Le ministre délégué auprès du ministère des Affaires étrangères, Stella Eldine Kabré, a présidé, le lundi 19 octobre 2026 à Gaoua, dans la région du Djôrô, la cérémonie d’ouverture de la IXe édition du Forum national de l’intégration. A cette occasion, elle a appelé à une intégration africaine fondée sur la souveraineté des Etats et les aspirations des peuples.
La IXe édition du Forum national de l’intégration se tient du 19 au 22 octobre 2026 à Gaoua, dans la région du Djôrô, sur le thème : « L’intégration africaine à l’ère de la Révolution progressiste populaire ». Les travaux portent notamment sur le bilan des activités menées en faveur des communautés étrangères vivant au Burkina Faso. Il s’agit de dresser l’état des lieux, de relever les insuffisances et de dégager de nouvelles perspectives pour renforcer la cohésion sociale. S’exprimant au nom du ministre des Affaires étrangères, Stella Eldine Kabré, a rappelé que l’intégration ne saurait se limiter aux accords et aux rencontres institutionnelles.
Elle doit, selon elle, répondre aux aspirations des peuples et contribuer à leur bien-être. Le ministre délégué a évoqué les sanctions imposées aux populations du Sahel, estimant que cette expérience avait révélé les contradictions possibles entre les mécanismes institutionnels et les intérêts des citoyens. Dans cette perspective, Stella Eldine Kabré a présenté la Confédération des Etats du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, comme un cadre de renforcement de la coopération entre les trois pays. « L’AES ne doit pas être une intégration de façade ni un simple cadre de rencontres », a-t-elle soutenu.
Pour elle, cette dynamique doit se traduire par des avancées concrètes dans les domaines de la sécurité collective, de la coopération économique et culturelle, de la mobilité des jeunes et des travailleurs, ainsi que de la solidarité entre les territoires. Stella Eldine Kabré a également établi un lien entre la Révolution démocratique et populaire (RDP) portée par le capitaine Thomas Sankara et la Révolution progressiste populaire (RPP) conduite par le Président du Faso, capitaine Ibrahim Traoré. Elle a notamment mis en avant la volonté des peuples africains de décider par eux-mêmes, de défendre leur dignité et de faire de l’unité africaine une force de développement. Avant de souligner que l’indépendance politique ne pouvait être pleinement accomplie sans l’indépendance économique, la maîtrise des ressources, la confiance dans les capacités propres des peuples et la solidarité entre les pays africains.
L’hospitalité du Burkina Faso saluée

Par ailleurs, le ministre délégué a indiqué que les communautés africaines établies au Burkina Faso devaient prendre toute leur place dans l’effort national, dans le respect des lois, des valeurs et de la souveraineté du pays. Elle a rappelé que l’intégration africaine ne se construit pas uniquement dans les chancelleries diplomatiques ou lors des réunions institutionnelles, mais aussi dans les marchés, les établissements d’enseignement, les entreprises, les familles et les espaces culturels et sportifs. Prenant la parole au nom des communautés africaines vivant au Burkina Faso, Saliou Dokpema a, lui aussi, insisté sur la nécessité de faire de l’unité africaine une réalité. Selon lui, cette unité ne doit pas rester un simple slogan, mais constituer un projet de dignité et de souveraineté que les générations actuelles ont le devoir de concrétiser.
Par ailleurs, il a salué la place accordée aux communautés africaines dans le processus d’intégration au Burkina Faso, qu’il a présenté comme une terre d’accueil, d’hospitalité et de fraternité. Parmi les initiatives qu’il a mises en avant, le représentant des communautés africaines a cité la gratuité des visas pour les ressortissants africains, effective depuis 2025. Pour Saliou Dokpema, cette mesure de décision est « courageuse et visionnaire ». Elle facilite, à ses dires, la circulation des personnes et encourage les échanges commerciaux, culturels et universitaires. Selon lui, cette initiative donne un contenu concret à l’ambition d’une Afrique où les frontières ne constituent pas des obstacles artificiels au rapprochement des peuples. Saliou Dokpema a également affirmé que l’expérience du Burkina Faso en matière d’accueil et d’intégration des communautés africaines devrait inspirer les autres pays du continent.
Composées, entre autres, de commerçants, d’étudiants, d’enseignants, d’artisans, d’entrepreneurs, d’agriculteurs, d’agents de santé, de chercheurs et d’ouvriers, les communautés africaines vivant au Burkina Faso entendent contribuer au développement du pays, foi de M. Dokpema. Il a également assuré que ces communautés entendent soutenir les initiatives en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la solidarité entre les peuples. En rappel, durant ces quatre jours, plusieurs activités sont prévues à savoir des panels, des dialogues, une table ronde, un festival de l’intégration et des activités sportives, dont le tir à l’arc et l’aérobic, pour renforcer la cohésion sociale. Des séances de dépistage des cancers du col de l’utérus et du sein sont également prévues. Les participants
effectueront aussi une visite touristique du site de Loropéni.
Boudayinga J-M THIENON













