Orpaillage à Dassa: l’or ne brille pas pour tout le monde

A Dassa, chaque jour, des dizaines de jeunes désertent les champs familiaux pour rejoindre les sites d’orpaillage, attirés par l’espoir d’un enrichissement rapide. Si cette activité a permis à de nombreuses familles de construire des maisons, d’investir dans le commerce et d’améliorer leurs conditions de vie, elle bouleverse également les équilibres sociaux, économiques et environnementaux de la commune. Conséquences : agriculture fragilisée, hausse du coût de la vie, abandon scolaire, dégradation des terres et dépendance croissante à une ressource épuisable. Reportage à Dassa, dans la province du Sanguié, région de Nando ou la course à l’or menace la survie du village.

A Nébia et Divolet, villages situés à quelques kilomètres du chef-lieu de la commune de Dassa, le calme des champs cède progres-sivement au vacarme des marteaux, des motopompes et des concasseurs. Mardi 14 juillet 2026, le soleil est déjà dans sa course ap-parente, mais n’était pas encore au zénith sur les sites d’orpaillage. A Dassa, les sites aurifères s’imposent comme de nouveaux pôles d’attraction de la jeunesse. Dans les villages de Divolet, Nébia et plusieurs autres localités, les jeunes affluent vers les puits aurifères avec un rêve commun : “trouver la pierre précieuse qui changera leur vie”.

Le responsable communal de l’agriculture Naba Kambiré : « aujourd’hui, l’agriculture est devenue presqu’une affaire de femmes ».

Sur le site aurifère de Divolet, Rachide Bado, ressortissant d’un village voisin, incarne cette nouvelle génération séduite par l’or. Employé auprès d’un patron, il raconte que ce dernier extrait régulièrement entre 10 et 20 grammes d’or. Le gramme est vendu entre 50 000 et 80 000 F CFA. Son ambition est claire : « Je veux construire des maisons, acheter des motos et des taxis », affirme le jeune orpailleur. Comme lui, des centaines de jeunes suivent désormais les filons aurifères dans d’autres régions minières du Burkina, mais aussi jusqu’au Mali et en Guinée. « Nous suivons les traces de l’or. Là où il y a de l’or, nous irons », soutient l’orpailleur Idrissa Ouédraogo, arrivé récemment à Nébia après avoir entendu parler d’un nouveau filon promet-teur. Même s’il n’a encore gagné que quelques dizaines de milliers de francs CFA, il reste convaincu que « le trou promet».

Les champs perdent leurs bras valides

Mais pendant que les sites se remplissent, les champs, eux, se vident. Le constat est partagé par plusieurs acteurs locaux. Le responsable communal de l’agriculture, Naba Kambiré, observe une baisse continue de la présence des jeunes dans les activités agricoles.
« Aujourd’hui, l’agriculture est devenue presque une affaire de femmes. Les jeunes hommes préfèrent les gains immédiats de l’orpaillage », explique l’agent d’agriculture. Pour lui, les bras valides indispensables aux travaux agricoles sont désormais absorbés par les sites aurifères. Même les projets d’aménagement agricole souffrent de cette pénurie de main-d’œuvre. « Nous voulions aménager certains bas-fonds, mais, il était difficile de mobiliser suffisamment de jeunes pour les travaux », laisse-t-il entendre avec mécontente-ment. Pourtant, l’orpaillage et l’agriculture ne sont pas nécessairement incom-patibles, selon Yacouba Bakouan, président de l’association des orpailleurs de Dassa.

« Nous avons commencé la recherche de l’or depuis 2004. Nous n’exploitons pas seulement l’or. Pendant l’hivernage, nous pratiquons également l’agriculture », révèle-t-il. Selon lui, opposer agri-culture et orpaillage serait une erreur. Il estime que les deux activités peuvent

Le chef du CEB de Dassa, Piboué Bationo : « la moyenne des effectifs dans les petites classes, est entre 85 élèves à 90 élèves mais, surtout au CM2 la moyenne est d’environ 50 élèves ».

coexister, même si les revenus qu’elles procurent sont incomparables. Le président de l’association rappelle également que les orpailleurs participent au développement local. Les exploitants cotisent notam-ment pour offrir une ambulance flambant neuve à la commune, à la demande du chef du village. Son coût dépasse 45 millions de F CFA. A ce jour, plus de 30 millions auraient déjà été mobilisés.

La contre-saison agricole “fragilisée”

Pourtant, Dassa était autrefois une fierté pour la province du Sanguié dans les cultures maraîchères. Traditionnellement, la contre-saison permettait aux exploitants de valoriser les bas-fonds et les points d’eau à travers la culture de légumes, de maïs, d’oignons, de choux, d’aubergines ou encore de tomates. Ces activités constituaient une importante source de revenus pour les ménages pendant la saison sèche, tout en renforçant la sécurité alimentaire.

Aujourd’hui, l’expansion des sites d’orpaillage fait craindre un recul de cette activité agricole. Pour le directeur régional de l’agriculture, de l’eau, des ressources animales et halieutiques de la région de Nando, Antoine Zorma, il est possible de restaurer certains sols, mais uniquement si les anciens sites bénéficient d’un accompagnement technique. « Le sol renferme les éléments organiques et les minéraux indispensables à la croissance des plantes. Lorsqu’il est profondément retourné ou dégradé, sa fertilité peut être fortement affectée », explique-t-il. La restauration de ces terres nécessite, selon lui, un accompagnement technique afin de mettre en œuvre des pratiques agricoles adaptées et de favoriser leur ré-habilitation.

Dans le cas contraire, il serait difficile de réaliser une bonne production agricole sur les sites d’orpaillage abandonnés. Sur la question environ-nementale, à Nébia, le président du CVD, Balima Bazié, fait un constat beaucoup plus amer. « Ici, il y avait beaucoup d’arbres. Aujourd’hui, la nature a été détruite », affirme le président du CVD Bazié. Il soutient que plusieurs familles ont même été contraintes de déplacer leurs concessions à cause de l’extension des sites. Pour le préfet et Président de la délégation spéciale (PDS) de Dassa, Ali Zerbo, les risques environnementaux sont incontestables. « Les eaux utilisées pour le lavage du minerai rejoignent les nappes phréatiques et peuvent affecter les jardins situés en aval », déplore le PDS de Dassa. Il signale également que la coupe intensive du bois frais alimente les activités minières.

L’inquiétude des acteurs de l’éducation

Le président du CVD de Nébia, Balima Bazié, indique que plusieurs familles ont même été contraintes de déplacer leurs concessions à cause de l’extension des sites d’orpaillage.

Les conséquences de la ruée vers l’or ne se limitent pas aux champs. Elles touchent également le milieu scolaire. L’inspecteur de l’enseigne-ment du premier degré, chef de la Circonscription d’éducation de base (CEB) de Dassa, Piboué Bationo, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences scolaires. « Les effectifs dans les petites classes, la moyenne est au minimum 85 à 90 élèves mais, quand on se retrouve dans les grandes classes, surtout au CM2, la moyenne est d’environ cinquante. Où sont passés les autres ? », s’interroge l’inspecteur Bationo. Il précise que le phénomène, à visage masculin, affecte davantage les classes de CM. A l’examen du CEP de l’année scolaire 2025-2026, sur les 466 candidats présents, il n’y avait que 164 garçons contre 302 filles, constate le chef de la CEB de Dassa. Plusieurs enfants quittent progressivement l’école, convaincus que les études offrent moins de perspectives financières que les puits aurifères.

L’inflation s’installe

L’orpaillage ne produit pas uniquement des effets négatifs. Dans plusieurs familles, les revenus tirés de l’exploitation aurifère contribuent à améliorer les conditions de vie. Moumouni Bado, père de plusieurs jeunes orpailleurs, reconnaît que ses fils l’aidaient auparavant aux champs. Aujourd’hui, certains travail-lent sur les sites de Dassa tandis que d’autres sont partis dans les pays voisins. « Ils m’envoient de l’argent pour financer les travaux agricoles et payer la scolarité des plus jeunes », confie-t-il. Faute d’alterna-tives, il dit préférer bénir ses enfants plutôt que de s’opposer à leur choix. Cette solidarité familiale explique en partie pourquoi de nombreux parents acceptent désormais le départ de leurs enfants vers les sites miniers. A Divolet, le président du Conseil villageois de dévelop-pement (CVD), Kouarbié Bado, reconnaît également que l’or a profondément modernisé le village.

« Avant, ici, c’était la brousse mais aujourd’hui, la zone est bien animée et on trouve tout ce qu’on veut sur place. Beaucoup de villas ont été construites et de nombreuses familles dorment dans des maisons solides », affirme le président du CVD. Selon lui, les revenus de l’or ont favorisé l’émergence de commerces et d’activités économiques jusque-là inexistantes. La prospérité générée par l’orpaillage a également son revers. Kouarbié Bado reconnaît que les sites attirent de nombreux étrangers. « Cela peut créer des problèmes d’insécurité

Le PDS de Dassa, Ali Zerbo : « les eaux utilisées pour le lavage du minerai rejoignent les nappes phréatiques et peuvent affecter les jardins situés en aval ».

», reconnaît-il. Un autre phénomène est l’inflation alimentée par l’or. Le représentant du chef de Dassa, Boureima Bacye, partage ce constat. Il indique que l’arrivée massive de liquidités issues de l’orpail-lage a provoqué une hausse généralisée des prix des produits, notamment le pain, l’eau, la viande et les vivres. « Avant, une baguette de pain coûtait 150 francs CFA. Aujourd’hui, il est vendu à 200 F CFA », regrette Boureima Bacye. Le représentant du chef du village soutient également qu’un coq se vend désormais entre 10 000 et 12 500 F CFA.

Préparer l’après or

Même les produits alimen-taires les plus courants deviennent difficilement accessibles aux familles qui ne bénéficient pas directe-ment des revenus de l’or. Cette inflation accentue les inégalités entre les ménages impliqués dans l’orpaillage et ceux qui vivent uniquement de l’agriculture.
Malgré l’euphorie actuelle, plusieurs responsables mettent en garde contre une dépendance excessive à cette ressource. Le responsable de l’agriculture, Naba Kambiré, rappelle que l’or est une richesse non renouvelable. « Les jeunes doivent investir leurs revenus dans l’agriculture et l’élevage, car l’or finira un jour », conseille-t-il.

Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, l’a reconnu dans son discours prononcé à Ouahigouya : il faut organiser le secteur afin d’amorcer une gestion efficiente et profitable à tous. Pour le Président de la délégation spéciale (PDS) de Dassa, Ali Zerbo, le véritable défi pour Dassa ne réside donc pas dans le choix entre l’or et l’agriculture. Il consiste plutôt à transformer les revenus de l’orpaillage en investissements capables de préparer l’après or. Sans cette transition, les pépites qui font aujourd’hui la ‘’fortune’’ de certains pourraient demain laisser place à des terres dégradées, des champs abandonnés et une jeunesse privée de perspectives durables.

Hubert BADO


 

L’urgence d’un retour des jeunes sur les bancs de l’école

Dans la commune de Dassa, plus largement dans la province du Sanguié, l’essor de l’orpaillage artisanal favorise un phénomène préoccupant : l’abandon scolaire. Attirés par la perspective de gains rapides, de nombreux élèves délaissent les salles de classe pour rejoindre les sites d’exploitation aurifère, persuadés que l’or offre davantage d’opportunités que les longues années d’études. « L’école est lente et incertaine », selon certains miniers. Cette perception est alimentée par le manque de débouchés professionnels de certains. Sur certains sites d’orpaillage, des titulaires de diplômes universitaires exercent comme « peintres » ou prestataires de services auprès des orpailleurs. Une réalité qui renforce le scepticisme de nombreux jeunes quant à l’utilité des diplômes. Les témoignages recueillis illustrent ce changement de mentalité. Un orpailleur raconte avoir déconseillé à son petit frère, admis au concours de l’Ecole nationale des enseignants du primaire (ENEP), de poursuivre sa formation. Pour les responsables de l’éducation, cette vision à court terme est lourde de conséquences. L’abandon des études prive les jeunes de compétences durables et les expose à une activité précaire, risquée et dépendante d’une ressource épuisable. Face à cette situation, plusieurs acteurs appellent à renforcer les mesures de maintien des élèves à l’école, à créer davantage de débouchés pour les diplômés et à mieux encadrer l’orpaillage afin que la quête de l’or ne compromette pas l’avenir de toute une génération dans le Sanguié.

H.B.

 

Harmonisation des curricula de formation: les ministres de l’enseignement supérieur de l’AES signent un accord

Les ministres chargés de l’Enseignement supérieur et de la recherche des pays membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES) ont signé un accord de coopération, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou. Cet accord vise à harmoniser les curricula de formation.

Les Trois Etats de la Confédération des Etats du Sahel (AES) que sont le Burkina, le Mali et le Niger entendent harmoniser leurs curricula de formation dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cette volonté s’est concrétisée par la signature d’un accord de coopération, mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou.

En effet, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano et ses homologues du Mali, Bourèma Kansaye et du Niger, Mamadou Saïdou, ont signé un accord visant à harmoniser et endogénéiser les curricula de formation au sein des Institutions d’enseignement supérieur et de recherche (IESR). La cérémonie s’est tenue en marge de la 2e conférence des responsables des IESR.
Pour Adjima Thiombiano, la nécessité d’harmoniser les curricula de formation est justifiée par le fait que l’enseignement supérieur doit mieux répondre aux réalités et besoins des populations. Il a souligné l’importance d’intégrer des savoirs endogènes africains dans la formation universitaire.

« Aujourd’hui, nous voulons que ces IESR s’imprègnent parfaitement des besoins des populations afin que chaque citoyen de l’AES puisse s’identifier à eux, à travers les thématiques qui sont abordées dans ces différentes structures », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur a expliqué que la recherche scientifique devrait davantage être mise au service du développement.

« Aujourd’hui, on a d’excellents chercheurs, d’excellents enseignants-chercheurs qui font des travaux formidables et qui ont des carrières internationales sans reproche. Mais la question que nous devons nous poser : qu’est-ce que le citoyen de l’AES tire de cette performance des chercheurs et des enseignants-chercheurs ?

En quoi l’étudiant peut-il être directement utile à notre société ? », s’est-t-il interrogé. Adjima Thiombiano a également estimé que l’accord de coopération permettra aux trois Etats de parler le même langage et d’éradiquer les défis qui se présentent à eux. Toutefois, le chef du département en charge de l’enseignement supérieur a souligné que l’harmonisation et l’endogénéisation des formations ne signifient pas uniformisation totale des systèmes éducatifs. Chaque pays devra préserver ses spécificités et sa diversité culturelle.

Galedie Kétoura SIMPORE

Cour d’appel de Fada N’Gourma : 53 personnes à la barre, des audiences foraines délocalisées à Tenkodogo

Du 12 au 16 octobre 2026, la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Fada-N’Gourma tient des audiences foraines au Tribunal de grande instance de Tenkodogo. 22 dossiers impliquant 53 mis en cause sont au programme.

53 personnes impliquées dans 22 dossiers sont à la barre de la chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Fada-N ’Gourma, délocalisée au Tribunal de grande instance de Tenkodogo. Ces audiences foraines ouvertes, le lundi 12 octobre 2026, se déroulent jusqu’au 16 octobre prochain. Au cours de cette session, la cour va examiner des affaires déjà jugées en première instance par le
Tribunal de grande instance de Tenkodogo, mais dont les décisions ont été contestées en appel. Pour le ministère public, la délocalisation de ces audiences répond à un double but. « L’objectif est de rapprocher la justice du justiciable ; accélérer le traitement des procédures judiciaires », a expliqué le substitut du procureur général près la Cour d’appel de Fada-N ’Gourma, Amidou Banhoro.
Les faits, qui sont réexaminés par cette juridiction de second degré suivant les règles de procédures, sont variés et portent notamment sur des infractions contre des personnes, comme les coups et blessures volontaires ou les menaces de mort. La Cour va aussi examiner des atteintes aux biens, en l’occurrence des destructions volontaires de biens mobiliers ou immobiliers. Des infractions contre des biens publiques, dont le faux et l’usage de faux, figurent également au programme.

Un procès équitable

Le substitut du procureur a expliqué qu’au-delà du nombre de dossiers, les audiences doivent garantir les droits de toutes les parties. « Chacun doit pouvoir présenter ses arguments, répondre aux faits qui lui sont reprochés ou contester la décision rendue en première instance », a-t-il déclaré. Pour lui, un procès équitable repose notamment sur la possibilité de s’exprimer et d’être assisté par un avocat. « L’équité, c’est le droit donné à chaque acteur, poursuivant comme poursuivi, de se faire assister par des professionnels du droit qu’on appelle les avocats », a-t-il souligné. Selon l’homme de droit, l’accès à un avocat ne doit pas dépendre uniquement des moyens financiers. C’est pourquoi, Amidou Banhoro a rappelé l’existence de l’assistance judiciaire qui permet aux personnes qui remplissent les conditions requises de bénéficier d’un avocat, pris en charge par l’’Etat. Le substitut du procureur général a soutenu que cette garantie est essentielle pour les justiciables qui ne peuvent pas financer leur défense en ce sens qu’elle contribue à rendre effectifs les droits de la défense et les garanties d’un procès équitable. Amidou Banhoro a également ajouté que le caractère public des audiences permet aux populations de mieux comprendre le fonctionnement de la justice, dans les limites prévues par la loi. Pour lui, l’examen en appel ne signifie toutefois pas que les personnes mises en cause sont reconnues coupables. « La Cour doit se prononcer après les débats, sur la base des éléments du dossier et conformément à la loi. Les décisions rendues pourront, si les textes le permettent, faire l’objet d’autres recours jusqu’au vendredi 16 octobre 2026 », a-t-il précisé.

Anselme KAMBIRE

Commande publique: l’ARCOP remet son rapport annuel 2025 au Premier ministre

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Le camarade Premier ministre, chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a reçu en audience, ce mardi 13 octobre 2026, à Ouagadougou, une délégation de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), conduite par le président de son Conseil de régulation, le camarade Abdallah Youssef Chahine Traoré. A cette occasion, la délégation lui a officiellement remis le rapport annuel d’activités 2025 de l’institution.

Le document présente les résultats obtenus, les difficultés rencontrées et les recommandations formulées pour améliorer la gouvernance de la commande publique au Burkina Faso. Il rend notamment compte de la mise en œuvre de la réforme adoptée en 2024, du renforcement des capacités des acteurs et du règlement des différends. Le Premier ministre a salué le travail accompli par le Conseil de régulation et l’a encouragé à poursuivre sa mission en plaçant l’intérêt suprême des citoyens au cœur de son action. Il a appelé à renforcer la formation pour surmonter les difficultés qui entravent le processus de la commande publique. Le chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité d’intensifier la communication afin de rassurer les acteurs, de lever leurs appréhensions et de favoriser une plus grande célérité des procédures. Sur le plan statistique, le rapport fait état de 5 316 contrats conclus en 2025, pour un montant global de 574,75 milliards francs CFA, par les 35 structures centrales couvertes.

Sur ce périmètre, le nombre de contrats a progressé de 18 % par rapport à 2024, tandis que leur valeur globale a diminué de 7 %. Ces données concernent uniquement les structures recensées et ne constituent donc pas un total national. Concernant la mise en œuvre de la réforme de la commande publique, le Conseil de régulation a tenu six sessions, dont quatre extraordinaires. L’ARCOP a procédé à la relecture de neuf arrêtés, élaboré trois nouveaux arrêtés et émis un avis favorable sur cinq projets de textes. La révision des dossiers standards nationaux d’acquisition a également permis d’adapter les outils de gestion au nouveau cadre réglementaire. Pour accompagner l’application de ce cadre, l’ARCOP a renforcé les capacités des acteurs, notamment par la constitution d’un vivier d’une cinquantaine d’auditeurs de la commande publique. Les formations organisées par l’institution ont concerné 1 520 participants, dont 488 dans le cadre de
formations certifiantes. Elle a également engagé l’élaboration d’une stratégie de lutte contre la fraude et la corruption dans les marchés publics.

En matière de règlement des différends, l’ARCOP a traité 1 149 recours en 2025, contre 988 en 2024, soit une hausse de 16,3 %. Ce total comprend 746 plaintes, 177 conciliations et 226 dossiers disciplinaires. Selon le président du Conseil de régulation, cette évolution ne traduit pas nécessairement une aggravation des difficultés, mais pourrait témoigner d’une participation accrue
des acteurs au fonctionnement du système. Au-delà du traitement des recours, le suivi de l’application des décisions demeure un enjeu. Sur 197 décisions suivies, 119 ont été exécutées, soit un taux de 60,41 %. Ce constat souligne la nécessité de renforcer le suivi afin de mieux apprécier l’application effective des décisions de régulation.

Au regard de ce bilan, l’ARCOP recommande de poursuivre la formation et la sensibilisation des différents intervenants pour assurer une meilleure application des textes. Elle préconise également le renforcement de ses ressources humaines afin d’accroître ses capacités opérationnelles. A travers ce rapport, l’ARCOP rend compte de l’exercice de sa mission de régulation de la commande publique. Après sa remise au Premier ministre, le document sera diffusé auprès du grand public. Cette démarche d’information contribue à la transparence de l’action du régulateur et donne tout son sens à son devoir de redevabilité.

DCRP/Primature

Renversement d’alliances

Le récent bombardement de l’aéroport international de Riyadh par les forces Houthis yéménites avec une dizaine de morts à la clé traduit une vérité implacable que le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, n’a de cesse d’affirmer, à savoir que « les faibles vont disparaitre ». Si nous n’en sommes pas encore à cette extrémité, s’agissant de l’Arabie saoudite, il faut dire que la trajectoire géopolitique et militaire du royaume des Seoud le prédisposait à la situation délicate dans laquelle il se trouve aujourd’hui et qui illustre le renversement des alliances qui est en train de s’opérer au Proche et Moyen-Orient après le conflit tripartite Iran-Israel-Etats-Unis qui a plus ou moins confirmé l’émergence de l’Iran comme force politique et militaire dominante dans cette région tourmentée.

On a vu qu’en dépit du déluge de feu qui s’est abattu sur lui et la quasi décapitation de sa direction politique et militaire, l’Iran, loin de s’effondrer a opposé une résistance farouche à ses deux ennemis au point d’apparaître comme le vainqueur moral de la guerre avec le contrôle du détroit d’Ormuz qui lui permet de contrôler et réguler près du tiers des flux pétroliers mondiaux. Une position de force qui en fait un interlocuteur de poids dans la fixation des prix du baril selon qu’il ferme où ouvre le « robinet » par le biais de ce détroit stratégique.
Outre cet atout majeur dans sa manche, Téhéran dispose d’un autre « as de pique par le biais de ses alliés yéménites qui ont la mainmise sur le détroit de Bab El Mandeb, autre passage clé du commerce international.

Cet axe de la résistance qui n’a jamais fait mystère de sa volonté d’en finir avec la dynastie des Seoud soupçonnée d’apostasie depuis qu’elle a autorisé l’ouverture de débits de boissons en terre sainte de l’Islam veut donc terminer le travail, avec cette fois-ci la « bénédiction » des USA pour deux raisons principales. La première c’est que Trump n’a pas trop apprécié la tiédeur de l’engagement de Riyadh dans le récent conflit moyen-oriental, le pays étant resté sur la défensive, malgré les injonctions de Washington. La deuxième raison et la plus importante réside dans le fait que l’effondrement de l’Arabie saoudite permettrait aux Occidentaux de reprendre directement la main sur ses immenses ressources pétrolières et se tailler ainsi un matelas de sécurité sur cette ressource stratégique. Devenu le « ventre mou » régional, l’Arabie saoudite retrouvera donc sa vocation première, à savoir une « éponge de pétrole ».

Un nouveau grand jeu à l’envers, dans la mesure où à la fin du 19e siècle, il s’agissait d’en faire un Etat fort face à la menace turco-perse. Les Etats, c’est connu, n’ont que des intérêts et le Prince héritier Omar Ben Salman le découvre à ses dépens. Sa survie réside dans la « vassalisation » du royaume et dans le ravalement de sa vocation de puissance régionale. Le rapprochement observé entre Moscou et Washington ces derniers jours, ne présage rien de
bon pour lui, pas plus que pour le Président ukrainien Zelensky dont la tête est
elle aussi sur le billeau pour permettre au gaz russe de couler vers un Occident en voie de réfrigération avancée. Qui a dit que les faibles vont disparaitre ?

Boubakar SY

Opération de sécurisation : le CEMGA Diallo galvanise les troupes de la région de Yaadga

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Dans le cadre de son séjour dans la région de Yaadga, le chef d’état-major général des armées, le général de division Moussa Diallo, s’est rendu, mardi 13 octobre 2026 au 12e régiment d’infanterie commando de Ouahigouya.

Dans la dynamique de la reconquête totale du territoire national en cours au Burkina Faso, le commandement militaire poursuit ses actions de proxi- mité auprès des forces combattantes. C’est dans cette perspective que le chef d’état-major général des armées, le général de division Moussa Diallo, s’est rendu le 13 octobre 2026 au 12e Régiment d’infanterie commando (RIC), stationné dans la région de Yaadga. Face aux hommes et aux femmes engagés sur le terrain, il a salué les efforts consentis. Il les a appelés à maintenir la mobilisation jusqu’à la victoire totale sur l’ennemi. « Cette visite témoigne de l’importance accordée à l’engagement des unités opérationnelles dans la lutte contre les groupes armés terroristes.

Elle est également une occasion pour le haut commandement militaire de réaffirmer son soutien aux combattants qui participent aux opérations de sécurisation et de reconquête totale du territoire national », a déclaré le général Moussa Diallo.
Il a rappelé aux forces combattantes que la forte cohésion entre les différentes composantes de l’armée est une nécessité. Par conséquent, il a invité les FDS et les VDP à poursuivre leurs efforts jusqu’à la victoire
totale sur l’ennemi. « Nous avons demandé aux forces combattantes de travailler main dans la main avec les populations afin de parvenir à chasser les terroristes hors de notre territoire », a ajouté le CEMGA.
Pour le chef de corps du 12e RIC, le capitaine Noufé Bèbè, cette visite représente une occasion de réaffirmer la disponibilité et la détermination des hommes placés sous son commandement.

Des combattants réaffirment leur détermination

« La présence du chef d’état-major général des armées à nos côtés est un message d’encouragement pour les hommes engagés dans la reconquête totale du territoire. Les encouragements du CEMGA, nous motivent à rester déterminés pour accomplir notre mission et à mettre en œuvre les orientations du commandement pour contribuer à la reconquête totale du territoire national », a-t-il affirmé.
Pour le commandant du groupement de la gendarmerie de Ouahigouya, Albert Sandwidi, cette visite constitue un signe de considération pour les efforts fournis par les Hommes en uniforme. « Nous sommes très contents de recevoir le CEMGA à Ouahigouya. Il est venu nous transmettre les félicitations du chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré. Il nous a demandé de rester toujours mobilisés, de garder toujours la même dynamique et surtout la discipline et la cohésion entre FDS et VDP afin que la paix revienne au Burkina Faso. Le fait de recevoir les encouragements de notre hiérarchie nous réconforte. Cela nous rappelle l’importance de notre mission et nous encourage à rester
mobilisés pour défendre notre pays. Nous leur réaffirmons notre engagement jusqu’à la victoire totale », a-t-il confié.

Bassirou BADINI

FESPACO 2027 : c’est parti pour la souscription aux prix spéciaux

L’appel à souscription aux prix spéciaux de la 30ᵉ édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO), prévue du 20 au 27 mars 2027, à Ouagadougou est lancé. L’information parvenue à Kantigui est de la direction générale de l’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA). Il a été dit à Kantigui que les prix spéciaux constituent un cadre de partenariat entre le FESPACO et les donateurs désireux d’accompagner, de promouvoir et de valoriser le cinéma africain et de la diaspora. Les prix spéciaux, selon les informations de Kantigui, sont institués pour récompenser des films africains de la Compétition officielle et de la Section panorama. Ils permettent à tout donateur d’exprimer sa vision et ses valeurs à travers un prix spécifique, attribué selon des critères librement définis, dans le respect du règlement régissant les prix spéciaux.

Kantigui
kantigui2000@gmail.com

Flash

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Un complexe scolaire primaire public, réalisé dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ), a été inauguré en début de semaine à Ouagadougou. Cet établissement qui comprend un bâtiment pédagogique en R+3 avec 16 salles de classe ainsi que des blocs sanitaires adaptés aux personnes à mobilité réduite vise à répondre aux besoins éducatifs d’une zone en pleine croissance. La construction de cet édifice, saluée de tous, concrétise la volonté du gouvernement de doter le Burkina Faso d’infrastructures modernes et adaptées aux besoins des populations. Dans un contexte marqué par une forte croissance démographique, l’érection de ce type d’infrastructures va permettre d’accroitre l’accès à une formation de qualité pour les futurs cadres de demain.

Soumaïla BONKOUNGOU

Enseignement supérieur: 4 095 diplômés de l’IST et UBS seront célébrés le 18 octobre prochain

Le Groupe Umanis, à travers l‘Institut Supérieur de Technologies (IST) et Umanis Business School (UBS), a annoncé la sortie de sa promotion 2025-2026, prévue le 18 octobre prochain.

 4 095 étudiants issus des différents campus de l’Institut Supérieur de Technologies (IST) et de l’Umanis Business School (UBS), ont soutenu avec succès leursDiplômes de Technicien Supérieur (DTS), Licence et Master au titre de l’année académique 2025-2026. Cette information a été donnée par le fondateur et PDG du Groupe Umanis, Pr. Issa Compaoré, au cours d’une conférence de presse le mardi 13 octobre 2026 à Ouagadougou.

Le fondateur et PDG du Groupe Umanis, Pr. Issa Compaoré : « c’est une promotion exceptionnelle avec 4 095 diplômés ».

Cette promotion 2025-2026 sera célébrée, lors d’une cérémonie officielle prévue le dimanche 18 octobre 2026 à 15 heures au Palais des Sports de Ouaga 2000. Elle sera placée sous le parrainage de LassinaDiawara, figure du monde des affaires. Selon le fondateur du groupe, ce chiffre de 4095 diplômés est exceptionnel. « D’habitude, nous produisons autour de 1 000 à 1 300 diplômés. Cette année, nous en avons 4 095 », s’est-il réjoui. Il a précisé que les cursus sont de deux ans pour le DTS, trois ans pour la Licence et cinq ans pour le Master. « Il n’y a pas de retard académique chez nous. Les étudiants suivent les cours, composent et finissent à date », a-t-il assuré.

Le Groupe Umanis entend poursuivre son développement à travers un plan stratégique 2026-2030, avec des investissements dans les infrastructures, les équipements, les ressources humaines, le numérique et l’intelligence artificielle. « Nous développons des coopérations avec des établissements étrangers pour élargir les perspectives offertes à nos étudiants et à nos enseignants », a indiqué le fondateur.

Interrogés sur l’insertion des diplômés, les responsables ont rappelé que chaque étudiant bénéficie d’un stage obligatoire pour sa soutenance. « Aucun étudiant qui sollicite un stage ne peut ne pas en avoir. Nous avons des accords de partenariat avec de nombreuses entreprises », a assuré la direction. Le groupe a également mis en place des dispositifs d’accompagnement à l’entrepreneuriat, notamment pour les filières agroalimentaires. « Plusieurs de nos étudiants sont promoteurs de marques dans ce domaine », a-t-on précisé.

Développer la coopération académique au sein de l’AES

Le Groupe Umanis compte onze campus, dont six à Ouagadougou, un à Tenkodogo, deux à Bobo-Dioulasso et deux en ligne. L’IST propose des formations en génie minier, biomédical, électrique, énergétique, civil, industriel, en réseaux et systèmes informatiques, ainsi qu’en

Les journalistes se sont intéressés à l’insertion professionnelle des 4 095 diplômés.

agroalimentaire et nutrition humaine appliquée. L’UBS forme dans les domaines de l’assistanat de direction bilingue, la communication d’entreprise, la logistique, la banque et microfinance, la finance-comptabilité, le marketing, la gestion des ressources humaines et la gestion des projets.

« Notre ambition est de former non seulement des diplômés, mais des femmes et des hommes capables de prendre des initiatives, de porter des projets et de créer des entreprises », a déclaré Pr. Issa Compaoré. Les diplômes de l’IST et de l’UBS sont reconnus par le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES), a-t-il ajouté.

La conférence de presse s’est tenue au moment même où s’ouvraient à Ouagadougou les travaux de la deuxième Conférence des responsables des Institutions d’enseignement supérieur et de recherche de la Confédération des États du Sahel (AES). Le fondateur du groupe a confié que la souveraineté des pays del’AES se construit aussi dans les amphithéâtres, les laboratoires et les centres de recherche, par la formation de compétences capables de concevoir et de porter nos propres solutions. Il a formulé le vœu que cette rencontre permette de faire progresser les coopérations académiques et scientifiques entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Leila Sylvia SAWADOGO

Deborah Bénédicte YAMEOGO

(Stagiaire)

 

Institut national de santé publique : l’établissement se dévoile au public du 14 au 16 octobre 2026

L’institut national de santé publique a tenu une conférence de presse, le lundi 12 octobre 2026, à Ouagadougou pour annoncer la tenue de ses premières journées portes ouvertes et la 1re session du conseil scientifique prévues du 14 au 16 octobre prochain.

Les premières Journées portes ouvertes (JPO) couplées à la première session du conseil scientifique et technique de l’Institut national de santé publique (INSP), va se tenir du 14 au 16 octobre 2026. C’est ce qui est ressorti de la conférence de presse organisée par la direction de l’INSP, lundi 12 octobre 2026 à Ouagadougou. Selon le directeur général de l’INSP, Seydou Barro, cette double initiative vise à mieux faire connaitre les missions de l’établissement, présenter les résultats de ses laboratoires et renforcer la contribution de la science aux décisions publiques en matière de santé publique. « Ces journées seront une vitrine pour nos missions, compétences et résultats.

Elles vont permettre également de présenter ce que nous faisons d’habitude et nos laboratoires au grand public », a affirmé Seydou Barro. Il a ajouté que les JPO vont constituer un cadre de dialogue entre professionnels de santé, décideurs, chercheurs, étudiants et partenaires.
Au-delà de la présentation de ses activités, l’INSP va offrir des prestations sanitaires gratuites notamment le dépistage des hépatites B et C, du diabète, des diagnostics du paludisme et de la dengue au Centre national de recherche et de formation sur le paludisme (CNRFP), selon Seydou Barro. Il a également confié qu’il est prévu l’inauguration du laboratoire de biologie clinique du CNRFP et la présentation du plan stratégique 2026-2030. En sus, le DG de l’INSP a fait savoir que le comité veut profiter de ces journées pour présenter officiellement le certificat d’accréditation aux normes ISO 15189 version 2022, du laboratoire de biologie clinique du centre mirage.

La 1re session du conseil scientifique et technique vise à examiner les questions scientifiques et techniques, relevant des missions de l’INSP, évaluer la pertinence et la qualité des activités menées et formuler des recommandations. « Cette session va donner également l’occasion de mettre en perspective les acquis présentés lors des journées, dégager les engagements à retenir et mieux orienter les priorités futures de la recherche d’expertise et de renforcement des capacités. Elle traduit notre volonté d’inscrire l’action de l’INSP dans une démarche d’amélioration continue », a poursuivi Seydou Barro.

Au cours de ses JPO, l’institut a prévu de faire une contribution pour la construction du Mémorial Thomas-Sankara, un don à l’Agence Faso Mêbo et d’organiser une opération de don de sang, a indiqué le directeur général Seydou Barro.

Galedie Kétoura SIMPORE