Le souffle d’un peuple en quête de changement

Les évènements de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 demeurent, de loin, indélébiles dans les mémoires des Burkinabè car, ayant constitué un tournant majeur de l’histoire politique récente du pays. En deux journées décisives, des milliers de citoyens ont contraint Blaise Compaoré à quitter le pouvoir après vingt-sept années de règne. A l’ori-gine de cette mobilisation historique, une volonté de modifier la Constitution pour permettre au chef de l’Etat de briguer un nouveau mandat, malgré les aspirations grandissantes à l’alternance. Elu en 1991, puis réélu en 1998, 2005 et 2010, Blaise Compaoré était à la fin de son dernier mandat autorisé par la Constitution.

La limitation des mandats présidentiels, rétablie en 2000 après une première modification en 1997, lui interdisait de se représenter en 2015. Cependant, son camp entreprend de modifier à nouveau l’article 37 de la Constitution afin de lui permettre de briguer un autre mandat. Cette initiative a provoqué le courroux de l’opposition. Les partis politiques, les syndicats et les organisations de la société civile ont ainsi dénoncé une tentative de prolongation du pouvoir au mépris de l’alternance démocratique. La contestation est également portée par de nouveaux mouvements citoyens, notamment le Balai citoyen, créé en 2013 autour de figures comme Sams’K Le Jah
et Smockey.

A ces revendications politiques se sont ajoutées les difficultés socioéconomiques, le chômage des jeunes et les frustrations liées à la gouvernance. La modification constitutionnelle devient ainsi le catalyseur d’un mécontentement longtemps contenu. Le 30 octobre 2014, alors que l’Assemblée nationale doit examiner le projet de révision constitutionnelle, des milliers de manifestants investissent les rues de Ouagadougou et d’autres villes du pays. La mobilisation prend une ampleur exceptionnelle.

L’Assemblée nationale et le siège du CDP sont notamment incendiés ou saccagés, tandis que les affrontements font des victimes. Face à cette pression populaire, le processus de révision est interrompu. Toutefois, cette décision ne suffit plus à apaiser la colère des manifestants qui réclament désormais le départ du chef de l’Etat. Le 31 octobre, la mobilisation se poursuit et s’intensifie. Confronté à une contestation devenue incontrôlable, Blaise Compaoré annonce sa démission. Après vingt-sept années au pouvoir, il quitte le Burkina Faso pour la Côte d’Ivoire. Son départ marque la fin d’un long règne et ouvre une période d’incertitude politique.

La succession donne lieu à des tensions entre militaires et acteurs civils et politiques. Le lieutenant-colonel Isaac Zida assume provisoirement les responsabilités de chef de l’Etat, avant la mise en place d’une Transition dirigée par Michel Kafando, avec Isaac Zida comme Premier ministre. L’insurrection populaire de 2014 a démontré la capacité des citoyens à défendre leurs aspirations et à s’opposer à la confiscation du pouvoir. Elle a rappelé qu’aucun dirigeant ne peut durablement ignorer la volonté populaire ni considérer les institutions comme des instruments au service de ses intérêts personnels. Toutefois, le départ de Blaise Compaoré n’a pas suffi à résoudre les difficultés structurelles du pays.

La consolidation des institutions, la lutte contre l’impunité et la satisfaction des attentes écono-miques et sociales sont demeurées des défis majeurs. Le coup d’Etat manqué de septembre 2015 a d’ailleurs révélé la fragilité du processus de transition. Cela dit, les 30 et 31 octobre 2014 constituent une page décisive de l’histoire du Burkina Faso. En faisant barrage à la modification constitutionnelle, les Burkinabè ont affirmé leur volonté dans la détermination de leur avenir. Et le véritable héritage de cette insurrection réside dans la nécessité de promouvoir une gouvernance responsable, des institutions au service de l’intérêt général et une justice accessible à tous. C’est dans cette dynamique que s’inscrivent les idéaux de la Révolution populaire progressiste dont les actions
porteuses sont visibles pour le bien-être des Burkinabè.

Soumaïla BONKOUNGOU

Projet d’assistance en santé sexuelle et reproductive : environ 202 000 personnes impactées

L’ONG CARE International au Burkina Faso et son partenaire, Alliance technique d’assistance au développement (ATAD), ont organisé un atelier national de bilan du projet d’assistance multisectorielle intégrée en santé sexuelle et reproductive, protection et nutrition, le jeudi 29 octobre 2026, à Ouagadougou.

Environ 202 000 personnes ont bénéficié du projet d’assistance multisectorielle intégrée en santé sexuelle et reproductive, protection et nutrition dans les régions des Koulsé, du Liptako et du Soum. Cette information a été donnée par le coordonnateur de CARE Burkina Faso, Jean-Marie Zongo, lors d’un atelier national de bilan organisé le jeudi 29 octobre 2026 à Ouagadougou. Le projet d’assistance multisectorielle intégrée en santé sexuelle et reproductive, protection et nutrition, lancé en janvier 2025 et qui s’achève, le 31 octobre 2026, a couvert les communes de Sabcé, Boulsa et Boala dans la région des Koulsé, ainsi que Dori, Bani et Arbinda dans le Liptako et le Soum, a-t-il précisé.

Sur le plan de la santé sexuelle et reproductive, il a soutenu que neuf formations sanitaires ont été réhabilitées et 12 équipées en matériel médico-technique. Neuf tricycles médicalisés ont été mis à disposition pour faciliter le transport des patients en milieu rural. Les consultations et prestations ont touché 48 364 personnes. « Cela a permis de renforcer l’offre de soins et de réduire la distance que nos mères et nos sœurs traversaient pour atteindre le centre de santé », a souligné Jean-Marie Zongo.
Dans le volet protection, 1 250 kits de dignité et 500 kits d’hygiène ont été distribués aux femmes et filles survivantes de Violences basées sur le genre (VBG) ou vulnérables.

Quatre espaces sûrs ont été réhabilités ou aménagés pour l’accueil, l’écoute et l’autonomisation des femmes. La prise en charge psychosociale a bénéficié à 1 144 personnes, et 116 cas de VBG ont été pris en charge. Les séances de sensibilisation ont touché 18 784 personnes, a assuré le coordonnateur de CARE Burkina Faso. Il a en outre fait savoir qu’en nutrition, 58 922 cas de malnutrition ont été dépistés. Les séances de sensibilisation ont atteint 80 883 personnes, et 421 femmes ont bénéficié de counseling sur les pratiques nutritionnelles.

Préserver les acquis du projet

« Nous ne sommes pas réunis pour présenter le résultat final d’un projet, mais pour comprendre ce qui a fonctionné, identifier ce qui aurait pu être amélioré et transformer l’expérience acquise en connaissances utiles », a insisté Jean-Marie Zongo. Il a plaidé pour que la fin du projet ne signifie pas la fin de l’engagement : « La durabilité d’une intervention ne se décrète pas à la clôture d’un projet. Elle se construit tout au long de la mise en œuvre, à travers la recréation locale, le renforcement des capacités et la qualité des relations institutionnelles ».
L’ambassadeur désigné du Canada au Burkina Faso, Richard Le Bars, a rappelé que le projet est financé à près de deux milliards de francs CFA par Affaires mondiales Canada.

« Les besoins en santé sexuelle et reproductive, en protection et en nutrition sont étroitement liés et nécessitent des réponses coordonnées, inclusives et centrées sur les personnes », a-t-il affirmé. Il a invité les participants à documenter rigoureusement les résultats, à valoriser l’expertise des acteurs locaux et à formuler des recommandations concrètes pour l’avenir.
Le représentant du ministre de la Famille et de la Solidarité, le secrétaire général, Ourobé Eric Coulibaly, a salué une intervention qui place
« la personne humaine au centre de l’action ». « Notre devoir collectif est de faire en sorte que la vulnérabilité ne devienne jamais synonyme d’abandon et que chaque intervention contribue à restaurer l’espoir, la dignité et la capacité d’agir des populations », a-t-il déclaré.

Leila Sylvia SAWADOGO

Littérature Mariam Vanessa Touré dédicace son œuvre : « Hummm… Et la vie continue ! »

La journaliste Souréa Mariam Vanessa Touré a dédicacé son œuvre littéraire dénommée « Hummm… Et la vie continue ! », mercredi 28 octobre 2026 à Ouagadougou.

L’univers du livre s’est enrichi d’une nouvelle œuvre littéraire. Souréa Mariam Vanessa Touré, figure emblématique du petit écran national, a officiellement présenté son premier livre, intitulé « Hummm… Et la vie continue ! ». La cérémonie de dédicace, présidée par le représentant du ministre chargé de la Culture, Jérémie Nion, s’est déroulée le mercredi 28 octobre 2026.
L’œuvre est composée d’une soixantaine de chroniques réparties sur 315 pages.

Selon l’auteure, le titre, « Hummm… », symbolise un cri du cœur, l’expression de ses profondeurs face à la maladie et aux épreuves traversées depuis 2016. Elle a confié que, loin d’être une simple autobiographie, le livre explore les thématiques universelles du quotidien qui sont, entre autres, la parentalité, le mariage et la vie de couple. « La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Quelles que soient les épreuves, il faut faire confiance, lutter pour rester en vie », a-t-elle témoigné. Souréa Mariam Vanessa Touré a aussi relevé que l’œuvre est entièrement dédiée à sa défunte mère, qualifiée de « port d’attache » et de confidente absolue, dont la force silencieuse continue d’éclairer son chemin.

Le représentant du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Jérémie Nion, a salué la profondeur de l’ouvrage, le qualifiant d’« anthropologie d’un parcours de vie. Il a rappelé la nécessité de mettre l’accent sur la culture comme moyen de décolonisation des esprits et de renforcer la cohésion nationale par une perpétuation du vivre-ensemble.

Un style pudique

Le représentant du ministre en charge de la culture, Jérémie Nion, a salué les efforts des créateurs, artistes et écrivains qui conjuguent en permanence le verbe ‘’résister’’ et proclament sans cesse le mot résilience.

Jérémie Nion a également fait un parallèle entre le combat intime de l’auteure et la marche héroïque du peuple burkinabè face à l’adversité sécuritaire. « Le pays des Hommes intègres, à l’image de Vanessa, reste  debout et démontre que  l’intégrité demeure sa
boussole », a-t-il confié. Le parrain littéraire de la cérémonie, le Professeur Yves Dakio, ancien professeur de sémiotique de Souréa Mariam Vanessa Touré dans les années 1990, a salué ses brillants débuts académiques. Il a loué la grande qualité littéraire de l’ouvrage, caractérisé par un style pudique, sobre et d’une forte charge émotionnelle, élevant l’auteure au rang de conseillère de la jeunesse et d’édifiante pédagogue.

Quant à la marraine, l’écrivaine Bernadette Dao, elle a souligné que la sincérité des récits et la lucidité avec lesquelles Vanessa Touré aborde la maladie, ainsi que ses compétences sur les relations humaines, rendent l’œuvre particulièrement touchante. S’exprimant au nom des promotions amies notamment la promotion A1 du lycée Ouézin-Coulibaly et la promotion lettres modernes de 1991, Assétou Badoh, par ailleurs directrice générale des Editions Sidwaya, a exprimé la fierté collective de voir leur camarade transformer la souffrance en chef-d’œuvre. Elle a invité tous ses promotionnaires à se procurer le livre.

De son côté, le directeur général de la RTB, Atéridar Galip Somé, a témoigné de l’apport de la journaliste au sein de son institution. Il a salué son courage face à la maladie et s’est réjoui que cette traversée soit enfin documentée pour l’histoire. En guise de soutien, la RTB a acheté les cinq premiers exemplaires de l’ouvrage lors de sa mise à prix officielle. L’œuvre est disponible au prix de 10 000 F CFA à la librairie Mercure.

Julien ZOUNGRANA
Déborah Yaméogo
(Stagiaire)

Port autonome de Lomé : une concertation pour faciliter les échanges commerciaux avec le Burkina

Les responsables portuaires togolais et les opérateurs économiques burkinabè ont échangé sur les défis du transit, la réduction des coûts logistiques et l’amélioration des services, le vendredi 23 octobre 2026, à Ouagadougou.

Les responsables de la communauté portuaire togolaise et l’Alliance pour la promotion du port de Lomé (A2PL) ont rencontré les opérateurs économiques burkinabè, le vendredi 23 octobre 2026, à Ouagadougou. Cette rencontre visait à  renforcer la coopération  entre les deux parties et à  faciliter l’acheminement des marchandises à destination du Burkina Faso. Cette  rencontre s’inscrit dans une mission promotionnelle organisée du 18 au 24 octobre 2026 sous le thème : « Le port de Lomé et son corridor résolument engagés dans la facilitation des échanges commerciaux avec les Etats de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) ». Elle a offert aux responsables portuaires l’occasion de présenter leurs services, d’écouter les préoccupations des opérateurs économiques et d’examiner les difficultés qui entravent la fluidité du transit. Avec près de 36 millions de tonnes de marchandises manutentionnées en 2025, le port
autonome de Lomé entend renforcer son rôle dans  l’approvisionnement du Burkina Faso. D’où la consolidation de ses relations avec le Burkina Faso.

Le Secrétaire général (SG)  de l’A2PL, Awèmèwètou  Haladoko, a mis en avant les performances enregistrées par le port autonome de Lomé. Il a expliqué que les investissements réalisés dans les infrastructures ont contribué à renforcer les capacités de traitement des marchandises et à améliorer la productivité des opérations portuaires. « En 2025, le port a manutentionné près de 36 millions de tonnes de marchandises et traité environ 2,5 millions de conteneurs Equivalents vingt pieds (EVP). Le temps moyen d’attente en rade des navires porte-conteneurs a, quant à lui, été ramené à 21 heures et 39 minutes », ont indiqué les responsables. C’est pourquoi, ont-ils dit, la productivité constitue également un indicateur important de cette dynamique. Elle atteint 57,8 mouvements par heure et par navire, tandis que les cadences par portique se situent entre 35 et 38 mouvements par heure, selon les terminaux. Pour les produits stratégiques, les installations spécialisées affichent des performances de 100 à 117 tonnes par heure pour le blé, de 52 tonnes pour le riz et de plus de 350 tonnes pour le clinker. Ces capacités représentent des atouts pour les opérateurs économiques burkinabè, dont les activités dépendent notamment de la régularité et de la rapidité des opérations d’importation.

Une concertation régulière

Au-delà des performances techniques, les échanges ont mis l’accent sur les formalités administratives et les difficultés liées à l’acheminement des marchandises. Pour y répondre, les responsables  portuaires ont engagé des efforts de digitalisation à
travers le Guichet unique  des formalités et de délivrance des documents du commerce international (GUFORD),
exploité par la Société d’exploitation du guichet unique pour le commerce  extérieur du Togo (SEGUCE TOGO).
Pour Awèmèwètou Haladoko la dématérialisation complète demeure un processus en cours. Il a affirmé : «Nous savons que la dématérialisation complète est un processus continu qui exige encore des efforts individuels et collectifs pour supprimer toutes les lourdeurs administratives que nous connaissons ».

Dans le même esprit, le port autonome de Lomé a mis en place une Task Force AES 2026, en complément du Comité de suivi et de veille permanente (CSVP). Ces dispositifs doivent contribuer à lever les obstacles administratifs et techniques, accélérer le passage des marchandises et rechercher des réponses aux préoccupations des chargeurs burkinabè. L’amélioration de la compétitivité du corridor passe également par plusieurs projets annoncés par le secrétaire général de l’A2PL. Parmi les pistes évoquées, figurent la relance du transport ferroviaire, le renforcement du centre d’appel et l’adaptation des conditions tarifaires applicables aux marchandises en transit.

Le développement des liaisons ferroviaires pourrait permettre de transporter des volumes plus importants, de réduire les coûts logistiques et de limiter la dégradation des infrastructures routières. Ces perspectives constituent des enjeux majeurs pour les opérateurs, soucieux de maîtriser leurs dépenses et de sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement. Pour sa part, la directrice générale du Conseil burkinabè des chargeurs (CBC), Denise Bado, a apprécié cette initiative de rapprochement entre la communauté portuaire togolaise et les opérateurs économiques nationaux. L’importance du port autonome de Lomé dans l’approvisionnement du Burkina Faso n’est plus à démontrer. C’est pourquoi, elle a insisté sur la nécessité d’une concertation régulière entre les
acteurs du transport et de la logistique. De ses dires, la compétitivité, la rapidité des opérations et la maîtrise des coûts exigent un dialogue permanent afin d’identifier les difficultés et de construire des solutions adaptées.

Alassane OUEDRAOGO
(Correspondance particulière)

Province du Kourittenga : une conférence publique pour promouvoir les idéaux de la RPP

La province du Kourittenga a organisé une conférence publique provinciale, le jeudi 29 octobre 2026 à Koupèla, sur le civisme, la citoyenneté, l’engagement patriotique, la culture de la paix et les idéaux de la Révolution progressiste populaire (RPP).

La conférence publique provinciale sur le civisme, la citoyenneté, l’engagement patriotique, la culture de la paix et les idéaux de la Révolution progressiste populaire (RPP) a connu la participation des autorités administratives, religieuses et coutumières, ainsi que des représentants des différentes couches sociales de la province. Elle visait à renforcer les connaissances des populations sur les valeurs citoyennes, le patriotisme, la cohésion sociale et les orientations de la RPP. Trois communications, animées par des personnes ressources, ont ensuite permis d’aborder les différents sous-thèmes retenus. Prenant la parole, Egède Magloir Koudougou, conseiller en droits humains et conférencier, a souligné l’importance de faire connaître aux populations les idéaux de la RPP et de les amener à se les approprier. Pour illustrer son propos, il a rappelé ce proverbe : « Si tu dors dans la natte de quelqu’un, tu dors à terre ».

A travers cette image, le conférencier a invité les citoyens à comprendre la nécessité de compter sur leurs propres efforts, de valoriser les ressources nationales et de s’impliquer dans la construction du pays. Pour sa part, le directeur général de la promotion de la citoyenneté et de la paix, Benjamin Sow, a mis l’accent sur le rôle de la conscience citoyenne dans la construction d’une nation unie et résiliente. Selon lui, la reconquête du territoire doit nécessairement s’accompagner de la reconquête des consciences. Il a ainsi appelé les populations à s’engager davantage dans la lutte contre les comportements inciviques, à promouvoir la paix et la solidarité et à faire preuve de responsabilité dans leurs communautés. Il a également insisté sur la responsabilité individuelle et collective dans la promotion du civisme, du respect des règles communes et de l’engagement patriotique. « La reconquête
du territoire doit aller de pair avec celle des consciences »,
a-t-il dit.

Traduire les valeurs en actes concrets

Le parrain de la conférence, le commandant de la deuxième région militaire, Lassané Porgo a, quant à lui, invité les citoyens à accompagner les initiatives portées par le capitaine Ibrahim Traoré. Il a insisté sur l’importance de la mobilisation citoyenne, du patriotisme et de la discipline dans la réalisation des objectifs nationaux. Il a exhorté les participants à traduire les valeurs évoquées au cours de la conférence en actes concrets dans leur quotidien, notamment par le respect des institutions, la solidarité et la contribution aux efforts de développement du Burkina. Présidant la conférence, le haut-commissaire de la province du Kourittenga, Moctar Ilboudo, a salué la forte mobilisation des autorités et des populations autour de cette initiative.

Il a exprimé sa reconnaissance à l’ensemble des acteurs ayant contribué à l’organisation de l’activité. Le premier responsable de la province a invité les participants à s’approprier les enseignements des différentes communications et à les mettre en pratique dans leurs familles, leurs lieux de travail et leurs communautés. Il a également souligné l’importance de l’engagement de tous dans la promotion du civisme, de la paix, de la cohésion sociale et du développement local. La conférence publique provinciale s’est achevée par une plantation d’arbres, un geste symbolique traduisant l’engagement citoyen des participants en faveur de la préservation de l’environnement et du développement durable.

Amédéé Wend-La-Sida SELGA

Burkina Faso, pays des Hommes intègres !

Le Burkina Faso maintient le cap de sa Révolution progressiste populaire (RPP) contre vents et marées. Malgré les soubresauts de piques lancés à tout vent contre les acquis de la lutte engagée. On peut ne pas être d’accord avec la marche de la nouvelle dynamique pour telle ou telle raison ; on peut avoir des avis divergents sur la tendance révolutionnaire imprimée aux forceps par la situation de crise à nous imposer, mais il est difficile de jeter le bébé avec l’eau du bain. Il est difficile d’accabler le système actuel de gouvernance de critiques acerbes sans réserve. Il suffit de regarder les efforts consentis dans tous les secteurs de développement pour raisonnablement se raviser.

Ceux qui voyaient en la France le pays de nos ancêtres, le partenaire ou l’ami de tous les temps ont fini par se rendre compte que le donneur de leçon n’est pas toujours le meilleur des repères, tant qu’il n’apprend pas ses propres leçons. La dialectique est tellement criarde que l’on se demande si c’est le même chantre de la démocratie qui vole aujourd’hui en éclat aux yeux du monde.
Bref, tournons le regard vers l’essentiel. La RPP poursuit et déploie sa vision partout où il y a des Burkinabè. Les initiatives de développement s’enchaînent et se croisent au carrefour d’une destinée désormais tracée par nous-mêmes, au grand dam de l’ingérence avilissante. Le Burkina Faso a amorcé sa marche vers l’avenir qu’il s’invente chaque jour et auquel il croit fermement. Cette dynamique, il l’exporte au-delà de ses frontières, sans complexe ni hantise.

En cette fin du mois d’octobre, une forte délégation de Burkinabè sous la houlette du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, s’est rendue à Rome en Italie pour célébrer le héros national, Thomas Sankara. Un parc du centre ville de la capitale italienne a été dénommé Parc Thomas Sankara par les autorités italiennes. Le message de ce symbolisme est fort pour le Burkina Faso. Cet hommage à Sankara résonne comme un signal fort dans le cœur de tous ces patriotes qui se battent pour perpétuer la mémoire du Père de la révolution burkinabè. Ce parc, perché sur les hauteurs verdoyantes de Rome à plus de 3 500 km de Ouagadougou vient rappeler à ceux qui adulaient hier Sankara pour s’opposer aujourd’hui à Traoré que la Révolution progressiste populaire n’est qu’une suite logique de la Révolution démocratique et populaire.

Ce parc est aussi un marquage de l’intégrité burkinabè à l’étranger, reconnue et saluée à sa juste valeur par des esprits imbus de liberté et de solidarité pour la cause juste des peuples opprimés par les négriers modernes. Et quand on sait qu’entre l’Italie et le Burkina Faso, il y a une exemption réciproque de visa pour les titulaires de passeport diplomatique et de passeport de service pour de courts séjours, cela en dit déjà long sur la posture de ce pays face à la lutte pour la liberté et l’unité des peuples. Pendant ce temps, en Afrique, des pays restent inaccessibles à d’autres Africains. Le parc Thomas Sankara de Rome est la preuve vivante que rien ne peut effacer l’homme qui a régné seulement quatre ans mais dont les prouesses narguent les partisans du pouvoir à vie à hauteur de mandats illimités.

Cette semaine encore, Sankara était à l’honneur au Sommet Russie-Afrique qui s’est tenu du 28 au 29 octobre 2026. Le Président russe, Vladimir Poutine a cité Thomas Sankara dans son discours pour dénoncer l’endettement de l’Afrique et les mécanismes de dépendance économique qu’il attribue sans ambages aux puissances occidentales. « Il existe des signes clairs de tentatives actives de la part des pays occidentaux pour replonger les Africains dans le piège de la dette, pour leur imposer des ressources financières indispensables à des conditions prédatrices qui les contraignent ensuite à payer plusieurs fois le prix pour assurer le service et le remboursement de leurs dettes au détriment des plans de développement à long terme », a dit le Président Poutine. Et de poursuivre : « la dette est une reconquête savamment gérée de l’Afrique, visant à assujettir sa croissance et son développement par des règles étrangères ». Il a clairement signifié que ces propos étaient prononcés en 1987, par Thomas Sankara lors de son discours historique sur la dette africaine, à Addis Abeba, en Ethiopie.

En reprenant la pensée de Sankara à la tribune du Sommet Russie-Afrique, Poutine fait recours à une conviction permanente et nécessaire pour l’Afrique. Mais combien lui ont prêté bonne oreille ? Combien sont-ils capables de renoncer à s’endetter auprès des institutions de Bretton Woods pour mettre la corde au cou de générations entières, sans avoir l’abstinence éthique de retenir 10 % de cette dette pour leur capricieux confort ?

En tout cas, ici au Faso, le peuple finance en grande partie le développement du Burkina Faso. Parce que comme disait Thomas Sankara, « l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère ». Et le camarade Président, le capitaine Ibrahim Traoré de renchérir le 4 septembre 2026 : « l’Africain qui n’est pas capable de se nourrir, qu’il meurt. On doit être en mesure de produire, on a assez de terres ici. Pourquoi c’est nous qui devons aller mendier ailleurs ? ». Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, entendent !

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Finale Coupe du ministre d’Etat, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique : Tangbapere a fait tomber Djantan en volleyball

L’équipe Tangbapere, composée d’éléments du BSIR et de l’AA (Armée de l’air), a remporté, le jeudi 29 octobre 2026, la Coupe du ministre d’Etat, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique en volleyball. Elle a dominé Djantan sur le score de 3 sets à 1, à la salle omnisports du Comité national olympique et des sports burkinabè (CNOSB), à Ouagadougou. Cette compétition a été organisée dans le cadre de la commémoration du 66e anniversaire des Forces armées nationales.

Tangbapere, qui signifie « Foudre » en langue lobiri, a frappé au bon moment pour s’adjuger le trophée face à Djantan, qui signifie
« Résilience » en langue djan. Dans une finale disputée, les deux formations ont livré une bataille marquée par des temps forts et des retournements de situation, à l’image de l’esprit de combativité qui a animé cette compétition.
La rencontre a démarré sur les chapeaux de roues pour Djantan, qui a rapidement inscrit trois points. Mais cet avantage initial n’a pas duré. Tangbapere a progressivement pris le contrôle des échanges, creusé l’écart et laissé son adversaire à distance avant de boucler le premier set sur le score de 25 à 18.

Le deuxième acte a été plus disputé. Les deux équipes se sont rendu coup pour coup, sans parvenir à se détacher durablement. Plus réaliste dans les moments décisifs, Tangbapere a fini par s’imposer 25 à 22, prenant ainsi une sérieuse option sur le titre.
Loin de baisser les bras, Djantan a sonné la révolte dans le troisième set. Portée par une meilleure dynamique, l’équipe a pris les devants et compté jusqu’à quatre points d’avance. Elle a maintenu la pression pour remporter la manche 25 à 21, relançant ainsi le suspense.
Le quatrième set a longtemps donné lieu à un mano à mano, les deux équipes étant à égalité à huit points partout. Mais Tangbapere a ensuite haussé le rythme et pris progressivement le large. Dans cette phase décisive, son libero, Sabitou Traoré, s’est particulièrement illustré par ses interventions, ses sauvetages de balles dangereuses et sa capacité à maintenir son équipe dans le match. Solide dans les échanges, Tangbapere a fini par s’imposer avec autorité sur le score de 25 à 16, scellant ainsi sa victoire finale.

A l’issue de la rencontre, le capitaine de Tangbapere, le lieutenant Adamou Tantorogo, a exprimé sa joie après ce sacre. Il a attribué cette victoire au travail collectif et à la préparation de son équipe. « Actuellement, nous avons un sentiment de joie parce que c’est le travail de toute l’équipe qui a payé », a-t-il confié. Pour lui, au-delà de la compétition, le volleyball a surtout permis de rassembler les différentes composantes des forces de défense et de sécurité. Il a souligné que cette initiative a réuni des militaires, des personnels des forces de sécurité intérieure et des paramilitaires, sans distinction. Le capitaine a également rappelé que Tangbapere avait déjà terminé à la deuxième place lors de précédentes compétitions, notamment en triathlon et en ballon militaire. Cette fois, l’équipe a concrétisé ses efforts en décrochant le trophée du volleyball.

Le sport au service de la cohésion

Le parrain de la cérémonie, le lieutenant-colonel Mahamadi Sawadogo, commandant de la Brigade des volontaires pour la défense de la patrie (VDP), a également salué le niveau de la rencontre et l’engagement des deux finalistes. Il a félicité l’équipe victorieuse tout en rendant hommage à Djantan qui, selon lui, n’a pas démérité. « Au-delà du score et des résultats, c’est une victoire pour l’ensemble des forces de sécurité, parce que les objectifs ont été atteints », a-t-il déclaré.

Il a expliqué que le tournoi a notamment visé à renforcer la cohésion entre les forces combattantes et à témoigner la solidarité des frères d’armes envers ceux qui sont déployés sur les théâtres d’opérations. Il a, par ailleurs, salué le travail des staffs techniques, des
participants et du comité d’organisation, dont la mobilisation a contribué au succès de la compétition.
Dans le discours du ministre d’Etat, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, lu par le directeur de cabinet, le colonel-major Fidel Bationo, l’accent a été mis sur la portée de cette activité sportive dans le cadre de la célébration du 66e anniversaire des FAN.
Le ministre a rappelé que le thème de cette commémoration, « Forces armées nationales et réserves militaires pour
une défense souveraine de la patrie », a souligné l’importance de l’unité, de la complémentarité et de la mobilisation de toutes les forces pour la défense du pays.

Selon le message livré à cette occasion, le sport a constitué un puissant facteur de cohésion. A travers la discipline, la persévérance, la solidarité et le dépassement de soi, il a contribué à rapprocher les personnels des Forces armées nationales, des forces de sécurité intérieure et les volontaires pour la défense de la patrie.

Le ministre a également salué l’engagement et le fair-play dont les différentes formations ont fait preuve tout au long du tournoi. Il a félicité les vainqueurs pour leur préparation, leur discipline et leur esprit d’équipe, tout en invitant les autres formations à tirer les enseignements de leurs résultats afin de revenir plus fortes lors des prochaines éditions.

Cette édition a enregistré la participation de six équipes constituées de personnels issus de différents corps. Lancée le 26 octobre dernier, la compétition a ainsi dépassé le cadre de la confrontation sportive pour devenir un espace de rencontre, de fraternité et de rapprochement entre les forces engagées dans la défense de la patrie.
En déclarant officiellement close la compétition, le ministre a souhaité que les valeurs de solidarité, de discipline et de respect mutuel cultivées sur le terrain continuent d’inspirer les comportements au quotidien. Un message qui a donné à cette finale une portée dépassant le seul enjeu du trophée.

Pengdwendé Achille OUEDRAOGO

Sommet Russie -Afrique : le Président du Faso appelle à des engagements concrets au service des peuples 

Le Camarade Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a livré, ce jeudi 29 octobre 2026 à Moscou, le message du Président du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, lors du panel de haut niveau au 2e jour du troisième Sommet Russie–Afrique.

« Ce 3e Sommet doit être celui de la mise en œuvre de ce partenariat stratégique. » Par la voix du Premier ministre, le Président du Faso a exprimé l’ambition du Burkina Faso de voir les fondations posées à Sotchi en 2019 et à Saint-Pétersbourg en 2023 se traduire en réalisations à la hauteur des aspirations des peuples.

Cette ambition repose sur une conception claire de la coopération : construire ensemble, dans le respect, la réciprocité et le transfert réel de savoir-faire. La formation de la jeunesse en constitue une priorité. Le Burkina Faso souhaite ainsi permettre à davantage de jeunes Burkinabè et Africains de se former en Russie dans les technologies de pointe et les domaines stratégiques, puis de revenir mettre leurs compétences au service du développement de leurs pays.

Au cœur du message présidentiel figure la liberté des peuples de déterminer leur avenir. Sous le leadership du Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, le Burkina Faso a engagé une rupture avec les tutelles et les partenariats déséquilibrés. La diversification de ses relations répond à cette volonté de maîtriser ses ressources et de choisir librement ses partenaires, sur la base des intérêts réciproques.

Cette dynamique se construit également avec le Mali et le Niger au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Dans son message, le Chef de l’État a salué la bravoure et l’esprit de sacrifice des forces engagées dans la lutte contre le terrorisme. Leur action permet la reconquête de localités, la réouverture d’écoles et le retour progressif de la vie dans les zones éprouvées.

Le Président du Faso a également rappelé les racines historiques de l’amitié entre l’Afrique et la Russie. Le soutien de l’Union soviétique aux jeunes États africains, la formation de leurs cadres et l’accueil de leur jeunesse dans ses universités appartiennent à une mémoire commune que le peuple burkinabè, héritier de la Révolution d’août 1983 du Président Thomas Sankara, garde vivante. Cet héritage nourrit aujourd’hui la volonté de consolider une coopération respectueuse de la dignité des peuples.

Cette exigence de dignité s’étend à la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale. Face aux crises de légitimité et d’efficacité des institutions internationales, le message du Président du Faso appelle au respect du droit international et à la réforme des institutions chargées de le mettre en œuvre.

« L’Afrique ne veut être ni un champ de bataille, ni un réservoir de matières premières, ni un vote dans une assemblée. Elle veut être une terre de dignité », a affirmé le Camarade Capitaine Ibrahim Traoré dans son message lu par le Premier ministre. Une affirmation qui rappelle que la valeur d’un partenariat se mesure aussi à sa capacité à reconnaître les choix des peuples et à renforcer leur maîtrise de leur destin.

Fort de l’amitié entre Ouagadougou et Moscou, le Burkina Faso attend de ce rendez-vous des initiatives porteuses de changements concrets pour les populations. Le cap fixé par le Président du Faso est celui d’« un partenariat sincère, transparent et équilibré, qui ne demande pas à l’Afrique de choisir un camp, mais de choisir son avenir ».

𝐃𝐂𝐑𝐏/𝐏𝐫𝐢𝐦𝐚𝐭𝐮𝐫𝐞

Ecole normale supérieure: le 2e colloque international officiellement ouvert

L’Ecole normale supérieure (ENS) organise du 28 au 30 octobre 2026 son 2e colloque international à Ouagadougou. La cérémonie d’ouverture a eu lieu le mercredi 28 octobre dernier.

Le développement durable et inclusif demeure un sujet d’actualité au Burkina Faso. Ainsi donc, pour apporter leur contribution aux réflexions sur la question, les intellectuels et professionnels du Burkina Faso se sont donnés rendez-vous au colloque international de l’Ecole normale supérieure (ENS) qui se tient du 28 au 30 octobre 2026. Pendant 3 jours, les chercheurs, enseignants-chercheurs, étudiants et acteurs du monde éducatif seront reunis pour échanger sur le thème : « Sciences, technologie et éducation : quelle synergie pour un développement durable et inclusif ? ».

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le directeur général de l’ENS, Pr Ousseni So. Selon lui, ce thème a été choisi afin de mener une réflexion pour que les produits mis sur le terrain par l’université soient directement employables. « Très souvent, on pense que l’université ne forme que des chômeurs. Et pourtant, il y a quand même une certaine adéquation à faire entre ce que l’université fait et ce que l’entreprise veut », a-t-il expliqué.

Qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle, de la numérisation des apprentissages, du changement climatique ou de l’endogénisation des curricula, a-t-il poursuivi, leur responsabilité académique est d’outiller des citoyens critiques, autonomes et enracinés dans une réalité locale. Le Pr So a également indiqué que l’appel à candidatures pour ce colloque a rencontré un niveau formidable. « Nous avons enregistré plus de 300 propositions et 271 résumés, répartis sur six axes majeurs », s’est-il réjoui.

Se préparer aux défis de son temps

Le directeur général de l’ENS a, en outre, laissé entendre que pendant trois jours, les réflexions seront nourries par des sessions parallèles, des présentations de posters et un panel d’ouverture stratégique sur les partenariats entre universités, entreprises et pouvoirs publics.
Le vice-président chargé de la recherche scientifique et de la coopération universitaire de l’université Norbert-Zongo, le Pr Isidore Yaméogo, au nom de la présidente, marraine de la cérémonie, a indiqué que l’éducation sans les sciences ne répond pas aux défis du moment.

« De l’alliance entre l’éducation et les sciences naissent les compétences, l’innovation et un développement réel, réellement inclusif »,
a-t-elle ajouté. Pour lui, ce cadre de réflexion s’inscrit dans la vision de la Révolution progressiste populaire portée par le président du Faso et se traduit par la modernisation des infrastructures universitaires, le développement du numérique et le renforcement de la formation technique et professionnelle. Il a par ailleurs invité la communauté scientifique à relever le défi pour faire un savoir utile ancré dans les réalités et ouvert sur le monde.

Wendyam Pascaline KALMOGO

23e session ordinaire du CNLS-IST : plus de 138 milliards F CFA pour éliminer le Sida d’ici à 2030

La 23e session ordinaire du Conseil national de lutte contre le SIDA et les infections sexuellement transmissibles s’est tenue, mercredi 28 octobre 2026, à Ouagadougou.

Le Conseil national de lutte contre le SIDA et les Infections sexuellement transmissibles (CNLS-IST) ambitionne d’éliminer le SIDA en tant que menace pour la santé publique à l’horizon 2030. Cette ambition a été réaffirmée lors de sa 23e session ordinaire, le mercredi 28 octobre 2026, à Ouaga-dougou. La rencontre a été présidée par le ministre directeur de cabinet du président du Faso, le capitaine Martha Céleste Anderson Dekomwin Médah, représentant le chef de l’Etat, également président du CNLS-IST. Cette session a permis d’évaluer la mise en œuvre des recommandations et des engagements issus de la précédente rencontre, de valider le bilan du
Plan national multisectoriel 2025 et d’examiner le Plan stratégique national de lutte contre le VIH, le SIDA et les IST 2026-2030.

Le capitaine Médah s’est réjoui des acquis enre-gistrés. Il a notamment cité, le maintien de la prévalence du VIH à 0,5 %, une couverture élevée du dépistage et du traitement, des progrès encourageants dans l’élimination de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, ainsi qu’un dispositif de soins ayant résisté aux chocs sécuritaires et financiers. Il a indiqué que le pays dispose désormais d’une feuille de route claire pour les cinq prochaines années, avec pour objectif l’élimination du SIDA en tant que menace pour la santé publique. Le représentant du chef de l’Etat a invité les membres du Conseil et les acteurs à faire de l’accès universel à la charge virale, une priorité nationale. Pour cela, il a insisté sur la sécurisation des intrants, le transport des échantillons et la prescription systématique de cet examen, afin que chaque personne sous traitement connaisse son résultat.

Il a également instruit les acteurs de mettre en œuvre sans délai le plan d’urgence de lutte contre le VIH pédiatrique, afin qu’aucun enfant vivant avec le VIH ne reste sans diagnostic ni traitement. Prenant la parole au nom du Chef de l’Etat, le Capitaine Médah a salué l’engagement constant de l’ensemble des acteurs de la riposte. Il a souligné le caractère charnière de cette rencontre, qui marque l’aboutissement du Cadre stratégique national 2021-2025 et ouvre une nouvelle étape décisive avec le déploiement du PSN-SIDA 2026-2030.

Adopté à l’issue des travaux, ce nouveau référentiel est estimé à 138,12 milliards FCFA. Il vise à accélérer
les progrès pour éliminer le Sida en tant que problème de santé piublique au Burkina d’ici à 2030.
Par ailleurs, il a exprimé sa reconnaissance aux partenaires techniques et financiers pour leur soutien continu. Il a également adressé ses félicitations aux membres du Conseil, au personnel du Secrétariat permanent, aux prestataires de soins et aux acteurs communautaires pour leur engagement constant.

La lutte contre le VIH avance

Le coordonnateur résident par intérim du Système des Nations unies, Ernest-Moise Mushekuru, a salué la qualité des travaux, la richesse des échanges qui ont marqué cette session ordinaire.

Pour le secrétaire permanent du CNLS-IST, Dr Seydou Ouattara, le bilan de la lutte contre le VIH/SIDA au Burkina Faso est satisfaisant. « Nous essayons d’avancer vers l’objectif de 2030 pour l’élimination du VIH », a-t-il indiqué. En matière de traitement, a-t-il précisé, environ 90 000 personnes vivant avec le VIH sont sous traitement, soit près de 93 % des cas.
Pour le coordonnateur résident par intérim du système des Nations unies, Ernest-Moise Mushekuru, la tenue régulière de cette session témoigne de l’importance accordée à cette question de santé publique et de développement humain.

Elle permet de mesurer les progrès accomplis, d’examiner les difficultés et de prendre les décisions nécessaires pour accélérer la riposte nationale. « Notre responsabilité collective est de veiller à ce que chaque femme, chaque homme, chaque jeune fille comme garçon, chaque enfant vivant avec le VIH puisse accéder à des services de prévention, à des soins et à des traitements de qualité, où qu’il se trouve sur le
territoire national », a-t-il déclaré. Il a invité l’ensemble des acteurs à renforcer leur collaboration, à aligner leurs interventions sur les prio-rités nationales et à mobiliser les ressources nécessaires pour accélérer les progrès vers l’élimination du VIH en tant que menace pour la santé publique d’ici à 2030, conformément aux objectifs de développement durable.

Pingdebwoaga Urielle Lauryn KABORE