La chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Ouagadougou a rendu son arrêt dans l’affaire de détournement de deniers public au ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité, mardi 18 novembre 2025. Le cerveau du groupe, Amidou Tiegnan, s’en sort avec onze ans de prison ferme et une amende de 5,64 milliards de FCFA.
Poursuivis pour détour- nement de deniers publics, blanchiment de capitaux, faux en écriture publique, Amidou Teignan, Pétronille Tarpaga, Philippe Bayoulou et Salifou Ouédraogo sont tous reconnus coupables en appel. L’arrêt a été rendu par la Cour d’appel de Ouagadougou, ce mardi 18 novembre 2025. Le cerveau dans l’affaire, Amidou Tiegnan, voit sa peine réduite de 15 ans à 11 ans de prison ferme suivi d’une amende de 5, 64 milliards de FCFA. En outre, pour préjudice financier, il est condamné à verser à l’Etat la somme de 1,88 milliard de FCFA. Petronnille Tarpaga voit également sa peine réduite de 11 à 8 ans de prison ferme et une amende de 104 milllions FCFA ferme. Elle doit verser à l’Etat 34,6 millions de FCFA, au titre de préjudice financier. Salifou Ouédraogo quant à lui, voit sa peine grimpée à 11 ans contre 8 ans en prémière instance. Son amende s’élève à 345 millions de F CFA en plus 115 millions à verser à l’Etat. Phillipe Bayoulou conserve ses six ans ferme prononcés en première instance mais voit son amende augmenté à 245 millions de FCFA contre 126 millions en premier ressort. Ce dernier doit payer à l’Etat, au titre de préjudice financier, 81, 8 millions de FCFA. Les quatre prévenus sont condamnés à payer à l’Etat burkinabè 1 franc symbolique au titre de préjudice moral. La chambre a en outre ordonné la confiscation de leurs biens meubles et immeubles et même ceux d’origine licite, au profit de l’Etat à concurrence du montant des amendes et condamnations pécuniaires. L’avocate de Salifou Ouédraogo, présente sur les lieux, Maitre Marie Ouédraogo, a souhaité avoir le temps de discuter avec
son client avant d’apprécier l’arrêt de la cour. Au niveau des condamnations, a-t-elle regretté, la peine privative de liberté est passée de huit à onze ans. L’agent judiciaire de l’Etat, Karfa Gnanou, a salué la confiscation des biens en exécution de la décision. « Si au premier decret, cette confiscation des biens visait à exécuter les amendes, en appel les autres condamnations pécuniaires sont concernées par la présente confiscation », a-t-il précisé. Au-delà du montant des condamnations, il s’est dit satisfait de l’arrêt rendu.
Adama SEDGO
Les peines comparatives, hors-mis la constitution de l’Etat partie civile
En match comptant pour les 8es de finale de la 20e Coupe du monde U17 Qatar 2025, les Etalons ont disposé des Grues de l’Ouganda hier sur le terrain 5 de l’Aspire Zone 5-2 à l’issue de la séance des tirs au but. Un match nul d’un but partout a sanctionné la partie à la fin du temps règlementaire.
Comme l’avait prévenu Oscar Barro, la bataille morale et physique a bel et bien eu lieu entre Grues – Etalons en ce 8e de finale de la 20e Coupe du monde U17. Une opposition entamée sans round d’observation. Les deux formations d’entrée vont au charbon. La bataille pour la conquête du secteur médian est rude. Chacune des deux équipes veut s’approprier ce compartiment important du jeu. Sur les gradins, les Ougandais gagnent la bataille dans ces lieux. Ils se font le plus entendre grâce à leur nombre.
Ce qui est logique car, ils ont rempli deux gradins alors que les supporters burkinabè avaient du mal à en combler un. Aussi, il n’y avait pas match entre les deux équipes en termes de gabarit. Car, a vue d’œil, les Ougandais sont loin d’une équipe cadette. Ils l’ont prouvé à deux reprises avant le quart d’heure avec deux bolides surpuissants digne de bons joueurs séniors. Mais, le portier Rahim Ouattara était là à chaque
fois pour sauver les meubles.
Les jeunes joueurs étalons commettent beaucoup d’erreurs jusqu’à la 20e. A partir de cet instant, une action offensive bien menée ponctuée par un coup franc sonne un petit réveil des Poulains de Oscar Barro. Ils font douter les Ougandais qui commencent à reculer laissant les bonnes initiatives à Fadil Barro et ses camarades. La partie est intense. L’action la plus dangereuse intervient à la 38e. Sur le coup, les Etalons dans la surface de réparation n’arrivent pas à mettre la balle au fond, après 4 tentatives, dans un cafouillage monstre.
L’apport considérable des remplaçants
Ce qui a occasionné le recours de la VAR qui a jugé la main ougandaise involontaire, rendant le score vierge à la pause. La seconde partie commence comme la première avec un petit ascendant des Grues. Une domination qui s’est concrétisée en but (56e) avec le virevoltant Nkoola Arafat sur une belle frappe enroulée. Un but qui a assommé la formation burkinabè. Car, après l’ouverture du score, il n’y a aucun sursaut d’orgueil. En plus, ce sont les Ougandais qui ont une mainmise sur la partie, poussés par leurs supporters. Certes, ils étaient dans leur bonne période.
Mais, ils reviennent sur terre par l’intermédiaire de Allassane Bagayogo (76e) qui trouve la jonction au score. Ensuite, ce sont les Etalons qui prennent le match en main. Malheureusement, ils vendangent leurs occasions. A parité égale, le règlement prévoit directement la séance des tirs au but. Dans cette épreuve de nerfs, les U17 burkinabè se sont montrés adroits en réussissant leurs cinq essais notamment par Adama Barro, Mohamed Zongo, Allassane Bagayogo, Moumine Ouédraogo et Issouf Dabo pour un score final de 5-3. Ils s’ouvrent ainsi les portes des quarts de finale avec pour adversaire l’Italie
le vendredi 21 novembre prochain.
Au coup de sifflet final, le capitaine Fadil Barro avait de la peine à exprimer sa joie. « C’est une immense joie et une énorme fierté », s’est-il contenté de déclarer. Mohamed Zongo, buteur face à l’Allemagne et homme du match a encore été plébiscité comme le meilleur joueur de ce match suite à sa passe lumineuse sur le but égalisateur de Allassane Bagayogo. Il reconnait la difficulté endurée, tout en saluant la force de caractère du groupe Etalons.
« Les Ougandais nous ont causé énormément de problèmes sur le plan physique. Nous avons prévenu les jeunes d’éviter le corps à corps en ne gardant pas le ballon », a informé le coach Oscar Barro. Il a avoué avoir cru à la victoire même après l’ouverture du score ougandais à cause des opportunités que ces poulains arrivaient à se créer. Pour les tirs au but, coach Barro a confessé avoir prévu ce scenario, car, souligne-t-il, « chacun des entrainements depuis la qualification pour les 16e se terminait par cette séance ». Il a regretté les occasions gaspillées et salué l’apport considérable des remplaçants qui, grâce à leur entrée, a changé le cours de la partie.
Le cadre de concertation des organes de contrôle du ministère de la Sécurité a tenu sa première session, le mardi 18 septembre 2025, à Ouagadougou.
Le ministère de la Sécurité est déterminé à quitter le top 5 des services les plus corrompus au Burkina Faso comme le révèle, depuis quelques années, le rapport annuel du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC). Pour ce faire, elle ne cesse
de multiplier les actions dans ce sens. Au nombre des initiatives entreprises, figurent la mise en place d’un cadre de concertation des organes de contrôle du secteur de la sécurité. Ce cadre a tenu sa première session, le mardi 18 septembre 2025, à Ouagadougou. Aux dires du ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, cette initiative vise à assurer plus de dynamisme, de cohérence et de visibilité aux actions menées contre les mauvaises pratiques au sein des Forces de sécurité intérieures (FSI).
« Il se veut un espace privilégié d’échanges francs, inclusifs, d’harmonisation et de synergie entre les différentes structures de contrôle interne », a indiqué le ministre Sana. Cette session, qui constitue la toute première rencontre de ce cadre servira, selon lui,
à le rendre pleinement opérationnel, afin d’accroître la contribution des organes de contrôle à l’amélioration de la gouvernance, à la lutte contre la corruption et au renforcement de la confiance entre l’administration et la population. « Il s’agira d’identifier les défis propres et les opportunités de synergie entre les différents organes de contrôle, d’harmoniser les approches méthodologiques et les outils de travail, de définir les actions prioritaires pour l’année à venir et proposer un plan de renforcement des capacités », a-t-il détaillé.
Une meilleure synergie d’action
Notant que l’ensemble de ces objectifs entrent en droite ligne des valeurs de patriotisme, d’ordre et de discipline prônés par le chef de l’Etat le capitaine Ibrahim Traoré, il a invité les participants à des échanges francs, constructifs et productifs afin de renforcer ce cadre de concertation. Cette première session se tient sous le thème : « Intégrité, honneur et responsabilité : valeurs fondamentales du service de sécurité ». Un thème qui peut paraître surprenant pour des agents qui ont fait de ces valeurs la trame de fond
de leurs activités, selon l’inspecteur général des services du ministère de la sécurité, Hamidou Guigma.
« Qui, mieux que nous doit incarner ces valeurs ? », s’est-il interrogé. Convaincu que l’exemple doit venir avant tout des forces de sécurité, il s’est réjoui de la mise en place du présent cadre de concertation des organes de contrôle. Selon lui, cette initiative permettra une meilleure synergie d’action pour plus d’impact dans la lutte contre la corruption au sein du département. De l’avis de M. Guigma, face au défi sécuritaire auquel le Burkina Faso est confronté, la lutte contre la corruption et les pratiques assimilées doit prendre une dimension particulière.
« Les efforts importants visant à mobiliser des ressources pour faire face à la guerre doivent s’accompagner d’une gestion vertueuse », a-t-il estimé. La représentante du Centre de Genève pour la gouvernance du secteur de la sécurité (DCAF), Laurentine Konkobo a formulé le vœu de voir cette initiative se pérenniser. « En tant que partenaires du ministère de la sécurité, nous sommes convaincus que ce cadre permettra d’assurer un service de sécurité de qualité aux populations », a-t-elle indiqué. Mme Konkobo a réaffirmé l’engagement du DCAF à accompagner le ministère de la Sécurité pour un renforcement des mécanismes de contrôle et de promotion de la bonne gouvernance au sein du département.
La 20e édition de la Semaine du numérique se tient du 18 au 21 novembre 2025 sur le thème : « L’intelligence artificielle au cœur de la transformation digitale ». Le Président du Faso, chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré présidé, ce mardi 18 novembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la Semaine du numérique 2025 (SN 2025). Nous vous proposons l’intégralité de son discours.
Bonjour, camarades. Merci à tous d’être là ce matin pour le lancement de la semaine du numérique. Merci au pays invité d’honneur, le Ghana. Merci au pays frère du Mali, du Niger, qui sont là aussi pour nous accompagner dans cette révolution de l’Intelligence artificielle qui, aujourd’hui, est en train de dominer le monde. Je m’en voudrais bien de commencer à parler sans rendre grâce à Dieu, et aussi rendre un hommage vibrant à nos vaillantes forces combattantes sur le terrain qui, depuis ces dernières semaines, font un travail extraordinaire. Je le dis parce que je sens de la fierté.
Ces dernières semaines, pendant que l’ennemi croit qu’il est en train de nous faire plier, c’est en ce moment que le moral de nos hommes rebondit. Ils font un travail exceptionnel ces dernières semaines. Je tiens à leur rendre hommage, à les féliciter. Je souhaite donc qu’on prenne une minute de silence pour prier pour le repos des âmes de tous ceux qui ont perdu la vie dans ce combat. 20e anniversaire de la Semaine du numérique. Cela fait des décennies, si je peux le dire, que nous célébrons cette semaine du numérique. Mais je pense que ce 20e anniversaire doit être l’occasion de marquer aussi une pause, de faire le point de la situation, de voir où est-ce que nous en sommes pour pouvoir nous projeter dans le futur. Le Burkina Faso vient de très loin en matière de numérique.
Et je peux dire que nous sommes encore très loin. Beaucoup de choses ont été faites ces deux dernières années, mais, nous voulons nous lancer pour être à un certain niveau qui puisse nous permettre de dire qu’en cinq ans, nous avons fait un bond d’au moins 100 ans. Et madame le ministre a pris l’engagement, avec toute son équipe, de pouvoir mettre en œuvre ce programme. Et soyez sûrs que nous sommes-là pour vous accompagner comme vous voulez pour que cette révolution soit un succès. Le Burkina Faso a besoin de cette révolution numérique qui doit nous permettre de nous placer à un certain niveau de développement dans la sphère mondiale.
Aujourd’hui, quoi qu’on veuille, aucun domaine ne pourra se propulser sans le numérique. C’est pratiquement impossible. Nous avions tantôt parlé de lourdeurs administratives, de tracasseries. Toutes les couches de nos populations sont victimes souvent de cette lenteur au niveau de l’administration, mais seule la digitalisation, le numérique peut nous permettre de faire un bon significatif, d’offrir des services rapides et à moindre coût et de faire une économie d’échelle dans ce service pour que nous puissions avancer dans notre administration. Que ce soit le domaine de la santé, de l’éducation, de la sécurité et de la défense, tous les domaines ont besoin aujourd’hui du numérique pour pouvoir avancer.
Nous parlons de pays qui, aujourd’hui, cherchent à combattre un phénomène qui gangrène l’Afrique toute entière. Je ne dirai pas le Burkina, qui gangrène l’Afrique toute entière : la corruption. Nous ne pouvons pas lutter contre la corruption sans intégrer le volet digital. Si nous voulons effectivement lutter contre la corruption, il va falloir qu’on accepte de digitaliser beaucoup de procédures, qu’on accepte le numérique dans tout ce que nous faisons dans l’administration. C’est la seule façon de pouvoir lutter contre la corruption. Et notre pays en a besoin. Notre pays en a drastiquement besoin, d’autant plus que nous sommes encore en train de déployer beaucoup d’énergies pour que beaucoup de secteurs soient digitalisés et nous permettent de faire un bond significatif dans la lutte contre la corruption.
Emploi judicieux de l’Intelligence artificielle.
Selon le chef de l’Etat, l’Intelligence artificielle est un outil qui doit nous permettre d’avancer.
Et je vous invite à continuer dans ce sens, à intégrer, à fédérer tous les ministères sur les différentes plateformes que vous êtes en train de développer pour que cette lutte contre la corruption connaisse un grand avancement dans les 2 ou 3 ans à venir. Si nous voulons aussi d’instruments de sécurité performants, nous n’avons pas le choix que d’intégrer l’Intelligence artificielle. C’est une occasion d’informer beaucoup de jeunes sur ce que c’est que l’emploi judicieux de l’Intelligence artificielle. En matière de sécurité, en matière de défense. Je vous prends un exemple. L’analyse de certaines données a besoin forcément d’Intelligence artificielle pour aller très vite et être très concrète.
Aujourd’hui, la démographie et toutes les données récoltées par les capteurs de la sécurité, ont besoin d’une analyse rapide et succincte pour pouvoir donner des conclusions qui permettent aux différentes forces d’agri à temps et anticiper sur tout ce qui peut toucher à la sécurité de notre pays. Aujourd’hui, en termes de défense, qui ne serait pas content que de sa position, qu’il puisse peut-être avoir des images et ses coordonnées d’une situation particulière, transmettre à une unité qui a déjà la situation en temps réel et qui doit intervenir sur le terrain. Cela permet de sauver des vies parce que cela vous permet de mieux préparer et d’anticiper la situation.
Mais tout cela ne peut se faire que lorsque nous développons sérieusement nos infrastructures numériques. Nous sommes sur cette lancée parce que le Burkina Faso, comme je l’ai dit, vient de très loin. Nous avons passé tout le temps à héberger nos données à l’étranger. Cela veut dire que nous ne sommes pas maîtres de nos propres données que nous produisons. Et nous ne pouvons pas parler de souveraineté si nous n’hébergeons pas nous-mêmes nos propres données que nous produisons ici et qu’on passe le temps à exposer, à mettre chez les autres. La question de souveraineté intègre impérativement celle du numérique.
Aujourd’hui, nous sommes en train d’acquérir des data centers pour pouvoir, au fur et à mesure, héberger toutes nos données que nous produisons ici, sur place, et aussi les différentes applications que les jeunes sont en train de développer, à qui d’ailleurs je tire mon chapeau. Je félicite toutes les équipes qui participent à ce combat avec nous parce que le Burkina Faso, rien qu’hier, importait les applications élémentaires dans notre administration. Nous ne pouvons pas parler d’indépendance et de souveraineté alors que pour peu que nous ayons besoin d’une petite application pour faciliter un service, il faut aller le payer chez ceux-là qui sont en train de nous combattre.
Nos données et toutes nos actions, tous nos mouvements sont connus et sus de tous. Aujourd’hui, nous sommes en train de développer beaucoup d’applications dans beaucoup de ministères pour aller très vite. Quand je prends, rien que le ministère de la Justice, avant, il fallait quitter très loin dans son village pour un certificat de nationalité ou un casier judiciaire. Aujourd’hui, à travers la digitalisation, il faut créer des applications qui permettent à tout citoyen, à partir de sa position, d’avoir accès à ces services. Ça lui fait gagner un temps, une énergie et il n’a plus besoin de dépenser en carburant pour se rendre, avec tous les risques de la route, dans une zone quelconque pour se procurer ces documents.
Ce sont des exemples concrets que nous pouvons prendre et qui nous permettent de dire que nous avons besoin d’avancer dans
le numérique, soulager nos populations et lutter efficacement contre la corruption. Ceci dit, on pourra se poser la question de savoir comment le Burkinabè lambda va faire pour avoir accès à ces services, puisque tout le monde n’est pas forcément au même niveau en termes d’utilisation des téléphones ou d’ordinateurs. Mais j’ai instruit le ministère qui a déjà réfléchi à une solution qui, normalement doit commencer à être implémentée dans quelques semaines.
Construire des maisons de citoyens
Nous voulons construire dans toutes les provinces et plus tard dans tous les départements, des maisons de citoyens. Ce sont des maisons où des jeunes pourront être accompagnés avec tout le bagage, le paquet numérique du Burkina Faso. Lorsqu’un citoyen a besoin d’un service, il pourra se rendre dans ces maisons de citoyens pour avoir accès à ces services. Nous n’avons oublié personne. Tout le monde sera servi. Que nous puissions être ensemble sur le bateau et que personne ne soit à la traîne. C’est pour dire qu’il y a de vastes chantiers qui sont engagés à travers le ministère.
Aujourd’hui, nous recrutons 10 ou 20 fois plus d’ingénieurs dans le domaine du numérique pour aller très vite et booster ce retard que nous avons connu depuis nos indépendances. En plus de tout cela, la formation est essentielle. Nous sommes en train de mettre l’accent sur les différentes écoles qui forment des ingénieurs pour que nous ayons de la matière. Et c’est là que j’interpelle la jeunesse. C’est le moment pour vous de prouver que ce que les autres disent de nous, Noirs, que tout est faux. Nous avons de l’intelligence, nous avons du cerveau capable de concevoir bien et utile pour nos populations.
J’invite tous les jeunes qui seront inscrits dans ces différentes écoles, qui partent pour la quête de savoir, d’ingénierie, de continuer à faire les recherches qu’il faut et développer tous les outils informatiques dont a besoin notre pays ; Depuis le paysan jusqu’à l’administration pour pouvoir donner un coup de pouce à notre quête de développement que nous sommes en train de mener. Et dans quelques semaines, s’il plaît à Dieu, nous allons lancer les travaux d’une autre académie polytechnique dans laquelle sera intégré ce volet de formation sur le numérique. Et des ingénieurs devront sortir de ces universités dans quelques années être au service du peuple.
Aussi, bien que nous parlions des bienfaits de l’intelligence artificielle, je vous enjoins de commencer la sensibilisation également de la jeunesse sur ses méfaits. L’intelligence artificielle est un outil qui doit nous permettre d’avancer, mais pas un outil qui doit désorienter la jeunesse. Il faut l’employer à bon escient. Et cela, c’est un volet très important. Par la sensibilisation, vous pourrez faire beaucoup de choses au sein de la jeunesse pour leur montrer les effets néfastes aussi de l’intelligence artificielle. Nous n’avons pas dit de l’exploiter à d’autres fins.
Beaucoup aujourd’hui le font déjà pour escroquer des individus, pour se faire passer pour d’autres personnes pour la désinformation, etc. Il faut que ces pratiques cessent, mais c’est aussi par la sensibilisation que nous pourrons y arriver. Je compte sur la jeunesse pour qu’elle tire le meilleur profit de l’intelligence artificielle pour travailler au profit de la nation. Et quoi qu’on dise, c’est un domaine dans lequel les start-ups sont en train de germer un peu partout. Et ceux-là aussi doivent passer le message pour faire comprendre aux autres que c’est un domaine où l’homme peut se faire.
C’est très important. Il faut que les jeunes comprennent que créer des start-ups, créer des petites entreprises dans le domaine du numérique pour aider et faciliter la vie des citoyens, cela vous permet aussi de vivre dignement au Burkina Faso. J’exhorte tout un chacun à intégrer le volet du numérique. Je vous encourage, vous, ministère, à lancer tous les vastes chantiers.
Et notre programme, les 12 engagements que vous avez pris pour 2030, que nous puissions atteindre nos objectifs bien avant 2030. J’espère que c’est bien possible. J’invite tout un chacun, tous les départements ministériels à fédérer les énergies pour faciliter la tâche à ceux qui sont censés vous accompagner dans ce développement du numérique à travers l’intelligence artificielle et favoriser le développement de notre chère patrie. Merci beaucoup à tous. Je vous souhaite une très bonne semaine du numérique, avec des innovations majeures, toujours pour le bonheur de nos populations. Merci à tous d’être venus et merci aux pays frères qui sont là. Je vous souhaite un très bon séjour au Burkina Faso et que Dieu bénisse notre très chère patrie.
Les Etalons du Burkina Faso ont clôturé leur rassemblement international en s’imposant largement (3-0) face aux Guépards du Bénin hier mardi 18 novembre 2025 au Maroc. Ce match amical, s’inscrivait dans la préparation des prochaines échéances de la CAN qui débute dans quelques semaines.
Après une victoire face au Niger (3-2) le 14 novembre dernier, c’est par une démonstration
de force que les Etalons du Burkina Faso ont parachevé leur rassemblement international. Face aux Guépards du Bénin, lors d’un match amical disputé hier mardi 18 novembre 2025 à Marrakech au Maroc, les garçons de Brama Traoré ont été sans pitiés, s’imposant sur le score de 3 buts à 0. Cette rencontre, inscrite dans le cadre de la préparation de la prochaine CAN au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, a permis au XI national d’afficher une solidité défensive rassurante et une efficacité offensive remarquable.
Dès l’entame, les Burkinabè ont pris le contrôle des débats, multipliant les mouvements précis et les offensives tranchantes. Leur domination a logiquement été récompensée à la 25e minute lorsque Georgi Minoungou s’est montré le plus prompt dans la surface béninoise pour ajuster le gardien et ouvrir le score. Un but symbolique pour le jeune attaquant, qui signait ainsi sa première réalisation sous les couleurs nationales. Alors
que la mi-temps approchait, Minoungou a remis le couvert. Profitant d’une erreur défensive béninoise dans le temps additionnel (45e+1), l’attaquant burkinabè a doublé la mise
d’un geste opportuniste. Ce deuxième but, inscrit au meilleur moment, a porté un coup dur au moral des Guépards, incapables de réagir par la suite.
Au retour des vestiaires, les deux sélectionneurs ont procédé à plusieurs changements, mais la physionomie du match n’a pas varié : les Étalons ont continué à contrôler le rythme, gérant leur avance avec maturité. Le Bénin, de son côté, n’a jamais trouvé la clé pour déstabiliser une défense burkinabè bien en place. Dans les ultimes instants (90e+3), Saidou Simporé a scellé définitivement la victoire d’une frappe clinique, récompensant une prestation collective maîtrisée de bout en bout.
Ce troisième but est venu couronner l’engagement et la constance des Etalons, déterminés jusqu’au coup de sifflet final. Ce succès net de 3-0 renforce la confiance du groupe et confirme la montée en puissance observée depuis plusieurs sorties. Les Etalons rentrent ainsi au pays avec un moral au beau fixe, prêts à se concentrer pleinement sur la 35e édition de la CAN.
Après une première semaine de négociations, dans cette interview, le point focal national de la CCNUCC, Nebnoma Alain Combassré, dresse un bilan à mi-parcours de la COP 30. Il présente les avancées et les points de blocage des négociations.
Sidwaya (S) : La COP30 se déroule du 10 au 21 novembre 2025, à Belém au Brésil. Quels sont les sujets au centre de ces négociations internationales sur le climat ?
Nebnoma Alain Combassré (N.A.C): La COP30 se déroule dans la forêt amazonienne, un symbole fort de la présidence pour souligner l’importance de la participation et des droits des peuples autochtones dans la prise de décision en matière de climat. Pour atteindre ses objectifs, la présidence de la COP a défini un programme d’action en six piliers couvrant les domaines que sont: la transition énergétique, industrielle et des transports, l’intendance des forêts, des océans et de la biodiversité, transformer l’agriculture et les systèmes alimentaires, renforcer la résilience des villes, des infrastructures et de l’eau, favoriser le développement humain et social, les catalyseurs et accélérateurs transversaux (p. ex., financement, technologie, renforcement des capacités).
Dans l’ensemble, on s’attend à ce que la COP30 contribue à renforcer le multilatéralisme qui est affaibli de nos jours. La présidence brésilienne recherche une action collective et mettra l’accent sur une coopération solide pour que les pays obtiennent les résultats. La conférence mettra l’accent sur l’importance de la coopération internationale et du multilatéralisme pour faire face à la crise climatique mondiale. Les principaux résultats attendus de la COP30 sont : la traduction de la décision sur le nouvel objectif quantifié collectif (NCQG) sur le financement après 2025 adopté à Bakou à la COP29 concernant les 1,3 billion de dollars par an d’ici 2035 et comment étendre l’engagement de mobiliser et de fournir 100 à 300 milliards de dollars américains en actions.
Il y a aussi le renforcement de la confiance pour combler l’écart entre l’aide fournie et les CDN, et les mesures d’adaptation exprimées dans le cadre de l’opérationnalisation de l’Objectif mondial d’adaptation (GGA). Autres résultats attendus, c’est que la COP30 se concentrera sur le passage des promesses aux actes, les pays devant démontrer des progrès dans la mise en œuvre de leurs engagements climatiques, la mise en œuvre des CDN conditionnelles et inconditionnelles : cette COP 30 doit décider de faciliter la mise en œuvre des CDN, notamment en mobilisant les ressources supplémentaires pour le volet conditionnel.
Au nombre desdits résultats figure également l’intérêt du financement des CDN qui réside aussi dans le fait que 73 % des pays ont inclus des composantes d’adaptation dans leurs CDN et 94 % ont fait référence aux pertes et dommages, les besoins pour le financement de l’adaptation inclus dans les CDN qui sont de l’ordre de 560,5 à 564,6 milliards de dollars, la COP30 devrait adopter l’objectif de tripler le financement de l’adaptation pour la prochaine période 2026-2029 en tenant compte de ses progressions.
S : Y-a-t-il des avancées déjà enregistrées, notamment pour l’Afrique ?
N.A.C : A la fin de la première semaine, quelques avancés et les résultats adoptés par la COP/CMA sont, entre autres : le rapport sur l’action pour l’autonomisation climatique, les renforcements des capacités (COP/CMA), le rapport technique annuel sur les progrès réalisés par le PCCB 2025, le renforcement des capacités dans le cadre du Protocole de Kyoto, les questions administratives et financières et budget. En matière de financement climat, le bilan à mi-parcours des négociations, les projets des textes sont toujours en discussion. Les PMA ont soutenu l’élaboration d’un plan de travail commun pour la réalisation du nouvel objectif collectif quantifié en matière de financement climatique (NCQG) et la présentation d’un rapport sur sa mise en œuvre dans les prochaines communications biennales.
Pour le Fonds d’intervention en cas de perte et de dommage (FRLD), le projet de texte en discussion. Plusieurs parties se sont félicitées de la mise en œuvre rapide du FRLD, notamment du lancement de son premier appel à propositions pour les modalités de mise en œuvre à la Barbade. En matière de transparence climatique, un projet de conclusions a été proposé par la présidence qui prend en compte la fourniture d’un appui financier et technique aux pays en développement pour l’établissement de rapports et l’examen au titre de l’Accord de Paris. La deuxième semaine sera consacrée aux négociations pour que cela soit adopté.
S : La question de l’adaptation et de son financement est au centre des préoccupations de l’Afrique. Où les négociations en sont-elles avec ce sujet ?
N.A.C : Tous les pays en développement soulignent l’insuffisance du financement pour mettre en œuvre les PNA (Plans nationaux d’adaptation). Pour le groupe des Pays les moins avancés (PMA) et le groupe africain des négociateurs (AGN), un résultat clé de cette année est la reconduction de l’engagement de financement de l’adaptation pris à la COP26. Le Groupe réitère son appel à tripler le financement de l’adaptation d’ici 2030, pour atteindre 120 milliards USD, sous forme de dons et de prêts hautement concessionnels. Aussi, des indicateurs non prescriptifs, adaptés aux réalités nationales devraient être adoptés
et obligatoirement accompagnés de moyens de mise en œuvre (financement, technologies, capacités). L’échéance du Bilan mondial impose à toutes les parties de soumettre leurs Plans nationaux d’adaptation d’ici fin 2025 et de les mettre en œuvre d’ici 2030. Cet objectif ne pourra être atteint que si les PMA reçoivent les moyens de mise en œuvre nécessaires afin de transformer leurs priorités d’adaptation en actions concrètes, immédiates et à grande échelle.
S : Quels sont les sujets sur lesquels les négociateurs ne parviennent pas encore à s’accorder ? Et quels sont les facteurs de blocage et les arguments en présence ?
Le Point focal national de la CCNUCC, Nebnoma Alain Combassré : « au delà des négociations techniques, à travers le bilatéralisme et le partage d’expériences avec les pairs, le Burkina Faso compte en cette deuxième semaine renforcer la coopération pour le financement de son PNA, entre autres ».
N.A.C : Plusieurs sujets sont bloqués et le risque d’appliquer la règle 16 dans les négociations climat est grand. (Règle 16 : il s’agit de renvoyer tout sujet non consensuel à la prochaine session des organes subsidiaires). Nous allons faire juste un focus sur quelques items.
Pour le Fond daptation (FA), les négociations se coincent sous quel organe le mettre : la convention ou l’accord de Paris. Le projet de texte a été renvoyé aux CMP 20 et au CMA 7 sur la proposition du président du SBI. Les PMA se sont dit « déçus » de constater que certains pays continuent de lier les arrangements institutionnels du Fonds à la question de la terminologie. Aussi l’UE et le Japon souhaitent qu’on parle de “tous les flux” (incluant prêts, privés). D’ou le désaccord sur la méthodologie de suivi du doublement du financement entre les partis.
Des divergences également dans le projet de texte sur le Programme de travail sur la transition juste. Pour l’Afrique, dans ce programme, les priorités fondamentales sont : l’équité car les transitions justes doivent refléter les circonstances nationales, les priorités de développement et l’éradication de la pauvreté tout en conservant une dimension internationale ; des moyens de mise en œuvre avec une augmentation des financements sous forme de subventions, l’accès aux technologies et le renforcement des capacités comme des facteurs qui favorisent les voies de transition juste.
Il y a ausi l’accès à l’énergie avant tout : un accès universel, abordable et fiable à l’énergie, des moyens de cuisson propres et abordables, l’extension du réseau électrique sont essentiels pour favoriser une transition juste, l’adaptation et résilience : la transition juste doit intégrer l’adaptation, la protection sociale et les approches locales, et ne pas se limiter à l’atténuation. Au nombre de ces priorités fondamentales, l’on note les mesures commerciales unilatérales où il y a une opposition ferme aux mesures commerciales unilatérales de type CBAM qui nuisent aux économies africaines, et accueil favorable aux mesures commerciales qui permettent un accès équitable aux opportunités offertes par la transition.
L’on compte également les minéraux de transition : les minéraux de transition et tous les autres minéraux de la chaîne de valeurs qui sont essentiels pour les objectifs de Paris doivent être gérés de manière à soutenir des voies de transition équitables qui tiennent compte des impacts locaux et permettent la modernisation de la chaîne de valeurs en Afrique. Pour le mécanisme pour un développement propre (MDP), c’est la question sur la période à laquelle mettre fin aux projets du MDP et comment les ressources générées par le mécanisme de marché carbone du MDP seront gérées. Le groupe africain des négociateurs à fait preuve de flexibilité en optant pour l’année 2027 et a demandé que les ressources du MDP soient affectées au Fonds d’adaptation.
S : Quels sont les challenges pour la dernière semaine de négociations qui commence ce lundi 17 novembre 2025 ?
N.A.C : Pour la deuxième semaine, la présidence de la COP30 organisera les travaux selon trois axes :
Premier axe : les duos ministériels sont constitués ainsi qu’il suit en fonction des thématiques afin de booster les négociations. Il s’agit du bilan mondial : Norvège plus 1, de l’adaptation : Gambie et Allemagne, du financement : Royaume-Uni et Kenya, de l’atténuation : Espagne et Egypte, de la transition juste : Mexique et Pologne, de la technologie : Australie et Inde et du genre : Chili et Suède
La consultation ministérielle sur l’adaptation a déjà commencé, et les consultations ministérielles sur le genre, la technologie et le financement débuteront lundi. La consultation technique se poursuit : GGA, JT, MWP, CTCN, NAP, affinement du GST, dialogue GST Emirats arabes unis, genre, RM, CGE, transparence, WIM. La consultation technique s’achèvera ce mardi au plus tard. La Consultation de la présidence : la présidence prévoit des consultations pour mettre à profit la coopération avec les organisations internationales et les pays sur les sujets de divergences et les nouveaux points à l’ordre du jour qui viendront à être posés. Des consultations de la présidence sur l’article 9.1, le BTR et les CDN sont déjà en cours et des résultats sont attendus en cette journée du lundi.
S : A ce bilan d’étape, y a-t-il espoir que les préoccupations des pays africains soient prises en compte et que la COP30 tienne ses promesses d’une COP de l’action et de la mise en œuvre des engagements climatiques ?
N.A.C : La deuxième semaine est marquée par la présence des ministres, un atout pour faire avancer les positions du groupe. A cette COP, les besoins spéciaux et circonstances particulières de l’Afrique doivent être pris en compte dans les décisions. Cela pour être en conformité avec les décisions antérieures de la Convention (décisions de la COP et du CMP), le Comité des chefs d’Etat africains sur le changement (CAOSCC) qui a aussi approuvé les besoins spéciaux et les circonstances particulières de l’Afrique et enfin les décisions des ministres africains de l’environnement et des ressources naturelles (AMCEN) qui ont souligné la nécessité de tenir compte des décisions antérieures de la COP et du CMP dans le cadre de l’Accord de Paris.
De manière spécifique pour l’Afrique, les ministres devraient accompagner les négociations en faisant de leurs priorités : l’amélioration de la mise en œuvre de la Convention et de ses orientations dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris ; à la fin de cette COP 30, qu’il soit fourni des orientations opérationnelles complètes et équilibrées sur toutes les dispositions de l’Accord de Paris et combler le déficit en matière d’atténuation, d’adaptation, de financement et de moyens de mise en œuvre ;
Les ministres doivent appeler fermement à la mise en place d’un mécanisme de transition juste pour permettre la mise en œuvre de « transitions justes », de lier toute ambition renforcée à un soutien renforcé, et de passer du dialogue
sur le JTWP à la mise en œuvre;
à la condamnation des mesures unilatérales et injustifiées, comme le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières de l’UE (cela implique pour les industries à forte intensité de carbone de payer des taxes carbones sur les produits importés afin d’éviter les fuites de carbones).
Au delà des négociations techniques, à travers le bilatéralisme et le partage d’expériences avec les pairs, le Burkina Faso compte en cette deuxième semaine renforcer la coopération pour le financement de son PNA, l’accréditation du Fonds d’Intervention pour l’Environnement pour un accès direct au Fonds d’adaptation, l’accréditation d’une Banque privée nationale pour un accès direct au Fonds Vert pour le Climat au profit des acteurs du secteur privé, etc.
Interview réalisée par Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com
(Depuis Belém, Brésil)
Malgré les promesses d’amélioration du gouver- nement, la situation sécuritaire demeure préo-ccupante au Nigéria. La partie Nord-Ouest du pays est la plus touchée, avec des enlèvements répétés dans les établissements scolaires par des groupes armés qui réclament des rançons. Les gangs en ont fait une activité lucrative, ce qui est condamnable et la tendance en matière d’enlèvement ne baisse pas. Au début de cette semaine, précisément le lundi 17 novembre, 25 écolières ont été kidnappées par des hommes non identifiés dans l’établissement pour filles de Maga dans l’Etat de Kebbi.
Depuis l’enlèvement de 270 lycéennes à Chibok en 2014, un fait qui avait ému le monde entier, ces genres d’actions subversives se sont multipliées dans le Nord-Ouest du Nigéria. A ce jour, plus de 500 élèves, voire plus, auraient été kidnappés selon certaines sources. La plupart de ces enlèvements portent la signature du groupe islamiste Boko Haram qui sévit dans le Nord-Ouest du pays, depuis plus de 20 ans. Ce mouvement, qui s’est rendu également coupable d’assassinats et de diverses exactions, représente une menace grave pour cet Etat d’Afrique de l’Ouest, au point de jouer négativement
sur son développement socio-économique.
Les actes terroristes de Boko Haram ont occasionné plus de 40 000 morts et plus de deux millions de déplacés. C’est dire à quel point, ce groupe armé constitue une grosse épine, pour le Nigeria qui regorge d’énormes ressources naturelles comme le pétrole et le gaz avec de fortes capacités de production. En accédant au pouvoir en mai 2023, le Président Bola Ahmed Tinubu avait promis de combattre Boko Haram et de ramener la quiétude dans les esprits. Son engagement à renforcer la sécurité nationale pour garantir la paix et la prospérité peine à produire des résultats probants.
En dépit de quelques acquis dans la lutte contre l’insécurité (arrestation de membres de groupes armés, saisie d’armes…) et la consolidation des capacités opérationnelles de l’armée, Boko Haram est plus que jamais actif. C’est à croire que les présidents se succèdent à la tête de la nation la plus peuplée d’Afrique (plus de 200 millions d’habitants) sans pouvoir porter le coup de grâce à Boko Haram. La criminalité est en hausse dans ce pays, où les autorités doivent redoubler d’effort pour contrer les violences en tout genre. Le score du Nigéria sur le plan de la criminalité est passé de 7,15 en 2021 à 7, 28 en 2023, selon l’Indice mondial du crime organisé. En termes de prévalence de la criminalité, le géant d’Afrique présente de sérieux signes d’inquiétude, puisqu’étant classé 2e en Afrique et 6e au rang mondial.
Le défi sécuritaire reste donc à relever et le Président Tinubu, qui aspire à un second mandat, doit multiplier les initiatives pour être à la hauteur de la tâche. L’enjeu est d’autant plus important que sans la sécurité et la paix, le développement du Nigeria est compromis. Il faut à tout prix barrer la route à l’insécurité pour permettre à ce pays d’aller de l’avant et de se faire valoir dans le concert des nations. Les discours et autres promesses ne suffisent pas. Il faut des actions concrètes et audacieuses, pour espérer voir le bout du tunnel. Tout doit être mis en œuvre pour que Boko Haram ne parvienne pas à
ses fins : renverser le système démocratique laïc du Nigeria pour instaurer la loi islamique.
Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré a reçu, le lundi 17 novembre 2025, une délégation d’investisseurs de la Biélorussie désireux de mettre en œuvre des projets au Burkina Faso.
La délégation conduite par monsieur Vitaly Gmyrak veut concrétiser un partenariat mutuellement bénéfique dans des domaines tels que la production agricole, la production des engrais, la mécanisation agricole, les mines et le génie électrique. Selon monsieur Vitaly Gmyrak, cette rencontre avec le ministre Traoré marque un point de départ pour tisser des relations économiques entre son pays et le Burkina Faso. SEM Karamoko Jean Marie Traoré a salué la démarche “pragmatique” des investisseurs biélorusses qui ont opté de venir sur le terrain, avec à la clé des propositions qui s’alignent sur les priorités du gouvernement burkinabè. Il les a encouragés à mettre à profit leur séjour pour nouer des partenariats mutuellement bénéfiques avec des investisseurs burkinabè. A l’occasion de cette audience, un émissaire du ministre des Affaires étrangères de la Biélorussie a transmis une lettre à SEM Karamoko Jean Marie Traoré, dans le sens de développer des liens d’amitié et de coopération entre Ouagadougou et Minsk.
Les chenilles de karité, des produits saisonniers et forestiers non ligneux appelées « chitoumou » en langue dioula ont toujours été cueillies avec des techniques endogènes à Bobo-Dioulasso et ses environs, dans la région du Guiriko. De nos jours, l’engouement autour de ces insectes comestibles est inestimable au point que ces vers, secs ou frais, traversent les frontières du Burkina Faso. Au même moment, des défenseurs de l’environnement sensibilisent à une collecte responsable pour une préservation durable de l’arbre hôte, une espèce protégée. En amont, des chercheurs mènent des expérimentations dans des laboratoires, pour évaluer la possibilité d’un élevage, dans le but de rendre la ressource disponible en permanence.
Manger des insectes est une réalité culturelle dans bien de régions du Burkina Faso. De la chenille de karité dans la région du Guiriko, aux termites ou éphémères dans le centre du pays des Hommes intègres, jusqu’aux criquets dans plusieurs régions du pays, ces insectes et vers se retrouvent souvent dans les assiettes des populations. Fraîches, séchées,
Ces chenilles séchées peuvent être conservées pendant une année, si elles ont été bien lavées, ébouillantées et précuites avec de la potasse.
grillées, en soupe ou frites avec tous les ingrédients et accompagnées de pain, riz, tô, attiéké, ou encore dans des plats modernes comme les pizzas, les chenilles ou
« chitoumou » en langue locale dioula, signifiant ver de karité et « Kuè » en Bôbô sont des Produits forestiers non ligneux (PFNL). Mais avant d’atterrir dans les écuelles des consommateurs, un travail en amont est nécessaire.
En effet, les mois de juillet et août, périodes d’intenses des travaux champêtres coïncident avec ceux de la récolte des chenilles où agriculteurs se convertissent en ramasseurs. Ces insectes représentent pour eux, une source de revenus importante. Ainsi, les cueilleurs de Bodialedaga dans la commune de Lena et ceux de Desso, localités situées respectivement à une trentaine et vingtaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, dans la province du Houet, sacrifient leur grasse matinée. Très tôt, entre 3h et 5h du matin, jeunes, vieux, femmes et hommes, munis de torches pour l’éclairage et de paniers, envahissent les arbres à karité pour le ramassage des chenilles qui, lorsqu’elles sont « bien mûres », descendent de
l’arbre.
En ce mois d’octobre, aucun nuage annonciateur de pluies n’apparaît dans le firmament. La septuagénaire Orozou Sanou du village de Desso, l’air jovial, assise devant sa porte est en train d’arranger des feuilles locales comestibles, pour la cuisine matinale avant de regagner son champ. « Vous voyez comment je suis toujours jeune et en bonne santé, c’est parce que je consomme les chenilles. Cette année j’ai gagné 15 000 F CFA grâce à la vente et j’ai pu m’acheter ce que je voulais », nous lance-t-elle, tout sourire. Elle raconte que par le passé, elle cueillait les chenilles et les séchait, juste pour la consommation familiale et les cérémonies.
Elle n’a jamais imaginé que cet insecte deviendrait une source de revenus.
« Pendant les nuits du mois d’août, nous ne dormons pas. Nous attendons 3h du matin et
… tombent d’elles-mêmes sur le sol où elles sont interceptées par les ramasseurs.
nous nous précipitons aux pieds des karités. Celui qui attend le lever du soleil ne trouvera rien. Il croisera sur le chemin du retour, des cueilleurs avec des paniers bien remplis », explique-t-elle. Se lever à cette heure de la nuit est souvent risqué, parce que les cueilleurs ne sont pas épargnés des morsures des serpents. « Nous préférons prendre ce risque et nous soigner ensuite, avec l’argent de la vente des chenilles », lâche l’Agent de santé à base communautaire (ASBC), Odile Sanon. Le cueilleur, Lamoussa Millogo, du village de
Bodialedaga, affirme que la chenille est considérée comme de « l’or artisanal » de la localité, car elle permet à de nombreuses personnes, affirme-t-il, de tirer financièrement leur épingle du jeu.
Une cueillette endogène
Consommé autrefois en majorité par les ethnies de l’ouest du pays, le chitoumou est la larve d’un papillon appelé scientifiquement Cirina butyrospermii. Avec le temps, certains qui juraient par tous les cieux qu’ils ne le consommeraient pas ne tarissent pas d’éloges pour cet insecte. « Nos parents à plaisanterie comme les peulhs qui n’accordaient autrefois aucune valeur au chitoumou, sont devenus des spécialistes de la cueillette et de la consommation », s’enthousiasme le chef de terre de Bodialedaga, Souro Yalé Millogo.
Depuis toujours, les chenilles sont cueillies selon des techniques endogènes. Cueillies ou non, lorsqu’elles sont mûres, elles prennent une couleur jaunâtre et tombent d’elles-mêmes.
Aucun enseignement spécifique n’a été dispensé par les services techniques de l’Environnement. Le producteur Dibi Patrice Sanon de la localité de Desso, la soixantaine révolue, confie qu’il arrive des fois qu’un petit trou soit creusé près de l’arbre, pour éviter la dispersion des chenilles et faciliter leur ramassage le lendemain. « Une fois la cueillette terminée, le trou est refermé pour protéger l’arbre », fait-t-il savoir. Tant que les populations ne secouent pas les branches pour faire tomber les chenilles, ni ne touchent aux jeunes chenilles, cette technique, de l’avis de la Directrice provinciale (DP) des Eaux et forêts du Houet, le lieutenant-colonel Lucie Zongo, n’agresse pas l’arbre.
La chenille provient de ce papillon de son nom scientifique le Cirina butyrospermii.
Elle souligne que les cueilleurs peuvent toutefois nuire à l’arbre en coupant des branches où se fixent les chenilles. Le forestier à la retraite, Souro Konaté, du village de Fô, souligne que ce sont généralement les enfants qui pratiquent la mauvaise technique de cueillette. « Ils secouent ou cassent les branches, ce qui peut diminuer la production l’année suivante », déplore-t-il. Il conseille plutôt une cueillette « souple », pour une préservation de l’arbre ainsi que la protection de la régénérescence naturelle, afin de continuer de
bénéficier de ses bienfaits. Le chef de terre de Bodialedaga indique que dans son village, l’autorisation est accordée aux cueilleurs externes, à condition de ne pas secouer l’arbre, ni couper une branche.
Une espèce protégée
L’entomologiste et enseignant-chercheur à l’Institut du développement rural (IDR) de l’Université Nazi-Boni (UNB) de Bobo-Dioulasso, le professeur Fernand Sankara, note que la présence des chenilles sur l’arbre entraîne un retard dans la maturité des fruits du karité. De plus, la DP ajoute que durant la cueillette, le karité va perdre ses feuilles et du coup, l’arbre n’arrivera plus à faire la photosynthèse. « Il y aura un ralentissement au niveau de la croissance et cela peut être une porte d’entrée des maladies et des ravageurs », clarifie-t-elle. Le karité ou Vitellaria paradoxa de son nom scientifique, encore appelé « arbre de vie » ou « arbre à beurre », est une espèce protégée par le Code forestier et fait partie intégrante de la liste des espèces protégées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Patrice Sanon qui dit respecter ce code, témoigne qu’à Desso, « même un nourrisson sait que l’arbre à karité ne doit pas être coupé sans l’autorisation des agents de l’environnement ». Le chef de terre de Bodialedaga, Souro Yalé Millogo, précise que même s’il existe encore des fautifs, la coupe du bois de karité n’est pas anarchique dans sa localité. Le lieutenant-colonel Zongo confirme que dans la région du Guiriko, l’état de l’arbre à karité est moyennement bon, car, en plus des actions de reforestation, il y a la Régénération naturelle assistée (RNA) et la présence de forêts classées.
« Malgré les actions anthropiques et la dégradation, la végétation reste dense dans la région. Nous ne pouvons pas parcourir un kilomètre sans croiser des pieds de karité », confie-t-elle. Selon elle, le karité pousse encore à l’état sauvage. Pour améliorer sa productivité, des semis directs sont réalisés dans les champs, ainsi que
des opérations de greffage au Centre national de semences forestières (CNSF) et à l’antenne régionale de semences forestières de Bobo-Dioulasso. Elle rappelle que l’arbre à karité croît très lentement et il faut attendre 15 à 20 ans pour qu’il commence à donner des fruits.
Le forestier à la retraite Souro Konaté : « même si je ne consomme pas les chenilles, elles ont des vertus chez les Bôbô sur le plan coutumier et nutritionnel ».
Avec le greffage, la production devient effective au bout de trois à quatre ans seulement. « Dans la forêt classée de Dindéresso, nous pratiquons l’agroécologie. Les agriculteurs qui exploitent certains espaces épargnent les espèces protégées lors du défrichage, et nous observons un bon peuplement de karités poussés naturellement », se réjouit la DP. Le Guiriko possède d’importantes potentialités en production de chenilles, grâce à cette présence de nombreux parcs à karité et à un climat tropical favorable. Outre cette localité, les spécialistes de l’environnement et les chercheurs mentionnent les régions des Tannounyan, d’Oubri, de Kadiogo et de Yaadga, où la chenille est également présente, même si la production y reste limitée.
Des déjections comme fumure organique
Sur le plan de la recherche, il est démontré que les chenilles, au cours de leur phase larvaire, consomment la biomasse foliaire du karité et rejettent d’importantes quantités de matière sur le sol. Ces déjections, à en croire des spécialistes, sont riches en matière organique et jouent un rôle central dans la fertilité des sols. Mieux, elles sont plus riches que celles des ruminants.
Le professeur Fernand Sankara explique que lorsque les adultes s’accouplent, les œufs sont déposés sur de petits rameaux et le développement embryonnaire dure environ un mois. La phase larvaire de L1 à L5 peut s’étendre jusqu’à 38 jours, durant lesquels , l’insecte se nourrit des feuilles.
« C’est pendant cette période que la chenille rejette des déjections de couleur noirâtre. Sous l’arbre, tout devient noir. Ces rejets améliorent souvent la qualité des cultures autour du karité », détaille-t-il. Le postdoctorant, Dr Moussa Gnissien, du Laboratoire d’étude et de recherche sur la fertilité du sol et les systèmes de production/UNB, relate qu’au cours de leurs travaux, des producteurs ont témoigné de l’efficacité de ces déjections sur les cultures céréalières (maïs, sorgho) et les légumineuses (arachide). Ces derniers attestent que les cultures situées sous les canopées des karités défoliés par les chenilles bénéficient d’un meilleur rayonnement solaire, favorable à leur croissance, comparativement à celles éloignées des arbres ou non colonisées.
« De plus, nos expérimentations en pots ont montré que l’apport de déjections des chenilles de karité permettait un rendement en grains de maïs, similaire à celui obtenu avec un apport d’engrais NPK ou d’urée. Ce constat prouve que ces déjections peuvent contribuer à réduire l’utilisation des engrais chimiques », conclut-il.
Un habitant de Koundougou, localité située à 71 km de Bobo-Dioulasso, se souvient que dans les années 1978, son père possédait un parc à karité et les déjections des chenilles lui servaient de fumure pour le maïs, les manguiers et les citronniers, avec des rendements nettement meilleurs. Le producteur Dibi Sanon renchérit qu’en plus d’améliorer les rendements, ces déjections nourrissent et protègent l’arbre hôte.
Un papillon en évolution
La septuagénaire Orozou Sanou : « le ramassage des chenilles est une activité lucrative et pendant la période, même les paresseux se remplissent les poches ».
Le Pr Sankara, en expliquant le cycle biologique des chenilles, indique qu’il commence avec la ponte des œufs par les papillons qui représentent le stade adulte des chenilles et ensuite vient l’éclosion. Quand les œufs s’ouvrent, ils donnent des larves intermédiaires L1 à L5, qui sont appelées les chenilles. A l’entendre, quelque soit la méthode de cueillette, les chenilles d’un même arbre ne peuvent pas être toutes cueillies. « Il y a celles qui arrivent à s’échapper et font la nymphose dans le sol. Elles vont suivre le processus normal et nous observerons des émergences 10 mois après.
Ce sont ces adultes devenus des papillons qui vont s’accoupler et pondre les œufs sur le karité », clarifie-t-il. Dans un même parc à karité ou dans des champs, il y a des pieds qui sont attaqués et d’autres ne le sont pas. Pour mieux comprendre ce phénomène, l’entomologiste souligne que des feuilles de karité défoliées et celles non défoliées ont été prélevées et mises à la disposition de la chenille.
A l’issue de cette expérimentation, il est ressorti qu’avec les feuilles défoliées, la chenille arrive à se développer rapidement et sa croissance est plus accélérée qu’avec les feuilles non défoliées. Le producteur Dibi Patrice Sanon indique qu’il fût une année où la localité de Desso n’avait pas de chenilles. C’est par la suite qu’elles sont apparues. « Ce n’est pas dans toutes les localités de Bobo-Dioulasso qu’on peut trouver des chenilles. L’utilisation excessive et anarchiques des pesticides dans les champs peuvent occasionner la disparition de ces insectes », affirme-t-il.
La directrice provinciale, Mme Zongo, de rappeler que si les abeilles sont en voie de disparition à cause de l’utilisation de ces produits non homologués, les chenilles ne seront pas épargnées avec ces pratiques néfastes. Elle souligne qu’il n’y a pas un lien très étroit sur le système reproductif de l’arbre et les chenilles, car ces insectes arrivent au moment où l’arbre a déjà fini sa fructification.
« C’est la chenille qui a beaucoup plus besoin de l’arbre pour son développement et sa
multiplication. Tant qu’il y aura le karité dans les zones favorables et qu’il est bien protégé avec des conditions climatiques bien adaptées, il y aura toujours les chenilles », rassure-t-elle. Et la vieille Orozou Sanou de Desso, les mains levées vers le ciel, comme si elle implorait Dieu, ajoute en langue bôbô, que la chenille est une propriété collective et qu’elle ne pourra en aucun cas disparaitre. Sauf si la mère de cet insecte disparait », lance-
t-elle.
« Nos chenilles de karité pourraient disparaitre aussi »
Le DR en charge de l’Environnement de Guiriko, le lieutenant-colonel Hassime Rabo : « le karité est intégralement protégé, parce qu’au-delà des chenilles, le Burkina engrange chaque année, des milliards F CFA dans la production du beurre ».
Le forestier retraité Souro Konaté affirme que même si elles venaient à disparaitre, il y a des zones où elles revêtent d’une grande importance sur les plans coutumier et nutritionnel et des parcs à karité sont protégés pour ces circonstances. Si des cueilleurs se plaignent de la rareté des chenilles, le Directeur régional (DR) en charge de l’Environnement du Guiriko, le lieutenant-colonel Hassime Rabo lie cette indisponibilité à l’engouement et aux changements climatiques.
« Nous perdons 105 000 hectares de forêts par an. Comme le karité est très vulnérable aux changements climatiques, il a subi et il continue de subir. Il y a des années où les chenilles tout comme le karité ne donnent pas bien », regrette-t-il. Il fait savoir que si des espèces de par le passé ont disparu compte tenu des facteurs climatiques, des chenilles aussi peuvent disparaitre si des dispositions ne sont pas prises pour diminuer les actions anthropiques. Il se rappelle qu’à l’époque, au Sahel, il y avait des chenilles qui ne se trouvaient pas sur les karités, mais sur l’espèce Guiera senegalensis et consommées par les Rimaïbé.
« Si ces chenilles ont disparu avec les changements climatiques, nos chenilles de karités pourraient disparaitre aussi », prévient-il. La vente des chenilles est devenue une Activité génératrice de revenus (AGR) pour un nombre élevé de cueilleurs. La cueillette étant toujours endogène et acharnée, le chercheur Pr Sankara alerte sur la préservation de la ressource. « La chenille est un stade intermédiaire dans le cycle de développement de l’insecte et si à chaque fois il faut interrompre le cycle, à long terme, il n’y aura pas de chrysalisation. S’il n’y a pas d’adultes on ne parlera pas d’accouplement ni de ponte, ni de chenilles », s’inquiète-t-il. Il fait savoir que dans la chaine tropique ou alimentaire, les chenilles et les insectes de manière générale, constituent un maillon important. Le chitoumou est selon lui, une source de nourriture pour les humains, les oiseaux et partant les poissons et s’il venait à disparaitre, il y aura un déséquilibre de
l’écosystème.
Formation et sensibilisation des acteurs
S’il existe des techniques telles que le séchage, permettant d’obtenir ces insectes comestibles tout au long de l’année, ainsi que des industries engagées dans la transformation, il n’existe pas encore d’acteurs clés menant cette activité de bout en bout, c’est-à-dire de la cueillette à la transformation puis à la commercialisation. Avec la direction générale de l’économie verte, les défenseurs de l’environnement avaient tenté de recenser
Pour le cueilleur, Dibi Patrice Sanon, lorsque les œufs sont déjà aperçus, personne ne touche plus à l’arbre, jusqu’à ce que les chenilles murissent.
les acteurs de cette filière. « Malheureusement, ce processus n’a pas abouti », confie la DP des Eaux et forêts. Le DR en charge de l’Environnement note qu’autrefois, la consommation des chenilles se limitait à Bobo-Dioulasso et ses environs.
Mais aujourd’hui, elles se retrouvent sur les marchés de plusieurs villes du Burkina Faso et au-delà des frontières nationales. La demande est désormais si forte, dit-il, que les populations affluent massivement vers les arbres.C’est pourquoi M. Rabo justifie la mise en place de formations et de campagnes de sensibilisation destinées aux acteurs, par les services techniques de l’Environnement afin de pérenniser l’espèce. Des foires sont également organisées chaque année, au cours desquelles des thèmes sont développés sur la bonne récolte, l’entretien des pieds de karité et la création d’un environnement favorable à une production durable des chenilles.
« Tout produit soumis à une forte pression devient rare et entraîne une flambée des prix », avoue la DP Lucie Zongo. Les chenilles sèches peuvent certes être disponibles toute l’année, mais mal séchées ou mal conservées, elles perdent leur goût naturel. Abdoulaye Sanon, maçon, producteur et chauffeur, porte ces trois “casquettes”. Chaque mois d’août, il sillonne les villages de la province du Houet pour acheter des chenilles, pour un montant d’environ 300 000 F CFA. Elles sont convoyées fraîches à Ouagadougou et conservées dans des réfrigérateurs avant d’être expédiées à l’extérieur du Burkina Faso. « Ces chenilles peuvent rester à l’état frais durant toute l’année, comme si elles venaient d’être cueillies », confie-t-il. Pour disposer en permanence de chenilles fraîches, des chercheurs ont entrepris des études visant à évaluer la faisabilité de leur élevage.
Vers une possibilité d’élevage des chenilles
L’entomologiste, Pr Fernand Sankara, confie que chaque insecte a sa plante hôte qui constitue son substrat nutritif.
Bien que les chenilles soient résilientes, les spécialistes estiment qu’il serait nécessaire, à long terme, de développer des unités de production en masse afin d’éviter que les populations ne se ruent sur les arbres. L’enseignant-chercheur Pr Fernand Sankara indique que des études et publications sur le chitoumou sont déjà en cours. Déjà, dit-il, il existe des plantes hôtes alternatives pour les chenilles et il n’est pas exclu, selon lui, d’en retrouver sur de faux karités. « Ce sont des espèces de plantes qui ressemblent au karité par leurs feuilles, mais ce sont des cas très rares. Les feuilles sont souvent cueillies et mises à la disposition des chenilles au laboratoire, où elles parviennent à se nourrir et à se développer, mais pas au même rythme qu’avec les feuilles du vrai karité »,
précise-t-il.
Cependant, la principale difficulté, foi du Pr Sankara, demeure la diapause de l’insecte, c’est-à-dire sa phase de repos obligatoire. « Si nous parvenons à lever la diapause de manière naturelle, nous pourrions disposer de chenilles toute l’année, tant qu’elles auront un substrat nutritif de qualité. L’hormone qui permet de lever la diapause est disponible, mais elle coûte très chère. Avec elle, nous pourrions tenter un élevage sur au moins quatre générations. A partir de la quatrième génération, l’insecte pourrait se reproduire normalement sans passer par la diapause », explique-t-il.
Le Pr Sankara confie que le Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (FONRID) soutient parfois les chercheurs à travers des appels à projets, mais ces appuis restent insuffisants. La DP des Eaux et forêts, Mme Zongo, partage l’avis du Pr Sankara pour qui l’élevage des chenilles est possible en laboratoire et sur l’arbre à
La DP des Eaux et forêts du Houet, le lieutenant-colonel des Eaux et forêts, Lucie Zongo : « tous les arbres à karité ne sont pas attaqués, c’est comme si les chenilles préfèrent les feuilles beaucoup plus croustillantes ».
karité, mais, elle estime que sur l’arbre à karité, cet élevage pourrait avoir un impact négatif sur l’espèce. Selon elle, la période naturelle d’apparition des chenilles, d’environ deux mois, n’affecte pas véritablement la production du karité.
« Mais si nous les produisons toute l’année, les arbres seront constamment défoliés. Autrement dit, les chenilles mangeront les feuilles en permanence, empêchant la photosynthèse et affaiblissant l’arbre. Le système reproductif en souffrirait », se
préoccupe-t-elle. Elle estime qu’il serait préférable d’envisager un élevage avec d’autres plantes hôtes alternatives, plutôt que d’exploiter uniquement le karité. Pour l’enseignant-chercheur Fernand Sankara, la chenille constitue une source de protéines accessibles à faible coût, riche en fer et en nutriments essentiels, pouvant contribuer à la lutte contre la malnutrition. Si sa production venait à être pérennisée, sa consommation pourrait remplacer partiellement le poisson ou la viande. Et le Dr Moussa Gnissien d’ajouter que la pérennisation des chenilles de karité pourrait faire de cet insecte comestible, un atout majeur pour le développement durable, alliant nutrition, économie locale et protection de l’environnement.
L’Ecole normale supérieure (ENS) organise du 6 au 8 novembre 2025 à Koudougou, la IIe édition des journéesde la coopération de l’institution.
«Partenariat et coopération universitaire dans le financement de la recherche : quelles opportunités ? ». C’est sur ce thème que l’Ecole normale supérieure (ENS), tient la IIe édition de ses journées de la coopération, du 6 au 8 novembre 2025 dans la cité du Cavalier rouge. Ces journées, de l’avis du directeur général de l’ENS, Pr Ousséni So, s’inscrivent dans la vision de la recherche, telle que ressortie dans l’adresse du chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, lors du Forum national de la recherche et des innovations technologiques (FRSIT), tenu en octobre dernier.
Il a souhaité une recherche qui soutient le développement industriel, forme les jeunes à la créativité et à l’innovation. Une recherche qui conforte la prise en charge endogène des besoins des populations, des administrations et des secteurs économiques. « Pour cela, il est nécessaire que la part des ressources endogènes soit forte pour que la recherche participe véritablement à l’édification de la souveraineté nationale », a-t-il dit.
Pr So a indiqué que la mission de l’Ecole est de mettre à la disposition du Burkina Faso, des hommes et femmes engagés, pour que l’éducation soit la clé de voûte du développement économique et social, un levier pour une paix durable. L’ENS et ses partenaires, selon Pr So, définissent des objectifs communs qui se traduisent par des activités permettant à des entités ayant parfois des missions et des secteurs d’activités différents, de cheminer et d’agir ensemble pour le développement de leurs structures respectives. A l’entendre, l’ENS a besoin de ces synergies d’actions pour être capable de relever les défis de la formation et de la recherche dans un contexte où les besoins en ressources sont particulièrement importants.
Près de 8000 stagiaires et des défis à relever
Crée en 2021, l’institution compte près de 8000 stagiaires, avec près d’une trentaine de filières et plus de 80 spécialités. « C’est énorme pour une école de formation professionnelle. Ailleurs, toutes ces missions de formation sont prises en charge par deux, voire quatre structures de formation. Avec la nouvelle carte universitaire, il est prévu que l’ENS reçoive en formation académique LMD, des bacheliers orientés.
Cela représente d’énormes défis que l’école compte relever grâce à l’appui de ses partenaires », a justifié le DG de l’ENS. Il a souligné que les besoins de son institution sont énormes à savoir, l’aménagement du site pédagogique, les infrastructures et les équipements pédagogiques.
« L’ENS dispose d’un plan stratégique dans lequel sont inscrites avec précision, les réalisations vitales sur une période de cinq ans », a-t-il précisé. La marraine de ces journées, par ailleurs, présidente de l’Université Norbert Zongo (UNZ), Pr Windkouni Haoua Eugénie Maïga a, quant à elle, noté que l’ENS est forte de la diversité de ses domaines de recherche et de performances de ses enseignants-chercheurs. Pour preuve, elle a confié qu’entre 2023 et le premier semestre de 2025, ces derniers ont réalisé 112 productions scientifiques, 32 projets de recherche et d’innovation et un procédé et plus de 70 thèses de
doctorat en cours dans trois laboratoires.
« L’ENS a créé trois structures de recherche, organisé trois manifestations scientifiques d’envergure internationale et mis en chantier une revue scientifique. La plupart des activités de l’institution sont réalisées sans un soutien financier extérieur », s’est-t-elle réjouie. Au regard de tous ces efforts fournis par l’ENS, la marraine a fait savoir que cette édition est un appel à l’ensemble des partenaires de tous les secteurs d’activités, à apporter leur appuis à l’Ecole, pour une recherche créatrice et performante.
C’est dans cette optique que quatre partenaires se sont prononcés lors de ces journées, à travers des signatures de convention. Il s’est agi de l’Agence nationale de biosécurité (ANB), la Capitale de l’électronique, l’Institut des sciences Veenem-Wata de Koudougou (ISVK) et le Groupe artistique Ancien. Pour cette IIe édition, les journées de coopération sont couplées avec les journées portes ouvertes afin de permettre à un large public de connaitre l’institution, ses missions et ses offres de formation.