Cinéma : Nanou ouvre ses portes à « La dérive des Bozos »

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Le clap officiel du film du cinéaste burkinabè, Abdoulaye Pathon Dao, a été donné par le camarade ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, à Nanou, commune de Boromo, province des Balé, ce mardi 8 septembre 2026.

Cette activité a connu la présence des autorités adminis-tratives, des forces de défense et de sécurité et coutumières ainsi qu’une population sortie massive-ment pour la circonstance. Dans une ambiance em-preinte de convivialité et de ferveur, Nanou a ainsi ouvert une nouvelle page de son histoire avec le cinéma, confirmant son potentiel comme terre d’accueil pour les productions cinémato-graphiques nationales et africaines. Nanou, une terre de cinéma qui s’affirme.

A l’occasion du clap de lancement, le chef de canton de Nanou a souhaité la bienvenue au camarade ministre et à sa délégation. Il a exprimé sa joie et sa fierté de voir sa localité retenue pour accueillir le tournage de cette œuvre cinématographique. Il a rendu hommage aux diffé-rents cinéastes ayant, au fil des années, porté leur choix sur Nanou pour leurs productions. Il a notam-ment cité Dani Kouyaté, Idrissa Ouédraogo et Abdoulaye Dao, dont les œuvres ont contribué à révéler les potentialités culturelles, architecturales et paysagères de la localité.

Pour le chef de canton, cette succession de tournages constitue une reconnais-sance du potentiel de Nanou. Il a, à cet effet, réaffirmé sa disponibilité à accompagner les profes-sionnels du cinéma et à leur ouvrir les portes de son village et de son palais. Son ambition est claire : faire de Nanou un carrefour du cinéma burkinabè et africain.

Trente ans après, un rêve devient réalité

Prenant la parole à son tour, le réalisateur et porteur du projet, Abdoulaye Pathon Dao, a exprimé sa gratitude au chef de canton et à l’ensemble des populations de Nanou pour leur accueil, leur hospitalité et les différentes formes d’accom-pagnement apportées à l’équipe de tournage. Il a également salué l’accompa-gnement du ministère, qui a permis de concrétiser un projet nourri depuis plus de trois décennies. Adapté de l’œuvre de l’écrivain burkinabè Jacques Prosper Bazié, « La dérive des Bozos » apparaît ainsi comme l’aboutissement d’un long parcours fait de rêve, de patience et d’espoir.

Au-delà de sa dimension cinémato-graphique, le projet porte également une forte dimen-sion de transmission inter-générationnelle, puisqu’il permet de faire passer une œuvre littéraire de la génération de son auteur à celle d’un nouveau public, par le langage du cinéma. 100 millions F CFA pour accompagner la création cinématographique. Dans son intervention, le Mi-nistre Pingdwendé a salué la forte mobilisation des populations de Nanou ainsi que l’accueil chaleureux qui lui a été réservé.

S’adressant au chef de canton, il a exprimé sa reconnaissance pour son engagement en faveur de la sauvegarde, de la valorisation et de la promotion du patrimoine culturel burkinabè. Il l’a également encouragé à poursuivre son action en faveur de la cohésion sociale et du vivre-ensemble, dans son canton et au-delà, en mettant son influence et son autorité morale au service de l’unité et de la solidarité entre les Burkinabè.

Evoquant le financement du projet, le chef du départe-ment en charge des arts et de la culture a indiqué que le film bénéficie d’une subvention de son départe-ment à travers le Faso Film Fonds lancé par l’Agence burkinabè de la cinémato-graphie et de l’audiovisuel (ABCA), d’un montant de 100 millions francs CFA. Pour lui, cet accompagne-ment constitue une illus-tration de la résilience du Burkina Faso et de la volonté ferme du chef de l’Etat, le camarade capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, de soutenir la création et l’industrie culturelles, même dans un contexte national marqué par de nombreux défis. Cette politique traduit également la capacité du pays à continuer d’investir dans la culture, les arts parallèlement aux efforts engagés pour la reconquête du territoire national et la relance du développement.

Cinéma et reconquête : « continuer à créer malgré les difficultés »

Le camarade ministre a, à cette occasion, invité le chef de canton à davantage prier pour le chef de l’Etat, afin qu’il puisse réussir la mission qui lui a été confiée dans le cadre de la reconquête et du développement du Burkina Faso. Il a relevé le caractère particulier de cette mission, qui consiste à mener simultanément la lutte contre le terrorisme et la mise en œuvre effective de projets de dévelop-pement au bénéfice des popu-lations. Dans ce contexte, la réalisation d’un film d’une telle envergure apparaît également comme un acte de résilience : continuer à créer, raconter le Burkina Faso et faire vivre son patrimoine.

Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a salué le talent, le professionnalisme et la détermi-nation du réalisateur et de son équipe. Il a souhaité que « La dérive des Bozos » soit une œuvre de référence, capable de mettre en lumière la richesse du patrimoine culturel burkinabè et la rencontre entre valeurs traditionnelles et modernité. Il a également formulé le vœu de voir le cinéma burkinabè poursuivre sa dyna-mique d’excellence et porter haut les couleurs nationales au FESPACO 2027, avec l’ambition de décrocher un second sacre consécutif.

Le clap officiel, avant la découverte du palais royal

Le moment tant attendu est finalement arrivé avec le clap officiel donné par le ministre, consacrant le lancement officiel du tournage de « La dérive des Bozos ». La cérémonie s’est achevée par une visite du palais royal de Nanou, inscrit sur la liste nationale des sites et attraits touristiques du Burkina Faso. Cette visite a permis de rappeler la complémentarité entre cinéma, patrimoine et tourisme, et surtout l’intérêt de valoriser les sites culturels comme décors de production tout en les faisant connaître auprès du grand public. Avec le lancement de « La dérive des Bozos », Nanou confirme ainsi son statut de terre de culture et de cinéma, tandis que le septième art burkinabè démontre une fois encore sa capacité à raconter le pays, à transmettre sa mémoire et à porter son image au-delà de ses frontières.

DCRP-MCCAT

Opération Dougoukoloko : les FAMa neutralisent plusieurs bases et équipements terroristes à Mahou et Kadiania

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Dans le cadre de l’opération Dougoukoloko, l’Etat-major général des Armées a annoncé le ciblage et la neutralisation réussie de plusieurs points de concentration terroristes, abritant des combattants et du matériel de guerre, lors d’interventions menées les 8 et 9 septembre 2026 dans les régions de Koutiala et de Bougouni.

Selon la source sécuritaire, le mardi 8 septembre 2026, au nord-ouest de la localité de Mahou, région de Koutiala, l’exploitation de renseignements précis a permis de localiser huit points de concentration de groupes armés terroristes disposant de matériels de guerre et logistique dont plusieurs motocyclettes. Elle précise qu’après confirmation des renseignements et évaluation de la situation, les positions identifiées ont été ciblées et traitées avec succès.

Le mercredi 9 septembre 2026, la même source signale qu’au nord-est de Kadiania, région de Bougouni, plusieurs autres points de regroupement abritant de nombreux terroristes ainsi que divers matériels de guerre dont des motocyclettes, ont été repérés. Le commandement militaire relève qu’après analyse et confirmation des renseignements, les positions concernées ont également été traitées avec précision.

La hiérarchie militaire signale que les opérations de surveillance et de reconnaissance se poursuivent dans les secteurs concernés afin d’évaluer avec précision les effets des frappes, d’établir un bilan consolidé et de rechercher puis neutraliser toute menace résiduelle.

L’Etat-major général des Armées réaffirme la détermination des FAMa à poursuivre, avec rigueur, professionnalisme et engagement, les opérations de sécurisation sur l’ensemble du territoire national. Il invite les populations à maintenir leur soutien et leur confiance aux forces engagées.

L’Essor/Mali

Agadez/Niger : le chef d’Etat-major de l’armée de Terre en mission d’inspection des troupes

Le chef d’Etat-major de l’armée de Terre, le général de brigade Maman Sani Kiou a entamé, ce mercredi 9 septembre 2026, une mission de travail dans la région d’Agadez.

A la tête d’une importante délégation, le général de brigade Maman Sani Kiou a été accueilli à l’aéroport international Mano Dayak par le gouverneur de la région, le général de division Ibra Boulama Issa, entouré de plusieurs responsables administratifs, coutumiers et militaires dont Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, sultan de l’Aïr, ainsi que le commandant de la Zone de défense N°2, le colonel Samaila Tahirou.

Cette mission, qui intervient dans un contexte marqué notamment par les événements survenus les 28 et 29 août derniers, vise à effectuer une visite d’inspection, renforcer le rapprochement avec les hommes, et consolider les informations nécessaires auprès des unités afin de lutter contre la désinformation.

A sa descente d’avion, le chef d’Etat-major de l’armée de Terre a reçu les honneurs militaires rendus par un détachement des Forces armées nigériennes de la Zone de défense N°2. Il a ensuite reçu les salutations des responsables des Forces de défense et de sécurité, ainsi que celles des responsables civils des services déconcentrés de l’Etat présents à l’accueil.

Peu après son arrivée, et conformément à son agenda, le général de brigade Maman Sani Kiou, accompagné des membres de sa délégation et des responsables militaires de la Zone de défense N°2, a tenu un rapport général à la place d’Armes de la Zone de défense N°2.
Devant les officiers, sous-officiers et hommes du rang, le chef d’Etat-major de l’armée de Terre a transmis les salutations et les encouragements du président de la République, chef de l’Etat et chef suprême des Armées, ainsi que ceux de la haute hiérarchie militaire.

Cette rencontre a également permis au général de brigade Maman Sani Kiou de se rapprocher davantage des personnels, de recueillir leurs préoccupations et de s’enquérir directement de la situation au sein des unités. Elle constitue, à ce titre, un moment important d’écoute, d’échanges et de transmission des orientations de la hiérarchie militaire.

Cette mission, indique-t-on, traduit la volonté du commandement de maintenir une proximité constante avec les personnels, de renforcer la cohésion et la vigilance et de consolider l’efficacité opérationnelle des Forces armées nigériennes.

Le Sahel/Niger

Campagne agricole humide : 931 000 tonnes de céréales attendues dans le Nando

La campagne agricole humide 2026-2027 se déroule bien dans la région de Nando. C’est le constat fait, le mardi 25 août 2026, dans les provinces du Boulkiemdé et du Sanguié.

Les agriculteurs de la région de Nando sont à la tâche et les champs présentent une bonne physionomie. C’est le constat fait, le mardi 25 août 2026, lors d’une sortie dans les champs. Du maïs au niébé, en passant par l’arachide, les cultures affichent une bonne croissance. Les producteurs rencontrés ne cachent pas leur satisfaction face à l’évolution de leurs parcelles et nourrissent l’espoir de réaliser de bonnes récoltes au terme de la saison. C’est le cas de Seydou Bazyomo, producteur à Zoula, localité située à quelques encablures de Réo, chef-lieu de la province du Sanguié.

Son exploitation de maïs s’étend sur plus de trois hectares et certains portent déjà des épis, de quoi réjouir le producteur présenté comme un modèle dans la zone. « Notre production présente des différences avec celles des voisins parce qu’en plus des engrais, nous produisons nous-mêmes le compost pour enrichir davantage le sol », explique-t-il. Le sexagénaire ajoute que cela est facilité par l’élevage des bœufs qu’il pratique à côté de l’agriculture. Baléma Bationo a opté cette année pour la production de niébé.

Sur une superficie de quatre hectares, son champ situé sur l’axe Koudougou-Réo présente une bonne évolution. « Nous prions pour que les pluies maintiennent leur rythme jusqu’à la fin de la saison. Nous attendons plus d’une tonne et demi par hectare à la récolte », projette M. Bationo. Le directeur provincial de l’agriculture du Sanguié, Salomé Toukoumnogo Ouédraogo, a fait remarquer que les producteurs aussi respectent de plus en plus les appuis-conseils des agents techniques d’agriculture.

« Certains producteurs investissent véritablement dans la production et sur le terrain nous nous engageons aussi à les accompagner », soulignant Seydou Bazyomo qui se distingue parmi eux. Au-delà des conditions pluviométriques, les producteurs rencontrés saluent également l’appui de l’Etat, notamment la subvention des engrais, des semences améliorées ainsi que les labours. Pour Gildas N’do, producteur à Toéga, dans la commune de Koudougou, l’appui reçu a contribué à faciliter la mise en place de son exploitation.

« De bonnes récoltes en perspectives »

Le champ de maïs de Seydou Baziomo de plus de 3 ha est à l’étape
de l’épiaison.

Ce sentiment est partagé par Haïdara Bazyomo, retrouvé aux abords de son champ. Celui-ci relève particulièrement l’importance de l’accompagnement de l’Etat dans l’amélioration des conditions de production. « Nous faisons ce travail depuis longtemps, mais nous n’avions pas ces résultats. L’accompagnement de l’Etat a boosté la production et galvanisé les agriculteurs », indique-t-il.

Selon le directeur régional en charge de l’agriculture de Nando, Antoine Zorma, 931 000 tonnes de céréales sont attendues pour cette campagne, dont 291 000 tonnes de maïs et 79 000 tonnes de riz. On note également plus de 2 600 hectares de bas-fonds aménagés, des centaines d’hectares labourés à prix subventionné. Les quantités d’eau enregistrées dans la zone de Léo, explique M. Zorma, sont plus élevées comparativement à celles de l’année dernière.

« Nous demandons aux producteurs de surveiller les attaques de chenilles légionnaires ou autres menaces et de signaler tout cas de sécheresse afin que les services techniques puissent agir rapidement. Dans le Boulkiemdé comme dans le Sanguié, les signes observés dans les champs sont encourageants. Maïs, le niébé et l’arachide poursuivent leur croissance et laissent entrevoir de bonnes perspectives. Quant aux provinces de la Sissili et du Ziro, les données de la direction régionale de l’agriculture montrent que les grands producteurs se sont engagés dans la production de Soja, du blé en plus du maïs.

Ces spéculations sont produites sur de grandes superficies. Dans les zones de Léo et Sapouy, certains producteurs ont des champs de près de 100 hectares de maïs de dizaines d’hectares en soja et blé », a fait savoir le DR de l’agriculture de Nando. Pour les producteurs, l’enjeu est désormais de voir ces conditions favorables se maintenir jusqu’à la fin de la campagne afin de transformer les promesses actuelles des champs en récoltes satisfaisantes. Ils attendent surtout une poursuite régulière des pluies jusqu’à la maturation des cultures. La bonne évolution actuelle des champs constitue, pour eux, un motif d’espoir.

Beyon Romain NEBIE
beynebie@gmail.com

Le pari d’une modernisation globale

L’accroissement des infrastructures universitaires au Burkina Faso devient, au fil du temps, une réalité. Considérée pendant longtemps comme l’un des nœuds gordiens de l’enseignement supérieur, la question du manque de salles de classe et autres infrastructures connexes du système universitaire relèvera, bientôt, d’un vieux souvenir. Alors que la construction d’infrastructures se poursuit à un rythme soutenu, dans l’ensemble des Centres universitaires, un grand pas a été réalisé à l’Université Nazi-Boni, au grand bonheur des étudiants.

Il s’agit d’un nouvel amphithéâtre de 1 200 places, déjà opérationnel dans la ville de Sya. Cette acquisition, il faut le dire tout de go, illustre à suffisance une dynamique plus large engagée pour renforcer les capacités de l’enseignement supérieur et offrir à la jeunesse des conditions d’études en phase avec les ambitions du moment. Cette réalisation s’inscrit également dans une vision globale de modernisation des universités publiques, fondée à la fois sur l’amélioration des infrastructures et sur la régularisation du fonctionnement académique.

C’est connu de tous, pendant de nombreuses années, les universités publiques ont été confrontées à d’importants retards, à des chevauchements d’années et à des calendriers académiques irréguliers. Cette situation n’a pas été sans conséquences sur la formation des étudiants. C’est ainsi que depuis 2023, une nouvelle dynamique a été engagée, afin
de résorber progressivement ces difficultés. La mobilisation de la communauté universitaire, la réorganisation du travail, la réduction de certaines périodes de vacances, le recrutement d’enseignants-chercheurs, mais aussi la construction d’infrastructures figurent parmi les leviers mobilisés pour l’atteinte des objectifs.

Aux résultats, l’on est parvenu à la normalisation des filières qui est passée, selon le ministère en charge de l’enseignement supérieur, de 81,31 % en octobre 2024 à 92,52 % en octobre 2025, avant d’atteindre 98,44 % en juillet 2026 et 99,69 % à la fin du mois d’août. Ce serait une lapalissade de le dire. Cette progression remarquable aura un fort impact sur les investissements réalisés dans les infrastructures universitaires. Cela, d’autant plus que la normalisation des calendriers ne peut être durable que si elle ne s’appuie sur des capacités d’accueil adaptées à la croissance des effectifs.

C’est dans cette dynamique qu’il est prévu la réalisation de 40 amphithéâtres ainsi que des blocs pédagogiques, des laboratoires et des cités universitaires, dans le cadre de l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ). Dans un contexte marqué par la nécessité de mieux accueillir des effectifs croissants, chaque salle de cours supplémentaire contribue à améliorer l’environnement pédagogique. D’autres projets engagés à travers le pays, confirment cette orientation. De Ouagadougou, à Ouahigouya, Manga, en passant par Kaya, de nombreuses infrastructures sont en réalisation.

Il s’agit, à travers toutes ces actions, de créer les conditions d’un fonctionnement universitaire plus régulier, plus efficace et plus performant. Et au-delà de ces acquis, c’est clair que l’enjeu est de transformer les performances enregistrées en matière de normalisation académique en une nouvelle culture universitaire. Toutefois, il appartient à l’ensemble des acteurs concernés à travailler pour que ces nouvelles capacités permettent véritablement aux étudiants de commencer et d’achever leurs formations dans les délais.

Dorénavant, sans risque de se tromper, l’on peut dire que de Bobo-Dioulasso aux autres pôles universitaires du pays, l’enseignement supérieur occupe une place stratégique dans les ambitions nationales. Pour ce qui est de l’université Nazi-Boni de Bobo Dioulasso, c’est une nouvelle étape qui est franchie, susceptible de préparer les étudiants face aux défis du développement national. Au total, l’investissement massif et soutenu dans la qualité de l’éducation sonne donc comme la concrétisation d’une vision stratégique pour transformer la jeunesse estudiantine en un puissant levier de développement durable et de paix résiliente au service de la souveraineté nationale.

Soumaïla BONKOUNGOU

IIes Jeux de l’AES : carton plein pour les Burkinabè au tir à l’arc traditionnel

Les archers du Burkina Faso ont surclassé la concurrence dans toutes les catégories lors de la compétition de tir à l’arc traditionnel le mercredi 9 septembre 2026 à Ouagadougou.

Ollo Boutoté et Kapounè Hien, tous du Burkina Faso ont été les deux derniers archers a gratifié le public d’un spectacle des meilleurs lors de la finale hommes en individuel. A 25 mètres de la cible, les deux hommes ont rivalisé d’adresse jusqu’au dernier des neuf tirs qu’ils ont eu à effectuer chacun. Lors de la première série des trois flèches, ils ont tous les deux accroché 12 points, Ollo Boutoté réalisant un 9-3-0 et Kapounè Hien, un 8-4-0. Pour le second volet, Kapounè Hien met la pression sur son vis-à-vis en touchant la cible à 7-6-0 points soit un cumul désormais de 25 points.

Ollo Boutoté lui marque 5-1-0 points ce qui lui fait un total de 18 points. Acculé, il réagit en touchant la partie de la cible à 8 points dès le premier tir de son dernier essai. Mais la réplique de l’adversaire tue tout suspense. Celui-ci enregistre 9 points à son tour, enchaine avec 5 points et termine par un point pendant que son compatriote faisait 0 point et Hors cadre (HC) pour ses ultimes tirs.

Kapounè Hien s’offre donc la première place devant Ollo Boutoté et Gildas Palé classé 3e. Chez les dames, la Malienne Ramatoulaye Traoré n’a pas fait le poids devant la Burkinabè Yéri Jeannet Kambou dans la finale qui les a opposées. Sur les trois tours à une distance de 15 mètres de la cible, la représentante burkinabè a réalisé successivement 2-0-0, 2-0-0 et 3-0 HC quand sa rivale faisait HC-0-0,0-0-0 et 0 HC-HC.

La 3e place du podium est revenue au Burkina Faso grâce à Kabako Kam. Les Burkinabè se sont également illustrés aussi bien en compétition par équipe qu’en mixte en occupant les premières places. Le Niger se classe 2e aussi bien par équipe qu’en mixte laissant la dernière place au Mali.

La journée de ce jeudi est consacrée au tir olympique dont les éliminatoires se déroulent ce matin sur le terrain annexe du stade du 4-Août. Les finales sont prévues pour cet après-midi à partir du 15h.

Voro KORAHIRE

Jeux de l’AES/ Handball féminin : les Etalons prennent une option face au Mali

Le Burkina Faso a réussi son entrée dans la compétition de handball féminin des Jeux de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Opposées au Mali, mercredi 9 septembre 2026 au palais des Sports de Ouaga 2000, les Etalons se sont imposées sur le score de 35 à 26, à l’issue de la manche aller. Le match retour est prévu le vendredi 11 septembre prochain. Le Niger, troisième pays membre de l’AES, n’a pas engagé d’équipe dans cette compétition.

Ce sont pourtant les Maliennes qui ouvrent les hostilités en inscrivant le premier but de la rencontre. Après un début équilibré, marqué par un score de parité de 2 buts partout, les Burkinabè prennent progressivement le contrôle des débats. Elles creusent rapidement l’écart pour mener 6 à 2. Les visiteuses réagissent et parviennent à réduire leur retard. La rencontre devient alors plus serrée, les deux équipes se rendant coup pour coup. Le Mali revient à une longueur du Burkina, 10 à 9.

Les Etalons retrouvent toutefois leur efficacité dans les dernières minutes de la première période et regagnent les vestiaires avec cinq buts d’avance, 14 à 9. A la reprise, les Maliennes sont une nouvelle fois les premières à marquer. Mais les Burkinabè reprennent rapidement leurs distances et imposent progressivement leur rythme. Malgré quelques déchets dans le jeu offensif, elles conservent la maitrise de la rencontre. Le principal point faible des Etalons aura été leur tendance à privilégier les actions individuelles. Plusieurs joueuses ont parfois préféré les duels au jeu collectif et aux passes, leur faisant perdre des opportunités de but. Malgré ces imperfections, les Burkinabè accentuent leur avantage au fil des minutes pour finalement s’imposer 35 à 26.

Au terme de la rencontre, Latifa Ouédraogo a été désignée meilleure joueuse. Pour le technicien burkinabè, Moussa Tou, la victoire constitue l’essentiel, même si la prestation de ses joueuses peut encore être améliorée. «Elles pouvaient faire mieux parce que nous connaissons leur niveau après plusieurs regroupements. Sur le plan du jeu, il y a des points dont nous ne sommes pas satisfaits. Sur le plan comptable, nous sommes satisfaits, mais nous avons toujours des imperfections à revoir », a-t-il souligné. Le match aller a également permis aux deux équipes de mieux se découvrir.

« L’équipe malienne nous a posé beaucoup de difficultés sur le plan physique. Nous avons découvert cette équipe en même temps qu’elle nous a découverts. Le Mali a son plan de jeu pour le retour et nous avons également le nôtre. Je pense que le match retour sera différent », a-t-il ajouté. Le technicien malien, Tiga Ouédraogo reconnait la supériorité du Burkina Faso. « Le meilleur a gagné.

Les Burkinabè étaient meilleurs que nous sur les plans tactique, technique et physique. C’est pourquoi nous avons perdu », a-t-il reconnu. Il évoque également une préparation insuffisante de son équipe. « Nos jeunes n’ont eu que trois séances d’entraînement avant de venir ici. Sur le plan physique, nous avons donc un peu péché », a-t-il précisé. Malgré la défaite, il reste confiant avant le retour.

Pengdwendé Achille OUEDRAOGO

Carte d’identité biométrique AES : les opérations d’établissement lancées à Koudougou

L’Office national d’indentification (ONI), a lancé le mercredi 9 septembre 2026, à Koudougou, les opérations spéciales d’établissement de la Carte d’identité biométrique AES (CIB-AES).

En prélude à la commémoration de la VIIe édition de la Journée internationale de l’identité, célébrée le 16 septembre de chaque année, l’Office national d’identification (ONI), a lancé, le mercredi 9 septembre 2026, dans la cité du Cavalier rouge, les opérations spéciales d’établissement de la Carte d’identité biométrique AES (CIB-AES). L’accès à une pièce d’identité de l’avis du secrétaire général de la région de Nando, Lucien Guengueré, constitue aujourd’hui une nécessité pour tout citoyen, car, elle permet de justifier son identité, de faciliter ses démarches administratives et de participer pleinement à la vie économique et sociale.

« C’est pourquoi, toute initiative visant à faciliter l’accès à ce document, mérite d’être saluée et encouragée », a-t-il soutenu. En plus d’être reconnue juridiquement, ce document permet à chaque citoyen d’accéder à de nombreux services de base. C’est dans cette dynamique que l’ONI, à entendre son directeur général, Arzouma Daouda Parfait Louré, poursuit ses actions de proximité, afin de renforcer davantage la sensibilisation et de rapprocher le service d’identification des populations.

« Cette journée ne doit pas être perçue comme une simple date commémorative. Elle est plutôt un moment de prise de conscience d’actions. Elle nous rappelle que l’identité est à la fois un droit, une protection et un instrument essentiel de citoyenneté », a justifié M. Louré. Le représentant du mouvement sunnite, Omar Bonkoungou, a apprécié cette initiative de l’ONI, pour le choix porté sur leur mosquée, pour le lancement des activités d’enrôlement. Pour M. Louré, le choix de la région de Nando, s’explique par le fait que cette activité d’établissement de la CIB-AES est nationale. Et, le choix du culte rappelle l’inclusion sociale. « Cette option peut viser également les marchés et les hôpitaux, car, c’est une manière de nous rassurer qu’aucun Burkinabè ne reste sans identité », a-t-il indiqué.

S’enrôler à 5 ans évite le trafic d’enfants

Cette activité d’enrôlement biométrique qui se déroule, du 9 au 16 septembre 2026, sur toute l’étendue du territoire national, est ouverte à toutes les personnes à partir de 5 ans et devient obligatoire à l’âge de 13 ans. Le directeur général a souligné que l’âge de 5 ans, appréhende une meilleure inclusion des populations et donne à l’Etat burkinabè, un meilleur instrument de gouvernance. Moussa Kaboré qui s’est enrôlé, a jugé supportable, le coût pour l’obtention de la carte à 3 500 F CFA pour les enfants aussi, car, il a estimé qu’avec le trafic d’enfants, s’enrôler à 5 ans, va permettre aux autorités de faciliter les contrôles sur le terrain.

Selon M. Louré, des dispositions sont prises pour assurer la célérité du processus et permettre aux bénéficiaires de disposer rapidement de leurs nouvelles cartes dans de meilleur délai. Le document central essentiel pour l’établissement de la CIB-AES est l’extrait de naissance. « En fonction de la situation particulière du demandeur, d’autres documents peuvent s’inviter, notamment le certificat de nationalité burkinabè pour ceux qui sont nés à l’étranger. Il y a aussi l’acte de mariage pour les femmes qui désirent porter le nom de famille de leurs époux », a-t-il précisé.

Le premier responsable de l’ONI, a noté que depuis un moment, les populations ont relevé une lenteur dans la délivrance de la carte d’identité et cela s’explique par le fait que l’office est en train de basculer vers une nouvelle plateforme, qui va bientôt enlever cette épine de lenteur du pied. « Pour l’instant, nous faisons majoritairement l’enrôlement sur papier et cela allonge le traitement, dans la mesure où ces demandes doivent être retournées à la base au niveau des centres de production dans les chefs-lieux de région, pour un traitement rigoureux », a-t-il clarifié.

Pour cette opération spéciale d’établissement, l’ONI dit avoir la capacité d’enrôler autant de personnes qui viendront et il espère faire un bon taux. « Environ 500 centres d’enrôlement sont prévus à travers le Burkina et d’ici à la fin de l’année 2026, ces centres bénéficieront de kits mobiles pour un enregistrement numérique, en vue d’accélérer les délais de délivrance », a rassuré le directeur général, Arzouma Daouda Parfait Louré.

Afsétou SAWADOGO

Inauguration du complexe industriel TEXFORCES-BF : désormais des tenues militaires « made in Burkina »

Le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé, le mercredi 9 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, à l’inauguration du complexe industriel de Textile des forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF). D’un coût d’investissement de 17 milliards de francs CFA, cette infrastructure industrielle entend renforcer la transformation locale du coton, répondre aux besoins d’habillement des Forces de défense et de sécurité et contribuer à la création d’emplois.

Lancé en avril 2024, le complexe industriel de Textile des forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF) est prêt à produire ses premières tenues militaires. L’inauguration a été faite par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, le mercredi 9 septembre 2026 à Bobo-Dioulasso. Avec un coût d’investissement de 17 milliards de francs CFA, ce complexe industriel stratégique est implanté sur un site de 30 hectares à Logofourousso, dans l’arrondissement 7 de la capitale économique du Burkina Faso. Selon le chef de
l’Etat, cette infrastructure est un symbole de souveraineté.

« La souveraineté ne se décrète pas, elle se construit par l’action, elle se produit, elle se défend », a-t-il laissé entendre. A en croire le capitaine Ibrahim Traoré, ce joyau est né de la volonté souveraine du peuple du Burkina Faso de transformer lui-même ses ressources, d’habiller ses vaillantes forces combattantes ainsi que la population civile. « Ce complexe est unique en son genre dans la sous-région. C’est un message fort parce que ce ne sont pas des investisseurs étrangers qui sont venus le faire.

Ce ne sont pas des capitaux étrangers. C’est propre à nous. C’est un complexe qui a été financé par le peuple burkinabè pour faire tout ce que le peuple veut en matière de textile », a souligné le président du Faso. Il a invité le peuple burkinabè à croire en ses capacités. Avec ses unités de filature, de tissage-tricotage, de finition et de confection, TEXFORCES-BF ambitionne de constituer un maillon important de la chaîne nationale du coton et du textile. Le complexe doit notamment produire des tenues destinées aux Forces de défense et de sécurité, mais également des effets d’habillement pour les populations civiles.

Réduire la dépendance vis-à-vis des importations

A travers cette coupure de ruban, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a officiellement lancé les activités de TEXFORCES-BF.

Selon le président du conseil d’administration de TEXFORCES-BF, le général de brigade Ismaël Kiswendsida Souampa Diaouari, le complexe dispose de capacités pouvant atteindre annuellement 20 millions de mètres de tissu au tissage, 20 millions de mètres en finition-teinture et entre 4 et 6 millions de tenues confectionnées. Le complexe prévoit également une production pouvant atteindre un million de paires de chaussettes par an. Une unité de tricotage à plat est, par ailleurs, destinée à la production de cols, poignets et articles connexes.

A entendre le président du conseil d’admi-nistration, environ 1 300 ouvriers ont participé à la construction des infrastructures et à l’installation des équipe-ments. Plusieurs centaines de jeunes Burkinabè ont, par ailleurs, été formés aux métiers industriels. « Avec la montée en puissance de l’entreprise, l’objectif affiché est d’atteindre environ 20 000 emplois directs et de soutenir potentiellement plus de 60 000 emplois et moyens d’existence dans l’écosystème coton-textile, logistique, commercial et des services », a indiqué le général de brigade Diaouari.

Selon le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, qui a livré le discours du président du Faso, la mise en place de cette infrastructure vise à réduire progressivement la dépendance du Burkina Faso vis-à-vis des importations et à accroître la transformation locale des matières premières. « Nous ne pouvons pas continuer à produire la matière première, exporter les emplois qu’elle peut créer et importer ensuite les produits issus de notre propre richesse », a-t-il souligné.

Pour lui, cette orientation s’inscrit dans une démarche de consolidation de la souveraineté écono-mique, technologique et industrielle du Burkina Faso. Le ministre a aussi insisté sur le rôle des producteurs de coton dans cette chaîne de valeur. « Cette usine est aussi la vôtre », leur a-t-il lancé. Il s’agit, selon lui, de rapprocher le monde rural du monde industriel et de faire en sorte que la transformation du coton profite davantage aux différents acteurs de la filière.

A l’écouter, la chaîne de transformation doit également intégrer les stylistes, designers, modélistes, couturiers, commerçants, logisticiens et autres acteurs de l’écosystème textile. L’objectif affiché est de favoriser l’émergence d’un
« made in Burkina Faso » reposant sur la production locale, la qualité et la créativité.

Noufou NEBIE

Vente de têtes et pattes de ruminants : un commerce qui nourrit son homme

La vente des têtes et pattes de mouton est devenue une activité qui mobilise de plus en plus de personnes à Ouagadougou. De l’abattoir à l’assiette, c’est tout une chaine qui s’est créée autour de cette activité. Sidwaya fait le constat sur ce commerce discret mais qui permet à bon nombre de citoyens de subvenir à leurs besoins vitaux.

Il est 8 heures, ce mardi au marché de « Bouzout Yaar », situé dans le quartier Sanyiri dans l’arrondissement 11 dans la ville de Ouagadougou. Ce lieu, exclusivement réservé à la vente des pattes, des peaux et des têtes de petits et de gros ruminants fumés, grouille déjà de monde. Une épaisse fumée s’élève au-dessus des étals. Des têtes, des pattes de moutons, chèvres et bœufs grillent lentement sur la braise à plusieurs endroits. A côté, ce sont d’autres morceaux exposés à l’air libre qui attendent de passer au feu.

Dans ce coin où l’odeur du feu se mêle à celle de la viande, Boureima Tapsoba s’active avec ses enfants pour satisfaire sa clientèle. Cela fait plus d’un demi-siècle qu’il évolue dans le métier. « C’est mon premier métier. Je l’ai embrassé, parce qu’elle m’aide ainsi que ma famille », déclare-t-il. Aujourd’hui, du fait du poids de l’âge, le patriarche a cédé sa place à ses enfants. Pour ne pas se tourner les pouces à la maison, il vient souvent les épauler. Boureima Tapsoba confie que les prix des têtes de ruminants varient entre 3000 et 5000 FCFA.

Il affirme que sa famille continue de tirer son épingle du jeu. « Il y a des moments où nous pouvons sourire et il y a aussi des jours où le marché est timide », précise-t-il. Souleymane Ilboudo est aussi un vendeur de têtes et pattes de ruminants dans ce marché. « C’est mon train-train quotidien depuis 20 ans. Une fois de retour de l’abattoir, je fais passer les têtes au feu pour qu’elles soient bien grillées. Ensuite, je racle les parties noires, je les lave, puis je les expose sur les tables », explique-t-il. Comme le vieux Tapsoba, Souleymane Ilboudo rend grâce à Dieu.

« C’est grâce à cette activité que je subviens aux besoins de ma famille », avoue-t-il. Il soutient qu’il lui arrive de vendre une seule tête par jour, tandis que d’autres jours il peut écouler une dizaine. Quid des difficultés du métier, Souleymane Ilboudo souligne qu’il arrive souvent d’acheter des têtes avant de se rendre compte qu’il a filé du mauvais coton. « Sur dix têtes, plus de quatre peuvent se révéler être en état de putréfaction. Ce qui
constitue une perte énorme, car nous sommes obligés de les déclasser », assure-t-il.
Abdoul Aziz Compaoré est un autre habitué du marché depuis 2006.

Auparavant commerçant, c’est par le biais de ses frères qu’il s’est intéressé à la vente des têtes de moutons. Pour éviter les pertes, il conserve sa viande dans des congélateurs, ce qui engendre des coûts supplémentaires. En sus des congélateurs, il a lui-même fabriqué des bacs de conservation. Abdoul Aziz Compaoré relève qu’en plus des différentes régions, sa clientèle vient des pays voisins, notamment du Niger, du Ghana, du Bénin et de la Côte d’Ivoire. Il invite ceux qui sous-estiment leur métier à revoir leur copie. « C’est une activité qui mérite d’être reconnue et respectée comme tout autre métier », plaide-t-il. Puis de justifier que le business a créé une chaine d’activités dont plusieurs personnes tirent profit.

Du marché à l’assiette

Des têtes et pattes de mouton fumées, alignées sur les tables, en attente d’acheteurs.

C’est le cas de Salimata Ouédraogo, gérante de restaurant. « J’achète les têtes et pattes pour les préparer. Je trouve que c’est très bénéfique pour moi », se réjouit-elle. Elle confie que le prix varie selon la quantité achetée : « Si la tête coûte 3 000 F CFA, pour nous qui prenons en gros, elle nous est cédée à 2 500 F CFA », précise-t-elle, ajoutant que ce tarif reste plus abordable que pour une personne qui achète uniquement pour la cuisine à la maison.

Si le marché reste le lieu où tout commence, certains ont su transformer ce produit longtemps déprécié en une offre plus élaborée. C’est le pari qu’a fait Emmanuelle Bancé qui tient aujourd’hui son propre restaurant, à Ouagadougou. Son idée, explique-t-elle, est de proposer à sa clientèle quelque chose qui sort de l’ordinaire. Pour ce faire, elle a une recette magique. « L’ingrédient phare de ma soupe est le soumbala, préparé localement à base de néré ou de soja. J’ai fait ce choix à cause de son parfum qui donne envie de déguster », confie-t-elle. Puis de poursuivre, qu’à cela s’ajoute une petite touche particulière qu’elle garde secrète, pour faire la différence avec la concurrence.

Pour appâter la clientèle, Emmanuelle Bancé propose la tête entière et 4 pattes à 5 000 FCFA et la moitié de la tête, plus 2 pattes à 2 500 F CFA. Pour elle, ces prix sont véritablement raisonnables, car un travail invisible ardent est abattu pour parvenir à ce produit fini. « Il faut trouver un intermédiaire à l’abattoir, payer le nettoyage, assurer trois heures de cuisson au gaz, sans compter le risque de recevoir des têtes déjà abîmées », détaille-t-elle. Qu’à cela ne tienne, la restauratrice dit tirer son épingle du jeu.

« Nous ne gagnons pas assez pour devenir millionnaire pour le moment, mais ça permet quand même de nourrir son homme », assure-t-elle. Consciente des efforts qu’exige encore son activité, Emmanuelle Bancé lance un appel aux autorités compétentes pour résoudre les difficultés d’approvisionnement des têtes et pattes de ruminants. Un accompagnement adéquat, selon elle, permettrait à termes de proposer des prix encore plus accessibles aux consommateurs. En attendant ce soutien, son enseigne ne désemplit pas. « A chaque fois que je veux la soupe de tête de mouton c’est chez « Dédé » que je viens m’en procurer », affirme un client tout en invitant les Ouagavillois à y faire un tour pour déguster le savoir-faire local.

Mouniratou OUEDRAOGO
(Stagiaire)