Procès en appel dans l’affaire Tiegnan: le parquet requiert de déclarer tous les prévenus coupables

Le procès en appel de l’affaire de détournement de deniers publics au ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale s’est poursuivi, hier jeudi 6 novembre 2025, à la Cour d’appel de Ouagadougou avec les réclamations de l’Agent judiciaire de l’Etat (AJE) et les réquisitions du parquet.

L’audience du jeudi 6 novembre 2025, dans le cadre du procès en appel de l’affaire de détournement de deniers publics au ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale a été essentiellement consacrée aux réclamations de l’Agent judiciaire de l’Etat (AJE) et aux réquisitions du parquet. Durant plus de deux heures d’exposé, les avocats de l’Etat se sont attelés à prouver la culpabilité de Amidou Tiegnan, Pétronille Tarpaga, Philippe Bayoulou et Salifou Ouédraogo dans les infractions pour lesquelles, ils sont poursuivis.

Au titre des infractions, il s’agit notamment du blanchiment de capitaux, du détournement de deniers publics, de l’enrichissement illicite, de faux en écriture publique et de l’usage de faux. Pour l’AJE, l’ensemble de ces infractions sont constituées à l’encontre des accusés. De ce fait, ont-ils démontré, un véritable préjudice financier a été infligé à l’Etat. En termes de compensation, ils ont réclamé la somme de 5 milliards 049 millions 415 456 F CFA à titre de dommages et intérêts à payer solidairement par les quatre accusés.

10 millions de F CFA ont aussi été requis par l’AJE comme frais exposés et non compris dans les dépens. Pour le préjudice moral infligé à l’Etat du fait du pillage de ses ressources, ses avocats ont également demandé 1 franc symbolique. Après les réclamations de l’AJE, la parole a été donnée au parquet pour ses réquisitions. Avant de faire ses réquisitions, le procureur a d’abord posé quelques préalables. Il a de prime abord balayé du revers de la main, l’exception d’incompétence soulevée de la chambre correctionnelle de la Cour d’appel, notant que la procédure a été faite dans les délais, c’est-à-dire du 27 décembre 2024 au 8 janvier 2025.

Le second préalable que le parquet a tenu à éclaircir était l’incompétence pour faux en écriture publique « actée » en première instance. Se basant sur les articles 373-8 et 373-11 du Code pénal, il a noté que la notion de faux en écriture publique se fonde sur deux éléments principaux que sont la nature du faux et la qualité du faussaire.

Une infraction « occulte »

Dans le cas en l’espèce, il a rappelé à la cour que l’infraction est l’œuvre de fonctionnaires. De ce fait, a insisté le procureur, le faux en écriture publique est bel et bien constitué. En sus, a-t-il fait remarquer, les chèques de trésors incriminés dans le cadre de ce procès sont soumis au droit bancaire et ne saurait faire l’objet d’une mauvaise interprétation.
L’autre préalable sur lequel est revenu le parquet est la prescription des infractions. Selon lui, le faux est une infraction « occulte », c’est-à-dire que tant qu’elle n’est pas découverte, les auteurs peuvent poursuivre tranquillement leur forfait. Se basant sur la jurisprudence, il a estimé que sa prescription qui est triennale ne court qu’à partir de sa découverte.

Dans ce cas précis, a-t-il affirmé, le délai à prendre en compte est de 2024. Pourtant, a-t-il déploré, en première instance, les faits de faux sur la période de 2017 à 2022 ont été considérés comme prescrits.
Après avoir posé ces préalables, le parquet a procédé à ses réquisitions proprement dit. Pour l’ensemble des infractions, il a déclaré les quatre accusés coupables. Pour le faux en écriture publique par exemple, le substitut du procureur, Adama Ouédraogo a estimé que chacun des accusés a contribué à altérer la vérité par l’usage de faux chèques.

Il en est de même selon lui pour la complicité en détournement de deniers publics où chacun a eu une part contributive à l’infraction. Et que dire du blanchiment de capitaux ? Sur ce point, le parquet a jugé que sa constitution ne souffre d’aucun débat. « Rien qu’à voir la diversité des activités que menait M. Tiegnan, on peut facilement se rendre compte qu’elle servait à déguiser l’origine de ses fonds », a déclaré le substitut Ouédraogo.
S’il n’a pas fait d’observation particulière concernant la peine des autres prévenus, le parquet a par contre requis une nouvelle condamnation de 8 ans de prison et de 126 millions de F CFA d’amende le tout ferme à l’encontre de
Philippe Bayoulou.

Nadège YAMEOGO

Confédération des Etats du Sahel: « Les ennemis se fatiguent », Bassolma Bazié

Le président de la Commission nationale de la Confédération des Etats du Sahel, Bassolma Bazié a animé une conférence publique, le jeudi 6 novembre 2025, à Tenkodogo, sur l’organisation confédérale.

Le président de la Commission nationale de la Confédération des Etats du Sahel (CN- CN-CES), Bassolma Bazié, continue de distiller le message sur l’organisation qu’il porte. Le 6 novembre 2025, sixième étape de ce périple, l’ex-ministre chargé de la Fonction publique et sa délégation étaient à Tenkodogo pour échanger avec les citoyens de la région du Nakambé sur les missions à eux confiées. Selon M. Bazié, l’une des missions assignées à la commission, l’oblige à aller vers les communautés pour leur expliquer les décisions prises par le collège des chefs d’Etat de la confédération.

Mais aussi parce que le Burkina Faso est dans une Révolution populaire et progressiste (RPP) où le pouvoir appartient au peuple.Le président de la Commission s’est servi de l’histoire pour accrocher son auditoire. Pour cela, il est remonté jusqu’à la période précoloniale en passant par la colonisation avant de s’appesantir sur l’histoire politique de la Haute-Volta indépendante marquée par plusieurs évènements politiques dont le soulèvement populaire du 3 janvier 1966, les assassinats du Président Thomas Sankara en 1987 et de Nobert Zongo en 1998, mais aussi la date du 30 septembre 2022 ayant porté au pouvoir le capitaine Ibrahim Traoré.

Pour lui, il y a eu toujours des ennemis internes soutenus par ceux de l’extérieur pour stopper la marche du Burkina vers le progrès. « Nous disons, aujourd’hui, à ses ennemis internes ou externes qu’ils se fatiguent », a-t-il martelé. Bassolma Bazié a expliqué qu’il n’y a pas un pays en Afrique de l’Ouest qui a autant été martyrisé et continue de l’être. Il en veut pour preuve la constitution de la colonie de la Haute-Volta en 1919, sa dislocation en 1932 et sa reconstitution en 1947 jusqu’à la proclamation de la République en 1958, suivie de l’indépendance en 1960. Les périodes au cours desquelles, il était interdit, si l’on en croit, à toute personne d’une colonie française d’aller travailler dans une anglaise.

Et plus tard, a poursuivi M. Bazié, les Burkinabè ont été obligés d’aller prêter main forte à d’autres colonies françaises. Mais selon ses explications, de nombreux Burkinabè, amenés de force en Côte d’Ivoire, retournaient chez eux, quelques jours après leur arrivée. Pour stopper ces retours massifs, a-t-il détaillé, le colon français avait décidé que les campagnes dans lesquelles les Burkinabè sont installés, portent le nom de leur village d’origine afin de leur donner le sentiment qu’ils sont chez eux. C’est ainsi, a expliqué M. Bazié que des noms comme Koupéla, Tenkodogo, Gounghin, Kaya sont un peu partout en Côte d’Ivoire.

Des projets routiers et ferroviaires

Le communicateur du jour a indiqué par ailleurs que dans la zone du Sahara qui inclut une grande partie de l’AES, il existe une nappe souterraine d’eau capable d’alimenter le monde entier pendant 100 ans. Il en vient alors à demander si quelqu’un qui a pris une loi pour déshumaniser les Noirs, à travers le code noir, peut-il défendre le Noir ? « Non !», a-t-il répondu.

Pour lui, les indépendances sont octroyées. « Si nous les commémorons tout de même, c’est en hommage à nos devanciers qui se sont sacrifiés pour la dignité »,
a-t-il déclaré.

Revenant sur la confédération AES, il a rappelé que le collège des chefs d’Etat a pris plusieurs décisions dans le but de renforcer leur espace. Parmi ces mesures, il a cité, les projets routiers et ferroviaires devant relier les trois capitales Niamey, Ouagadougou et Bamako. Il a noté également l’élaboration de passeports, de cartes nationales d’identité biométrique, la création d’une banque d’investissement et de développement. Mieux, il a relevé l’exemption de visa pour tout Africain désirant se rendre au Burkina Faso, la mise en place d’une radiodiffusion télévision et de presse écrite pour dynamiser la communication de l’AES.

Bassolma Bazié a aussi évoqué la souveraineté sécuritaire. « De nos jours, nous achetons nos armes sans passer par la France », a-t-il déclaré. Répondant aux détracteurs de la Confédération des Etats du Sahel qui accusent ces pays de n’avoir que du dépit pour les élections, le conférencier s’est interrogé :
« depuis 1960, quelles élections, n’avons-nous pas faites ? Qu’est-ce que cela nous a apporté », a-t-il questionné ?

La question de la fin du franc CFA n’est pas passée sous silence. « On ne peut pas informer notre ennemi là où l’on va », a-t-il dit.Pour ce qui est de la souveraineté sanitaire, alimentaire, il a fait savoir qu’il est pour la vision déclinée par le chef de l’Etat afin de produire et consommer local. La Cour pénale internationale n’a pas été oubliée dans son réquisitoire. « On ne peut permettre qu’elle vienne chercher nos chefs d’Etat et aller les jeter en prison », a-t-il insisté. C’est pourquoi, a précisé le président Bazié, que les pays du Sahel ont quitté cette instance internationale et mis en place une Cour de justice de la confédération.

Le gouverneur de la région du Nakambé, Aboudou Karim Lamizana, a aussi ajouté une couche. S’exprimant en tant qu’ancien chef militaire du G-5 Sahel, il a confié à l’assistance que la France avait livré au G-5 Sahel, des véhicules visiblement neufs mais lorsqu’un est tombé en panne, il s’est aperçu que ce n’était que de vieux véhicules repeints qui ont été envoyés. Pour lui, s’il n’y avait pas de MPSR II, le trajet Ouagadougou/Bobo-Dioulasso se ferait essentiellement en avion et les autres villes des régions seraient inaccessibles. Le gouverneur a saisi l’occasion pour informer qu’il y a des traitres dans la région du Nakambé, mais il a rassuré que ceux-ci seront « traités ».

Anselme KAMBIRE

Mode: le styliste Sorobis souhaite « Nii wongo » aux Afrodescendants

En marge du séjour des Afrodescendants au Burkina Faso, le styliste américain d’origine burkinabè, Issa Sorogo alias Sorobis a organisé une soirée dénommée : « Nii wongo », le mardi 4 novembre 2025 à Ouagadougou, afin de faire le branding de la culture burkinabè auprès des visiteurs.

Originaire de la ville de Tenkodogo au Burkina, Issa Sorogo, connu aujourd’hui sous le nom de Sorobis est le tout premier mannequin du Burkina, ancien Haute-Volta. Primé lors de la Semaine nationale de la culture (SNC) par le Président Thomas Sankara en 1986, il est pris d’une volonté de promouvoir la culture africaine à travers le monde. Devenu styliste, il parcourt les quatre coins du globe en vue de faire rayonner la culture africaine. Son dernier exploit est son défilé au festival de Cannes qui a suscité une vive admiration des participants. Habité par une véritable fibre panafricaniste, le styliste Sorobis a été animé d’une grande joie lorsqu’il a été informé de la visite des Afrodescendants au pays de Thomas Sankara.

Impossible donc pour lui de rester en marge d’un tel évènement historique. C’est pourquoi, résidant aux Etats- Unis, il a décidé de faire le déplacement en vue de prendre part à l’évènement. « Quand on m’a dit qu’ils venaient ici, je me suis dit qu’il fallait absolument que je fasse quelque chose », a-t-il confié. En tant que styliste, il a choisi de marquer sa participation à travers une soirée culturelle.

Dénommée : « Nii wongo », cette activité qui a eu lieu, le mardi 4 novembre 2025 à Ouagadougou avait pour objectif selon Issa Sorogo de souhaiter non seulement la bienvenue aux Afrodescendants sur la terre de leurs aïeux, mais aussi de leur faire découvrir la mode africaine. C’est pourquoi, un défilé de la collection « pèle-mêle » du styliste, faite essentiellement à base de tissus
burkinabè comme le Faso Dan Fani et le Koko Dunda a été présenté aux convives.

« C’était magique »

Lors du défilé, le styliste Sorobis a présenté sa collection « pèle-mêle » qui avait fait sensation au festival
de Cannes.

Par ailleurs, en vue de permettre aux Afrodescendants de se sentir davantage africain, l’occasion leur a été donnée de participer au défilé en tant que mannequin. « C’est une opportunité pour eux de vivre une expérience unique dans des tenues burkinabè et d’apprécier ce que nous avons dans notre pays », a déclaré le styliste.

Joseph Champagne fait partie de ceux qui ont participé au défilé. Paré d’un ensemble en Faso Dan Fani de la collection « pèle mêle », il a défilé sous les applaudissements du public. « C’était tout simplement magique. Le Burkina est magnifique », s’est-il exclamé à la fin de son passage. Après avoir découvert récemment, grâce à un test ADN, qu’il a des origines « bissas », le jeune Champagne se sent plus que jamais en connexion à sa terre natale.

Joseph Champagne a vécu une expérience magique en participant au défilé dans une tenue traditionnelle burkinabè

« Ma venue ici m’a permis de me sentir Burkinabè », a-t-il confié. L’attachement du jeune scientifique à la terre burkinabè est si grand qu’il entend s’y installer en vue de développer sa marque de produit contre les moustiques. « Depuis que je suis là, je n’ai rien vécu de tout ce qui se raconte sur la guerre », a-t-il déclaré.

Cette soirée n’aurait pas été possible, selon Sorobis, sans des partenaires qui ont accepté d’accompagner l’initiative. Il s’agit notamment de CGE immobilier et Vista Bank qui ont joint leur image à la cérémonie. Issa Sorogo a aussi traduit sa reconnaissance à la première responsable du
Jardin des saveurs qui a mis à leur disposition son restaurant pour accueillir l’évènement.

Nadège YAMEOGO

Financement de la recherche: l’Ecole normale supérieure en ‘’quête’’ de partenariats

L’Ecole normale supérieure (ENS) organise du 6 au 8 novembre 2025 à Koudougou, la IIe édition des journéesde la coopération de l’institution.

«Partenariat et coopération universitaire dans le financement de la recherche : quelles opportunités ? ». C’est sur ce thème que l’Ecole normale supérieure (ENS), tient la IIe édition de ses journées de la coopération, du 6 au 8 novembre 2025 dans la cité du Cavalier rouge. Ces journées, de l’avis du directeur général de l’ENS, Pr Ousséni So, s’inscrivent dans la vision de la recherche, telle que ressortie dans l’adresse du chef de l’Etat, le capitaine Ibrahim Traoré, lors du Forum national de la recherche et des innovations technologiques (FRSIT), tenu en octobre dernier.

Il a souhaité une recherche qui soutient le développement industriel, forme les jeunes à la créativité et à l’innovation. Une recherche qui conforte la prise en charge endogène des besoins des populations, des administrations et des secteurs économiques. « Pour cela, il est nécessaire que la part des ressources endogènes soit forte pour que la recherche participe véritablement à l’édification de la souveraineté nationale », a-t-il dit. Pr So a indiqué que la mission de l’école est de mettre à la disposition du Burkina Faso, des hommes et femmes engagés, pour que l’éducation soit la clé de voûte du développement économique et social, un levier pour une paix durable.

L’ENS et ses partenaires, selon Pr So, définissent des objectifs communs qui se traduisent par des activités permettant à des entités ayant parfois des missions et des secteurs d’activités différents, de cheminer et d’agir ensemble pour le développement de leurs structures respectives. A l’entendre, l’ENS a besoin de ces synergies d’actions pour être capable de relever les défis de la formation et de la recherche dans un contexte où les besoins en ressources sont particulièrement importants.

Près de 8000 stagiaires et des défis à relever

Crée en 2021, l’institution compte près de 8000 stagiaires, avec près d’une trentaine de filières et plus de 80 spécialités. « C’est énorme pour une école de formation professionnelle. Ailleurs, toutes ces missions de formation sont prises en charge par deux, voire quatre structures de formation. Avec la nouvelle carte universitaire, il est prévu que l’ENS reçoive en formation académique LMD, des bacheliers orientés. Cela représente d’énormes défis que l’école compte relever grâce à l’appui de ses partenaires », a justifié le DG de l’ENS.

Il a souligné que les besoins de son institution sont énormes à savoir, l’aménagement du site pédagogique, les infrastructures et les équipements pédagogiques.
« L’ENS dispose d’un plan stratégique dans lequel sont inscrites avec précision, les réalisations vitales sur une période de cinq ans », a-t-il précisé. La marraine de ces journées, par ailleurs, présidente de l’Université Norbert Zongo (UNZ), Pr Windkouni Haoua Eugénie Maïga a, quant à elle, noté que l’ENS est forte de la diversité de ses domaines de recherche et de performances de ses enseignants-chercheurs. Pour preuve, elle a confié qu’entre 2023 et le premier semestre de 2025, ces derniers ont réalisé 112 productions scientifiques, 32 projets de recherche et d’innovation et un procédé et plus de 70 thèses de doctorat en cours dans trois laboratoires.

« L’ENS a créé trois structures de recherche, organisé trois manifestations scientifiques d’envergure internationale et mis en chantier une revue scientifique. La plupart des activités de l’institution sont réalisées sans un soutien financier extérieur », s’est-t-elle réjouie. Au regard de tous ces efforts fournis par l’ENS, la marraine a fait savoir que cette édition est un appel à l’ensemble des partenaires de tous les secteurs d’activités, à apporter leur appuis à l’Ecole, pour une recherche créatrice et performante.

C’est dans cette optique que quatre partenaires se sont prononcés lors de ces journées, à travers des signatures de convention. Il s’est agi de l’Agence nationale de biosécurité (ANB), la Capitale de l’électronique, l’Institut des sciences Veenem-Wata de Koudougou (ISVK) et le Groupe artistique Ancien. Pour cette IIe édition, les journées de coopération sont couplées avec les journées portes ouvertes afin de permettre à un large public de connaitre l’institution, ses missions et ses offres de formation.

Afsétou SAWADOGO
(Didier OUEDRAOGO)
Stagiaire

Quelle viande !

Quand je vois tous ces « carnivores » se bousculer chez certains bouchers-grilleurs de la place, je perds l’appétit. Parfois, je me demande avec quoi il assaisonne sa viande pour susciter tant de boulimie. Il y a même de « rapaces de classe » qui atterrissent chaque jour vers dix heures pour dévorer de la « bonne chair ».

Pendant que le grilleur en sueur s’égoutte sur le tas de viande au feu, les inconditionnels voraces des lieux s’impatientent. Il y en a même qui se font servir de la viande à peine cuite pour assouvir les désirs pressants et gloutons du monstre qui les habite. Ils tireront les morceaux comme de l’élastique avant de les avaler au foceps, en cascade. L’odeur du piment et de l’huile cramée font couler leurs narines et à force de s’acharner sur l’intrépide morceau qui ne veut pas se laisser faire, ils se mordent les lèvres en vrac.

A la fin du « massacre », le champion de la « mal bouffe » démarre en trombe en rotant. Pour lui, il vient de bien manger. Pour lui, il n’est pas n’importe qui, mais à quel prix ?
En vérité, l’impénitent dévoreur de bonne chair vient de s’alimenter à la poubelle. Cette viande qu’elle a avalée a été trimballée à moto de l’abattoir à la table du boucher, sans la moindre protection. Perchée sous les pieds du « transitaire », elle a balayé les rues poussiéreuses de la capitale.

Elle a emporté toutes sortes de saleté et de microbes avant d’arriver sur les grilles du malsain festin. Il y en a qui transportent ces viandes dans des taxis motos sans se gêner de transporter des clients aux « pieds noirs ». Une fois à destination, la viande n’est même pas lavée. Elle est servie comme telle dans le panier de la ménagère. Elle est grillée à la sauvette et servie au plus pressé des clients.

En matière de santé publique, c’est déplorable, mais le phénomène se porte bien. En termes de bienséance, sous d’autres cieux, on ne peut imaginer que de la viande saine quitte un abattoir pour traîner jusqu’à l’assiette de l’honnête citoyen. Peu importe qu’elle passe au feu, combien de microbes meurent au feu et combien parviennent à chuter dans le ventre du mangeur insouciant ?

Depuis que la viande est devenue un chiffon transporté en haillons, je suis devenu végétarien. Je grignote des crudités et des céréales, loin de la chair infecte et indigeste. Depuis que la viande se balade dans nos rues, je boude le boucher et ses carcasses. En attendant que les mauvaises pratiques hygiéniques ne cessent, je mets une croix sur la viande aussi tendre soit-elle. Tant pis si elle est marquée du sceau de l’abattoir, c’est illusoire ! A quoi sert de certifier la qualité sanitaire d’une viande au départ pour la retrouver à l’arrivée digne d’un merdier ?

Encore faut-il que ces cachets soient les vrais. Quand on veut vraiment émerger du lot, il faut assainir nos mentalités en nous imposant de bonnes règles de conduite. Mais de quoi je me mêle quand dans ce pays, des vendeurs ambulants de viande grillée se promènent dans la poussière pour servir les morceaux pimentés d’une avidité insoucieuse ? Heureusement que certains bouchers prennent des précautions pour protéger le consommateur en respectant les règles d’hygiène.

Cette chronique n’est pas écrite pour couper l’appétit des mangeurs de viande. Elle n’a ni l’intention de salir l’image du boucher aux mains propres. Elle tire simplement la sonnette d’alarme sur les tares d’une société. Elle met à nu ce qui est déjà visible mais que l’on refuse de voir en détournant le regard. Heureusement que la Brigade Laabal est là. En attendant, j’irais moi-même chasser en brousse mon gibier s’il le faut. Mais ne me tendez pas un morceau de viande ambulante. Je suis végétarien, donnez-moi de petites crudités à croquer à pleines dents.

Clément ZONGO
clmentzongo@yahoo.fr

Hommage à Thomas Sankara : Baptême de feu du cérémonial militaire mensuel

Prévue se dérouler chaque premier jeudi du mois, la première journée du cérémonial militaire d’hommage au capitaine-Président Thomas Sankara s’est tenue, hier jeudi 6 novembre 2025, à Ouagadougou sous la présidence du Président de l’Assemblée législative de Transition, Ousmane Bougouma.

Hier, jeudi 6 novembre 2025 à 15h 15 minutes, heure supposée du décès du père de la Révolution d’août 1983, le capitaine-Président Thomas Sankara, s’est déroulée la première des journées d’hommage militaire aux victimes du coup d’Etat du 15 octobre 1987. La garde rouge de la Gendarmerie nationale, la cavalerie, l’escadron d’escorte et d’honneur, le personnel policier assurant la sécurité à l’Assemblée législative de Transition sont les entités qui ont rendu les honneurs militaires lors de cette cérémonie qui s’est
déroulée à l’esplanade du Mémorial Thomas-Sankara.

Pour le Président de l’ALT, Ousmane Bougouma, c’est une journée voulue par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré afin de perpétuer la mémoire de feu Thomas Sankara, mais également lui donner la place qui le revient dans la lutte émancipatrice des peuples africains. Il a invité les populations à respecter et à participer à ces journées d’hommage militaires mensuels afin que « Sankara continue de vivre dans les cœurs des Burkinabè, des Africains et des amis du Burkina ».

Aussi, M. Bougouma a profité de l’occasion pour exhorter les Burkinabè à regarder dans la même direction que les autorités actuelles, à épouser leur vision afin de bâtir un Burkina nouveau, libre, prospère et uni. Il a également salué la forte participation de son institution, notamment les députés qui ont marqué de leur présence à cette cérémonie.
Le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Gilbert Ouédraogo, a indiqué que chaque premier jeudi, une institution ou un ministère sera retenu pour présider le cérémonial.

Pour cette première journée, il a remercié le président de l’ALT dont l’institution a assuré la présidence. Pour lui, la première journée a été une réussite. Il a invité les citoyens et des amis du Burkina à accompagner les actions de construction du Mémorial Thomas-Sankara dont les premières infrastructures sont déjà visibles. Le ministre a précisé que les réalisations se poursuivent et qu’une initiative dénommée : « Ma brique pour Sankara » est lancée afin de pouvoir poursuivre la mise en place des ouvrages devant
composer le complexe. A la fin du cérémonial, des extraits de discours anti-impérialiste du Président Thomas Sankara ont été distillés sous les acclamations de l’assistance.

Wanlé Gérard COULIBALY

Flash

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Une opération de contrôle de l’hygiène a eu lieu dans les gares routières de Ouagadougou. L’opération a concerné cinq gares de compagnies. Le constat a été fait sur trois sites où les mesures d’hygiène laissent à désirer, selon les éléments de la police municipale. Les contrevenants ont été contraints à procéder au curage, à la réfection des toilettes ainsi que des aires de lavage. Cette sortie est à saluer, ce d’autant plus que se soulager dans une gare se révèle être un casse-tête chinois pour de nombreux passagers, au regard du manque de propreté de certaines latrines. C’est pourquoi, les différents responsables des compagnies de transport doivent prendre toutes les dispositions urgentes afin de garantir un cadre de vie sain aux usagers de leur compagnie. Cela y va de l’intérêt de tous.

Soumaïla BONKOUNGOU

Hygiene des sites d’abattage de volaille: la police municipale félicite certains vendeurs

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Dans le cadre de ses missions de salubrité et d’hygiène publiques, la Direction de la police de la salubrité et de la tranquillité urbaine (DPSTU) de la direction générale de la police municipale de Ouagadougou a mené une opération de contrôle sur les sites d’abattage de volailles.

En rappel, courant le mois octobre 2025, une opération avait été effectuée sur lesdits sites et des instructions avaient été données quant à l’assainissement et l’amélioration de l’hygiène. Le constat au cours de l’opération de contrôle du 5 novembre 2025 est encourageant, plusieurs vendeurs de volailles ont entamé des travaux d’aménagement de leurs lieux d’activités. Néanmoins, certains trainent toujours les pas et ont vu tout simplement leurs sites fermés jusqu’à ce qu’ils se conforment aux normes sanitaires. La police municipale félicite les vendeurs qui se sont conformés pour leur sens élevé de civisme et met en garde les récalcitrants quant aux conséquences qui pourront en découler.
Le service de l’information et de la communication.

Contacts : ligne verte : 80.00.11.03
Plate-forme des plaintes WhatsApp : 70 00 83 41
La Police municipale, toujours plus proche de vous !

Service de l’information et de la
communication/Police miunicipale

FRSIT 2025: les communautés de la recherche et de l’enseignement supérieur disent merci au président du Faso

La 15e édition du Forum national de la recherche scientifique et des innovations technologiques(FRSIT) s’est tenue du 22 au 26 novembre 2025 à Ouagadougou sous le très haut patronage de Son Excellence le capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, chef de l’Etat.

Cette édition a tenu toutes ses promesses en termes de forte participation aussi bien au niveau national qu’au niveau international (avec la présence des délégations venues du Mali, du Niger et du Togo). L’apothéose fut la présence effective du capitaine Ibrahim Traoré, venu himself à la cérémonie d’ouverture pour livrer un message très fort à l’endroit des enseignants-chercheurs, des chercheurs, des innovateurs, du secteur privé, de la jeunesse et du peuple burkinabè tout entier. On retiendra de son adresse (qui a été en réalité un cours magistral) que le Burkina Faso a besoin de « Cerveayx pleins de savoir et de cœurs remplis de patriotisme! ».

Autre fait majeur, le président du Faso a valorisé la recherche et l’innovation en décidant de multiplier par 5 le Grand prix du président du Faso dénommé « Bangré ». Ainsi, le Bangré d’or est passé de 5 à 25 millions, le bangré d’argent de 3 à 15 millions et le Bangré de bronze de 2 à 10 millions. C’est donc naturellement qu’au cours de la cérémonie de clôture que tout le monde de la recherche, de l’invention et de l’innovation ait décidé de témoigner toute sa gratitude à Son Excellence le président du Faso, en lui décernant un trophée pour son leadership. Il a bien voulu accepter ce trophée qui lui a été officiellement remis par le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Adjima Thiombiano.

 

DCRP-MESRI