Face aux députés de l’Assemblée législative de Transition (ALT), mardi 11 Novembre 2025, le ministre chargé des Sports, Roland Somda, celui chargé de l’Administration territoriale, Emile Zerbo et celui chargé des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré ont répondu aux questions portant sur la réhabilitation du stade du 4-Août, la gestion des espaces verts et la contribution de la diaspora à l’économie nationale.
A la représentation nationale, ce 11 novembre 2025, trois questions orales étaient à l’ordre du jour. Elles ont porté sur les recommandations formulées par la Confédération africaine de football (CAF) à la suite de la décision d’homologation du stade du 4-Août, la situation et l’état des espaces verts et des réserves administratives et foncières dans les centres urbains, ainsi que les mesures préventives pour empêcher leur occupation illégale. La contribution de la diaspora à l’économie nationale et les mesures envisagées pour renforcer la structuration de cette diaspora étaient le dernier point inscrit. A ces préoccupations, les ministres concernés ont apporté des réponses.
Pour le ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Roland Somda, les 30 recommandations formulées par la Confédération africaine de football (CAF) et réparties en 7 sections, portent sur le renforcement de la sécurité (des dispositions à mettre en place lors des manifestations sportives), ainsi que sur la fluidité des services disponibles au stade du 4-Août. « A ce jour, ces recommandations ont été prises en compte, à l’exception de 2 que sont l’augmentation de l’intensité de l’éclairage de la pelouse à 2 000 lux, l’installation d’un dispositif de double contrôle de sécurité combinant à la fois la détection des métaux et l’inspection des sacs aux entrées (VIP et VVIP) afin de renforcer la sécurité et la fluidité d’accès. A cet effet, l’entreprise en charge des travaux a été instruit d’intégrer ces ajustements dans son budget et son plan de passation des marchés pour l’exercice 2026 », a-t-il ajouté.
A l’écouter, ces deux recommandations n’entachent en rien la décision d’homologation de la CAF. Le ministre chargé des Sports a expliqué que depuis la suspension du stade du 4-Août, entre 2020 et 2025, les Etalons A ont enregistré en moyenne 14 matchs par an. « Le coût moyen par match est estimé à 500 millions F CFA. Ce coût est réparti comme suit : le transport 15 %, l’hébergement et la restauration 20 %, les primes de match 50 % et les frais d’organisation 15 % », a-t-il souligné. Et de poursuivre que le coût annuel moyen s’élève à 7 milliards F CFA, soit un montant cumulé de 42 milliards de francs CFA pour la période considérée.
En complément, il faut noter que le Fonds national pour la promotion du sport et des loisirs (FNPSL) a également financé les déplacements à l’extérieur les Etalons U17 et U20, des clubs engagés dans les compétitions africaines (notamment le RCK et l’AS Douanes) et les Etalons féminins. « En somme, le coût total supporté par le budget de l’Etat et le FNPSL, au titre de la délocalisation des matchs, s’élève à 46 175 818 403 F CFA pour la période de 2020 à juin 2025 », a précisé le ministre. Il a rassuré que des dispositions sont mises en place pour la bonne gestion de l’infrastructure. « Nous déplorons les actes de vandalisme qu’a subi l’infrastructure tout récemment. Nous allons renforcer la sécurité préventive », a-t-il insisté.
60, 83% des réserves administratives occupées à Ouaga et Bobo
Selon le ministre d’Etat, chargé de l’Administration territoriale, Emile Zerbo, son ministère travaille à retirer les réserves administratives et les espaces verts occupés.
Le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Emile Zerbo, a répondu à la question sur l’état des espaces verts et des réserves administratives et foncières et les mesures préventives pour empêcher leur occupation illégale. Selon lui, le pays compte 7 076 réserves administratives dont 4 894 soit 69,16 % sont illégalement occupées. « Le recensement de 2024 de mon département démontre qu’il existe
600 réserves administratives à Ouagadougou (347) et à Bobo-Dioulasso (253). Sur les 600, 365 sont occupées illégalement soit un taux de 60,83 % », a-t-il indiqué S’agissant des espaces verts, les données disponibles concernent les communes de Ouagadougou (1 115) et de Bobo-Dioulasso (438) sur un total de 1 553 espaces verts recensés.
« 700 de ces espaces verts soit 45 % sont illégalement occupés dont 378 à Ouaga et 312 à Bobo. On y retrouve des mosquées, des églises, des écoles, des tombes, des commerces, des dépotoirs d’ordures, etc. », a-t-il expliqué. Emile Zerbo a reconnu que malgré les actions de déguerpissement, la situation persiste. « Pour des actions futures, une brigade verte sera mise en place par le ministère en charge de l’environnement dans les centres urbains de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. A cela s’ajoute, la future mise en place par arrêté dans toutes les communes, des comités de veille sur les réserves administratives. Une circulaire a déjà été initiée dans ce sens », a précisé le ministre d’Etat, Emile Zerbo.
La diaspora, un pilier important
En réponse à la dernière question orale portant sur la contribution de la diaspora à l’économie nationale, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean-Marie Traoré, a indiqué que selon l’annuaire statistique de 2024 du département, plus de 16 millions de burkinabè vivent à l’extérieur.
« On estime qu’ils transfèrent annuellement plus de 200 milliards F CFA à travers les canaux formels (banques et entités financières) d’après les données de la BCEAO. La Banque mondiale fait ressortir respecti-vement les chiffres de
348 058 662 000 F CFA, 319 409 440 000 F CFA et 352 935 240 000 F CFA, au titre des transferts de fonds de la diaspora burkinabè, au cours des années 2021, 2022 et 2023 »,
a-t-il détaillé.
Les Burkinabè vivant à l’extérieur constituent donc la 2e force de souscription à l’actionnariat populaire selon les données de APEC. En fin octobre 2025, il a reçu 593, 53
« On doit capter l’expertise des Burkinabè de l’extérieur pour se développer », a indiqué le ministre chargé des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré.
millions F CFA. Pour ce qui est du Fonds de soutien patriotique de 2023 à 2025, le cumul des contributions reçues de la diaspora s’élève à 1 123 241 165 F CFA. Pour l’année 2025, les contributions au ministère en charge des Burkinabè de l’extérieur se chiffrent à 165 240 007 F CFA. En sus, les contributions en nature pour 2025 sont estimées à 19 625 000 F CFA. « Sa contribution au Produit intérieur brut (PIB) atteint actuellement 3%. Notre objectif est d’atteindre les 4% », a précisé M. Traoré.
Pour garder ce climat de confiance et accroitre la contribution de la diaspora, le gouvernement va mettre en place le guichet unique pour la diaspora. « Il est chargé de coordonner toutes les actions. Cela va les inciter à venir. Déjà avec les Afrodescendants qui étaient là, nous leur avons proposé le titre de résidence permanente avant d’avoir la nationalité. Plus des 3/4 se sont fait enrôler pour obtenir la carte de résidence », a renchéri le ministre. Et de conclure que le but est de travailler à optimiser la participation de la diaspora au développement du Burkina Faso.
Il y a des événements sportifs qui sont vus comme un simple spectacle et d’autres plus qu’un engagement de promotion de la paix et de la cohésion sociale. Le Marathon Houet de Sidwaya appartient à la seconde catégorie. A 6 heures du matin, ce samedi 8 novembre 2025, quand la lumière perçait à peine les nuages, dans la cour de la Direction régionale de l’Ouest (DRO) des Editions Sidwaya, l’on ne voyait pas seulement des athlètes. Il était donné de voir une société, une population qui cherche à se brasser. Il est vrai que ce marathon était une course, c’était aussi et surtout un symbole.
A l’heure où la Nation burkinabè continue de se battre pour la sécurité, la paix, l’unité et la dignité, courir ensemble devient un catalyseur de cette cohésion, tout en traduisant le refus du repli et de la division. Le thème même de cette édition, « Le sport, facteur de paix et de cohésion sociale » en est l’illustration parfaite. Il était le cœur battant de l’événement. Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo en donnant le départ, ne s’est pas trompé dans son mot.
« Le sport montre ce que l’effort collectif peut accomplir quand le cœur et la tête y sont », a-t-il relevé. Et ce samedi, le cœur y était. Les cris d’encouragement et l’admiration des habitants de Sya tout au long du parcours en étaient la preuve. Sur le plan compétitif, les performances méritent d’être saluées. Daouda Konaté, vainqueur de l’élite régional sur les 10 kilomètres en 34mn 25s, a rappelé que la région du Guiriko possède un réservoir de talents qu’il ne faut ni ignorer, ni sous-estimer. Dans l’élite national, Romain T. Nikièma a inscrit son nom en lettres d’or de cette première édition du Marathon Houet de Sidwaya en franchissant les 21 kilomètres en 1h 11mn, en homme sûr de son travail et de son endurance.
Ces victoires, certes individuelles, nourrissent une fierté collective : celle de voir des jeunes qui n’attendent pas que l’on leur donne, mais qui démontrent par l’effort ce que l’on peut conquérir. Pour autant, la dimension la plus marquante n’a pas été l’arrivée des premiers, mais les arrivées des autres. Ceux qui venaient plus tard, essoufflés, parfois brisés, mais jamais vaincus. Ceux qui ont tenu la main d’un partenaire pour franchir la ligne ensemble, refusant le triomphe solitaire. Ceux qui ont couru non pas pour battre, mais pour appartenir sont ceux qui ont donné au marathon son véritable sens. Et, c’est là que le choix des Editions Sidwaya prend toute sa portée.
Le « Journal de tous les Burkinabè », fondé pour informer et fédérer, ne pouvait se limiter éternellement à la parole imprimée. En lançant ce marathon, Sidwaya sort de ses pages pour entrer dans la rue, dans les corps, dans le souffle partagé. Le projet n’est pas de divertir, mais de relier. Et, il faut le dire, cette stratégie est pertinente. La presse nationale ne doit pas seulement commenter la société ; elle doit y participer. Ce marathon rappelle enfin une vérité fondamentale : la cohésion n’est pas un slogan, c’est un travail. Courir ensemble, c’est accepter que l’autre soit là, avec sa fatigue, son rythme, ses forces, ses doutes. C’est accepter de ne pas gagner seul. Et c’est peut-être là que réside la leçon la plus forte : nous ne construirons pas ce pays en solitaire. Le Marathon Houet est né. Il a marché. Il a couru. Il a respiré. Et surtout, il a fait respirer ensemble. La deuxième édition n’est pas seulement souhaitable. Elle est nécessaire. Parce que courir aujourd’hui, au Burkina Faso, c’est continuer de croire en nos capacités de rester toujours debout.
Le directeur de cabinet du ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, Alassane Guiré, représentant le ministre, a officiellement lancé la campagne de commercialisation 2025-2026 de graines de sésame, samedi 8 novembre 2025, à Bobo-Dioulasso. Ce prix bord-champ est fixé à 535 F CFA.
Le sésame est un levier majeur de développement socioéconomique du Burkina Faso. A ce titre, la filière participe pleinement aux objectifs de souveraineté alimentaire et économique. Il est classé parmi les filières stratégiques en raison de son potentiel d’exportation, de sa contribution à la création d’emplois et de son rôle essentiel dans la lutte contre la pauvreté, particulièrement en milieu rural.
Les chiffres de 376 945 tonnes de la campagne 2024-2025, si on se fie aux données de l’Enquête permanente sur l’agriculture (EPA), témoignent de cette dynamique. Il s’agit d’une hausse significative de 52,51% par rapport à la campagne 2023/2024 et de 34,46% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Ce bond, aux dires du directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, Alassane Guré, est le résultat des efforts conjoints du gouvernement (appui technique, intrants de qualité, semences, engrais) et de la résilience des producteurs.
Cette performance a d’ailleurs valu au sésame de se positionner au 4e rang des produits agricoles d’exportation du Burkina Faso, après le coton, les noix brutes de cajou et les amandes de karité, générant près de 35 milliards F CFA, selon la balance de commercialisation 2023. C’est pour permettre à la filière sésame d’avoir de la valeur ajoutée, et de jouer son rôle dans l’économie nationale ainsi que dans l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire que le gouvernement a pris la mesure de fixer le prix bord-champ du kilogramme de graines de sésame à 535 F CFA pour la campagne 2025-2026.
Ce prix, a rappelé le directeur de cabinet, est un « instrument crucial » de protection pour les acteurs les plus vulnérables, en garantissant un seuil minimal de rémunération contre les pratiques spéculatives. « Le prix planché fixé sur la base des travaux du Comité technique ad hoc a un caractère obligatoire. Aucune transaction d’achat ou de vente ne doit
s’effectuer en dessous de 535 F CFA au cours de cette campagne. Des actions rigoureuses seront d’ailleurs menées sur toute l’étendue du territoire par les services compétents pour garantir son application effective », a clarifié Alassane Guiré.
Une bonne nouvelle
De quoi réjouir les acteurs de la filière qui accueillent cette nouvelle avec joie par la voix de la présidente de l’interprofession sésame du Burkina Faso, Tibila Salama Sawadogo. « Ce prix est un moyen d’empêcher les acheteurs de proposer des prix dérisoires de 100 ou 200 F CFA le kilo. C’est une bonne chose pour les trois maillons : la production, la commercialisation et la transformation », s’est réjouie la présidente de l’interprofession sésame du Burkina Faso. En dépit de toutes ces avancées, la filière sésame, selon Mme Sawadogo, fait face à des défis persistants.
Elle a mentionné l’amélioration de la productivité ainsi que du taux de transformation et l’organisation du marché local. Pour relever ces défis, le gouvernement a tracé une feuille de route. Ainsi, l’État, par le biais du Conseil burkinabè des filières agropastorales et halieutiques (CBF), a confié le DG du CBF, Ouehimie Clément Attiou, va renforcer les capacités techniques et matérielles des producteurs en 2026. Pour remédier à la question de la transformation locale qui représente actuellement moins de 1% de la production nationale, l’exécutif, à décider d’accompagner la création de nouvelles unités de transformation, la modernisation des existantes et l’accès aux financements.
« L’objectif est de s’appuyer sur la transformation locale pour générer davantage de richesses et d’emplois », a précisé Ouehimie Clément Attiou. Pour mieux organiser le marché, l’Etat, selon les confidences du DG du CBF, a engagé des réformes pour lutter contre la fraude à l’exportation. « Le cahier de charges pour l’exportation du sésame, récemment révisé, a été présenté comme un outil fondamental pour professionnaliser les acteurs et renforcer la compétitivité du sésame burkinabè à l’international », a indiqué Ouehimie Clément Attiou. En termes de retombées économiques, le directeur général a fait savoir que la cagnotte escomptée en termes de devises pour le pays, à la suite du commerce des graines de sésame au cours de cette campagne, est estimée à environ quarante milliards de francs CFA.
Les acteurs du monde économiques, à la fermeture de la 22e édition des échanges gouvernement/secteur privé, sont tous unanimes que cette Rencontre a permis de mettre le doigt sur plusieurs maux du secteurs économiques. Dans ce micro trottoir ils apprécient les conclusions des travaux et souhaitent que les recommandations soient mises en œuvre.
Alassane Sanfo, commerçant : « nos préoccupations ont été prises en compte ».
« Je pense que toutes les préoccupations qu’on a eu à poser l’année passée ont été prises en compte. On espère que celles qu’on a soumises cette année vont connaitre des solutions l’année prochaine. Nous remercions le Premier ministre de nous avoir invités à participer à cette Rencontre gouvernement /secteur privé ».
Boubacar Barro, président du patronat de la région du Guiriko :« c’est la première fois que la Rencontre se penche sur la question des infrastructures ».
« La Rencontre gouvernement/secteur-privé est une bonne initiative en ce sens qu’elle permet au climat des affaires d’aller dans le bon sens. C’est une occasion pour les acteurs économiques et le gouvernement ont de discuter des difficultés et de trouver des solutions. C’est la première fois que la Rencontre se penche sur la question des infrastructures. Le développement économique passe par les infrastructures d’abord. Les infrastructures routières, par exemple, sont très importantes pour le transport des marchandises. L’avenir de nos secteurs économiques est promettant. Si l’on regarde dans la sous-région, le monde des affaires burkinabè rayonne aujourd’hui. Si vous sortez à l’extérieur les gens nous envient grâce à ses rencontres. Cela a permis aux opérateurs économiques d’aller partout et œuvrer au nom du Burkina-Faso. Notre domaine d’activité est la construction de bâtiments et de routes et je pense que la Rencontre va nous apporter plus. Nous remercions les membres du gouvernement qui nous soutiennent depuis le début de cette Rencontre et pour tout ce qu’ils font pour le développement du Burkina-Faso.
Orokia Barro, actrice de la filière patate douce : « ils ont pris en compte le manioc et le gingembre ».
« Je vois qu’ils ont pris en compte le manioc et le gingembre parce qu’on a demandé qu’ils nous aident à les écouler. S’ils parlent de cela, c’est qu’ils les ont pris en compte. Ils disent qu’ils y aura des concertations par rapport à la mangue. Je pense qu’il faut autoriser les unités de transformation à avoir les gaz pour pouvoir produire. Si à cause du problème de gaz, on n’arrive pas à produire, les mangues vont encore pourrir comme l’année passée et on ne pourra pas développer la filière, et il n y’aura plus d’emploi ».
Issaka Bougoum, président de l’Association des exportateurs de mangues : « le problème de gaz empêche les transformateurs de mangues d’évoluer ».
« Cette Rencontre est un cadre qui nous permet de poser nos doléances et les difficultés que nous avons. Et je crois qu’on a eu des réponses ponctuelles quitte à ce qu’on continue la concertation pour avoir des réponses. Mais, c’est un cadre idéal pour que les acteurs puissent s’exprimer. Ce qui nous a marqué c’est que les acteurs de presque tous les secteurs d’activités ont été représentés à cette Rencontre. Il y’a toujours des problèmes et difficultés à tous les niveaux. Mais, il y a des promesses pour résoudre les différents problèmes. Dans notre secteur nous avons deux problèmes spéciaux, la mouche des fruits et le problème de gaz, qui empêche les transformateurs d’évoluer. Mais je pense qu’on a eu de bonne nouvelle car le ministre de l’Agriculture nous a dit qu’il y’a un financement de 10% par rapport au traitement à grande envergure de la mouche du fruit. Je pense que pour le gaz aussi il y’a des solutions en cours. Nous souhaitons que les promesses se concrétisent et nous sommes disponibles pour continuer les concertations afin que tout le monde puisse être satisfait ».
Hamidou Koussoubé, président du collectif des commerçants de Bobo-Dioulasso : « nous sommes satisfaits des conclusions ».
« Ce qu’on retient d’abord c’est la bonne marche des choses et c’est le thème même sur les infrastructures qui nous a impacté. Il y a 22 ans de cela que nous n’avons pas eu ce genre de thème. Le thème a été le bienvenu. Maintenant on demande à tout un chacun de se donner la main pour qu’on puisse développer notre cher pays, le Burkina-Faso. Nous sommes très satisfaits des conclusions ».
La 22e Rencontre gouvernement/secteur privé, tenue sur le thème « Développement des infrastructures : enjeux, défis et engagements patriotique pour une économie durable », a refermé ses portes, mardi 11 novembre 2025, à Bobo-Dioulasso. Elle a adopté plusieurs recommandations et résolutions dont la mise en œuvre va permettre de bâtir une économie endogène, résiliente et souveraine.
La 22e édition de la Rencontre gouvernement / secteur privé (RGSP), tenue du 10 au 11 novembre 2025 à Bobo-Dioulasso, a permis aux deux parties d’échanger sur les préoccupations du monde économique. Ils ont pris des recommandations afin de rendre l’économie burkinabé plus dynamique. Les préoccupations soulevées par les acteurs économiques sont entre autres, la faible disponibilité et le coût élevé de l’électricité et de l’eau, l’absence des zones industrielles dans de nombreuses régions et l’aménagement insuffisant de celles existantes ou le paiement tardif des frais de scolarité des élèves affectés aux établissements privés conventionnés.
A ces différentes préoccupations, les membres du gouvernement présents ont apporté chacun selon son domaine de compétence, des réponses appropriées. Le gouvernement et le secteur privé ont alors adopté une quinzaine de recommandations. (Voir encadré). Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a appelé le secrétariat de la RGSP à traduire les principales recommandations en plan d’actions concrètes et à assurer un suivi rigoureux et efficace de leur mise en œuvre. Ce suivi, a-t-il insisté, va devoir être orienté vers des résultats tangibles, mesurables et alignés sur l’objectif commun, à savoir bâtir une économie endogène, résiliente et souveraine.
Il a invité chacun à redoubler d’engagement en faveur du développement endogène et durable du Burkina Faso. « Le patriotisme économique doit devenir le moteur de notre redressement. Investir chez nous, produire burkinabè, consommer burkinabè, c’est affirmer notre dignité collective et renforcer notre souveraineté. Nous sommes convaincus qu’avec un engagement patriotique franc et sincère à tous les niveaux, notre économie ne peut que prospérer au profit de notre peuple », a indiqué le Premier ministre. Pour ce faire, a poursuivi le chef du gouvernement, les acteurs doivent travailler main dans la main à la réalisation d’infrastructures solides et souveraines dans tous les secteurs, de trouver et de mettre en œuvre, avec l’implication de tous, des solutions adaptées aux besoins et aux attentes de l’ensemble des acteurs économiques.
Il a donné rendez-vous aux acteurs économiques pour la 23e édition pour faire le bilan des avancées réalisées dans la mise en œuvre des recommandations issues de cette rencontre et mesurer les progrès accomplis dans la construction d’infrastructures modernes, adaptées et porteuses d’espoir pour les populations. D’or et déjà, le président de la délégation consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso, Roland Achille Sow, a rassuré le Premier ministre de l’engagement du secteur privé à faire sienne la vision du gouvernement et à investir les secteurs stratégiques de l’économie nationale afin de faire de la souveraineté économique une réalité au Burkina Faso.
Il a souhaité une attention particulière du gouvernement sur les préoccupations soulevées par les représentants du secteur privé au cours des différents débats. Le président de la délégation consulaire a loué le thème de cette rencontre qui, à l’entendre s’inscrit dans le sillage de la Révolution progressiste populaire, impulsée par le Président du Faso, le capitane Ibrahim Traoré. Le chef de l’Etat appelle les citoyens de notre pays à un sursaut patriotique pour bâtir les fondements de la souveraineté de la nation.
Adaman DRABO Patricia COULIBALY
(Stagiaire)
Les recommandations de la 22e RGSP
1-Encourager la promotion « made in Burkina » dans les constructions hôtelières et dans le choix des équipements ;
2. Mettre en place un fonds de garantie pour le financement du secteur privé ;
3. Renforcer la lutte contre la fraude ;
4. Poursuivre les actions de sécurisation de l’approvisionnement des industries nationales en matières premières locales ;
5. Revoir à la baisse les tarifs des prestations de l’Agence nationale des évaluations environnementales ;
6. Mettre en place un guichet unique numérique dédié au partenariat public-privé ;
7. Accompagner les industries du secteur des sachets plastiques dans la réorientation de leurs activités ;
8. Autoriser de façon exceptionnelle l’exportation des stocks de sachets plastiques ;
9. Publier les plans d’aménagement des infrastructures publiques afin qu’ils soient connus de tous les acteurs ;
10. Prendre en compte les produits agricoles tels que la patate douce à chair orange, le manioc, le gingembre, la pomme de terre dans la politique de mise à disposition des intrants agricoles subventionnés par l’Etat ;
11. Opérationnaliser les services fonciers dans toutes les communes rurales ;
12. Réduire le coût des analyses de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’environnement, de l’alimentation, du travail et des produits de santé pour les produits locaux afin de promouvoir le made in Burkina ;
13. Diligenter le paiement de certains marchés publics exécutés par les clients des IMF;
14. Mener des actions concertées de lutte contre les mouches de la mangue ;
15. Autoriser les entreprises de séchage de la mangue à utiliser le gaz butane subventionné par l’Etat.
Les soutenances de fin de cycle de la 31e promotion des élèves inspecteurs des douanes ont débuté, vendredi 07 novembre 2025, à Ouagadougou.
Moussa Traoré a ouvert le bal des soutenances de la 31e promotion des élèves inspecteurs des douanes, le vendredi 7 novembre 2025, à l’Institut des finances publiques du Burkina. Son mémoire a porté sur le thème : « la pratique de la planification financière dans l’administration des douanes du Burkina Faso ». Selon l’impétrant, ce thème met en
exergue la définition des objectifs à atteindre, des moyens nécessaires dans une période donnée. « En termes d’administration, aujourd’hui sans planification on ne peut que naviguer à vue », a-t-il indiqué. Son travail a été sanctionné par la note de 16,5 /20, avec une mention très bien.
Le directeur général de l’Institut des finances publiques du Burkina, Barthélemy Dabré, a souligné que les soutenances constituent un moment d’accomplissement et de fierté, parce qu’elles mettent en lumière ces jeunes femmes et hommes appelés à servir avec loyauté et compétence. « Elles marquent également la fin d’un cycle exigeant, riche en apprentissages, en expériences », a-t-il indiqué. Pour lui, cette cérémonie revêt également une dimension symbolique particulière parce qu’elle se déroule au sein du nouvel Institut des Finances publiques du Burkina (IFPB) qui incarne la synergie et la complémentarité entre les différentes écoles de formation du secteur financier public « C’est dans cet esprit d’unité et de renouveau que nous accueillons cette 31e promotion symbole d’une génération appelée à conjuguer savoir, intégrité et engagement », a-t-il ajouté.
Le secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances, Vieux Abdoul Rachid Soulama, a relevé aussi la portée symbolique des soutenances. Selon lui, elles marquent à la fois l’aboutissement d’un parcours académique et l’ouverture d’une nouvelle étape dans l’histoire de la formation douanière au Burkina Faso.
La Coordination nationale de lutte contre la fraude a organisé une conférence de presse, mardi 11 novembre 2025, à Ouagadougou, pour présenter un important lot de produits prohibés saisis.
Le 10 novembre 2025, sur la base d’une dénonciation anonyme, une équipe de la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF) a saisi une importante quantité de produits frauduleux. 185 cartons d’amphétamines, 600 cartons de boissons énergisantes alcoolisées (Vody) et 8 sacs de cyanure constituent la teneur de cette saisine. Ces produits impropres à la consommation d’une valeur estimée à 180 millions F CFA ont été présentés à la presse, mardi 11 novembre 2025, à Ouagadougou.
A entendre le coordonnateur national de lutte contre la fraude, Mohamadi Compaoré, c’est au quartier Hamdalaye de Ouagadougou que des individus véreux ont stocké dans un immeuble à usage d’habitation, cette grande quantité d’amphétamines au mépris des textes qui gouvernent le secteur pharmaceutique au Burkina Faso. Il a, en outre, signifié que les sacs de cyanure saisis antérieurement seraient destinés à l’exploitation illégale des minerais. « Le cyanure sous certaines conditions et les amphétamines ne sont pas des marchandises. Ce sont des armes silencieuses de destruction massive contre la société. Au-delà de l’évitement fiscal que cette fraude induit, il y a aussi des conséquences néfastes sur la santé des populations », a-t-il prévenu.
Selon M. Compaoré, le lieu de stockage d’un produit, à savoir l’immeuble, prouve que les fraudeurs, pour échapper à la répression, usent de tous les moyens. Il a également mentionné que chaque fraudeur pris en flagrant délit doit savoir qu’aucune cachette n’est assez sûre pour échapper à la loi. « Derrière chaque produit frauduleux, il y a un risque mortel ; et derrière chaque saisie, il y a une vie potentiellement sauvée », a soutenu M. Compaoré.
A son avis, ces fraudeurs ont franchi la ligne rouge, en dissimulant du poison dans les quartiers. « Nous les traquerons sans relâche », a-t-il promis.
Il a, par ailleurs, assuré que la CNLF arrive toujours à dénicher la contrebanque, grâce à l’efficacité du renseignement, au professionnalisme des hommes et à la bonne collaboration de la population. C’est pourquoi, il a saisi l’opportunité pour féliciter toutes les équipes et les inviter à maintenir cette vigilance pour la sécurité du Burkina. M. Compaoré a lancé un appel vibrant à dénoncer la fraude sous toutes ses formes. « La fraude se nourrit de la cupidité des fraudeurs, mais aussi de la complicité de certains individus », a-t-il dit, concluant que les investigations se poursuivent dans le but d’identifier les véritables auteurs de ces actes criminels et leurs complices afin qu’ils subissent toute la rigueur de la loi.
Le Fonds de développement culturel et touristique (FDCT) a officiellement proclamé les résultats de son appel à projets dans le cadre du Programme d’appui au développement des initiatives culturelles (PADIC), mardi 11 novembre 2025, à Ouagadougou.
58 projets culturels et touristiques pourront bénéficier du financement du Fonds de développement culturel et touristique (FDCT). En effet, le Fonds a proclamé, mardi 11 novembre 2025, à Ouagadougou, les résultats de son appel à projets dans le cadre du Programme d’appui au développement des initiatives culturelles (PADIC). La directrice générale du FDCT, Fiohan Caryne Traoré, a indiqué que les 58 projets retenus dans la composante subvention bénéficieront de financements d’un montant global de 427 millions F CFA. Après avoir salué la qualité des dossiers soumis, Mme Traoré a précisé que cette étape marque le début de la mise en œuvre effective des projets.
Elle a notamment annoncé la prochaine phase de formation, visant à sensibiliser les bénéficiaires aux exigences contractuelles et les règles de gestion comptable et financière. Le PADIC, fruit de la collaboration entre le Burkina Faso et la Coopération Suisse, a permis de soutenir des initiatives dans des secteurs clés tels que la culture et le tourisme. L’objectif de cet appel à projets, selon la DG du FDCT est de renforcer la production et la promotion des valeurs culturelles, tout en créant des opportunités écono-miques pour les jeunes et les femmes.
Le Secrétaire général du ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Bètamou Fidèle Aymar Tamini, a aussi souligné l’importance de cet appel à projets, affirmant que ce financement fait partie d’une démarche plus large visant à renforcer la contribution du secteur culturel et touristique à la
relance économique du Burkina. Il a rappelé que ce programme va jouer un rôle clé dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale, en appuyant des projets qui soutiennent des valeurs de solidarité et d’inclusion.
Une démarche participative
L’appel à projets s’est distingué par sa démarche participative, impliquant les structures de concertation à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso et prenant en compte les attentes des acteurs culturels et touristiques, a relevé les responsables du Fonds. Le président de l’Association Carrefour intelligence pour le développement (CAID), Désiré Bationo, a présenté son projet retenu. Selon lui, ce projet, qui s’inscrit dans le cadre du Festival ethnographique du Liolo, vise à recueillir les contes anciens en voie de disparition, les transcrire et les éditer pour les rendre accessibles à un large public, notamment les jeunes générations.
Avec un montant total prévisionnel de 1, 27 milliards F CFA, dont 600 millions pour le volet crédit et 427 millions pour le volet subvention, le PADIC vise à impulser un renouveau dans le secteur culturel burkinabè. Le processus de sélection des dossiers de crédit se poursuivra, avec un comité de prêts prévu pour la fin novembre 2025, ont annoncé les organisateurs.
Le représentant du ministre d’Etat chargé de l’Agriculture, Boukary Savadogo, a ouvert la 32e réunion du Comité régional de programmation et de suivi (CRPS) du CILSS, mardi 11 novembre 2025, à Ouagadougou.
Des acteurs du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) sont en conclave à Ouagadougou, à l’occasion de la 32e réunion du Comité régional de programmation et de suivi (CRPS) du CILSS. Il s’agit de représentants des Etats membres, des institutions spécialisées du CILSS et des Partenaires techniques et financiers (PTF) qui vont passer en revue les acquis engrangés, du 11 au 13 novembre 2025, dans la capitale. La session se tient sous l’égide du secrétariat exécutif du CILSS et va se pencher sur des programmes, des projets et des activités en cours, ainsi que les nouvelles orientations, selon les organisateurs.
Le secrétaire exécutif du CILSS, Dr Abdoulaye Mohamadou, a, d’emblée, salué la détermination et la rigueur du ministre d’Etat chargé de l’Agriculture, le commandant Ismaël Sombié, dans la conduite des initiatives en faveur de l’atteinte de la souveraineté alimentaire au Burkina Faso. Il a indiqué que la réunion du CRPS, étape clé du dispositif de gouvernance du CILSS, va permettre de préparer la session ordinaire du Conseil des ministres du CILSS prévue, mardi 25 novembre 2025, à N’Djamena au Tchad. Au cours de l’année 2024-2025, a ajouté Dr Abdoulaye Mohamadou, le CILSS a animé la table ronde des bailleurs de fonds arabes, à Vienne sur le financement du Plan stratégique du CILSS 2050.
« Le forum de Dakar sur l’irrigation, tenu en avril 2025, a permis la validation de la nouvelle stratégie Sahel pour l’irrigation et l’adoption d’une nouvelle déclaration Dakar +10 sur l’irrigation. Quant au forum de Nouakchott organisé en novembre 2024 sur l’élevage et le pastora-lisme, il a permis l’adoption d’une nouvelle déclaration Nouakchott +10 sur l’élevage et le pastoralisme », a-t-il rappelé. Le secrétaire exécutif du CILSS s’est aussi réjoui de l’élaboration du nouveau modèle économique du CILSS, du repositionnement de l’Institut du Sahel (INSAH), pôle de recherches pour le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, de l’inauguration du Centre « AGRHYMET CCR-AOS) », de la fonction d’audit ancrée dans la culture professionnelle du CILSS, de la participation des Comités nationaux du CILSS aux initiatives du CILSS, etc.
La résilience
Il a assuré que malgré le départ de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), partenaire « important » et chef de file des PTF du CILSS, l’institution a su faire preuve de résilience. Dr Abdoulaye Mohamadou a précisé qu’en conséquence, au cours de 2025, de nouvelles conventions ont été signées avec l’Union européenne (UE), entre autres. Il a révélé que des discussions sont en vue avec la Banque mondiale (BM) et des échanges se poursuivent avec le groupe de la coopération arabe.
« Malgré ces réussites, des défis persistent.
La culture professionnelle de notre organisation doit prendre en compte les enjeux liés aux transformations du monde. Elle doit intégrer les innovations technologiques, notamment les outils de l’Intelligence artificielle et anticiper les effets des mutations démographiques, migratoires et économiques », a-t-il prévenu. Le secrétaire exécutif du CILSS a invité les participants à œuvrer pour un CILSS plus moderne, efficace et influent, tout en reconnaissant le leadership du Président du Tchad, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Président en exercice du CILSS.
Quant au représentant du ministre d’Etat chargé de l’Agriculture, Boukary Savadogo, il a laissé entendre que la variabilité climatique accrue, la pression foncière, la dégradation des terres et l’insécurité n’ont jamais entravé les efforts du Burkina Faso et des autres pays membres du CILSS pour une souveraineté alimentaire durable. Il en veut pour preuve, l’Offensive agro-sylvo-pastorale et halieutique lancée au Burkina Faso, en 2024 qui est une réponse « audacieuse » et structurée à la dépendance alimentaire et à la vulnérabilité des systèmes de production.
Pour Boukary Savadogo, la rencontre offre une plateforme privilégiée pour évaluer les réalisations de l’année écoulée et planifier les actions de 2026. Il a réaffirmé l’engagement du Burkina Faso à accompagner le CILSS dans la mise en œuvre de ses orientations stratégiques et de ses programmes dans le cadre de son Plan stratégique à l’horizon 2030. M. Savadogo, par ailleurs, conseiller technique du ministre d’Etat chargé de l’Agriculture, a félicité le secrétariat exécutif du CILSS et les partenaires qui soutiennent l’Institution.
Faute de citoyens formés aux gestes de premiers secours sur nos routes, des victimes d’accidents de la circulation, gravement blessées, souffrent en silence avant l’intervention des sapeurs-pompiers. Pire, sur les lieux de l’accident, certains s’empressent d’immortaliser le drame par des photos ou autres actes inciviques. Zoom sur cette réalité préoccupante qui perdure dans les villes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso.
Agée de 59 ans, Aminata Nacanabo, résidant au quartier Rimkieta de Ouagadougou vient de « finir » ses courses sur un pont à quelques mètres du château d’eau de l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) de Balkuy. Alors qu’elle se rendait à Koubri, une commune rurale, pour des raisons familiales, elle a heurté violemment les barrières latérales du pont visiblement colées à la piste cyclable. Tombée seule, sans casque, son accident brutal bloque la circulation sur la piste cyclable. Au sol, elle perd connaissance sur le coup. La tête reste intacte. La moto, à côté d’elle commence à s’éteindre peu à peu. Sur son pied droit, le constat est alarmant. Une fracture ouverte laisse jaillir du sang sur le bitume. A vu d’œil, le tissu de son pagne s’imbibe au fur et à mesure. Les passants commencent à s’attrouper.
En l’absence de cônes de signalisation, certains vont devoir trouver des solutions pour stopper la circulation. Ils arrachent des feuilles d’arbustes fraîches situés à proximité du pont et improvisent un balisage. Malgré la gravité de l’état de dame Nacanabo, aucun des témoins ne sait comment stopper l’hémorragie ou l’immobiliser pour éviter qu’elle ne bouge la nuque. Ils se contentent plutôt de filmer et commentent la scène, certainement pour la « balancer » sur les réseaux sociaux. Au milieu d’eux, Boubacar Sawadogo, celui-là même, qui a eu le reflexe d’appeler les sapeurs-pompiers. « Je les ai appelés et leur ai expliqué avec précision la nature de l’accident et le lieu précis.
Ils m’ont assuré qu’ils arrivent mais m’ont demandé de rester toujours sur les lieux pour de plus amples informations », argue-t-il. Ici, la circulation reste toujours bloquée. Une dizaine de minutes plus tard, la sirène des sapeurs-pompiers de la 1re compagnie d’incendie et de secours basée à Ouaga 2000 résonne de loin. Avec la circulation dense sur certaines artères pour rejoindre le lieu de l’accident, le conducteur s’est vu obligé d’utiliser d’autres itinéraires pour gagner en temps, tout en assurant la sécurité des autres usagers. Enfin, le véhicule est sur le lieu du drame. L’équipe descend rapidement. Le chef d’agrès, le caporal Ghislain Zan, évalue la situation en un coup d’œil et donne les premières directives à ses hommes au nombre de trois. Les rôles sont immédiatement attribués.
Sans aucune notion pour apporter les premiers secours aux victimes, des usagers se contentent de filmer la scène de Salimata Zina et de Ismaël Compaoré.
L’un d’entre eux, se charge de la sécurité du lieu de l’accident avec des cônes de signalisation, en plus des feuilles déjà déposées par les populations. Les deux autres se précipitent auprès de la victime pour les premiers soins. La rapidité et la précision des gestes de secours sont les maîtres-mots pour minimiser les conséquences de l’accident et sauver la vie de l’accidentée. Munis des gants, ils parlent calmement à Aminata Nacanabo pour surveiller les signes vitaux. « Après vérification, nous nous sommes rendu compte qu’elle respire. Nous avons par la suite palpé le corps pour détecter d’éventuels cas de fractures en dehors de la fracture ouverte à la cheville. Etant donné qu’elle était couchée en mauvaise position, il a fallu la mettre en position latérale de sécurité. Ce sont des gestes à connaitre afin d’engager les moyens nécessaires pour la sauver immédiatement », explique le caporal Zan. A trois, dans un geste coordonné, les secouristes soulèvent délicatement Aminata Nacanabo et l’acheminent vers l’ambulance, stationnée au bord de la route avec les feux toujours clignotants.
« Que devons-nous faire ? »
Malgré sa crispation du fait de la douleur, la blessée présente un visage apaisé, grâce à la prise en charge professionnelle. Le témoin des faits, Boubacar Sawadogo, revient sur l’ignorance des gestes qui sauvent. « N’eût été l’intervention rapide des sapeurs-pompiers, la victime pouvait aisément passer de vie à trépas. Il est vrai que la non-assistance à personne en danger est punie par la loi, mais que devons-nous faire si nous n’avons pas les réflexes qu’il faut, en attendant l’intervention des secouristes ? », s’interroge-t-il.
Loin d’être un cas isolé, cette méconnaissance des gestes de premiers secours est malheureusement une réalité prégnante que les sapeurs-pompiers vivent au quotidien sur le terrain, déplore le commandant du premier groupement d’incendie et de secours, le lieutenant-colonel Sidnoma Francis Abdoul Rachid Ouédraogo. Dans la majorité des cas, regrette-t-il, aucun acte n’est posé avant l’arrivée des professionnels de secours.
C’est le cas, cet après-midi du lundi 28 juillet 2025 sur l’avenue Saponé dans le quartier Patte d’Oie de la ville de Ouagadougou, à la suite de l’accident de
Mohamed Doumbia, élève en classe de 3e à moto et Irène Tieno en véhicule.
Après leur accident, les engins de Salimata Zina et de Ismaël Compaoré ont été gravement endommagés.
Les autres usagers de la route retiennent leur souffle. Au constat, la main droite de l’élève, ayant violemment heurté le pare-chocs du véhicule, a commencé à saigner abondamment. Il réussit à se relever et se traîne lentement puis s’assoit sur une brique au pied d’un immeuble en construction à quelques mètres du lieu de l’accident. L’hémorragie est inquiétante. Autour de lui, les passants se rassemblent mais ne savent pas comment stopper le saignement car ne possédant pas les bases des premiers secours.
Quelques minutes après l’alerte de la dame Tieno, les sapeurs-pompiers arrivent sur les lieux. A peine descendus, ils constatent l’état de Mohamed Doumbia. Sans perdre de temps, ils appliquent une compresse stérile directement sur la plaie pour mettre fin au saignement. « Dieu merci que l’écoulement du sang ait été stoppé. Aucun d’entre nous n’avait une solution pour sauver la vie de mon fils. Facilement, il pouvait s’évanouir », fait savoir le géniteur de la victime, Ibrahim Doumbia, arrivé aussi sur les lieux.
Une formation s’impose
Encore sous le choc de ce qui est arrivé à son fils, il invite les populations à se former aux gestes de secours. La connaissance des gestes de premiers secours devrait être encouragée pour transformer la bonne volonté en action efficace, soutient le lieutenant-colonel Ouédraogo. « Une formation en premiers secours civiques s’impose. Elle contient les savoirs et les savoir-faire élémentaires et nécessaires pour venir en aide à une personne en détresse notamment en cas d’accident, de blessures ou d’autres incidents que nous rencontrons dans la vie de chaque jour.
Il est alors plus facile pour les personnes ayant eu au moins ce type de formation de porter secours de façon efficace aux autres lorsque le besoin se fait sentir », souligne-t-il. Le commandant poursuit que le premier témoin doit prendre toutes les dispositions pour se protéger, protéger la victime et sécuriser le lieu de l’accident afin d’empêcher toute infiltration extérieure susceptible d’aggraver l’état de la victime.
Le lieutenant-colonel Sidnoma Francis Abdoul Rachid Ouédraogo, commandant du premier groupement d’incendie et de secours : « une intervention inappropriée, bien que faite avec de bonnes intentions, peut aggraver l’état de la victime ».
Après la Patte d’Oie, au quartier Goudrin dans l’arrondissement 10 de la capitale, aux environs de 17heures en cette soirée du lundi 28 juillet 2025, à quelques mètres du grand rond-point situé à proximité du château d’eau, un vacarme vient d’attirer l’attention des usagers et des commerçants installés aux abords de la grande voie. Ismaël Compaoré et Salimata Zina, sans casque, ont eu une collision. La scène est choquante. Enseignante venue de Banfora pour passer ses vacances dans la capitale, dame Zina ne parvient plus à se relever. La main agrippant sa hanche, elle se tord de douleurs. A quelques mètres d’elle, Ismaël, élève, saigne au front. Il a les orteils écorchés et ensanglantés.
Au regard de ces faits choquants, les passants s’organisent en plaçant des pneus usés sur le sens de la voie où sont couchées les victimes. Une foule compacte se forme. Les témoins par curiosité continuent d’affluer. En se pressant autour des victimes, ils bloquent l’air, voire étouffent les accidentés déjà en détresse. Plus grave encore, des personnes sans formation en secourisme essaient de redresser la tête du jeune Ismaël, ignorant qu’un tel geste peut aggraver une lésion cervicale. Le hic, l’attroupement empêche le caporal Boureima Ouédraogo et ses hommes de la 17e compagnie d’incendie et de secours, arrivés sur les lieux, d’intervenir efficacement. Ils mènent un double combat : sauver les blessés et repousser la foule de badauds curieux. Visiblement agacé par l’agitation autour des victimes, le caporal Ouédraogo demande de leur faire de l’espace afin de pouvoir travailler sereinement.
Avoir le sens des bons reflexes
Face à ce type de situation, les bons réflexes peuvent sauver des vies. Hervé Ouattara, chirurgien orthopédiste et traumatologue au Centre hospitalier universitaire (CHU) Souro-Sanou conseille d’éviter l’effet de foule et de ne pas déplacer inutilement les victimes. Il préconise aussi de maintenir un espace de ventilation pour éviter que la bonne volonté ne se transforme en facteur de risques supplémentaires ou d’aggravation de la situation des victimes. « Il faut vous écarter puis laisser un peu d’espace. Il se pourrait même qu’un membre de la famille de la victime soit de passage mais l’attroupement fait qu’il ne saura pas qu’il s’agit d’un de ses proches. Si les victimes sont étouffées, quels résultats voulez-vous atteindre ?», lance-t-il, l’air remonté.
Mohamed Doumbia se tord de douleurs alors qu’une compresse est en train d’être appliquée pour nettoyer et désinfecter la plaie.
Pendant que les deux accidentés souffraient sur la route, un véhicule d’auto-école, de passage à ce moment-là, klaxonne pour se frayer un chemin. Dans le véhicule bien identifiable par l’inscription « Attention, véhicule auto-école », ces apprentis en conduite et leur formateur n’ont manifesté aucune volonté d’intervenir. Ce comportement soulève une interrogation essentielle. Les auto-écoles intègrent-elles des notions de civisme et de premiers secours dans leurs programmes ?
Pour le traumatologue Hervé Ouattara, si apprendre à conduire est indispensable, il est aussi bon de se faire former en secourisme. « Un conducteur averti doit savoir comment réagir en cas d’accident. Il doit savoir alerter les secours, sécuriser la zone, éviter des gestes qui pourraient aggraver l’état des victimes. Mais dans nos écoles de conduite, le constat est désolant. Nombreuses sont celles qui n’initient pas leurs apprenants aux gestes de secours », déplore-t-il.
Appeler et demander les conduites à tenir aux pompiers
A l’image de Ouagadougou, dans la ville de Bobo-Dioulasso, la méconnaissance des signes d’alerte et de sécurisation des lieux d’accident est une réalité. En face de l’église Temple Bethel au secteur 21, sous une pluie battante en ce mois de juillet 2025, Aubin Bako et Alimatou Ouattara, tous deux des employés de commerce, se sont violemment heurtés. Des informations recueillies sur place avec un témoin, Mme Ouattara roulait à moto sans casque, avec son enfant au dos, lorsqu’elle a été percutée à l’arrière par le jeune commerçant Bako, lui aussi sans casque sur une moto.
Le choc les a projetés elle et son fils, Amid Rabo, au sol. Dans une position assise, elle saigne du bras et des orteils. Le bambin a lui aussi le visage ensanglanté. Lorsque nous sommes arrivés sur les lieux, aucun balisage n’avait été fait. Le danger est alors double. La
Une équipe de l’ONASER sensibilisant les usagers de la route à Ouagadougou au port du casque.
pluie continue de tomber et la voie reste ouverte à la circulation. « J’étais de passage et l’attroupement des autres usagers m’a interpellé. Je me suis arrêté pour être un témoin oculaire de ce qui se passe. Ce qui m’a poussé à appeler les sapeurs-pompiers. Mais, aucun d’entre nous n’a songé au balisage », explique Sayouba Cissé, un usager. Avec leur arrivée, les sapeurs-pompiers ont désormais sécurisé la zone.
Alimatou Ouattara et son fils sont rapidement pris en charge et transférés au CHU Souro-Sanou pour des soins appropriés pendant que Aubin Bako ne présente aucune blessure.
Cette scène, explique Blaise Waongo, commandant de l’Ecole nationale de sapeurs-pompiers à Bobo-Dioulasso, met encore en lumière le manque de préparation de nombreux citoyens face aux accidents de la route. Par ignorance des réflexes de premiers secours, dit-il, chaque minute perdue pourrait coûter la vie aux victimes. « En cas d’accident, très rapidement les témoins doivent alerter les secours, sans rompre le contact visuel avec les blessés et demander la conduite à tenir. En fonction de la gravité de l’état de l’accidenté, les pompiers, avant même d’arriver sur le lieu, peuvent donner des directives, des conseils pour maintenir une victime en bon état », recommande-t-il.
Des soins de base à connaitre
Pourtant en général, les citoyens connaissent peu les règles de sécurité et les systèmes d’alerte, ce qui rend le travail des pompiers plus compliqué. C’est justement ce qui s’est produit dans la zone industrielle de Bobo-Dioulasso jouxtant la Société d’industrie alimentaire « SIA SARL », sur la voie non bitumée, où camions, motos et charrettes se croisent pêle-mêle. Ibrahim Sawadogo, un employé de commerce transportant son cousin, Kassoum Ouédraogo, élève en classe de 5e, tous les deux sans casque, a percuté violemment l’arrière d’une remorque, en manœuvre.
La moto, projetée au sol, laisse les deux frères en détresse. Ibrahim Sawadogo s’en sort avec des égratignures. Mais, Kassoum Ouédraogo, touché au tibia se tord de douleur et saigne abondamment. Des témoins, bien intentionnés, essaient maladroitement de stopper l’hémorragie. Le problème, les multiples appels sans précision exacte ont conduit les sapeurs-pompiers dans l’enceinte du chantier de l’entreprise « Agroserv industrie » sur la route de Bama. Lorsque l’équipe de Sidwaya est arrivée sur les lieux, des usagers autour de l’élève le consolent en vain et pestent contre le retard d’intervention de la brigade de secours. Dans ces moments critiques, chaque geste compte pour sauver Kassoum en attendant l’arrivée des sapeurs-pompiers.
Pendant que Alimatou Ouattara et son fils reçoivent les premiers soins sous la pluie…
Selon le chirurgien orthopédiste Hervé Ouattara, le bon geste dans une telle situation consiste à protéger la plaie avec un simple mouchoir propre en attendant les secours. « Il ne faut bien sûr pas utiliser un mouchoir déjà souillé. Un mouchoir propre, disponible en boutique, peut être posé sur la blessure », précise-t-il. Ensuite, il explique que l’habit du blessé pourrait être utilisé pour maintenir la protection en place, en le roulant légèrement autour de la plaie. « Même si le dispositif n’est pas stérile, il permet de limiter les risques d’infection en attendant l’arrivée des secours.
Les sapeurs-pompiers, une fois sur place, pourront remplacer ce pansement de fortune par du matériel plus approprié », fait-il savoir. Dans de nombreux cas, souligne-t-il, des blessés sont transportés à l’hôpital par leurs proches sans assistance qualifiée. Ce qui entraîne des
erreurs de manipulation, parfois lourdes de conséquences. Aussi, le traumatologue relève qu’environ 40 % des patients reçus dans ces conditions présentent des signes de mal secouru. La manière de déplacer un blessé, insiste-t-il, n’est pas la même que celle d’une personne consciente et non accidentée. Déplacer un accidenté sans stabiliser ses membres ou sa tête, ou le faire asseoir dans une mauvaise position peut aggraver la situation. Il déplore le fait que des gestes simples, comme maintenir la tête immobile ou éviter les secousses, sont souvent négligés.
Enseigner le secourisme
Pour y remédier, il lance un appel à intégrer l’enseignement du secourisme dans les curricula d’enseignement afin de permettre aux élèves de changer le cours d’une vie en cas d’accident de circulation. Les chiffres de l’Office national de la sécurité routière (ONASER) témoignent de la gravité des accidents mortels. Rien qu’au mois d’août 2025, 80 personnes ont trouvé la mort, sur l’ensemble du territoire, dont plus de la moitié ont moins de 30 ans. La région du Kadiogo est la plus touchée avec 20 décès, suivie par celle de Nando, 12 décès, du Guiriko avec 11 décès et 7 décès pour les Koulsé.
Pour minimiser ces risques mortels ou les blessures graves sur les routes, au-delà de la
…sans balisage, le risque d’un suraccident était élevé.
prévention, l’ONASER, souligne la cheffe de son service de la promotion de la sécurité routière par intérim, Ingrid Raïssa Kpoda, intervient dans la sécurité routière tertiaire qui est un ensemble d’actions d’alerte, de protection et de secours aux victimes. A ce titre, a-t-elle fait savoir, sa structure porte assistance aux victimes d’accidents de la circulation dans les hôpitaux à travers des dons en équipements médicaux et des consommables.
Dans la même veine, la Croix-Rouge burkinabè a opté d’initier des sessions de formations et des séances de sensibilisation au secourisme au profit des associations, des élèves et d’autres structures. Là aussi, le responsable chargé du secourisme à la Croix-Rouge burkinabè, Daouda Sawadogo, évoque l’insuffisance des moyens financiers et logistiques notamment les mannequins, les valises de simulation…, pour étendre la formation à tous. Tout compte fait, il invite les usagers à la prudence, d’où la nécessité de renforcer les contrôles routiers et les actions de sensibilisation.
Oumarou RABO
Ingrid Raïssa Poda, cheffe du service de la promotion de la sécurité routière par intérim à l’ONASER
« La vie ne tient parfois qu’à un petit geste »
« J’invite chaque usager à se former pour sauver des vies, que ce soit en communauté ou sur la route. A tout moment, nous pouvons être dans le besoin de secours car les accidents de la route sont imprévisibles. Nous sommes souvent impuissants face à des situations d’urgence. Tout simplement, parce que nous n’avons aucune idée du geste qu’il faut en attendant l’arrivée des secours. Le secourisme ne concerne pas seulement la circulation. Même à la maison, on peut avoir affaire à des gestes de premiers secours, au profit d’un parent ou d’un voisin parce que la vie ne tient parfois qu’à un petit geste ».