Fonds pour la consolidation de la paix : financer de nouveaux projets conformes aux orientations gouvernementales

Le comité de pilotage des projets du Fonds pour la consolidation de la paix a tenu sa deuxième session ordinaire, mardi 9 décembre 2025, Ouagadougou. Objectif, évaluer la mise en œuvre des projets au cours de l’année 2025 et définir des perspectives tenant compte des orientations gouvernementales.

De 2017 à 2024, le Burkina Faso a reçu près de 33 milliards F CFA pour la mise en œuvre de 27 projets structurants visant à renforcer la résilience communautaire, la cohésion sociale et la consolidation de la paix. Le comité de pilotage des projets du Fonds pour la consolidation de la paix au Burkina Faso (PBF) veut marquer une halte pour capitaliser les acquis, corriger les insuffisances et se projeter vers l’avenir. En effet, il a tenu sa 2e session ordinaire, mardi 9 décembre 2025, Ouagadougou, pour notamment pour faire le bilan global de réalisation des projets et définir des perspectives pour l’année 2026.

Pour le gouverneur de la région du Kadiogo, Abdoulaye Bassinga, représentant le
ministre de l’Economie et des Finances, les travaux de cette session poursuivent trois objectifs majeurs. Il s’agit, selon lui, d’examiner la mise en œuvre des recommandations de la session du 12 août 2025, apprécier l’état d’avancement du portefeuille des projets au 15 novembre 2025, définir l’orientation stratégique claire pour l’élaboration de nouveaux projets plus efficaces et mieux adaptés aux réalités du terrain. « Il nous revient d’assurer que chaque projet du portefeuille du PBF reste aligné sur les priorités nationales, les stratégies gouvernementales et les attentes des populations. Nous devons garantir un impact concret, mesurable et durable des projets, auprès des communautés les plus vulnérables, en particulier », a-t-il soutenu.

Le gouverneur du Kadiogo a rappelé que le soutien du Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix a permis d’appuyer l’exécution du Programme d’urgence pour le Sahel au Burkina Faso (PUS-BF), achevé le 31 décembre 2024. « A ce jour, 27 projets exécutés ou en cours sont financés par le PBF. Ces projets sont structurés autour de trois piliers essentiels, à savoir le renforcement de la confiance entre les populations et
l’Etat, le développement de la résilience sociale et la valorisation du rôle des femmes et des jeunes acteurs incontournables du changement, la promotion d’une gestion pacifique, inclusive et durable des conflits », a-t-il relevé.

Un taux d’exécution physique de 84,5%

M. Bassinga a également souligné qu’au cours de l’année 2025, les projets ont enregistré un taux d’exécution physique de 84,5% et un taux d’exécution financière de 69%.
« Ce sont des taux globalement satisfaisants. Cependant, cette session sera une occasion pour capitaliser les acquis et relever les insuffisances en vue d’améliorer significativement les indicateurs », a-t-il confié.

En outre, le gouverneur du Kadiogo a renouvelé la reconnaissance du gouvernement et du peuple burkinabè aux agences du Système des Nations unies et aux partenaires techniques et financiers qui accompagnent le pays dans sa quête de sécurité et de souveraineté.
Selon le coordonnateur résident par intérim du Système des Nations unies, Maurice Azonnankpo, le Fonds pour la consolidation de la paix couvrant la période de 2023 à 2026 est en parfaite cohérence avec le Plan d’actions pour la stabi-lisation et le développement.

« Malgré un contexte international et national toujours marqué par des défis sécuritaire et humanitaire, les projets financés par le PBF ont notamment permis de renforcer le dispositif du gouvernement en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et de financement du terro-risme, de mobiliser la Brigade de mécanisation agricole pour l’exploitation de 200 hectares de bas-fonds, de mettre en place 669 groupes d’épargnes dont 530 ont été équipés en matériel de gestion de la collecte d’une épargne totale de 140,504 millions F CFA entre novembre 2024 et septembre 2025 », a-t-il énuméré. D’après lui, l’exécution financière se situant à 69%, à la fin de cette année 2025, confirme une dynamique d’absorption efficace et de gestion du portefeuille.

Il a salué la synergie d’actions entre les autorités régionales, les organisations de la société civile et les agences du Système des Nations unies.
« Cette dynamique partenariale, fondée sur la transparence, la flexibilité et la redevabilité garantit une coordination concertée et une appropriation nationale accrue », a-t-il apprécié. M. Azonnankpo a appelé l’ensemble des partenaires techniques et financiers à soutenir
leur approche stratégique de mobilisation des ressources pour la consolidation de la paix, notamment dans le Sahel.

Adama SAWADOGO

IVe édition de la Semaine du film burkinabè: rendez-vous du 7 au 14 décembre au CENASA

Le Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA) organise, du 7 au 14 décembre 2025, la IVe édition de la Semaine du film burkinabè (SeFiB). Placée sur le thème « Cinéma et Révolution : éveil des consciences et souveraineté des peuples », l’ouverture est intervenue, dans la nuit du dimanche 6 décembre 2025, à Ouagadougou.

Les dés sont jetés pour la IVe édition de la Semaine du film burkinabè (SeFiB) qui se tient du 7 au 14 décembre 2025. Cette édition, placée sur le thème :
« Cinéma et Révolution : éveil des consciences et souveraineté des peuples », a ouvert ses portes, ce dimanche 6 décembre 2025, à Ouagadougou. Pendant une semaine, il est prévu chaque jour, des projections de films bur-kinabè, des prestations d’artistes et des activités lucratives.

« La SeFiB 2025 s’est donnée comme objectif de se positionner comme un rendez-vous majeur de valorisation du cinéma burkinabè, un cadre de diffusion, de réflexion et de célébration du talent de nos cinéastes, de nos comédiens et de nos techniciens », a indiqué le Directeur général du Centre national des arts du spectacle et de l’audiovisuel (CENASA), Abraham Abassagué. Cet évènement, à l’écouter, traduit la volonté du CENASA de soutenir la création nationale et de renforcer la place du Burkina Faso comme un acteur incontournable du cinéma africain et mondial.

« C’est un espace où le peuple retrouve ses racines, ravive sa mémoire et se réapproprie les idéaux d’une Révolution populaire et progressiste, dans une logique de souveraineté et d’affirmation culturelle », a-t-il ajouté. Le secrétaire général du ministère en charge de la culture, Fidèle Tamini, a confié que la SeFiB n’est pas un simple rendez-vous culturel. « C’est un acte de résistance, un acte d’affirmation et de renaissance », a-t-il dit. Pour lui, cette Semaine célèbre un cinéma qui questionne pour réveiller les mentalités.
« Car il est urgent de raconter nos histoires, de magnifier nos héros et forger notre propre récit », a-t-il poursuivi.

Au cours de la cérémonie d’ouverture, un hommage a été rendu au cinéaste burkinabè, Gaston Kaboré, figure emblématique du septième art. A l’occasion, il a reçu un prix, une attestation de reconnaissance, une canne et un costume traditionnel floqué de
ces réalisations majeures, notamment Wend-kuuni, Zan-Boko et Buud-Yam. Cet hommage couronne une carrière exceptionnelle et rappelle l’importance de préserver les mémoires du cinéma national, ont indiqué les personnalités présentes à cette ouverture. Comblé, Gaston Kaboré s’est dit reconnaissant de cette marque de reconnaissance. « Cet hommage me remplit de fierté et de bonheur. Je suis doublement gratifié à la fois par
la reconnaissance des autres et par la satisfaction que j’ai d’avoir fait mon travail », a-t-il déclaré.

Adama Sedgo
Adama NIKIEMA
(Stagiaire)

Burkina Faso : 179 millions F CFA de produits prohibés saisis par la Brigade Mobile des Douanes de Bobo

Du 22 au 30 novembre 2025, la Brigade Mobile des Douanes de Bobo-Dioulasso a mené une série d’opérations importante, appuyées par des renseignements précis, aboutissant à la saisie de 179 millions F CFA de marchandises prohibées. Le 22 novembre, sur l’axe Bobo–Banfora, les agents interceptent d’abord 20 000 plaquettes de médicaments prohibés dissimulées dans un car de transport, d’une valeur de 30 millions F CFA.

 

 

Sur le même itinéraire, un camion transportant des sacs de sucre et d’engrais servait à couvrir 10 fûts de cyanure évalués à 1,5 million F CFA.Le 27 novembre, un contrôle ciblé a permis la découverte de 429 plaquettes de chanvre indien astucieusement cachées dans la cabine d’une remorque, pour une valeur de 42,5 millions F CFA.

Enfin, le 30 novembre, sur l’axe Bobo-Orodara, une remorque déclarée en exportation de tourteaux de coton se révèle chargée de 700 sacs de cyanure, estimés à 105 millions F CFA.Le Directeur général des Douanes, Yves Kafando, a salué le professionnalisme des agents et exhorté l’ensemble des unités à maintenir ce niveau d’exigence.

F.K.

Source : page Facebook de la Direction générale des Douanes du Burkina Faso.

 

Jubilé d’or de l’Université Joseph-Ki-Zerbo : 50 ans de savoir au service du Burkina Faso

L’Université Joseph-Ki-Zerbo a célébré son jubilé d’or, lundi 8 décembre 2025, à Ouagadougou, autour du thème : « De l’UO à l’UJKZ (1974-2024): 50 ans de contribution au développement de la nation Burkinabè ».

L’Université Joseph-Ki-Zerbo (UJKZ) a 50 ans. Ce temple du savoir a formé 130 549 diplômés de 1974 à 2025. Elle a célébré son jubilé d’or, lundi 8 décembre 2025, à Ouagadougou. Le président de l’université, le Pr Jean François Kobiané, a indiqué que ce jubilé d’or est placé sur le signe de la maturité, de la souveraineté et du renouveau. Selon lui, 50 ans dans la vie d’une institution représentent une étape clé dans
son évolution, un moment de bilan pour apprécier l’héritage, les acquis et les apports au développement de la nation, mais aussi un moment de réflexion, d’introspection afin de pouvoir mieux appréhender les grands enjeux de société et se projeter dans l’avenir.

Il a aussi confié qu’en 1974, l’université comptait 373 étudiants et aujourd’hui, elle en enregistre 50 303. Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Adjima Thiombiano, intervenant au nom du Premier ministre, a rendu un hommage aux pères-fondateurs de l’établissement, dont plusieurs étaient présents à la cérémonie.

« Plus que des administrateurs, ils étaient de véritables écoles de la vie, la nation leur reste profondément reconnaissante pour le travail immense accompli dans la construction de l’université et la diffusion des valeurs de patriotisme, de rigueur et de solidarité. Grâce à leur travail, l’UJKZ enregistre plus de 2 600 diplômés par an. Et cela est à saluer », s’est-il réjoui.

Hommage aux bâtisseurs du savoir

Le Pr Albert Ouédraogo a exprimé toute sa gratitude à sa hiérarchie pour la distinction.

Pour le ministre chargé de l’Enseignement supérieur, il faut poursuivre les perfor-mances afin de résoudre définitivement le retard des années académiques dans les universités. A l’occasion du jubilé d’or, la nation a été reconnaissante à 21 acteurs de la communauté universitaire à travers des décorations.

Cinq ont été commandeurs dans l’Ordre des palmes académiques, dix Officiers dans l’Ordre des palmes académiques et six chevaliers dans l’Ordre des palmes académiques.
Le professeur titulaire en anatomie et cytologie pathologique à l’UJKZ, Assita Sanou, a été faite chevalier de l’Ordre des palmes académiques. Elle a traduit sa reconnaissance aux hautes autorités, aux responsables de l’université, aux directeurs de l’Unité de formation en sciences de la santé, à tous les enseignants ainsi qu’au personnel du service ATOS de l’avoir identifiée pour prendre cette distinction. Un autre récipiendaire, le professeur de philosophie à l’UJKZ, Georges Zongo.

« Je suis fier de recevoir la décoration de chevalier de l’Ordre des palmes académiques, parce qu’elle est la plus belle récompense de ma carrière professionnelle. Je remercie ma hiérarchie qui a reconnu le mérite de mon travail », a-t-il déclaré. Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a rappelé que cinquante ans constituent
« l’âge de la maturité » pour l’université. Il a invité la communauté universitaire à poursuivre la dynamique de la Révolution progressiste populaire et à produire un savoir enraciné et adapté au contexte national, en référence à la pensée du Pr Joseph Ki-Zerbo, figure majeure de l’endogénéité.

Il a réaffirmé l’engagement de l’Etat, sous les orientations du président du Faso, pour améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage, notamment à travers l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité (IPEQ) et les réformes en cours dans l’enseignement supérieur. Le Premier ministre a également encouragé la poursuite des efforts pour achever définitivement la normalisation des années académiques. En célébrant son cinquantenaire, l’Université Joseph-Ki-Zerbo réaffirme son rôle stratégique dans le développement national et son ambition de former des générations d’acteurs compétents, enracinés et engagés au service du Bur-kina Faso.

Pour marquer d’une pierre blanche la cérémonie de célébration du jubilé
d’or de l’UJKZ, le Premier ministre Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo a effectué la pose de la première pierre du monument du cinquantenaire de l’UJKZ.

 

Emmanuel BICABA

27e anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo : le procès toujours attendu

Le collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques et la coalition nationale de lutte contre la vie chère et pour les libertés ont animé une conférence de presse conjointe, le lundi 8 décembre 2025, à Ouagadougou. A l’occasion, les responsables des deux structures ont décliné les grandes lignes de la commémoration du 27e anniversaire du drame de Sapouy.

Le Collectif des organisations démocratiques de masse et de partis politiques (CODMPP) et la Coalition nationale de lutte contre la vie chère et pour les libertés (CCVC) continuent de réclamer la justice pour le journaliste d’investigation Norbert Zongo et ses trois compagnons assassinés le 13 décembre 1998 sur la route de Sapouy. En effet le CODMPP et la CCVC ont animé, ce lundi 8 décembre 2025, une conférence de presse à Ouaga-dougou relative aux activités commémoratives le 13 décembre prochain.

Il est prévu à cet effet un dépôt de gerbes de fleurs sur les tombes des disparus dans la ma-tinée du 13 suivi d’une conférence publique à la Bourse du travail de Ouagadougou.
Le président du mouvement bur-kinabè des droits humains et des peuples (MBDHP), Chrysogone Zougmoré, porte parole des deux structures, a indiqué que le
« quadruple meurtre » du 13 décembre 1998 demeure l’un des tournants « majeurs de l’histoire politique récente du Burkina Faso ». De son avis il a ouvert une ère de grande mobilisation populaire et durable.

Il a, en outre, relevé que la commémoration du 27e anniversaire intervient dans un contexte national difficile, en raison de la crise sécuritaire. Il a aussi regretté la lenteur dans le traitement judi-ciaire du dossier.

« Malgré les annonces successives du parquet, notamment celles de décembre 2024 et de novembre 2025 affirmant un renvoi du dossier devant la chambre criminelle, le procès se fait toujours attendre », a-t-il déclaré.Et pourtant a poursuivi M. Zougmoré, seule la tenue effective du jugement, même par contumace, permettra de soulager la conscience nationale et de rendre justice aux familles des victimes.

Pour la manifestation de la vérité le porte-voix du CODMPP et de la CCVC a appelé l’ensemble des démocrates, patriotes et travailleurs à une mobilisation massive afin de réaffirmer l’engagement citoyen contre « l’impunité et pour le respect des libertés ».
« Se souvenir de Norbert Zongo, ce n’est pas seulement honorer un martyr : c’est refuser que le silence devienne le dernier mot de la justice », a soutenu M. Zougmoré.

Abdoulaye BALBONE

Prise en charge du pied bot : « Le traitement doit commencer le plus tôt possible après la naissance », Dr Faïçal Oubda

Au Burkina, près d’un millier d’enfants naissent chaque année avec le pied bot, une malformation congénitale encore méconnue et souvent source de stigmatisation. Dans cette interview, Dr Faïçal Oubda, médecin, manager du programme Pied Bot Hope Walks Burkina, explique les causes possibles, les signes précoces, les options de traitement et les conséquences sociales de cette affection, tout en rappelant l’importance d’une prise en charge précoce.

Sidwaya (S) : Qu’est-ce que le pied bot et comment se manifeste-t-il chez l’enfant ?

Faïçal Oubda (F.O.) : Le pied bot est une malformation congénitale, c’est-à-dire présente à la naissance, dans laquelle le pied est tourné vers l’intérieur et vers le bas. On parle de pied bot Varus Equin Congénital en terme médical. Le pied bot est plus fréquent chez les garçons que chez les filles (65% contre 35%). Au Burkina, chaque année environ 1 000 enfants naissent avec le pied bot congénital, soit 1 cas pour 806 naissances vivantes, selon les données du GCI (Global Clubfoot Initiative). A l’échelle mondiale, près de 200 000 enfants naissent avec le pied bot chaque année.

S : Quelles sont les causes principales du pied bot ?

F.O. : Le pied bot n’a pas de cause connue formellement identifiée à ce jour. C’est vrai qu’on pense à un lien génétique, mais la recherche médicale n’a pas encore permis d’identifier un gène précis. On parle donc de pied bot idiopathique, c’est-à-dire sans cause formelle identifiée.

S : Est-il héréditaire ?

F.O : Il y a une participation de l’hérédité dans le pied bot, car, lorsqu’il y a eu pied bot chez les ascendants (grand parents ou parents), le risque d’avoir un enfant qui va naitre avec le pied bot augmente effectivement.
Nous retiendrons qu’il y a probablement une combinaison de facteurs génétiques non identifiés et de facteurs environnementaux qui favorisent la survenue du pied bot congénital, vu qu’il n’apparait pas avec la même fréquence, selon les zones géographiques. 90% des cas de pied bot sont visibles dans les pays en voie de développement comme le notre à cause du taux de natalité plus élevé qu’en occident.

S : Peut-on détecter le pied bot avant la naissance ?

F.O. : Oui. Il est possible de détecter le pied bot congénital avant la naissance, grâce à l’échographie surtout au troisième trimestre de la grossesse (du 6e au 9e mois de la grossesse). Mais, il faut un appareil d’échographie performant et un radiologue bien formé en la matière. Dans nos pays ou l’accès à l’échographie n’est possible que dans les grandes villes, la détection du pied bot se fait à 90% des cas pendant l’accouchement, dès la naissance de l’enfant au niveau de la maternité.

S : Comment reconnaître un pied bot à la naissance ou chez le nourrisson ?

F.O. : Le pied bot est reconnaissable par la déformation caractéristique du pied qui est tourné vers l’intérieur et le bas. En termes techniques, on a 4 composantes caractéristiques qui définissent le pied bot : le cavus ou l’arche du pied est accentuée comme un trou profond au milieu de la plante du pied. L’adductus ou l’avant pied est tourné vers l’intérieur. Le varus du talon ou le talon est tourné vers l’intérieur quand on l’observe de dos. L’équinisme ou les orteils et l’avant pied pointent vers le bas pendant que le talon est surélevé.
Dans 50% des cas, le pied bot est bilatéral (tous les 2 pieds sont atteints) et dans les autres 50%, il est unilatéral (un seul pied atteint).

S : Le pied bot se guérit-il et quels sont les traitements les plus efficaces ?

F.O. : On peut guérir du pied bot congénital lorsque le traitement est fait dès la naissance par la technique de Ponseti qui a 95% de succès lorsqu’elle est bien suivie. La technique de Ponseti est la meilleure en termes de qualité de soins et même de cout, et elle est mondialement reconnue et acceptée comme la meilleure méthode. La technique de Ponseti consiste en deux étapes principales : la correction et le maintien, avec un suivi de l’enfant de la naissance jusqu’à l’âge de 5 ans où il sera déclaré guéri du pied bot congénital.
L’étape de correction : manipulations du pied et plâtrage chaque semaine suivis d’une Ténotomie du tendon d’Achille. Cette phase dure en moyenne entre 4 à 8 semaines.
L’étape de maintien : port d’attelles d’abduction du pied (chaussures médicales spéciales).

Le pied bot est une malformation congénitale, selon Dr Faïçal Oubda

Ces attelles sont des chaussures orthopédiques visant à maintenir la correction. L’agenda du port d’attelles : pendant les 3 premiers mois. 23 heures par jour sauf le temps du bain de bébé. Il est suivi par le port pendant la nuit et le temps du sommeil pendant la journée jusqu’à l’âge de 5 ans, pour éviter tout risque de récidive du pied bot. A cette sous-étape, le bébé peut apprendre à faire 4 pattes et à marcher la journée sans les chaussures.

S : A quel âge faut-il commencer la prise en charge pour de bons résultats ?

F.O. : Le traitement doit commencer le plus tôt possible après la naissance. Nous avons eu des bébés qui ont commencé le traitement le lendemain de leur naissance. Il faut auparavant s’assurer que le bébé n’a pas d’autres problèmes de santé et qu’il a un poids d’au moins 2,5 kg à la naissance. Quand l’enfant dépasse l’âge de deux ans avant de commencer le traitement, la durée du traitement augmente et son efficacité diminue au fur et à mesure que l’âge du début des soins augmente.

S : Quels sont les impacts du pied bot sur la vie quotidienne et la mobilité ?

F.O. : Il y a le grand problème de la stigmatisation et du rejet. Certaines familles sont exclues du cercle familial ou communautaire quand elles ont un bébé qui vient au monde avec le pied bot. L’enfant est souvent rejeté par l’entourage et les autres parents empêchent leurs enfants de jouer avec celui-ci en pensant à tort qu’il pourrait
leur transmettre le pied bot ou un malheur.
Ce qui n’est pas du tout le cas.

Ensuite, vous avez les problèmes médicaux, psychologiques et esthétiques qui peuvent aboutir au handicap. L’enfant marche sur le dos du pied, ne peut pas porter des chaussures normalement, il peut se blesser souvent et avoir des ulcères aux pieds, pouvant aboutir à une amputation du pied. Au niveau psychologique, l’enfant peut grandir avec une faible estime de soi à cause de la stigmatisation dont il fait l’objet, pouvant déboucher sur une fragilité psychologique, voire une personnalité dépressive et renfermée sur elle-même.
Enfin, vous avez les conséquences socio-économiques : l’enfant ne peut pas aller à l’école comme les autres, donc ses chances d’éducation sont réduites, et plus tard ses chances d’avoir un emploi décent également. Finalement, c’est une personne qui devra vivre constamment avec le soutien de sa famille si elle n’est pas soignée. Même pour se marier et fonder une famille deviendra très difficile a l’âge adulte.

S : Comment les enfants ou adultes atteints vivent-ils cette différence dans la société ?

F.O. : Bien qu’il y ait des exceptions, il faut dire que ceux et celles qui n’ont pas pu bénéficier des soins adéquats et qui sont dans le handicap lié au pied bot sont souvent marginalisés et le vivent mal, la plupart du temps.
Ils n’arrivent pas à obtenir un emploi décent à cause de l’exclusion qu’ils subissent. Vous verrez certains qui sont exploités par leurs proches qui les transforment en mendiants au niveau des ronds-points ou des feux tricolores, alors que les lois de notre pays interdisent formellement cela. Dans la majorité des cas, notre société a tendance à appeler les personnes différentes par leur handicap, on appellera cette personne « pied bot » au lieu de l’appeler par son prénom, par exemple. Ces personnes vivent mal cette marginalisation et ont souvent tendance à se cacher pour échapper à ce sentiment de honte mêlé de culpabilité et d’impuissance. C’est encore plus difficile lorsqu’il s’agit d’une femme qui grandit avec le pied bot congénital.

S : Quelles structures médicales accompagnent les patients et leurs familles ?

F.O. : Le partenaire principal du Programme Pied bot Burkina est l’ONG américaine Hope Walks. Au Burkina, nous avons 8 centres de prise en charge gratuite du pied bot congénital chez les enfants, dans 8 régions sur les 17 que compte le Burkina : l’Hôpital protestant Schiphra à Ouaga, le CHU Souro-Sanou de Bobo, le Centre hospitalier régional de Tenkodogo, le Centre hospitalier régional de Ziniaré, le Centre médico chirurgical Morija de Kaya, le Centre Espoir de Fada, le Centre médico chirurgical pédiatrique Persis de Ouahigouya, le CRH Yik N Kene de Koudougou. Depuis le 1er Décembre 2017 où le Programme Pied Bot Burkina Hope Walks est né, nous avons pu détecter et soigner gratuitement plus de 1 821 enfants nés avec le pied bot au Burkina.

Interview réalisée par Wamini Micheline OUEDRAOGO
(Collaboratrice)

La méthode Rimtalba : donner corps à la souveraineté voulue par le président du Faso

Ce 9 décembre marque une année depuis la nomination de Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo à la tête du gouvernement. Un an qui aura surtout révélé un style, une méthode et une posture : le Premier ministre n’a pas cherché à imprimer une autre vision que celle portée par le président du Faso. Il s’est appliqué à la rendre visible, tangible, mesurable. Là où le chef de l’Etat dessine la trajectoire historique de souveraineté et de refondation nationale, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo en est devenu l’opérateur, le relais stratégique, parfois le prolongement naturel. Le duo fonctionne sur un mécanisme simple mais efficace : l’un impulse, l’autre concrétise.

Très vite, le Premier ministre s’est positionné comme un homme de terrain. Il ne s’est pas contenté d’occuper les tribunes institutionnelles : il s’est déplacé sur les chantiers, dans les hôpitaux, dans les usines, au contact du secteur privé, dans les marchés, auprès des acteurs économiques, associatifs et communautaires. Dans les régions comme dans la capitale, il a multiplié les visites de suivi, d’encouragement ou d’évaluation. On le voit poser des jalons, superviser l’avancement d’infrastructures sanitaires, s’entretenir avec les acteurs de la transformation locale, engager l’Administration publique à plus de rigueur et d’efficacité. Cette présence régulière au contact des réalités quotidiennes donne au gouvernement une incarnation concrète et permet d’éviter que la politique ne se résume à un corpus de directives.

C’est ce rapport direct au réel qui caractérise ce que l’on pourrait appeler « la méthode Rimtalba ». Elle repose sur trois ressorts visibles : se rendre sur le terrain pour comprendre, exiger des résultats auprès des acteurs publics et privés, et incarner la souveraineté par l’action plutôt que par les slogans. L’une des constantes de ses interventions publiques est de rappeler le devoir d’efficacité, de discipline administrative et de célérité dans le traitement des dossiers. Il parle peu en technicien, mais agit en coordinateur opérationnel.

La souveraineté, dans sa lecture, n’est pas qu’une position idéologique ; elle doit se traduire par des hôpitaux qui avancent, des écoles qui fonctionnent, des usines qui produisent, une économie qui crée de la valeur sur place.
Sur le terrain diplomatique, la ligne est tout aussi lisible. La souveraineté n’a de poids que si elle se défend au-delà des frontières. C’est ainsi que le discours du Premier ministre devant la tribune des Nations unies en septembre 2025 a marqué les esprits. Ton ferme, propos assumés, critique franche du fonctionnement du système multilatéral et plaidoyer pour une réforme profonde du Conseil de sécurité. Une intervention qui n’avait pas pour objectif de séduire, mais d’affirmer.

Et qui s’inscrit dans la continuité de la vision stratégique portée par le président du Faso : défendre la dignité nationale, demander le respect, promouvoir une coopération équilibrée.
Les tournées diplomatiques, notamment celles consacrées à la consolidation de la Confédération des Etats du Sahel (AES), éclairent le même fil conducteur. Bamako, Niamey, audiences aux côtés d’ambassadeurs, échanges avec les organisations régionales, rencontres avec la diaspora à New York : partout, le message reste cohérent. L’AES ne doit pas être un slogan mais un cadre fonctionnel de sécurité, de commerce, de mobilité et de développement. Là encore, la méthode repose sur l’opérationnalisation plutôt que sur l’intention. La diplomatie n’est pas dissociée de l’action intérieure ; elle doit la soutenir, l’amplifier et l’accélérer.

Un an après, ce qui ressort de la gouvernance de Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo n’est donc pas un catalogue de réalisations, mais une dynamique. Une façon de gouverner. Un style. Celui d’un Premier ministre qui conçoit l’Etat comme un acteur en mouvement permanent et non comme un gestionnaire silencieux. Celui d’un chef de gouvernement qui se déplace, vérifie, corrige, encourage. Celui d’un exécutif où la parole politique trouve sa valeur dans le concret.

Le Président fixe la ligne, le Premier ministre la met en marche. Et c’est cette complémentarité qui fait dire à de nombreux observateurs que le pays tient là un binôme fonctionnel, lisible et cohérent, à un moment où les attentes sociales et sécuritaires sont immenses.

La méthode Rimtalba n’a pas vocation à tout résoudre en douze mois. Les défis restent tenaces, la sécurité demeure le premier horizon, la situation économique exige une constance de moyens et de résultats. Mais elle a permis, en un an, de réinstaller l’idée que l’action publique peut se voir, se toucher, se mesurer.

Que le gouvernement n’est pas seulement un organe technique, mais un instrument de souveraineté. Que l’Etat peut redevenir présent dans la vie quotidienne, pas uniquement dans les institutions. Le Premier ministre l’a résumé dans un de ses discours les plus cités : « la souveraineté n’est pas un discours. C’est un chantier ». La formule illustre bien l’époque : un pays qui se reconstruit, un chef de l’Etat qui impulse, un Premier ministre qui matérialise. Un an après son arrivée, la méthode Rimtalba s’est installée dans le paysage politique. Elle ne demande maintenant qu’à confirmer dans la durée ce qu’elle a su proposer dans l’élan.

La rédaction

Communications électroniques: le projet de couverture de 750 zones blanches présenté aux acteurs de Nando

Le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a organisé, vendredi 5 décembre 2025, à Koudougou, un atelier régional d’échanges pour présenter le chantier « zéro zone blanche » et le projet de couverture de 750 zones blanches.

Le Burkina fait face aux défis liés à la transformation digitale et à l’accès difficile aux services de communication pour une grande majorité de la population. Dans le cadre de l’amélioration de la couverture des réseaux mobiles et de la mise en œuvre du chantier « zéro zone blanche », le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques a prévu, pour l’année 2025, la couverture de 750 zones blanches afin d’offrir des services de communications électroniques aux populations des zones rurales. Ainsi, pour faciliter la mise en œuvre de cette initiative, il a entrepris une série d’ateliers régionaux pour présenter le projet et le faire comprendre aux autorités locales.

L’atelier de la région de Nando s’est tenu, vendredi 5 décembre 2025, à Koudougou. Placée sous la présidence du gouverneur de la région, Adama Jean Yves Béré, cette rencontre a connu la participation de plusieurs acteurs dont les autorités administratives, les leaders coutumiers et religieux, les représentants de l’Autorité de régulations des communications électroniques et des postes (ARCEP), les opérateurs de télécommunications ainsi que les responsables administratifs et techniques du MTDPCE. Le gouverneur Adama Jean Yves Béré a indiqué que la tenue de cet atelier traduit la volonté ferme du gouvernement de faire de l’accès aux services de communications électroniques un droit pour chaque citoyen, où qu’il se trouve sur le territoire national. Pour le gouverneur, ce projet n’est pas seulement une réponse technique à un déficit du réseau, il s’agit d’un levier stratégique pour renforcer la résilience des populations dans le contexte sécuritaire actuel. Il va, selon lui, stimuler le développement socio-économique des localités rurales et favoriser l’inclusion numérique.

« 104 sites dans le Nando »

A l’écouter, cet atelier est une belle opportunité de dialogue et de concertation. « Il permettra de partager les défis liés au déploiement des infrastructures », a-t-il ajouté. Le gouverneur s’est engagé à accompagner les autorités locales dans la mise en œuvre du projet dans la région de Nando.

Dans le même sens, le Directeur général (DG) des communications électroniques, Nongobzanga Zongo, s’est également réjoui de la tenue de cet atelier, car il permettra de trouver des solutions pour faciliter la mise en œuvre du projet. « Nous rencontrons des difficultés dans l’acquisition des terrains pour l’implantation des pylônes, car certains estiment que cela crée des problèmes de santé », a-t-il fait savoir. Pour lui, l’objectif est de faire comprendre aux populations des zones rurales le principe du réseau et d’obtenir leur adhésion afin de permettre l’accès à la connectivité sur toute l’étendue du territoire national.

S’agissant de la répartition des 750 sites d’installation, M. Zongo a souligné que la région de Nando bénéficiera de 104 sites d’installation sur les 750 répertoriés. Toujours selon le DG des Télécommunications, il existe près de 2 000 zones blanches sur l’étendue du territoire national à couvrir. Il a lancé un appel à l’endroit des différentes collectivités à travailler pour favoriser l’adoption du projet par les populations rurales. Il a également rassuré les zones non concernées pour cette année en précisant que le projet s’étend sur plusieurs années et que l’objectif est de couvrir tout le territoire national à l’horizon 2030.

Beyon Romain NEBIE
Didier OUEDRAOGO (Stagiaire)