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La Société nationale d’électricité du Burkina a lancé une nouvelle plateforme de recrutement en ligne, marquant un tournant décisif dans sa politique de ressources humaines. Dénommée « e-Recrutement », cette initiative s’inscrit pleinement dans la dynamique de dématérialisation des procédures administratives et vise à moderniser les processus de candidature. Accessible à tous sur www.sonabel.bf, il s’agit d’une solution numérique qui garantit une transparence et offre une égalité de chances aux jeunes diplômés en quête d’opportunités professionnelles. L’initiative est salutaire, car désormais chaque candidat peut postuler facilement, quel que soit son lieu de résidence, éliminant ainsi les barrières géographiques qui limitaient l’accès à l’emploi.

Oumarou RABO

Travaux à haute intensité de main d’œuvre: la Stratégie nationale dévoilée aux acteurs de l’Ouest du Burkina

Le ministère des Infrastructures et du Désenclavement, à travers le Secrétariat technique des Travaux routiers à haute intensité de main-d’œuvre (ST-TRHIMO), a organisé un atelier régional d’information et de partage sur la Stratégie nationale des Travaux à haute intensité de main d’œuvre (SN-THIMO). L’atelier s’est tenu, jeudi 6 novembre 2025, à Bobo-Dioulasso.

Le ministère des Infrastructures et du Désenclavement veut vulgariser la Stratégie nationale des Travaux à haute intensité de main d’œuvre (SN-THIMO). C’est dans ce sens qu’il a organisé, à travers son Secrétariat technique des Travaux routiers à haute intensité de main d’œuvre (ST-TRHIMO), un atelier régional d’information et de partage de cette stratégie aux acteurs de l’Ouest du Burkina, jeudi 6 novembre 2025, à Bobo-Dioulasso. Il s’agit des acteurs des régions du Bankui, du Guiriko, des Tannounyan et du Djôrô. L’objectif de l’atelier était de permettre à ces acteurs de s’informer sur la SN-THIMO, qui se veut être un référentiel national.

Organisé en partenariat avec HELVETAS Burkina Faso, cet atelier vise également à renforcer les capacités des acteurs, à promouvoir la SN-THIMO comme référentiel national et à favoriser la capitalisation des bonnes pratiques issues des phases précédentes du Programme d’appui à la décentralisation et à la participation citoyenne (DEPAC). Selon le (ST-TRHIMO), «le lieutenant Eric Bouda, la Stratégie nationale constitue aujourd’hui un outil de référence pour l’emploi, l’inclusion sociale et la lutte contre la pauvreté à travers la mise en œuvre d’infrastructures durables. « Parti d’un projet en 2012, dénommé Projet des travaux routiers à Haute intensité de main d’œuvre (PTR-HIMO), le Secrétariat technique des Travaux routiers à haute intensité de main d’œuvre (ST-TRHIMO) est devenu Secrétariat permanent, puis Secrétariat technique en 2024 afin de faciliter la mise en œuvre de la vision des plus hautes autorités en matière de Travaux à haute intensité de main d’œuvre », a-t-il indiqué.

Promouvoir l’approche HIMO

A l’en croire, le ST-THIMO a pour mission principale de promouvoir l’approche HIMO dans le secteur des infrastructures de transport. « Depuis l’adoption de la Stratégie nationale des THIMO 2022-2026, notre ambition est claire : structurer, professionnaliser et harmoniser les interventions HIMO sur l’ensemble du territoire national, afin que chaque ouvrage public soit également une opportunité de travail et de dignité pour nos concitoyens », a laissé entendre le lieutenant Eric Bouda. Le Secrétariat technique a traduit sa reconnaissance à la Coopération suisse, partenaire fidèle du Burkina Faso depuis le lancement du Programme DEPAC en 2015. « Grâce à ce partenariat solide, notre pays dispose désormais d’une approche intégrée reliant décentralisation, participation citoyenne, cohésion sociale et développement des infrastructures à haute intensité de main-d’œuvre », a-t-il ajouté.

Pour le gouverneur de la région du Guiriko, Mariama Konaté, par ailleurs présidente de la délégation spéciale régionale du Guiriko, les travaux à haute intensité de main-d’œuvre constituent des solutions aux défis auxquels les collectivités territoriales sont confrontées, car ils allient création d’emplois, amélioration des infrastructures de base et renforcement de la cohésion sociale. A l’écouter, cet atelier offre une belle opportunité d’échanger sur les expériences déjà capitalisées dans la mise en œuvre des projets HIMO en vue d’une amélioration continue des pratiques. Au cours de cet atelier, le Secrétariat technique a remis un exemplaire de la Stratégie nationale à chaque gouverneur afin de promouvoir les approches HIMO dans leurs localités respectives.

Noufou NEBIE
Korotimi TINGARA
(Stagiaire)

Adaptation au changement climatique: un appel de la COP30 à adopter l’agro-écologie comme solution africaine

Après l’ouverture officielle de la 30e COP30 qui se déroule, du 10 au 21 novembre 2025, au Brésil, l’Alliance pour la sécurité alimentaire en Afrique (ASFA) a animé une conférence de presse pour décliner ses attentes et sa position qui est l’inscription de l’agroécologie comme solution africaine à l’adaptation au changement climatique.

L’agroécologie est la solution la mieux appropriée pour le continent africain pour faire face à la crise climatique. Par conséquent, elle doit être inscrite à l’agenda mondial des négociations sur le climat. Cette conviction, l’Alliance pour la sécurité alimentaire en Afrique (ASFA) l’a réitérée dans l’après-midi du lundi 10 novembre 2025, à Belém, au Brésil, où se déroule la 30e Conférence des Parties (COP30) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), du 10 au 21 novembre 2025, en pleine Amazonie.

La représentant de la BIBA du Kenya, Anne Maina (2e à gauche), a réaffirmé la position de AFSA qui est d’institutionnaliser l’agroécologie comme solution africaine d’adaptation au changement climatique.

Pour la membre du Conseil d’administration de AFSA et représentant de l’Association pour la biodiversité et la biosécurité (BIBA) du Kenya, Anne Maina, cette organisation panafricaine qui s’appuie sur un réseau de 48 organisations représentant plus de 200 millions de petits producteurs alimentaires, d’éleveurs, de peuples autochtones, de jeunes, de femmes et de communautés confessionnelles dans 50 pays africains, travaille à la prise en compte des pratiques agroécologiques dans les politiques publiques.

Pour le coordonnateur du programme changement climatique et agroécologie à AFSA, Simon Bukenya, la crise climatique durement l’Afrique et il est temps d’adopter des approches locales d’adaptation au changement climatique.

Car, elles sont respectueuses de l’environnement, des écosystèmes naturels, reposent sur la science et les connaissances endogènes des communautés de base et participent à leur résilience, a-t-elle indiqué. Elles se fondent également sur une gouvernance inclusive et participative, a ajouté Anne Maina. Intitulée « Adaptation, Résilience et Atténuation grâce à l’Agroécologie », la note d’orientation de AFSA marque un moment décisif pour la société civile africaine dans les négociations climatiques, plaçant l’agroécologie au cœur de la stratégie du continent pour l’adaptation et la résilience face au changement climatique.

S’appuyant sur des résultats, en juin 2025, des 62e sessions des organes subsidiaires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) dénommées SB62 et sur les avancées du plaidoyer mené lors de la COP29 et des sessions précédentes, la note d’orientation de AFSA définit ses priorités autour de six grands axes thématiques. Il s’agit de l’Objectif mondial d’adaptation (GGA), les Travaux conjoints de Charm el-Cheikh sur l’agriculture (SJWA), les Plans nationaux d’adaptation (PNA), les Contributions déterminées au niveau national (CDN), le Programme de travail sur la transition juste et le financement climatique.

Justice climatique, financement transparent et inclusif

Le leader religieux sud-africain, Gosiame Choabi, : « Nous avons l’impression qu’il n’y pas d’urgence à mettre en œuvre l’accord de Paris ».

Elle appelle les Parties à garantir que l’agroécologie soit intégrée dans chacun de ces axes comme pilier central et mesurable de la résilience, de l’adaptation et de l’atténuation. Le vice-président national de l’Association des ‘’pastoralistes’’ nomades du Cameroun, Musa Usman Ndamba, a indiqué que les peuples autochtones ont besoin de reconnaissance de la part de la communauté internationale, car ils sont les gardiens de la biodiversité, dans le Bassin du Congo comme en Amazonie. Il a appelé à la prise en compte des solutions de ces populations sur la table des négociations mais aussi à un financement de l’agroécologie qui est conforme aux cultures endogènes des peuples autochtones.

Le vice-président national de l’Association des pastoralistes nomades du Cameroun, Musa Usman Ndamba, a indiqué que les peuples autochtones ont besoin de reconnaissance de la part de la communauté internationale, car ils sont les gardiens de la biodiversité qu’il s’agisse dans le Bassin du Congo comme en Amazonie.

Le leader religieux sud-africain, Gosiame Choabi, a pour sa part déploré l’absence des communautés de base à la COP30 mais aussi la lenteur dans la mise en œuvre des engagements. « Nous avons l’impression qu’il n’y pas d’urgence à mettre en œuvre l’Accord de Paris », a-t-il indiqué. Il a appelé les agences qui gèrent les finances à une justice climatique à travers un financement transparent et inclusif des communautés de base.

Pour le coordonnateur du programme changement climatique et agroécologie à AFSA, Simon Bukenya, la crise climatique affecte durement l’Afrique et il est temps d’adopter des approches locales d’adaptation au changement climatique et de s’assurer que les populations ne sont pas laissées pour compte. Considérant l’agroécologie comme la base de l’adaptation, il urge de l’intégrer dans les politiques publiques comme les Contributions déterminées au niveau national (CDN). Il a invité les décideurs à créer un cadre de concertation inclusive et à mettre en place un financement adapté fondé sur la cohérence et la redevabilité à travers des indicateurs liés à l’agroécologie et à la souveraineté alimentaire.

Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmail.com
(Depuis Belém, Brésil)

 

AES : la Commission nationale confédérale en croisade

C’est ce matin que la Commission nationale de la Confédération des Etats du Sahel (CN-CES), l’organe national en charge de la coordination et du suivi des activités relatives à la Confédération des Etats du Sahel (AES), va échanger avec les forces vives de la région du Kadiogo. En effet, depuis un certain temps le président de la CN-CES multiplie les sorties-terrain pour « ensemencer » les idéaux de la Confédération et favoriser une plus grande compréhension du vent nouveau qui souffle sur le Sahel ouest-africain.

Ainsi, les messages de cette instance clé dans l’architecture de l’AES et dont la vocation première est de « sauver le sahel », voir restituer à l’Afrique et au peuple noir sa souveraineté, ne seront rien d’autre que de galvaniser les populations, les tenir informer de la marche radieuse de l’AES, mais aussi les rassurer de la prise en compte des intérêts du peuple africain et le peuple noir dans l’élaboration des politiques publiques de l’espace AES. Le président de la Commission nationale de la Confédération des Etats du Sahel (CN-CES), Bassolama Bazié, a pris son bâton de pèlerin pour se lancer dans une vaste campagne de sensibilisation des populations à la base, à travers des conférences publiques à l’endroit des forces vives de chaque région du Burkina Faso.

Il s’agit d’une véritable croisade organisée et soigneusement planifiée et qui vise avant tout à apporter des réponses au questionnement des citoyens des villes et campagnes d’une part et leur permettre de mieux cerner les enjeux de la Confédération, ses missions et attributions, d’autre part. Autant dire que ces tournées d’information étaient nécessaires dans la mesure où les communications qui sont faites lors des conférences favorisent le rapprochement de la Commission avec les populations, ces échanges permettent aux masses populaires de mieux comprendre certaines décisions prises par les trois leaders chefs d’Etat de l’AES dans le cadre de la construction de la Confédération.

Mieux, ces actions de communication et d’information vont permettre de faire comprendre aux populations de l’espace commun les objectifs poursuivis par les dirigeants de l’AES, mais également, susciter un engagement et une adhésion forte des ressortissants du Sahel aux idéaux de la confédération et aux réformes en cours pour asseoir une vraie indépendance des peuples. Et cela cadre bien avec la mission assignée à la Commission nationale d’autant plus que dans les textes fondateurs, les Etats membres de l’Alliance des Etats du Sahel, il a été convenu d’un commun accord de mettre en place, dans chaque pays, cette instance qui sera en grande partie chargée de la mise en œuvre des décisions, de la proposition d’actions de renforcement, de la communication et de l’élaboration d’un programme d’activités.

Ce qui veut dire qu’au niveau du Burkina Faso, la Commission de l’AES a déjà pris le taureau par les cornes en allant au contact des populations de toutes les localités pour échanger avec elles sur certains enjeux de l’heure. C’est en cela que le président de la Commission nationale, Bassolama Bazié, déclarait : « cette Commission nationale a pour missions de mener des études prospectives et de formuler des propositions sur l’évolution vers la Confédération. Nous sommes sur un front de combat pour conquérir notre souveraineté politique, économique, sécuritaire et culturelle. Les Burkinabè doivent comprendre qu’on ne pourra l’avoir que dans l’unité, l’engagement, la détermination, la discipline et le patriotisme ». Et la forte participation des acteurs régionaux du pays témoigne de l’intérêt accordé aux échanges. Reste à formuler des recommandations pertinentes et constructives prenant en compte l’ensemble des secteurs notamment la sécurité de la région AES, le développement endogène, économique, social, culturel et politique dans cet espace commun.

Wanlé Gérard COULIBALY

Dédougou : les Forces armées nationales offrent dix tonnes de ciment à Faso Mêbo

Les différentes composantes régionales des Forces armées nationales (FAN) de l’ex-Boucle du Mouhoun ont fait don de dix tonnes de ciment à l’initiative présidentielle Faso Mêbo. La remise a eu lieu à Dédougou, ce mercredi 12 novembre 2025 en présence du haut-commissaire de la province du Mouhoun, Souleymane Nakanabo, et des représentants militaires et paramilitaires.

Dix tonnes de ciment offertes à l’initiative présidentielle Faso Mêbo. C’est un apport supplémentaire que les différentes composantes des Forces armées nationales (FAN), dans la région de l’ex-Boucle du Mouhoun, apportent à l’édification du pays. En plus donc des sacrifices consentis au quotidien pour la sécurisation des populations et de leurs biens, elles ont pris l’initiative de soutenir le projet de construction d’infrastructures de qualité afin de booster le développement, selon la vision de Faso Mêbo.

En présence des responsables militaires et paramilitaires régionaux, le chef de bataillon, Ambroise Belemkoabga, a procédé à la remise de la donation au haut-commissaire, Souleymane Nakanabo, avec la presse comme témoin. Représentant le commandant de la 5e Région militaire, M. Belemkoabga a souligné que ce don traduit la volonté des FAN de ne pas rester en marge de la dynamique de construction du Burkina Faso prônée à travers l’initiative présidentielle Faso Mêbo.

Pour le haut-commissaire, ce geste est une réponse à l’appel à la solidarité et à l’implication de tous pour l’édification du pays. Il a salué l’engagement multiforme des FAN sur les théâtres d’opérations en vue de la reconquête territoriale et leur participation à l’œuvre de construction par cet apport à Faso Mêbo. M. Nakanabo a souhaité que d’autres acteurs emboitent le pas aux forces armées nationales.

Yacouba BELEM  

SOTRACO : des sanctions pour fautes graves au sein du personnel

La Société de transport en commun (SOTRACO) a pris des mesures disciplinaires à l’encontre de plusieurs agents pour manquements graves constatés dans l’exercice de leurs fonctions. Réuni du 3 au 5 novembre 2025 à Bobo-Dioulasso, le conseil de discipline a statué sur plusieurs cas, prononçant des sanctions allant de la mise à pied à l’avertissement, sans oublier des actions de sensibilisation.

Au total, quatre machinistes ont été suspendus pour huit jours, tandis que d’autres ont écopé de mises à pied de un à trois jours. Dix machinistes ont reçu des avertissements et sept agents, dont un régulateur principal, seront soumis à une séance de sensibilisation. La Direction générale a réaffirmé son attachement à la rigueur, à la discipline et à la sécurité des passagers, exhortant l’ensemble du personnel à plus de vigilance et de professionnalisme dans la conduite du service public de transport.

(Source : SOTRACO)

Main d’œuvre agricole et migration au Burkina Faso Kala Brigitte HEMA, Roger ZERBO, Guy Roger Yoa KOFFI

HEMA Kala Brigitte, Attachée de recherche à l’Institut des Sciences des Sociétés/ Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (INSS/CNRST), Ouagadougou/Burkina Faso

Résumé

Ce document de vulgarisation est tiré de l’article scientifique « Pratiques agricoles des migrants burkinabè en Côte d’Ivoire et investissements socio-économiques liés à la culture du cacao », Publié dans Tropicultura, Volume 36 (2018), Numéro 2, 299-313 URL : https://popups.uliege.be/2295-8010/index.php?id=836. DOI: 10.25518/2295-8010.836

Ce document présente les activités agricoles des émigrés Burkinabè en Côte d’Ivoire et leurs investissements socio-économiques réalisés au Burkina Faso. Il vise à susciter des autorités publiques un regard particulier sur cette communauté qui est la plus importante diaspora du Burkina dont la contribution parait énorme aussi bien pour le pays de départ que pour le pays d’accueil au moment où l’Etat est en phase de se doter de dispositions légales pour encadrer le phénomène migratoire.

 

  1. Introduction

La population burkinabè est reconnue pour son ardeur dans le travail, et cela depuis la période coloniale. Ce critère a prévalu à sa sollicitation pendant cette période à travers des conventions de migration signées avec différents pays (Côte d’Ivoire en 1960, Gabon en 1973 et Mali en 1969) entre l’Etat de la Haute Volta et les pays de la sous-région (OIM, 2016). Ces facteurs historiques ont fortement contribué aux mouvements de la population burkinabè vers l’extérieur. A l’interne, les déplacements de populations s’inscrivent dans une politique d’occupation du territoire suscitée par les conditions climatiques favorables à la production agricole dans certaines parties du pays par rapport à d’autres.

De nos jours les motifs de déplacements des populations sont la quête d’emploi, la recherche de meilleures conditions de vie et de travail, l’ambition de faire fortune. Pour l’année 2024, l’OIM dénombrait 739 800 personnes en situation de migration de main d’œuvre pour le Burkina Faso. Les plus importantes communautés des émigrés burkinabè après la Côte d’Ivoire, résident au Ghana et au Mali. Dans les deux premiers pays, elles sont concentrées dans les activités agricoles. Une migration de main d’œuvre que l’OIM[1] définit comme le mouvement de personnes d’un pays d’origine à un autre pays dans le but d’y obtenir un emploi.

 

Cet article se focalise sur les émigrés burkinabè en Côte d’Ivoire pour comprendre leurs pratiques agricoles ainsi que les logiques d’investissements dans la région du Yaadga (Nord) et de Nando (Centre-ouest) au Burkina Faso.

Echec des initiatives et dispositions d’encadrement des migrants et développement des réseaux d’insertion des migrants

L’histoire du Burkina Faso est marquée de part sa constitution par de grands mouvements de ses populations depuis le Xème siècle qui se sont réunis sur cette terre autrefois la Haute-Volta pour devenir le Burkina Faso en 1984 (Dabiré, 2009). Pendant la période coloniale, ces populations ont servi de mains d’œuvre dans des travaux de chemin de fer, de constructions maritimes, agricoles, suscitant au niveau de l’Etat des prises d’orientations visant à organiser ces sorties de compatriotes du territoire. Toutefois, ces tentatives d’encadrement du phénomène n’ont pas abouti. Les migrants eux-mêmes ont développé des initiatives pour s’organiser et faciliter leur insertion.

L’adoption de la politique nationale de population en 1991 puis révisée en 2000 constitue un cadre de gestion de l’évolution de la population dans son ensemble. Cependant, il ressort de cette politique de la population que sa forte croissance, sa mobilité associées au manque de moyens adéquats pour un suivi permanent rendent difficiles l’encadrement de sa dynamique (PNP, 2000). Le Burkina compte un nombre important de sa population résidant dans les pays voisins. On dénombre sa plus importante diaspora en Côte d’Ivoire.

Ces dernières années, des tentatives, d’actions gouvernementales à l’endroit de Burkinabé vivant à l’extérieur ont abouti à la validation en juillet 2025 d’une stratégie nationale de la migration de main-d’œuvre (SNMMO) 2025-2029 assorti d’un Plan d’actions opérationnel (PAO).

  1. Méthodologie          

Cette étude a été réalisée dans le cadre d’un programme pluridisciplinaire (PreSeD/CI) de recherche dont l’objectif est de développer des connaissances sur les conséquences des crises politico-militaires des années 2000 en Côte d’Ivoire sur les dynamiques des paysages naturels et la disponibilité des terres pour l’agriculture de subsistance. Une méthodologie mixte (quantitative et qualitative) a été adoptée ciblant les émigrés exploitant des plantations cacaoyères de retour temporaire au Burkina et en Côte d’Ivoire. Les enquêtes se sont déroulées au Burkina Faso (régions du Yaadga et de Nando) et en Côte d’Ivoire (centre-ouest) dans la sous-préfecture de Dania. Au Burkina, les enquêtes ont mobilisé 120 émigrés œuvrant dans la production cacaoyère tandis qu’en Côte d’Ivoire une quinzaine d’entretiens avec les ménages burkinabè exploitant des plantations de cacao ont été réalisés.

Source : Hema et al.(2018)

Source : Gautier et al. (2019) https://www.erudit.org/fr/revues/cgq/2019-v63-n179-180-cgq06583/1084232ar/

  1. Résultats

Les migrants burkinabè en Côte d’Ivoire, une main d’œuvre à vocation agricole

D’une manière générale, la question de l’immigration représente un enjeu économique majeur pour les pays concernés mais au premier plan pour le pays d’accueil des migrants. Pour la Côte d’Ivoire, on retient que l’immigration a un impact économique positif, sur la population et semble ne pas entraîner d’effets négatifs pour la population autochtone sur le plan de l’emploi (OCDE/OIT,2018).

D’après les sources historiques, le développement du secteur agricole ivoirien après les indépendances attire une main d’œuvre considérable dans les zones rurales. Face à cette réalité se dessinait un défi démographique avec une répartition illégale de la population ivoirienne (Bekoin 2015). La Côte d’Ivoire offrait à ces migrants des conditions propices à leur savoir-faire. Une vocation qualifiée de naturelle pour la plupart de ces émigrés qui pratiquaient prioritairement les activités agricoles dans des zones de départ. Toutefois au fil des ans, ces pratiques ont contribué à exercer une pression sur l’espace agricole qui a parfois suscité des conflits fonciers. Une très forte concentration des migrants burkinabè est répertoriée dans la région du Haut Sassandra. De cette communauté plus de 80% s’adonnent à la culture de cacao. Ils mènent ainsi leur activité sur une superficie moyenne de 4,47 hectares. Leur motif d’émigrer en Côte d’Ivoire se résume à leur ambition de faire fortune, le manque d’emploi, et la pauvreté des sols pour leur activité agricole.  Des entretiens, il ressort ceci « L’avantage d’aller là-bas (Côte d’Ivoire) c’est pour travailler dans les champs de café et de cacao. Ce sont des cultures de rentes et nos terres du Burkina nous servent pour les cultures vivrières, un producteur de café et cacao disposant 20ha, rencontré à Ouahigouya.

Les mécanismes d’accès des Burkinabè à la terre

Les démarches entreprises pour avoir accès au capital foncier diffèrent d’un exploitant à un autre. Les mécanismes ont été primordialement traditionnels, relevant des autorités coutumières et des propriétaires terriens ivoiriens. Le tableau 1 présente quelques statistiques relatant les modes d’accès à une exploitation sur une population de 120 exploitants. Les enquêtes menées dans le Haut Sassandra donnent quelques chiffres que nous résumons dans le tableau 1.

Tableau n°1: Modes d’accès aux exploitations agricoles par les migrants burkinabés

Modes Exploitants burkinabè
Par achat 66%
Par location 16%
Travail partagé 14%
Autres modes d’accès 4%

Source : données d’enquêtes dans le Haut Sassandra

La location est un mécanisme saisonnier dont les terres en location sont vouées à la production vivrière. Ce sont les bas-fonds qui sont objet de location. Le mode d’exploitation par le travail partagé est utilisé par les migrants qui ne disposent pas suffisamment des ressources financières pour s’acquérir ou louer leurs propres exploitations. Ils optent pour ce mécanisme qui consiste dans un engagement ou arrangement généralement verbal, convenu avec un propriétaire terrien dans lequel le migrant burkinabè met en valeur l’espace mis à sa disposition en plantant les cacaoyers. Les dispositions de l’arrangement prévoient que la superficie une fois valorisée soit équitablement répartie entre le propriétaire et le ou les migrants exploitants.

Une autre stratégie exploitée par les migrants burkinabè pour disposer d’exploitations agricoles pour la production cacaoyère est d’exploiter les réseaux communautaires parfois bien restructurés pour leur insertion en Côte d’Ivoire. Un exploitant agricole expliquait que les démarches par les réseaux communautaires consistaient pour le nouveau venu dans la localité ou depuis le Burkina à adhérer une association de ressortissants burkinabè, à approcher le responsable de l’association communément appelé « Moog-Naaba ». Celui-ci entretient généralement de très bonne relation avec la communauté hôte pour faciliter les démarches d’accès à la ressource terre pour les activités agricoles. Ce processus peut aussi être engagé par le candidat à la migration depuis le pays d’origine. Ce qui est qualifié de réseaux réducteurs de coûts de la migration.

Dans le Haut Sassandra, plus de 30% des exploitants burkinabè occupent des superficies entre deux et quatre hectares, et 29% occupent des plantations de plus de six (06) hectares.

Logiques d’investissement des migrants burkinabè de Côte d’Ivoire au Burkina

Les migrants burkinabè d’une manière générale gardent le contact avec leurs proches restés au pays. Ils entretiennent cette relation à travers les échanges en natures et en numéraires. D’une manière générale, les soutiens des migrants à leur proche du pays de départs sont liés à l’altruisme du migrant, à des décisions familiales et même stratégiques.

Chez ces migrants burkinabè de Côte d’Ivoire, les transferts financiers vers leurs proches sont motivés par les soutiens ponctuels tels que les évènements heureux (naissances, mariages) ou malheureux (décès, catastrophes), les aides annuelles (fêtes ou cérémonies coutumières, rentrée scolaire), les aides mensuelles telles que subvenir aux besoins de parents âgés, etc. Ces échanges renforcent le pacte social et consolide la solidarité dans les familles de ces migrants. La production cacaoyère constitue une importante source de revenus pour les pays d’accueil et d’origine. Les émigrés burkinabè qui mènent ces activités dans le Haut Sassandra produisent par an en moyenne 1,9 tonnes et perçoivent en moyenne par production plus 1,6 millions par an.

Ces émigrés burkinabè planteurs de cacao investissent prioritairement dans l’immobilier qu’ils mettent en location dans la perspective d’un retour définitif. Certains développent des activités commerciales. Ces choix peuvent s’expliquer par l’analphabétisme ou de niveau d’instruction primaire, leur méconnaissance des opportunités d’investissement dans d’autres secteurs que l’immobilier.

  1. Conclusion

On retiendra que la population burkinabè pratique une migration de main d’œuvre depuis la période coloniale favorisée par les conventions signées avec d’autres pays dont les difficultés ont eu raison de leur non-poursuite. Ce qui a suscité chez les migrants une organisation en réseau facilitant leur insertion et le maintien de liens avec la mère patrie. Les migrés burkinabè contribuent au développement socioéconomique du pays à travers leurs apports en nature dont les vivres, les transferts de fonds pour soutenir leurs proches et investir dans leur pays d’origine. Malgré les difficultés autrefois rencontrées dans les tentatives d’encadrement de ce phénomène par des dispositions légales, la volonté réitérée de l’Etat burkinabè de mieux structurer et tirer davantage s’est matérialisée par l’adoption de politique telle que la Stratégie nationale de migration de main d’œuvre. Elle nécessite cependant une connaissance de l’organisation des compatriotes à l’étranger dont la forte cohorte réside en terre ivoirienne.

 

  1. Références bibliographiques

Bekoin T. R.(2015) La migration des Burkinabè en Côte d’Ivoire et la question foncière :Origine et enjeu d’un conflit de survie (1920-2002).Revue BAOBAB, 2ème semestre 229-246

Dabire B., Kone H. & Lougue S., 2009, RGPH analyse des résultats définitifs thème 8: migrations, Ouagadougou INSD, 150p

Dabire B. H. (2016) Migration au Burkina Faso. Profil migratoire 2016. OIM , Genève, 97p.

Koukougnon, W. G., Loba, A. D. F. V. & Guédé, C. M. (2019). Méthodologie pour la cartographie de la couverture en équipement de service d’eau potable dans l’espace rural : le cas du Haut-Sassandra (centre-ouest, Côte d’Ivoire). Cahiers de géographie du Québec, 63(179-180), 201–212. https://doi.org/10.7202/1084232ar

OIM Migration de la main d’œuvre. Division de la migration de main-d’œuvre et de la migration assistée. Sur https://publications.iom.int/system/files/pdf/labour_migration_infosheet_fr.pdf

OCDE/OIT (2018), Comment les immigrés contribuent à l’économie de la Côte d’Ivoire, Éditions OCDE, Paris. http://dx.doi.org/10.1787/9789264293304-fr

  1. Zongo (2003) La diaspora burkinabè en Côte d’Ivoire. Trajectoire historique, recomposition des dynamiques migratoires et rapport avec le pays d’origine. Politique africaine n° 90 – juin 2003, 113-126

 

 

[1] https://publications.iom.int/system/files/pdf/labour_migration_infosheet_fr.pdf

 

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En dépit des textes en vigueur, règlementant la circulation des véhicules poids lourd aux heures de pointe, il se trouve toujours des conducteurs qui continuent de rouler à des heures indues sans être inquiétés. C’est pourquoi, dans le cadre de la sensibilisation et pour le respect de la législation, une opération de contrôle a été organisée en vue de la préservation de la sécurité des citoyens et de la fluidité de la circulation à l’intérieur du périmètre communal. Et, au cours de l’opération, 60 véhicules ont été mis en fourrière. Compte tenu de l’importance de cette action, les opérations de contrôle devront être poursuivies si on veut réduire les désagréments que ces poids lourds causent aux populations.

Soumaïla BONKOUNGOU

Vol d’un nourrisson à Fada : la tante, le père et les autres complices présumés à la barre aujourd’hui

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Il y a deux semaines, Kantigui s’est fait l’écho de la disparition d’un nourrisson de deux mois qui a été par la suite retrouvé. Aux dernières nouvelles, Kantigui a appris que le procès dudit vol s’ouvre, ce mercredi 12 novembre 2025, au Tribunal de grande instance (TGI) de Fada N’Gourma. La tante présumée auteure du vol ainsi que ses complices présumés seront devant les juges pour répondre des faits qui leur sont reprochés. Mais l’affaire, déjà troublante à bien des égards, prend une tournure encore plus inattendue. Selon des informations parvenues à Kantigui, le père biologique du nourrisson aurait été cité à compa-raitre. Une révélation (…)

Retrouvez On murmure sur https://www.sidwaya.info/numerique/

Kantigui
(+226) 25 31 22 89