RDC : une sombre affaire

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Que se passe-t-il en République démocratique du Congo (RDC) ? Ces dernières semaines, plusieurs arrestations ont eu lieu dans les rangs de l’armée. 11 officiers généraux et 14 autres officiers supérieurs ont été interpellés et gardés dans des endroits tenus secrets. Dans le lot des hauts gradés aux arrêts, figurent, entre autres, les généraux Franck Ntumba (le patron de la Maison militaire), Christian Tshiwewe (conseiller militaire du Président Felix Tshisekedi) et Christian Ndaywel Okura (ancien patron des renseignements et chef d’Etat-major de la force terrestre). Si rien n’a filtré de ces arrestations, le porte-parole de l’armée congolaise, le Gal-major Sylvain Ekengue, a évoqué le 22 novembre 2025, des accusations « hautement répréhensibles » et liées à la sécurité d’Etat.

Les mis en cause ont-ils tenté de renverser le président Tshisekedi qui déroule un second mandat depuis 2023, dans un contexte sécuritaire précaire dans l’Est du pays, où le mouvement M23 contrôle des villes importantes comme Goma et Bukavu ? C’est ce qui transparait, à considérer les propos du Gal-major Ekengue, mais il va falloir encore attendre d’avoir les détails sur ce dossier avec la justice congolaise, qui ne s’est pas encore prononcée. On trépigne d’impatience de connaitre les tenants et les aboutissants de cette sombre affaire liée selon certaines sources médiatiques à une première vague d’arrestations d’officiers revenus de l’Est du pays, après la montée en puissance du M23. Les premiers officiers arrêtés auraient balancé des informations mettant en cause d’autres militaires, ce qui aurait conduit aux nouvelles arrestations.

Il est malheureux, que ces remue-ménages surviennent à un moment où l’armée congolaise fait face à une forte adversité dans l’Est du pays. Le M23 ayant gagné du terrain et mis pratiquement en déroute la « grande muette » congolaise dans cette partie du pays, l’heure n’est pas aux coups bas, aux règlements de compte, encore moins à des velléités de déstabilisation, si cela s’avère. L’armée congolaise doit travailler dans la sincérité, la solidarité et la loyauté pour pouvoir venir à bout du M23, dont les actions criminelles ont sapé et continuent de compromettre le développement de la RDC. Le M23, soutenu par le Rwanda voisin selon des rapports documentés de l’ONU, est une menace qui peine à être enrayée. On se demande à quel moment, la paix va revenir dans l’Est de la RDC, tant la situation sur le terrain ne suscite pas de l’optimisme.

Malgré la signature d’un accord-cadre, le 15 novembre 2025, sous la médiation du Quatar et à la suite du processus de paix enclenché par les Etats-Unis, les affrontements se poursuivent dans l’Est de la RDC. La situation sécuritaire y demeure très préoccupante, à tel point que l’armée congolaise doit afficher une unité sans faille pour relever le defi. Il est vrai, que la RDC est plongée dans l’instabilité depuis plusieurs décennies, mais l’espoir d’un retour définitif de la paix est permis. Si l’option militaire ne semble pas offrir cette possibilité, le dialogue demeure la meilleure arme pour y parvenir, pour peu que les esprits soient moins radicaux. Aucune situation n’est éternelle, dit une sagesse populaire.

Kader Patrick KARANTAO

Militaires en phase de reconversion: début des formations en agriculture et élevage

Ce lundi 24 novembre 2025, s’est tenue à l’Institut supérieur de logistique de Ouagadougou (ISLO) au camp Guillaume-Ouédraogo, la cérémonie de lancement de la formation en agriculture et en élevage au profit des militaires en phase de reconversion.

Présidée par l’intendant colonel-Major Yamba Léonard Ouoba, secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants, cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale de reconversion des personnels des Forces armées nationales. Dans son allocution, le secrétaire général a salué l’engagement des participants et rappelé que cette formation constitue une étape essentielle
pour garantir une transition professionnelle digne et productive.

Il a également transmis les remerciements du ministre d’Etat, ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général de brigade Célestin Simporé, au directeur général du FONA-DR, parrain de cette session. Cette édition réunit 95 participants, dont 90 militaires et 5 personnels de la Police nationale, répartis entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Pendant trois semaines, ils seront formés aux techniques de base en agriculture et en élevage, afin de faciliter leur réinsertion socioprofessionnelle. Le directeur général du FONA-DR, monsieur Sibiri Oumar Compaoré a encouragé les apprenants à être des acteurs de paix, de développement et de transformation positive, soulignant que cette formation marque pour chacun le début d’une nouvelle carrière porteuse d’espoir.

Au titre des promesses majeur du parrain, monsieur le directeur général a déclaré les FAN désormais membre du conseil d’administration du FONA-DR. Les militaires sont également appelés à déposer leurs projets pour bénéficier d’un accompagnement financier et technique. Pour sa part, M. Sory Ibrahim, directeur général du cabinet CID ingénierie chargé de la formation, a précisé que les modules clés prévus pour cette session sont la gestion des itinéraires techniques de production agricole et le suivi en élevage tout en invitant les participants à se regrouper en coopérative afin de bénéficier durablement d’un accompagnement financier.

L’objectif de cette formation est de « donner sur trois semaines durant aux apprenants des techniques et rudiments à même de leur permettre de réussir
leur conversion, favoriser leur réinsertion socioprofessionnelle et ainsi traduire la volonté exprimée du commandement militaire de garantir un niveau de vie décent en leur permettant de s’insérer dans la vie productive en milieu civil », a rappelé monsieur le secrétaire général du ministère de la Défense et des Anciens combattants.

DCRP/MDAC

Burkina: Ousmane Dicko, ex-cadre du GSIM appelle les terroristes à déposer les armes

« La guerre est entre vos mains. Revenez à la raison et laissez le Burkina Faso retrouver sa paix d’antan », a lancé l’ancien cadre du GSIM, Ousmane Dicko alias Abdoulaye Kontaane (28 ans), aux chefs terroristes qui mènent une guerre contre leur propre pays depuis une décennie.

Sauvé par l’humanité et le professionnalisme des Forces combattantes, l’homme au palmarès très sombre exhorte ses anciens compagnons à croire à la sincérité de son message et à mettre fin aux souffrances des populations innocentes. Ousmane Dicko, alias Abdoulaye Kontaane, ancien cadre du groupe terroriste Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), plus connu sous le nom de Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), est revenu à la raison grâce aux Forces combattantes. Capturé le 15 août 2025 à la suite d’une bataille dans le Goulmu ayant coûté la vie à 52 de ses hommes soit la moitié de son effectif, Ousmane Dicko, blessé, a été épargné grâce à la magnanimité des soldats et a reçu des soins appropriés. Les Forces combattantes ont également soigné son mental en faisant venir des érudits de l’islam pour lui expliquer que tuer, violer, détruire, voler ou chasser des populations de leurs villages n’était pas du jihad, mais un mal gratuit fait à son prochain.

Trois mois plus tard, remis physiquement et psychologiquement, Ousmane Dicko appelle les terroristes, en particulier leurs chefs, à revenir sur le droit chemin afin de mettre fin à cette guerre qui n’a que trop duré. « A tous les chefs terroristes, à tous ceux qui sont en brousse et qui savent qu’ils sont des chefs : la guerre est entre vos mains, car c’est vous qui commandez les hommes et c’est à cause de vous qu’elle perdure. Je vous prie de revenir à la raison et de permettre au pays de retrouver sa paix d’antan. Aidez-nous à mettre fin à cette guerre, à ramener la paix dans notre pays, parce qu’elle a trop détruit et qu’elle a trop duré », a lancé Ousmane Dicko. Il a exhorté les jeunes à ne pas suivre les discours mensongers et les propositions alléchantes des recruteurs, car la vie en brousse n’est que péché et souffrance.

« J’ai maintenant les yeux ouverts et je souhaite que nous revenions sur le droit chemin pour sortir notre pays de cette guerre inutile et le reconstruire ensemble », a déclaré Ousmane Dicko, espérant que son témoignage serve d’exemple. Celui qui avait supplié les Forces combattantes de l’épargner ne tarit pas d’éloges à leur endroit. « Je suis très ému, car je ne pensais pas que moi, Abdoulaye Kontaane, leader terroriste, si je me retrouvais entre les mains des FDS, ils allaient m’exécuter automatiquement. Mais voilà que, malgré le fait qu’ils savent qui je suis, ils ne m’ont pas tué et, en plus, ils m’ont bien traité. Al Hamdoulaye ! Les FDS m’ont aussi montré, de A à Z, que tout ce que je faisais n’était pas bien », a-t-il conclu.

Agence d’Information du Burkina

Journée mondiale des toilettes 2025: le Bankui et le Sourou déterminés à mettre fin à la défécation à l’air libre

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La secrétaire générale des régions de Bankui et du Sourou, Adjara Kientega, a présidé la commémoration régionale, en différé, de la Journée mondiale des toilettes (JMT), vendredi 21 novembre 2025, à Boromo, province des Balé. La journée à été organisée par la direction régionale de l’Eau et de l’Assainissement avec le soutien financier de l’Agence belge de coopération internationale (Enabel).

Placée sur le thème : « Accès à un assainissement sûr pour un Burkina Faso solidaire et résilient », l’édition 2025 de la Journée mondiale des toilettes (JMT) a été célébrée en différé dans la région de l’ex-Boucle du Mouhoun. La ville de Boromo, chef-lieu de la province des Balé, a abrité la cérémonie, présidée par la secrétaire générale de la région, Adjara Kientega, représentant le gouverneur, Babo Pierre Bassinga.

La Journée a enregistré la participation des hauts commissaires des six provinces de l’ex-Boucle du Mouhoun, des autorités communales, administratives, coutumières, religieuses, des responsables de projets œuvrant dans le secteur de l’hygiène et de l’assainissement à l’échelle régionale et les populations de Boromo. L’organisation de cette journée de sensibilisation et de promotion des bonnes pratiques d’hygiène et d’assainissement est une initiative de la direction régionale de l’Eau et de l’Assainissement. Elle a bénéficié de l’appui stratégique et financier de l’Agence belge de coopération internationale (Enabel).

Des discours, des jeux de sensibilisation et des sketches ont été, entre autres, des canaux utilisés pour faire passer le message à la population, surtout les plus jeunes, mobilisés pour la circonstance. Lequel message a porté sur la construction, le bon entretien et la bonne utilisation des toilettes dans les familles et les services. La directrice régionale chargée de l’assainissement, Pélagie Sanou, a laissé entendre qu’à l’occasion de cette commémoration, une campagne a été menée dans les établissements d’enseignement pour sensibiliser les adolescents.

27,5% de taux régional d’accès à l’assainissement en 2024

« Nous avons déroulé, avec l’accompagnement d’Enabel, des jeux WASH dans les établissements, sensibilisé et formé les enseignants sur l’assainissement total porté par les écoles », a-t-elle déclaré.

Ainsi, des kits d’hygiène et d’assainissement ont été remis à ces structures grâce à l’appui d’Enabel dans le cadre de la mise en œuvre de ses projets Lasso WASH et Lasso Santé dans la région. Au-delà, des activités entrant dans le cadre de l’Assainissement total porté par les communautés (ATPC) ont été réalisées. Dans ce sens, du matériel a également été octroyé à des associations œuvrant dans le domaine de l’hygiène et l’assainissement de la ville de Boromo.

Pour Mme Sanou, la JMT offre par ailleurs l’occasion de poser la problématique de la chaine de valeur de l’assainissement relative à la valorisation des boues de vidange à travers l’agriculture et la réalisation de stationnaires. Le chef de projet Lasso WASH à Enabel, Issiaka Sawadogo, a indiqué que leurs interventions auprès de la direction régionale sont en phase avec la politique nationale en matière d’hygiène et d’assainissement. A l’en croire, les toilettes présentent un intérêt sur les plans économique, sanitaire et environnemental.

C’est pourquoi, a-t-il dit, Enabel soutient la vision qui ambitionne de mettre fin à la défécation à l’air libre d’ici à 2030 au Burkina Faso. Selon la présidente de la cérémonie, Adjara Kientega, le taux régional d’accès à l’assainissement était de 27,5% en 2024 contre un taux national de 28,3%. Alors que seulement 3% des villages des régions de Bankui et du Sourou ont atteint le statut de la Fin de défécation à l’air libre (FDAL). Saluant l’accompagnement d’Enabel aux initiatives locales de promotion d’hygiène et d’assainissement, Mme Kientega a martelé que les acteurs se doivent de redoubler d’efforts dans la sensibilisation et l’éducation. Car, affirme-t-elle, l’accès à l’assainissement est un gage de santé, de dignité et de souveraineté.

Yacouba BELEM

Solidarité nationale : la région du Djôrô engage sa marche solidaire avec « Dèmè Sira »

La région du Djôrô a procédé, dimanche 23 novembre 2025, à Gaoua, au lancement officiel de sa campagne régionale de collecte de dons dans le cadre de l’initiative nationale « Dèmè Sira », (la voie de la solidarité). L’événement, marqué par l’arrivée de la caravane nationale, a mobilisé autorités administratives, coutumières, religieuses et populations venues de plusieurs localités.

Le flambeau de la campagne « Dèmè Sira » est arrivé, dans l’après-midi du dimanche 23 novembre 2025, à Gaoua, en provenance de Bobo-Dioulasso (région
du Guiriko). En effet, la gouverneure du Guiriko, Mariama Konaté, a assuré son acheminement avant de le remettre officiellement à son homologue du Djôrô, Siaka Barro, lors d’une étape à Diébougou. Escorté ensuite jusqu’à Gaoua, le flambeau a été accueilli par une population en liesse venue marquer le lancement des activités régionales de collecte de dons et de fonds. Lancée le 14 novembre dernier, la campagne « Dèmè Sira » vise à mobiliser l’ensemble de la population autour des valeurs d’entraide, de dignité, d’unité et de cohésion nationale.

C’est dans cette dynamique que le gouverneur Siaka Barro a invité les populations à s’impliquer pleinement pour bâtir une économie plus souveraine, un développement fondé sur la dignité et un avenir où personne n’est laissé pour compte. M. Barro a exprimé sa gratitude pour la qualité du passage de relais effectué par la région du Guiriko. Pour lui, le flambeau reçu, représente une part vivante de l’âme du Burkina Faso qui entre dans le Djôrô et un appel à raviver les valeurs essentielles que sont la solidarité agissante, la dignité assumée et l’unité face aux épreuves. Il a rappelé les propos du Premier ministre lors du lancement national, soulignant que le pays traverse un moment déterminant de son histoire, un moment où la résilience se nourrit de l’unité des populations.

Il a mis en avant la force héritée des ancêtres, une force qui, selon lui, a toujours guidé les communautés du Djôrô dans la voie de la solidarité. Il a insisté sur le fait que cette valeur n’est ni un slogan ni une simple déclaration, mais une réalité vécue au quotidien dans les villages, les concessions et les familles. Dans un contexte national marqué par des défis majeurs, il a réaffirmé la nécessité d’une mobilisation forte et permanente de toutes les régions.

Solidarité envers les personnes vulnérables

Par ailleurs, le gouverneur a salué les manifestations de solidarité déjà observées dans la région : accueil des personnes déplacées internes, engagement des jeunes dans les activités communautaires, efforts des femmes et des anciens en faveur de la paix, et contribution quotidienne des chefs coutumiers et religieux à la cohésion sociale. En marge du lancement, une remise symbolique de vivres et de non-vivres a été effectuée au profit de l’Association espoir des malvoyants et aveugles de Gaoua.

Le président de l’association, Yara Kambou, a salué cet acte, le qualifiant d’expression directe de l’esprit de « Dèmè Sira », qui prône l’entraide, l’inclusion sociale et la solidarité envers les personnes vulnérables. Il a exprimé sa gratitude et son espoir de voir ce type d’initiatives se poursuivre dans la région. Séance tenante, une collecte de fonds a été organisée, à laquelle autorités et populations ont participé, traduisant leur adhésion aux objectifs de la campagne « Dèmè Sira ».

Après la cérémonie d’ouverture, les participants ont assisté à une séance de théâtre-forum, un cadre interactif destiné à stimuler la réflexion, favoriser l’expression communautaire et encourager la participation autour des valeurs de solidarité et de vivre-ensemble. En clôturant ce lancement de la campagne « Dèmè Sira », Siaka Barro a encouragé les populations à accompagner activement la campagne tout au long de son déroulement (période de trois mois). Il a souhaité que le flambeau traverse villages et générations, qu’il éclaire les consciences et ravive la solidarité au cœur de toutes les actions entreprises dans la région, avant de conclure par un appel à la solidarité et à l’espoir pour un Burkina Faso uni et digne.

Boudayinga J-M THIENON

Régime d’assurance maladie universelle: le gage d’un accès équitable aux soins de santé pour tous

Le Burkina Faso s’est résolument engagé à écrire une nouvelle page de son histoire axée sur l’affirmation de sa souveraineté, le développement socioéconomique et la justice sociale. Cette quête d’une justice sociale pour tous a été réaffirmée dans le Plan d’action pour la stabilisation et le développement (PA-SD). Elle s’est traduite en vision dans la Stratégie nationale de protection sociale 2024-2028 dont l’objectif est d’établir des garanties de base pour tous, à travers la mise en place de mécanismes d’assurance sociale.
Dans la mise en œuvre des politiques publiques en matière de travail décent et de protection sociale, la loi n°060-2015/CNT du 5 septembre 2015 portant Régime d’assurance maladie universelle (RAMU), a été adoptée. Le RAMU est une des branches contributives de la protection sociale dont l’objectif est d’assurer un individu face à des risques financiers de soins en cas de maladie ou de maternité. Il s’agit d’un engagement solennel de la Nation envers elle-même : mettre en place un régime d’assurance maladie obligatoire qui bénéficie à l’ensemble de la population vivant sur le territoire national, sans aucune distinction de race, de nationalité, de sexe, d’origine ou d’antécédent pathologique.

La CNAMU : de la vision à l’action

Pour rendre cette politique effective, la CNAMU a été créée par le décret n° 2018-0265/PRES/PM/MINEFID/MFPTPS du 9 avril 2018 en application de l’article 38 n°060-2015 de la loi portant RAMU. La CNAMU est un établissement public de prévoyance sociale chargé de gérer le RAMU au bénéfice de la population burkinabè, à l’exception des éléments des Forces armées nationales et des membres de leurs familles. Cette mission se décline en plusieurs volets opérationnels : l’affiliation des employeurs, l’immatriculation des assurés, le recouvrement des cotisations, le conventionnement, le contrôle administratif, le contrôle médical et le paiement des prestations.
Les organes de gestion et d’administration de la CNAMU sont le conseil d’administration et la direction générale. Le conseil d’administration définit et oriente la politique générale de la CNAMU. Il est composé de représentants de l’Etat, des assujettis et des structures faitières. Au titre de l’Etat, il est composé des représentants des ministères en charge de la protection sociale, des finances, de la santé, de la solidarité nationale et de la décentralisation.

Les piliers d’une mise en œuvre réussie

La définition des procédures pour l’affiliation des employeurs et l’immatriculation de la population a été rendue possible grâce à l’adoption du Décret n°2023-1321/PRES-TRANS/PM/MFPTPS/MEFP du 11 octobre 2023 portant fixation des modalités d’affiliation
et d’immatriculation. L’arrêté n°2024-093/MFPTPS/CAB du 26 juin 2024 portant définition des pièces constitutives du dossier d’affiliation et d’immatriculation vient compléter ce décret en rendant le processus clair et accessible à tous. Cette étape cruciale garantit que chaque citoyen trouve sa place dans ce système de protection sociale. La délivrance d’une carte d’assuré, dont les conditions de validité sont définies par l’arrêté n°2024-092/MFPTPS/CAB du 26 juin 2024 portant définition des conditions de validité de la carte d’assuré permet à l’assuré de bénéficier des prestations de soins de santé du régime.
Ce panier de soins couvre une large gamme de services, incluant notamment, la médecine générale et spécialisée, les examens radiologiques et les examens de laboratoire, l’hospitalisation et les interventions chirurgicales, les produits de santé, l’appareillage correctif ou substitutif, ainsi que les soins bucco-dentaires d’urgence et ceux avec prothèse ou implant.

La pérennité financière du RAMU, principe fondamental inscrit dans la loi n°060-2015/CNT, est assurée par le décret n°2024-0345/PRES-TRANS/PM/MFPTPS/MEFP du 3 avril 2024 portant détermination, modalités de prélèvement, modalités de répartition et délais de versement des cotisations d’assurance maladie universelle aux organismes de gestion du Régime d’assurance maladie universelle. Ce décret détermine les modalités de répartition et de prélèvement des cotisations.
Ainsi, pour les travailleurs salariés du secteur public et du secteur privé, le taux de cotisation est fixé à 5% du salaire, réparti à parts égales entre l’employeur et le travailleur (2,5% chacun). Pour les travailleurs indépendants de l’économie informelle et du secteur formel, le texte prévoit des montants forfaitaires respectivement de 4 000 F CFA et de 15 000 F CFA par mois.

L’existence de l’offre de soins : un levier pour l’accès équitable aux soins de santé

Afin de garantir un accès effectif aux soins de santé sur l’ensemble du territoire national, la CNAMU s’emploie activement à établir des conventions formelles avec les prestataires de soins de santé. Cette démarche vise à structurer les relations entre les organismes gestionnaires du RAMU et les acteurs du système de santé, qu’ils soient publics ou privés.
Dans ce cadre, le Décret n°2023-1415/PRES-TRANS/PM/MFPTPS/MEFP/MSHP du 20 octobre 2023 portant approbation des modèles types de conventions nationales et individuelles au titre du RAMU a été adopté. Ces conventions précisent les droits et obligations réciproques des parties, notamment en matière de qualité des soins, de tarification, de facturation, de contrôle et de remboursement. Elles instaurent un cadre de collaboration fluide, transparente et efficace, garantissant que les prestations offertes aux assurés soient conformes aux standards requis et accessibles dans des conditions équitables.

Un avenir plus sain pour tous

Après l’adoption de ces textes majeurs et la mise en place du Système intégré de gestion du RAMU (SIGRAMU), la CNAMU a commencé en 2024, l’affiliation des employeurs et l’immatriculation de la population, accompagnée d’activités de sensibilisation. A la date du 25 septembre 2025, plus de 256 000 personnes ont été immatriculées et 315 structures affiliées. L’objectif de la CNAMU est le début des prestations de soins de santé au profit des assurés.

DCRP / MFPTPS

Tribunal de grande instance Ouaga 1: des acteurs de la chaine pénale s’outillent sur les innovations des lois

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Le Tribunal de grande instance Ouaga 1 organise une rencontre de concertation des acteurs de la chaîne pénale de son ressort territorial, sur les innovations des lois portant respectivement organisation judiciaire au Burkina Faso et Code de procédure pénale, les 25 et 26 novembre 2025 à Ouagadougou.

Depuis juin 2025, de nouvelles lois régissent l’organisation judiciaire et le Code de procédure pénale. En vue de s’assurer de leur saine application, par les acteurs judiciaires de son ressort territorial, le parquet du Tribunal de grande instance (TGI)
Ouaga 1 organise un atelier de vulgarisation à leur profit, les 25 et 26 novembre 2025, à Ouagadougou. Pour le procureur du Faso, près le TGI Ouaga 1, Bakouli Blaise Bazié, les réformes effectuées exigent une bonne connaissance des mécanismes nouveaux, une compréhension partagée des enjeux et une harmonisation des pratiques. L’objectif étant d’éviter des difficultés dans la mise en œuvre des nouvelles lois.

« Il s’agit, durant deux jours, d’outiller les acteurs du parquet, du siège, de l’instruction et de la police judiciaire aux innovations textuelles contenues dans les lois de juin 2025, d’approfondir la compréhension de la nouvelle procédure criminelle. Ce qui va permettre de renforcer la maîtrise et l’application correcte de la médiation pénale, de la composition pénale et de la convention judiciaire d’intérêt public », a-t-il expliqué. De l’avis du commissaire adjoint du commissariat central de la ville, commissaire principal de police Fresnel Zongo, ce cadre de concertation est institutionnel.

Il a ajouté que les échanges vont aider les acteurs à harmoniser leur compréhension des textes. « Nous attendons une meilleure compréhension des procédures alternatives aux poursuites et développer une pratique, qui va véritablement aider les personnes qui seront en contact avec nos services, afin de trouver des mécanismes de règlements acceptables pour tout le monde », a-t-il indiqué. La loi n° 015-2019 /AN du 02 mai 2019, portant organisation judiciaire et la loi n°040-2019 /AN du 29 mai 2019 portant Code de procédure pénale ont été relu par l’Assemblée législative de Transition. Depuis leur promulgation, en date du 20 juin 2025, ce sont la loi n°008-2025/ALT du 09 juin 2025 portant organisation judiciaire et la loi n°009-2025/ALT du 12 juin 2025 portant Code de procédure pénale qui sont désormais en vigueur au Burkina Faso.

Evariste YODA

Formation en saponification: une soixantaine de femmes outillée

L’Association vie pour l’enfance a organisé, du 17 au 22 novembre 2025 à Ouagadougou, un atelier de formation sur la saponification et la fabrication de granulés de jus au profit d’une soixantaine de participants, dont 15 personnes déplacées internes.

L’Association vie pour l’enfance (AVE) veut outiller les femmes à créer des activités génératrices de revenus. A cet effet, elle a organisé une formation, du 17 au 22 novembre 2025 à Ouagadougou, au profit d’une soixantaine de femmes sur la saponification et la fabrication de granulés de jus. Le président de l’Association vie pour l’enfance, le pasteur Pierre Nikiema, a expliqué que la mission sociale de son organisation est d’offrir aux femmes et aux jeunes des outils concrets pour améliorer leurs conditions de vie. Pour lui, cette formation ne se limite pas à une simple transmission de techniques artisanales, elle représente une véritable passerelle vers l’entrepreneuriat local.

Le président de l’Association vie pour l’enfance, le pasteur Pierre Nikiema : « nous voulons que chaque participant reparte avec une compétence utile, immédiatement exploitable et capable de transformer son quotidien ».

« Nous voulons que chaque participant reparte avec une compétence utile, immédiatement exploitable et capable de transformer son quotidien », a-t-il déclaré. Il a également insisté sur la volonté de l’AVE d’accompagner durablement les bénéficiaires dans leurs parcours d’autonomisation, en leur octroyant des kits et une somme de 15 000 F CFA et
50 000 F CFA en fonction des catégories. La formation en saponification a été assurée par Thérèse Bako, experte dans la fabrication du savon. Avec pédagogie, elle a guidé les participants à travers toutes les étapes du processus. Les femmes ont pu expérimenter la fabrication du savon « kabacourou », tout en apprenant les bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité.

Persévérer dans l’entreprenariat

Cette approche pratique a permis aux participants d’acquérir non seulement des connaissances théoriques, mais aussi une véritable maîtrise technique, condition indispensable pour se lancer dans la production artisanale ou semi-industrielle. En parallèle, l’atelier a proposé un module sur la production de granulés de jus, animé par
Sarata Ouédraogo, formatrice en agroalimentaire. Elle a présenté les procédés de transformation des fruits locaux en granulés solubles, une technique de plus en plus prisée pour la conservation, la facilité de transport et la valorisation des produits agricoles tels que le gingembre, le bissap, le citron… Les participants ont appris à sélectionner les matières premières, à respecter les normes de qualité et d’hygiène, à réaliser les mélanges et à assurer le séchage et l’emballage.

La formatrice en saponification, Thérèse Bako : « les femmes ont pu expérimenter la fabrication du savon kabacourou, tout en apprenant les bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité ».

A travers des démonstrations pratiques, elles ont réalisé plusieurs variétés de granulés issus de fruits couramment disponibles sur le marché. Rafiatou Tiemtoré, une des bénéficiaires, a exprimé sa satisfaction et son enthousiasme à l’issue de la session « Je maîtrise maintenant des techniques que je ne connaissais pas, et je me sens capable de produire du savon et des granulés de jus pour démarrer une petite activité », s’est-elle réjouie. En retour, Mme Tiemtoré a assuré qu’elle compte partager ce qu’elle a appris avec d’autres femmes de sa communauté. Le vice-président du conseil régional de Boulmiugou Nord des Assemblées de Dieu, le pasteur José Kaboré, a invité les participants à mettre en pratique les compétences acquises et persévérer dans leur démarche entrepreneuriale.

Hubert BADO

FILO 2025: les mérites de neuf acteurs récompensés

La Foire internationale du livre de Ouagadougou s’est ouverte, le 25 novembre 2025. En marge de la cérémonie d’ouverture, des acteurs de la chaine du livre ont été distingués.

A chaque édition de la Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO), le mérite des acteurs de la chaine du livre est reconnu et distingué par les autorités burkinabè. Au total neuf d’entre eux ont été décorés lors de la cérémonie d’ouverture de la 18e édition de la Foire, le 25 novembre 2025. Thierry Millogo, des Editions MERCURY, a été élevé au rang de Commandeur de l’Ordre du mérite des Arts, des Lettres et de la Communication avec agrafe « Littérature orale et écrite ». Le président de la SAGES, Koba Boubacar Dao et l’écrivaine invitée d’honneur à la FILO 2025, Dr Halizata Sana dit Hadiza Sanoussi, ont été distingués au rang d’Officier de l’Ordre du mérite des Arts, des
Lettres et de la Communication, avec agrafe « littérature orale et écrite ».

Et les six autres récipiendaires ont été faits chevalier de l’Ordre du mérite des Arts des Lettres et de la Communication avec agrafe, « Littérature orale et écrite ». Il s’agit notamment du Pr Vincent Ouattara, Noellie Hien, Bruno Wende-songdé Kaboré, du président de l’association littérature sans frontières, Issiaka Ouédraogo, de l’écrivain, poète et conteur, Ousseni Nikiema, ainsi que l’ambassadeur du Japon au Burkina Faso, Jun Nagashima.

« C’est un sentiment de joie et de reconnaissance aux plus hautes
autorités du Burkina Faso qui m’anime, car l’élévation à ce niveau est un symbole d’un travail qui contribue fortement à faire avancer notre pays et aussi une invite pour nous à continuer à le servir de la plus belle des manières », s’est exprimé le
Commandeur de l’Ordre du mérite, Thierry Millogo.

Pour l’auteur autodidacte, Ousseni Ouédraogo, qui a reçu sa première décoration depuis ses 35 ans de carrière littéraire, cette distinction renferme plusieurs symboles dont la reconnaissance d’un travail bien fait. « Cette distinction que je dédie à ma famille, mes amis et collaborateurs est le fruit de mon engagement artistique et littéraire sur les plans national et international et une invite à toujours œuvrer dans la rigueur et le sérieux », a déclaré le conteur.

Kadi RABO

 

FILO 2025: l’exposition-vente officiellement ouverte

A l’issue de la cérémonie d’ouverture de la 18e édition de la Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO), le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a officiellement ouvert la Foire d’exposition, mardi 25 novembre 2025, à Ouagadougou.

La 18e édition de la Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO) a officiellement démarré, dans l’après-midi du mardi 25 novembre 2025. Comme à chaque édition, une exposition-vente va meubler l’événement. Elle a été ouverte par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, à l’issue de la cérémonie d’ouverture. Au total 95 exposants dont des librairies et des maisons d’édition participent à cette exposition. Des stands sont également dédiés à des pays invités tels que le Mali et le Niger. L’Iran, pays invité d’honneur, dispose également d’un stand dans lequel les visiteurs peuvent découvrir les auteurs iraniens.

« Nous avons des poèmes et des livres qui montrent la richesse culturelle de notre pays, notamment les grands sites touristiques et les lieux saints », a
indiqué le consul de l’ambassade d’Iran au Burkina, Monhamadi Ahmad. Des objets d’art, symboles phares de la culture iranienne peuvent également être « contempler » dans le stand. A entendre le consul, c’est un grand honneur pour son pays d’être invité d’honneur à ce grand rendez vous du livre de
Ouagadougou. Cela va permettre, selon lui, de faire connaitre davantage l’Iran et sa littérature. Il a invité l’ensemble des participants à visiter le stand de l’Iran.

 

Nadège YAMEOGO