Le ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, Moumouni Zoungrana, a effectué, dans l’après-midi du vendredi 11 septembre 2026, une visite du chantier de construction du mur de clôture du lycée Ouezzin Coulibaly (LOC) de Bobo-Dioulasso. Un mois après une première visite, le ministre s’est rendu sur le site pour constater l’état d’avancement des travaux.
D’une longueur d’environ 2,2 kilomètres autour d’une emprise de 23 hectares, le chantier du mur de clôture du Lycée Ouezzin Coulibaly (LOC) prend progressivement forme. Le ministre de l’Enseignement secondaire et de la Formation professionnelle et technique, Moumouni Zoungrana, y a effectué un constat, le vendredi 11 septembre 2026. Selon le responsable de l’entreprise Kassan Construction, Moumoune Sanguisso, les travaux sont réalisés à plus de 50%.
« Tout le sous-bassement, tout ce qu’il y a comme béton, a déjà été réalisé. Aujourd’hui, nous sommes en train de faire le montage des briques », a-t-il expliqué. Cette évolution satisfait le ministre Moumouni Zoungrana qui avait déjà effectué une première visite du chantier, le 6 août dernier. Il avait alors appelé l’entreprise à accélérer les travaux afin que l’ouvrage puisse être livré avant la rentrée scolaire. « Nous avons constaté que le mur a déjà commencé à prendre forme. Avec mon œil de profane, ils sont à peu près à la moitié du travail », a-t-il déclaré. Il s’est également réjoui du fait que le chantier n’ait pas connu d’interruption et que les équipes travaillent de jour comme de nuit.
Au-delà de l’état d’avancement des travaux, le ministre a relevé la dimension sociale du chantier. Selon les indications du responsable de l’entreprise, 101 jeunes travaillent actuellement sur le site. Parmi eux figurent des élèves, qui mettent à profit leurs vacances pour participer aux travaux tout en acquérant de l’expérience. Pour le ministre, cette mobilisation s’inscrit dans l’initiative engagée avec la « Maison des compétences ». « Nous avons retrouvé beaucoup de nos élèves qui sont là, qui en même temps apprennent et qui passent leurs vacances ici », s’est-il réjoui.
Le ministre a toutefois appelé les différents acteurs à maintenir le rythme des travaux. « L’arbre ne doit pas cacher la forêt », a-t-il prévenu, invitant l’entreprise et les personnes chargées du suivi à poursuivre les efforts afin de respecter le calendrier établi. Le responsable de Kassan Construction a, pour sa part, assuré que son entreprise entend relever le défi dans le délai imparti. « Etant natif de Bobo-Dioulasso, et parent d’élèves du Lycée Ouezzin Coulibaly, la construction de ce mur est un défi pour moi », a confié Moumoune Sanguisso.
La réalisation du mur n’a cependant pas été sans difficulté. L’entreprise a notamment rencontré des arbres situés sur le tracé de l’ouvrage. Selon son responsable, plus d’une centaine d’arbres ont dû être déchaussés, tout en précisant que des dispositions ont été prises pour en préserver le maximum. L’occupation de certaines parties de l’emprise par des commerçants a également constitué une contrainte. Des démarches ont été menées auprès de la mairie et des échanges engagés avec les occupants afin de permettre la libération progressive des espaces concernés.
Malgré ces difficultés, l’entreprise maintient son objectif de livraison. « Si Dieu le veut, d’ici le 1er octobre, nous allons livrer l’infrastructure dans les règles », a déclaré Moumoune Sanguisso. Pour le ministre Moumouni Zoungrana, le respect de cette échéance demeure l’objectif principal. Il a appelé les acteurs à poursuivre leurs efforts afin que les élèves puissent retrouver leur établissement avec un nouveau cadre à la rentrée scolaire.
A quelques heures de la fin de la seconde édition des Jeux de l’AES, plusieurs disciplines ont livré leur verdict avec des fortunes diverses pour les différentes délégations engagées. Le Burkina Faso domine en athlétisme, au kung fu wushu, au handball, le Niger confirme sa suprématie en lutte traditionnelle, au tir à l’arc olympique et au taekwondo et le Mali règne en maître au football.
A la suite des jeunes handballeuses burki-nabè, les Etalons U18 se sont imposés face à leurs homologues du Mena (34-31) au terme d’une finale âprement disputée. Ils décrochent ainsi le titre de champions et inscrivent leur nom au palmarès de ces Jeux de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Une belle consécration pour les Etalons cadets qui offrent au Burkina Faso sa seconde médaille d’or dans la discipline à cette IIe édition après celle des cadettes. Les U18 filles, elles, ont en effet pris le dessus sur les Aiglonnes cadettes du Mali par (41-33).
Le pays hôte a également brillé au kung fu wushu. Au terme des épreuves techniques (Taolu) et des combats (Sanda), les Etalons terminent en tête avec 14 médailles d’or, 6 d’argent et 2 de bronze, soit 22 médailles. Le Mali occupe la deuxième place avec 17 médailles dont 7 d’or, 9 d’argent et une de bronze, et le Niger ferme la marche avec 9 médailles dont une d’or, 5 d’argent et 3 de bronze.
Les compétitions en individuel de judo se sont disputées dans les catégories cadets et juniors. A l’issue des combats, les judokas burkinabè ont remporté au total 12 médailles, dont 5 d’or, 4 d’argent et 3 de bronze. En confrontations par équipe, le Niger s’est hissé à la première place, devant le Burkina Faso, classé deuxième, et le Mali, qui occupe la troisième place du podium.
Si au tir à l’arc traditionnel la razzia des Burkinabè a été sans partage, ce sont
les Nigériens qui ont confirmé leur domination sur l’épreuve de tir à l’arc olympique.
La délégation du Niger s’est octroyé l’or et l’argent aussi bien en individuel hommes, dames, mixte et par équipe. Le Burkina Faso se classe 2e à ce niveau devant le Mali (3e). Suprématie également des Nigériens en lutte traditionnelle. Hilla Hassane (-60 kg), Djimilou Bakoye (-66 kg) et Ibrahim Mahaman (-100 kg) ont permis au Niger de décrocher les médailles d’or dans ces différentes catégories.
Le Burkina a été supérieur au kung fu wushu.
En compétition par équipe, la sélection nigérienne a surclassé ses rivales en battant le Mali (5-0) et le Burkina Faso (3-2). Le Burkina Faso, grâce à Koni Diallo, remporte l’or dans la catégorie des -76 kg, tandis que le Mali se hisse sur la plus haute marche du podium avec Seydou Fangoro, sacré champion chez les -86 kg.
Chez les dames, la compétition s’est jouée entre Bur-kinabè et Maliennes. A ce niveau Aoulatou Kafando (-55 kg), Feekandi Kouaré (-60 kg) et Edith Kourané (-65 kg) ont été sans pitié avec leurs concurrentes et s’adjugent les titres de championnes AES.
A l’issue des différentes épreuves au taekwondo, le Niger s’empare de la première place au classement général avec 3 médailles d’or et 3 médailles d’argent. Il est suivi du Mali, qui totalise 3 médailles d’or, 2 médailles d’argent et 1 médaille de bronze. Le Burkina Faso complète le podium avec 1 médaille d’argent et 5 médailles de bronze. Sur le plan individuel, la compétition a également consacré les performances de deux athlètes. Le Nigérien Abdoul Aziz Issoufou a été désigné meilleur combattant, tandis que la Malienne Mariam Diallo a été distinguée comme meilleure combattante.
Les lauriers sont plutôt partagés en cyclisme. A la domination des Etalons cyclistes au contre-la-montre individuel et à celui par équipe, le Mali a répondu par une victoire de Tiémoko Diamouténé à l’occasion de la finale du critérium Elite. Au terme d’une course animée et longtemps indécise, le Malien a eu le dernier mot au sprint. Il devance les Burkinabè Mouni Vincent et Saturnin Yaméogo.
Les épreuves de l’athlétisme toujours en cours augurent d’une bonne moisson pour les représentants burkinabè. Après la première journée couronnée de succès avec
11 médailles récoltées dont cinq d’or, le Burkina Faso a confirmé sa belle entame de compétition en remportant l’or au 110 m haies et 400m ainsi qu’au saut en longueur. Zalissa Zongo remporte le saut en longueur et le 100m haies.
En football, c’est la Mali qui règne en maître. En attendant la finale prévue pour cet après-midi au stade du 4-Août, les cadets maliens sont en effet bien partis pour enfiler l’or après avoir pris le meilleur sur l’équipe des U17 nigériens et sur les deux représentants burki-nabè. Les finales des différentes catégories de la compétition de boxe sont également pour ce 15 septembre à partir 15h30 dans la salle des arts martiaux du CNOSB.
La Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), en partenariat avec la Plateforme des médias de l’UEMOA (PDM-UEMOA), organise une session d’information et de sensibilisation des journalistes économiques et financiers sur les enjeux et chantiers de l’intégration régionale, du 14 au 18 septembre 2026, à Ouagadougou.
La Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) veut s’appuyer sur les médias pour assurer une meilleure connaissance et appropriation de ses politiques d’intégration régionale et de leurs impacts par les ressortissants de l’Union. Pour ce faire, chaque année, et ce depuis 2021, elle organise une session de renforcement des capacités des journalistes sur les principaux enjeux et chantiers communautaires. Cette traditionnelle session de formation se tient du, 14 au 19 septembre 2026, à Ouagadougou, au Burkina Faso.
Durant ces cinq jours, les professionnels de l’information, venus des huit pays de l’UEMOA auront des communications sur des thématiques comme « défis de la mise en œuvre de la vision 2040 et du plan stratégique IMPACT 30 » de la Commission, « UEMOA, zone d’intégration modèle pour la jeunesse (bourses d’excellence) », « la stratégie régionale de l’intelligence artificielle », « la convergence des performances et des politiques économiques des Etats membres », « la politique de l’UEMOA en matière de concurrence », la « présentation des livres blancs des filières Coton-textile, Engrais-Phosphate et riz » .
La session va également porter sur les « stratégies de développement du secteur privé et promotion du dialogue public-privé de l’espace UEMOA-2026-2030 », les « projets d’infrastructure de l’UEMOA », la « ZELACf : stratégie de renforcement de la compétitivité des Etats membres et du secteur privé de l’UEMOA ».
Le coordonnateur de la PDM-UEMOA, Léonard Dossou, a salué cet engagement constant de l’organisation sous régionale en faveur du renforcement des capacités des journa-listes. « Les médias ont un grand rôle à jouer dans la réussite des projets d’intégration régionale. Et la Commission de l’UEMOA, avec son président, Abdoulaye Diop, en tête, a bien compris cela », a-t-il confié.
L’information juste, crédible, accessible et de qualité, condition de l’intégration
Pour la conseillère technique en communication du président de la Commission de l’UEMOA, Aminata MBodj, cette constante volonté d’accompagner les médias de l’espace communautaire repose sur la pleine conscience de leur place dans l’opérationnalisation de la vision prospective de l’UEMOA à l’horizon 2040 de faire de l’Union « un espace économique et monétaire durablement intégré, pai-sible et prospère, ouvert sur l’Afrique, avec une position stratégique consolidée dans le monde ».
Elle s’appuie également l’ambition du plan IMPACT 2030 de la Commission de bâtir à l’horizon 2030 « une Institution agile, locomotive de l’approfondissement de l’intégration et de la transformation structurelle des économies de l’UEMOA ».
« Cet engagement continu repose sur une conviction profonde : le processus d’intégration régionale ne peut se faire sans l’adhésion des populations. Cette adhésion passe nécessairement par une information juste, crédible, accessible et de qualité, permettant à nos concitoyens de mieux comprendre les enjeux, les acquis et les perspectives de notre Union », a-t-elle fait savoir.
Au-delà de ces sessions de capacitations des journa-listes de l’Union, la Commission soutient également plusieurs initiatives de la PDM-UEMOA, comme la tenue du colloque sous régional sur le journalisme économique en 2025 à Abidjan en Côte d’Ivoire, du Forum international de la presse économique de l’Afrique de l’Ouest (FIPE-UEMOA) et le soutien à l’organisation du Prix d’excellence du journa-lisme économique de l’UEMOA en juin 2026 à Dakar, au Sénégal.
Tout en saluant la disponibilité permanente de la Commission de l’UEMOA à répondre aux sollicitations de la Plateforme, Léonard Dossou a réaffirmé l’engagement de la PDM-UEMOA à poursuivre sa mission de contribuer à une meilleure compréhension des politiques et des enjeux de l’intégration sous régionale par les populations de notre espace communautaire. Le directeur de la communication de la Commission de l’UEMOA, Arzouma L. Yendu-Bé Babakan, a salué le constant accompagnement des médias de l’espace communautaire à la visibilité des chantiers de l’UEMOA.
Les boissons gazeuses occupent aujourd’hui une place importante dans les habitudes alimentaires de nombreux enfants. Pourtant, derrière leur apparence attrayante, elles peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé, lorsqu’elles sont consommées fréquemment ou en grande quantité. Pour grandir en bonne santé, les enfants ont, avant tout, besoin d’une alimentation variée, équilibrée et d’une bonne hydratation. Et lorsqu’il s’agit de choisir une boisson, l’eau reste le meilleur choix. Coura Yasmine Sandrine Zerbo, diététicienne comportementaliste nous donne dans cet article plus de précisions.
Les boissons gazeuses font partie des habitudes alimentaires de bon nombre de familles. Elles sont souvent appréciées par les enfants pour leur goût sucré. Ces boissons sont ainsi consommées régulièrement à la maison, lors des sorties, des fêtes ou même à l’école. Selon la diététicienne comportementaliste, Coura Yasmine Sandrine Zerbo, les boissons gazeuses ne sont pas des boissons indispensables à l’alimentation de l’enfant. Consommées occasionnellement, elles peuvent faire partie d’un contexte festif, mais leur consommation excessive est aujourd’hui associée à plusieurs problèmes de santé qui peuvent apparaître dès l’enfance et se prolonger à l’âge adulte.
Elle explique que le principal problème des boissons gazeuses est leur forte teneur en sucre. Une seule bouteille ou canette peut contenir plusieurs cuillères à café de sucre. La spécialiste relève que contrairement aux aliments solides, les boissons sucrées procurent peu de sensation de satiété. L’enfant peut donc consommer une grande quantité de sucre sans avoir l’impression de manger davantage. Cette consommation régulière peut entraîner un excès d’apport énergétique et favoriser progressivement la prise de poids.
Coura Yasmine Sandrine Zerbo précise que l’obésité infantile constitue aujourd’hui un véritable défi de santé publique. En effet, elle augmente le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète et d’autres complications à l’âge adulte. La diététicienne soutient également que certaines boissons gazeuses contiennent de la caféine ou d’autres substances stimulantes. Chez l’enfant, ces substances peuvent entraîner de l’agitation, des troubles du sommeil ou une nervosité excessive. La spécialiste note en outre, que les boissons gazeuses figurent parmi les principales causes de caries dentaires chez les enfants. Le sucre qu’elles contiennent nourrit les bactéries présentes dans la bouche, favorisant ainsi la formation des caries.
De son avis, l’acidité de ces boissons peut également fragiliser l’émail des dents, augmentant le risque de sensibilité dentaire, de déminéralisation et de détérioration précoce des dents. Pour la santé des enfants, Coura Yasmine Sandrine Zerbo conseille de privilégier, entre autres, l’eau potable, les jus naturels, les fruits entiers et le lait, selon l’âge. Elle ajoute que l’eau doit rester la boisson de référence au quotidien. Simple, accessible et indispensable, elle répond parfaitement aux besoins d’hydratation de l’enfant.
La diététicienne demande aux parents d’éviter de proposer systématiquement des boissons gazeuses, lors des repas, de réserver ces boissons à des occasions exceptionnelles et d’habituer les enfants à boire de l’eau dès le plus jeune âge. Aussi recommande-t-elle de lire les étiquettes nutritionnelles, afin d’identifier les boissons très riches en sucre et de sensibiliser les enfants aux effets du sucre sur la santé et les dents.
En abordant frontalement la question de la religion, le 4 septembre 2026, lors de son adresse à la communauté éducative, le camarade Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, n’a pas simplement ouvert un débat sur la foi. Il a posé une question beaucoup plus profonde sur le rapport de l’Africain à la connaissance, à la raison, à l’histoire et, surtout, à sa propre responsabilité dans la construction de son avenir. Dans une société où la religion occupe une place importante dans la vie individuelle et collective, une telle interpellation ne pouvait que susciter des réactions. Elle mérite pourtant mieux que les réactions épidermiques, les procès en impiété ou les applaudissements automatiques. Elle invite surtout à réfléchir au rôle que la religion peut jouer dans la formation des consciences africaines et dans notre capacité à comprendre notre environnement pour mieux le transformer.
Le propos présidentiel semble d’ailleurs moins remettre en cause la foi elle-même que sa mauvaise compréhension, son mauvais enseignement et, surtout, son instrumentalisation à des fins politiques, idéologiques ou de domination. Le véritable sujet n’est donc peut-être pas de savoir s’il faut croire ou ne pas croire. Il est plutôt de savoir comment nous croyons, ce que nous croyons et surtout ce que nous faisons de nos croyances.
Le problème commence lorsque la foi cesse d’éclairer la conscience pour se substituer à elle. Lorsqu’un individu finit par penser qu’il n’a plus besoin de chercher, de comprendre, de questionner, de vérifier ou de travailler parce que tout serait déjà écrit et que Dieu finira nécessairement par régler ses problèmes, la croyance peut alors devenir un refuge contre la responsabilité. Or, aucun peuple ne s’est durablement développé en attendant que son destin soit transformé de l’extérieur. La foi peut donner du sens à l’action. Elle ne peut pas remplacer l’action.
Il ne s’agit donc pas de faire le procès de la religion. Pour des milliards d’êtres humains, elle reste une source de spiritualité, de morale, de solidarité et d’espérance. La difficulté apparaît lorsque la croyance devient une dispense de réfléchir. C’est précisément à ce niveau que l’interpellation du capitaine Ibrahim Traoré prend tout son sens. En rappelant que Dieu a doté l’être humain d’une intelligence et de capacités physiques, le président invite implicitement chacun à considérer ces facultés comme des moyens d’agir sur son environnement. Demander l’aide de Dieu ne dispense donc pas l’homme d’utiliser son intelligence.
La distinction peut paraître évidente. Elle devient pourtant essentielle dans des sociétés confrontées au fatalisme, à l’ignorance, à la manipulation et à diverses formes de dépendance. L’Africain doit pouvoir croire sans renoncer à comprendre. Il doit pouvoir prier sans renoncer à agir. Il doit pouvoir espérer sans renoncer à construire.
L’Afrique se trouve aujourd’hui face à une contradiction historique. Le continent dispose d’une jeunesse nombreuse, de ressources naturelles considérables et d’un potentiel agricole, minier, énergétique et humain immense. Pourtant, il demeure largement dépendant des technologies, des capitaux, des équipements et des savoirs produits ailleurs. Cette situation ne saurait évidemment être expliquée par les seules insuffisances africaines. La colonisation, l’exploitation des ressources, les rapports de domination, les dépendances économiques et les mécanismes de l’ordre international ont profondément
marqué les trajectoires du continent.
Mais reconnaître les responsabilités extérieures ne doit pas conduire à nier les nôtres. C’est précisément là que la question religieuse rejoint celle de la souveraineté. La dépendance commence aussi dans les esprits. Elle commence lorsque nous renonçons à comprendre par nous-mêmes, lorsque nous estimons que la solution à nos problèmes doit nécessairement venir d’ailleurs, lorsque nous consommons les savoirs produits par les autres sans développer suffisamment nos propres capacités de recherche, ou lorsque nous importons des modèles sociaux, culturels, économiques ou religieux sans les confronter à notre histoire, à nos réalités et à nos besoins.
L’éveil des consciences suppose donc une rupture avec cette culture de l’attente. Il ne s’agit cependant pas de tomber dans l’excès inverse en transformant cette réflexion en procès contre les religions. Une telle démarche manquerait l’essentiel. La question n’est pas de savoir si le Christianisme, l’Islam ou les spiritualités traditionnelles
africaines doivent disparaître de l’espace social. Elle est plutôt de savoir comment les croyants peuvent préserver leur foi tout en développant leur esprit critique.
Une religion enseignée avec intelligence peut contribuer à la morale, à la solidarité et à la cohésion sociale. Une religion mal comprise ou instrumentalisée peut, à l’inverse, devenir un puissant outil de domination. L’histoire en a donné suffisamment d’exemples. C’est pourquoi l’éducation constitue un enjeu stratégique. Plus un citoyen possède des connaissances historiques, scientifiques, économiques, philosophiques et culturelles, plus il dispose des outils nécessaires pour examiner les discours qu’on lui propose et exercer son propre discernement.
Cette question prend une importance particulière dans le contexte sahélien. Les groupes terroristes ont exploité les fragilités sociales, l’ignorance, la pauvreté, les frustrations et certaines interprétations radicales de la religion pour recruter, endoctriner et manipuler. La réponse au phénomène terroriste ne peut donc pas être uniquement militaire. Elle doit aussi être éducative, culturelle, économique et intellectuelle. Un esprit habitué à analyser, à confronter les idées et à exercer son discernement est moins vulnérable aux idéologies de haine.
Au fond, la question posée par le président du Faso dépasse largement la seule religion. Elle renvoie à la capacité des Africains à penser par eux-mêmes. Un peuple qui ne produit pas suffisamment ses propres connaissances reste dépendant de ceux qui les produisent. Un pays qui ne maîtrise pas sa science et sa technologie demeure tributaire de ceux qui détiennent ces technologies. Une société qui ne connaît pas suffisamment son histoire laisse à d’autres le soin de la raconter à sa place.
L’indépendance véritable ne saurait donc être uniquement politique. Elle doit également être intellectuelle, scientifique, culturelle et économique. C’est pourquoi l’école doit se trouver au cœur de cette bataille. Elle doit former des citoyens capables de croire, s’ils le souhaitent, mais aussi de questionner. Des citoyens capables de respecter leurs traditions sans devenir prisonniers du passé. Des citoyens capables de recevoir les apports du monde sans perdre leur capacité de discernement.
Il faut aussi apprendre à distinguer l’ouverture au monde de la soumission aux modèles venus d’ailleurs. L’Afrique n’a aucune raison de rejeter ce que les autres peuples ont produit. Elle doit au contraire s’approprier les connaissances universelles, les adapter à ses réalités et, surtout, contribuer elle-même à l’enrichissement du savoir universel. C’est à cette condition que l’échange devient véritablement fécond et cesse d’être une relation de dépendance.
Le Burkina Faso a ainsi besoin d’une jeunesse qui ne soit ni enfermée dans le fatalisme ni prisonnière d’un assistanat intellectuel. Une jeunesse qui apprend, cherche, invente, entreprend et construit. Une jeunesse capable de regarder les problèmes du pays non seulement à travers leurs manifestations, mais aussi à travers leurs origines, leurs causes profondes et les solutions qu’ils appellent.
Il faut donc entendre le message présidentiel dans toute sa profondeur. Il ne s’agit pas de choisir entre Dieu et la science, entre la foi et la raison, entre la spiritualité et le développement. Il s’agit plutôt de refuser que la croyance devienne un substitut à la pensée.
L’Afrique n’a pas besoin de moins de spiritualité. Elle a besoin de davantage de connaissance. Elle n’a pas besoin de renoncer à Dieu. Elle doit plutôt renoncer à l’idée que Dieu fera à sa place ce que ses propres enfants refusent d’accomplir. Elle n’a pas davantage besoin de rejeter le monde. Elle doit apprendre à y prendre toute sa place avec ses propres savoirs, ses propres compétences, ses propres industries et sa propre vision.
Autrement dit, l’Africain peut croire et prier, mais il doit surtout apprendre à comprendre le monde qui l’entoure, à agir sur sa propre réalité et à transformer ses espérances en connaissances, en travail et en réalisations concrètes.
Le véritable défi de l’éveil des consciences concerne ainsi le continent tout entier. Il commence lorsque l’homme accepte de regarder ses problèmes en face, d’en rechercher les véritables causes et d’assumer sa part de responsabilité dans leur résolution. Car l’indépendance véritable commence peut-être précisément là où cesse notre dépendance à penser par procuration.
Le Bureau burkinabè des droits d’auteur (BBDA) a animé une conférence de presse, lundi 14 septembre 2026, à Ouagadougou, pour présenter les modalités de la répartition des droits du mois d’août 2026.
Le paiement des droits d’auteur issus de la répartition du mois d’août débute, aujourd’hui mardi 15 septembre 2026 à 8 heures, dans les agences de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Cette opération concerne les droits de reproduction mécanique collectés auprès des éditeurs de phonogrammes et de vidéogrammes, les droits de reproduction par reprographie au profit de la presse écrite, la rémunération équitable au titre des droits voisins, la rémunération pour copie privée, ainsi que les droits provenant de l’étranger.
Les virements bancaires, le paiement électronique par Orange Money, le paiement par chèque pour tout montant supérieur ou égal à 100 000 F CFA, ainsi que le paiement en espèces aux guichets sont prévus. Pour les bénéficiaires résidant dans les autres localités, le paiement électronique sera privilégié. Ces informations ont été données aux journalistes, au cours d’une conférence de presse, lundi 14 septembre 2026, à Ouagadougou.
Selon le directeur général du BBDA, Zita Daniel Bonzi, les redevances prises en compte pour cette opération s’élèvent à plus de 2,395 milliards F CFA.
« Après application des retenues statutaires prévues par la réglementation, notamment les frais de gestion, ainsi que les prélèvements destinés au fonds de promotion culturelle et au fonds d’œuvres sociales, le montant net affecté à la répartition s’établit à 1 522 424 728 F CFA, contre 1 364 040 522 F CFA répartis l’année dernière, soit une hausse de 11,61 %, correspondant à une augmentation de 158 384 206 francs CFA », a-t-il expliqué.
Pour Zita Daniel Bonzi, cette progression constitue un indicateur encourageant des efforts déployés par le BBDA, en matière de collecte et de mobilisation des droits.
Toutefois, il a tenu à préciser qu’une hausse globale du montant mis en répartition ne signifie pas automatiquement une augmentation individuelle des droits pour chaque bénéficiaire. A titre illustratif, le nombre de membres du BBDA est également passé de 16 077 en août 2025 à 16 346 en août 2026, soit une progression de 1,67 %. Par ailleurs, le DG du BBDA a annoncé la mise en paiement d’un montant de 550 745 105 F CFA,
correspondant à des droits en instance au titre des années 2022, 2023, 2024 et 2025.
A la question de savoir quels sont les plus petits et les plus gros montants octroyés dans le cadre de cette opération, la directrice de la documentation générale et de la répartition, Delphine Somé, a indiqué que le plus petit montant s’élève à 3 900 F CFA, tandis que le plus gros atteint 12 millions F CFA. Dans les différentes catégories, l’audiovisuel, l’art dramatique, la presse écrite et la musique sont les secteurs qui ont reçu le plus de droit.
Le Palais du 29 juillet de Niamey a servi de cadre, ce 14 septembre 2026, pour la cérémonie d’ouverture de la IVe édition de la Foire des industries culturelles du Niger (FICNI), placée sur un thème hautement stratégique : « Quels Rôles peuvent jouer les industries culturelles dans la Refondation de la République ? ».
La cérémonie a été présidée par le ministre des Transports et de l’Aviation, le colonel-major Adourahamane Amdou, représentant le Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine.
Cette cérémonie grandeur nature a été rehaussée par la présence des membres du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et du gouvernement, des ministres en charge de la culture des trois pays membres de la Confédération des Etats du Sahel, ( Sidi Mohamed Almahmoud du Niger, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo du Burkina Faso et Mamou Daffé du Mali )
Dans un contexte de réaffirmation historique de notre souveraineté, cet événement majeur met en exergue le rôle crucial de la culture. Plus qu’un simple héritage, elle s’impose désormais comme un vecteur de développement économique et un puissant levier d’intégration sahélienne. Ensemble, valorisons nos industries culturelles pour bâtir l’avenir de notre République. Plusieurs temps forts ont marqué cette cérémonie. Il s’agit des prestations artistiques et culturelles, de la coupure du ruban marquant l’ouverture officielle de la foire et enfin la visite des stands d’exposition. Pour cette foire, on note la participation de plusieurs exposants venus des 8 régions du Niger et des pays de l’AES.
Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Culture du Niger
Le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques organise un atelier confédéral de validation des documents pour l’harmonisation et l’amélioration de la réponse aux maladies animales transfrontalières dans l’AES, du 14 au 16 septembre 2026, à Ouagadougou.
Les pays de la Confédération des Etats du Sahel que sont le Burkina, le Mali et le Niger, ont décidé de faire front commun face aux défis principaux auxquels ils sont confrontés dans le domaine de la production, la santé animales et la santé publique vétérinaire. Un atelier confédéral réunissant les experts de ces trois pays pour valider des documents en vue de l’harmonisation et de l’amélioration de la réponse aux maladies animales transfrontalières dans l’espace AES se tient, à Ouagadougou, du 14 au 16 septembre 2026.
Pendant trois jours de travaux, les participants vont analyser trois instruments soumis à leur examen. Il s’agit de la surveillance épidémiologique harmonisée, la création d’une banque confédérale des vaccins vétérinaires et la campagne de vaccination concertée. Selon le directeur général des services vétérinaires, vétérinaire, capitaine Aboubacar Nacro, cette rencontre constitue l’aboutissement d’un long processus d’échanges sur les principaux défis auxquels font face les trois pays. « Il nous appartient désormais de bâtir ensemble la réponse, en faisant de cette rencontre un véritable espace de proposition de solutions fondées sur l’expertise de nos trois pays, le partage d’expériences, la confiance et la recherche de résultats concrets », a-t-il signifié.
Une réponse coordonnée
Selon le représentant du ministre délégué chargé des Ressources animales, Hiver Boussini, les pays de l’AES partagent des espaces pastoraux, des bassins de production, des couloirs de transhumance, des marchés à bétail et des circuits commerciaux étroitement interconnectés. « Des maladies animales transfrontalières dont la péripneumonie contagieuse bovine, la peste des petits ruminants, l’influenza aviaire hautement pathogène et la rage constituent des menaces qui affectent simultanément nos systèmes d’élevage et pour certaines, la santé de nos populations », a-t-il-fait savoir.
Pour lui, la coopération entre les services vétérinaires de ces Etats représente un véritable instrument de la souveraineté de l’espace confédéral. « L’objectif ultime est qu’une menace détectée, dans une partie de l’espace confédéral, puisse être connue rapidement par les services vétérinaires des autres pays et une réponse d’ensemble puisse être déclenchée, avant que la maladie ne se propage davantage », a précisé Hiver Boussim. Le représentant du ministre délégué chargé des Ressources animales a notifié que les zoonoses telles que la rage, le charbon bactérien et plusieurs autres maladies animales constituant une menace directe pour les populations.
« C’est pourquoi, la coopération devra intégrer une véritable approche « une seule santé » associant les secteurs de la santé animale, de la santé humaine et de l’environnement », a-t-il précisé. Hiver Boussim a déclaré aux experts que leur mission n’est pas simplement de relier les projets de déploiement. « Vous êtes appelés à construire les fondations techniques d’un dispositif confédéral durable de santé animale et de protection des productions animales », a signifié le représentant du ministre délégué chargé des Ressources animales aux participants.
Le ministère de l’Energie, des Mines et des Carrières a organisé une conférence publique sur les potentialités minières, énergétiques et des hydrocarbures de l’espace confédéral de l’AES, lundi 14 septembre 2026, à Ouagadougou. Cette rencontre se tient dans le cadre de la VIIIe édition de la Semaine des activités minières, couplée à la Ire édition de la semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de l’AES.
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger entendent renforcer leur maîtrise des ressources minières, énergétiques et des hydrocarbures, afin d’en faire de véritables leviers de développement et de souveraineté. Cette ambition a été réaffirmée par la tenue d’une conférence publique consacrée aux potentialités minières, énergétiques et pétrolières de la Confédération des Etats du Sahel (AES), lundi 14 septembre 2026, à Ouagadougou.
Organisée en marge de la VIIIe édition de la Semaine des activités minières (SAMAO) couplée à la Ire édition de la Semaine de l’énergie, des mines et des hydrocarbures de l’AES (SEMH-AES), la rencontre a réuni des délégations des trois pays, ainsi que des enseignants-chercheurs et des étudiants.
Les trois pays en tandem
Selon le ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, la conférence publique a pour but de faire connaitre les ressources stratégiques des pays de l’AES, les défis liés à leur valorisation et les opportunités qu’offre une gestion concertée. « Ce sont des secteurs hautement stratégiques pour nous et la gouvernance de ces
secteurs doit permettre d’aller vers une souveraineté beaucoup plus renforcée », a-t-il affirmé.
Pour le ministre nigérien chargé du Pétrole, Hamadou Tini, la souveraineté dans le secteur des mines est la capacité à maitriser la chaine des valeurs. « Il s’agit de connaître les ressources et décider de leur exploitation, négocier équitablement, transformer localement, sécuriser les corridors, développer les infrastructures et utiliser les revenus tirés de ces ressources pour transformer durablement les économies », a-t-il précisé. Le ministre nigérien chargé du Pétrole a déclaré que l’enjeu pour ses collègues et lui est de dépasser les approches nationales pour mettre en place une coopération d’une meilleure maitrise des ressources stratégiques et une plus grande autonomie économique.
Pour le ministre chargé des Mines du Mali, Amadou Keïta, cette volonté s’inscrit dans la dynamique de construction d’un espace commun fondé sur la solidarité, la diplomatie concertée et la défense collective.
« Nous avons compris aussi qu’il fallait qu’on harmonise les politiques et le cadre juridique », a-t-il poursuivi.La conférence publique a été le lieu pour le ministre chargé des Mines de présenter le programme de la SAMAO et de la SEMH-AES. En plus des panels, des sessions techniques sont programmées autour de différentes thématiques liées aux mines, à l’énergie et aux hydrocarbures.
La production de plants constitue une activité à la fois économique et environnementale qui gagne du terrain au Burkina Faso. A Bobo-Dioulasso, les pépiniéristes s’investissent au quotidien dans la sauvegarde de l’environnement et le développement de leurs activités. Pour les acteurs de la filière, l’arbre représente à la fois une richesse naturelle, une source de revenus et un investissement pour l’avenir. C’est le constat fait dans la zone pépinière de Kôkô à Bobo-Dioulasso.
Bobo-Dioulasso, mardi 25 août 2026. La journée commence au milieu des plants de la zone de production de pépinière dénommée : « coopérative Faso vert » située dans le quartier Kôkô de la ville. Dans les pépinières visitées, les plants d’arbres fruitiers, d’espèces sauvages et de plantes ornementales occupent les espaces disponibles. Les jeunes plants sont disposés dans des sachets, alignés les uns à côté des autres, en attendant d’être vendus et transférés vers les sites de plantation.
Plusieurs acteurs exercent dans le secteur avec le double objectif de contribuer au reboisement de la région du Guiriko et du reste du pays, tout en tirant des revenus de leurs activités. Depuis 2005, Sami Crépin Tioyé travaille dans ce domaine. Il a fait ses premiers pas auprès de son « petit papa », qui lui a transmis des techniques de production, avant de suivre des formations pour approfondir ses connaissances.
Pour Fousseni Sanou, le métier est le fruit d’un long parcours. Alors qu’il était encore élève, il profitait de ses vacances pour aider un patron dans de petites tâches. Ce qui devait être
Fousseni Sanou, pépiniériste est en train de produire des plans par bouturage.
une occupation temporaire s’est transformée en véritable vocation. Devenu apprenti en 2006, il a commencé à pratiquer les travaux de terrain entre 2010 et 2015. Plusieurs formations organisées par le gouvernement et des projets lui ont ensuite permis de consolider son expérience.
Des techniquesmaitrisées pour la production
La production des plants obéit à des techniques précises. Le semis consiste à placer les graines dans un substrat afin d’obtenir de jeunes plants. Les producteurs ont également recours au bouturage, au marcottage. Ces méthodes de multiplication végétative permettent de reproduire de nouvelles plantes à partir d’une plante mère.
Le temps nécessaire à la production dépend de l’espèce et de la technique utilisée. Selon Sami Crépin Tioyé, les délais de production varient considérablement. Les plants issus de semis peuvent nécessiter une année ou plus avant d’être proposés à la vente. Certains plants obtenus par bouturage sont, en revanche, commercialisables après trois à cinq mois. Leur production comprend des arbres fruitiers, des espèces sauvages et des plantes ornementales. Les plants sont issus de plusieurs provenances, notamment du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Mali. Cette diversité permet aux acteurs de répondre aux demandes des particuliers, des producteurs, des entreprises et des initiatives de reboisement.
Le constat fait sur le terrain est celui d’une activité qui bénéficie d’un marché favorable. « Le marché est bon actuellement », affirme Tioyé Sami Crépin. Selon les pépiniéristes, l’intérêt des autorités pour la plantation d’arbres et la promotion d’un Burkina Faso vert ont contribué à accroitre la commande. Les plants destinés au reboisement et les agrumes, notamment les tangelos, les orangers et les citronniers, figurent parmi les espèces les plus recherchées en saison pluvieuse. Les plantes ornementales sont également demandées par les particuliers et certaines structures.
Le prix des plants est fixé de 100 F CFA au-delà de 50 000 F CFA en fonction de leurs variétés. Pour certains, comme le souligne Sibiri Sanou, les producteurs peuvent se retrouver avec des plants prêts à être commercialisés, mais une demande insuffisante. Cette situation fragilise leur activité.
Sibiri Sanou et ses camarades sont en train de produire des plants en remplissant des pots avec la terre afin d’introduire de petits manguiers.
La production ne s’arrête pas à la vente. Les pépiniéristes assurent parfois le suivi des clients et se rendent sur les sites pour planter les arbres lorsque cela est nécessaire. Les plants doivent ensuite être régulièrement entretenus et protégés contre les vers, les insectes et les mouches blanches. Selon Fousseni Sanou, les traitements favorisent la croissance des arbres et peuvent leur permettre de commencer à produire des fruits à partir de la deuxième année. « Nos équipes accompagnent les clients qui le souhaitent jusque dans les plantations. Elles peuvent notamment assurer la mise en terre des plants et donner des conseils sur leur entretien », explique-t-il.
Une importante source d’emploi
Au fil des échanges, les producteurs présentent une activité qui exige de la patience, de la maîtrise technique et un suivi régulier, mais qui offre également des perspectives économiques intéressantes.
La production des plants reste une source de revenus pour de nombreux acteurs. Elle contribue à soutenir des familles et à financer des réalisations importantes. Les revenus permettent à certains producteurs de construire, d’acquérir des moyens de déplacement. Pour Sami Crépin Tioyé, cette activité permet à plusieurs acteurs de subvenir à leurs besoins et d’améliorer leur condition de vie.
La filière constitue également une importante source d’emploi dans la ville. Plusieurs personnes tirent des revenus de ce travail. Fousseni Sanou affirme qu’il emploie aujourd’hui plus d’une dizaine de personnes et participe à la formation de nouveaux
acteurs.
Les pépinières constituent une source de revenus pour les jeunes de la ville, ainsi que des élèves et étudiants qui viennent travailler pendant les vacances.
La production des plants offre un terrain de pratique aux étudiants des écoles professionnelles de la ville de Bobo-Dioulasso. « Des étudiants envoyés par des universités viennent se former dans les pépinières à la recherche d’une expérience professionnelle », confie Fousseni Sanou. Des élèves et des étudiants passionnés du travail viennent y travailler pendant les vacances dans le but de gagner des ressources pour subvenir à leurs besoins scolaires.
C’est le cas de Christian Somé, un élève qui travaille dans une pépinière à chaque vacance. « Depuis la classe de CM2, je viens travailler pendant les vacances et repartir fréquenter », témoigne-t-il. Pour lui, cette activité représente une occasion de soutenir ses études tout en apprenant un métier.
Les pépinières constituent un outil important de reboisement, de lutte contre la désertification, de conservation de la biodiversité et d’amélioration du cadre de vie au Burkina Faso. Plusieurs témoignages illustrent l’importance de l’arboriculture. Karim Diarra, planteur contribuant au reboisement et promoteur de la ferme Diarra à Dédougou, s’est approvisionné en plants au centre Coopérative Faso vert.
Sa ferme couvre aujourd’hui plus de 15 hectares. Six hectares sont consacrés aux tangelos, aux orangers, aux citronniers et aux goyaviers. L’anacardier occupe neuf hectares, auxquels s’ajoutent des eucalyptus et d’autres variétés. « J’ai commencé la plantation, il y a trois ans et la majorité des plantes ont commencé à produire », déclare Karim Diarra. Cette première récolte représente une étape importante pour lui, car, elle concrétise les efforts consentis depuis le lancement de son activité.
Yacouba Sawadogo, planteur à Dawéra et propriétaire d’une dizaine d’hectares de plantation est venu chercher des plants pour sa ferme.
Yacouba Sawadogo, client et planteur également depuis 8 ans à Dawéra dans la
province du Houet est aussi venu acheter des arbres dans la pépinière de Kôkô. Il affirme qu’il possède plusieurs hectares de plantation, dont plus de dix hectares d’anacardiers. Il cultive également le manguier, le citronnier, l’oranger et le baobab. « L’arbre est très bénéfique pour moi, j’en ai déjà tiré plusieurs avantages », souligne-t-il.
M. Sawadogo affirme que les visites de son champ lui ont valu des cadeaux dont trois motos. Cette année, la vente de sa production d’anacarde lui a rapporté près de deux millions F CFA selon ses dires.
Enseignante et passionnée de l’arboriculture, Djeneba Sawadogo s’est rendue sur le site avec une amie pour acheter des plants destinés à être mis en terre. Dans son établissement, elle a transformé la cour de l’école en véritable espace de verdure, où elle pratique le jardinage et cultive notamment des arbres fruitiers dont les récoltes sont consommées. Pour elle, l’arbre joue un rôle essentiel dans l’environnement scolaire. « L’ombre constitue un cadre d’étude pour les enfants et les exercices pratiques », a-t-elle souligné.
Un investissement de longue haleine
Dans les plantations, la réussite dépend aussi du suivi. Le traitement régulier des plants favorise la croissance des plants. Pour Karim Diarra et Yacouba Sawadogo, l’arboriculture est une activité qui demande de la passion, de la patience et une présence constante. « Il ne suffit pas de planter un arbre : il faut également le protéger, l’arroser et suivre son évolution jusqu’à sa pleine production. », insiste Karim Diarra
Sami Crépin Tioyé, pépiniériste : « La politique de nos plus hautes autorités a contribué à hausser la demande des pépinières, notre prière est qu’elles aient plus de force et continuer à valoriser le secteur ».
Le promoteur de ferme explique que les plants doivent être traités avant leur mise en terre. Une attention particulière est accordée à la lutte contre les termites, qui peuvent détruire les jeunes arbres. Après un à deux mois, un apport de fumure organique est effectué afin de favoriser la croissance des plants. Environ six mois plus tard, le traitement contre les termites doit être renouvelé, tandis que l’arrosage reste indispensable, surtout durant les périodes de forte chaleur.
Cette exigence d’entretien explique, selon Yacouba Sawadogo, pourquoi certains projets de plantation n’atteignent pas les résultats escomptés. « L’arbre est un investissement de longue durée. Il ne produit pas immédiatement et nécessite des soins réguliers avant de devenir une source de revenus ou de nourriture », soutient-il. C’est ainsi qu’il explique que son parcours n’est toutefois pas exempt de difficultés. Pour arroser ses manguiers et ses agrumes, il dépend d’un puits. « Le travail est avantageux, mais le début reste difficile. Il nécessite un sacrifice », prévient-il.
« Certains arbres meurent malgré l’entretien et les traitements appliqués. Ces pertes représentent un manque à gagner et obligent le producteur à renouveler régulièrement les plants », ajoute Karim Diarra.
Il encourage néanmoins les populations à s’intéresser davantage à l’arboriculture fruitière. Il y voit un moyen de renforcer l’autosuffisance alimentaire et de réduire la dépendance aux importations de fruits. Une production locale plus importante pourrait favoriser la transformation à travers la création des unités de transformation selon la vision des autorités actuelles pour promouvoir la politique du « consommons local ».
Des contraintes qui appellent un accompagnement
L’accès à l’eau conditionne l’avenir de la filière. Malgré ses potentialités, la production de plants demeure fragile. La principale difficulté reste l’accès à l’eau. « L’eau est à la base de tout », rappelle Sami Crépin Tioyé. En 2024, la pénurie a conduit certains producteurs à envisager de renoncer à leur activité. Pour continuer à travailler, Fousseni Sanou a creusé un puits.
Selon Djeneba Sawadogo l’arbre joue un rôle essentiel dans l’environnement scolaire.
Le manque d’eau a obligé parfois les travailleurs à parcourir de longues distances avec des barriques afin d’alimenter les pépinières. Cette opération est pénible et coûteuse. Selon Sibiri Sanou, une barrique d’eau peut coûter environ 250 F CFA alors qu’il faut arroser un vaste champ de pépinière. Sans arrosage régulier, les jeunes plants se dessèchent rapidement. La période sèche exige davantage de temps, de main-d’œuvre et de moyens financiers.
La réalisation d’un grand forage à Bolomakoté par l’Organisation catholique pour le développement et la solidarité (OCADES) a permis d’atténuer les difficultés, selon les pépiniéristes. Les maladies représentent une autre menace. Lorsqu’un arbre tombe malade, les travailleurs doivent traiter l’ensemble de la production, car, un seul plant contaminé peut transmettre la maladie aux autres. La prévention est donc essentielle.
Le manque d’espace constitue une autre préoccupation.
« Les commandes de l’Etat et de certaines entreprises exigent parfois une production en grande quantité et les superficies disponibles ne permettent pas toujours de répondre à ces demandes. Pourtant c’est dans la production de quantité qu’il y a de l’argent », fait remarquer Fousseni Sanou. Les producteurs souhaitent donc disposer d’espaces plus vastes, dotés de points d’eau et d’équipements adaptés.
La main-d’œuvre qualifiée et permanente fait également défaut. Les jeunes, selon les producteurs, sont de moins en moins nombreux à accepter le temps nécessaire à l’apprentissage du métier. Pour faire face à cette situation, les responsables de pépinières mobilisent leurs enfants pendant les vacances et accueillent des élèves et des étudiants à la recherche de revenus pour leurs besoins scolaires.
Pour les pépiniéristes comme pour les planteurs, l’arbre doit être davantage valorisé. Ils appellent à la création d’espaces de production plus grands, à la sécurisation de l’approvisionnement en eau et à l’accompagnement des spécialistes.
Au regard de l’importance de l’arbre à l’école, Djeneba Sawadogo a affirmé qu’elle avait élaboré un projet destiné au ministère chargé de l’Enseignement de base. Son ambition est d’intégrer la production de plants dans les écoles et d’en faire une activité éducative à part entière. Ce projet va initier les élèves à la plantation, à l’entretien des arbres et à leur importance dans la vie quotidienne. « L’enfant doit comprendre comment l’arbre évolue jusqu’à donner des fruits, Il faut concrétisertout ça à l’école », conseille-t-elle.
Karim Diarra, promoteur de la ferme Diarra : « il ne suffit pas de planter un arbre : il faut également le protéger, l’arroser et suivre son évolution ».
Elle affirme que son projet qui a coïncidé, avec la Covid-19, n’a pas reçu de suite favorable. Malgré ce contretemps, elle a réussi à mettre un jardin pédagogique en place dans l’école où elle exerce à Ouahigouya. Elle vise la réalisation de jardins pédagogiques dans quatre écoles et l’Etat, les organisations, les associations et toutes les personnes de bonne volonté à soutenir les passionnés engagés dans la promotion de l’environnement et de l’économie verte.
Cet accompagnement pourrait porter sur la mise à disposition de plants, de matériel d’arrosage, de clôtures, de semences et de moyens de formation.
Tioyé Sami Crépin invite, pour sa part, les jeunes à s’intéresser à l’arboriculture. Dans les pépinières de Bobo-Dioulasso, la production de plants apparaît ainsi comme un métier de patience et de sacrifice, mais aussi comme une activité porteuse d’espoir pour l’environnement, l’emploi et l’économie locale.
Pengd Wendé Charles BAMOGO
(Stagiaire)
Investir dans l’arbre, c’est investir dans l’avenir
L’arbre est un véritable allié de la vie. Il purifie l’air en absorbant le dioxyde de carbone, produit de l’oxygène, protège les sols contre l’érosion et contribue à la régulation du climat. Il offre également de l’ombre, favorise la biodiversité, améliore le paysage et peut fournir des fruits, et des revenus aux familles. La plantation des arbres devient nécessaire dans le contexte actuel du Burkina Faso où la déforestation, la sècheresse constituent un enjeu. Ensemble investissons dans l’arbre, ne serait-ce que planter même un seul arbre est un acte bénéfique à l’environnement, en nous et à la génération future. En plantant ou en protégeant un arbre, vous participez à la restauration de l’environnement et à la création d’un avenir plus sain pour tous. Chaque plant compte : investissons ensemble dans la plantation et la protection des arbres.