Approche basée sur les droits humains : un concept présenté aux acteurs des délégations spéciales du Kadiogo

Le ministère de la Justice et des Droits humains, chargé des Relations avec les Institutions organise une session de formation sur l’Approche basée sur les droits humains (ABDH) au profit des membres des délégations spéciales de la région du Kadiogo, du 11 au 14 novembre 2025, à Ouagadougou.

Les acteurs des délégations spéciales de la région du Kadiogo sont réunis pour une
session de formation sur l’Approche basée sur les droits humains (ABDH),
du 11 au 14 novembre 2025, à Ouagadougou. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le secrétaire général du ministère de la Justice
et des Droits humains, chargé des Relations avec les Institutions, Harouna Kadio. Durant quatre jours, les participants vont bénéficier de plusieurs communications parmi lesquelles les généralités sur les droits humains, les missions et responsabilités des délégations spéciales dans la promotion et la protection des droits humains dans la commune de Ouagadougou et l’introduction de l’ABDH.

Selon M. Kadio, dans le cadre du programme de réforme des Nations unies lancé en 1997, Kofi Annan, alors Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, a appelé toutes les entités du système des Nations unies à intégrer les droits humains dans leurs divers programmes de développement. Ce qui a prévalu à la conception de l’Approche basée sur les droits humains (ABDH) mettant au premier plan la prise en compte des droits humains dans tout processus de développement. Il a indiqué que l’ABDH est un cadre conceptuel de développement qui s’appuie sur les normes et principes des droits humains.

Prendre en compte les groupes vulnérables

« Elle est une approche qui vise à corriger les pratiques discriminatoires ainsi que les répartitions injustes de pouvoirs qui entravent le processus de développement et ce, à travers l’analyse des inégalités au cœur des problèmes de développement. Elle se focalise sur les groupes vulnérables afin de ne pas faire des laissés-pour-compte » a-t-il détaillé.
M. Kadio a aussi rappelé que le Burkina Faso a entamé, depuis 2014, à travers le département en charge des droits humains, le processus d’implémentation de cette approche novatrice. Cela a-t-il dit, a conduit, en 2015, à l’élaboration d’un manuel de formation sur l’ABDH à l’usage du personnel des droits humains.

Ainsi, selon lui à ce jour, plus de 120 cadres du ministère ont été formés. Et d’ajouter que des sessions de vulgarisation et d’appropriation ont ensuite été tenues au profit d’autres acteurs publics, des agents des collectivités territoriales et certains membres des délégations spéciales des régions du Nazinon, du Nando et du Yaadga. Au regard de sa plus-value, de l’avis de Harouna Kadio, le ministère en charge des droits humains l’a adopté comme un outil permettant de mener efficacement la politique en matière des droits humains. « Son appropriation et sa mise en œuvre ont clairement été définies comme un objectif stratégique à atteindre à l’horizon 2027 dans la politique sectorielle « justice et droits humains », a-t-il fait savoir.

Pour la pertinence des modules qui seront abordés durant ces jours, il a invité l’assistance à suivre cette formation avec assiduité.
« Je fonde l’espoir que vous en tiriez un meilleur profit afin de porter le flambeau de l’intégration de l’ABDH dans vos différents programmes et politiques de développement pour le bonheur des populations dont vous avez la charge d’administrer », a-t-il conclu.

Evariste YODA

 

Commune rurale de Legmoin dans le Djôrô: le marigot sacré « Silome baa » crie au secours

Située dans la commune rurale de Legmoin, province du Noumbiel, région du Djôrô, le cours d’eau « Silome baa », qui signifie en langue Dagara « Le marigot où les biches ou les gazelles venaient s’abreuver », est le plus important de la localité. Réputée être un lieu sacré, cette rivière est aujourd’hui menacée de disparition du fait de l’action anthropique et des aléas climatiques. Reportage !

Il est 11 heures passées de quelques minutes, ce jeudi 18 septembre 2025 dans la commune rurale de Legmoin, dans la région du Djôrô. Le mil et le maïs expriment un besoin de soleil pour terminer leur croissance. « Silome baa », en langue Dagara, le marigot où les biches ou les gazelles venaient s’abreuver ou venaient achever leurs courses ou fuites lorsqu’elles étaient prises en chasse, présente des flaques d’eau
isolées, où sont érigés des murs de champs de maïs, de mil, de jardins de légumes. Pourtant, dans les temps immémoriaux, « Silome Baa », possédait des eaux claires qui serpentaient les champs, nourrissant les cultures, abreuvant les troupeaux, les animaux sauvages et servant de lieu de vie à toute une communauté.

Le PDS de la commune rurale de Legmoin, Dieudonné Ouaro, a plaidé pour un plan d’aménagement de la vallée de Silome Baa.

De mémoire d’homme, « Silome Baa » n’était pas une simple rivière mais une entité vivante, un patrimoine spirituel et économique, un repère autour duquel s’articulait la vie du village de Silome . Force est de constater que depuis quelques années, elle se meurt lentement, victime à la fois des effets du changement climatique et de
la perte progressive des pratiques traditionnelles qui lui servaient de bouclier. Silome, le village au paysage exceptionnel est constitué d’une plaine entourée d’une chaine de collines.

C’est une zone très favorable à l’agriculture. Cette année 2025, le ciel a ouvert ses vannes, la région est visiblement bien arrosée, de Diébougou jusqu’à Legmoin en passant par Gaoua. A cette période à Silome, les épis de mil sont en maturation. Certains champs de maïs ont été déjà moissonnés et d’autres sont en attente. Ainsi, l’hivernage terminait sa course pour laisser la place à l’automne, caractérisé par le jaunissement de certaines feuilles qui finissent par tomber.
« Silome baa » s’en va et ne connaîtra plus jamais le printemps, si rien n’est fait.

Une rivière au cœur de la vie communautaire

La rivière « Silome Baa » prend sa source dans les collines à l’Est de Legmoin, avant de traverser plusieurs hameaux de culture pour se jeter plus loin dans le bassin du Mouhoun. Longtemps, elle a constitué la principale ressource en eau pour la population locale. C’est le long de ses berges fertiles que les habitants ont développé des jardins maraîchers, cultivant des tomates, des oignons, des choux et de la salade pendant la saison sèche. « Sans Silome Baa, il n’y a pas de vie ici », confie le jardinier Gaëtan Somé, âgé d’une trentaine d’années, rencontré, les pieds dans la terre humide de son petit périmètre dans le lit de la rivière. « C’est grâce à ce marigot que je gagne ma vie.

Mais ces dernières années, l’eau disparaît trop tôt. On creuse des puits dans le lit, mais même là, parfois, on ne trouve rien », déplore-t-il. Gaëtan Somé reconnait avoir contribué à l’ensablement de la rivière. « Je suis né trouver que mes parents travaillaient au bord du

Le chef du service des Eaux et Forêts de Legmoin, le lieutenant Adama Tiendrebeogo : « les pratiques humaines aggravent la dégradation de Silome Baa ».

marigot et à notre tour, nous sommes dans le lit », rappelle le jardinier avant d’indiquer que l’avenir de leurs enfants est inquiétant. Même son de cloche chez Constantin Dah, cultivateur à Silome  dans le lit de « Silome Baa ». « J’ai fait mon champ de maïs à l’intérieur du marigot parce que les récoltes ne sont plus bonnes ailleurs, car hors de la rivière, on ne gagne pas beaucoup, malgré que les eaux de ruissellement ramènent la terre cultivée dans la cuvette de la rivière », s’indigne-t-il.

Mais, il promet d’abandonner ce champ qui se trouve dans la rivière et de détruire les murs érigés, si cela peut contribuer à restaurer les lieux. Cette inquiétude, partagée par beaucoup d’habitants, trouve ses causes dans plusieurs phénomènes entremêlés : la baisse des pluies, la déforestation, les pressions agricoles et la transformation des valeurs sociales liées à la nature. Ces situations illustrent la tension entre besoins immédiats de survie et préservation à long terme des ressources naturelles. La croissance démographique dans la commune de Legmoin estimée à plus de 3 % accentue encore la pression sur les terres. Les terres cultivables deviennent rares, les jachères disparaissent et « Silome Baa » devient un espace de conquête.

Les signes d’un déséquilibre

Constantin Dah, cultivateur à Silome  a déploré le fait que les eaux de ruissèlement ramènent la terre cultivée dans la cuvette de la rivière.

Selon le chef du service des Eaux et Forêts de Legmoin, le lieutenant Adama
Tiendrebeogo, le problème ne vient pas seulement du changement climatique mais des pratiques humaines qui aggravent la situation. Beaucoup coupent les arbres sur les berges pour élargir leurs champs ou pour faire du charbon », a-t-il expliqué. Le ruissèlement a changé, les mares se remplissent moins et les sources s’assèchent plus tôt. Cela détruit la végétation qui stabilise les sols et la rivière s’envase. En effet, autour de « Silome Baa », les grands karités et nérés qui ombrageaient jadis les berges ont presque disparu. Le vent transporte la poussière, les pluies, plus violentes et irrégulières, creusent des ravines. L’érosion emporte chaque année un peu plus de terre dans la rivière.

Entre interdits et désacralisation

Mais au-delà des facteurs écologiques, il existe une dimension culturelle souvent négligée. Autrefois, la rivière était considérée comme sacrée. Elle faisait l’objet d’interdits comme disent les anciens qui limitaient les activités autour de son lit.
« Dans le temps, nul ne pouvait pêcher ici sans autorisation du conseil des anciens. Il était interdit de se laver ou d’y jeter des ordures. Même les abattages d’arbres proches de la rivière étaient strictement règlementés par les coutumes. Nous croyions que Silome Baa avait son esprit. Si quelqu’un manquait de respect à la rivière, la pluie se faisait rare », relate le chef traditionnel de Silome, Zour Dah, que l’on appelle « Daan », avec amertume.

Mais avec la modernité, les migrations et l’affaiblissement des autorités coutumières, ces interdits ont perdu de leur force. Les jeunes, souvent scolarisés en ville, reviennent sans toujours comprendre la portée de ces règles ancestrales. Certains exploitants installent leurs champs jusque dans le lit de la rivière pendant la saison sèche, ignorant les conséquences.

Le jardinier Gaëtan Somé, « sans Silome Baa, il n’y a pas de vie ici ».

« Aujourd’hui, les gens disent que ce sont des croyances dépassées », regrette le chef, Zour Dah. Sur les lieux, une habitante, Rita Kambou, entrain de laver des condiments destinés à la vente, dit ignorer d’avoir contribué à l’ensablement de « Silome Baa ».

Une commune mobilisée mais démunie

Face à cette dégradation, les autorités locales tentent d’agir. Le préfet, Président de la délégation spéciale (PDS) de la commune rurale de Legmoin, Dieudonné Ouaro, souligne les efforts déjà entrepris tout en relevant que la commune, comme beaucoup de collectivités rurales du Burkina Faso, souffre d’autosuffisance de ressources. Selon le PDS de Legmoin, la protection de cet environnement est tellement primordiale pour les générations futures que c’est l’occasion d’interpeller tous les acteurs qui sont dans la production agricole.

L’objectif étant, pour lui, de pouvoir, un tant soit peu, respecter toutes les normes qui sont édictées lors des sensibilisations, afin que le milieu naturel qui existe dans la localité puisse être préservé au mieux et que la production puisse se faire dans de bonnes conditions. « Si rien n’est fait, dans dix ans, cette rivière ne sera plus que l’ombre d’elle-même.
Il faudrait donc un plan d’aménagement de la vallée de Silome Baa, avec la participation de tous les acteurs », plaide Ouaro Dieudonné. Le lieutenant des Eaux et Forêts Tiendrebeogo exige que les exploitants se retirent à 100 mètres comme l’indique la règlementation.

Entre mémoire et résilience

Pour les anciens, le cours d’eau « Silome Baa » reste aussi un lieu de mémoire et d’identité. Chaque année, avant la saison des pluies, les notables du village se réunissaient jadis pour demander de bonnes récoltes, de la santé et la paix. « Ce rituel symbolisait la reconnaissance envers la nature », raconte le chef Zour Dah. Renouer avec ces valeurs, c’est aussi une manière de rappeler à chacun que la rivière n’est pas seulement de l’eau : c’est notre vie, a-t-il ajouté. « Silome Baa » n’est pas seulement une rivière : elle est le miroir des défis que traverse tout le village de Silome, entre la survie quotidienne et

Le lit du cours d’eau rempli d’herbe

la préservation d’un patrimoine naturel et spirituel. Si elle venait à disparaître, c’est une part de l’âme de Silome qui s’éteindrait. Mais si la communauté parvient à unir ses forces, la rivière pourra redevenir ce qu’elle a toujours été : une source de vie, de mémoire et d’avenir.

Hubert BADO

 


 

Reboisement sur les berges de la rivière Silome Baa

Sous l’impulsion d’un des fils de Silome, résident à Ouagadougou, Donnibo Jacob Da, un nouveau projet ambitieux vise à restaurer la rivière « Silome Baa » et ses berges sévèrement dégradées. Les activités humaines intenses, déboisement, culture dans le lit, érosion ont profondément affaibli la ripisylve et fragilisé l’écosystème fluvial. Face à cette situation, le projet décline plusieurs objectifs : replanter des essences locales adaptées aux berges (caïlcedrat, manguier, jujubier, acacias…), renforcer la structure des sols
riverains pour limiter la reprise de l’érosion et sensibiliser les communautés riveraines à des pratiques agricoles respectueuses des bandes tampon. C’est une démarche participative qui permettra d’associer les habitants non seulement comme bénéficiaires, mais comme acteurs. A terme, l’espoir est de retrouver une végétation stable, une biodiversité retrouvée et une rivière dont le lit et les berges repassent sous contrôle. Ce projet s’inscrit dans une logique de restauration environnementale et de résilience communautaire, un pas vers la réhabilitation de Silome Baa.

H.B.

Promotion de la transparence minière: le SP-ITIE sensibilise les acteurs de Gaoua

Le Secrétariat permanent de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives du Burkina Faso (SP-ITIE) a organisé, mardi 4 novembre 2025, à Gaoua, un atelier d’information et d’échanges sur le dispositif d’évaluation de la contribution des acteurs à la transparence dans le secteur extractif. L’activité s’inscrit dans la deuxième phase de la campagne nationale de sensibilisation initiée par le SP-ITIE.

Le Secrétariat permanent de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives du Burkina Faso (SP-ITIE) poursuit sa campagne nationale d’information et de sensibilisation. A travers cette campagne, le SP-ITIE entend instaurer une culture de transparence et de redevabilité dans le secteur minier burkinabè.
Selon le chargé d’études au SP-ITIE et chef de mission à Gaoua, Rasmané Ouédraogo, le dispositif d’évaluation des acteurs de la transparence dans le secteur extractif ne se limite pas à une seule localité.

« Pour cette phase, nous avons ciblé l’ensemble des localités accessibles du pays. L’objectif est de sensibiliser les populations et de constituer une base de données du public évaluateur. Cela permettra, en 2026, de lancer effectivement la campagne d’évaluation des acteurs », a-t-il déclaré. Après plusieurs localités, la campagne a marqué un arrêt à Gaoua, mardi 4 novembre 2025, pour renforcer la compréhension des acteurs locaux sur le processus de transparence dans la gestion des ressources minières.

Durant l’atelier, les participants ont alterné entre théorie et pratique. Ils ont découvert le questionnaire d’évaluation qui va servir de guide lors de la campagne, afin de se familiariser avec les outils et de mieux comprendre le processus. Les communications de la journée reposaient sur deux grandes présentations : le dispositif d’évaluation avec ses critères, indicateurs et méthodologie, pour expliquer sur quelles bases un acteur peut être bien ou mal noté ; et le guide d’évaluation, c’est-à-dire le questionnaire destiné au public évaluateur, en précisant qui sont les acteurs évalués et qui compose le public chargé
de les évaluer. Pour Rasmané Ouédraogo, cette approche va contribuer à renforcer la redevabilité des acteurs vis-à-vis des citoyens et à promouvoir une culture de transparence dans tout le secteur. « Nous souhaitons que les participants s’approprient pleinement les outils afin de jouer leur rôle de veille citoyenne lorsque la campagne d’évaluation démarrera en 2026 », a-t-il conclu.

Une initiative saluée

Le haut-commissaire du Poni, Bepampo Ouoba, a salué l’initiative du SP-ITIE et encouragé la participation citoyenne.

Pour le SP-ITIE, la sensibilisation des populations constitue une étape essentielle pour garantir la réussite du dispositif d’évaluation.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le haut-commissaire de la province du Poni, Bepampo Ouoba, a salué l’initiative du SP-ITIE qui, selon lui, vise à donner aux populations locales les moyens de s’impliquer davantage dans la gouvernance du secteur minier. « La transparence dans la gestion des affaires publiques est une préoccupation partagée par tous. Les acteurs du secteur minier doivent se donner les moyens d’être aussi transparents que possible », a-t-il déclaré. C’est pourquoi le haut-commissaire a invité les participants à une écoute attentive et à une participation active aux échanges.

Le premier responsable du Poni a rappelé que l’adhésion du Burkina Faso à la norme ITIE, en 2008, répond à une volonté politique d’améliorer la gouvernance du secteur extractif afin quecelui-ci contribue pleinement au développement durable. M. Ouoba a, par ailleurs, encouragé les participants à relayer « fidèlement » les informations auprès de leurs communautés. « C’est une belle opportunité offerte à nos populations pour participer activement à la gestion du secteur extractif », a-t-il souligné.

L’atelier de Gaoua a réuni les autorités administratives, des représentants des services déconcentrés, des organisations de la société civile, des chefs coutumiers et religieux, ainsi que des représentants des médias. Les échanges ont permis aux participants de poser leurs préoccupations et de mieux comprendre les contours du dispositif. Pour Mir Oussé, gestionnaire du site d’exploitation artisanale de Djikando, par ailleurs président de la coopérative des artisans miniers du Djôrô, cette démarche mérite d’être encouragée. « C’est une très bonne initiative, car elle permet aux populations de mieux comprendre ce qui se passe dans le secteur extractif. Les échanges vont nous aider à améliorer nos pratiques », a-t-il confié. Mir Oussé a également exhorté ses collègues à s’informer et à mettre en pratique les enseignements reçus.

Boudayinga J-M THIENON

Lycée Ouezzin-Coulibaly : une association d’anciens élèves offre du matériel sportif

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L’Association des anciens lycéens du lycée Ouezzin-Coulibaly a offert du matériel sportif à leur ancien établissement, vendredi 7 novembre 2025, à Bobo-Dioulasso. La valeur du don est estimée à plus de deux millions F CFA.

Le Lycée Ouezzin-Coulibaly (LOC) de Bobo-Dioulasso manque d’équipements sportifs. Il a même été exclu des compétitions de l’Union des sports scolaires et universitaires du Burkina Faso (USSU-BF) en 2024. Pour raviver la flamme sportive dans cet établissement jadis formateur de grands athlètes, l’Amicale des anciens élèves du lycée a fait parler son cœur en offrant du matériel et des équipements sportifs. D’une valeur de plus de deux millions F CFA, la remise du don a eu lieu, vendredi 7 novembre 2025, au sein du lycée.

Le don est composé de six jeux de maillots de football, quatre jeux de maillots de volley-ball, quatre jeux de maillots de handball, une paire de poteaux de basket-ball, deux filets de buts de football, quatre filets de volley-ball, quatre filets de handball, deux filets de basket-ball, trente ballons de football, quinze ballons de volley-ball, dix ballons de handball et dix ballons de basket-ball. Selon le président de l’Amicale, Aboubacar Sourabhiet Traoré, l’objectif est de soutenir la formation sportive, encourager la discipline, la santé, l’esprit d’équipe et la compétition saine, qui sont des valeurs essentielles dans l’éducation des jeunes.

« Nous espérons que ces équipements permettront au LOC de renforcer ses performances dans les compétitions scolaires, mais surtout d’offrir à chaque élève l’opportunité de s’épanouir pleinement sur les terrains de sport », a-t-il déclaré, tout en invitant les élèves à en faire bon usage. Le proviseur du LOC, Mamadou Simboro, a pour sa part, remercié les donateurs pour leur geste. Pour lui, ce don vient à point nommé pour redonner vie à la pratique sportive dans l’établissement.

« Le matériel sportif que nous recevons aujourd’hui sera d’une grande utilité pour nos élèves et nos enseignants. Il contribuera sans nul doute à réveiller l’esprit de compétition, de dépassement et de camaraderie qui a toujours caractérisé le LOC », a-t-il indiqué. Selon le représentant des élèves, Oumar Abdel Fataha Diaby Kassamba, ce geste vient ranimer la flamme du sport scolaire au sein du lycée. « Chers aînés, votre acte est pour nous une leçon de solidarité et de reconnaissance. Ce matériel, au-delà de sa valeur matérielle, est un symbole de confiance et d’encadrement », a-t-il laissé entendre.

Noufou NEBIE
Zisso Patricia COULIBALY
(Stagiaire)

Journées nationales du transport par rail : pour raviver la flamme du rail auprès des citoyens

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La Direction régionale des infrastructures et du désenclavement de Guiriko a abrité la conférence de presse de lancement de la première édition des Journées nationales du transport par rail (JNTR), prévues les 14 et 15 novembre 2025, à Bobo-Dioulasso. L’événement, initié par la Société de gestion du patrimoine ferroviaire du Burkina (SOPAFER-B), vise à dresser un état des lieux du secteur, communiquer la vision nationale et surtout redynamiser l’attrait pour le transport ferroviaire.

Le transport ferroviaire au Burkina Faso se trouve à un moment décisif de son histoire. Les populations n’ont plus le goût du voyage par le train pour diverses raisons. Pour raviver cette flamme du rail auprès des citoyens, la direction générale de la Société de gestion du patrimoine ferroviaire (SOPAFER-B), a initié les Journées nationales du transport par rail (JNTR). La première édition de ces journées se tient, du 14 au 15 novembre prochain, à Bobo-Dioulasso. L’annonce a été faite par le directeur général de la SOPAFER-B, Firmin Bagoro, dans la matinée du mercredi 12 novembre 2025, dans la cité de Sya.

Ces journées, selon les initiateurs, mettent l’accent sur la redynamisation des gares et l’augmentation des fréquences pour que le train redevienne le moyen de transport de choix, symbole d’intégration et de souveraineté économique. Dans sa déclaration liminaire, Firmin Bagoro a rappelé la mission de sa société, celle de gérer les intérêts et le patrimoine de l’Etat dans le cadre de la concession. Cette vision s’articule autour du développement d’un réseau ferroviaire national pour assurer le maillage du pays, réduire les coûts d’entretien routier et renforcer la mobilité des personnes et des biens, l’intégration régionale et la souveraineté économique.

Les JNTR, a poursuivi M. Bagoro, sont un cadre d’échanges, de réflexion, et de valorisation du rail burkinabè reliant Abidjan-Ouagadougou-Kaya. La fermeture de certaines gares ferroviaires, le confort des trains, l’état des rails, … sont entre autres préoccupations soulignées par les journalistes. Le train voyageur, a laissé entendre le DG en réponse aux différentes questions, bien que sécurisant et confortable, fait face à plusieurs défis. « L’un des principaux objectifs des JNTR est de reconquérir le cœur des voyageurs.

L’arrêt du service voyageur dans certaines gares intermédiaires est une source de frustration pour les populations riveraines. Par ces journées, la SAPAFER-B s’engage à briser ce cycle », a souligné Firmin Bagoro. Des discussions, a poursuivi Firmin Bagoro, sont en cours avec le concessionnaire pour rouvrir les gares fermées et, si possible, augmenter la fréquence des voyages afin de rétablir une habitude de voyage.

Kamélé FAYAMA

Introduction du data journalisme dans les rédactions: les responsables des médias sensibilisés

La Communauté d’Afrique francophone sur les données ouvertes (CAFDO) et son Champion Kader Patrick Karantao ont organisé, le mercredi 12 novembre 2025, à Ouagadougou, un atelier de sensibilisation à l’introduction du Data journalisme dans les rédactions au profit des responsables de médias.

La Communauté d’Afrique francophone sur les données ouvertes (CAFDO) souhaite que les journalistes intègrent le data journalisme dans leur pratique quotidienne. C’est pourquoi, dans le cadre des projets de sa cohorte 2025 du programme de champions de l’ouverture des données, un projet porté par Kader Patrick Karantao, journaliste aux Editions Sidwaya, a été retenu. Pour la mise en œuvre, un atelier de sensibilisation a été organisé, mercredi 12 novembre 2025, au profit de responsables de médias.

Au cours de la journée, la vingtaine de participants ont suivi des communications et ont échangé autour du journalisme des données et la nécessité de son utilisation par les journalistes. Un article de data journalisme et une fiche synthétique de sa pratique leur ont

Le représentant du ministre chargé de la Communication, Pascal Yemboini Thiombiano, a salué ce programme de spécialisation des journalistes.

été présentés également. Le porteur du projet, Kader Patrick Karantao a rappelé que le data journalisme est une forme de journalisme d’investigation qui consiste à collecter et à analyser des données provenant de sources fiables pour découvrir des faits cachés et s’en servir pour raconter des histoires captivantes et impactantes.

Dans un contexte où les médias font face à des défis liés à la crédibilité et la qualité de l’information, le data journalisme représente selon lui, une innovation majeure. Il permet de fonder le récit sur des faits vérifiés et analysés, renforçant la rigueur des productions journalistiques. Pourtant, a-t-il regretté, la pratique de cette forme de journalisme d’investigation reste timide dans les redactions. « Notre ambition est d’inciter les responsables de médias à envisager l’introduction du data journalisme. Nous souhaitons faire des participants, des ambassadeurs engagés dans la promotion du data journalisme au Burkina.», a-t-il laissé entendre.

Une initiative saluée

M. Karantao s’est dit prêt à mener un plaidoyer auprès de la CAFDO pour qu’elle accompagne techniquement les médias qui souhaitent introduire le data journalisme dans leurs rédactions. La représentante du coordonnateur de la CAFDO, Salimata Sawadogo, a insisté sur la nécessité pour le journaliste de s’appuyer sur les données fiables et des informations rigoureuses dans ce contexte de désinformation. Elle croit au potentiel existant au Burkina pour cette pratique du journalisme.

C’est pourquoi elle dit compter sur l’engagement des responsables des médias. Quant au

Le porteur du projet, Kader Patrick Karantao souhaite que les responsables des médias intègrent le data journalisme dans leur quotidien.

représentant du ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pascal Yemboini Thiombiano, il a salué ce programme de spécialisation du journalisme de données qui permettra de créer une masse d’expertise au sein des rédactions. Pour lui, le data journalisme est une opportunité pour les praticiens de traiter des thématiques avec clarté et exactitude dans un monde de plus en plus exigeant en matière d’information.

Il pense que cette pratique doit être utilisée comme une compétence stratégique dans les rédactions pour renforcer la qualité de l’information mais pour aussi contribuer à la gouvernance démocratique, à la transparence et à la lutte contre la désinformation. Il a rassuré que le ministère s’engage à accompagner toutes les initiatives visant à professionaliser davantage les médias. Il a traduit ses encouragements à Kader Patrick Karantao pour la pertinence de son projet qui a retenu l’attention d’un jury international.

Adama SEDGO

Lutte contre la contrebande à Pouytenga: la douane saisit 7 tonnes de cyanure, de la cigarette et des amphétamines

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Le dispositif de veille douanière déployé dans la zone de Pouytenga continue de porter ses fruits. Les agents de la Brigade mobile de Ouagadougou (BM Ouaga), engagés dans le cadre de cette vaste opération de surveillance, ont intercepté la semaine dernière un véhicule suspect dans les encablures de la ville de Pouytenga. Conduit à la Brigade pour vérification, le camion a révélé une cargaison d’une ampleur et d’une dangerosité remarquables.
Le contrôle minutieux effectué par les agents a permis de découvrir :
– 𝟏𝟒𝟎 𝐟𝐮̂𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐲𝐚𝐧𝐮𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝟓𝟎 𝐤𝐠 𝐜𝐡𝐚𝐜𝐮𝐧, 𝐬𝐨𝐢𝐭 𝟕 𝐭𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐮𝐛𝐬𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐡𝐚𝐮𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐭𝐨𝐱𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐞𝐬𝐭𝐢𝐦é𝐞 à 𝟐𝟏 𝟖𝟎𝟎 𝟎𝟎𝟎 𝐅 𝐂𝐅𝐀 ;
– 𝟓𝟓 𝐜𝐚𝐫𝐭𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝟐 𝟕𝟓𝟎 𝐜𝐚𝐫𝐭𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐢𝐠𝐚𝐫𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐚𝐫𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐒𝐈𝐑 𝐞𝐭 𝐆𝐨𝐥𝐝 𝐒𝐞𝐚𝐥, 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 é𝐯𝐚𝐥𝐮é𝐞 à
𝟏𝟑 𝟕𝟓𝟎 𝟎𝟎𝟎 𝐅 𝐂𝐅𝐀 ;
– 𝟕𝟐 𝐜𝐚𝐫𝐭𝐨𝐧𝐬 𝐝’𝐚𝐦𝐩𝐡𝐞́𝐭𝐚𝐦𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐧𝐭 𝟒 𝟎𝟒𝟎 𝐩𝐚𝐪𝐮𝐞𝐭𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞́𝐬 𝐝𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬 (𝐏𝐚𝐫𝐚𝐜𝐞́𝐭𝐚𝐦𝐨𝐥, 𝐊𝐨𝐦𝐢𝐱, 𝐆𝐞𝐛𝐞𝐝𝐨𝐥, 𝐌𝐢𝐱𝐚𝐠𝐫𝐢𝐩, 𝐃𝐢𝐚𝐳𝐨𝐥𝐞), 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐞𝐬𝐭𝐢𝐦é𝐞 à 𝟏𝟓 𝟓𝟒𝟎 𝟎𝟎𝟎 𝐅 𝐂𝐅𝐀.
𝐋𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐞𝐮𝐫 𝐭𝐨𝐭𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐬𝐚𝐢𝐬𝐢𝐞 𝐬’é́𝐥è𝐯𝐞 𝐚𝐢𝐧𝐬𝐢 à 𝟓𝟏 𝟎𝟗𝟎 𝟎𝟎𝟎 𝐅 𝐂𝐅𝐀.
Cette opération illustre la constance du dispositif de surveillance mis en place par la Douane dans cette zone stratégique, devenue un véritable maillon de résistance face aux trafics illicites. Grâce à la vigilance et au professionnalisme des équipes engagées, un flux dangereux pour la santé publique, l’environnement et les recettes de l’Etat a pu être neutralisé avant sa dispersion sur le marché.
La Direction générale des Douanes, sous la conduite de 𝐥’𝐈𝐧𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐢𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐘𝐯𝐞𝐬 𝐊𝐀𝐅𝐀𝐍𝐃𝐎, salue le sens du devoir et la réactivité des agents mobilisés, tout en rappelant que la lutte contre la fraude et le crime transfrontalier demeure une priorité nationale.
A travers cette action, la Douane réaffirme sa mission : protéger l’économie, sécuriser le territoire et défendre les populations contre toutes formes de menaces.
𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐮𝐯𝐫𝐞-𝐟𝐞𝐮 𝐝𝐨𝐮𝐚𝐧𝐢𝐞𝐫 𝐬𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐬𝐮𝐢𝐭 à 𝐏𝐨𝐮𝐲𝐭𝐞𝐧𝐠𝐚, avec la même détermination, la même vigilance et la même foi en un Burkina Faso souverain, protégé et debout.

𝐋𝐚 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐧𝐞 : 𝐇𝐨𝐧𝐧𝐞𝐮𝐫-𝐃𝐞́𝐯𝐨𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭-𝐕𝐢𝐠𝐢𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞
𝐒𝐂𝐑𝐏-𝐃𝐆𝐃

COP30 : le Burkina Faso appelle à un « financement climatique suffisant et accessible »

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A la 30e Conférence des parties (COP30) sur les changements climatiques, le Burkina Faso a livré une Déclaration dans laquelle il a décliné ses attentes pour une COP de « mise en œuvre des actions climatiques et non une conférence de discours et de belles paroles », le 11 novembre 2025, au Brésil. Sidwaya vous propose l’intégralité de cette Déclaration livrée par le Secrétaire permanent du Conseil national pour le développement durable (SP/CNDD), Pamoussa Ouédraogo.

« Déclaration du Burkina Faso à l’ouverture de la COP 30
– Monsieur le Président de la COP 30
– Distingués délégués,
Le Burkina Faso félicite la République d’Azerbaidjan pour sa présidence de la COP 29 qui a tracé le chemin de l’espoir, de la vérité et de l’action vers Belem.
Le Burkina Faso félicite et s’engage à accompagner le Brésil pour son mandat à la présidence de la COP 30 qui se tient au cœur de l’Amazonie.
Merci au peuple hospitalier du Brésil pour toutes les commodités accordées à notre délégation.

. Monsieur le Président,
Le Burkina Faso est parfaitement en accord avec les déclarations faites par les Présidents du G77 et la Chine, du Groupe Afrique et des Pays les moins avancés.
Le Burkina Faso a beaucoup d’attente à cette 30e COP qui doit être une conférence de mise en œuvre des actions climatiques et non une conférence de discours et de belles paroles.
Le Burkina Faso espère voir des résultats concrets en matière d’adaptation qui est sa préoccupation prioritaire. Des indicateurs de l’objectif global de l’adaptation clairement identifiés et définis, et un soutien tangible pour la mise en œuvre des Plans nationaux d’adaptation.
Tout ceux-ci ne peuvent se réaliser sans des circonstances spécifiques pour l’Afrique et les PMA afin de faciliter l’accès aux moyens de mise en œuvre que sont le renforcement de capacités, le développement et le transfert de technologie, et bien entendu le financement climatique suffisant et accessible.
Le fonds d’adaptation, le fonds vert pour le climat, le fonds pour l’environnement mondial tels que définis jusque-là, peinent à relever les défis de la mise en œuvre des actions climatiques.
Nos communautés subissent de lourdes pertes tant en vie qu’en matériels chaque année. Nous espérons que cette conférence des parties permettra de passer à la mise en œuvre du fond pour les pertes et préjudices avec des actions palpables.

. Merci Monsieur le Président. »

« Incapable » de concevoir, elle vole le nourrisson de sa petite sœur

L’affaire « vol du nourrisson » à Fada N’Gourma a connu son dénouement, hier mercredi 12 novembre 2025. A la barre, D.A., une grande sœur de la mère de l’enfant, était poursuivie pour enlèvement de mineur et usurpation de titre. A ses côtés, K.B., le père biologique de l’enfant et D.Y., une autre tante du nourrisson répondaient des faits de complicité d’enlèvement de mineur. Selon les faits, dans la nuit du 26 au 27 octobre 2025, D.A. s’est introduite discrètement au domicile de sa sœur aînée D.Y, où séjournait leur sœur cadette D.M., la mère du nourrisson de deux mois. Profitant du sommeil profond de cette dernière, D.A. a enlevé l’enfant. A la barre, la (…)

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Sidgomdé

COP30: l’Afrique veut de la justice climatique et non des promesses

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La Journée de l’Afrique à la COP30 a été organisée conjointement par la Commission de l’Union africaine, la Banque africaine de développement, l’Agence de développement de l’Union africaine-NEPAD et la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, mardi 11 novembre 2025, à Belém, au Brésil. Au cours de cette journée, les leaders africains ont appelé à un autre financement climatique pour le continent.

L’Afrique a réaffirmé sa position en faveur d’un financement climatique fondé sur une nouvelle architecture financière, à l’occasion de sa journée à la COP30 tenue, le mardi 11 novembre 2025, à Belém, au Brésil.
Organisé conjointement par la Commission de l’Union africaine (CUA), la Banque africaine de développement (BAD), l’Agence de développement de l’Union africaine-NEPAD (AUDA-NEPAD) la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), cette journée était placée sur le thème : « L’Afrique à l’avant-garde de l’action pour le climat : Financement durable pour une croissance verte résiliente et inclusive ».

Le vice-Président de la BAD, Dr. Kevin Kariuki : « l’Afrique reçoit moins de 3 % du financement climatique mondial, un paradoxe qu’il est urgent de corriger ».

Au nom du président de la Commission de l’UA, le Commissaire Moses Vilakati, a indiqué qu’il s’agit d’un moment de fierté continentale et de signification mondiale. Pour lui, il s’agit d’une plateforme où l’Afrique parle d’une seule voix, pour exiger la justice climatique et partager des expériences sur des actions climatiques tangibles afin d’offrir des solutions audacieuses et évolutives à la crise climatique.

Depuis sa déclaration d’Addis-Abeba en septembre 2025 à Addis-Abeba, en Ethiopie, l’Afrique appelle à un passage du financement des projets à des partenariats tangibles à long terme qui atteignent les communautés, les entrepreneurs et les écosystèmes sur le terrain. Elle exige une réforme systémique de la finance mondiale. L’Afrique invite aussi le monde à reconnaître le continent non pas comme une victime, mais comme un fournisseur de solutions et ce conformément au principe de responsabilité commune mais différenciée.

Mobiliser au moins 50 milliards de dollars par an

Les dirigeants africains ont appelé à une réforme de l’architecture mondiale de la finance climatique.

« L’Afrique abrite 20 % des puits de carbone du monde, y compris le bassin du Congo, qui à lui seul stocke 60 milliards de tonnes de CO₂. Pourtant, nous gagnons moins de 1 % des revenus mondiaux du marché du carbone. Ce n’est pas seulement une injustice économique, c’est une injustice climatique. Nous devons réformer les marchés du carbone pour les aligner sur les réalités africaines, réduire les fuites de revenus et autonomiser les communautés locales », a souligné le commissaire Vilakati.

Avec un continent qui reçoit moins de 10 % du financement mondial pour l’adaptation, malgré sa vulnérabilité, avec plus de 600 millions d’Africains exposés aux chocs climatiques, il y a lieu de changer de fusil d’épaule. « Nous devons intensifier les solutions basées sur la nature, du bassin du Congo à l’agroforesterie du Sénégal et mobiliser au moins 50 milliards de dollars par an pour l’adaptation d’ici à 2030. Nous devons également rediriger une partie de nos 350 milliards de dollars de fonds souverains et de pension, actuellement investis à l’étranger, vers des projets nationaux transformateurs »,
a-t-il soutenu.

Le continent appelle également la communauté mondiale à rediriger 30 % du financement climatique vers des initiatives menées par l’Afrique, à soutenir le Fonds pour les pertes et dommages avec un financement prévisible et basé sur des subventions, à reconnaître et récompenser les solutions basées sur la nature de l’Afrique et la biodiversité.
Le vice-président de la BAD chargé de l’électricité, de l’énergie, du climat et de la croissance verte, Dr Kevin Kariuki, représentant du président de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, a insisté sur la position commune du continent à cette COP30 historique.

« A la COP30, l’Afrique est unie pour réaffirmer son engagement en faveur de l’action climatique mondiale, avec clarté et détermination. Nous ne sommes pas ici pour susciter la compassion, nous sommes ici pour affirmer l’équité, l’égalité des chances et le partenariat. L’Afrique est déjà à l’avant-garde de l’action climatique mondiale, façonnant des solutions à la fois ancrées localement et pertinentes à l’échelle mondiale », a-t-il martelé.

Moins de 3 % du financement climatique pour l’Afrique

Le Directeur exécutif de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique, Dr Mithika Mwenda : « nous ne cherchons pas la pitié, nous exigeons la justice ».

Dr Kariuki a déploré la situation actuelle de l’Afrique. « Avec ses richesses écologiques parmi les plus précieuses au monde, qui constituent un puits de carbone essentiel pour la planète, l’Afrique reçoit moins de 3 % du financement climatique mondial. Un paradoxe qu’il faut urgemment corriger », a-t-il poursuivi. Kevi Kariuki a relevé que selon les estimations récentes, sur les 1 400 milliards de dollars de financement climatique mondial mobilisés en 2023, l’Afrique subsaharienne n’en a reçu que 47 milliards de dollars. Moins de
2,5 % du total. un montant bien inférieur aux 277 milliards de dollars, nécessaires chaque année jusqu’en 2030 pour relever efficacement les défis climatiques et mettre en œuvre les Contributions déterminées au niveau national (CDN) des pays africains.

Il a rappelé la place qu’occupe la lutte contre le changement climatique dans la nouvelle vision du président de la BAD, visant à recentrer l’action de la Banque sur quatre priorités stratégiques, appelées les “Quatre Points Cardinaux”. L’ambition de cette nouvelle orientation de Dr Ould Tah est de libérer le potentiel financier de l’Afrique, renforcer la souveraineté financière du continent, transformer les défis démographiques en atouts et construire des infrastructures résilientes, tout en créant une réelle valeur ajoutée.

Parlant au nom des acteurs non étatiques africains et des millions d’Africains qui subissent au quotidien les conséquences de l’injustice climatique, le Directeur exécutif de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (PACJA), Dr Mithika Mwenda, a invité les dirigeants mondiaux à un changement de paradigme fondé sur l’action transformatrice et impactante.
« Nous ne cherchons pas la pitié, nous exigeons la justice. Le financement climatique doit évoluer : de l’aide à l’investissement, des promesses aux résultats », a-t-il martelé. Le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Simon Stiell, a reconnu l’urgence de lever des financements pour l’Afrique qui perd 9% de son PIB du fait des effets du changement climatique.

Mahamadi SEBOGO
(Depuis Belém, Brésil)