit en elle-même contribue à bâtir une famille plus forte et une communauté plus forte ». Créée en 2017, l’association Laanon fait  de l’accompagnement des femmes vers l’entrepreneuriat l’un de ses principaux engagements. Sa présidente a toutefois reconnu que ces journées ne suffisent pas, à elles seules, à résoudre toutes les difficultés des femmes. Elle a ainsi appelé les autorités, les collectivités territoriales, les institutions et les partenaires techniques et financiers à renforcer leur accompagnement, à multiplier les formations et à soutenir davantage les initiatives féminines.

La résilience, une force à cultiver

Marraine de cette première édition, la présidente de la coordination communale des femmes de Ziniaré, Jeanne Kaboré, a invité les participantes à accorder une place plus importante à leur développement personnel. Elle a relevé que les femmes consacrent beaucoup de temps à leurs enfants, à leurs conjoints, à leurs parents et à leurs communautés, parfois au détriment de leurs propres aspirations. « Investir en soi n’est pas être égoïste. C’est reconnaître sa propre valeur », a-t-elle affirmé. Pour elle, la résilience ne signifie pas ne jamais souffrir, pleurer ou douter. Elle consiste plutôt à apprendre à affronter les difficultés, à rechercher du soutien et à retrouver progressivement la force d’avancer. Mme Kaboré a encouragé ses consœurs à ne pas renoncer à leurs rêves et à poursuivre leur apprentissage. Représentant la gouverneure de la région de Oubri, Assétou Barry Sy Traoré, sa conseillère technique, Clarisse Bagaya, a salué une initiative qui contribue au renforcement des capacités des femmes. Elle a rappelé leur rôle dans la vie des familles, des administrations, des marchés et des communautés. « Le développement d’une communauté ne peut se faire sans la participation pleine et entière des femmes », a-t-elle soutenu.

Elle a exhorté les participantes à transformer les connaissances acquises et les échanges en actions concrètes. Au-delà des communications et des témoignages, les journées de la résilience au féminin ont surtout misé sur l’acquisition de compétences professionnelles. Une cinquante de femmes ont ainsi bénéficié d’une formation pratique en teinture et en confection de Kôkô Dunda. Financée par l’association Laanon, cette formation s’est achevée par la remise à chacune des bénéficiaires, d’un kit destiné à faciliter la mise en pratique des techniques apprises. Emues, les participantes ont exprimé leur reconnaissance à la structure pour cet accompagnement, qui leur offre des moyens supplémentaires pour développer des activités génératrices de revenus.

Djakaridia SIRIBIE

SIAO 2026: Immersion au cœur de l’habitat traditionnel sahélien

Au lendemain de l’ouverture de la 18e édition du SIAO, samedi 31 octobre 2026, un espace attire particulièrement les regards des festivaliers. L’installation de deux tentes traditionnelles nomades par l’exposant, Abdoulaye Amadou Dicko s’impose comme l’une des attractions culturelles majeures de cette année.

Conçus entièrement à partir de nattes de paille tressée, de structures en bois courbé et de piliers richement décorés de motifs géométriques colorés, les habitats de Abdoulaye Amadou Dicko offrent
une immersion authentique dans le patrimoine et l’art de vivre des communautés du Sahel. Pour l’exposant à l’origine de cette initiative, cette vitrine est une opportunité unique de valoriser un savoir-faire ancestral. « Ces tentes ne sont pas de simples abris. Elles racontent notre histoire, notre adaptation à l’environnement et l’ingéniosité de notre artisanat. Les ériger ici au SIAO permet de partager l’essence même de notre identité culturelle avec le monde », explique-t-il avec fierté au milieu des calebasses traditionnelles et du mobilier artisanal qui ornent l’intérieur de  son stand.

Cette authenticité séduit massivement les visiteurs, fascinés par la beauté architecturale et la fraîcheur qui règne sous ces structures. Parmi eux, un touriste international, ne cache pas son admiration. « C’est absolument fascinant de voir la complexité du tressage et la vivacité des couleurs sur les piliers en bois. Etre assis ici offre une véritable déconnexion et une immersion culturelle que l’on ne trouve nulle part ailleurs qu’au SIAO », confie-t-il. Un
avis partagé par une jeune visiteuse, Mouniratou Diallo, séduite par la mise en scène et la préservation des objets d’époque. « En entrant sous cette tente, on ressent tout de suite le poids et la beauté de la tradition. Les motifs colorés et la disposition des ustensiles traditionnels comme les calebasses nous replongent dans nos racines. C’est une excellente initiative pour valoriser notre culture auprès des jeunes générations », souligne-t-elle, une louche en bois à la main. En célébrant ainsi la diversité architecturale et l’art de vivre régional, l’exposant, Abdoulaye Amadou Dicko rappelle que le SIAO demeure le carrefour incontournable de l’identité africaine.

 Julien Zoungrana

SIAO 2026: le Président du Faso donne le top départ de la biennale de l’artisanat

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Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a présidé l’ouverture officielle de la 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), vendredi 30 octobre 2026, à Ouagadougou.

La 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) a ouvert ses portes pour célébrer la créativité, le génie et le savoir-faire des artisans burkinabè et d’ailleurs. C’est le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, qui a annoncé les couleurs de ce grand rendez-vous africain, vendredi 30 octobre dernier, à Ouagadougou. Prévue pour se dérouler, du 30 au 8 octobre 2026, cette grande manifestation dédiée à l’artisanat a été placée sur  le thème : « Artisanat africain et industrialisation : quelle synergie pour une meilleure organisation et valorisation des produits locaux et du patrimoine culturel ». Le chef de l’Etat, Ibrahim Traoré, a traduit sa volonté à faire évoluer l’artisanat vers l’industrialisation. « La vision est assez claire.

C’est de faire en sorte que notre artisanat progresse petit à petit vers une industrialisation. On ne peut pas avoir de métallurgie, de sidérurgie sans maîtriser la matière, sans avoir de l’art », a-t-il déclaré à l’issue de l’ouverture de l’évènement. C’est pourquoi, il a invité les artisans à être plus créatifs, à se perfectionner et à moderniser leur art. Le président du Faso les a exhortés de se tenir bon, de ne jamais baisser les bras, et aussi ne jamais penser que ce que les autres font est au-dessus des leurs. Intervenant également par la voix  du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, le président du Faso a relevé que le continent africain est riche de talents, de pouvoir, de matièress première et de savoir-faire, mais demeure encore largement dépendant de l’extérieur pour satisfaire ses propres besoins. Selon lui, cette contradiction doit désormais interpeller la conscience collective. D’où le choix de cette thématique qui est une invite à relever ce défi. A son avis, l’artisanat ne doit plus être considéré uniquement comme un héritage du passé. Mais, a-t-il confié, il doit devenir l’un des fondements de l’avenir industriel. « L’industrialisa-tion de l’Afrique doit prendre racine dans nos réalités, nos ressources, nos besoins et nos savoir-faire, sans reproduire aveuglement des modèles conçus ailleurs », a souligné le président du Faso.

Des artisans capables d’employer

Il a poursuivi que l’ambition au cœur de la Révolution progressiste populaire (RPP) est de permettre à l’artisan qui travaille dans un modeste atelier de devenir le responsable d’une unité de production moderne, capable d’employer des jeunes et de conquérir des marchés internationaux. « Il ne s’agit pas d’opposer la tradition à la modernité, mais de mettre la modernité au service de notre génie ancestral », a-t-il clarifié. A ses dires, aucune souveraineté politique ne peut durablement prospérer sans celle économique. Pour lui, c’est la raison pour laquelle que des actions ont été engagées pour renforcer l’appareil productif national et faire de la consommation locale
un véritable acte de patriotisme économique. Il a évoqué notamment la mise en place du centre national de transformation artisanale de coton, le développement du complexe industriel TEXFORCES-BF, l’équipement des organisations artisanales, la promotion du Faso Dan Fani et du Kôkô Dunda, ainsi que les mesures facilitant l’accès des artisans à la commande publique.

Il a salué la présence de la République sœur du Ghana, pays invité d’honneur, ainsi que les Républiques du Mali et du Niger, pays invités spéciaux avec lesquels, le Burkina est lié par l’histoire, la fraternité… La ministre du Commerce, de l’Agro-business et de l’Industrie du Ghana, Elizabeth Ofosu-Adjare, s’est réjouie de l’honneur fait à son pays en l’associant à cette édition du SIAO. Pour elle, le secteur de l’artisanat est une source d’opportunités pour les populations. Elle a souligné que son pays possède un patrimoine artisanal d’une richesse exceptionnelle. La ministre a cité, entre autres, le tissu « Kente » de la région d’Ashanti, le tissu « fugu » du Nord et les paniers de Bolgatanga qui figurent parmi, les créations les plus emblématiques et reconnues mondialement pour leur authenticité et leur qualité unique. Elle a, par ailleurs, annoncé que le Ghana est présent avec une forte délégation composée, entre autres, de représentants du gouvernement, d’artisans et d’entreprises issus des 16 régions du pays.

Aly SAWADOGO

Qui ose gagne : le GPL, la prochaine frontière du secteur aval en Afrique

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L’investissement dans le GPL représente la grande opportunité qui définira le secteur aval africain au cours des deux prochaines décennies. La fenêtre d’action est ouverte dès maintenant.

Lors du premier Sommet de l’AIE sur la cuisson propre en Afrique, organisé à Paris en mai 2024, Akinwumi Adesina, alors président de la Banque africaine de développement, a évoqué ses souvenirs d’études à la lumière de lampes enfumées et de feux de cuisson, auxquels il associe des problèmes de vue. Aujourd’hui encore, près d’un milliard d’Africains cuisinent au bois de chauffage et au charbon de bois. La pollution de l’air domestique tue environ 815 000 Africains chaque année. Entre 2022 et 2023, la population de l’Afrique subsaharienne a augmenté de 30 millions de personnes, tandis que seulement 11 millions ont eu accès à des modes de cuisson propres.

Pendant une décennie, le raffinage a dominé le récit du secteur aval africain. Mais la prochaine frontière est le gaz de pétrole liquéfié (GPL) : le produit pétrolier qui connaît la croissance la plus rapide sur le continent, un pilier de la cuisson propre et un marché dont la chaîne d’approvisionnement reste insuffisamment développée. Des investissements urgents sont nécessaires, depuis le traitement du gaz et les terminaux d’importation jusqu’aux centres d’embouteillage, à la logistique intérieure et aux bouteilles destinées aux ménages.

La prochaine phase de croissance de l’Afrique sera façonnée non seulement par ceux qui disposent des ressources, mais aussi par ceux qui investiront les premiers dans les infrastructures reliant l’offre à la demande.

LA COURSE À LA CONSTRUCTION DE L’AVENIR DU GPL EN AFRIQUE

Le GPL représente 76 % des personnes qui accèdent à la cuisson propre en Afrique subsaharienne. Pourtant, la région a consommé 6,4 millions de tonnes en 2025, soit 4,8 kg par habitant, contre plus de 50 kg en Afrique du Nord. La demande a progressé de 12 % l’année dernière, et CITAC Africa prévoit qu’elle sera presque multipliée par trois pour atteindre 17 millions de tonnes d’ici 2045. D’ici 2050, une personne sur quatre dans le monde sera africaine.

La chaîne d’approvisionnement n’est pas prête. Les États-Unis sont le premier fournisseur de GPL de l’Afrique, mais aucun terminal d’Afrique subsaharienne ne peut décharger une cargaison complète d’un très grand méthanier (VLGC), soit environ 45 000 tonnes. Seules une vingtaine d’installations de stockage de GPL sur le continent ont une capacité d’au moins 10 000 tonnes, et les stocks couvrent généralement dix jours de demande ou moins. L’Afrique achète principalement sur le marché au comptant, en petites cargaisons coûteuses, sans contrats à long terme ni prévisibilité des prix. La demande n’est pas le facteur limitant. Ce sont les molécules, les terminaux, les bouteilles et les camions qui font défaut.

En 2026, lorsque le détroit d’Ormuz a été fermé, les prix à l’importation en Afrique de l’Est et de l’Ouest ont bondi de 70 à 100 % au-dessus de leur moyenne de 2025. Lorsque le prix des recharges double ou que les dépôts sont à sec, les ménages retournent au charbon de bois. Le développement de la cuisson propre progresse à la vitesse de la chaîne d’approvisionnement en combustibles.

L’OPPORTUNITÉ SUR L’ENSEMBLE DE LA CHAÎNE DE VALEUR

Des investissements sont nécessaires à chaque maillon de la chaîne : dans le traitement du gaz et le raffinage afin de conserver davantage de GPL africain sur le continent, malgré des exportations d’environ 10 millions de tonnes par an ; dans des plateformes d’importation capables d’accueillir des VLGC et des capacités de stockage stratégique permettant de conclure des contrats à long terme ; dans des centres d’embouteillage et la fabrication de bouteilles afin de réduire les coûts pour les ménages ; dans la logistique intérieure destinée aux marchés enclavés ; et dans la distribution du dernier kilomètre grâce à la recirculation des bouteilles, aux petites bouteilles de 3 à 6 kg et aux systèmes de paiement à l’usage. L’AIE estime que l’accès universel à la cuisson propre en Afrique coûtera environ 2 milliards de dollars par an d’ici 2040, soit moins de 0,1 % des investissements énergétiques mondiaux. Le capital n’est pas rare ; ce sont les structures de financement bancables qui le sont. Trop souvent, les programmes financent uniquement le réchaud plutôt que l’ensemble de la chaîne.

L’opportunité n’attendra pas : ceux qui agiront les premiers contribueront à façonner l’avenir du GPL en Afrique. Trois questions sont essentielles : qui investira, où et comment réunir les promoteurs de projets et les financiers ?

QUI DEVRAIT INVESTIR, ET POURQUOI ?

Aucun acteur ne peut y parvenir seul, mais chacun a un rôle à jouer et une raison d’agir.

Les producteurs américains fournissent la majeure partie des cargaisons. Des contrats à long terme, assortis de formules de prix sur 12 à 24 mois ou davantage, peuvent rendre les plateformes d’importation bancables, idéalement avec une participation minoritaire au capital. Les producteurs sécurisent ainsi une région où la demande de GPL progressera pendant des décennies. Le département américain de l’Énergie soutient l’initiative Fueling Lives, qui promeut l’accès au GPL à l’étranger.

Les négociants internationaux tels que Petredec, Vitol et Trafigura disposent des capacités maritimes, de la gestion des risques et des bilans nécessaires pour exploiter des plateformes couvrant plusieurs pays. Le regroupement et la redistribution des cargaisons sont au cœur de leur activité ; les premiers à se lancer peuvent sécuriser des emplacements portuaires de premier choix.

Les partenaires du Golfe, notamment les compagnies pétrolières nationales, les fonds souverains et les organismes de financement du commerce, peuvent apporter des capitaux et financer les cargaisons tout en bénéficiant de la croissance du secteur aval. Le programme Oil Sustainability Program de l’Arabie saoudite soutient la cuisson propre au GPL par l’intermédiaire de Forward7, notamment du défi IGNITE. Les organismes saoudiens de financement du commerce peuvent financer les cargaisons. L’étape suivante consiste à mobiliser des capitaux pour les infrastructures.

Les investisseurs chinois sont déjà à la table des négociations. En avril, la NNPC a signé un protocole d’accord avec Sanjiang Chemical et Xinganchen (Fuzhou) Industrial Park concernant un éventuel partenariat en capital visant à redémarrer et à développer les raffineries de Port Harcourt et de Warri, notamment les activités pétrochimiques et les pôles industriels fondés sur le gaz. Les entreprises chinoises peuvent nouer des partenariats dans le traitement du gaz, la pétrochimie et la fabrication de bouteilles, à condition que le butane de qualité cuisson soit réservé aux cuisines africaines.

Les compagnies pétrolières nationales africaines apportent des terrains portuaires, des concessions, du gaz domestique et des partenariats avec les pays hôtes, tout en renforçant la sécurité énergétique grâce au gaz actuellement torché ou exporté.

Les distributeurs africains tels qu’Oryx Energies, Sahara, Ardova et Rainoil connaissent les clients, les régulateurs et les itinéraires intérieurs. Oryx, désormais dirigée par des Africains à la suite du récent rachat par l’équipe de direction, est un acteur majeur de la commercialisation du GPL. En Tanzanie, l’entreprise a inauguré en 2024 le premier terminal d’importation de GPL de Zanzibar. À notre connaissance, les investissements de ces distributeurs dans le dernier kilomètre ont porté leurs fruits.

Le modèle proposé est celui d’un consortium de plateformes régionales : un négociant comme opérateur, des contrats d’approvisionnement américains comme socle, une compagnie pétrolière nationale africaine comme partenaire du pays hôte, des financements du Golfe ou des institutions de développement, et des distributeurs africains au service des marchés intérieurs et du dernier kilomètre.

OÙ INVESTIR, ET POURQUOI ?

MARCHÉS D’ANCRAGE : L’ÉCHELLE AUJOURD’HUI

Le Nigeria, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud et l’Angola représentent plus de la moitié de la demande de l’Afrique subsaharienne. Le Nigeria, avec environ 1,4 million de tonnes, vise 5 millions de tonnes par an d’ici 2030. À mesure que la raffinerie Dangote remplace les importations, les possibilités se déplacent vers le traitement du gaz, le stockage, l’embouteillage et la distribution. La Côte d’Ivoire a enregistré une croissance de 12 % en 2025 et l’Afrique du Sud de 15 % ; Durban se dote d’un terminal de 30 000 tonnes, avec une plateforme ferroviaire prévue pour le Gauteng. L’Angola, exportateur net doté du plus récent grand terminal d’Afrique, à Barra do Dande, peut devenir un fournisseur régional.

PLATEFORMES DE CORRIDOR : UN TERMINAL, PLUSIEURS MARCHÉS

Les plateformes côtières peuvent desservir les pays voisins enclavés. Le Kenya (Mombasa) peut approvisionner l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan du Sud et l’est de la RDC ; Taifa Gas achève la construction d’un terminal capable d’accueillir des VLGC, tandis que la consommation kenyane reste environ deux fois inférieure à son objectif de 15 kg par habitant. La Tanzanie peut desservir la Zambie, le Malawi, le Burundi et la RDC ; le terminal de Tanga de Petredec, capable d’accueillir des VLGC, doit entrer en service en 2027. L’Angola peut atteindre la RDC et la Zambie par le corridor de Lobito. La Côte d’Ivoire et le Ghana sont des portes d’entrée vers le Sahel ; le Ghana vise un taux de pénétration du GPL de 50 % d’ici 2030.

MARCHÉS FRONTIÈRES : LE PLUS GRAND POTENTIEL DE CROISSANCE

La République démocratique du Congo et l’Éthiopie comptent plus de 250 millions d’habitants, mais n’ont consommé respectivement que 25 000 et 28 000 tonnes de GPL en 2025, à peine plus qu’une cargaison de VLGC à elles deux. Kinshasa fonctionne au charbon de bois. Celui qui construira les routes d’approvisionnement vers ces marchés les façonnera pour toute une génération.

COMMENT L’ARDA RÉUNIT LES PROMOTEURS DE PROJETS ET LES FINANCIERS

Les investissements multinationaux nécessitent une plateforme neutre réunissant les gouvernements, les régulateurs, les entreprises et les financiers. C’est le rôle de l’ARDA. À l’occasion de sa 20e année d’existence, avec environ 85 membres à travers l’Afrique, l’ARDA peut réunir autour d’une même table les partenaires de consortiums de plateformes régionales.

Constituer un portefeuille de projets. Le Forum de l’investissement de l’ARDA évalue les projets selon cinq critères (durabilité, soutien réglementaire, viabilité économique, viabilité technique et capacité d’exécution), puis met les projets bancables en relation avec des financiers, notamment Afreximbank, l’Africa Finance Corporation, Standard Bank et la Mauritius Commercial Bank.

Déployer les capitaux. Avec le Global LPG Partnership (GLPGP), l’ARDA fait avancer la création d’un fonds d’un milliard de dollars américains consacré à la cuisson propre. Elle mobilise les institutions africaines de financement du développement et ses membres afin de constituer un portefeuille de projets, les terminaux capables d’accueillir des VLGC constituant la première catégorie prioritaire.

Réduire les risques du marché. À travers son Forum annuel sur le GPL, coorganisé cette année avec la World Liquid Gas Association, ainsi que ses groupes de travail sur le GPL, la réglementation et le financement durable, l’ARDA plaide en faveur de règles de sécurité harmonisées, de prix reflétant les coûts, d’un accès ouvert aux infrastructures partagées, de stocks minimaux et de contrats types. L’ARDA préconise également un recours accru aux garanties partielles de risque, qui ne représentent que 5 % du financement public international de l’énergie propre destiné aux pays en développement.

Partager les données et les partenariats. Avec CITAC, Argus, S&P Global, la World Liquid Gas Association et l’AIE, l’ARDA fournit des données de marché pour dimensionner les projets et éviter les surcapacités lorsque l’offre intérieure remplace les importations. Elle met ses membres en relation avec Fueling Lives et Forward7, partage des études de cas et relie les distributeurs et les innovateurs du dernier kilomètre aux dispositifs de soutien.

QUI OSE GAGNE

Les premiers acteurs prennent déjà position, et les capitaux chinois s’intéressent aux raffineries et au gaz du Nigeria. Washington et Riyad, capitales de deux des principaux pays exportateurs de GPL au monde, défendent la cuisson propre en Afrique, mais les investissements dans des terminaux à grande échelle n’ont pas suivi. C’est là que réside l’opportunité. Les sites portuaires, les concessions et les clients d’ancrage sont en nombre limité. Les investisseurs qui agissent maintenant peuvent sécuriser des terminaux, des contrats et des relations avec les clients sur un marché appelé à tripler. Ceux qui attendent risquent de trouver les meilleurs sites déjà occupés.

Le combustible est disponible et la demande est certaine. Alors, qui veillera à ce que la prochaine génération puisse étudier à la lumière d’un éclairage propre et manger des repas cuisinés sans fumée ?

Rejoignez les leaders du secteur au troisième Forum sur le GPL de l’ARDA, à Dar es Salaam, les 24 et 25 novembre 2026, autour du thème « Libérer le potentiel du GPL en Afrique : un catalyseur de l’industrialisation, de la sécurité énergétique et d’une transition énergétique inclusive », afin d’examiner qui saisira cette opportunité et transformera le potentiel du GPL africain en investissements, en retombées concrètes et en un avenir plus sain pour tous.

Qui ose… gagne. Le moment, c’est maintenant.

 Anibor O. Kragha, Secrétaire exécutif

de l’African Refiners and Distributors Association (ARDA)

Biennale de Luanda : Euphrasie Kouassi Yao plaide pour le leadership des femmes dans la gestion de l’eau

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La ministre-conseillère spéciale du Premier ministre ivoirien chargée du Genre, Euphrasie Kouassi Yao, a pris part, les 22 et 23 octobre 2026, à la 4ᵉ Biennale de Luanda, en Angola. Elle y a défendu l’intégration du genre dans la gouvernance de l’eau comme un levier de prévention des conflits et de consolidation de la paix en Afrique.

Plus de 1 000 participants venus de 62 pays ont pris part à la 4ᵉ Biennale de Luanda, consacrée à la culture de la paix et de la non-violence. Organisée avec l’appui de l’Union africaine et de l’UNESCO, cette rencontre a porté sur le thème : « Renforcer la gouvernance de l’eau en Afrique comme outil de prévention, de médiation et de résolution des conflits ».

Invitée par l’UNESCO, la titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » (CUEFPOD), Euphrasie Kouassi Yao, a mis en avant l’importance de la participation des femmes aux instances de décision relatives à la gestion de l’eau. À travers l’exemple du village de Diatokro, en Côte d’Ivoire, elle a montré comment l’implication des femmes dans la gestion d’une pompe hydraulique a contribué à réduire les pannes, à améliorer l’accès à l’eau et à renforcer la cohésion communautaire depuis 23 ans.

Pour la ministre ivoirienne, la paix se construit au quotidien grâce à des actions concrètes et à l’engagement des communautés. Elle a également présenté le programme CREA-PAIX (Communautés Régionales pour l’Autonomisation et la Paix), qui mobilise plus de 3 000 bénévoles dans 27 pays autour de la prévention communautaire des conflits et de la promotion de la non-violence active.

Au terme des travaux, la Déclaration de Luanda 2026 a notamment recommandé le renforcement de la coopération autour des bassins transfrontaliers, la mobilisation de financements innovants et une plus grande implication des femmes et des jeunes dans les décisions relatives à l’eau.

En marge de la Biennale, Euphrasie Kouassi Yao a échangé avec le directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany. Elle lui a présenté les initiatives ivoiriennes en faveur de l’égalité des chances, notamment la stratégie Genre et Développement et le Compendium des compétences féminines de Côte d’Ivoire (COCOFCI), tout en plaidant pour leur valorisation à l’échelle africaine.

T.K.

VDP GUIRA Issaka : UN HÉROS DANS L’ÉPREUVE

En juin 2023, GUIRA Issaka fait le choix de servir sa Patrie. Volontaire pour la Défense de la Patrie communal de Boussou, il rejoint en mars 2024 le Bataillon mixte de marche Tenga I. Depuis, il avance avec ses frères d’armes, porté par une seule détermination : défendre la Nation et reconquérir la paix.

Dans la région du Yaadga, il prend part à plusieurs missions périlleuses, notamment à la sécurisation et à la libération de l’axe Ouahigouya-Titao. Courageux, disponible et déterminé, il est engagé avec ses camarades dans une mission de fouille du village de Youba, prélude au retour des populations sur leurs terres.

Mais sur le chemin du devoir, le danger frappe. Au cours de leur progression à moto, son binôme percute un engin explosif improvisé. Le choc est terrible. GUIRA Issaka perd son bras gauche, sa jambe gauche et subit de graves blessures au visage.

Son corps porte désormais les stigmates de la guerre. Mais son engagement, lui, demeure intact, et sa fierté encore plus grande. Car il est de ceux qui ont payé de leur chair le prix de la défense de la Patrie; de ceux dont le sacrifice rappelle que l’amour pour la Patrie est au dessus de tous.

VDP GUIRA Issaka, tu es un homme d’honneur, un veritable « GANDAOGO ».

#66ans_FAN
#Sidwaya.info

Bobo-Dioulasso : la CNAVC-Houet réaffirme son soutien à la RPP

La Coordination nationale des associations de veille citoyenne (CNAVC), section du Houet, a organisé, dans l’après-midi du samedi 31 octobre 2026, à Bobo-Dioulasso, une grande mobilisation pour réaffirmer son soutien et son adhésion aux idéaux de la Révolution progressiste populaire (RPP) à son leader, le capitaine Ibrahim Traoré.

Tenue à la place Tiéfo Amoro Sitarail, cette rencontre a rassemblé de nombreux militants et sympathisants, venus témoigner de leur engagement en faveur de la dynamique portée par la RPP.

À travers cette mobilisation, la CNAVC-Houet entend renforcer l’adhésion populaire aux idéaux de la Révolution et réaffirmer sa volonté d’accompagner les actions engagées dans ce cadre. Les participants, arborant des tenues aux couleurs nationales et brandissant des drapeaux burkinabè, ont affiché leur attachement à cette orientation.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de mobilisation citoyenne autour de la RPP. Elle traduit la volonté des organisateurs de maintenir la mobilisation des populations et de promouvoir une révolution qu’ils souhaitent forte et au service du peuple.

#Sidwaya.info

Festival Pulaaku : l’édition 8 place la jeunesse au cœur des enjeux de sauvegarde du patrimoine culturel

Le Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, (Pingdwendé Gilbert OUEDRAOGO) et le Ministre chargé de l’Enseignement secondaire, (Pr Moumouni ZOUNGRANA) ont respectivement présidé et parrainé la 8e édition du Festival international Pulaaku, dont l’ouverture officielle est intervenue ce samedi 31 octobre 2026 à Ouagadougou, au CENASA.

Placé sous le thème <<Jeunesse, éducation et culture : leviers de développement et de cohésion sociale>>, le programme de cette édition qui se déroule du 30 octobre au 1er novembre prévoit entre autres un atelier de formation, une foire d’exposition, des spectacles culturels, …

Le Ministre Pingdwendé s’est réjoui de cette initiative qui place la jeunesse au cœur de la réflexion au cours de la présente édition, en tant qu’héritière de nos valeurs et des savoirs et savoir-faire. <<Il faut lui inculquer nos valeurs, lui transmettre nos langues, nos savoirs et savoir-faire et faire de cette jeunesse le garant de notre patrimoine>>; a-t-il exhorté.

Cette édition du Festival international Pulaaku est dédiée à la mémoire de <<feu l’Emir de Djibo, Aboubakari DICKO>>. À travers cet hommage, le Festival salue la mémoire d’un homme de paix, d’un rassembleur et d’un artisan de cohésion sociale.

Le Ministre Porte-parole a invité l’ensemble des acteurs à traduire cet hommage en actes concrets dans la vie de tous jours. Pour lui, <<un hommage n’a de sens que s’il devient un engagement, mieux un serment.

Faisons donc vivre son héritage en refusant les discours de division, en choisissant le dialogue plutôt que la rupture et en bâtissant une société où chaque communauté peut apporter sa part de singularité à l’œuvre commune>>.

DCRP-MCCAT

Première journée de la 18e édition du SIAO : la sécurité veille au grain

 L’ouverture du parc d’exposition au public, à l’occasion de la 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), est intervenue le vendredi 30 octobre 2026 à 12h30, sur le site du salon.

Pour cette première journée de la 18e édition du SIAO, les Forces de défense et de sécurité (FDS) sont fortement mobilisées. Leur mission consiste notamment à contrôler les visiteurs, à sécuriser le site et à assurer la protection des exposants et des participants. Leur vigilance a permis de saisir plusieurs objets, notamment des couteaux, des ciseaux, des briquets, des fonds de teint contenant des miroirs tranchants ainsi que des flacons de parfum. Certains appartenaient à des exposants, tandis que d’autres étaient détenus par des visiteurs, en dépit des consignes en vigueur.

Dans une interview accordée aux Éditions Sidwaya, le président de la commission sécurité du SIAO, Aguima Abdoulaziz Yonli, par ailleurs directeur régional de la Police nationale du Kadiogo, a invité les usagers du site à respecter scrupuleusement les consignes données par les agents de sécurité. Il recommande notamment aux visiteurs d’éviter de venir avec des objets de grande valeur et de prendre les précautions nécessaires pour les protéger contre les vols. Les objets encombrants, susceptibles de gêner la circulation, sont également à éviter. « Leur travail vise à protéger les personnes et leurs biens », a-t-il rappelé.

Toute personne constatant un comportement suspect ou une situation anormale est invitée à la signaler aux autorités compétentes. Selon lui, les numéros d’urgence à retenir sont le 10-10, le 17, le 18 et le 16.

À l’endroit des exposants, Aguima Abdoulaziz Yonli a insisté sur le respect des consignes de prévention des incendies. « Les installations électriques anarchiques doivent être évitées, notamment les branchements improvisés destinés à alimenter des appareils ou à animer les stands », a-t-il prévenu. Selon lui, une harmonisation de la musique dans les pavillons est prévue afin de limiter les installations individuelles. Des consignes spécifiques ont également été données pour le village artisanal, notamment en matière d’installations électriques et de diffusion musicale.

« La sécurité doit aller de pair avec l’hygiène publique, la salubrité et le respect des normes alimentaires. Une commission est chargée de ces aspects et nous apportons notre appui à la mise en œuvre des mesures prévues », a-t-il indiqué.

Le respect de l’ensemble de ces consignes devrait permettre aux visiteurs, aux artisans et aux autres acteurs de prendre part au SIAO dans de meilleures conditions de sécurité.

Wendaabo Cathérine KOURAOGO