Production semencière : l’UNPS-B parcourt des champs dans le Nando

Le président de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semenciers du Burkina Faso
(UNPS-B), accompagné de ses proches collaborateurs, était le mercredi 14 octobre 2026, dans trois localités de la région de Nando, pour s’assurer de l’état d’avancement de la campagne semencière.

A Niangdo, localité située à une trentaine de kilomètres de Koudougou dans la région de Nando, le champ de quatre hectares de sorgho du producteur semencier, Mathias Koala, est peu reluisant, à cause de l’arrêt brusque des pluies. Bien que « Dame nature’ » n’ait pas été au rendez-vous, ce producteur reste optimiste. Il a confié à l’équipe de l’Union nationale des sociétés coopératives des producteurs semen- ciers du Burkina Faso (UNPS-B), qu’il espère récolter cette année, huit tonnes de cette variété « Sariaso 14 », contre 10 tonnes lors de la campagne précédente. « Nous avons bénéficié des semences de base et des intrants.

Avec la physionomie des cultures, à un certain moment, nous avons eu peur, parce que cela fait 22 jours, que le ciel n’a pas ouvert ses vannes. Mais par la grâce de Dieu, les pertes seront moindres à la récolte », a-t-il justifié. Le président de l’UNPS-B, Inoussa Ouédraogo et sa délégation, ont effectué cette visite dans le cadre du suivi de la campagne semencière, en vue d’évaluer les objectifs qui étaient assignés. Après Niangdo, ils ont mis le cap sur Mougounounsi, dans la commune de Poa, où une trentaine de VDP agricoles s’attelaient à la récolte de la variété « Issa sosso » de niébé, dans un champ de plus de 10 hectares, dont cinq hectares ont été occupés pour la culture de cette spéculation.

Ces VDP agricoles, de l’avis du président de l’UNPS-B, ont été formés dans la production semencière, sur instruction du président du Faso, en vue d’un succès de l’offensive agropastorale et halieutique. C’est à Salbisgo, dans la commune rurale de Ramongo que l’équipe de l’union des producteurs semenciers du Burkina a achevé sa tournée. Là-bas, le champ de 6,5 hectares de maïs exploité également par des VDP agricoles, force l’admiration, grâce à la mise en pratique de bonnes techniques agricoles dont ils ont bénéficié au cours de leur formation.

La sécurité alimentaire commence par une semence de qualité

Le producteur, Mathias Koala, du village de Niangdo, a indiqué que malgré les caprices des pluies, il espère récolter Huit tonnes de sorgho de la variété « Sariaso 14 ».

En plus 3,5 hectares de niébé et 0,65 hectare de gombo y ont été emblavés. « Le niébé a été attaqué par des maladies et nous envisa-geons un rendement de deux tonnes et 12 tonnes au minimum pour le maïs », s’est réjoui le VDP agricole, Philippe Yaméogo. De l’avis de Inoussa Ouédraogo, la « mayonnaise » a commencé à prendre avec les jeunes VDP. En témoigne selon lui, que ces trois sites semenciers visités se portent bien. « Nous avons traversé une période assez difficile d’absence de pluies et cela a beaucoup joué sur la production. Mais il y a eu un grand rattrapage sur le terrain, qui a permis à certaines spéculations de boucler leur cycle », a-t-il précisé.

Inoussa Ouédraogo a noté que l’objectif de 60 000 tonnes de semences attendues, toutes spéculations confondues pour la campagne 2026-2027, va être difficile à atteindre. « Pour répondre à l’appel du gouvernement, il faut que les producteurs profitent de la campagne de contre saison », a-t-il déclaré. Le président de l’UNPS-B a encouragé les producteurs à l’utilisation des semences certifiées et améliorées, car, elles s’adaptent aux aléas climatiques. Il a aussi exhorté les producteurs à « aller rapidement » à la récolte, pour éviter les pertes et à prendre d’assaut les points d’eau et entamer la production de la campagne sèche.

Afsétou SAWADOGO

Institut des peuples noirs Farafina : les origines expliquées aux étudiants

Le président de l’Institut des peuples noirs Farafina, Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla, a présenté l’institution aux nouveaux étudiants de l’Université Thomas-Sankara, jeudi 15 octobre 2026.

A la faveur de la cérémonie d’accueil et de la journée d’information et de sensi-bilisation des nouveaux étudiants de l’Université Thomas-Sankara (UTS), le président de l’Institut des peuples noirs Farafina (IPN-Farafina), Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla, s’est adressé à eux, jeudi 15 octobre 2026. Il a fait savoir que l’idée de créer l’IPN-Farafina vient du Président Thomas Sankara, à la suite de sa visite à

Le président de l’IPN-Farafina, Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla : « nous voulons que le peuple Noir soit conscient de son rôle dans l’histoire ».

Harlem aux Etats-Unis d’Amérique en 1984. Apollinaire Joachimson Kyélem de Tambèla a rappelé que l’institut des peuples noirs- Farafina a été mis en place mais, suite à l’assassinat de Thomas Sankara, puis est tombé en léthargie avant de disparaître, faute de suivi. Il a poursuivi que le Président du Faso le capitaine Ibrahim Traoré a ressuscité l’IPN-Farafina.

Le président de l’IPN-Farafina a confié que l’ambition de cette structure est de raconter l’histoire Des Noirs en toute objectivité. « Cela, en examinant et en analysant les bons côtés comme les mauvais côtés, car, nous sommes des Noirs mais nous connaissons mal notre histoire », a-t-il ajouté. En plus, selon lui, l’IPN-Farafina devrait contribuer à parachever la Révolution démocratique et populaire de Thomas Sankara. Apolline Joachimson Kyélem de Tambèla a affirmé aux étudiants que l’institut va servir d’aiguillon pour rassembler le monde noir. Par ailleurs, il a fait un bref récit de l’histoire politique du Pays des Hommes intègres depuis sa création et jusqu’à sa reconstitution.

Evariste YODA

39e commémoration du 15-Octobre 1987 : « La meilleure manière de rendre hommage à Thomas Sankara et autres victimes est de poursuivre leur combat »

A l’occasion de la commémoration du 39e anniversaire de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara et ses douze compagnons, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré a rendu hommage à l’illustre disparu. Il a indiqué que les idées du capitaine Sankara restent vivantes. Pour le chef de l’Etat, la meilleure manière de rendre hommage à Thomas Sankara et autres victimes est de poursuivre leur combat.

Camarades,
Le 15 octobre 1987, à pareille heure et en ce lieu- même, c’était également un jeudi comme aujourd’hui, l’impérialisme et ses valets locaux ont prétendu nier une conviction fondamentale : qu’un peuple d’Afrique puisse être un peuple digne, et qu’un pays dit « sahélien » puisse parler au reste du monde d’égal à égal.
Ils se sont trompés lourdement !
Car une idée ne meurt pas sous les balles assassines de l’adversité ; elle meurt seulement lorsqu’on cesse de la défendre. Cet après-midi, en nous rassemblant ici, nous ne commémorons pas seulement une date. Nous affirmons, trente-neuf années après, que la voix qui fut brisée ce jour-là, n’a jamais cessé de porter. Elle a traversé les frontières, les générations, les continents. Elle résonne toujours, chaque fois qu’un peuple conscient, quelque part, refuse de plier l’échine.
Souvenons-nous de ce qu’était notre Pays en 1983 : un pays qu’on disait condamné ; un pays classé parmi les derniers à tous les niveaux de développement ; un pays dont on se moquait jusqu’au nom.
Et souvenons-nous de ce que ce peuple a accompli en quatre années seulement : des millions d’arbres plantés ; des villages dotés de dispensaires et d’écoles ; des femmes dans les plus hautes sphères de décision ; un chemin de fer construit à la force des bras et de la volonté ; une dignité reconquise.
Ce n’était pas un miracle. C’était la preuve vivante qu’aucune pauvreté ne prédestine un peuple à la mendicité ; qu’aucune géographie ne condamne une nation au silence. Thomas SANKARA l’a dit ici même : « Qui ne s’aime pas, ne peut pas aimer les autres. » Et il a montré qu’un peuple qui s’aime se met debout et marche comme un seul homme.

Camarades,
Gardons cette date gravée dans notre mémoire, avec courage et détermination ; mais aussi avec lucidité. Thomas SANKARA n’est pas tombé sous les coups de l’ennemi qu’il combattait à visage découvert. Il est tombé sous les coups de ceux qui partageaient sa table, son uniforme et son serment.
La leçon du 15 octobre est éloquente : une révolution ne meurt pas seulement de la méchanceté de ses ennemis du dehors ; elle meurt, avant tout, de la division fratricide de ses propres gardiens.
Quand la confiance se fissure entre camarades, l’ennemi n’a plus besoin d’assaut : il attend que le doute naisse dans les esprits, que la confiance cède à la méfiance, que l’harmonie fasse place à la cacophonie et que l’unité tant chère vole en éclat. Oui, quand l’ambition personnelle prend le pas sur le serment collectif, la porte s’ouvre de l’intérieur.
C’est pourquoi, je le dis haut et fort : la fidélité au combat est d’abord la fidélité entre nous. La vigilance commence par le refus de la calomnie, du soupçon entretenu, du mot malveillant qui divise. Un révolutionnaire qui sème la division parmi les siens travaille, qu’il le veuille ou non, pour l’adversaire.
Il est temps que ceux qui travaillent à nous diviser comprennent que le Burkina Faso de 2026 n’est pas celui de 1987. Vous l’avez suffisamment prouvé par votre mobilisation historique du 30 septembre dernier, lors de la célébration des quatre (04) ans de la Révolution Progressiste Populaire. Ce qu’ils ont cru détruire s’est régénéré. Ce qu’ils ont cru ensevelir, est ressorti de terre, plus fort, plus conscient, plus déterminé.

Camarades,
La meilleure manière de rendre hommage à Feu le Capitaine Thomas SANKARA et aux autres victimes des événements tragiques du 15 octobre et les jours d’après, n’est pas de les pleurer, mais plutôt de poursuivre leur combat. Ce combat, vous l’accomplissez déjà sur le théâtre des opérations au front, dans les champs, dans les bureaux, dans les usines, dans les ateliers, dans les salles de classe, dans les médias, sur les réseaux sociaux, et j’en oublie.
Je salue nos braves Forces de Défense et de Sécurité, nos vaillants Volontaires pour la Défense de la Patrie qui, chaque jour, se sacrifient au prix du sang, pour que vive la patrie. Je salue les paysans qui produisent contre vents et marées, les artistes et artisans qui façonnent notre imaginaire, les Serviteurs du peuple qui servent effectivement ; chacun à son poste, avec responsabilité et dévouement, les travailleurs du secteur privé dont la contribution est réelle et hautement stratégique, les jeunes qui innovent pour relever les défis de toute une génération, les femmes qui refusent de faire de la féminité un handicap ou une excuse et se battent dignement et sans complexe aux côtés des hommes pour porter au firmament notre idéal commun : la Liberté !
À chaque fois qu’un Africain choisit de produire plutôt que de mendier, de demeurer digne plutôt que de se désavouer, de servir plutôt que de se servir, c’est Thomas SANKARA qui se révèle. Et sa leçon économique demeure intacte sur le marbre de l’histoire : « consommer ce que nous produisons et produire ce que nous consommons », tel est l’antidote de la pauvreté, la formule du développement endogène.
Parce que, chaque tonne de céréale récoltée sur notre sol, chaque atelier ouvert, chaque entreprise créée par nos propres fils et filles, chaque denrée importée en moins, est une victoire sur la dépendance. L’émancipation ne se décrète pas dans les discours ; elle se construit dans les champs, dans les usines, dans les laboratoires.

Camarades,
Loin d’être un lieu de deuil, cette place est un temple du savoir et de la vie, pour la jeunesse burkinabè, africaine et du reste du monde.
J’aperçois régulièrement des centaines et parfois même des milliers de jeunes venir se ressourcer en ces lieux. Ils viennent du Burkina, d’Afrique et d’ailleurs. Ils viennent contempler, écouter, méditer, pour repartir avec une conviction neuve selon laquelle un homme peut vivre debout et un peuple peut se libérer par son propre travail.
Depuis l’ouverture des visites du Mémorial Thomas SANKARA au public, le 19 mai 2025 jusqu’au 30 septembre 2026, plus de 200 000 visiteurs ont été enregistrés, générant environ 130 millions de francs CFA au profit du Projet de construction des infrastructures du Mémorial Thomas SANKARA (PCIM-INTS). Quant à la participation populaire à l’édification du Mémorial Thomas SANKARA, je salue les ministères, les institutions, les organisations et les personnes physiques pour leurs apports inestimables à travers la campagne “Ma brique pour SANKARA”.
Je lance un appel à l’endroit de tous les Burkinabè et aux sympathisants du père de la révolution d’Août 1983, à prouver une fois de plus notre capacité à réaliser nos ambitions, en participant massivement à cette campagne.
Je félicite le Ministère chargé de la Culture et du Tourisme pour les initiatives visant à embellir l’avenue qui longe le Mémorial et je l’engage à poursuivre la réalisation des infrastructures prévues, afin d’améliorer la capacité d’accueil du site et d’en faire un lieu d’épanouisse-ment pour tous ses visiteurs.
Que le Mémorial devienne aussi une bibliothèque à ciel ouvert de la mémoire, un espace de débat pour la jeunesse, un lieu où l’on vient apprendre à servir.
Je saisis cette occasion pour traduire la reconnaissance du peuple burkinabè,
à la municipalité du troisième arrondissement de Rome qui a baptisé récemment un parc au nom du Héros de la Nation burkinabè.
Ce geste, posé à des milliers de kilomètres d’ici, prouve que Thomas SANKARA appartient désormais au patrimoine de l’humanité tout entière. D’autres villes du monde s’honorent de son nom ; c’est notre devoir de veiller à ce que son message y soit fidèlement gravé et enseigné.

Camarades,
Je ne saurai oublier les autres victimes des jours qui ont suivi le 15 octobre 1987, ici-même à Ouagadougou, à Koudougou et à Pô. Que leur mémoire demeure vivante et vivace dans nos cœurs à jamais !
À toutes les familles endeuillées, je réitère notre solidarité et notre gratitude éternelles. Leur douleur n’a jamais été vaine ; elle s’est muée en devoir.

Camarades,
Nos ennemis ont voulu que le 15 octobre marque la fin d’une espérance. Nous en faisons, chaque année, le point de départ d’une marche longue, difficile, mais qui nous mènera vers notre libération totale.
Cette libération, nous savons qu’elle a un nom : souveraineté.
Souveraineté sécuritaire, pour chasser de notre territoire ceux qui veulent compromettre nos efforts de cohésion sociale et de vivre-ensemble.
Souveraineté alimentaire, pour ne dépendre d’aucune main étrangère, pour nourrir nos enfants.
Souveraineté économique et monétaire, pour que nos richesses servent d’abord nos peuples.
Souveraineté culturelle, pour que nos langues, nos savoirs et nos valeurs ne soient plus jamais des objets de folklore mais des vecteurs d’identité et des instruments de puissance.
Alors, souvenons-nous-en ! Et surtout, travaillons-y ensemble et sans relâche ! Car l’hommage le plus fidèle n’est pas entaché de larmes ni de discours : il est fait de soldats qui tiennent la ligne de front sans fléchir, de champs cultivés, d’usines qui transforment nos matières premières, d’enfants qui apprennent pour être utiles demain, de citoyens qui refusent la corruption et la division pour sauvegarder notre intégrité dans toute son intégralité.

Gloire éternelle au Héros de la Nation et à nos martyrs !
Victoire pour le peuple debout !
La Patrie ou la mort, nous vaincrons !

Promotion du consommons local : restaurateurs et consommateurs bobolais louent l’initiative

La deuxième phase de la troisième édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC) a pour thème « produisons burkinabè, consommons burkinabè ». A Bobo-Dioulasso, les restaurateurs et les consommateurs saluent cette initiative qui valorise les produits locaux.

La deuxième phase de la troisième édition des journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne a eu lieu du 2 au 16 octobre 2026 sur le thème « produisons burkinabè, consommons burkinabè ». Le slogan de cette deuxième phase est : « tous pour le made in Burkina : Faisons de chaque achat un acte de souveraineté ». A Bobo-Dioulasso le ton avait été donné lors du lancement de cette édition le 5 octobre dernier. Les plats servis à cette occasion étaient faits de mets locaux. Depuis lors les habitudes culinaires ont changé tant dans les cérémonies officielles ou privées pour respecter l’esprit et la lettre de cette initiative.

Les bouillies ont remplacé les cafés ou autres cafés au lait. Les pains ou autres croissants ont fait place aux galettes. Les gaonrè, faro ou zamenin ont ravi la vedette aux riz importés parfumés ou autres couscous arabes. Les jus de bissap, zomkom ou toedo sont de plus en plus visibles que les boissons importées. Dans plusieurs restaurants de la ville, les cuisiniers font de plus en plus la part belle aux mets locaux comme le témoigne Adeline Kabré, restauratrice. « Le matin nous faisons de la bouille ou des galettes au petit mil ou à base de farine de blé. A midi nous faisons du to, du faro ou du gaonrè qui sont beaucoup prisés par les clients », a expliqué Kabré. Contrairement à ce que certains pensent, ajoute-t-elle, la préparation de ces mets n’est pas difficile.

Néanmoins, Adeline Kabré salue cette initiative de valorisation du consommé local voulu par les autorités. « Nous louons cette initiative qui permet aux Burkinabè de consommer ce que nous produisons. Elle va aussi nous permettre d’apprendre à nos enfants nos mets culinaires », s’est-elle réjouie. Pour accompagner cette dynamique elle a souhaité une assistance en termes de disponibilité des céréales locales pour encourager les restaurants à promouvoir davantage les mets locaux. Pour apporter sa part de contribution à la promotion du consommer local, Adeline Kabré organise aujourd’hui vendredi 16 octobre 2026 à Bobo-Dioulasso une exposition des mets locaux.

Ali Sawadogo, friand du gaonré et du zomkom a également salué cette vision des autorités appelant les Burkinabè à consommer ce qu’ils produisent. « C’est une bonne initiative prise par les autorités qui nous amènent à consommer ce que nous produisons. Cela permet d’aider nos parents agriculteurs à se prendre en charge à travers leurs productions et cela crée aussi de l’emploi. L’Etat doit protéger le travail de nos producteurs et dissuader les importateurs afin qu’ils n’amènent pas au Burkina Faso des produits concurrentiels », propose le camarade Sawadogo.

Le tourisme dans le consommer local

Pour le directeur régional de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Guiriko, Boukary Malgoubry, la consommation locale ne doit pas se limiter dans les assiettes ou dans les garde-robes. Elle doit aussi concerner la culture et les arts, le tourisme et la communication. Dans le domaine de la culture et des arts, le consommer local consiste selon lui, à fréquenter les manifestations culturelles, à acquérir les œuvres artistiques et artisanales et à promouvoir la musique, le cinéma et les autres créations nationales. Dans le domaine du tourisme, le consommer local, à l’entendre se traduit par la consommation des produits et services proposés par nos entreprises touristiques (hôtels, restaurants, agences de voyages et de tourisme, établissements de loisirs, etc.), ainsi que par la visite des sites et attraits touristiques.

En matière de communication, le consommer local foi du camarade Malgoubry, implique également la consommation de l’information produite par les médias burkinabè, publics comme privés, notamment la presse écrite, les radios, les télévisions et les plateformes numériques. « La région du Guiriko dispose d’importantes potentialités dans les domaines de la communication, de la culture, des arts et du tourisme. Le consommer local représente une opportunité de valorisation des productions et des prestations des acteurs de ces secteurs. Cette démarche ne saurait se limiter aux produits alimentaires et aux biens matériels. En définitive, promouvoir le consommer local dans le Guiriko, c’est soutenir nos acteurs culturels, artistiques, touristiques et médiatiques », a laissé entendre le directeur régional de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme du Guiriko.

Adaman DRABO

Jobs de vacances à Bobo-Dioulasso : le Koko Dunda, un créneau pour les élèves et les étudiants

Durant les vacances, des élèves et des étudiants de Bobo-Dioulasso s’investissent dans la fabrication et la commercialisation d’articles confectionnés à partir du pagne Koko Dunda. Entre petits revenus, apprentissage du commerce et acquisition d’une expérience professionnelle, cette activité leur permet d’occuper utilement leur temps et de renforcer leur autonomie financière.

Les claviers d’ordinateur ont momentanément cédé la place aux pagnes Koko Dunda. Etudiant en première année de master 1 en conception des systèmes d’information, Guy Vincent Toé profite des vacances pour confectionner et commercialiser des chemises et des tee-shirts à partir de ces étoffes locales. Dans la matinée du mardi 1er septembre 2026, il s’apprête à livrer des commandes à ses clients. Une activité qui lui permet de joindre l’utile à l’agréable, en mettant à profit son temps libre pour gagner de l’argent. Pour Guy Vincent Toé, cette activité représente une source de revenus qui contribue à couvrir ses besoins et, parfois, à soutenir ses proches. « Par mois, je gagne entre 75 000 et 80 000 F CFA. J’épargne et je viens en aide parfois à mes proches », fait-il savoir. Les clients, poursuit-il, viennent vers lui, mais le plus souvent c’est lui qui va vers eux pour présenter ses produits.

« S’ils sont intéressés, ils passent commande. Je fais de la vente en ligne également », explique-t-il. Comme lui, de nombreux élèves et étudiants s’intéressent à la fabrication et à la vente d’articles en Koko Dunda pendant les vacances dans la capitale économique du Burkina Faso. Au grand marché de Bobo-Dioulasso, Julie Konaté, étudiante en deuxième année de licence en anthropologie, a choisi une autre voie : la vente des pagnes Koko Dunda. Pendant les vacances, elle travaille auprès d’une commerçante spécialisée dans ce domaine. Une expérience qui lui permet de gagner un peu d’argent tout en découvrant les réalités du commerce.

« Je travaille pour une patronne qui est spécialisée dans la confection des pagnes Koko Dunda. Cette activité me permet de renforcer mon autonomie financière », affirme-t-elle. La diversité des motifs constitue, selon elle, un atout pour séduire une clientèle aux goûts variés. Julie Konaté vend aussi bien en gros qu’au détail. Le prix d’un pagne de trois mètres varie entre 3 500 et 5 000 F CFA, en fonction de la qualité du motif, précise-t-elle. Ses gains dépendent du nombre de pagnes écoulés. « Je peux gagner environ 2 000 à 2 500 F CFA par jour, selon le nombre de pagnes vendus », indique-t-elle. Au-delà de ces revenus, cette activité lui offre l’occasion de développer des aptitudes utiles dans le monde professionnel.

De petites mains dans les ateliers de production

Julie Konaté : « je peux gagner 2 000 à 2 500 F CFA par jour, en fonction des ventes réalisées ».

Accueil des clients, communication, négociation et gestion des ventes sont autant de compétences qu’elle dit acquérir au fil de son expérience. « Cette activité est importante dans ma vie quotidienne. Elle me permet de concilier mes études et une expérience professionnelle dans le commerce », souligne-t-elle avec le sourire. L’engouement autour du Koko Dunda ne se limite pas à la commercialisation. Dans certains ateliers de production, des élèves et des étudiants sont également mobilisés pendant les vacances pour participer à différentes tâches. Au quartier Kôkô de Bobo-Dioulasso, Yasmine Sawadogo et ses camarades prennent part aux travaux sur un site de fabrication. Leur contribution porte notamment sur le lavage et le séchage des pagnes après la teinture. « Je participe aux activités de lavage et de séchage des pagnes après la teinture », témoigne Yasmine Sawadogo. Producteur de Koko Dunda, Bruno Sanou travaille en collaboration avec trois autres producteurs sur le même site.

Selon lui, leur unité emploie plus de dix personnes, principalement des élèves et des étudiants. Ces derniers interviennent à différentes étapes de la production : préparation des tissus, teinture, lavage, séchage et finition. La rémunération varie en fonction du travail effectué. Il n’existe pas de salaire mensuel fixe, explique le producteur. « Nos employés sont payés à la journée et, en fonction du travail effectué, une somme allant de 25 000 à 30 000 F CFA leur est remise à partager à la fin de la journée », précise Bruno Sanou. A travers la confection, la vente et les travaux de production, le Koko Dunda offre ainsi à des élèves et à des étudiants de Bobo-Dioulasso une possibilité d’occuper leurs vacances autrement. Pour certains, il s’agit de disposer d’un revenu ; pour d’autres, d’acquérir une première expérience professionnelle. Autant d’occasions de découvrir les exigences du travail et de faire leurs premiers pas dans le monde de l’entrepreneuriat.

Bénèdicte Eudocsie TOE
(Stagiaire)

Flash

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Au Burkina Faso, le port du casque est strictement obligatoire pour tous les conducteurs et passagers d’engins motorisés à deux ou trois roues depuis le 1er octobre 2026. Quid de la sécurisation des milliers de casques dans les établissements scolaires, surtout pour les tout-petits ? Où déposer son casque, suivre les cours et ressortir le prendre pour rentrer chez soi ? Si cette préoccupation donne des insomnies aux parents d’élèves, il va falloir que les premiers responsables des établissements s’y penchent pour trouver une solution palliative. En attendant une prescription générale sur cette préoccupation par les autorités éducatives, le conseil de chaque école doit trouver un cadre pour sécuriser les casques afin d’éviter tout désagrément.

Adama de Maliki
malikadams020@gmail.com

Souveraineté informationnelle: la plateforme « Lessentiel.bf » pour renforcer l’arsenal médiatique burkinabè

Le Centre d’excellence interdisciplinaire en intelligence artificielle pour le développement (CITADEL) et le DataLab ont lancé officiellement la plateforme « Lessentiel.bf », jeudi 15 octobre 2026, à Ouagadougou.

Le Centre d’excellence interdisciplinaire en intelligence artificielle pour le développement (CITADEL) et le DataLab nourrissent l’ambition de rendre l’information accessible à tous et sécuriser l’écosystème médiatique national. En effet, ils ont lancé officiellement la plateforme « Lessentiel.bf », jeudi 15 octobre 2026, à Ouagadougou. Cette application mobile, entièrement gratuite, utilise l’intelligence artificielle pour collecter, synthétiser et traduire l’actualité en langue locale. Le chargé de recherche au CITADEL, Rodrigue Kafando, a insisté sur la dimension stratégique et inclusive du projet. « Tout le monde devrait avoir accès à l’information, peu importe votre culture, peu importe la langue que vous parlez » a-t-il expliqué.

Rodrigue Kafando a précisé que pour relever ce défi technologique, un travail d’alignement et d’évaluation humaine a été mené en amont avec les étudiants et chercheurs du centre. Il a précisé que l’application intègre pour l’instant le mooré, toutefois, d’autres langues, notamment le dioula, le fulfuldé et le gulmancema sont prévues. Le chargé de recherche au CITADEL a indiqué que pour la phase pilote « Lessentiel.bf » extrait automatiquement ses données depuis quatre médias nationaux. Il s’agit de Sidwaya, l’AIB, Burkina 24 et Lefaso.net.
Le parrain de la cérémonie, le directeur général de la RTB, représenté par Adama Ouédraogo, a félicité les équipes pour cette démonstration de savoir-faire local. « Nos talents locaux sont capables de concevoir des solutions répondant aux besoins de nos populations », a-t-il poursuivi. « Lessentiel.bf » est disponible sur Android, iOS et sur le web.

Julien ZOUNGRANA
Aïssatou DIARRA
(Stagiaire)

2e phase des JEPPC : le consommons local célébré à Ouahigouya

Dans le cadre de la deuxième phase des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne, la direction régionale en charge des droits humains de Yaadga a organisé, jeudi 15 octobre 2026, à Ouahigouya, une conférence publique sur le consommons local.

La promotion des produits locaux constitue un enjeu majeur pour le renforcement de la souveraineté alimentaire et de l’autonomie économique du Burkina Faso. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la conférence publique organisée par la direction régionale en charge des droits humains de Yaadga, jeudi 15 octobre 2026, à Ouahigouya. A travers cette initiative, les organisateurs entendent emmener les populations à prendre conscience de l’importance de privilégier les produits issus du savoir-faire national.

L’activité s’inscrit dans la dynamique de la 2e phase des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC).
« Cette conférence représente une occasion de renforcer la sensibilisation des populations sur leur rôle dans la construction d’une économie plus autonome, en leur faisant comprendre que les choix de consommation peuvent contribuer au développement national », a déclaré le directeur régional chargé des droits humains de Yaadga, Seydou Sourabié. Selon lui, encourager la production locale, soutenir les transformateurs et privilégier les articles fabriqués au Burkina Faso constituent autant de moyens de valoriser le travail des producteurs et de renforcer la solidarité économique. Au cours de la conférence, Adama Pamba Séré a développé les principaux enjeux liés aux potentialités de la région à la valorisation des produits locaux.

De la production à la consommation, un même défi.

« La souveraineté alimentaire passe donc par la capacité du pays à renforcer sa production, à mieux exploiter ses ressources et à encourager les consommateurs à accorder une place importante aux produits nationaux.
La résilience économique dépend également de cette capacité à valoriser les potentialités locales et à réduire les vulnérabilités liées à la dépendance extérieure », a-t-il expliqué. Pour Adama Pamba Séré, la valorisation des produits locaux ne saurait se limiter à leur production, mais prend en compte leur transformation, conservation et valeur marchande, ainsi qu’une consommation régulière par les
populations. En marge de cette conférence, le savoir-faire de Yaadga en matière de « Made in Burkina » a été présenté aux participants, lors d’une visite guidée des stands d’exposition.

Du côté des acteurs économiques, cette initiative a été accueillie comme une opportunité de mieux faire connaître les produits issus du savoir-faire local. La responsable de l’unité de transformation agroalimentaire « MANDLIZ PRODCTION » basé au secteur 15 de Ouahigouya, Lizéta Mandé, a estimé que les activités de sensibilisation vont contribuer à rapprocher les producteurs des consommateurs. « Ce genre de cadre offre une meilleure visibilité à nos activités, favorise la découverte des productions locales et suscite de
nouveaux débouchés commerciaux », a-t-elle confié.

Bassirou BADINI

37e Tour du Faso: le comité national d’organisation installé

A deux semaines du départ, les préparatifs de la 37e édition du Tour cycliste international du Faso entrent dans une nouvelle phase. La ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Pikbougoum/Zingue Ouattara, a officiellement installé, le mercredi 14 octobre 2026 à Ouagadougou, le comité national d’organisation de cette compétition prévue du 30 octobre au 8 novembre prochains.

Le compte à rebours est lancé pour la 37e édition du Tour du Faso. Avec l’installation officielle de son comité national d’organisation, le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans les préparatifs de ce rendez-vous majeur du calendrier cycliste national et international.
La cérémonie s’est tenue à l’hôtel administratif de Ouagadougou, sous la présidence de la ministre des Sports, de la Jeunesse et
de l’Emploi, Annick Pikbougoum/Zingue Ouattara.

A cette occasion, la cheffe du département des sports a remis au président de la Fédération burkinabè de cyclisme (FBC), Ignace
Amédée Berewoudougou, les documents officialisant la mise en place du comité national d’organisation. Cette installation intervient dans un contexte particulier, marqué par le retour annoncé du Tour du Faso dans la sphère internationale. Prévue du 30 octobre au 8 novembre 2026, cette 37e édition représente ainsi un enjeu sportif, organisationnel et diplomatique pour le Burkina Faso, qui entend faire de cette compétition une vitrine de son savoir-faire et de son rayonnement à travers le sport.

Face aux membres du comité, Annick Pikbougoum/Zingue Ouattara a insisté sur les exigences liées à la mission qui leur est confiée. Pour la réussite de cette édition, elle a appelé à un engagement total, à la rigueur et à un sens élevé des responsabilités. Au-delà de la répartition des tâches, la ministre a mis l’accent sur la nécessité de travailler dans la discipline, la complémentarité et la solidarité. Pour elle, la réussite du Tour du Faso doit être une œuvre collective, dans laquelle chaque membre se sent responsable de l’aboutissement de la
mission commune.

Elle a notamment invité les uns et les autres à ne pas attendre d’être directement concernés par une difficulté avant de contribuer à sa résolution. L’esprit d’équipe, a-t-elle souligné, doit permettre à chacun de soutenir son camarade et de prendre sa part dans la recherche
de solutions.
La ministre a également insisté sur l’anticipation des difficultés susceptibles de survenir au cours des préparatifs et de la compétition. Un appel à la vigilance qui traduit l’importance d’identifier les risques en amont afin d’éviter qu’ils ne compromettent le bon déroulement de l’épreuve.

L’objectif affiché est de parvenir à une organisation à la hauteur des ambitions du cyclisme burkinabè et de faire de cette édition une source de fierté nationale.Pour répondre aux exigences d’une compétition internationale, le comité s’appuie sur plusieurs commissions chargées des principaux volets de l’organisation. La structure est placée sous la supervision générale de Soumaïla Traoré, secrétaire permanent du Tour du Faso, avec Jean Yaméogo, président du Comité national olympique et des sports burkinabè (CNOSB), parmi ses membres.

La présidence du comité est assurée par Ignace Amédée Berewoudougou, président de la Fédération burkinabè de cyclisme, assisté de W. Valérie Badolo/Tapsoba, directrice générale des sports et des loisirs, et de Mohamed Balima, représentant de l’Agence Faso Mêbo. Neuf commissions spécialisées sont prévues pour assurer la conduite opérationnelle des préparatifs. Elles couvrent notamment les finances, le transport et le matériel, l’hébergement et la restauration, les aspects techniques et administratifs, la sécurité, la prise en charge médicale, la presse et la communication, la régie-publicité et le marketing, ainsi que la gestion des équipes et le protocole.

Pengdwendé Achille OUEDRAOGO

39 ans après, Sankara vit encore !

Cela fait 39 ans que le père de la Révolution burkinabè a passé l’arme à gauche. Le 15 octobre 1987, un rêve s’est brisé, un mythe est tombé sous une pluie de plombs déversée par une amitié « sincère » sous le couvert d’une fraternité suicidaire. Le 15 octobre, l’espoir de tout un peuple s’est retrouvé dans une tombe de 47 centimètres de profondeur. Douze de ses compagnons ont fait les frais de l’inimitié intime entre sublimes frères d’armes, entre alter ego à vie pour un pouvoir à vie, sans survie.

39 ans après, l’ombre de Sankara plane toujours sur le Burkina Faso et « ravive » l’esprit de ses concitoyens. Sankara est devenu aujourd’hui le cri du cœur d’un changement qui prend forme dans le brouhaha de l’incrédulité qui tonne. Certains de ceux qui ne juraient que par son nom se sont refugiés dans un silence assourdissant qui étonne l’histoire. Ceux qui avaient fait de son nom le mot de passe ou un slogan de marketing politique, ou encore ces accrocs aux tee-shirts estampillés de l’effigie de Sankara marchant aujourd’hui presqu’à ras le sol, pendant que la lutte bat son plein. Il y en a même qui « décoraient » leurs discours politiques avec les citations les plus viriles du héros ; aujourd’hui ils peinent à psalmodier le seul bout de phrase de l’homme avec l’entrain d’antan.

Thomas Sankara n’a pas triché pour entrer dans l’histoire. De son vivant, il était l’homme du peuple qui ne faisait rien pour lui mais tout pour le peuple. Il suffit de tenter d’énumérer ses avoirs et son héritage pour se rendre compte qu’il était pauvre par principe et que cette pauvreté était sa plus grande richesse. Il suffit de comparer ses richesses avec celles de ses successeurs pour tout
comprendre.

39 ans après sa mort, Thomas Sankara continue d’inspirer plus d’un président. Même ceux qui le persécutaient savaient reconnaitre son courage et sa volonté de changer le destin de son peuple. Il n’est pas parvenu au pouvoir par la voie des urnes, mais en quatre ans, il a éveillé la conscience des Burkinabè et tracé la voie de la liberté sans tutelle. En quatre ans de Révolution, il a su imprimer en chaque Burkinabè le sens du patriotisme avec comme boussole, l’intégrité. Pour lui, il n’y a rien de plus grand pour un homme que d’être libre de penser et d’agir. Compter sur soi pourrait être le slogan de sa vision du développement, pendant que d’autres tendaient la main pour des broutilles qu’ils grignotaient avant de laisser tomber les miettes pour le peuple. Sankara le disait avec conviction : « il faut choisir entre le champagne pour quelques-uns et l’eau potable pour tous ».

Malheureusement, ceux qui  l’entouraient n’étaient pas tous  convaincus du même idéal et ils soulevaient le poing pour scander la devise du Burkina, c’était pour l’asséner sur le sincère icône révolutionnaire qui semblait venir d’une autre planète. Les gens voulaient manger, frimer, s’enrichir et jouir du pouvoir et de la vie. Entre le treillis et les costumes haut de gamme à la cravate de soie, le choix relevait d’un secret de polichinelle ; entre les bottes militaires et les souliers de classe mondaine, la glissade était très facile et cerise sur le gâteau, désormais les bulletins de vote remplaceront les armes. Et la démocratie l’emporta sur la Révolution avec  à la clé, la liberté qui frise la permissivité, le droit qui se moque du devoir et le tout dans une transparence à peine visible à la loupe.

Pendant plus de 30 ans, le Burkina Faso a chancelé entre stabilité précaire et développement en pointillés, jusqu’à ce qu’une guerre lui soit imposée avec des bandes armées, malicieusement qualifiées de « groupes armées non étatiques ». Le pays est vite peint en rouge par
ceux-là même qui s’y pavanaient en villégiature et nous traitaient de bons élèves de la démocratie. Les élections étaient contestées mais
les bénédictions de la métropole sanctifiaient les résultats et remettaient le pays sur les rails de la  légalité. Et avec les mêmes maîtres à penser, nous ne pouvions même pas acheter une « kalash » sans faire la courbette même avec notre argent.

Pendant ce temps, les institutions de la république étaient démocratiques, le gouvernement était démocratique, mais une partie du peuple était sous blocus terroriste et nous faisions les choux gras des éditions spéciales des médias occidentaux avec des titres sensationnels aux relents d’horreur. Le Burkina Faso était au bord du chaos, jusqu’à un certain 30 septembre 2022, quand un digne fils du pays, décida de prendre ses responsabilités et sauta de plein pied dans le bateau qui chavirait. En 4 ans de Révolution progressiste populaire, les résultats n’ont pas de senteur démocratique mais ils ont l’éloquence d’un engouement populaire. Capitaine Ibrahim Traoré, restez concentré et continuez à pédaler !

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr