L’économie burkinabè en lumière: l’approbation du FMI comme sceau de confiance
Histoire militaire du Burkina: Son écriture, un impératif stratégique
Le ministère de la Défense et des Anciens combattants, à travers la délégation des anciens combattants et des anciens militaires a organisé une conférence sur l’histoire militaire du Burkina, le mercredi 19 novembre 2025, à Ouagadougou.
Le Burkina Faso est engagé dans une démarche d’écriture de son histoire militaire. Dans cette dynamique, une conférence publique sur le thème a été organisé par le ministère de la Défense et des Anciens combattants à travers la Délégation des anciens combattants et des anciens militaires (DACAM) le mercredi 19 novembre 2025 à Ouagadougou. Dans une communication articulée autour de quatre points, Dr Guy Zoungrana du Centre national d’études stratégiques (CNES) s’est attardé sur l’importance d’écrire l’histoire militaire du Burkina. Pour lui, ce projet répond à un impératif scientifique et stratégique
Sur le plan scientifique, il va permettre, selon lui, de faire connaitre un pan important de l’histoire générale du Burkina Faso. « On ne peut pas faire l’histoire générale complète du Burkina Faso sans aborder l’histoire militaire », a-t-il estimé.
En outre, a-t-il indiqué, l’écriture de l’histoire militaire du Burkina va contribuer à forger une mémoire collective et renforcer les capacités intellectuelles des Forces de défense et de sécurité (FDS). « Elle servira à la construction d’un socle identitaire fort, au renforcement de la cohésion nationale, de l’engagement citoyen et de la souveraineté de l’Etat », a-t-il relevé.
Mais qu’est-ce que l’histoire militaire ? Dans sa définition, le communicateur a noté que c’est une branche de l’histoire qui a pour objet la collecte, l’analyse descriptive, critique et comparative des faits et événements liés aux forces armées nationales d’un pays quelconque.
Dans le contexte burkinabè, il a catégorisé l’histoire militaire en trois grandes périodes à savoir celle précoloniale, coloniale et post coloniale.
Si la première a été marquée selon M. Zoungrana par une organisation militaire endogène pour barrer la route à la pénétration coloniale, la seconde a connu l’incorporation des soldats burkinabè dans les armées coloniales et la troisième la création et la structuration des forces armées nationales dans un environnement politique, géopolitique, social et sécuritaire en constante mutation.
Des sources précieuses
Pour écrire cette histoire, il est important de son avis de se baser sur des sources documentaires et littéraires aussi bien nationales qu’internationales.
En plus de ces sources, a insisté le communicateur, il est primordial de mener des entretiens auprès des anciens militaires et anciens combattants, qui ont été des témoins
privilégiés de l’histoire militaire du pays. « Ils sont des sources d’informations précieuses. Leur mémoire n’est pas seulement un patrimoine individuel, mais une richesse nationale », a-t-il relevé.
Il a terminé sa communication en les invitant à écrire leurs mémoires et à soutenir les initiatives de collecte d’informations dans le cadre du projet.
« Parler en tant qu’anciens combattants ou anciens militaires, c’est faire reconnaître son rôle dans la construction du pays », a-t-il estimé. Il a été suivi dans cette lancée par le Directeur général du CNES le général de brigade Aimé Barthélémy Simporé qui a également encouragé les « grands anciens » à contribuer au projet, dont sa structure est l’un des acteurs clés. « Leurs témoignages vont nous permettre de forger un socle important de données », est-il convaincu.
A noter que l’organisation de cette conférence entre dans le cadre de la commémoration de la journée du tirailleur africain. En plus de cette activité, le délégué des anciens combattants et anciens militaires, le colonel William Aristide Nassidia Combary a indiqué qu’un don à l’Initiative présidentielle Faso Mêbo, ainsi que le traditionnel dépôt de gerbes vont marquer la célébration.
Nadège YAMEOGO
Région de Yaadga: l’administration et le secteur privé de la culture se concertent
Le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme a tenu, les 17 et 18 novembre 2025 à Ouahigouya, une rencontre d’échanges entre l’administration et les acteurs du secteur privé de la culture et du tourisme.
Le Burkina dispose d’un patrimoine culturel et touristique riche et varié. Pour mettre en valeur ce potentiel en vue d’en faire un véritable levier de développement économique et social, l’Etat, à travers le ministère en charge de la culture et du tourisme a adopté des politiques, opéré des réformes, développé des initiatives et des cadres de concertation. C’est dans cette dynamique que l’Etat a adopté une démarche participative qui prend en compte les acteurs privés dans le développement de la culture et du tourisme au Burkina à travers la mise en place d’un cadre de concertation entre les parties prenantes appelé :
« Rencontre administration publique-secteur privé de la culture et du tourisme (RASPCT) ».
Pour l’année 2025, c’est Ouahigouya chef-lieu de la région de Yaadga qui a abrité la rencontre d’échanges entre les acteurs sous l’impulsion des directions générales de la culture et du tourisme. Placé sur le thème : « Patrimoine culturel et promotion du tourisme interne : quelle synergie d’actions pour le développement des acteurs de la culture et du tourisme? ». L’initiative vise à renforcer le dialogue, harmoniser les interventions et stimuler le développement entre les différents acteurs pour l’économie nationale.
Le gouverneur de la région de Yaadga, Thomas Yampa représentant le ministre chargé de la Culture patron de la cérémonie, a rappelé l’importance stratégique du patrimoine culturel dans la consolidation de l’identité nationale mais aussi son rôle dans le développement de l’économie nationale. Pour lui, cette rencontre offre un espace de réflexion collective, d’analyse des défis et de propositions de solutions concertées pour améliorer la gouvernance, la structuration et la compétitivité des deux secteurs. « Votre forte mobilisation témoigne des intérêts accordés et de votre engagement à la rencontre d’échanges entre les différents acteurs. Travailler ensemble pour transformer les défis en opportunités et faire de la culture et du tourisme des leviers économiques solides au service des populations », a-t-il dit.
Les responsables des directions générales de la culture et du tourisme quant à eux ont insisté sur la nécessité d’une collaboration structurelle et permanente entre les deux secteurs afin d’améliorer la qualité de l’offre, renforcer l’attractivité des sites culturels et touristiques et développer le tourisme interne. Selon la directrice générale du tourisme, Monique Ouédraogo, l’objectif général poursuivi par cette activité est de renforcer la gouvernance, la résilience du secteur culturel et touristique à travers des cadres de réflexion, d’échanges et de concertations entre l’administration publique et le secteur privé de la culture et du tourisme dans un contexte marqué par la crise sécuritaire. « Nous invitons les participants à des échanges francs et participatifs afin de trouver
des solutions pour faire rayonner le secteur », a-t-il lancé. Le représentant du secteur privé du tourisme, Adama Compaoré, a salué le ministère de la Communication de la Culture des Arts et du Tourisme pour cette initiative.
A l’entendre, la présente rencontre a permis d’examiner à nouveau les insuffisances et de formuler à nouveaux des solutions et des recommanda-tions pour l’atteinte des objectifs visés.
Bassirou BADINI
Clovis Kambou, vice-président du SC Majestic : « La question des joueurs binationaux n’est pas un problème d’identité »
Ancien footballeur international burkinabè, Clovis Kambou qui vit depuis plus d’une vingtaine d’années dans l’Hexagone n’a pas quitté le monde du football. Vice-président du SC Majestic du Burkina, il s’occupe aussi des carrières d’un bon nombre de footballeurs. Présent au Qatar pour la Coupe du monde U17, il évoque les Etalons, le football burkinabè et la situation des binationaux.
Sidwaya (S) : Quel est l’objet de votre présence au Qatar ?
Clovis Kambou (C.K) : Comme vous le savez, j’ai un rêve profond. Celui de contribuer au développement du football burkinabè afin qu’un jour, nous remportions la Coupe d’Afrique des Nations. Pour cela, il faut être présent là où naissent les opportunités afin de rencontrer les bonnes personnes, de tisser des liens et ouvrir les portes des meilleurs clubs à nos jeunes talents. Ma présence ici au Qatar répond exactement à cette dynamique : soutenir nos jeunes, encourager nos talents et avancer sur des dossiers stratégiques.
S : Comment trouvez-vous notre équipe nationale U17 des Etalons à cette Coupe du monde ?
C.K : Nous avons une équipe solide, disciplinée et talentueuse. Le travail du staff technique est visible. Avec le soutien du peuple burkinabè, je suis convaincu qu’ils peuvent aller très loin.
S : Le latéral droit de ces U17 burkinabè Ousmane Ouédraogo est présenté comme une de vos trouvailles. Que pensez-vous de ses prestations ?
C.K : Ousmane incarne parfaitement ce que représente une bonne détection. Lorsque j’ai entendu parler de son potentiel, j’ai collaboré avec la Fédération burkinabè de football pour organiser sa venue au pays. Il a immédiatement conquis le staff et l’équipe. Malgré son absence à la CAN U17, le coach a vu en lui un potentiel immense et l’a intégré dans la préparation pour la Coupe du Monde. Le voir performer aujourd’hui à Doha est une grande fierté pour le Burkina Faso.
S : Selon notre source, vous œuvrez pour ouvrir des portes de clubs européens pour certains internationaux U17. Est-ce vrai ?
C.K : Je travaille toujours avec transparence. Si j’ai la possibilité d’ouvrir des portes pour un ou plusieurs jeunes talents burkinabè, je le ferai. Cela n’a rien de personnel ou d’opportuniste, c’est une démarche structurée qui vise à créer des passerelles entre nos joueurs, nos académies et les clubs européens. Aujourd’hui, aider un joueur, ce n’est pas seulement l’accompagner individuellement. C’est renforcer la crédibilité de son académie, ouvrir un canal durable avec un club européen, donner de la visibilité à d’autres talents venant du Burkina. Chaque réussite crée un précédent. Quand un jeune signe et performe, cela facilite l’accès des suivants. C’est ainsi que se construisent les réseaux internationaux solides. Ma démarche est patriotique et tournée vers l’avenir. Je mets mes relations, mon expérience et mes compétences au service des jeunes, avec l’objectif que le Burkina devienne une référence dans la formation et l’exportation de talents.
S : Vous êtes vice‑président de Majestic, mais on vous voit travailler aussi pour des joueurs appartenant à d’autres clubs et académies. Pourquoi le faites-vous?
C.K :Je suis vice‑président du SC Majestic, et j’en suis fier. Mais cela ne m’a jamais empêché d’avoir une vision plus large du football burkinabè. Dès que l’opportunité se présente, je fais bénéficier mon réseau à des jeunes issus d’autres clubs et académies. Tant qu’un projet permet à un jeune Burkinabè d’intégrer un club structuré avec un plan solide, je ferai tout pour l’aider. Nous pouvons appartenir à des clubs différents, mais nous appartenons tous au même pays. Je refuse les visions fermées. Mon rôle n’est pas de protéger un territoire, mais d’ouvrir des portes.
S : Vous insistez sur la construction d’une carrière. Que voulez‑vous dire ?
C.K : Pour moi, la signature d’un contrat n’est jamais une finalité. Ce qui compte réellement, c’est la construction d’une carrière et la réussite d’une vie. La différence est fondamentale. Construire une carrière est un long processus, structuré et exigeant. Réussir sa vie dans le football est la conséquence d’être titulaire, se performer, aider sa famille et représenter son pays. On ne réussit pas sans avoir construit. La réussite est la conséquence logique d’un travail bien fait.
S : Cet état d’esprit d’entraide et de patriotisme, comment se manifeste-t-il concrètement ?
C.K : Je suis fidèle à ma culture. Chez nous, l’entraide n’est pas une option mais une valeur sacrée, un véritable pilier identitaire. Et je tiens à être très clair. Je ne suis pas partisan des valeurs à géométrie variable. On est Burkinabè ou on ne l’est pas. On porte nos traditions ou on ne les porte pas. Dans notre culture, un acte d’entraide n’est pas censé être applaudi ou présenté comme exceptionnel. C’est simplement ce qui est normal lorsqu’on reste cohérent avec nos origines et nos valeurs. Je vous donne un exemple concret. Lorsque Majestic a été invité à un tournoi de détection au Nigeria et que nous avons eu beaucoup de blessés, j’ai immédiatement proposé qu’une autre équipe burkinabè prenne notre place. Pourquoi ? Parce qu’il fallait que l’opportunité puisse être saisie, que ce soit par un joueur du Majestic ou d’ailleurs. L’essentiel, c’est d’ouvrir les portes, pas de les garder pour soi. C’est cela, être cohérent, constant, fidèle à ses valeurs et agir en conséquence.
S : Un tel travail demande des ressources. Quel message adressez-vous aux investisseurs ?
C.K : Ce travail demande de véritables moyens. C’est pourquoi j’appelle les investisseurs, la diaspora et les acteurs locaux à unir leurs efforts. Investir dans notre football, ce n’est pas seulement aider un joueur. C’est créer des emplois, dynamiser l’économie interne, soulager la Fédération burkinabè de football et le ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi et redonner au public le plaisir d’aller au stade. Ma vision est globale, inclusive et durable. Ce n’est pas une démarche individuelle mais un projet national fondé sur le partage et l’unité.
S : Le Burkina est en train de constater la « fuite » de ses binationaux comme le récent exemple de Assan Ouédraogo qui a opté de porter les couleurs de l’Allemagne. Quels conseils ou quelles suggestions pour essayer de ramener à l’avenir certains dans l’écurie des Etalons ?
C.K : La question des joueurs binationaux n’est pas un problème d’identité, mais d’un enjeu de structuration. Les familles et les joueurs recherchent naturellement les meilleures conditions pour progresser et sécuriser leur carrière. Pour limiter cette fuite, il est essentiel de créer un environnement qui donne envie de représenter le Burkina par conviction et par projet sportif. Cela passe par plusieurs axes. Il faut d’abord identifier et suivre les talents binationaux très tôt. Le travail doit commencer dès l’adolescence, en créant un lien constant avec les familles, les clubs formateurs et les représentants légaux. Un cas concret existe déjà avec Ousmane Ouédraogo actuellement avec les U17.
J’ai identifié un autre phénomène de 15 ans, Hakim Sagné, surclassé avec les U17 nationaux de Istres (NDLR : en France) qui devrait être convoqué prochainement avec les U17. Ce suivi précoce permet de sécuriser la relation avant que d’autres nations ne s’activent. Pour le cas Hakim Sagné, il est né en Italie avec le passeport français aujourd’hui. Il est sur les tablettes de l’Olympique de Marseille, de la Juventus, de Nice et de Montpellier. Donc, si on ne le sécurise pas, ça sera la France ou l’Italie qui vont le faire. Bref, il faut professionnaliser l’organisation des sélections.
Une gestion rigoureuse, structurée, ponctuelle et transparente renforce la confiance des clubs européens et des entourages. Cela montre que le Burkina peut être un cadre sérieux pour développer des talents, pas seulement un symbole patriotique. Offrir un projet sportif clair et ambitieux. Il ne s’agit pas simplement d’appeler un joueur, mais de lui offrir un rôle clair, un plan de progression et une visibilité internationale réelle. Les joueurs choisissent un pays lorsqu’ils s’y projettent sportivement, pas seulement émotionnellement. Nous devons travailler avec des acteurs qualifiés.
La réussite à long terme passe par des professionnels solides, compétents et légaux, capables d’accompagner les jeunes dans un parcours international cohérent. Ce travail est déjà engagé avec la Fédération burkinabè de football. J’ai eu l’occasion d’échanger avec le président de la Fédération sur ces sujets, et il est aligné sur cette méthodologie. Nous avançons également avec d’autres présidents d’académies qui partagent ce diagnostic. Ensemble, nous mettons en place les bases pour créer un environnement crédible et durable pour nos talents.
Vous avez cité Assan Ouédraogo. Je suis très proche de sa famille et de son père, Alassane Ouédraogo, avec qui j’ai joué au Santos et en sélection. Nous continuons de travailler ensemble sur des projets au service du football burkinabè. Comme pour les frères Boateng partagés entre l’Allemagne et le Ghana, rien n’exclut que plusieurs membres d’une même famille puissent choisir des chemins internationaux différents. L’essentiel est de construire un cadre où ce choix devient naturel.
Interview réalisée par
Yves OUEDRAOGO à Doha
Centrafrique : Eviter de réveiller les vieux démons
Les pays ayant prévu de tenir des élections présiden-tielles continuent de dérouler leurs programmes, les uns après les autres, avec des réalités propres à chaque Etat. Après, celles de la République de Côte d’Ivoire, du Cameroun qui ont connu, sans grande surprise, respectivement la victoire des Présidents sortants, Alassane Ouattara et Paul Biya, on se demande si ce même scénario se produira en République centrafricaine. Ce pays d’Afrique centrale, longtemps empêtré dans un cycle de violences, se prépare, en effet, à organiser une consultation électorale pour désigner un nouveau président, le 28 décembre 2025.
Plus les jours avancent, plus les choses se précisent véritablement sur les prétendants au fauteuil présidentiel. En effet, après quelques remous au sein de la classe politique du pays, le Conseil constitutionnel a fini par publier une liste définitive de sept candidats, vendredi 14 novembre dernier. Parmi eux, le Président sortant, Faustin Archange Touadera et les deux anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Henrie Marie Dondra dont les candidatures étaient contestées au sujet de leur nationalité. Au grand dam de certaines Organisations de la société civile, le Conseil constitutionnel a rejeté les requêtes demandant l’inéligibilité des deux dernières cités, pour une potentielle double nationalité de Dondra et la non réintégration dans la nationalité centrafricaine de Dologuélé qui, selon toute vraisemblance, avait renoncé à sa nationalité française. La course à l’élection présidentielle est donc lancée.
Ainsi, après cette liste définitive, la question qui taraude les esprits à Bangui est de savoir si le Président sortant, Faustin Archange Touadera pourra rempiler pour un troisième mandat. Ou encore, si les deux anciens chefs de gouvernement peuvent faire le poids devant le professeur de mathématiques qui dirige le pays depuis deux mandats consécutifs ? Ce n’est que l’issue du vote, cruciale pour le pays en raison de ces nombreux défis, qui édifiera les uns et les autres. Mais à y voir de près cette consultation semble sans grands enjeux pour le parti au pouvoir, au regard du camp d’en face.
Car, le Président Touadéra, élu en 2016, puis en 2020, ne compte pas faire de la simple figuration surtout avec l’appareil dirigeant du pays en main depuis près de dix ans. En effet, mettant en avant des acquis engrangés, lui et ses caciques fondent l’espoir de briguer un nouveau mandat. Cela, nonobstant les récriminations tous azimuts de ses détracteurs qui l’accusent de vouloir rester président à vie en se présentant à un 3e mandat rendu possible grâce à une révision constitutionnelle en 2023. En attendant, les prétendants à la magistrature suprême du pays dont les candidatures ont été validées, peuvent désormais se concentrer sur la campagne électorale qui s’annonce agitée.
Au-delà de tout, ce que le peuple centrafricain souhaite c’est que le prochain président de la république puisse travailler à consolider les acquis sécuritaires, dont les affres demeurent indélébiles dans l’esprit de nombreux citoyens. Il faudrait à tout prix éviter de réveiller les vieux démons. Le pays ayant été le théâtre d’une guerre civile qui a fait de nombreux morts. A cet effet, les acteurs politiques devront tirer leçon de ce passé douloureux afin que ces élections ne soient pas encore source d’un nouveau conflit préjudiciable au développement du pays. Pour y parvenir, chacun devrait travailler à ne privilégier que l’intérêt général au détriment de ses propres ambitions. Pour cette élection, prochain 2,3 millions d’électeurs sont attendus aux urnes le 28 décembre pour un quadruple scrutin à savoir présidentiel, législatif, régional et municipal selon l’Autorité nationale des élections.
Soumaïla BONKOUNGOU
Procès violences sur un enfant talibé: le Tribunal correctionnel se déclare incompétent
L’affaire de maltraitance grave d’enfant talibé a été enrôlée pour être jugée, hier mercredi 19 novembre 2025, au Tribunal de grande instance Ouaga I. A l’ouverture du procès, le Tribunal s’est déclaré incompétent pour connaître de ce dossier.
Le dossier du jugement dans l’affaire relative à la maltraitance d’un enfant talibé ne sera pas jugé de sitôt. En effet, appelé au rôle de l’audience solennelle du mercredi 19 novembre 2025, au Tribunal de grande Ouaga I, le dossier n’a pas pu être jugé. Le Tribunal s’étant déclaré incompétent. A l’ouverture de l’audience, le Tribunal a estimé que conformément à l’article 523-3 du Code pénal, les faits reprochés au prévenu relèvent du criminel et non de la juridiction correctionnelle.
Pour ce faire, il a renvoyé le ministère public à se pourvoir autrement. « Notre juridiction n’est pas compétente pour juger les faits reprochés au prévenu. Ils relèvent du criminel, alors que nous sommes un Tribunal correctionnel. Le dossier est renvoyé au ministère public, qui devra saisir la juridiction appropriée », a expliqué le président du Tribunal. Toutefois, le substitut du procureur du Faso près le TGI Ouaga I, Pacôme Désiré Yelemcouré, a expliqué que cette décision ne signifie pas la fin de la procédure, le parquet disposant, selon lui, de deux autres options. En effet, le parquet a la possibilité de saisir une chambre criminelle ou procéder à une correctionnalisation de l’infraction. « Le ministère public va aviser.
A l’issue de l’audience, le procureur du Faso décidera de la conduite à tenir. Quoi qu’il en soit, je peux vous assurer qu’il ne s’agit pas de la fin de la procédure. De telles infractions sont d’une telle gravité qu’il n’y a aucune raison qu’elles restent impunies », a souligné M. Yelemcouré. L’on se rappelle que courant mois d’octobre 2025, au travers d’un communiqué, le procureur du Faso, près du TGI Ouaga I, informait que la brigade régionale de protection de l’enfance du Centre a été saisie par la direction provinciale de l’action humanitaire du Kadiogo d’un cas de maltraitance d’enfant d’une extrême gravité.
Selon la note, un enfant talibé de 13 ans a été séquestré, ligoté et privé de nourriture par son maître coranique au quartier Sakoula de Ouagadougou. Les blessures infligées à l’enfant ont entrainé une putréfaction avancée des deux mains, nécessitant une intervention médicale d’urgence pour éviter une amputation. Le maître coranique mis en cause a été conduit à l’unité de police, les faits révélés dans cette affaire ayant été qualifiés d’une « cruauté inqualifiable et constituent une violation flagrante des droits de l’enfant ».
Soumaïla BONKOUNGOU
Poursuivi pour le vol de 5 poulets, il estime qu’un seul des poulets qu’il a vendus ne lui appartenait pas
S.O, jeune orpailleur de 27 ans domicilié à Banfora, a comparu le mardi 11 novembre 2025 devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande Instance (TGI) de Banfora pour des faits de vol de 5 poulets appartenant à F.S. Lesdits faits se sont déroulés courant 2025. A la barre, le prévenu a reconnu avoir vendu 5 poulets à raison de 2 500 F CFA l’unité. Seulement, a-t-il reconnu, les 4 poulets étaient les siens et un seul, celui qui a été retrouvé dans les mains d’un vendeur de volaille, ne lui appartenait pas. La raison d’avoir vendu ces gallinacés, S.O a avoué que les temps étaient durs et qu’il cherchait un peu d’argent pour son (…)
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Alpha Sékou BARRY
alphasekoubarry@gmail.com
Accidents de la circulation : des rescapés devenus « ambassadeurs » du Code de la route
Au Burkina Faso, l’insécurité routière fait de nombreuses victimes. Selon les chiffres de l’Office national de la sécurité routière (ONASER), sur 25 000 accidents recensés en moyenne chaque année, l’on enregistre 15 000 blessés et 1 000 décès. Face à ce drame causé principalement par le non-respect du Code de la route, d’anciens accidentés ont décidé de faire de leur amère expérience, un motif de combat. Devenus « ambassadeurs » de la sécurité routière, ces rescapés se mobilisent au sein d’associations pour sensibiliser la population et faire changer les comportements.
9 juillet 2020 ! Aziz Ouattara n’oubliera jamais cette date. Sorti de chez lui au quartier Somgandé dans l’arrondissement 4 de Ouagadougou, pour se rendre à Ziniaré, chef-lieu de la région de Oubri, à moto, sans casque, il se retrouve nez-à-nez, aux abords du parc Bangr-Weoogo, avec une femme (bébé au dos), qui traverse la route à moto. Les deux entre alors en collision. Si la jeune mère s’en sort indemne, Aziz Ouattara, lui, a failli y perdre l’un de ses yeux. Evanoui durant une trentaine de minutes, il reprend connaissance, paniqué à la vue du sang sur sa chemise.
Pourtant, il n’était pas au bout de ses « surprises ». Transporté d’urgence au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU/YO) par un bon samaritain, il ne reçoit cependant aucun soin. Pour cause, le personnel soignant observait un mouvement d’humeur lié à la pandémie de la COVID-19. Faute d’assistance, il est finalement conduit dans une clinique privée où un scanner révèle une fracture de l’os orbital droit. « On m’a dit qu’il y a un os qui s’est fragmenté au niveau de l’œil et qu’il fallait une intervention. Sinon, l’œil allait s’enfoncer dans l’orbite et j’allais le perdre », se
souvient-il.
Une nouvelle annonce des médecins plonge davantage Aziz Ouattara dans l’angoisse : il doit débourser plus de 2 millions F CFA pour son opération. Heureusement, son assurance santé couvre une partie des frais. Plus que l’argent, son unique préoccupation reste de recouvrer la vue. L’intervention chirurgicale se solde par un succès. Après deux mois, il recouvre progressivement l’usage de son œil, malgré des plaies persistantes et la perte de plusieurs dents remplacées par une prothèse. « Si j’avais porté au moins un casque, ça
m’aurait évité tout ça », regrette-t-il.
Un handicap à vie
Le cas de Aziz Ouattara, bien que dramatique, semble moins grave comparé à celui de Bapio Achille Bako. Début janvier 2012, alors élève en classe de 2nde à Gaoua, il est victime d’un grave accident de la route. Lancé à vive allure dans les artères de la ville, sans aucune protection, son engin finit sa course contre un arbre. Conduit au Centre hospitalier régional de Gaoua, le diagnostic des médecins tombe comme un couperet : cinq fractures aux membres inférieurs dont trois fermées à la cuisse droite, une fracture ouverte à la jambe droite et une autre fermée à la jambe gauche. Un véritable choc pour Bako, dont le pronostic vital est désormais engagé. Face à la gravité de son état, les médecins décident de le transférer au Centre hospitalier Souro Sanou (CHUSS) à Bobo-Dioulasso, où il restera 108 jours, pour des soins.
Durant cette épreuve, la famille Bako a dû mobiliser plus de 3 millions F CFA pour couvrir les soins et la rééducation. Outre cette saignée financière, l’accident a causé une perte d’une année scolaire pour Achille, qui a dû faire une année blanche avant de reprendre ses études en classe l’année suivante. Le traumatisme le plus important est l’invalidité qui en a résulté. Achille Bako souffre désormais d’un handicap moteur qui l’oblige à marcher avec des béquilles.
Un feu rouge brûlé, une vie brisée

Alors que l’histoire de Achille Bako illustre les conséquences de l’excès de vitesse, le drame vécu par Ablassé Patam elle, rappelle celles d’une seule seconde d’imprudence parce que ce qui devait être une simple course s’est transformée en un cauchemar permanent. En effet, le dimanche 1er décembre 2022, de retour du service, M. Patam se met à la recherche d’un restaurant pour dîner. Dans une intersection à Pissy, quartier populaire de Ouagadougou, il ignore un feu tricolore au rouge.
Un véhicule qui venait dans le sens inverse et ne pouvant pas éviter Ablassé Patam au risque de faire plus de victimes, le percute de plein fouet. La violence du choc a été telle que le chauffeur, le croyant mort, a pris la fuite. Avec un douloureux recul, Ablassé Patam confie aujourd’hui : « le casque a au moins sauvé ma tête de tout traumatisme ». S’il a échappé de justesse à la mort, sa jambe droite, par contre, a été complètement « broyée ». « Le troisième jour de mon accident, mon pied a commencé à se décomposer, puisque toutes les veines ont été sectionnées », se souvient-il, douloureusement.
Pour éviter une infection généralisée, l’amputation est devenue l’unique option. En perdant l’un de ses pieds, Ablassé Patam a également perdu son gagne-pain. Employé du Bâtiment et des travaux publics (BTP), un travail qui exige l’usage de ses deux jambes pour monter en hauteur, il se retrouve aujourd’hui sans emploi.
Marié et père de deux enfants, il est désormais confronté à la dure réalité des charges familiales et doit sa survie au seul soutien de sa famille. Dans le regret aujourd’hui, Ablassé Patam s’en veut d’avoir violé le Code de la route.
« Le mieux est de tout faire pour que l’accident ne t’arrive pas, sinon une fois que tu deviens handicapé, c’est toute ta vie qui est foutue », marmonne-t-il.
Le lourd prix d’un accident …
Une vie détruite, c’est l’impression que Mariam Zongo a désormais de son
existence. Jadis « grande » commerçante d’habits au marché de 10 yaar de Ouagadougou, elle est désormais « petite vendeuse de quartier». Sa vie a basculé le 30 novembre 2019. Alors qu’elle se rendait dans la capitale économique (Bobo-Dioulasso), à bord d’un car de transport en commun, l’impensable se produit : l’un des pneus du véhicule éclate aux encablures de Boromo. Lancé à vive allure, le car se renverse violemment et chute dans un pont. Le bilan de l’accident est lourd : plusieurs morts et de
nombreux blessés graves, dont Mariam.
« Les médecins ont dit qu’il fallait amputer mon bras gauche », se remémore-t-elle. Abandonnée par son époux avec leur fils de 4 ans, Mariam Zongo a pu compter sur le soutien de sa famille. Malgré la perte de son bras, la trentenaire a refusé de céder à la fatalité. Aujourd’hui, elle se reconstruit et refait sa vie auprès d’un homme qui ne voit pas son handicap comme un obstacle. Grâce à cet amour, Mariam réapprend à apprécier la vie. Mère de deux autres enfants, elle contribue aux dépenses de sa nouvelle famille, en vendant des chaussures dans son quartier. Pleine d’amertume, elle insiste sur son innocence dans ce drame et accuse le chauffeur d’excès de vitesse.
Des militants actifs

à l’ONASER, Nina Samé, s’est réjouie de l’augmentation du nombre
d’usagers qui portent le casque.
Aujourd’hui, Mariam Zongo est une militante active au sein de l’Association des
victimes d’accidents du Burkina Faso (AVABF). Elle se sert de son handicap
visible pour sensibiliser au respect du Code de la route, car, convaincue que la majorité des accidents au Burkina Faso peut être évitée. « Quand je leur parle, mon physique les contraint à m’écouter. Il y en a qui versent même des larmes », confie-t-elle. Son message, porté par sa propre histoire, est un puissant appel à la responsabilité des conducteurs.
Avec ses collègues de l’AVABF, Mariam s’emploie à sensibiliser les transporteurs en commun à la nécessité de respecter la réglementation en matière de vitesse. Elle déplore l’attitude de certains chauffeurs : « Ils se disent que puisque leur véhicule est assuré, tout leur est
permis car l’assurance prendra en charge le moindre problème ». Mais Mariam Zongo fait savoir que l’indemnisation de l’assurance n’est qu’un dédommagement, « souvent dérisoire » face aux préjudices irréversibles subis. « Moi par exemple, j’ai perdu mon bras. Quelle assurance peut me le ramener ? », lance-t-elle, émue.
Ablassé Patam, également engagé au sein de l’AVABF, utilise sa propre expérience d’accidenté pour sensibiliser les conducteurs. Il estime que son cas éveille les
consciences sur les dangers du non-respect du Code de la route. « Les gens ont besoin de voir pour croire », explique-t-il, affirmant qu’au vu de son cas, les gens se rendent compte que l’imprudence peut les mener à sa situation. Pour l’encourager dans ses missions, les responsables de l’association lui ont offert une prothèse, lui permettant désormais de se déplacer en motocyclette.
Sensibiliser par l’exemple
Bien qu’il soit toujours sans emploi et confronté à des difficultés financières, Ablassé Patam trouve son réconfort et sa joie dans l’aide aux autres. « Je suis convaincu que grâce à mon témoignage, beaucoup de gens ont évité des accidents et même la mort », se réjouit-il. Son engagement est devenu une force, transformant sa souffrance en un puissant outil de prévention.
Tout comme Mariam et Ablassé, Bapio Achille Bako et Aziz Ouattara sont aujourd’hui de véritables « ambassadeurs » du Code de la route. Militants au sein de l’association « Zéro goutte de sang sur la route » (ZGSR), ils parcourent villes et villages pour « propager le message » de la sécurité routière. Moumini Koudougou, président de l’association, apprécie leur contribution.

des réseaux sociaux un allié de sensibilisation.
« Comme ils ont été eux-mêmes victimes, leur histoire parle plus aux gens, lors des séances de sensibilisation », avoue-t-il. Du côté de l’AVABF, Ablassé et Mariam sont considérés comme des maillons essentiels de l’équipe de sensibilisation.
« Nous parcourons les villes et villages du Burkina ensemble pour la sensibilisation et ça porte fruit », soutient le président de la structure Zamanoma Kaboré. A titre d’exemple, l’AVABF a été sollicitée par le dirigeant d’une entreprise minière de la place. L’objectif était de sensibiliser ses employés, après une série d’accidents de la circulation.
A entendre Ablassé et Mariam, lorsqu’ils ont partagé leurs témoignages poignants, l’émotion était palpable : de nombreux agents ont versé des larmes. « Cette réaction n’a pas été que de la compassion. Les agents ont pris l’engagement ferme de respecter le Code de la route pour prévenir de futures tragédies. Cette démarche a eu un impact direct et significatif, entraînant une réduction drastique du nombre d’accidents au sein de l’entreprise », soutient Ablassé.
Les réseaux sociaux, un allié puissant
Si l’AVABF sensibilise plus sur le terrain, ZGSR a la particularité d’être active sur les réseaux sociaux. Née d’une page Facebook dénommée « Circulation de Ouaga », elle est devenue une association formelle en 2020. Selon M. Koudougou, la sensibilisation routière est un défi, car elle est perçue comme un sujet lassant qui n’attire pas l’attention du public. « C’est difficile de réunir les gens pour parler de sécurité routière, parce que c’est un sujet qui casse l’ambiance », souligne M. Koudougou. De ce fait, l’association a fait des réseaux sociaux son terrain de sensibilisation. Sur sa page Facebook, soutient son président, un message est posté toutes les cinq minutes, touchant au moins 500 000 personnes par publication.
Cela représente plus de 4 millions de personnes impactées chaque mois.
C’est vraiment notre force, car il serait impossible d’organiser une conférence pour réunir 500 000 membres », se convainc M. Koudougou. En plus des réseaux sociaux, certains grands évènements tels que le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) et le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) sont mis à profit par l’association pour la sensibilisation de proximité.
L’action de ces associations est appréciée à sa juste valeur par l’Office national de sécurité routière (ONASER) dont la sécurité routière constitue l’un des trois objectifs principaux. Selon la directrice de la planification et de la promotion de la sécurité routière à l’ONASER,

Burkina Faso, on soit obligé de forcer les gens à préserver leur propre vie ».
Nina Samé, la collaboration entre les différents acteurs est importante pour l’atteinte des objectifs en matière de sécurité routière. C’est pourquoi, l’ONASER, dit-elle, soutient financièrement et techniquement les activités de certaines associations qui se distinguent de manière significative dans le domaine. L’association ZGSR est ainsi devenue un allié stratégique de l’ONASER dans son combat contre l’insécurité routière. « Elle a l’avantage d’être représentée sur l’ensemble du territoire national », se réjouit Mme Samé.
L’excès de vitesse, un « cancer »
Selon le Pr Sayouba Tinto, orthopédiste traumatologue, chef de l’unité des urgences traumatologiques au Centre hospitalier universitaire (CHU) Yalgado Ouédraogo, les accidents de la circulation représentent 93% des circonstances de survenue de traumatismes chez les patients admis à son service. Et sur 100 accidents, 94% impliquent des conducteurs d’engins à deux roues. Le Pr Tinto déplore malheureusement des cas de plus en plus graves au fil des années. Et parmi ces cas graves, la principale cause de décès est le traumatisme crânien. Les explications possibles de cette situation, selon lui, restent l’excès de vitesse et le non-port du casque.
Aux dires du Pr Tinto, sur 100 personnes qui décèdent par traumatisme crânien suite à un accident de la circulation, 90% n’avaient pas porté de casque au moment de
l’accident. L’enseignant à l’université Joseph-Ki-Zerbo insiste sur la nécessité pour les usagers d’engins à deux roues de porter le casque pour préserver le crâne
des lésions. Mais, il est convaincu que le Burkina Faso est sur la bonne lancée grâce aux différentes initiatives qui sont développées par le gouvernement et les acteurs de la société civile.
Le président de l’association ZGSR est du même avis. Pour lui, des avancées ont été enregistrées en matière de promotion du port du casque. Parmi elles, il y a l’application effective de la loi portant obligation d’intégrer le casque aux équipements d’accompagnement des véhicules motorisés à deux roues lors de la vente. Il se réjouit qu’aujourd’hui, les motos soient systématiquement livrées avec des casques.
Toutefois, les acteurs sont unanimes que des défis demeurent car les chiffres restent préoccupants. Les statistiques de l’ONASER pour la période du 25 août au 25 septembre 2025 font état de 1 894 accidents constatés sur l’ensemble du territoire, avec pour
conséquence 1 395 blessés et 82 tués. La région du Kadiogo reste la plus touchée avec 1187 cas, 589 blessés et 28 tués.
Une seule vie perdue est de trop
Pour l’ONASER, une seule vie perdue lors d’un accident est de trop. Il y a donc
lieu, selon la directrice de la planification de la promotion de la sécurité routière, de renforcer la sensibilisation pour l’adoption des bons comportements en circulation. « A

Ouédraogo, Pr Sayouba Tinto, insiste sur la nécessité pour les usagers d’engins à deux roues de porter le casque pour préserver le crâne
des lésions.
notre niveau, nous pensons qu’il est important d’agir sur l’homme si l’on veut obtenir des résultats en matière de lutte contre les accidents de la circulation », soutient-elle. En misant sur l’homme, l’ONASER semble avoir adopté la bonne méthode.
Car selon le Pr Tinto, les causes humaines sont les plus fréquentes en matière d’accidents de la circulation. En plus des « tares » officiellement reconnues que sont le non-respect du Code de la route, l’excès de vitesse et le non port du casque, le chef de l’unité des urgences traumatologiques au CHU Yalgado Ouédraogo dénonce d’autres mauvais comportements à risques que sont l’imprudence, le manque de courtoisie, l’usage du téléphone en circulation, la fatigue, la conduite en état d’ivresse, etc. Même si
ces comportements sont récurrents sur les routes au Burkina, il n’y a pas lieu, selon Mme Samé, de baisser les bras.
« Les changements d’habitudes et de comportements sont toujours une lutte de longue haleine », pense-t-elle. Pour avoir le résultat attendu, il y a lieu d’investir dans la sensibilisation des plus jeunes. C’est pourquoi, une grande partie des activités de
sensibilisation de l’ONASER concerne cette frange de la population notamment les élèves et les étudiants.
Nadège YAMEOGO
Promotion du vivre-ensemble : les acteurs du monde éducatif mis à contribution
Le ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité, à travers son secrétariat technique de la promotion de la paix et du vivre-ensemble, organise du 18 au 21 novembre 2025, à Manga, une session de vulgarisation des valeurs endogènes du vivre-ensemble auprès des acteurs de l’éducation.
Le ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité est persuadé que les acteurs de l’éducation ont un rôle à jouer dans la recherche de la paix. Pour cela, le département, à travers son secrétariat technique de la promotion de la paix et du vivre-ensemble organise, du 18 au 21 novembre 2025, à Manga, dans le Nazinon, une session de vulgarisation des valeurs endogènes du vivre-ensemble auprès des acteurs de l’éducation. Quatre jours durant, plus d’une cinquantaine d’acteurs du monde éducatif, venus des trois provinces du Nazinon vont s’entretenir sur les valeurs identitaires de référence les mieux partagées au Burkina.
Les échanges porteront également sur les principales valeurs culturelles burkinabè ainsi que sur les expressions, les pratiques et les normes issues des différentes sphères ethnoculturelles du pays. Au cours de la session, les participants seront aussi mis à profit pour amender des drafts de fascicules sur les valeurs endogènes du vivre-ensemble à promouvoir auprès des élèves. La secrétaire technique de la promotion de la paix et du vivre-ensemble, Honorine Sawadogo, a indiqué que l’une des attributions de sa structure est de promouvoir la cohésion sociale en collaboration avec les ministères compétents.
Et l’on a estimé, a-t-elle expliqué, que les ministères chargés de l’enseignement de base et secondaire sont compétents en matière de transmission des valeurs de cohésion sociale et de vivre-ensemble aux plus jeunes, d’où l’initiative de cette session. Mme Sawadogo a fait savoir qu’après les enseignants, sa structure va ensuite échanger avec les dépositaires des valeurs socio-culturelles et les acteurs du monde associatif qui sont engagés dans la promotion de la cohésion sociale en milieu scolaire.
Le président de la délégation spéciale communale de Manga, Bérenger Yazouma Bihoun, a mentionné que la promotion de la paix, de la cohésion sociale et du vivre-ensemble harmonieux entre les filles et les fils du Burkina constitue aujourd’hui une nécessité impérieuse au regard du contexte national. Il a nourri le vœu qu’à l’issue de cette session, les participants vont contribuer activement à la diffusion et à la promotion des richesses éducatives au sein des différents ordres d’enseignement. Le haut-commissaire du Zoundwéogo, Julien Ouédraogo, représentant le gouverneur du Nazinon, a soutenu que dans le contexte actuel du pays, la recherche de la paix est un choix vital.
« Oui, la paix pour les Burkinabè est le bien le plus précieux. Elle demeure la force qui doit animer nos actions de chaque jour », a-t-il souligné. Le premier responsable de la province a invité les participants à mettre l’accent sur
l’éducation à la paix fondée sur les valeurs endogènes de cohabitation pacifique et du vivre-ensemble.
Noufou SAWADOGO
Accidents de circulation routière: la Police nationale teste son dispositif de constat par drones
Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a patronné la cérémonie officielle de test des constats des accidents de la circulation routière avec drone par la Police nationale, mercredi 19 novembre 2025, à Ouagadougou.
Dans un futur proche, les longues attentes pour un constat après un accident sur la route relèveront du passé. La Police nationale a, en effet, effectué le test d’un nouveau dispositif
de constat d’accident par drone, mercredi 19 novembre 2025, à Ouagadougou. Pour le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, l’adoption de ce nouveau dispositif permet de réduire drastiquement le temps d’attente d’une à deux heures mis par les populations après un accident de la circulation routière pour la constatation des faits par les services compétents.
« Avec cette solution, dans le cas d’un accident à moins d’un kilomètre d’un commissariat de police, le drone peut aller directement prendre des images, les traiter et le constat sera fini en moins de 15 minutes et les images imprimées. Mais au-delà d’un kilomètre, les agents vont se déporter sur la voie publique pour les constatations », a expliqué le ministre de la Sécurité. Il a indiqué que le constat d’accident par drones répond principalement à quatre objectifs qui sont de réduire le temps d’intervention pour le constat et celui mis pour effectuer le constat.
A cela s’ajoutent la réduction des risques que les gens prennent pour les tracés sur la route, ainsi que les contestations des reportages de croquis au niveau des commissariats par les parties prenantes. Selon M. Sana, après cette phase de test s’en suivra celle pilote où un commissariat sera désigné pour tester la solution. « Après cette phase pilote nous allons étendre cette solution drone de constat d’accident à toutes les brigades de gendarmerie en milieu rural et également au niveau des commissariats dans les villes », a-t-il poursuivi.
Eviter les erreurs dans la prise des mesures
Quant au commissaire principal de police, Zacharia Hebié, par ailleurs directeur général des Transmissions de l’informatique du ministère de la Sécurité, il a appuyé que ce système de constat par drone assure une acquisition automatique des mesures avec des images géo-référencées. Et l’intégration de ces images permet un traitement cartographique sur le constat et la visualisation des coordonnées GPS de l’ensemble des accidents produits dans la ville. Pour lui, ce dispositif permet d’éviter les erreurs dans la prise des mesures et aussi les contestations lors des confrontations avec les protagonistes. « Le constat d’accident dans l’ancien système est fait manuellement avec des outils.
Dans l’intervention de l’humain, il peut pourtant y avoir des biais de mesures. Deux centimètres de plus ou moins en matière de constat d’accident peut faire toute la différence », a fait remarquer M, Hebié. A ses dires, si les constats se font via le drone, cela va permettre à terme d’avoir dans l’année l’ensemble des accidents de la ville ou de la localité sous forme cartographique, ce qui peut permettre aux autorités de prendre des décisions en matière de politique de la sécurité routière.
Toutefois, le commissaire principal de police a précisé que ce système vient en complément aux images des vidéos surveillances installées dans les artères des villes qui montrent l’évolution des scènes avant, pendant et après un accident. « Nous irons plus loin avec d’autres innovations à venir sur l’ensemble de la chaine du processus de constat d’accidents », a rassuré M. Hebié. A l’occasion de cette cérémonie de lancement, le directeur général de la Police nationale, l’inspecteur général de police Thiery Tuina, a interpellé la population sur les attitudes à adopter en circulation routière pour minimiser les cas d’accidents tels que le port du casque et de la ceinture de sécurité, le respect du Code de la route. Il a recommandé également d’éviter la manipulation du téléphone en circulation.
Kadi RABO


