Ecole normale supérieure (ENS): une montée des couleurs pour rappeler les valeurs de la république

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L’Ecole normale supérieure (ENS) a organisé, le 10 novembre 2025 à Koudougou une cérémonie solennelle de montée des couleurs nationales suivie du message du DG professeur Ousseni So.

«En ce moment solennel de montée des couleurs, nous célébrons bien plus qu‘un rite protocolaire. Nous honorons l’esprit de la république, les valeurs qui nous unissent et le chemin qu’emprunte chaque jour nos jeunes talents pour servir la nation », a lancé, professeur Ousseni So, Directeur général (DG) de l’Ecole normale supérieure (ENS), dès l’entame de son allocution après la montée du drapeau. Selon lui, à travers cette montée de couleurs, il est important de rappeler le rôle fondamental de chaque citoyen dans la construction d’un Burkina Faso juste, plus prospère et plus uni.

Il a ajouté que le patriotisme n‘est pas seulement un sentiment, mais il est aussi une discipline quotidienne qui consiste à respecter les lois, défendre les valeurs et agir avec intégrité dans toutes les sphères de la vie publique et privée. Pour lui, le patriotisme nous rappelle notre appartenance à une même communauté nationale, et notre engagement à servir, chacun à sa place, la construction de notre pays. A entendre Pr. So, au sein de l’ENS, cet engagement se traduit par le travail bien fait, la rigueur académique, la discipline et la loyauté envers la mission que la nation leur a confiée.

Il a souligné qu’à travers leur travail, ils transmettent non seulement des savoirs, mais aussi des repères moraux et civiques qui soutiennent leur contrat social. A deux mois de la fin de l’année 2025, M. So a appelé chaque service, chaque responsable, chaque acteur, à renforcer la coordination et à optimiser les moyens disponibles pour atteindre leurs objectifs. De son point de vue, étant donné qu’ils ont la capacité, l’expérience, l’esprit d’équipe, il leur reste à maintenir l’effort, avec sérieux et cohésion, afin de terminer l’année sur une note de performance et de satisfaction.

Quant aux stagiaires et étudiants, Ousseni So a trouvé qu’ils doivent être des modèles d’intégrité, de rigueur et d’engagement. Il a renchéri que leur mission à l’ENS doit leur permettre de contribuer à l’effort national dans les domaines clés de l’éducation, de la recherche et du développement humain. « Aujourd’hui plus que jamais, notre pays a besoin de cadres responsables, capables de mettre l’intérêt général au-dessus des intérêts individuels et de travailler ensemble pour relever les défis du développement durable, de la sécurité et de la cohésion sociale », a-t-il insisté. En outre, il a souhaité que chacun se sente acteur et bénéficiaire d’un système éducatif qui prépare aux défis modernes, tout en restant fidèle à « nos traditions, à notre cohésion sociale et à notre dignité commune ».

 

Beyon Romain NEBIE
Moïse BADO
(Collaborateur)

Coupe du monde U17, Burkina- Tadjikistan : 2-0 : les Etalons face à l’Allemagne en 16es de finale

La phase finale de la 20e Coupe du monde U17 qui se dispute au Qatar peut compter sur les Etalons pour les 16es de finale. Les jeunes poulains de Oscar Barro se sont qualifiés pour le tour suivant après leur succès 2-0 face aux Couronnes du Tadjikistan, hier 11 novembre.

Beaucoup craignait ce match piège face aux Cou- ronnes du Tadjikistan. Piége, car, au vu de la configuration de la poule, même une victoire pouvait ne pas ouvrir royalement la portes des 16es de finale aux Etalons. Notamment, au cas où l’autre match de la poule était gagné par la République Tchèque face aux Etats-Unis. Mais, la victoire était impérative pour avoir son destin en main. Ce qui fut fait grâce à des réalisations de Cherif Badra Ali Barro (79e) sur pénalty et Eric Ouattara (90e+2).

Le score pouvait être autre si Louckman Tapsoba n’avait pas loupé son penalty dans les arrêts de jeu de la première période. En vérité, les Etalons n’ont pas trop forcé leur talent au cours d’une partie qu’ils ont maitrisé leur sujet de bout en bout. Même si par moment, le manque d’efficacité laissait planer des inquiétudes. Tout compte fait, avec cette victoire ajoutée à celle des Etats-Unis sur la République Tchèque, le Burkina avec 6 points s’accapare de la 2e place qualificative du groupe I pour les 16es de finale. A noter que huit autres pays africains que sont le Mali, l’Ouganda, la Tunisie, le Maroc, l’Egypte, l’Afrique du Sud, le Sénégal et la Zambie ont obtenu leur ticket pour le tour suivant. Tous les matchs des 16es de finale se disputeront vendredi 14 novembre prochain et le Burkina Faso aura comme adversaire l’Allemagne.

Yves OUEDRAOGO

Rentrée académique de l’école normale supérieure: l’initiative, « Une promotion, un projet », la future boussole

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L’Ecole normale supérieure (ENS) a effectué, le vendredi 7 novembre 2025 à Koudougou, la rentrée académique 2025-2026 des nouveaux stagiaires et étudiants. Ils ont été exhortés à faire de ladite école, un espace d’apprentissage, d’innovation et d’épanouissement collectif.

La cérémonie d’accueil des stagiaires et étudiants de l’Ecole normale supérieure (ENS), a eu lieu le vendredi 7 novembre 2025, dans « la cité du Cavalier rouge ». Placée sous le signe de la réussite, la cohésion et du service à la nation, cette nouvelle année académique connaitra une innovation majeure qui sera le lancement de l’initiative : « Une promotion, un projet ». Un accent particulier sera mis, de l’avis du directeur général de l’ENS, Pr Ousséni So, sur les initiatives promouvant la diversité, l’équité et l’inclusion, car a-t-il dit : « nous sommes convaincus que la richesse de notre école repose sur la pluralité des parcours, des cultures et des talents.

Nous devons faire de l’année académique 2025-2026, une année de progrès, d’innovation et d’engagement renouvelé au service de l’excellence ». Reconnu que sept valeurs cardinales guident les actions de l’ENS, à savoir, la bonne gouvernance, la discipline, la loyauté, la résilience, l’équité, l’excellence et l’intégrité, le premier responsable de l’ENS a exhorté les stagiaires et les étudiants à être audacieux, car leur parcours est unique et porteur de promesses. « Chaque module, chaque atelier pratique, chaque projet en équipe est une étape vers votre autonomie professionnelle. La progression vient de l’effort soutenu et d’une présence régulière en formation », leur a-t-il adressé.

Le directeur des affaires académiques de l’information et de l’orientation scolaire, Dr Issoufou Tao, en présentant l’ENS, a confié que pour cette année académique, l’école a accueilli environ 2 000 nouveaux stagiaires et étudiants, pour un effectif total de
6 113, faisant de l’institut, le plus grand établissement de formation professionnel de l’Etat burkinabè.

« ..nous voulons aller au développement »

Elle compte, selon lui, 19 filières allant d’un an à quatre ans de formation et plus de 69 options, reparties dans cinq instituts pour une formation efficiente. Le thème inaugural de cette rentrée qui était : « Rôle et place du futur éducateur dans l’édification d’un Burkina Faso souverain et prospère », a été animé par Dr Poussi Sawadogo, élu personnalité modèle de l’ENS. Celui-ci a indiqué dans sa communication que la finalité pour le pays des ‘’Hommes intègres’’ aujourd’hui, est le développement.

« Et si nous voulons aller au développement, il faut que nous recherchions ces trois valeurs fondamentales qui sont, la discipline, l’intégrité et l’excellence, afin d’inspirer les autres par l’exemplarité », s’est-il convaincu. Le stagiaire Ouiya Manakounou, option Education physique et sportive qui a apprécié les règlements intérieurs de l’ENS, a souhaité qu’il y ait de matériels adaptés, pour le stage pratique sur le terrain. Pour Bewendé Regina Bondé, stagiaire en Français-Histoire, les grands défis à relever c’est l’assiduité aux cours pour mieux transmettre leurs savoirs aux futurs apprenants.

Afsétou SAWADOGO

Gestion transparente des recrutements à la SONABEL: la plateforme « e-Recrutement » fonctionnelle

La Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) a lancé officiellement la plateforme en ligne pour la gestion de ses recrutements dénommée « e-Recrutement », mardi 11 novembre 2025, à Ouagadougou.

La Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) veut plus de transparence et d’efficacité dans gestion des candidatures pour le recrutement de ses agents. Ainsi, la nationale de l’électricité du Burkina a mis en place une plateforme dénommée : « e-Recrutement ». Accessible à l’adresse , le lancement officiel de cet outil a eu lieu, mardi 11 novembre 2025,
à Ouagadougou.

Selon le secrétaire général, représentant le Directeur général (DG) de la SONABEL, Emile Sawadogo, la mise en place et le lancement de cette plateforme traduisent la volonté de la direction générale de digitaliser davantage ses services. « La SONABEL a franchi aujourd’hui une nouvelle étape importante avec le déploiement de cette solution numérique innovante », a-t-il déclaré. Pour lui, cette plateforme e-Recrutement, fruit de l’équipe des informaticiens de la SONABEL, se veut moderne, fiable et sécurisée, offrant à tous les Burkinabès la possibilité de postuler aux offres d’emploi avec simplicité, rapidité et conscience. Il a fait savoir que ce nouvel outil vient mettre fin aux longues queues lors des dépôts physiques de dossiers et le traitement manuel des candidatures par un processus centralisé, fluide et entièrement dématérialisé.

De multiples atouts

Le représentant du DG, a également confié que la plateforme se distingue par de multiples atouts qu’elle offre aussi bien à la société qu’au public. « Elle permet un gain de temps et une optimisation des ressources grâce à la simplification du processus de recrutement et la fourniture d’informations pertinentes aux candidats dans les meilleurs délais », a-t-il notifié. Il a souligné que l’application assure une visibilité des offres de tous les recrutements, permettant ainsi d’attirer les meilleurs talents pour un meilleur service public.

« C’est un moyen de gestion sûre qui fait la part belle à la compétence, à l’excellence et au mérite pour tous dans la quête d’emploi », a dit Emile Sawadogo. Le directeur des systèmes d’informations de la SONABEL, Kalo Koumbia, a soutenu que l’application « e-Recrutement » offre plusieurs atouts, notamment la publication des offres, les tris automatisés, les tableaux de bord analytiques, l’historisation des recrutements,
l’espace personnalisé pour les candidats et des notifications intelligentes permettant de rester en contact durant tout le processus du recrutement. Pour la directrice des ressources humaines de la SONABEL, Asséta Domboué, l’outil présente des avantages pour son service en ce sens qu’il permet désormais de recruter les compétences recherchées et offre l’opportunité de couvrir un grand nombre de candidatures. L’application « e-Recrutement » réduit également, à son avis, les coûts du recrutement afin d’économiser des ressources financières.

Aly SAWADOGO

Transformation digitale: le Burkina Faso trace sa voie vers un avenir inclusif

«Tout est urgent. Il faut aller vite et bien. » Cet appel du capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, chef de l’Etat a reçu un écho favorable dans le domaine du numérique. A l’horizon 2030, le gouvernement burkinabè se projette dans un futur où la connectivité, la donnée et l’innovation ne sont plus des privilèges, mais des droits pour chaque citoyen. Le pays entend disposer d’une couverture nationale en réseaux de communications électroniques de qualité, et de services numériques et postaux sécurisés répondant efficacement aux besoins des populations.

Cette ambition se traduit aujourd’hui par une feuille de route nationale en consolidation, incarnée par douze chantiers majeurs portés par le Ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques.

Ces douze chantiers sont bien plus qu’un plan d’action. Ils dessinent la colonne vertébrale de la souveraineté numérique du Burkina Faso.
Du chantier « Zéro zone blanche », qui vise une couverture mobile de 100 % du territoire dont 750 localités en 2025, à « Zéro donnée à l’extérieur », pour garantir la maîtrise nationale des infrastructures et des centres de données, chaque axe traduit une volonté de rupture et d’autonomie.

A ces fondations s’ajoutent des initiatives déterminantes telles que la dématérialisation intégrale des procédures administratives « Zéro papier », la généralisation des paiements électroniques « Zéro cash », ou encore la protection des infrastructures critiques à travers un bouclier cyber national.

L’ambition est claire : bâtir une administration connectée et efficiente, renforcer la sécurité numérique, développer une identité digitale pour tous et garantir un accès inclusif aux services publics via l’initiative « Une commune, une maison du citoyen ». Mais cette transformation ne saurait être complète sans l’humain. C’est pourquoi les chantiers « Une masse critique de talents IT », « Tous numériquement alphabétisés » et surtout « L’IA au service de tous les Burkinabè » visent à placer la connaissance, l’innovation et l’intelligence artificielle au cœur du développement.

Derrière ces douze chantiers, se lit une même ambition : faire du numérique un outil de souveraineté, d’émancipation et de justice sociale. C’est ce que résume la ministre de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, Dr Aminata ZERBO/SABANE en ces termes :
« Les douze chantiers majeurs constituent notre patrimoine commun de transformation digitale. Stratégiquement, ils forment le socle technique qui permettra à chaque secteur de fournir des services de qualité et concrétiser efficacement ses politiques publiques pour le bien-être de nos populations ».

L’intelligence artificielle : véritable levier de transformation

A côté de la révolution armée se positionne celle de la connaissance. L’Intelligence artificielle (IA) appartient à cette catégorie de mutations profondes qui bouleversent nos sociétés.
Pour le Burkina Faso, l’IA ne représente pas seulement une tendance mondiale, mais une opportunité stratégique : celle d’améliorer les services publics, d’optimiser la production agricole, de renforcer la santé, l’éducation, la sécurité, et de dynamiser l’économie numérique.

Mais le gouvernement est aussi conscient des risques que présente cette révolution numérique. C’est pourquoi, la future feuille de route attendue pour la période 2026-2028 et portée par le Secrétariat permanent de l’innovation et de la veille sur les technologies émergentes (SPIVTEN), précisera les priorités en matière d’infrastructures, de données, de formation, de cadre éthique et d’inclusion.

Le thème de la 20e édition de la Semaine du numérique « L’IA au cœur de la transformation digitale » s’inscrit également dans cette dynamique, celle de présenter les opportunités à saisir à travers l’IA et réfléchir sur les enjeux de cette révolution technologique. L’événement est placé sous le très haut patronage de Son Excellence le capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso et se tiendra, du 18 au 21 novembre 2025, au SIAO à Ouagadougou. Ce rendez-vous majeur rassemblera experts, entrepreneurs, chercheurs, startups et institutions autour d’un objectif commun : faire de l’intelligence artificielle un outil au service du développement durable et inclusif.

Au-delà des panels et expositions, cette édition marque une étape symbolique dans la construction d’un Burkina numérique souverain, capable non seulement d’adopter l’IA, mais aussi de l’adapter à ses réalités, ses valeurs et ses priorités.
La mise en œuvre de cette ambitieuse vision gouvernementale de la transformation digitale bénéficie du soutien financier de l’Etat et de ses partenaires en particulier le Projet d’accélération de la transformation digitale (PACTDIGITAL) à hauteur de 96,7 milliards de FCFA avec l’appui de la Banque mondiale.

Adopté en juin 2024 par l’Assemblée législative de Transition, ce projet incarne un nouveau pacte national avec le numérique : extension de la connectivité, digitalisation des services publics, développement des compétences et de la résilience technologique.
« La réussite de ces chantiers exige une coordination parfaite et l’engagement de tous pour assurer la cohérence de notre action », rappelait la ministre Dr Aminata Zerbo/Sabane, soulignant la nécessaire implication des autorités locales et des communautés.
La révolution numérique qui s’opère n’est pas qu’une question de technologie : elle est avant tout une transformation humaine. Et sur ce chemin, le Burkina Faso marche avec lucidité, courage et foi en son génie collectif.

DCRP – MTDPCE

Au-delà des rencontres

Comme à l’accoutumée, les pays du monde entier vont se retrouver encore pour discuter d’une question cruciale pour l’avenir de l’humanité. Ce grand rendez-vous n’est rien d’autre que la conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP30) qui a démarré lundi jusqu’au vendredi 21 novembre, à Belém, au Brésil. Dix ans après l’accord de Paris, les dirigeants mondiaux se réunissent à Belém, au Brésil, dix ans après la COP21 qui avait conduit à l’adoption historique de l’Accord de Paris, cette nouvelle conférence représente une étape supplémentaire pour accélérer la mise en œuvre des engagements climatiques.

Les résultats de la COP30 seront essentiels pour le respect des objectifs fixés, en particulier celui de maintenir la hausse de la température moyenne de la planète à 1,5°C. Il s’agira de se mettre d’accord sur des efforts communs pour lutter contre le réchauffement climatique, un problème reconnu comme global et ne pouvant être résolu qu’à l’échelle collective.

Si cette messe semble redondante pour de nombreux observateurs, au regard de ses impacts peu perceptibles, elle est tout de même perçue comme un moment crucial pour les pays du Sud, notamment ceux d’Afrique, afin d’obtenir plus d’opportunités en vue de faire face aux défis environnementaux. Pour les pays africains, les enjeux sont en effet de taille. On le sait, ces 60 dernières années, l’Afrique s’est réchauffée plus rapidement que le reste du monde, selon le rapport sur l’état du climat en Afrique en 2023 rédigé par l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Ainsi, pour les dirigeants du continent africain, cette 30e COP sur le climat est capitale et la question du financement reste le principal enjeu. On se rappelle qu’en 2024, la COP de Bakou actait l’engagement financier des pays du Nord de verser 300 milliards de dollars d’ici 2035 aux pays en développement. Toutefois, du fait des résultats peu tangibles de cette promesse, les délégations africaines vont revenir à la charge pour sa mise en œuvre effective et, en vertu du principe du pollueur payeur.

Dans cette dynamique, l’Afrique souhaite faire reconnaître la nécessité de mettre en œuvre l’article 9.1 de l’Accord de Paris, qui oblige les pays développés à fournir des ressources financières pour aider les pays en développement à atténuer et à s’adapter aux effets du changement climatique. Car, bien que le continent soit le moins responsable des émissions mondiales, il subit les pires conséquences, notamment l’insécurité alimentaire, le stress hydrique, les risques sanitaires et les perturbations économiques.

Par ailleurs, en dépit de certaines avancées enregistrées ces dernières années par les pays industrialisés, les émissions mondiales restent élevées et les engagements financiers insuffisants pour freiner le changement climatique. Les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté d’un tiers depuis la première COP, en 1995, la consommation de combustibles fossiles continue d’augmenter et les températures mondiales sont en passe de franchir des seuils qui, selon les scientifiques, entraîneraient des dommages catastrophiques pour la planète.

C’est pourquoi, au-delà de ces rencontres qui, malheureusement, semblent ne pas parvenir à des solutions concrètes face aux problèmes du climat, il convient de poser plus d’actions concrètes si on veut des résultats sensibles.

Malheureusement, cette année, les négociations se déroulent sans les Etats-Unis, naguère, grand financier des Nations unies sur la problématique du changement climatique. La Maison-Blanche n’enverra aucun haut responsable à ce sommet annuel, le Président Donald Trump ayant déjà exposé sa position lors de la dernière Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025, qualifiant le changement climatique de « plus grande escroquerie du monde ». Espérons donc que cette 30e COP puisse parvenir à de nouvelles recommandations susceptibles de permettre la mise en œuvre d’actions tangibles en faveur de la protection et de la sauvegarde de l’humanité.

Soumaïla BONKOUNGOU

Conférence des Nations unies sur le changement climatique : la COP30 ou le temps de l’action et de la mise en œuvre

La 30e Conférence des Parties (COP30) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se déroule, du 10 au 21 novembre 2025, à Belém, au Brésil. La cérémonie d’ouverture, présidée par le Président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, est intervenue, le lundi 10 novembre 2025. Trois axes d’actions, à savoir la réalisation des engagements climatiques déjà pris, le renforcement de la gouvernance mondiale et la mise au centre des décisions climatiques, qui vont guider les négociations de cette COP30.

Il est urgent de passer du temps des engagements à celui de l’action sur le changement climatique. Cette option est au centre de la 30e Conférence des Parties (COP30) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui se tient, du 10 au 21 novembre 2025, à Belém, au Brésil, en pleine Amazonie. Durant deux semaines les décideurs du monde vont discuter du réchauffement climatique et de l’avenir de la Planète. Trois axes d’actions devraient constituer la trame de l’architecture de ces négociations mondiales sur la crise climatique et les solutions pour y répondre. Il s’agit de la réalisation des engagements climatiques déjà pris, le renforcement de la gouvernance mondiale et la mise au centre des décisions climatiques qui vont guider les négociations de cette COP30.

Pour le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, la tenue de la COP30 à Belém, au cœur de la plus grande réserve mondiale de biodiversité, qui symbolise l’urgence et l’espoir de la planète, est « une décision politique et symbolique ». Elle vise à montrer que l’Amazonie est un élément essentiel de la solution climatique, et pas seulement un sujet de débat. Tout en saluant les axes d’actions retenues pour les négociations et les progrès réalisés depuis l’Accord de Paris en 2015 à la COP21, le Président Lula a déploré la lenteur de mise en œuvre des engagements face à l’urgence climatique. « Nous allons dans la bonne direction, mais à la mauvaise vitesse »,
a-t-il martelé.

A ceux qui ne croient pas à la réalité de la crise climatique, l’hôte de la COP30 n’est pas allé du dos de la cuillère pour leur assener ses vérités. « Le changement climatique n’est plus une menace d’avenir, c’est une tragédie du présent… Nous vivons à une époque où les obscurantistes rejettent les preuves scientifiques et attaquent les institutions. Il est temps d’imposer une nouvelle défaite au négationnisme », a-t-il lancé.

« La décennie de l’exécution, de la solidarité et de la crédibilité »

Le Secrétaire permanent du CNDD, Pamoussa Ouédraogo : « pour ce qui nous concerne, c’est beaucoup plus des aspects liés à la prise en compte de l’adaptation, et notamment son financement ».

Pour le président de la COP30, l’Ambassadeur André Corrêa do Lago, le monde est en crise multidimensionnelle qui appelle à la responsabilité individuelle et collective. Et le sens de l’humain et la coopération internationale constituent les derniers remparts. « Je crois profondément que l’être humain est essentiellement bon, mais nous savons qu’il est aussi capable de choses terribles, comme la guerre, qui, malheureusement, est revenue à être proche de tant de gens.

Mais l’être humain a fait et continue de faire des choses extraordinaires, et penser que nous pouvons améliorer la vie des gens est ce qui nous inspire », a-t-il soutenu. Malgré les récents revers, les conditions de vie des populations du monde entier peuvent et devraient continuer à s’améliorer, a ajouté l’Ambassadeur André Corrêa do Lago. Pour lui, la science, l’éducation et la culture sont le chemin que nous devons suivre. S’agissant de la lutte contre les changements climatiques, le multilatéralisme est définitivement la voie qui fait passer à l’action et faire plus que ce qui a été déjà fait jusque-là,
a-t-il indiqué.

« Rappelons-nous aussi que l’Accord de Paris, il y a 10 ans, est né à un moment où il devait dépasser 4 °C d’augmentation de température. Aujourd’hui, nous savons que nous avons beaucoup réduit – mais nous savons aussi que nous devons travailler beaucoup plus dur pour le réduire encore plus. C’est donc un temps de célébrations diverses, mais il faut le recevoir avec humilité et réalisme, car il manque encore beaucoup de choses », a-t-il nuancé.

La coordonnatrice de programmes à AFSA, Bridget Mugambe : « cette fois-ci, nous attendons que les financements aillent directement aux populations afin qu’elles puissent implémenter les solutions agroécologiques d’adaptation au changement climatique ».

Pour le président de la COP29, Mukhtar Babaïev, avec la présente conférence mondiale sur le climat, le monde entre dans une nouvelle ère, celle de
la mise en œuvre. « La COP30 inaugure le premier cycle de livraison complète de l’Accord de Paris. Désormais, il n’y a plus de place pour des promesses sans actions. C’est la décennie de l’exécution, de la solidarité et de la crédibilité », a-t-il affirmé.

L’agroécologie, solution africaine à l’adaptation

Au sortir de la cérémonie d’ouverture, le Burkina Faso a exprimé ses espoirs et attentes vis-à-vis de cette COP. « Nous sommes beaucoup plus confiants au regard des engagements qui ont été pris par les uns et les autres, notamment la présidence de la COP, à travers les actions qui se sont déclinées pour les priorités de cette conférence. Pour ce qui nous concerne, c’est beaucoup plus des aspects liés à la prise en compte de l’adaptation, notamment son financement. Et sur ce point, au niveau de l’agenda, il y a déjà des discussions qui se mènent à travers la prise en compte des circonstances spécifiques de l’Afrique et qui doivent être inscrites au niveau de l’agenda de cette COP », a confié le Secrétaire permanent du Conseil national pour le développement durable (SP/CNDD), Pamoussa Ouédraogo, qui conduit la délégation burkinabè, en attendant l’arrivée du ministre chargé l’Environnement, Roger Baro. Il s’est également réjoui de la prise en compte de la question du financement, notamment l’article 9.1 relatif à la finance, qui a été discutée et adoptée au niveau de l’agenda.

Le Président de la COP30, Ambassadeur André Corrêa do Lago (gauche) : « et pour la lutte contre le changement climatique, le multilatéralisme est définitivement la voie ».

La société africaine a aussi ses attentes vis-à-vis de cette COP. Selon l’Alliance pour la sécurité alimentaire en Afrique (ASFA), il est temps d’inscrire l’agroécologie comme solution africaine d’adaptation au changement climatique. L’AFSA plaide aussi pour la promotion de la participation inclusive des communautés de base dans le processus de négociations et pour un financement conséquent et direct de l’agroécologie, a indiqué la coordonnatrice de programmes à AFSA, Bridget Mugambe. « La question de la finance climatique a été abordée lors des COP précédentes, mais cette fois-ci, nous attendons que les financements aillent directement aux populations afin qu’elles puissent implémenter les solutions agroécologiques d’adaptation au changement climatique », a insisté Mme Mugambe.

Mahamadi SEBOGO
Windmad76@gmaul.com
(Depuis Belém, Brésil

Marathon Houet de Sidwaya: la DG Assétou Badoh reconnaissante des autorités administratives et coutumières 

La Directrice générale (DG) des Éditions Sidwaya, Assétou Badoh a entamé le mardi 11 novembre 2025, une tournée de courtoisie auprès des autorités administratives et coutumières communales pour traduire sa reconnaissance, pour leur précieux accompagnement dans l’organisation de la première édition du Marathon Houet de Sidwaya, tenue le samedi 8 novembre dernier.

C’est auprès de madame le gouverneur de la région du Guiriko Mariama Konaté/Gnanou que la délégation conduite par la Directrice générale (DG) des Éditions Sidwaya Assétou Badoh a ouvert le bal de remerciement. Dans une ambiance empreinte de cordialité, Mme Badoh a exprimé toute sa gratitude pour le soutien institutionnel et moral dont Sidwaya a bénéficié. Elle a salué l’implication personnelle du gouverneur dans la réussite de cette activité, qui a rassemblé plus d’un millier d’athlètes venus de divers horizons. En retour, Mme Konaté/Gnanou a félicité l’équipe de Sidwaya pour cette belle initiative qui allie sport, cohésion sociale et rayonnement de la région. La délégation s’est par la suite rendue au palais du chef coutumier des Bobo Mandarès. La DG y est allée dire merci pour les bénédictions et le soutien spirituel accordés avant et pendant le marathon. Une marque de respect à l’endroit des autorités traditionnelles, garantes des valeurs culturelles et sociales de la région. Le chef a, de son côté, salué l’approche inclusive de l’organisation et a encouragé la pérennisation de l’événement.

La rédaction de Bobo

 

Partage de connaissances endogènes de l’ATPOY avec les producteurs maraichers dans la région de Yaadga et du Kuilsé

Marie-Thérèse ARCENS SOME, Eulalie ZONGO, Brigitte Kala HEMA

 

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HEMA Kala Brigitte, Attachée de recherche à l’Institut des Sciences des Sociétés/ Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (INSS/CNRST), Ouagadougou/Burkina Faso

 

Résumé

Ce document est tiré de l’article scientifique « La diffusion d’innovations technologique et sociale dans le Sahel Burkinabè : cas de la case de conservation d’oignons » publié dans la Revue Internationale Dônni, n°1, Volume 1, juillet, p. 286-297. Il présente le partage d’expériences d’une association de producteurs oignons dans la conservation des cultures maraichères afin de susciter chez les producteurs les bonnes pratiques de conservations par partir de savoirs endogènes en vue de réduire les pertes post récoltes.

Mots-clés : case, connaissance, conservation, innovation, Producteurs

 

Introduction

La filière fruits et légumes au Burkina Faso est créatrice d’emplois surtout en saison sèche et notamment pour les femmes (Illy et al., 2007). De nombreuses régions se sont lancées dans la production de l’oignon qui rapporte beaucoup de bénéfices aux producteurs (MARHR, 2010). C’est le cas des régions du Yaadga et du Kuilsé du Burkina Faso, où les populations s’activent autour des retenues d’eau comme les petits barrages, les grandes mares pour satisfaire les marchés régionaux et nationaux. Mais ces producteurs sont confrontés à la difficulté de la conservation des produits maraichers.

La case de conservation des oignons conçue comme solution à ce problème, est une innovation technologique et sociale qui se répand de plus en plus en Afrique de l’Ouest. Plusieurs projets et programmes comme le Programme d’appui aux filières agro-sylvo pastorales (PAFASP) ont vulgarisé des ouvrages de conservation d’oignons. Les ouvrages connus sont le magasin type Réséda qui offre une capacité de stockage de 20 tonnes d’oignons pour une durée de six mois et le magasin type ‘’Rudu’’ moderne qui offre une capacité allant jusqu’à 06 tonnes pour une durée de 05 mois.

Le besoin se fait visiblement ressentir par les communautés rurales qui se sont lancées depuis quelques décennies dans les productions maraichères, notamment l’oignon et la pomme de terre. Ces spéculations se sont développées avec la construction de petites retenues d’eau et de barrages donnant ainsi l’occasion à de nombreuses populations rurales de diversifier leurs activités dans le domaine agricole.  Ainsi, dans la perspective de promouvoir les savoirs faires endogènes, l’Association Tickwendé des Producteurs d’oignons du Yaadga (A.T.P.O.Y.)  s’est lancée dans une innovation technologique qui contribue à la conservation des produits maraichers. Avec l’appui d’une ONG Suisse, l’association a apporté quelques innovations dans la construction de la case classique de conservation des oignons, afin qu’elle puisse contenir également d’autres produits et limiter le pourrissement des produits pendant les temps de conservation.

Cette innovation a certes apporté beaucoup de changements au sein des communautés rurales. Cependant beaucoup reste à faire sachant que les transformations sociales sont lentes du fait des pesanteurs socio culturelles. Les innovations technologiques endogènes contribuent sensiblement à des changements profonds dans la société à travers l’amélioration des conditions de vie des populations.

Méthodologie

La méthodologie adopte une approche qualitative à travers un guide d’entretien comportant des thèmes et questions ouvertes adressée à dix-sept (17) producteurs, hommes et femmes, issus de deux (02) villages.  Ces producteurs font du maraichage dans des bas-fonds et des retenues d’eau. Par ailleurs, Ils ont participé à des formations techniques du projet de construction des cases de conservation des oignons dans cinq (05) villages à forte production des régions du Yaadga et du Kuilsé du Burkina Faso. La carte illustre les zones bénéficiaires de la case de conservation.

 

  1. Résultats

La nécessité d’un cadre de concertation

Le siège de l’association des producteurs d’oignons dénommé A.T.P.O.Y est à Ouahigouya, situé au da,s la région de Yaadga du Burkina Faso. L’association a pour rôle principal d’assurer le transfert de la technologie à des producteurs de cinq (05) villages des régions du Yaadga et du Kuilsé du Burkina Faso. En effet, le président de l’association a bénéficié de l’appui technique d’une ONG Suisse dans la construction de l’innovation.  Ainsi, il a décidé de partager ses connaissances avec les membres de l’association qui viennent de plusieurs villages de la région du Yaadga. L’identification des villages bénéficiaires a été faite par les services déconcentrés en charge de l’administration territoriale et de l’agriculture.

Le partage des connaissances

Les formations assurées par une association locale ont été réalisée au sein des exploitations maraichères, ce qui a permis d’obtenir la disponibilité des producteurs, occupés dans les travaux agricoles de la saison hivernale. Au total cinquante (50) producteurs ont été formés dans les régions du Yaadga et du Kuilsé.

Les murs et le toit des cases de conservation sont fabriqués à base de matériaux locaux : des tiges de mil et de maïs et des seccos. Seuls les piliers et l’ossature sont en barres de fer. Des planches en bois sont &également accessibles pour la construction de cette case de conservation. Les formations ont également concerné l’accroissement de l’offre alimentaire pour contribuer à la lutte contre la malnutrition.

Les producteurs ont appris à évaluer la capacité de la case de conservation à expulser l’humidité pour une réduction maximale des pertes. La suite du partage des connaissances a porté sur les nouvelles techniques de production et de conservation, à la planification du cycle de production de l’oignon. Ce savoir-faire a été enseigné par les services techniques déconcentrés du ministère en charge de l’agriculture. Ce cadre de diffusion de savoirs endogènes et exogènes a été un espace propice d’échange et d’interaction entre différentes communautés rurales et professionnelles.

La participation des femmes à la production maraichère

Les femmes sont bien impliquées dans la production de l’oignon et sont les plus nombreuses dans les groupements mixtes. L’irrigation se pratique une seule fois dans la journée, sur des parcelles aménagées. Ce mode de travail avec des techniques de production modernes leur donne l’opportunité de vaquer à leurs nombreuses occupations domestiques et de transformation des produits maraichers et céréaliers Comme le dit si bien Adissa, membre d’un groupement du village de Gompossoum «Les bénéfices servent à acheter de nouvelles semences, payer la scolarité des enfants et appuyer le chef de famille à l’entretien de la famille ».

Les femmes participent au bien-être familial. Rasmané de Tougou affirme avoir dix (10) enfants à scolariser et sans l’apport des épouses, certains enfants auraient été laissés en marge de l’instruction scolaire.  L’apport des femmes est non négligeable dans la communauté.

Aminata, une femme résidant à Gompossom estime : « L’avantage de la case de conservation est que la vente du produit sera sur toute l’année, avec peu de perte. Il y aura plus d’argent pour l’entretien des enfants. La production pourrait se développer même pour les femmes ».

Quant aux hommes, en plus de l’oignon, ils sont également impliqués dans la production de la pomme de terre qui demande plus d’énergie et de temps de travail avec deux (02) irrigations journalières à l’aide d’arrosoirs.

Femmes et innovation technologique et sociale en milieu rural

Les femmes sont de plus en plus nombreuses à intégrer les groupements de producteurs. Tout comme à Gompossoum, elles deviennent parfois majoritaires. Même si elles n’ont pas de grandes responsabilités, certaines figurent dans les bureaux exécutifs. Comme les hommes, très peu d’entre elles sont scolarisées. Cet avantage peut les élever à moyen terme comme leader non seulement au niveau des femmes mais également au sein des groupements mixtes.

De nouveaux rapports de travail se construisent entre elles mais aussi dans le domaine du genre. C’est le cas avec l’arrosage journalier des parterres d’oignons dans lesquelles les femmes s’investissent massivement, alors que les jeunes hommes produisent également des pommes de terre dont l’arrosage se fait deux fois par jour. A. Bicquard (2015 : 174) ajoute que les femmes s’organisent « pour travailler en groupes et répartir les tâches pour s’entraider, ce qui représente au sein des villages, de forts réseaux d’alliances qui viennent s’ajouter aux organisations féminines ».

L’objectif premier de la participation à un groupement est de profiter des retombées sociales et économiques de la mise en œuvre des associations.  Les femmes peuvent aussi tirer avantages des nouvelles formes et structures spatiales induites par l’introduction d’une nouveauté (J.P Chauveau et al, 1999 : 128), en l’occurrence la case de conservation d’oignon.

Les marchés autour des zones de productions maraichères du Yaadga et du Kuilsé

Les producteurs qui ont participé aux différentes formations sont enthousiastes face aux perspectives financières qui s’annoncent grâce à la case de conservation. Beaucoup envisagent étendre les superficies à emblaver. En effet, ceux qui ont participé aux entretiens affirment perdre plus de la moitié de la production avant que les premiers commerçants n’arrivent dans les villages.

Ces derniers proposent des prix très bas, sachant que les producteurs ne peuvent pas conserver correctement leur production.  Les marchés sont Kaya, Ouahigouya et Ouagadougou au Burkina Faso ainsi que le Ghana et la Côte d’ivoire.

  1. du village de Gomponsoum l’explique en ces termes : « Nous conditionnons les oignons dans des sacs et les acheteurs viennent payer sur place. Comme nous n’avons pas un moyen de conservation, nous sommes obligés de vendre après les récoltes de peur que ça ne pourrisse ».

Difficultés d’organisations des producteurs dans l’exploitation de l’innovation

La case de conservation devrait être un apport important pour les producteurs. Cependant, chaque village comprenant de nombreux groupements, l’une des difficultés qui se profile est l’organisation sociale pour la gestion et l’entretien de la seule case de conservation mise à la disposition de ces villages pilotes.

Les producteurs en sont conscients et le font ressortir dans les entretiens.  A.S.  de Tougou l’exprime en ces termes : « Les difficultés à surmonter dans l’entretien de la case sont les mésententes entre les membres de l’association ».

Au-delà de ces défis, les producteurs comprennent qu’il leur faut évoluer à travers différentes stratégies organisationnelles pour intégrer le processus de développement local.

Conclusion

L’objectif de cet article est de montrer comment les populations rurales, ont développé de la résilience en s’organisant au sein des associations et des groupements de producteurs, pour produire des légumes autour de barrages et de bas-fonds. Ainsi ils cultivent des oignons et d’autres légumes, ce qui leur permet d’améliorer le bien-être familial et de s’occuper de l’éducation et de la santé de leurs enfants. L’innovation qu’est la case de conservation est une combinaison de savoirs endogènes et exogènes que les producteurs s’approprient à travers les formations pour une utilisation efficace et efficiente.

Cette innovation contribue à maintenir les nombreux jeunes, hommes et femmes qui se sont lancés dans les productions de contre saison. Elle se présente aussi comme un gage qui maintient la jeunesse active dans les villages. La diversification des activités devient un atout et est de plus en plus accompagnée par les savoir-faire endogènes. La case de conservation d’oignons Tilgr Baoré est composée pour l’essentiel d’éléments locaux qui permettent une plus grande appropriation par les producteurs maraichers. Elle devrait leur permettre de conquérir plus de marchés grâce à une conservation plus longue de l’oignon et de profiter au temps opportun des hausses de prix de leurs spéculations. Les formations acquises pour la bonne utilisation de la case font partie des innovations sociales accompagnant celles technologiques.

 

Références bibliographiques

Ali Abaab et Henri Guillaume, 2004, « Entre local et global : pluralités d’acteurs, complexité d’intervention dans la gestion des ressources et le développement rural (pp 261-290), In Michel Picouet, Environnement et sociétés rurales en mutation : approches alternatives, Paris, Editions IRD, 393p.

ILLY Laraba, Jérôme BELEM, Nestorine SANGARE, 2007. Contribution des cultures de saison sèche à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration de la sécurité alimentaire, CAPES, 120p.

J.P. Chaveau et M.-C. Cormier-Salem, 1999, « l’innovation en agriculture : questions de méthodes et terrains d’observation », Ed Mollard.

Ministère de l’agriculture, de l’hydraulique et des ressources halieutiques, 2007, Analyse de la filière maraichage au Burkina Faso, www.fao.org/easypol, 127p.

Olivier Meunier, 2008, « École d’aujourd’hui et savoirs traditionnels (Niger, Réunion, Brésil) », Cahiers internationaux de sociologie (n° 125), p. 307-329.